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Au pied du mur

Anatara
Anatara

♦ Localisation : East Blue

Feuille de personnage
Dorikis: 3757
Popularité: +173
Intégrité: 116

Sam 17 Oct 2020 - 18:58



_____Que savons-nous sur les Zoukous ? Maxton se prend la tête puis la secoue, dépité. Jusque-là, personne ne semble connaître ne serait-ce que leur existence, gardée jalousement secrète de génération en génération. La seule chose que nous savons c’est qu’ils vivent au sommet de Grand Line. Et dans la littérature, on ne parle que d’un seul et unique peuple qui vit là-haut : les dragons célestes. Des demi-dieux qui descendent des créateurs du monde, ceux qui – dit-on – nous dirigent dans l’ombre, à la tête du Gouvernement Mondial. Et s’il existait d’autres peuples qui vivaient dans le ciel ? Le saurions-nous ? Les dragons célestes ne partagent pas leur terre. De même que l’on appelle un horticulteur pour se débarrasser d’un nid d’abeille découvert au fond du jardin, ils auraient tout fait pour les éliminer, c’est une certitude. Peut-être que c’est pour cela que Jérôme voulait absolument que sa lettre soit brûlée ? Pour protéger les siens de l’éradication ?

_____Jérôme, un homme retrouvé mutilé sur une plage d’une île étrangement proche de Red Line, l’île de Clare. Un homme qui a gardé le silence toute sa vie durant, emportant le secret de son identité et de son passé dans sa tombe. Un homme qui cachait manifestement un lourd secret. Après nous être lancés sur ses traces dans l’espoir de découvrir un fabuleux trésor, nous avons découvert un message indescriptible laissé par Jérôme, gravé sur une plaquette de granite. Nous avons appris qu’il avait écrit une lettre à celles qui l’avaient recueilli, et dans laquelle il avouait faire venir d’une tribu de Red Line, les Zoukous. Oui, mais où sur Red Line ? La falaise qui fait face à l’île de Clare semble toute indiquée, d’autant plus que l’on sait que Jérôme passait des matinées entières à contempler l’horizon avec nostalgie. Et, justement, depuis la plage où il se trouvait, la seule chose que l’on voit à l’horizon, c’est Red Line. Mais comment en être sûr ? Pour nous, il n’existe que trois façons de nous rendre sur Red Line. Le Gouvernement Mondial, qui possède un ascenseur permettant d’atteindre directement la terre sainte, Reverse Mountain, un puissant courant ascendant qui passe par-dessus la falaise, et l’escalade. Escalader Red Line est notoirement possible, comme l’a prouvé le tristement célèbre Fisher Tiger, un des pires criminels de l’histoire. D’après la légende, cet homme-poisson aurait même escaladé les dix kilomètres à mains nues ! Mais le problème ce n’est pas tellement de monter : c’est plutôt où monter, et comment redescendre.

_____Sur la première question, mon cartographe sera plus qualifié que moi, donc je le laisse faire ses recherches. Accompagné de Christobald qui a déjà prouvé ses compétences en résolution d’énigmes insolubles, je suis sûre que Maxton saura trouver une piste. Sur le deuxième point, j’ai pris rendez-vous avec Janice Drai, fondatrice de l’association des grimpeurs rouges. C’est dans leur maison mère, au pied de Red Line, que la Pyrphidée fait escale aujourd’hui.

_____Parmi les tours vertigineuses taillées à même la roche par des millénaires d’histoire, par des peuples ingénieux cherchant de plus en plus d’espace pour accueillir la génération d’après, au milieu des roseaux et des bambous dont le feuillage frémissant chatouille le ciel, entre les terrasses et les jardins suspendus qui sont autant de paradis cachés, au-dessus du château d’eau qui domine des maisons qui n’ont pas de toits, à côté des refuges inscrits dans la falaise et dont les ouvertures béantes donnent sur presque un kilomètre de vide, des ouvreurs fous s’ahannent sur les parois pour installer des spits, des pythons et des relais ; retenus par la force de leurs bras, avec pour seule assurance une corde reliée au dernier point qu’ils ont posé, et dont Dieu seul sait s’il est fiable. Entre les murs des maisons, par-dessus les cordes à linges, serpentant derrière les champs de patates et passant parfois par les fenêtres des bars, des milliers de voies s’offrent aux débutants comme aux confirmés. Des voies d’escalades, partout, ouvertes avec passion par des grimpeurs qui n’ont pas froid aux yeux. Voilà le fonds de commerce d’Altéa, la ville-montagne, une des rares qui aient réussi à se développer au pied de la falaise rouge.

— Red Line est en fait une succession d’îles climatiques collées les unes sur les autres. Si tu étais fine comme une goutte d’eau, tu pourrais traverser à certains endroits parce que ça ne se touche pas, mais c’est impossible pour un humain.

_____Nous sommes assises à près de trois cent cinquante mètres du sol, sur une terrasse qui offre une vue vertigineuse sur le vide. Au loin, East Blue scintille paisiblement, nous chatouillant parfois de quelque brise marine. Janice a écouté mon projet avec intérêt, et après quelques considérations techniques, la conversation a dérivé sur des sujets métaphysiques.

— En fait, ce qui rend Rough Tell inatteignable, ce n’est pas vraiment Red Line ou Calm Belt, mais surtout que personne ne sait vraiment où elle est. Même si tu pouvais traverser, tu te retrouverais perdue au milieu de nulle part, sans avoir où aller dans un océan sans pitié. Tu me diras : il y a les Log Pose, mais qui sait ce qu’ils deviennent une fois sur la dernière île ? Si ça se trouve, il est impossible d’en repartir !

_____Je l’écoute distraitement. J’ai beau être devenue chasseuse de trésors, je ne suis pas vraiment intéressée par la quête du One Piece. Pour moi, c’est une légende de pirates, rien de plus. Et puis, si cette île existait bel et bien, cela ferait longtemps qu’elle aurait été découverte vu que tous les pirates du monde la cherchent depuis plus de cent ans.

— Des fois, je les comprends, reprend la grimpeuse. Avoir la mer qui tend les bras … ça donne envie.
— Oui, surtout que Grand Line est encore très peu connue !
— Ah oui ? Elle est presque entièrement cartographiée, non ?
— Seulement les voies principales. Mais il existe d’autres îles !
— Qu’est-ce qui te fais dire ça ?
— Ce serait surprenant, non ?
— … Tu as raison ! C’est fou, ça. Tant de mondes à découvrir. Et c’est pour ça que tu veux escalader Red Line ? Pour voir ce qu’il y a en haut ?
— En partie… mais pour le reste : c’est un secret !
— Cachotière !

_____Janice me dit au revoir de la main, avec un sourire ému. Pour elle, nous sommes des aventuriers fous et des pionniers. Nous disposons de tout le soutien de son association. Mais ouvrir une voie de dix kilomètres, ça pose trop de problèmes, m’a-t-elle expliqué. Il n’y a pas que l’aspect pécuniaire avérant à la quantité de matériel nécessaire : tout d’abord, l’oxygène commence à manquer dès quatre ou cinq kilomètres d’altitudes, donc la voie risque d’être mortelle pour ceux qui la tentent… nous les premiers. En plus, il y a le facteur temps. Il faudrait grimper dix heures par jours pendant dix jours pour venir à bout de Red Line. Ça signifie que les aventuriers qui se lanceront dans ce défi devront porter des vivres, des tentes et plein d’autres trucs qui les alourdiront ! Et si l’un d’entre eux échouait et restait coincé tout en haut ? Ce serait quasi-impossible de le ramener à terre. La voie deviendrait condamnée, à moins que quelqu’un prenne le risque de se lancer dedans sachant qu’il y a déjà des centaines de kilos qui font tension sur une des cordes… Et puis quand quelqu’un se lance dans la voie, il faut attendre qu’il descende pour que le suivant se lance, ce qui ferait de cette voie la moins rentable du site. Enfin, et surtout, il y a l’aspect symbolique. Ce serait vraiment super cool d’ouvrir une voie qui relie le ciel et la terre, et je suis sûre que plein d’aventuriers viendraient des quatre mers pour relever le défi, mais le problème… c’est justement cette même symbolique. Les dragons célestes n’apprécieront pas l’existence de cette voie, et pourraient même l’interpréter comme une tentative d’invasion. Certes, nous sommes littéralement à l’autre bout du monde par rapport à Marie-Joie mais n’empêche qu’une armée pourrait utiliser cette voie pour envahir la terre sainte… En plus, on risque de polluer leur air s’il y a trop de gens qui parviennent jusqu’en haut.

_____Bref, impossible de descendre en utilisant une voie d’escalade. On pourra monter, par contre : le dernier n’aura qu’à déséquiper au fur et à mesure qu’il monte, ce qui nous permettra de gravir les dix kilomètres avec relativement peu de matériel… Mais l’exploit n’en reste pas moins surhumain ! Pour le réussir, je vais avoir besoin de surhommes.

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Le mot est une maladie oralement transmissible.
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