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A l'aube de la désillusion

Vers le début de l'année 1626


Autour de lui, ça s’agite. Une ribambelle de types en blouses parfaitement repassées se remue autour de l’énergumène et l’inspecte de part en part. Quelques murmures s’échangent, aussitôt renvoyés à la source. Le sujet dans l’histoire, quant à lui, n’est pas aussi agité et nerveux que la petite fourmilière se mouvant tout autour de son cas. Allongé, fermement attaché et le corps relié à de drôles machines par d’épais câbles lui ponctionnant doucement le sang, il sait ce qui se passe, c’est la routine. Comme à son habitude, celui se proclamant comme le représentant de l’équipe se penche au-dessus de son étude pour s’exprimer d’une voix douce et posée.

Comment te sens-tu aujourd’hui ? Commença l’homme en gardant les mains dans le dos.  
Mundo bien mais bras pique-pique. Et Mundo sait docteur gentil avec. Répondit la masse, en gardant le regard braqué contre le plafond.
C’est exactement ça, les docteurs sont gentils avec toi. Je prends juste un dernier petit prélèvement pour vérifier si tu vas bien. Dit le docteur en interprétant les données s’affichant à l’écran. Tu vas avoir droit à un petit quelque chose pour ne plus avoir mal, d’accord Mundo ? Qu’il termina en reposant son regard vers son cobaye.
Mundo OK.  

Derrière eux, les déplacements continuaient encore et encore. Visiblement, il y avait des données à enregistrer et retranscrire avec une extrême précision. A en voir l’expression sur le visage de chacun, personne n’avait le droit à l’erreur. C’était comme si ce « Mundo » était une mine d’or dont il ne fallait laisser passer ne serait-ce que la plus petite pépite visible à l’œil nu. D’un regard, le Docteur effectua un signe de tête vers son collègue se tenant à droite du golem agrémenté d’une phrase concise, sur un ton impérial.

Tout se déroule comme prévu, administrez lui une dose de morphine. Pour se retourner en faisant un signe de main vers la vitre teintée en hauteur.


***


Dans l’ombre, deux paires d’yeux sont braquées vers la scène. Pas de bruit dans la pièce, ne serait-ce que le « tic/tac » de la large horloge encastrée dans un des murs de l’endroit. Observant méticuleusement les allers et venues des individus justes en bas, la nervosité ambiante est déjà moins anodine. Au bout d’un moment, alors qu’un soupire s’échappe du corps de la première silhouette, étant assez imposante, la personne semblant discuter avec l’être aux proportions démesurées se retourna pour lever la main. L’autre individu présent, après ce signe, s’écarta de la vitre d’un petit rire narquois.

Sir, là est l’ultime preuve. Tous les contrôles sont bons, il n’y aura qu’à attendre le rapport de Docteur Rolts.
Vous m’en voyez ravi, dans ce cas. Attendons ce reçu et nous saurons alors si votre motivation a été démontrée.  
Bien. Prononça l’homme au drôle d’allure pour s’approcher du petit tableau de bord, près de la vitre pour presser un bouton. Lambert, apportez les résultats d’analyse.

Nul besoin d’attendre une éternité pour qu’un laquais vous apporte ce que vous désirez. Pressant le pas dans les couloirs rejetant un écho s’engouffrant jusque dans les profondeurs de l’ile, Lambert se place devant la porte pour y insérer le document dans la fente latérale.

Tu es bien aimable. N’oubliez surtout pas de nettoyer absolument chaque parcelle de laboratoire. Ordonna Singed en entrouvrant la porte pour fixer le trentenaire de ses horribles yeux révulsés.
A vos ordres !
Que voici, Sir Swain. Je me répète mais je tiens à ce que vous sachiez que Mundo est avant tout mon ami. Loin de moi l’idée d-
Vous n’êtes pas obligé de m’annoncer les choses quinze fois. Rétorqua le Gouverneur tout en lisant attentivement le papier qui lui a été remis. Bien que celui ne détienne pas de maitrise sidérante dans le domaine de la science, les résultats affichés ne sont pas une énigme pour lui. C’est excellent, il n’y a vraiment eu aucune anomalie durant la période d’administration ?
Mieux encore, Sir. Nous avons pu constater durant les périodes de stabilisation que les effets de la potion ne se dissipaient pas, lui permettant d’accumuler plus de sérum, au-dessus des limitations que j’ai moi-même déterminé.
Son patrimoine génétique est…
Parfait. Est-ce donc la preuve d’une maitrise non négligeable, Sir ? Vous avez devant vous le fruit de plusieurs années de recherche.        
Il est vrai qu’au vu des données, vous refuser le projet serait un acte plutôt irréfléchi.
Plutôt…
Hum, un commentaire ?
Du tout, Sir. Je marmonne. Je peux donc oser espérer une réponse favorable ? Relança Singed en se frottant doucement les mains, un immonde sourire sur le coin des lèvres, laissant apparaître une rangée de dents acérées.

Une fois la lecture achevée, le Gouverneur se saisit de sa canne pour prendre appui dessus et, une fois droit comme un coq, se replace au niveau de la vitre pour épier les personnes en blouse en train de faire le ménage dans le labo. Tel un bon chien, Singed se plaça aux côtés de son maitre pour faire la même chose que lui.

Dans la mesure où votre projet de « super-soldats » - comme vous dites - passerait, auriez-vous déjà prévu la suite des évènements ?
En considérant les très bons résultats de Mundo et une validation de l’entreprise, je compte mêler son ADN avec deux de mes prochains cobayes. Pardonnez mon engouement Sir mais… ils ont déjà été sélectionnés.
Quel entrain ! Vous marquez un point, Singed. J’aime les hommes de votre trempe : entreprenants et qui ne manquent pas de témérité. Développez donc l’idée nichée dans votre tête.

L’alchimiste se devait absolument de contenir son contentement car, à ses yeux, la validation de son projet était pour lui toute faite. Volte-face, l’homme aux allures de zombie ouvre sa large besace en cuir pour y attraper un dossier. Dessus, nous pouvons clairement y lire les numéros deux et cinq.

Alors voilà, j’ai personnellement procédé à la prise de sang de chacun de mes hommes. Pourquoi me demanderez-vous naturellement ? Car, si leur condition le permet, les cobayes se trouveraient à portée de main. Bien sûr, loin de moi l’idée d’intégrer quelqu’un de force au Programme. Exprima Singed tout en présentant certaines pages de dossier à son supérieur. Ceci fait, un seul profil a clairement attiré mon attention. Surement la personne présentant la meilleure génétique dans le lot. Continua le scientifique en présentant une photo au Gouverneur.
Mais c’est…
Oui Sir, c’est Lambert. Figurez-vous qu’il n’a refusé aucune modalité proposée dans le cadre des opérations qui pourraient suivre après acceptation. Il a parfaitement compris que son accord signerait une avancée majeure dans le domaine de la science. Pour ce qui est du second, il s’agit d’un ancien chasseur de primes aux qualités physiques reconnues et bien évidemment testées, hinhin. Poursuivit le savant visiblement fou en présentant une autre photo. Docteur Walsz s’est occupé de lui refaire le portrait suite à un vilain abcès s’étant installé au niveau du visage. Pour le reste, je testerai le sérum sur des génétiques « lambda » plus sujettes aux maladies. Termina l’étrangeté humaine en fermant le dossier, synchroniquement.
Ce topo est excellent. Et bien… je ne vous souhaite que le succès. Quand espérez-vous remarquer des résultats probants ? Répondit Swain en tendant la main vers son scientifique – pour la broyer de sa grosse poigne, évidemment -
Mille merci, Sir. Je fais le serment que vous ne serez pas déçu. Et pour répondre à votre question, dix mois seraient raisonnables.
Par contre, derniers détails.
Oui Sir ?
Je serai TRES regardant quant à la discrétion de votre Projet. Bien que nous nous trouvons sur une île jugée sans foi ni loi ou je ne sais quelles conneries, faire savoir au public que des humains servent de cobayes pour des expériences visant à les rendre invincibles pourrait possiblement semer la zizanie, vous ne croyez pas ?
Oh, loin de nous ce problème Sir. Les personnages travaillant avec moi ont tous été… conditionnés.
Bien. Vous êtes prévenu Singed. Bien que je vous tienne en haute estime, les sanctions pour m’avoir désobéi s’avéreront très lourdes.
Je le conçois, Sir. Je le conçois.
Et pour ce Mundo, que comptez-vous en faire ?
C’est un présent, Sir. Pour vous. Mundo est une réussite et il est parfaitement dressé, vous en faire un garde du corps est, je juge, une bonne idée. Sans parler de votre accord qui m’a poussé à être redevable à votre égard. Prélever des échantillons de sang était la dernière chose à faire.
Le geste est appréciable. Mais cela ne changera rien à ma mise en garde : ne me décevez pas.


***

Six mois plus tard


Comme chaque jour, l’alchimiste se terre dans ses locaux pour comparer encore et encore l’évolution de ses sujets. En ce moment même, la journée est terminée pour aujourd’hui. Devant son bureau muni d’un enregistreur, l’homme se lance dans son rapport pour classer toute les informations importantes recueillies ce jour.

Jour cent quatre-vingt-cinq, me voilà aujourd’hui taré d’un avis tantôt mitigé, tantôt positif. En effet, les analyses faites sur le Sujet numéro 2 sont formelles malgré mon entêtement à les réitérer presque sans cesse. Au départ, lorsque j’ai administré le sang de Mundo aux Sujets deux et cinq, leurs métabolismes ont presque immédiatement changés. Les analyses étaient bonnes, surtout pour Numéro cinq qui, à l’heure d’aujourd’hui, doit être aussi parfait que mon premier cobaye en terme de résultats. Lambert aussi, mais les contrôles de routines et la période d’augmentation des doses de sérum s’est révélé quelque peu alarmante. Je vais vulgariser car la fatigue et mon esprit préoccupé m’empêchent de réfléchir comme il se doit. L’équipe a remarquée il y a peu que les cellules du sujet sont devenues littéralement accrocs au sérum. Lorsque celui lui ingère une potion, ses capacités sont telles qu’il pourrait affronter mes deux meilleurs soldats en même temps sans AUCUN problèmes. Sur le fait, c’est magnifique, le problème étant maintenant que son organisme se détériore quand il n’est pas sous sérum. Sans parler de ses accès de colère fréquent pendant l’ingestion. Pire encore, la destruction s’accentue encore plus vite après la descente. Lambert est un sujet extrêmement prometteur et cette situation attriste mon âme de savant. Si nous arrivons à passer au-dessus de ce problème d’accoutumance, ce sera lui l’Alpha. Pour ce qui est du reste, ce n’est que de la chaine à canon. Les génétiques avantagées me distrayant bien plus.


***

Deux mois après


Comme à son habitude, l’ex chasseur avait la mine naturellement blasée. Devenu alors l’homme à tout faire de Singed, celui-ci se chargeait maintenant d’acheminer son « frère d’expérience » jusqu’au laboratoire. Non très loin de la position actuelle, étant donné que le captif restait dans une chambre non loin des lieux où les expériences se déroulaient. Les mains ceinturées et assis sur lit le regard braqué contre le mur dénué de motifs, une équipe de quatre hommes s’avancent au niveau de la porte vitrée. Trois hommes en blouse, équipe supervisée par le Numéro cinq. La main sur son épée, il n’est jamais trop prudent au cas où un débordement surviendrait.  

Le chef est quand même fou de vouloir procéder à une nouvelle phase d’augmentation.
Tu rigoles ?! Il a bossé corps et âme dans un sérum adapté à son métabolisme. Ce type c’est de la putain de nitroglycérine, tu as vu ce qu’il a fait à Sahoz ?! En une patate bordel…
Silence, nous ne sommes pas là pour nous repentir de la mort d’un collègue. Intervint le super-soldat sur un ton sec. Ouvrez la porte, vous aurez tout le temps de vous recueillir plus tard.

Pour leur propre sécurité, les hommes en blouses sont chacun équipés d’une petite matraque électrique pour officiellement neutraliser l’homme en cas de pépin. Mais à en écouter certains, l’arme n’a pas l’air d’être si efficace.

Amené dans le labo, le Sujet est allongé sur la table métallique totalement glacée. Comme d’habitude, il est analysé de partout pour ensuite se remettre droit pour procéder à l’assimilation. Aussitôt dit, aussitôt fait, Lambert est déplacé dans la « cage » - endroit où les cobayes ingurgitent les potions – pour qu’on lui remette ensuite la fameuse fiole, censée atténuer les effets indésirables du précédent sérum. De l’autre côté, tout le monde est attentif. Et surtout, personne ne se doute de la tournure des évènements qui va arriver comme une baffe en pleine figure. Oui, ça secoue.

BWARGH ! Ca ? C’est le son qu’hurla le cobaye presque instantanément après avoir vidé le contenu de la fiole que lui avaient donnée les scientifiques. Eclatée au sol, l’homme se tord de douleur pour s’écrouler à même le sol, au milieu des morceaux de verre.  

Et merde ! J’en étais sûr bordel !

Il est mort ?
Bonne question, il n’y a qu’un seul moyen de le savoir. Lança un des membres du personnel avant d’être coupé net dans son élan par l’homme si taciturne qu’on pourrait penser de lui que c’est un cyborg.
La n’est pas ton rôle. Si quelqu’un doit aller vérifier, c’est bien moi.
C’est mieux comme ça, oui.

En une poignée de seconde, celui dont le rôle était de chasser les criminels en fuite par le passé se tenait déjà devant la porte de la cage. Extrêmement méfiant, il avançait avec une lenteur telle que même les mouches devenaient des tambourines à chaque battement d’ailes.

Ouvrez. Intima la brute d’un signe de main vers le petit bureau.

Arrivé devant l’inerte, c’était déjà trop tard pour réagir à quoi que ce soit. S’il en avait marre ? Oh que oui. Rester cloitré dans une chambre et recevoir des traitements lui causant d’abominables douleurs n’étaient pas une vie. Bien sûr, les termes du contrat étaient tous beaux tous roses sur le papier, mais qui aurait pu déceler la vérité derrière un projet si joliment présenté ? Une vie où l’on a la patate quoiqu’il arrive, servir son ile et blablabla et blablabla.

Aujourd’hui, Lambert il en peut plus. Et c’est avec un extrême sentiment de soulagement qu’il surpris son collègue pour l’encastrer dans le mur d’un revers du poing pour ensuite saisir sa tête et l’éclater contre la paroi en verre jusqu’à la faire céder. Forcément, tout le monde tire la sonnette d’alerte et le personnel se munit de fusils tranquillisants. Mais là ça ne sert à rien. Il aura attendu le Lambert, il aura prévu minutieusement un plan dans sa tête pour se faire la malle avec un joli sac rempli de potions en éventrant une armoire solidement fermée. C’est peine perdue pour l’équipe scientifique si elle compte le rattraper, le Sujet est beaucoup trop fort et rapide et doit se lancer dans une course à travers les rues de la ville pour se réfugier et espérer retrouver sa famille au-delà de ce dépôt de pourriture formant une ile.

Tu sais que tu n’en a plus pour longtemps, mais tu t’accroches comme un enragé.
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Deux hommes entrèrent dans l’ancienne imprimerie abandonnée. La porte tomba quand ils la poussèrent mais le bâtiment était vide. Seulement un crayon vide et des feuilles éparpillées.

-On ne nous a pas menti, il était là.
-Monsieur Singed sera content qu’on ait retrouvé sa piste… Il n’y a pas d’indices sur ce qu’il est devenu ?
-Si… Ils sont partout, regarde, lis ça.

Sous les pas lourds les planches pourries grinçaient, laissant entrer les deux hommes encapuchonnés, pliés en deux sur le sol sale et poisseux de fluides récents et inconnus. Prenant quelques feuilles ils commencèrent à lire.

Jour 2
Deux jours que je me suis enfui du laboratoire de Singed. J’ai mal. Je ne me sens pas bien. J’arrive à écrire. Ecrire me vide la tête. Ecrire apaise ma douleur. J’ai peur. Je vis reclus dans une petite cabane abandonnée. Juste un crayon et des feuilles. Une ancienne imprimerie, dont ils ont enlevé les machines surement. Les planches sont pourries au point de craquer sous le poids de ma plume. Ils vont me retrouver. J’ai peur. Demain je prends contact avec Walsz… J’ai entendu son nom en fouillant le port pour trouver de quoi manger. Il peut m’extrader. M’enfuir. Fuir. Liberté. Je serais libre.

Jour 4
Il ne m’a pas rappelé… J’attends. Des bruits dehors. Ils vont me trouver. Ils vont me ramener. Fuir… Fuir… Blessé. Ne peut pas me cacher autre part. Mal. J’ai peur. A l’aide. Manque.

Jour 5
Refus. Il a refusé. Mal. Douleur. Fuir. Je dois

Jour 6
MAL, Partout trucs comprend pas écrire mal comprendre rien vide Mal mal mal mal mal mal mal mal mal mal mal mal mal mal mal mal

Une des hommes se relève et inspecte le pièce en grommelant, ses yeux passent sur les dégâts récents et anciens mais rien ne lui vient à l’esprit.

-Ouais…  Enfin on n’a pas d’autres indices sur sa direction.
-Si, cela fait dix jours qu’il a disparu et regarde.

L’homme à genou tend une feuille de papier où réside une écriture pressée, affolée, torturée.


Jour 10

Port

Les deux hommes se hâtent de courir hors de la bâtisse pour foncer vers le lieu indiqué par le dernier indice. Plus loin, sur le chemin le fuyard coure, titube, manque de tomber. Il a mal, se sent comme fou. Il est sur le point de perdre la tête. Les expériences de Singed sur lui, ont fait leur travail sur son cerveau et son corps, devenus accros et malades.

-Tiens tiens… Mais qui voilà ?
-Une victime à dépouiller.

Ils sont quatre punks. Quatre crêtes de différentes couleurs : rouge, bleu, rose et jaune. Deux femmes et deux hommes. C’est Rouge qui a parlé en premier, suivit de Bleu. Jaune s’avance et fixe le fuyard.

-Tu pensais pouvoir passer sans payer la taxe que tout le monde doit aux Rangers Power ?
-Du calme, Jaune… On va lui apprendre la politesse, réplique Rose en s’avançant.
-Mal… Fuir… Laissez…, tente de dire le fuyard.
-Bleu, occupe-toi de lui, dit Rouge avec un geste d’ennui.

Et la troupe se jette sur le pauvre homme alors que ce dernier manque de s’écrouler de douleur.
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Le carnaval ambulant s’avance vers Lambert pour débuter un fameux passage à tabac. Quel courage venant de la bande de créteux. Le bleu commence à saisir le faiblard par le col pour lui démolir le ventre à coups de poing. Acculé contre le mur et désormais à terre, à subir l’assaut semblant interminable du groupe de punks. Inerte à manger la poussière, les individus commencent à doucement reculer.

J’pense qu’il a eu sa dose.
Ouais, on va voir ce qu’il a d’intéressant. Lança Force Bleue tout en relevant le gaillard, le visage plein d’hématomes pour commencer à palper ses poches. Pfff, ce foutu clochard a que dalle sur lui. Un crayon et du papier, allez barre toi d’là ducon. Termina le coq bleuté en jetant sa victime sur le côté, celle-ci se rétamant lourdement au sol pour commencer à tousser douloureusement.

Quelques crachas volent pour venir souiller ce pauvre cobaye qui n’a jamais rien demandé quant à son état devenu lamentable. Certes, il sait pertinemment qu’un tel comportement des locaux est chose courante à Zaun. Se faire dépouiller ? D’accord. Encore faudrait-il que les malfrats aient correctement fouillés le contenu des vêtements de l’ancien scientifique. Car, oui, avaler la dernière fiole qui lui restait, ça ils ne l’ont pas vu venir. Un cri étouffé s’ensuit presque instantanément après l’ingestion. Forcément, le bruit alerte la bande dont le chef se retourne nonchalamment, un air quoique débile lui maquillant le visage.

Il t’arrive quoi, pouilleux ?
Lambert se relève durement, du sang coulant encore en mince filet sur son menton taillé dans la roche. Le voilà qui pointe du doigt le chef pour dévier celui-ci vers ses collègues. Vous…morts.
Son interlocuteur éclate de rire avant de pouffer. Laisse-moi rire, tu tiens à peine et tu penses pouvoir te farcir quatre types. Dit-il tout en continuant à s’avancer vers le titubant. On est pas n’impo-
Tu… disais ?

Un seul coup. Il lui a suffi d’un coup en plein dans la mâchoire pour faire taire son assaillant et l’envoyer la tête droit dans le mur, probablement à tout jamais. Les deux femelles restent bouches-bée, les yeux grand ouverts tandis que Bleu se rue vers Lambert, le poing levé en hurlant comme un tigre. Inutile, celui-ci vient se loger dans la main du type qu’on pourrait croire sous stéroïdes, se retrouvant brisé comme un vulgaire fétu de paille. Se crispant de douleur pour ensuite poser le genou à terre afin de trouver une position quelque peu soulageant la fracture, Drôle de coiffe se fit achever d’un sévère coup du lapin. Paniquées, le duo restant pris les jambes à son cou.

La dernière fiole, hein ? Peut-être qu’elle marquait implicitement ses derniers moments sur Terre. Oui, une fois encore, le pauvre homme se tord de douleur et peine à s’écarter de la scène macabre causée par ses mains pour s’enfoncer et s’écrouler à nouveau dans une ruelle puante aux murs suintants. Cette fois ci, c’est violent. Il déglutit le Lambert, et pas n’importe quoi. Une bonne goulée de sang épaisse s’étale sur le sol dans un son dégoutant. Livide, blanchâtre, affamé, tout ce que vous voulez, il sait qu’il est cuit.

Ça devient… de plus en… plus dur.

En rabattant son capuchon de ce qui semble être un drap noir tellement la qualité de celui-ci laisse à désirer, le fugitif continue sa route, en prenant appui sur toute surface solide pour le soutenir dans sa cavale.


***


Bon, tout est en ordre pour ta petite expédition. Tu es toujours sûr de vouloir y aller, je peux toujours convoquer des hommes ?
Non, voyons. Ne les embête pas pour ça. Tu sais très bien que ce ne sont pas des voyous anarchistes qui vont m’effrayer.
Soit, tu es un grand garçon. Alors voici tout ce dont tu auras besoin une fois là-bas. Dit Ashton en me tendant un sac au dos, que j’ouvre naturellement pour en examiner le contenu. Une bourse, deux certificats pour un aller-retour en navire, un den den ainsi qu’une carte pour trouver le bureau où chercher le colis.
Parfait. Tiens, je vois que je pars…
Demain, à la première heure. C’est que mon ami Termand est pressé, ça ne te dérange pas d’être, comment dirais-je, pris sur le feu ?
Aucunement, je m’en vais donc me reposer et nous nous verrons quand je serais de retour. Je t’appelle si j’ai un problème en route.
Ah, merci Lawrence, vraiment.
Pas d’quoi.


***


Pensif et à l’avant du pont droit comme un coq, il me tarde d’atterrir sur l’ile et de repartir aussitôt. Au loin, je peux déjà apercevoir l’endroit dans sa globalité, ne dégageant aucunement la même aura accueillante d’Inu Town. Je me rends dans l’opposé de ce que j’ai pu voir il y a de la quelques jours. De la fumée noirâtre s’échappe de ce qui semble être de grande cheminée imposante, annonciatrice de l’air sans aucun doute toxique de cet immense déchet. Zaun, me voilà.

Je ne m’étais pas trompé par rapport à ce que j’ai pu voir depuis le bateau. Des bâtisses semblant faite de taule rouillée, éjectant à quelques endroits des liquides méconnaissables. Sans parler de cette sale odeur qui encrasse les voies respiratoires. Bref, le capitaine arrive sur le pont pour permettre aux voyageurs de se rendre sur l’ile. Nous sommes peu nombreux cela dit, et vu mon allure fière et ténébreuse, je ne dois pas passer inaperçu. Je pense ça surement à cause de cet homme jetant des regards sur les nouvelles têtes. Et forcément, il s’avance à ma hauteur pour engager la discussion.

Salut l’ami, bienvenue à Zaun !
Lance-t-il en saluant de la main.
Un peu gêné par cette intervention soudaine, je ne sais pas forcément quoi répondre. Euh…merci ?
Héhé, pas d’quoi. Ouais j’dis ça parce que c’bon vieux Philippe est avenant. Ah ouais Philippe t’es avenant ? J’dis ça parce que c’est un peu la panique dans les rues d’puis peu, hein. Ouais ouais ouais, Philippe. Qu’il enchaine très rapidement. Le gus a l’air dérangé à parler tout seul en baissant le menton pour parler dans sa barbe.
La panique ? L’ile est déjà bien assez anarchique selon les dires, non ?
Ouais c’est sûr, hein. Ici c’est Zaun mais il s’est passé un truc bizarre y’a pas longtemps. Dit lui Philippe, ouais. Et avec votre dégaine de détective, bah j’le dis. Même si il est l’est pas Philippe, ouais. Dit lui.
Hum, j’écoute dans ce cas. Mais je vais préfère être clair en disant que je n’ai pas beaucoup de temps à vous accorder.
Bon, pas loin au niveau du port, y’a deux mecs qui s’sont fait exploser la tête. Du jamais vu ici personne a rien vu. ‘lor voilà, faites gaffe à vous. C’est dit car les touristes sont pas attirés par Zaun, hein. Bien joué Philippe, c’est bien ouais.
Ah, je ferais attention dans ce cas, merci à vous. Pauvre fou.
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Panique. Anarchie ? On m'a dit que Zaun était repère de l'élite. D'élite je n'ai vu que celle des cafards ivrognes. Anarchie. Pas régime politique sain. Laisse les instincts dicter les lois. Et la raison du plus fort coïncide souvent avec celle du plus abruti. J'espère que Zaun me décevra pas. J'investis deux semaines de permission en elle. Qu'aurais-je le temps de faire en deux semaines ailleurs ? Compte tenu de ma moyenne, concevoir trois nouveaux gaz, trouver des applications militaires à l'aspirine et résoudre une dizaine de mystères mathématiques historiques.

Je. J'aimerais que Zaun me fasse pas perdre mon temps. Sans un visuel sur la cité je pensais visiter une utopie. L'interlocuteur du capitaine s'est éloigné. C'est à mon tour d'interroger pour dissiper certains de mes doutes.

Qui est le meilleur s-scientifique de Zaun ?
Heu ? Qui parle ? T'as pas entendu, Philippe ?
Moi.
Aaaaah ! T'es toute petite, ma p'tite ! On pense se faire pousser des couilles en prenant la mer, gnagna ?
Non. Ai déjà des t-testicules. Réponds à ma ques-question.
Comment ça tu as déjà des... Euh, c'était quoi la question ?
Qui est le meilleur scient-tifique de Zaun ?
Aucune idée ma petite ! Et Philippe en sait nada aussi ! Mais j'sais qu'il y en a tout plein, ah ça ouais !

L'air est brumeux. La ville brune est accablée d'un difforme et opaque nuage de dioxyde de carbone. L'océan emprunte sa texture et sa couleur au pétrole. Mais mon esprit extrêmement clair perce sans peine les ténèbres. Une fois pied à terre, je saurai où aller. Magasins. Tavernes. Lieux de rencontre. Glaner informations. Puis j'aviserai. Taux d'improvisation de plus de 75% dans la planification de cette excursion. Très désagréable, mais j'ai pas d'alternative. Les informations sortent peu de Zaun. J'étais obligé de me rendre sur place pour avoir une chance de rencontrer les têtes pensantes de l'île des élites.

Oh ! Y a bien Singed qui me vient en tête ! C'une grosse tête, ce gars, il paraît !
Ah. S-spécialisation ?
Alchimiste !
Pseudo-science. Inintéressant.
C'est pas pareil qu'la chimie ? En plus... en plus, euh... magique ?

Mauvaise plaisanterie. L'alchimie est la soeur bâtarde non-désirée de la chimie, issue de l'union ridicule entre la science et de risibles superstitions antiques. En l'affiliant à la noble chimie, j'estime que cet imbécile a perdu 95% du peu d'estime que je lui portais. Ma considération pour lui tombe à zéro. Et des germes de colère dispersé dans mon cerveau habituellement dépouillé d'émotions. Tsss. Je dois me débarrasser de ces parasites qui brouillent mon jugement. J'ignore sa remarque et ferme les yeux un instant pour m'épargner la vision de son stupide visage un instant.

Bah ? Ça va ?

Je me doutais que ce type en saurait rien. De ce qui motive mon voyage. Il est à peu près compétent en navigation. C'est déjà beaucoup lui demander.

Au fait. A retravailler mentalement ses mots, quelque chose finit par m'intriguer.

Qui est Philippe ?
Mon vice-captain, tu l'vois pas, ma p'tite ? T'es aussi bigleuse qu't'en as l'air ! Forcément, si tu fermes les yeux ! Gnagnagna ! Nan nan Philippe, c'était méchant ça.
Pas de Philippe près de t-toi. Tu es s-seul.
AH ! C'est qu'elle essaye d'être convaincante, la gamine ! Mais on sait tous les deux qu't'es là, pas vrai, Philippe ? Aussi sûr que toi tu es là, gami... t'es vraiment une gamine en fait ? T'es un peu malformée, ça doit pas être facile tous les jours...
Non. Homme-poisson de v-vingt-cinq ans.
Euh... Bien sûr ouais, gnagnagna ! J'blaguais ! Faut s'marrer dans la vie sinon on finit comme Zaun, tout rouillé et puant, pas vrai Philippe ?

Esprit défaillant typique des capitaines solitaires au long cours. Besoin de compenser son isolement par la création de personnages imaginaires ou de fantômes. Cas intéressant mais relativement banal. Rien qui peut me détourner de l'objectif de mon excursion.

Qui est le m-meilleur scientifique de Zaun ?
Gneuh ? T'viens pas de me le demander ?
Erreur. "Tu parles seul" était m-ma dernière phrase.
Eh, j'suis p'tet débile, mais pas con ! T'as entendu ça Philippe, il veut m'faire passer pour un con devant l'troupeau ! Quoi ? Débile et con, c'la même chose ? Nan, y en a un plus sale !
Intéressant. Tu t'es c-corrigé tout seul par le biais de ta seconde p-personnalité. Je. Hum.
On va débarquer, moussaillon, va falloir songer à cesser d'me faire perdre mon temps !
Absurde. Je suis seul à ne pas avoir de temps à p-perdre ici.

Il m'a pas écouté et s'éloigne de moi, me laissant cerné de mes questions sur le pont. Oui il m'a déjà répondu. Je m'en suis rendu compte à posteriori. Mais ma mémoire a cru bon d'effacer ce renseignement vital. Amnésie chronique due à l'héritage handicapant contenu dans mon risible ADN de poisson-rouge. Je devrai reposer la question. Et noter la réponse. Sur calepin. Où est le calepin. Mes yeux se rouvrent et partent en quête du calepin.

Où est le c-calepin. Ah.

Oh le calepin était fixé dans ma main, mais je n'ai pas pensé à noter et j'ai même oublié sa présence. Je vais faire le tour des passagers avant que nous n'effectuons le débarquement. Quel est le meilleur chimiste de Zaun ? Oui. C'est mieux qu'utiliser le vague terme de "scientifique". Il faut de la précision et du tact. Comme lorsque l'on manipule des agents chimiques mortels.

REMONTEEEEZ LA VOILE, SCARAMOUCHES ! PHILIPPE, TIENS MOI LA BARRE !

S'il compte sur son ami imaginaire pour manoeuvrer le navire on risque de se heurter à des problèmes logistiques.

POIGNE PLUS FERME, PHILIPPE ! TU TIENS LA BARRE COMME UNE FILLETTE ! ON VA CHAVIRER !

J'estime l'impact à survenir dans une vingtaine de secondes, tandis qu'un ponton noir s'extirpe de la brume grisâtre et s'approche de nous à la façon d'un bélier. Amusante illusion d'optique.
Il faudrait se préparer au choc en enlaçant la rambarde mais je préfère gagner du temps en récoltant des informations. Auprès des passagers. Qui n'ont pas l'air près à donner de leur temps pour ma cause tant ils sont paniqués. Peur contre-productive. Calmez-vous s'il vous plaît.

Quant aux marins. Ils courent dans tous les sens sur le pont en hurlant au secours ou en insultant grivoisement leur capitaine. Personne pour me donner de précieuses minutes qui contribueront indirectement à l'avancée de la science. Tous ingrats. Égoïstes.
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