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Hé Billy Bob, viens donc par ici !

Santa Klaus
Santa Klaus

♦ Localisation : North Blue
♦ Équipage : Chevaliers de Nowel

Feuille de personnage
Dorikis: 1870
Popularité: +151
Intégrité: 120

Lun 27 Oct 2014 - 23:27

Elie et Santa avaient voyagé un temps à bord d'un bateau cargo de la Santagrumes, se baladant d'île en île, cherchant bonnes actions à accomplir et contrats à faire signer. Seulement, au large de l'île de Corleone, une avarie s'était déclarée au-dessous de la ligne de flottaison. L'escale qui ne devait durer que vingt-quatre heures, pour repartir avec la marée après avoir vendu le fret et racheté le nouveau stock, allait être étendue à une semaine entière.
Le capitaine s'était arraché les cheveux en apprenant la nouvelle. Corleone n'était pas une île très intéressante la dernière fois qu'il y était allé. Ni la fois d'avant. Ni la première fois non plus. Elle n'était pas très grande, ne possédait qu'une ville un peu miteuse, quasiment entièrement construite en bois. Ledit bois donnait dans le moisi, le genre qui a pourri sur place plusieurs dizaines d'années sans que personne ne s'y intéresse.

Par contre, les marins de l'équipage, eux, avaient accueilli comme il se doit la nouvelle. En dehors des quarts, cela voulait dire permission permanente. Et même si la première fois pour la plupart d'entre eux, Corleone n'avait pas été très intéressante, l'année dernière, à leur pénultième passage, un bordel et un bar attenant venaient d'ouvrir.
Sitôt que le bruit se répandit, les plus rapides se précipitèrent vers la cabine du capitaine pour demander une avance sur salaire. Seul le premier eut cette chance, malheureusement pour les autres. Les éclats de voix et le bruit précipité des pieds sur le pont attirèrent l'attention de Santa et Elie, qui vinrent alors se renseigner sur la situation. Une semaine leur laisserait davantage de temps pour explorer l'île.

De ce qu'ils avaient appris en parlant avec le capitaine, Corleone n'avait qu'une bourgade de taille moyenne, quelques champs et terres à peine défrichées et une espèce de mont solitaire à la pointe est de l'île. Santa et Elie se retrouvèrent débarqués par la force des choses pendant que le navire était hâlé en cale sèche. Ils ne pourraient même pas continuer à habiter le bateau pendant qu'il était en cours de réparation, donc il leur fallait trouver un endroit où dormir, ce qui, leur assura l'employé de service aux réparations, ne serait pas difficile.
Par conséquent, Santa et Elie décidèrent de s'imprégner un peu de l'ambiance de la ville, et de visiter les alentours.
« - Ho! Ho ! Ho ! Intéressante, la mode locale.
- Oui, c'est très seyant, ces hauts-de-forme avec les vestons et les montres à gousset.
- Et les robes colorées avec les permanentes.
- Oui, vraiment jolies. Je me demande si...
- Par contre, les bouts de paille qui trainent et qui roulent, ça fait un peu sale.
- Et le bois est vraiment en train de moisir, sans même une bonne couche de peinture. »

La ville n'était pas moitié aussi petite que ce que le capitaine leur avait fait croire. Après avoir déambulé une partie de la matinée, ils décidèrent de déjeuner dans un bar restaurant qui semblait accueillant. Sitôt qu'ils eurent passer les portes battantes, le gérant les héla :
« - Holà, voyageurs. Une table pour deux ?
- S'il vous plaît.
- Tenez, prenez celle-là, côté d'la banquette.
- Remets-m'en un, Billy, intervint un client.
- Sûr, Jimmy, un whisky, ça vient. »

Après avoir servi son godet au dénommé Jimmy qui le descendit aussi sec, il se dirigea vers les deux touristes, s'essuyant conscencieusement les mains sur son torchon.
« - Alors, ça sera quoi ?
- Un repas pour deux. Je vais prendre un thé et Santa va prendre...
- Une carafe d'eau. Il fait un peu trop chaud pour un chocolat chaud ou un grog.
- Dites, du thé ? Un chocolat chaud ? On sert pas d'ça ici.
- Oh, c'est un restaurant pour les durs ? S'enquit Elie.
- C'est pas un restaurant, ma ptite demoiselle, c'est un saloon, ici. Et jamais Billy Bob il a servi du thé à table !
- Très bien. Un whisky alors.
- C'est d'jà mieux, ouais. Et le grand-père, il veut garder de l'eau ou il veut une boisson d'homme ?
- Ho ! Ho ! Ho ! Si vous voulez, mon bon monsieur.
- Ouais. C'est ça. C'sera un whisky aussi. Allez pas me dégueuler par tout, par contre.
- Merci.
- Ca arrivera dans quinze minutes. D'ici là, mettez-vous à l'aise. »

Quand le tenancier revint avec les deux assiettes remplies d'un ragoût à l'odeur appétissante avec une corbeille de pain et deux whiskys, Elie engagea la conversation.
« - Dites, Billy Bob...
- Ouais ?
- On a entendu dire que c'était une petite bourgade mais on a marché des heures sans en voir le bout...
- Ah, ça. Y' une poignée d'année, un genre de promoteur immobilier est arrivé, un grand type avec un costume à rayures. Même qu'il le met tout le temps, même le dimanche. L'a commencé à racheter à droite à gauche des vieilles parcelles dont personne voulait, et à construire des trucs dessus, des trucs qu'on avait pas avant.
- Ho ! Ho ! Ho ! Mais comment se fait-il qu'une promoteur immobilier s'intéresse à cette île tout d'un coup ?
- J'en sais trop rien. Z'aurez qu'à lui demander, il se promène souvent du côté est du patelin. D'ailleurs, c'est là-bas qu'on voit que c'est bien neuf. Si z'êtes v'nus par le port, s'normal que z'ayez rien vu.
- Woh, Billy, remets-m'en un !
- J'arrive, Jimmy ! Bon, bon appétit, étrangers.
- Merci.
- Et rappelez-vous, pas de dégueulis ! »

Après avoir déjeuné, Elie et Santa payèrent, laissant un pourboire correct. Ca n'avait quasiment rien coûté, mais c'était peut-être parce que le whisky avait un peu goût de détergent. Ils décidèrent cette fois de partir vers l'est, histoire de voir la ''nouvelle ville''. Après avoir demandé leur chemin, ils se mirent en route.
Effectivement, après une vingtaine de minutes de marche, le vieux bois moisi commença à laisser la place à du matériau de meilleur aloi, toujours du bois en général, mais verni ou peint, ce qui donnait l'impression de passer d'un quartier pauvre, celui du port, à un quartier plus huppé, même si, au vu des habitants, ce n'était pas le cas.

Au fur et à mesure de leurs déambulations, ils arrivèrent dans une portion de la ville qui les intrigua fortement. Sur leur gauche, les vieux bâtiments de la vieille ville. Sur leur droite, les nouvelles constructions, qui semblaient véritablement neuves. Ils atteignirent enfin une petite place avec une fontaine tout ce qu'il y avait de plus banal en son centre. Mais de jolis dalles blanches rehaussaient le charme du lieu. Là, ce qui semblait être une grande demeure siégeait sur tout un côté de la place.
Même de là où ils se trouvaient, le bâtiment semblait en relativement mauvais état, bien qu'on puisse voir, en se rapprochant, que des tentatives avaient été faites pour le réparer. Complètement délavé, une enseigne vantait le très fameux grand théâtre de Corleone (sic).

En se rapprochant pour examiner la façade de plus près, Elie et Santa captèrent des éclats de voix venant de l'intérieur.
« - …mais ne vendrais ce haut-lieu de la culture à une bande de petits merdeux arrivistes et malhonnêtes ! Maintenant, sortez de chez moi !
- Calmez-vous, monsieur Wayne, nous ne voulons que faire affaire !
- Je vous ai dit de sortir de mon théâtre ! »
Sur ces mots, les portes s'ouvrirent brutalement, manquant d'assommer Elie qui s'était approchée sans s'en rendre compte. Les deux Chevaliers de Nowel virent alors un grand vieil homme majestueux, avec une épaisse chevelure blanche, et des favoris tout aussi épais, pousser devant lui deux hommes d'âges moyen, l'un ressemblant à un croque-mort, l'autre plus petit et râblé, plus fruste aussi.
« - Ecoutez, nous reviendrons un autre jour, vous n'avez pas l'air bien, monsieur, au bord de l'apoplexie, reprit le croque-mort.
- C'est vous voir qui me met mal, disparaissez de ma vue, maintenant !
- Bonne journée à vous, salua le grand en soulevant son chapeau puis en partant d'une démarche bondissante, suivi par son sbire. »

Le vieil homme soupira en s'appuyant sur le chambranle de la double porte. Elie décida d'engager la conversation.
« - Bonjour monsieur, c'est un théâtre ?
- Evidemment que c'est un théâtre, les jeunes d'aujourd'hui savent même plus lire ou quoi? »
Elie tiqua mais ne releva pas.
« - Il se trouve que je suis comédienne, donc je m'intéresse évidemment au théâtre.
- Ah-ha, une starlette au-lit-ou-dienne.
- Au lit quoi ?
- Hmpf, une expression locale. Je ne pense pas que le théâtre soit pour vous, jeune femme. Retournez de la où vous venez avec votre, euh... grand-père ? Garde du corps ? Qu'importe.
- Malheureusement, en passant, nous n'avons pas pu nous empêcher d'entendre votre conversation et...
- Passionnant, mademoiselle. Au revoir, bonne journée, coupa le dénommé Wayne en commençant à fermer les portes.
- Ho ! Ho ! Ho ! Du calme, monsieur Wayne, nous pouvons peut-être vous aider.
- M'étonnerait.
- Nous sommes les Envoyés de l'Esprit de Nowel et...
- Oulaaaaaah, gardez votre religion bizarre pour vous, ça ne m'intéresse pas. Sur ce. »
La jeune comédienne fusilla Santa du regard, lui faisant signe de se taire et de la laisser parler un peu.
« - Ecoutez, monsieur Wayne, que vous nous appréciez ou non, je pense que nous avons un point commun, c'est notre amour du spectacle. Par conséquent, effectivement, je pense que nous pouvons vous aider. Cet espèce de croque-mort, qui est parti... Il semble dangereux.
- Ho ! Ho ! Ho ! Il n'a pas été sage cette année, c'est sûr!
- Hmpf, oui, des rumeurs courent. Des gens qui disparaissent. Des parcelles qui brûlent. Mais c'est pas l'affaire d'étrangers.
- Monsieur Wayne, je souhaite protéger ce théâtre, moi aussi ! Affirma Elie. »

Ali L. Wayne la fixa longuement droit dans les yeux, puis soupira et rouvrit la porte.
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Elie Jorgensen
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Lun 27 Oct 2014 - 23:33


« Suivez-moi, nous serons mieux assis, leur dit le vieillard.
-Effectivement, j’en ai soupé de marcher et de me tenir debout. C’est qu’elle use bien votre ville, fit Elie pour alimenter la conversation.
-Ho ! Ho ! Ho ! Vous êtes bien aimable de nous accueillir mon brave, vous avez le parfait profil du bon samaritain.
-Si l’illuminé pouvait arrêter ses assertions fantaisistes, ça me plairait, grommela Wayne. Et s’il pouvait rentrer les épaules et baisser la tête, il abime mes murs, je vous ferai payer les réparations !
-Nous les payeront de toute façon, mon brave ! C’est ça, l’esprit de Nowel, une entraide faite de franche camaraderie, de don de soi !
-Vous voudriez nous faire payer pour les dégradations faites à un bâtiment en ruines ? Fit Elie, narquoise.
-Je ne veux pas de votre esprit de Noyel ou de n’importe quelle autre bizarrerie fanatique, la seule chose que je veux, c’est conserver mon théâtre et y mourir. J’ai encore de belles années devant moi, et je compte bien en profiter !
-Vous avez quel âge ?
-Quatre-vingt-sept ans, mais mon médecin m’a dit que selon toutes probabilités, je dépasserai la centaine.
-Avec l’appui de l’esprit de Nowel, vous seriez immortel !
-Je ne sais pas si mon aide peut vous rendre immortel, en tout cas, je ferai tout pour que ce théâtre reste sur pied et que vous en soyez propriétaire jusqu’à votre mort, lointaine, espérons-le.
-Rentrez ici, et prenez un siège.
-Merci bien, expliquez-nous tout… Commença Elie.
-Une fois que votre ami se sera trouvé un siège qu’il ne détruira pas sous son poids…
-Je vais rester debout, ça vaudra mieux, fit Santa en se relevant après avoir réduit en charpie une des chaises qui avaient paru encore en état.
-Bon… L’homme que vous avez croisé tout à l’heure, le grand, pas le petit, et bien c’est une véritable ordure. Il s’appelle James Robert Moricz, et tout ce qu’on sait vraiment de lui, c’est qu’il rachète peu à peu chaque parcelle du village comme je vous l’ai dit. Village qui tend d’ailleurs à devenir une ville tout ce qu’il y a de plus moche. Eh bien, ce gars-là, je ne sais pas ce qu’il veut, ni ce qu’il y a de si intéressant dans notre patelin, mais j’aime autant vous dire que si j’en avais les moyens, je lui ferai exploser sa petite gueule de blanc-bec à la con.
-Ho ! Ho ! Ho ! Pas de grossièretés s’il vous plait, ce serait indigne d’un humble homme tel que vous !
-Bon, et l’autre ? Qu’est-ce qu’il vient faire dans l’histoire ?
-Le petit, pas le grand ?
-Oui oui, le petit, pas le grand…
-Eh bien, le petit, semble être le comptable qui s’occupe de l’affaire, l’homme qui doit blanchir l’argent de quelque mesquinerie douteuse, un pouilleux, un sournois, et un stressé aussi. Sans doute un homme qui pourra flancher plus rapidement que son maître.
-Mmh, d’accord, je vois ! S’exclama Santa.
-Euh… Tu vois quoi exactement ? Voulut savoir Elie.
-Mais ce que nous devons faire, ma chère ! Aller au-devant de ces deux hommes pour en savoir un peu plus ! Il faut connaître l’adversaire le mieux possible pour pouvoir le battre !
-Soit. Monsieur Wayne ?
-Oui ?
-Nous allons vous laisser, le temps d’aller rendre une petite visite à notre entrepreneur douteux, seulement, nous aurions besoin de savoir où est-ce qu’on peut le trouver.
-Je vais vous faire un plan, mais vous allez avoir besoin d’un transport si vous voulez atteindre chez lui rapidement.
-C’est loin ? Demanda Elie.
-Un peu que c’est loin ma jolie, faut traverser toute la ville et faire encore quelques kilomètres supplémentaires avant de tomber sur l’endroit où habite le bonhomme. Il est parti il y a dix bonnes minutes, il ne devrait pas tarder à être arrivé. Enfin bref, je vous note tout ça, puis vous partirez.
-Donc nous ne partirons pas à pied, si j’ai bien compris ? Espéra Elie qui n’avait vraiment pas l’envie de marcher.
-Je pensais plus vous fournir deux chevaux fringants, confia Ali qui, jetant un regard observateur à Santa, reprit : un cheval fringant, et un cheval de trait, vous irez moins vite, mais vous irez plus loin.
-Merci beaucoup ! Soupira la comédienne. C’est fatiguant le cheval ?
-Mais non, mais non, ça fait un peu mal aux fesses, mais vous y serez vite habitués. »

C’est ainsi que nos deux compagnons furent catapultés à dos de cheval, la miss sur une monture plutôt petite tandis que le quarantenaire montait un canasson à sa mesure. Le plan dessiné par le vioque était assez basique et son trait, plutôt tremblant, si bien qu’ils avaient du mal à savoir s’il fallait aller au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest. Le doute était trop grand, ils décidèrent de suivre leur instinct et partirent vers le sud ; les entrepreneurs véreux, s’installaient toujours au sud, c’était connu.

« Je suis malade, se plaignit Elie au bout de quelques temps passés à trotter.
-Soulèves toi en même temps que le cheval, ça ira mieux !
-Facile à dire… Le mien tremble comme c’est pas possible, toi au moins, tu as la version soft.
-Bah, tu veux qu’on échange ?
-Tu veux qu’il meure ? »

Santa préféra ne pas relever la boutade de sa camarade. La promenade était un véritable bonheur. L’air frais ventilait son visage et il sentait la bonne odeur de la campagne avoisinante lui chatouiller les narines. Le trot du cheval était agréable, d’autant que la bête en elle-même était plutôt dodue et donc, plutôt confortable. Sa pauvre compagne du moment avait l’impression que quelqu’un retournait toutes les demi-secondes son estomac dans un sens chaque fois différent. Aussi, quand ils se rendirent compte au bout d’un moment qu’ils tournaient en rond depuis un bout de temps, la comédienne réclama une pause et alla vider son estomac sur le bas-côté.

« Bon, mettons les choses au point, fit elle en revenant, nous sommes perdus, mais il y a toujours moyen de se retrouver dans ce genre d’endroits, non ?
-Nous ne sommes pas perdus voyons, regarde là-bas, c’est la ville, de ce côté la montagne, et par ici…
-Un gros tas de terre…
-Oui, un gros tas de terre, et qui dit gros tas de terre, dis…
-Grosse taupe ?
-Non, gros trou. Et pour qu’il y ait un gros trou, il faut bien que quelqu’un ait creusé ! Et avec un peu de chance, ce quelqu’un sera toujours là-bas, et nous renseignera sur le chemin à prendre.
-C’est une théorie qui se tient, on y va à pied ?
-Je croyais que tu n’aimais pas marcher ? Et puis le cheval nous fera arriver beaucoup plus rapidement.
-…
-…
-… »

Quelques secousses chevalines plus tard et nos deux amis arrivèrent à proximité de l’amas de terre. Le monticule était assez énorme de près, même Santa paraissait petit à ses côtés. En contournant le tas, ils remarquèrent alors que des hommes bêchaient la terre dans un immense trou, à la mesure de la petite colline d’à côté. Une mine, il s’agissait bien d’une mine. Une mine d’or qui plus est à voir ce que contenaient les gros chariots métalliques entreposés à l’entrée. Le vioque n’en avait pourtant pas parlé, ne l’avait pas mentionnée. Elle n’était pas visible de la ville, et sans doute que les habitants étaient trop préoccupés pour savoir ce qui se passait sur le reste de l’île. C’était un peu gros tout de même. S’ils étaient au courant de la présence de cette mine, sûrement que le tourisme serait plus florissant.

« Ho ! Ho ! Ho ! Etrange !
-C’est de l’or…
-Ce n’est pas ça que je trouve étrange, ma chère Elie, mais plutôt les chaînes qui attachent les pieds de ces travailleurs, regarde ! Seuls les quelques bonshommes à l’air féroce semblent libres de leurs mouvements.
-AH ! Des esclaves ? Mais c’est horrible ! Qu’est-ce que c’est que cette île ?
-Nous sommes là pour ça, non ?
-C’est vrai. Un brin de causette avec ces messieurs, qu’en dis-tu ? Si on découvrait un quelconque lien avec l’histoire contée par notre petit vieux, ça nous aiderait, n’est-ce pas ?
-Sans doute ! De toute façon, allons-y, l’esprit de Nowel n’attend pas, nous devons découvrir ce qu’est cette mine et pourquoi aucun habitant ne semble au courant de son existence.
-Oui, et je viens de penser que les disparitions étranges en ville pourraient aussi s’expliquer par ça ! Conclut Elie en désignant la mine du doigt. »

Ce n’était peut-être pas la meilleure idée qui soit venue à l’esprit de nos deux compères ce jour-là, de venir tâter l’or de plus près. Tandis que la comédienne vénale se demandait si elle ne pouvait pas emprunter un petit caillou dans tout le tas présent à proximité, Santa s’apprêtait à entamer la discussion avec les deux mastards qui approchaient à grands pas. Ils venaient d’être repérés, et ils n’avaient rien fait pour que tout ça n’arrive pas. Le colosse de droite entama, le débat, justement par une droite.


Dernière édition par Elie Jorgensen le Mer 29 Oct 2014 - 18:49, édité 1 fois
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Lun 27 Oct 2014 - 23:34

« - Bonjour, messieurs, entama Santa. Il semblerait que nous soyions perdus et arrivés à votre mine d'or par accident alors que nous cherchions, c'est cocasse, la demeure de quelqu'un...
- Attaque-les, Santa! Lança Elie.
- Voyons, nous discutons civilement, messieurs, inutile de m'envoyer une droite directement au visage, comme cela. Comme je vous le disais, nous nous sommes égarés. Le plan que nous avions était d'une qualité très... médiocre, ho ! Ho ! Ho ! Continua Santa en parant la première attaque.
- Te laisse pas faire, faut qu'on parte d'ici!
- Et puis, pourquoi tant de violence, tout d'un coup ? Il semblerait que vous pratiquiez quelque chose de tout à fait interdit par les lois internationales, l'esclavage. Vous cherchez à vous protéger, mais vous devez bien savoir que vous êtes en tort. Vous n'avez vraiment pas été sages, je le vois dans vos yeux, dans vos âmes. Et n'attaquez pas Elie pour détourner la conversation !
- Parce qu'il y a une conversation, là ?!
- L'Esprit de Nowel n'est pas content. Je pense qu'il faut que je vous remette les idées en place, histoire de vous donner l'opportunité de lancer un regard nouveau sur votre vie. Santa Ch.... Oh... »
- Et mince... »
Pendant que Santa discutait avec les deux mastards, un troisième en avait profité pour se glisser subrepticement derrière eux, muni d'une grosse pelle, et venait d'assommer l'Envoyé de l'Esprit de Nowel d'un grand coup sur la nuque. Le quadragénaire s'effondra comme une masse, sonné, tandis qu'Elie levait les bras au ciel, se rendant instantannément.

Les sbires les attachèrent avec les chaînes normalement utilisées pour la main-d'oeuvre, les menottant aux poignets et aux chevilles.
« - Ho ! Ho ! Ho ! Que s'est-il passé ? » Les cinq minutes d'absence de Santa avaient suffi pour compromettre irrémédiablement leur situation.
« - On va vous emmener chez le boss. Il nous a pas dit quoi faire des gens qui viennent fouiner, parce qu'il était censé garder ça sous contrôle, donc...
- Donc ?
- Soit vous montez dans la charrette de vous-même, soit on vous aide. D'un coup de pied au fion.
- Faisons ça civilement, proposa Elie.
- Ouais bah magnez-vous, alors.
- C'est quoi le plan?
- Ho ! Ho ! Ho ! Ils nous emmènent à leur chef, et on improvise?
- C'est ça le plan ? Demanda Elie, un peu déçue.
- Sigurd considèrerait que c'est un peu léger, mais nous manquons actuellement d'informations, donc on avisera.
- J'imagine qu'on n'a pas trop le choix...
- Y racontent quoi, les deux ''touristes'' ?
- Des blagues.
- Ah ? Allez-y ! J'veux m'marrer aussi, moi !
- Boucle-là, Thomas, on n'est pas là pour ça, intervint le second sbire qui les supervisait.
- Tu dois en connaître, Elie, t'es actrice!
- J'ai rien qui me vient, là...
- Bah alors, vous racontiez pas de blagues ?
- Ho ! Ho ! Ho ! Comment appelle-t-on un chat qui tombe dans un pot de peinture le soir de Nowel ?
- Dites, dites ?
- Un chat-peint de Nowel !
- C'est lamentable... Commenta Elie.
- Ah ouais, j'comprends pourquoi z'étiez pas en train de rire, en fait, répondit Thomas.
- Si c'est ça, j'en ai une autre !
- Je suis pas sûre que ça soit une bonne idée... Hasarda la comédienne.
- Mmmh... Qu'est-ce qui est petit et marron ?
- Fallait s'abstenir, clairement, là.
- 'Ttendez, j'vais trouver...
- Tu la connais pas, celle-là, George?
- Nan, du coup, j'veux trouver ! J'ai toujours été bon en énigmes.
- Ouais mais là c'est pas une énigme, c'est une blague pas drôle, mon gars.
- Qu'est-ce qui... est petit et marron...
- Ho ! Ho ! Ho ! Alors, vous abandonnez ?
- 'Llons-y, dites la réponse, pour voir ?
- Un marron ! Répondit Santa avec un grand sourire.
- Révélation : Santa a un humour absolument, définitivement à chier.
- Et sinon, des blagues drôles ? C'était encore plus pourri que j'pensais, on dirait un rassemblement du corbeau, dit George.
- Hum, là, comme ça, j'ai rien d'autre.
- Moi, j'en connais des super, commença Thomas.
- Allez-y, l'encouragea Elie.
- Puisqu'on était partis sur le thème de Nowel, quelle est la différence entre le Père Nowel et un juif ?
- Tu vas avoir des ennuis, Thomas, intervint le second sbire.
- Mais elle est super !
- Tu sais bien que le patron est... Putain ! Ponctua George d'une taloche à l'arrière du crâne de Thomas.
- Si on peut plus rigoler... »
Le reste du trajet s'acheva dans la nuit et le silence, les bâtiments de la ville se découpant progressivement dans l'obscurité. En plus, le bois de la carriole était un peu pourri et surtout très inégal, en faisant un support tout à fait détestable pour s'assoupir. Enfin, si la charrette arrêtait tous ses cahots sur les chemins de terre pourris qu'ils avaient dû parcourir. En ville, ç'avait été bien mieux, le passage continu de la population applanissant la route mieux qu'un utilisateur de Fruit du Démon en goguette. Mais ce n'était plus le moment de dormir, les deux Chevaliers de Nowel tentant de se repérer dans la nuit, afin de savoir où ils allaient.
Malheureusement, ils venaient de débarquer en ville, donc c'était une tâche dont ils s'acquittèrent particulièrement mal. Du coup, ils n'avaient pas la moindre idée de l'endroit où ils se trouvaient quand la charrette se gara sous un auvent, à côté d'une maison identique à toutes les maisons avec un auvent du quartier.
De là, ils furent descendus de la carriole sans ménagement avant d'être poussés à l'intérieur, toujours enchainés. Un petit salon coquet les accueillit, avec un canapé en cuir faisant face à une table basse et un grand fauteuil leur tournant le dos pour faire face à l'âtre éteint. Le siège, qui était le point central et focal de la pièce, était manifestement occupé, cela se voyait à la fumée du cigare qui montait en volutes ressemblant très vaguement à des ronds. Ou des écureils, peut-être.

« - Rah, purée, j'y arrive pas ! S'exclama l'occupant du fauteuil. Il claqua des doigts, et deux mastards s'approchèrent avec des mines serviles. Une fois qu'ils furent de part et d'autres de celui qui était manifestement le chef, ils soulevèrent ce qu'il considérait être son trône et le retournèrent afin qu'il puisse faire face aux deux prisonniers.
« - Bon, vous êtes qui, vous ?
- Ahem, commença Elie avec un air pincé. Nous sommes des touristes. Enfin, je suis une touriste, voilà mon garde du corps.
- Je vois, je vois. D'ailleurs, j'ai oublié de me présenter. Eli Westmann. Enchanté, dit-il, affable.
- Difficile pour nous de dire de même, Monsieur Westmann. Mais vous semblez être un gentleman, donc j'espère que ce malentendu sera réglé au plus vite.
- Et vous êtes ?
- Laurie Jorgensen, de l'île de Teck Sasse, au sein de l'archipel Iouhècehay. Vous connaissez ?
- Je n'ai pas ce plaisir, Madame Jorgensen...
- Mademoiselle.
- Pardon, Mademoiselle Jorgensen. Et votre garde du corps ?
- Ethan Edwards.
- Bien, voilà qui nous amène donc au point crucial de notre discussion, n'est-ce pas ? Que faisiez-vous aussi loin dans l'arrière-pays ?
- Je visitais. Comme je vous l'ai dit, je suis ici pour faire du tourisme, une sorte de tour de tout North Blue. Quand j'ai entendu dire que les paysages de Corleone ressemblaient à ceux de mon île natale, j'ai décidé d'aller voir.
- Je comprends.
- Cela dit, ce que moi je ne comprends pas, c'est en quoi cela vous concerne, Monsieur Westmann.
- Oh, c'est très simple. Vous vous êtes introduit sur une propriété privée, et avez posé les yeux sur une information capitale de ma compagnie.
- Il n'y avait ni barrière ni indication de propriété privée.
- Oh, j'ai peur que ça soit un malentendu.
- Il me semblait bien.
- Tout l'extérieur de la ville est notre propriété privée.
- Hein ?!
- Tout à fait.
- Ecoutez, cela me semble absurde.
- Voyez-vous, Mademoiselle Jorgensen, comme vous prétendez vous appeler...
- Pour le coup, c'est mon vrai nom...
- Oh, mais peu importe. Ce qui importe réellement, c'est que vous ne venez pas véritablement faire du tourisme, nous en avons tous bien conscience. »

Une sueur froide coula le long des colonnes vertébrales des deux Chevaliers de Nowel, se voyant percés à jour.
« - Je me doute bien que c'est le syndicat Shikaago qui vous envoie empiéter sur nos plates-bandes, mais cela ne se passera pas comme ça !
- De quoi?
- Oh, oui, je me doute bien que quand vous avez appris que la mafia de Maillami était devenue active à Corleone, vous vous êtes dits qu'il y avait anguille sous roche et êtes venus enquêter. Mais manque de bol, vous vous êtes faits capturer. Alors, que dites-vous de mon analyse de la situation ?
- Laurie, j'ai comme l'impression qu'ils font totalement erreur sur la personne...
- Oui, on dirait bien... Ecoutez, sincèrement, vous faites une grave erreur. Nous sommes réellement venus ici dans un but touristique, parce que notre bateau a souffert une avarie en pleine mer, que nous avons calfeutrée comme nous avons pu, avant de faire escale ici.
- Je vois clair dans vos mensonges, inutile de continuer cette conversation ! Je vais vous faire mettre au fer dans ma cave, là, vous pourrez retrouver votre prédécesseur, je suis sûr qu'il vous a manqué. Peut-être que c'est lui que vous cherchiez au fond ? En parlant de fond, il y est bien, actuellement !
- Nous enfermer dans la cave ? Mais c'est odieux, c'est une erreur, une effroyable méprise, une vile calom...
- Faut-il vous bailloner ?
- Non, ça va aller, rétorqua amèrement Elie en coupant brusquement son envolée lyrique.
- Tant mieux. Bon séjour. »

Elie et Santa furent descendus sans ménagement dans la cave par les gorilles de Westmann, pour être attachés par une autre chaîne aux murs. La pierre blanche de ceux-ci semblait légèrement friable, mais l'attaque des maillons semblait profondément enfoncée. Le sol en terre battue était lui un peu humide au toucher, ce qui en faisait un lieu de villégiature peu engageant.
Tout juste en face d'eux, à à peine quatre mètres de distance, un petit vieux hirsute se tenait assis, les genoux relevés sous le menton, les regardant fixement. Même à la vague lumière venant du rez-de-chaussée et du volet entrebaillé du soupirail, son teint livide montrait qu'il n'avait pas vu la lumière du jour depuis un bon paquet de semaines. A l'odeur, le seau posé à côté de lui devait servir de pot de chambre et ses haillons devaient être en train de développer leur propre écosystème constitué de mousses et moisissures en tout genre.
« - Hola, les jeunes, dit-il d'une voix erraillée.
- Bonsoir, Monsieur... ?
- Smith. Jack Smith, enchanté, honoré même de vous accueillir dans mon humble demeure.
- Je m'appelle Laurie, et voilà Ethan, mon garde du corps. Vous habitez ici ?
- Oui, depuis quelques temps. Le paysage est charmant, n'est-ce pas ?
- Ho ! Ho ! Ho ! Vous avez gardé le sens de l'humour !
- Je l'ai plutôt trouvé, pendant que je cherchais quelque chose à faire. Vous verrez rapidement qu'ici, les jours passent lentement, et que c'est assez monotone. J'en ai parlé avec les GO, mais ils avaient pas l'air très réceptifs à mes commentaires.
- Mais, euh... Pourquoi vous êtes là, en fait ?
- J'étais parti me promener dans la cambrousse, j'aime bien faire ça de temps en temps depuis la mort de ma femme... Enfin bref, je me baladais, quand je suis arrivé à une excavation bizarre, qui n'existait pas auparavant. En me rapprochant pour jeter un coup d'oeil, j'ai vu qu'ils extrayaient de l'or. A ce moment-là, une brute épaisse m'est tombée dessus le côté et m'a tabassé.
- Ca ressemble vachement à...
- Je n'en doute pas. Quand je me suis réveillé, j'étais attaché ici par Westmann. Il m'a accusé de travailler pour un syndicat du crime dont j'ai oublié le nom, et laissé ici à pourrir.
- Ah, donc vous êtes un natif ?
- Non, je me suis établi ici il y a quelques années. Avant, je travaillais dans le fret maritime, beaucoup de voyages d'affaire... Cette île me semblait être la retraite rêvée. Evidemment, ce n'était pas censé se passer comme cela. »

Les Chevaliers de Nowel n'avaient aucun moyen de savoir s'il disait la vérité. Enfin, Santa aurait probablement pu, s'il avait pu fixer dans les yeux leur interlocuteur. Mais entre ses cheveux sales qui lui tombaient devant une partie du visage, sa barbe qui mangeait le reste et ses genoux repliés, la tâche s'avérait compliquée.
De plus, l'Envoyé de l'Esprit de Nowel était très affairé à tirer comme une brute sur la chaîne, délogeant petit à petit les maillons qui l'enchainaient au mur. Une fois détaché, il s'affaira à libérer Elie et, après un rapide conciliabule, s'occupa de Jack Smith.
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Elie Jorgensen
Elie Jorgensen

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Lun 27 Oct 2014 - 23:37


Des nouvelles têtes à Shikaago ? Mmmh… Ca n’était pas si étonnant que ça après plus d’un an de captivité. Jack Smith continuait de garder sa couverture de touriste un brin curieux devant les deux nouveaux. Dès qu’ils seraient sortis, et vu la carrure du bonhomme, ça n’allait pas tarder, il pourrait les tester pour vérifier qu’ils étaient bien du même bord que lui, et pas des espions de ces petites frappes de Maillami. La première étape consistait à sortir de cette prison. Chose qui serait bien plus facile au début s’ils n’étaient pas de son bord et qui s’avérerait par la suite inutile s’ils étaient plus forts que lui.

« Et vous comptez aller où comme ça ?
-Bah, par-là, indiqua Elie en montrant la sortie.
-Nan, mais, je veux dire, à une plus grande échelle, une fois que vous serez sortis d’ici.
-Déjà, mon bon monsieur, nous souhaitons savoir où on nous a enfermés, pas vous ?
-Sisisisi, seulement, j’aimerais aussi rallier un endroit plus calme, vous savez…
-Nous comprenons, firent à l’unisson ses deux compagnons de cellule.
-Et ?
-Et pour le moment, il nous faudrait sortir sans nous faire repérer.
-C’est vrai, comment comptez-vous faire ?
-Si vous nous laissiez réfléchir cinq minutes, peut-être qu’on y arriverait.
-Ne soit pas si cassante Laurie, il a peur, tu le comprends bien.
-Je comprends surtout qu’on est toujours dans ce trou à rats, avec un vieux qui cultive des champignons dans sa chemise, et qui pose des questions auxquelles on ne peut pas répondre…
-Je vais me taire et vous laisser nous sortir de là.
-Oui, je crois que c’est la meilleure solution, Ethan, un moyen de nous sortir d’ici vite fait ? »

SCHLINK

D’un mouvement sec d’avant en arrière, le géant avait délogé un des barreaux du soupirail, il dégagea les deux autres de la même manière. Il se retourna et gratifia d’un grand sourire sa comparse qui le regardait mi fâchée, mi fière de ce qui venait de se passer. C’était tout de même beaucoup de bruit, surtout lorsqu’on ne savait pas qui pouvait surveiller la cellule.

« Et tu comptes sortir par-là ?
-Moi non, mais vous…
-Mais on ne va pas te laisser là tout seul !
-Justement si, vous sortez par-là, c’est sans doute votre meilleure chance de vous en tirer vivants et libres. Moi je prends la sortie traditionnelle ! Ho ! Ho ! Ho !
-Le moisi sort ici, moi je t’accompagne…
-Hors de question, tu risques de me perturber plus qu’autre chose, vous passez par le soupirail, vous essayez d’être discrets et on se retrouve chez Billy Bob dès que possible.
-Moi je suis d’accord ! Et puis, chez Billy Bob, il y a de quoi se baigner et ça fait suuuuper longtemps que j’ai pas pris de bain vous savez, alors j’aimerais bien…
-Noircir quatre ou cinq bassines ?
-Laurie…
-Oui oui, je sais, gentille…
-Bon, et bien, je vous fais la courte ! Toi la première !
-…
-Et avec entrain ! Ho ! Ho ! Ho ! »

Le soupirail débouchait sur une petite cour sombre, le genre d’endroit poussiéreux où l’on n’y vient que pour déposer un cadavre, innocemment et à l’abri des regards. Elie attendit quelques instants que Jack s’extirpe totalement au dehors avant de jeter un œil un peu plus loin. Le crasseux la suivait, observant attentivement la moindre action de la demoiselle.

Devant la maison d’où ils sortaient, la charrette avait disparu, quasi impossible de retrouver l’endroit désormais, le paysage était identique sur une très longue distance et Elie ne pouvait se permettre de perdre son temps à compter les bâtiments jusqu’à ce qui restait d’original dans la ville. Elle devait donc faire un choix, celui de possiblement abandonner son camarade à son sort, sans moyen direct de le retrouver, et celui de rester, au risque de se faire reprendre et de perdre tout espoir de jamais sauver qui que ce soit.

« Dans ces cas-là, on joue à pile ou face, pour savoir quoi choisir, lui chuchota Jack à l’oreille, comme s’il avait lu ses pensées.
-Je n’ai pas de pièces sur moi.
-Boh, ça peut s’arranger, j’en ai toujours une de planquée quelque part, le temps que je fouille un peu…
-Mais elle est dégueulasse ! Je ne touche pas à une telle couche de crasse !
-C’est qu’elle était rangée…
-Je ne veux pas savoir ! Lancez la plutôt.
-Pludto ? Moi c’est Jack, vous vous rappelez ?
-Bon, ne faites pas de chichis !
-D’accord, face on part !
-…
-Face !
-C’est pas pile ça ?
-Mais non, vous n’y connaissez rien…
-En même temps, avec la saleté…
-C’est face, j’en suis plus que certain ! »

Et le vieux nid à microbes de ranger sa pièce truquée avec deux côtés face recouverts de crasse à sa place. Elie ne pouvait se dresser contre le hasard, bien que celui-ci ait été un peu forcé. Elle n’en savait rien. La comédienne inspira un grand coup, souffla, puis d’un pas vif, mais discret, traversa la rue. Il y avait déjà quelques passants à cette heure, et les cinq mètres de poussière et de sable qui la séparaient de son ancienne geôle seraient déjà une sécurité satisfaisante. Jack suivait toujours de sa démarche odorante, oui oui, odorante, et ils filèrent tous deux le plus loin possible de la maison de Westmann.

***

« Ho Mamzelle, le voilà en bien piteux état votre compagnon, c’est l’whisky qu’il a pas supporté, il s’est tout rabougri et il sent pas la rose !
-C’est pas le même.
-Ah ouais, j’me disais bien qu’mon breuvage, l’était pas si fort, pas au point de transformer une armoire à glace en pruneau goût poubelle en si peu d’temps. Dites, vous vous amusez bien ma jolie, mais ils sont pas un peu vieux ? Ce bon Billy Bob vous ferait le même travail pour pas…
-Ce sont mes associés.
-Mouais, j’vous sers quek’chose ? Un whisky ?
-Si vous avez de quoi déjeuner pour un estomac comme le mien… Et peut-être de quoi se laver pour monsieur…
-Un petit steak, ça vous conviendrait ? Par contre, j’ai pas de bain, faut aller un peu plus loin dans la ville pour ceux qu’ont peur des microbes, foi de Billy Bob, c’est pas ici que j’vais faire des bains, pas ici, et pas ailleurs.
-Bon, tant pis, vous partagerez bien ma table Jack ? »

Il acquiesça aussitôt. Il aurait bien aimé se débarrasser au moins de la strate supérieure de saleté qui le recouvrait, mais il était plus important de découvrir si la jeune femme était de son camp. Pour ça, il devait se référer au code de repérage de Shikaago. C’était un code complexe à question-réponse qui demandait une concentration extrême et un sens de la conversation du tonnerre. La viande d’Elie arriva dans son assiette, et alors qu’elle s’apprêtait à manger la première bouchée, Jack attaqua en chuchotant.

« Comment est votre blanquette ?
-Mmh ?
-Comment est votre blanquette ?
-C’est du steak…
-Je veux dire, insista-t-il d’une œillade particulièrement forcée, Comment Est Votre Blanquette ?
-Ahhh…
-Quoi ahhh ?
-C’est le code qui permettait de reconnaître les autres agents à votre époque ?
-À mon époque ?
-Avant que vous ne vous fassiez capturer.
-Pourquoi, le code a changé ?
-Dans le mille…
-Qu’est-ce que vous avez dit ?
-Oui oui, le code a changé, maintenant c’est, « vous aimez le poulet basquaise ? »
-Et l’autre répond quoi ?
-« Je préfère le steak tartare. »
-C’est beaucoup plus compliqué, les générations nouvelles compliquent toujours tout. Shikaago n’est plus le syndicat qu’il était…
-Bon, maintenant que les codes ont été faits, on peut sans doute faire un topo ?
-Oui, déjà, votre vrai nom, c’est important.
-C’est important ? Il faudrait peut-être commencer par se donner les infos sur les gens de l’autre bord.
-Non, votre nom…
-…
-… ?
-Olga Pône.
-Sympa, moi c’est Jack Smith.
-Mais c’est le même !
-Justement, c’est ce qui fait de moi l’homme le plus imprévisible du syndicat.
-Eh ben… »

Son odeur actuelle devait aussi certainement en faire l’homme le plus indésirable du syndicat. Ou le moins désirable, dépend de comment on tourne la phrase. Quoi qu’il en soit, Elie apprit plus de détails sur la rivalité des mafieux de Maillami et ceux de Shikaago. Elle comprit qu’Eli Westmann n’était pas le genre de gars à embêter, et qu’il était à l’origine de nombreuses disparitions en ville. Toutefois, elle ne put trouver aucun lien direct avec M. Moricz, ce qui la désola au plus haut point. La seule raison pour laquelle les deux hommes se connaissaient était la location par le premier d’une des maisons du second, bref, rien de tangible.

Elie ne finit pas son assiette et laissa Jack engloutir ce qui restait du rumsteak servi par Billy Bob. Il ne lui restait plus qu’à attendre. Un peu. Voir si Santa la rejoindrait comme convenu. S’il restait bloqué au fond de la cave, il ne resterait plus à la comédienne qu’à se débrouiller pour le libérer, quitte à demander un peu de dynamite pour faire sauter quelques-unes des habitations de bois identiques. De toute façon, elles étaient moches ces maisons.


Dernière édition par Elie Jorgensen le Mer 29 Oct 2014 - 18:59, édité 1 fois
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Lun 27 Oct 2014 - 23:38

Maintenant que Santa avait fait la courte-échelle à Elie-Laurie Jorgensen-Jorgensen et à Jack Smith, il pouvait commencer à chercher une issue pour lui-même. Cette sortie-là étant bien trop étroite pour son gabarit, il ne restait, semblait-il, que la porte. Mais avant, il devait faire quelque chose de la plus haute importance.

Il s'essuya soigneusement les mains là où elles avaient été en contact avec Jack, de peur d'attraper une maladie grave.

Une fois cette tâche accomplie, avec moult crachats dans les paumes et grattages de la peau, il se tourna vers le petit escalier montant vers le rez-de-chaussée. Santa avant beau avoir le soutien de l'Esprit de Nowel, il ne voulait pas pour autant faire un énorme raffût et attirer tous les sous-fifres d'Eli Westmann. Surtout qu'un moment d'inattention risquait de lui coûter cher, comme la fois d'avant, à la mine.
Mieux valait donc faire preuve de discrétion, ce qui n'est pas forcément aisé quand on fait environ deux mètres de muscles saillants et qu'on a une forte propension à éclater d'un rire bruyant.
« - Ho ! Ho ! Ho ! Ho ! Ho ! Ho! Allons-y! »

Montant les marches sur la pointe des pieds, il s'approcha de la porte pour l'examiner. Si celle-ci semblait relativement solide, en forçant un peu, il pourrait probablement la déloger de ses gonds ou péter la serrure, mais cette solution, bien que simple, manquait singulièrement de discrétion. Alors qu'il réfléchissait à un moyen d'en sortir, rien ne lui vint.

En désespoir de cause, il toqua.

« - Oui, qui est-ce ? Répondit une voix.
- Ah, euh... Bafouilla Santa, pris par surprise.
- Pardon ? Je vous ai mal entendu.
- Y'a un problème avec la cheminée !
- Vous êtes sûr ?
- Oui, tout à fait, un problème avec la cheminée ! Il y a plein de fumée qui rentre ! Ho ! Ho ! Ho !
- Euh, okay, j'viens voir. 'Ttendez deux minutes. »
Le type qui se trouvait à côté de la porte quand le captif avait toqué fit tinter un trousseau de clefs puis les utilisa pour déverrouiller ce qui semblait être trois serrures, avec peut-être une chaîne cadenassée au vu du bruit qui lui vint aux oreilles.
Quand enfin la poignée tourna, Santa s'écarta civilement pour laisser entrer le bonhomme, puis repassa devant pour mener le chemin vers le sous-sol. Une fois que le sous-fifre l'eut rejoint, ce premier s'exclama :
« - Hé mais, y'a pas de fumée !
- Ho ! Ho ! Ho !
- Pis y'a pas de cheminée dans la cave !
- J'ai menti, j'en suis désolé.
- D'ailleurs, vous seriez pas un des prisonniers, en fait ? Où sont les autres ?
- Si, c'est tout à fait moi. Les autres se sont déjà échappés.
- J'aurais jamais dû ouvrir la porte, alors !
- Il semblerait que non, effectivement.
- C'est ça de faire le planton de service à la porte seize heures par jour, surtout que d'habitude j'suis à la porte d'entrée, s'pour ça que j'ouvre quand les gens toquent...
- Je comprends, je comprends, une erreur est si vite arrivée.
- Tout à fait. »
Après un silence, il reprit :
« - Ca serait pas possible de faire comme si rien ne s'était passé, que vous restiez ici et que je retourne de l'autre côté de la porte ?
- J'ai bien peur que non.
- Et c'est vous qui avez brisé les chaînes à mains nues, et les barreaux du soupiral avec ?
- C'est bien moi.
- D'accord. Me frappez pas trop fort, d'accord ?
- Je vais essayer.
- Merci, acheva-t-il en haussant les épaules d'un air défaitiste. »

Après que le sous-fifre eut fermé les yeux, Santa arma son Santa Chop et l'abattit presque doucement sur le front de son ex-gardien, l'assommant sur le coup, tout en s'excusant. Suite à quoi il remonta les marches quatre à quatre, une poignée d'enjambées lui permettant d'arriver en haut, où il referma la porte derrière lui et verrouilla toutes les serrures et chaînes à l'aide du trousseau qu'il avait prélevé sur le corps immobile du sympathique mais peu finaud sbire.
Maintenant qu'il était dans la maison, il ne lui restait plus qu'à en sortir. Il calma sa respiration et regarda attentivement autour de lui, gardant les yeux grand ouverts et les oreilles aux aguets. Il se trouvait actuellement dans un petit couloir vers le fond de la maison. De mémoire, une porte donnait sur la cuisine, l'autre sur le couloir central par lequel ils étaient entrés. Une troisième menait il ne savait où.

Comme le couloir central était occupé par trois sbires désoeuvrés à leur arrivée dans la maison, il y avait fort à parier qu'ils étaient là pour surveiller, ou qu'il s'agissait d'un point de chute. Santa avait choisi l'approche discrète, donc il ne pouvait pas forcer son passage. Il décida de jeter un coup d'oeil à la porte inconnue.
Elle était blanche, contrairement aux autres portes de la maison, qui étaient aussi en bois mais pas peintes. Le quadragénaire supputa qu'elle menait dehors, probablement un genre de petit jardin arrière. Posant la main sur la poignée, il l'entrebailla très légèrement, juste assez pour glisser un coup d'oeil.

Effectivement, il s'agissait bien d'un jardin, mais il était présentement occupé. Deux vestons, qui lui tournaient le dos, discutaient en fumant des cigarettes. Il voyait la fumée s'élever au-dessus de leurs têtes, et percevait vaguement leurs voix, mais pas moyen de comprendre ce qu'ils disaient.
Santa se dit qu'il pouvait bien leur bondir dessus par-derrière, les assommer un bon coup et s'enfuir en sautant la haie du jardin. Cela ferait un peu plus grabuge que ce qu'il avait prévu, mais l'important était de sortir pour retrouver Elie chez Billy Bob.
« - Au fait, les gars, z'êtes retournés chez Mary, récemment ? Fit une voix, venant vraisemblablement de la fenêtre du premier étage, interrompant le fil des pensées de l'Envoyé de Nowel.
- Nan, j'attends ma prochaine paye, pourquoi ?
- Paraît que y'a une ptite nouvelle dans le dernier arrivage, du tonnerre, qu'elle est !
- Ah ouais ? S'appelle comment ? J'irai ptet faire un tour.
- J'vous l'dis pas, du coup !
- Fais pas ton perso, gars, partage !
- Hahaha !
- On peut s'arranger. J'touche toujours mon petit tabac spécial, tu sais ?
- Là on cause, enfin ! »

Santa les laissa à leur discussion, et referma tout doucement la porte, puis réfléchit un coup. Le couloir était présumément toujours surveillé, donc il restait la cuisine. Ouvrant précautionneusement, il découvrit une piècce propre, équipée, et surtout vide. Deux autres portes se trouvaient là, l'une donnant sur le salon, l'autre a priori sur le couloir surveillé.
Sachant que dans le salon, il y avait probablement Eli Westmann et sa clique... Le couloir semblait une meilleure idée. Le captif en fuite se posa quelques minutes pour trouver un moyen de contourner les obstacles, regardant tout autour de lui pour voir si quelque chose pouvait lui servir.

Finalement, il décida de mettre la bouilloire sur le feu, avec une pile d'assiettes posées juste à côté en équilibre sur le rebord du plan de travail. Selon son plan, et avec la bénédiction de l'Esprit de Nowel, le bouilloire surchauffée tomberait et ferait basculer les assiettes. Santa se retira dans le couloir arrière, tout en espérant que les gardes qui fumaient dehors n'essaieraient pas de revenir pile à ce moment-là.
Se tenant aux aguets derrière la porte menant au couloir central, il entendit enfin le fracas de la vaisselle, et un petit cri de sursaut du côté des gardes qui se précipitèrent dans la cuisine. Dans le jardin aussi, ça s'était animé. Sans attendre, il se précipita vers la sortie à travers le couloir maintenant désert.

Il avait la main sur la porte quand il entendit un brouhaha de voix de l'autre côté du battant, et le piétinement de multiples pieds sur le perron. Faisant demi-tour aussi sec, il se précipita sans réfléchir dans un petit escalier montant vers le premier étage, grimpant aussi vite que possible en s'aidant même des mains.
Un nouveau petit couloir s'offrit à sa vue. Il savait qu'il y avait au moins un mafioso à l'étage, peut-être plus. En tenant en compte la topologie des lieux, la deuxième porte sur la droite devrait l'amener devant ladite personne. A moins qu'il ne s'agisse d'une grande salle, auquel cas la troisième porte serait la seule à représenter une inconnue.

Santa caressa sa barbe en réfléchissant. Le bruit qui venait du rez-de-chaussée s'amplifia quand le nouveau groupe venu du dehors entra, et s'accrut encore quand les sbires attirés dans la cuisine les rejoignirent. Quelques secondes plus tard, il entendit des pas dans l'escaliers. Ce n'était plus le moment d'hésiter.
Il bondit vers la troisième porte, l'ouvrant puis la refermant le plus doucement possible en vitesse. Le son lui parut tonitruant, mais il savait, et espérant, surtout, que c'était la pression qui lui faisait penser cela. Il se retourna alors, pour vérifier s'il y avait quelqu'un dans cette pièce. A son grand soulagement, elle était vide.

Quatre lits, ou plutôt matelas, étaient posés au sol, avec des piles de tout et de rien entreposées un peu partout, avec des armoires intégrées aux murs couvrant tous ceux-ci. Même à travers les murs et la porte, il entendait les pas qui avaient fini de grimper l'escalier se rapprocher dans le couloir.

Espérant silencieusement qu'ils avaient quelque chose de pressant à faire ailleurs, il se réfugia dans une armoire, accumulant le plus de vêtements devant lui. Quand la poignée de la porte tourna avec un grincement, il murmura un petit ''Ho ! Ho ! Ho!.

Santa se terra encore plus profondément, et essaya de se compacter, chose qui n'était pas aisée. Alors qu'un des deux sbires semblait rester à la porte tout en taillant le bout de gras, le second semblait avancer droit vers lui d'un pas tranquille. Avec la configuration actuelle, ce serait difficile de gérer les deux truands, surtout celui de la porte, qui aurait sans doute le temps de donner l'alerte avant d'être mis hors d'état de nuire.

Les pas s'arrêtèrent finalement, et une main se posa sur le battant de l'armoire, s'apprêtant à l'ouvrir...


*****

Plus tard, plus loin, dans le saloon de Billy Bob...
« - Bon, assez attendu, si Ethan n'arrive pas, on ira le chercher. Vous m'aviez dit que vous aviez de la dynamite dans votre maison ?
- C'est que... Je ne sais pas si elle s'y trouve toujours, ça fait tellement longtemps...
- Bah allez la chercher, alors !
- Oui, dans deux minutes... Au fait, c'est quoi le vrai nom d'Ethan ?
- Il vous le dira sûrement quand vous le retrouverez, allez, du vent ! De préférence vers vous, parce que si j'commence à prendre votre odeur de plein fouet...
- Avant de partir, un ptit whisky pour la route, Billy Bob !
- Ah bah v'la qu'il est plus combatif que l'autre, m'est avis ! Foi d'Billy Bob !
- Et prenez une douche, tant que vous y êtes, quoi...


*****

Plus tard, mais pas plus loin...
« - C'est bon, je suis de retour, Olga !
- C'est bien, Jack. Euh, vous vous êtes lavé?
- Désolé, pas eu l'temps.
- Ca s'voit. Ca s'sent, surtout...
- Bon, j'ai trouvé les saucissons de la grosse Bertha, on va pouvoir faire une sacrée fête !
- Encore un de vos codes vieillots?
- Quoi, lui aussi ?
- Ouaip.
- Ca s'appelle comment, maintenant ?
- Des bâtons de dynamite.
- Hahaha, très drôle. Plus sérieusement ?
- Des dominos.
- Aaaaah, le syndicat de Shikaago n'est vraiment plus ce qu'il était...
- Bon, c'est pas tout ça, mais on va y aller. Suivez-moi.
- Okay, Olga, vous avez les rênes de l'opération.
- Vous avez amené des rennes?
- Bien sûr que non, j'vous laisse juste le commandement.
- Vous avez vraiment pas le sens de l'humour...
- Le syndicat de Shikaago a vraiment changé...
- Et passez devant, vu comment le vent souffle, ça vaut mieux. »

En parlant de changement, Elie avait profité de l'attente pour mettre une tenue plus adaptée à l'ambiance de Corleone.

Hé Billy Bob, viens donc par ici ! GA870QL

Une petite heure plus tard, le temps de revenir chez Eli Westmann, de constater que tout était calme et de poser les dominos, aussi connus sous le nom pittoresque de saucissons de la grosse Bertha, Elie et Jack étaient prêts.
« - Au fait, Jack ?
- Oui ?
- Appelez-moi Barbara, à partir de maintenant.
- Sûr, si vous voulez. »
Après ces quelques paroles, Elie alluma théâtralement la trainée de poudre qui servirait pour la mise à feu. Les effets pyrotechniques furent à la hauteur de ses espérances, voire dépassèrent mêmes celles-ci.
« - Dites, Barbara, votre copain, vous êtes sûre qu'il va pas y laisser la peau ? Toute la maison vient de lui tomber sur le coin du museau, quand même...
- Vous l'avez vu détruire les chaînes et les barreaux à mains nues, non ?
- Oui, même que c'était vachement impressionnant, Barbara.
- Bah voilà, il va pas mourir de juste ça. Probablement. »

Peu à peu, le chaos et la fumée se dissipèrent, les voisins arrivant pour aider, d'autres membres de la bande de Maillami aussi. Les décombres encore fumants du pavillon étaient dégagés peu à peu au milieu du fracas et des cris. Elie et Jack reculèrent un peu pour se cacher un peu plus loin, observant toujours la situation. Si les secours sortaient Santa, ils pourraient intervenir et le récupérer à la barbe des mafieux. S'il était encore en vie.
Plus le temps passait, les minutes s'égrenant lentement, plus Elie s'inquiétait. Elle se prenait à soupçonner une erreur de calcul, ou craignait d'avoir surestimé le vieux géant. Elle repensait à son ''Ho ! Ho ! Ho !'' plein d'allant, à leurs aventures ensemble...

« - Ho ! Ho ! Ho ! Vous êtes là !
- Aaaaaah ! Sursautèrent Elie et Jack.
- N'ayez pas peur, c'est moi, Ethan !
- C'était un peu fort, Ethan.
- Désolé, après avoir été silencieux aussi longtemps, je n'ai pas pu m'en empêcher! »
Effectivement, il s'agissait bien de Santa, sous le pseudonyme d'Ethan. Il avait l'air tout à fait en bon état, peut-être un peu fatigué, et poussiéreux, mais c'était bien tout.
« - Vous étiez à l'intérieur ? S'enquit Jack.
- Non, du tout, du tout. Après vous fait la courte-échelle, j'ai exploré la maison en cherchant une sortie discrète. M'étant réfugié dans une armoire, j'ai cru que j'allais être découvert quand le garde s'approcha de ma cachette pour se changer, ouvrit le battant de l'armoire et...
- Et ?
- Et c'était une autre armoire, en fait. Donc ensuite, je suis passé de la fenêtre du premier étage dans le jardin et parti par là.
- Mais, ça a duré longtemps, de vous échapper ?
- Dur à dire, pas plus de quinze minutes !
- Pourquoi ne pas nous rejoindre chez Billy Bob, alors ? J'étais très inquiète !
- Eh bien, comment dire...
- Oui ?
- Vous savez, comme toutes les maisons se ressemblent, ici ?
- Et alors ?
- Je suis parti dans la mauvaise direction, avoua Santa, penaud.
- Sérieusement?
- Quand je suis arrivé à la bordure de la ville, je suis revenu sur mes pas au pas de course...
- Vraiment?
- Mais j'avais déjà marché une bonne heure et demie...
- C'est pas croyable...
- Ho ! Ho ! Ho ! Tout est bien qui finit bien !
- C'est pas fini ! On a rien réglé !
- C'est vrai, mais je sens que tout va s'arranger. L'Esprit de Nowel veille sur nous !
- Dites, vous deux, j'voudrais pas vous couper, mais on pourrait y aller ?
- On vous avait pas dit de rester sous le vent, Jack ?
- Si, désolé... »

Les héros et le mafieux reprirent donc leur marche.


*****

Plus tard, un peu plus loin, au second étage d'une grande maison, un homme était assis dans un grand fauteuil ouvragé devant un grand bureau ouvragé aussi dans une grande pièce aux murs ornés de boiserie, bref tout le style des nouveaux riches. Un petit vent frais venait du dehors, charriant une légère odeur de fumée par la fenêtre entrouverte.
Après que l'homme debout devant le bureau eut fini son rapport, il salua et sortit en refermant précautionneusement la porte derrière lui, tandis que celui qui était assis réfléchissait en fixant la surface polie de son secrétaire. Un ''Coin ! Coin !'' sonna discrètement à ses oreilles et parvint presque à le faire sourire. Quelques secondes plus tard, un chat atterrissait pesamment sur l'appui de la fenêtre, un canard mort dans la gueule, et s'approcha de son maître.
Posant le canard à côté de lui, il s'installa confortablement sur l'accoudoir du fauteuil et ferma les yeux. L'homme le caressa tranquillement alors qu'un sourire mêlé de folie naissait sur ses lèvres.




La réunion des producteurs-réalisateurs:
 
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Elie Jorgensen
Elie Jorgensen

♦ Équipage : Chevaliers de Nowel

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Lun 27 Oct 2014 - 23:38


« Bon, j’veux bien qu’on avance, mais on va où ?
-Comment ça, on va où ?
-Bah, on a dit qu’on y allait, mais on n’a pas précisé la destination…
-Ah ? Ho ! Ho ! Ho ! Moi je suivais Jack.
-Ouais, j’pensais que c’était clair que c’était moi qui dirigeais…
-Du coup, on se dirige vers où Jack ?
-Bah, j’sais pas, vous voulez aller où ?
-C’est pas vrai, ça fait dix minutes qu’on marche sans aucun but précis…
-Bon, je suggère qu’on aille réfléchir à nos plans d’actions à l’intérieur du théâtre.
-Bonne idée Ethan. Par contre, tu penses vraiment que c’est une excellente idée de lui présenter Jack ?
-J’veux pas être mis de côté hein ! J’viens pas de sortir d’une prison moisie pour me tourner les pouces, je veux éclater ces salopards de Maillami !
-C’est surtout que monsieur Wayne, chez qui nous allons, est plutôt vieux, et la présence de trop de monde pourrait…
-Ho ! Ho ! Ho ! Voyons Laurie…
-Barbara…
-Barbara ! Monsieur Wayne est encore capable d'accueillir trois personnes chez lui ! Il n'en est pas à refuser du monde, surtout si c'est nous qui l'invitons.
-Quand même…
-Je te dis que ça ne craint rien ! »

Ils firent donc demi-tour, puisqu’ils n’étaient absolument pas partis dans la bonne direction. Ils suivirent donc l’allée de maisons identiques jusqu’au théâtre en miettes de ce cher monsieur Wayne. C’était l’un des seuls bâtiments qui permettait de se repérer dans toute cette symétrie d’habitations modernes et monotones. Et c’était bien leur veine que ce soit justement là le centre de leurs opérations sur l’île. La comédienne frappa quelques coups à la porte, doucement, car déjà trois lettres du mot THEATRE manquaient, probablement tombées lors de visites moins amicales. Quoique… Peut-être un petit malin s’était-il amusé à les retirer ? On pouvait désormais lire le mot T  A RE en approchant, coïncidence ? Le vieil homme entrouvrit la porte, à son bras un tromblon menaçant les arrivants.

« Bonjour Ali ! Fit Elie rayonnante, ignorant l’arme pointée vers elle.
-Vous êtes suivis…
-Comment ?
-Et de pas très loin.
-Quoi ?
-Un vieux qui renifle la vieille chaussette qui a fermenté dans de la banane pourrie.
-Ah ? Mais non, ça c’est Jack, il est avec nous…
-Bon, la prochaine fois que vous ramenez un ami, toquez douze fois dans le sens des aiguilles d’une montre puis une fois à droite, je serais prévenu. J’ai failli l’abattre.
-Bah voilà, enfin un qui respecte les anciens codes… Enchanté, Jack Smith, je suis sous couverture.
-Ali L. Wayne, de même, répondit le gérant du théâtre en montrant le plaid qu’il avait sur le dos. Entrez, ces salopards ne doivent pas trop vous voir ici.
-Bien d’accord, vous avez contacté les renforts ?
-Non… Vous souhaitez le faire ? Je n’ai plus vraiment de contacts ici…
-Vous avez un escargotélégraphe ?
-J’en ai un en coulisses, pas sûr qu’il fonctionne toujours, vous pouvez essayer l’escargophone de l’entrée sinon, j’ai eu beaucoup de mal à m’habituer, mais on s’y fait…
-Je ne préfère pas, la modernité nuit à nos bonnes vieilles méthodes. »

Santa et Elie regardèrent le vieux mafieux s’éloigner dans la direction indiquée par le gérant. La rencontre des deux hommes s’était mieux passée que ce que la comédienne avait d’abord craint. Leurs caractères conservateurs avaient tout de suite accrochés, et bien que la conversation n’avait absolument pas la même signification, qu’on soit placé du point de vue de l’un, ou de l’autre, ils semblaient s’entendre à merveille. Pourvu que ça continue…

Ali voulut rapidement savoir s’ils avaient fait des découvertes au sujet de Moricz et fut un peu déçu des réponses que lui apportèrent les deux chevaliers de Nowel. Les pistes qu’ils avaient trouvées n’avaient pas vraiment de lien avec l’entrepreneur lui-même, et si le trafic d’esclaves qui avait lieu dans la mine aurait de quoi remuer les choses, seul Westmann tomberait. Et le croque-mort continuerait de démarcher monsieur Wayne pour lui acheter son théâtre. Ils n’avaient aucun moyen de l’aider dans l’état actuel. Quoique ? Peut-être ce Jack Smith, ainsi que les gens qu’il comptait appeler, pourrait agir en sa faveur. Il lui fallait discuter plus amplement avec le bonhomme.

« Ce Jack, que vous avez ramené, il semble avoir de bons contacts pour ce genre d’affaires…
-Ho ! Ho ! Ho ! C’est bien possible.
-Vous comptez faire quoi ensuite ?
-Et bien justement, on était venus ici pour en discut…
-Nous allons libérer les esclaves à la mine ! S’exclama Santa.
-Bon, il me semble que nous avons assez débattu sur le sujet, alors…
-Vous y retournez juste tous les deux, sachant qu’ils vous ont capturés la première fois ?
-C’est vrai ça, Ethan… Peut-être ferions-nous mieux d’attendre ?
-Plus nous attendons et plus ces pauvres gens subiront le joug de leurs tortionnaires, non, mieux vaut y aller maintenant ! Et puis, nous sommes préparés désormais, nous savons à quoi nous attendre.
-Euh…
-Fort bien, mes amis, je suis enchanté que vous preniez mon problème avec tant de cœur, j’espère que vous trouverez là-bas des informations sur cette enflure de Moricz ! »

Les deux envoyés de Nowel ne trainèrent pas. Sitôt que Jack fut revenu, ils lui expliquèrent qu’ils allaient partir mettre un peu de tapage dans les affaires de Maillami. Lui ne chercha pas à venir. Il avait contacté ses amis de Shikaago qui devaient arriver prochainement, il fallait bien quelqu’un pour les accueillir, non ? Les préparatifs furent brefs, Ali fournit de quoi se procurer de nouvelles montures, grommelant au passage qu’ils lui coûtaient cher en canassons, et qu’heureusement que c’était pour lui filer un coup de main, parce que bon… La comédienne voulut négocier pour éviter de se refaire une cavalcade tumultueuse qui de son avis n’était absolument pas nécessaire. Mais quand Santa lui demanda si elle avait un autre moyen de locomotion aussi rapide et pratique et devant son absence de réponse, il se prononça pour la chevauchée.

« Bon, Barbara ! Nous y allons ?
-Je ne suis pas sûre d’être psychologiquement prête à faire le tape-cul sur cet animal…
-Je prends ça pour un oui ! Ho ! Ho ! Ho !
-Et faites que quelque chose arrive pour que je ne me tape pas une nouvelle fois la honte sur le trajet ! »

***

La narration, dans son immense bonté, a cédé aux demandes de la pauvre Elie concernant la traversée à cheval… En ellipsant un peu. Nos deux amis arrivèrent donc quelques temps après aux abords de la mine. Ils descendirent de cheval et la comédienne demanda quelques secondes pour se remettre d’aplomb. Santa passa en mode furtif, pour éviter de se faire surprendre par l’un des mastards qui l’avaient assommé la dernière fois. Sa camarade se recroquevilla derrière lui, pas question de se montrer la première.

« Santa…
-Chhhht, je vois les gardes qui font des rondes, ils sont trois. De temps en temps, un de ces pauvres esclaves vient apporter un chariot rempli d’or, dans de plus gros chariots, ceux que nous avions vu la dernière fois.
-Santa… C’est juste pour te dire qu’on a été suivis…
-Pas possible !
-Chhht !
-Comment se fait-il qu’on ne l’ait pas remarqué ?
-Il n’a pas un physique très reconnaissable, plutôt du genre à se fondre dans la masse…
-Quelle masse ? Ho ! Ho ! Ho !
-Oui… Mon hypothèse ne peut être juste… Si ça se trouve, ça n’a rien à voir avec nous, qui sait ? Il reste assez loin quand même.
-Ne te fais pas trop d’illusions ma chère Elie, sur cette île, personne ne viendrait ici par hasard. »

Le colosse confia à la comédienne la tâche de surveiller le bonhomme, histoire qu’il ne fasse pas tout capoter, pendant que lui-même analysait le roulement des rondes des gardiens de la mine. D’après ce qu’on pouvait voir de l’espion, qui bien que totalement à découvert était quand même rudement bien caché, allez savoir comment, il n’avait pas trop l’intention d’agir. Sa mission devait sûrement être de rapporter les faits et gestes de nos deux compères à un éventuel patron. Et si le patron était Moricz ? Ce serait une lourde erreur de sa part… Non, il était trop malin pour ça. Toutefois, dans la panique liée à la destruction de la maison de Westmann ? Mieux valait le garder à l’œil, au cas où… Ce n’était pas une mince affaire, l’espion semblait s’y connaître un peu en dissimulation.

« Bon, j’y vais, reste ici, ne te fais pas repérer, tiens le à l’œil !
-D’accord, répondit Elie à tous les ordres en même temps. S’il attaque, je fais quoi ?
-Mmmh… Tu te sens de le maîtriser ?
-Pas du tout…
-Alors tu fuis à dos de cheval…
-Pas question que je remonte sur cette… chose !
-Tu fuis à pied ? Le cheval sera plus rapide, je pense…
-D’accord, faut toujours que je me débrouille… »

Santa attendit encore quelques instants. Il avait suffisamment analysé la trajectoire des colosses pour savoir que, s’ils ne prenaient jamais exactement le même chemin, certains points étaient souvent repris. Surtout qu’à certains endroits, les autres ne pourraient pas les voir. Et s’il assommait assez rapidement l’un d’entre eux, il aurait moins de mal à se dépêtrer des deux autres. Il ne répéterait pas la même erreur que la dernière fois et donnerait beaucoup plus rapidement la bénédiction de Nowel à ses adversaires.

« SANTA CHOP ! S’exclama-t-il doucement en frappant du tranchant de la main dans la nuque de son adversaire. »

Il ne devait pas faire de bruit, pour éviter que les deux autres ne raboulent trop vite.  Aussi énonçait-il le nom de ses techniques avec discrétion. L’homme était costaud, aussi fallut-il lui assener deux trois autres coups, dont un direct à l’estomac pour le mettre à terre. Santa s’assura qu’il était bien inconscient avant de se concentrer sur la suite des événements.

« Sylvio ? Appela une voix.
-Oui, répondit Santa, imitant du mieux qu’il pouvait l’accent du type.
-Tout va bien ?
-Viens voir, il y a un truc bizarre…
-T’as une voix étrange Sylvio, tout va bien ?
-Viens voir, je te dis… »

Lorsque le deuxième colosse fit irruption, il reçut un crochet du droit dans la mâchoire, l’envoyant valdinguer sur quelques mètres. Il se releva pour voir arriver sur lui une forme rouge le martelant de coups de pieds et poings. Il riposta en lui plantant ses phalanges sous le menton, ce qui rééquilibra un moment le combat. Les deux hommes étaient de même gabarit, et se portaient tour à tour des coups violents dans l’espoir de mettre hors-jeu leur adversaire. Alors que Santa rentrait dans le lard de l’autre armoire à glace, celui-ci profita d’un léger déséquilibre du premier pour le mettre à terre. Il émit un sifflement strident, visant à rameuter son partenaire. Santa n’avait plus le choix, il attrapa les jambes du gorille et dans un effort immense, le plaqua au sol. Désormais tous deux à terre, ils se ruèrent l’un sur l’autre dans un déluge de coups avant que le bonhomme en rouge ne parvienne à ceinturer son opposant.

« SANTA HUG ! »

Santa se releva tant bien que mal, propulsant le type qu’il avait coincé dans ses bras sur l’autre qui déboulait à vive allure. Les deux se relevèrent bien trop rapidement au goût du quarantenaire. Le premier était tout de même bien amoché. Pas beaucoup plus que l’envoyé de Nowel cela dit. Celui-ci campa sur sa position, attendant l’orage de coups qu’il devrait probablement encaisser. Lorsque celui-ci arriva, il se protégea du mieux qu’il put, frappant au passage tout ce qu’il voyait passer sous son nez. Il était tout de même mal en point, et dans une position critique. Ne voyant plus alors qu’une seule solution, il se mit à chanter.

« Qu’est-ce qu’il fout ?
-Chais pas, on dirait qu’il chante.
-On lui tarte la gueule pour lui en passer l’envie ?
-Ouais…
-…avec tes jouets par milliers…
-Vraiment con les paroles en plus.
-Outch.
-Qu’est-ce qu’il y a ?
-Bah, ça fait mal, quand il frappe.
-Mais avant de partir…
-Il reprend du poil de la bête, c’est mauvais signe.
-Arrête de parler et tabasse-le !
-J’essaie !
-Dehors, tu vas avoir si froid… »

Effectivement, Santa fredonnait gaiement quelques chants festifs. Il s’agissait d’une des techniques de combat qu’il avait développée au contact de l’esprit de Nowel, se calant sur le rythme de la chanson, la puissance de ses coups était décuplée, il frappait de plus en plus fort, affaiblissant à chaque coup ses deux adversaires et lorsqu’au bout d’un certain nombre de poings, baffes et autres genoux reçus sur le coin de la tronche, le colosse en rouge décrocha un direct dans la mâchoire du plus proche assaillant qui s’effondra, inanimé. Le deuxième était dans un sale état, et voyant bien qu’il ne pouvait plus lutter, se rendit.

« Ho ! Ho ! Ho ! L’esprit de Nowel a vaincu !
-Vous verrez bien que le patron n’est pas un ange, et qu’il vous en fera voir de toutes les couleurs.
-ELIE ! Tu peux venir !
-Je fais quoi des chevaux ?
-Ramènes les par ici, on jettera un coup d’œil à l’autre de temps en temps, je surveille ce gars-là le temps que tu ailles me chercher de quoi l’attacher, on ira libérer les gens dans la mine ensuite.
-Mais vous êtes qui ? J’pensais que la mafia de Shikaago vous envoyait pour essayer de nous prendre le contrôle de cette île…
-Vilain garçon, arrêtez de parler comme ça ! Le morigéna Santa avant de l’assommer d’un coup de poing sur la tête. »

La comédienne déboula, tirant les deux bestiaux par leurs harnachements respectifs. Ils étaient plutôt dociles, fort heureusement, sinon Elie se doutait qu’elle se serait fait emporter. Elle les attacha aux chariots remplis d’or avant d’aller ramasser quelques chaînes qui trainaient à l’entrée de la mine, sans doute prévues pour d’éventuels nouveaux esclaves ? Elle les ramena à Santa qui s’empressa de ligoter les trois mastards endormis.

« Bon, Santa, concernant les gars qui sont là-dedans, on fait quoi ?
-On va les libérer, pardi !
-Oui, bien entendu, mais je me doute qu’il y a encore des gardes à l’intérieur, puis de nombreuses galeries, non ? Ca va nous prendre des plombes…
-Nous ne pouvons pas les laisser comme ça à trimer ! Pauvres enfants…
-Ou alors…
-Qu’y-a-t-il ?
-Le molosse là, par terre, celui qui est le moins dans le coaltar… Il pourrait nous conduire aux mineurs ?
-Mmmh…
-Alors ?
-Ca peut être une bonne idée, à voir s’il ne nous conduit pas dans un piège…
-S’il le fait, je…
-Tu ?
-Je meurs, probablement… Mieux vaut ne pas penser à ce genre de possibilités. On y va ?
-Je le ranime… »

Quelques baffes plus tard, voilà nos deux amis qui s’engouffraient dans la grotte, non sans remarquer un bruit lointain et sourd, semblable à une explosion. Bah… Ils verraient bien plus tard de quoi il s’agissait. Si jamais c’était plus que des gamins jouant avec des pétards. Ils s’apercevraient sûrement que c’était assez proche de la vérité en fait…

« On ne voit plus le soleil, c’est normal ?
-Ho ! Ho ! Ho ! Voyons Elie, il est caché par le plafond de la mine.
-Non, je veux dire, la lumière provenant de l’entrée de la grotte, pas un seul rai ne parvient jusqu’ici…
-On s’enfonce… L’or ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval fillette, grommela le connard enchaîné.
-Et c’est bien dommage…
-Si l’on en trouvait partout, ça vaudrait plus un clou.
-Ah, mais si, c’est très joli l’or.
-Ho ! Ho ! Ho ! C’est la plus belle des richesses qui crée le plus de pauvreté. »

Les trois personnages s’engouffraient de plus en plus profondément dans la grotte, une lumière artificielle Denden les guidait. Ils débouchèrent enfin sur une grande cavité, d’où repartaient deux galeries. Leur prisonnier leur indiqua le chemin de gauche. Elie analysa son visage. De marbre. Pas moyen de savoir si c’était un piège ou non. Ils suivirent la route indiquée, et finirent par rencontrer quelqu’un. Un prisonnier, enchaîné, traînant un énorme boulet accroché à la cheville et qui poussait un chariot rempli d’or.

« Qui êtes-vous ? Que venez-vous faire ici ? C’est pas un endroit pour les touristes ! J’crois même que vous n’avez pas idée du calvaire qu’on vit par ici. On n’est pas très nombreux, mais on trime comme des fous, on mange à peine, de quoi survivre seulement. Ah ? Vous amenez un nouveau prisonnier ! Vous êtes tout pareil que ces monstres qui nous ont mis là-d’dans, Westmann et sa clique, ainsi que l’grand patron, partez !
-Du calme bonhomme ! Nous venons tout spécialement pour vous délivrer de vos entraves métalliques et vous rendre vos libertés !
-Je ne vous crois pas !
-Nous sommes les chevaliers de Nowel, nous répandons la joie à travers le monde ! Cet homme fait partie de vos tortionnaires, il nous a juste montré le chemin jusqu’à vous.
-Prouvez-le !
-Enlève lui ses chaînes Santa, j’pense que ce sera une bonne preuve…
-Ho ! Ho ! Ho ! Bien sûr ma chère Elie !
-Vous savez qu’il faut des clés ?
-Oui oui, où sont-elles ?
-Doivent être dans le bureau du gérant, première porte à droite… Vous toquez et si vous demandez gentiment, il devrait vous les donner.
-D’accord, j’y vais !
-Euh… Il a saisi que c’était une vanne ? Le mec va le défoncer…
-Ne vous inquiétez pas cher… Mineur numéro un, mon cher ami Santa sait parfaitement trouver les mots.
BLONG !
-Vous voyez, reprit Elie, qu’est-ce que je vous disais ?
-Soit.
-Il n’a pas voulu être gentil… Se désola Santa en revenant. Je vous détache cher ami !
-Merci, c’est aimable.
-Vous me montrez où sont attachés vos semblables ?
-Tout à fait. C’est par ici… »

***

La troupe qui ressortit de l’excavation minière était un peu plus fournie qu’en entrant. D’abord ils avaient récupéré la quinzaine de mineurs qui travaillaient avec acharnement et sans aucun salaire. Et puis les quelques mafieux qui les surveillaient. Ca n’avait pas été trop compliqué, ce n’étaient pas des combattants, contrairement aux trois molosses qui gardaient l’entrée à leur arrivée. Les mineurs étaient trop faibles pour que Santa puisse en tirer quoi que ce soit. Il devrait se contenter de l’aide d’Elie, et de l’appui de Jack en rentrant à la ville. Au loin, on entendait de plus en plus fréquemment les explosions qu’ils avaient perçues en entrant dans la mine. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ?
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Santa Klaus
Santa Klaus

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Sam 1 Nov 2014 - 10:49

Elie Jorgensen et Santa Klaus sortirent de la mine, soutenant les esclaves trop faibles pour marcher, encourageant les autres. Les victimes qui avaient passé le moins de temps sous terre, et qui étaient donc les plus gaillardes, maniaient leurs anciens geôliers manu militari pour les inciter à marcher plus vite, sous le regard légèrement désapprobateur du colosse quarantenaire. Et dehors attendaient toujours les trois gardes ligotés.
Dès qu’ils furent dehors, ils purent entendre, presque distinctement, ce bruit de pétard qui les avait déjà surpris avant d’entrer. La mine avait amorti les sons, mais l’immensité du désert semblait les réverbérer, et ils ne savaient si c’était dû à la nuit, mais l’intensité sonore était exacerbée.

Là, ils durent faire face à un grave problème logistique. Ils manquaient de chevaux, et les pauvres gens qui avaient été kidnappés n’auraient pas la force de marcher jusqu’à la ville de Corleone. Pendant qu’ils réflechissaient au moyen de résoudre ce léger soucis, ils s’assirent par terre, écoutant les explosions rythmer le passage du temps.
« - Hé, mais ! Sursauta Elie. Vous en faites quoi, de l’or, après l’avoir miné ?
- Ben, pas grand-chose, on le met dans les gros wagons, puis on s’en occupe plus.
- Les gros dehors, là ?
- Non, non, les gros dedans, là-bas.
- Ah-ha ! Tu penses à ce que je pense, Santa ?
- Que les wagons doivent être lourds à manutentionner ?
- J’voyais un peu plus loin.
- Et donc qu’il y a un mécanisme ou des bêtes de somme pour le faire.
- Exactement ! Hé, toi, avec la frange rousse graisseuse !
- J’suis pas roux, j’suis blond vénitien !
- Ouais, okay. Et t’as une âme, aussi ?
- Nan mais faut arrêtez avec ça, y’en a marre, nous aussi on a une âme !
- Calmez-vous, calmez-vous, monsieur, intervint Santa. Tout le monde a une âme, plus ou moins souillée. Est-ce que vous pourriez nous dire comment vous sortez les wagons de la mine pour les mettre sur des charrettes ?
- Nan !
- Ecoutez, ça, c’était la méthode gentille, reprit Elie. Vous devez bien vous rendre compte qu’au milieu de tous ces gens que vous avez kidnappés et réduits en esclavage, vous ne vous êtes pas fait que des amis, n’est-ce pas ?
- Hum, logique.
- Et que donc il est dans votre intérêt de rester dans nos bonnes grâces ?
- Hum, logique.
- Et que donc vous allez nous répondre ?
- Hum, logique.
- Et que donc vous allez nous répondre !
- Hum, logi… Oui, bien sûr, bien sûr. On est en sécurité avec vous, pas vrai ?
- Oui, mon collègue Santa Klaus assurera votre sécurité, fit la jeune femme en montrant les muscles saillants du quarantenaire.
- Bon, bah à l’arrière de la mine, y’a une pente qui mène à une écurie. De là, on transvase l’or des wagons dans les charrettes avant de l’acheminer en ville, chez l’patron.
- L’patron ?
- Ouais, Westmann.
- C’aurait été trop beau.
- Quoi ? J’ai pas bien entendu.
- Laissez tomber. Autant pour la piste permettant de mettre la main sur Moricz… »

Laissant là tout le monde, Elie alla vérifier, au péril de sa vie, si les dires du prisonnier étaient vrais. Descendant une rampe terrifiante, brillamment éclairée par la lumière des lampes, elle arriva dans une terrible écurie remplie de chevaux de traits placides. Un craquement menaçant se faisait entendre alors que les féroces poneys mâchaient paisiblement leur foin.
Abandonnant d’un pas vif ce lieu d’horreur présageant d’autres chevauchées à faire la tape-cul, l’actrice enfila un couloir, au fond, qui continuait à descendre droit vers la mine. Comme annoncé par le rouquin qui se prétendait blond, elle put voir un ensemble de charrettes, toutes chargées quasiment à ras-bord. Le contenu, bien qu’en partie recouvert par des bâches, brillait du scintillement caractéristique de l’or.

La jeune femme remonta au trot toute la rampe jusqu’à retrouver les esclaves libérés et leur annonça la présence d’un moyen de locomotion. Des soupirs de soulagement et de grands sourires se firent entendre ou voir. Tous se redressèrent, seuls ou avec un coup de main avant de se diriger poussivement vers l’écurie.
Bien entendu, ils emmenèrent les gardes-chiourmes avec eux. Il aurait été trop cruel de les abandonner ligotés dans le désert, bien qu’au goût des pauvres gens qui avaient été kidnappés. Santa et quelques hommes encore en forme vidèrent les charrettes, abandonnant les pépites d’or par terre sans le moindre scrupule.

Enfin presque, quelques petits malins se remplirent les poches, mais baste ! Aucune importance. Il serait toujours temps de revenir plus tard.

Elie était contente. Les charrettes présageaient du fait de pouvoir s’asseoir sur du bois au lieu de rebondir stupidement sur les canassons. Malheureusement, les choses ne se passant pas toujours comme on le voudrait, il se trouva que les carioles étaient pleines à craquer de prisonniers, et qu’il ne restait pas la moindre place pour se poser.
En conséquence de quoi l’actrice se retrouva à nouveau partie pour une chevauchée qui, du fait du changement d’auteur, ne sera pas ellipsée et dont elle sentira chaque rebond retors dans son coxis et sa colonne vertébrale. Cela dit, étant donné la vitesse de croisière des charrettes, à part quand sa monture, exaspérée par la lenteur de l’attelage, piquait une pointe de vitesse, l’allure resta relativement faible.

La troupe majoritairement épuisée arriva en ville à l’aube. Les détonations avaient laissé la place à un silence circonspect. Corleone était couverte d’une brume grasse qui ne tarderait sans doute pas à se dissiper sous l’action du soleil, mais qui pour le moment empuantissait les rues et empêchait de voir à plus de dix mètres.
« Cette odeur, c’est moi ou… ? Commença Elie.
- Ho ! Ho ! Ho ! Cela me rappelle, il y a une vingtaine d’années, quand il y a eu un feu dans la forêt et…
- C’est ça, ça pue le brûlé…
- … Le vent a attisé les flammes au point que l’incendie s’est répandu très rapidement. Nous avons alors dû…
- … Je me demande bien ce qui s’est passé…
- … Nous unir pour faire face à la menace. Les champs étaient en danger, la vie sauvage et les arbres aussi. Une chaîne a été mise en place et…
- … Mais quoi qu’il en soit, nous devrions plutôt aller chez Ali directement…
- … Tous les habitants ont lutté contre les flammes !
- … Pour déposer les anciens prisonniers avant de les renvoyer chez eux.
- Ho ! Ho ! Ho !
- J’ai l’impression qu’on n’a pas parlé de la même chose. Enfin passons. En route ! »

Les Chevaliers de Nowel guidèrent alors leur attelage jusque chez le vieux propriétaire du théâtre. Ils avaient hésité à amener autant de monde d’un coup, à l’improviste, mais ils décidèrent qu’il valait mieux ne pas dévoiler, autant que faire se pouvait, qu’ils avaient libéré les esclaves de la mine.

Même si, en toute logique, un mouchard avait probablement déjà remonté l’information.

Ali ouvrit la porte une fois le code toqué par Elie :
« Ah, c’est vous. Et… Des tas de gens.
- Oui, on a pu libérer tout le monde.
- Ca se voit. Et vous comptiez me les faire héberger, comme Jack ?
- Provisoirement uniquement, monsieur Wayne.
- C’est toujours provisoire, les squats. Pendant mes jeunes années, j’ai dû faire face, à de nombreuses reprises, à ce genre de situation et…
- Ho ! Ho ! Ho ! Vraiment ? Et qu’avez-vous fait ?
- Je leur ai demandé de partir.
- Et, bien entendu, ils sont partis.
- Bien sûr, j’avais un fusil. Vous êtes prévenus. Combien ?
- Euh… Un, deux, trois… quatre-cinq-six…
- Aucune importance, en fait. Entrez tous, il y a de la place dans la grande salle. »
Tout le monde entra, voyant que le bout du périple était proche. Les plus mal en point étaient soutenus par les autres, l’ensemble formant un beau groupe plein de solidarité et de détermination. Quand ils s’affaissèrent tous au sol, sur la scène, un morceau du rideau se détacha et s’affaissa, déclenchant un regard désapprobateur d’Ali.

Laissant là les ex-prisonniers avec de la boisson et du manger, Elie et Santa se dirigèrent vers le vieux propriétaire du théâtre, voulant obtenir des informations sur ce qui s’était passé en ville ces dernières heures.
« Alors ? S’enquit la jeune actrice.
- Alors quoi ?
- Où est Jack ? Il se repose ?
- Non, du tout. Il est parti quelques heures après vous en parlant de saucissons, de dominos, et d’amis à aller chercher au port.
- Ho ! Ho ! Ho ! Il semblerait que…
- … Nous sachions enfin la cause de ces bruits et des feux.
- Ah, ça oui, ça a bardé cette nuit !
- Et les détails ?
- Je n’en sais rien, je ne suis pas sorti.
- Ah-ha.
- Je protégeais le théâtre !
- Bien sûr, pas de problème. Santa, on fait quoi ?
- Retournons voir Eli Westmann, on verra bien ce qu’il a à dire.
- Exactement ce que j’allais proposer. Ali, on peut vous laisser les ex-prisonniers ? Ils seront sûrement en sécurité ici.
- Si dans trois jours, ils sont toujours là, je les fais sortir à coups de tromblon.
- Mais ils seront partis, d’ici là, nous n’en doutons pas.
- Et calmez-vous ! Ho ! Ho ! Ho ! C’est mauvais pour votre santé.
- Ma santé va très bien !
- Que l’Esprit de Nowel soit avec vous.
- C’est ça, barrez-vous, maintenant ! »

Ali plissa les yeux, Santa jura voir des taches de rougeur sur ses pommettes. L’émotion de se sentir soutenu… Un sourire entendu courut sur ses lèvres tandis qu’il prenait la porte, emboîtant le pas à Elie.


****

Dans un bureau de Corleone…
« …ation est grave, monsieur.
- Je comprends, fit une silhouette assise dans un grand fauteuil avant de claquer des doigts.
- A vos ordres, monsieur, réagit un homme jusque-là caché dans un renfoncement obscur de la pièce.
- Coupe tous les fils qui trainent.
- Tous ?
- Tous, maintint James Robert Moricz en caressant distraitement Un chat posé sur ses genoux. »


****

Elie et Santa s’arrêtèrent dans une boulangerie pour prendre un petit-déjeuner à base de viennoiseries avant de continuer leur route, la bouche et les mains pleines, vers la maison d’Eli Westmann. Ils en avaient profité pour discuter avec la vendeuse. Effectivement, des explosions avaient retenti toute la nuit, et des foyers d’incendie s’étaient même déclarés. En bref, elle leur confirma ce qu’ils supputaient déjà.

Les deux Chevaliers de Nowel arrivèrent ensuite dans le quartier de Westmann. Une maison sur deux était à terre, et le reste était très noirci par la fumée. Il semblerait que ce soit là que Jack Smith et ses camarades de la mafia de Shikaago aient fait peser l’essentiel de leurs efforts, comme il se devait.
« Santa ?
- Oui, Barbara ?
- Oh, ce n’est plus la peine, je pense. Si Jack a opéré le contact avec ses collègues, il a dû découvrir qu’Olga n’existe pas.
- Ce qui ne devrait pas l’empêcher d’attaquer la mafia de Maillami.
- Tout à fait. Idéalement, il faudrait d’ailleurs les éviter.
- Très bien, Elie, pour le moment, retrouvons Westmann. Il n’a pas été sage.
- Pas du tout sage. »

Le duo se cacha à l’angle d’un bâtiment qui tenait encore debout pour observer la maison du second de la mafia de Maillami. Leur objectif était toujours de mettre un terme aux exactions de Moricz, ils ne pouvaient donc pas se contenter de Westmann.
La voie paraissant libre, et la maison de ce dernier à moitié détruite par une explosion qui avait soufflée celle d’à côté, ils avaient une vue totale de ce qui se passait dans la cuisine et le salon. L’homme qu’ils recherchaient était assis dans une chambre à l’étage, dans le même fauteuil que celui qu’il occupait au rez-de-chaussée. La pièce était à moitié détruite et Westmann semblait prendre l’air.

Santa fit un signe à Elie et montra leur cible. Elie fit un signe à Santa et montra un homme étrange en redingote qui grimpait à une maison adjacente. La lumière de l’aube étincelait sur sa ceinture de cowboy et donnait un éclat mat aux deux revolvers qu’il arborait.
Le quarantenaire secoua la tête. L’homme qu’il supposait être un assassin était désormais tout près d’Eli. Il fit un signe à sa comparse et partit au pas de course vers la maison à demi éventrée. Au bruit des pas derrière lui, il sut qu’elle suivait. Des hommes de main tentèrent bien de se mettre en travers de sa route, mais il les éjecta quelques mètres plus loin sans s’en préoccuper outre mesure.

Enfilant les escaliers quatre à quatre, il déboucha dans la chambre du premier étage en même temps que l’assassin qui, après avoir exécuté les gardes du corps de Westmann en un instant, s’arrêta juste devant sa cible.

L’homme en redingote leva le bras.

Santa donna une impulsion précipitée et puissante du pied pour bondir sur eux.

Fait dans l’urgence, son appui le fit partir en biais, et il percuta Westmann. Pendant son saut, l’assassin avait armé son bras. Il donna un grand coup d’un gant d’un blanc immaculé sur la joue de Santa avant de jeter l’accessoire par terre.

Les trois hommes regardèrent le résultat de la scène avec des yeux ronds comme des soucoupes tandis qu’Elie arrivait enfin en haut, le souffle court, suivie de près par les hommes de main.
« Eh bien, lâcha l’assassin, il semblerait que je vous aie défié en duel, monsieur.
- Ho ! Ho ! Ho !
- Vous êtes qui ? Demanda Elie.
- Un tueur envoyé par Moricz, se désola Westmann. Je savais bien que ça devait arriver, il n’a pas pour réputation de laisser ses sous-fifres survivre au risque d’y laisser lui-même sa peau.
- Effectivement. Je suis Abraham Charleston. Je comptais provoquer monsieur Westmann en duel mais il semblerait que monsieur… ?
- Klaus. Santa Klaus.
- Monsieur Klaus se soit interposé. J’en suis fort marri.
- Et donc ? On fait quoi ?
- Un duel, de toute évidence. »

Westmann, Elie et Santa laissèrent le silence tomber sur la pièce grande ouverte, tandis que les sous-fifres regardaient avec circonspection les cadavres de leurs camarades. Abraham portait une redingote noire, un chapeau de cowboy en paille, un pantalon noir, des bottes de cowboy montantes, une montre à gousset en or dont la chaîne était visible, et une ceinture en cuir qui supportait deux revolvers classiques.
L’ensemble était des plus surprenants, surtout mêlé aux épais favoris bruns arborés par l’assassin, autrement totalement glabre. Un monocle entourait également son œil droit.

« Et pourquoi accepterions-nous un duel, hein ? Questionna l’actrice.
- Car toutes les conditions du Code du Gentleman sont réunies, de toute évidence.
- On s’en fiche, de ce code !
- Ho ! Ho ! Ho ! Respecte les différences des autres, Elie !
- Vous allez faire ce duel, Santa ?
- Je n’ai pas dit ça. Nous pouvons encore régler la situation par la discussion et…
- Absolument pas, coupa Abraham. Si vous refusez le duel, vous serez déshonoré, monsieur Klaus.
- On s’en fout.
- Et je défierai alors monsieur Westmann ici présent. Qui lui respectera le Code.
- J’vois pas pourquoi il ferait ça.
- Hélas, trois fois hélas, je respecterai le Code. Car je suis un Gentleman.
- Vous avez réduit des gens en esclavage !
- C’était les affaires. Ils n’étaient pas des Gentlemen. Pas comme monsieur Charleston.
- Voilà qui est parler en honnête homme !
- Allez donc vous trucider, si c’est comme ça !
- Tout à fait. Seulement, me voyant présentement abandonné par monsieur Moricz et en danger de mort, car je n’ai pas la moindre chance de l’emporter…
- Ne dites pas cela, mon bon ami.
- Si, je vous assure.
- Vous me faites trop d’honneur.
- Abrégez ! Coupa la jeune femme.
- Ho ! Ho ! Ho ! La soutint Santa.
- Mmh, je soutiendrais de bon cœur les personnes qui battraient monsieur Charleston avant son duel avec moi.
- Vous nous aideriez à coincer Moricz ? Demanda Elie en plissant les yeux.
- Bien sûr. Parole de Gentleman.
- Nul ne peut mettre en doute la parole d’un Gentleman, abonda Abraham.
- Dans ce cas, c’est bon. Pas vrai, Santa ?
- Ho ! Ho ! Ho ! Si cela peut nous permettre d’arrêter Moricz, allons-y !
- Sortons, dans ce cas, sortons. »

La troupe descendit dans la rue et s’arrêta dans l’artère. Le sol était de poussière, la brume ambiante commençait à se lever sous l’action du soleil et quelques virevoltants se laissaient paresseusement pousser par le vent.
« Quelles sont les modalités de ce duel ?
- C’est ma foi fort simple. Nous nous positionnerons dos à dos, puis marcherons dix pas chacun. Un pas toutes les deux secondes. Monsieur Westmann nous servira d’arbitre et de référent, il s’assurera que nous respectons bien le Code et déshonorera l’un de nous si nécessaire.
- On s’en fout d’être déshonorés…
- Au bout des dix pas, il s’agira de se retourner le plus vite possible et de faire feu sur l’ennemi, dans le but de le tuer.
- Ho ! Ho ! Ho ! Il est hors de question que je vous tue.
- Mais le Code…
- L’Esprit de Nowel ne tolèrera pas cela. Je suis catégorique.
- Et bien… Que fait-on, monsieur Westmann ?
- Et si monsieur Klaus lançait un caillou au lieu de tirer au revolver ?
- Hum, cela devrait marcher. Sa condition de victoire serait alors de me toucher, ou plutôt de m’assommer.
- Cela vous convient-il, monsieur Klaus ? Sachant que monsieur Charleston tirera au revolver ? Vous faites face à un désavantage patent…
- Cela me convient parfaitement.
- Très bien. C’est l’heure du duel ! »

Abraham et Santa se mirent dos à dos. L’Envoyé de l’Esprit de Nowel surplombait d’une bonne tête son adversaire. Le caillou qu’il avait à la main présentait une bonne forme à lancer.

Un pas. Il n’avait jamais été très bon en lancer.

Deux pas. Une balle de revolver, ça va vite.

Trois pas. Apparemment, Abraham avait une certaine réputation dans le milieu des tueurs.

Quatre pas. Il fallait donc l’arrêter.

Cinq pas. Le caillou était légèrement moite au toucher.

Six pas. Santa n’avait pas vraiment d’idée.

Sept pas. Il soupesa son projectile.

Huit pas. Il botta un virevoltant hors de son chemin.

Neuf pas. Tout s’arrangerait grâce à l’Esprit de Nowel.

Dix pas. Santa plongea sur le côté tandis qu’en une fraction de seconde, Abraham déchargeait trois balles de son six-coups tout en se mettant de profil pour éviter le caillou. Le tireur assimila la nouvelle position de son adversaire et vida son barillet des trois balles restantes. Santa s’applatit au sol, la pierre toujours fermement en main.
Voyant que son ennemi était à court de munitions, le musculeux quarantenaire sprinta vers l’avant dans un nuage de poussière fine. Abraham ne se démonta pas et dégaina son second revolver, tirant deux balles coup sur coup.

Santa sauta par-dessus tout en armant son bras. La feinte de lancer suffit à rendre Charleston méfiant au point qu’il ne tira pas. Retombant au sol, l’Envoyé de Nowel fit un crochet par la gauche et se réfugia derrière un poteau qui arrêta les troisième et quatrième balles.
Santa inspira une longue bouffée d’air avant de lancer un Santa Chop dans le poteau, qui chuta en direction d’Abraham. Le nuage de poussière cette fois soulevé, ainsi que le mouvement de recul du tireur, lui permirent de se rapprocher encore.

Une cinquième balle fila à côté de son oreille droite tandis que Santa bondissait pour assommer le dueliste. La douzième détonation retentit alors que l’Envoyé de Nowel retombait sur Abraham avec un bruit sourd.

Les deux hommes étaient debout côte à côte. Le soleil avait enfin percé la brume et éclairait la rue sur toute sa longueur. Finalement, Abraham s’écroula au sol, au ralenti, son chapeau tombant de sa tête. Santa laissa échapper un long soupir et la pierre désormais ensanglantée qu’il tenait en main.
« Que s’est-il passé ?
- Ho ! Ho ! Ho ! L’Esprit de Nowel m’a protégé !
- Je déclare Santa Klaus gagnant du duel selon toutes les règles du Code du Gentleman !
- Comment avez-vous fait ? Demande Elie. La dernière balle est partie à bout portant !
- Je l’ai arrêtée avec la pierre.
- Plus rien ne m’étonne dans ce monde de fous… »

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Elie Jorgensen
Elie Jorgensen

♦ Équipage : Chevaliers de Nowel

Feuille de personnage
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Intégrité: 19

Mer 26 Nov 2014 - 13:11


Santa avait vaincu. Et Westmann devait désormais tenir sa promesse ; faire tout son possible pour que Moricz tombe. Monsieur Charleston fut attaché par Santa lui-même, et dissimulé afin que les membres du syndicat de Shikaago ne puissent pas lui faire de tort. L’envoyé de Nowel ne voulait pas lui faire de mal, il ne voulait pas non plus que quelqu’un d’autre le tue alors qu’il avait eu beaucoup de peine pour le laisser en vie sans qu’Abraham ne prenne la sienne. Une fois sa besogne exécutée, le patriarche se releva et adressa un hochement de tête à sa partenaire pour signifier qu’il était prêt. Elie se retourna vers Eli.

« Eh bien, il semblerait que ce soit votre tour de faire preuve d’un soupçon de bravoure.
-Certes… Suivez moi.
-Quel est le plan ?
-Une petite confrontation entre vous et M. Moricz.
-Ho ! Ho ! Ho ! Ça me paraît devenir intéressant. Nous vous suivons.
-Très bien. Ne soyez pas trop sûrs de vous tout de même, je doute pouvoir faire grand-chose tout de même.
-Nous verrons bien, avancez. »

Les deux chevaliers de Nowel emboitèrent donc le pas à l’ancien employé de son patron. Ils profitèrent du voyage pour se renseigner un peu sur qui était James Robert Moricz. Un homme de l’ombre, qui manipulait tout son petit monde depuis chez lui, sans jamais faire aucune action répréhensible de lui-même. Il passait toujours par de nombreux intermédiaires, et la plupart ne connaissaient pas la moitié des gens qu’il employait. Westmann avait été recruté quelques années plus tôt, pour s’occuper de la mine ; c’était lui qui avait fait enlever plusieurs personnes dans la ville pour obtenir de la main d’œuvre, lui qui avait engagé des hommes pour que quiconque se fut approché assez du monticule terreux à l’entrée de l’excavation soit immédiatement arrêté et mis aux travaux forcés, lui qui avait pris tous les risques dans l’affaire, et pourtant, voilà qu’on le laissait désormais tomber. Seulement, la seule chose qu’avait le bouc émissaire contre son patron, c’était son nom, et le fait qu’il savait que c’était lui, tout en haut de la pyramide, autrement ; peu de choses.

Lorsque Westmann voulut pénétrer par effraction dans la demeure du mafieux, Santa l’arrêta d’un geste en souriant. Il s’approcha de la porte et y frappa plusieurs fois. On n’entrait pas chez les gens sans leur demander la permission. Même si ces gens étaient d’odieuses fripouilles tyranniques. La comédienne sourit en voyant l’air interloqué du truand. Il ne connaissait pas encore M. Klaus. Pas autant qu’elle en tout cas.

« Bonjour ? C’est pour quoi ? Fit la petite tête du comptable de Moricz sortant par l’entrebâillement de la porte.
-Nous voudrions discuter avec M. Moricz.
-Il est indisposé.
-Il le sera encore plus quand nous lui aurons touché quelques mots.
-Ho ! Ho ! Ho ! Ne dis pas de bêtises Elie. Nous voudrions simplement faire connaissance. Notre ami commun, monsieur Westmann ici présent, voulait nous présenter à ce cher James.
-Westmann ?
-Ça t’étonne pourriture ?
-Pas du tout, je me doutais bien que tu finirais par venir ici, je t’y attendais certainement un peu moins… Vivant ? Et un peu plus tard aussi. Mais soit, entrez, vous ne pourrez pas nous causer grand tort ici. »

L’homme qui les fit rentrer était petit, râblé, extrêmement repoussant, et dégageait une odeur de bois moisi qui collait tout à fait à l’image. En rang d’oignons, la petite troupe suivit le chemin qui les mènerait à leur hôte. Westmann mis à part, ils n’avaient eu qu’un très bref contact avec M. Moricz. Un simple échange de regards avec un homme donc la pâleur avait fait froid dans le dos à la comédienne. On ne pouvait pas en dire autant du patriarche, qui, jusqu’à preuve du contraire, n’avait peur de rien, et certainement pas des gens dangereux. C’est donc le sourire aux lèvres que ce dernier allait affronter son adversaire. Et c’est pleine de trac que Barbara entra sur scène.

« Monsieur Moricz ?
-C’est bien moi, et vous êtes ?
-Barbara.
-Connais pas.
-Fort bien.
-Pourrais-je avoir plus de précisions ? Qui êtes-vous et qui est le grand benêt au sourire idiot qui prend la moitié de l’espace disponible ?
-Je suis le numéro 2 de la Confrérie du Nord, mais je doute que vous en ayez entendu parler.
-Effectivement. Et donc, le géant ?
-Mon bras droit, Santa Klaus. Nous agissons sous une multitude d’identités.
-Santa Klaus, ce nom me dit quelque chose…
-C’est un nom d’emprunt.
-Ho ! Ho ! Ho !
-Et donc, que voulez-vous ? J’ai d’autres chats à fouetter !
-COIN COIN ! Paniqua Un chat.
-Nous sommes ici pour vous proposer un marché. Et de faire passer tout le cartel de Maillami sous la protection et le contrôle de la confrérie.
-Maillami se débrouille bien tout seul. Je ne veux pas être gouverné par qui que ce soit. Dans quelques heures, je serai maître absolu de cette île…
-Ho ! Ho ! Ho ! Il semble que vos informations ne soient pas à jour.
-Que ?
-Vos opposants de Shikaago ont investi les lieux. Nous ne savons pas quel est leur nombre exact, mais nous connaissons leur contact qui les a introduits. Et qui n’aurait sans doute rien pu faire si votre incompétent disciple ne nous avait pas obligés à nous évader d’une de ses cellules.
-Incompétent ? Moi ? Protesta Westmann.
-Tiens, tiens, très cher Eli. Je pensais que votre discussion avec Abraham vous aurait dissuadé de venir.
-Disons qu’Abraham a préféré commencer le dialogue avec monsieur Klaus, et qu’il a pris des vacances par la suite.
-Vous dégommez mes lieutenants un par un et vous souhaitez une alliance entre nos deux factions ?
-Rectification, fit Elie cinglante. Ce sont vos abrutis de lieutenants qui veulent absolument nous tomber sur le râble ; nous ne faisons que nous défendre.
-Westmann, vous êtes le pire crétin que la terre ait connu.
-Je…
-Non, cher ami, ce sera vous, le pire crétin que la terre ait connu, si vous n’acceptez pas notre offre.
-Je ne peux vous garantir de me plier à vos manigances, mais je veux bien en écouter l’énoncé.
-Voilà qui est fort bien dit, ricana le comptable. »

Elie et Santa s’attablèrent donc à la table que désigna Moricz. Westmann resta debout et en retrait. Il ne comprenait plus très bien quels intérêts servaient les deux drôles auxquels il avait affaire depuis un petit moment déjà. Est-ce que cette Confrérie du Nord cherchait véritablement le soutien de Maillami ? N’était-ce pas un piège de Shikaago ? Il ne savait plus. Il ne savait pas. Il se contentait d’écouter la conversation entre l’éminent cador de la mafia de Maillami et les deux individus venus de nulle part.

Les deux Chevaliers de Nowel voulurent savoir pourquoi Moricz attachait autant d’importance au théâtre de ce cher Wayne. La raison principale était obscure : il possédait déjà trois-quarts de l’île, et aurait certainement pu acheter encore et encore, mais il s’obstinait à vouloir obtenir un bien jalousement gardé par un vieux décati. De ce qu’ils comprirent, il s’agissait de l’emplacement idéal à la création d’un des projets du mafieux. Mais le bougre ne voulait pas lâcher le morceau, ni dire quoi que ce soit à propos de ce projet.

« Vous souhaitez récupérer ce théâtre pour des raisons que seul vous connaissez, soit. Pourquoi ne pas l'acheter en viager ?
-Parce que je le veux tout de suite. Et que ça me coûterait trop cher sur le long terme.
-Mmh. Vous êtes sur ? La confrérie pourrait vous arranger la vente...
-Et en contrepartie, je me verrais obligé de placer l’œuvre de toute une vie sous votre direction, pas question...
-Vous êtes dur en affaires. Nous pourrions aussi bien faire la même proposition à vos adversaires de Shikaago.
-Certes, mais ils ne possèdent rien. Rien d'autre qu'une force de frappe importante. Ici, c'est moi le maître.
-Ho ! Ho ! Ho ! Vous n'êtes pas le maître absolu. Nous avons remarqué quelques failles dans votre supposée suprématie.
-Qui sont ?
-Vous avez bâti une ville, mais elle peut s'envoler en une rapide pluie d'étincelles. Eli Westmann peut en témoigner.
-Je...
-Aussi nous pourrions protéger votre empire de porcelaine.
-Je viens de vous le dire, vos contreparties ne me plaisent pas.
-Vous refusez, donc ? C'est votre dernier mot ?
-Oui. »

Moricz se leva pour raccompagner ses hôtes à la porte, laissant tomber Un chat, jusqu'alors confortablement installé sur ses genoux. L'animal cancana indigné. Et vint se frotter contre la jambe épaisse de Santa. Cet homme sentait bon. Un vrai délice. Le mafieux prit donc la peine de les ramener à la porte. Et en ouvrant pour les faire sortir, il tomba nez-à-nez avec Abraham Charleston, paniqué.

« Maître, un événement indépendant de ma volonté propre a fait que, par des circonstances des plus sombres, respectant le code du Gentleman, j'ai du m'opposer à un terrifiant adversaire. Celui-ci m'empêchant de régler mes affaires personnelles avec Westmann, et...
-Je sais tout ça. Incapable. »

Et Elie et Santa de passer devant la mine éberluée de Charleston, bouche bée. Cela dura pendant une poignée de secondes, avant que Westmann ne se faufile jusqu'aux deux chevaliers de Nowel. Jusqu'à ce qu'il soit bien loin de ceux qui voulaient sa mort, il resterait auprès du colosse. C'était plus sûr. Abraham recommença à baragouiner, affolé.

« Je voulais aussi vous prévenir que quelques importuns ont attaqué la ville. Vos propriétés ont souffert de quelques explosions inopinées.
-Combien de maisons ? J'ai entendu les explosions tout à l'heure, mais ça ne doit pas être bien embêtant, il suffira de reconstruire.
-La majorité Monsieur. Les terroristes remontent la rue progressivement. Ils sont en route et viennent par ici.
-Qu'est ce que c'est que ce bordel ?
-C'est une calamité...
-Bon, nous allons vous laisser à vos petits malheurs et partir, fit Elie narquoise. »

Elie et Santa, suivis de Westmann reprirent donc le chemin du centre ville. Avec la tripotée de maisons en moins, il était désormais bien plus facile de se repérer. Ils prirent donc le chemin du théâtre, qui désormais n'avait plus rien à envier aux autres maisons de la ville, tant leur état de délabrement surpassait celui de la bâtisse à l'air abandonné. Ils toquèrent quelques coups à la porte. Ce cher Ali allait pouvoir obtenir un peu de répit. Moricz allait être occupé à récupérer sa ville, puis à la remettre sur pied. D'ici là, Monsieur Wayne pourrait vivre tranquillement. Ce n'était pas une totale réussite, mais c'était déjà pas mal.

« Excusez moi, mais vous ne pouvez pas entrer, leur fit le bonhomme qui vint leur ouvrir.
-Pourquoi ça ? Nous sommes des amis d'Ali.
-Ah, dans ce cas c'est différent... J'espère que vous tenez le coup.
-Oh, vous savez, nous sommes habitués à bien pire.
-Pire ?
-Ho ! Ho ! Ho ! Ce n'était qu'un soucis de passage.
-Je crains que vous n'ayez pas été convenablement informé. Mais rentrez, rentrez. »

Malgré la présence des réfugiés de la mine, le théâtre était plongé dans le silence. Un silence de mort. On les fit avancer jusqu'à la scène où un groupe de personnes s'activait. Santa imposa sa présence dans la salle et regarda par dessus l'amas de gens. Elie s'infiltra pour voir ce qui se passait.

« Il est... Mort ?
-Oui, gravement malade apparemment, répondit l'un d'entre eux. Je suis médecin, et vous êtes ?
-Etonnés. Il était en pleine forme il y a à peine quelques heures.
-Ah ? Pourtant les bactéries qui l'ont tué sont à un stade avancé. Il aura été au contact d'une personne gravement atteinte ?
-Les gens ramenés de la mine présentaient une maladie grave ?
-Non, nous les avons tous examinés, et à part un rhume et une bronchite, aucune maladie n'a été détectée, en tout cas rien de semblable à ce qui a détruit Monsieur Wayne.
-Alors je ne vois...
-Oui ?
-Ho ! Ho ! Ho ! Mais c'est bien sûr ! Jack !
-Un ami à vous ?
-Pas vraiment.
-J'aurais vraiment dû insister pour qu'il aille se laver alors, grommela Elie. Au moins nous avons respecté ses dernières volontés. Le théâtre est resté sa propriété jusqu'à sa mort. Et cet abruti de Moricz aurait dû nous écouter.
-Comment ça ?
-S'il l'avait acheté en viager, il n'aurait pas eu à payer plein pot. Maintenant, il n'a certainement pas les moyens pour l'acquérir et pour reconstruire la ville.
-Mais l'or ?
-Les villageois vont probablement l'exploiter, il ne pourra plus en profiter.
-Bien vu. Nous partons Elie ?
-COIN COIN ! »
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