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La vengeance est un plat qui se mange.

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Toji Arashibourei
Thunder F.

♦ Localisation : GL
♦ Équipage : Ex-Sea Wolf

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Mar 17 Sep 2013 - 16:38


Part I.



-Bon ok les gars, j’vous la raconte encore une fois.

D’un geste savouré dans ses plus infimes détails, l’homme remonte ses manches avant de s’asseoir devant un parterre captivé dont ne se décrochent plus des sourires béants et des regards brillants. Quelle douce sensation que de captiver la masse crasseuse d’ignorance, d’en capter l’admiration, le prestige. Car oui, pour Joe « Mains baladeuses », cette sensation est la plus douce qui soit. Comprenez le : né dans un village de pêcheur sans histoire, nul ignoble massacre parentale n’avait lancé sa carrière de pirate sur des chapeaux de roue, carrière qui d’ailleurs n’avait jamais décollé bien haut. Alors pour un homme auquel même les prostitués de seconde zone n’accordaient que le minimum syndical d’attention, avoir une trentaine de rufians tous deux fois plus gros que lui était d’une indéniable jouissance. Car oui ils l’écoutaient comme on écoute le messie sur la montagne, le grand père près de la cheminer, le baroudeur près du feu.

-Je l’ai vu d’aussi près que je vous vois maintenant. Pour sûr, vrai de vrai !
Et pour tout dire, il était très loin d’être aussi impressionnant qu’on le dit.


-Wouah t’es un dur Joe.

-Pour sûr les gars, pour sûr héhéhé.

Aaaah tous ces sourires lorsqu’il battait des lèvres… il ne s’en lasserait jamais.

-Alors du coup, comme lui et moi on avait une histoire en attente, voilà que j’le dévisage sans peur. Paf direct dans les yeux que j’le fixe !
-Dans les yeux ?
-Chuuuuut laisse le raconter !

-Ouais enfin dans l’œil quoi ! T’as pas fini de m’interrompre ?
Bref, j’le défie du regard, et croyez le ou non, j’l’ai vu douter. Aussi sûr que ma brave mère m’a appelé Joe ! Le doute plein les ye/* plein l’œil qu’elle était la terreur ; l’a du sentir que les carottes étaient cuite et qu’on était pas là pour rigoler. Alors du coup j’me suis pas laisser démonter par la foule et j’lui ai dit c’que je pensais de lui et des sales monstres dans son genre ! Paf direct en pleine poire !


-Comme ça ? Juste devant lui ? Wouaaaah

-Ouais dommage que vous ayez pas pu voir ça à l’escargo-télé les mecs, c’était du grand spectacle c’est moi qui vous l’dit.

Alors là bien sûr le mec se laisse pas trop démonter et répond tant bien qu’mal, mais j’peux vous jurer avoir entendu sa langue fourcher deux trois fois tant il était mal. Foi de Joe fallait pas s’frotter à moi, il l’a payé au prix fort. Qu’on se le dise, je crains rien et tout me fuit.


Grande inspiration du groupe de grosses brutes assises en tailleur à même la terre battue, qui semblent reprendre leurs souffles tandis que la pression enfle un peu plus dans la pièce déjà lourde d’une humidité de moisissure et d’un manque flagrant de lumière et d’air frais. Et ces sourires… tous dirigés vers lui… bon sang que c’était bon. Ils le respectaient tous depuis ce jour, depuis ce fameux jour où il avait quitter le monde de la médiocrité pour les feux de la rampe.

-Alors bien sûr après ça les gars m’ont ramené dehors, mais tout était déjà fait si vous voulez mon avis. J’crois même pouvoir dire sans m’tromper qu’ils l’ont sauvé du pire si j’étais resté pour ouvrir encore un peu plus ma gueule héhéhé.



Clong ! Bruit de métal qu’on frappe et qui se répercute dans la pièce exiguë.

-C’est l’heure les taulards, alors bouclez la et dormez !

-Rooooh aller sergent, Joe nous raconte encore son histoire, laisser le finir !

Refoulé par les huées et les récriminations d’une foule visiblement bien soudée, un grognement d’approbation est arraché avant que le bruit régulier d’une paire de botte ne s’éloigne, étouffée peu à peu par la distance et l’épaisseur de la massive porte de bois.

-Vas-y Joe, continue.
-Ouais parle nous encore.
-Re-raconte nous comment ça s’est passé.

Ahhh brave gens… vous m’aimez. Vous me respectez enfin. Et ces sourires qui n’en finissent pas d’enfler sur vos visages héhé. Regardez les se rapprocher pour mieux m’entendre… Poussez pas les gars, y aura de la place pour tout le monde héhé. Ouais c’est ça mettez vous derrière si vous voulez, y a de la place pour tous. Et ben, je l’ai bien chauffé  ce soir décidément. Regardez les me dévorer du regard héhé… Héhé ? Alors pourquoi ce sentiment bizarre  qui m’écrase peu à peu la poitrine ?... Pourtant ils n’ont jamais été si impatients de m’écouter, si avares de détail, si souriants et attentifs…


-Bon alors je disais…
-Attend Joe.
-Que ?...
-Nous aussi on un truc à te dire.


Le cercle de prisonnier se rassemble de plus en plus près… occultant jusqu’à la lumière de la minuscule meurtrière ainsi que de la petite fente grillagée de la porte de leur cellule commune.

-On vient d’apprendre un truc. Un truc qui va t’intéresser foutrement vu qu’ça te concerne pas mal apparemment.
-Un truc ?…

Ils continuent à sourire… toujours plus… trop.
Vous me respectez les gars, ne l’oubliez pas. Vous me craignez hein. Je suis celui qui s’y est opposé hein. Je lui ai tenu tête et il a tremblé, j’vous l’ai déjà raconté des dizaines de fois. Ça vous amusait, ça vous… amusait ?…

-Thunder F. s’est évadé.

Que ? Quoi ?!
La phrase claque comme une sentence, et c’est tout un monde qui s’écoule et où je perds pied. Sensation immonde de vertige et d’un estomac qui se tord dans tous les sens ! Je perds pied et je m’affale en arrière sous le choc de la nouvelle. Deux mains sont là pour me retenir ; mais elles ne me lâchent pas pour autant une fois rassis…

-Et il nous demande de te passer le bonjour de sa part.

Une trentaine de ricanements accompagnent alors le cercle de muscles et de méchanceté gratuite qui se resserre sur le pauvre Joe, héros autoproclamé en recherche d’admiration et d’un destin plus glorieux que celui qu’on avait bien voulu lui donner au commencement de sa vie. Une main vient alors calmement se plaquer sur sa bouche tremblotante, puis la masse l’avale à jamais.




Le lendemain, lorsque le sergent Finnerman fera sa première ronde matinale, la cellule 25 de la prison centrale de East blue sera un peu moins serrée. Et c’est d’une main mystérieusement calme qu’il rayera de ses registres le nom de Joe « Mains baladeuses », à qui il ne restait plus qu’une semaine à tirer suite à une remise de peine exceptionnel.


Dernière édition par Toji Arashibourei le Mar 17 Sep 2013 - 16:57, édité 2 fois
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Mar 17 Sep 2013 - 16:47


Part II.



La petite Julie ne comprenait pas.

Non décidément elle ne comprenait y pas pourquoi elle allait devoir quitter sa maison. Pourquoi elle n’avait pas le temps de prendre toutes ses poupées, pourquoi elle ne devait en choisir qu’une. Pourquoi son père criait, pourquoi sa mère pleurait. Pourquoi tout ça…

C’est donc tirée d’une main ferme et impatiente qu’elle fut presque éjectée de la maison par sa mère, les yeux rougis par les larmes et le visage grave. Elle ce qui l’étonna alors d’autant plus, ce fut toute l’agitation dans laquelle elle sembla être jetée. C’est comme si tout le village était devenu fou ! Dans ces grands d’enfant et du haut de ses trois pommes, Julie eut le sentiment d’être pris dans une tempête, une véritable tempête de colère, de peur. Une peur qui même si elle ne pouvait clairement de sentir s’infiltrait en elle chaque seconde un peu plus… Toute cette agitation l’inquiétait, et personne ne voulait prendre le temps pour lui donner les réponses qui auraient pu la rassurer, la réconforter. Mais non, son Père jetait tant bien que mal les meubles les plus précieux sur un chariot, qui irait grossir la longue file de ceux qui déjà prenait la direction du petit port. Sa mère, elle, semblait tout aussi perdue et c’est tout juste si ces cris hystériques ne se perdaient pas dans le brouhaha incommensurable qui s’était emparé du petit port de pécheur que Julie aimait tant. Lui si tranquille d’habitude… jamais au grand jamais elle n’avait connu cela, sauf peut être… ce fameux jour dont personne ne voulait reparler… Julie n’avait jamais pu avoir de réponses claires à ce sujet, comme s’il s’agissait d’une porte qu’il ne fallait pas touche, jamais ouvrir. Elle se souvenait juste que la fièvre avait été terrible cette année là…
Alors perdue dans ce tumulte, Julie se raccrocha à la réalité lorsqu’elle surpris sa mère et plusieurs autres femmes se ruer sur le maire, ce gentil monsieur Paul qui lui offrant parfois un gâteaux lorsqu’elle le croisait à la boulangerie. Il était si gentil ce monsieur. Alors pourquoi maman semblait lui en vouloir ? Pourquoi est-ce qu’elle lui hurlait tant de vilaines choses dessus ? Oui décidément Julie était perdu et voir sa mère dans de tels états et dans une telle colère la terrifiait toujours un peu plus. C’est comme si son visage pourtant si doux avait été transformé par quelque chose… quelque chose d’horrible et que Julie aurait voulu ne jamais connaître. Car bien malgré elle, Julie venait de rencontrer la peur, dans sa plus ignoble définition.

Puis, bien qu’elle s’y agrippa comme au plus précieux des talisman, Julie laissa tomber sa jolie Sophie lorsqu’un homme aux bras encombrés la bouscula sans un regard, trop pressé de courir vers le port. Monsieur Roger ? Notre voisin d’ordinaire si agréable avec elle ? Il lui avait fait mal… Des larmes commencèrent à apparaître aux bord de ses grands yeux… elle tenta de les retenir, au moins le temps de retrouver Sophie, de s’y blottir…
Désespéré, elle chercha du regard la seule à même de l’écouter, de la réconforter… pour la trouver à moitié coincé sous la bottine de leur voisine du dessus, à moitié recouverte de boue. Elle tira dessus, tenta de la décrocher du talon qui semblait l’ignorer dans la détresse qui était déjà sienne. Et c’est là qu’elle le vit… Cette page d’un journal à même la terre tout près d’elle… bien qu’à moitié couverte de boue elle aussi, une photo oppressante d’un visage lui accrocha l’œil, la poussant bien malgré elle à s’y attarder, comme hypnotisée par le regard sauvage d’un œil plein de promesses. De mauvaises promesses.

Et bien qu’elle fut incapable de lire les mots écrits en grosses lettres sur la première page du journal, Julie sut au plus profond d’elle que tout cela avait un lien avec l’exode massif où ses parents la plongeaient précipitamment. Et tandis que sa mère revint vers elle et l’arracha du sol pour l’emmener au loin, l’enfant tendit une main implorante vers sa Sophie qu’une foule de pieds pressés et paniqués piétina sans un regard.


(…)


Moins d’une heure plus tard, un silence de mort avait envahi les lieux déserts, dont le seul habitant n’était plus qu’une poupée de chiffon à moitié broyée, gisant lamentablement aux côtés d’un Mondial où l’on pouvait encore lire ces quelques lignes :

Évasion de l’ex-Contre amiral Arashibourei.
Thunder F. en pleine nature.

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Mar 17 Sep 2013 - 16:52


Part III.


Un bruit te réveille. Celui d’une clé qui déverrouille péniblement une grosse serrure métallique, dont le grincement plaintif te donne l’impression d’une agonie. Et aussitôt, la peur revient. Celle qui t’avait lâché le temps d’un somme, abattu par la fatigue et par des nerfs aux supplices. Ils sont là !

Tu les entends marcher dans la poussière qui t’entoure, pour toi. Alors tu ne peux t’empêcher de frissonner, de tourner la tête de droite  à gauche. Pourtant tu sais ô combien c’est ridicule, tu ne le sais que trop bien. Car une fois encore, ce ne sont que les ténèbres étouffant d’un sac en toile de jute qui occultent tes sens. Étouffant… oui… L’épaisse toile ne se contente pas de te priver seulement de vision, mais aussi ton air. Ton précieux air, qui s’il ne te manque pas assez pour t’asphyxier te donne l’horrible sensation d’un poids qui t’étreint. Et cette horrible odeur de moisissure qui viole tes narines, le grain de la jute qui emplit tes sinus… Oui tu étouffes ; et ton cœur n’en bat que plus fort.

Nouveau silence, et tes oreilles tentent dans la panique d’une angoisse qui se fait seconde après seconde plus forte de s’accrocher à quelque chose, un signe, une bribe de réalité où ton esprit pourrait trouver consistance. Des secondes d’inconnu qui te semble éternité… Puis.

-Alors chasseuse, on a bien dormi ?



Tu ne réponds rien à cette voix où la raillerie et le plaisir se sont fait maîtres. Tu ne le peux tout simplement pas. Car ta bouche ne peut que trembler, ta langue est paralysée par la peur, par les souvenirs des jours précédents… mais surtout du futur que tu essayes en vain de ne pas imaginer.

-J’ai une bonne nouvelle pour toi.

Une bonne nouvelle ? La liberté, enfin ? Mais qu’est ce donc que cette folie où tu as été entraîné subitement et sans la moindre explication depuis maintenant plusieurs jours ?

-Tu vas bientôt remonter à la surface. Chouette non ? T’en dis quoi la chasseuse ?

La chasseuse, toujours ce surnom… comme une étiquette épinglée à ta poitrine. Ils ne t’ont appelé que comme ça, comme pour te remémorer sans cesse quelque chose. Mais la surface ? Où est on donc ? Sous terre, sous l’eau ? Cette odeur d’iode qui subitement te reviens en mémoire et te sonne alors comme une évidence ! Puis ces bruits que tu ne comprenais pas à ton premier jour de kidnapping, et qui maintenant prennent tout leur sens. Tu es sous l’eau. Prisonnière d’on ne sait quel esprit malade. Mais tu vas remonter bientôt. Il l’a dit. Il vient de le dire…

-Ouais, direct à l’air libre pour reprendre ta vie là où tu l’avais laissé.

Mais qu’elle est donc cette folie. Tout ça pour ça ?! Tu ne comprends pas, tu es perdu… La fatigue et la peur t’embrouillent le cerveau et te perdent un peu plus.

-Enfin… « presque » là où tu l’avais laissé.

Que ?...

-Car vois-tu, notre patron n’a pas trop apprécié que tu te fasses un devoir de le priver de liberté. Ça j’avoue c’est pas joli-joli hein chasseuse.

Car c’est bien c’que tu fais chasseuse ? Capturer et « revendre » des malfaiteurs hein ? C’est ça pour toi les primés ? Juste des berrys à empocher ?


La panique enfle au fur et à mesure que la voix se montre plus dure, plus acide… Et tu l’entends tourner lentement autour de toi, se rapprochant et s’éloignant subitement au fil des questions sans réponses.

-Alors tu vois, l’patron a décidé de t’offrir une chance. Celle de te mettre à la place de tes chères primes.

Qu/*…

-Dis toi que si je t’explique ça, c’est pour que t’ai le temps de bien y penser durant la longue vie d’esclavage qu’on va t’offrir. Que t’ai bien le temps de regretter ce fameux jour où tu n’aurais rien du dire. Une sorte de leçon philosophique en somme.

Esclave ? Ce jour ? Tu ne comprends pas ! Tu cherches, tu luttes contre la fatigue et la peur pour comprendre, te souvenir, mais non. Puis un visage qui revient subitement ! Et la terreur qui suit de près.

-Et pour être bien sûr que le sinistre dégénéré à qui on va se faire un plaisir  te vendre ne soit pas opportuné par tes histoires, on va faire en sorte que tu ne puisses plus jamais clamer ton identité, ou l’écrire.



Tu entends alors les bruits de pas d’un deuxième homme qui sans ménagement se déplace dans ton dos et d’une poigne ferme te maintient bien ancré sur la chaise où déjà tes liens t’entravaient. Ses mains sont dures,  elles te meurtrissent la peau sans le moindre état d’âme !
Et leur contact… Horrible, froid et humide comme les écailles d’un serpent. Alors, une autre main te saisit le front et te tord la tête en arrière de force, avant de relever juste assez la toile pour dévoiler le bas de ton visage mais pas tes yeux.

-Ouvre grand l’amie, héhé.

Tes dents se serrent pas réflexes, mais vite une paire de doigts massifs t’ouvre la bouche malgré tous tes efforts. Le grincement de la paire de pince métallique sur tes deux rangées de dents glisse alors le long de ta colonne vertébrale dans un pur frisson d’horreur. Tu la sens chercher ta langue –patiemment- tandis qu’elle-même s’agite dans tous les sens avec la frénésie de la dernière chance ! Tu te débats, veux hurler ! Tes talons dérapent sur la poussière du sol tandis que tu bats des jambes tels des ruades de désespoir ! En vain…

La douleur sera là ; puis le désespoir d’une vie brisée à jamais… Et pas un jour de ton existence d’esclave tu ne cesseras de penser à ce jour…


…Celui où on t’avait convaincu de témoigner.
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Mar 17 Sep 2013 - 16:56


Part IV.

Son toc. C’est bien la première image qu’il vous laissait la première fois que vous le rencontriez. Cette étrange manie de passer sa main le long de sa prothèse, comme pour en rechercher le contact, peut être en espérant y retrouver son vrai bras. Étrange d’ailleurs de la part d’un homme qui voulait à tous prix cacher ses blessures de guerre. Pourtant, son bras et sa jambe cyborg étaient loin d’être hideux, bien au contraire. Certains vieux blessés de guerre auraient tué pour avoir droit à de tels services. Mais pas lui… c’était comme une maladie honteuse qu’il traînait avec lui. Trop de souvenirs attachés ?... difficile à dire.
Car l’homme parlait peu, ne se socialisait pas avec ces nouveaux collègues de bureau. Venant d’un ancien marine d’élite, il était évident pour le personnel administratif du QG de South Blue que cela ne pouvait qu’être un signe de l’élitisme du soldat de terrain. Ca ne l’a du coup pas aidé à rencontrer des amis au début évidemment… Puis tout le monde s’est rendu compte que ce ne pouvait être qu’un traumatisme profondément enfoui… et malgré tous les efforts cela ne change pas ou peu.

Puis, peu à peu le monde continua de tourner, et son arrivée fit de moins en moins d’émule. La vie repris son cour, et l’homme s’habitua à son nouveau poste et aux fonctions routinières que cela impliquait. On l’oublia lentement, tant il  pouvait se montrer silencieux et asocial.


Puis un jour, c’est tout le bureau qui sembla éclater. On l’entendit crier jusqu’aux archives souterraine du QG tant ses hurlement de rage étaient violents ! Et la foule de marine qui s’attroupa alors près du bureau de son supérieur n’était là que pour mieux comprendre quel drame méritait une telle explosion d’ardeur de la part de celui qu’on surnommait déjà « l’invisible ». Thunder Fish ! Evadé ! Des mots pleins de haine mais aussi d’une peur palpable pour tous les collègues attroupés ! Alors revint la rumeur. Celle qui disait qu’on l’avait envoyé témoigner quelques jours plus tôt ô si médiatique procès de l’ancien contre-amiral. Mais l’homme avait été si discret que nul n’avait alors penser faire le lien… Et là, tout devenait clair.
Pour calmer le marine, son supérieur fit alors de son mieux pour relativiser la situation, mentit comme il put, joua de la langue de bois… mais rien n’y fit, sa rage ne retombait pas. Finalement, la seule chose qui parvint à la calmer fut de lui proposer à lui et à sa si précieuse famille une place dans la caserne, afin de les mettre à l’abri d’une revanche visiblement tant redoutée. Sitôt fait, le marine pris congé sans attendre d’autorisation, et quitta la base comme une fusée pour rejoindre sa femme et leur nourrisson.

On ne le revit pas pendant plusieurs jours…

Et c’est alors que les rumeurs de désertion allaient bon train que notre homme refit surface, les traits tirés et les yeux rouges. Sa chère et tendre Sarah n’avait pas voulu le suivre. Et il avait beau eu faire de son mieux pour la convaincre, l’éternel optimisme de sa femme ne pu être brisé et elle refusa de quitter la maison de ses ancêtres. Vaincu par la seule contre qui il ne pouvait lutter, l’homme ne put que continuer à travailler et à prier, même si chaque jour la tension pouvait se sentir en lui, tel une corde prête à rompre.




C’est moins de deux semaines plus tard que l’horrible bruit se répandit dans tout le service : sa femme et sa fille avaient disparu. Panique, excès de rage ; il voulait partir en mer, la retrouver, remuer ciel et terre !  On dut alors recourir à la police militaire pour harnacher le pauvre mari pris d’une frénésie légitime. Mais malgré bien des recherches, de sa famille nulle trace… Seules quelques empreintes de botte sur la plage attenante offraient une bien maigre piste. Le pauvre homme était alors au bord du gouffre ; et seule l’espoir précieux d’un jour les revoir l’empêchait encore de se laisser mourir...

Lorsque deux jours plus tard une patrouille découvrit le corps noyé de sa femme -déposée sur cette même plage tel un message- quelque chose se brisa à jamais dans le cœur du malheureux. Sa chère Sarah n’était plu. Il l’avait perdu à jamais.
C’est tout juste si on le vit pleurer, si on le vit bouger… Nulle émotion ne pouvait maintenant apparaître sur le visage sans vie d’une âme détruite. Et si du bébé nulle trace ne fut jamais découverte, cela ne pouvait même plus atteindre celui qui n’était plus. Alors devant tant de détresse muette, tout e la caserne se rapprocha de lui, offrit son soutient et son aide… mais il ne les entendait même pas. Par sa faute elle était morte. Par sa faute il ne verrait plus jamais la lueur du jour. Il les avait tué, lui et sa stupide lubie du justice ! Il n’aurait pas du prendre ce risque ! Il aurait DU la convaincre de venir à la caserne ! Tout était de sa faute…


Puis, au fil du temps la compassion diminua jour après jour, victime du temps et de son indifférence apparente. On essaya de moins en moins souvent de le réconforter, on ne lui apporta plus de café ou de gâteaux… Puis on cessa tout simplement de lui dire bonjour comme avant, et la vie repris son cour pour tous ceux qui n’avaient été qu’effleurés par le drame.
Lui, continua à aller travailler avec une régularité et une totale absence d’émotion digne des plus sinistres machines. Il n’était plus homme… il n’était plus rien.



Et puis un jour, il ne vint pas à son travail...

Ni les jours suivant…
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