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Thomas Lewis
Thomas Lewis
••• Agent de catégorie III •••


Feuille de personnage
Dorikis: 680
Popularité: 0
Intégrité: 0

Mar 28 Avr 2020 - 4:39

Le ciel est clair, ce soir. Depuis le pas de la porte, posé contre le mur, je peux observer les étoiles tranquille. Je souffle la fumée de ma cigarette, ça m’obstrue la super vue l’espace d’une seconde. Puis je baisse les yeux. Les types défilent, les mêmes profils encore et encore. Des riches, pour la plupart. Bien gras, bien entourés, trop d’argent à dépenser dans leurs petites valises. D’autres, plus pauvres, viennent tenter leur chance aux jeux. Je les comprends, c’est tentant. Ils ressortent encore plus dans la merde qu’avant, généralement, mais je comprends. J’écrase mon mégot a terre, il est temps d’y retourner. Tu sais à quoi je vois ça ? C’est pas parce que ma pause est fini, je fais pas gaffe à l’heure. Mais parce que le gars qui vient d’arriver et qui s’avance vers l’entrée du casino, il est différent des autres cons. Lui, il est intéressant. Parce que sa trogne figure sur la paperasse qu’on m’a filé pendant le briefing de la mission qui m’amène ici. Il pousse les deux portes de verre d’un geste assuré, un grand sourire aux lèvres. Il salue même la jolie réceptionniste. Il connaît l’endroit.

Je note. Puis je rentre à mon tour. Je fais signe aux collègues qui surveillent la sortie. Je passe entre les tables de jeux, me frayant un passage entre tout ce beau monde qui peuple l’endroit. Ça applaudit, ça rigole, ça insulte des mères, bref ça vie. En arrivant près de l’ascenseur, je tape l’épaule d’un camarade, qui comprends que je viens prendre la relève. Cette nuit, je suis vigile. Classe, non ? J’avais déjà le costard, les muscles vite fait. J’ai pas eu de soucis à dégoter ce job. Las Atlantik, le ville de tout les vices du Royaume de Bliss. C’est relativement nouveau, alors des opportunités, tu te doutes bien que y’a que ça. La plupart sont même pas trop regardant sur les antécédents, j’ai même pas eu à me faire chier niveau couverture. Pourquoi vigile ici ? Parce que Schaffer, le type de tout à l’heure qui vient de rentrer, et qui a posé son gros cul à la table de Black-jack, est réputé pour deux chose. Sur East Blue, il est réputé pour être un lieutenant d’élite de talent, droit dans ses bottes, le sens de la Justice acéré. Dans les Bureaux, il est réputé pour être un potentiel connard dont l’appât du gain écrase tout sens moral.

Je t’ai déjà parlé du travail préliminaire qu’on doit se taper en début de chaque assignation ? Je t’ai sûrement dit que c’était chiant comme la mort. Et c’est vrai. Mais parfois, c’est quand même vachement utile. En étudiant un peu son dossier et ce que les sbires du Cipher Pol ont pu récolter sur lui, un lieu sortait régulièrement. Deux, en fait. Le premier, c’est l’Hôtel Old Paradise, pas très loin d’ici. C’est là qu’il réside la plupart du temps quand il passe dans le coin. Et crois-moi, il y passe souvent. Le second, tu t’en doute, c’est le casino où je me trouve actuellement. Le Grand Pacific Casino. Un endroit qui pue presque autant la richesse et l’ostentatoire que Marie-Joie, c’est dire. Schaffer est sur la liste des VIPs, ici. C’est une des rares mouettes à s’aventurer ici, d’ailleurs. Cet endroit sent un tas de chose. Les liasses, la cigarette, l’alcool, les petits fours. Mais ça respire pas vraiment l’honnêteté. Peut-être qu’une impression, hein. En tout cas, mes collègues ont des gueules de vieux mafieux de Manshon. Vu la facilité avec laquelle j’ai chopper ce boulot, c’est que je dois avoir la tronche de l’emploi aussi, tiens.

De l’ascenseur, j’ai une vue pas trop dégueulasse du Grand Hall. En face, y’a les tables de jeux. Doit y avoir une quinzaine de variante du poker que je connais pas. Plus les classiques. A droite, c’est les machines à sous qui résonnent et chantent en boucle. De temps en temps, y’a un cri de surprise et des applaudissements. A ma gauche, c’est le bar. Et puis plus loin, derrière, caché par des rideaux discret, je sais qu’il y a des tables privées, pour les réguliers. Pour les réguliers riche, y’a le sous-sol. J’y suis jamais allé. Pas besoin, Schaffer se contente des tables régulières. D’ici, je le vois relativement bien. Il dépasse tout le monde d’une ou deux bonnes têtes, déjà. Puis sa coupe façon afro lui donne encore plus un air singulier. Peu de chance de le perdre parmi la foule, pratique. Il fait rien de spécial. Il plaisante, mise gros, drague les jeunes femmes qui l’accompagnent. Lui, contrairement à la flopée de bourges qui l’entourent, il a pas besoin de garde-du-corps. J’ai lu ses états de services, il pourrait briser le crâne à n’importe quel clampin qui viendrait lui chercher des noises, moi y comprit. Fort heureusement, je suis là que pour observer. L’arrestation, c’est pas forcément de mon ressort. Et je sens que si y’a matière avec ce type, je vais faire un effort supplémentaire pour m’éclipser quand la cavalerie ira lui passer les menottes.

Vas pas croire que je suis un couard, hein. Je tiens à ma vie, tout simplement. Et que tactiquement, s’attaquer à plus gros que soit c’est pas la meilleure des idées. Mais c’est pas ça qui va m’empêcher de faire mon boulot ce soir. Tiens, regarde donc : tu vois, le chauve bien bourru, vers une des tables, juste en dessous du super abat-jour en verre ? Ben il vient de bousculer un petit vieux qui trimballait une mallette pleine de pognon, à tout les coups. T’as bien lu, je suis passé à l’imparfait, parce que la mallette, il l’a plu. Oui, évidemment que c’est le chauve qui l’a. Je suis un des plus proches de lui, avant les gardes de la sortie. Je peux rester ici la main dans le slip, le pauvre va forcément se faire casser la gueule avant de respirer l’air frais de l’extérieur. Seulement voilà, si y’a moyen de faire mes preuves et de montrer au supérieur que je suis pas là pour rien, je pourrai gagner en liberté de mouvement. Alors désolé mon pote, mais ça va vraiment pas être ta soirée.

Je me rue vers le milieu du Hall, je bouscule une serveuse au passage, je m’excuserai après si j’y pense. Je saute par dessus la table roulante qu’un employé trimballe, avec des amuse-gueules bien présenté dessus. J’essaye d’en chopper un au passage, pour la classe, mais je me foire et j’en fous partout. Tant pis. Je suis pas peu fier de moi : en l’espace de quelques secondes, avant même que le vieux se rende compte qu’il vient de se faire chourer son fric, je me retrouve à portée du voleur et le plaque au sol. Ça craque, mais ça vient pas de moi, donc tout va bien. Le salaud me met un coup de coude, se retourne, et je sens qu’il va pour me mettre un coup de tête. Je recule la mienne, puis lui colle une droite bien placé qui fait rebondir son crâne contre le sol lustré. Sûrement un pauvre qui a pas grand-chose à perdre. Je récupère le colis, puis je le traîne par le col jusqu’au dehors. Un coup de pied au derche, et le voilà qui trébuche sur le trottoir jusqu’à se casser la gueule dans le caniveau. Désolé mon pote.

Je re-rentre, victorieux, et je tends aimablement la mallette au vieux, qui est tout déboussolé. Ses gardes ont bien essayé de me suivre et de faire genre ils étaient pas payés pour rien, mais c’était trop tard.

« Vous l’avez rayé. »

Il me regarde d’un air snob. T’es sérieux, connard ? Bah, j’en attendais pas plus d’un friqué pareil. J’aime pas les préjugées, mais à force de traîner en Terre-Sainte, je commence à les connaître, les bourgeois. Je lui souris, je souris encore plus à ses gorilles, puis je repars à mon poste l’air de rien. Ouais, j’essaie de me donner un genre un peu cool, et alors ? Quitte à m’emmerder à surveiller le lieutenant, autant le faire avec classe.
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