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 Le Haki adoucit les moeurs
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Pénélope Solète
••• Agent du CP0 •••

♦ Localisation : Grandline, Little Garden
♦ Équipage : Rhino Storms

Feuille de personnage
Dorikis: 3854
Popularité: 66
Intégrité: 135

Jeu 12 Juil 2012 - 18:21

Je me réveille dans le coaltar. Vision d’un plafond blanc et odeur d’éther à dégobiller. Je ressens le tangage du bateau qui navigue. Comme d'habitude, j’essaye de me remémorer des derniers instants ayant précédé mon évanouissement. Ça donne : tarte dans la gueule, marron dans la face, seconde tarte, épicée celle-ci et puis plus rien. Ah ! Si, je crois bien me souvenir que cet enfoiré de Salem m’a trimballée comme un sac à patates sur son dos. Fin reluisante d’un combat perdu d’avance. Au moins, il aura souffert l’enfoiré. Cela étant dit, je ne lui en veux presque pas. Non pas grâce à mon caractère, je me connais. Je sais que je suis taquine et que je n’aime pas les cons. Et là, devant moi, je n’ai qu’à me baisser pour saisir la sienne.


Non, je m’en fous parce que j’essaye de saisir cet instant de plénitude lorsque j’ai révélé mon Haki. Il m’est impossible de revivre ce moment. C’est un peu comme un orgasme qui s’estompe. Même si je ne peux pas vraiment parler de ce genre de trucs.


Cela étant dit, je me sens plutôt détendue malgré l’impression de bouche pâteuse qui me bloque la mâchoire. Le plafond blanc me nargue du haut de ses luminaires stoïques, je trouve ça malsain cette propreté. Comme si personne n’y vivait, un lieu entre deux mondes. Un jeune homme arrive pour interrompre mon somme. Il est mignon et blondinet de surcroît. Ses cheveux d’ange accentuent l’effet surréaliste du lieu. On dirait qu’il va sortir une auréole et se la foutre sur le crâne.



« Vous allez mieux ? »



Au moins, il n’a pas l’audace de demander si je vais bien. Je la sens encore la douleur dans mon flanc. Je vais tout de même mieux parce que j’y suis comme indifférente. Ça doit être l’effet des médocs qu’ils me donnent.


« Humpf »


Il faut que je me relève et que je me lave les dents. Je ne peux raisonnablement pas parler à cette personne avec ce que je mon haleine de chacal. Pendant que l’autre fait des gestes désespérés pour me convaincre de ne pas bouger, je me mets sur mon séant. J’ai comme l’impression que mon cerveau cogne contre mon front de l’intérieur. Je me sens nauséeuse et fatiguée. Un bon repas et une toilette correcte me feraient le plus grand bien. De toute façon, la blouse blanche semble avoir compris parce qu’il m’apporte ce dont j’ai besoin sans que j’aie besoin de lui dire un seul mot.


Le frottement de ma brosse à dents rythme mes pensées. Ce petit nettoyage prend l’aspect d’un pèlerinage devant le dépouillement de la pièce où je me trouve. Seule, je réfléchis à ce que j’ai envie de faire de ma vie. Je n’y ai jamais pensé à vrai dire. J’ai toujours suivi ma mère. Là où elle m’a dit d’aller, j’y suis allé. Il faut dire que quand je ne suis pas d’accord, elle me met sur la gueule et je deviens d’accord.



« -Va X.
- Non. »
Claque dans la gueule.
« Ok »


Ce schéma est un classique reproductible pour tout un tas de trucs. Avec une possibilité de répétition pour la troisième étape. Du coup, pension de survie. Oui, envoyer une gosse de six ans dans un pensionnat où tu peux crever à tout moment et où tes camarades finissent par clamser ou tenter de t’éviscérer avec une cuillère à café ce n’est pas l’idée qu’on se fait de l’amour maternel. Mais bon, je comprends un peu le principe. Elle a tout bâti à la sueur de son front, elle a tout fait elle-même et n’a jamais eu personne pour l’aider. D'ailleurs, je devrais m’estimer chanceuse de ne pas être une orpheline qui se prostitue à douze ans en dealant de la drogue entre deux passes pour finir par tenter de me suicider à quinze ans dans les chiottes d’un boui-boui immonde avec un paquet de naphtaline qu'elle m'a dit. Je regrette encore le fait d’avoir remarqué que ça sent le vécu. Après, je suis allée au Cipher Pol et je me suis coltiné son cortège d’emmerdes, mais ça, c’est une autre histoire.


Je finis tout de même par me remettre en état. Des gens peuvent me voir sans avoir l’impression que je suis malade. Là, cheveux d’ange revient à la charge, visiblement pas découragé.



« - Comment vous sentez-vous ce matin ?
- Je me sens dans les vapes. Vous mettez quoi dans vos perfusions, du décap’four ?
- De la morphine et en quantité industrielle. C’est difficile de vous endormir, madame.
- Oui, je suis comme ça. Enfin, je vais mieux, je peux sortir, non ?
- Pour votre confort, je vous conseille de rester. Mais vous êtes libre de partir. Ne vous surmenez pas trop. »


Il sourit, c’est mignon, j’en croquerais bien un morceau. D’ailleurs, je croquerais bien un morceau tout court. Il faut que j’aille bouffer, mais je me sens tellement faible. Les drogues font encore effet et ça se voit. Je traverse le bateau comme un zombie et les gens me regardent étrangement. Je n’ai pas la force d’aller leur mettre des pains dans la tronche.


J’arrive enfin dans mes appartements, je pousse la porte de ma chambre et après, je ne me souviens plus.


Dernière édition par Pénélope Solète le Jeu 12 Juil 2012 - 20:16, édité 1 fois
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Jeu 12 Juil 2012 - 19:58

Au réveil, je suis allongée sur mon propre lit. La douleur de mon flanc se fait plus sensible, mais je suis lucide. En fait, j’ai surtout faim. Je lève le combiné de l’escargophone et demande qu’on m’apporte un repas copieux rapidement. Pendant ce temps, je prends une douche et mets des vêtements propres. Ils sentent la menthe, c’est rafraîchissant, autant que les gouttes d’eau que je sens couler le long de mon dos. Je m’installe dans mon boudoir en me brossant les cheveux.


Cela suffit pour que je me perde à nouveau dans ma biographie. Je me demande comment j’ai pu accepter tout ça. Comment a-t-elle fait pour me convaincre de renoncer à toute volonté ? Je crois bien que c’est sa force de caractère. Elle n’a jamais rien lâché ; aucune concession. De mon côté, j’étais trop occupée à rencontrer les esprits pour m’intéresser au monde dans lequel je vis, à ma carrière et à toutes ces conneries qui n’ont aucun intérêt pour une adolescente. Elle m’a bien eue. Remarque, je me demande si elle n’a pas fait tout ça parce qu’elle pense que c’est le mieux pour moi. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Cela n’a jamais été aussi vrai avec notre relation. Ceci, bien sûr, si tant est qu’elle soit de mon côté. Je me rappelle encore de cette mission. Elle m’a dit qu’elle était certaine que je ne la trahirais pas. Mais, moi, suis-je assurée qu’elle en ferait autant ? Je préfère ne pas me perdre dans ce genre de questions.


La porte s’ouvre humblement, il a tapé et je n’ai pas répondu qu'il bafouille. Son ton timide me trouble un peu. J’ai dû avoir le comportement d’un hérisson pour survivre à ce monde hostile. Néanmoins, je me demande si ce n’est pas le contraire qui est arrivé. À savoir que le monde m’est devenu hostile justement parce que j’ai décidé de me comporter comme un hérisson.


Je donne tout de même son congé au matelot en le remerciant et j’attaque la bouffe. Un peu froide, mais c’est tout de même bon. Je mange à pleines bouchées en me demandant où j’ai bifurqué pour devenir qui je suis. Je cherche dans ma mémoire et je ne trouve pas. Pourtant, j’essaye, je vais loin, je déterre autant de souvenirs que je peux. Malgré cela, rien ne me vient à l’esprit. C’est toujours comme si j’ai toujours été agressive avec les autres puisque j’ai toujours senti que de toute façon, ils me voulaient tous du mal. Puis, j’ai compris, ce n’est pas moi, c’est ma mère. Elle m’a élevé comme ça, je suis devenu comme ça. Elle m’aurait appris à aboyer, j’aurais aboyé. C’est frustrant, c’est rageant. Il faut que cela cesse.


De dépit, j’abandonne mon repas et je sors de ma chambre en claquant la porte derrière moi. J’ai comme l’impression d’avoir perdu des années pour elle. Satisfaire ses caprices a été la chose la plus dure de ma vie. Tant de violence, tant de douleur pour elle. J’ai vingt-deux ans, mais en fait, je lui en ai cédé autant. Il faut que cela cesse, il faut que je puisse passer à autre chose.


Cette porte, elle ne se ferme pas. Je suspends mon geste avant de l’éclater en mille morceaux. Non, je ne veux pas de ce genre d’attitude. J’en ai marre de suivre les traces de ma mère. Je ne veux pas lui ressembler ; je ne veux plus lui ressembler.


Mes pas m’emmènent sur le pont du navire. La brise marine est vivifiante. Les gens s’affairent autour de moi. Ils s’arrêtent à peine pour me saluer. Certaines me dévisagent. Mon combat contre les hommes-poissons et celui contre leur bien-aimé capitaine doivent leur rester dans leurs esprits. Peu m’importe, il ne faut pas que je pollue ma réflexion avec ce genre d’inepties. Je sens que je tiens quelque chose d’important. Une piste que je dois suivre coûte que coûte.


Accoudée au bastingage, je regarde le ressac des vagues. Elles se brisent contre la coque du Léviathan avant de se reformer derrière. Je ne vois pas leur union, mais je la devine dans leur désinvolture. Avec la régularité d’un métronome, l’eau vient heurter le navire avant de s’unir à nouveau. Comme si l'on n’avait aucune importance. C’est comme ça que mon existence devrait être ; parfaitement harmonieuse.


Il faut que je quitte mon poste. Je ne peux pas rester au Cipher Pol. Ce n’est vraiment pas une vie. Ces gens de la marine régulière ne savent pas à quel point leur vie est simple. Pour eux, l’ennemi est devant. Simple à identifier. La seule subtilité qui reste est la manière de l’atteindre. Pour nous, l'adversité réside en tout chose, même en soi. Leur faiblesse est le secret de leur puissance. C’est leur union qui fait leur force. Pris un par un, ils ne sont rien, en groupe, ils valent bien plus que la somme de leurs capacités. Ce n’est pas que je souhaite pour moi-même d’être dépendante des autres, cependant ça a l’air tellement plus facile. Je les regarde se passer les cordes, monter les mats pour les fixer. Je crois que je n’ai jamais su apprécier ce spectacle pourtant si beau. C’est comme un magnifique ballet où des hommes banals arrivent à annihiler leurs défauts en collaborant. Pour peu, je serais tentée de renoncer à ma charge si difficile à porter pour les rejoindre dans l’insouciance de leur labeur quotidien.


Il faut que je sorte de mon rôle d’espionne, mais pas avant Niklas Aldo. C’est mon billet de sortie. Je ne compte pas quitter mon travail pour lui déplaire à elle. Non, il faut que je le fasse pour moi. J’ai le droit au bonheur et je ne peux l’envisager que loin d’elle. Elle revient doucement, cette plénitude, pendant qu’un doux zéphyr vient caresser mon visage. C’est ça que j’ai cherché depuis si longtemps sans même le savoir ; ma propre voie. Qu’elle me mène vers un centre d’archives minable ou vers l’amirauté cela ne m’intéresse absolument pas. C’est le moment de prendre ma vie en main et de faire mes propres choix.
Et là, juste quand j’arrive à cette conclusion, je sens le torrent de pouvoir rugir à l’intérieur de moi. C’est une sensation enivrante de puissance. Je crois que je commence à comprendre le Haki, du moins, je comprends ce qu’il me faut pour apprendre à le maîtriser ; je dois affermir ma volonté. La mienne, pas celle d’autrui.


Je retourne à l’intérieur de bâtiment, décidée à passer la nuit à m’entraîner. Il faut que je concrétise ce que je tiens entre mes mains. Je tranche dans les mannequins de bois simplement avec l’aura au bout de mes doigts. Je valse parmi mes hypothétiques ennemis en déposant des coups ciblés. Lors de cet exercice, je m’aperçois que si cette technique m’a beaucoup fatiguée, ce n’est pas seulement parce que je n’y étais pas habituée, mais aussi parce que je l’utilisais de manière exubérante. Il faut que j’apprenne à en faire l’économie. Même si j’ai tout de même fini par me fatiguer au bout d’une demi-heure de pratique, je me suis sentie bien plus à l’aise.


Demain, ce sera mieux. Après-demain, encore meilleur. Je suis prête à apprendre le Haki et à le laisser m’apprendre qui je suis.
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