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Le bois : créateur de Destruction et de Chaos.

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Kiril Jeliev
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♦ Localisation : Paumé sur Nebelreich
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Mar 5 Mar 2013 - 16:15

Mise en garde:
 

Fin 1622.

J’mets mon nom et mon prénom, comme d’habitude quand j’me rends au chantier. Kiril Jeliev. Le pointage est très important, c’est ce qui permet d’calculer notre paye parce que contrairement aux employés d’bureau, on est plus ou moins payé en fonction d’nos jours et heures de tafs. Donc si j’ai pas envie d’venir un mois, ce sera pas grave mais j’toucherais 0 thune. Et ça, ça serait plus grave.

C’est toujours l’même mec à lunettes hystérique qui s’occupe de ça, l’a été engagé y a pas longtemps parce que l’patron est trop vieux pour s’occuper d’tout maintenant. Puis, l’est d’venu fou y a pas longtemps. Tout l’monde d’vient fou c’est pas l’problème, le pire, c’est quand un fou est remplacé par un autre fou ! J’l’emmerde, ce type à lunette.

Au chantier, c’est toujours la même merde. Y a ceux qui bossent vraiment et ceux derrière les den den à commander des mâts et des cordes. D’l’argent dépensé pour rien vu qu’les charpent’ sont parfait’ment capables de faire ça tout seul. On s’plaint, mais on nous écoute pas. Donc on s’plaint plus et on boit presqu’autant qu’y’a d’l’eau dans la mer. Des fois, y en a des tellement pivés qu’ils s’jettent dans l’océan ou qu’ils s’plantent un clou en pleine paume. J’me marre, j’me marre… Fin j’espère que j’ferais jamais ça en état d’ivresse. Hein mon second moi l’poivrot ? T’ferais pas ça ? P't'être bien qu'oui:

J'me saoule à mort en solo man pour que seulement cela marche !

J’commence à m’intégrer, j’suis entouré d’gens comme moi, des dégénérés, des impulsifs, des bastonneurs, des mecs qu’les p’tites bourgeoises aiment pas, c’est cool. Puis ça fait 5 mois qu’j’suis dans c’t’île maudite, mais j’l’apprécie bien j’dois avouer. Surtout mon travail. J’me suis intégré aux groupes de charpentiers modélistes y a peu avec comme spécialité la menuiserie. C’t’à dire que si on m’file du bois, un marteau et une scie manuelle, j’serais capable de faire de jolie sculpture en bois ou d’construire un abri, enfin, quand j’aurais appris les techniques architecturales… Dans mon groupe y en a beaucoup d’architectes, des gens qui s’croient supérieurs à tous avec leurs p’tites chemises et leur air hautain car c’est eux qui donnent les ordres, des gens qu’j’aime pas. Mais faut les écouter, vrai. Sinon on fait n’imp, vrai aussi. N’empêche, j’étudie l’architecture quand j’suis sobre pour pouvoir m’débrouiller sans eux, j’apprends à découper les pièces avec c’qu’on appelle des aiguilles. Des trucs si fin qu’tu peux pas t’tromper, mais il t’faut un sacré bout d’temps pour finir c’que tu fais. J’suis un sacré passionné, non ? Héhé. J’voudrais en fait à d’venir un charpentier confirmé, v’savez, l’genre qui réunit bucheron, menuiserie et architecture. J’en parlerais plus tard.

En ce moment on fait rien d’concret, le chantier lui-même marche aux commandes et juillet-aout est une période où on déborde de taf. Les commerçants ambulants et pirates ont besoin d’pièces, veulent retaper leur bat’ quoi. C’est plus souvent d’mâts qu’ils ont besoin, aussi. Surtout les pirates, on sait bien c’qu’ils leur arrivent à ceux-là avec les boulets d’canons… Moi, j’m’occupe pas d’les retaper même si j’sais faire. J’fais plutôt les pièces complexes comme les couples et les cols de lattes. Quand j’dis complexe, c’est qui possède des courbes. J’suis très d’mandé vu qu’j’suis presque le seul spécialiste et donc, j’essaie d’venir régulièrement sinon l’taf s’amasse ou c’est mes partenaires les tocards qui prennent tout. Et ça fait moins d’thune. J’suis précis certes, mais pas ébéniste. Les ébénistes eux, c’est des dingues du détail. J’aspire quand même un jour à d’venir comme eux niveau perfection, être si entrainé que l’détail du détail m’poserait pas problème. J’baille un peu, satisfait. Première fois qu’j’m’investis dans que’que chose qu’une catégorie d’personne trouvent chiante. Et c’est ça qu’est bon. Être intéressé par un truc qu’les gens n’aiment pas. Comme les livres par exemple, moi j’aime pas. Y a des gens qui lisent et qu’adorent ça, qui voudraient en savoir plus. C’est c’que j’ressens quand j’ai le bois qu’effleure chacun d’mes doigts.

J’grince des dents et j’me lève pour m’rassoir. J’suis à l’atelier autour d’tonnes de pièces que j’ai construit ces derniers jours. J’les contemple. C’est moi qu’est fait ça ? Ouep, Kiril. J’sors ma topette d’la poche intérieur, la lève et trinque avec les planches. À la votre les potos. Un jour, ils prendront la mer, tous. C’est comme si une partie d’moi part pour les océans, et j’suis fier. Y en a partout, avec mes quelques potes, on a vraiment fait d’tout avec les restes, des sommiers, des tabourets, des roues d’char, des pots et même des pieds d’tables pour notre usage perso’. Puis y a quand même une d’mes premières créations, un gouvernail de 160 cm. Brun très foncé, fin, doux au toucher. N’importe quel capitaine rêverait d’avoir les mains posées d’ssus.

L’atelier:
 

Parfois, l’patron passe pour nous piquer quelques trucs. C’est un mec de soixante ans et pourtant il a les cheveux comme la barbe bien noirs et s’tient droit comme un pique. Personne d’ces tocards ‘ose discuter ses ordres, il possède un regard si furieux qu’il t’conseillerait d’te défenestrer que tu l’ferais. Vrai qu’c’est un grand homme et qu’il inspire l’respect. Il nous raconte souvent comment l’a su construire des grands navires, marchands ou pirates, il s’est toujours tenu à c’discours : « Peu importe où il ira et à quoi il servira, je sais qu’une pièce, même petite aura été réalisé par moi d’dans. Et qu’elle voyagera. »

J’pensais comme lui. Et comme eux, les hommes de l’oublie. Dead End me ronge… Petit à petit mais je serre les dents. J’encaisse. Charpentier sur cette île, hein. Et dire que j’ai osé appeler ça « la banalité de la vie ». C’est ça au fond, mais on est entouré par les ténèbres. Le soleil, on le voit mais même lui il est sombre, triste. Il a peur des habitants et eux, ils ont peur de rien. Jamais la marine a posé un orteil ici, sauf pour m’emmener sous d’mande d’mon paternel, puis ils se sont barrés illico. Comme s’ils allaient à la déchèterie m’jeter et qu’ça puait et qu’je puais. M’en fous, sinon d’ça. J’regarde mes mains, la paume et es phalanges. L’intérieur témoigne qu’j’ai taffé dans ma vie, l’extérieur, qu’j’ai frappé. J’ai l’impression d’avoir mal quand j’écarte les doigts. Parce que, c’est pas dans ma nature d’me séparer d’mon copain l’poing.

Fin d’la pause, on nous appelle. Dehors, tout le monde est là, grande réunion donc. L’chef est un peu plus haut, les pieds sur une vieille coque de barque. Il s’tient toujours très très droit comme à son habitude, tellement qu’ça en devient chelou. ‘Nous regarde avec un p’tit sourire en coin qui fait flipper mais on s’habitue. L’est taré mais on l’aime bien. Beaucoup d’mais n’empêche mais c’pas grave.


Dernière édition par Kiril Jeliev le Sam 30 Mar 2013 - 19:29, édité 3 fois
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Mar 5 Mar 2013 - 16:16

Les passions, ça vient tout seul on dit. D‘puis que j’potasse au chantier naval, jamais j’ai bossé sur d’grands projets puis v’là, la San Caya qu’il va s’appeler l’navire d’après l’patron. J'aime déjà pas le nom. Il nous l’a annoncé comme ça qu’ce sera notre charge : de l’abattement des quelques cinq-cent chênes, tilleuls, hêtres et sapins jusqu’au polissement du bat’. Un navire… un grand navire de guerre de soixante-dix mètres, un quatre-mâts carrés avec la masse de canons. Un truc qu’un charpentier d’base à l’occasion d’construire qu’une fois dans sa vie… Puis l’patron se chargerait du « reste » qu’il a dit. Que les surprises vont s’avérer être de « taille » niveau armement. J’espère bien avec la longueur du truc, c’est plus d’un an qui nous attend. Il est devenu un peu bouboul le patron d’ailleurs, il a l’impression d’être tout le temps menacé d’puis qu’il a refusé d’construire un bateau à un pirate… Pour la première fois. D’ailleurs, on a été attaqué y a pas longtemps, mais, on est trois cent. Mais l’pire, c’est qu’le cap’taine qu’a commandé a promit d’revenir en disant « Je passerais dire bonjour à Maria. » le prénom d’la p’tite fille du chef. Donc, normal qu’il soit un peu parano, il guette tous les jours les bateaux qu’amarrent munit d’une arme. Il surveille sa p’tite fille d’très près jusqu’à l’étouffer. M’étonne pas qu’il veuille s’armer jusqu’au cou, là par exemple, malgré l’absence de danger il a son tromblon sur la ceinture et des os de moutons sur les deux mains. Il les contracte tout le temps. Jamais n’les lâche. Visage crispé quand il parle de l’armement, n’empêche, comme s’il a quelque chose à s’reprocher. J’châsse sa pomme d’Adam r’monter puis descendre. Il glousse. Va falloir qu’j’l’observe plus souvent, l’bougre.

Un navire lent comme un moyen mais un navire qui envoie du lourd, du très lourd même, héhé. J’vois dans les regards des collègues la naissance d’la fierté, puis même le mien. Enfin ces bougres, ces types comme moi qu’ont rien sauf c’taf et leurs grôles, enfin vont fabriquer que’que chose d’leurs propres pognes.

Fin 1622.

L’margoulin a assigné les nouveaux à la tache essentielle pour commencer notre œuvre à savoir l’abattement des arbres qui nous manquent (les autres, on se le ferait livrer), à ceux qui savaient lire les étapes de construction et aux gens comme moi la transformation des différents bois aux grandes pièces.

L’principe est simple, on reçoit les arbres à l’atelier puis on retire les branches, elles sont inutiles à la construction du bateau. Après, on dégrossit l’écorce, on prend une ponceuse et on ponce c’qu’on obtient : une planche. Ces premières étapes sont essentielles et donc longues, on peut prendre une semaine bien chargé pour en faire des centaines. Et comme l’en faut plus de deux cent…

Pour faire les différentes parties plates du vaisseau et j’insiste sur le plat, on utilise l’hêtre. Un arbre qu’a la particularité d’être résistant et donc on l’utilise pour réaliser notamment les apostis, les courroirs et les cols de lattes, c’qui entoure le pont en fait, c’qui nous empêche de tomber à l’eau. V’là, c’qui nous retient, comme des barrières si vous voulez.

La coque.

Le chêne est utilisé pour la coque, il est plus dur et plus résistant aux intempéries. Moi, depuis qu’j’ai commencé j’me suis tapé que ça, des coques. Du coup j’me suis intégré aux p’tits groupes de modélistes qui suffisent amplement pour les constructions. C’est assez simple, en fait.
La structure d’une coque est un peu comparable à un squelette constitué d’une épine dorsale, la quille, sur laquelle s’ajustent les côtes, les couples(ou membrures), recouvertes de peau, le bordage(ou borde). Ces trois éléments sont ce qu’on appelle la charpente axiale du bateau, celle qui fait tout.

Schéma coque:
 

J’passe ma main sur l’chêne qui va donc m’servir à réaliser la première d’ces trois parties, la quille. Parce que c’est la base et l’plus facile pour commencer. Elle est rectiligne et d’section rectangulaire, le bois est coupé d’profil, on utilise des scies électriques et s’y met à 10. Il nous faut réserver alors trente ou trente-cinq grands chênes vu la taille du navire. Le bois au touché est rêche, c’est l’écorce qui fait mal aux pognes parce qu’elles entrent dans la peau quand on caresse. J’les compare à des chaines de montagnes irrégulières puis j’sens la nature. Les saletés d’rongeurs qui viennent essayer d’faire un trou par ci, d’faire un trou par là. Les combats d’bestiaux, les coups d’griffes dessus. Tout c’qu’cet arbre représente pour les animaux. C’est triste, ouais. Mais j’en ai carrément rien à branler, que voulez-vous.

On la fauche de l’écorce au cambium remplit d’sève qu’on extrait pour vérifier à partir de l’aubier maintenant visible, si le bois est pas pourri ou infester d’vers. J’crache, j’déteste ces bestioles.
Les nouveaux, chargés d’les abattre ont choisi les chênes les plus proches des habitations où les animaux s’risquent pas donc bon, y a pas de moisissures et autres choses contraignantes. C’est du bon.

Schéma parties du bois:
 

On en a coupé des tonnes comme ça, mais au final c’est l’exercice le plus facile d’la besogne bien qu’il soit long. Puis on est toujours plus frais au démarrage alors on s’en donne à cœur joie. Pas trop d’mauvais éléments puis le chêne est vraiment l’arbre qui convient à la coque.

Le chantier:
 

Pour rendre une surface plate on dit, ragréer, raboter ou même dégauchir, c’est ce qu’on fait.

L’assemblage des parties sectionnées pour la quille est l’plus chiant vu qu’nos arbres étaient pas assez longs et en guise de colle on recyclait la sève, le phloème et le cambium. Des éléments très gluants et désagréable au toucher mais qu’ont su faire flotter les plus grosses des goélettes. Moi j’dis toujours que c’est ce que l’arbre il transpire. La pratique dure longtemps mais on finira la quille avant que le soleil ne se couche entièrement. Pour assembler le bois du chêne, faut surtout pas prendre de gant, l’action doit être faite par la main qui s’attache moins à la sève que d’autres tissus. On repend d’abord une couche de cambium sur les zones qui doivent être collés, on appelle ça des abouts. Doucement, faut pas s’presser et fignoler tranquillement. Action faite on étale de la sève de partout pour que ça prenne bien et on passe le phloème avec délicatesse. Mais c’est pas fini, on met encore une grosse couche de sève puis ce qui nous reste de cambium et encore d’la sève. Et on aboute avec l’autre partie où on a fait exactement la même chose, sève contre sève sinon ça marche, ouais, mais pas pour toujours. Donc l’bateau risque d’avoir un problème un jour et d’couler. Pas la San Caya ! Pour ça qu’j’vérifie l’travail des autres et j’tombe sur un p’tit qui faisait que d’la merde.

Nom d’une gnôle vieille d’cent ans, quel tocard ! Qu’est-ce tu fais imbécile ? C’est sève contre sève à la fin ! Tu veux qu’la quille se brise ?

Sans lui laisser prendre la parole, j’l’attrape par l’coleton et l’jette à la mer avant d’cracher sur lui. Ces types-là servent à que dalle sauf faire perdre du temps. Et j’les emmerde autant qu’le mec hystérique du pointage. J’suis p’t’être pas un saint mais contrairement à certain, j’sais m’battre pour les choses qui m’tiennent à cœur, bon là, j’reconnais qu’c’était un peu facile mais faut pas s’foutre d’ma gueule d’faits divers non plus. J’suis pas con ni assez vieux pour être dingue. Attends, faut être vieux pour être dingue ?

Les parties qui donnent aux bateaux ses courbes se font appeler les couples ou membrures, les fameuses côtes. C’est la deuxième chose qu’on réalisera. Pour se faire, il va nous falloir un peu moins de chêne et d’sève. Faut mouler ou « profiler » l’bois pour qu’il est cette forme mais la difficulté n’est pas là, la difficulté c’est d’respecter aux micromètres près les formes pour qu’elles soient identiques aux autres. Peut y avoir des loupés, et les loupés sont inutilisables après donc on évite d’en faire et si y en a qui arrive vraiment pas, ils le virent abattre des sapins s’ils l’attrapent. Si c’est moi, j’le fous à la mer comme l’gars d’t’à l’heure.

Les alèses qui servent de bordage sont faites bien avant normalement, il nous en faut un gros stock pour l’bateau puis qu’les architectes dessinent les sabords réservés aux armes qu’on recevra dans un mois ou deux, mesurent et calculent, tout ce genre de nomenclatures. Mais là c’est un peu différent, l’patron refuse de nous dire d’quel bois sera fait la borde. Enfoiré d’vioc taré d’merde. On a pas l’temps d’faire devinettes mais apparemment ‘s’amuse bien lui. Mais bon, on discute pas l’patron et s’il veut qu’on sache pas, on saura pas avant qu’il veuille bien l’dire. J’commence à l’connaitre.

Puis l’idée est venu d’un gars qui dit comme ça « Pour la résistance du bateau, on pourrait mêler bois et métaux. Héhé. ». J’ai pouffé d’rire m’disant qu’c’est totalement débile et qu’personne oserait faire ça et là, les intelligents à lunettes z’ont eu une lampe à côté d’leur caboche et z’ont dit approuvé. Comprenez bien, il n’y que les couples et la quille qui seront doublé en fer, pas le bordage dont le patron garde le secret du bois qui sera utilisé. Puis moi j’aime pas les bateaux-ferrailles, c’est moche et ça rouille. Alors après avoir réalisé toutes les membrures ou presque, on appelle la forge pour qu’ils fassent exactement les mêmes choses avec du métal, on l’graisserait puis l’vernirait pour pas qu’ça rouille.

Tout le monde s’y met. Ce bateau représentera la fierté de l’île. La puissance de feu. Naval, certes. Mais une puissance quand même. Première fois qu’j’ai l’impression d’être un citoyen d’Dead End. Que j’me donne tellement à fond qu’j’touche plus l’goulot. Enfin, c’t’un grand même un gros mot « plus », toujours un p’tit quand même, héhé. Faut pas exagérer, j’peux pas lâcher mon meilleur ami du jour au lendemain moi, j’suis pas une pute.

On perd pas notre temps et on s’dirige directement vers la couverte. La couverte est soutenue par l’barot et l’baccalat, c’est l’plancher du bateau en gros. On a décidé d’le faire en deux parties, la partie qu’on ne verra pas en dessous sera en hêtre (donc du deuxième pont en levant la tête, on l’verra) : un bois vraiment très dur mais qui se fend rapidement, d’où l’intérêt d’le mettre en dessous puis on le revêtira de sapin, un placage, la base. Le contraire de l’hêtre, il est léger et beau, on s’en sert en général pour la mâture. Ben, on s’en servira plus tard de toute façon, vous verrez.

Faire des planches à partir d’arbres, c’est pas difficile. N’importe quels bucherons pourraient vous faire ça mais pas aussi bien qu’un charpentier. La charpenterie nécessite divers compétences dont la créativité, l’assiduité et réunit plusieurs qualifications, savoir mouler, savoir couper du bois, savoir compter. Un bucheron est une partie d’un charpentier, un menuisier est une partie d’un charpentier, un forgeron est une partie d’un charpentier, un architecte est une partie d’un charpentier. Le charpentier lui, peut pratiquer n’importe lequel de ces métiers m’a-t-on expliqué. Ça a commencé à me plaire, vraiment. Cette sensation d’englober plusieurs professions, c’est comme passer d’vant ces tocards et leur montrer mon majeur en souriant. Ça fait un bien fou. Et puis j’me suis spécialisé dans un domaine, la menuiserie. La transformation du bois pour moi est une activité plus qu’intéressante. Arriver à donner une forme à un tronc d’chêne, au départ, c’est quelque chose de totalement fou tu t’dis. Même qu’moi, j’ai pensé qu’c’était impossible. Et ça l’est pas mais ça requiert de la patience, de l’habilité et d’l’intéressement. Tout ce que j’suis pas. Et c’est pour ça qu’ça me plait.

L’hêtre fait parti des arbres que tout bucheron adore, il ne possède pas d’aubier et est très long. Donc on ne le coupe pas mais on le racle, on voit alors le bois de cœur qui est utilisé pour faire les planchers, d’un brun très foncé et moche, d’ailleurs. De plus, le bois de cœur de l’hêtre est le plus résistant des bois. Par contre il faut enlever absolument toutes traces de sève, celle de ce bois est très corrosive et par conséquent mangera les clous en moins d’une semaine. Le bordage sera très certainement en hêtre revêtu d’un bois plus beau : le sapin. Attendez, tiens ! J’aperçois l’tocard que j’ai jeté à l’eau tantôt, roh, il pleure le bougre. J’vais pour l’voir.

Bah, mon grand. Faut pas pleurer comme ça, allez, tiens. J’m’excuse, reviens taffer avec moi.

… C’est… vrai ?

Oh, couicoui, petit oiseau. Il pleu-pleure. Je suis ému, triste, désolé. Mon dieu que je suis une mauvaise personne ! Pardonnez moi, c’est à cause de l’alcool sûrement ! Je ferais plus jamais d’mal à ce petit, je le jure sur la tête d’la mère du chat qui squatte la terrasse d’l’auberge du Perroquet Bourré. Ouin ouin.

Non.

J’le r’pousse et plouf, dans l’eau. On verra plus ses larmes au moins. Lopette. Ça lui apprendra à pas travailler, en plus.

Les architectes viennent donner les mesures des planches d’hêtre. Qu’est-ce qu’ils paraissent cons avec leur intelligence, hé. Bah ouais, foutez un cheval dans une prairie remplit d’âne, qui sait qui sera l’plus débile ? Héhé. Elles sont grandes en largeur, les mesures, car celles des sapins seront très petites. En clair, on va prendre tous le bois de cœur, on aura juste à raboter dessus à la scie pour que ce soit plat. Contrairement aux membrures de tout à l’heure, le plancher caché n’a pas besoin d’être hyper régulier (Note : ça évitera à certain d’finir à l’eau.) mais un minimum quand même. On racle donc l’intégralité de la dizaine d’arbres une dizaine de fois et on commence la besogne du sciage. Faut être précis dans la découpe, on a pas d’matériaux sophistiqués, faut pas avoir la tremblote. Puis on ponce, comme d’hab. C’est fin, j’adore l’bois poncé.

Une fois les planches d’hêtre faites, toujours en faveur de la résistance du sol, on rajoute des couples pleines. Ce genre de couple nécessite des découpages verticaux à la quille, certains charpentier ne le font pas car fait perdre beaucoup d’temps. Puis le remplissage des couples se fait avec un autre bois, l’orme. Le tronc de l’orme est souvent très large, ça nous facilite la tâche pour le remplissage mais de plus, son aubier est de même résistance que son bois de cœur. Il est donc parfait pour les couples pleines. Le seul bémol c’est que son écorce est collée à l’aubier car sa sève est son phloème s’est accroché aux deux parties qui l’entourent, on ne peut pas le racler comme l’hêtre et on est obligé d’utiliser une fois de plus la scie.

Schéma couples pleines:
 

On dégrossit alors le tronc de l’orme, les branches étant trop fines et de piètres qualités. Et on les envoie au mouleur qui fait son profilage. Pendant ce temps, on s’occupe de la quille. Il faut couper le bois récemment poli, ça fait un peu mal au cœur. Mais bon. Je potasse à hauteur des courbes des membrures puis j’dégage le chêne maintenant inutile. Quoi que, on pourra faire des épées en bois pour les gosses. La fin du mois arrive et la semaine de vacance aussi. J’vais pouvoir recommencer à picoler comme un fou dangereux pendant 7 jours et m’faire des types à la sorties du rade, c’est cool. Mais j’suis content aussi d’voir qu’les choses avancent. La coque sans le métal est finie. On est prêt pour le fixement des deux matières. J’tourne la tête vers les collègues, à gauche, à droite. J’vois des sourires et d’la sueur. Mais ils s’plaignent pas. Moi non plus, j’suis content d’bosser sur ça. J’pense que ce sera la plus grande chose que j’ferais dans ma vie. Après les gosses, si j’en ai. Après avoir trouvé Lana, si j’la retrouve.

A quoi qu’ça ressemble:
 


En attendant j’ai r’trouvé très vite ma vie. J’suis passé directement au rade, la pause annoncé et j’ai trouvé le piollier mouillé aux tempes la tête dans ses bras croisés sur le comptoir. Quand j’suis rentré, m’a regardé avec un regard fou et m’a très bien accueilli en m’demandant c’que j’veux. Un sec ? Nectar de Dead End ? Hola, hola. Calme-toi mecton, j’m’assois. Bien. J’sors ma topette et lui d’mande de la remplir d’c’qu’il veut pourvu qu’ce soit fort puis d’me servir autre chose. Il s’presse de le faire et moi j’aime pas quand on s’presse, hé.
Qu’est-ce t’arrive patron ?

Il pose mon verre d’vant moi, s’en sert un et l’boit cul sec avant d’le poser violemment à côté du mien. Il l’tient toujours et fort, j’vois les veines tellement. L’a pas l’air dans son assiette le p’tit gros. Ouep, c’est un petit gros barbu à la calvitie naissante. Faut dire qu’la pas beaucoup d’cheveux. L’a des cernes aussi, on dirait qu’il a pas dormi d’puis deux jours. Son regard est figé vers le rien. V’savez ça nous arrive à tous des fois de regarder le rien. C’est à c’moment qu’on pense à rien mais en fait, si on s’en rend compte, on l’regarde encore mais on pense à que’que chose ! Quand on pense à rien, on l’sait pas. Ben voilà c’qu’il fait. Puis ses châsses clignotent, il s’secoue un peu la tête pour sortir d’son état de presque léthargie.

Plus une thune. Rien. Mes habitués ont disparu, la totalité, et ça d’puis des mois et des mois.

Ah. Moi j’ai bien une idée d’où sont ses habitués, héhé. Lui, en fait c’est l’gérant du rade à deux lieues du chantier. Ben, l’a pas dû remarquer qu’ses clients sont charpents ? Moi j’sais qu’j’suis jamais allé parce qu’y a trop d’monde tout le temps. Mais là, comme c’est calme j’m’y suis aventuré.

Normal, tes clients, c’est les gars du chantier, et là, on bosse sur un bateau alors, on boit presque plus.

J’le châsse et il m’châsse aussi. L’est en rogne j’saurais dire d’quoi. Moi, j’fais pas mijoter mon eau d’vie et m’humecte le gosier en trois coups. Là. Sur ce, j’laisse un billet et m’barre. La somme juste, parce que j’suis un crevard et qu’je donne pas d’argent. Pas même à un piollier pauvre. L’aura qu’à s’nourrir d’ses rouïllards d’gnôle.



Dernière édition par Kiril Jeliev le Sam 30 Mar 2013 - 19:31, édité 6 fois
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Mar 5 Mar 2013 - 16:17


Début 1623.

C’est fini les vacs, dès qu’on a posé l’pied sur l’chantier, l’boss nous a matraqué d’un sourire vicieux et nous a conseillé d’se r’mettre vite fait d’notre courte pause parce qu’c’est pas encore fini, la priorité étant l’bateau. J’l’ai vu tiens , il sirotait du whisky autour d’une table du Hibou de Nuit. Rade où j’passe presque jamais. Pas une atmosphère qui m’plait, v’là. Mais là, j’ai décidé d’me faire un verre dans tous les bars des îles où j’poserais pied. Une sorte d’pèlerinage boy, un pèlerinage pour un poivrot qui croit en l’pouvoir du goulot.

On a reçu les pièces du « squelette de fer » comme on pourrait l’appeler qu’on a auparavant confié au forgeron. Avant toute chose, on calfate la coque pour une meilleure étanchéité et protection de la carène. L'abattage en carène consiste à coucher un bâtiment sur le côté et à la maintenir en cette position, afin de ramener au-dessus de l'eau les parties submergées qui aurait besoin de réparation. Les maîtres calfats posent de l’étoupe, une sorte de cordage entre les bordes. Les cordons sont insérés entre les bordes avec des fers frappés à coup de maillet. On chauffe la coque pour détruire les merdes qui trainent : coquillages, tarets, sables et pour sécher le bois. On pose enfin un mélange à base de goudron.

Pour l’ajuster à la coque en bois on ponce le métal avec de l’abrasif à gros grain afin de rendre la surface rugueuse. Et c’est avec la sève de l’hévéa, l’arbre au caoutchouc qu’on va pouvoir fixer le bois sur le métal. La sève de l’hévéa est connue pour être en réalité ce fameux latex. De plus elle est très facile à récolter on a pas besoin d’abattre l’arbre. Le fonctionnement est simple, on a b’soin ni de phloème ni de cambium. Juste du latex qu’on passe sur les abouts et là, on fixe le métal pendant deux ou trois minutes, et c’est bon. Comme ce sont de nombreuses pièces détachés, c’est long. Mais au bout d’une journée, c’est fait.

On entend un cri du patron et on accourt dans son r’fuge, sa vie : sa p’tite cabane en bois où l’entrepose tout son attirail de guerre. La porte est ouverte, j’entre et j’vois un p’tit gros avec un couteau menaçant l’patron. J’fonce dedans, mon avant bras dans l’arrière d’son crane et j’constate. Vous vous souvenez du mec à la limite de la pauvreté cause que les gens du chantier y v’naient plus dans son bar ? Ben c’est lui, là. Il est sûrement devenu fou, moins que la patron, mais fou quand même. J’prends pitié et l’relâche. Elle pleure, elle pleure. Ça m’saoule, j’le jette à l’eau.


La mâture.

Les plus grands mâts ont toujours été fractionnés en plusieurs tronçons reliés les uns aux autres pour atteindre la hauteur voulue. Chacun des mâts d'un quatre-mâts est constitués de quatre pièces qui se superposent. Un système astucieux de cordages et de poulies permet de faire monter ces mâts par glissement : le guindage. La manœuvre consiste dans certaines circonstances, approche de tempête, hivernage en rade, à abaisser les mâts supérieurs. L'un des avantages second de ces mâts en plusieurs tronçons est qu'en cas d'avarie, de tempête, de « fortune » de mer, seul l'un des tronçons se rompe et les autres restent intacts. Les réparations sont donc plus aisées et dans ses cales, le vaisseau dispose de mâts de rechange ou de « fortune » qui sont chargés pas un sabord avant.

D’abord, on a remit le bateau en position droite vu qu’il est en carène.

Le bordage contrairement à ce que certains naïfs pourraient penser, s’effectue toujours en dernier. La deuxième étape la plus importante étant la mâture qu’on va ancrer dans la coque, histoire d’avoir plus de solidité or si un casse, ce sera un peu plus compliqué pour le réparer. Mais bon soyons prudents avant tout ! Sans mâts, c’est dur dur de naviguer. Mais comme la plupart des navires de guerres, le notre n’en disposera de quatre, tous faits de sapins. Le bois du sapin est celui qu’on utilise dans 80 % des cas pour les faire. L’arbre est très long et il ne dispose en général que d’une base, je m’explique, sur certains arbres dès le tronc, on peut constater plusieurs grosses séparations. Chez le sapin, ce phénomène est quasiment nul et donc en plus de sa grande taille, nous facilite le travail pour en faire un mât. Le seul problème serait toutes les branches qui font sa particularité mais comme elles sont toujours verticales, une fois l’arbre abattu il est simple de les couper sans abimer l’aubier voir le bois d’cœur.

Notre navire de guerre sera de grande taille, les mâts aussi sinon ça entrainerait une disproportion des tailles et un déséquilibrement total du vaisseau. Mah, on s’exécute, à l’aide d’une scie, on part du tronc et vroum, on dézingue toutes les branches en faisant attention à ne scier que l’écorce. C’est drôle. Et on fait pareil de l’autre côté. Une fois ça fait, on obtient déjà la forme du mât, on s’dit. Mais non. Parce qu’il faut faire un trou, c'est-à-dire sectionné le bois de cœur puis couper l’arbre en deux. On prend une très longue scie circulaire conçut spécialement pour cet exercice en respectant à la lettre les mesures donnés par les modélistes, mon groupe. Les architectes eux, sont à la coque pour réaliser les trous qui nous permettrons de mettre nos quatre mâts sur le bateau. Mais c’est pas pour tout de suite. La réalisation d’un seul grand mât doit durer 5 jours. On ne met pas une demi-heure, même à l’aide de la scie à faire un trou précis dans le sapin. Ni à enlever l’écorce.

Là, ça devient un peu plus fun.

Les visages des compères se décrispent à la vue du voilier de transport venu nous apporter le « reste » que l’patron nous a promit avant l’début d’la construction du navire. Il est étonnamment très grand et large. Il a parlé de taille, le vioc… Il a pas menti quand il a dit que ce navire serait totalement axé guerre. Rien qu’à voir la cargaison, on aurait dit qu’il s’prépare à une bataille gigantesque. J’l’ai dit qui dev’nait dingue… Même les plus tarés d’la bande ont été choqués. Mais j’vous laisse constater c’qu’elle comporte, cette fameuse cargaison :

  • Un canon gigantesque de 6mètres de long avec de très gros boulets. Commentaire perso : Jamais vu ça d’ma vie, même pas dans les cuirassés d’la marine. Les boulets aussi sont impressionnants. On le mettra sur le pont c’lui là, hein, pour la maniabilité d’l’engin. Rien à dire là-dessus.

  • Une baliste avec des flèches géantes qui s’enflamment, tiens. Commentaire perso : ça, déjà vu. Mais pas sur un bateau. On va l’mettre à l'arrière.

  • Un très grand filet avec maillage en acier. Commentaire perso : ça, ce sera déployable depuis l'arrière. Grand aussi, tout est gigantesque dis donc, comme la folie du vieux margoulin…

  • 4 canons doubles. Commentaire perso : Les architectes ont dû être mis au courant parce qu’ils ont mit des sabords un peu plus p’tits qu’ceux des canons prévus pour eux, apparemment.

  • Des boulets ramés. Commentaire perso : Bon, ça, c’est du déjà vu…donc ça en devient presque bizarre !

  • 8 gatlings. Commentaire perso : Bon, plus de doute à avoir, les architectes ont été mis au courant, obligé, ils ont foutu des sabords cachés très bas, sûrement pour pouvoir toucher la charpente axiale d’l’ennemi.

  • Deux gros lance-flammes. Commentaire perso : … Sérieux ? Vraiment ? Réellement ? À installer sur les côtés du vaisseau.


  • Un tromblon géant. Commentaire perso : Ben pourquoi pas ! Celui là on le foutra en proue mais j’suis curieux d’voir c’qui a encore ! Des canons qui font du fumigène ??

  • Deux canons spéciaux à feu grégeois permettant de couvrir les fuites grâce à la fumée qu’ils produisent. Commentaire perso : ……………… à mettre derrière, sabords du deuxième pont.

  • Des projectiles. Commentaire perso : Sûrement pour la baliste.

  • Les autres canons sont normaux. Commentaire perso : Bah, l’en fallait bien.


Dernière édition par Kiril Jeliev le Sam 30 Mar 2013 - 19:32, édité 3 fois
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Du-très-lourd. Le vieux nous r’garde avec sa havane dans la bouche et son p’tit sourire en coin qui fait encore PLUS flipper après avoir découvert la cargaison. Jamais j’aurais cru qu’on serait aussi équipé qu’ça. Ça n’a fait que motiver encore plus les collègues, moi, j’me doute que le patron perd le ciboulot. Ce bateau va devenir un cimetière ambulant, comme mon poing américain. J’sens un truc de bizarre dans son r’gard. La goutte sur la tempe.

Les canons seront à mettre aux sabords prévus à cet effet et à chacun juste avant les finitions du bordage, d’ailleurs. Avec c’qu’on a fait sur l’avant bordage et d’après la taille du bateau, on pourra p’tête prendre 52 canons. L’patron lui, serre la main des marchands en les remerciant chaleureusement et en leur signalant qu’il allait chercher la bourse. Il nous a avant indiqué avant qu’les architectes commencent les mesures, qu’il y aurait des plus gros sabords dans l’pont du milieu, les lances flammes, hein. Des sabords particulièrement plus p’tit dans le dernier, les gatlings là.

Oui, les sabords, ici… et là… Les gars… J’ai clairement pas N’OUBLIEZ PAS DE FAIRE LES MESURES ! les berrys pour payer… ET JE VEUX QUE CE SOIT PROPRE.

Je le savais. Jamais l’aurait pu se permettre d’acheter autant d’chose, j’pense même qu’il a pas assez d’argent pour l’Tsar Cannon. J’regarde la bande de marchands armés d’sabres, quand même. Nous, on a quoi a part des scies et nos poings ? Ben, j’l’accorde. Ca fait d’jà beaucoup. J’me retourne vers les compères et j’commence à siffler. J’fais signe aussi au patron d’se barrer. Au moins qu’il fasse semblant d’aller chercher la thune. Dans tous les cas, on va devoir se battre. Le navire de commerce, comme la plupart possédait deux mâts et en cas d’non respect des règles d’achat, des tonnes de bras d’dans. Comme c’est un moyen, of, j’aurais dit 120 personnes armées. Nous, on est quelques trois cent, en tout. Et y en a qu’on séché l’boulot, de plus y a pas d’armes pour tout le monde, trois d’plus, tout le monde est pas au courant d’ce que l’patron a dit, quatre d’plus, on est vachement pas avantagé. Vrai. Que faire ? J’ai une réponse, agir.

J’vais pour voir les commerçants, un peu. On discute, j’regarde leurs épées. Ouais, ça à l’air d’pouvoir couper une tête au moins, ça. Ils sont une trentaine à être sortit pour avoir déplacé l’Tsar Cannon. J’discute. Et v’saviez qu’j’ai été lieutenant ? Et v’saviez qu’j’en ai vu des galions comme ça, mais jamais équipé d’canon si gros. Héhé. Mon poing dans sa bobine, subitement, sans crier gare. Surpris, l’autre m’fout une mandale, j’évite pas mais j’m’allonge pas non plus. Ok, j’recule un peu et appelle les gars. Mais j’recule jamais trop. J’suis pas une lopette donc j’me ravance en mettant Lana à mon poing. Puis j’swift. J’en prends deux d’un coup, j’me baisse pour éviter les coups d’estocs, héhé. J’aime pas les épées, j’effectue donc un retourné en lui présentant l’derrière d’ma grôle gauche et, une fois déséquilibré, j’plante Lana dans son front. J’m’attarde pas sur la scène dégueu et m’concentre directement sur l’autre, horrifié. Ouais. On pourrait dire que c’t’une scène qu’on voit qu’une fois dans sa vie mais c’est faux. La vérité c’est qu’ça nous arrive qu’une seule fois dans la vie. Tac, j’lui présente Lana en lui foutant dans l’crane parce que j’suis sacrément farfelu comme type. J’avoue.

J’châsse le chantier. Les gars s’débrouillent bien, mais y a des blessés. Rah. On en a fait tomber combien comme ça ? P’t’être une vingtaine ? Et combien d’nos rangs s’sont écroulés ? P’t’être dix ? C’est d’jà beaucoup, n’empêche, tout ça parce que c’débile de patron n’a pas voulu payer. Mais dans mon passé d’marine, j’me souviens qu’ces choses se sont souvent produite. Et c’tait pas nous qu’ils appelaient dans ces cas là mais leur employeurs, souvent pirates. Alors, on a peu d’temps avant qu’un navire d'brigands arrive. D’expérience, je sais qu’ils seront p’t’être une trentaine. Mais trente pirates armés. Faut qu’on réduise l’nombre de commerçants à sabres. D’ailleurs, ils sortent tous d’leur bateau, comme j’ai dit, cent, j’en suis sûr qu’sont cent. Pfiou.

La tristesse de sa vie est un index sur un bout d'métal.

L’patron tire des balles d’tromblon d’puis sa p’tite cabane en bois. Boum, boum, boum. Des têtes s’trouent. Et moi, j’baisse la mienne, ‘cas où. Un gars vient essayer d’me découper avec son jouet. J’évite de peu et j’rétorque avec le mien. Ben quoi ? Lana fait des ravages un contre un contre une épée. Jbim, clint, ting. Les bruits m’reviennent pas. On dirait qu’des boulons sautent. J’prend encore mon pied et lui plante à la face. J’me disais, ça fonctionne bien mieux. Il tombe sur l’sol et non, cette fois-ci j’vais pas faire le gros dégueu à lui foutre une lame dans la cervelle. J’enfonce juste ma bottine sur son visage, en appuyant très fort, j’la relève et lui r’fout son plat au même endroit. Jusqu’à déformer l’sol. Enfin j’crois. Abominable crime m’sieur.

Jusque là j’m’en suis fait trois, ça va pas, c’est peu. J’regarde là où y a plus foule, et j’fonce Lana à la main en poussant un cri d’taré genre « YAAAAAAAH » comme San-grokou. J’swift dans la masse avec les lames d’mon os d’mout’, parfois j’fous des beignes piquantes et plus rare, j’donne ma vraie droite. Doit bien y en a voir dix qui sont tombés. Après, j’me suis encore éloigné en anticipant l’arrivée des pirates. J’aurai p’tête une p’tite idée pour ça… Mais pour ça fallait qu’tous les commerçants tombent. N’attendant, ceux qu’étaient morts, j’les foutais à la mer, comme j’sais bien faire. Des fois, quelqu’un m’interrompt alors j’lui refais l’portrait en terminant par une lame dans la carotide. Vrai qu’ça doit faire mal. Moi j’sais pas, j’m’en suis jamais pris. Et puis, j’jette aussi son corps. Kiril fossoyeur version cimetière des mers. Héhé.

De plus en plus de charpentiers s’retrouvent à terre. Pas bon ça, j’cours d’tous les côtés en enfonçant ma targette dans les côtes qui s’présentent à moi, en f’sant tout d’ailleurs, pour les défoncer mais y en a toujours autant. Maintenant, j’estime leur nombre à quatre vingt contre deux cent. Bien. J’aligne les phalanges, j’serre l’poing, j’crispe mon sourire. J’baisse un peu ma gauche, équipé d’Lana puis j’avance pour me mettre au centre en regardant dans toutes les directions. Ce sera de l’action… réaction. C’t’à dire que… Ah tiens, j’ai un exemple.

Action : Un court dans l’but d’me trancher. Réaction : J’me décale un peu et brise sa tête avec l’plat du poing qui va vers le bas. Extra : J’tape dedans une fois qu’il est par terre avec le pied, histoire d’bien lui défoncer la caboche pour qu’il bave et laisse l’monde tranquille.

Action : Deux autres viennent s’jetter sur moi. Extra : J’rigole. Réaction : J’donne mon pied dans l’estomac d’un et enchaine avec les piques de Lana dans l’crane. A l’autre j’lui donne mon coude, lui attrape le cou avec l’autre bras et lui fout une giboulée d’coup dans l’thorax, tellement, qu’ça l’empêche de pouvoir respirer et j’finis par un coup d’genou au même endroit.

Action : P’tit pleurnichard qui vient s’réfugier dans les bras d’maman. Réaction : Maman lui fout une mandale et l’renvoie au lit.

Réaction : J’prends l’sabre d’un mec qu’j’ai défoncé précédemment, le lance en direction d’un type et qu’ça à pour but d’toucher sa tête mais qu’ça transperce son ventre. Action : Ben, il tombe.

Un, deux, trois, quatre, cinq vaincus par l’action-réaction version Kiril. J’m’apprête à prendre une gorgée d’Rosite MAIS z’ont compris qu’j’suis pas du même rang qu’les autres et ils viennent en groupe de dix m’faire chier. Soit. Puisse le sort vous êtes favorables les tocards, vous pouvez l’répéter cent fois dans vos têtes sans fois. Héhé, jeu d’mot. J’me recule un peu pas trop, comme t’à l’heure parce que j’ai beau être un gamin d’la baston, dix lames contre toi c’est pas souvent partie gagnée. En un coup, les dix d’ailleurs, m’foutent la pression. J’me baisse, j’m’accroupris même pour prendre les jambes d’un type et l’désarmer. Quand j’sens qu’un est chaud pour m’poignarder dans l’dos, j’tourne subitement l’corps qu’j’ai pris auparavant pour l’mettre à la place du mien. Bam, il enfonce l’épée dans son propre camarade pendant qu’moi j’cours assez vite pour éviter d’la prendre aussi. Clap clap. Les gars sont déboussolés, un peu, moi j’en profite pour lancer Lana dans la tête d’un type. Et cette fois-ci j’rate pas. Deux. L’en reste huit, et j’ai plus rien sur la main gauche. L’est temps d’reprendre les vieilles habitudes, v’savez :


Comme à la vieille école.


J’me projette sur deux types et leur distribue une giboulée d’coup dans la tignasse sans m’arrêter, entre deux, j’en profite pour foutre un p’tit coup d’genou dans les couilles d’un qu’a l’reflexe de s’les toucher à deux mains donc, j’récupère son épée et sans attendre, les tranche tous les deux. J’me retourne et fait la même chose au gars d’derrière moi. Puis j’recule et analyse. Trois d’moins. Reste cinq. J’fronce les sourcils et m’élance sur les cinq, un par un, du moins j’essaie, j’les affronte au combat d’lame. Le premier, action, il brandit sa lame, réaction, j’lui tranche la tête. Le deuxième, action, l’est derrière moi, réaction j’me baisse et j’lui transperce le ventre. Le troisième, réaction, j’lui balance le corps du percé, deuxième réaction, j’lui jette l’épée en même temps et qu’ça touche son torse. Trois. Les deux derniers, j’les terminerais à la main. Ou p’tête pas parce qu’l’en reste qu’une dizaine d’marchand. Les charpentiers, c’est aussi des mecs d’la baston. J’le rajoute à ma liste ça.

Ils ont fini par r’marquer qu’ils sont en sous nombre. Bon. Le chantier r’trouve peu à peu son calme. Oui. Et tchoum, les deux sautent. Une balle les a touchées. J’regarde d’où qu’ça vient. Ah, la cabane du m’sieur. Reste que trois donc, trois désarmés, trois qu’ont peur. M’en fous, ça fait des témoins. J’récupère Lana d’la tête d’un type. ‘core pleine de sang. J’prend son veston pour l’essuyer, tiens. Et hop, j’regarde les trois et fonce dans l’tas. V’savez ?


Comme à la vieille école de Lana.


L’résultat ? Des piques dans la gueule, dans le cou, dans les bras et dans l’torse. J’me raffole, comme une bête. J’suis une bête, c’est bête de le dire maintenant puisqu’ils sont morts. L’vieux patron s’avance. Ah ?

Bravo m’sieur. Vous v’nez d’nous mettre dans la merde la plus TOTALE. Vous savez qu’il n’y a pas de doute à avoir sur la venue d’leurs employeurs??? Vous l’savez ça ??? Y a eu des morts d’notre côté, aussi !

Du leur aussi, fiston.

On s’en fout d’eux, bordel ! Maintenant, z’allez m’écouter les marioles, vous jetez tous les corps des marchands à la mer, mettez du plomb dans leurs calbutes !

Ils s’exécutent tous. Et moi j’regarde le patron d’un regard effroyable montrant toute la haine que j’ai pour lui à c’moment là. Un navire de pirates va arriver. J’en suis certain. Certains coups d’feu ont rameutés la population. Fin bon, j’suppose que ce sont des choses qui arrivent, vu qu’ils s’en sont foutus royalement. Ils ont dû faire des choses bien pire et encore. J’apprends p’tit à p’tit à connaitre les gens qui peuplent le cailloux. Tu parles d’une île de merde. Le patron est complètement atteint, il shoot des gens pour l’ptit déj. La fille du chef d’l’auberge où j’crèche a des penchants morbides derrière sa gueule d’ange. Y a des agressions tous les jeudis. Ho ! J’ai l’impression d’être le plus normal de ces merdes et seul Gnôle seule sait qu’j’suis très loin d’l’être.

Bon… Maintenant vous prenez le Tsar Cannon, des tonnes de poudre à canons et vous les emmenez près du rivage.

Et oui, on va utiliser ce truc pour détruire toute trace des sagouins. Tout le monde a comprit, donc j’me tais et je les aide à foutre du gras-double dans les slips des morts.

Z’ont poussé le Tsar, très droit, près du pont d’amarre et ont transporté les sacs de poudre. Le chantier de notre côté est « propre », si j’peux m’permettre. Le galion, comme j’m’y attendais, est en approche. J’le vois d’ici. Tiens, c’logo… J’distingue bien la forme du pavillon, c'est celui des pirates que craint le patron, ceux dont il a peur, ceux qu'ont menacé d'toucher sa p'tite fille. Nous allons donc exercer sa vengeance car c'est de la lâcheté pure et simple et la lâcheté je la hais presque autant que je hais la Marine alors je jure et je ne parjure pas, qu’à jamais elle sera ennemie de Kiril. Et je serais synonyme de destruction quand je la verrais. Attendez encore vingt mètres les gars.
Dead End est maudite. Les cœurs de ces gars sont noirs comme l’ébène. Il n’y a plus rien à faire pour nous, plus rien.
Feu.


Et voici qu’on voit le Tsar Cannon à l’œuvre. Un boulet d’canon dont je ne saurais dire les proportions s’élance sur le galion de cette organisation qu'le patron a embobiné. Maintenant carrément, déclaré la guerre.

Voilà.

La Fin.

Et un gros boum pour le crédit musical.


Dernière édition par Kiril Jeliev le Sam 30 Mar 2013 - 19:34, édité 7 fois
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Mar 5 Mar 2013 - 16:29


Affaibli par mes soucis de conscience,
Je pars en couille c'est un concours d'circonstances.


Remis d’cette histoire ? P’t’être pas. Tout l’monde a la frousse. On a combien d’temps avant qu’les autres s'rendent compte qu'un d'leur navire est parti sans jamais revenir? Hé ? Combien d’temps avant qu’un pêcheur du dimanche repêche un corps puis des centaines d’autres ? Hé ? Combien ? J’y pense tout le temps mais l’patron a pas l’air d’être vraiment atteint, en tout cas, il l’est du ciboulot. Fallait qu’on charge les armes, fallait qu’on fasse vite, de toute. Là, personne a eu de vacances. L’margoulin fume toujours sa havane en donnant des ordres mais l’a pas comprit qu’y a eu des morts aussi d’notre côté ? Bon, beaucoup moins, certes mais ça a pas l’air de l’choquer. Il veut juste terminer son bateau. A priori, reste pas beaucoup d’choses à faire si ce n’est de l’armer. J’sais bien qu’c’est un peu bizarre d’dire ça, mais qu’est-ce qu’on peut faire, à part l’écouter, hein. Des types ont démissionné après ça, on a perdu beaucoup d’mains d’œuvres mais c’t’à croire qu’il a réponse à tout.

Il a appelé un mois avant des types de l’Union John pour prêter main forte à la fixation des mâts avec queue d’aronde dans la coque et sur l’bateau même pendant qu'nous on fait les trous qui permettent aux gouvernails de le diriger. Avec ces types dotés d’une force surhumaine, trois ou quatre heures de travail se sont transformés en une et en coup un de cuillère à pot, notre bateau ressemblait enfin à quelque chose. Les voiles sont déjà placés sur les mats, des focs, les voiles triangulaires qui servent à stabiliser ce dernier, des voiles carrées et auriques comme la tradition le veut. Il nous manque donc : les canons, le plancher, le bordage et tout ce qui est appartement sur le bateau. Des tonnes de trucs quoi…

Comment qu’le mât ça s’met:
 

D’abord, on va s’occuper des canons NORMAUX, exercice facile, il n’y a qu’à transporter ceux-ci derrière la borde. La seule difficulté est le nombre mais la main d’œuvre nous a permit d’avancer rapidement puis avant de faire remplir le sous-plancher d’hêtre, on fixe le canon gigantesque baptisé « Tsar Cannon » sur l'pont. Bien sûr, il doit peser au moins 3 tonnes alors on a laissé les gars de l’Union John s’en charger, une fois de plus. J’ai essayé d’aider en poussant puis après coup, je me suis résigné à les regarder. A chaque fois que je poussais je sentais ma virilité se transformer en fontaine de jouvence de radasse.

Les installations faites, on a reprit nos vieilles habitudes en découpant le bois proprement, en le rabotant puis on le ponçant doucement pour faire de jolies planches. C’tait pour la couverte en sapin. Pour l’enture, on a prit la sève de chêne et procédé comme d’habitude en faisant sur les abouts le schéma type : cambium, sève, phloème, sève, sève, phloème, sève, cambium. Il nous a fallu deux jours pour remplir de parquet la San Caya, grande de soixante-dix mètres. Après tout ce temps, plus d’un an je crois, j’ai presque oublié son nom… Fin bon, c'est pas plus mal vu qu'j'aime pas, j'l'ai déjà dit. On dirait, v'savez, le nom d'un navire de détente. Le notre c'est un navire de guerre ! Pas un truc de tarlouze.

Pour ce qui est des appartements, on a décidé que ce navire serait totalement axé guerre, et donc, qu’elles serviraient à entreposer tout ce qui est ravitaillement : une salle de « légère » munitions (flèches, projectiles divers) sur le premier pont, sur le deuxième la poudre à canon en très très très très très très grand nombre (j’exagère pas), dans une autre pièce du deuz, de l’huile inflammable et des bouteilles de gaz (pour les lance-flammes) et en bas les canons de tout genre (ramés, normaux, d’une tonne). On pourrait accéder à la coque où s’entreposerait toutes les caisses mais pour cela, il va falloir qu’on rajoute une couche de bois et cette fois-ci du joli, de la boiserie murale authentique. Et c’est là que mes qualités de modéliste-menuisier jouent dans l’esthétique intérieure du vaisseau. J’ai choisis l’ébène pour la couleur noire de son bois de cœur. C’est vrai que ça ne court pas les rues vu que c’est un bois de luxe mais l’patron m’a confié en avoir en stock. Ils ont remplit l’intérieur de la coque de sève d’hévéa puis j’ai abouté mon ébène au fur et à mesure. J'ai pas poncé le bois pour que ce soit plus naturel mais j’l’ai juste humidifié avec de la grosse graisse.

La pièce est presque toute noire. Les sabords laissent un filament de lumière l’éclaircir un peu. Ça rend beau tout ces petits rayons, j'souris, héhé. On dirait l’intérieur même de mon esprit. Noir certes, mais avec un brin de pureté. Je sens mon âme flotter à travers cette pièce. La guerre, les armes, les canons, les munitions...La violence et le chaos… Y a les 5 boulets d’une tonne, les ramés, les canons normaux, des centaines. En bas y a les gatlings, leurs balles encore plus nombreuses… j’vois l’Tsar Cannon et j’me dis ouah. C’est tout moi. Le pire dans tout ça, c’est qu’on est qu’de simples charpentiers, mais qu’on se prépare à devoir se battre. Hm… Je remonte au deuxième pont. Ici, j’décide que ce sera un peu plus clair et donc j’utilise le pin, bois lumineux bien qu’il n’ait aucune spécificité particulière. J’demande à quelque gars modéliste de venir me donner un coup d’main pour l’placage et en moins d’3h on finit. J’sors d’ici prendre l’air.

Ils préparent les appartements d’en haut parce que yen aurait sinon ça fait trop vide, puis on les meublera à notre guise et on décidera d'leurs fonctions plus tard, et ils amènent les autres armes à l'extérieur, la baliste, le tromblon. En bas, y a cinquante-deux sabords dont huit cachés où sont placés les gatlings, vingt six de chaque côté sans compter le gros canon en proue. Derrière, y a une tour de contrôle, un peu. Pour le navigateur qui se chargera d'la longue vue. On la construite en tilleul parce que c'est beau l'aubier blanc. On a aussi installé la baliste avec les gens d’l’Union et en proue, on a placé le tromblon géant. La seule chose qui nous reste à découvrir, c’est le bordage que le patron a choisit. La peau du corps, ce qu’on voit en premier. De quoi serait-il fait ?


Dernière édition par Kiril Jeliev le Sam 30 Mar 2013 - 19:35, édité 5 fois
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Mar 5 Mar 2013 - 16:52


Début 1624.

Les gars, on est arrivé à la fin de cette aventure tout d’même… Les petits sont devenus des grands, et y à des nouveaux p’tits. Maintenant j’annonce ce que vous attendez tous, le bordage. C’est un grand arbre que j’apprécie beaucoup, l’a faillit être le plus beau de tout les temps, celui-ci je l’ai pas pris parce que j’sais pas où il s’trouve d’ailleurs, le tamboti.

On aurait dû s’en douter. Le bois de cœur du tamboti est un des plus beaux du monde, on dit. Ces impuretés sont parfaites, sa couleur brun foncé aussi. C’est un bois dur, d’une densité moyenne d’à peu près 1000 kg/m3, très brillant, et avec un parfum puissant persistant et agréable, doux, lisse et résistant. Pour ce qui est du cordage, on a utilisé le chanvre qu’ont a récolté au mois d’aout, séché, battu, peigné puis filé. C’est le fil de carret. On les réunit à deux en les tortillant ensemble. Cette opération s’appelle le commettage. On fait aussi des cordages simples appelés aussières qui composent les grelins, les plus gros cordages à bord. Ces derniers sont utilisés pour la manœuvre des ancres. J’sens quand même beaucoup d’angoisse chez certains, la peur, les gouttes aux temps comme j’dis. Ça se remarque assez vite. Ils ont plus rien, savent très bien qu’z’ont tué beaucoup d’monde et qu’ces derniers sont juste sous leurs pieds, à la mer. C’est vrai qu’c’est une sensation bizarre que d’savoir que ta victime est tout près d’toi. J’glousse, un peu. L’air de rien. Sifflote.

Tamboti:
 

Le vieux fou a donc envoyé des gars dans la réserve pour nous amener le bois déjà poli, moi qui pensait qu’il avait rien foutu pendant toute l’année à part donner des ordres, commander des armes sans vouloir payer et faire sauter des cervelles avec son tromblon, la voix ferme sa bouche. Pour le moment. Après les cris d’joies étouffés d’certains des collègues qui veulent sûrement oublier c’qui a eu lieu, à mesure que les autres sont arrivés avec le bois, on s’est presque bousculé pour aller assembler les pièces qui font la borde. J’fais parti d’ces gens qui veulent oublier et s’concentrer sur autre chose. Elles sont toutes de mêmes mesures, parfaitement fignolées, on voit que l’patron l’est pas pour rien.

N’empêche qu’il y a quand même une difficulté qui s’ajoute à l’enture des abouts, c’est l’odeur. Nom d’un perroquet qui miaule… Nous, on veut préserver le parfum du tamboti et la solidité du navire mais la sève qu’on utilise en a déjà une qui sent pas l’amour comparé à nos magnifiques planches. Puis, on pourrait tout simplement utiliser des clous mais pour la résistance du bordage la colle + les vis ont toujours fait bon ménage. A tous problèmes il y a une solution et on l’a… Fabriquer notre propre colle. Les ingrédients étant : de la farine, du sucre et de l’eau à mélanger à feu doux. Elle a l’avantage de ne rien sentir et donc de ne pas gâcher l’odeur parfumé du tamboti.

On s’y est tous mit n’empêche et avec des brosses on vient peigner puis clouter les planches qu’on nous ramène. Ça nous a prit pas moins d’un bon jour et enfin on a pu contempler notre travail. On est allé chercher une ancre toute neuve, on a peint les barots, l’étambot, l’étrave et la voûte en blanc, ragréer une dernière fois la quille.

On l’a installé sur des p’tits rails qui l’jetteront à la mer. Plus de trois cents hommes l’ont poussé, c’est donc plus de trois cents hommes qui ont hurlé de bonheur toute la journée quand il a flotté pour la première fois, et j’en fais parti.

Au nom d’la bonne Gnôle du Saint-Esprit… Il flotte.


Notre spécialité à Dead End, c’est la vitesse et la maniabilité, avec l’ingénierie d’nos architectes, on a rendu les siennes équivalente à celles d’un galion d’moyenne taille.
Reste plus qu’à l’meubler. On a prit tout c’qu’y a dans l’atelier des modélistes, surtout les sommiers et on a fait v’nir des matelas. Un d’mes collègues a prit l’gouvernail et l’a installé derrière l’gros tromblon. Plein d’gars sont venus poser leurs mains d’ssus et ont fait semblant d’le manier. C’est ma création. C’est toujours chouette d’être derrière un gouvernail. T’as l’impression d’être maitre de ton destin, pour une fois. Moi, j’y suis pas allé… C’est des conneries tout ça, surtout qu’ça fait bien longtemps qu’j’suis plus l’chemin. Hm…

Le voilà.

Final:
 

J’ai alors senti une main m’tapoter l’épaule. Celle du patron tout sourire avec sa barbe et ses cheveux noirs, en train d’regarder l’résultat d’un an et demi de dur labeur. Un fier navire armé jusqu’au…pont de 70 mètres.

Hé l’père Jeliev. J’ai observé cette année d’tous mes clignots et t’es celui qui s’est l’plus investi dans la réalisation d’ce vaisseau. T’as touché à tous les domaines qu’ce soit la menuiserie ou le modélisme. T’as de quoi devenir un excellent charpentier.

C’est parti pour l’discours du père spirituel fier de son gosse, des compliments, des éloges voir même de l’héritage…

C’est rare de voir un bateau fait d’autant d’arbres différents, vous avez bien bossé et vous tous, j’vous considère comme mes enfants.

Qu’est-ce que j’disais... Maintenant il va nous sortir l’incontournable « moi quand j’étais jeune » et on est parti pour un monologue de deux heures…

J’ai construit quinze bateaux dans ma vie, ça fait à peu près quarante ans que j’suis dans les chantiers. Mais y en a un, qui s’est plus démarqué des autres. A l’époque un pirate est revenu sur Dead End, son île natale, avec tout ce qu’on lui avait demandé à l’aide de plusieurs flottes. Même les gamins qui pensaient qu’il allait jamais trouver leur « dent de mammouth » ou « tête de requin » ont été surpris. Enfin, c’était plus des gamins vu que son voyage a duré 20 ans. Et moi, j’lui avais d’mandé de me rapporter assez de bois parfait pour réaliser un bateau. Un bois capable de résister à des boulets de canon et des tirs d’toutes armes. Le bois d’Adam qu’il s’appelle disait-il.

Hein ? Dites.

Oui. Et j’ai construit un bateau avec. Un bateau capable de résister à tout.

Il est où ce bateau ?

Pas là. Mon métier est de construire des bateaux pas de naviguer avec.

J’le crois pas, comment un tel bois pourrait exister… Un bois qui résiste à tout, c’est ça. Qui pourrait croire à ces débilités, ce vieux rat est un charpentier exemplaire mais un peu maboul faut croire, et ça depuis le début. Ouais, maboul. C’est normal à son âge, on perd les pédales vers ces eaux là.

Poursuis ton chemin Jeliev. Reste pas ici, ça fait bien longtemps qu’Dead End est une île de merde et puis, trouve ce bois.

Pff et puis quoi encore.

A quoi bon croire en l'homme quand l'animal est plus humain ?

J’prends ma topette dans ma redingue humide de transpiration, fait chaud. Puis j’bois en regardant la magnifique San Caya. Mon premier navire et pas des moindres, un navire synonyme de mort et de destruction... Le Tsar Cannon, les lance flammes, le feu grégeois, le tromblon, la baliste, les canons en or… Il brillera dans l’océan, c’lui là. Et en plus de briller, il fera des ravages. J’en entendrais parler, j’en suis sûr. D’mon vivant marine, j’ai jamais entendu parler d’galion d’quatre-mâts comportant une capacité d’52 canons, déjà. Alors si en fait c’est des spéciaux, qu’y’a des gatlings en sabords cachés, des boulets ramés, des aiguilles inflammables…
J’réponds pas au vieux fou et m’retire en retirant la crasse d’mon oreille avec le doigt.

Plus tard.

J’suis revenu à l’aurore, regardé les lieux et ai escaladé les ponts. J’avance, j’avance et pose mes mains sur l’gouvernail. Moi qui l’ai fait. Ç’a été mon premier travail, même. Même si l’vieux est fou, j’pense pas qu’il me ment sur cette histoire de bois d’Adam… ‘m’a donné aucune indication n’empêche mais j’le trouverais son truc. Même qu’j’construirais un bateau avec. Un bateau encore mieux qu’la San Caya. Et il aura un nom encore meilleur. J'ose espérer, hein. Puis, j’ferais une pipe et une topette en bois avec. Héhé. J’termine d’m’amuser avec le gouvernail puis viens pour observer chaque parties du bateaux. D’abord, les grands mâts, j’lève la tête. Même les voiles sont parfaits. Le vent vient les faire danser, j’souris. J’avance un peu et j’touche la couverte en sapin. J’toque. J’sais qu’en bas, y a de l’hêtre, pour ça qu’ça fait pas de bruits creux. J’souris encore. J’retourne devant pour toucher l’Tsar Cannon. A quoi ça pourrait bien servir ça ? Surtout, est-ce que quelqu’un aura les couilles d’s’en servir. Héhé. L’patron sûrement. Et, y a aussi la baliste plus loin. Pourrait servir à balancer d’l’acide sur les ennemis ? Une bombe de napalm ? Ah non, c’est vraiment dégueulasse, ça. Bon. Y a aussi la pièce des projectiles légers, les flèches et tout ça. Puis, j’descends au deuxième pont. Là, y en à deux d’poudres à canon. Des tonnes et des tonnes de sac. C’est drôle à voir. J’touche les canons, certains viennent d’chez nous les autres on les volés en quelque sorte. Y a ceux aussi à feu grégeois, derrière et les gros trous qu’occupent les lance-flammes. Hm… J’descends, là. Tout bas. J’vois l’derrière du tromblon. Les sabords cachés. Tout un équipement d’petit vicieux. On y a prit plaisir mais en réalité, pour qui a-t-on réalisé ce bateau ? Pour quelqu’un ou pour nous ? Voilà ce que doit affronter un charpentier. Il se donne corps et âmes dans la réalisation d’un bateau puis, plus rien. Plus. Rien. Il le concède à un brigand qui n’connait rien du navire, rien, sauf qu’il est armé de canons. Moi, je sais combien d’heure on a prit à faire chaque pièce, tout ce qu’on a donné. Tout. Je me dis que… Je ne laisserais certainement pas le patron vendre ce bateau à de mauvaises personnes. Certainement pas.

J’remonte, la main sur les cols de latte. J’regarde à l’horizon, la mer… Puis j’vois une tête qui flotte. Et merde.


Dernière édition par Kiril Jeliev le Sam 30 Mar 2013 - 19:37, édité 4 fois
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Mer 6 Mar 2013 - 0:59



J'ai des soucis à digérer vu qu'on est nourrit par le mal,
On prend le large nos vies chavirent faudrait qu'on nous répare le mât.


Le lendemain, les soucis sont arrivés en masse. Le margoulin nous a commencé à flipper, et, il est revenu en tenue d’véritable soldat. Le tromblon, la mitraillette, le protège balle… Y a plus rien à faire pour lui à part éliminer les ennemis, j’crois. Les autres aussi ont ramenés des armes, au cas où. La goutte aux temps, hein… C’est ça c’que génère la peur. Si z’ont encore l’intention d’venir, on pourra pas les stoper net avec le gros canon, j’veux dire, on l’a déjà foutu dans l’navire et personne a l’intention d’naviguer et d’risquer d’détruire le travail. Fin, on a 90% de réussite vu comment l’est équipé mais bon, c’est comme notre fils. C’est notre œuvre, on préfère le savoir en sécurité qu’de l’laisser en danger. V’la. Bon.

Le patron a ordonné d’cacher l’navire. J’sais pas où, loin en tout cas. Les autres s’exécutent et on reprend la discussion. Il est stressé, s’tient anormalement penché en s’appuyant sur le manche de la mitraille. Soixante ans et l’a toujours les armes. Doit avoir vraiment peur pour sa famille, ce gars. Il nous a raconté l’histoire, donc.

C’t’un équipage pirate qui vient d’ici, v’savez, c’est les gamins qu’ont d’mandé au type qu’a rapporté le bois d’Adam, des « dents d’mammouth » des conneries comme ça. Bon. Y a pas longtemps z’ont décidé d’suivre les traces du bougre et leur fallait un bateau. Au début, l’patron a accepté avec joie. Puis ça s’est compliqué, il a r’marqué qu’ils ont jamais voulu arpenter les océans pour de nobles valeurs, les trucs de chochottes t’sais bien : l’amour de la mer, les promesses faites aux habitants, l’envie d’découvrir de nouvelles choses. Là. Et c’qui l’a agacé aussi, c’tait le manque d’intérêt pour la charpente de leur bateau. « Ouais, il flotte et il tire des canons. Et ? » Pour ces deux raisons, il a choisit de refuser. Les mecs l’ont longtemps incendié et fait chier avant d’quitter l’île puis y a un an, avant l’commencement d’la construction d’la San Caya, ils sont revenus supers confiants. Z’ont abandonné l’idée d’naviguer et leurs activités sont restées floues, on sait juste qu’ils gagnent beaucoup d’thunes. Donc. Quand z’ont vu l’vieux, ‘lui on dit qu’z’ont pas été très content du refus, d’autant plus qu’ils savent qu’c’est le meilleur dans son domaine. Alors, pour lui faire peur, z’ont exécuté deux mecs sous ses yeux. Des mecs qu’ils ont connus petits, même. Comme ça. Sans hésiter. Après ça, ils lui ont redemandé de faire un bateau pour eux. L’margoulin a gloussé mais a refusé. Le chef d’la bande a acquiescé et s’en est allé. Mais avant, il lui a demandé de faire attention à sa petite fille. V’la pour l’histoire. Depuis l’patron est sans cesse armé, stressé et fume plus que d’hab. Cette paranoïa dure d’puis un an. Alors vous imaginez l’choc qu’il a eu quand l’a su qu’les fameux employeurs des commerçants, c’tait eux. Même qu'sont à la tête des célèbres industries Faypher. Une grande société pirate d'export d'armes. S’en est sûrement voulu. Mais faut user d’la force des bras pour tuer le microbe. Et j’jure qu’on aidera c’pauvre taré. Juré. J’crache. Et j’regarde le monde.

Mon sourire s'est changé en pression d'la machoire,
Le cul entre deux chaises, hum, j'ai du mal à m’asseoir.


L’est dans notre intérêt d’aider l’patron. Pas pour son histoire de merde, on s’en tape. Mais pour nos vies. On s’en tape moins. Vrai ?

Z’hochent la tête, j’crois d’puis l’combat d’masse, j’ai un peu pris la place du sous-leader. J’dois impressionner, toutes ces têtes coupées, en même temps.

Ils vont arriver à mon avis, aujourd’hui ou d’main. Mais ils seront armés, c’est certain. On va devoir se battre sur terre. Y a pas d’doute à avoir alors, préparez vous. C’est une bataille qu’on doit gagner. Jusqu’à avoir la tête des fichus mecs lâches qui s’cachent derrière tout ça.

Ils m’acclament alors. Mon passé m’rattrape peu à peu, l’époque où j’ai donné des ordres, l’époque où j’étais fier de porter ce blason qu’aujourd’hui je trouve sale… Mon esprit chavire, je le sens dans une décadence que seule la gnôle peut comprendre, pour ça qu’j’l’ai choisie en tant que déesse. Et j’la prie à chaque fois qu’j’ai le goulot sur les lèvres. C’est la seule chose que j’assimile à Dieu pour moi. La seule qui peut me comprendre, dis-je… ? Il faut que j’oublie le Kiril que j’ai été. Le Kiril qui m’a trahit et me trahit toujours. Je suis conscient que j’n’suis pas mieux aujourd’hui et qu’j’l’ai été hier mais je me préfère maintenant. Même si pour moi, je suis fils de plusieurs grands mots : Haine, Colère, Peur, Fierté. Fierté pour quoi ? Parce que je suis fier de ce que je suis bien que je pourrais dégouter un village de bonshommes en entier. Peur pour quoi ? Parce que j’ai peur de ce que je suis car je pourrais dégouter un village de bonshommes en entier. Colère pour quoi ? Parce que je pourrais détruire un village de bonshommes en entier. Et tout ça forme la Haine, celle que j’ai longtemps reniée puis qui s’est installé malgré moi, petit à petit. Dans mes poings, dans mes châsses, dans mon âme.

L'amer...tume sur le goulot me fait du bouche à bouche,
Je m'é...touffe et pour survivre je touche à tout.


Dead End m’a révélé, je dirais. Dead End m’a fait naître.

Regardez le regard quand vous voulez être sûr d’un sentiment. Dans le regard, on voit tout. Absolument. Moi dans les yeux des compères, j’vois un tout p’tit peu d’tristesse pour c’qu’est arrivé au chef mais surtout une colère inébranlable envers ces fils de radasses. L’envie d’protéger leur navire, leur bien. Une flamme d’victoire assurée. La peur est morte, enterrée dans les phalanges. La fleur d’la combativité naitre dans les cœurs. Le champ de bataille s’dessine dans leur dos. La vie n’a pas sa place. Nous sommes chaos et destruction. Comme le bateau qu’on a construit. Guerre. Il n’y a que ce mot dans les esprits, les chants, les objectifs.

Posez un pied sur Dead End en ayant l’intention de lui retirer un bien et elle vous croquera le cou en injectant un poison qui vous rongera jusqu’à la fin de votre vie…courte.

« La boule à zéro, la morve aux nez, on est pas beau mais on s’en fout. C’est nos diplômes de l’école de la rue. Le seul vrai enfer qu’on a sur terre, il est dans l’ciel de nos pauvres marelles. Quand on avait dix ans, on ignorait qu’un jour on s’rait grands puis qu’on mourrait. Et on est resté les mêmes. On s’crée des tanières où y a qu’des mectons, les filles viennent jamais parce qu’elles ont peur qu’on les tripote et elles ont raison. »

La sève de l’île, craignez-nous. Sa sueur, son labeur, sa souffrance. L’eau, l’air et la terre. On est l’sirop d’la rue. On s'livre avec nos poings, les miens parlent pour moi.

Putain je me sens pas bien la mort approche à petit pas, moi je veux croquer la vie mais j'vois qu'mon appétit part : « Mais Kiril de quoi tu parles ? De tes grandes poivrades ? T’es plein de soucis d’argent mais c’est pas pour ça qu’on t’aime pas. » Non pas du tout, je vous parle de mon état, faut vite que je m'endorme vivement demain matin... Je me noie envoie la bouée et l'échelle, j'suis pas doué pour lécher mes j'suis voué à l'échec, faut avouer que j'essaye, mais c'est trop dur le mal en moi s'introduit mais c'est qui ce trou duc ? J'ai des soucis que j'ai du mal à dévoiler car devant les gens j'deviens souriant. Désolé si je rigole devant toi car c'est faux, j'ai un regard si flou que ta rancoeur s'effondre. Que j'ai mal au coeur c'est pas récent évidemment sans ma bouteille de sky' je ressens très vite un manque. Bref, j'ai peur de la vue de l'avenir et j'm'en bas la gnôle de la v'nue d'une autre vie. Ce qui m'importe c'est mon état critique car à force de pleurer je me nique la rétine. J'ai trop de soucis mais j'en parle pas, j'ai vraiment peur de jamais devenir un jeune papa. Je me disais que je n'serais jamais fébrile mais je vois qu'de jour en jour face à la vie je m'affaiblis... Je pète un câble. J'ai le mental à moitié vide, faut qu'je recale mes prob' en faisant d'moi mon propre videur. Vite, écoute ceci et tu comprendras que le mal de nos jours s'cache pas qu'dans l'coeur d'un malfrat. Moi, ma vie est pleine de complications, 'vec mes caissons d'outils j'ai construit beaucoup de pièces sombres. Au fond de moi, t'as pu voir que ça n'va pas c'est fondamental il faut du mental pour pouvoir changer la donne. Marre d'propager le mal, mais ces coups j'les adore. J'ai du chercher la torche pour m'évader mais pour moi tout est cuit j'finis par me viander. J'ai pas à m'plaindre j’ai « un taf, ma Lana, un grand lit, ma main droite donc t’affole pas » voilà ce qu’on m’a dit, apparemment ça suffit pas. Le mal me côtoie je sens l'odeur de son parfum. Merde, j'ai peur de commettre l'irréparable, un tabouret une corde, rendez vous avec la mort, tout gâcher par mes torts, me faire danser la parade. Dis-toi que j'ai déjà penser tu sais pas qu'à ce point s'isoler pour se pendre ? Je laisse un blanc :























Car j'suis plein d'idées noires, s'il vous plait, aidez-moi.


Dernière édition par Kiril Jeliev le Sam 30 Mar 2013 - 19:38, édité 9 fois
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Mer 6 Mar 2013 - 2:37



Les v’là qui arrive. Un bateau avec le pavillon à l'oeil qui voit tout. L'oeil d'la vengeance. C’t’un grand galion, ils doivent être une centaine, à coup sûr. Cent armés… Et nous qu’est-ce qu’on a ? Des pioches ? Des haches ? Une Lana ? Rien à faire, on donnera tout. Et j’irais crever l’œil du capitaine moi-même. Ils approchent. Et, à ma grande surprise, jette un premier boulet sur nous bien qu’il soit à peut-être une cinquantaine de mètre. On s’éparpille, connaissant l’danger de ces attaques à courte portée. Très vite, il n’y a plus personne à l’endroit visé. J’châsse le bateau du coin d’l’œil, j’châsse l’équipage sauter d’ce dernier avant même d’avoir jeté l’ancre. Le combat commence et j’remarque qu’la majorité ont des armes blanches style sabres et épées. Ça m’fait un peu chier, tout ça. Surtout l’bruit qu’ça fait, ouais, ça fait un peu chier.

Alors j’m’élance comme habitude dans l’tas, j’suis le premier à y aller. Pour montrer l’exemple et mettre en confiance mes gars. J’suis entouré d’six mecs. J’bouge constamment, histoire d’être prêt si j’dois éviter et bam, j’plante Lana dans une joue et surenchéris avec un deuxième coup visant l’cœur. J’me baisse et m’relève en arrachant la peau d’un autre jusqu’à atteindre son menton qu’je transperce. J’prend son couteau et l’lance dans l’œil d’un d’ses compères, j’fonce récupérer son arme et l’enfonce dans son ventre. J’saute comme un kangourou, j’me décale sur la droite et balance l’derrière d’ma grôle dans une bobine et j’prolonge le coup jusqu’à c’que la gueule s’soit prit l’choc du sol. Entre temps, j’ai lancé Lana dans l’cou du cinquième et l’en reste plus qu’un, donc. Tout ça, en quarante secondes. Des gouttes sont sur l’front du dernier. Dans ces cas là, j’cherche pas trop à comprendre : j’l’emborne avec ma naturelle, la droite.

Quand j’me retourne, j’vois qu’les gars sont au travail. Mission réussie. Allez. Deuxième mission : m’faire encore plus de types. J’relève mes manches et bois un coup. Comme d’hab. J’secoue la tête, héhé. Prêt à chanter, non, à crier.

BEIGNE DANS VOS GUEULES, VOUS BAIGNEZ DANS VOTRE SANG ! Tch. Tocards.

J’en attrape deux et leur fout des beignes qu’leur arrache brutalement les dents, ouais. Le gnon passe partout mais j’me concentre sur leur front, ça grille les neurones, ouais. Véritable bête, mes compères cacheront leurs enfants quand j’serais d’sortie, encore ouais. Une beigne dans la gueule d’un autre monsieur, ‘tention, j’suis d’mauvaise humeur. J’le dévisage sans parler, puis j’lui fous une balle de coton. Trois qu’j’fous à l’ombre en m’défoulant d’ssus, tellement qu’on pourrait croire que j’creuse leur robe de chambre. Bon, comme sont morts, j’pourrais p’tête me faire leurs femmes et élever leurs marmots. J’y songerai.

Neuf, j’compte, j’aime bien ça compter. Y en a encore d’partout et comme ça prend trop longtemps d’tuer et qu’j’préfère une bonne baston qu’une tuerie, j’vais les affaiblir et les collègues prendront la suite. J’récupère donc Lana et la fout dans la poche d’ma redingue.

J’trouve une belle bande de sept, j’me fais une joie d’aligner des tonnes de bidoches à un puis m’refaire un autre avec d’abord, ma pointe shootant sa clavicule. J’déforme la margoulette d’un autre en foutant mon crane violemment d’ssus. C’t’un coup d’boule olympique, dites. Héhé, j’me bauche d’ses tocards et j’plastronne. Ça les énerve et ils foncent tout droit dans l’antre d’Kiril le salaud. Au radar, j’me dis qu’j’vais utiliser ma gauche sans Lana, pour une fois et hop, j’ressens bien qu’elle est moins puissante qu’l’ancienne, donc combo, gauche + droite = bobo. J’me dis qu’pour ça, j’suis l’meilleur, j’suis même dans l’secret du paradis. Les poings, c’est mon point fort. Tiens, j’balance une droite par là, c’est mon poing fort. J’dézingue de partout, les grands, les petits. J’me fais un mec par ci, l’autre par là. D’partout, j’ai dit.

L’chantier est devenu un vrai champ d’bataille mais j’sens qu’il manque un truc. Le cap’taine. M’étonne pas qu’ce mec sans couille préfère hurler avec les loups que d’combattre avec ses propres brebis. J’me mets donc dans la direction du bateau en passant par la foule en masse en oubliant pas d’distribuer des coups assommants aux ennemis. J’monte la première échelle qu’j’vois et regarde c’qui s’passe en faisant dépasser ma tête d’façon à ce que mes yeux puissent observer. Des mecs avec des fusils, va falloir la faire cache-cache. Et la discrétion, c’est pas mon fort, avant d’me risquer dans la grotte de l’ours, j’m’arme d’mon os de mout’, inspire et expire un bon coup. Puisse la Force d’la Gnôle être avec une d’ces pauvres âme qui la prient chaque jours qu’elle-même fait son existence.

J’monte doucement et m’faufile sur l’pont et très vite, derrière des rouïllards dans l’coin. J’surprends une conversation des mecs armés, j’tend l’oreille.

Faudrait qu’on s’bouge, on est en mauvaise posture là. On a qu’à les mitrailler d’en haut.

Tu veux blesser les mecs d’notre propre équipage ou quoi ? Et puis, on doit protéger l’cap’.

Protéger le cap ? Pour quelles raisons ? Ce mec nous menace d’puis v’là deux ans et l’a même pas les couilles d’venir se taper aux côtés d’ses pirates ? Je prends Lana dans mes mains, ferme un œil, sors la langue, vise et lance de toutes mes forces. Dans la tempe. L’autre mec comprend, j’me refous derrière les barils et j’sors de l’autre côté, j’couuuurs pour éviter les balles. Pow pow pow, ça me rappelle que même qu’j’étais gamin qu’j’le faisais avec des branches. Hé, j’imitais bien ! J’cours et cours et cours et saute ! J’attrape un baril et lui jette à la gueule. J’reprends Lana du crane d’l’autre mec et finit l’autre à coup d’piques dans l’cœur. Un peu d’calme.

J’ouvre la porte doucement et là, j’le vois, son regard furieux est d’un vert qui rendrait docile un tigre affamé. Et c’est exactement c’qui m’arrive. J’dis plus rien, choqué, j’glousse, mes mains tremblent devant la prestance de cet homme. Les cheveux attachés qu’je suppose long sans s’mêlant à la fou rire en plume d’corbeau d’son veston en cuir cachant une robe attaché à la taille par un gros ceinturon où il loge un énorme fusil. Il le tient avec sa main d’ailleurs, un gant en cuir noir. Son visage est la partie de son corps la plus étrange et charismatique, je ne saurais dire ce qui a bien pu lui faire une tel cicatrice au point que sa joue soit déchiré et qu’on voit une partie de ses dents. Je remarque aussi les coutures pour éviter que la bouche soit à l’air. C’est dégueulasse. Clairement. Tout ça, sur une barbe d’une semaine, sous ses yeux des traits bien trop visibles et au d’ssus d’sa tête un bandeau avec quelques éclats d’sang vieux et un chapeau classique. Une de ses oreilles est percée deux fois et possède deux anneaux comblant les trous. Je reste littéralement figé, n’étant capable de rien. Il se lève et je recule, presque inconsciemment. Ma conscience me parle et me dit que je ne peux rien contre lui. Il bat l’estrade en ma direction, lève son poing, l’étend vers l’arrière, me regarde et le distribue, sans hésiter. Mon corps vole alors à plus de dix mètres, réellement. Mon visage à la marque des phalanges. Je tombe dans les abymes, encore une fois…

Spoiler:
 

Je suis resté un moment comme ça, à cauchemarder sur l’effroyable capitaine. Je n’ai pas participé à la fin de la bataille mais nous l’avons gagné. Aussi, on m’a informé que le leader du clan adverse, le type à la cicatrice a vaincu à peu près une cinquantaine de personne à lui seul avant de prendre le galion de deux mats des commerçants d’hier. Il a constaté que nous avions littéralement décimé son équipage alors, il a haussé les épaules, a murmuré « Tant pis » et est partit. Personne n’a pu l’arrêter. Ils ont eu peur, et sont eux aussi resté figé.

On s’est tourné vers le patron, bien à l’écoute depuis longtemps. Malgré nos questions pour connaitre l’identité de la personne qui nous a tous mis K.O, il a prétendu ne rien savoir. Très bien.

En attendant, on est plutôt heureux d’plus avoir de prob’ j’pense, pendant un moment. C’est clair. C’type, j’aimerais bien l’revoir. Au moins connaitre son nom mais plus j’repense à ses yeux, plus j’flanche. Y a un truc qui va pas dans c’t’histoire de peur… Pourquoi on l’a tous été ? Des gueules comme ça, j’en vois tous les jours, c’est sûrement pas à cause de sa tête. P’tête ses yeux ? Non, ça colle pas, j’suis pas une fillette. Ça m’chauffe la caboche… Mais à un point. On verra. J’verrais. Souvent, j’fais des rêves et j’trouve des réponses. La nuit porte conseil. La fête aussi.

Les gars s’lèvent avec des bières à la main. Ah, oui. Vrai qu’on sera plus emmerdé. Puis on a protégé l’bateau, vrai aussi. Alors, on boit, on invite des radasses et on s’assoit sur quelques cadavres pour siroter l’nectar de vie. Héhé. Moi j’aime bien les ambiances où ça humidifie les poumons. On a donné la tourlousine à ces brigands si fort, on mérite acclamation.

Demain, on ira chercher le bateau. Puis toute la semaine, on battra la couverte. Et les soirs de la semaine, ça va de soi, on s’humectera le pipe-line. En goguette pendant sept jours. Après ça, on oubliera et on passera à autres choses. C’est ça Dead End. Même la pire des batailles est éphémère disons. Il n’y a aucun souvenir qu’on veuille bien accueillir dans sa mémoire du moment qu’il vient de cette île.

Aucun.


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