AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  OPR AnnexeOPR Annexe  ConnexionConnexion  


Pogrom Exotique.

Invité
Invité


Mer 30 Nov 2011 - 1:48

J’ai vécu, j’ai vu, il paraît même que j’ai vaincus parfois. On n’fait plus attention à ça, la vie est comme une vidéo sur avance rapide. Toujours l’même type de mecs, toujours l’même combat, rien n’change ou si peu. On n’fait plus attention aux détails. Et puis v’la que s’éloigne la réalité. L’avenir est une endroit floue et froid, désagréable : On n’a pas envie d’y tremper un orteil. Alors on r’pousse l’échéance que l’temps fait peser sur nous.
Sauf qu’on gagne pas. J’ai eu beau frapper comme une brute, enchainer victoire sur victoire, rien n’peut l’arrêter.

C’est l’heure d’bifurquer et d’changer la donne.

J’ai arrêté la cage. Et mes mains n’saignent plus tous les soirs. Et les cris du public, qui montent et qui grondent, n’sont plus mes seuls contacts humains. J’ai pris un p’tit bureau dans Hinu Town, j’donne d’mon temps. Mercenaire qu’ils m’appellent tous. J’me verrais plus comme l’coup d’pattes dont on à besoin.
J’me suis installé ici, dans l’quartier est. Des gens sympa, des bonnes tavernes et une vie agréable. J’suis peinard, personne vient foutre la merde dans mo secteur. J’me sens pas obligé d’répondre à la violence. Ouai, même celle qui m’concerne pas. Surtout elle.
L’bureau est vide, impersonnel. J’viens d’ouvrir boutique, et y’a pas foule. J’dors au bureau, dans l’cagibi à coté des toilettes. Imagine ma surprise quand un type vient m’démarcher. Avec un contrat bien sur. Et juteux en plus. J’signe tout d’suite, l’entrain m’colle aux basques.
J’me paie une bonne bouteille et un bon cigare : Le plaisir après la déche. C’que tout homme civilisé d’vrait faire toutes les 24h. J’sors un peu, et drague la donzelle. J’vis à fond et m’sens bien.

- Mr Jefferson ?

J’me retourne vers l’intriguant qui m’jacte à l’oreille. L’auberge est pleine à craquer, c’est l’heure de pointe. Il crie un peu plus fort j’suis obligé d’plus l’ignorer. M’retourne vers lui. Oui, c’lui même mon p’tit. que j’lui fais, étendant mon double mètre penché sur l’comptoir.
Il balbutie, il déglutit. Faible. C’est une proie qu’on m’envoit, pour m’rabattre. Apparemment mon contrat va commencer, et j’vais rouler pour la marine. J’le plante là, retournant à mon bureau. Lui à mes trousses pour m’dire d’partir sur le champ. Moi qui jacte pas et s’contente d’marcher d’un air automatique. J’suis sous. Même carrément bourré.
J’met la clef dans sa serrure en arrivant. R’ferme la porte sur mon autoproclamé invité. J’attrape mes pièces d’armures. Mauvaises factures. J’ressort avec un sac en travers d’mon torse, et une bouse à la hanche. L’mec tombe et m’laisse passer. J’m’arrête pas, traçant ma route pour l’QG. Machoire contractée et poing serré, j’tambourine contre une porte. Une porte dans une autre porte. L’judas s’ouvre et j’vois une paire d’yeux.

- Bon gars, t’m’ouvres ou tu mate ? J’suis engagé par ton boss là. Ouai, l’gros truc qu’on appelle EMM. Cela même. Ouvre bordel !

Breg, après une minute d’pression, on m’ouvre enfin. J’passe à coté d’individus louches et d’soldat à la p’tite semaine. Y’a du bon et du carrément dégueulasse. Comme si on avait rassemblé tous les mecs qui savent tirer et s’battre dans un seul endroit.

***

Sale nuit. Encore une, noire et glaciale. On s’lève aux petits jours et on va tenter d’choper un truc à grailler. On s’est échoué à quelques heures d’notre point d’chute. Chute libre dans une des cascades dissimulées par un tourbillon naturel. On est tous au régime eau et pain sec d’puis. L’problème c’que même notre position signalée, on tarde à v’nir nous chercher. On est en pleine jungle humide, du style impénétrable et compacte. On a au moins deux jours à tirer ici avant d’voir l’bout du nez d’la civilisation. En attendant on s’organise. On fait un abri avec la carcasse d’notre flottant. On joue au carte, on chasse, on picole pas mal. C’est plutôt festif au finale.

Bon y’a un mec qui nous gâche toujours l’plaisir. Dans l’ombre, doit avoir les idées si noires et glacées qu’il en paraît froid. Capuche rabattue, rosaire et crucifix sur grande robe de bure. Râpée mais en bonne état malgré l’voyage. Il dégage une violence à peine contenue, comme un lion affamé prêt à vous sauter à la gorge. On voit jamais son visage.

Moi j’tente d’établir l’contact : Un mec qui bave pas, c’mauvais signe. D’ja que je galère à lui soutirer un bonjour, en d’mander plus s’rait trop beau. On a décidé d’aller en avant de l’équipe de recherche. On fait nos paq’tages est on part dans la forêt, vers la position d’nos camarades. Deux jours à débroussailler, à tuer la vermine et à échapper aux éléments. La nuit on a pas dormi, ou peu. On est tous sur les nerfs, l’ambiance est électrique.

On nous ramène au « QG », un espèce de préfabriqué en bois, un peu merdique. J’ai hâte d’quitter cette merde. Et surtout qu’on m’dise c’que j’devais faire exactement.






Dernière édition par Judas le Sam 10 Déc 2011 - 2:46, édité 1 fois
avatar
Alexander Aegirson
••• Commodore •••


Feuille de personnage
Dorikis: 1703
Popularité: 251
Intégrité: 80

Mer 30 Nov 2011 - 2:39


Vengeance. La mort, les cendres et la souffrance. Comment cela se pouvait-il, qu’un endroit sur terre puisse être synonyme de tant de douleur ? Une réponse simple. Car le Paladin n’avait pas encore purifié les autres. Que le Mal empiète sur son domaine, et il étendrait sa foi avec une ferveur incommensurable. Personne n’était en mesure de lutter, et aucun ne le ferait. Il n’était plus un Marine. Il n’était plus un prêcheur. À présent, il était le glaive de Dieu, sinistre et destructeur. Que Lucifer ne s’y méprenne pas, il venait pour lui. Il tenait son épée par le bon bout et percerait cette bedaine de vice lorsque le temps viendrait. Mais avant tout, il devait faire entendre la parole de Dieu, et lorsqu’on était un mercenaire au service du Seigneur, les moyens importaient peu. Veiller à la destruction du Mal sous toutes ses formes n’était pas une chose aisée, mais il avait bien compris qu’il ne pouvait se permettre de faire proliférer le Bien, ce n’était pas là sa tâche. Son devoir était de mettre à bas toute trace de corruption, de purifier toute créature qui salissait le nom du Seigneur. Ainsi en était-il. Amen.

Tout ce temps gâché à tenter de survivre alors qu’il aurait simplement fallu quitter les lieux pour trouver ce que l’on cherchait. Pathétique. Ces mercenaires n’avaient pas la moindre once de jugeote. Ils mirent deux jours à faire le bon choix, mais le prêtre n’intervenait pas, relégué à ses sombres pulsions vengeresses. Pas un mot ne se glissa hors de ses lèvres alors que les plus impétueux d’entre eux tentèrent de lui soutirer une parole. Il était l’enfant de Dieu, il n’avait pas à palabrer avec de sombres émissaires empestant le sang et la violence. Ce n’était qu’un concours de circonstances, un acte d’éclat pour lequel il se devait de rester silencieux. Que la Marine fasse appel à des mercenaires était humiliant pour elle, mais ainsi il pouvait aller dans ces territoires impies sans révéler sa volonté, ni même sa présence. Les païens Galiopidos devaient payer leur infamie par le sang et la mort. Ainsi leurs âmes seraient emportées dans le néant des Enfers s’ils refusaient de se soumettre à la juste loi du Seigneur. Ils seraient ainsi sauvés. Mais s’ils résistaient, alors la preuve de leur pêché serait établie. Alors il se leva sans un mot et les suivi, dans cette jungle inhospitalière, faisant fi de l’eau qui s’infiltrait dans chacun de ses os et de la moiteur de l’air, oppressante.

Les Marines se cachaient dans un taudis pitoyable. Des planches rongées par les insecte et la moisissure. Le moindre pas faisait frémir la chambranle des deux planches qui faisaient guise de porte. Le Paladin se garda bien de toucher ce tas de pourriture et avança d’un pas franc vers la table vermoulue sur laquelle trônait une carte tendue par quatre dagues. Un Lieutenant-colonel dont l’habit était trop grand pour la carrure était assis devant elle. Il traçait inlassablement des symboles dans la peau abîmée où le tracé de la région s’entassait. Il se leva à leur entrée, mais déjà Alexander se cachait dans l’ombre, ne désirant point être appréhendé par ce simulacre de Marine. Il laissa le plus grand des mercenaires s’avancer à sa place, alors que l’employeur expliquait à grand renforts de gestes sur la carte leur cible. La mention faisait office de localisation de nouvelles terres pour la glorieuse Marine. Mais déjà de son temps, la tribu des Galiopidos les faisait frémir. Exploration, était-ce tout ? Non. Selon ses dires, on avait engagé de puissants mercenaires pour lutter contre les féroces bêtes sauvages de la région. Ridicule. Ils étaient si désespérés que cela, pour envoyer tant d’hommes à la mort ? Ils ne se risquaient plus à risquer leurs hommes. Encore aurait-il fallu que les hommes présents soient capable de relever un quelconque défi. Plus de la moitié des hommes du Lieutenant-colonel étaient rongés par la maladie, ou du moins en présentaient les signes. Le teint livide, cireux. Les gestes ralentis par la souffrance du corps. Le regard cerné et fiévreux. Il était de notoriété que le poste de Marine situé sur cette île était une punition, après tout. Ces hommes l’avaient donc mérité. Mais il était temps que les impies payent, raison pour laquelle lui, le Paladin, était là.


~~~

« Localiser. » adressa-t-il, sarcastique, au groupe d’homme qui marchait avec lui depuis maintenant une demi-journée.

Il tenait dans sa main une flèche. Faite dans un bois noir, elle était terminée d’un côté par une pointe de pierre acérée, et de l’autre par les plumes noires d’un oiseau sauvage. Il la montra à l’homme le plus proche de lui, et vérifia que sa capuche était bien en place avant d’indiquer d’un doigt désintéressé un cadavre rongé par les vers, où une casquette blanche avec le symbole bien familier de la mouette trônait. Un fusil rongé par les intempéries trônait à côté de lui. Les Marines qui cheminaient avec eux frémirent à cette découverte. N’étaient-ils pas au courant, eux non plus ? Peu importait. Le Prêtre s'exécuta d'un signe de la croix au dessus du cadavre et murmura quelques phrases destinées au repos du soldat puis se releva pour poursuivre son périple. Un des grands mercenaire maniait une machette et leur dégageait le passage. Tous avançaient avec le visage couvert, agitant les bras à intervalle réguliers pour chasser les moustiques et les insectes incommodants de la jungle. Respirer était devenu difficile, l’humidité de l’air donnait l’impression d’inspirer un mélange d’eau et de poisse à chaque instant. Et, même si peu le remarquaient, de plus en plus de charognards traînaient autour de leur groupe. Ils allaient et venaient dans les alentours, gémissant de temps à autres, mais jamais ils n’osaient s’approcher de la petite troupe. Un spectacle troublant qui n’allait pas en s’arrangeant : deux nouveaux cadavres furent trouvés avant la tombée de la nuit. Et ce fut peu après le dernier que l’ordre de monter le camp fut donné.

Deux heures après la tombée de la nuit, lorsque le feu montait encore haut dans le ciel au milieu de la petite clairière aménagée, le premier coup de feu retentit. Suivi implacablement d’un second, puis d’un troisième. Un râle d’agonie s’ensuivit alors, puis un silence de mort. Le prêtre se leva posément, il n’avait pas encore fermé l’œil, attendant que l’inéluctable se produise. Ce qui était à présent chose faite.

Invité
Invité


Ven 2 Déc 2011 - 14:31

« Quelque chose se flétrissait en lui, comme un fruit pourri dans son jardin. Il lui tournait autours comme une mouche obsédante ».
Livre IV, Chapitre 11 ; Judas L’Iscariote.

« La Révolution et la Religion sont toutes deux l’expression du profond mal être de toute une génération. »

J’reste debout, refusant presque poliment l’offre d’m’asseoir. Il faut dire qu’j’ai pas confiance. Jamais je l’aurais. L’antonyme parfait d’un mec comme moi : Le marine. L’archétype de l’abruti pas foutu d’réfléchir, et à qui d’toutes, on laisse pas l’choix. Dans l’monde comme dans l’armée c’le même constat. Tu marches ou tu crèves. Tu obéis ou tu désertes. Tu gagnes ou tu t’fais battre. Un peu comme notre monde. Sauf qu’eux défendent pas la vie. C’qu’ils aiment, c’est la mort, les hécatombes. L’injustice pue à quinze mètre autours du Lieutenant qui nous accueil. Il m’ferait presque gerber.
L’injustice m’pèse d’ja sur l’bazar qu’on appelle conscience. Ou Inconscience, qui sait.

La mission est assez simple. Localisation, extermination. On nous dit pas qui, ni quoi, ni comment. Juste qu’ils sont là et qu’il faut les éradiquer. Un par un. Sans état d’âme apparent, on quitte tous la salle. Une boule de plomb joue avec mon estomac, et je la sens qui rebondie dans mon estomac, à chacun de mes pas. On nous place tous dans des groupes différents : Certains sont déjà constitués exclusivement de mercenaires, les autres ne compte presque que des marines. Par chance, j’tombe sur un groupe assez hétéroclite, mélangeant autant les gars comme toi et moi, que des mecs à casquette blanche et mouette brodée. Je me fourre entre un costaud au crâne rasé, tenue vertes et marron, comme pour s’fondre dans l’environnement et un p’tit brun à lunette et bob sur l’crâne. Je lui pique de la crème anti moustique : On sait jamais, s’faire sucer l’sang c’pas pour mon bon plaisir.

On avance bientôt, toutes les unités dans la direction assignée par le Lieutenant-colonel. Il y’a une sorte de force qui se dégage d’cte scène. C’est celle du monstre derrière la machine. De l’impitoyable rouleau compresseur de L’Etat-Major. Ah, craignez les, pauvres fous que vous êtes !
En batterie, on commence la RD, la recherche et destruction. L’objectif est incertain, trouble. On sait pas trop c’qu’on cherche, ni ou l’trouver. Nos bottes crissent contre le sol et les racines qu’on écrase. Nos machettes taille dans la végétation, strident du métal contre le bois. Bulldozer infatigable, on est une cible facile : j’préfère autant travailler en solo que d’me faire avoisiner à plus de cinquante pas de distance.

***

« Prenez garde, la mort et en marche. Elle avance de son pas indéfectible. De sa masse écrasante. Elle a deux mains comme des couperets, tombant sans distinction sur ceux qui la craignent. Et même parfois sur ceux qui ne la craignent pas. »
Livre XXI, Chapitre 87 ; La mort de Judas.

Une flèche dans la main, le paladin nous fait part de sa sombre découverte. J’dirais même grouillante. Dégoulinante. Un cadavre trônait contre l’arbre en face d’nous. Pas de doute sur le destinataire, ni sur la livraison : C’était un mecs d’notre bataillon et le fait d’un d’ses foutues indigène. Ils nous harcelaient d’puis trois jours.
La nuit tombe. Trois hommes entre temps également. Plus le soleil se cache, et plus les indigènes sortent de leur cachette. Multiples et diverses. Insaisissable, animé d’une soif que nous ne possédons pas. On est pas venu défendre notre territoire nous. On est venu le détruire : C’pas la même affaire, on est pas motivés d’la même manière. L’seul qui a l’air animé d’une rage semblable à celle de nos opposants. Le prêtre. Sa soif d’sang pue et dégouline par tous les pores d’sa peau. Par la béante ouverture sombre de sa capuche. M’tape sur le système. Les nerfs commencent doucement à m’irriter.
L’feu d’ma colère et d’la violence sur lesquels j’suis bâtit, commencent à redoubler d’intensité.

Deux heures que la nuit est tombée. On s’est installé entre quatre arbres gigantesques pour faire notre campement. Quatre tentes seulement ont résisté aux intempéries. Moi j’suis dehors, tout proche du feu et de prêtre. J’pionce comme un prince, contre l’écorce de l’arbre.

Un premier coup d’feu m’sort de la torpeur. Un deuxième me fout d’bout en quatrième vitesse. Les quatre sentinelles par devant nous sont tombés, y’a plus que le silence pour répondre à nos questions. Du haut des arbres pleuvent quelques dizaines de fléchettes, que j’esquive d’une roulade. Hors du champ d’tir, j’suis pas non plus en sécurité. Des fourrés sortent une dizaine de pagnes et de lances acérés. Les ombres dansent sur nos visages. Sur le miens surtout, qui renvoi leur airs de conquérant à celui de débutants. C’pas comme ça qu’on m’aura.

Je m’élance vers le premier et entre dans la danse. La danse macabre.
avatar
Alexander Aegirson
••• Commodore •••


Feuille de personnage
Dorikis: 1703
Popularité: 251
Intégrité: 80

Ven 2 Déc 2011 - 15:30

Les pages claquent dans le vent, le parchemin se froisse et se plie à la volonté du prédicateur. Un sourire immaculé se peint sur ses traits de dément, alors que ses yeux à peine visibles sous le couvert de sa sombre tenue luisent de plaisir. Païens. Hérétiques. Impurs, rebuts. Synonymes, raisons d’être de l’hécatombe. Le Saint ouvrage s’étale sur sa main ouverte, et il avance d’un pas conquérant, prêt à reléguer ces honteuses créations de Dieu au passé, duquel ils n’auraient jamais du sortir. De sa marche inexorable, il les défie alors que le camp se met en branle autour de lui. Son cœur bat au rythme des pages de l’ouvrage, et le vent fait claquer ses habits.

« Que les âmes damnées soient châtiées. Dans leur impiété, elles ont souillé le nom du Seigneur et n’ont pour délivrance que le feu des Enfers. Le Malin apparaît sous bien des formes, et avilit l’homme de toute sa malveillance. Son verbe n’est que régression, sacrifices sanglants et malversations. Ô Seigneur Dieu, entends mon appel et que mon bras soit ta sentence. »
tonna le prêtre, faisant frémir jusqu’aux fondations mêmes de la forêt.

Un léger rire s’exhala de sa carcasse rongée par la violence et la joie du combat à venir. Les flammes du feu frémirent et s’éloignèrent de lui pour y revenir. Il y avait dans ses paroles une vérité si profonde qu’elle semblait suinter de tout son être. Une vérité, ou une volonté inébranlable. Une soif de carnage, de purification révélatrice du tourment qui habitait ces pauvres âmes dépareillées. Le Paladin fit craquer sa nuque, et de son autre main, il tourna la page. Lentement, comme si le temps s’était arrêté autour de lui. Le camp se mettait en branle, saisissait ses armes et se préparait au combat, mais lui, ancien Colonel, Main Gauche de Dieu, Prophète de Ses paroles, n’en avait cure. La but n’était pas simplement l’éradication. Non, le but était la purification dans les flammes éternelles de la justice divine ! Au nom de l’Iscariote, le treizième apôtre, le plus fidèle des servants du Messie ! Au nom de l’Eternel, du Saint Seigneur et de Son amour ! Au nom … de la justice des âmes.

« Que ma lame se macule du sang des hérétiques. Que la terre se nourrisse de ce liquide impur, et emprisonne à jamais ces âmes pécheresse aux tourments des âmes. Jusqu’à ce que Guerre, Pestilence, Mort et Famine répandent le fatidique Jugement Dernier sur nos terres. Ô Seigneur, entend ma prière, et que ta volonté se fasse. » continua le dément soldat de Dieu.

Et dans un chuintement, il dégaina son épée, ou du moins, de peu s’en fallut. L’apercevant au milieu du carnage, un des sauvages se rua sur lui, lame au clair. Elle étincelait à la lueur de la Lune, maculée d’une substance qui devait très certainement être du poison. Le Paladin referma alors son ouvrage et esquiva le coup d’une facilité déconcertante. Puis, de la tranche de son livre, il écrasa le nez de l’inconscient, le faisant remonter vers le haut de son crâne. L’indigène hurla de douleur et lâcha son arme, sous le coup de la surprise. Alexander n’en attendait pas moins. Il l’attrapa par la gorge et le leva au dessus de lui, d’une main, révélant à tous sa force et sa stature. Il serra la gorge de son adversaire de toutes ses forces, et un craquement sinistre retentit, alors que sa trachée cédait sous sa main. Le sang de l’hérétique jaillit de sa bouche et macula tout l’avant-bras du prêtre, dont on pouvait voir le sourire malsain qui trônait sous sa capuche.

« Le châtiment pour avoir défié la volonté de Dieu et s’être opposé à sa juste punition ne vous vaudra que mort et souffrance. Car, en vérité, je vous le dis, il n’y a pour les païens aucune rémission. Agenouillez-vous et la souffrance du trépas vous sera épargnée. Répandez-vous en prières, et votre âme vous sera épargnée. Livrez-nous les hérétiques, et votre vie vous sera épargnée. » tempêta le religieux, jetant à bas la carcasse agonisante de l’impudent.

Il dégaina alors son épée, tout en se décalant d’un pas pour éviter le fou qui avait tenté de le toucher à l’aide d’une fléchette. Son sourire devenait de plus en plus inquiétant, au fur et à mesure que la bataille débutait. Il fit tourner sa lame dans sa main et laissa la pointe s’enfoncer profondément dans la terre. Trois lames argentées jaillirent alors de sa manche et se fichèrent entre ses doigts. Il fit glisser sa Bible dans sa bure, et tira de nouveau trois lames de sa manche. Il croisa ses deux bras à la manière de griffes et se ramassa légèrement, gonflant sa musculature. Et alors qu’il relâchait son attaque, il se prit d’un rire dément, pendant que l’impie chutait de l’arbre, les lames plantée le long de son buste et de ses épaules en une parfaite croix.

« Et les impurs seront marqués de Son symbole, marchant entre les ombres comme agneau parmi les loups. Et alors, ce que les hommes firent à son fils sera vengé. Car cela est Juste. » lâcha-t-il, comme une sentence.

Le Paladin fit alors surgir une lame de chaque manche et croisa les bras, tout en se mettant en posture de combat. Et, seulement, un des Marines recula d’un pas en observant le fanatique qui se battait aussi violemment qu’un diable. Il voulut parler, le montrer du doigt, peut-être reconnaissait-il ce forcené des champs de bataille ? Mais quoi qu’il lui en coutât, une lame acérée vint perturber son discours, en tranchant dans le vif de sa gorge. Un des sauvage s’était glissé derrière lui et l’avait assassiné, un des meurtres les plus vils qui soit sur un cham de bataille. Alexander fit tourner ses lames entre ses mains et d’un bond magistral se jeta sur le vil pécheur. Il frappa de ses deux armes, mais y rencontra, avec une joie non feinte, une résistance plutôt rude chez l’impie. Celui venait de parer son coup, générant une puissante gerbe d’étincelles. Le son strident qui en résultat vrilla les tympans des deux combattants, mais loin de s’inquiéter, le prêtre éclata d’un rire franc, puis leva son arme et frappa sur celle du sauvage, qui tenait sa propre épée de ses deux mains, pour contenir les coups. Puis il frappa. Encore, et encore. Petit à petit, l’indigène perdait en puissance, et la terreur gagnait ses traits, face à ce dément qui augmentait sa force à chaque coup, et s’entêtait comme un forcené. Et soudain, l’arme de l’hérétique s’envola de ses mains, alors qu’Alexander frappait, toujours. Le sang jaillit et le macula, mais il ne s’arrêta que lorsque les derniers soubresauts de sa victime eurent cessé. Il se releva, satisfait, et arborant toujours ce sourire inquiétant.

« Le Seigneur a dit, tu ne tueras point … sauf lorsque tu agiras en mon nom. » susurra-t-il, sur un ton qui trahissait son état d’euphorie totale.
Invité
Invité


Ven 2 Déc 2011 - 16:32

« Et jamais son bras ne tolèrera plainte et pitié. Et jamais sa main ne souffrira blessure et faiblesse. L’instrument de la justice divine n’a cure des lois terrestres, il est l’incarnation du mal, car c’est lui qui délivre la mort en vos seins. »
Livre ??, Chapitre 2 ; Le treizième.

Le premier déroule sa lance sur moi. Plus rapide, j’le prends de cours en le déviant d’mon armure. J’en profite pour lui subtiliser son centre de gravité et son arme. Tirant violemment dessus, sa tête vient s’écraser contre mon poing.
Le deuxième est petit, tassé. La force et la haine qui s'dégagent de lui déteint sur moi : Je suis comme un buvard vierge, prêt à dégorger. Deux yeux rougeâtres se plantant sur lui, ne le lâchant plus. Sa course en biais ne m’atteindra pas. Je glisse sous sa lame enduite de poison, passe derrière lui, le fauche et l’achève. Je le sens qui approche.
Une flèche poisseuse fait tomber mon camarade qui passait en courant. Perdre son calme en pleine bataille est synonyme de mort certaine. Je zig-zag jusqu’au bout de la petite clairière artificielle. J’prend appuis sur un tronc, attrape une branche et me hisse dans l’arbre. Immense, il soutient mon poids et celui de trois hommes de tailles moyennes. Appliqués à tirer sur nous comme sur des lapins, c’est un sifflement qui les sort de leur concentration. Mon poing percute le premier sous les côtes flottantes, lui faisant perdre équilibre. Le troisième voit son menton emboutit par une chaussure pointure 46. Quand au second. Le second à préféré sauter que d’m’affronter directement. Lopette.
Je descend d’mon perchoir, les deux pieds à plat s’enfoncent dans la terre meuble : la pluie commence à tomber. Et dans les régions perdues comme celle-ci, elle tombe drue.
En quelques secondes, tout est noyé sous un torrent d’flotte.

J’abat violement mon battoir sur un indigène qui passe : Il s’enfonce de vingt centimètre dans l’sol. Mon genou percute son nez, tandis qu’on s’tourne autours avec un mec d’ma stature, la peau bien plus marquée qu’moi par le soleil. Quatre marines et trois indigènes nous séparent. Depuis l’début d’la bataille, il en sort d’partout.
Impulsion. Position basse lors du contact, mon poing vient filer sous sa garde, tandis que sa lame passe sur moi. Mon poing s’détends, comme un fouet. Et pivotant mon buste, tournant mon épaule, j’lui offre le punch d’sa vie. En plein dans l’plexus solaire, le bruit de baudruche qui s’dégonfle est infâme. Percutant un de ses collègues en tombant, c’lui-ci m’regarde comme si j’étais un monstre.
L’air autours d’moi s’épaissit. Mon regard se fait perçant, dur, impitoyable. La souillure d’mon âme s’agrandit, sort d’moi par là ou elle peut. Au d’ssus de mes épaules, sur tout mon corps, elle étend son ombre partout. J’croise les bras, j’ai un sourire narquois tandis que mon pouce s’abaisse d’un mouvement bien connu : J’lui annonce sa propre mort aujourd’hui.
Fonçant sur moi, j’prends pas garde à lui. J’saute par d’ssus sa lance, l’atteint à la nuque d’mon talon. Il mérite pas que j’perde du temps. L’troisième s’prends mes paumes contre ses oreilles. Ses tympans s’tordent, s’révulsent et éclatent.

Le pugilat peut commencer. Les cheveux corbeau du mec éclatent en une gerbe obscure alors qu’il se rue sur moi, ses muscles bandés et parés. Moi je l’attends, sur mon éternel flexion. Les deux bras d’vant moi, prêt à bondir sur ma proie. Grand choc quand sa poitrine rencontre la mienne. Autours d’nous, autours d’eux, la bulle sourde du combat explose. Des cris, des pleurs, des sanglots ou des insultes. C’est la guerre. La peur, la haine, le regret. Touts ces sentiments amers s’mêlent en un drôle de parfum.

« Et les impurs seront marqués de Son symbole…. son fils sera vengé. Car cela est Juste. »

Qui sent le pire ? Les cadavres qui s’décomposent, ou les armes qui s’entrechoquent… Peut-être est-ce le cœur des hommes qui m’entourent.

Elle revient, m’emporte et m’lance dans un duel de force. La violence s’empare de chaque parcelle d’mon corps. Chacune de mes molécules est régit par la loi de Darwin1.
Il enserre ma cage thoracique tandis que j’écrase ses cervicales. On s’retrouve là, au bord d’la rupture, prêt à s’briser l’un l’autre. Ma vision s’voile, mes poumons s’étouffent. Ma volonté s’bande en même temps que mes muscles. J’entends un bruit sinistre, j’sens sa peau s’refroidir et ses muscles convulser légèrement. Crac.
C’était le bruit de ses cervicales détruite par la pression.

Je lâche le colosse et m’retourne vers un des lancier qui voulait m’prendre par derrière. Un coup d’pied d’une violence inouïe répond à sa traitrise. Il s’envole et percute un arbre, proche du Paladin.
Sa vision m’sort d’ma torpeur : Maculé d’sang de la tête au pied, un sourire dément parvient à percer l’obscurité de son vêtement. La mort personnifiée. La folie, le mal.
Et sa main ne souffrait ni faiblesses, ni blessures.

L'animal en moi se déchaine, le lion tentateur face au fou destructeur. Séduisante, ma violence s'encastre sur l'armure qu'il s'est forgé avec le temps : Sa psyché délirante met en exergue la rage inouïe qui secoue mon corps en autant d'spasmes que d'envies. Je le sens qui approche.

1Darwin : Brillant docteur en anthropologie mais aussi philosophe. Sa théorie de la loi du plus fort n'est pas très connue, et pourtant la citation : "Oeil pour oeil, dent pour dent" est tirée d'une de ses leçons.


Dernière édition par Judas le Sam 3 Déc 2011 - 15:35, édité 4 fois
avatar
Alexander Aegirson
••• Commodore •••


Feuille de personnage
Dorikis: 1703
Popularité: 251
Intégrité: 80

Ven 2 Déc 2011 - 17:24

Le Paladin retira sa lame dans un bruit écœurant, prenant appui sur le cadavre mutilé pour la retirer. Il était parcouru de spasmes d’excitation, la vue du sang lui donnait des envies meurtrières, dans un cercle vicieux infernal. Plus il tuait au nom du Seigneur, plus il se rendait compte que le châtiment était délectable à offrir. Un délice, réservé à ceux qui défendaient les vertus de Dieu. Car il ne pouvait en être autrement, c’était la récompense de ses actes. Pourquoi serait-il heureux sinon ? Alors il continuait, tuait et tuait encore, tout en sentant l’atmosphère s’alourdir de seconde en seconde. À côté de lui, tout n’était que sang et tourments, mais à chaque embardée de violence, un mystérieux sixième sens le mettait en alerte. À chaque fois que le monstre le frôlait. Oh, il l’avait bien vu, l’observer en toutes circonstances, porter ce regard curieux, puis de plus en plus dérangeant au fur et à mesure de leurs pérégrinations. Mais à présent, il le faisait frémir, comme un bête qui sortait de sa cage. Le sang n’était plus un problème pour lui non plus. Mais pourquoi diable se préoccuper d’un allié aussi utile ? Alexander rejeta la tête en arrière, révélant le bas de son visage à la jungle. L’air s’était chargé en humidité, et il en était devenu de plus en plus difficile de respirer. Mais ce n’était pas la préoccupation première du Paladin. Il devait trouver un homme pour le guider. Sa crise meurtrière apaisée sur le dernier cadavre l’aidait à récupérer quelque peu ses esprits. Il laissa tomber ses deux lames de baïonnette et s’avança d’un pas franc vers son épée à deux mains qui était restée enfoncée dans la terres à quelques mètres. Il s’en saisit d’une seule poigne et d’un geste presque négligent, sépara la tête du tronc d’un indigène, comme s’il n’était rien de plus que de la mauvaise herbe. Il marchait à moitié en titubant, ayant du mal à contenir son ivresse de violence, mais la volonté du Seigneur primait par-dessus toutes les autres. D’une main, il écarta un mercenaire et l’envoya à terre, se concentrant avec un sourire malsain sur un des sauvages qu’il avait aperçu au début du combat. Il était jeune, et un trait noir barrait ses yeux, mais ses cheveux dansaient autour de sa tête, en une funeste crinière. Il semblait dément, et ses yeux révulsés effrayaient la plupart des Marines. Le prêtre s’avança vers lui, éjectant cette fois-ci un des Marines, puis leva bien haut son imposante arme. Il plaça un puissant coup d’estoc qui fut écarté presque négligemment par l’hérétique. Celui-ci tenta alors de frapper le religieux de son estramaçon, mais celui-ci était plus rapide. Il lâcha sa propre lame et lui administra un furieux coup de boule, l’envoyant à terre. Trois mercenaires, surpris par son arrivée inopinée, firent un bond en arrière et faillirent tomber en évitant son coup. Ricanant, Alexander fouilla dans ses poches et en tira deux poings américains argentés, qu’il enfila avant de frapper ses deux poings l’un contre l’autre. Il s’avança vers le fougueux indigène et posa un pied sur sa main qui cherchait à récupérer son arme. Il était certainement le plus jeune de la bande, ce qui faisait de lui le plus malléable. Il écrasa son bras de tout son poids, et un craquement sinistre en résultat.

« Où se cache ta tribu ? » demanda le prêtre, caressant du bout des doigts son arme.

Il n’attendit même pas que le jeune guerrier tente de s’exprimer, il savait comment traiter avec ce genre d’individu. Il abattit son poing sur son bras libre et lui brisa le radius. L’hérétique se mordit la langue pour ne pas hurler, mais au second coup, qui lui éclata l’humérus, il ne le put. Son hurlement perça la nuit, en une délicate ode au Seigneur. Alexander insista sur la blessure en frappant une fois de plus, pour s’assurer qu’il avait bien compris.

« Poser des questions est ma spécialité, âme pécheresse. Alors repends-toi, et le jugement des archanges sera plus clément. Je te repose encore une fois la question, où se cache ta tribu ? Et si tu ne parles pas ma langue, alors tu ne me sers à rien et tu mourras en absolution de tous tes péchés. » jubila-t-il, rapprochant sa face moqueuse du faciès du sauvage.

Celui-ci voulut alors riposter en frappant le Paladin de ses jambes, mais celui-ci se décala à temps et évita le coup. Il secoua la tête et abattit son poing sur son épaule gauche, lui fracturant la clavicule dans un craquement sinistre, puis tira une énième lame de sa manche et l’épingla littéralement à la terre, par le bassin. Il prit soin de ne pas toucher d’artère, afin que sa proie ne puisse se libérer, puis se redressa de toute sa hauteur.

« Le Seigneur n’en a pas fini avec toi, créature impie, tu viens seulement de te refuser le luxe d’une mort rapide et libre de souffrances. Honte à toi de ne pas avoir su te repentir ! Honte à toi, de ne pas avoir su rendre grâce à Dieu. Car dans son infini amour, il t’aurait accordé le pardon et t’aurais ouvert les portes du Paradis. Car Dieu sait que cela est juste et bon. C’est de toute évidence le Malin qui commande tes actes, immonde hérétique. Alors, indique moi où se terre ta tribu. Indique le moi, où tu assisteras ici, impuissant, à la mort de tous tes camarades de vice. »
lui adressa-t-il, récupérant son épée à deux mains et se tournant vers le champ de bataille, où presque plus aucun indigène ne restait en vie.
Invité
Invité


Jeu 8 Déc 2011 - 2:47

J’détourne le regard. Faut pas qu’je vois ça, elle est trop proche. Cette ombre qui grandit, gardant mon palpitant sous son étau. A deux doigt de s’effondrer, mes certitudes flanchent, et l’armure d’calme que j’me suis forgé craquèle. Elle enfle, s’retire après avoir violé mon conscient d’une souillure indélébile. La colère pointe à travers les grâvat d’mon subconscient. Elle approche comme une marée haute. Elle surprend et fauche sans faire attention. Écraser mes bonnes résolutions. Il est l’heure.
Ma conception d’la justice sonne le glas. Le lion sort les crocs, et la mort pointe l’bout de sa vieille faucille. J’détourne le regard, et la tempête fait place au calme tout autours de moi. J’vois la lueur effrayée dans l’regard des survivants, j’en vois certains qui ramasse les morts, en faisant un tas de jambes et de bras ballants. J’en vois d’autres qui pille, et se disputent les dernières denrée : Le geste est pas si condamnable qu’tu le pense, on sait pas quand on r’viendra d’cette jungle.
On constate souvent ce phénomène, lorsque l’homme sait qu’il n’est pas soumis aux même règles que les autres. Quand les circonstances l’exigent, l’humain est capable du pire. Le pire porte une robe de bure, se déguisant sous les traits du berger. Un crucifix autours du coup, la mort entre ses mains gantées. Mort qu’il prenait plaisir à distribuer, ça et là, sans aucun discernement.
Bilan de l’escarmouche : 86 morts, 12 blessés.

Une chape froide, glacée qui tombe sur mon crâne. Descend dans mes veines, évacue le poison de violence et de haine qui se distillait peu à peu dans mes membres. Sa pulsion cogne de plus en plus lentement, mon cœur lève le pied, et ne s’écrase plus aussi durement contre ma cage thoracique. L’adrénaline partie, mon calme revient, mes principes aussi. Je sors de mon monde, et entre dans celui des autres. Des cris lointains qui me parvenaient semblent plus clairs, les images et les contours plus nettes. A ma droite, presque en dehors de mon champ de vision, des mouvements brutaux attirent l’œil du prédateur.
Le paladin maltraitait un indigène pour trouver leur repaire. Ignoble homme. Tu te caches derrière ta religion, mais ton atrocité déborde et mon instinct ne sera pas trompé par un vulgaire masque. Un déguisement grossier. Tu es comme un berger animé d’une pulsion morbide, massacrant son propre troupeau.
Peu à peu, mes pas me mène vers lui, inexorablement. Je me vois là, presque entre les deux hommes. J’ouvre la bouche. Je m’interpose.

- Stop.

J’ouvre les yeux, ne fixant que l’indigène, m’approchant de lui lentement. Mes mouvements ne sont que douceur et lenteur. Sans l’effrayer, j’attrape la gourde qui trône à ma ceinture.

- Là, c’va aller, t’en fais pas… T’ferais mieux d’coopérer, moi j’me charge de t’garder en vie.

Maigre consolation ? Oui, peut-être. D’toutes manières, l’extermination de son peuple est proche. Je porte la gourde à sa bouche. Il boit avec avidité, comme un enfant. Son souffle est saccadé par la douleur, par la peine aussi. J’me retourne enfin vers le paladin, ses paroles noyées sous ma rage. Je la sens qui gronde, non loin de mon plexus : Elle m’étouffe, elle m’aspire, elle ne demande qu’a s’exprimer.

- Sa suffit maintenant, tu n’le touchera plus.

Je claque des doigts, pointant un des survivants et d’ma voix de stentor lui ordonne de retirer la lame et de soigner l’indigène, maintenant. Oui, maintenant j’t’ai dis. Surpris autant par l’ordre que mon ton et ma nouvelle stature, il obtempère. Barrant la voie au moine devant moi. J’ai des airs de félins en colère, une sorte de grondement sourd montant d’ma poitrine. Inaudible pour tous. Pas pour lui.

Il sait les risques qu’il prendrait en avançant d’un seul pas vers moi.
avatar
Alexander Aegirson
••• Commodore •••


Feuille de personnage
Dorikis: 1703
Popularité: 251
Intégrité: 80

Ven 9 Déc 2011 - 22:02

Je la vois, la bête en cet homme. L’esprit du mal qui suint de ses pores. Le Malin l’a tenté, le Malin lui a fait croire à un élan de pitié, mais il est aveugle car Dieu ne lui confère pas ses dons. Il est aveugle car il ne voit que ce que la bête veut lui faire voir. Il n’est qu’un homme qui revêt la peau d’une créature impie, le dernier recours du Mal pour avoir le dernier mot en cet endroit empreint d’hérésie. Mais il n’est nul combat que ne peut remporter la Lumière. Et de son feu purificateur, elle emporte les doutes et les tourments dans la tombe des païens. Car c’est ainsi que cela doit être. Amen.

Le cœur du Paladin frappait contre sa poitrine, prenant la jauge du temps qui passait. Il était là, incrédule, contemplant cet amas de chair infâme qui croyait pouvoir ainsi se dresser entre lui et le dessein du Seigneur. Un frisson d’exaltation lui parcouru l’échine alors qu’il dardait un regard dément, sous le couvert de sa capuche, à l’attention de ce pauvre hère. Immaculées, ses dents luisaient dans l’obscurité en un rictus terrifiant. Un râle affreux s’exhala de sa poitrine alors qui se mettait face à l’impudent. Que croyait-il ? Faire preuve de ‘bonté’ envers ce païen, cet hérétique impudent ? Qu’il était quelqu’un qui se battait pour la ‘justice’ ? Quel imbécile, ce n’était ni plus ni moins que le Démon qui guidait son geste, le Démon qui désirait par-dessus tout voir la Lumière choir. Voir la Lumière disparaître pour son plus grand plaisir. La tension était quasiment palpable, alors que le corrompu venait de s’interposer entre le Prêtre et sa proie. Un léger vent fit onduler la capuche du Paladin, alors qu’il faisait glisser son imposante épée dans son autre main, défiant ouvertement l’impétueux mercenaire de son geste. La lame s’enfonça dans la terre à quelques centimètres à peine de la jambe du sauvage, geste qui arrêta aussi tôt celui qui était venu lui porter secours. Le moment était peut être bien choisi, après tout. Bien choisi pour une petite leçon que le défenseur des païens devait recevoir pour son insolence. Alexander inspira longuement, laissant chaque seconde s’étaler comme une chape de plomb s’abattant sur les nerfs de ces spectateurs improvisés.

« Ego sum Alpha et Omega, principium et finis. Et qui es-tu toi, misérable ver dans le creux de la main de Dieu ? Tu frétilles, tu rampes à ses pieds et ne vois pas le Mal lorsque celui-ci se dresse contre toi ? Ainsi, tu laisses la bête en toi parler, tu laisses le Malin faire de toi sa marionnette et protéger ses fidèles servants ? Alors ton âme est corrompu car il n’est de pire malfaiteur que celui qui est convaincu de faire le Bien … tout en suivant une voie constituée de ténèbres. Toi qui ne connaît pas le tourment de la chair des enfants des hommes crépitant sous les flammes infernales, ô toi, créature impie, comment oses-tu te dresser contre moi ? » cracha-t-il, d’une voix terrible et puissante à la fois.

« Alors ne lève pas ta main envers celui qui te nourris, celui qui t’abreuves de sa toute-puissance, celui qui parle à travers ma voix. Incline-toi devant la miséricorde du Seigneur, et alors il t’absoudras de tes péchés. Ne vois-tu pas qu’il est trop tard pour ces païens ? Qu’ils ont déshonoré jusqu’à leur âme même en se soumettant aux vils préceptes de l’Indicible ? Alors écarte-toi, et ne prends pas pitié de ce que tu ne peux même pas imaginer, vile créature. Ou le tourment que tu connaitras sera sans fin, car ceux qui périssent par ma lame son voués à la damnation éternelle. Voilà quel est mon rôle, je suis le Paladin du Seigneur, et je marche dans ses pas pour sa Juste Croisade. » continua le prêtre, sur un ton qui faisait frémir les plus braves des soldats, et des mercenaires.

Une légère aura dorée s’exhalait de lui, trahissant la folie furieuse qui guidait chacun de ses gestes, et de ses mots. Une matérialisation spectaculaire de son propre fanatisme, mais aussi de sa volonté inébranlable. L’air semblait être distordu autour de lui, une sensation dérangeante qui accentuait le malaise qui s’échappait de cet étrange personnage cagoulé. Certains hommes de la Marine plissaient les yeux, comme s’ils essayaient de se remémorer un souvenir oublié depuis longtemps, tandis que les mercenaires ne savaient plus vraiment où se placer. Un des leurs avait changé de camp ? Ou tentait-il simplement de mettre fin à la folie meurtrière de ce prêtre ? Perdus, ils observaient à tour de rôle les deux parties, sans que plus personne n’ose bouger. Le carnage semblait s’être stoppé en ce fatidique instant, même les sauvages ne bougeaient plus, médusés par ce sinistre affrontement. Les yeux du Paladin luisaient comme deux billes incandescentes sous sa bure, à tel point qu’on n’aurait pu dire s’il n’était pas à moitié démon lui aussi. Il dardait son regard dans celui de Judas, ne craignant nullement l’affrontement, assuré comme toujours d’être dans son droit et que le Seigneur lui prêterait sa force lors des temps difficiles. Et d’un air de défi, il avance d’un pas.

« À genoux, créature du Diable. Tu ne fais plus partie de notre mission, infâme traître. Tu renies ton sang et déshonore le don qui t’a été fait. Mais je t’offre la rédemption. Et une chance. Mène-nous à l’endroit où se terrent les impies, et alors je t’absoudrais. »
trancha le Paladin, un air malicieux sur le visage.

Ô Seigneur, faites en sorte qu’il refuse … Oui, faites … que je puisse sentir ses os craquer lorsque je le briserais, son sang couler lorsque que je le trancherais. Que cet espoir soit réduit à néant car tant que je marcherais dans ces terres, elles seraient nourries par les cendres de cette civilisation décadente empreinte de maux et de vices. Que votre nom soit sanctifié, et que votre règne vienne … amen.
Invité
Invité


Sam 10 Déc 2011 - 3:04

« Il y’a des choses sur cette terre, que vous n’aimeriez pas connaître. Il y’a des choses sur cette terres qui sont faites pour rester coites, sombres, à jamais détournées des regards. Il y’a des choses sur cette terre que tu ne voudrais pas connaître. »

Elle crépite
. Elle bascule. Mon sang charrie cette tare congénitale. Cette puissance défendue et secrète, interdite et qui ne demande qu’une chose : Se dévoiler au grand jour. Mes veines craquent, mes artères sont prise de soubresauts, sous l’afflux de sang et d’adrénaline. Je tremble. Des tremblements incontrôlables prennent mes membres un par un. C’est un siège. C’est la guerre.
Le sang tout autours de moi me monte à la tête, et la violence de mes congénères se répercute sur moi comme un catalyseur. Le chaos s’installe en dehors et en dedans, la haine commence son règne de peur, de douleur et de folie. Le monde se déforme sous sa gangue implacable. Il semble être fait de noir et de blanc. Des chapes de fumées rouge sang s’échappent du prête. Cette soif de sang. Cette soif de destruction. Elle m’appelle, elle m’aspire.
Un cri sourd s’échappe de mon corps qui ne demande qu’une chose : Tuer, exterminer, déchiqueter ce sombre individus. Inaudible pour les proies. Le cri du chasseur. J’lance les hostilités. C’est la guerre.

Mes yeux s’ouvrent sur les autres. Sur leur monde. Je ne l’accepte pas, j’veux pas en faire partie. Mes crocs s’enfoncent dans leur réalité, tandis que mon aura s’assombrit, que l’air se fait irrespirable. Je luis d’une sombre clarté, d’une force invisible et pourtant implacable. Tout autours de moi s’étendent des champs. Des champs que j’moissonnerais d’un coup. Un coup d’faucille.

- J’suis Judas, l’pater pugilat.

Et je marquerais la vie de mes griffes, et je tracerais une marque indélébile, rouges vives, dans les écrits. L’histoire se souviendra d’une légende, d’une vieille légende dont l’on ne voudra plus entendre parler. Celle d’un guerrier libérateur, répandant justice et mort dans les rangs de l’infâme.

- Et l’seul à qui j’me réfère, c’moi.

On s’toise. La bête s’agite. Elle luit au fond d’ma pupille. Éclatante d’sa lueur cramoisie. Il sait lui. Il sait ce qu’il peut perdre. J’ne connais pas la peur, ni du divin, ni du malin. Le seul qui parvienne à faire sensation sur mon palpitant, c’est moi. Et tout autours d’nous, les autres doivent avoir les fesses qui font bravo.
J’me retourne et attrape la lame d’un main. J’la retire d’un coup sec, recouvrant la plaie d’la compresse qu’avait sortit l’chirurgien du dimanche. Je l’applique, et r’garde le pauvre malheureux : Il doit pas avoir dix huit ans. Lui tout ce qu’il voulait, c’est défendre sa patrie et son peuple. Sentiment compréhensible.
J’regarde le paladin d’un œil torve.

- Laisse c'gamin tranquille. J’vous connais, vous autres prêtres. Des charlatans, des bergers qui s'battent pour un mouton, des loups qui s’dissimulent sous des robes de bure.

Et parlant d’une voix forte, intelligible de tous, j’ajoute : On est humains, bordel ! Restons le.

Cette bataille j'dois la gagner. Contre lui, contre eux, contre moi.

avatar
Alexander Aegirson
••• Commodore •••


Feuille de personnage
Dorikis: 1703
Popularité: 251
Intégrité: 80

Sam 10 Déc 2011 - 21:37

« Ainsi la voie des tourments t’es due. Toi qui déshonore le nom du treizième, toi qui n’est rien qu’une épreuve sur la route de la Foi et de la piété. »

Le prêtre ne se laissera pas embarquer dans ce débat futile de persuasion. Il n’avait rien à prouver, l’arme qu’il maniait le faisait à sa place. Pourquoi donc avoir mené cette mission, si ce n’était pour l’extermination ? Le Mal. Détruire le Mal. Là était sa vocation, pourquoi donc cet insolent osait-il entraver le bon fonctionnement des choses ? Protéger ces misérables, c’était stupide. À peine arrivé sur un lieu de carnage, il prenait en pitié le plus faible parti pour la simple raison qu’il ne voyait pas plus loin que le bout de ses poings. Le sang qui coulait, qui nourrissait la terre n’était pas là pour la décoration, il était le témoin de cet affrontement qui en devenait interminable. Alors, le prêtre se devait d’agir. Alors le Paladin referait surface. Il était donc temps. Temps de révéler au monde ce qui poussait sa croisade ? Non, temps de se montrer. D’un geste raide, Alexander leva sa main jusqu’à sa capuche et la fit glisser en arrière. De ses doigts, il déboutonna le haut de sa bure, laissant apercevoir un léger uniforme bleuté, aux couleurs trop familières. Mais ce n’était pas ce qui avait retenu le souffle des hommes de la Marine. S’ils s’en étaient doutés une fraction de seconde, à présent ils en avaient la preuve vivante. Non pas qu’il soit une légende vivante, les faits d’arme du Paladin étaient reconnus, ainsi que sa ferveur au combat à et sa prétendue folie. Un des hommes fit un pas en arrière, ne comprenant que trop tard qu’il se tenait au milieu d’un affrontement de volonté entre deux bêtes enragées.

« Lorsqu’on est incapable de soigner un homme, on ne retire pas une lame de son corps sans un minimum de jugeote. » marmonna le Prêtre, un sourire amer sur le visage, jetant un regard acide au sauvage qui perdait lentement son sang.

Il laissa sa bure glisser lentement le long de son corps, et s’étendre en une trainée noire à ses pieds. Une vieil uniforme de Marine trônait sur ses épaules, uniforme aux galons arrachés et abîmés par le feu. Tout ce qu’il restait de son orphelinat trônait en cet apparat. Ses médailles étaient noircies et calcinées, mais on en devinait encore le prestige. Ce qui était certain, c’était que cet homme n’était plus Colonel. Mais était-ce par choix, ou …

« Ex-Colonel Alexander Aegirson, Paladin et Main Gauche de Dieu. Destructeur du Mal et Pourfendeur du Chaos. » jubila-t-il, usant pour la première fois de son titre avec autant de satisfaction.

« L’Homme a fauté depuis le jardin d’Eden, misérable individu, et à présent tu renies ton honneur en bafouant ton commandement. Si tu t’opposes à l’Eglise, alors tu t’opposes à Dieu, et ton blasphème ne t’apportera que souffrance. »
continua Alexander

Et, attrapant de sa main gantée le pommeau de son arme démesurée, il laissa sa haine se déverser autour de lui. Il contrôlait à peine ses pulsions de meurtre, mais on pouvait lire avec certitude cette envie vorace de détruire ce fétus de chair qui lui faisait face. Sa poigne se resserre, et l’assemblée frémit.

« Ecarte-toi, traître. Ecarte-toi, et le seul jugement que tu recevras sera celui de Dieu. Reste-là, et tu connaîtras la douleur de ma lame fouillant tes entrailles. Tu connaitras les tourments du Fils, et endurera la peine de mille morts. » ordonna le Paladin, ne pouvant contenir un léger sourire sur ses derniers mots.

Le regard qu’il adressa au ‘pater pugilat’ en aurait fait décamper plus d’un. Il transpirait l’envie d’en finir, de séparer la tête du corps de cet impudent et de forcer le gamin à lui révéler l’emplacement de son village. Alexander pencha son épée vers l’avant et sans crier gare, il frappa Judas au plexus avec son pommeau. Il se plaça alors entre le mercenaire et la proie qu’il cherchait à protéger et inspira longuement, faisant craquer sa nuque. Une fois. Deux fois.

« Le Berger. Je ne suis pas un berger, manant. Je suis le métal, la force de frappe du Saint Seigneur. Je suis celui qui a vu les enfants brûler sous le signe du Mal, je suis celui qui a été purifié par les flammes du destin. Mon rôle n’est pas de protéger Ses ouailles, mais de tuer Ses ennemis. Le temps où je fus statique n’est plus. Car la lutte contre le Malin est un combat de toute une vie. Alors relève-toi, incapable vermine, et contemple le dessein que te réserve le Très- Haut, et l’honneur insigne que je te fais, de t’absoudre dans le sang. » cracha-t-il, visiblement courroucé par les dernières paroles de Judas.

Et alors qu’il parlait, la lame de son épée se glissa lentement vers la gorge dénudée de l’adolescent qui se vidait de son sang, à ses pieds. La pointe de l’arme pendait à quelques centimètres à peine de sa carotide, et les yeux révulsés du sauvage trahissaient sa peur. Il était parcouru de spasmes et souffrait le martyre à chacun de ses mouvements. Ce n’était que clémence, il mourrait avant d’avoir parlé, grâce à l’acte désespéré du mercenaire. D’un geste sec, le Paladin frappa de son arme, l’enfonçant dans la terre, par delà les chairs. Un gargouillis écœurant s’échappa de la gorge de l’agonisant, alors qu’un flot de sang s’échappait de sa gorge. Et le Prêtre regardait Judas droit dans les yeux, l’air satisfait.

« Tu as gâché mon acte, il est mort pour rien. Etait-ce là ta vision de la rédemption, créature impie ? » exulta-t-il.

Si le Paladin n'avait pas ainsi cherché à tourner en ridicule ce mercenaire, peut être que l'indigène aurait eu une chance de s'en sortir, mais il était trop tard à présent. Judas avait décidé de s'opposer au règne de terreur d'Alexander et à sa Juste Purification, qu'il puisse à présent contempler la souffrance que son geste allait causer !
Invité
Invité


Ven 16 Déc 2011 - 16:14

« Au nom du père et du fils, et du Saint Esprit. Amen. »
Livre d’Enoch, Chapitre XXIVLa dernière parole“.

Damaged People by Depeche Mode on Grooveshark



La guerre est déclarée. Je l’sens dans chaque parcelle d’mon être. Elle est là, elle approche, elle m’écrase de sa haine pesante. L’escarmouche vire en désastre. Vire au carnage. Il ne s’agit plus d’une mission. Il ne s’agit plus de moi et de combattants, d’agitateurs qui n’respectent pas les lois. Ce ne sont pas des guerriers puissant et destructeurs. Ce ne sont pas de meurtrier sanglant et laissant cadavre comme trainé de poudre. Il s’agit de moi, de lui, de vous. D’enfants qui s’battent pour leurs lopins de terres. Pour l’ptit coin de paradis que leurs ancêtres se sont forgés, et qu’ils ont charge d’entretenir.
Et on les assassine. On les tue, on les pille, on les massacre. L’extermination approche, sous un costume bleu et blanc, sous des milliers de bottes qui foulent la jungle, qui détruisent leurs biens. Que pouvaient-ils faire ? Les laisser faire, les regarder dévaster leur peu d’biens sur terre, sans réagir ? Pouvaient-ils les laisser violer, piller, égorger, femme et mère, père et frère ?! Au moment d’sa mort, j’ai sentis quelque chose. Son âme s’en est aller, un profond dégout au centre d’une haine encore plus grande qu’celui qui me fait face.
C’est un psychopathe, un montre. C’est un être qu’on craint et qu’on abjecte. Il a l’habitude qu’on le repousse, qu’on le r’garde comme une poudrière prête à sauter. Ils ont raison. Sauf que du champ de bataille jusqu’au porte de la mort, des sombres chemins aux grands plateaux du Walhalla, je ne crains rien ni personne. J’abats mes ennemis d’un revers destructeurs, je marque du sceau d’infâme ceux qui n’respecte pas la loi du Juste, celle du plus fort au service des faibles.
Je suis Judas. Entends mon nom. Entends ma voix. Écoute et ressent mon appel. Exhorte moi, car je suis le coup de dés. La carte qui s’abat. Le destin qui ploie. Crains moi. Crains moi !

La scène se distord, tandis qu’autours de moi c’est la panique. L’orage gronde. Le contrôle, très peu pour moi. La considération pour ma vie ? Jetée aux oubliettes. Pas une parole, pas un geste envers le prêtre. J’me retourne vers la troupe qui nous entoure. Mon regard est dur. Mes regards leur donne une fièvre qu’ils ne connaissent pas. Ils savent que tout leur nombre ne suffirait pas. J’suis pas un animal qu’on abat. J’suis un chasseur qui joue avec sa proie.

- Fuyez, pauvre fou.

Je rugis. M’élance et m’bouscule d’un bon. Incroyable, inhumain. J’suis plus que violence. J’suis plus que malheur et gageure. J’atterris presque sous sa lame, abat mon pied sur le sol qui sèche sous un soleil de plomb. Roule au dessus de la lame, emporte sa mâchoire d’un talon en acier. Ma botte explose sous l’coup d’baïonnette qui part à moitié la fauche. J’recule un peu, d’un pas, sa lame passant au d’ssus d’mon crâne tandis que j’me rassemble. Tournoyant, mon coude fracasse son crâne, explose ses lunettes et l’fait reculer d’un pas.
Je me lance dans la faille, dans la brèche. Sa lame claque dans l’atmosphère, rase une oreille et emporte quelques mèches. Je m’approche. Je suis presque là, sur toi. Tu peux la sentir. Ma force. J’bloque d’un bras la lame qui r’monte en arc de cercle, m’arrangeant pour amortir l’choc du coude. J’attrape son poignet et lance mon crane contre le siens.
Uppercut au foie.

- Voilà c’que j’en fais d’ton dieu de pacotille, de ta religion de peccadilles, de tes croyances à la con et de ta rédemption que j'martèle à chaud, sans considération pour sa croix ou sa personne.

Et ta foi ? Laisse la au placard, car rien ne pourra stopper Ton fléau.
avatar
Alexander Aegirson
••• Commodore •••


Feuille de personnage
Dorikis: 1703
Popularité: 251
Intégrité: 80

Mar 20 Déc 2011 - 0:48

Le sang coulait. Epais et poisseux, il salissait Sa gloire. Un ultime coup, et la lame s’envola, glissa dans la boue et se macula de terre. Un genou à terre, il se tenait le menton, cachant le sourire qui commençait à s’épancher sur sa face. Répondant à la triste scène qui se déroulait sous les yeux éberlués des Marines, des mercenaires et des quelques sauvages encore en vie, l’eau commença à vider les cieux. De lourdes gouttes chaudes et étouffante qui glissaient de feuilles en feuilles pour s’affaler sur les protagonistes de ce drame féal. Et bien vite, ils furent recouverts de cette chape pesante, qui alourdissait chacun de leurs vêtements. Il se releva d’un geste, le Paladin. Il passa sa main dans ses cheveux, maculant sa face de son propre sang dans un ricanement dément. Un léger frisson anima sa carcasse, se répercutant sur la plupart des spectateurs. Il leva lentement sa main, à hauteur d’épaule, et une légère flammèche pourlécha ses doigts, avant de passer à un autre. Aucune chaleur n’émergeait de cette sinistre aura, pourtant dorée. Alexander ramena sa main un peu plus bas et fit jaillir d’un coup sec trois lames de baïonnette de sa manche. Le tissu mouillé ne semblait aucunement le gêner, si ce n’était qu’il moulait son corps, mettait en valeur sa stature colossale. Le mercenaire n’avait rien à lui envier. Il ôta ses lunettes de devant ses yeux et les laissa tomber à terre, le verre gauche brisé. Une profonde estafilade coulait de son œil vers sa mâchoire, s’élargissant à cet endroit. Le sang en coulait honteusement, en un flot ininterrompu. L’effet de surprise … qui aurait pu croire que ce chien aurait fait autre chose qu’aboyer ? Il aimait jouer des muscles et dégageait une odeur détestable, celle de la corruption. Mais de là à penser qu’il aurait l’audace de s’en prendre à un serviteur de Dieu. Le Paladin glissa un doigt dans son col, en élargissant l’étroitesse puis glissa dans sa tunique pour en tirer un poing américain qu’il enfila avec un sourire tout autant dérangeant que le précédent. Il fit craquer sa nuque vers la gauche. Vers la droite. Puis cracha une dent ensanglantée. Il se tenait légèrement sur la pointe des pieds, prêt à tout. Il ignorait royalement la douleur, et ses yeux presque révulsés trahissaient l’animalité qui régnait en lui. Il inspira un grand coup, les sept sceaux étaient brisés.

« Je suis l'alpha et l'oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. » cracha-t-il entre ses dents, sang coulant par ses lèvres, et à travers large blessure qui lui traversait la joue.

Un pas.

« Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d'avoir droit à l'arbre de vie, et d'entrer par les portes dans la ville ! »
continua le Paladin, offrant à la foule un superbe sourire carmin.

Deux pas.

« Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge ! » commença-t-il à crier, un frisson d’extase parcourant son corps.

Trois pas.

« Moi, Jésus, j'ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Eglises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l'étoile brillante du matin. »
poursuivit Alexander, de sa voix la plus puissante, faisant trembler l’assemblée.

Quatre pas.

« Et l'Esprit et l'épouse disent : Viens. Et que celui qui entend dise : Viens. Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut, prenne de l'eau de la vie, gratuitement. » s’acharne-t-il, toujours en adressant un sourire malsain à ses spectateurs.

Cinq pas.

« Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre. » tonna le Prêtre, levant son poing américain à hauteur des yeux de son adversaire.

Six pas.

« Et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. » continua-t-il, d’un ton capable de commander aux éléments mêmes.

Sept pas.

« Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » explosa le fils des océans, mêlant rage et exaltation.

Déferlement.

« Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous ! »
termina-t-il, en transe.

Rédemption.

Lors du premier, il leva son bras, scandant Sa sanction et fulminant Ses lois. Trois lames tranchèrent le déferlement des eaux, sectionnant un bref instant la course infernale des éléments. Une raie claire et étincelante dans la pénombre. Le tonnerre gronde au loin, tandis que ses lames percent chair et entament l’âme. Ses yeux brûlent d’un éclat pareil au bûcher qui attends les êtres impies aux enfers. Des flammes d’une conviction rare qui animent l’âme de cet être arpentant librement les voies insatiables de la foi.

Le deuxième fut Sa consécration. Glissant le long de son bras, les armes qu’il accumulait dans ses vêtements se mirent en ordre et jaillirent de leurs gaines pour gagner l’air libre en une salve éhontée, fauchant toute âme trop incrédule pour réagir. Que ce fut par le bois ou par le sang, la terre se retrouva couverte et souillée. Mais l’heure du sacrement n’était pas encore arrivée. Il tourna sur lui-même, suivant de son corps le geste de son bras, accompagnant cette douleur lancinante qui lui foudroyait les côtes, au lieu de résister et de plier ses muscles à ses caprices. Mais ce n’était que pour mieux avancer.

Quand vint le troisième, il était désarmé. Mais à portée. Il n’allait pas laisser le temps à son adversaire de mener la danse. Il se baissa légèrement et attrapa son cou de sa main libre. Il aimait le corps à corps, il lui en donnerait. Bloquant le recul de son crâne de toute sa force, il le frappa violemment du sien, lui rendant la monnaie de sa pièce. La peau de son front se craquela et laissa échapper un flot de sang, déjà emprisonné là par le dernier coup du mercenaire. Il relâcha son étreinte par la force du coup et posa le pied.

Ce fut le quatrième. Sa main gauche étincelait encore du métal béni qu’il arborait. Les croix s’entrelaçaient en un complexe réseau pour former écritures et arme contondante. Ce qui n’était pas si crucial, au final, comparé à la douleur cuisante que l’objet causa à son adversaire lorsqu’il rencontra avec fermeté sa joue basanée. Trop de force, trop d’élan, le Paladin laissa son épaule passer devant lui, non sans rire à l’écoute du son de son propre instrument. Il arrêta le mouvement et se redressa. L’âme pécheresse n’allait-elle donc pas reculer ?

Le cinquième le rapprocha, encore plus que tous les autres. Si près qu’il pouvait sentir le râle chaud de la bête sur sa face. Si proche de la bouche des enfers, il frappa du plat de sa main libre, deux fois. Une attaque qui le força à perdre du terrain. Peu, mais juste assez. Il ne le discernait pas avec précision, mais les contours de sa cible étaient plus que nets. Il laissa son poids le tirer vers l’arrière, puis levant le pied droit, il frappa du talon, mettant toute sa puissance dans ce coup, qui aurait rendu les rois de Spartes envieux. Une nouvelle fois, son corps le força à suivre le mouvement, mais ce n’était que pour mieux repartir, offrir une digne sentence.

Car ce fut l’aube du sixième. Marqué par la douleur, la force brute ne suffisait pas. Le monstre rendait les coups, et le Paladin lui offrait la pareille. Pour preuve, son sang qui coulait à présent de l’épaule, ouverte par une coup ajusté. Si bien porté qu’il avait taillé la chair au lieu de l’abîmer. Mais nulle souffrance n’était trop grande pour la cause du Seigneur. Sa main libre fouille dans sa poche et en tire l’arme jumelle de celle qui ceint déjà son autre poing. Ce fut sans peur qu’il frappa, d’un force redoublée par la ferveur de sa cause. Et encore une fois, sa prestance gagnait en gageure.

Par le septième, il approchait de la consécration. Il para une timide tentative, comparé au reste des réjouissances, puis frappa dans les côtes. Pas délétère, mais terriblement dérangeant, surtout lorsque l’attaque était assénée avec un fragment métallique vous imprégnant avec grâce les faveurs de Dieu dans la peau, littéralement. Et le sang répondit à cette offrande avec une volupté inespérée. La seconde main vint caresser le flanc du mécréant, générant une onde de choc proportionnelle à la virulence du coup, blessant chair et organes. Tout était fin prêt. Il ne restait plus que …

… le Jugement Dernier. Inexorable, la main du Paladin se leva et frappa encore, ne tenant plus compte du liquide qui lui brouillait la vue. Il ne prenait pas la peine de s’essuyer, car tout était limpide. Parer, frapper. Frapper. Frapper. Encaisser. Et ainsi de suite, le son des chocs répétés contre les corps des deux opposants résonnait dans la jungle. Un rythme endiablé, dont la mesure était battue, martelée contre leurs chairs. Jusqu’à ce que l’arche ne céda et que la folie du déluge n’emporta leur fureur sous un océan. L’arbre contre lequel il avait acculé sa proie venait de céder, libérant la frondaison de son imposture. Un trou dans la canopée, à peine suffisant pour les éclairer de la lumière de la Lune, et les inonder de toute l’eau qui reposait sur les feuilles dudit arbre. Le souffle lourd, Alexander ramena son bras gauche contre son flanc, portant son autre bras à son foie. Le sang s’écoulait tant par ses blessures que par sa bouche. Mais il était le Paladin choisi de Dieu, son soldat, ainsi la mort ne pouvait lui être échue.

Le dernier, l’ultime. Le sang répandu sur autel pour le sacrifice. La droite se leva, saisissant sa crinière. La gauche se prépara. L’empoignement fut fatal, nocif. Mais le coup partit, violent.

« Voilà ce que je fais de mieux, en matière de religion, connard. » marmonna le Paladin, laissant échapper une poignée de cheveux de sa main.
Invité
Invité


Dim 4 Jan 2015 - 0:39

Boom !
L'injustice se paye toujours, la violence aussi. Qui appelle l'un, récolte le suivant. C'est une loi mathématique que mon père m'a inculqué, que j'inculquerais à mes fils, mais aussi au salaud dans son genre. Ceux qui se croient tout permis par spiritualité, ce sont les pires ; Des psychopathes sur la voie de la rédemption ? Mpfffh, laissez moi rire ; Ça reste des psychopathes quand même. Ce Alexander ne déroge pas à la règle, sous couvert d'autorité divine et humain, il s'autorise à être juge juré et bourreau. Un fait que je n'accepte pas, car même si je croyais en un dieu, ce ne serait surement pas ses représentant qui devraient faire pleuvoir de châtiments. Ils devraient éclairer, et non pas brûler tout sur leurs passages. Il débit sa litanie, et moi je lève les yeux au ciel. Dieu, s'il nous regarde aujourd'hui (et s'il existe) doit sûrement pleurer pour ses enfants, s'entre-déchirant dans un combat sans queue ni tête. Alors pour une fois, je vais te surprendre, Alexander.
Il fonce sur moi, son aura glaciale, ses lunettes brisées par les ondes de choc, et ses baïonnettes. Je sais pas s'il peut se voir en cet instant, avec ses armes et tout le sang qui déborde de ses blessures. Je sais pas s'il peut se voir, mais il a tout l'air d'un démon qu'il chasse avec tant de hargne. Jusqu'à en oublier sa propre humanité. J'te jure moi, de jamais devenir comme lui. J'serais un grand, un grand mur sur lequel les coups de ce genre de brutes rebondiront, pour leur être renvoyé. Pas encore la force, mais déjà la volonté. Pas de compromis même devant la défaite, mon regard ne s'éteindra jamais. Il frappe. Une fois, deux fois, trois fois. Récitant ses poèmes, ce qui colle un sourire sur mon visage de loup. T'es le berger, et moi ton prédateur naturel. Ton pire ennemis en tout cas ; Un homme libre. Libre de penser que ta religion est mauvaise, tout autant que tes méthodes. Libre d'agir contre le courant de tes maléfices putride, que toi et le gouvernement vous amusez à jeter un peu de partout sur cette île. Libre de dire non et de stopper la chaîne alimentaire pour une journée au moins. Alors que ton poing me frappe fort, ça fait mal et puis c'est tout. Que ta lame me tranche, ça me fait saigner et j'en aie connu des pires.

Autours de nous, un vide nous sépare des autres recrues, complètement affolés et sous le choc. La plupart ont fuit, d'autre regardent armés de leurs curiosité morbide. Ils regardent la violence faire face  à la haine, et l'intolérance à l'altruisme. J'le suis pas tant que ça, y'a aussi que je peux pas supporter son regard de vipère, et ses paroles d'anges. Encore un pas franc du collier, qu'il faut remettre dans le droit chemin. Alors on montre l'exemple le plus parfait de l'absurdité humaine ; On se tape dessus par conviction. Il utilise ses paroles saintes comme un poignard, et son crucifix comme une arme. Il ne relâche pas la pression, je dois me dégager avec les coudes pour laisser passer la tempête. L'accalmie se présente sous la forme d'une garde relâchée, et d'un souffle court. Je m'engouffre, pas avare en coup de main pour les consciences torturées comme la sienne. Je frappe son visage, malaxe ses côtes, il me rend la pareille.

J'ai mal, et autours de nous s'étend un champ de ruine ; Un bourbier de sang et de boue, sur lequel rien ne poussera de sain avant un moment. La terre est retournée comme un jour de laboure, et nous on creuse des sillons avec nos pieds. On a même endommagé la jungle pour de bon, tellement on met du cœur à l'ouvrage. Je suis pas encore assez fait pour y réfléchir, tout à mes tentatives d'échapper à mon adversaire. Le combat traîne depuis trop longtemps, et le pauvre ère va se vider de son sang si on ne fait rien maintenant. Il me faut une diversion, et une bonne. Je réfléchis à toute vitesse, tout en reculant face à son barrage d'acier (il a ramassé l'une de ses infâmes lames à bord droit). Je sais ! La manœuvre est délicate, mais il a préparé le terrain. Avant que les marines ne se réveillent et viennent en aide à leur commandant, je dois agir ! J'esquive un coup mortel, roule sous lui, escomptant bien qu'il saute pour ne pas être fauché par ma ruée. Je me retrouve entre lui, le blessé et l'arbre qu'il a déraciné. Pendant qu'un semblant de cohérence reprend les rang de l'armée mondiale, je recule une nouvelle fois contre les assauts du prêtre, qui jubile sa victoire en bondieuseries.
C'est à ce moment là que je laisse un de ses coups me toucher, sautant en arrière au même moment pour en amortir le choc. Je suis plus vraiment en état de recevoir des patates pareilles. Il rit. Classique du méchant qui savoure sa victoire. Jusqu'à ce qu'un tronc d'arbre ne le fauche lui, et tente de faire de même avec son équipe, comme au célèbre Bouligne, un sport d'East blue qui se joue avec des quilles. Un peu comme moi quoi.

J'ai frappé mon grand coup, il est l'heure de prendre les jambes à son coup, Judas. J'attrape le blessé comme  si c'était un fétus de paille et le cale sur mon épaule l'air de rien. Il est inconscient, et je dois avancer avec précaution si j'veux le garder en vie. Il transpire et ne cesse de geindre comme s'il cauchemardait. Remarque, si tu peux l'ouvrir c'est que t'es pas encore aux portes de la mort. Je m'inquiète plus de ceux qui se taisent que ceux qui ont le temps de gueuler leurs douleur. Malgré tout je presse le pas, car je sens plus que j'entends la rage qui se déverse du père Anderson. Aujourd'hui il avait perdu, une proie et un combat. Même si je dois avoir une gueule dans un état pire que la sienne, j'ai accomplis mon objectif.

Maintenant reste plus qu'à survivre, et trouver un moyen de se faire oublier ailleurs.

***

Dans ce monde sombre, Akupichu n'était qu'énergie, complètement libéré de ses souffrances et des contraintes physiques du monde réel. Il adorait pouvoir naviguer sur les courants de la pensée universelle, qui déversait sa vérité chaque seconde qu'il restait inconscient. Il voyait la foret s'épanouir et s’évanouir devant ses yeux, tandis que des générations passaient sur en accéléré l'île. Il vit sa tendre jungle se faire raser par des agents corrompus, ses frères et sœurs mourant pour la protéger sans que personne ne les aide. Tout cela se passait dans un silence et une indifférente si vexante ! Comme si tout cela n'avait pas d'importance, comme s'ils ne comptaient pas dans la grande équation du monde. Il voulait se soulever à cette idée, mais soudain il se rappela. La poursuite, la chute, les armes. La douleur et le sang qui s'échappaient de sa cage thoracique. Il reprit conscience dans un spasme ensanglanté, regrettant déjà amèrement le monde doux des rêves et des comateux. Surtout quand il vit l'épaule massive, couverte de plaies et de sang qui le transportait.
Ce fut à ce moment là que lui manquât la douceur et les rêves de sa bien aimé Ayumaka, qu'il pouvait voir depuis les fenêtres de sa conscience. Il prit néanmoins le temps d'aider son sauveur, lui indiquant le chemin pour le village, et retomba dans l'inconscience.


***

Je me rappelle même plus comment j'ai atteint le tas de boue qu'ils appellent tous 'village', mais ce qui est sur c'est que le père Anderson allait pas tarder a retrouver ma trace, et avec lui tous les petits soldats chargés de nous rouler dessus. Quand au village, eh bah c'est un tas de boue sur lequel à pousser des fleurs magnifique. Je laisserais pas n'importe qui écraser ce purin, foutrement plus utile qu'un port de commerce. Il est différent ce village. Il compte. Ce n'est pas une poignée d'homme que je défend, mais l'idée qu'on puisse garder ses terres quand on les sauvegarde depuis des générations. Personne ne devrait avoir le droit d'arracher par la force le foyer des autres, et s'en sortir impunément. Gouvernement, religion et même force cosmique, rien ne justifie un pareil carnage. Je dois me tenir prêt alors, car je vais être le maigre rempart à mon corps défendant toute la populace. D'ailleurs les indigènes sont plutôt cours sur patte, m'arrivant au niveau du torse, la peau brune. Je suppose que c'est les plus faible qui sont restés là, les femmes aussi se mêlent à la foule qui m'entoure en criant.

Enfin moi j'entends que des cris, mais l'autre sur mon dos prend ça pour un réveil matin. Tant mieux je commençais à en avoir marre. On me menace d'une lance inutile, dans mon état je peux pas faire de mal à une mouche. Je sens quelque chose de chaud couler dans mon dos quand on m'enlève ma cargaison. Puis tout pétille, devient noir et gris, pour finir dans un rêve étrange. Je vois des serpents, qui sifflent et me regardent de leur yeux pernicieux. Je vois un pilori sur lequel je suis attaché, les serpents me menaçant et me goûtant de leurs langues fourchues. Enfin viens la morsure, et le ciel au dessus de moi devient rouge, dans laquelle se mêlent une lune de sang et un soleil d'ébène. Ce n'en est pas finis de mes cauchemars, quand viennent des hommes armés de lance pour raser tout le décor, quatre fois plus grand que moi. Ils plantent leurs armes dans ma chair et la souffrance me fait perdre pieds... Suis-je sensé rester ici pour l'éternité ? Est-ce le châtiment de mes crimes ? Un œil doré crève le voile du cauchemar, tout droit descendant du ciel il crée des aurores boréales argentines et cuivrées tout autours de lui. Il fait fuir les monstres, resorbe mes plaies et me regardent comme vivant ... :  Atshu'kalhu ! dit-il, tandis qu'une tempête nait de ses mots.
Atshu'kalhu ! Crie-t-il encore, tandis que des éclairs s’abattent autours de moi, lançant des arc violets autour d'eux. Le monde commence à s'effondrer comme s'il était siphonné, créant un trou noir au dessous de mes pieds. Je crie.
La première chose que je vois en me réveillant, c'est de la paille, une dame qui me veille et deu gardes à la porte. Ma grande tailleur leur fait peur, mais vu mes blessures ce n'est que formalité. Et de toute façon, ou esdt-ce que j'irais. J'essaye de me relever, mais mon esprit est brumeux. Le rêve que j'ai fais, je me souviens ! Etait-ce vraiment un rêve ? Tout me semblait ... Si réel. La dame prêt de moi est vêtu d'un pagne et des cercles d'or enserrent son cou. De lourde boucle d'oreille en ivoire et des bracelets en pagaille montre sa richesse et l'importance qu'elle a pour le clan. Elle commence à s'agiter en me voyant les yeux ouverts, assis sur ma couche. Elle me parle, mais je comprend rien à son charabia. J'essaye de lui faire comprendre que j'dois voir son chef, mais peine perdu. Elle commence même à crier très fort quand j’essaye de me relever, comme si j'faisais une connerie. J'sens que mon corps est d'accord avec elle, surtout quand le monde commence à tourner et prendre une drôle de nuance grisé. Je laisse ma garde-chiourne me recoucher, tandis qu'elle me rabat tranquillement du bras dans un geste plein d'autorité. Le geste de quelqu'un qui à l'habitude d'être obéi, elle doit vraiment être haut gradé celle là.

Des cris proviennent de l'extérieur... Une forte odeur de brûlé aussi. Le teint de la dame change quand elle surprend mon regard posé sur elle. Elle s'absente, allant à l’extérieur de la hutte. Et ne revient pas. Dix minutes plus tard, je suis sur pied. Récupérant mes affaires qui traînent dans un coin. Les cris redoublent de puissance, et l'odeur se fait plus forte. Je risque un coup d'oeil par la porte, mais plus personne ne garde la porte de toute façon. Les bruits feutré par les murs m'font comme un concert dans le fond du tympan. Je mets quelque temps à retrouver mes repères, parce que le tas d'boue est plus complexe qu'on aurait pû dire. La hutte, mais pas seulement celle là, était en hauteur. Cela faisait comme un réseau arachnéen à travers les arbres. Je comprend mieux leur facilité à tendre des embuscade, et pourquoi personne arrivait à dénicher les autochtones. Malgré tout, le gouvernement avait trouvé une solution : Mettre feu à toute la foret.

Et le plan marchait, parce que les villageois s'enfuient comme des rongeurs poursuivis par un prédateur, laissant tout loisir aux soldats de les cueillir comme des lapins. Le lapin effrayé, sortant de son terrier et voyant le fusil du chasseur pour la première et dernière fois. Pan. Une simple pression, et des milliers de lapins sont morts en ce début de soirée. Tant pis pour la bravitude, que j'me dis, Tirons-nous d'ici !. Sauf que moi j'prend par les arbres touffus pas encore en flamme. Je sème comme ça les trois quart de la cavalerie, avant qu'un craquement sinistre de l'arbre sur lequel je suis perché ne me trahisse. Le reste partent à ma poursuite, avide de sang, de larme et de primes (paraît qu'il y'avait un classement instauré par Anderson ce jour là, il donnait de sa solde à celui qui tuait le plus d'infidèle ... Quand je vous disais, un psychopathe !). Des lances et des balles me poursuivent, comme si j'avais l'enfer sur les talons. Je saute, je cours, je vole ! Je suis pas superman mais l’adrénaline me donne des ailes, me permettant de faire fi de la douleur. Je sens même moins corps qu'avant. Comme si depuis ma petite sieste improvisé, quelque chose avait changé en moi.

Ce n'est que bien plus tard que je comprendrai à quel point, mais aussi la signification du drôle de tatouage qu'on m'avait fait ce jour là. Toujours est-il que je ne saurais jamais vraiment ce qu'il m'ont fait, puisque cette peuplade n'existe plus.

Je cours, je saute, je vole. L’adrénaline me donne des ailes. C'est ce que j'essaye de me dire devant la falaise qui plonge directement dans la mer, alors que je ralentis pas un pet le pas. Je cours. Je saute. Je vole. Et plouf, une avalanche d'eau me reçoit avec toute sa dureté. Faut se méfier, c'est pervers l'eau en faite, c'est plein de faux semblant. J'avale de l'eau de mer salée, sur le point de vomir alors que l'océan commence à emplir mes poumons. C'est là que des cris percent la surface au dessus de moi, et même si j'comprend rien à ce qu'ils disent, c'est du miel à mes oreilles.

- UN HOMME A LA MER, UN HOMME A LA MER M'DAME !

Une bouée perce le plafond bleu, lesté d'une grosse pierre il coule vers moi. j'attrape sa structure rassurante, je dégage le cailloux du cercle rouge et blanc. On me remonte à la surface, et j'aide en donnant les coups de pied les plus puissant qu'je peux. Un enfant de quatre ans aurait peut-être fait mieux, mais j'ai eu une journée ... Fatigante. Faut m'comprendre un peu les gars, j'suis pas un sur-homme. Juste un Fergusson, ce qui fait pas de moi une terreur des mers. On me tire jusqu'au bastingage, et on me hisse difficilement sur le pont. Là j'vois pleins de face creusé et bourru, des cicatrices ... Puis un ange. Une magnifique jeune femme aux cheveux blond, les yeux bleue perçant toutes mes carapaces. Elle me voit. Elle s'approche. Elle me regarde de haut en bas, moi et ma peau bronzé et mon tatouage tout récent qui me brûle et me démange. Elle sourit, et pour la première fois cette journée me parait un peu moins merdique.

- Salut l'homme de la mer, comment on t'appelle dans ton peuple ? Qu'elle dit comme si je comprenais rien à ses paroles. Oh, j'comprends.

- Salut femme du bateau, on m'appelle Thomas[s], juste Thomas[s] ! Et toi comment on t’appelle dans ton peuple ?. Que je reponds avec un grand sourire et qui la surprends. Elle me prenait pour un "barbare" comme y disent les gradés. Au final j'suis pas plus civilisé qu'eux ma bonne dame, j'suis juste bien mieux né qu'eux. Comme quoi la vie sa tient à peu de chose parfois. Et parfois c'est juste une histoire de géographie ou de couleurs ... Triste monde dans lequel on vie pas vrais ? Elle parait encore plus ravie de ma réponse, me considérant alors comme de la viande fraîche (fin c'est l'impression qu'elle me donne, et ça fait froid dans l'dos).

- On m’appelle Sœur Carnage, mais tu peux dire 'Maria', j'préfère ...

Je sens que la nuit va être longue.
Contenu sponsorisé



Page 1 sur 1