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[Endaur] Flowers on the Wall

avatar
Un canard
Développeur Avant-Gardiste

♦ Équipage : L.I.O.N

Feuille de personnage
Dorikis: 2270
Popularité: -189
Intégrité: -182

Lun 9 Juil 2012 - 2:01

Journal Imaginaire du Sergent -Détective Auto-proclamé- Philibert LeDétective


Je marchais doucement au milieu des autochtones. Oui, je les appelle des autochtones, en même temps des types aussi gratinés on en trouve pas dans le monde réel. Si le terme ne s'applique qu'à un seul peuple, c'est bien celui ci. Tout chez eux me répugne. Que ça soit cette horripilante manie de couper continuellement du bois ou leur façon de ne porter que des chemises à carreaux. Ils me regardent tous avec des grands yeux, comme si c'était moi l'excentrique. Aucun d'entre eux ne me fait confiance, et tant mieux, car c'est réciproque. Après plusieurs semaines passées ici, même les arbres me semble menaçants. Ils m'entourent, ne me laissent pas respirer. La vie serait sans doute plus agréable si je pouvais ne serait-ce que voir le ciel. J'aurais moins l'impression d'être enfermé dans une prison végétale. Le seul aspect différent d'une prison ici est qu'il ne se passe jamais rien. Au moins dans un bâtiment habituel des prisonniers se tapent régulièrement sur la tronche. Je ne pense pas pouvoir supporter plus longtemps cette absence d'action. Il est difficile de s'imaginer qu'une île remplie par des gros-bras puissent-être aussi paisible. Ennuyante même. Donc je marchais. Je regardais de temps en temps autour de moi, à la recherche d'un quelconque crime que je pourrais stopper. Rien. C'était pourtant mon travail ici. La marine m'avait envoyé sur Endaur pour surveiller l'île entière. De par sa population de bûcheron, elle était un point central de la construction navale. Malheureusement, je commençais à me demander si l'on ne s'était pas débarrassé de moi. Les pirates ne partageaient pas la vision du Gouvernement. Pour eux ce n'était qu'un morceau de boue plein d'arbres. Et, pas si profondément que ça, je partageais cette vision. Dans tous les cas je ne... AH PUTAIN MAIS CA TUE SALOPERIE DE BRANCHE ! Malgré l'envie je dois m'empêcher de hurler ! Les autochtones ne doivent pas me prendre pour un rigolo, mais un vrai soldat de la marine ! Ok... ok... ça à l'air d'aller mieux, je n'ai qu'une légère bosse. Bon, revenons à la description au passé. Ca me donne un air de détective sérieux.


Un canard volait gracieusement. Il n'allait pas particulièrement quelque part, se contentant d'avancer dans n'importe quelle direction. C'était d'ailleurs comme ça que l'on pouvait résumer sa philosophie. "Avancer dans n'importe quelle direction". Bien que "avancer" soit un peu fort, la plupart du temps le verbe "faire n'importe quoi" serait plus approprié. A vrai dire on pourrait même résumer tout ça en "piquer avec son bec" puisque c'est ce qu'il fait le plus souvent. Malheureusement "Piquer avec son bec dans n'importe quelle direction" c'est soit nulle comme philosophie, soit bien trop brillant pour des esprits de notre époque. Cette avancée philosophique -ou cette piquer avec son bec philosophique- s'arrêta rapidement. Comme tout personnage sachant voler dans une histoire pleine de cliché, notre héros se prit un arbre. Evidemment, le personnage ne se prend pas toujours un arbre, mais c'est l'un des plus standards. Il y a aussi le poteau, le mur, l'animal volant, voir le type qui est arrivé là on ne sait vraiment comment. Ainsi la philosophie d'un canard peut-être améliorée. Piquer avec son bec dans n'importe quelle direction jusqu'à ce qu'on se prenne un type qui est arrivé là on ne sait vraiment comment. Mais là ça devient juste stupide. Après une chute qualifiable de moyenne-courte, l'animal tomba sur une plateforme en bois. Effectivement, en tant qu'île forestière qui se respecte, Endaur était parsemée de plateforme reliant les différents arbres gigantesques. Certainement pour une obscure raison de bûcheron pas particulièrement intéressante. Le canard se releva facilement, sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait. Dans la logique simpliste de notre protagoniste, un sol en planche de bois impliquait une maison, seulement il ne se souvenait pas être entré dans un bâtiment. Pire encore, il ne voyait aucun mur autour de lui. Pour ajouter encore plus de dramatique-de-clodos (un peu cheap donc), il voyait très bien les arbres. Et voir des arbres dans une maison, ce n'est pas quelque chose d'imaginable dans le cerveau d'une volaille. Ainsi, pour ne pas être confronté à une situation illogique et incompréhensible, un canard sauta de la plateforme, donna quelques coups d'ailes dans l'air et se retrouva sur la terre ferme. Ou en tout cas, c'est ce qu'il supposa. Cette supposition fut effacée lorsque la terre ferme en question bougea dangereusement. Plus encore lorsqu'elle donna un coup de hache dans un arbre. Même si le bûcheron était grand et gros, on pouvait difficilement le confondre avec une seconde planète. Ainsi notre héros se rendit compte de son erreur et sauta -avec tout de même une légère peur de se retrouver bloqué dans une zone sans gravité entre les deux objets (le bûcheron et la Terre)- sur le véritable sol. C'est à ce moment que l'autochtone remarqua la présence du canard.

-... 'Sup ?
-... 'Sup ?
-Woah
Se contenta de répondre le bûcheron, impressionné par l'éloquence inhabituelle de l'animal.
-...
-...
-Quack
-... T'es quoi ?
-Ta soeur


Puis le grand type lança sa hache en arrière dans le but de l'écraser sur le pauvre oiseau, sans oublier de hurler "J'VAIS TE DEROUILLER". A cet instant la philosophie d'un canard devint celle de "ma palme dans ta gueule".

A ce moment je n'avais aucune idée de ce que me réserverait la journée. Si j'avais su, je me serais préparé. Bon, je me dis ça tous les matins en espérant que ça marche vraiment un jour ou l'autre. Je suis sûr que c'est quand j'le dirai pas qu'il m'arrivera quelque chose. Ca se passe toujours comme ça, quand on s'y attend pas, une merde surgit. Mais bien sûr les merdes peuvent pas surgir quand on en veut une depuis trois semaines. J'arpentais les rues du village que j'ai nommé "village de l'ennuie numéro un". C'est le numéro un puisqu'une fois j'ai parlé avec quelqu'un pendant dix minutes. Ca le rend donc un peu plus intéressant que les trois autres. Le "village de l'ennuie numéro quatre" par contre, j'y suis resté pendant sept heures, sans bouger, au milieu de la grande place, et personne n'a pensé à vérifier si j'étais toujours vivant. C'est injuste. Je sais que je suis prêt pour une grande aventure, je veux me lancer dans une difficile enquête impliquant les corrompus haut-gradés du Gouvernement, une enquête dans laquelle je risque ma vie pour faire éclater la justice. A la place je suis bloqué chez des barbus un peu cons. Mais cette longue attente s'arrêta -je l'espère- lorsque j'aperçu une affiche. Elle était soigneusement collée à un mur. Il était évident qu'on voulait qu'elle soit vue. Mais par qui ? Et surtout pourquoi ? Un examen minutieux s'imposait. Je collais doucement mon doigt sur le papier. Une texture vulgaire, rien d'inhabituel. Sacrifiant ma santé personnelle pour la santé collective, je léchais rapidement l'affiche. Il y avait un je ne sais quoi d'étrange dans ce goût. Mon instinct me poussait vers du curry. Je penserai à aller interroger le cuisinier. Puis une soudaine idée me vint à l'esprit. Peut-être que les lettres inscrites sur l'affiche me donneraient un indice. "Venez tous au grand bal de Endaur, cet après-midi - Buffet gratuit dans la limite des stock disponibles".


Il fallait comprendre notre protagoniste. Etant un canard, il ne maîtrisait pas assez les mots pour créer ses propres phrases. Ainsi il associait des phrases entendues avec une certaine idée. L'animal répondait "ta soeur" lorsqu'il ne comprenait pas la question. Une réponse qui semblait souvent lui causer des problèmes. Il pensa à en changer, seulement il n'avait jamais rien entendu d'autre en réponse à une question qu'il ne comprenait pas. La volaille se contenta donc de bondir pour esquiver la hache et de coller sa patte dans le visage du bûcheron. Ceci effectué avec la grâce d'un mélange entre un ninja et un danseur ballerine -deux choses pas si éloignées que ça-. Le grand corps du barbu fut projeté contre l'arbre le plus proche. Arbre qui tomba, avec un certain plaisir de vengeance pour tous ses frères découpés, sur le pauvre travailleur. Son adversaire assommé, notre héros à plumes s'en alla gambader dans les bois. Soudain, l'oreille entraînée du canard remarqua un son. Mieux qu'un son, de la musique. Aussitôt l'oiseau s'envola. Il termina son chemin sur une grande plateforme à environ vingt mètres du sol. Là plus de soixante habitants dansaient. Il était intéressant de voir autant de bûcherons bouger leurs hanches sur de la country au même endroit. En tout cas c'était amusant. Le tas de chemises à carreaux s'agitait dans tous les sens, formant une grande vague multicolore. Bien sûr absolument personne ne suivait le rythme de la musique, mais ce n'était pas ça l'important. Non, la scène était une ode à la joie de vivre et à la vie en générale. Petits, adultes, vieillards, virils, un peu moins (ce sont des bûcherons tout de même, il n'y a pas de bûcheron non viril), femmes, hommes, un peu moins, tout le monde s'amusait. Le groupe, sur une scène légèrement surélevée, jouait sur des instruments entièrement en bois. Malheureusement notre protagoniste avait raté la grande démonstration. Effectivement, plusieurs minutes avant le début du bal, un maître de l'art des bouts de bois se plaça au milieu de la plateforme. Un bûcheron, se tenant à quelques mètres, lança avec puissance un tronc. Alors, dans un éclair, l'homme frappa le tronc à toute vitesse, le transformant en scène sur laquelle il atterrit. Car oui, tout bon maître de l'art des bouts de bois se sent obligé de bondir à chaque démonstration. Un effet de style sans doute. Il changea ensuite des brindilles en guitare et autres instruments puis s'assit tranquillement. C'était le seul travail des maîtres de l'art des bouts de bois. Sortir une fois par an, le jour du bal et découper des trucs. Il passait le reste de l'après-midi à signer des autographes. Il y avait quelque chose de distrayant à voir les montagnes de muscles en chemises à carreaux attendre dans une fil d'attente, leur morceau de papier à la main. Que ça soit pour eux même ou pour leurs enfants occupés à faire des trucs de gamins, tout le monde voulait un autographe.

Soudain la musique s'arrêta. L'immense tas de joyeux travailleurs se stoppa au même moment. Sans doute une habitude prise en coupant du bois, ils savent tous s'arrêter au même instant pour aller boire ou se travestir -en bons stéréotypes de bûcherons-. Le groupe, entièrement composé de jeunes bûcherons évidemment, lança quelques phrases puis reprit avec une nouvelle chanson.


Alors notre protagoniste ne s'en empêcha pas. La joie chargée dans cette musique était bien trop puissante pour qu'un personnage comme un canard puisse y résister. Il bondissait au milieu des danseurs, chantant par moment. Personne ne s'attachait trop à lui, personne ne s'étonnait de voir une volaille danser. A vrai dire le summum de l'étonnement avait déjà était atteint lorsqu'une soixantaine de bûcherons s'était mise à danser. Ainsi il n'y en avait plus assez pour le canard. Ce dernier pouvait s'y donner à coeur-joie. Quand la danse tourna en une espèce de ronde étrange, danse qui ne lui était pas familière, il se laissa placer. Alors un monde bizarre s'ouvrit. Un monde dans lequel tout le monde semblait danser avec tout le monde. Il n'y avait plus de question de partenaire, on en changeait à chaque secondes. La marre de joyeux édentés tournait un peu partout sur la plateforme. Les ennemis, les amis, les inconnus, il n'y avait pas de distinction, tout le monde s'amusait dans la tolérance générale.

La piste m'avait menée ici, mais je ne savais que faire. Je regardais le bal, d'un oeil vigilant, alors que le monde s'agitait autour de moi. Chacun de ces hommes pouvaient être des psychopathes, des assassins ou des tueurs. Je n'avais personne à qui me fier et tout le monde était soupçonnable. Ce type à qui il ne restait plus qu'une dent mais qui arborait tout de même un grand sourire des plus louche. Celui ci qui semblait avoir une crise cardiaque plus qu'il ne dansait. Cet autre qui, pour une raison qui m'est obscure, tentait de roter en chantant. Et enfin ce dernier qui agitait cette hache au dessus de sa tête en hurlant, il était d'ailleurs le seul à hurler et agiter sa hache en rythme avec la musique. D'un autre côté, il y en avait très peu qui hurlaient et agitaient des haches. Et alors que le groupe se lançait dans une nouvelle mélodie, un animal fit son apparition. A cet instant je savais que c'était lui. Un soudain présentement. J'étais persuadé qu'il était coupable. Je demandai à mon assistant, le deuxième marine présent sur l'île, un moyen de l'arrêter. A vrai dire la volaille n'avait encore rien fait et même si j'étais persuadé de sa culpabilité, la loi m'empêchait d'agir. Je ne voulais pas trop en dire au second soldat, je le soupçonnais depuis longtemps d'être un vendu. Alors il me répondit "Bah j'sais pas, c'est un canard doit bien y avoir un truc dans la loi... y a peut-être une loi qui interdit aux canards de chanter... ou peut-être même que la loi s'applique pas aux canards ? Vous vous êtes déjà posé la question ? C'quoi la limite entre canard et humain en matière législative ? Moi je...". J'arrêtai d'écouter, je tenais déjà mon nouvel adversaire. Il est très certainement interdit aux canards de parler, sinon ils le feraient tous.


-Hé toi le canard ! Tu es en état d'arrestation !
-VA TE FAIRE, BRANLUCHARD


Ici "VA TE FAIRE, BRANLUCHARD" voulait effectivement dire "VA TE FAIRE, BRANLUCHARD". Alors l'assistant fonça dans la foule en criant quelque chose comme "C'EST UN REFUS D’OBTEMPÉRER VIEILLE SALO" avant de se faire couper la respiration. Le canard, ne voulant pas se faire arrêter alors qu'il s'amusait autant, donna un magnifique coup de pied sauté dans le bide -assez rond soit dit en passant, sans doute à cause d'une vie à protéger l'île la plus paisible de South Blue- du marine. Ce dernier percuta plusieurs personnes avant de retomber près de Philibert. Malgré la douleur de son partenaire, le Philibert en question ne pouvait être plus heureux. Enfin après toutes ses attentes, il se passait quelque chose.

-Chef, je suis pas certain que ce canard soit absolument normal.
-Ne t'inquiète pas, mon bon assistant, je te vengerais du terrible animal.
-Ah non mais je vais pas mourir du tout hein, j'pense que je vais m'évanouir mais ça va, pas besoin de me venger, dans deux ou trois jours j'irai mieux j'pense.
-CA N'A PAS D'IMPORTANCE ! CETTE CRÉATURE T'AS ENLEVÉ TROIS JOURS DE TA VIE ! CETTE INJUSTICE NE SERA PAS TOLÉRÉE ! Repose toi bien mon ami !
-En fait je suis même pas sûr de tomber dans les pommes, je me sens pas si mal.
-JE M'EN VAIS MAINTENANT AU COMBAT !
-Bon... bah merci quand même, j'vais juste rester allongé là moi si ça vous fait plaisir.
Lança-t-il au Sergent qui ne l'écoutait déjà plus, marchant vers la volaille.

Le marine marchait vers notre protagoniste en le foudroyant du regard. Un couloir s'était creusé dans la marré de chemisiers, la musique s'était arrêtée et tout le monde regardait les deux adversaires. Et, soudainement, une voix hurla "BASTON GENERALE". Alors, sans plus attendre, tout le monde se jeta sur tout le monde. Le groupe de musique reprenant là où il s'était stoppé. Le marine tentait bien de crier des "Mais non" ou "Mais arrêtez", seulement plus personne n'écoutait. Un canard lui même frappait de tous les côtés. Un coup de pied à droite -Countin' flowers on the wall-, une esquive de hache, un battement d'aile pour passer au dessus de l'ennemi et finalement caler un deuxième coup -I've nothing to do-. Autour de l'animal c'était la même chose. Un type balançait son bras dans tous les sens -I'm really doin' fine-, frappant tout ce qu'il touchait. De l'autre côté de la plateforme, un bûcheron collait des droites à tout ce qui l'approchait -You're concerned about my happiness-. Et au milieu, c'était tout simplement le chaos. Personne ne restait debout plus de dix secondes. Un homme frappait -I'm havin' lots of fun- et un autre recevait pour frapper à son tour -That don't bother me at all-. Et tout s'arrêta aussi vite que ça avait commencé. Le marine, avait tiré plusieurs balles en l'air et tous les bûcherons s'étaient tournés. Même un canard, entouré d'une quinzaine de joyeux combattants K.O le fixait. Plein de courage lorsqu'il avait tiré en l'air, Philibert commençait maintenant à ressentir une grande frayeur.

-... Vous allez quand même pas frapper un marine hein ? Demanda-t-il avec un ton peu rassuré. Il essayait autant de se convaincre lui même que les autres. Alors, tout le monde se regarda, la même question dans le cerveau. Ils attendaient tous de voir la réponse du voisin. Voir le type qui oserait coller une tarte à LeDétective. Ce type n'arriva pas.

Un canard était serré dans une cellule improvisée, au milieu de la quarantaine de bûcherons restants. L'île ne comportant pas de prison à proprement parler, on avait foutu tout le monde dans un bâtiment puis fermé les portes à clé. Les habitants d'Endaur ne savaient pas vraiment quoi faire. Ils se regardaient juste, attendant que quelqu'un fasse quelque chose. Ils étaient toujours de joyeux lurons voulant passer leur après-midi à un bal, mais tout ça légèrement refroidit par l'enfermement en "prison". Alors notre protagoniste décida de lancer le coup de pouce dont ils avaient besoin. Il commença à chanter.


Dix secondes plus tard et toute la bande l'accompagnait. Personne ne savait vraiment ce qu'était "nantes" mais ce n'était pas l'important. L'important c'était le message. Et le message c'était "on chante et on danse !". Evidemment, il ne faut pas trop leur en demander aux bûcherons. C'est déjà pas mal qu'ils ont compris qu'il y en avait un, de message. Le vacarme causé par les chants et les coups donnés contre le mur et sol motivait de plus en plus les barbus. Un canard sentait que c'était le bon moment. S'il ne voulait pas rester dans la cellule trop longtemps, il devait agir. Alors, il s'envola légèrement, juste assez pour se retrouver au dessus de toutes les têtes. La chanson s'arrêta et les bûcherons sur-excités tournèrent leurs yeux -tous ornés de monosourcils- vers notre protagoniste. Ce dernier, pour la première fois, voulait tenter d'associer plusieurs idées à la suite. Un homme normal fait une phrase, il fabrique une suite de mots. Ici c'était beaucoup plus pointu. Le canard voulait mettre à la suite des expressions qu'il associait à une idée particulière. Chose en soit, carrément compliquée.

-C'est pas super jouasse ! V'la que j'puis plus bouger ! Non arrêtez bande de troufions ! C'tait pas moi c'tait le père, l'autre là que j'peux pas blairer, la vieille enflure ! J'M'EN VAIS LUI BOUSILLER L'BAS DU DOS A CE VIEUX CON ! T'AS PAS RAISON !

Effectivement, c'était carrément compliqué. Effectivement, un canard avait lamentablement échoué. Pour plus de clarté, je vais me charger de remplacer les phrases toutes faites de notre héros par les idées qu'elles représentent. "C'est une injustice ! Nous sommes enfermés ! Contre notre gré ! Qui plus est pour quelque chose que nous n'avons pas commis ! IL EST TEMPS DE PRENDRE LES ARMES ! LEUR FAIRE COMPRENDRE QUE NOUS NE SOMMES PAS D'ACCORD !" Bon, même là, c'est pas super comme discours. Mais au moins ça veut dire quelque chose. Seulement, les bûcherons étaient déjà énervés, ils voulaient assister à un bal, ils étaient motivés par la chanson et la scène d'un canard se levant pour crier un discours dans une prison était assez génial pour leur faire oublier les mots du discours en question. Ainsi, les quarante-deux hommes -et femmes d'ailleurs, mais sur une telle île ils ne sont pas souvent dissociés- répondirent avec un puissant et simple :

-OUAIS

Alors notre fier protagoniste propulsa la porte au loin d'un coup de pied et quitta en premier sa cellule. Le groupe, toujours en chantant avec puissance, avança ensuite dans les rues du village. Rien ne pouvait les arrêter, ils étaient invincibles. Philibert tenta bien de faire quelque chose, mais il fut écrasé -littéralement- par la masse de gros barbus. Rien ne semblait pouvoir se mettre en travers de leur chemin. Et c'était l'animal de la basse-cour qui menait la marche. D'un pas assuré, il chantait toujours avec une voix qu'on ne lui imaginait pas. Une voix puissante, le genre de voix destinée à mener. Destinée à crier de longs discours. Destinée à réveiller le meilleur chez un homme. Malheureusement un canard était trop con pour mener, préférait chanter aux discours et se fichait pas mal des hommes et encore plus du meilleur. Seulement, alors que le groupe se dirigeait vers la plateforme subtilement nommée "la plateforme du bal", un homme leur barra la route. Jean-Roberto. Le premier bûcheron que notre volaille préférée avait rencontré. Un petit flot de sang coulait au milieu de sa barbe, signe de sa rencontre avec notre protagoniste. Deuxième signe légèrement plus visible, il tenait le tronc de dix mètres -qui l'avait assommé plus tôt- dans ses mains. Jean-Roberto était connu sur l'île pour détester les bals et la danse en général. Ainsi, tous les ans, alors que ses camarades montaient à la plateforme, il restait dans les bois à couper le bois en question.

-Les amis ! Restez pas avec cette pute de canard ! Il m'a tabassé tout à l'heure !

Les bûcherons étant particulièrement naïfs, ils préféraient penser que le canard était un méchant, plutôt que de supposer que leur ami mentait. Alors la quarantaine d'homme s'arrêta soudainement en regardant notre héros, tout en arborant un air profondément choqué. L'oiseau, qui venait juste de comprendre la situation, n'attendit pas une seconde de plus et se projeta dans le bide de Jean-Roberto, projetant ainsi le tronc dans l'assemblée. Cette dernière, encore plus outrée par l'acte de leur chef fonça en beuglant vers le chef en question. Alors un canard frappa tout ce qui bougeait. Enchaînant les "NINJA STYLE" -technique légendaire consistant à balancer un coup de pied sauté dans la gueule du type le plus proche- à tout bûcheron s'approchant un peu trop. Soudain, un crie retentit. Tous les gestes s'arrêtèrent et on tourna son visage vers l'homme qui l'avait lancé. Du haut de ses trois mètres et de sa barbe tout aussi longue, Chirp regardait la scène. Lorsque le chef de l'île criait ainsi, tout le monde comprenait le message. Il était temps de s'éloigner et de le laisser faire.

-Tu viens sur mon île, au milieu de notre bal annuel et tu sèmes la pagaille ? Tu vas bientôt... Oh mais t'es un canard ! On m'avait pas précisé ça. Regardait les gars, il est tout mignon avec ses plumes de pleins de couleurs !
-Heu chef, t'es pas censé lui casser la gueule ?
-EXACT ! VIENS LA VIEUX COUILLON QUE JE TE BOTTE LE DERRIÈRE !
-BALANCE MOI LA POÊLE DANS LA TÊTE QU'ON EN FINISSE !


Il ne faut pas oublier qu'un canard a passé une grande partie de sa vie dans une ferme. Ainsi, la plupart de ses phrases toutes faites viennent directement du couple de fermier qui l'élevait. BALANCE MOI LA POÊLE DANS LA TÊTE QU'ON EN FINISSE, veut ici dire "VIENS TE BATTRE, SALAUD", puisque c'était habituellement ce qui précédait une dispute importante dans la ferme en question. Et le combat fit rage. Chirp se précipita vers notre héros, qui esquiva en bondissant, avant d'essayer de frapper à son tour avec sa patte, patte qui fut facilement repoussée par le bûcheron. Ce dernier se servit habilement d'une petite hache pour projeter un canard dans une maison. Evidemment du milieu de la hache, l'animal a beau être résistant, ce n'est pas du Zoro Roronoa qui résiste à n'importe quelle coupure.

-AH L’ENFOIRÉ IL CASSE NOS MAISONS EN PLUS DE GÂCHER NOS BALS !
Un canard se relevait durement, passer à travers un mur ça a toujours son petit effet. L'offensive direct n'étant pas une merveilleuse idée, il se racla rapidement la gorge et commença à chanter.


La chanson de l'amour. Une technique créée par notre protagoniste. Sa belle voix attaquait directement le coeur de l'adversaire pour le faire tomber fou amoureux. Du moins en principe. En théorie, il l'appréciait juste plus. Mais c'est toujours pratique, on attaque différemment les gens qu'on apprécie. L'effet se fit aussitôt ressentir. Alors qu'il avait foncé vers la volaille et lancé son poing en arrière, le chef s'arrêta en voyant les yeux "tristes d'animaux" du combattant. Ce dernier en profita pour coller un "NINJA STYLE" dans le visage du barbu désorienté. Les secondes passèrent et le combat continuait. On sentait un léger avantage du côté du pirate. Alors que Chirp retenait ses coups, notre héros frappait à pleine puissance, propulsant son ennemi dans les murs les entourant. Et dans un village/forêt, y en a un paquet de murs. Alors que le combat continuait dans les arbres -le bûcheron se projetant de branches en branches grâce à ses capacités d'Endaur et un canard se contentant de voler- notre héros se retrouvait confronté à un problème. Il arrivait à la fin de la chanson et n'était pas en mesure de terminer le combat. L'adversaire, bien que touché par les nombreux coups, n'était pas près de s'écrouler. Alors, puisqu'il lui restait un peu de temps, le forban fonça en direction du village et du groupe d'habitants. Le futur L.I.O.N's savait, par expérience, que le bois pouvait brûler. Il se souvenait encore de la cheminée que possédait son couple de fermier. Logiquement, une forêt étant un tas de bois, elle pourrait aussi prendre feu. L'animal, profitant de l'état dans lequel plongeait les personnes l'entendant la chanson de l'amour, récupéra les nombreuses allumettes dans les nombreuses poches des nombreux bûcherons. La suite était simple, aller d'arbre en arbre et mettre le feu. Le plan se déroula encore plus facilement puisque Chirp, en bon bourrin qui se respecte, poursuivait le canard en frappant là où il se trouvait trois secondes avant de bouger. Dans les arbres donc. Arbres qui s'écroulaient avant de prendre feu.

-Oups Furent les seuls mots que prononça le chef lorsqu'un arbre lui tomba sur la tronche. La même chose arriva aux autres bûcherons. Le sol, sous les nombreux chocs, se craquela, pour laisser tomber le tas de chemises à carreaux dans des galeries et autres trous souterrains. Le feu se propageait sur les différentes branches écroulées, branches qui emportaient, elles, les bâtiments dans leur chute. Et au milieu du chaos se trouvait un canard. Ce dernier regardait fixement le feu. Un truc jaune, orange et rouge, qui bouge dans tout les sens, c'est beau à regarder. Particulièrement lorsque l'on a l'esprit d'un oiseau. Particulièrement lorsqu'on ne comprend pas que ça fait mal.
-Hé le canard aide nous !
-On est bloqué !
-GYAAAAH Y A UNE GROSSE ARAIGNÉE !
-HIIIII OU CA ?!
-PUTAIN CANARD VIENS VITE !
-LANCE LA DANS LE FEU, LANCE LA DANS LE FEU !
-TOUCHE LA TOI MÊME, MOI JE ME CASSE !
-ON PEUT PAS SE CASSER ABRUTI !

Mais un canard n'écoutait déjà plus et, lassé du feu, il s'envola tranquillement, quittant l'île de Endaur.

Momentanément arrêté lorsque la foule haineuse m'écrasa, je m'étais désormais réveillé. Je me dirigeais vers la mer. Le canard s'en était allé. Mais ce n'était pas terminé. Il y aurait une prochaine rencontre. Personne ne se débarrasse de Philibert LeDétective aussi facilement. Soudain je remarquai un petit navire à quelques mètres de moi. Je m'approchai furtivement dans le but de demander des informations. Mais là, plus rien. Je me réveillais dans une pièce totalement sombre, attaché à une chaise.
-Bonjour Mr. LeDétective, vous pouvez m'appeler Gustave.
-C'est... C'est votre nom ?
-Absolument pas.
-Wouha, vous êtes super mystérieux.
Se contenta de répondre Philibert réellement impressionné.
-Hé bien Mr. LeDétective... c'est mon travail. Lui lança "Gustave" en se retournant dramatiquement. Bien sûr pas assez pour que l'on puisse voir son visage, toujours recouvert par l'ombre.
-J... je suis où ?
-Dans un navire... Vous allez être envoyé à North Blue dans une nouvelle base... Nous allons vous demander de ne plus penser à vos... aventures à South Blue. Maintenant il est temps de vous reposer.
Puis, sans ajouter un mot, le mystérieux personnage quitta la pièce.


EPILOGUE

Jean-Roberto marchait dans une galerie. Elle avait était creusée pour pouvoir abriter les bûcherons pendant que l'on enlevait les arbres du village et reconstruisait les bâtiments. Le villageois s'approchait d'un dénommé Tyme, l'homme qui comptait le mieux sur l'île. On lui avait donné la lourde tâche de compter.
-Alors Tyme, quels sont les résultats ?
-Tu ne seras pas content... Les dégâts sur les civils s'élèvent à... trois blessés graves.
-Des blessés graves hein... je m'y attendais un peu...
-Enfin, juste pour être sûr, comment tu définirais grave ?
-Comment je... ? Hé bien, la perte d'une jambe, ou des yeux aveugles.
-Ah bah non alors. Moi je parle grave du genre un nez cassé et un ongle E-N-T-I-E-R arraché.

Jean-Roberto quitta alors la salle pour rejoindre le couloir.
-Bah quoi ? J'ai dis un truc con ?
Peut-être qu'il était le seul, mais il n'oublierait pas. L'attaque d'un canard l'avait défiguré à jamais. Il leva doucement la main et retira ses bandages. Il voulait voir une nouvelle fois. Voir comment l'oiseau avait brûlé, sans aucune pitié, le petit doigt de sa main gauche. Alors, le bûcheron leva sa main au ciel -ou au plafond boueux, souterrain oblige- et prononça
-Je... me... vengerai

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