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Rattrapé par le passé! [Log I-3]

Kanbei
Kanbei

♦ Localisation : Dans les ténèbres.
♦ Équipage : Le Cartel

Feuille de personnage
Dorikis: 3850
Popularité: -138
Intégrité: -114

Ven 22 Fév 2013 - 18:08

Spoiler:
 


11h15… La journée avait commencé depuis trois heures et Kanbei était affalé sur sa table, la tête entre ses mains. Il cachait ses yeux aux professeurs et les maintenait clos depuis maintenant une bonne heure. Fatigué, il avait passé la nuit à bricoler un système de son cru afin de l’améliorer. Ses essais ne s’étaient pas avérés très concluants et il avait fini par choisir d’aller dormir. Néanmoins, les 7 maigres heures de sommeil auxquelles il avait eu droit ne lui suffisaient décidemment pas. Pfffff. Ces deux heures de cours de thermodynamique allaient être divinement longues. Non pas qu’il n’aimait pas l’étude thermique et dynamique des fluides mais cela lui semblait trop facile. L’enseignant, un certain monsieur Radenn, écrivait tellement vite qu’il avait fini par renoncer à suivre le cours, préférant s’attarder à revoir celui-ci sur les quelques livres qu’il avait pu s’acheter. Le coup de barre qu’il subissait semblait ne pas finir et il regarda le soleil par la vitre. Vu la position du soleil, il en avait encore pour une bonne vingtaine de minutes. Il s’employa à regarder autour de lui les autres élèves. Son regard se porta sur les fanatiques du premier rang. Enfin. C’était leur surnom. Les autres membres de la classe les avaient surnommés ainsi car ils ne quittaient jamais le premier rang, comme si leur vie en dépendait.

D’ailleurs, cela ne leur permettait cependant pas d’avoir les meilleures notes aux examens, contrairement à Kanbei qui appréciait particulièrement ce genre de situations. Il tourna ensuite ses yeux sur le troisième rang, près du radiateur. Ludmilla Höffenspark, une ravissante jeune fille née dans une famille bourgeoise. Elle avait choisi de venir dans cette école car elle ne pouvait se résoudre à s’éloigner de chez elle. Ses résultats étaient pourtant excellents et elle aurait pu intégrer de bien meilleurs institutions. Ses beaux et longs cheveux chatains semblaient ensorceler le jeune Wanajima. Bien qu’il ne lui ait parlé qu’à deux ou trois reprises depuis le début de l’année, il était attiré vers elle comme un aimant. Il pouvait rester des heures à l’admirer ainsi, béat d’admiration. C’est alors que le destin décida de se jouer de lui, chose qui se produisait assez souvent.

La sublime jeune femme qui obnubilait tant ses pensées venait de se retourner vers lui, comme par magie. Elle lui adressa un sourire amusé quand elle le surprit en train de bailler aux corneilles. Il rougit comme une pivoine. Un seul moment d’inattention et PAN. Il était meurtri, gêné. Pour ne rien arranger, son ventre se mit à gargouiller de manière anormale. Il n’avait rien mangé depuis 18h. Elle sembla le remarquer et rit. Ensuite, elle se retourna avant que l’enseignant ne remarque ce soudain regain d’activités dans sa salle. Le cours de physique semblait distordre le temps. Kanbei s’affala sur sa table et s’apprêtait à refermer les yeux quand une boulette de papier lui heurta le haut du crane, provoquant les rires des élèves derrière lui. Il retourna la tête de manière fugace.

Conrad Westlake Jr, Westy de son surnom, fils d’un notaire de la ville, lui lançait un regard lourd de menaces quant à son échange de regards avec Ludmilla. En effet, celui-ci tournait autour de la jeune fille comme un rapace et ne manquait pas une occasion pour essayer de s’en rapprocher. En temps normal, cela importait peu au jeune Wanajima mais il ne tolérait pas qu’un abruti lui lance des projectiles dessus. Il lança un regard furieux à Conrad et le vit chuchoter quelque chose.

" Approches toi d’elle encore une seule fois et je te démolis ta figure de cancrelat. "


Charmant. Au vu de sa récente intégration dans l’école, il n’avait pas envie de s’attirer des ennuis et, de toute manière, il n’oserait jamais s’approcher de Ludmilla. M. Radenn venait de terminer son chapitre sur les principes fondamentaux de la thermodynamique et regarda sa montre. Il avait pour habitude de ne jamais laisser ses élèves sortir avant la sonnerie mais ce jour-ci faisait exception à la règle. Probablement un rendez-vous. Il congédia ses élèves et Kanbei s’empressa de ranger ses affaires pour partir à l’assaut de la cafétéria. Il fut au passage bousculé par Westy et sa bande de camarades, tous plus bêtes les uns que les autres, mais ne réagit pas.

" Ouais, venez les gars ! On va manger au Dusty’s. Ils font les meilleurs cheeseburgers de la ville. Ensuite j’irais voir Ludmilla pour voir si elle veut m’accompagner au bal, lacha-t-il avec une pointe de défi dans la voix. "


Il n’avait pas le temps de régler cette affaire. Son ventre demandait réparation et il ne pouvait que lui accorder justice. Ses pas le portèrent donc vers la cafétéria. A cette heure-ci, elle était vide. La plupart des autres classes déjeunaient à treize heures. Il fut le premier à arriver dans la cantine et s’empara d’un plateau. Arrivé depuis deux semaines, il s’était déjà lié d’amitié avec la plupart du personnel de restauration, plus particulièrement avec un dénommé Kurt. C’était un vieil homme noir un peu bourru d’une soixantaine d’années. Il sourit en voyant arriver Kanbei.

"Regardez qui voilà ! Notre ingénieur préféré. Comment tu vas Kan’ ?"

"Bien et toi ?"


"Ca roule écoutes. T’as faim aujourd’hui ? On a un chili con carne dévastateurn fit-il avec un clin d’œil."

"Oui j’ai plutôt la dalle. Merci, ajouta-t-il en prenant son assiette. On se voit demain ? Même heure ?"


"Hahahahaha ! De toute façon, je risque pas d’aller très loin ! Bon appétit et bonne journée à toi p’tit gars."

Kanbei le salua d’un hochement de tête et entreprit de regarder son assiette. Sacré Kurt. Il lui avait servi une portion de chili capable de nourrir un régiment entier. Il sourit et se dirigea dans un coin de la cantine, caché par quelques plantes censées égayer l’atmosphère du lieu. Depuis qu’il était arrivé ici, il ne s’était pas fait beaucoup d’amis et ne cherchait pas particulièrement à s’en faire. Ses journées se résumaient un peu à un métro-boulot-dodo en moins moderne. Il ne s’en plaignait pas particulièrement s’apprêtait à enfourner une bouchée de salade en entrée quand un plateau se posa en face de lui.

"Je peux ?"


Ce vernis à ongles bleu azur lui disait quelque chose. Et meeeeeeeerde. Il faillit changer de couleur une nouvelle fois et se retint du mieux qu’il put. Il sortit le plus beau sourire qu’il avait en stock et la regarda sans ciller.

"Oui vas-y"


Mais queeeeelle réponse trop con. Elle posa son plateau et enleva sa veste. Radieuse. Elle était radieuse. D’un imperceptible signe de tête, elle invita ses deux « bestah » à aller s’asseoir quelques tables plus loin. Voulait-elle qu’ils mangent en tête à tête ? Il lacha maladroitement son doute sous la forme d’une question.

« Stacy et Julia ne se joignent pas à nous ? »


" Non, elles doivent discuter de leur projet personnel de fin d’année ensemble. "


AH. Soit. Deux possibilités. La vérité. Ouuuuuuu… Un gros mensonge très adroit et qui, dans la fine et délicieuse bouche de cette charmante créature, passait comme une lettre à la poste. Kan’ ne se contenta que d’opiner du chef et la dévisagea un bref instant. Ses cheveux formaient un chignon très classique qui révélait une peau d’un blanc laiteux et deux yeux verts troublants. Il en était presque hébété et parvenait à peine à manger tellement la beauté de ce petit bout de femme le stupéfiait. Il ne savait pas quoi lui dire et essayait de manger sans ressembler à un gros porc. Elle rompit le silence.

" Et sinon, à part jouer le ventriloque en classe, tu fais quoi de beau en dehors des cours ? "


Il ne savait pas quoi répondre. En réalité, toute sa vie actuelle tournait autour de sa scolarité. Sa passion de la mécanique l’empêchait de voir d’autres choses. Sa dernière petite amie remontait à une ou deux années et hormis quelques activités annexes comme la pratique régulière de divers sports ou des problèmes de mécanique, il n’était en rien quelqu’un de passionnant. M’enfin… Il enjoliva un tant soit peu les choses.

"J’essaie de faire du sport régulièrement mais sinon je fais pas grand chose. Et toi ? "


"Un peu de gymnastique dès que j’ai le temps mais ma grande passion reste la mer. J’aimerais pouvoir m’évader de temps en temps."


Hmmm. Intéressaaaant. Ou pas en fait. Kan’ n’avait nullement les moyens ni le temps de l’emmener voyager. Il se contenta d’hocher la tête et de finir son repas. Ils se levèrent et allèrent débarrasser ensemble. Le Wanajima était tout tourneboulé par ce qui lui arrivait. La plus jolie fille de sa promotion venait manger avec lui. Il avait décidément une veine de tous les diables. Et ce n’était pas fini. Ils sortirent de la cantine ensemble et elle lui proposa d’aller réviser. Pourquoi pas ? Après tout, cela ne lui ferait pas de mal. Ils se dirigèrent vers la salle d’études, déserte à cette heure-ci, et se mirent à réviser leur cours de sciences de l’ingénieur. Discrètement, la jeune fille pressa son épaule contre la sienne, ce qui n’allait pas pour lui déplaire. Apparemment, il lui plaisait. M’enfin. Il n’avait pas un rond et ne pouvait pas se permettre d’entretenir une relation maintenant. Enfin. Il n’oserait jamais faire le premier pas de toute façon. La journée était finie et ils reprenaient le lendemain à 13h. Il comptait rester ici pour travailler jusqu’à ce que l’école ne ferme. Ils travaillèrent pendant trois bonnes heures jusqu’à ce qu’un événement inattendu se produise.

"Je te plais ?"


Woutoutoutoutoutouuuuuuuuuuuuuuuu… Houston nous avons un problème. Avait-il bien entendu ce qu’elle venait de dire ? Il n’en était pas sur. Enfin si il en était sur mais n’osait pas comprendre ce qu’elle venait d’énoncer. Lui plaisait-elle ? Evidemment. Sinon il ne serait pas assis à cette table avec elle. Il parvint à bredouiller quelque chose.

« Oui beaucoup. »


Aie aie aie. L’heure du glas. Il ne savait plus quoi dire désormais. Elle l’avait tellement déstabilisé au cours du repas qu’il avait toujours du mal à réfléchir aux leçons qu’il regardait. La dévisageant, il se demanda ce qu’elle pouvait bien lui trouver. Etait-ce parce qu’il était nouveau ? Il n’en savait foutrement rien mais comme dit plus haut, cela n’allait pas pour lui déplaire. Néanmoins, il ne savait tout de même pas pourquoi elle lui posait ce genre de questions. Enfin. Il eut sa réponse bien plus vite que ce qu’il ne l’aurait espéré.

« Alors qu’est ce qui t’empêche de m’inviter au bal ? »


Et BOUM. Encore un coup de matraque. Son cœur fit un bond dans sa poitrine et commença à s’emballer. Même si ses joues ne s’empourprèrent que peu, il était certain qu’elle le malmenait oralement une troisième fois. Et elle semblait sincère. Kan’ regarda cette beauté droit dans les yeux et essaya de respirer plus lentement. On aurait dit que sa cage thoracique allait exploser. C’était risible. En tout cas, elle lui donnait l’occasion de l’inviter au bal. Et ça, c’était une ouverture on ne peut plus grande. Que diable ! C’était une faille, une brèche, un tunnel ! Elle lui tendait une perche énorme. Et il ne pouvait pas la refuser, argent ou non.

"Tu accepterais de venir avec moi ?"


"Bah oui banane ! dit-elle en riant. Pourquoi crois-tu que je te le demande ?"


"Je sais pas trop en fait, dit-il d’un air gêné. Mais soit, si tu veux bien être ma cavalière, j’en serais ravi."


"Parfait alors. Oulaaaaaaa, il se fait tard. Je vais devoir y aller. On se voit demain ?"


"Oui. A demain alors !"


Comment décrire ses sentiments ? Il ne savait pas quoi dire. Il n’avait pas su quoi dire de tout l’après–midi d’ailleurs. Il était totalement stupéfié. Et le fut encore plus quand la jeune femme lui déposa un baiser sur la joue avant de filer. Il se contenta de sourire bêtement pendant la demi-heure qui suivit et regarda l’heure. Il se faisait tard pour lui aussi. Rangeant ses affaires dans son sac, il prit le chemin du retour.



Dernière édition par Kanbei le Ven 22 Fév 2013 - 19:00, édité 2 fois
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Ven 22 Fév 2013 - 18:36

Spoiler:
 

Kanbei était aux anges. Ludmilla l’avait incité à l’inviter au bal la veille et ils s’entendaient désormais à merveille. Il venait de passer près de six heures de cours à côté de ce bijou et ne s’en lassait pas. Son joli minois complétait à merveille une intelligence non feinte. Bordel de merde. En plus d’être belles, certaines filles pouvaient être intelligentes. Il n’avait jusque là jamais vu pareil miracle (Macho ? Nooooon. Même pas).

Cette journée était une des plus belles journées qu’il n’ait jamais vécu. Cette fille était son complémentaire. Ils avaient plein de points communs même si leurs vies sociales étaient totalement opposées. Le jeune Wanajima avait enfin quelqu’un à qui se confier et la jeune Hoffënspark faisait de même. Bref. Une idylle quasi-irréelle. La jeune fille l’avait même embrassé à la cantine, ce qui n’avait pas manqué de faire changer de couleur Conrad Westlake Jr. Celui-ci, vert de rage et jaloux au possible, avait menacé Kanbei pendant qu’il était allé aux toilettes le midi. Sa menace était pitoyable. Il espérait lui faire peur de cette manière ? Westy voulait que Kanbei s’éloigne de Ludmilla et le lui avait dit en essayant de l’intimider. S’il ne quittait pas Ludmilla, il risquait d’avoir de gros problèmes. Cela n’effrayait nullement le futur ingénieur. Il savait se battre et ce n’était pas un fils de notaire qui pesait vingt kilos de plus que lui qui allait lui faire renoncer à ses projets.

Lud’ se mit à tripatouiller sa feuille pour l’empêcher d’écrire et ils rirent. En à peine 24 heures, il s’était trouvé une petite amie. Enfin… Ce n’était pas vraiment officiel aux yeux de la classe mais ça l’était pour eux. C’est ce pourquoi ils étaient d’ailleurs assis côte à côte, isolés par rapport au reste de la classe. Même Stacy et Julia, les deux meilleures amies de Ludmilla, avaient choisi de s’éloigner volontairement pour laisser les deux tourtereaux en paix. Le cours de mathématiques n’était pas des plus difficiles et il leur restait une bonne heure pour profiter. Kan’ prit la main de la jeune fille et lui dessina un cœur entre le pouce et l’index. Celle-ci sourit et fit de même sur sa main. Des chaises remuèrent devant lui. Westy remuait ses morceaux de graisse pour essayer de voir ce qu’ils faisaient. Ludmilla lui montra sa main pour l’aider à mieux voir et celui-ci changea de couleur une énième fois. Par la suite, il lança un regard plein de haine au Wanajima qui se contenta de lui répondre en tirant la langue. Enfantin mais cela fit rire la jeune fille à ses côtés qui pouffa, au grand désarroi de Westlake Jr qui se retourna, penaud. Le professeur, M. Kajima, venait de terminer son cours au moment où la sonnerie, stridente et énormément désagréable, sonna.

Les élèves commencèrent à se déverser en flux régulier vers la sortie pendant que l’héritière Hoffënspark et Kanbei vagabondaient lentement à travers la cours, bras dessus bras dessous. Dans ces moments là, Kanbei était aussi moelleux qu’un rouleau de papier toilette. Il était capable de tout accepter. Surtout venant de sa dulcinée. Ils s’assirent dans un carré d’herbe et discutèrent pendant près d’un quart d’heure. Il aurait voulu que ces instant ne se terminent jamais. Il était si bien. Il n’avait pas ressenti ça depuis bien longtemps et voulait que ça dure. Pourquoi n’avait-il jamais réussi à garder de petite amie pendant plus de quelques mois ? Il n’en savait rien. Peut-être que c’était une malédiction ? Un problème psychologique ? Une erreur anatomique ? Pfff. Bref.

La jeune fille lui roula dessus et se pencha sur lui, lui offrant une vue sur son décolleté que seuls les Elus avaient le droit de voir. Bellissima ! Ho una fortuna incredibile. Sa poitrine était parfaite. Il sourit naïvement et rougit une énième fois.

« T’es trop chou quand tu rougis !»


Soit. Il n’y avait rien à redire là dessus. Son opinion était certes étrange mais il n’allait pas s’y opposer, surtout si cela lui était favorable. Ses lèvres vinrent effleurer les siennes. Elles sentaient la fraise. Kan’ s’abandonna à sa passion et embrassa fougueusement sa petite amie. Quelque chose le gênait dans tout cela. Cela semblait trop facile. Mais pourquoi pas ? Le mérite n’entrait pas en ligne de compte. Il avait juste eu de la chance de plaire à cette fille en particulier. Il lui caressa le flanc doucement et lui chuchota des mots doux à l’oreille. Elle était si parfaite qu’il ne savait jamais quoi faire ou quoi dire. Il se contentait de laisser aller ses émotions et d’être gentil et "doux" avec elle.

Ils restèrent ainsi pendant une bonne heure mais cela ne risquait pas de s’éterniser. Ludmilla avait un compte rendu de TP à préparer et elle devait filer. Kanbei lui proposa son aide et celle-ci accepta, lui donnant rendez-vous le soir même chez elle, à 20h. Elle louait une chambre d’étudiante dans une résidence universitaire non loin de l’école. Voilà qui promettait quelque chose d’intéressant. Elle l’embrassa une dernière fois sur le nez et fila. Il était aux anges. Se relevant et empoignant son sac, il entreprit de rentrer chez lui prendre une bonne douche en sifflotant. Enfin, il essaya de se rendre chez lui.

Avançant tranquillement dans la rue, il ne fit pas attention aux deux jeunes hommes encapuchonnés assis sur un muret à sa droite. Il ne fit pas non plus gaffe aux sifflements que ceux-ci firent quand ils le virent passer. Il était perché et rien ne pouvait l’atteindre. Du moins c’est ce qu’il pensait. C’est ce pourquoi il continua sa route sans se méfier. Il entra dans une ruelle quand il entendit des bruits de course derrière lui. Il se retourna par réflexe mais n’eut pas le temps d’éviter le coup de coude qui visait ses reins. Aie. Il posa un genou à terre et vit ce à quoi il ne s’attendait pas. Quatre gars de sa promo’ barraient les issues et se rapprochaient de lui. Il reconnut bien évidemment leur meneur, Conrad Westlake Jr. Il était accompagné de ses trois toutous. A côté de Conrad se tenait Pete Harper, un grand garçon d’environ deux mètres qui était réputé violent dans toute l’école bien qu’on ne l’ait jamais vu cogner quiconque. De l’autre côté se tenaient Clyde et Jack Burrows, les Jumeaux Fourbes. Ces 4 personnes totalisaient à elles seules 25 demandes de renvoi, 853 heures de retenue et plus de deux milliers d’observations. Et pourtant, ils étaient toujours acceptés dans le système scolaire. Merci l’argent de papa et maman. Kanbei les détestait bien qu’il ne le leur montre pas.

Ces types là venaient pour lui démolir la tronche et cela se voyait à des kilomètres. Il était dans la merde jusqu’au cou.

"Alors Wanajima, on fait moins le dur quand on est loin de sa petite copine hein ? lança Pete Harper."


Les autres gars éclatèrent de rire mais Kanbei n’y fit pas attention. Il cherchait déjà un moyen de se sortir de ce mauvais pas. La ruelle était étroite et il n’avait pas le physique d’un cogneur. Certes son corps était robuste mais, à l’époque, il ne pratiquait pas d’art martial. Il était donc dans la mouise jusqu’au cou. Les deux jumeaux l’immobilisèrent pendant que Conrad approchait. Il n’avait pas peur non. Il voulait juste se tirer de ce mauvais pas immédiatement et aller retrouver Ludmilla pour la serrer dans ses bras. Pour l’instant rien ne pressait. Enfin…

Un Butterflymesser, ou couteau papillon, jaillit des mains de Westy et la lame étincela en face de Kanbei. Ouille. Il lui en voulait tant que ça ? Il fallait faire quelque chose et vite.

"On va voir si tu joues encore au tombeur de ces dames avec le visage défiguré, lacha Conrad d’un air rageur"


Sa vie était en danger et il le savait. Il ne pouvait pas se permettre de mourir ici. Il avait bien trop de choses à faire. Gagner de l’argent pour payer un traitement à sa mère. Faire prospérer l’entreprise de son père et, qui sait, continuer sa vie avec Ludmilla. Non, il n’allait pas mourir ici. Il n’en avait pas le droit. Son esprit se mit à cogiter rapidement dans l’espoir de trouver une solution.

Les deux frères lui tenaient tous deux un bras chacun mais ses jambes étaient libres. Il avait donc la possibilité d’agir rapidement pour essayer de se libérer. Westy approchait et n’était plus qu’à quelques mètres quand Kanbei passa à l’action. D’un vif mouvement de jambe, il cogna de toutes ses forces sur le genou d’un des deux Jumeaux qui lacha prise.

"Enfoiré ! Mon genou ! Il m’a pété le genouuuuu. J’ai maaaaaaaaaaal !"

Pas de répit possible. Dans le même élan, il s’enroula sur lui même et distribua un coup monumental au second jumeau de son bras libre. Celui-ci n’eut pas le temps de se protéger puisque ses mains tenaient encore son bras. Kanbei sentit la machoire du jumeau vibrer sous l’impact et le vit se soulever du sol pour aller s’écrouler un mètre plus loin. Il était libre de toute entrave. Une des deux issues de la ruelle était à sa portée et il se mit à courir dans cette direction. Erreur. Il avait oublié que Pete Harper était le capitaine de l’équipe d’athlétisme de l’école. Celui-ci l’empoigna par l’épaule et l’envoya valser contre un mur. Aouch. Cela faisait fichtrement mal. Mais il n’avait pas le temps de s’apitoyer sur son sort. Conrad avançait à toute vitesse et cela risquait de se terminer dans d’horribles circonstances si le Wanajima ne partait pas rapidement d’ici. Malheureusement, Harper lui bloquait le chemin et lui décocha un crochet du droit plutôt rapide. D’ici quelques secondes, Westy serait là et les choses iraient autrement. Il n’avait pas le droit à l’erreur. Un seul essai. D’un revers de bras gauche, il bloqua le bras de son assaillant et lança une violente frappe du bras droit, poing fermé.

"Chat-b*** !"


Un coup bas certes mais rudement efficace. L’unique descendant de la famille Harper et dernier né de la lignée se plia en deux tout en gémissant d’une voix de fillette. Venait-il de créer un eunuque ? Probablement pas. Il aurait pour cela fallu lui couper les parties au couteau et enterrer le jeune homme dans du sable chaud pour la cicatrisation. Mais qu’importe. Il n’avait pas le temps de s’attarder et il reprit ses jambes à son cou une seconde fois. Conrad était certes un gros lard mais Kanbei n’allait pas prendre le risque de l’affronter armé de la sorte. C’est ce pourquoi il courut chez lui du plus vite qu’il put. Le gros lard ne risquait pas de le rattraper mais il n’allait pas prendre le risque de ralentir. Il ne savait pas sur quoi il pouvait tomber. Arrivant chez lui tout transpirant, il alla directement prendre une douche. Conrad n’allait pas repasser à l’action directement. C’était trop risqué. L’eau chaude lui fit comme un coup de fouet. Ses idées se remettaient en place. Ce type était totalement malade. Comment Kanbei avait-il pu garder son sang-froid aussi longtemps ? Ce gars là méritait une bonne correction et il allait bientôt y avoir droit.


[...]19h20. Kanbei était en chemin. Tout beau tout propre. Il portait un jean bleu délavé et ses habituelles baskets bon marché ainsi qu’un pull noir en laine qui laissait dépasser un tee-shirt blanc. Avec ses maigres moyens, il s’était débrouillé pour essayer d’avoir une allure respectable. Les évènements qui venaient de se produire l’avaient quelque peu affecté mais il se devait de les cacher. Au moins pour Ludmilla. L’air ambiant était frais et Kanbei avançait tranquillement en direction du petit nid de son aimée. Il s’était même parfumé pour l’occasion. Aux yeux de tous, cela pouvait paraître banal mais c’était pour lui un geste de toute première importance. Il ne se parfumait quasiment jamais. Non pas parce qu’il n’en avait pas envie mais parce qu’il n’avait généralement pas les moyens pour se payer du parfum sur le long terme. Il avait donc pioché dans les échantillons qu’on lui avait fourni lors de ses divers passages dans des parfumeries. Il espérait plaire à la ravissante créature qui hantait son esprit depuis deux longues journées et qui, il l’espérait, le hanterait des années durant.

Il traversa un square désaffecté et repensa à son agression. Il devait remédier aux exactions de ce stupide Conrad Westlake Jr. Si cela continuait ainsi, l’un d’eux risquait de mourir de manière bête. Et Kanbei ne voulait pas de cela. Ce soir, il irait résoudre ce problème seul, comme la coutume familiale le prônait. C’allait être risqué mais c’était mieux ainsi. Enfin…

Plus que trois cents mètres et il arriverait chez Ludmilla AKA Plus jolie fille qu’il n’ait vu à ce jour. Son cœur commençait à tambouriner contre sa poitrine. Etait-il anxieux ? Pas le moins du monde. Ses seules pensées craintives se tournaient vers les ignominies que tenterait d’accomplir Westy à son encontre et ce n’était pas le moment d’y penser. Ses pas le portèrent devant un grand immeuble de résidence universitaire peint avec des couleurs hétéroclites. Il pressa son doigt contre la sonnette qui indiquait Hoffënspark et attendit qu’on lui ouvre. Gravissant les escaliers quatre à quatre, il eut vite fait de se retrouver nez à nez avec une porte blindée indiquant le lieu où il devait se rendre. Il toqua à la porte et attendit qu’on lui ouvre.

Des bruits de pas se rapprochèrent de la porte et celle-ci s’ouvrit. Waouh. Elle était tout simplement sublime. Même en pyjama. Il esquissa un sourire et la regarda de la tête aux pieds pendant qu’elle le faisait entrer. De petits chaussons roses, un bas de survêtement gris et un tee-shirt blanc un peu ample qui laissait poindre de généreuses courbes. Radieuse. Elle était radieuse et cela le fit sourire.

"Tu critiques mon pyjama c’est ça ? dit-elle en l’embrassant"


"Pas du tout. Je constate juste que tu es splendide en toutes occasions, répondit-il en lui rendant son baiser"


Un doux parfum de pomme flottait autour d’elle. Elle le tira par le bras et lui fit visiter son petit T3, toute joyeuse. Le mobilier était plutôt riche. Quatre ou cinq armoires, un grand bureau, un canapé-lit et de nombreux meubles de rangement. La lumière était très tamisée et l’ambiance se voulait studieuse d’après le papier peint qui représentait des bribes de savoir mathématique. Brrrrr. Tout donnait à penser au travail à part quelques livres sur la mer et une tenue de gymnastique qui trainait non loin. Mais d’abord, il allait falloir manger. Et elle avait déjà préparé de quoi manger. Une entrecôte et un gratin dauphinois, tous deux accompagnés d’une sauce au poivre. Hmmm. Son diaphragme en frémissait de joie. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas mangé de viande rouge qu’il avait même du mal à se souvenir du goût. Il salivait d’avance et prit place autour de la petite table du salon. La chef cuisinière surgit des fourneaux quelques minutes plus tard, souriante.

"Et voilà ! La nourriture de monsieur est prête, tout comme celle de madame !"


Il ne put qu’émettre un hmmm d’approbation et prit une bouchée de son plat. Ses yeux se mirent à briller. Ô jouissance divine. Mon Dieu que c’est bon. Cela faisait tellement longtemps qu’un tel mets ne s’était pas retrouvé dans son assiette qu’il en avait perdu la saveur. Ses papilles s’extasiaient et il ferma les yeux pour mieux savourer le tout.

"Ca te plait ?"


"C’est la meilleure chose que j’ai mangé depuis au moins dix ans."


Pour une fois, ce ne fut pas lui qui rougit jusqu’aux oreilles. Ils venaient tous les deux de finir leurs plats et elle se mit à débarrasser et à faire la vaisselle. Woutoutoutoutou ! Ca n’allait pas se passer comme ça. Il fila à la cuisine et entreprit de l’aider. Non mais. Depuis quand les femmes devaient s’occuper seules des tâches ménagères ? Au bout de quelques minutes, ils étaient déjà sur le point de finir. C’est le moment que choisit Kanbei pour enlacer sa dulcinée et lui déposer un bisou dans le cou. Ils s’étreignirent un instant et commencèrent à s’embrasser passionnément. Mais toute bonne chose avait une fin. Il fallait travailler. Après tout, il était venu pour ça.

"Tu veux commencer à réviser ton compte rendu ? déclara-t-il tout en l’embrassant sur le nez."

"En fait, je pensais à quelque chose d’un peu plus pratique."

"Comme ?"


La main de la jeune femme glissa sur son entrejambe. Hmmm. Effectivement. Voilà qui prenait une tournure intéressante. Ce qui lui servait de troisième jambe commença à recevoir de forts afflux sanguins. La soirée promettait d’être torride. Quel crétin il faisait… En même temps, qui aurait pu ne pas s’en douter à part lui ? Heureusement qu’il lui restait deux ou trois parachutes dans son sac. La tension venait de monter d’un cran mais il ne risquait pas de lui dire de lui lâcher la grappe. Ses raisins étaient entre de bonnes mains et le temps des vendanges approchait à grands pas. Enfin c’est ce qu’il croyait.
Ludmilla semblait d’humeur caline et il n’allait pas s’en priver. Enfin. C’est du moins ce qu’il crut. On toqua à la porte. Le facteur ? A cette heure-ci ? Il ne comprenait pas trop. Ce devait être très urgent. Lorsque sa petite amie ouvrit la lettre, elle blêmit et fondit en larmes. Kanbei ne savait pas quoi faire et il la prit dans ses bras. De longues minutes durant, elle ne fit que pleurer jusqu’à ce qu’elle réussisse à prononcer quelques mots.

"Ma t… ma tan-ttte vient de mmmm-mourir"


Aie. Voilà qui jetait un pavé dans la mare. Ses ardeurs repartirent aussi vite que ce qu’elles étaient arrivées. Profiter d’une telle faiblesse n’était pas digne d’un être humain et il chassa toutes ses envies de batifolage de son esprit. Elle semblait dévastée. Pourtant, elle ne lui avait jamais trop parlé de sa tante et il n’osait pas aborder le sujet maintenant. Il réussit à la faire s’allonger sur le canapé qu’il venait de déplier. Elle n’allait pas bien du tout et cela se sentait. Il prit donc l’initiative d’aller lui faire une tisane.
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Kanbei
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Ven 22 Fév 2013 - 19:01

Spoiler:
 


[…] Elle venait de partir pour l’enterrement depuis six heures et rentrerait le lendemain. Il se retrouvait donc seul. Son agression lui revenait toujours en mémoire et il se résolut à agir. Il allait régler ça d’homme à homme… C’était planifié depuis bien longtemps mais jusque là, il n’avait pas trouvé le courage pour le faire. Ayant passé toute la journée à buller, il avait choisi de se préparer à ce qu’il allait faire. La résidence Westlake n’était pas la plus sécurisée de l’ile mais il allait falloir faire preuve de prudence. Pour cela, il revêtit un survêtement noir et une veste à capuche noire par dessus un tee-shirt noir sans marque lui aussi. Il fit rapidement l’inventaire de ce dont il aurait besoin et mit le tout dans un sac.

Il était fin prêt. Tout devait se passer comme sur des roulettes. Il sortit de chez lui et entreprit une marche discrète en direction du domaine Westlake. Celui-ci se trouvait à l’extérieur de la ville, dans les collines. A ce qu’il en avait appris grâce à quelques ivrognes ou piliers de bar, les terres des Westlake s’étendaient tout autour de la Colline de l’Homme Ivre. Près d’une cinquantaine d’hectares de terres surveillées par un service de sécurité privé. Rien de bien engageant. La plupart des terres n’étaient que des parcelles de forêt mais les Westlake avaient aussi en leur possession le Lac Kandare, qu’ils ouvraient aux touristes l’été pour faire rentrer un peu d’argent. Les proportions immenses du domaine le rassuraient. Le service de sécurité devait probablement avoir du mal à surveiller toute la zone. Defcom Sécurité. Kanbei s’était renseigné sur l’entreprise privée de mercenaires. Apparemment, ils louaient leurs services de Contractors à la Marine pour protéger des îles privées jusqu’à ce que la famille Westlake ne propose un meilleur prix. Etrange. Pourquoi s’attacher à une compagnie de ce type alors qu’il en existait des centaines ? Le Wanajima n’avait pas su y répondre mais ce n’était pas très grave.

Il venait de sortir de la ville et déambulait le long d’un chemin de campagne en direction de chez les Westlake. En moins d’un quart d’heure, il avait pénétré sur les terres interdites. Un panneau le lui signalait et l’informait aussi des dangers encourus. Pendaison ? Les Westlake avaient donc tant de pouvoir que ça ? Il hésita à renoncer. D’une part, il encourrait des risques non négligeables mais d’autre part il se devait de faire cesser les brimades de Conrad. Ce stupide crétin avait beau être un fils de riche, il n’avait pas pour autant le droit de tenter d’assassiner ou de charcuter des gens. L’air se rafraichit et il enfila une cagoule noire en supplément de sa capuche. Rien sur lui n’indiquait une quelconque provenance. Il n’avait rien à craindre.

De loin, on apercevait les trois bâtisses qui formaient la Maison Westlake. L’une d’entre elles rassemblait les écuries et les dépendances des domestiques. Les deux autres composaient les habitations familiales et toutes les pièces utilitaires nécessaires au bon fonctionnement du domaine. Où dormaient donc les gardes ? Il n’en avait foutrement aucune idée et c’était ce qui l’inquiétait. D’où il était, il ne voyait aucun garde. Il s’engagea à travers les bois. Aucun bruit. Aucun son. Tout cela semblait vraiment très étrange mais le jeune homme n’en avait rien à faire. Il venait régler une affaire personnelle. Il était à 60 mètres d’une des deux bâtisses d’habitations, tapi dans les bois. Leur service de sécurité était vraiment minable. Du moins c’est ce qu’il croyait. A plat ventre derrière un taillis, il n’entendit même pas les pas qui se rapprochaient de lui. Une lame effilée vint s’appuyer sur son cou et son sang se glaça.

"Tu ne croyais tout de même pas aller si loin sans être repéré ?"

Qu’est ce que ? Kanbei n’osait même pas se retourner. Il était pétrifié et pris de panique. D’où ce type était-il sorti ? Leur service de sécurité était bien plus efficace que ce que l’on aurait pu croire. Il n’eut pas le temps de penser à autre chose et se reçut un violent coup à l’arrière du crâne, le faisant sombrer immédiatement dans le monde des rêves.

Il ne remarqua même pas que le garde qui l’avait assommé le souleva comme un vulgaire fétu de paille. Ni même que l’homme en question était un homme-poisson. Il se réveilla une demi-heure plus tard. Les yeux troubles, il parvenait mal à distinguer la pièce où il était. On aurait dit qu’il était dans une sorte d’atelier. Divers outils étaient accrochés au mur et il remarqua même deux machines outils. La pièce était plutôt grandeet ne devait pas dépasser les deux cents mètres carrés. Il porta son regard sur son propre corps. Il était torse nu et tout son barda lui avait été retiré. En supplément, on lui avait offert de jolis liens au niveau des jambes et des bras. Liaison encastrement avec une chaise en acier elle-même reliée au sol. Il était prisonnier. Et il lui fallait une idée pour se libérer sinon… Sinon quoi ? Il ne savait même pas ce qui l’attendait. La peur le prenait peu à peu mais il fallait rester lucide. Son ‘‘ravisseur’’ donnerait de ses nouvelles prochainement. Pour le moment, il lui fallait réfléchir à une stratégie. Trois issues s’offraient à lui. Une trappe aménagée dans le sol quelques mètres devant lui, trempée d’ailleurs. Et deux portes. L’une d’entre elles était une porte blindée qui donnait apparemment sur une chambre froide comme l’indiquait l’écriteau. Et la seconde était à son opposé. Ce n’était qu’une porte en acier comme on en rencontre un peu partout. Sa bouche était terriblement pâteuse et ses yeux n’étaient pas encore tout à fait opérationnels mais il sentit que quelqu’un arrivait.

La porte d’en face se mit à tourner sur ses gonds et laissa le passage à deux individus. L’un d’entre eux tenait la porte au second. Kanbei essaya de mémoriser le plus rapidement possible un maximum d’informations sur ces deux individus qu’il n’oublierait probablement jamais.

"Merci bien Vanya. Est  ce là le fameux intrus ?"


"Oui sire Westlake."

Aie. Aie. Aie. Ouille. Il reconnut immédiatement le premier des deux hommes. Sir Ian Abington-Westlake, notaire de la ville et membre influent de la communauté de Manshon. Il était accessoirement le père de Conrad et on le soupçonnait d’activités illégales malgré la présence de la Marine sur l’île. Il était vêtu d’un ample manteau noir à l’intérieur vert émeraude et portait un costume noir signé d’un grand tailleur de l’île. Haji quelque chose… Bref. Il avait aussi une longue canne au pommeau doré. Ce n’était pas le plus important. Le regard de Kanbei s’attarda ensuite sur le second individu. Il était habillé bien différemment. Un treillis et des rangers impeccables. Un débardeur noir avec une écriture DC Sécurité qui laissait en vue des muscles finement ciselés. C’était probablement le chef de l’équipe de sécurité. Il était armé de manière plutôt originale. Un fusil-harpon dépassait de son dos et, à son flanc, pendait un pistolet des plus classiques. Le Wanajima s’attarda à mémoriser son visage. Un homme blanc d’une trentaine d’années. Brun. Les yeux marron. Une cicatrice lui parcourait toute la joue gauche et se terminait sur son menton. Un profil de tueur sans foi ni loi.
Le patriarche Westlake s’avança vers lui et sourit d’un air satisfait.

"Hohohoho ! Mais qui voilà ? Le petit Kanbei Wanajima ! Ca tombe bien mon fils voulait que je vienne te voir. Je vais donc faire d’une pierre deux coups."


De quoi parlait-il ? Conrad lui avait parlé de leur pseudo-affrontement ? Cela paraissait peu probable mais qui sait… Dans de telles familles, on ne se cachait probablement rien. Cela l’affolait grandement. Il n’avait même pas 20 ans et risquait de mourir ici, dans un atelier miteux. On enterrerait probablement son corps dans une fosse et on le laisserait pourrir le temps qu’il y ait prescription. C’était terrible mais il ne pouvait pour le moment que se résigner à son sort.

"Que me voulez-vous ?"


Voilà. Mieux valait aller droit au but. De tels types n’avaient pas le temps à perdre avec des avortons comme lui et pouvaient réduire son espérance de vie à tout moment. Il se devait donc d’être précis et coopératif. Le vieil homme commença à faire les cent pas et porta soudainement sa canne sous le menton de Kanbei.

"Allons allons ! Que de tempérament ! Je n’en attendais pas moins de la part du rival de mon fils. Même si j’aurais préféré qu’il soit plus compréhensif quant aux attentes de notre famille."

"Je ne comprends pas ! s’égosilla Kanbei. Que voulez-vous ?"


Le vieillard releva la canne sur la bouche de Kanbei et posa un doigt sur ses lèvres pendant qu’il arpentait la pièce.

"Tututututtuuuuu. On se calme et on laisse parler les grands. Alors… Par où commencer ? Allez tu as de la chance je vais être concis. Comme tu t’en doutes, mon fils désire Ludmilla Hoffënspark. Mais. Il y a toujours un mais vous ne trouvez pas ? Enfin. Elle s’est mise avec toi. Et là, il y a comme un problème."


Kanbei ne comprenait pas les manières de ce type. Quel problème y avait-il à sortir avec Ludmilla ? Il ne causait en rien du tort à leur famille si ce n’était par son intrusion sur le domaine familial, chose pour laquelle il ne méritait pas un tel traitement. Il allait faire part de ses autres interrogations quand la canne percuta sa mâchoire. Cela faisait un mal de chien. Ce type avait une force de brute. Le supposé chef du service de sécurité se mit à rire.

"Ne dis rien j’explique. Tu vas abandonner cette ô combien charmante damoiselle et la laisser entre les pattes de mon cher et tendre Conrad. Bien entendu, celui-ci ne sera au courant de rien. Cette histoire ne vaut pas la peine de déranger mon chérubin. Quant à ton intrusion de ce soir… Disons que je t’en fais cadeau. Après ces quelques explications, tu t’éloigneras donc de la petite Hoffënspark et tu disparaitras aussi vite que ce que tu es apparu dans ma vie. Bien sur, dans mon extrême bonté, je te laisserai tout de même la possibilité de finir tes études. Compris ?"


Kanbei tombait des nues. Ce type voulait qu’il renonce à Ludmilla pour donner un coup de pouce à son fils, presque aussi gros qu’un tonneau ? C’était absurde. Pourquoi devrait-il l’écouter ? Il pouvait tout aussi bien mentir ou refuser. Qu’est ce qui l’en empêchait ?

"Et si je refuse ? dit Kanbei en défiant le vieil homme du regard."


Ce dernier fit un signe de tête au second homme en présence. Celui-ci avait ramené un objet sous une bâche et l’avait cloué à un mur. Bizarre. Quelque chose coulait de la bâche. On aurait dit du sang ? Mais … C’est du sang ! Qu’est ce que ? Le contractor arracha la bâche, laissant place à un cadavre cloué au mur. Cela relevait tout bonnement du film d’horreur. Il se retint de vomir et vit le chef de l’équipe de sécurité armer le bras et frapper le cadavre à la gorge. Une tête tomba sur le sol.

"Tes parents vivent toujours sur Coney Island ?"


Un sourire horrible vint déformer les lèvres du vieil homme. Kanbei n’avait pas le choix. Ils pouvaient à tout moment aller exécuter sa famille en guise de représailles. Il était pris au piège. Des larmes perlèrent le long de son visage. Ces types étaient des crevures de la pire espèce.

Un jour il les retrouverait.
Un jour, il les tuerait.
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Kanbei
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Ven 22 Fév 2013 - 19:54

Deux ans avaient passé. De l’eau avait coulé sous les ponts. Mais il n’avait toujours pas oublié. Cette île lui rappelait de bons et de mauvais souvenirs à la fois. Ludmilla. Cela faisait tellement longtemps qu’il n’y avait pas pensé. Depuis ce maudit jour. Il s’était hâté de finir sa scolarité et de fuir de cette île. C’avait été une période noire pour lui. Abandonner Ludmilla, perdre sa mère, se brouiller avec son père. Il n’avait jamais pardonné à ces fumiers. Aujourd’hui, une rage sans précédent l’animait. Même s’il s’était contenté de la masquer à ses compagnons de galère, il ne risquait plus de la contenir très longtemps.

Depuis qu’ils s’étaient séparés, il pouvait faire une crise à tout moment. Il n’était plus obligé de cacher cette part si sombre. Son capitaine l’avait déjà vue et avait probablement le pouvoir nécessaire pour le canaliser si besoin était. Depuis la fusillade, il ne pensait plus qu’à cela. Même si deux personnes étaient à même de rejoindre leur équipage, même s’il était traqué par une soixantaine de soldats de la Marine. Elle obnubilait son esprit. Qu’était-elle devenue ? Lui avait-elle pardonné ce qu’il avait fait ? Surement pas. Il n’en avait que faire. Ce n’était plus le même homme désormais.

Depuis qu’il avait posé un pied sur cette île, il avait envie de retourner là-bas et de tout détruire. Ses pulsions le tiraillaient et son esprit était trouble. Il se rappelait de tout. Exactement de tout. Les bois. Le domaine. La route. L'atelier. Et les mots. Les mots que cette enflure de Sir Abington-Westlake Senior avait prononcé cette nuit-là. Ces phrases l'avaient rongé comme de l'acide pendant toutes ces années. Maintenant, il n'en avait plus peur. Il ne craignait plus toutes ces menaces sur sa famille. Sa mère était morte de maladie et son père ne tarderait pas, probablement usé par le travail. De toute manière, les conditions avaient changé. Il était devenu fort. Bien plus fort que ce qu'il n'aurait jamais pu imaginer. Et il pouvait désormais se venger. Cette possibilité était envisageable. Et il l'effleurait du doigt depuis une bonne heure.

Lloyd l'avait amené dans un bar. Il voulait parler de leur prochain navire mais Kanbei l'écoutait d'une oreille distraite, réfléchissant encore et encore à ce mal qui l'affectait. Le Barrel était alors allé chercher le journal et semblait s'exclamer sur un fait d'actualité. Et merde. Il fallait absolument faire quelque chose. Ses mains se crispèrent sur le bord de la table. Lloyd était en train de lui demander s'il l'écoutait. Apparemment pas. Il se foutait complètement de ce que son capitaine lui disait en ce moment et regarda autour de lui. Une taverne mal famée. Comment étaient-ils venus ici? Il ne s'en rappelait pas trop. En fait, il ne se rappelait plus de ce qui s'était passé depuis le recrutement de Kanbei. Ses pensées se retournaient encore vers le passé. La Bête était là, guettant la moindre faille.

Non. Il ne sombrerait pas. Pas maintenant. Il allait se venger. Oui. Son regard se redirigea vers son capitaine. Le comprendrait-il? Probablement pas. Mais il avait besoin d'aide et ne savait pas où aller la chercher. Seul son capitaine pourrait le comprendre. Au fond de lui, il le sentait. Il valait mieux lui dire.

"Lloyd, tu sais..."


Et non. Son capitaine l'interrompit et se remit à parler comme si Kanbei n'avait pas le droit de parole. Cela l'aurait fait marrer en temps normal mais là, il avait un peu de mal à le tolérer. Une tasse de café bien chaude trainait devant lui et il n'avait même pas envie de la boire.

Il devait prendre la parole maintenant où les choses allaient prendre une tournure assez dangereuse. Sa tasse pourrait faire une diversion intéressante. Lloyd ne cessait pas de parler. Il ne fallait pas s'énerver. Surtout pas s'énerver. Sa tasse traversa la pièce à une vitesse effarante. Personne ne sembla la remarquer si ce n'est le descendant de la famille Barrel. En même temps, aucun des yeux dans la salle n'était exercé à faire attention à gestes aussi rapides. Pas de combattant par ici si ce n'étaient eux deux. Maintenant que la tasse venait de planer à travers la pièce, il avait toute son attention.

"Bien sage. Maintenant que tu m'écoutes, tu la fermes quelques instants okay? Je vais te raconter quelque chose d'important. Sur cette île et sur moi."

Il marqua un temps d'arrêt. L'heure n'était plus aux gamineries. Il se devait de parler maintenant. Et vite. Il ne savait pas combien de temps il pourrait rester calme en repensant à ces évènements. Il était tendu. Très tendu.

"Il y a environ deux ans de ça, j'étais avec une fille. Rien de bien compliqué vois-tu. Sauf qu'un autre gars de mon école d'ingé la voulait. Il a tenté de m'charcuter et j'ai réussi à me tirer. Mais. Il y a toujours un mais. J'ai voulu me venger une première fois. Grossière erreur. J'ai voulu m'infiltrer dans le domaine familial et faire payer à ce petit con. Sauf que le service de sécurité m'a intercepté et qu'il s'est passé un truc horrible"


Seconde pause. Les mots étaient durs à jauger. Son art rhétorique avait diminué. Probablement sous le coup de l'émotion. Son discours devait paraître fade mais qu'importe. C'était lancé et il devait continuer. Il s'essuya les lèvres et reprit.

"Ces types là m'ont sequestré et forcé à abandonner ma petite amie de l'époque pour la laisser au gros con de ma classe j'ai nommé Conrad Westlake Jr. J'ai voulu refuser mais ils ont menacé de tuer ma famille. A l'époque je n'avais pas les moyens de me défendre et j'ai ployé. Puis je suis parti de cette île et j'ai essayé d'oublier. En revenant ici aujourd'hui, je me suis rappelé."


Ses machoires se crispèrent et il tressauta. Ses jambes se raidirent et il se redressa de tout son long en déposant quelques berrys sur la tables. Il était temps d'y aller. Ramassant son pistolet sur la table et le fourrant sous sa cartouchière, il soupira et se mit dos à Lloyd.

"Aujourd'hui même, je vais aller me venger. Je n'ai plus rien à perdre et j'aimerais que tu m'accompagnes. Ces types là trempent dans quelque chose de louche. Cela peut te paraître bizarre mais c'est comme ça. Libre à toi de me suivre ou pas. Si je survis, comptes moi toujours comme dans ton équipage. Sinon, bonne chance."


Il soupesa son fusil et le mit en bandoulière. Le sang allait être versé. Le sien coulerait probablement mais il ne mourrait pas en vain.

Aujourd'hui, il allait laver son honneur.
Aujourd'hui, il allait assouvir sa vengeance.
Aujourd'hui, il se battrait en homme libre.

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Sam 23 Fév 2013 - 2:14


Les Avalons - Arc I : L'ascension sur North Blue.



Rattrapé par le passé ! [Log I-3]


Après avoir parcouru un petit bout de chemin dans les sombres ruelles de Manshon, nous, enfin je, pousse la porte d'une taverne miteuse. En fait, c'est un pléonasme. Toutes les tavernes dans lesquelles je me rends sont miteuses. Est-ce parce qu'elles sont sur des île de ploucs, ou bien parce qu'elles en sont remplies (de ploucs, pas d'îles) ? Je ne saurais dire. Surement un bon compromis entre les deux. Toujours est-il qu'au moment ou nous, enfin surtout je, franchis le pas de la porte, le niveau intellectuel de la pièce s'en voit immédiatement rehaussé. Et ces ivrognes affalés sur leurs tables qui ne se doutent même pas de qui vient de rentrer. Le grand Lloyd Barrel, en personne. Charismatique capitaine de l'équipage pirates des Avalons. Personne pour m'acclamer, louer mes exploits. C'est triste. Triste et pitoyable. Mais je ne suis pas venu là pour m'apitoyer sur la misère de cette ville et sur la condition des cancrelats qui la peuplent, et qui ne savent pas reconnaître un héros quand ils en voient un. Je suis là pour me cacher de la marine, mais aussi surtout pour discuter avec Kanbei de la marche à suivre. Même si je suis seul maître à bord, et que c'est moi qui prend les décisions, j'ai besoin de son avis car il a la tête sur les épaules. Surtout en ce qui concerne le matériel. Et avec l'arrivée de Viald et de Naoko dans l'équipage, il nous faut justement un nouveau navire.

Nous avançons dans la salle de bar. Je commande deux repas, deux cafés noirs et le journal du jour. Ça va nous changer les idées, car nous affichons tous les deux des mines préoccupées. Moi, c'est normal, car je dois tout gérer pour l'équipage en permanence, et que c'est moi qui porte le lourd fardeau des responsabilités, mais Kanbei... ? Qu'est-ce qui peut lui chiffonner l'esprit comme cela ? Surement un petit problème de rien du tout. Son esprit ne doit pas être fort, comme l'est le mien, un rien doit le perturber et le tracasser. J'attaque la lecture de mon journal. Que des informations inintéressantes. Je feuillette les pages, en les survolant. Jusqu'à ce que j'arrive au panneau des primes. Là, ça commence à être intéressant. Là, sur ces quelques feuilles de papiers, on commence à voir qui fait du grabuge sur les mers, qui est fort et respecté, et qui ne l'est pas. Bientôt, ma tête sera parmi celles qui je regarde actuellement, et accompagnée d'un montant particulièrement élevé, ça ne fait aucun doute. Je lève la tête vers Kanbei, le dévisageant du regard. Le sien est toujours sombre. Il se passe vraiment quelque chose. Mais je m'en fous un peu, tant que ça ne me concerne pas. Tiens mais... Mais... MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE ÇA ?

Rattrapé par le passé! [Log I-3] Viald1200000 Rattrapé par le passé! [Log I-3] Lloydbarrel1800000 Rattrapé par le passé! [Log I-3] Wanajimakanbei2000000

Viald, Kanbei et moi sommes... Primés ? Mais c'est impossible, il doit y avoir une erreur sur le montant. Notamment sur ma prime. 1.800.000 de Berry c'est ridicule, ils ont mal du décaler le point à l'impression. Oui, 180.000.000 c'est déjà plus correct pour quelqu'un de ma grandeur, de ma puissance. Le danger que je représente auprès de ce monde est trop grand pour être ignore ou sous-estimé. Je suis celui à qui le titre de seigneur des pirates revient de droit, après tout. Tandis que là... Là... C'est juste pitoyable, surtout que Kanbei en a une plus grosse prime que la mienne ! Bon d'accord c'est un tueur sanguinaire et un peu psychopathe mais quand même... Si on se base simplement sur le danger que nous représentons, ma prime devrait être bien plus grande ! Ce n'est pas logique... Oui, il y a forcément une erreur quelque part. Ces marines font vraiment n'importe quoi.
Enfin, à part pour l'image. Le photographe à su capturer la beauté et la splendeur de mon être. Je suis au naturel sur ce portrait, magnifique et en toute simplicité. Contrairement à Viald, et à la chemise qu'il porte sur cet avis de recherche. Il va bientôt être la honte de la piraterie, avec des goûts vestimentaires aussi pourris. Mais, je ne peux vraiment lui en vouloir. Avoir une classe naturelle comme moi n'est pas donné à tout le monde...

Je suis tiré de mes pensées par le vol d'une tasse d'un bout à l'autre de la pièce. La tasse de Kanbei. Je me rends alors compte que depuis toute à l'heure, je parle à voix haute et intelligible. Merde. Maintenant qu'on est primés, il ne faut surtout pas attirer l'attention.

"Bien sage. Maintenant que tu m'écoutes, tu la ferme quelques instants okay ? Je vais te raconter quelque chose d'important. Sur cette île et sur moi."

Je décide de ne pas relever le manque de respect à mon égard flagrant de Kanbei. Quelque chose à l'air de vraiment le tourmenter. Je me tais donc et l'écoute. Mais par choix personnel, hein, pas parce que c'est lui qui me l'a demandé. Non mais oh. Je suis tout de même Lloyd Barrel.

"Il y a environ deux ans de ça, j'étais avec une fille. Rien de bien compliqué vois-tu. Sauf qu'un autre gars de mon école d'ingé la voulait. Il a tenté de m'charcuter et j'ai réussi à me tirer. Mais. Il y a toujours un mais. J'ai voulu me venger une première fois. Grossière erreur. J'ai voulu m'infiltrer dans le domaine familial et faire payer à ce petit con. Sauf que le service de sécurité m'a intercepté et qu'il s'est passé un truc horrible.", commence t-il. Mais je m'en fous complètement de ses histoires de gonzesses ! Il continue : "Ces types là m'ont séquestré et forcé à abandonner ma petite amie de l'époque pour la laisser au gros con de ma classe, j'ai nommé Conrad Westlake Jr. J'ai voulu refuser mais ils ont menacé de tuer ma famille. A l'époque je n'avais pas les moyens de me défendre et j'ai ployé. Puis je suis parti de cette île et j'ai essayé d'oublier. En revenant ici aujourd'hui, je me suis rappelé."

Et ? Viens en au faits. Sois direct, sois un homme. Porte tes couilles, et dis à ton capitaine ce que tu lui veux !

"Aujourd'hui même, je vais aller me venger. Je n'ai plus rien à perdre et j'aimerais que tu m'accompagnes. Ces types là trempent dans quelque chose de louche. Cela peut te paraître bizarre mais c'est comme ça. Libre à toi de me suivre ou pas. Si je survis, comptes moi toujours comme dans ton équipage. Sinon, bonne chance.", dit-il en se levant, payant l'addition et attrapant ses armes.

"Ecoute Kanbei... Je m'en fous pas mal de ton histoire... De plus... Lloyd Barrel n'est pas du genre à suivre quelqu'un.", commencé-je. Les yeux de Kanbei se baissent. Son regard passe de la colère à la résignation. Au fond de lui, il savait que je lui dirais ça. Je continue : "Mais... Et oui tu as raison il y a toujours un mais... Tu es un Avalon aujourd'hui. Et personne à le droit de se foutre de la gueule d'un Avalon. T'es motivé par la vengeance. C'est pas une motivation que je qualifierais de noble, mais c'en est tout de même une. Et vu que tu as été rabaissé par ces enfoirés, en tant qu'Avalon, c'est ton destin de te venger, et de leur faire payer le prix fort."

Kanbei relève la tête vers moi, et me fixe dans le blanc des yeux, puis se tourne et se dirige vers la sortie. Je me lève aussitôt derrière lui, et lui empoigne fermement le bras.

"Les Avalons passeront pas pour des lopettes. On va montrer l'exemple à tous ceux qui voudront nous chercher des noises. Et je dis bien on. Je vais quand même pas laisser mon ingénieur et second aller au casse pipe. Non pas que j'aurais des remords de te laisser te faire tuer, mais ça m'embêterait de devoir te trouver un remplaçant...", commencé-je, sans finir ma phrase. Et puis oui, je m'attache un peu à toi mine de rien. T'as des couilles et du cran pour un plouc. T'as pas inventé le fil à couper le beurre, mais tu t'en sers pour tuer.

"Donc on va y aller. On va les fracasser. Et tu vas les buter. Et les survivants se souviendront qu'il faut pas casser les couilles au grand Lloyd Barrel... Et à son équipage.", finis-je. Kanbei sourit. C'est le même sourire que j'ai vu sur son visage lorsque nous nous sommes affrontés sur cette plage de Tanuki Island. Le sourire qui s'affiche sur le visage d'un homme qui prend le taureau par les cornes, qui prend son destin en main. Ou alors, c'est tout simplement le sourire d'un mec assoiffé de sang. J'arrive pas encore bien à savoir.

Nous quittons la taverne. Kanbei se souvient encore parfaitement de l'endroit où se situe le domaine appartenant à ses ennemis. Cependant, malgré le peu que je sais sur eux, j'imagine qu'ils doivent être en mesure de se défendre, et pas qu'un peu. Nous sommes deux, et nous n'avons quasiment aucune information sur qui nous devons affronter. Impossible de d'avoir l'appui de Viald et Naoko, étant séparés de nous. Et puis, je ne suis par sur de vouloir leur aide. Je ne peux pas autant leur faire confiance qu'à Kanbei, cela ne fait pas assez de temps qu'ils sont dans l'équipage. Je ne connais pas leur réel niveau de combat, ils pourraient nous gêner. Non, c'est mieux que les choses se déroulent ainsi. Après tout, je suis le grand Lloyd Barrel, et Kanbei n'est pas non plus à sous-estimer. Il n'y a, à part moi bien sur, rien de plus dangereux que quelqu'un d'amoureux, que quelqu'un qui cherche à se venger, ou que quelqu'un d'armé. Et ça tombe bien, parce que mon acolyte combine ces trois qualités.
Au plus je réfléchis à ce que nous allons faire, au plus je me dis que c'est un bon test pour évaluer le niveau de Kanbei en situation de crise. Confronté à sa peur et à ce qui semble le hanter depuis deux longues années. Oui, vraiment. On peut dire que son passé l'a rattrapé. Mais je n'ai pas besoin de quelqu'un qui vit dans le passé. Ni de quelqu'un qui se contente du présent.
Ce dont j'ai besoin, c'est de personnes qui veulent un futur. Des gens qui sont dignes de m'accompagner.

Nous faisons un rapide tour en ville, histoire de que Kanbei soit à bloc niveau munitions. Il remplit sa cartouchière à ras-bord. Il n'en manquera pas, ça c'est certain, surtout si la situation dégénère. Et je crois qu'on est tous les deux intimement convaincus que la situation va dégénérer. C'est impossible que tout se déroule sans accroc. Comme dit le proverbe, "espère le meilleur, mais prépare toujours le pire". Eh bien je crois que c'est exactement ce que nous faisons. Surtout qu'en plus, le temps nous est compté pour cet "assaut". On a rendez-vous dans moins de deux jours au port avec le reste de l'équipage, et il vaudrait mieux pas pour notre début de carrière de pirates que l'on loupe ça.
Nous finissons nos emplettes en achetant de l'huile, des flasques d'huile. Le top du top pour tout faire flamber sur notre passage, pour causer un gros bordel. Et dieu, donc moi, sait à quel point on va en avoir besoin.

"Faut se dépêcher. Le temps nous est compté."
"Je le sais. On à jusqu'à après-demain à l'aube c'est bien ça ?"
"C'est bien ça. On est loin du domaine Westlake ?"
"Pas tant que ça. Il nous suffit de sortir de Manshon, et d'aller en direction du Lac Kandare. Le domaine s'étend tout autour de la Colline de l’Homme Ivre. En une demi-heure on y est, si on se presse un peu."
"Ça va. On fera une reconnaissance une fois là-bas. En deux ans, certaines choses ont du changer. 'Faut qu'on soit prêts."
"Oui, ne t'inquiète pas...", commence Kanbei. Il affiche un sourire et continue. Il est tout ému : "Merci de venir avec moi, Lloyd..."

J'esquisse moi aussi un sourire, alors que nous sommes sortis de la ville et que nous marchons vers la Colline de l'Homme Ivre.

"Et ou est passé le "Capitaine Lloyd" dans tout ça ?", lui dis-je en rigolant.
"Ce que t'es con... !"

Je crois que j'ai enfin un "vrai" ami.
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Sam 23 Fév 2013 - 11:43

Aussi longtemps qu'on médite sa vengeance, on garde sa blessure ouverte.

Ses deux armes appelaient le sang. Oh ouiiiiiii! Lloyd venait de discourir. C'était un bon capitaine. Il était d'accord pour l'accompagner et cela le rassurait. Au fond de lui, il savait que seul, il n'aurait pas pu survivre.

Les Avalons. Leur équipage était à peine formé que le capitaine lui faisait confiance. Tant mieux, il était confiant quant à leur avenir. La confiance était la clé dans un équipage. Et apparemment, ils savaient que ça l'était. Quelques paires d'yeux se tournèrent vers eux dans la taverne. Des pochards en train d'émerger sans doute. Sous ses airs de crétin, son capitaine avait un certain sens de l'honneur et un bon fond.
Ils allaient leur faire payer le prix fort. Bien dit. Mais il fallait faire attention. Les gars qu'ils allaient attaquer étaient loin d'être des lopettes. Il fallait le dire à Lloyd. Sortant de la taverne, il s'étira. Oui. Mieux valait prévenir Lloyd. Mais pas immédiatement. Il risquait de se défiler. Enfin de s'énerver du moins. Ses pensées se focalisèrent sur son objectif. La famille Westlake.
Mais d'abord, ils avaient besoin de munitions. De beaucoup de munitions. Ils passèrent dans une armurerie "clandestine". Le but étant de ne pas alerter la Marine. Ils se remplirent les poches de munitions. La cartouchière était pleine à craquer. Il donna à Lloyd quelques informations sur la localisation du domaine Westlake. La Bête n'était pas loin du tout. Les abysses se rapprochaient dangereusement. Non. Pas maintenant. Il prit sa tête entre ses mains et essaya de se calmer un instant.

Le feu. Ouiiiiiii! Voilà ce qu'il leur fallait. Foutre le feu! Partouuuuuuut. Un brasier gigantesque. Que faire de mieux?
Grandiose. C'allait être grandiose!

Non. Aujourd'hui c'est à moi de régler ça.

Cette journée là était sienne. Il fit taire la Bête. Oui. Son jour était arrivé. Il ne pouvait pas le laisser à la Bête. C'était le sien. Un profond sentiment de soulagement s'empara de lui. Il dominait la Bête et elle ne pouvait pas prendre le contrôle dans ces situations là. Intéressant. Quoi qu'il se passe au domaine, son honneur serait sauf.
Remerciant Lloyd de sa venue, ils s'empressèrent ensuite de se mettre en chemin. Il allait falloir donner à Lloyd un flot d'informations important. Tout ce dont il se souvenait. Gardes, bâtiments, environnement. Armement. Individus en présence. Absolument tout. Bon. Il se mit alors à parler pendant qu'ils s'engouffraient sur une route secondaire non loin du domaine. Le petit chemin terreux était assez isolé. Ils auraient amplement le temps de se préparer.

"Ecoutes attentivement ce que je vais dire pendant qu'on avance. J'aurais peut-être pas le temps de me répéter. Cinquante hectares et lac Kandare. Service de sécurité privé. Une cinquantaine de gardes je dirais. Ils sont reconnaissables à leurs uniformes. Plutôt vifs pour moi à l'époque mais maintenant ce ne sont que de simples pourceaux. Trois batisses. Ecuries et dépendances des domestiques dans le bâtiment le plus éloigné. Les deux autres rassemblent des habitations et probablement l'endroit où j'ai été enfermé. On détruit tout une fois que la sécurité et neutralisée."


Il marqua une petite pause le temps que son capitaine assimile bien tout ce qu'il venait de lui dire. Leur préparation était bien maigre pour ce qu'ils allaient faire mais Kanbei ne tenait plus en place. Ils avançaient bien rapidement. Il ne lui restait qu'à décrire les personnages présents. Vu l'heure de la journée, ils serait tous là.

"Bon. A part les gardes il reste une dizaine de domestiques. Surement des esclaves humains. Et le gratin. Sire Abington-Westlake Senior. Tu le reconnaîtras facilement si tu le croises. Canne, paroles vaseuses. Un pur fumier. Il sait peut-être se battre, fais attention! Sinon, il y a son fils, Conrad. Le gros. Avec le temps, c'est peut-être devenu un gros lardon à peine capable de bouger. Tu le reconnaîtras lui aussi mais si tu le vois tu me le laisses. Et pour finir, un dénommé Vanya. Le chef du service de sécurité. Un humain foutrement fort. Il se bat avec un harpon il me semble. Et un pistolet. Voilà tu sais tout"


Voilà. Lloyd était au courant de tout. Il ne leur restait qu'à passer à l'action. Le panneau d'interdiction venait d'être franchi. Kanbei empoigna son pistolet et en tritura le manche. Ils allaient bientôt se battre et cela le réjouissait. Il serait enfin vengé. Ludmilla serait-elle là? Il n'en savait rien. Que faire s'il la recroisait? Tout lui expliquer? Probablement. Enfin... Il verrait

"Ah. Et si tu la croises, tu me le dis."


Le temps de passer à l'action était arrivé. Ils allaient se séparer. Cela valait mieux. D'un signe de main, Kanbei indiqua à son capitaine la direction du lac. Il fallait que celui-ci s'occupe du service de sécurité pendant que le Wanajima traiterait avec la famille. Ses jambes le portèrent quelques mètres plus loin.


Une belle journée en perspective.





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Sam 23 Fév 2013 - 12:51

Nous arrivons vers le domaine appartenant à la famille Westlake. Une fois sur place, Kanbei me dresse un topo détaillé de la situation. Le clan possède un très grand domaine, avec un lac, et emploie des mercenaires pour en assurer la sécurité. Une entreprise privée de gardes ? Etrange, surtout sur une île comme Barnaros, où la marine était présente en assez grand nombre pour assurer la protection de leurs biens de façon plus que convenable. Non, non, ce n'était pas normal, et il devait y avoir anguille sous roche. Vu le tableau que m'a peint Kanbei, cela ne me surprendrait pas que les Westlake nagent en eaux troubles, et trempent dans le milieu mafieux de la région.

Bon donc récapitulons. Une cinquantaine de mercenaires. Facile. Une dizaine de domestiques. Facile. Un vieillard et son fils obèse. Facile. Le seul hic, du moins pour Kanbei, allait être le chef de la sécurité, ce fameux Vanya. S'il est réellement "foutrement fort", comme me l'a joliment dit Kanbei, alors je devrai être celui qui s'occupera de lui faire mordre la poussière. Après tout, qui d'autre que moi, le grand Lloyd Barrel, pourrait mener à bien cette mission, à deux contre soixante et sans aucune préparation préalable ni étude du terrain ? Au vu de la situation dans laquelle nous sommes au moins le plan est simple : il n'y a pas de plan. On rentre comme des brutes, on défonce tout, je m'occupe du mec de la sécurité et Kanbei règle ses comptes avec les Westlake, on fout le feu et on s'arrache. En laissant nos avis de recherche derrière nous, assurément. S'agirait pas de faire passer ça pour un règlement de comptes entre mafieux. Non, non, faut plus se faire connaître et plus se faire respecter. Il faut que les survivants puissent raconter cette histoire, et qu'elle soit marquée à jamais dans leurs petites têtes de ploucs. Qu'ils racontent la peur au ventre comment le grand, le fabuleux, le majestueux Lloyd Barrel a défendu l'honneur de son sbire, Kanbei Wanajima. Qu'à chaque fois qu'ils y pensent ils aient le souvenir de cette cuisante défaite, et que cela leur serve de leçon, à eux comme à tous les autres.

"Ah. Et si tu la croises, tu me le dis."
"Pas de souci, je te laisserai un petit mot.", dis-je. Je réponds avec un brin d'humour. Kanbei sourit, même s'il n'a pas la tête à rire. Il prend très au sérieux les évènements qui vont se produire et je le comprends... Ou pas. Je ne connais pas sa situation, et je ne la connaîtrais surement jamais, car personne ne se montrera assez fou pour me défier ainsi sciemment. Cependant, c'est mon homme désormais et je me dois de lui apporter mon aide. C'est ce qu'un capitaine de ce nom devrait faire.

Nous arrivons finalement à la clôture qui délimite le domaine. Clôture qui ne nous empêche pas le moins du monde d'entrer. Ainsi, tout de suite après avoir escaladé le grillage, nous nous mettons à couvert, en nous cachant dans la dense végétation qui recouvre une grande partie du territoire Westlake.

"Quand je suis venu il y a deux ans, la sécurité m'a surpris en me mettant un couteau sous la gorge. Va falloir être discrets."
"Oui, on va faire gaffe. Vu que tu connais le chemin, passe devant, et je te suis en couvrant tes arrières."
"Ça marche. Il vaut mieux se mettre d'accord maintenant, parce que dès que l'on se rapprochera des bâtiments, il faudrait être complètement silencieux."
"Oui. Le mieux c'est de se séparer dès qu'on arrive, pour ne pas qu'ils puissent se grouper et nous encercler, vu qu'on a un très large désavantage numérique..."
"Chacun de son côté. Toi tu files au lac t'occuper de la sécurité, et tout particulièrement de Vanya. Et moi, je file à la maison principale m'occuper des Westlake père et fils."
"Si jamais il y a un quelconque souci..."
"On met le feu, et on se rejoint."
"Et si tout se passe bien, mais j'en doute, on essaie de se retrouver en gueulant."
"C'est le plan le plus foireux que j'ai jamais entendu, mais c'est le seul qu'on ait. Donc moi ça me va."
"Et au passage, si on peut leur piquer de l'oseille avant de tout flamber... Les Avalons en ont grand besoin."
"On fait comme ça. Allez, c'est parti."

On est quand même vachement complices tous les deux. On s'entend sur la marche à suivre. J'ai de plus en plus de mal à voir Kanbei comme un simple larbin. Et je pense que je commence à plus considérer sa condition. Je suis toujours aussi grand et aussi parfait, mais je me rends doucement compte qu'il n'en est pas très loin, et qu'il est largement supérieurs à tous les sous hommes que l'on croise. Cela me conforte quant à ma décision d'accorder de la confiance à Kanbei en ce qui concerne la direction de l'équipage. C'est presque mon second du coup... Mais qu'est-ce que je dis, je suis le seul maître à bord, c'est tout.
Toujours est-il qu'on ne fait désormais plus aucun bruit. C'est le calme total. Il faut à tout prix éviter d'être repérés avant que nous soyons assez proche pour nous séparer, pour créer le plus de panique possible. En tapinois dans les fourrés, on se rapproche du centre du domaine. C'est alors que nous apercevons un garde, qui fait surement sa patrouille. Nous approchant discrètement, nous le neutralisons en l'étranglant avec force mais silence. Il essaie de se débattre, et est extrêmement fort, ce qui est très étonnant par ailleurs.
C'est alors que je me rends compte que le mercenaire en question est un homme-poisson. Ils ont des hommes-poissons parmi leurs mercenaires ? Dangereux ça. C'est donc risqué de les attaquer de front comme prévu. Peut-être n'y en a t-il que quelques uns parmi les gardes, mais il ne vaut mieux pas tenter le diable.

C'est alors qu'il me vient une idée. J'enlève mon manteau, le plie, et le pose dans le trou d'un arbre non loin. Avec le poignard de l'homme-poisson assommé, je marque l'arbre d'une grande croix. J'ai quand même envie de me souvenir d'où j'ai mis mon superbe et magnifique manteau. Je déshabille le mercenaire, et enfile ses vêtements. Mon plan est génial, digne de moi. Me faire passer pour un des gorilles pour éviter toute effusion de sang inutile. Je fais ensuite un signe de tête à Kanbei. Il me répond de la même façon. Nous prenons deux directions différentes.
L'opération est commencée, et je me dirige vers le lac.
Kanbei
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Sam 23 Fév 2013 - 19:35

Le silence est un aveu.


L'objectif. Il ne pensait plus qu'à ça. Maintenant il se raccrochait à cette unique idée. Tout faire disparaître.
Ils avançaient doucement dans les bois et se sépareraient au dernier moment. Certes la stratégie les affaiblissait mais elle leur permettrait d'être doublement plus efficace. Oui. C'était mieux ainsi. Ils allaient probablement être blessés. Pas de problème. La douleur ne l'effrayait plus depuis bien longtemps. Il avait appris à souffrir tout au long de sa vie. Même la pire des blessures n'était qu'un mauvais moment.

Ils perçurent un mouvement non loin. Un garde? Etrange. C'était la première fois qu'il apercevait ces gardes. Peut-être qu'ils avaient été plus discrets que lors de sa première intrusion. Certainement. Ils ne traînaient plus dans la cour des petits. Le dit bonhomme faisait sa patrouille. Rien de bien compliqué à gérer. Avec un lancer de caillou, Kanbei détourna son attention pendant qu'ils se jetaient à deux sur le garde, Lloyd le maintenant et le Wanajima l'étranglant. Ce gars là avait une force impressionnante. En essayant de se débattre, il faillit réussir à lever les mains de Lloyd de sa bouche. Merde. Un homme-poisson. C'était des plus inquiétants. Si tous les gardes étaient de la sorte, ils étaient dans la merde. Et jusqu'au cou.
L'homme venait de cesser de vivre à l'instant. Une vie de moins, une vie de plus. En quoi cela importait-il? En rien. Il voulait se venger et était bien parti pour. Ses mains ne tremblaient plus d'un pouce et il était droit comme un i. Raide. Le moment était venu de se séparer. Lloyd échangea ses fringues avec celles du cadavre. Une bonne idée. Mieux valait y aller avec des gants mais l'idée était excellente en réalité.

"Sois prudent"


En espérant qu'ils survivent à cette journée. Cela devrait le faire. Il avançait droit en direction des bâtisses. D'un signe de tête ils s'étaient séparés. Le Wanajima espérait que son capitaine survive du côté du lac. Si c'étaient tous des hommes-poissons, il aurait fort à faire. M'enfin. Il regarda de son côté. Aucun garde à l'horizon. Ils devaient tous être dans les maisons. Kanbei sortit de son sac une cigarette et l'alluma. Evènement. Grand évènement. Il continuait à marcher droit en direction des trois bâtiments, serein. Il allait vider les installations une à une. Avec méthode et ardeur. Non. Il n'en eût pas le temps.

Une vitre venait de se briser dans les hauteurs d'un des trois immeubles. Quelque chose sifflait dans sa direction. Il pencha la tête de côté et entendit quelque chose se ficher dans le sol. Pas mal. Plutôt vifs. Il pressa le pas et enfonça la porte. Deux épées furent brandies en sa direction de manière plutôt vive. Plutôt rapides. Mais pas assez pour lui. Kanbei se propulsa en arrière fusil en main et ouvrit le feu une fois. Il eût à peine le temps de voir un des gardiens s'écrouler à terre, touché à la tête, que le second relançait une attaque de front. D'un coup de crosse, il dévia la lame d'un bras et dégaina son pistolet de l'autre main pour ouvrir le feu. A bout portant. Deux hommes poissons s'écroulaient et le Wanajima les égorgea rapidement au cas où ses balles n'avaient pas fait leur travail.

"Kyaaaaaaaaaaaah!"


Une des domestiques venait d'apercevoir la porte défoncée et hurlait. Non. Maintenant elle regardait l'épée fichée dans son ventre que Kanbei venait de lancer. Next. Il se dépoussiéra et remit une balle dans ses armes. Seulement? Deux gardes par maison probablement. Ou alors les domestiques n'avaient pas le droit à autant de sécurité... Rien à faire. Il ramassa la seconde lame et pénétra dans le bâtiment. Seulement des chambres et des cuisines. Kanbei en délogea trois domestiques femelles en pleurs, la tête dans les mains. Il leur ordonna de partir et celles-ci filèrent sans demander leur reste. Enfin. Il ne comptait pas les laisser partir. Sur le pas de la porte, il épaula et ouvrit le feu. Deux des trois femmes s'écroulèrent, la tête en sang. Il n'avait pas perdu la main. Mais la troisème fuyait. Ils n'allaient pas avoir beaucoup de répit. Il sortit une bouteille d'huile de son sac et l'enflamma. Où la lancer? Une cuisine. Oui. Pour les produits qu'il y avait dedans, cela ferait probablement un beau brasier. Il lança la bouteille mais, alors qu'il marchait, il entendit des hennissements affolés derrière une porte. La déverrouillant, il se retrouva dans des écuries. Les chevaux renâclaient mais n'étaient pas encore affolés par le feu. Ils ne le voyaient pas encore.

Lumineux. L'idée qui venait de jaillir en lui était lumineuse. Il aperçut une selle dans un box et sella le plus gros cheval qu'il trouva. Et puis non. Il logea une balle dans la tête du cheval et créa la terreur dans les autres esprits chevalins. Les trois quintaux de viande s'étalèrent non loin de lui. Découpant les liens qui retenaient les animaux, il leur ouvrit la porte qui les enfermait dans les écuries. Mieux. Une corrida géante se déclencha en direction des deux batiments restants. La charpente commençait sérieusement à se craqueler. Mieux valait sortir.

Kanbei sortir en plein milieu des trois bâtiments et hurla:

"Conraaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaad! Où es-tu?"


Il ne lui restait plus qu'à attendre. Comment Lloyd se débrouillait-il de son côté?


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Sam 23 Fév 2013 - 21:23

Je me fraie un chemin dans les taillis, me faufilant en tapinois à travers fourrés, broussailles et autres arbustes. Ce n'est pas très pratique de se déplacer dans cette véritable jungle, surtout sans faire de bruit. Mais bon, au moins, si on me repère, je peux toujours me faire passer pour un agent de sécurité. Je porte en effet, par dessus ma tenue de corps noire, un débardeur brodé "Defcom Sécurité", un pantalon couleur treillis, et de grosses rangers noires. A ma ceinture, un couteau à cran d’arrêt ainsi qu'une lampe portative, pour compléter l'attirail. S'ils ne font pas vraiment attention, je peux au moins profiter d'un bref effet de surprise, le temps de neutraliser un ou deux des hommes (poissons ou non) de la garde, ce qui est toujours mieux que rien et amplement suffisant. Je suis bien assez dangereux comme ça. Qu'ils me laissent une seconde d'avance, une chance de les prendre de court et les voila finis, même si mon honneur voudrait le contraire. Je ne suis pas là pour mon propre honneur, je suis là pour restaurer celui de Kanbei qui a été bafoué par les Westlake.

Je m'arrête soudainement d'avancer. Un vigile patrouille non loin, je peux l'entendre avancer. Je ne fais plus aucun bruit, je retiens même ma respiration. Le seul son que l'on peut encore entendre, mis à part les buissons qui tressaillent au passage du mercenaire, c'est mon coeur qui bat, lentement mais régulièrement. Il passe juste à coté de moi, sans pour autant me repérer. Comme si j'étais invisible, inexistant, quasi-fantôme. J'avance derrière lui, discrètement, à la manière d'une ombre, sans qu'il puisse me remarquer. Je l'attrape comme l'autre par la gorge, en lui bouchant le nez et en l'empêchant de crier. Il a de la force, ça c'est sur, mais ça ne m'empêche pas d'en avoir bien plus que lui. Saletés d'hommes-poissons. Mon emprise sur son cou est maintenue depuis maintenant une bonne minute. J'ai du couper l'afflux sanguin du cerveau, et le voila qui retombe lourdement au sol, laissant s'échapper un son lourd et rauque. Il dormira pendant un bon bout de temps. Je le traîne dans un fourré un peu plus touffu, et le cache au milieu des branchages, après l'avoir désarmé. Je peux désormais reprendre mon infiltration.

Cependant, quelque chose me chiffonne. Deux mercenaires, deux hommes-poissons. Defcom Sécurité, une boite privée de vigiles. Et si tous étaient des hommes-poissons ? C'est plus que probable. Mais pourtant, Kanbei m'a bien dit que leur chef était un humain, et c'est très curieux si des hommes-poissons se laissent diriger par un humain. Je veux bien que leur employer en soit un mais leur chef, ça me parait étrange, anormal. Oui, c'est bien ça, il doit forcément y avoir des gardes humains aussi, ce doit juste être un coup du sort si les deux que j'ai rencontré sont des poiscailles. Je décide donc de garder mon déguisement et de tenter le coup. De toute manière, si je croise un autre mercenaire et qu'il me voit, je saurai en fonction de sa réaction si je suis repéré ou non. D'ailleurs, ce moment arrive bien plus tôt que prévu. Alors que je me dirige toujours vers le coeur du problème, je me rapproche inexorablement du lac Kandare. Une fois arrivé à la grande étendue d'eau, je me place à un endroit surélevé et commence à faire une reconnaissance des lieux. Il y a une dizaine de vigiles qui patrouillent tout autour, plus trois qui font des rondes autour d'une petite cabane qui borde la rive de l'étang. De loin, tous ressemblent à des hommes-poissons. Maintenant, c'est sur, mon déguisement est complètement inutile, je n'ai d'autre choix que d'opter ou pour la discrétion totale, ou pour son exact opposé. Mais foncer dans le tas maintenant reviendrait à prendre un aller simple pour la morgue, même si je suis le grand et fabuleux Lloyd Barrel, et pour la simple et bonne raison que je ne suis pas un meurtrier comme Kanbei.

Autre chose me préoccupe. Autant de gardes pour patrouiller autour de cette petite chaumière ? Il doit y avoir ou quelque chose, ou quelqu'un d'important là-bas, à coup sur. Je dois aller y jeter un coup d'oeil. Mais comment y pénétrer sans prendre le risque de déclencher l'alerte ? Ça risque d'être plus compliqué que ce que je pensais. J'entends alors un coup de feu familier. Kanbei... Tu as donc choisi de laisser le tueur qui est en toi prendre le dessus ? Tu n'as donc pas pu te retenir et tu as foncé dans le tas ? J'imagine que je vais devoir faire avec. C'est alors qu'une odeur étrange me chatouille les narines, me pique les yeux. Une fumée... De début d'incendie ? Oh merde ! Est-ce que c'est parce que mon allié à des ennuis, ou parce qu'il n'a pas pu se retenir de tout brûler ? Il est difficile de faire équipe avec quelqu'un qui se laisse à se point dévorer par ses émotions. En même temps, vu la nature de cette expédition, j'étais prêt à parier que cela se passerait ainsi. Mais... Il y a au moins un aspect positif dans tout ça : la plupart des vigiles quittent leur poste, mis à part deux d'entre eux, qui rentrent dans la cabane. Il n'y a donc plus personne pour en surveiller les alentours. Parfait. Désolé Kanbei si tu as des soucis, mais je choisis de privilégier cette option là et d'aller étudier de plus près cette bâtisse. Mais enfin, "désolé" ? Désolé de quoi ? Il n'a qu'a être plus compétent, voila tout ! Il a qu'a pas se faire gauler comme ça et être compétent ! Non mais ! Je suis le grand Lloyd Barrel, je fais ce qui me plait ! On verra bien si tu réussis ce test là également, Kanbei, déjà que je te mâche tout le boulot...

Je m'approche de la cabane. Personne ne m'a remarqué. J'empoigne un couteau à cran d'arrêt dans chaque main, et ouvre la porte. Deux hommes-poissons me dévisagent, à peine suis-je rentré.

"Un intrus ! A mort !"

Je ne lui laisse pas le temps de parler plus, et lui enfonce mon poing fermé dans le ventre, lui entaillant l'abdomen avec la lame. Je plante son copain dans chaque jambe. Le voila cloué au sol. Entre temps, celui sur lequel j'ai frappé le premier s'est quelque peu remis, et à dégainé sa lame. Je le désarme et lui envoie une série de plusieurs coups de poings dans le visage. Il m'envoie un uppercut dans le menton. Même pas mal, mon coco, je suis le grand Lloyd Barrel ! Une deuxième série de coups de poings à vite fait de le calmer. J'étrangle ensuite l'autre, qui hurlait à la mort au sol.

"A mort, à mort... T'as un peu vite parlé, sale poiscaille."

Et voila. Je patiente une minute ou deux. Personne n'est venu, je n'ai donc pas été repéré. Bien. Un filet de sang gluant coule de ma bouche. Putain, il m'a démoli la mâchoire avec on coup de poing, l'enfoiré... Mais c'est pas grave, ce n'est pas quelque chose d'aussi insignifiant que ça qui va m'arrêter, surtout que je suis désormais dans la cabane, et que je peux maintenant l'explorer.
Je la fouille soigneusement, de fond en comble, jusqu’à découvrir un panneau secret dans une armoire. En appuyant dessus, un escalier s'ouvre à moi. Mais qu'est-ce que c'est que cette petite cabane ? Je m'engouffre dans l'escalier, descendant toujours plus profondément, ne me doutant pas une seule seconde de ce qui m'attend...
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Sam 23 Fév 2013 - 23:15

Lloyd avait du commencer depuis un bon petit moment. Lui était seul. Entre les deux bâtiments restants. Les flammes commençaient à lécher le troisième bloc de manière conséquente. Son cri avait du avertir tous les gardes depuis un moment. Il respirait difficilement. Sa colère noire ne cessait d'augmenter et il restait pourtant à se maintenir sur place sans bouger. Il attendait pour voir ce qu'on lui réservait. Quelles saloperies les Westlake pourraient donc tenter de lui faire? Il ne savait pas du tout à quoi s'attendre mais il tenait à leur montrer qu'il déjouerait leurs ignominies.

Des cliquetis se firent entendre. Il ne savait pas ce qui allait se passer. Et n'en avait pas peur. SWAGG? Pas encore. Deux portes s'ouvrirent à la volée, chacun libérant un carreau d'arbalète. Kanbei s'effaça d'un pas de côté, laissant siffler les carreaux non loin de lui. Il était assez rapide pour éviter ça mais il fallait faire attention à l'avenir. Huit hommes poissons. Trois armés de sabres, deux d'arbalètes et trois démunis de toutes armes. Seulement des hommes poissons... Ses craintes se confirmaient. L'équipe de sécurité ne se composait que d'hommes poissons. Cela allait se révéler plus dur que prévu. Il avait à peine eu le temps de recharger ses armes. Serré.

Les trois hommes poissons avec les lames attaquèrent en même temps. Merde. Deux frappes latérales et une frappe verticale. Comment s'y prendre? Les deux arbalétriers étaient en train de recharger. Il allait falloir faire vite. Il se déplaça sur le côté pour éviter la frappe verticale et d'une main enfonça son fusil dans le sol. Les deux frappes latérales cognèrent sur la tubulure métallique du fusil et le firent reculer d'un bon mètre.

"ET BIM"


Dans l'autre main, son pistolet cracha une langue de feu et le plomb qui jaillit alla se ficher dans l'oeil d'un des arbalétriers qui rechargeaient. Les trois combattants à mains nues tournaient autour de Kanbei, laissant d'abord la place aux sabreurs. Moins un. C'était déjà ca. Le fusil avait pris de rudes coups mais il était costaud. Dans le même élan, il le releva en direction du second arbalétrier. Et de deux. Plus que six. Les hommes poissons n'étaient pas des plus vifs. De bons gardes sans doute mais pas par leur vitesse. Plutôt par leur puissance. Kanbei n'allait pas tarder à en faire la douloureuse expérience.

Pour ne pas les laisser réagir, il s'élança vers le premier épéiste qui ramenait son épée près de lui. Trop tard. Kanbei l'avait déjà frappé à la gorge de toutes ses forces. Celui-ci s'écroula et le Wanajima s'empara de son épée. Juste à temps pour parer un des coups d'épées qu'on lui lançait. Les lames se croisèrent. Putain. La force des hommes poissons n'était pas en reste. Quand les lames se choquèrent, son épée lui entailla le bras de manière superficielle, laissant choir un fin flot de sang sur le sol. Il ne tiendrait pas longtemps de cette façon. Il avait laissé le fusil au sol, déchargé. De même pour le pistolet. Aïe. Il devrait donc compter sur sa vitesse. Soit. De quelques appuis rapides sur le sol, il éventrait les deux gardes à l'épée puis soupesa sa lame. Elle devait être de bonne facture pour être aussi légère. Plus que les trois larrons au corps à corps. Ils tournaient toujours autour de lui.

"Il ne reste plus que vous les gars. Vous ne voulez pas fuir?"


Une petite phrase d'accroche bien rapide pour les déstabiliser. Il voulait qu'ils aient peur. Avant de mourir. Le sol commençait à s'imprégner du sang de ses ennemis. Tant mieux. L'un d'eux parla d'une voix grave.

"Non. Tu vas mourir ici. Je suis le second en chef de ce service. Et voici mes deux disciples. Tu vas..."


Il ne lui laissa pas le temps de continuer sa phrase et lança son épée en direction de celui-ci. Elle allait l'éviscérer. Oui. Comme la domestique qui hurlait. Charmante au demeurant. Mais il n'en fût rien.

Samehada Shoutei

Le poing de l'homme-poisson se tendit vers l'épée et celle-ci fut déviée comme par magie. Du Karaté Sous-Marin. Impressionnant. La lame se ficha dans le sol boueux quelques mètres plus loin. Aïe. Kanbei se jeta sur son flingue et y logea une balle d'une simple roulade. Un des deux disciples était devant lui, poing levé. Il cogna Kanbei au plexus qui roula sur quelques mètres. Cela faisait fichtrement mal. Mais aujourd'hui, il n'était pas d'humeur à tolérer de telles blagues. L'homme-poisson ricana pendant que son collègue prenait la relève.

Non. Il ne s'était pas entraîné pendant tant de temps pour rien. Il n'avait pas cravaché pour un résultat si minable. Il vaincrait. Les deux disciples arrivaient vers lui comme au ralenti. Toup. Trop tard. Il était bien trop rapide pour eux. Leurs têtes étaient parfaitement alignées. La petite bille de plomb sortit de son logement et traversa rapidement le crâne du premier disciple avant d'aller balayer le lobe pariétal du second. Les deux masses s'étalèrent comme des sacs de farine lancés du haut d'un moulin. Plus qu'un.



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Dim 24 Fév 2013 - 0:17

J'allume la lampe qui était accrochée à ma ceinture. Ce ne sera pas superflu, étant donné l'obscurité qui règne en maître dans cet escalier. Je commence à descendre quelques marches, en faisant attention à où je mets les pieds. Derrière moi, le panneau secret se referme, me condamnant aux ténèbres, seulement rassuré par la faible lumière artificielle que je tiens dans ma main. Et cet escalier qui continue de s'enfoncer dans les profondeurs de la terre. L'air est désormais lourd, humide. Serait-il possible que je sois actuellement sous le lac Kandare ? Ce n'est pas une hypothèse à exclure. Tout ceci est de plus en plus louche. Un domaine à l'écart de la ville. Une famille aux moeurs très étranges. Une société de sécurité privée armée qui patrouille dans les alentours. Une planque secrète sous un lac. Tout ces éléments ne me disent rien qui vaille, et me font de plus en plus me demander si les Westlake n'ont pas quelque chose à voir avec la mafia locale. Du moins, c'est une théorie corroborée par tous les éléments dont je dispose actuellement. Et si c'est des mafieux bien véreux, il faudra faire extrêmement attention, car ils peuvent être vraiment dangereux. Mais Kanbei ? Se doute t-il de ça ? Moi, je suis le grand Lloyd Barrel, je n'ai donc aucun mal à faire un rapprochement entre les Westlake et des activités criminelles mais ce n'est peut-être pas le cas de mon subordonnée... Il est en effet loin d'être aussi intelligent que moi... J'espère que tout se passe bien de son côté, ça me ferait vraiment chier de devoir ramasser un nouvel ingénieur.

J'arrive finalement au bout de cet escalier, et c'est un grand couloir de carreau blanc qui s'ouvre devant moi. Mais je ne suis plus la seule lumière désormais. En effet, le long du corridor sont accrochées au mur des spots qui diffusent une douce lueur tamisée. J'éteins ma lampe. Il s'agit de ne pas me faire repérer, au cas où il y ait des gardes en faction dans le coin. Je me plaque à un des côtés du couloir, qui n'est vraiment pas large. J'arrive à une porte, lourdement blindée. C'est inquiétant qu'une telle porte se trouve ici... Elle possède un grand judas fermé par un loquet, ainsi qu'une serrure. Je regarde à travers le trou. Dans la pièce se trouvent quatre hommes-poissons, qui déplacent des caisses et des cartons, et les positionnent à côté d'une porte se trouvant de l'autre côté de la salle. Surement des cargaisons d'armes ou de drogue. Rien de très légal en tout cas. Toujours est-il que quatre hommes-poissons, ça devrait être jouable. Si j'arrive à ouvrir la porte du moins. Je l'examine rapidement. Parfait, c'est une porte à sens unique, je vais donc pouvoir l'ouvrir. Enfin, ça peut aussi se retourner contre moi. Cela veut dire qu'une fois rentré, je ne pourrais plus repasser par là. Mais bon, c'est un risque à prendre. Et je prends ce risque, comme parcouru par une sorte de frisson d'excitation. Le genre de frisson que j’espérais rencontrer en tant que pirate.

Je pousse la porte et rentre dans la salle, mes deux couteaux à la main. Et c'est parti pour un bon vieux quatre contre un. Je lance mon premier poignard dans le ventre d'un des hommes poissons. Cet abruti l'arrache aussitôt, s'ouvrant une plaie et commençant à se vider de son sang. Je crois que le foie est touché. Il n'en a plus pour très longtemps, vu qu'il tombe déjà au sol.

"Sale humain ! Tu vas payer pour ce que tu as fait !", beugle un de ces animaux avant se jeter sur moi, l'arme à la main. Je ne retiens pas mon coup, et lui envoie un coup de poing phénoménal dans le sternum. Son souffle se coupe immédiatement, et je n'ai qu'a lui crocheter la jambe pour le faire tomber par terre. En voila deux de moins. Le troisième s'avère quant à lui bien plus coriace. Nous échangeons deux ou trois mandales. Physiquement, ils sont particulièrement forts. Bon, bien moins que moi, le grand Lloyd Barrel, mais quand même assez pour me faire mal. Chacun des impacts est lourd. Je le touche enfin au visage avec un coup de coude, malgré sa taille. L'ayant déstabilisé, j'en profite pour lui planter ma lame restante dans la cuisse, et l'envoyer au sol. Je lui donne un coup de talon dans le dos pour m'assurer qu'il ne se relèvera pas. C'est étrange. Je me sens comme porté par quelque chose de bien plus fort que moi. Une sorte d'extase d'excitation. C'est un sentiment que j'ai du mal à décrire, mais il me donne l'impression que tout m'est possible. Tout m'est toujours possible d'ailleurs, je suis tellement puissant... Mais là, c'est pas pareil. Mes coups ne frappent pas pour neutraliser, comme j'avais l'habitude de le faire jusque la. Non, là, chacune de mes frappes se foutait de l'état de mon adversaire à la sortie. Je frappe désormais non pas avec la volonté de tuer, mais avec la volonté de ne plus retenir mes coups.

Il ne reste plus qu'un homme-poisson encore debout. Tiens mais non, ou est t-il passé ? Ah le sale chien, il a du partir chercher des renforts, en sortant par l'autre porte, elle aussi à sens unique. Il faut que je me dépêche de fouiller les lieux avant que trop de monde ne rapplique ici. Au moins, l'avantage c'est que que vu qu'il n'y a qu'un seul moyen de rentrer ici, je ne devrai pas être pris par surprise. C'est déjà ça. Enfin, Lloyd Barrel n'est jamais pris par surprise. Je suis le meilleur, je vois tout, et je sais tout. C'est aussi simple que ça.
J'examine la pièce. Il y fait un froid anormal. Il y a deux portes de chaque coté de la pièce. Celles ci ne sont pas à sens unique. Je rentre à l'intérieur d'une de ces salles annexes. A l'intérieur, tout est blanc. Immaculé. Au milieu, il y a une table d'opération, avec pleins d'outils chirurgicaux. Il y a aussi un corps ouvert dessus, évidé. Et du sang partout. Partout, partout. Et des organes dans des bocaux remplis d'un liquide transparent. Et certains de ses bocaux sont mis dans des caisses frigorifiques ou des glacières. Je lâche une pensée à voix haute :

"Oh putain de merde. Des trafiquants d'organes."

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Kanbei
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Dim 24 Fév 2013 - 13:34

Les deux hommes se tournaient autour, mâchoires crispées. Kanbei venait d'abattre les deux disciples de ce type et celui-ci ne cillait pas. Il était plus fort que tous ceux qu'il avait tué jusqu'ici. A n'en pas douter. Ses armes étaient déchargées et il les avait laissé choir sur le sol. Ils allaient s'affronter à mains nues. Personne n'était intervenu jusqu'à présent. Il ne devait pas rester tant de gardes que ça. Ou alors ils n'étaient pas ici. Il n'allait pas tarder à le savoir de toute manière. L'homme-poisson le jaugeait depuis une bonne dizaine de secondes. Il ne semblait pas impressionné le moins du monde. Il venait pourtant d'éliminer tout ce qui s'opposait à lui et cet homme-poisson n'en semblait pas gêné.

"Tu es surpris? Je n'ai jamais eu peur de la mort. Toi par contre, tu devrais!"


Qu'espérait-il? Le voir fuir à toutes jambes? Allons bon. Il essayait juste de gagner du temps. Oui, il voulait gratter du temps. Bouh que c'était laid. Il ne fallait pas perdre de temps. C'est certain. Cette homme va mourir. Ici même. Dans les secondes qui suivent. Le temps semblait se distordre.

Les coups partirent. L'homme-poisson tenta de le cogner au flanc d'un crochet du droit. Plutôt puissant même pour un homme-poisson. Mais pas assez rapide. Comme les autres. Kanbei évita d'un bond de côté et lui flanqua un coup de genou dans le thorax, faisant littéralement plier en deux l'homme-poisson. Ca c'est fait. L'enserrant autour du cou, il ne lui laissa pas le temps de souffler et le souleva.
Un craquement sinistre se fit entendre. Voilà. Il venait encore d'ôter une vie. Sans le moindre remord. Il relâcha son étreinte et le corps s'écroula au sol. Cet homme-poisson avait réussi à le cogner deux fois avant de rendre l'âme. Ses côtes devaient au moins être fêlées. Et merde. Comme quoi il ne s'en tirerait pas sans problèmes. Il ramassa ses armes et les rechargea.

Il lui restait deux maisons à visiter. Il pénétra dans la première. Le rez-de-chaussée n'était en fait qu'un vaste entrepôt. Pour entreposer quoi? Il n'en savait rien. Il monta au premier étage. Il faisait froid. Une chambre frigorifique. Qu'est ce que c'est que ce délire? L'immeuble était désert. Bon. Loin de lui l'idée que cela pouvait habiter un trafic d'organe. Au jeu du petit détective, Lloyd menait haut la main. Il ne restait plus qu'un bâtiment.

Qu'allait-il trouver derrière ces portes? Ses mains étaient froides depuis son passage dans la chambre froide. Il avait peur de manquer des tirs à cause de ça. Ses membres étaient moins vifs, moins souples. Il défonça une nouvelle fois des portes. En pagaille. Des chambres. Du mobilier. Rien. Il ne lui restait qu'à vérifier l'étage. De longs escaliers en marbre. Il n'y avait qu'une pièce. Le bureau de l'héritier oui. Il n'y avait que ça.

Bouuuuh. Mon sens d'araignée s'affolle! Ou pas. Kanbei n'aurait pas pu prédire, même pas dans ses rêves les plus fous, et Dieu sait qu'il l'est plus qu'un peu, ce qui allait se produire. Deux belles portes en noyer finement ouvragées. Conrad était là derrière, il en mettrait sa main à plomber. Ou plutôt son épaule.
Un bout de porta vola en éclat, libérant assez d'échardes pour charcuter Kanbei de manière conséquente et laissant passer une pluie de plomb. Une demi-dizaine de ces jolies billes se voulant sphériques se logèrent dans son épaule gauche et la labourèrent pendant que son bras droit tentait de le protéger des éclats de bois. L'impact fut tel qu'il lacha son fusil et qu'il s'étala sur le pistolet qu'il avait en main. Shit. Il était vraiment mal en point. Non pas que les plombs l'aient démoli mais il avait tout de même foutrement mal. Il essaya de ramper en direction de son fusil mais n'en eut pas le temps. Un gros mocassin vint pousser le fusil au loin et lui écraser la main.

"On a oublié son copain Westy? C'est pas bien. Comment il va le petit Kanbei hein? Il est tout mal en point. Oh nooooon!"


Une grimace se voulant être une moue se dessina sur l'affreux visage grassouillet. L'archétype du gros bien gras fils de riche trop moche et méchant. Oui. C'était bien lui. Conrad Abington-Westlake Junior, premier du nom. Le gros cancrelat qui l'avait emmerdé pendant toutes ses années en école d'ingénieur. Un regard haineux se peignit sur son visage. Il l'exécrait. Ce gars-là ne méritait pas de vivre. Et pourtant, cela ne l'empêcha pas d'aggraver son cas en cognant Kanbei dans les côtes.

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Lun 25 Fév 2013 - 2:08

Bon. Ok. Je fais quoi maintenant ? J'imagine que les trois autres salles annexes sont du même type. Des blocs opératoires clandestins. Des salles où les mafieux amènent leurs victimes pour les charcuter et leurs voler leurs organes, avant de leur voler leur vie. La dedans, ça empeste la mort, ça empeste le crime, à un point que ça en devient une infection. Mais ce n'est pas la putréfaction que ça sent, mais bien la mort. Car tout est frais : la pièce, le sang, les organes extraits, le cadavre sur la table. Leur trafic est actif, et à mon avis pas qu'un peu, surtout s'il y a quatre salles comme celle là. Kanbei avait bel et bien raison. Les Westlake trempent dans des affaires non pas louches, mais carrément dangereuses. Ce sont pas des petites frappes de la mafia. Non, eux, je pense que ce sont plutôt ceux qui sont à la tête de ce genre d'activités. Ce qui explique la sécurité et la logistique mises en places pour tout ça soit tenu secret : Defcom Sécurité, la cachette sous le lac, ces portes blindées... Ça craint. Pas pour moi, naturellement, car je suis le grand Lloyd Barrel, mais pour Kanbei... D'accord, on était au courant que c'était une entreprise dangereuse. Mais là, on peut être surs que si on se fait choper, on va seulement nous tirer les oreilles comme des gamins. Là, si on foire un truc, on morts, évidés et enterrés quelque part ou personne ne nous retrouvera jamais. Et ça, c'est pas un bon plan du tout.
Je pousse la porte métallique pour revenir dans la salle principale, en même temps que l'homme-poisson qui s'était enfui y rentre par la porte à sens unique. Dès qu'il m'aperçoit, il s'écrie :

"Le blondinet !"
"Le poiscaille !", commencé-je avant de continuer : "Eh, qui c'est tu traites de blondinet ?! Je suis le grand Lloyd Barrel, et je vais t'apprendre le respect !"
"C'est lui les gars ! Butons-le !", dit-il en ayant tourné la tête, surement pour parler à ses collègues qui se trouvaient derrière lui dans le couloir. Eh, mais c'est pas mal, ça. S'ils font la queue leu leu dans le couloir étroit, je peux les choper un par un. Bon je pourrais tous les attaquer en même temps, ce serait bien plus fair-play pour eux, mais je n'ai pas très envie de me donner cette peine, et surtout de leur accorder cette mince chance d'espoir de victoire. Ce sont des hommes-poissons, qui détestent les humains, et en plus des trafiquants d'organes. Je n'aurai aucune compassion, aucune pitié envers ces raclures.

"Me buter ? Oh, oui, vous pouvez bien essayer !", lui dis-je en me jetant sur lui. Crochet du droit dans la joue, uppercut du gauche dans le , coup de coude droit dans le nez, deux coups de poings gauche dans la bouche. Un enchaînement éclair qui sonne sur le coup mon adversaire. Un très bel enchaînement emprunté à la boxe. Je pousse son corps en arrière d'un bon coup de pied. Ses collègues restent bouche bée devant ce qui s'est passé, comment en quelques secondes je me suis occupé de lui. Ils reculent lentement dans le couloir, désormais hésitants. Il est clair qu'ils ne s'attendaient pas à affronter quelqu'un d'aussi puissant que moi, le grand Lloyd Barrel. Je fais un pas vers eux. Ils s'éloignent encore d'un pas. Un rictus narquois s'affiche sur ma bouche.

"Laissez moi passer, bâtards !"
"O-ou-oui monsieur Vanya.", dit un homme-poisson en s'écartant, visiblement apeuré par l'homme qui lui a donné l'ordre. Pourtant c'est un humain. Des hommes-poissons qui ont peur d'un humain ? A part moi, je ne vois personne qui rentre dans cette catégorie (si on exclut Kanbei quand il a une arme à feu, bien entendu). Mais alors, qui c'est ce mec ? Rangers cirées, treillis repassé, débardeur noir "Defcom Sécurité", tout comme les autres mercenaires. Sauf que vu comment il se fait obéir, lui ça doit être leur chef. A sa ceinture, il a un pistolet basique, et dans son dos, un fusil-harpon. Ça c'est curieux comme arme. Ce qui est aussi curieux, c'est qu'il porte des lunettes de soleil dans un endroit clos. Complètement débile, mais ça souligne sa tête de méchant standard. Crâne glabre, boucle d'oreille et bouc. Il s'approche de moi. Il est particulièrement musclé, bien plus que Viald ou moi. Il est plus petit aussi, ce qui fait qu'il a une silhouette particulièrement trapue.

"Vous m'envoyez directement votre chef pour négocier votre reddition, les poiscailles ?"
"Ta gueule et recule, connard.", me dit l'humain, ayant tiré son flingue et me menaçant. Oh merde. Alors lui, c'est un sanguin. Je recule de quelques pas vers le centre de la pièce, lui obéissant. Ça craint vraiment. Il s'adresse à ses employés : "Encerclez-moi le."

Aussitôt, les hommes-poissons rentrent dans la salle et forment un cercle autour de nous deux. Je commence à comprendre ce qui va se passer au moment l'homme range son pistolet.

"Bien. Maintenant, je vais te faire la peau, et on en parlera plus."
"Alors c'est toi le chef ?"

Il m'envoie un crochet du droit dans la tête immédiatement. Un coup de poing fulgurant, foudroyant, comme un éclair solide dans ma joue. Je suis déstabilisé, et mets quelques secondes à me remettre d'aplomb. Cet enfoiré ose m'attaquer comme ça, moi, le grand Lloyd Barrel, et abîmer mon si beau visage. Je vais lui faire payer, à ce connard de chauve.

"Je t'ai dit de la fermer, blondasse. Et quand Vanya donne un ordre, on l'exécute. Sinon, c'est lui qui t'exécutes."
"Vanya c'est ça ? Tu parles de toi à la troisième personne ? T'as un sale problème d'ego, mon gars..."
"T'as pas l'air d'avoir compris...", dit-il en essayant de me mettre à nouveau son coup foudroyant. Sauf que cette fois, je le contre, et c'est mon poing à moi qui se retrouve dans son estomac. Il recule d'un pas ou deux, chancelant.
"Chacun son tour, on dirait."

Il n'a pas l'air de bien le prendre. On commence à se battre sérieusement. C'est pas un rigolo comme les autres, lui. Lui, il sait cogner, et il sait encaisser. Rapidement, les coups fusent d'un camp comme de l'autre, d'un camp vers l'autre. Coups de poings, coups de pieds, coups de genoux, coups de coudes. Tout y passe, même un coup de boule de sa part à un moment. Le problème, c'est que je ne peux pas m'abandonner à ce combat, car j'ai trop de choses auxquelles penser : que faire s'il décide d'utiliser ses armes ? Et puis, même si je le bats, ou que je commence à prendre le dessus, comment vais-je gérer les huit hommes-poissons qui m'encerclent et m'empêchent tout itinéraire de fuite ? De toute manière, ces deux problèmes sont liés, et vont bien trop vite me tomber sur les bras.
Je commence à prendre le dessus dans notre affrontement. Un de mes coups de poing fait complètement mouche dans le centre de son visage, lui explosant ses lunettes des soleil. Il prend son nez dans la main, et avec l'autre, il dégaine son pistolet. Prévisible, Vanya. Ça se sentait aussi facilement que la chemise de Viald était moche. C'est dire. Ayant prévu le coup, je me jette sur lui et le désarme. Pas d'bol, je sais comment me battre contre quelqu'un d'armé. Il bloque mon désarmement. Merde. Il est rompu aux arts du combat. Il sait comment ne pas se faire désarmer. Il faut que je trouve une solution, et très vite. Même ayant échoué ma technique, je me colle au corps-à-corps et fais la première chose qui ma passe par la tête : je me saisis de son fusil-harpon. On se pousse mutuellement, chacun se retrouve à un bout de la pièce, mettant l'autre en joue.

Nous faisons tous les deux feu, en même temps. Ça, c'est une situation de merde.


Dernière édition par Lloyd Barrel le Mar 26 Fév 2013 - 19:39, édité 2 fois
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Lun 25 Fév 2013 - 11:48

Ses côtes déjà fêlées lui firent pousser un gémissement de douleur. La situation était critique mais il n'arrivait pas à s'en dépêtrer. Les coups ne se firent que peu nombreux. Pourquoi ne l'achevait-il pas maintenant? On aurait dit qu'il prenait un malin plaisir à le voir souffrir. Kanbei le dévisageait. Il devait peser dans les 120 kilos. Un bon gros paquet bien haut qu'il ne serait pas facile à terrasser dans ces conditions. Et il portait des habits de luxe d'un mauvais goût inouï. Un long pantalon en crocodile marron orné d'une grosse ceinture portant ses initiales. Une chemise rose ouverte avec de longs liserés bleus sur le col. Mais où allait-il chercher ça? On aurait pu l'arrêter pour atteinte à la pudeur.
Enfin. Le temps n'était pas à une critique vestimentaire. Tout allait de travers. Des échardes de bois lui avaient éraflé le visage et il saignait. Pour l'instant, les quelques blessures ouvertes qu'il avait étaient superficielles.

"Tu ne voudrais pas mourir maintenant dis moi? Ce serait fort dommage."

Quelle crevure. Il allait jouer avec lui longtemps? Autant en finir de suite... Les questions se chamboulaient dans sa tête. Ludmilla... Où était-elle? Il voulait tant la revoir une dernière fois. Il avait tellement de choses à lui dire que sa tête vrillait dans tous les sens. Conrad riait d'un rire gras et creux. Ce gars-là était immonde. Tout ses traits inspiraient chez le Wanajima du dégoût. Sa fortune, son look, son physique, son caractère. Ce gars-là était son antéchrist.

"Attends. Meurs pas. Il ne faudrait pas que tu la manques. Non?"


Quoi? Elle était donc encore avec lui. Un sentiment d'invincibilité parcourut ses veines. Il survivrait jusqu'à ce qu'elle arrive. Et pas ce gros tas. Non. Il était déjà mort. Son fusil à canon scié devait encore garder une cartouche dans son double chargeur. Les dégâts à cette distance seraient irrémédiables. Mais Kanbei avait encore son pistolet sous luI. Cependant, Conrad pouvait réagir plus vite et le tuer. Il fallait tout de même essayer. Il attendit que Conrad soit dans son dos, le fusil le long de son corps et se raidit.
Tournant sur lui-même, il vit le fusil se relever vers lui.

"Qu'est ce que..."


Trop tard. Sa jambe gauche avait déjà dévié la gueule du canon et le parquet vola en éclats à quelques dizaines de centimètres de sa tête. Son bras droit avait empoigné le pistolet et son index pressait déjà la détente. Ô jouissance absolu. La balle vint se loger dans le front de la cible comme si c'avait été son destin depuis sa naissance. Un spasme vint secouer le gros Westy et il s'écroula au sol. Kanbei haletait comme s'il avait couru un 100 mètres. Fini. Il l'avait eu. Enfin. Depuis tant d'années il attendait ce moment. Il n'avait plus qu'à retrouver Ludmilla et tout lui expliquer. Ô joie. Il souriait et une larme faillit rouler sur sa joue droite s'il ne l'avait pas tuée dans l'oeil (et non j'ai pas d'oeuf sous la main).

Malheureusement, il n'eût pas le temps de se réjouir bien longtemps. Des cris de rassemblement s'élevaient dans la cour. D'un rapide coup d'oeil à la fenêtre, le Wanajima aperçut dix hommes poissons armés de manière diverses se diriger vers son bâtiment et le bâtiment frigo. Il devait réagir. Il fouilla le bureau personnel de Conrad et y trouva une cartouchière remplie de munitions pour le canon scié. Pas mal. Il se l'attacha et rechargea les 3 armes qu'il avait sous sa main. 4 balles pour 10 hommes poissons. C'allait être tendu mais il pouvait compter sur la séparation des hommes poissons. Cinq dans chaque maison. Enfin, ils allaient bientôt pénétrer dans la sienne. Kanbei se dirigea à la fenêtre et ouvrit le feu au fusil. Il fit mouche dans la poitrine d'un homme-poisson qui s'étala sur le coup. Les quatre hommes-poissons, affolés par le tir de Kanbei, s'engouffrèrent en courant dans la maison, à la recherche du tireur. Erreur fatale. Tous montaient les marches quatre à quatre.

"Allez les gars! On bute ce fumier d'humain!"


Et bien... Quel engouement! Ils ne virent pas Kanbei dans leur dos, à l'étage, fusil à canon scié en main. Il pressa deux fois la détente et deux hommes-poissons vinrent repeindre les jolis escaliers de marbre. Il lacha le fusil à canon scié au sol et dégaina le pistolet. Cela laissait amplement le temps aux deux hommes poissons de riposter. Un barrage de plomb frappa le pilier derrière lequel il se trouvait. Les autres gardes devaient déjà être en chemin. Pistolet dans une main et fusil dans l'autre, Kanbei abattit les deux hommes poissons restants et rechargea le plus vite qu'il pût. Il refit la même manoeuvre et eût le temps d'abattre trois hommes poissons qui courraient vers la maison pendant leur changement de bâtiment. Les deux restants s'enfuirent en courant dans les bois. Il les avait défait. Ne restait maintenant qu'à terminer son oeuvre et retrouver Lloyd. D'ailleurs... Si peu de gardes étaient venus le gêner, il le devait à Lloyd. Il faudrait le remercier une fois tout cela fini.

Retournant dans le bureau en désordre et criblé de plombs, il défit la ceinture de Conrad et l'attacha au cou de celui-ci ainsi qu'à la rambarde de la fênetre, jetant son lourd corps par celle-ci. Il oscilla un instant avant de se figer dans une image macabre. Son sens du spectacle s'améliorait grandement. Il ramassa les trois armes, rangeant le pistolet et gardant le canon scié en main pendant que le fusil était remis en bandoulière. Pfyuuu. Il se dirigea vers la sortie et jeta un cocktail d'huile incendiaire qui commença rapidement à ravager le parquet. Dommage. La baraque était plutôt pas mal.

Il marcha quelques instants en regardant ses pieds et releva la tête. Autour de lui, tout flamblait. Il venait même de relancer quelques cocktails incendiaires pour raviver les flammes dans les autres bâtiments. Des larmes roulèrent sur ses joues. Il en avait enfin fini avec cette histoire...

"Kanbei?"


A suivre.
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Mar 26 Fév 2013 - 19:36

D'un coté, un harpon est projeté, relié par un câble jusqu'au fusil. De l'autre, une balle tout ce qu'il y a de plus normale fuse à toute vitesse, crachée par la gueule d'acier d'un pistolet. Les deux projectiles font mouche dans leurs cibles respectives. La balle tirée par Vanya m'entaille le bras, ratant l'occasion de me prendre la vie d'une vingtaine de centimètres. Je ressens une vive douleur, comme une brûlure, dans le biceps gauche. L'éraflure causée par le morceau de métal est superficielle, mais n'en est pas moins douloureuse. J'attrape mon bras et le sers fort avec ma main. Un filet de sang s'écoule de la plaie. Je mets que peu de temps avant de me demander si j'ai réussi mon tir. Enfin, bien sur que je l'ai réussi, c'est obligé. Je suis le grand Lloyd Barrel après tout, c'est tout à fait normal. Je suis des yeux le câble qui part du fusil que je tiens en main, jusqu'au ventre de mon ennemi. Le crochet y est entré d'un coté, et ressorti de l'autre. En plein dans le mille. Je suis sorti victorieux : j'ai naturellement réussi mon tir, alors que mon adversaire m'a raté. Mais quel mauvais. Ha ha.

Mais trêve de pensées, il faut à tout prix que je me sorte de ce nid de guêpes, je ne mourrai pas ici, pas maintenant. Malheureusement pour mes adversaires la situation vient doublement de tourner à mon avantage. En effet, la balle de Vanya m'ayant manqué, elle est partie ricocher sur la porte en métal derrière moi, ce qui a provoqué une sorte de mouvement de panique de la part des hommes-poissons présents. Mais ce n'est pas tout, car étant donné que leur chef est blessé, les agents de Defcom Sécurité se précipitent pour aller l'aider. Grossière erreur de leur part, car j'ai désormais le champ libre pour passer la porte à sens unique vers la sortie, ce que je décide de faire immédiatement. Je lache le fusil-harpon et me rue sur la plaque de métal, écartant d'un coup de poing un des hommes-poissons qui se trouvait à proximité. Je pousse de toutes mes forces sur la poignée, et la porte s'ouvre dans un crissement strident.

"Ne le laissez pas ce bâtard s'échapper !", hurle Vanya, qui est en train de perdre son sang.
"Mais, monsieur Vanya, vous êtes blessé ! Nous devons à tout prix faire venir un médecin !", rétorque un de ses agents.
"Prévenez le toubib' et sire Westlake, mais surtout ne laissez pas ce fumier se barrer d'ici !", s'époumone en vain Vanya.

En vain. Oui car il est trop tard, j'ai déjà franchi la porte et suis en train de courir dans un couloir semblable à celui par lequel je suis arrivé. J'entends le grincement de la porte qui se rouvre derrière moi, alors que j'ai à peine parcouru une vingtaine de mètres. Déjà des hommes-poissons sont à mes trousses ? Je tourne la tête et aperçois deux silhouettes massives s'engouffrer dans le couloir. Ils n'ont pas traîné. Seulement, à deux dans cet espace si exigu, c'est gagné d'avance pour le grand et fabuleux Lloyd Barrel. Je vais les piéger à la sortie, et il n'y verront que du feu. En parlant de sortie, j'aperçois justement une porte devant moi, que je me presse d'ouvrir. Le couloir dans lequel je suis est légèrement en pente, ce qui explique pourquoi je suis revenu à la surface sans emprunter d'escalier. Mais bon, je m'en fous un peu et me revoilà bien vite à l'air libre. Ce qu'il m'avait manqué cet extérieur, d'ailleurs ! Par contre, ce qui ne m'avait pas manqué, c'est encore bien sur le genre de comité d'accueil qui m'attend dehors. Et ce ne sont pas des paroles en l'air en effet, car au moins une dizaine de mercenaires sont positionnés en arc de cercle à la sortie du tunnel, à l'affût. Un contre dix, passe encore, mais comme mon bras est un peu égratigné, je pense qu'il tel affrontement me fatiguerait. Il faut que je retrouve Kanbei le plus vite possible. J'arrache à ma ceinture ma flasque d'huile et allume mon briquet. C'est parti.

Le monstre orange et jaune est là, et s'impose très vite sur ce terrain sec et feuillu. Son regard flamboyant brûle le coeur des hommes, et ses yeux de braise sont semblables des joyaux d'or et de rubis dans le noir de la nuit. Sa gueule est grande ouverte et est avide des âmes des hommes-poissons qui l'entourent. Mais qui entoure qui ? Là est la question. Son ambition est dévorante et ne cesse de s'étendre, tandis que sa langue ardente lèche le sol, répandant sa bave brûlante. Rien ne peut arrêter ce monstre. Et même si, quand on est à proximité, on sent sa lueur sur la peau et qu'elle réchauffe, il ne faut pas oublier qu'à vouloir apprivoiser cette bête, on finit souvent par se brûler les ailes. Le feu.
Mais quel formidable poète je suis, moi, le grand Lloyd Barrel. Bref, on l'aura compris, en d'autres mots, y'a tout qui flambe. Et je remarque que le feu, les hommes-poissons n'aiment pas ça. Ils sont apeurés. J'en profite pour passer à l'action. Je me retourne et tombe nez-à-nez avec les deux mercenaires qui sortent du couloir. Ils arrivent au bon moment. Je m'en débarrasse en quelques coups de poings, puis claque la porte du tunnel. Bien. Il est temps de m'occuper des autres agents de sécurité. Je fais craquer mes poings, et crache un mollard parterre.

"Maintenant, si je m'occupais de vous ?"
"Parce que tu penses faire le poids contre nous tous, blondasse ?"
"Tu me rediras ça quand je t'aurai cassé les dents !", lancé-je à l'assemblée d'hommes-poissons, les pointant du doigt. Les flammes qui nous entourent prennent la forme d'un véritable anneau de feu. Me voila dans l'arène.

Le grand, le beau, le fougueux, le puissant Lloyd Barrel va passer à l'action. La méga classe, quoi.
Kanbei
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Mer 27 Fév 2013 - 19:48

Comme dans ses rêves. Elle l'appelait d'un air indécis. Dans son dos. Il ne savait pas quoi faire. Se retourner? Comment? De quelle manière? Devait-il sourire? Il ne savait pas du tout quoi faire. Tétanisé. Ses mains se crispèrent sur le fusil à canon scié et des larmes lui roulèrent sur les joues. Cela faisait si longtemps. Il en avait rêve des nuits entières, fait des insomnies. De tout son corps il avait désiré son retour sur cette île. Mais il avait eu peur. Oui. Il avait été faible, trop faible. Ils avaient menacé sa famille et il avait pris peur. Tellement peur. Une peur qui l'avait suivi des années. Jusqu'à ce qu'il devienne solide. Depuis quelques mois, il n'était plus le même. Une part de lui avait changé. Non. Il avait totalement changé. Son caractère était devenu différent. Il tuait des gens. Quelle horrible chose! Ô mon Dieu! Non. Il tuait par nécessité. Par défi. Pirate il était et pirate il resterait. Certains le voyaient maintenant comme une bête sanguinaire, comme un monstre. Et alors? Il n'en avait plus rien à faire. Le regard des Autres ne comptait pas. Seuls ses proches le comprenaient. Comme son capitaine.

"Tu as peur de moi que tu ne te retournes pas?"


Sa voix était toujours aussi charmante, chantante. Même après ces deux années, il aurait reconnu son timbre mélodieux entre mille. Et pourtant, au fond de lui, quelque chose lui disait que tout n'allait pas aller comme prévu. Mais bon. Il n'en savait rien pour le moment. Ses tempes résonnaient comme des cloches et il se retourna enfin, un sourire aux lèvres. Elle était là, parée d'un long pantalon noir et d'un ample pull noir. Un long chapeau noir coiffait sa délicate petite tête et de la fumée s'échappait de la cigarette qu'elle tenait à ses doigts. Il ne trouva rien d'autre à dire que:

"Tu fumes?"


Certes minable mais il ne savait pas comment se tenir. Il la dévisageait bêtement. Elle avait changé. Tellement changé que c'en était effarant. Une longue cicatrice lui parcourait la joue gauche et se prolongeait jusqu'à sa joue droite en un sourire macabre. Défigurée. Ils l'avaient défigurée. Une envie de meurtre remonta en lui de manière soudaine. Il n'avait plus de personne sur qui se venger. Il aurait du faire durer le plaisir. Enfin le plaisir... L'éphémère sentiment grisant qu'il avait eu en tuant le fils Westlake. D'ailleurs, il pendait toujours à sa fenêtre, gros tas plein de graisse puant qu'il était. Un sourire encore plus satisfait se peint sur ses lèvres pendant que Ludmilla le regardait d'un air étrange. Il prit une mine triste et se remit à parler une fois qu'elle eût opiné du chef.

"Mon dieu mais qu'est-ce qu'ils t'ont fait?"


Une phrase terriblement banale mais malheureusement justifiable. Ils l'avaient apparemment soumise à de nombreux sévices. Elle avait du terriblement souffrir et il en avait été malheureux des journées entières. Ses nuits n'avaient été que des séries de cauchemars plus morbides et obscènes les uns que les autres. Etait-ce vérifié? Il n'en savait rien mais la révélation approchait à grands pas. Pitié qu'elle n'ait pas trop souffert.

"Comme tu le vois un joli sourire mais d'abord quelques menaces sur ma famille. Parce que j'avais tenté de m'enfuir pour venir te voir."


Des larmes roulèrent sur les joues de Kanbei. Voilà pourquoi elle n'était jamais revenue. Ils la menaçaient elle et plus que probablement sa famille. Il sanglotait. Voilà tout. Elle avait voulu revenir. Elle l'aimait vraiment. Il n'y avait pas cru au départ et s'était enfermé dans un océan de solitude. Seul. Dès lors, il avait vécu seul et c'était d'ailleurs toujours le cas. Non. Lloyd commençait à entrer dans son monde en tant qu'ami. Le seul et vrai ami qu'il n'ait jamais eu. Quel comble. Peut-être pourraient-ils se remettre ensemble?

"J'ai du fréquenter Conrad pendant tout ce temps. Et il m'a violée. A de maintes reprises."


Kanbei tressautait. Cette ordure lui avait fait subir de telles abominations qu'il aurait du le tuer plus lentement. L'émasculer. Lui découper les extrémités ou les tremper dans de la soude. Il aurait du lui donner un châtiment digne de ce nom. Il tomba à genoux. Pourquoi? Pourquoi eux? Cela aurait pu arriver à des milliers d'autres personnes. Il pleurait comme un gamin. C'en était pitoyable. Lui, le "terrible meurtrier".
Elle le regardait en souriant. Quelque chose lui déplût dans son regard mais il ne sut dire quoi. Il se releva doucement et s'avança vers elle. Il fit le premier pas. Elle semblait étrange. Différente. Mais il était aveuglé, tout tremblant.

"Et ensuite je m'y suis habitué. Je m'y suis même plu."


Elle était maintenant prêt de lui et tendait ses bras vers lui. Il l'enlaça. Elle s'y était plu? Syndrome de Stockholm probablement. Mais tout cela était fini. Il allait la sauver. L'aimer de tout son être. Tout allait redevenir comme avant. Ils vivraient heureux. D'amour et d'eau fraiche. Entendant un bruissement métallique, il raffermit sa prise d'un bras sur l'être aimé, tenant toujours le fusil à canon scié dans l'autre main. Elle était très étrange, totalement transformée. Son parfum, ce n'était plus le même. Il s'en enivrait toujours mais celui-ci dégageait une profonde tristesse, une mélancolie jusque là insoupçonnée. Elle semblait si frêle quand soudain sa prise se raidit. Elle l'étreignait d'un seul bras, de toute sa force. Que faisait son autre bras? Qu'est ce que...

Le coutelas brilla une dernière fois avant de se diriger vers le buste de Kanbei. Une ultime larme roula sur sa joue. Elle avait bel et bien changé de camp. La lame ripa sur la crosse de son pistolet et s'enfonça dans son bas ventre, laissant choir un petit filet de sang.

"Comment... os..."


Ses doigts se crispèrent sur la double détente. Le fusil à canon scié libéra l'enfer dans le ventre de la jeune femme. Elle fut littéralement propulsée en arrière dans une explosion sanguinolente. Son buste faillit se détacher de ses parties locomotrices. Une pluie de sang arrosa la zone pendant qu'un énorme trou se dessinait dans son poitrail.

"Comment oses-tu espèce de grognasse! Après tout ce que j'ai fait pour te préserver! Après tout ce que j'ai fait pour t'éviter de souffrir! Tu me poignardes moi? Gyaaaaaaaaaaaaaaaaaah"






Dernière édition par Kanbei le Jeu 28 Fév 2013 - 12:52, édité 5 fois
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Jeu 28 Fév 2013 - 4:04

Ma dernière frappe heurte violemment la mâchoire du dernier homme-poisson encore debout, celui qui m'avait manqué de respect et provoqué, causant quelques dégâts à sa dentition et l'envoyant dans les vapes. Un épais filet de sang écarlate s'échappe de sa bouche tandis que sa lourde carcasse tombe au sol dans un grondement sourd et dur. L'agent de sécurité laisse s'échapper un gémissement plaintif.

"Je t'avais bien dit que je te casserais les dents."
"Putain... Mais t'es qui...? Euaaaaargh...", bafouille t-il.
"Lloyd Barrel. Souviens toi de ce nom, tu risques d'en entendre parler très prochainement... Maintenant, bonne nuit, j'ai à faire !", dis-je avant de lui envoyer un bon gros coup de pied dans la tête. Voila, la il est calmé. Mes dix adversaires ont étés mis au tapis les uns après les autres, par moi, le grand et l'unique Lloyd Barrel, ce qui est une bonne chose de faite. Je m'accorde une pause pour reprendre mon souffle, observant alors les flammes gagner du terrain sur la végétation du terrain. Ce petit temps d'arrêt remplit ma tête de pensées. En fait, j'ai failli y laisser la vie, toute à l'heure, quand Vanya m'avait en joue. Il s'en était vraiment fallu de peu cette fois ci. Je ne m'en suis sorti que grâce à la chance, tout compte fait. Mais bon, la chance fait aussi partie du bagage que doit avoir un bon combattant. Ne suis-je pas le grand Lloyd Barrel, capitaine des Avalons, après tout ? Les Avalons... Ah la la, on peut dire qu'on fait vraiment un départ pour le moins "explosif" dans le monde de la piraterie, Kanbei et moi !

Kanbei.

Kanbei ? Merde, Kanbei. Je l'avais complètement oublié. J'avais préféré continuer mon chemin plutôt que d'aller vers l'incendie qu'il avait sans doute provoqué, comme le prévoyait notre plan. Je me suis dit qu'il était sans doute pris d'un accès de pyromanie, et qu'il n'y avait donc aucune raison de s'inquiéter. Mais, et si il était vraiment en danger ? Il est peut-être trop tard, désormais, mais bon, j'en doute fort. Après tout, il est dans mon équipage maintenant, il ne peut pas se permettre d'être aussi faible. Et il n'a pas intérêt de mourir tant que je ne lui en ai pas donné l'ordre, de toute manière. Je décide donc de décamper vite fait des alentours du lac, et de courir vers les bâtiments principaux. Vivement que tout ceci soit terminé, je commence à avoir des douleurs de partout, moi... Enfin, je veux dire... Il n'y a aucune douleur que le grand Lloyd Barrel ne peut supporter ! Mais bon, quand même. La fatigue commence à se faire sentir.

Après une bonne dizaine de minutes de crapahutage dans les herbes hautes du domaine, j'arrive finalement à la cour commune aux trois bâtiments. L'endroit a changé par rapport à la dernière fois que je l'ai vu, un peu plus tôt dans la soirée. La faute aux flammes, assurément, puisque deux des trois maisons sont actuellement en train de brûler, et que dans la demeure centrale se forme un nouveau foyer d'incendie. Mais sur celle là, il y a aussi quelque chose d'étrange. Est-ce...? Oui, je crois bien que c'est ça. Je crois bien qu'il y a un corps accroché à la balustrade, à l'étage. Le corps d'un petit gros tout saucissonné, et pendu comme un piment d'espelette. Un corps qui a le front explosé. Ça c'est signé Kanbei. Tout craché. J'en déduis qu'il est encore dans la bâtisse principale. Je regarde à nouveau le corps du petit gros qui pendouille au balcon, et ne peut m'empêcher de laisser s'échapper un petit rire. C'est vraiment à la fois ridicule et typique des accès de folie de mon camarade.

"Est-ce la vue de mon fils ainsi déshonoré qui te fait rire ?", m'interromps dans mes pensées une voix dans mon dos. Je me retourne et fais face à mon interlocuteur. C'est un homme d'une cinquantaine d'années, moustachu et dont le crâne est recouverte par un chapeau haut-de-forme. Il porte un costume noir impeccable ainsi qu'un majestueux manteau vert émeraude, presque aussi beau que le mien. Il s'appuie sur une longue canne noire surmontée d'un pommeau représentant un crâne doré. Au vu de son allure, c'est très certainement le patriarche Westlake, autrement dit le chef du réseau mafieux.

"Avoues quand même que c'est plutôt ridicule comme fin.", dis-je moqueur. Je pense que Kanbei ne m'en voudra pas si je le titille un peu, et que je le fracasse à coup de poings. Après tout, cette enflure l'a amplement mérité.

"Ah... La jeunesse... Si irrespectueuse et inconsciente. Tu ne sais pas à qui tu as affaire, et c'est ce qui te perdras."
"Je sais à qui je m'adresse. Mais toi par contre, tu ne sais pas qui je suis apparemment. Sinon, tu ne tiendrais pas ce genre de propos."
"Ah bon ? Eh bien je t'écoutes. Qui es-tu donc ?"
"Je suis le grand et formidable Lloyd Barrel, capitaine des Avalons. Un nom dont tu ferais bien de te souvenir."
"Lloyd Barrel ? Capitaine ? Ha ha ! Le fils d'Abraham Barrel est devenu un pirate ! Pitoyable !", dit-il en riant aux éclats.
"Quoi ? Tu connais mon père ?"
"Bien sur. J'ai déjà eu à faire avec lui. Ton père m'a emprunté pas mal d'argent par le passé."
"Non, impossible... Mon père n'aurait jamais fait ça...", dis-je lentement. Je ne veux pas croire que mon père ait pu s'associer à quelqu'un comme Westlake. C'est tout bonnement impensable. Non, Lloyd, non. C'est crédible. Je ne me fais pas d'illusions. Ce type est de la même trempe que mon père. Et me rendre compte de ça, ça me mets hors de moi. Je bouillonne de colère.

"Ha ha... Je sais que tu es venu avec Wanajima, et que c'est lui qui a tué mon fils. Je vais lui faire amèrement regretter ses actes. Mais d'abord, je vais me débarrasser de toi."
"Tu... T'en crois... Capable... ?", dis-je à moitié dévoré par la colère. Westlake à tout ce que je détestait chez mon père. Il me fait trop penser à lui. Ça me donne encore plus envie de le fracasser comme il se doit, de lui faire la peau. Je veux faire disparaître tout ça. C'est mon ancienne vie tout ça. C'est du passé. Je me jette sur lui en hurlant, poings serrés. Je tente de lui envoyer un crochet du droit, en visant la tête. En toute vivacité, il se cambre vers l'arrière et m'envoie instantanément après un coup de canne dans les cotes, que je ne peux esquiver. Il met ensuite une main à chaque extrémité de la canne, et en tire comme d'un fourreau une longue et fine lame. Et merde, une canne-épée. Le must de l'élégance et de la maniabilité.

"Allons, allons, Lloyd... Tu ne m'imaginais tout de même pas si faible ?", dit-il en effectuant quelques moulinets avec son arme. Il reprend : "Je suis au regret de t'annoncer que tu vas mourir..."

"Viens, je t'attends, et bientôt ton cadavre pendra à côté de celui de ton fils, Westlake...!", dis-je provocateur. Ça n'a pas l'air du tout de faire plaisir, et il se rue sur moi, l'épée pointée vers ma poitrine. Je plonge au sol immédiatement en pivotant sur ma jambe droite, et tente de lui faucher ses appuis. Mon talon tape son tendon, mais j'échoue à le faire chuter. Mon adversaire grommelle un juron, fait changer son arme de sens dans sa main, et tente de m'embrocher pendant que je suis au sol. Je fais une roulade sur le coté pour éviter le coup et en profite pour me relever. Westlake tente alors une coupe latérale en visant mon cou. Je me baisse, m'approche de lui et lui colle un uppercut dans le ventre. Mais le coup est faible à cause de ma blessure au bras, et il en faudrait plus pour le faire ciller. Il me dégage d'un geste du bras. Merde, j'avais une bonne occasion. La prochaine fois, je ne le laisse pas se reprendre, je l'enchaîne jusqu'à ce qu'il soit knock-out.

"Ha ha, tu sais te battre, dis moi ! Mais tu n'es encore qu'un gamin ! Tu ne pourrais jamais me tuer ! Idiot, va..."

Je crois vraiment entendre mon père quand il parle. Je vois vraiment mon père qui me parle. Il est la, devant moi, à me dire que je ferais mieux de reprendre l'exploitation familiale plutôt que de devenir pirate. A me dire que mon destin n'est qu'une chimère, et que je ne ferai que lui courir après. Il me traite d'idiot. A cet instant précis, je le hais. Et je hais encore plus ce bâtard de Westlake. Je n'attend pas qu'il se décide à venir sur moi, je me jette sur lui. Il m'entaille le coté du ventre avec son sabre, qui est très tranchant. Mais je m'en fous. Je suis le putain de grand et merveilleux Lloyd Barrel, et je vais l'allumer, ce type ! Je lui envoie mon coude dans le nez, puis mon poing dans le ventre. Cette fois ci, il est déséquilibré, et je lui balaye la jambe avec le pied. Il tombe parterre et lâche son arme, dont je me saisis et avec laquelle je le mets en joue. La lame froide est posée sur son cou tendre et fragile. D'un simple geste de la main, je pourrais le condamner à mort. Lui perforer la carotide et l'observer se vider de son sang. Mais non, je ne peux pas. Je ne peux pas m'y résoudre. Je ne sais pas si c'est Westlake ou mon père que je vois à mes pieds, tout est confus. Même si je le hais au point de vouloir le tuer je ne peux pas faire ça... Le grand Lloyd Barrel ne peut pas se salir les mains comme ça... Je ne suis que pureté et perfection, pas meurtre comme Kanbei... Je ne peux pas me résoudre à faire quelque chose d'aussi... Bas... Je jette quelques mètres plus loin l'arme de mon adversaire, tremblant.

"Ha...! Tu vois, je t'avais dit que tu étais un faible... Tu n'es pas un pirate, juste un sale gamin pourri gâté qui ne fait qu'user d'un nom qu'il usurpe...", dit Westlake en se moquant de moi. Je ne comprends plus top ce qui se passe. Je me suis jeté sur lui au sol, les poings serrés à m'en faire couler le sang, et je l'ai frappé. Frappé, frappé, frappé. Sans relâche. J'ai martelé son visage jusqu'à ce qu'il soit couvert de sang. Jusqu'à ce que je sente les os se déformer sous l'impact de mes poings. Jusqu'à ce que je sente la vie le quitter. Prends ça, et ça et encore ça ! Je suis un vrai pirate désormais ! Mon destin est de trouver le One Piece, qui me revient de droit ! Et je ne reculerai devant rien pour cela ! Rien, rien, rien !! Je suis Lloyd Barrel ! Je serai le seigneur des pirates, Westlake tu m'entends ?! Mais non, il ne m'entend pas. Déjà, parce que tout ceci est dans ma tête, mais surtout aussi parce qu'il est mort.

Oui, au milieu des bâtiments en flammes, dans une nuit aussi noire que les ténèbres, moi, le grand Lloyd Barrel, j'ai pris la vie d'un homme.


Dernière édition par Lloyd Barrel le Sam 12 Oct 2013 - 17:25, édité 2 fois
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Jeu 28 Fév 2013 - 18:32

Qu'avait-il fait? Il l'avait tué. Pourquoi lui? Elle ne méritait pas tout ça et pourtant elle était morte. Il s'en voulait tellement. La tuer avait été la chose la plus difficile de toute sa vie. Il ne l'avait fait qu'en dernier recours. En même temps, elle avait essayé de le tuer. Bon Dieu. Les Westlake lui avaient totalement retourné la tête. Elle était devenu une des leurs. La lame même qui avait failli le transpercer était à l'effigie de cette famille. Un coutelas d'une trentaine de centimètres de long incurvé avec un manche en ébène. Sur l'acier était gravé l'insigne secondaire de la famille Westlake, un serpent. Cet animal représentait très bien les fourberies de cette famille mais il n'en avait que faire. Il avait tué sa dulcinée et était maintenant assis auprès d'elle, en pleurs.
Il gémissait et sanglotait comme un enfant. Pitoyable et pathétique créature qu'il était. Même s'il avait, selon lui, eu "raison" de la tuer, il n'arrivait pas à cesser de se lamenter. C'en était effrayant. Ses soubresauts le faisaient hoqueter et il enfonçait ses mains dans la terre pour ne pas se faire du mal.

"Elle est mmmm-mmmmooorte..."


Une honte. Si le Kanbei déterminé pouvait voir ce Kanbei à cet instant, il lui aurait probablement mis une gifle. Il était anéanti. Son passé venait de s'écrouler sous lui. Il lui fallait s'accrocher à ce qui lui restait. Le présent. Son corps le lançait de partout et la blessure du coutelas était la plus importante. Il avait mal. Tellement mal. Mais il devait aller de l'avant. Oui. C'est la seule chose qu'il lui restait. Il allait servir son capitaine et découvrir le monde. Ses rêves subsistaient et il se devait de les réaliser. Oui. Les Avalons deviendraient le plus grand équipage pirate du monde. Il ne fallait pas se leurrer, la tâche allait être dure et pas moyen qu'il ne meure ici. Inspectant la zone, il remarqua un petit cagibi rattaché à un des batiments et où le feu n'avait pas pris. Il y trouva de l'alcool et une pelle. Tout ce qu'il lui fallait.
La nuit les enveloppait tous dans un bain glacial et il retourna au cadavre. La blessure lui rendait la marche difficile.
Il versa un bon demi-litre d'alcool sur celle-ci et grogna de douleur. Celle-ci l'aiderait à rester conscient mais il avait perdu pas mal de sang. Pas de quoi s'affoler grandement mais il faudrait peut-être aller voir un médecin. Le corps était là. En plein milieu des batiments. Sous le regard vide de Conrad Westlake. Non. Il ne l'enterrerait pas ici. Soulevant le corps atrocement mutilé, il l'emmena plus loin dans la forêt, jusqu'à ce que ses jambes lui fassent mal. Il déposa délicatement le corps au pied d'un chêne.

Oui. Là ce serait parfait...

Il prit la pelle et commença à creuser. La terre se déplaçait motte par motte et ses bras perdaient de leur vigueur au fur et à mesure qu'il progressait dans sa tâche. Il en transpirait énormément. La sueur ruisselait le long de ses muscles endoloris. Une fois que ses membres ne réussirent plus à déplacer la pelle, il estima son excavation assez profonde et y déposa le corps. C'était enfin fini. Il reboucha rapidement le trou. Enfin rapidement. Cela lui prit presque un quart d'heure tant il était fatigué. Le sang coulait de moins en moins de ses blessures mais chacune de ses respirations lui faisait mal aux côtes. Il s'assit un moment pour se reposer et faillit s'évanouir. Il avait tellement mal. Une cigarette? Non. Son état empirerait tellement qu'il aurait vraiment besoin d'un médecin. Il lui fallait juste... Se reposer. Encore un peu.
Ses yeux se refermèrent et il sombra pendant quelques dizaines de minutes. Il entendit non loin des éclats de voix mais n'y prêta pas attention. Son réveil se fit peu après. Il eut du mal à se lever et du s'appuyer au sol avec la crosse de son nouveau fusil à canon scié. La douleur s'était grandement atténuée et il arrivait à marcher ou plutôt à clopiner sans trop de difficulté.

Il lui fallait maintenant penser à Lloyd. Où était-il? Le destin lui répondit bien vite. Il était au milieu de la cour, entouré des bâtiments en proie aux flammes. Sous lui gisait Sire Abington-Westlake Senior mort. Kanbei sourit. Lloyd venait de franchir le pas. Il avait tué un homme. Maintenant, il pourrait le comprendre, l'apprécier un peu plus. Ses problèmes étaient résolus...






Dernière édition par Kanbei le Lun 4 Mar 2013 - 20:45, édité 1 fois
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Lun 4 Mar 2013 - 20:09

Je suis une véritable statue. Complètement immobile, à genoux dans la cour au milieu des trois bâtiments, cerné par les flammes. Seul le crépitement des flammes brise le silence de cette nuit noire. Non, pas une nuit noire, une nuit sans lune, non, non. C'est une nuit rouge, où la lune à assouvi sa soif de meurtres, une nuit où le sang n'à cessé de couler... Comme il dégouline le long de mes mains. Mes poings sont toujours aussi serrés, crispés même, tandis que je contemple le macabre spectacle qui se dresse devant moi. Le spectacle qui à été dressé par moi, Lloyd Barrel. Oui, oui, juste Lloyd Barrel ; je ne suis plus digne d'être le "grand" Lloyd Barrel. Aucun homme ne se grandit en en tuant un autre, c'est ce que l'on me répétait depuis mon plus jeune âge à mes cours de self-défense. Et pendant vingt années de ma vie je m'étais efforcé à ne jamais tuer personne, et ce même lorsque ma vie avait été mise en danger, comme lors de l'attaque de mon île en 1622. Ça me semblait même contre nature de tuer quelqu'un... J'avais toujours cherché à employer une méthode qui ne versait pas le sang. Du moins pas trop. Pas à ce point en tout cas.

Mais là, ce soir, cette nuit, j'avais franchi la fameuse frontière, celle qui sépare l'homme civilisé du tueur. Je viens de me salir les mains pour la toute première fois. Je viens de souiller mon immaculée innocence, je viens de perdre cette chasteté d'orgueil. J'ai perdu ma pureté. J'ai perdu quelque chose qui m'étais cher. Ce qui était le plus cher à mes yeux, après ma propre vie. Je suis effondré. J'ouvre mes poings et prends ma tête entre mes mains. Ces mains couvertes de sang. Elles l'ont déjà été, oui, mais est-ce que ce sang la a la même valeur à mes yeux ? A ces yeux larmoyants, desquels s'écoulent regrets, remords et honte ? C'est un torrent de chagrin qui ruissèle entre mes doigts écarlates. Une main qui se pose sur mon épaule vient me tirer de cette torpeur.

"Ça va, Lloyd... ?"

Ka... Ka... Kanb... Kanbei...? C'est lui qui vient de me parler, qui vient de me poser cette question stupide. Est-ce que j'ai vraiment l'air d'aller ? Est-ce que j'ai l'air bien, grandiose, splendide, rayonnant et sur de moi, comme d'habitude ? Non je n'en ai pas l'air. Parce que justement ça ne va pas. Devant mon silence, me voyant pris de spasmes et sangloter, Kanbei reprend la parole :

"J'ai du tuer Ludmilla.", me dit-il froidement, se redressant dans mon dos. Mes yeux s'écarquillent, mes pupilles tremblent. Il continue, avec le même ton sérieux et inexpressif : "Ce n'était plus celle que j'avais connu. Elle avait trop changé... J'aurais préféré ne jamais la revoir..."

"Tu l'aimais encore...?"
"Oui..."
"Et pourtant tu as pris sa vie... Tu l'as tuée comme les autres..."
"C'était elle ou moi.", dit posément Kanbei. Je tourne la tête vers lui et suis stupéfait par le jeune homme qui se tient à coté de moi. Mon compagnon est couvert de sang et de boue. Il a des éclats de bois dans l'épaule, et se tient l'abdomen. Un filet de sang épais tombe depuis son bas ventre jusqu'au torse. Un coup de poignard, assurément. Le pauvre Kanbei est salement amoché. Oh putain, je viens de comprendre. Ludmilla l'a poignardé. Merde.

"Je... Euh... Ça va ? Enfin... Je... Je suis désolé...", bégayé-je maladroitement. Que peut t-on dire dans ce genre de situation ? Je ne le sais pas. C'est bien d'ailleurs la première fois que je dis à quelqu'un que je suis désolé. Ce n'est pas dans mes habitudes de ressentir quelque chose pour quelqu'un d'autre que moi.
A vrai dire, je ne sais pas vraiment par quoi je suis ému comme ça. Est-ce parce que c'est la première fois que je tue quelqu'un ? Ou parce que l'histoire de Kanbei me touche ? Bien sur, ce qui me concerne m'importe plus que tout le reste, mais je ne sais pas... C'est comme si je ne pouvais pas être indifférent à ce qui arrive à mon serviteur. Avoir la force de tuer quelqu'un dont il était amoureux... Je me dis que ça doit être difficile quand même, même si je n'y connais rien, à l'amour pour quelqu'un d'autre que moi-même.
Cependant, Kanbei n'a pas l'air abattu. Non, même malgré sa blessure, il est plutôt stoïque, impavide, impassible. Son comportement est très étrange. Peut-il donc tuer n'importe qui, comme ça, sans aucun état d'âme ?

"Et toi, tu as tué Westlake.", me dit-il alors, me faisant revenir à la dure réalité.
"Ou... Oui... Je l'ai tué... De mes propres mains...", dis-je en bégayant, complètement apeuré, anéanti. Kanbei me contourne, et s'agenouille près du corps qui gît à côté de moi. Il remarque alors la canne-épée, tombée au sol.
"C'est pas parce que tu as tué que tu es passé du mauvais côté, tu sais.", commence Kanbei, tandis que je m'emmure dans mon silence. Il reprend : "C'est comme moi. Tu dois sans doute me prendre pour un monstre, d'avoir tué Ludmilla... Mais comme pour Westlake et toi, c'était elle ou moi. Parfois, on a pas le choix : pour sortir victorieux du combat il faut tuer son adversaire."
"Que veux-tu dire ?"
"Il est bien plus facile de tuer son ennemi que de s'en débarrasser sans qu'il meure.", dit-il en montrant du regard le fusil à canon scié sur lequel il s'appuie.
"C'est lâche. C'est la solution des faibles, de tuer."
"Dans ce cas est-ce que je suis faible ?"
"Tu ne pourras pas me faire changer d'avis, Kanbei..."
"Réponds moi. Est-ce que je faible ?"
"Tu n'es pas faible dans ta façon de te battre... Mais tu es faible dans ton coeur..."
"Et qui des deux survivra à ton avis ?"
"Ce n'est pas tout d'être puissant...", dis-je, en décochant une nouvelle volée de larmes. Jamais je n'ai été dans un état aussi pitoyable.
"Tu dis que tu es le "grand" Lloyd Barrel. Mais tu n'es pas grand. Tu n'as rien de grand si tu ne comprends pas ça, si tu ne te comportes pas en tant que tel."
"Qu... Quoi ?"
"Tu dis en permanence que tu es "grand", que tu es "le meilleur". Tu veux te retrouver au sommet ? Alors donne toi en les moyens. Combien de fois tu aurais pu crever d'une balle dans la tête à cause de tes conneries ? Hein ?! Ce n'est pas comme ça que tu le trouveras, ton One Piece."

Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Non, non, c'est impossible... Je ne peux pas tuer pour devenir celui que je dois être, pour vivre ce que le destin me promets... Mais le mal est déjà fait, putain, Lloyd ! J'ai déjà tué, c'est trop tard !

"Ou est passée ta confiance en toi ? Ton ambition, hein Lloyd ? Il est où le capitaine que j'ai accepté de suivre ? Tu m'as dit que ton destin était de trouver le One Piece et que tu ferais tout pour l'obtenir... Eh bien fais ce qui doit être fait... Sinon, continue sans moi.", me dit-il posément, froidement. Je vois. Voila donc ton avis, Kanbei ? Mais tu peux te barrer, je m'en fous moi. Je n'en ai rien à foutre de toi. T'es pas de la même trempe que moi. Oui, tu sais te battre, mais tu sers à rien d'autre. Tu m'es inférieur en tout point, désormais. T'es comme ce bâtard de Westlake. Comme lui... Hein...?Mais... Mais oui... Je crois que je viens de comprendre quelque chose d'important. Quelque chose que jamais je n'avais considéré, ou même remarqué. Quelque chose dont Kanbei vient de me faire prendre conscience.

"Tu as raison, Kanbei... Merci... J'ai... J'ai... J'ai eu un moment de doute ! Mais ça va beaucoup mieux, t'en fais pas. J'ai dit que je ferais tout ce qu'il faut... Et le grand, oui le grand, Lloyd Barrel tiens ses promesses. Je... Je viens de tuer. J'ai tué Sir Westlake, oui. Je n'ai pas eu le choix. Et je recommencerai si jamais je n'ai à nouveau pas le choix. Ce bâtard...", dis-je avant de pointer du regard le cadavre qui gît parterre. Je termine : "Ce bâtard était une vermine. Un nuisible. Un insecte répugnant. Je lui étais supérieur en tout point. Je n'ai plus aucun remord... Non, je n'aurai plus de remords à tuer ceux qui me sont inférieurs... Parce que j'ai un destin exceptionnel, celui de trouver le One Piece. Oui, je ferai tout ce qu'il faut pour ça. Même tuer."

Kanbei sourit. Il titube un peu. C'est vrai qu'il est assez mal en point. Mais nous ne devons pas trop traîner non plus, d'autres gardes pourraient arriver. Nous avons fait ce que nous devions faire. Nos cibles étaient mortes. Le feu gagnait de plus en plus de terrain. Nous avions triomphé, et tout ça parce que nous avions, Kanbei tout comme moi, fait ce qui devait être fait.

Une décision n'est bonne que quand elle est prise.

La fin justifie les moyens.

Fin du RP.
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