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Promenade souterraine

Santa Klaus
Santa Klaus

♦ Localisation : North Blue
♦ Équipage : Chevaliers de Nowel

Feuille de personnage
Dorikis: 1870
Popularité: +151
Intégrité: 120

Jeu 24 Juil 2014 - 19:09


« - Monsieur Klaus, il faut que vous veniez de toute urgence sur le verger 3-A !
- Ho ! Ho ! Ho ! Svéa, je vous ai déjà dit de m'appeler Santa !
- Monsieur Santa Klaus, il faut que vous veniez de toute urgence sur le verger 3-A !
- Ho ! Ho ! Ho ! Svéa, je vous ai déjà dit de m'appeler Santa !
- Dans l'absolu, je vous ai appelé Santa.
- Puis on tourne un peu en rond, non ?
- Oui, aussi.
- Donc ?
- Comme je le disais, il y a un problème sur le verger 3-A.
- Le verger 3-A ? C'est obligatoire, ces nouvelles normes ?
- C'est que... C'est mieux. Selon une étude interne effectuée pendant votre absence, ces noms sont considérés comme plus pratiques et auraient augmenté à eux seuls la productivité de 1,39%. Il n'y a que la courbe d'apprentissage à prendre en compte.
- Bon, je vois... Lequel est-ce ?
- Selon l'ancienne nomenclature, de mémoire, il s'agirait du ''Verger après le ruisseau qui colle au flanc de la montagne avec les petites chèvres''.
- Ho ! Ho ! Ho ! Je vois !
- Non mais les anciens noms, tout le monde s'embrouillait avec, il n'y a que vous qui voyiez de quoi il s'agissait!
- Ils étaient plus personnalisés que 3-A...
- Monsieur Klaus, maintenant que j'y pense, avais-je mentionné qu'il s'agissait d'une urgence ?
- Santa. Oui, allons-y ! »

Cela faisait quelques mois que Santa s'était réveillé de son long coma, dû à un accident de pédalo. Il avait commencé par énormément de rééducation et d'apprentissage d'informations sur le monde, histoire de rattraper son retard. Il n'avait cependant toujours pas atteint le niveau de musculature que l'on viendrait à lui connaître, et de loin.
Sa condition physique, en tout cas, le mettait sur un pied d'égalité avec les autres être humains, c'est-à-dire qu'il pouvait effectuer les tâches quotidiennes et marcher sans béquilles. Le redéveloppement des muscles des jambes avait été le plus douleureux, mais le tout nouvel Envoyé de l'Esprit de Nowel ne pouvait se laisser arrêter, voire même ralentir, par de telles trivialités.

La personne avec qui il venait de discuter était sa cousine éloignée, Svéa Cécilia Humpeter. A l'origine, elle était son assistante de direction, puis elle reprit les rênes de la Santagricole pendant son long sommeil forcé. Son sérieux et ses compétences en gestion d'entreprise avaient permis à l'entreprise de continuer une expansion maîtrisée, principalement en autofinancement.

Sitôt que Santa fut prêt, elle tourna les talons, quelques cheveux blonds s'échappant de son chignon lâche et partit d'un pas vif vers le verger 3-A. Ils quittèrent l'un derrière l'autre le petit bureau qui servait de haut-lieu de décision.
Une fois dehors, le quadragénaire allongea le pas pour rattraper la trentenaire. Il faillit demander des informations supplémentaires, mais à la réflexion, si Svéa les avait eues, ou si cela avait été pertinent, elle les lui aurait déjà données. Un regard en coin lui rappela que sa cousine n'avait pas réellement changé, pendant son coma. Toujours les mêmes yeux verts derrière les mêmes lunettes semi-cerclées. Peut-être que la correction des verres avait changé, cela dit.

Notant son regard, Svéa lui adressa un haussement de sourcil interrogateur, auquel Santa répondit d'un haussement d'épaule et d'un joyeux sourire. Elle eut un claquement de langue sans réelle signification, puis accéléra le pas en remettant sa mèche oblique derrière son oreille.

Après un peu de marche, ils traversèrent le ruisseau, alimenté par la fonte de la neige en montagne, avant d'arriver au verger qui collait cette dernière. De là où ils étaient, quelque chose semblait étrange, tout au fond du pré, mais c'était dur à dire à cette distance. Le cultivateur chargé de la parcelle les attendait un peu sur le gauche. Ils le rejoignirent aussitôt.
« - Ben l'bonjour, m'sieur Klaus !
- Personne ne veut m'appeler Santa...
- Bien sûr que non, vous êtes le président de la Santagricole, intervint Svéa.
- Allons, m'sieur Klaus, faudrait ptet ben vous y faire, d'puis l'temps. On a comme qui dirait pas él'vé les cochons ensemb'.
- Ho ! Ho ! Ho ! Quasiment, Bernard, quasiment !
- Ca ceuh ben vrai ! A part qu'y'a pas d'cochon, m'sieur Klaus ! »
Santa soupira, puis reprit :
« - Alors, ce problème ?
- J'avons comme qui dirait jamais vu ça. V'nez plutôt voir ! »

Ils allèrent rapidement jusqu'au fond du verger, où poussaient des arbustes. Un coup d'oeil suffit à Santa pour reconnaître ses framboisiers, qui paraissaient en bonne santé. Il félicita Bernard puis examina le souci.
« - C'est la crevasse derrière, n'est-ce pas ?
- J'l'avons vu tout de suite ce matin en arrivant, m'sieur Klaus. J'sommes allé voir plus haut dans l'montagne, ça d'vait être un bout d'glace qu'a comme qui dirait fragilisé l'caillou.
- Le caillou ? Demanda Svéa.
- Aye, l'caillou, d'la taille de m'sieur Klaus v'la.
- Un rocher.
- Quand l'glace l'est partie, l'caillou l'est tombé pile d'not' côté, et, comme qui dirait qu'sous l'flanc d'la montagne, y'a un trou.
- Comme ça, un trou, Bernard ?
- Ben, comme qui dirait qu'la montagne, c't'un gruyère que y'a des trous d'ssous.
- Il y aurait des grottes sous la montagne et sous le verger ?!
- Aye, s'ben possible.
- C'est plutôt grave, s'inquiéta Svéa avec un froncement de soucil.
- Aye, s'ben possible.
- Oui, Svéa, si le sol se dérobe sous nos pieds...
- Oui, nous perdrions des parcelles entières. Si on calcule la rentabilité par parcelle, qu'on compare au coût de consolidation des terres...
- Non, quelqu'un pourrait être emporté dans un éboulement !
- Ah, oui, bien sûr. Donc on ajoute également le coût médical, ou d'assurance, ou les éventuelles poursuites judiciaires et...
- Svéa.
- Oui, monsieur Klaus ?
- Mort d'homme.
- Pardon, monsieur Klaus. Je vais enclencher les travaux de consolidation au plus vite.
- Ho ! Ho ! Ho ! C'est bien, Svéa, sortez un peu la tête de vos comptes.
- Désolée...
- Bon, reprit Santa, je vais examiner cette fissure d'un peu plus près. »

L'Envoyé de l'Esprit de Nowel s'approcha de la faille, qui se situait tout juste à la jointure entre la montagne et le verger. Celle-ci ne faisait pas plus de deux mètres de large pour cinquante centimètres de haut. Quant à la profondeur, elle était dure à jauger, à cause de l'obscurité.
Sur les quelques mètres de vision que la lumière du jour lui offrait, il voyait une espèce de pierrier, qui était probablement instable. Santa resta là une trentaine de secondes, en réfléchissant et en caressant sa barbe. Svéa s'approcha dans son dos pour voir elle-même ce qui se passait et lui demander ce qu'il en pensait.
« - V'd'vriez ptet ben faire attention, m'sieur Klaus, mam'zelle Humpeter, l'sol doit êt' comme qui dirait fragilisé. »

Alors même que l'écho de ces mots résonnait encore dans l'air, la terre se déroba sous les pieds de Svéa et Santa, qui churent droit dans la faille. Le quadragénaire attrapa aussitôt sa cousine éloignée et fit rempart de son corps pour la protéger. Heureusement, la terre et quelques arbustes emportés avec eux leur évitèrent de se faire mal, amortissant la glissade sur le pierrier jusqu'à la chute tout en bas, dans le noir.
De là où ils étaient, ils ne pouvaient voir qu'un petit cercle de lumière, à peine de la taille d'un ballon. Là-dessus se découpa la forme de la tête de Bernard, qui les héla :
« - Oooooy, z'allez bien ?
- Tout va bien, Bernard, nous ne nous sommes pas fait mal, répondit Santa.
- Bon ben... J'm'en va chercher les s'cours, mais ça va êt' comme qui dirait tendu comme une pine d'âne d'vous sortir d'là !
- Comment ça ? S'inquiéta Svéa.
- Ben les cailloux z'ont bougé, et l'bouzin l'est instab' comme que l'vieux Christophe l'mercr'di soir !
- Ca veut dire quoi, ça ? S'enquit la jeune femme.
- Très très instable.
- Rassurant.
- Et j'voulions pas qu'ça vous r'tombe su'l'museau, comme qui dirait !
- Très bien, Bernard, allez chercher les secours, nous attendrons ici, ou quelque chose comme ça ! Ho ! Ho ! Ho ! »
La tête disparut du cercle de lumière.
« - Au fait, monsieur Klaus ?
- Santa. Enfin bref, Svéa ?
- Merci de m'avoir protégée pendant la chute.
- Pas de problème, c'était tout naturel.
- Vous ne vous êtes pas fait mal ?
- Quelques égratignures, sans plus.
- Laissez-moi voir... Ah non, nous sommes dans le noir, c'est vrai... »

Le silence s'installa entre les deux individus qui attendaient le retour de Bernard.
« - Vous avez remarqué, Svéa ? Le sol ne ressemble pas à un sol de grotte naturelle.
- Comment ça ? Je n'ai pas l'habitude d'aller dans des grottes naturelles.
- Et bien, comment dire, c'est très lisse, et ça semble plat.
- Mmh, maintenant que vous le dites...
- En plus, il y a des jointures à intervalles réguliers.
- C'est vrai !
- Tout ça me fait dire qu'il s'agit peut-être de dalles mises côte à côte.
- Et que donc il ne s'agit pas d'une grotte naturelle ?
- Exactement, Svéa !
- C'est très intéressant. Plus qu'à attendre que Bernard arrive avec les secours, et nous pourrons étudier tout ça.
- Ho ! Ho ! Ho ! Je pensais plutôt aller explorer avec vous. Nos yeux commencent à bien s'acclimater à l'obscurité, même si nous ne voyons pas les détails, nous pouvons distinguer les formes et nous repérer.
- Vous n'y pensez pas, monsieur Klaus !
- Santa. Bien sûr que si. Il faut vérifier si nos champs ne courent aucun risque, et pour cela, il faut jeter un coup d'oeil.
- On s'en chargera avec les secours !
- Et que fera-t-on si un nouvel éboulement a lieu pendant que nous attendons, et que quelqu'un meurt ?
- Mais...
- Sans compter que l'endroit où nous nous trouvons est ''instab' comme que l'vieux Christophe l'mercr'di soir'', imita Santa, arrachant un hoquet de rire à Svéa.
- Bon, d'accord, monsieur Klaus, allons-y. »

Le président et la directrice de la Santagricole se relevèrent donc et plissèrent les yeux pour regarder autour d'eux. La pièce souterraine dans laquelle ils se trouvaient était vaguement éclairée par l'ouverture lumineuse et ne semblait aller que plus profondément sous la montagne. Au moins, il y avait peu de chances que tout le verger s'affaisse brusquement.

Ils avancèrent, Santa devant, Svéa derrière, dans une suite de corridors et de pièces tous reliés entre eux, pendant une bonne heure.
Le couloir dans lequel ils se trouvaient maintenant descendait assez fortement, et était en plus rendu glissant par un ruissellement d'eau venant du plafond, à peine un demi-mètre au-dessus de la tête de Santa. Ils avançaient dans un environnement de plus en plus obscur, jusqu'à déboucher sur ce que l'air ambiant leur dévoila être une immense pièce, encore plus grande que celle dans laquelle ils étaient tombés.
Il y avait également dans cette pièce un peu plus d'éclairage, venant de trois cheminées taillées dans la montagne. Les rais de lumière illuminaient trois arbres plantés dans de la terre meuble, et des mini-canaux d'irrigation leur apportaient l'eau nécessaire. Les dalles avaient également laissé la place à la roche, généralement recouverte de mousses et autres moisissures.

« - Monsieur Klaus, nous sommes d'accord que c'est étrange ?
- Santa. Tout à fait. Ces arbres sont étranges.
- Je parlais plutôt de leur simple présence. Sous la montagne, éclairés par des cheminées creusées dans la roche dans un plafond une vingtaine de mètres plus haut, et irrigués par des canaux amenant une partie de l'eau du dehors à l'intérieur...
- Ces arbres...
- Vous m'avez entendue ?
- Ces arbres sont morts. Mais pas juste morts, Svéa.
- Comment ça ?
- Ils sont comme figés. Voyez plutôt. Cela fait des dizaines d'années au moins, plus probablement des centaines qu'ils sont là. Ils n'ont pas pourri, ne sont pas tombés en miettes.
- Ah. Euh... Comment l'expliqueriez-vous ?
- Dur à dire... Je vais l'examiner de plus près...
- Allez-y, moi, je ne marche pas dans ces mousses bizarres, là, elles ont une couleur dégoûtante.
- Oh, ça ? Ce n'est rien, ne vous en faites pas. Ce n'est toxique que si on le mange.
- Raison de plus de pas s'en rapprocher.
- Alors... Au toucher, ça semble un peu trop lisse... Rien à l'odorat, par contre. Au goût...
- Vous n'allez quand même pas goûter ça !
- Ho ! Ho ! Ho ! Pourquoi pas, Svéa ?
- Et si c'était léthal, que feriez-vous ? Vous ne savez même pas ce que c'est !
- Tout se passera bien, ne vous en faites pas.
- C'est totalement irresponsable !
- L'Esprit de Nowel est avec nous, il n'y a aucun risque, je vous l'assure.
- Non mais...
- Je vais même vous le prouver ! »
Sur ces mots, Santa cassa un petit copeau qu'il jeta dans sa bouche grande ouverte sur un sourire sûr de lui.

« - Recrachez ça tout de suite !
- Arf ! J'arrive... plus... à respirer... »
Sous les yeux effarés de Svéa, le quadragénaire s'écroula par terre en se tenant la gorge, les yeux écarquillés.
« - Monsieur Klaus ! »
La jeune femme lui flanqua une baffe, puis le redressa en position assise pour lui taper violemment dans le dos. En désespoir de cause, alors que le teint de Santa devenait rouge, elle se résolut à lui enfoncer les doigts dans la gorge, pour lui faire vomir ce qu'il avait avalé.
« - Non, Svéa, attendez ! Je rigolais, c'était une blague !
- Hein ?!
- C'était une blague, désolé !
- Quoi ?!
- C'était pour voir si, dans le feu de l'action, vous alliez m'appeler Santa, comme quand on était enfants ! Ho ! Ho ! Ho ! »

En silence, Svéa lui colla deux autres baffes supplémentaires, puis se leva brusquement en rajustant ces lunettes. Après avoir inspiré un peu plus fort que la normale, elle reprit :
« - Votre Esprit de Nowel n'est-il pas contre les mensonges ?
- Si, mais là, c'était innocent, cela ne faisait de mal à personne.
- Cela m'a fait du mal.
- Pardon, Svéa.
- Bon, monsieur Klaus...
- Santa? Murmura le quadragénaire.
- Monsieur Klaus, disais-je, vous avez toujours ce que vous avez mangé ?
- Je l'ai avalé.
- Je vois. Et donc, s'il s'avérait que c'était toxique ?
- Ca ne l'était pas.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
- C'était du sel.
- Comment ça ?
- Et bien, c'était du sel. Je suppose qu'ils en ont mis une grande quantité sur les arbres, les fossilisant, puis qu'ils ont retiré l'aspect granuleux, mais je ne sais pas comment.
- Serait-ce possible en le ponçant ?
- Ho ! Ho ! Ho ! Les grains se désolidariseraient, non?
- Probable. J'ai entendu parlé d'épéistes capables de tout trancher avec une précision redoutable, sinon.
- Et ils auraient tranché au millimètre près autour de toutes les branches et de chacune des feuilles ?
- Effectivement, tout aussi fantasque.
- Vraiment, je ne vois pas.
- Et un fruit du démon, par exemple du sel ?
- Ce serait très possible. Excellente idée, Svéa !
- Merci, monsieur Klaus.
- Santa ?
- Monsieur Klaus. »

N'étant pas parvenus à expliquer ni le pourquoi ni le comment de la présence de ces arbres fossilisés dans le sel, les deux membres de la Santagricole reprirent leur route vers un nouveau couloir, cette fois-ci sans la moindre pente. Le sol était à nouveau couvert de ce qu'ils présumaient être les mêmes dalles qu'à leur point d'entrée.
La luminosité baissa une fois encore petit à petit jusqu'à ce qu'ils soient dans une noirceur quasi totale. C'est alors qu'ils virent des petits champignons luminescents dans les fissures du plafond. Cela leur suffit à continuer à avancer.

Cependant, là où précédemment tout était encore en relativement bon état, tout semblait maintenat en ruine. Les dalles étaient brisées, les murs irréguliers, et de nombreux débris et rochers jonchaient le sol. Plusieurs fois des rongeurs les fuyant se firent entendre, les frôlant dans l'obscurité.
Santa arriva enfin dans une autre salle, plus petite que la précédente, mais éclairée de la même manière par cette fois six cheminées directement taillées dans la montagne. Le spectacle de la salle le fit s'arrêter d'un mouvement brusque, tandis que Svéa, juste derrière lui, le heurtait, surprise.

Des statues étaient dispersées dans la salle, six, une sous chacune des cheminées, représentant un soldat, une jeune femme, un enfant, un couple d'âge moyen qui se tenait la main et une vieille femme. Du fait de l'aération supérieure, elles étaient recouvertes de poussière, mais les pluies rentrantes n'avaient absolument pas abîmé les ancestrales sculptures, ce qu'on ne pouvait pas dire du sol, crevassé au point que les dalles laissaient apparaître la roche en-dessous.
Alors que Santa examinait les statues plus en détail, impressionné par leur niveau de détail, Svéa concentrait son attention sur les murs.
« - Monsieur Klaus, venez voir.
- Santa. Qu'y a-t-il ?
- Ces gravures sur les murs, vous connaissez ?
- Absolument pas. Pourquoi ?
- Elles me rappellent quelque chose, en fait.
- Ho ! Ho ! Ho !
- Je suis certaine de les avoir déjà vues.Laissez-moi me concentrer quelques instants... »

Santa partit déambuler dans la pièce, examinant d'autres gravures un peu plus loin qui montraient la foudre s'écrasant sur des montagnes. Son assistante le héla de nouveau :
« - Je me souviens où j'ai vu ces gravures, ou en tout cas d'autres dans le même genre. C'était dans l'édition spéciale de Tuuli Pohjoinen.
- Ah, celle avec un dossier complet sur un peu tout et n'importe quoi ?
- En fait, c'est sur des pans entiers de culture. Celui-là portait sur un peuple au nom imprononçable qui s'était réfugié sur un îlot proche après avoir vu leur île natale dévastée par des pillards. Apparemment, certains d'entre eux se sont réfugiés ici.
- Et les statues ?
- Comme les arbres, n'est-ce pas ?
- Oui, acquiesca Santa avec tristesse. »
Aucun d'eux n'avait besoin de développer. Adressant une dernière pensée désolée à ces inconnus, ils reprirent leur examen de la salle.

« - Concernant les gravures murales, je ne sais absolument pas ce qu'elles veulent dire, par contre.
- Ho ! Ho ! Ho ! Leur alphabet est bizarre, tout de même.
- Effectivement, c'est le moins qu'on puisse dire, répondit Svéa en regardant les lettres sinueuses avec une grimace.
- Par contre, les dessins...
- Oui, les dessins sont assez clairs. Un genre de jugement dernier, ou de prophétie, j'imagine. Du classique. »

Ayant fait le tour de la salle, Santa remarqua une crevasse dans le fond de la salle. Il fit signe à Svéa de venir, puis se glissa dans l'ouverture. Celle-ci était à peine assez grande pour le laisser passer, ce qui laissait largement assez de place pour la jeune femme.
Après une dizaine de mètres à se frotter contre les murs, l'air changea, se fit plus sec. Une dizaine de mètres de plus les amenèrent dans ce qui semblait être une autre grotte. Il n'y avait pas la moindre lumière. Une odeur de renfermé leur vint aux narines.

Tâtonnant sur leur chemin, leurs mains touchèrent du bois, qu'ils identifièrent comme étant des planches. Des bocaux en verre étaient posés dessus. Santa en ouvrit un, renifla son contenu, puis le reposa soigneusement, hermétiquement fermé, avant de courir dans le noir, tirant Svéa par la main.
« - Ho ! Ho ! Ho !
- Que faites-vous, monsieur Klaus ?
- Venez, vous allez voir ! »
Sans hésitation, le quadragénaire les guida dans l'obscurité complète sans à-coups, puis ouvrit une porte donnant sur un petit escalier de pierre qu'il gravit à toute allure. Ils arrivèrent alors dans le couloir d'un cottage, un endroit propret meublé avec simplicité.
Ouvrant la deuxième porte sur leur droite, l'Envoyé de l'Esprit de Nowel entra dans la pièce et adressa un grand sourire à ses occupants, qui prenaient le café.
« - Bonjour, Maman, Papa, vous allez bien ?
- Nous nous en sommes sortis, Santa ! Soupira la jeune femme. »

Svéa et Santa venaient effectivement de traverser la montagne pour arriver tout droit dans la cave de la maison des parents de Santa. Ils contactèrent aussitôt par escargophone les forces de secours pour les prévenir que ce n'était plus la peine de les chercher au fond de la première crevasse, et qu'ils s'en étaient sortis sains et sauf.
Leur aventure faillit avoir droit à un entrefilet dans Tuuli Pohjoinen, mais la mort du seul archéologue s'étant jamais intéressé à ce peuple déchu fit abandonner l'idée au rédacteur en chef du journal, qui le remplaça par un article sur la cuisson des marrons.
https://www.onepiece-requiem.net/t9551-santa-klaushttps://www.onepiece-requiem.net/t9782-santa-klaus
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