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Ce fameux matin

Enfin la terre se profilait sous mes yeux, les mouettes refaisaient leur apparition. Plus rien n'aurait su me retenir entre Spica et moi. La distance ? J'allais l'avaler. La météo ? Je l'aurais bravée. Des ennemis ? Je les aurais enterrés vivants.

J'étais comme un gosse. Un enfant-roi.

La traversée s'était plutôt bien passée. J'étais traité comme un roi, un pirate roi de son navire qu'était même pas le sien. Une petite tempête a essayé de balayer notre route, mais c'était comme si mon envie furieuse l'avait balayée sans trop de dommage. Il y avait quelques réparation à faire, mais les hommes de main du capitaine s'en était occupés, je leur avais même filé un coup de main. Parce qu'ils m'étaient sympathiques. Et que -fait extra-ordinaire- j'étais de bonne humeur. De très bonne humeur. Pas l'ombre d'un souci ne pouvait entacher mon moral.

J'étais insouciant et très impatient. Enfin, mon seul souci était de rejoindre ma belle le plus vite possible !

Le port et son petit village commençaient à se dessiner lentement. Trop à mon goût. C'était précaire mais même la misère me paraissait supportable. Une vie tranquille de pêche au soleil, seul avec son grand amour, voilà ce dont un homme à besoin !

Après avoir accosté, j'étais le premier à descendre du rafiot. Les planches de bois mort et pourries par l'eau de mer craquaient sous mon poids mais rien de bien méchant. Je me dirigeai vers la première personne qui se trouvait devant moi. C'était une vieille femme dont le nombre de ride n'avait que d'égal son nombre d'années. Je supposais.

- Bonjour madame ! Savez vous où je peux trouver trouver Spica Milinae ? Grande jeune femme, crête rose.

Elle me regardait d'un air suspicieux, qu'est ce que lui voulait un mec de mon genre, avec une grande cicatrice sur le haut de la tempe ? Et je crois que mon sourire radieux déformait horriblement mon visage plus qu'il ne l'enjolivais.

- Je ne veux rien de mal à ce pays ! Je veux juste la retrouver !

Après quelques instants de jugement, elle décida de me le dire, pensant peut être qu'il le valait mieux pour sa vie. Mais je n'étais pas de cet humeur là !

- Au village des parents, suivez le chemin à l'est. C'est vraiment quelqu'un de bien !
- A qui le dites vous ! Je vous remercie !


Et voilà que d'un pas guilleret j'entamais le reste de la distance qui nous séparait. J'étais un imbécile heureux.

Et j'emmerdais ceux qui le pensaient. Non, en fait, je ne leur prêtais aucune attention. Ils pouvaient penser ce qu'ils voulaient, ces aigris de nature.
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Après une bonne grosse demi-heure de marche, le village des parents apparaissait enfin dans mon champ de vision. Et avec lui quelques gamins postés ça et là comme des éclaireurs. Ils étaient tous déguisés en indien et ils me regardaient tous bizarrement, comme s'ils allaient s'attaquer à moi.
Alors je tentai de les rassurer.

- Salut les mioches ! Vous inquiétez pas, je veux juste voir Spica !

Je savais pas ce que je leur avais dit de mal mais putain, dès que le petit gros avec le bide à l'air souffla dans son coquillage, toute une ribambelle sortit de nulle part !

Un grand mince avec les cheveux qui cachaient ses yeux me visait au lance-pierre et me jetait des makibishis. Je les évitais assez facilement, je voulais surtout pas m'en prendre à eux.

- Mais arrêtez ! Je vous veux rien de mal !

Un petit costaud lança un sac en l'air, un autre encore plus petit le perça avant qu'il ne touche le sol. La petite sacoche en tissu miteux commençait à déverser son contenu sur moi. Le sac heurta enfin la terre ferme et je vis qu'il contenait de la poudre qui tombait en neige sur ma tête et mes épaules.

Elle se glissait partout et j'entamai la danse de la démangeaison sous les rires sadiques des gosses. Le pire, c'était que dans un premier temps, ça te grattait, mais que dans un second, ça te brûlait ! Ce petit spectacle leur donna l'occasion à quatre d'entre eux de me ligoter avec des cordes. Comme je sentais qu'elles n'étaient pas très solides et solidement attachées, j'utilisai le Retour à la Vie, en espérant que ça les intimideraient.

Mon cul ! Ils se sont barrés en courant pour faire place à un autre gamin. Mais celui ci serait en mesure de se défendre. Il devait être fraichement majeur. Il était coiffé bizarrement -déjà qu'il était roux le pauvre- et sa main gauche n'avait plus de chair du tout ! Il était sapé comme s'il était prêt à faire le show.

- Bien le bonjour, Alan Ford pour vous servir. Que désirez vous ?
- Je veux juste revoir Spica !
- Vous savez combien nous voyons de gens mal intentionnés passer par ici ?
- Mais je lui veux pas de mal !


Il se mit à rire, plein de désinvolture.

- Tout le monde le dit ! Et je ne peux que difficilement vous croire d'après votre tête ! Les gens bien n'ont pas votre allure !
- Bon, écoute, ça me fait chier de faire ça, mais t'as l'air décidé d'en découdre, alors viens prendre ta pâtée ! Rien ne peut me séparer d'elle.


Mais il ne bougeait pas, il restait là, sur mon chemin, avec son rictus aux lèvres.
Alors je commençai à le charger en faisant attention, juste pour voir ce qu'il valait.

- Hmpf, vous voyez, vous faites preuve de haine et la haine vous aveugle !

Il m'esquiva et laisser tomber une boule rouge qui éclata en entrant en collision avec le sol. Mes poings se dirigèrent dessus sans que je puisse les contrôler.

- Malin ... Mais est ce que tu pourras dévier tout ça ?

Je me divisai en une multitude de baies et formai un vortex de balles autour de lui, même pas impressionné. Non, il manipulait des boules colorées entre ses doigts en souriant.

- Vous savez pourquoi cette balle est jaune ? Parce qu'elle représente ma gaieté. Et celle ci est bleue parce que visiblement vous ne comprenez rien à ce que vous voyez. Mais ce n'est que de l'illusion et du color trap !

Il lança la balle jaune au dessus de lui puis la balle bleue et les deux se rentrèrent dedans. Une grosse tâche verte en résulta et commençait à tomber en pluie.

- Ce qui donne naissance au vert de la paix !

A mesure que cette pluie colorée touchait mes baies, ces dernières se laissaient tomber. Je fis mine de me rassembler pour mieux passer en Phantom derrière lui. J'expulsai mon corps en balles derrière lui à toute vitesse et je saisis mon Mahach aussitôt. Il n'avait pas eu le temps de comprendre, ce qui me donna l'occasion de le saisir à la gorge. Je levai haut ma lame au poing dans le ciel avant de la rabaisser avec toute ma brutalité et ma violence sur sa jugulaire.

- Contrôle parental : lock !

Mon Mahach s'était transformé en épée en plastique qui couina quand elle s'écrasa sur le coup de ce fameux Alan.

- M-Ma-Mahach !

Cette voix !
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Spica ! Cette voix, c'était celle de Spica !

Immédiatement, elle plaqua doucement ses mains sur épaules et moi les miennes à sa nuque. Immédiatement, les mots n'eurent plus leur place. Il ne s'agissait que de gestes qui se répondaient et d'émotions qui se miroitaient. Bon dieu ouais, quelles émotions ! Si les mots avaient eu une place, jamais ils n'auraient pu être aussi fort que l'alchimie, que l'osmose qui se créait à cet instant. Il n'y avait plus de "moi", de "il" ou de "elle". Il n'y avait que "nous". C'était tellement électrique, tellement irrésistible ! Nous n'avions aucune envie de résister.

Comme si elle savait que je voulais la contempler avant tout, elle ne fit pas d'autre geste. Non, elle me contemplait elle aussi. Cette magnifique crête rose, toujours aussi soignée, qui ondulait et frissonnait avec délice dans la douce brise. Ses traits si fins presque divins ! Toutes ces étoiles rutilantes dans ses yeux !
Nous posâmes nos front l'un contre l'autre, amoureusement. A cet instant, je me perdis dans ses lagons de menthe si sucrés que j'aurais pu n'y noyer que cela n'aurait eu aucune importance !
Nous nous serrâmes dans les bras, j'en frissonnais de tout mon corps et de toute mon âme. Je sentis la brise à nouveau nous parcourir, toute la vie jaillir en nous. Si nous étions tout petit en ce moment, qu'importait, nous étions invincibles ! Plus aucune sombre tâche à nos bonheur, plus aucune erreur passée, que cet instant présent, rien ni personne d'autres. Que nous.

Le bonheur valsait joyeusement dans les veines, encore un besoin de se contempler, de s'assurer que tout cela était vrai. Ce ne pouvait pas être un rêve, c'était trop beau. Nos lèvres, irrésistiblement attirées se frôlèrent, je pouvais pouvais sentir son souffle, puis s'effleurèrent, ses lèvres si rose si pulpeuses, si sucrées, je n'avais pu les oublier. Nous nous embrassâmes longuement. Notre osmose était plus forte que tout, plus forte que le monde ! Les amants retrouvés d'un rêve brisé  : rien ne pouvait les arrêter, rien ne pouvait les effrayer, rien ne pouvait les empêcher de s'aimer.

Voilà qu'elle fit quelques pas, pas que je comblai presque aussitôt. Elle me prit la main et me la tira doucement pour m'inciter à la suivre. Elle ne l'aurait pas fait que je l'aurais suivie malgré tout. Inconsciemment. Électriquement. Amoureusement.

Elle m'emmena dans ce que je présumais être sa chambre. Quand nous ne consumions pas notre amour inextinguible charnellement, nous le faisions platoniquement.

Le soleil se couchait, nous allions faire de même, dans les bras de l'un l'autre, exténué mais ivres. Ivres d'amour, ivres de bonheur. Ivre de plénitude.
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