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 Un nouveau départ {1624}
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Joseph Patchett
Crack Joe

♦ Localisation : Armada
♦ Équipage : Saigneurs du Crack

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Popularité: -617
Intégrité: -428

Sam 15 Déc 2012 - 16:58

Dead End, 1624, quand en 1624 ? Non mais sérieusement qu'est ce que ça peut bien faire qu'on soit au début, au milieu ou même à la fin de l'année hein ? C'est pas comme si la météo était pas fiable pour deux sous sur Grand Line, nooooon, c'était pas du tout le cas. Alors la date honnêtement hein, ça importe peu.

Bref, bienvenue à Dead End. Pour commencer qu'est ce que c'est que Dead End déjà ? Dead End c'est un des endroits les plus sympathique de la première partie de Grand Line. Techniquement l'île n'est rien de plus qu'un gros rocher, un gros rocher sur lequel aurait poussé une ville et un Chantier Naval. Mais cette île était surtout un haut lieu de rassemblement pour la racaille de tout type. Donc quoi de plus normal que de trouver sur cette île des raclures tout juste lâchés dans le grand bain, ah tiens, en voilà un beau spécimen. Joseph "Crack" Patchett était assis au bout d'un des quais, les jambes au dessus de l'eau son regard perdu dans le vague. A tous les coups il était en train de réfléchir... Mais à quoi pouvaient bien s'affairer ses neurones ?

*Fait chier... C'est quoi ce caillou encore ? Je le savais que j'aurais du me méfier de ce gros lard... Mais oui vous inquiétez pas, j'vous emmènerai à Water Seven qu'y disait, d'là bas vous pourrez aller n'importe où qu'y disait. Bordel ça ressemblait pas du tout à Water Seven ici !*

Ca c'était des pensées profondes ! Mais il n'avait pas tort, en effet la ville était à tout le moins légèrement différente de ce qu'il attendait. Seul point commun entre les deux chantiers navals, les deux villes disposaient de canaux et de nombreuses ruelles. Pour le reste bah c'était pas trop ça. Ici c'était plutôt la version cheap quoi... En fait c'était surtout l'odeur de Dead End qui était particulière... Une odeur de poisson pas frais, de sueur et de sang. Rien de bien déplaisant pour le Joseph certes mais quand même, la déception était au rendez vous.

*Si je lui remets la main dessus à ce gros lard... Je vais te lui attendrir la viande moi, il va rien comprendre à ce qu'y lui arrive !*

Ce qu'il y a de bien avec les îles comme Dead End c'est que la population locale est prête à se mettre en quatre pour venir à votre aide quand vous êtes dans le besoin. Vous venez tout juste de débarquer sur l'île et n'avez pas le moindre sou en poche ? Qu'à cela ne tienne, les autochtones se feront un devoir de vous apporter leur assistance ! Vous n'y croyez pas ? Mais si, mais si, regardez bien. Voilà que le comité d'accueil arrive, il faut dire qu'après avoir passé près d'une heure sans bouger à regarder l'océan, Joseph devait présenter tous les traits du voyageur solitaire égaré ayant besoin d'aide.

"Alors les gars, pour le voyageur isolé y'a deux solutions : soit il déposes ses armes, ses objets, sa bouffe et ses fringues par terre, et il file sans demander son reste, soit il décide de se battre... À un contre dix."

Intrigué par la voix, l'ancien agent du Cipher Pol tourna sa tête dans la direction d'où elle semble provenir. Et quel spectacle mes amis ! Face à lui se tenaient très fiers et presque droit une dizaine de pécores puant la misère (à la réflexion il s'agissait peut être de clodos vu que leurs couches de crasse semblaient vivantes) et armés de façon pour le moins hétéroclite (il dénombra deux épées, une hache et même une hallebarde rouillée). Au centre de cette noble assemblée se tenait celui qui paraissait être le meneur, une sorte de super pécore si on veut. Des cheveux brun coupés court, un ensemble moustache-barbe taillée à la Hulk Hogan, des petits yeux de fouine ainsi qu'une tenue en cuir rapiécé bon marché et un revolver. Ah là on était face à du hors la loi bas de gamme, le genre de petite raclure que Joseph cassait en deux par packs de six au petit déjeuner. C'est pourquoi après avoir effectué cette analyse ô combien pointue de ses adversaires, Joseph en vint finalement au verdict : *Tous des merdes...* Une fois cette certitude ancrée dans son esprit, il ne lui restait plus qu'à annoncer sa décision à ces charmants personnages.

"Ok baston."

L'homme se relève en douceur, il passe lentement la main dans ses cheveux blonds avant d'adresser un immense sourire à ses futurs adversaires tout en marchant tranquillement dans leur direction. Le message était clair, vous allez pas faire long feu mes mignons. Suite à cette preuve de sympathie de sa part, les pécores semblent avoir eu comme qui dirait un réflexe de survie. Un type prêt à se battre à un contre dix et qui vient à eux tout sourire, c'est trop louche. Il n'y a alors pas à hésiter. Joseph n'a même pas eu le temps de faire deux pas que déjà ils prenaient la poudre d'escampette, ne laissant plus que leur chef, le pistolet tremblant, face à un Joseph dont le sourire ne cessait de s'élargir... A sourire comme ça il allait finir par se péter la mâchoire.

"Nan mais... Nan mais oh revenez quoi ! Mais revenez !!! J'vais vous virer z'allez voir ! Ca va pas le faire du tout du tout ! Reveneeeeeezzz."

Cinq

Quatre

Trois

Deux

Un

Contact ! Désormais à moins de dix centimètres du chef des brigands, qui pour le coup se sent soudainement bien seul, Joseph lui adresse un nouveau sourire carnassier.

"Alors... On se bat ?"

"Ouais euuuuh mais faut pas le prendre comme ça.... C'était juste une façon de parler vous savez... Pis moi là les gars ce sont des nouveaux, j'essaie de bien les former et tout mais..."

"Mais tu te dis que va falloir te reconvertir en guide touristique c'est ça ? Mais oui bien sûr que c'est ça !"

"Hein ???"

Le brigand semblait prêt à opposer une remarque intelligente et constructive mais il lui sembla plus pertinent et surtout plus sûr de la garder pour lui. Le blond avait l'air d'être parti dans son délire.

"Mais oui guide touristique bien sûr ! Oui, oui mon bon monsieur. J'vais vous faire visiter l'île et vous présenter toutes les spécialités locales !" *Ce qui inclue le coup de poignard dans le dos...*

"Tant mieux, tant mieux ! T'sais quoi, moi c'est Joseph Patchett mais tu peux m'appeler Joe, j'sens qu'on va être très potes toi et moi. Et si tu m'payais une bière pour commencer hein ? T'en dis quoi ?"

Et les voilà partis bras dessus bras dessous quoique pour être tout à fait exact, Joseph écrasait à moitié l'épaule de son compagnon tant il la serrait fort tandis que l'autre grimaçait quelque chose à mi chemin entre le sourire et le cri sourd. Pas de doute ces deux là allaient bien s'entendre.


Dernière édition par Joseph Patchett le Mer 19 Déc 2012 - 21:22, édité 1 fois
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Joseph Patchett
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Dim 16 Déc 2012 - 0:12

Un quart d'heure plus tard environ, oui environ, on est pas à quelques minutes près et aucun des deux n'avait de montre donc...
Bref, c'est après une quinzaine de minutes que nous retrouvons nos deux larrons devant la Taverne du Corbeau Déplumé. Le Corbeau Déplumé comme son nom l'indique est un bouge de seconde voir de troisième zone, les établissements de première catégorie choisissent en général plutôt des noms comme "Au Rieur Sanglier" ou "A la Bonne Pitance", quand on s'appelle la Taverne du Corbeau Déplumé tout de suite on place pas la barre très haut. A la réflexion on la place même carrément bas. Pour s'en convaincre, il suffit de constater que la Taverne n'a pas d'enseigne en bel et bon métal. Le fronton de l'établissement est occupé par le squelette d'un oiseau, vaguement tenu par des chaines de métal reliées à l'établissement et volant au grès du vent dans un cliquetis qui vous donnait froid dans le dos. La façade elle même était décrépie, des morceaux entiers manquaient et les trous avaient été colmatés vaille que vaille, le bâtiment dans son ensemble semblait s'affaisser et il donnait clairement l'impression qu'il se serait déjà effondré s'il n'avait pas été fermement soutenu par les deux maisons voisines.

D'ailleurs en parlant du quartier, depuis qu'ils avaient quitté les quais, Joseph et son nouvel ami (ami répondant au doux nom de Keven) s'étaient aventurés dans des rues de moins en moins animées, de plus en plus étroites et surtout de plus en plus mal famées. Vieilles dames qui crache par terre sur votre passage, chat noir, péripatéticiennes à la recherche de clients, pirates ivres et surtout beaucoup de truands. Rien d'inhabituel pour le peu impressionnable Joseph même si à bien y réfléchir ça sentait quand même un peu l'embrouille.

"Dis donc Keven... On est copain maintenant toi et moi pas vrai ?"

Et que je te balance ça avec un grand sourire carnassier, quoiqu'il s'agissait peut être de la version amicale... Dans tous les cas cela n'en restait pas moins effrayant pour le malheureux Keven.

"Ah mais pour sûr M'sieu Joseph !"

"Booooon. Donc là à l'intérieur c'est pas des potes à toi qui vont essayer de me faire la peau pas vrai ?"

*Argh ! Mais c'est qu'il est devin en plus ? Allé... On panique pas et on joue le jeu à fond.*

"Mais non pas du tout M'sieu Joseph, c'est au Corbeau Déplumé qu'on sert la meilleure binouze de tout Dead End. Juré !"


Et hop, un molar craché par terre histoire de prouver qu'il ne ment pas puis, jouant le tout pour le tout, Keven franchit la porte de l'établissement d'un air décidé. Il a le temps de souffler une demi seconde avant que Crack Jo ne le rejoigne à l'intérieur.


S'il avait trouvé l'extérieur de la Taverne peu ragoutant, Joseph devait avouer que ce n'était rien en comparaison avec l'intérieur. Là pour le coup, c'était le paradis sur terre ou peu s'en faut. Le rez de chaussée de l'établissement consistait en une vaste salle commune où à toutes les tables on voyait des truands, forbans, pirates et autres rebuts de la société en train de boire, manger et jouer aux cartes. Détail intéressant, des armes étaient posés bien en évidence sur la majorité des tables. Il régnait dans cette salle une atmosphère chargée en souffre, la tension du lieu était perceptible et une étincelle suffirait pour qu'une bagarre éclate. D'ailleurs ce genre d'évènements devaient arriver régulièrement si on en jugeait par l'état, à deux doigts de la ruine, du mobilier. Y'avait pas à dire ça sentait bon la friture ici, de la bonne petite poiscaille qui se sentait en sécurité à la Taverne, qui se sentait fort avec son flingue sur la table et sa bière dans la main. Aucun d'entre eux ne penserait qu'il puisse être attaqué ici... Les sots.

Tandis que son guide causait deux minutes avec le tavernier, Joseph laissa son regard parcourir l'assemblée. Dix.... Vingt... Trente... On devait pas être loin de la quarantaine de soiffards plus ou moins avinés. A première vue aucun d'entre eux n'avait la moindre force particulière... Encore un ramassis de déchets.

"M'sieu Joseph ! Par ici m'sieu Joseph, j'nous ai trouvé une table. J'ai aussi commandé des bières z'inquiétez pas."

Brave Keven, il leur avait déjà trouvé une table. Et bien placée en plus, en plein milieu de la salle ! L'endroit idéal pour se faire attaquer de tous les côtés et pour être observés par tous. Quelle petite fouine il faisait celui-là... Bah autant s'asseoir et profiter de l'ambiance en attendant que les enfers se déchaînent. Autant qu'il puisse en juger, Joseph serait à même de venir à bout de l'intégralité des ivrognes présents sans même transpirer. Bon d'accord, il transpirerait sûrement mais au moins il ne se ferait pas frapper. Ok, ok il se ferait peut être frappé mais à tout le moins il ne serait pas blessé... Pas grièvement au moins ? Bon ok il était un peu dans la mouise... 40 contre 1 c'est pas franchement une côte flatteuse, même avec des ivrognes en face ! Mais en attendant que ça pète bah... Autant profiter de l'amabilité du guide après tout !

"Dis voir Keven... Tu veux pas me toucher deux mots de cette île en attendant que les bières arrivent ? Genre qui est ce qui occupe le haut du panier ici ou comment on peut se faire un paquet de fric facilement, ce genre de trucs quoi..."

"Hein ? Euuuh oui... Alors euuuuh bah ici ce sont les Trois Parrains qui font la loi quoi. Jeu, drogues, armes, ils contrôlent tout ici... Même les docks ! Leurs hommes de main font la loi en ville et y se croient tout permis. Mais ceux qu'en ont dans le slip par contre, les vrais enfoirés, ce sont les champions. Y'en a 20 sur l'île, y représentent les parrains et ils se prennent pas pour de la merde c'est moi qui te le dit ! Les lois y s'assoient carrément d'ssus ! Et le pire de tous c'est l'champion des champions, c'ui là c'est pas un rigolo j'te le dis !"

Au fur et à mesure de son petit discours, Keven avait baissé le ton de sa voix. Deux choses semblaient évidentes. Primo, il ne travaillait pas pour les Trois Parrains, ça avait tout l'air d'être un indépendant et deuzio il avait une peur bleue d'être entendu par les mauvaises personnes et vu le nombre d'oreilles qui trainaient dans le coin il y avait de quoi être méfiant. Dans le même temps l'attention de Joseph s'était graduellement porté sur ce que son nouveau compagnon lui racontait. Ainsi ici les 20 champions locaux représentaient les parrains... Ca avait tout l'air d'être des hommes puissants... Il allait pouvoir joindre l'utile à l'agréable s'il dégommait l'un d'eux. Déjà il se mettrait à l'abri du besoin pour un temps mais surtout il se ferait un grand plaisir en explosant le crâne d'un supposé champion. Aaaah ça allait être un bruit si doux à entendre.

"Je suppose que pour devenir Champion il suffit de briser le crâne d'un des champions. J'ai bon pas vrai ?"

"Euuuh ouais, enfin faut faire ça dans l'Arène des Défis ou un machin du genre mais ça..."

Et hop, voilà notre brigand de pacotille interrompu au milieu de sa phrase par la sublime (pas moins d'une dizaine de verrues sur son seul visage, c'est sur que ça en jette) serveuse du Corbeau Déplumé qui balance plus qu'elle ne pose deux chopes d'un liquide jaunâtre sur la table avant de tourner les talons aussi sec.

"Ah bah il était temps ! Allé, à la tienne Etienne !"

Et sans plus de cérémonie, Joseph porta la chope à ses lèvres. Il y aurait bu dans l'instant si une absence de réaction ne l'avait pas fait tiqué. Il avait osé ne pas rire ! Son jeu de mots était pourtant parfait ! Keven, en plus de n'avoir aucun talent, avait un sens de l'humour de merde et ça... c'était impardonnable ! Il allait devoir lui apprendre à rire... Lentement l'ancien agent reposa sa chope sur la table avant d'essuyer lentement la mousse de son visage. Ses yeux bleus fixaient Keven si intensément que c'en était carrément inconvenant, à croire qu'il allait lui rouler une pèle dans l'instant ou faire un autre geste totalement déplacé.

*Merde... Pourquoi il a reposé la chope ? Il a senti le poison dedans c'est ça ? Roh putain allé c'est qu'un somnifère pour cheval quoi, bois laaaaa. Gné ? Pourquoi il me regarde comme ça ? J'ai quelque chose sur le visage c'est ça ?*

Lentement... Très lentement... Joseph quitta son siège et prit tout son temps pour redresser sa grande carcasse et ce sans lâcher Keven du regard, celui-ci pouvait déjà sentir son entrejambe s'humidifier. Ca se présentait mal... Très mal...

"Keven, tu ..."

Pas le temps de finir que déjà Keven se mettait à beugler comme un cochon qu'on égorge. Le v'la t'y pas gueulant des trucs de gonzesses comme "au secours" ou "sauvez moi" et dans ce genre de taverne lorsque ça commence à gueuler (surtout ce genre de trucs), la baston n'est jamais bien loin. La preuve, une bouteille lancé de l'autre bout de la taverne et accompagné d'un "Ta gueule !" sonore vient toucher le brigand à la tête. Là ce fut le signal du départ, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire les armes avaient quitté les tables pour se retrouver dans les mains de leurs, passablement avinés, propriétaires. Si une bonne moitié des dits propriétaires semblaient surtout en vouloir à la personne situé juste en face d'eux, dur d'aller chercher plus loin quand on est bourré, l'autre moitié dardait un regard de braise (ou à tout le moins qui se voulait tel) sur Joseph et Keven, à la source du bordel.

*Ah vous voulez jouer mes mignons ? Bon bah j'suppose qu'il me restera plus qu'à demander aux survivants comment j'accède à l'Arène... En attendant un peu d'exercice me fera pas de mal.*


Dernière édition par Joseph Patchett le Mer 26 Déc 2012 - 21:51, édité 2 fois
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Mer 19 Déc 2012 - 21:21

"On aime pas les étrangers ici... Etranger."

Ah mais qu'avons nous là ? Notre premier challenger est un pur produit de la clodocratie de Dead End. Un mètre soixante-dix bien tassé de crasse, de tabac froid et de mauvais alcool se tenait, tant bien que mal, debout face à l'ancien Agent. Histoire de ponctuer sa phrase, menaçante à n'en pas douter, par un geste encore plus menaçant, l'homme cracha en direction des pieds du boxer le plus beau molard qu'il ait été donné de voir à Joseph. Une boule verdâtre tellement informe qu'on aurait cru qu'il s'agissait d'un quelconque organisme vivant extraterrestre. Par chance ou grâce à une habilité travaillée durement au fil des années, le glaviot termina sa course pile sur la chaussure visée dans un "Plotch" qui pour le coup parut résonner aux oreilles du propriétaire de la dites-chaussure.

Le monticule de saleté , très fier de son coup, adressait son plus beau sourire (bien édenté et fourni en chicots pourris comme il faut selon les conventions inter-clochards) à Joseph. Ses pensées étaient tellement limpide qu'on pouvait les lire sur son visage. Mais dans un élan de magnanimité pour ceux ne pouvant lire sur son visage, le crasseux se décida à formuler ses pensées à haute voix.

"Maintenant qu'il a pigé qui c'est qu'était le patron y va dégager d'ici l'étranger. Et fissa !"

...

Un ange passe. Ou en tout cas un ange serait passé s'il en avait existé un qui eut suffisamment de courage pour rentrer dans une taverne pareille. Bon à défaut d'ange... Une mouche passe et va se poser sur le sommet du crâne du crasseux. Toute la taverne semblait dans l'expectative, ils attendent tous de voir comment l'Etranger va réagir. Partira ? Partira pas ? Déjà à certaines tables les paris commençaient à être enregistrés, on peut parier sur tout pourvu qu'on soit joueur... et prêt à perdre. Car contre toute attente l'homme se contenta de se pencher en avant pour essuyer sa chaussure avec un mouchoir élimé qui donnait l'impression d'avoir connu de meilleurs jours.

*Frotte, frotte, frotte... C'est ma seule paire de chaussures décentes... Il faut que ça parte ! Alléééééé... Oui !*

Au bout de vingt secondes de frottage intensif durant lequel nul ne semble oser bouger, Joseph toujours penché, range son mouchoir dans une des poches de sa veste avant de se redresser brusquement. Attention hein, on parle pas du mec qui se contente de se remettre droit, pas du tout ! On parle du type qui se relève tout en envoyant un uppercut du gauche droit dans la mâchoire du clodo. On parle du type qui fait ça dans un seul et unique mouvement fluide. C'est pas une action qu'on est habitué à voir dans des tavernes de cette catégorie. La dites mâchoire explose d'ailleurs littéralement sous l'impact du coup tandis que son propriétaire est projeté en arrière.

*Aaaah ! Ça fait du bien !*

Ce coup sembla être le signal du départ qu'attendaient tous les présents, alcoolisés ou non, pour se lancer dans une bonne vieille bagarre des familles. Le clochard vient à peine de s'écraser sur une table, renversant cartes et alcool au passage, que déjà deux nouveaux volontaires pour un ravalement de façade se présentent devant Joseph. Armés d'une bouteille brisée pour l'un et d'une choppe de bière pour l'autre, ils se jettent avec un timing irréprochable sur le boxer. Un à 11h, l'autre à 1h... Un classique pour quiconque est habitué à se battre contre plusieurs adversaires à la fois. La réponse est tout aussi classique : on laisse parler les poings. Le corps de Patchett réagit d'instinct, éliminer celui à 11h avec un enchaînement de deux gauches bien placé sur le nez qui se brise net avec que la moitié du crâne pour le même prix, esquiver le coup du second grâce à un déplacement latéral puis terminer en beauté, et dans le même mouvement, avec un crochet du gauche histoire de l'envoyer bouler plus loin.

*Faible... Faible... Ils sont trop faible !*

Et biim, d'une droite ajustée au millimètre sur la tempe, Joseph Patchett envoie son adversaire n°4, un pirate rond comme un coin qui moulinait dans le vide avec son sabre, au tapis. Arrivé à ce stade de la bagarre et alors qu'il sent qu'il est, une fois de plus, doucement en train de perdre pied, notre homme s'autorise un bref tour d'horizon de la situation. Il est actuellement dans l'oeil du cyclone, le seul coin où ça ne se bat plus... Pour l'instant. Lancée il y a à moins de deux minutes, la bagarre semble sur le point de devenir générale. Dans un coin de la salle, quelques loustics plus rusés que les autres ont estimé que c'était le bon moment pour récupérer l'argent sur les tables. Bien évidemment, d'autres ne l'ont pas entendu de cette oreille. La divergence d'opinion ne pouvait alors que se solder par un affrontement. Au final, à vue de nez car il est difficile d'évaluer précisément une foule en mouvement et qui se bat dans tous les coins, Joseph évaluait les présents, ceux déjà à terre et ceux s'étant fait la malle mis à part, à grosse vingtaine, pour l'essentiel tous occupés à se mettre joyeusement sur la figure. Seul le tavernier ne semblait pas goûter à la joie du moment.

"Mais... Mais arrêtez ! Mais vous êtes fous ! C'est un établissement du Clan Python ici ! Mais arrêtez bande de dingues !"

Rien à faire, personne ne l'écoute, chacun a plus urgent à faire s'il compte rentrer chez lui en un seul morceau. D'ailleurs pour Joseph, les choses se corsaient légèrement, la friture se rassemblait face à lui et pour le coup ceux-ci avaient le mérite de ne pas être totalement torchés. D'ailleurs là on avait droit à de la friture pirate, c'est fou ce que les grands chapeaux et les bandeaux sur les yeux donnent un air pirate au premier poivrot venu.

*Un, deux, trois, quatre et cinq ! Tsssk... T'aurais pu choisir une meilleure taverne Keven, ils sont trop faible ceux là...*

Keven...

Bah oui c'est vrai tiens, il est passé où celui là ? Disparu ! Pouf ! Tout simplement évaporé. Vu le courage du bonhomme, Joseph ne doutait pas un seul instant que celui-ci avait pris la poudre d'escampette à la première opportunité. D'ailleurs à bien y réfléchir il ferait mieux de l'imiter car mine de rien, ils commençaient à être nombreux face à lui... ah non, rectification, autour de lui. A croire que les monologues internes et les instants de réflexion sont les failles qu'attendent tous les combattants de taverne pour vous encercler de façon sournoise !

*Six... Sept... Huit... Neuf... ! Même pas un compte rond ! Et voilà qu'ils sortent les pistolets maintenant... Mais j'y crois pas...*

Et baam, sans prévenir, sans crier gare, en bons lâches, nos joyeux compagnons ouvrent le feu. De Joseph blessé, point il n'y a. Ce n'était pas la première fois qu'il était confronté à des armes à feu et savait s'aider de l'environnement (une table renversée en l’occurrence) pour se protéger. Niveau soiffards salement touchés, là par contre on avait un strike ! Cinq sur cinq ! Du coup le cercle des opposants, déjà pas franchement réglementaire point de vue géométrie, vola en éclats. Là c'était le moment où une retraite stratégique s'imposait. Pas qu'il ait spécialement peur de ses adversaires, non, mais pour le coup ils commençaient à être d'une nombreux et de deux sacrément nul. Du point de vue de Crack Joe, cela conduisait à une conclusion simple : "combat ennuyeux, peu stimulant et inutilement risqué". D'où la retraite stratégique. Une fois la conclusion atteinte, il ne restait plus qu'à la mettre en pratique. Entre lui et la porte, du monde, beaucoup de monde et des fusils, beaucoup de fusils. Derrière lui, un mur. Entre lui et le mur, peu de monde, à terre pour la plupart. On secoue le tout, on mélange et taadaam, ça fait des chocoberries !

"Tchao les bouseux !"

Avant que les pirates lui faisant face n'aient le temps de tirer une nouvelle salve, Joseph bondit de derrière sa table non pas direction les hommes mais direction le mur. Droit, tout droit, toujours tout droit et à pleine vitesse !

"DAAAAAAAAAAAAASSSSSSSSSSSSSSSHHHHH !"

Ah là pour le coup c'est sûr qu'il va vite, une accélération canon comme on en voit peu. Mais que compte-t-il faire ? Aller embrasser le mur avec sa tête dans une énième reprise du tour de l'homme canon ? Attention, il lève le poing droit et semble armer une frappe. Peut être a-t-il envie de laisser ses phalanges s'exploser sur le mur de briques, qui sait... Ah mais c'est pas fini, voilà qu'il gueule un autre truc.

"KRAAAK !!!



Bon bah là faut dire ce qui est, ça décoiffe. L'ex agent du Cipher Pol vient de montrer sa puissance. Avant la taverne du Corbeau Déplumé avait quatre murs mais ça c'était avant. Maintenant elle avait trois murs et demi. En effet suite à la méga patate (difficile de qualifier ce coup autrement) que Joseph venait d'infliger au pauvre mur, celui-ci avait volé en morceaux.
Trois murs et demi ? Pardon, pardon, je voulais dire "plus de taverne du tout". Car au vu des bruits menaçants qu'émettait la bâtisse, il semblerait que le KRAAAK de Joseph venait de lui infliger le coup de grâce. Aurait-il frappé un mur porteur ? Ça se pourrait bien ! Les murs grinçaient, le toit paraissait s'incliner vers le trou laissé dans le mur comme pris d'une subite envie de le combler. Et pour le coup bah des envies subites les participants à la bagarre eurent soudainement envie de prendre l'air et en passant par la porte surtout, le tout dans une joyeuse confusion et un aimable piétinement pour ceux à terre.

De son côté Joseph prend le temps de se retourner pour admirer son oeuvre. Le bâtiment s'affaisse de plus en plus sur lui même, pareille à un homme ployant sous le poids des coups portés. C'est ravi d'avoir trouvé ce trait d'esprit que Joseph s'éloigna de la taverne du Corbeau Déplumé mais pas en marchant, que nenni ! Il était de trop bonne humeur pour ça. Il avait brisé les os de quatre personnes et même ceux d'un bâtiment, c'était une bonne journée en somme. Un sourire sur le visage, il s'éloigna de la bâtisse en sifflotant une vieille chanson de marin tandis que la vieille taverne terminait son existence, et son effondrement, dans un vacarme assourdissant et un nuage de poussière.

*Bon... J'ai toujours pas d'infos sur l'Arène moi... Je crois que je vais tenter ma chance dans une autre taverne...*
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