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La Couronne d'Émeraude de la reine Kalida (partie 3)

Anatara
Anatara

♦ Localisation : East Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 2270
Popularité: 27
Intégrité: 11

Dim 22 Sep 2019 - 13:33


_____L’archipel aux éveillés, enfin ! Escorté par un navire de la Marine dont la présence a été expressément requise par la compagnie de transport, le Passe sans Casse, fier bâtiment de la Translinéenne, fait son entrée dans le port tranquille de la plus grande île parmi cet archipel. Il faut dire que notre traversée n’a pas été de tout repos : juste après le cap des jumeaux, nous avons été victimes d’une terrible tentative de mutinerie ! Orchestrée par deux horribles jumeaux, Zanko et Kuna, elle a bien failli prendre le contrôle de tout le bateau et ce n’est qu’en unissant les forces de tous les passagers que nous avons pu reprendre le contrôle de nos vies et de notre liberté… restait la question des nombreux pirates que nous avions fait prisonniers ! Bien qu’il ait été de nombreuses fois question de les exécuter froidement, nous les avons gardés sous bonne garde jusqu’ici où la Marine a accepté de dépêcher un équipage spécialement pour prendre en charge tous ces criminels.

_____Franchement, je suis soulagée parce qu’il n’y a pas de base de la Marine sur l’archipel. Sans cela l’équipage n’aurait jamais accepté de garder ces dangereux individus en vie. Les autres peuvent bien avancer tous les arguments qu’ils veulent, mais un tueur reste un tueur et si on se mettait à tuer des gens de sang-froid, on aurait beau avoir toutes les raisons du monde, ce ne serait plus de la légitime défense. Quelle serait la différence entre ces pirates et nous ? Ces bandits avaient sans doute toute une flopée de justifications pour nous liquider, et peut-être qu’ils ne se voient pas comme des méchants mais comme des gens acculés sans autre solution… Quoi qu’il en soit, ils restent des humains et ils ont donc le droit à être jugés en toute impartialité ! Je suis sûre que le gouvernement saura prendre des décisions au cas par cas en tenant compte de la situation de chacun, et donc je suis rassurée. Peut-être que certains vont se racheter, se rendre compte de leurs erreurs et se réinsérer dans la société, qui sait ?

_____L’île est époustouflante. Gigantesque, un volcan y a élu domicile et crache en permanence des nappes de fumée qui grondent de puissance. Impérieux, il domine les terres, pour la plupart recouvertes d’une végétation incroyablement dense qui fait la richesse des environs. En effet, il y pousse du bois phosphorescent dont les fruits sont également lumineux ! D’après la légende, il ne fait jamais nuit par ici et c’est de là que l’archipel tient son nom. En plus de cela, les eaux volcaniques attirent une espèce bien particulière de poissons-lanternes qui contribue elle aussi à l’éclairage permanant de cette île. Ah là là, j’imagine bien les soirées d’enfer qu’il doit y avoir toutes les « nuits » !

_____Mais qu’est-ce que je fais sur cette île ? Sur Grand Line, qui plus est ! Bonne question : alors que je tenais une boutique sans histoire sur la petite île paisible de Cocoyashi, j’ai fait la rencontre d’une certaine Caramélie, une élégante jeune fille pleine d’énergie et d’enthousiasme. À nous deux, nous avons réussi à décoder une carte au trésor qui mènerait jusqu’au légendaire trésor de la reine Kalida, qui aurait régné ici avant le siècle oublié. La plupart des forêts étant inexplorées, c’est tout à fait plausible que le trésor ait traversé les âges sans que personne ne vienne le piller ! Motivées par l’aventure et la richesse, nous avons décidé de nous associer et avons fait voile à bord de la Translinéenne, et nous voilà !

_____Après avoir fait nos adieux à l’équipage qui a énormément de soucis à régler avant de pouvoir repartir (qui sait, peut-être qu’ils vont rafistoler leur navire avec du bois phosphorescent ? Rien que l’idée m’arrache un sourire et je me dis que la compagnie tient un nouveau concept qui pourrait faire gonfler son chiffre d’affaire tout en privilégiant le commerce local), nous six décidons de nous poser dans une petite taverne pour profiter de nos derniers instants ensemble autour d’une boisson fraîche. Il faut dire qu’il fait chaud, par ici. L’atmosphère est lourde, presque collante. Elle est tellement humide qu’on a l’impression de dégouliner de sueur en permanence, et ce n’est vraiment pas agréable. Je n’aimerai pas vivre ici, à la longue ça risque d’être pesant.

_____Nous six, c’est Cara, Suji, Victoire, les Duplessis et moi. Cara et moi avons rencontré les quatre autres sur le bateau, et ils ont tous contribué à résister aux pirates. Suji, c’est un gros plein de muscles très gentils mais un peu bavard et orgueilleux. Il est digne de confiance et a montré qu’il n’y avait aucun obstacle qu’une montagne de muscles ne peut franchir. Comme il se rend aussi sur l’archipel aux éveillés, il a accepté de continuer l’aventure avec nous. À vrai dire, il cherche un cadeau pour l’anniversaire de sa petite sœur et il se dit qu’un trésor légendaire ça devrait être pas mal. Moi, ça ne me dérange pas de partager le trésor avec lui, et le connaissant, il ne prendra qu’une petite statuette, celle où il y aura le plus de muscles. Quant aux autres, ils continuent jusqu’à Nebelreich et je ne sais pas si je vais les revoir un jour… Je leur souhaite plein de bonnes choses en tout cas !

_____Les adieux et embrassades terminés, Suji nous a proposé de nous faire visiter l’île qu’il connait relativement bien puisque sa famille y vit depuis des générations ! Poissons-lanternes, arbres phosphorescents et bâtons magiques, il nous a montré de nombreux objets aussi lumineux que surprenants. L’utilisation qu’on en fait reste de l’ordre de la curiosité mais il m’a expliqué que ça pouvait être extrêmement utile pour la plongée, par exemple. En plus, c’est infiniment moins cher que l’équivalent en coquillage, les lumini dials qui coûtent pas moins de un million de berries chacune ! Moi, j’ai fait l’acquisition d’une petite lanterne, un objet très peu coûteux mais tout à fait indispensable à toute chasseuse de trésor qui se respecte. Il s’agit d’un globe jaune contenu par un récipient de verre doté d’une poignée. Fort pratique, elle n’est pas très encombrante et émet une lumière suffisamment puissante pour s’éclairer dans des pièces sombres et oubliées. En plus, elle est garantie un an !

_____Cara, elle, a l’air très intéressé par les sculptures phosphorescentes et je la soupçonne d’en avoir acheté une pendant que nous avions le dos tourné. Personnellement, je les trouve aussi magnifiques qu’invraisemblables mais je ne peux pas m’encombrer de ce genre d’objets. Si j’avais une maison, peut-être que j’achèterais de la décoration mais là je suis une voyageuse et je voyage léger ! Mais cela ne semble pas être le cas de mon associée qui s’est précipitée sur la seule boutique de vêtements tendances de l’île en prétextant qu’elle n’allait pas aller chercher le trésor toute nue. Moi non plus, c’est sûr ! Mais j’ai pris de quoi me changer avant de partir, moi ! Hihihi, je dis ça mais ça m’arrive souvent d’oublier des trucs en partant, je suis plutôt du genre tête en l’air et ça m’amuse d’apprendre que Cara a parfois les mêmes problèmes que moi !

_____Après un rapide tour de l’île, Suji nous a proposé de nous présenter à sa famille qui allait sans doute accepter de nous héberger. Cara et moi avons prévu un budget pour cela et nous ne voulons pas forcément nous inviter mais moi je n’y vois pas d’inconvénients ! Au contraire, vivre chez l’habitant c’est le meilleur moyen de bien se rendre compte de comment est la vie ici, et nous aurons tout de suite des informations importantes, comme comment se rendre deux îles plus loin sans se faire emporter au loin par les courants, par exemple.

_____Après avoir consulté ma camarade du regard, je fais un grand sourire et je rejoins Suji en sautillant, lui demandant moult détails sur sa famille et son mode de vie. Il me parle beaucoup beaucoup beaucoup et je ne suis pas sûre d’avoir très bien suivi, en fait je crois que j’ai décroché au bout d’un moment. Je suis une personne capable d’écouter mais là c’est trop d’informations, je me noie ! Quoi qu’il en soit, nous arrivons face à une petite maison en bois. Bien qu’elle ne soit pas phosphorescente (apparemment, le bois d’ici nécessite d’être traité pour le devenir), elle est tout à fait charmante avec ses grandes vitres, ses pilotis et son colombage. Une enseigne annonce que nous sommes chez des bûcherons et Suji nous raconte d’ailleurs avec fierté que c’est en exerçant ce viril métier qu’il a développé sa si proéminente musculature et donc que c’est un métier noble qui forge à la fois l’esprit et le caractère en plus de modeler le corps et qu’on n’est vraiment un homme que quand on est capable de porter le tronc d’un arbre sur son dos. Il me dit que ce n’est pas grave si je n’en suis pas capable parce que moi je suis une femme mais il se reprend en disant que les femmes ne sont pas toujours moins forte que les hommes, c’est juste qu’on n’attend pas la même chose d’elle, et d’ailleurs une fois…

_____Bref, arrivé devant la porte de la maison qui l’a vu grandir, le moulin à paroles stoppe net son débit et tambourine violemment pour manifester sa présence. À ce moment précis, j’avoue que j’éprouve beaucoup d’appréhension quant à la famille de cet homme si particulier…
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Caramélie
Caramélie
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Mar 1 Oct 2019 - 23:56

Cher journal,

J'ai acheté une nouvelle paire de collants noirs, tout doux et très élégants, pour remplacer ceux qui ont été abîmés lors de notre combat en mer. Ils iront parfaitement bien avec mes nouvelles chaussures bleues assorties à mon sac à main, ma robe en tissu épais et mon chemisier blanc à froufrous qui me donnent un style "lady aventurière". En plus d'être parfaitement adaptés pour l'expédition qui se profile, ces jolis vêtements m'aident à compenser l'impression de mal être qui m'habite depuis notre arrivée, en grande partie causée par la moiteur ambiante et l'impossibilité de déterminer clairement à quel moment de la journée nous sommes.
Ma tournée des boutiques ne m'a pas seulement servi à contenter mes besoins vestimentaires: mieux encore que des habits, j'ai trouvé ce qui manquait jusque là à mon aventure: des souvenirs !! Les habitants de l'Île des Éveillés produisent de véritables œuvres d'art autochtone à partir de bois fluorescent ! Écoutant mes envies, j'ai pris un petit coffret en bois scintillant sculpté pour père, un petit bijou fluorescent pour mère (quelque chose qu'elle pourra facilement ranger et perdre pour ne pas l'encombrer), une figurine de chien moche qui brille dans le noir pour ma sœur aînée Réglisophie, et une autre représentant un lapin trop mignon pour ma petite sœur Chocolannabelle. J'ai également acheté un nain de jardin fluorescent que j'offrirai à mon chef une fois de retour à Enies Lobby, il sera ravi.
Dans un registre un peu moins excitant nous avons mis la main sur le matériel qui nous manquait pour débuter l'expédition: couvertures, lampes, outils divers, nécessaire de camp, et provisions.

Nos valises pleines de trésors (surtout les miennes, mais comme nous avons un galant compagnon pour la porter ce n'est pas trop grave), nous suivons l'aimable Suji qui nous conduit auprès de sa famille. Je t'avoue, journal, que je suis très curieuse de découvrir à quoi peuvent ressembler les géniteurs de cette montagne de muscles, chauve (à l'exception de sa petite houppette blonde), moustachue, et excessivement fière de son corps ! Si un de ses frères et sœurs a le même corps que lui mais le visage de Prad Bitt, ça m'intéresse aussi !

La Couronne d'Émeraude de  la reine Kalida (partie 3) Sxjg

♦♦♦♦

La maison familiale de notre ami, tout en bois et ornée de quelques sculptures, est jolie comme tout ! J'entends vaguement Suji nous expliquer qu'elle a été bâtie par son père à la force de ses bras, mais je dois t'avouer que j'ai pris l'habitude de n'écouter que d'une oreille distraite ses propos intarissables et de n'en retenir que quelques mots-clés.
Le moustachu nous fait un clin d’œil, tambourine à la porte, et quelques instants plus tard un jeune homme d'un gabarit similaire au sien vient nous ouvrir. Il est presque aussi grand et bien bâti que Suji, et leur lien de parenté ne fait aucun doute étant donné les généreuses boucles blondes coupées court qui garnissent sa tête ! Il ne ressemble pas vraiment à Prad Bitt mais il n'est pas déplaisant à regarder avec ses traits fins, son visage espiègle et son corps finement sculpté. En plus il ne porte pas de moustache !

"- Suji, tu es rentré !"

Le beau jeune homme prend son frère dans les bras et l'étreint avec une force qui suffirait à broyer le commun des mortels ! J'en profite pour vérifier dans le reflet d'une des vitres que je suis à mon avantage, et prépare mon plus beau sourire. Oh, ne me juge pas journal, pour une fois que je rencontre autre chose que des pirates, des criminels ou des gens bizarres !

Suji, visiblement aux anges, serre à son tour son frère entre ses puissants bras et s'exclame:

"- Jumanji ! Je suis tellement heureux de te revoir !"

J'ai du mal à déterminer si je suis en train d'assister à des salutations fraternelles ou à un concours de force ! Contractant leurs muscles à l'extrême, les deux géants alternent étreintes et serrages de bras en poussant des "gnnnn !" et des "haaaaan !". La meilleure attitude que je puisse avoir dans ce genre de situation c'est encore de rester naturelle et d'avoir l'air de ne pas voir ce qui se passe, en attendant que tout redevienne normal. Ce qui ne tarde pas et Suji, le front en sueur, ayant déjà trouvé le moyen d'ôter sa chemise pour exhiber ses pectoraux, se retourne vers nous et nous présente à son parent:

"- J'ai amené deux amies avec moi, deux femmes courageuses avec qui j'ai voyagé et mené une bataille des plus héroïques ! Voici Anatara et Caramélie."

Je fais un sourire au charmant petit frère et lui adresse un regard pétillant lorsqu'il me tend la main pour me saluer. Je suis soulagée qu'il se contente d'une accolade et d'un "bienvenue" plutôt que de nous infliger les salutations familiales traditionnelles !
Suji ajoute en prenant le jeune homme par l'épaule:

"- Mes amies, je vous présente Jumanji ma petite soeur !"

Petite... sœur ?! Mon monde s'écroule.

♦♦♦♦

Installés autour de la table familiale -bâtie aux dimensions de ses occupants, c'est-à-dire avec des sièges pouvant abriter chacun deux Caramélie chacun- nous faisons la rencontre avec nos hôtes autour d'un délicieux thé.

Monsieur "papa", puisque c'est comme ça qu'on nous l'a présenté, est un bûcheron bien en chair qui ne dépareille pas à côté de ses enfants ! Aussi grand, blond et bouclé que ces derniers, il arbore une magnifique barbe de patriarche et une musculature surdéveloppée, néanmoins gâchée par un imposant embonpoint. A le voir, j'imagine tout à fait ce à quoi ressemblera son fils dans vingt ou trente ans, lorsqu'il aura troqué les heures à entretenir son corps contre autant de temps à profiter d'une nourriture copieuse et de longues heures de repos paisible au soleil. Plutôt sympathique et bienveillant, il est également très taciturne et je ne crois pas l'avoir entendu prononcer de phrases de plus de quatre mots.

Madame "maman" est un minuscule bout de femme grisonnante, petite et menue, le regard sans cesse plein d'admiration pour sa tonitruante progéniture ! Extrêmement gentille et attentionnée -mais autoritaire !- C'est visiblement d'elle que notre ami moustachu tient son bagout, et sa présence est inversement proportionnelle à son gabarit ! Son obsession dans la vie semble être de mettre un terme à la fin dans le monde, à commencer par celle de ses enfants:

"- Suji, mon pauvre petit, ce voyage t'a rendu horriblement maigre ! Tiens mon chéri, reprends encore un peu de beurre avec ton pain ! Et tu me goûteras bien une tranche de ce délicieux saucisson ? Prends-en même deux ou trois ! Il nous vient de chez les O'Biran, bla bla bla... D'ailleurs, tu savais que leur second fils était parti à l'aventure comme toi ? Patati patata... Et vous mademoiselle, vous êtes terriblement maigre ! Tenez, prenez de ce délicieux pain aux noix... et mettez un peu de beurre dessus. Encore un peu, vous allez voir il est délicieux !"

Je n'écoute pas vraiment. Faisant danser les glaçons que j'ai insisté pour mettre dans mon thé, je me remets avec un certain dépit de ma désillusion. C'est vrai qu'à y regarder de plus près la jolie peau bien lisse de Jumanji n'est peut-être pas seulement due à sa jeunesse, et ses pectoraux bien développés peuvent passer pour des seins. Bon eh bien tant pis je suppose, j'imagine qu'il vaut mieux que je m'en rende compte maintenant. Et puis... elle est mignonne quand même.

Nous sommes sauvés d'une mort par gavage au moyen de délicieuses mais bourratives tartines au beurre, aux charcuteries et à la confiture par l'arrivée d'un nouveau membre de la famille dont la voix résonne dans le vestibule:

"- P'pa, m'man, je suis là ! Le forgeron a dit que la scie serait prête pour demain."

Je reste un moment éberluée devant ce qui ressemble pratiquement à une copie conforme de Suji. Ruji, l'aîné de la fratrie, est lui aussi une montagne de muscles chauve et moustachue, et le principal élément que j'ai trouvé pour le différencier de son frère est la petite houppette blonde qui, chez lui, a quitté son crâne chauve et migré sur son menton en un petit bouc en forme de croissant de lune ! Un autre point commun qu'ils semblent avoir, c'est leur facilité à exhiber leurs corps. Après quelques minutes à peine, voilà Suji et lui à moitié dévêtus en train de comparer leurs muscles afin d'essayer de démontrer si oui ou non le voyage en a fait perdre à notre compagnon à houppette !
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Anatara
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Sam 5 Oct 2019 - 13:01



_____La famille de Suji nous a accueillies avec le sourire ainsi qu'un grand naturel, comme s'ils nous connaissaient depuis toujours. Ils nous ont partagé leurs repas, leurs boissons et leurs histoires, surtout. À l'intérieur, des tableaux et des sculptures en bois représentent des hommes et des femmes qui ont tous un flagrant air de famille, sûrement leurs ancêtres ou leurs cousins. Non sans fierté, la mère et les fils nous ont raconté les exploits de leur oncle Ferdinand et patati et patata, et même qu'il a réussi à porter un navire entier sur son dos, par sa seule force ! Franchement, je trouve ça impressionnant et je suis d'accord qu'il y a de quoi être fier. Mais eux, ils ne se contentent pas de rapporter les exploits de leurs proches : ils s'évertuent à les égaler, voire à les surpasser au quotidien ! Ainsi, il y a un concours annuel de porter de bateaux, et c'est Ruji qui l'a remporté l'année dernière.

_____Après un dîner mouvementé, Cara et moi nous sommes repliées dans la chambre d'amis où nous avons pu profiter d'un repos bien mérité. J'y ai minutieusement testé la qualité du matelas et je me suis littéralement affalée. Ahhh ! Comme ça fait du bien de profiter de quelques minutes de vide. Il s'est passé tellement de choses,  ces derniers temps. J'ai du mal à y croire. En fait, c'est surtout le fait d'être bel et bien sur Grand Line, la route de tous les périls, qui m'impressionne au plus haut point. Je suis sur Grand Line... pour de vrai ! Je ne suis pas en train de rêver ! Quelle aventure, dis-donc ! Et dire que ça n'a pas encore commencé.

— Dis, Cara ? Tu en fais souvent, des aventures comme ça ?

_____Cara et moi, on ne se connaît pas encore très bien. À vrai dire, je ne sais pas vraiment ce qu'elle fait dans la vie, à part travailler dans « l'organisme gouvernemental et administratif »... franchement, pour quelqu'un qui s'occupe des papiers, elle est plutôt forte ! Mais ça ne m'étonne pas plus que ça. Par exemple, je sais que dans la Marine, le grade n'est pas décidé par l'aptitude à commander mais par la force. Je ne dis pas que Cara est nulle pour gérer des papiers, ah non ! Je n'en sais rien en fait. Mais en tous cas ce n'est pas surprenant de voir quelqu'un de très fort occuper une fonction très importante. Encore que je ne sais même pas si Cara fait quelque chose d'important vu que je ne sais pas ce qu'elle fait en fait... Bref, on s'en fout ! Le plus important c'est qu'on a appris à se faire confiance et qu'on a vu qu'on pouvait compter l'une sur l'autre en cas de danger et de situation imprévisible, par exemple quand des pirates tentent de prendre le contrôle du navire et menacent de revendre les passagers dans un marché aux esclaves plus ou moins légal.

_____Dans un cas comme ça, beaucoup de gens auraient oublié les autres et n'auraient pensé qu'à leur peau mais pas Cara. Pas moi. D'une certaine façon, nous sommes fières de la façon dont nous avons réagi et nous éprouvons chacune du respect pour l'autre, et pour Suji, aussi. Des histoires comme ça, même si elles ne durent que quelques heures, ça soude, et après il n'y a plus de question à se poser. C'est comme un frère, en fait !

_____J'écoute Cara me raconter sa vie et je rebondis souvent pour faire des commentaires, par exemple sur ses préférences en terme de chocolat et de sucreries. À ce sujet, nous avons pas mal de points communs et je suis ravie de trouver quelqu'un avec qui partager ma passion de la nourriture. Je lui explique que je suis une spécialiste des desserts et que j'ai même travaillé dans un restaurant à Cocoyashi, juste avant de devenir vendeuse dans la bazar où nous nous sommes rencontrées. En fait, ils m'ont annoncé que je « goûtais » une trop grosse proportion de mes créations et donc qu'ils étaient obligés de me remercier. Franchement, c'est n'importe quoi : un vrai cuisinier se doit de s'assurer que le produit qu'il propose est sans défaut, et comment faire si on n'a pas le droit de goûter ? Je mets bravement ma vie en danger en goûtant des desserts potentiellement pas assez cuits et c'est comme ça qu'on me remercie ? Enfin bon, je leur suis tout de même reconnaissante de m'avoir accueillie parmi eux parce que j'y ai vécu d'inoubliables moments à la gloire de la gastronomie, et que ce fut une très belle expérience.

_____Nous passons ainsi la soirée à nous échanger des anecdotes, des sucreries à goûter et des recettes à tester absolument. Nous nous échangeons des promesses et je lui garantis que, une fois rentrées de cette aventure, je lui ferai le meilleur gâteau qu'il lui a jamais été donné de manger. Pour cela, je lui demande une petite liste de ses aliments préférés et de ceux qu'il faut éviter, parce que c'est important de faire en fonction des goûts des gens. Je m'endors avec des rêves de gâteaux au chocolat fruités, de meringues caramélisées qui parlent et qui dansent et de couronne en chocolat vert de la reine Ladika.

_____Demain, nous partons en expédition.
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Mar 8 Oct 2019 - 16:47

Cher journal,

Aujourd'hui, nous partons en expédition !

La nuit n'a pas été très reposante. Ce n'était pourtant pas la faute de mon lit qui était très confortable, ni même des ronflements de Ruji dans la chambre voisine auxquels on finit par s'habituer. Mais cette ambiance familiale, ce cadre apaisant, ainsi que le fait qu'il s'agisse de notre première vraie nuit en paix, sur la terre ferme, depuis le début de notre aventure, ont fait que cette nuit était propice aux discussions et aux confidences. Anatara et moi avons profité de ce moment de calme pour nous ouvrir davantage l'une à l'autre. Nous avons eu beau voyager ensemble nous ne nous connaissons encore que depuis peu de temps et j'étais ravie d'en apprendre plus sur elle, mais également de me confier sur quelques-uns de mes plaisirs. Pour une fois, j'étais contente de pouvoir papoter de tout et de rien, mais surtout de moi, à quelqu'un d'autre que mon journal.
Oh, ne prends pas la mouche ! Tu es sans aucun doute celui qui en sait le plus à mon sujet, bien loin devant n'importe quel être humain ! ... A l'exception peut-être de mon supérieur au Cipher Pol peut-être, mais lui je le soupçonne de savoir jusqu'à mon type de sous-vêtements préférés. Ça n'a sans doute aucun lien avec le fait qu'il voit passer toutes mes notes de frais de mission...
J'ai parlé à Anatara de ma passion les bains, celle pour le chocolat (il va de soi que celui aux noisettes est le meilleur, sans rival possible !), et ma tragique tendance à dépenser mon argent -ou de préférence celui des autres- à tout va, ce qui est au moins très apprécié par mes deux premières passions ! De son côté elle m'a parlé de ses voyages, de sa famille, et de ses talents de pâtissière qui font d'elle -selon moi- une personne exceptionnelle !

C'était donc une nuit passionnante, mais peu propice au sommeil et j'ai bien compris mon erreur lorsque nous avons été tirées du lit au lever du soleil par une fratrie des musclés frais comme des gardons !

Nous aurions pu nous rendre directement au port pour prendre possession de notre embarcation, mais Suji, Jumanji et Ruji ont insisté pour aller la chercher eux-même et pour la porter à bout de bras d'un bout à l'autre de l'île ! Soi-disant que ça nous permet de partir directement du bon côté ! Et puis évidemment c'est un défi contre soi-même, une saine épreuve sportive qui met à l'honneur le force musculaire et la volonté de l'esprit !
Arrivés à ce stade, moi je ne dis plus rien. Qu'ils le fassent si ça les amuse, tant qu'on ne me demande rien de plus compliqué que de me traîner d'un point A à un point B en gardant les yeux vaguement ouverts. C'était tout de même très amusant à voir ! En revanche la matinée est déjà bien avancée lorsque nous quittons le rivage en faisant de grands et joyeux au-revoir à la famille de notre ami.

♦♦♦♦

L'air marin vivifiant et le mouvement des vagues m'aident à chasser la fatigue de la nuit. L’imminence du trésor également ! Actionnée par les puissants bras de Suji qui met un point d'honneur à ramer seul, la barque s'éloigne peu à peu de l'immense île volcanique où nous avons dormi et nous nous enfonçons peu à peu au milieu des différentes îles à la végétation luxuriante.
Nous avons opté pour une embarcation de petite taille, assez grande pour nous abriter Anatara, notre compagnon moustachu et moi, ainsi que nos bagages et notre équipement de chasseurs de trésors. Il était hors de question de louer un voilier: quelqu'un aurait risqué de suggérer de se propulser par un moyen qui ne permet pas de faire usage des muscles de Suji !

Pour ce qui me semble être la millième fois je déplie notre carte et la consulte avec mon associée. A l'origine codée et divisée en deux morceaux qu'il a fallu assembler, même sous sa forme finale elle reste compliquée à déchiffrer ! Si toutefois nos estimations sont les bonnes -et je prie pour qu'elles le soient !- notre but se trouve sur l'une des îles les plus éloignées de l'archipel, une étendue de terre ferme en forme de croissant de lune sur laquelle figurent quelques indications assez vagues mais surtout l’alléchante mention "montagna de fricus" ! En nous fiant à une carte plus récente et plus à jour (mais pas pour autant moins parasitée par des dessins de monstres marins et de sirènes en train de s'étendre lascivement dans l'eau) que notre carte au trésor, nous pouvons déterminer que l'île n'est pas plus grande que celle où nous venons de passer la nuit. Il ne devrait pas être trop difficile de la quadriller et d'y repérer ce que notre carte au trésor appelle un mausolée ! A condition évidemment, qu'il ne s'agisse pas de cette île là-bas dont nous nous approchons depuis tout à l'heure, forme verte à l'allure sauvage et menaçante grossissant à l'horizon, dont la végétation déborde tellement dans tous les sens qu'elle ressemble moins à une île qu’à un agglomérat d'arbres poussant directement à la surface de l'eau, et où les plantes prennent racine les unes sur les autres au point que pour certaines la terre ferme ne doit être rien d'autre qu'une lointaine légende !

"- Grâce aux cendres volcaniques la terre est extrêmement riche et fertile ici", nous indique notre M.Muscles. "La végétation pousse si vite et si densément qu'il faut sans cesse entretenir les terres habitées sous peine qu'elles ne finissent comme cette île ! C'est un travail pour les hommes les plus courageux ! Seuls les plus forts et les plus musclés, ceux dont les corps est..."

Je n'ai pas écouté la suite, mais je ne crois pas avoir manqué grand-chose d'intéressant. J'échange simplement un regard avec Anatara et je vois que nous pensons la même chose: nous ne sommes pas au bout de nos peines !
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Anatara
Anatara

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Intégrité: 11

Ven 11 Oct 2019 - 18:57


_____L’île nous fait face, majestueuse, impertinente. Immense, verte et tentaculaire. Des arbres dans tous les sens, entremêlés les uns sur les autres, parfois décorés de ces étranges fruits phosphorescents et parfois simplement sinistres, inhospitaliers. Ils forment une sorte de muraille qui nous barre l’entrée tant convoitée, quelque soit l’angle d’approche. Où que l’on regarde, on ne peut pas voir à plus de quelques centimètres tellement la végétation est dense, et bien sûr il n’y a ni port, ni jetée, ni quoi que ce soit qui permette de s’amarrer conventionnellement. Certes notre aventure a commencé dans les transports en commun mais là, nous sortons des sentiers battus, adieu la zone de confort !

_____Avant de débarquer, nous décidons d’essayer de faire le tour de l’île pour voir s’il n’y aurait pas un endroit moins touffu, avec de la roche par exemple, quoi que ce soit qui nous permette de poser le pied dessus. Parce que là, pas de belle plage de sable, pas de plage du tout, juste des racines, des lianes et des ronces qui semblent s’agiter pour nous accueillir. D’après le discours de Suji, c’est pareil partout mais Cara et moi aimerions voir ça de nos propres yeux, surtout qu’il nous est indispensable de bien discerner les contours des lieux, c’est quand même la moindre des choses.

_____Malheureusement, nous sommes sur Grand Line et sur Grand Line, la mer n’est pas la même que sur East Blue. Ça, on nous l’a répété à de nombreuses reprises mais puisque domestiquer l’océan a été la dernière de nos préoccupations lors de notre voyage à bord de la Translinéenne (qui, pour rappel, a été ponctué de quelques tentatives de mutineries, de réduction de l’équipage en esclavage et autre vol de navire à mains armées), j’avoue que j’avais plus ou moins oublié ce détail. Grossière erreur.

_____Une montagne, non, un tsunami nous renverse. Nous buvons la tasse, je m’accroche à l’embarcation tant bien que mal et celle-ci semble se remettre à l’endroit comme par magie, je respire. Péniblement, je me hisse à l’intérieur, aidée par Cara qui a miraculeusement réussi à rester à bord. Ensemble, nous nous agitons pour écoper l’eau au plus vite, parce que la barque s’est remplie et que ça risque de limiter notre flottaison. En d’autres termes, nous risquons de couler !

_____Suji, qui ne se laisse pas abattre pour si peu, pagaie à toute vitesse pour contrecarrer vents et marée. La pluie nous mutile la peau, le froid pénètre nos vêtements qui pourtant ont été pensés pour y résister et les vagues nous font reculer plus vite que nous avançons. Timidement, je suggère à Suji de ramer dans l’autre sens pour tenir compte de la si soudaine mais irrésistible force des flots mais il se vexe et rame de plus belle, nous amenant à faire du sur-place. Au bout de quelques minutes, la tempête cesse et c’est le calme plat. N’ayant plus rien pour s’opposer à sa force, Suji nous propulse à toute vitesse, manquant de nous faire tomber par-dessus bord.

_____J’en profite malgré tout pour jeter un coup d’œil aux abords de l’île, mais c’est la même chose de tous les côtés : des racines, des lianes et des ronces. Maintenant que la pluie s’est calmée, Cara griffonne quelque chose sur son carnet qui ne semble pas avoir été inquiété par les intempéries. Quant à moi, je compare pour la millième fois notre carte à celle, plus moderne bien que peu précise, de l’île que nous avons sous les yeux. Pas de doute, les formes correspondent et comme nous savons à peu près où nous sommes sur la carte officielle, on peut en déduire où nous sommes sur la nôtre. Mais bon, une vraie aventurière ne trouve pas des trésors dans son bureau en faisant des calculs à la règle et au compas. Seule la vraie connaissance du terrain compte, et c’est aussi pour cela que nous faisons ce tour de reconnaissance.

_____Après une deuxième tempête qui nous a frappés dans l’autre sens (sans doute parce que nous en étions à la moitié et que du coup nous étions nous-mêmes tournés dans l’autre sens), nous avons terminé notre petit tour de chauffe sans en avoir vraiment appris plus que ce que nous savions au départ. De dépit, nous avons décidé de nous rapprocher le plus possible de l’île et de tout simplement nous jeter à l’eau pour faire le reste à la nage. Brrr, froid !

_____Je m’accroche à une racine et j’aide Cara à prendre plus ou moins pied sur les quelques centimètres carrés de disponibles pendant que Suji attache notre barque à une branche. Si nous n’avons que quelques centimètres carrés, c’est parce que le reste de l’île est occupé par ces maudits végétaux ! Bon sang, mais qu’est-ce qu’ils sont indisciplinés ! Sur Sirup, il y a des sentiers, dans les forêts, pourquoi là il n’y en a pas ? Comment ils font les petits enfants pour passer quand ils jouent à chat ? Du coup, c’est un mur de ronces, de feuilles, de branches qui griffent, d’orties, de troncs, de fougères et de racines qui nous empêche d’avancer.

— Ne vous en faîtes pas, dit Suji : vous avez un véritable bûcheron avec vous !

_____Tout fier de lui, il sort une hache de je-ne-sais où et entreprend de nous défricher le passage à la force de ses bras, et à voir comment il en sue, ce ne doit pas être de tout repos ! Le moindre centimètre est une bataille de gagnée contre la végétation, et les coups de hache ne nous épargnent malheureusement pas les morsures d’insectes qui s’infectent, qui gonflent et qui font des boutons qui grattent, sans parler des éraflures bien énervées que la végétation outrée nous laisse sur le corps pour manifester son mécontentement.

_____Fort heureusement, nous avons prévu le coup et nous nous sommes habillées en conséquence. Enfin… moi oui, en tout cas. Suji est torse nu et quant à Cara, elle s’est vêtue de manière bien chic, ça je dois bien lui reconnaître mais pour le côté pratique j’avoue qu’il est plutôt… discutable. Mais bon, elle semblait si heureuse dans ses nouveaux vêtements que je n’ai pas osé lui faire de remarque quand nous nous sommes préparées pour l’expédition. Et puis elle est grande aussi, c’est à elle de décider ce qu’elle met, de quoi je me mêle !

_____Assez rapidement, la lumière du Soleil est complètement masquée par le tapis de feuilles qui recouvre nos têtes et seuls ces étranges fruits phosphorescents nous assurent un éclairage relatif particulièrement oppressant. Cette lumière, diffuse et étouffée, crée une atmosphère pour le moins glauque qui nous rend tous nerveux. Au moindre bruissement, au moindre cri d’oiseau, au moindre petit écureuil dont l’ombre court sur les bois, je sursaute et j’ai un petit accès de panique ; j’ai l’impression qu’on va me sauter dessus à la moindre occasion et le pire dans tout ça, c’est que je ne sais même pas qui est le « on » ! Pour nous rassurer, Cara et moi nous sommes rapprochées et suivons Suji de très près… Bon, étant donné la place assez limitée que nous avons pour progresser, nous sommes obligées de nous coller de toute façon mais voilà, je l’avoue : j’ai peur !

— Haha ! Vous voyez, je l’avais bien dit qu’aucune forêt ne pouvait m’arrêter ! Même les arbres se sont enfuis en me voyant à l’œuvre.

_____Triomphant, Suji débouche dans ce qui semble être une clairière, sauf que l’herbe fait deux mètres de haut et que l’endroit n’est pas beaucoup plus praticable que le reste de l’île. Parfois, les tiges des fleurs sont si hautes, si épaisses et si rapprochées que nous ne pouvons tout simplement pas passer sans tout couper à la hache, mais au moins le Soleil parvient-il de nouveau jusqu’à nos yeux. Ouf, je me sens beaucoup mieux ! Unilatéralement, je décrète que c’est le bon moment pour s’arrêter.

— Bon, pause.
— Comment ça, pause ? Je peux encore continuer toute la journée s’il le faut, je ne suis pas fatigué vous savez !
— Non-non, ce n’est pas ça Suji, nous avons simplement besoin de consulter la carte pour savoir par où continuer.

_____Sur Sirup, il y a des bancs dans les endroits comme ça, pour que les gens puissent s’asseoir quand ils font une pause. Mais bon, puisqu’apparemment ils n’ont pas pris la peine de mettre des sentiers, je suppose que c’est logique qu’il n’y ait pas de bancs. Ah, mais quelle bande de sauvages !

_____Mais il y a plus important. Normalement, nous devrions avoir un mausolée sur notre gauche et là, j’ai beau essayer mais je ne vois rien qui indique que cette île a été visitée par des humains durant les trois derniers millénaires. Bon, pas de panique. Après tout, nous sommes partis dans une direction approximative donc c’est normal qu’on n’arrive pas tout pile au bon endroit comme dans les livres. Et puis nous avons trouvé cette clairière, ça prouve qu’on ne s’est pas trop trompés, n’est-ce pas ? Après avoir longuement débattu sur le pourquoi et le comment, nous avons émis de nombreuses hypothèses dont une qui semblait des plus convaincantes. Malheureusement, après vérification, ce n’était pas la prétendue « clairière du Soleil » où il devrait en principe y avoir des tournesols.

_____Dépitées, Cara et moi sommes obligées de nous rendre à l’évidence : nous sommes perdus.
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Caramélie
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Mer 16 Oct 2019 - 18:12

Cher journal,

Notre aventure depuis notre arrivée aux abords de l'île s'est révélée plus compliquée que prévu. J'avais évidemment envisagé que ce serait une étape un peu longue et sans doute dangereuse de notre périple, mais j'avais également espéré qu'il nous suffirait de suivre des repères indiqués sur la carte et de quadriller un peu le secteur pour atteindre notre but sans trop de mal. Une île ce n'est pas si grand après tout, et un vieux mausolée ça ne passe pas inaperçu comme ça ! Mais je dois te confesser journal, j'ai un peu sous-estimé la résistance que nous opposerait la dernière étape de notre aventure.

Le principal problème, c'est que chaque pas nous coûte énormément d'efforts en débroussaillage (enfin surtout à Suji, mais je t'assure que ça le vexerait que nous fassions le travail à sa place) et ajoute un nouvel accroc à ma jolie jupe longue ! Heureusement que j'ai choisi une laine bien épaisse, sinon je ne te raconte pas l'état de mes jambes à l’arrivée ! Ensuite, il est extrêmement difficile de nous orienter puisque l'île entière est un amas plus ou moins compact de végétation ! Enfin, ne pouvant pas compter sur l'aide d'une boussole puisque ces dernières ne fonctionnent pas sur ces mers, nous devons nous aider de la position que pointe le log pose pour nous repérer, ce qui est beaucoup moins intuitif.

Il ne faut pas perdre espoir pour autant journal ! Après tout si le trésor avait été facile à découvrir il ne serait plus ici depuis longtemps !
Évidemment qu'il y est toujours, sinon la carte y menant ne serait plus en circulation depuis longtemps. … Non ? Oh, mais… une couronne en émeraude qui se vend aux enchères ça fait parler d'elle en général ! Alors, qu’est-ce que tu dis de ça ? Arrête donc d’être défaitiste ! Ma pire crainte en réalité c’est de tomber sur un trésor métaphorique. Je te fais la promesse que si le trésor de la reine Kalida c'est "le voyage, l'aventure, et les amitiés que vous avez nouées pour parvenir jusqu'ici", et que la couronne d’émeraude c'est "une métaphore pour le dôme de végétation qui recouvre l'île", eh bien je donnerai toute la métaphore en pâture à des bûcherons fanatiques !!!


L'atmosphère ici est très particulière. Je n'avais jamais rien vécu de pareil ! L'air est encore plus moite et lourd que sur l'île principale, et la présence de toutes ces plantes à la croissance surnaturelle a quelque chose d'oppressant. La lumière nous provient bien plus des nombreux végétaux qui scintillent d'une lumière jaune que du soleil, que nous distinguons à peine au travers de l'épais plafond de verdure qui nous entoure.
Et je ne te parle pas de tous ces animaux et autres insectes qui bavardent tout autour de nous: "krrrroui krrrroui, alors Martine, tu as entendu ce qui était arrivé à Mauricette ?" "Oui, elle s'est faite attraper par un oiseau à ce qu'on raconte !" ; "Sssssh sshshhh, quel est le malotru qui a découpé mes lianes préférées ?! Il y en a partout par terre !" ; "Cuicuicuicui, je suis le plus bel oiseau de cette forêt !" "Piou piou, goûte-moi donc cet insecte au lieu de dire des bêtises, il est délicieux !".

Nous avons fait une halte, au milieu de ce qui ressemble à une clairière remplie de hautes herbes (quand je dis "hautes", journal, ça veut dire en réalité qu'elles font pratiquement ma largeur et la hauteur de Suji !). C'est l'occasion de faire le point, et nous en avons profité pour mettre à sécher nos vêtements, trempés par notre arrivée un peu en catastrophe. Il vaut mieux prendre très soin de nos affaires et de notre hygiène car sans ça, avec la moiteur ambiante, l'air étouffant et toutes les bestioles qui rôdent autour de nous, nous tomberions vite malades ! Et quitte à laisser sécher nos vêtements, puisque de toute manière il convient de réfléchir un peu à la suite des évènements, nous pouvons tout aussi bien installer notre premier campement ici: nous ne sommes pas particulièrement pressés par le temps et il s'agit peut-être du seul endroit à peu près dégagé que nous trouverons sur cette partie de l'île.

D'un élégant et vif mouvement de jambe, je produis une lame d'air qui vient cisailler une rangée d'herbes géantes, libérant un espace en forme d'arc de cercle sur lequel nous pouvons déposer nos paquetages. Anatara et moi réunissons les herbes en faisceaux pour former une espèce de matelas, tandis que notre compagnon moustachu retourne sur nos pas pour ramasser de quoi faire du feu.

♦♦♦♦

Alors que nous prenons notre premier repas de campeurs (de délicieux sandwichs au pain frais et presque pas mouillés suite à notre quasi-naufrage, confectionnés par maman-Suji), nous repartons de plus belle en discussions quant à la conduite à adopter pour la suite des évènements. Vu la difficulté pour se frayer un chemin, quelle que soit la direction, nous ne pouvons pas nous permettre de progresser au hasard et c'est pourquoi je propose:

"- Notre carte au trésor n'est pas assez précise, et surtout elle n'est clairement plus à jour. Si nous voulons nous y retrouver nous devons absolument faire notre propre repérage de l'île. Si nous arrivions à grimper jusqu'à la cime des arbres, nous pourrions sans doute esquisser un plan et peut-être même trouver des points de repère qui correspondent avec ceux indiqués sur la carte."

Il s'ensuit une discussion sur pourquoi, quand et comment, mais mon idée reçoit l'assentiment de mes compagnons. Il est convenu que j'aille seule car je suis la plus à l'aise dans les airs grâce à mon rokushiki (du moins, je suis la seule qui n'est pas à zéro dans ce domaine !). Faisant un plus bel usage des techniques fétiches du Cipher Pol, je m'élance et enchaîne une série de geppous -de rebonds dans les airs- qui me propulsent jusqu'à hauteur des premières branches où je peux m'accrocher et reprendre mon souffle. Là, les choses se compliquent un peu. Au-dessus de moi s'étend un véritable dôme végétal, un enchevêtrement épais de branches, de plantes épineuses, d'arbres, de lianes et autres parasites qui poussent les uns sur les autres !

Après avoir trouvé un appui solide j'effectue une série de rankyakus -des lames d'air- acrobatiques et aériens avec mes jambes, et fais subir à cet indélicat plafond de jungle le même sort qu'aux herbes de la clairière. Tchaffff !
Bon, ce n'est pas facile de viser avec ses jambes quand on doit aller vers le haut comme ça ! Le premier tir touche au but mais un peu trop loin de là où je visais, et le second part beaucoup trop à gauche ! J'essaie d'affiner ma découpe avec quelques autres tirs et c'est tout un pan enchevêtré de branches et de lianes s'effondre... sur mes deux compagnons restés dans la clairière !

"- Attention en dessous !"

Pata-fatras !
Un silence un peu pesant s'ensuit, seulement rompu par le bruit des animaux qui reprend. Tu imagines mon soulagement lorsque j'entends les grognements d'Anatara et Suji qui émergent finalement du tas de végétaux coupés !

"- Ahem... tout va bien ?"

En voyant que oui je retrouve mon sourire.

"- Je suis désolééée !"

Finalement, je me retrouve dans la même situation que lorsque Suji nous dégageait le chemin sauf que moi je dois travailler à la verticale ! Cela prend du temps et demande de gros efforts, sans parler du danger ! Je manque même de tomber une ou deux fois, et Anatara finit par me suggérer de m'attacher à certaines branches avec une corde par mesure de sécurité. Quant à moi j’accepte de mettre mon ego de côté et de laisser Suji monter pour faire les grosses œuvres à un ou deux endroits, et il s’y emploie avec une agilité surprenante !

♦♦♦♦

Je pensais arriver là-haut en quelques minutes, mais il m'aura fallu finalement plusieurs heures pour atteindre le sommet ! La nuit est en train de tomber, du moins c'est ce qu'il me semble si je me fie au ciel qui se teint de rouge orangé et de rose. La vue des nuages colorés dans le ciel du soir qui tombent en dégradé sur les dômes lumineux que forment chacune des îles de l’archipel au point de former un tout où il fait entièrement jour est tout simplement magnifique à contempler !

Prenant mon élan sur une des dernières branches assez solides pour supporter mon poids, je m'élance une nouvelle fois dans les airs et me stabilise à une petite hauteur au-dessus des cimes. De là, et sans obstacles pour me gêner, j'ai une vue sur tout l'ensemble de l'île.
C'est à la fois beau et impressionnant: tout devant mes yeux n'est qu'enchevêtrement de végétaux, d'arbres qui poussent et débordent les uns sur les autres, de plantes colorées et de lumières qui scintillent. Une véritable mer verte qui frétille sous l'effet du vent ! Le geppou que j'utilise pour me déplacer dans les airs me permet plus de rebondir que de vraiment, voler, et il me faut plusieurs aller-retours entre le sommet des arbres et les airs (ce que je fais évidemment avec cette petite touche de raffinement qui me caractérise, journal, je ne ressemble pas du tout à une grenouille en train de rebondir sur les feuilles !) avant de parvenir à me faire une idée un peu plus précise de la topographie des lieux. Ayant vu tout ce que j'avais à voir, je redescends.
Ça paraît extrêmement simple dit comme ça, ça me prend tout juste une demi ligne pour te l'écrire, mais comprends bien que dans la réalité j'ai dû y passer quinze bonnes minutes le temps de contourner les banches, d'éviter les bouts pointus, de faire attention à ne pas tomber et surtout de ne pas faire tomber d'autres débris sur mes amis !

De retour en bas, je prends le temps de souffler et d'ingurgiter une tablette une barre de chocolat. Puis je m'empare d'une feuille de papier à peu près sèche et de quoi dessiner, et j'explique la situation à Anatara et Suji:

"- Comme nous le pensions, nous sommes actuellement sur la pointe sud, là où l'île prend la forme d'une espèce de... un peu comme la houppette de Suji. Nous sommes encore tout proches de la côte à vrai dire, nous avons beaucoup moins avancé que nous ne l'avions cru !"

Je dessine un petit cercle qui symbolise la clairière avec notre campement, puis continue mes gribouilles sur le dessin.

"- Ici et ici les végétaux montent plus haut, je pense qu'il y a un peu plus de relief. Ça pourrait juste être dû à des arbres qui ont poussé plus vite, mais je crois que ça correspond à peu près aux dénivelés indiqués sur la carte... ah non, celui-là est plus au nord..."

Je gribouille pour corriger mon dessin, compare encore avec la carte, ajuste un peu mes traits, puis reprends.

"- J'ai également repéré une espèce de grand enchevêtrement droit devant nous par ici... des ronces ou une espèce similaire"

Je dessine des espèces de plantes avec des piquants dessus. J'en mets plein et des pointues parce qu'elles avaient l'air redoutables !

"- A mon avis on y gagnerait vraiment à faire le tour plutôt que d'essayer de passer au travers."

Je prends encore quelques instants pour dessiner de mémoire les éléments notables que j'ai pu repérer, qui se résument hélas à pas grand-chose. Mais notre information principale est là: il faut encore avancer et suivre vaguement une direction "aiguille du log pose moins soixante degrés à gauche". En prenant en compte le fait que chaque jour pendant cinq jours l'aiguille va lentement se déplacer jusqu'à pointer vers les Pythons Rocheux, l'étape suivante de cette voie sur la route de tous les périls. Ce qui nous fait, d'après les estimations de grand-frère Suji, une perte moyenne de trois degrés sur le log pose à prendre en compte chaque jour. Tu es un peu perdu ? Ne t'inquiète pas journal, tu n'as pas besoin d'être calé en mathématiques ou en géographie: tu dois juste comprendre que je sais ce que je fais.
J'espère vraiment que je sais ce que je fais !!

"- Vous en pensez quoi ?"

De toute manière, même si ce n'est pas évident puisque la luminosité n'a pratiquement pas diminué, la "nuit" tombe sur l'archipel et il serait opportun de songer à nous reposer. C'est là que nous allons faire usage de notre arme secrète: des masques opaques pour les yeux gracieusement fournis par maman-Suji qui nous permettront selon ses dires de passer une nuit "pratiquement comme dans ces îles où il fait noir quand le soleil se couche" !

http://www.onepiece-requiem.net/t21479-caramelie-la-critiqueusehttp://www.onepiece-requiem.net/t21492-l-envers-du-journal#23135
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