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La mort de Justine Bierbière (mission)

Invité
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Dim 12 Déc 2010 - 2:16

Voilà cinq jours que je suis coincé sur cette île, je n’en peux plus. J’espère qu’ils se lasseront bientôt et que je pourrais m’en aller. Je vais attendre encore deux ou trois jours et je sortirais. Il va payer, cet enflure d’ Ichigo, il va voir…
Comment en suis-je arrivé là ? Beaucoup d’imprévus avec, notamment, la trahison de la marine. Revenons quelques jours en arrière.


Je venais d’arriver sur Shell Town (après un « sauvetage » in extremis) et j’allais, nonchalant, vers le poste de la marine afin de leur livrer mon cher ami Martinii, que je tenais sur mes épaules. Arrivant ainsi dans la base, je fus conduis vers le plus haut gradé de cette section : le sergent-chef Ichigo. C’était un homme grand, svelte et assez jeune. Il était enveloppé dans un grand manteau noir et, malgré son jeune âge, il irradiait de lui une force et un aplomb important.

Me voyant arriver, il s’avance vers moi et regarde le corps que je dépose devant lui.

« Hahaha Martinii, te voilà en bien mauvaise posture maintenant. Me regardant : merci de me l’avoir ramené, même s’il aurait été mieux de ne pas l’abimer autant. Mais ce n’est pas bien grave, un pirate de moins, c’est toujours ça. Au fait, je suis le sergent-chef Ichigo, bienvenue.

- Merci, je suis …

- Kashassou Iquam, oui je sais. Bon les formalités passées, suis-moi, nous avons à discuter. »

Je le suivis donc, interloqué. Arrivant dans son bureau, il congédia les gardes afin que nous soyons seuls.

« Un peu de Rhum ? »

Sa demande était de pure forme car il avait déjà commencé à me servir un verre. Alors qu’il me le tendait, je lui demandais comment il connaissait mon nom.

« Ne sous-estime pas les service de renseignements de la marine. D’ailleurs je ne connais pas que ton nom … Bon, parlons sérieusement. Je sais ce que tu es et j’ai besoin de toi. Généralement la marine ne fait pas appel à des assa… enfin des gens de ton style mais la situation l’impose cette fois-ci. Je vais être clair, je te propose un travail qui te rapportera gros, très gros, es-tu partant ?

- Comment savoir si vous ne me donnez aucune autre information ?

- Les seules choses que tu doives savoir est que c’est un travail … hum … en plein dans tes compétences, et que la marine te propose 1 million de Berrys. Je t’expliquerais le reste tu acceptes le contrat. Alors ?

- Hum, 1 million. *C’est parfait pour commencer, j’espère que ce travail ne sera pas trop dur, mais il faut bien gagner sa vie* Qui dois-je tuer ?

- Ha je savais bien qu’on allait s’entendre ! A la tienne !

Et sur ces mots il vida d’un trait son verre de Rhum, geste que je suivis de bon gré. Il entreprit de m’exposer la chose en m’annonçant, désinvolte, que ma cible était le célèbre chanteur Justine Bierbiere et qu’il fallait l’éliminer définitivement. Il avait dit ce dernier mot d’une façon si intense que cela me laissait entrevoir l’ampleur de la mission. Il m’exposa que, sous ses air de crétin pré pubère, c’était en fait un fin stratège à la solde de la révolution. La semaine dernière il était apparu par surprise dans une caserne de la marine sur une très petite île et avait fait un concert improvisé pour « améliorer le moral des troupes si courageuses de la marine ».

« On ne sait comment, sûrement le pouvoir d’un fruit du démon, mais peu après le début du concert, tous nos marins sont tombés raides mort. Nous n’en aurions rien su si un courageux homme n’avait pas survécu en se crevant les yeux afin de ne plus voir ses chorégraphies et en se perçant les tympans afin de ne plus entendre la voix mortelle. Cet homme fut laissé pour mort et nous l’avons retrouvé il y a trois jours. Il nous a raconté tout ceci en écrivant. Mes dirigeants pensent que Justine se prépare à une attaque de plus grande envergure, en ce moment il rassemble ses troupes et ses « fans ». Nous ne pouvons attendre qu’il agisse. C’est pourquoi nous te demandons de le supprimer le plus vite possible.

- Ou se trouve-t-il ?

- Sur une petite île à trois jours de navigation.

- Heu le problème est que je n’ai pas de bateau …

- Je sais. Mes supérieurs ont, de toute façon, prévu ce genre d’inconvénients. Ils vont mettre à ta disposition un petit cotre avec 3 marins pour la navigation. Tu auras ainsi juste à penser au moyen d’approcher et de faire disparaitre Justine discrètement. Ah oui, au fait, essaye de ne pas te faire remarquer, car ses partisans sont nombreux, et je ne donne pas cher de ta peau s’ils te voient tuer leur idole… Bref, tu pars en fin d’après-midi, le temps de préparer le bateau. Nous comptons sur toi. As-tu des questions ?

- Oui, avant de partir, j’aimerais avoir la prime pour Martinii. Car je n’ai plus aucun matériel convenable et pour effectuer ce travail, il me faut un minimum de choses.

- Ah oui, j’allais oublier, tiens, belle prise au passage »

Il me fit préparer une mallette avec 350 000 Berrys et me recommanda quelques enseignes en ville ou je pourrais trouver mon bonheur. Il m’encouragea chaleureusement et me dit qu’il espérait me revoir, car, dans le cas contraire, cela voudrais dire que je serais mort.

Je passais ainsi tout l’après-midi à faire mes emplettes. Ma première action fut d’acheter de nouvelles armes. Après maintes négociations, j’obtins deux très bonnes lames courbes, en acier solide, comme je les aimais. Cela me couta quand même la somme de 200 000 berrys. Déjà près de deux tiers de ma fortune dissipée, mais la qualité à un prix.

A cela j’ajoutais une magnifique dague longue à double tranchant. Dès que je l’ai vu, l’assassin en moi en est tombé amoureux. Pour elle j’avais lâché 80 000 Berrys. Une vraie fortune mais elle était parfaite. En acier de Damas, elle alliait solidité et souplesse. De plus, les microsillons résultant du fait de la soudure des plaques de des différents aciers étaient parfaits pour s’imbiber de poison. Ce fut-là ma plus belle acquisition depuis bien des années et je ne regrettais pas la somme dépensée.

Ensuite j’allais dans un quartier un peu plus sombre de la ville à la recherche de produits moins courants. Je trouvais mon bonheur dans l’arrière-boutique d’une échoppe conseillée par Ichigo. J’en eu pour 50 000 Berrys, mais ce que je demandais était assez rare. Pour ce prix j’avais pu refaire mon stock de produits de prédilection : des poisons en tout genre. J’avais ainsi un bon stock de produit pouvant servir de diverses façons. Depuis le liquide incolore inodore qui tuait sur le coup en seulement quelques gouttes à l’encens qui rendait l’utilisateur fou, en passant par la poudre fatale par simple contact cutané ou encore des morceaux ressemblant fortement (en apparence et en gout) à du chocolat qui détruisait l’œsophage et le reste autour du point d’ingestion. Voilà un aperçu de mes trouvailles.

Il me restait 20 000 Berrys en poche et je réalisais que j’avais dépensé comme une femme pendant les soldes. Enfin, de toute façon je devais me refaire, et j’avais besoin de ce matériel pour ce contrat et les futurs. Mais il me manquait une chose importante.

Ainsi j’allais voir un tailleur afin qu’il me confectionne des vêtements sur mesure. Sur ma demande, il me fit donc des vêtements pratiques, me permettant de bouger facilement, possédant de nombreuses poches. Parmi ces vêtements, un fut particulièrement bien ouvragé. Ce fut mon nouveau manteau. Fait dans un tissu sombre et souple, il réchauffait en cas de fraicheur et permettait l’aération s’il faisait trop chaud. De plus, le tailleur avait inséré nombre de poches cachées, depuis l’intérieur du manteau jusqu’aux manches afin de cacher facilement poisons et dagues, ou autres divers objets. Je dépensais mes dernières économies dans ces vêtements et en particulier ce manteau. Quand je sortis de l’échoppe, il me restait 500 Berrys en poche et j’allais m’acheter une bouteille de Rhum pour fêter ça. Car je n’avais jamais gagné et dépensé autant en si peu de temps, il fallait fêter ça.

Après avoir fini ma bouteille (il me restait 300 Berrys en poche), je me rendis compte qu’il se faisait tard et que je devais aller sur le port pour embarquer. Tout en marchant je me préparais mentalement à ma mission.

A peine arrivé sur le port, on m’interpella et on m’entraina sur le navire apprêté pour moi. Celui que j’avais pris pour un docker était en fait un des marins assigné à ma mission. Lui comme les deux autres étaient vêtus de façon simple, avec des vêtements amples et banals. Ils n’étaient pas en tenue de marins mais pouvaient être pris pour des civils, ou des pirates, ou des chasseurs de primes d’ailleurs.

Je n’eus que le temps de dire quelques mots avant que les marins enlevèrent les amarres et dirigeaient le bateau hors du port.

Durant les trois jours de voyage, nous n’avions échangé que quelques formalités. Ils étaient parfaitement au courant de ma mission et m’avaient dit n’être là que pour le transport, je devais ainsi me débrouiller pour le reste. Les repas avaient étés préparés par le cuisto de la base, à Shell Town. Trois jours mornes et sans discussions qui me permirent au moins de préparer mon plan d’attaque ainsi que mes armes ; j’avais fait tremper ma dague dans un poison très puissant afin que ce jus mortel s’imprègne bien dans le métal mordant.

Nous arrivâmes à destination en soirée. Mes compagnons m’annoncèrent qu’ils m’attendraient au bateau. Je partis ainsi à la découverte de la ville. Première étape : la taverne, car c’était le meilleur moyen d’avoir des infos. J’appris ainsi que Justine Bierbière se trouvait bien en ville et qu’il allait donner un concert le lendemain (d’où la grande quantité de jeunes gens présents dans cette ville). Faisant le fan inconditionnel, on m’avait tuyauté sur une autre taverne où se réunissait des proches de Justine, c’est là que j’aurais le plus de chance de rencontrer quelqu’un qui pourrais m’avoir un autographe, m’avait-on dit.

Dans ladite taverne et après un bon nombre de verres de Rhum, je me liais d’amitié avec un grand homme du nom de Darbo, garde personnel de Justine Bierbière, qui, l’alcool aidant, m’appris nombre de petites habitudes de ma cible. Je tenais ma chance. Je lui commandais un dernier verre, dans lequel je mis discrètement un vomitif puissant. A peine avalé son verre, il se mit à régurgiter sa soirée. Je dis donc le ramener souler chez lui et l’emmenait hors de la taverne, en direction du bateau et en prenant bien soin de ne pas être vu. Une fois à bord du bateau, je l’achevais d’un coup de sabre en travers de la gorge. Et en effet, mes nouveaux joujoux étaient de très bonne qualité et très bien affutés. Dans ses poches je trouvais sa carte d’accès qui informait de son statut de garde du corps.

Je dis aux marins de cacher le corps, afin que personne ne le trouve avant que je ne revienne et m’en allais. Je devais agir cette nuit, car la nuit était mon allié dans ce travail, et le lendemain il serait plus difficile de passer inaperçu. J’allais donc directement à l’auberge de luxe réservée entièrement pour Justine. Darbo m’avait indiqué cela, ainsi que le fait qu’il devait reprendre son service à minuit. Peu avant cette heure, je me présentais à l’entrée (bien gardée) de l’auberge et demandait à voir le chef des gardes.

Un homme grand et musclé apparu. D’un ton bourru il me demanda ce que je lui voulais, et que si ce n’était pas important, j’allais avoir de sacrés ennuis. Je luis disais donc être un très bon ami de Darbo et lui expliquait que celui-ci était vraiment très malade. Je racontais que celui-ci tenait très fort à ce travail et à Justine, et qu’ainsi je lui avais promis de prendre sa place tant qu’il n’irait pas mieux afin qu’il n’y ai pas de faille dans la sécurité par sa faute. Bien sûr je ne demandais aucun salaire, j’étais ici pour rendre service à mon ami Darbo. Le chef me regarda intrigué mais fut convaincu quand je lui montrais la carte que j’avais prise sur le défunt. Ainsi mes ordres furent de garder, avec un autre homme, la porte arrière de la taverne pendant toute la nuit. J’y allais sur le champ, montrant que je n’allais pas rechigner un ordre.

J’attendais donc devant la porte, en me demandant comment j’allais fausser compagnie à l’autre garde. J’eus soudain une idée en voyant un ivrogne s’approcher de nous. Avant que mon collègue réagisse j’étais déjà sur l’alcoolique, lui confisquait sa bouteille de Rhum et lui expliquer avec zèle et coup de pieds dans le cul qu’il ne devait pas trainer ici. Mon collègue eu l’air ravi de mon initiative d’avoir viré cet importun. Il était encore plus content quand je lui tendis la bouteille confisquée, dans laquelle j’avais, pendant le petit esclandre, introduit un peu de laxatif (je bénissais le tailleur qui m’avais fait des poches dans les manches). Nous bûmes ensemble la bouteille, enfin il bût et je fis semblant. Au moment où il commençait à avoir des crampes d’estomac, j’en mimais autant. Je lui dis que le Rhum ne devait pas être bon et que s’il voulait aller aux toilettes, qu’il se dépêche car je voulais aussi mais il ne fallait pas abandonner le poste. Il courut.

J’en profitais pour entrer dans l’auberge et monter à l’étage par l’escalier que j’étais justement censé garder. Je savais par Darbo que la chambre de Justine se trouvait à l’étage et je la trouvais facilement car devant étaient postés deux grands gardes. Je n’avais pas prévu ça, mais s’ils étaient là, cela voulait dire que Justine était en train de dormir derrière cette porte. Je m’approchais d’eux en disant que je remplaçais Borda et mimant des maux d’estomacs je leur demandais ou était les toilettes. Ils m’indiquèrent que c’était au rez-de-chaussée et me demandèrent de partir, mais je m’étais assez approché. De la main droite j’envoyais une poignée de poudre aveuglante à un pendant que je plantais ma dague, de la main gauche, dans la gorge de l’autre. L’aveuglé eu juste le temps de pousser un cri avant que je le transperce lui aussi. Mais il avait crié et l’alerte était maintenant donnée. Je devis agir vite. J’entrais brusquement dans la chambre et vis Justine, debout à côté de son lit mais encore dans les brumes du sommeil. Je sortis mes deux sabres et lança une attaque éclair.

« Double Slash »

J’avais visé le cou du jeune homme et cette attaque avait été implacable. Je l’avais décapité. Au moins, cela était réglé. Je devais maintenant fuir rapidement et ne pas me faire attraper. Mais l’auberge s’était réveillée et j’entendais des bruits de pas. Je sortis ainsi par la fenêtre et, par les toits, me dirigeait vers le bateau.

Au moment où j’arrivais sur le port, une armée entière le bloquait et je vis que les gardes parlaient avec mes marins. Sur le ponton, je voyais une forme, un corps allongé, et je me doutais qu’il s’agissait de Darbo.

*Et merde*

J’étais coincé. J’étais désolé mais je devais abandonner le bateau et leurs occupants. Je me rendis à la première taverne afin de réfléchir et d’entendre les rumeurs. J’appris que les gardes avaient découvert le corps de Justine Bierbière ainsi que sa tête un peu plus loin. Quel drame, il avait la vie devant lui, quel monstre a donc bien pu faire ça.

Toujours selon les rumeurs, peu après cela, un équipage de commerçant étaient allés voir les gardes en leur disant avoir trouvé un corps dans leur bateau. Ils avaient dit être de simples marchands mais avoir emmené sur l’île un certain Kashassou Iquam, et qu’ils soupçonnaient celui-ci d’avoir tué Justine car, durant leur voyage, il n’arrêtait pas de parler du chanteur en proférant des menaces. Mais ils n’avaient vu là qu’un fan un peu dérangé, ils avaient dû attendre de voir le cadavre pour comprendre ce qu’il se passait et ainsi prévenir les gardes, trop tard.

Je venais de comprendre ce qu’il se passait. Ainsi la marine m’avait trahi. Pour ne pas porter le chapeau, elle avait prévu de me faire passer pour un fan qui idolâtrait Justine et que pour une raison propre à ma folie, je l’avais assassiné. C’est pour ça qu’ils m’avaient fourni le bateau et les hommes, pour s’assurer qu’une fois Justine mort, la marine ne serait pas inquiétée. Ils avaient réussis. Enfoirés.

Mais je n’avais pas dit mon dernier mot. Je ne pouvais fuir tout ce monde, je devais me cacher et attendre que le vent passe. C’est ainsi que j’avais quitté la taverne, avant que quelqu’un me reconnaisse, et avait trouvé une maison inoccupée dont j’avais fait ma planque.

C’est pourquoi j’ai dû me cacher ces cinq derniers jours. Je suis sortis quelque fois pour trouver a manger et attraper un journal. Mais ce dernier ne m’a rien appris de plus que ce que j’avais déjà entendu à la taverne. Ainsi c’était la version officielle, et la marine avait vraiment bien joué. La ville était encore trop agitée pour que je puisse sortir.



Voilà où j’en suis. Trois jours de plus s’écoulent et mes réservent d’eau et de pain viennent de tomber à néant. Je sors voir si la ville s’est calmée. Et en effet, la plupart du monde venu pour le concert est déjà partit. Je risque moins de me faire attraper. Ma chance est que je n’ai jamais été primé, ainsi ni la marine, ni personne ne dispose d’autre chose que ma vague description. Et le fait que je ne me suis pas rasé depuis plus d’une semaine aide bien à passer inaperçu.

Au port, je rencontre un bateau de commerce à destination de Shell Town. Le capitaine accepte de m’emmener si en échange je l’aide à charger et décharger ses marchandises dans les ports entre ici et Shell Town, ce que j’accepte rapidement.

Ainsi, après 9 jours de bateau et 5 ports visités, j’arrive enfin à destination. J’avais repéré la base la dernière fois, ainsi il me fut assez aisé d’escalader le mur à un endroit que je savais non gardé et j’arrivais, esquivant les gardes, jusqu’au bureau du sergent-chef Ichigo.

Je rentre et m’assois, face à lui. Il mit quelques secondes à me reconnaitre.

« Oh mon Dieu Iquam, comment es-tu parvenu jusqu’ici !

- Pas avec votre aide, c’est certain. Avez-vous quelque chose à dire avant de mourir ?

- Attends, je te dois une explication. Tout d’abord saches que je n’étais pas au courant de l’issue de la mission quand je te l’ai confiée. Ce n’est qu’après le retour de mes hommes que j’ai appris les détails. Ce sont mes supérieurs qui ont programmé tout ça, j’en suis désolé. Je suis un homme d’honneur qui assume ses actes et ses paroles et je te prie de croire que s’ils ne m’ont pas tout dit, c’est qu’ils savaient que j’allais être en désaccord. »


Son regard est empreint de franchise et je sens qu’il s’en veut réellement. Pour lui, la fin ne justifie pas les moyens. Malgré ma rancœur je ne peux en vouloir à ce jeune insouciant, qui se punira surement plus longuement que ce que j’aurais pu lui faire subir. Je décide de l’épargner. Il en est soulagé. A vrai dire, je doute aussi pouvoir le tuer sans bruit et sortir vivant de la caserne avec tous les marins sur le dos.

« Pour te montrer que je tiens ma parole, je vais te donner, sur les fonds propres de la caserne, ta récompense, comme prévu au début. Et si mes supérieurs me questionnent, je leur ferais assumer leurs actes. Je te dois quelque chose, et je saurais te le rendre en temps voulu, crois-moi. Maintenant, tu dois partir, laisse les choses se tasser, et reviens me voir dans quelques mois si tu veux un autre contrat. Et cette fois je me chargerais personnellement des détails afin que tu ne pâtisse pas des actions de mes supérieurs. J’ai horreur de sacrifier mes hommes, et quand tu travailles pour moi, tu es un des miens. Et maintenant pars, avant que ta visite ne fasse trop de bruit en ville. »

J’écoutais son conseil, non sans prendre la mallette d’un million de Berrys qu’il me tendait. Ainsi un gradé de la marine à une dette d’honneur envers moi, cela pourra m’être utile …

C’est ainsi que je partais vers le port. Tout en marchant, avec ma mallette pleine d’argent, je pensais à la suite. J’avais vu mes points faibles. Il me fallait un navire à moi, que je n’ai pas à quémander à chaque fois et que je puisse être libre de mes déplacements.

Et il me faut aussi un équipage, des compagnons dignes de confiance qui préfèreraient mourir plutôt que trahir un des leurs. Je sais qui. A cette idée, j’ai un frisson. Je ne sais pas si c’est un frisson de peur ou de plaisir. Il est peut-être temps de reformer les Cavaliers. Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse.

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