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Quand Elvis rencontre Eustache ( Ier )

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Trinita


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Intégrité: 106

Ven 24 Mai 2013 - 10:35


Hého, ça va man ?
...
Si t'es mort, fais un signe.
...
Ok, bah, t'es pas mort, c'est d'jà ça. Ce s'rait con, pour une fois que j'ai dla compagnie. Par contre, t'es pas très frais. J'connaissais un mec, dans le temps, qui vendait du poisson. Ben, l'était pas frais non plus son merlan. Seulement en fait, bien grillé, avec des échalotes, c'était méga bon. Le truc qui flatte les papilles et te rappelle aux vraies valeurs de la vie. À condition d'aimer les échalotes, bien sûr.
...
C'que j'veux dire, c'est : y faut voir au delà des apparences, tu piges ? Là, ben, tu baignes dans le sable et le sang, tes fringues sont râpées, toi t'es trempé, et y'a même ton cache-œil qui s'est fait la malle. Mais, c'est pas grave man. S'pas ça qui compte. Tout ça c'est que l'enveloppe. Tu peux la jeter au feu, la cramer, on s'en fout. C'est dedans qu'est le joyau. Et lui, les flammes, elles font que le sublimer.
...
En plus, jt'ai refait un cache-œil du tonnerre avec de la ficelle et une feuille de chêne. Senteur chlorophylle et tout.
...
Ouais, j'sais, qu'est ce que vient foutre un chêne sur une îlot paumé au milieu de tout ? C'est pas son environnement naturel. Ben ouais, c'est weird, mais toi, qu'est c'tu fous là hein ? Tu crois qut'as l'air plus dans ton élément ? Lui et toi, vous êtes pareils, deux glands balayés par la brise et qui ont échoué ici parce que Dame Nature l'a décidé.
...
Non, mais quand je dis gland, j'pense pas à mal, attention. J'disais quoi déjà ? Ah, oui. Dame Nature. La Fortune, le Hasard, man, tu vois l'délire ? Quelque chose qui nous dépasse mais que tu peux apprendre à apprivoiser si tu t'en donnes les moyens. Est ce que tu vas t'en donner les moyens ? Chercher à décrypter la logique qui s'cache, mutine et sibylline, derrière tout ça ? Regarde notre ami le chêne, il a tout pigé. Il aurait pu se faire du mauvais bois, râler que le sable, pour planter des racines, c'est pas hyper-sex, se plaindre qu'il a pas un seul pote arbuste avec qui grandir ...
...
Hé ouais, bien galère le plan, on est d'accord. Mais il a rien fait de tout ça. Il a saisi le message. Il a lu entre les lignes pour trouver son but. Et maintenant, il fait dix mètres de haut. Tout grand, tout vert, bien en canne. Et tout le monde resplendit autour de lui. Déjà, il fait des masses d'ombre et crois-moi, parfois ça cogne dans la région, et y'a même un nid d'oiseau qui a élu domicile à son sommet. C'est ça, le plan. T'agis, ça se répercute. Tu grandis, le monde en profite. La vie, man.
...
Et c'est là qu'tu dois te poser la question. Qu'est ce que tu vas faire ici ? T'auras beau chercher, si tu t'arrêtes au conventionnel, tu trouveras rien de constructif à tenter. Repartir à la nage ? Tu te ferais rejeter par les vagues, et tu reviendrais t'étaler ici. Construire un radeau ? Non, y'a pas de bois. À part notre ami l'chêne, mais lui, t'oserais pas l'abattre, t'es un mec bien, pas vrai ?
...
Ouais, ça s'lit sur ta trogne, t'es un mec réglo. Une personne qui respecte son environnement apprend à se respecter. Pour grandir, faut regarder autour de soi et observer la Nature, man. Elle nous donne l'exemple. Moi quand j'suis paumé, j'me demande toujours : qu'est ce que ferait un papillon à ma place ? Un papillon, ou un chat, ça dépend. Alors, maintenant, man, soit t'es le papillon, tu sais comment repartir par la voie des airs, et là j'adhère, j'adhère totalement. Toujours rêvé de me taper un grand envol, mode avec des ailes et tout. Icare, c'était quand même quelqu'un. Une fois, gamin, jme suis construit un engin volant, mais l'test a pas été concluant. Jme suis rétamé depuis le toit de ma grange, j'ai morflé. Entorse aux deux chevilles, obligé de marcher sur les mains. Tu vois l'tableau quoi. Remarque, la tête en bas, on a une toute autre perception des ch...
...
Hm, oui je m'égare, t'as raison. ... Hm, où j'en étais ? Ah, oui. ... Soit, t'es le chat, t'es malin et tu piges vite comment tirer profit de c'qui t'arrive : il faut pas s'arrêter à un bête désir de fuite parce que c'est ici que la fortune t'a amené, c'est ici que tu te trouves, et tes futiles tentatives pour échapper à une situation donnée ne vont faire que t'éloigner du pourquoi de ta présence. Et c'est précisément ça qu'tu dois découvrir. Mettre le doigt sur les bonnes questions, c'est le premier mouvement. La suite, elle se fait tout naturellement. Tu respires, tu écoutes c'que te soufflent le vent et les nuages. Et tu comprends. Tu visualises le truc ?

...
Tu visualises ou pas ?
...
Mah, tu dors encore, depuis tout c'temps ? T'aurais pu me prévenir que t'écoutais rien, j'vais devoir tout répéter. Allez, debout l'ami !
Huuh ?
Oh, maan.


Dernière édition par Trinita le Mar 4 Juin 2013 - 2:18, édité 1 fois
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Trinita


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Dim 26 Mai 2013 - 14:17

Hé dites, où c'est qu'on va, au juste ?

C'est à moi qu'on pose la question. Question qui sonne creux, bête. Jme retourne. Devant moi, un gaillard pas propre sur lui, et pas malin en dedans. T'es une lumière, toi. T'embarques à bord d'un bateau sans savoir où tu pars. Tu devais être pressé de te barrer de là-bas. Du Cap. T'as la piraterie en horreur, peut-être ? Non, j'achète pas. T'y avais pas que des amis, peut-être. Oui, plus crédible. Ptetre aussi qu'ty trempais dans des affaires louches et quc'était ta seule échappatoire. Version la plus probable, et ça, ça m'emmerde. Surtout qut'es pas le seul, comme ça, à squatter notre rafiot. Tch. Notre démonstration de force a dégoûté le plus grand nombre, au port, mais quand j'suis monté à bord pour larguer les amarres après avoir réglé ce qui devait l'être avec le vieil homme et Lina, y'avait quand même une demi-douzaine de loustics qui s'étaient décidés à embarquer avec nous. Ça m'plait pas. Pourtant, c'est ça qu'on était venus foutre dans le coin, à la base. Recruter. Ça, et distribuer des claques à qui les méritait. Mais j'ai pas pu m'empêcher de grogner en voyant ces espèces de gredins moins mauvais que les autres se prétendre saints et se dire qu'ils avaient leur chance d'être admis chez nous. L'aurait fallu en jeter un par dessus bord, juste pour l'exemple. Gratuitement, arbitrairement. En guise d'avertissement. Mais Judas les a acceptés sur notre embarcation, alors soit. On va pas commencer à se tirer dans les pattes l'un l'autre, surtout qu'y'aurait plus Ossoï pour calmer le jeu.

Y m'manque, j'crois. C'est con à dire. Son absence me laisse un peu livré à moi-même, alors que je commençais à m'habituer à sa présence, à ses conseils. M'a fallu longtemps pour admettre qu'ils étaient bons, que j'pouvais m'y fier, et là, maintenant, faut faire sans. En un sens, c'est regrettable, surtout pour ceux qui vont morfler maintenant; en un sens, c'est mieux, parce que la suite promet d'se placer sous le signe de la colère et du sang. Et qu'il faut savoir ignorer la voix du sage pour aller jusqu'au bout. Faire ce qui doit être fait. J'pouvais pas me permettre de les exposer au danger, aussi. La gamine mérite mieux. Elle va tirer la gueule au réveil, d'apprendre que je les ai laissés en plan. Seulement, même si jles apprécie, il faut suivre son instinct. Et ne rien laisser détourner le chasseur de son but. J'ai fait de mon mieux pour la ramener dans le droit chemin. Jla confie au vieil homme, il saura s'occuper d'elle. C'est tout c'que je peux faire. J'regrette un peu de pas être capable de rester tranquillement avec eux, à vivre des aventures peinard. À rien ficher du soir au matin, à poser mon cul sur une chaise, à boire, penser, rire. Mais c'est pas moi, ça. J'suis pas capable d'ignorer qui je suis. Et jme dis surtout que j'aurais dû les lâcher y'a un bon moment déjà, parce que toutes les enquêtes perdues dans un temps gaspillé ne se rattrapent jamais.

Tant pis si j'ai du retard à l'allumage, on va voir à raccourcir la mèche pour lancer l'pétard. Amorcer les hostilités, un festival de douleur, une explosion de violence. Où que l'on aille. Faire table rase pour être sûr que la vermine s'en remettra pas. Soigneusement, sans compassion. Le où commencer n'a aucune importance. Parce que partout, ici, la racaille règne en maître. La racaille, bien soutenue par la négligence, l'incompétence, la couardise de ceux qui sont censés l'endiguer. Les coupables ne manquent pas. Il y a ceux qui ont le sang vicié depuis leur naissance, qui n'auraient jamais dû se voir octroyé le droit de vivre. Ceux qui agissent pas avidité, qui une fois éclaboussés par leurs propres crimes, se disent que quitte à tremper dans le milieu, autant y nager gaiement, pour pas faire les choses à moitié. Ceux qui se soumettent, obéissent par crainte, sans force de volonté ni aucune forme de courage pour animer le sentiment de révolte qui devrait réveiller leur envie de lutter. Et ceux qui ferment les yeux, par sentiment d'impuissance, ou pire encore, par désintérêt; leur foi en l'humanité s'est éteinte, et je connais qu'un seul bon moyen de la raviver. Mis bout à bout, la liste est longue, mais l'en faudrait plus pour me rebuter. J'suis un bourreau d'effort avant d'être celui des coupables. J'prendrai le temps qu'il faudra. De toute façon, j'ai rien d'autre de prévu.

L'idiot me regarde toujours. Il reste planté là, bras ballants, un sourire niais flotte sur ses traits. Il voit une raison d'être heureux, peut-être. Parait que ça arrive souvent aux imbéciles. J'lui en collerais volontiers une en travers de la gueule pour chasser ce sentiment de doux bonheur de chez lui, mais pas sûr que ça suffise. Alors j'mire au loin. L'air de chercher un cap deux secondes en levant les yeux au ciel. Et puis mon doigt pointe une direction au hasard.


On va par là.

Il hoche la tête, tout content. La réponse le satisfait. Tant mieux, s'il ouvre de nouveau son bec, je le lui ferme à la méthode forte. Je veux du calme. Du silence. Pour me concentrer sur mes prochains objectifs. J'sais pas sur qui on va tomber en accostant, et ça importe peu. Toutes nos rencontres ne viseront qu'à me préparer à celle que j'attends ardemment. Celle dont je rêve. Il y a un seul individu qui m'échappe constamment, dans mes traques, et il va falloir corriger cette vilaine erreur dans mes lignes de compte. Le Flûtiste. Sale mec, intentions troubles, difficile à cerner. Une anomalie. Je n'aime pas ça. J'en ai plus entendu parler depuis quatre ans. J'ai pas la moindre idée de où il est. Pas la moindre piste. Mais je me rapproche de lui. Forcément, il est sur Grand Line. Forcément, on se reverra. Et ce jour venu, le couperet tombera. Pour lui ou pour moi. Et si j'veux pas qu'il se trompe de cible au moment de trancher la chair, j'dois mettre tous les arguments de mon côté. M'entrainer. Plus mes poings cognent, plus ils font mal. Plus je chasse, plus mes sens s'affûtent. Plus je m'abandonne à mon ambition, plus ma volonté s'affermit. Viser toujours plus haut, tutoyer l'aboutissement de ses efforts sans jamais l'atteindre, ne jamais s'estimer satisfait. C'est comme ça que l'on arrive à ses fins.

Le gars à la vigie se met à brailler qu'un truc fait du remous dans l'eau. J'change de bord pour aller mirer ce dont il parle. Ouais, la flotte s'agite juste à côté de nous, et pas qu'un peu. Une forme, dans les profondeurs, vient assombrir le bleu de l'océan en surface. Elle se déplace, passe sous la coque de notre navire. Je la suis. Hm. Mauvais signe. J'sais pas à quoi on a à faire, mais ça s'annonce mal. Le plus âgé des matelots fiche la trouille aux autres en mentionnant les monstres marins qui rôdent sur cet océan des folies. Des bestioles capables de vous bouffer, vous et votre navire, en un seul croc. Mon cul ouais, j'vais pas laisser des vieux ragots m...


Boom.

Un choc. Sourd, en profondeur. Quelque chose vient de bousculer notre bateau. Et ça a secoué sévèrement. Ok, y'a ptetre bien quelqu'un qui nous en veut, là dessous. La vigie se cramponne, là-haut, les autres sur le pont en mènent pas large. Le vieux loup-de-mer recommande à tous de s'accrocher à ce qu'on peut. Deuxième raffut. Un bruit sourd. Un hurlement. Qui remonte depuis les tréfonds marins, de plus en plus net. Et soudain ... Une vague vient s'écraser contre notre coque, nous percuter de plein fouet. Il surgit hors de l'eau. À trente mètres de nous, tout jute. Une nageoire dorsale qui culmine à hauteur du sommet du mât de misaine, des écailles bleuâtres qui protègent tout son corps. Une gueule haute comme trois gars, des yeux rouges furax. À côté, ça gémit.

Judas fait irruption depuis la cale en se massant le crâne. Sans doute encore en train de "discuter" avec notre prisonnier. Il s'approche, j'pointe d'un signe de tête la Chose qui nous attaque. On cause, peu, bien. Si ce truc s'avise de goûter à notre bateau, il nous envoie par le fond sans autre forme de procès. Galère de rejoindre un rivage à la nage. Danger imminent. On vire de bord, manière d'opposer la proue à ses grands crocs. Il rugit une deuxième fois, plus menaçant encore. Il a faim. Il veut nous bouffer. C'est mort.


J'sais pas ce que t'es, mais t'as pas choisi de faire chier les bons gars.

Comme seule réponse, la bestiole braille encore et commence à approcher. J'mire Judas. Fais craquer mes poings.

Jte laisse le bateau.

Toute façon, j'suis pas navigos, c'est une perte pour personne. Le catcheur lance un clin d'œil serein. On s'revoit quand on s'revoit. Ça marche comme ça avec lui. Le monstre bondit vers le navire. Il est gros, énervé. Soit. J'peux t'en apprendre un rayon sur la Colère. J'cours, prends appui sur le beaupré, et saute dans les airs avant qu'il ne nous atteigne. Regard dur, poing de pierre. J'parie qut'es une grande gueule plus qu'autre chose. Et si pas ... c'est encore mieux. On fond l'un vers l'autre mais j'ai l'avantage, il m'a vu trop tard.

T'as l'bonjour dla Frakass.

Drak. Patate. L'onde inverse le sens du courant marin autour du point d'impact, j'ai mis la dose. Le monstre tressaille sous le choc, ça hurle et retombe dans l'eau dans un tourbillon d'écume. Le temps se suspend, une demi-seconde. J'crois même que ça applaudit, sur le pont, dans mon dos. Mais ça bouge encore. Vite. Très vite. Ça ressort en piquet, toute dent en dehors. Ok, t'es balèze. Mais j'serais déçu si c'était pas le cas. Jte remercie déjà. Mon flûtiste appréciera.

À nous deux Sardine.

Tout ça, c'est qu'une étape.
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Trinita


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Dim 26 Mai 2013 - 21:33

Qu'est ce qu ... kof Kof ... j'suis où ?
Ah, tu reviens. Cool ça. ... T'es exactement là où tu dois être à ce moment précis. T'arrives à te lever ? Attrape ma main.
Thh'. Elle est où, la bête ?
La Bête ? Elle est en chacun de nous, man.
Qué ... pardon, la Bête ... ?
Yeh, c'est comme jte dis. On a tous un monstre en soi, il faut apprendre à vivre avec lui. Lui parler, engager la conversation. Moi, mon monstre s'appelle Doug'. C'est un chouette nom, pas vrai ? Il aime bien la pistache et les chemises à fleurs. Dans la vie, tout est question d'harmonie. Si t'arrives pas à cohabiter, t'es un fléau non seulement pour ceux qui te côtoient, mais aussi pour toi; tu te ronges tout seul, de l'intérieur...
Hin, d'accord d'accord mon gars, faut y aller molo avec la drog... C'est quoi, ce truc, bordel ?
Oh, ça ? C'est ton nouveau cache-œil, jl'ai confectionné moi-même. Pas mal, non ? Quand on prend le temps de s'en apercevoir, on a vraiment de l'or entre les doigts. Une fois, gamin, le chien de berger du voisin s'était cassé une patte, je lui ai fabriqué une atèle. C'était une vraie révélation.
Tu lui as fabriqué une ... il te manque une case, toi, non ?
Qui est le plus sot des deux ? Celui qui parle ou celui qui boit ses paroles ?
Un demeuré ... j'suis coincé seul sur un ilôt avec un demeuré ...
Ça pourrait être pire.
Tu trouves ?
Tu pourrais être coincé ici avec toi.
J'serais bien mieux tout seul. Hippie.
On n'est jamais vraiment seul. La bête, tu te souviens ?
... Comment on part d'ici ?
On part pas.
On part pas ?
Nope. On est là dans un but, toi et moi. Moi, j'suis uniquement là pour t'aider. À toi de te poser les bonnes questions. C'est le seul moyen d'avancer dans la vie. De poser les bonnes questions, et d'y répondre. Les actes, c'est secondaire. Parce que si tu te demandes pas qu'est-ce qui motive tes journées, t'es une coquille vide. Pourquoi tu te lèves le matin ? Pourquoi tu embarques sur tel navire ? Pourquoi t'es le seul peone de tout cet univers à porter une cravate ? Si tu réponds à de bêtes automatismes, c'est insignifiant. Ce qui faut, c'est s'écouter, se comprendre. Pour trouver la bonne direction, emprunter le bon chemin. Bonne nouvelle pour toi, c'est dans les moments où on est dos au mur qu'on est le plus susceptible de grandir.
...
Bien sûr, tu peux tout aussi bien me prendre pour un simplet et m'ignorer, j'en suis ptetre un. Et d'toute façon, on est tous l'idiot d'un autre; va, fais le tour du proprio jusqu'à en perdre tes forces, man. C'est ton choix. Mais c'est pas en giflant l'eau de tes mains qu'tu vas avancer, pas vrai ? Si t'étais si fort que ça, t'en serais pas réduit à être le prochain festin coché par tous les charognards volants et marins du coin, tu crois pas ?
Pourquoi ils s'en prendraient pas à toi, plutôt ?
Mah, Eustache Ier leur est sympathique. Y'a un gros lézard mauve qui génère des bulles qui rôde le matin, dans l'eau, j'ai réussi à le convaincre de lui apprendre la fonction jacuzzi. Tu vois l'délire ? Les animaux sentent l'hostilité. C'est elle qu'il faut chasser. Quand tu t'en sépares, t'es le Roi du monde. Peu importe qui tu es, ou ta situation. Mais si tu la laisses te contrôler, elle t'isole, nuit à ta concentration, ferme les portes à la méditation et l'illumination.
J'vais me barrer d'ici simplement en méditant ... Tu t'entends causer, ou bien ?
Qui te parle de partir ? Tu es ici, et tu y resteras tant qu't'auras pas atteint l'objectif qui t'a été imposé. Man, la méditation peut t'ouvrir des portes vers des chemins dont tu n'aurais jamais soupçonné l'existence. Sépare toi de ton Moi, accepte de n'être qu'une part d'un tout, et tu auras la chance de concevoir le monde sous une tout autre perspective. Ouvre les chakras, quoi.
Mais t'es qui toi, à la fin ?
J'suis Eustache Ier, man.
Ok, Eustache, tu cr...
Eustache Ier.
Ok Eustache Premier. Tu crois ptetre que ta situation est plus reluisante que la mienne ? On est tous les deux sur ce lopin de terre paumé loin de tout. Et j'suis à peu près sûr que tu crèveras de faim et de soif avant moi. T'étais là quand je me suis échoué, j'parierais. Tes forces t'abandonneront que je serai toujours frais. T'es perdu ici depuis combien de temps ?
Oh, j'ai arrêté de compter au delà des soixante six jours. Ça devenait vraiment inutile.
D... deux mois ? T'as passé plus de deux mois ici ?
J'dirais, approximativement cinq. J'ai compris que c'était pas ça l'important. Si Eustache Ier s'est retrouvé ici, y'a une raison derrière tout ça. Alors, j'ai cherché, fouillé dans mes souvenirs et j'en suis arrivé à la conclusion qui s'imposait : la raison de ma venue ici ne s'était pas encore présentée à moi. Jusqu'à peu.
Tu veux dire que ...
Yep, man, exact. La raison de ma présence, c'est toi. Tu vois, tu commences à comprendre comment tout ce truc fonctionne. C'est une simple énigme. Moi, je t'aide, je te montre la méthode pour la résoudre.
C'est du délire ...
Ouais hein ! Positivement dingue, toute cette histoire, j'sens qu'on va vivre des trucs totalement badants, ici. Ça envoie du rêve, tout ça.
Le seul point positif, si c'est un rêve, c'est que je vais me réveiller. Mais jusqu'ici, c'est plutôt un cauchemar...
Vois l'bazar comme ça : on est perdus. Mais Eustache Ier, c'est un bon gars. Il va t'aider à retrouver la boussole; seulement, y'a un charme de sorcier trop braqué dark autour de l'objet et t'es le seul à pouvoir t'en servir. C'est à toi de trouver le sentier qui nous guidera vers la sortie. Tu m'suis ? Tiens, jt'ai laissé une moitié de noix de coco et le fond d'une flasque de rhum pour t'aider à caresser le spirituel du doigt. Faut pas négliger l'apport abusif d'addictifs pour entrer en phase avec le Grand Manitou.

T'es complètement fou...
Allons, man, reviens, on a dépassé tout ça non ? ... Non ? Mah, comme tu l'sens. Quand tu seras prêt, tu m'diras. Ça prendra un instant, un jour, un mois... Pas d'lézard.
...
Sache juste que moi, j'reste prêt et dispo, la balle est dans ton camp !
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Trinita


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Mar 28 Mai 2013 - 19:49

Ce n'est qu'une étape. Une marche. Mais elle est bien haute. Jl'ai senti dès le premier coup. Le contact entre mon poing et sa carcasse m'a délivré le secret de notre opposition. Message intangible mais lisible, nébuleux et pourtant si distinct. Ceux qui ont le combat incrusté dans leur code génétique sont familier avec cette sensation. On ne connait véritablement quelqu'un qu'après avoir fait valoir nos pognes. Pour savoir. Savoir ce que renferme la carcasse de celui qu'on a en face, savoir ce qu'il y a dans nos muscles. Se rappeler. Le contact des phalanges contre la joue de l'autre, et vice versa. L'enfer qu'il faut endurer, et rendre. Et contempler l'effet produit. Est-ce qu'il se dérobe ? Est-ce qu'il se froisse ? Se brise ? Est-ce qu'il encaisse.

Ce n'est qu'une étape, une marche dans un escalier long et tortueux. J'vois même pas le premier étage en mirant bien haut. À chaque pas son lot de sueur. Son lot de douleur. J'en goûte un aperçu merveilleux; c'est doux et piquant, dur et mielleux. Incomparable cocktail, qui renferme l'essence de la vie, de la mort. Nos sens en exergue sous l'effort fourni, nos corps bénis de pouvoir l'endurer, adoubés par la douleur qu'ils acceptent et proposent, nos âmes damnées pour le plaisir qu'elles retirent à se heurter à une entité similaire.

Ce n'est qu'une marche dans un escalier long et tortueux. Mais on ne sait déjà plus où l'on est. Parce que le combat est trop dur, le rapport de force trop équilibré, trop parfait pour laisser à l'esprit le temps d'y songer. On ne fait que ce pour quoi l'on est fait. Celui qui perd son temps à vouloir se prétendre autre qu'il n'est se condamne. Au mensonge, à l'échec. À sa propre perte. Parce que se voiler la face, c'est s'affaiblir. Se renier. Parce que l'autre n'autorisera aucune autre réponse qu'une démonstration de puissance. Pas de place pour les faux-semblants. Il n'y a qu'une chose qui importe. Vaincre.

On ne sait déjà plus où l'on est, et pourtant, on avance. On a pas le choix, il le faut. Malgré l'océan tumultueux qui rappelle, qu'on n'est rien, finalement, qu'il y a toujours plus fort que soi. Peut-être. Mais flancher est interdit. Par fierté, par honneur; par respect pour celui d'en face qui n'a pas envisagé un seul instant la défaite. C'est un choc frontal, dur et inutile. C'est l'essence de la force. C'est d'une beauté entière, pure, parfaite. Un déchainement de force. Le choc de nos mondes. Étrangers mais qu'habitent deux êtres si proches. Nos journées sont vouées à vivre ces instants; sublimes, rendus précieux par leur rareté. Ces instants nous révèlent vraiment. Ils nous transcendent. Ils sont un tremplin, vers la prochaine étape. Ou vers la mort. L'escalier, ou le tourbillon. Il ne faut pas manquer cette marche. Je sais qui je suis, je sais la nature du message. Je suis Trinita. Guerrier. Fier. Dur. Implacable.

Et tu es plus fort.

On avance vers la mort. Le sang coule à flots, les efforts coûtent un millier de piqûres. Nos muscles endurent, souffrent, ploient sous les blessures, notre âme elle, reste immaculée. Vierge de toute aspérité, de tout doute. Au delà du bien ou du mal, de la Justice et du Mérite, il y a notre affrontement et sa vérité. La Vérité. Un poing contre une tentacule. Un pied contre une nageoire. Un croc pour un œil. Une fureur égale, une passion égale. Nous sommes frères. Mais on est dans ton univers. Pas le mien. Les vagues déferlent. Les bouffées d'oxygène se raréfient. Qu'importe les coups échangés, qu'importe les douleurs infligées, les heures passées à refuser de se soumettre. Je ne peux pas contester ta supériorité. Derrière le concentré de rage, de hargne, il y a le secret du premier coup. Et maintenant, il y a cette tentacule autour de mon torse. Dominatrice. Constrictrice. Tu m'emmènes vers ton monde. La pression est trop forte. La profondeur décuple ton organisme, elle détruit le mien. Tu gagnes. C'est simple. Inutile de lutter plus.

La mort. Froide et cruelle... Non. Chaude et réconfortante. Honnête, sans artifice. Elle dissipe les douleurs du corps, apaise les plaies de l'esprit. Elle danse dans la gueule béante de mon adversaire. Je vais la rejoindre. Ma seule compagne. Je vais l'enlacer. L'embrasser. Le repos du guerrier.

C'est une bonne fin.



To-doom. To-doom.

Tu te débats ? Pourquoi ? Pourquoi refuser ? Tout l'organisme a déjà accepté la suite. Ce serait le plus simple que tu en fasses de même. L'esprit en personne est prêt à affronter son destin, serein. Il n'y a que toi pour tambouriner, battre à la chamade. Tu es vaillant. Tu es fort. Et tu ne lâches pas. Tu es rebelle, ardent. Un brasier qui jamais ne se consume. C'est trop tard, pourtant. Regarde autour de toi. C'est le grand bleu, sombre, impersonnel et froid. Mais tu t'en moques. Ta chaleur envahit le corps. Mon corps. Je connais ton étincelle, je ne la reconnais pas. Quelque chose est différent. Ce quelque chose m'atteint. Ce quelque chose est puissant et grandit, à chaque pulsation. Il réveille les cellules, rallume le brasier jusque dans mon regard. Dans mon œil.


Eye of the Hunter.

Il y a cette onde, familière. Elle a déjà, à maintes reprises, percuter les écailles rugueuses de la Bête. Sans succès. Mais c'est différent. Inhabituel. L'onde est léchée de flammes rougeoyantes et dansantes. Elles font fi de l'eau, autour d'elle qui voue à les éteindre. Non, c'est beaucoup trop fort. C'est un grand bûcher. La gueule s'approche, plus menaçante que jamais. Le cerveau vacille déjà vers l'au delà, sans plus d'air pour l'irriguer. Mais le regard reste acéré. Il veut admirer la suite. Il y a contact. Un choc sans précédent. L'étreinte se desserre. L'onde renverse la bête, creuse une ouverture dans l'océan. Un tunnel. Pour vivre. Je me débats. Je veux vivre. Je refuse la mort. Même si je ne sais pas où je suis, ni où aller. Même si l'escalier sera long et tortueux. Même si la marche est trop haute. Parce que je suis Trinita. Et que ceci n'est qu'une étape.

La surface, le sable. La vie.

L'évolution.
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Trinita


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Mar 28 Mai 2013 - 20:13

Allez champion, saute ! Plus haut ! Wow, bien joué.
...
Hé, éclabousse pas tout l'm... Tiens, t'es là, man ? Alors, tu te fais à la vie ici ?
Non.
Ah ... t'as faim ? J'suis allé pécher des algues. Hyper bon.
Non.
Soif ? Fumette ? Envie d'faire une partie de morpion ?
Non.
Hm... toujours décidé à partir d'ici ? Allez, encore un jump !
Oui ... Qu'est ce que ... tu fais ?
Oh, j'apprends un tour de cirque à Raymond.
Raymond ... ?
Oui, c'est le nom du crustacé géant.
Il n'y a pas de cirque pour crustacé géant.
Man, tu veux savoir quel est ton problème ? T'es un homme de peu de foi.
Tch. Comment tu sais qu'il s'appelle Raymond ?
Il me l'a dit.
Il te l'a dit ?
Ouaip, on cause un brin lui et moi.
Hin. Et il t'a raconté quoi d'autre de beau ?
Raymond est maqué avec Anièce, une monstre marin hyper sympa. Elle imite vachement bien la voix de Némo. Mais Raymond ne t'aime pas beaucoup. ... Oui, je lui ai dit, Raymond. ... Non, n'aie pas peur, voyons, il va rien te faire.
Pourquoi je lui ferais quoi que ce soit ?
Man, tu as défoncé la gueule de sa dulcinée.
Pardon ?
Tiens, mire un peu qui se ramène. Regarde, c'est Anièce. Et tous ces pansements, là, c'est parce que tu l'as cognée trop fort, man. Pas cool.
Ce ... La Bête. Je ... je me souviens. T'en redemandes ?
Wow, wow, easy mec. La Bête, ici, c'est toi.
... Je sais.
Ah, bah c'est déjà bien de l'admettre.
Non, pas ça. Je sais pourquoi je suis ici.
Wooh, Anièce, Raymond, z'entendez ça ? Explique l'enroule.
Je dois retrouver ... les flammes.
Hyper classe. On commence quand ?
On ... ? Ce truc te dépasse complètement. Touriste.
How, man, Eustache Ier est plein de surprises. T'as déjà entendu causer du Haki ?
Le ... Haki ?
Oh, maaan.
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