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 Après la pluie... La pluie encore.
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Mayaku Miso

♦ Équipage : Les Saigneurs.

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Dorikis: 4490
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Intégrité: -349

Mar 19 Fév 2013 - 18:49

Après avoir quitté ce bon Joseph Patchett, un compatriote ex-gouvernemental, la borgne blonde avait décidé de chercher du Saigneur. Histoire de dire "Je ne suis pas morte, il vous reste du chocolat ?" et de retrouver son cher Miel, qui devait s'ennuyer de sa chère "maman". Volant sur deux rues, elle finit par atterrir -et se casser la figure- sur le toit d'un bâtiment. Une taverne, à en juger par les bruits de voix, de musique et de baston. Étendue à plat ventre sur le toit, la borgne soupira. Certes, elle maîtrisait assez bien le Rokushiki. Mais il arrivait souvent que les "atterrissage" après usage du Geppou soient... Mal maîtrisés, eux.

Elle se redresse alors lentement, captant distraitement les paroles d'une chanson criée par un barde dans une des rues adjacentes.


« [...]
Vous êtes à Dead End, on parle de Dead End
Ici le venin de la haine coule dans nos vies, comme dans nos veines
Et nos âmes sont vouées à l'enfer

Bienvenue à Dead End !
»

Elle se laisse glisser à bas du toit, et se réceptionne presque en douceur dans la rue. Elle eut juste le temps de se redresser et de faire un pas en arrière pour éviter une chaise qui venait de briser l'une des vitres de la taverne. Résultat, c'est un autre type qui se la pend en pleine tête. Sonné, il tombe aux pieds de la blonde.

Elle le regarde un moment, perplexe. Ce temps suffit pour qu'il reprenne ses esprits, et se redresse avant d'entrer dans la taverne comme un taureau en charge.


_ Qui c'est qu'a balancé cette foutue chaise ? Viens ici que je te casse la tête bonhomme ! J'vais t'éclater la tronche !

Maya entre à son tour, derrière lui, se glissant sur le côté et avançant parmi les quelques tables encore intactes qui étaient là. Elle arrive finalement au comptoir, et interpelle le patron. Dans son esprit, un patron de bar sait tout ce qu'il se passe en ville. Pour son commerce, tout ça... Elle l'interpelle donc, d'un signe de la main et d'un "Hey monsieur !" tout aimable.

_ Dis, tu saurais pas où sont les Saigneurs ?

Il la regarde, haussant un sourcil, et lâche la nouvelle.

_ T'es pas au courant ? Pourtant, ça a fait le tour de l'île. Les Saigneurs sont morts, et dispersés. Certains sont même à Impel Down.
_ Ah ?

Morts ? Les Saigneurs ?

Maya reste un instant à dévisager le barman. Enfin, à sembler le dévisager, sans le voir toutefois.

Morts, ou dispersés.

La blonde finit par s'asseoir un instant sur un tabouret branlant, assimilant l'idée.

Certains à Impel Down. Ou en route pour.

Elle cligne de l'oeil, tandis qu'une chope pleine glisse sur la surface lisse du bar, s'arrêtant en douceur près d'elle. Le barman souffle que c'est un cadeau de la maison, parce qu'elle avait l'air sous le choc. Elle le remercie d'un signe de tête, et retourne cogiter.

Sous le choc, elle ? Surprise, sans doute. Choquée... Pas vraiment. Bon, oui, elle aimait bien les Saigneurs. Elle s'était un peu attachée à eux. Apprendre qu'ils étaient morts, dispersés ou à Impel était juste inattendu. Voilà. Inattendu. Elle est juste surprise.

Machinalement, elle saisit la chope et trempe ses lèvres dans la liqueur servie. Elle fronce les yeux. Elle avait déjà bu de l'alcool oui. Mais celui là n'était pas de très bonne qualité. Elle finit tout de même la chope, en quelques gorgées, parce qu'elle avait soif. Et parce qu'elle était polie, et ne refusait donc pas ce qu'on lui offrait.


_ La voilà ! L'invitée du Champion !

Surprise, encore. Maya lève la tête, et avise deux types sur le pas de la porte.

_ Ah. Mince.

C'est vrai qu'elle a faussé compagnie à Joseph. Il ne doit pas l'avoir bien prit. Elle retrouve son sourire, et remercie le barman pour la chope d'un signe de tête. L'action reprend.


Dernière édition par Mayaku Miso le Mer 20 Fév 2013 - 13:17, édité 1 fois
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Mayaku Miso

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Mar 19 Fév 2013 - 23:18

Le tabouret branlant finit par heurter le sol. Aussi vite qu'elle avait aperçu les deux types à l'entrée, Maya avait utilisé le Soru pour partir vite fait. Elle se retrouve ainsi derrière les sbires du Champion avant même que le tabouret ne touche le sol, et les observe se demander où elle était passée. Le sourire aux lèvres, elle penche la tête sur le côté.

_ Bouh !

Son interjection les fait se retourner dans un sursaut. Elle leur dédie un petit salut de la main, et saute sur le toit, aidée du Geppou. Elle se ramassa -comme une merde- sur le toit, mais elle était ainsi hors de portée. Quand elle se releve, elle boite un peu. Elle n'a pas mal, mais sa cheville gauche ne supporte pas son poids sans fléchir.

Une légère moue sur les lèvres, Maya gambade alors sur les toits. Elle distance vite les deux péquins qui la cherchent, s'aidant du Soru par moment pour prendre de l'avance, et ne s'arrête que lorsqu'elle se retrouve en manque de bâtiment à escalader. Ses muscles, trop sollicités, crient grâce. Mais elle, elle se sent reposée. Mentalement reposée. Oh, bien sûr, elle sait que son corps a besoin de repos, et qu'elle ne pourra pas continuer longtemps comme ça, sans une bonne nuit de sommeil réparateur. Mais elle ne parvient pas à s'endormir pour autant. Même posée ainsi, les jambes à balancer dans le vide, et étendue sur le toit, elle reste inéluctablement éveillée.

•••

Le soleil avait passé son zénith depuis longtemps, et approchait de la ligne d'horizon quand Maya se décide enfin à sauter. Elle se réceptionne... Plutôt bien, compte tenu de sa cheville en vrac. Bon, elle s'écrasa quand même sur le sol. Mais ç'aurait pu être pire. Se frottant les genoux et se massant la cheville, elle se redresse malgré tout. Il fallait trouver un endroit où dormir, et de quoi payer. Quoi que cette dernière précision était subsidiaire.

D'un pas légèrement cadencé, caractérisé par son boitement, la borgne se dirige vers la porte de la maison pas forcément très luxueuse qui se trouve face à elle. Elle avait vu des gens y rentrer, il y a une ou deux heures. Elle pense donc qu'ils pourraient l'héberger pour la nuit. Et sinon, il y avait des auberges un peu partout. Miteuses, oui. Mais auberges malgré tout.

Elle frappe trois fois. Des grognements montèrent, mais personne ne vient ouvrir. Elle frappe encore. Un juron lui répondit. Mais elle entendit également des bruits de pas, et le déclic de la porte qui s'ouvre.


_ Ouais, tu veux quoi ?
_ J'peux venir dormir ici cette nuit ?
_ Hein ?
_ Oui, il y a des tavernes mais... Pas envie.
_ Tu crois sérieusement que tu vas rester pioncer ici cette nuit ?

Elle hausse un sourcil, et esquisse un sourire.

_ Ben. Oui. Sauf si c'est pas possible.
_ Hey Don, c'est qui ?
_ Rien qu'une emmerdeuse Darrel. Rien qu'une emmerdeuse. Allez, dégage petite. On fait des choses de grands ici.

Il allait refermer la porte quand un cri féminin au fond de la pièce plongée dans la pénombre retentit.

Soudainement alertée, Maya bloque la porte de son pied.


_ Qu'est-ce que vous faites ici ?
_ Rien qui ne te regarde. Dégage.

La voix retentit de nouveau, criant ce qui ressemblait à un appel à l'aide.

Même si Maya était devenue pirate, par la force des choses, et un peu pour s'amuser (voire beaucoup), elle n'était pas "mauvaise" par nature. Elle était même plutôt cordiale et gentille, sauf quand on piquait son chocolat, ou qu'on l'agressait. Elle aidait volontiers les personnes qui en avait besoin, si celles-ci le demandait. Et puis elle n'aimait pas qu'on lui donne des ordres de cette manière, sans même un "siouplaît" ou un signe d'affabilité.


_ Non. Qui est cette femme qui crie ?
_ Pas important. Dégage de là de ton plein gré ou je te fais dégager moi-même.

Elle secoue la tête, et braque son oeil d'émeraude dans les siens, couleur terre.

_ Non.

La voix tente à nouveau de crier, mais ce n'est qu'un son étouffé qui arrive à passer. Perceptible néanmoins par l'oreille attentive de la blonde.

_ Pousses-toi, ell- J'entre.

Il tente de l'en empêcher, l'empoignant brutalement comme pour la jeter dehors, mais elle résiste. Même lorsqu'il resserre sa poigne pour la pousser. Elle ne pense même pas à utiliser le Tekkaï, comme elle l'avait fait avec Joseph il n'y a pas si longtemps. Non. Elle cherche juste à pousser dans le sens contraire, pour rentrer en force.

Il surprit l'ex-gouvernementale en tirant d'un coup, renonçant à la pousser pour la faire basculer à l'intérieur. Elle ne parvient pas à se retenir, et se cogne contre le coin d'un meuble. Légèrement sonnée, elle ne réagit pas tout de suite quand la porte se ferma, et que le verrou fut tourné. Elle ne bouge à nouveau que lorsqu'il s'approche, tentant de l'empoigner derechef.


_ Qu'est-ce que tu fous Don ?!
_ Cette gamine est gênante. Petite fouineuse borgne... Il faut s'en débarrasser.
_ Hé ho. Ma- J'ai vingt-et-un étés.

Ils ricanent, et le second type s'approche à son tour. Il tient un bout de corde dans les mains. Sa silhouette massive s'avance pour donner un coup de pouce à son compagnon pour maîtriser la borgne, mais elle ne leur en laisse pas le temps. Le Soru lui permet de se déplacer rapidement jusqu'à atteindre l'origine de la voix féminine.

_ Garce, t'es passée où ?
_ C'était quoi ça ? Un truc magique ? Un truc de Fruit du Démon ?
_ Qu'est-ce que vous faites ici ?

Un grognement lui répond. Et quelques secondes après, ce qu'elle n'aurait absolument pas pu prévoir, un troisième homme l'assomme d'un coup de massue. Ou un truc du genre, à forme contondante, et en ferraille. Maya n'eut pas mal. Elle n'a jamais mal. Mais elle voit des étoiles exploser devant ses yeux, puis c'est le noir complet. Elle a perdu connaissance avant même de toucher le sol.


Dernière édition par Mayaku Miso le Dim 3 Mar 2013 - 16:22, édité 1 fois
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Mayaku Miso

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Jeu 21 Fév 2013 - 15:42

Les cloches résonnent dans le crâne de la sociopathe. Elle a la tête lourde. Elle tente de bouger un bras pour se masser les tempes, mais elle n'y arrive pas. Son oeil d'émeraude s'ouvre alors, mais ça sert pas à grand-chose. Il fait nuit noire. Ou bien elle est dans une salle fermée. Sans doute un peu des deux. Lorsqu'elle tente à nouveau de bouger, plus brusquement cette fois-ci, un bruit de chaîne se fait entendre. Mauvais signe.

_ Ah, notre fouineuse est réveillée. Je commençais à craindre que tu ne lui ait explosé le crâne, Derek.

Un bruit d'allumette que l'on craque se fait entendre, et une torche se met à flamber. La luminosité ainsi donnée éclaire de façon hésitante un visage sombre, mangé par une barbe de deux semaines, d'où les deux globes outremer se détachent nettement.

_ Je t'avais dit que je savais doser mes frappes Don.

Ce visage, celui du troisième homme qui l'avait attaquée en traître, s'approche doucement de la blonde harnachée et enchaînée sur une sorte de table d'opération. Cette table était en métal, et ressemblait fort à celles qui se trouvaient dans les cellules à Clockwork.

_ Vous faites quoi ici ?

Malgré son inconscience temporaire, Maya n'en avait pas oublié sa question et la raison de sa présence ici.

_ Hahaha, mais je ne vais pas te le dire ma petite fouine. Je vais te le montrer.
_ Ta curiosité sera satisfaite, mais toi, je ne le pense pas.

Fronçant les sourcils, la borgne tourne la tête de chaque côté, tentant d'apercevoir la femme de tout à l'heure, ou quoi que ce soit d'autre qui puisse lui permettre de s'échapper. Mais la faible lueur de la torche n'aidait pas vraiment.

_ Comme c'est mignon, elle est perdue.
_ Non, pas du tout. Elle est juste intriguée.

Intriguée, et surtout ennuyée. Elle tente de dire quelque chose à nouveau, mais les trois hommes ne lui en laissent pas le temps, glissant un bâillon entre ses lèvres. Maya esquisse une grimace, en constatant l'état pas très soigné du dit bâillon.

Les trois hommes allument alors la lumière par le biais de la dizaine de chandelle présentes dans la pièce, et la sociopathe peut enfin apprécier son environnement. Il s'agit, présentement, d'une sorte de cave. La fraîcheur qui s'en dégage laisse peu de doutes à Maya. Elle prend soin d'observer tout ce qui est dans la salle, cherchant ce qui pourrait l'aider si elle réussit à ôter ses chaînes.


_ Ne cherche pas, petite fouine. Rien ne pourra te sauver.

Elle cherche à hausser les épaules, mais le succès est mitigé, à cause de ces liens qui l'entravaient. Alors elle recrache le bâillon. Elle n'avait jamais compris pourquoi les malfaiteurs ne faisaient que fourrer un bout de tissu dans la bouche au lieu de l'attacher...

_ Qui êtes-vous ?

L'homme au visage mangé par la barbe et aux yeux de lapis-lazuli, qui semblait être le chef des trois, s'avance alors tout près d'elle. Il a un rictus qui n'augure rien de bon.

_ Nous ? Héhéhé, nous sommes le culte de Cheik Speere. Il n'est pas connu ici encore, mais bientôt, les gens découvrirons son nom et sa cruauté. Bientôt, cette île sera sous la juridiction de notre Dieu.
_ Qui ça ?
_ Cheik Speere, ignorante. C'est celui qui protège notre langue de ces paysans incultes qui la massacre. C'est lui qui met de la poésie en ce monde, et qui le rend plus beau.
_ Et pour lui plaire, pour le satisfaire et lui donner la force de régner en ce monde... Il nous faut lui faire des sacrifices.
_ Humains, bien entendu, les sacrifices. Et tu es l'un d'eux, petite fouine.

Il y eut un instant de flottement. Maya avait l'oeil fixé sur l'homme qui semblait être le chef.

_ ... Et ?

Elle ne semblait pas prendre en compte la tragédie de l'instant. La borgne ne comptait pas mourir de sitôt.

_ Et.. ? Et bien, tu vas mourir ! Et l'autre femme aussi.
_ Fouiner dans nos affaires n'apporte rien de bon. Tout ce que tu as gagné, c'est de subir le même sort.
_ Pour la Grandeur de Cheik Speere.

Maya soupire. Elle hausse un sourcil.

_ Vous pensez l'impressionner ?
_ Impressionner qui ?
_ Ben. Maya. Moi.
_ T'impressionner ne servirait à rien, tu vas mourir.

Elle secoue la tête.

_ Laisse Don, ça sert à rien. Elle ne semble pas comprendre l'importance de la situation.
_ Il faut peut-être la laisser mariner un peu les mecs. Qu'elle sache que les trois D ne plaisantent pas. Et qu'elle va mourir.
_ On devrait faire mourir l'autre femme devant elle.
_ Je ne pense pas que ça serve à grand-chose. Elle est juste... Détachée de la réalité j'ai l'impression. Refais-lui une injection de sédatifs Darrel. Je n'ai pas envie d'avoir cet oeil sur moi tout le temps que durera le rituel avec l'autre.

Darrel, l'homme à la silhouette massive, s'approche à nouveau d'elle. Il tient une seringue à la main, comme celle que le père de Maya avait sur Clockwork. Et son sourire, édenté, rappelle un peu le rictus fou de Papa.

_ Tu sais, j'étais médecin avant. Et si je dose trop, tu risque de mourir. Ou de souffrir atrocement. C'est selon...
_ Darrel, on n'a pas de temps à perdre. Assomme là pour deux bons jours.

Darrel fait la grimace, mais s'exécute. Il plante, sans douceur, l'aiguille dans la cuisse de Maya. Elle n'a pas mal, et ne tressaille pas. Elle se contente de l'observer. Jusqu'à ce que le noir s'empare à nouveau de son esprit, et qu'elle sombre dans l'inconscience. Elle a juste le temps de saisir des bribes de phrases qui n'auguraient rien de bon pour elle.

_ J'ai hâte de la voir se vider de son sang.
_ T'impatiente pas. Cela arrivera en temps voulu.
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Mayaku Miso

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Sam 23 Fév 2013 - 16:38

Durant les jours qui suivirent, Maya s'éveilla souvent. Elle n'était pas libre de ses mouvements, et son esprit était confus. Elle sentait qu'on la faisait manger un minimum, et boire un peu. Elle était enchaînée quand elle allait au petit coin, et pas quittée des yeux. Les trois D ne voulaient pas qu'elle puis réitérer ses drôles de techniques.

Près d'une semaine passa ainsi. Et puis un jour, celui qui devait faire l'injection de sédatif à la blonde l'oublia. Elle, elle ne l'oublia pas. Elle profita de leur absence de la journée pour observer autour d'elle. Une bougie avait été laissée allumée. Devant Maya, la femme qu'elle avait entendu crier en débarquant était suspendue au plafond par les poignets. Elle ne bougeait plus, et son teint était crayeux. Cendreux même. Sa poitrine ne se soulevait plus du tout. Elle semblait exsangue. Elle était morte. Maya aperçu d'autres crochets au plafonds, surplombant des grandes bassines. Celle en-dessous de la femme était pleine d'un liquide sombre, et épais. Il ne fallait pas être un génie pour deviner que c'était du sang.

Alors que l'ex-gouvernementale se demandait à quoi ça servait, une autre lueur plus vive inonda la pièce et des voix masculines discutaient avec animation. Maya ferma son oeil valide et fit semblant d'être plongée dans l'inconscience.


_ Hahaha, quelle merveilleuse idée Darrel.
_ Je sais, je sais.
_ Ce n'est pas le moment de se féliciter les gars. On a du pain sur la planche.
_ Mais, Derek, avoue que mon idée, elle est magnifique !
_ Peut-être. Mais on ne fête pas le retour de Cheik Speere sur le plancher des vaches avant qu'il ne soit vraiment là.
_ Rabat-Joie.
_ Il faut s'occuper de l'autre fille. La première est déjà morte. Récolter le sang de la bassine et mettez-le en fiole, comme pour les autres.
_ Chef, oui, chef !
_ Darrel...
_ Si tu continues à faire l'idiot Darrel, tu vas finir comme elles.
_ ... Pardon.
_ Et toi, tu vas faire quoi, Derek ?
_ M'occuper de préparer la fouineuse borgne.

Maya ouvrit l'oeil en entendant les hommes s'affairer autour d'elle, mais ne tomba pas au bon moment. Le nommé Derek, chef de ce petit culte, s'aperçu qu'elle était bel et bien réveillée.

_ Bon sang les gars. Lequel a oublié de donner la dose de sédatif ?
_ C'est Don.

Comment ça, elle dénonce ?

Sur ses lèvres flottait un sourire amusé. Elle avait réussi à libérer une de ses chevilles des chaînes, et son poignet gauche n'était pas loin de glisser non plus. Elle tentait donc de les monter les uns contre les autres pour gagner du temps.

Maintenant que la luminosité était plus vive dans la pièce, elle remarquait de longues entailles sur le corps de la femme suspendue. Nue, et couverte de scarifications apparemment. La blonde n'avait aucune envie de subir le même sort.


_ Je... Je pensais l'avoir fait. J'te le jure Derek !
_ Imbécile !

Maya réussit à faire glisser son poignet par l'anneau de métal. Elle ne perdit pas de temps. Un coup e Soru explosa l'autre anneau qui retenait son poignet droit, et l'homme le plus proche se prit une chaîne dans la figure. Un cri se fit entendre en réponse, mais elle ne s'en occupa pas. Elle tenta plutôt de défaire sa dernière cheville prisonnière, mais c'était celle sur laquelle elle était moins bien retombée en sautant du toit quelques jours avant. Ces petites secondes suffirent aux deux hommes pas sonnés pour empêcher la borgne de leur filer entre les doigts.

_ Toi, tu bouges pas !
_ Darrel, tu vas bien ?
_ Ah la pute ! Ah la pute, la pute, la pute ! J'vais m'la faire, j'vais lui montrer qu'on s'fout pas de nous comme ça, j'vais la découper en morceau !

Maya sourit, contente de savoir qu'elle avait fait mouche. Le dit Darrel avait sa main posé sur le côté gauche de son visage, et du sang coulait entre ses doigts. A première vue, elle pensa lui avoir crevé ou sérieusement amoché l'oeil.

_ Fallait pas venir s'attaquer à moi.

Malgré ses tressaillements et ses jurons, Darrel finit par aider, d'une main, ses compère et Maya fut de nouveau ficelée à la table d'opération.

_ Darrel, faut aller nettoyer ça.
_ Allez voir Doc Duke. Il saurait quoi faire.
_ Merci Derek. Et toi, tu ne perd rien pour attendre salope de fouine borgne !

Resté seul, l'homme qui ne s'était toujours pas rasé sortit des scalpels dont la propreté était douteuse.

_ Peu importe tes désirs de liberté. Tu vas être sacrifiée à Cheik Speere, comme toutes les autres. Mais d'abord, je vais te préparer.

Maya haussa un sourcil, peinant à bouger ses membres avec les chaînes resserrées.

_ Me préparer ?
_ Il te faut les prières rituelles de Cheik Speere. Sinon, le sacrifice ne sera pas accepté.

Il dénuda totalement le bras droit de Maya, et commença à y entailler sa peau soigneusement, traçant des signes qui échappaient totalement à la compréhension de Maya. Il faut dire que tenter de lire à l'envers, ce n'était pas des plus facile.

_ C'est quoi ?

Elle croisa le regard de l'homme. Le bleu outremer était empli d'interrogations, de surprise.

_ Tu ne cries pas ? Tu n'as pas mal ?
_ Je devrais ?
_ Je suis en train de te marquer au scalpel petite fouine. Tu devrais crier, et hurler pour quémander ma clémence, comme l'autre.
_ Ah bon ?

Il arrêta un instant, posant l'outil sur une table en bois non loin.

_ Tu es à ce point insensible ? Qu'à tu ressenti ?
_ ... Ben, ça chatouillait.

Il secoua la tête.

_ Je m'occuperais de ça plus tard. Fais dodo, petite fouine.

Il saisit une seringue, et lui injecta à nouveau ce fameux sédatif. Elle ne tressaillit même pas, et le fixa de son oeil d'émeraude jusqu'à ce que la réalité s'efface à nouveau, et que le noir reprenne ses droits.
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Dim 3 Mar 2013 - 15:37

Cette fois-ci, les doses de sédatifs furent scrupuleusement respectées. Pas une ne fut oubliée. Mais c'est Maya elle-même qui ne réagissait plus pareil. Petit à petit, son organisme réagissait. S'immunisait. Elle arrivait à rester éveillée plus longtemps après chaque injection, tout en feintant le sommeil profond. Elle arrivait à se réveiller de plus en plus tôt avant chaque nouvelle injection. Le manque de sa drogue préférée se faisait sentir, et c'est peut-être ça qui poussait son organisme à combattre le sédatif.

Dans tout les cas, peu importait. Ce qui primait dans l'esprit de Maya, dès qu'elle était consciente, c'était de nuire à ceux qui la retenaient. Pas qu'elle se sentait spécialement altruiste et qu'elle faisait ça pour libérer la ville de la menace du culte de Cheik Speere, mais elle n'aimait pas ces trois types. Et puis ils n'avaient pas été sympas avec elle. Donc elle allait ruiner leurs plans, et possiblement les tuer. C'était une froide résolution, comme lorsqu'elle bossait pour le gouvernement. Pas de pitié. Pas de curiosité. Pas de blabla. Le "défenseur de la langue" allait morfler au travers de ses fidèles.

Presque une semaine après son réveil intempestif à cause de l'oubli d'une injection, Maya décida de ne plus attendre. Elle profita de ce que les trois hommes étaient sortis, après l'injection habituelle à laquelle elle résistait de mieux en mieux, pour se défaire de ses liens. Ils avaient été renforcés, mais comme la nourriture avalée n'était pas ce qu'il y avait de plus consistant, la blonde avait dangereusement maigri. Assez pour pouvoir glisser ses poignets des liens. Pas qu'elle était trop bien en chair avant, mais là, ses os saillaient sous sa peau pâlie par le manque de soleil et de chocolat. Le manque d'exercice physique, également, l'avait affaiblie. Elle fit avec, et ses attaches furent bientôt vidées. La première chose qu'elle fit, en vacillant, ce fut de chercher un truc à manger. Son estomac criait famine, et ce n'était pas la bouillie infâme qu'ils lui faisaient avaler qui la sustentait. Elle trouva un bout de cuissot rôti à moitié mangé, et s'empressa de le finir. Elle s'essuya les doigts sur un chiffon qui traînait par là, pour ensuite boire un grand verre d'eau et chercher une arme. Un truc pour forcer le verrou de l'unique porte de la pièce.

Elle enjamba des bassines vides pour s'approchée de l'entrée, et tenta de faire sauter le bout de métal rouillé qui la maintenait fermé. Le gros couteau qu'elle avait prit ressemblait fort à un couteau de boucher. Comme celui dont elle s'était servi pour tenter de découvrir, des années plutôt, comment était mort le chien du boucher. La lame était assez aiguisée pour se glisser derrière ce bout de métal, et elle fit vite sauter les vis qui le retenaient encore fixé à la porte de bois.

Juste à ce moment, des pas tranquilles et des voix enivrées se firent entendre de l'autre côté. L'oeil unique de Maya balaya la pièce rapidement avant qu'elle ne retourne s'allonger sur la table de métal en quelques pas. Elle glissa ses pieds sous les attaches défaites, et ses poignets suivirent le mouvement. La lame du boucher vint se caler sous son dos, tandis qu'elle prit l'allure de quelqu'un de profondément endormi. Juste à cet instant, la porte s'ouvrit. Trop facilement. Et ça suscita des questions.


_ Comment ça fait.. Se fait que ça soit ouvert comme ça ?
_Ch'ais pas. T'as oublié de fermer, à tous les coups.
_ Noon, j'avais.. Hips... Bien fermé.
_ Alors p'tet que... Hic... P'tet qu'il faudra changer la serrou... Le verrou... Depuis l'temps qu'j'dis qu'il est ré... Ra... Rouillé.
_ Hips... Ouais... Hips.

Ils étaient tellement ivres qu'ils en avait la voix pâteuse et qu'ils en avait du mal à parler. Maya sourit discrètement.

_ Hey ! S'pèce de sac à viande... T'as tout bouffé ! Hips !
_ Peuh... C'toi le goinfre.. Hic... Qui laisse jamais rien !

Pendant qu'ils se disputaient, la blonde ouvrit son oeil. Ils étaient dos à elle, c'était parfait. En silence, elle se dégagea des liens défaits et raffermit sa prise sur le manche du couteau. Sa lame capta un éclat donné par la flamme d'une chandelle. Mais les deux hommes avinés ne s'en rendirent pas compte. Elle se déplaça en silence, luttant contre le sommeil qui menaçait de la garder à nouveau prisonnière, et finit par sauter sur le nouveau borgne pour lui trancher la gorge d'un geste net et précis. Il resta un instant debout, après qu'elle se soit reculée, et son sang s'écoula à gros bouillons. Lorsqu'il tomba au sol, son compagnon non moins ivre ne fit que le regarder fixement, avant de lever les yeux vers la blonde sans réagir. Elle ne loupa pas cette occasion. Un sourire sans émotions aux lèvres, elle fit deux pas et la lame encore couverte du sang de l'autre s'enfonça mollement dans le bas-ventre de celui qui lui faisait face pour ensuite remonter, et finir sous la gorge.

L'homme tenta bien d'empêcher ses entrailles de se faire la malle, mais il était trop engourdit par l'alcool pour vraiment réussir. Il s'écroula sans faire plus de bruit que quelques gargouillements. Elle le regarda, sans la moindre émotion, avant de se détourner. Elle essuya machinalement la lame contre sa chemise qui avait bien vécu. Elle aperçut, du coin de l'oeil, une étagère emplie de vêtements en vrac. En y fouillant un peu, elle revit cette tenue que portait la femme qu'elle était venue pour sauver. Elle trouva de nombreux vêtements, preuves que le culte de Cheik Speere avait déjà fait quelques victimes. Prenant rapidement une tunique blanche, au col échancré, et un pantalon de jean, elle se délesta des vêtements qu'elle portait pour enfiler les nouveaux. Elle tailla grossièrement le pantalon -trop grand pour elle- au-dessus des genoux, avec le couteau, et prit une ceinture qui traînait dans l'étagère, et la prit autour de sa taille pour maintenir le nouveau short et la tunique. Les deux étant bien trop ample pour elle. Mais ils étaient plus chauds que ses vieilles frusques. Elle glissa ensuite la lame du couteau contre ses reins, derrière la ceinture de cuir, et ajusta les manches de la tunique dans laquelle elle flottait. Loin d'être élégant, c'était surtout pratique.

Elle finissait de nouer les pans du vêtements autour de ses hanches, pour éviter qu'il ne lui fasse office de robe et ne l'entrave dans ses mouvements, quand le dernier du trio se pointa. Il était sobre lui. En un clin d'oeil, il évalua la situation. Il referma la porte derrière lui d'un coup de pied, avec un rictus mauvais.


_ Tu ne sortiras pas d'ici, tu le sais ?

Elle haussa les épaules, son regard d'émeraude le jaugeant rapidement.

_ Regarde-toi. Tu es épuisée, et seule. Tu as eu de la chance avec ce deux ivrognes. Tu les as eu par surprise. Mais je ne suis pas comme ça moi.

Elle n'eut pas plus de réaction, se forçant à ne pas céder sous l'assaut de la fatigue et du sommeil artificiel qui la menaçait.

_ Je vais te tuer. T'offrir en sacrifice à Cheik Speere, et dominer l'île, puis GrandLine, puis le monde entier. Et ce, en Son nom. Et toi, tu ne sera qu'un sacrifice parmi d'autres.
_ Chut.

Son regard balaya une nouvelle fois la pièce, tandis qu'il continuait à parler, se moquant de ce qu'elle avait dit. Elle ne l'écoutait plus. Elle avait un plan qui germait dans sa petite tête blonde. Avisant deux tonneaux de rhum d'un côté, et des chandelles un peu partout dans la pièce, elle sut ce qu'elle allait faire. Un sourire satisfait aux lèvres, elle coupa le chef du trio en plein dans sa tirade enflammée -sur comment le monde se porterait mieux si tout le monde parlait correctement sous le joug de Cheik Speere- en lançant adroitement le couteau de boucher vers les tonneaux de rhum. La lame fit exploser la paroi du premier, et l'alcool se répandit à grands flots dans la pièce, couvrant le sol de pierre et imbibant chaque pilier en bois qu'il trouvait.

_ Que fais-tu ?
_ Devine...

Elle sollicita grandement sa réserve de concentration, mettant de côté son épuisement et le sédatif toujours dans son sang, pour utiliser le Soru et s'emparer des six chandelles qui illuminaient la pièce. Elle avait un sourire amusé aux lèvres, retrouvant ses instincts. Elle allait sortir d'ici, faire exploser la maison, et trouver du chocolat.

_ Tu veux tout brûler ? Tu crois que ça arrêtera le Grand Cheik Speere ? Tu vas être déçue, petite fouine.

Elle haussa les épaules, et allait lancer la première chandelle derrière elle quand la porte de bois derrière l'homme aux yeux outremer explosa sous la charge furieuse d'un nouveau venu. Un pigeon de taille gigantesque par rapport à ses compatriotes. Le regard de la borgne s'éclaira soudainement.

_ Miel !

Le pigeon aux yeux de miel roucoula joyeusement en reconnaissant la voix de sa maman d'adoption. Il picora férocement l'homme aux yeux outremer, déchiquetant sans efforts les bras que celui-ci mettait pour se protéger. Maya s'avança rapidement, et abattit brusquement le manche du couteau sur la tempe de l'homme. Ainsi s'effondra Derek, du culte de Cheik Speere.

La blonde poussa le pigeon à se reculer, pour sortir de la pièce. Elle tenait les six fines chandelles d'une main, et alla prendre un grand récipient qu'elle rempli d'alcool à partir de l'autre tonneau de rhum. Elle suivit ensuite Miel, tout en répandant une traînée d'alcool derrière elle. Quand ils arrivèrent dans la pièce principale, celle par où Maya était entrée, elle vida le récipient sur les chaises, la table, les placards et les montants en bois. Elle fit sortir Miel, et jeta trois chandelles dans le couloir. Les trois autres, elles les jeta dans la pièce juste avant de sortir. Les chandelles mirent immédiatement le feu à l'alcool, et au mobilier.

La blonde, accompagnée de son pigeon géant, s'éloigna en boitant de la maison. De la fumée s'en dégageait. Bientôt, des flammes léchèrent les montants de la porte. Arrivée à une distance raisonnable, Maya s'arrêta. Elle se retourna. Son oeil d'émeraude observa le feu dévorer le bois et la chaume. Elle observa la fumée s'élever en tourbillon dans le ciel. Des têtes sortirent par les fenêtres des maisons autour. Le soleil était haut dans le ciel, et ce fut vite des "Au feu" qui animèrent le quartier. Le craquement du bois annonçait l'effondrement de la structure. Evidemment, sans charpente, ça tenait moins bien.

L'ex-Gouvernementale allait se détourner, quand une explosion secoua le quartier. Il devait traîner de la poudre quelque part. Une bonne quantité, à en juger par l'explosion. Le souffle de celle-ci atteignit d'ailleurs la blonde, comme beaucoup d'autres qui étaient sortis. Elle fut éjectée, avec son pigeon, quelques bons mètres en arrière. Des échardes de bois l'égratignèrent d'ailleurs.. Mais Miel, lui, n'avait rien. Il tenait de son père, la Bêêêêête de l'Archipel Vert, pour ça.

En se relevant, Maya se frotta les bras. Elle enleva rapidement les échardes les plus gênantes, et prit le parti de quitter le quartier rapidement avec Miel. Elle devait trouver du chocolat. Mais elle n'avait pas fait six mètres que son regard intercepta une silhouette familière. Elle s'arrêta, réfléchissant rapidement. Elle passa en revu tous les visages qu'elle connaissait. Et le nom lui vint. Shaïness. Cipher Pol 5. Autrefois, elle étaient collègues. Mais aujourd'hui, qu'en serait-il ?

Peut-être que Maya était un peu nostalgique. Elle était en tout cas impulsive et sûrement folle de vouloir s'approcher de cette ancienne collègue.


_ Miel, regagne la plage. Retourne avec les autres. Ell... Je dois parler à quelqu'un. Allez, va !

Le pigeon l'observa un instant, avec ses yeux de pigeon battu.

_ Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, au cas où ça tourne mal. Miel, files !

Elle regarda son pigeon se dandiner un moment avant de s'envoler lourdement vers la plage. Puis elle se dirigea d'un pas décidé, mais boitillant, vers ce qui serait sûrement une erreur monumentale.
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