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[Essai] N°2

- Manœuvrez, putain !

Les boulets volent dans tous sens, explosent et envoient siffler leurs shrapnels. Ils perforent, oblitèrent et déchiquètent. La Boule est sur le pont, il ne pipe mot. Ses marins l'entourent dans cette atmosphère empestant la poudre, le sang et le sel. Le Bretzel fait un virage serré et se rapproche de la nef ennemie. Les cordes d'amarrage sont lancées, les chants pirates tonnent. C'est le moment. La Boule regarde avec un plaisir rageur ses pirates voler vers l'ennemi. Ils sont bons dans leur genre, pas de putains de marins d'étangs comme on en voit pulluler sur la mer ces derniers temps. De vrais frères de la côte, c'est devenu plus rare qu'une pucelle dans un bordel.

Des hurlements de toute sorte se mêlent. La souffrance côtoie la jouissance. Ses marins acculent l'ennemi qui recule, qui recule et si ça continue, ils finiront par se réfugier dans leur cale, les mômes. « J'crois pas qu’il est là, hein, captain » vint lui dire Aru, son second. Petit, famélique, cheveux cassés, Aru est l'exact opposé de son capitaine. Ce dernier le surplombe de ses trois mètres et lui jette un regard mauvais suivi d'un grognement. Aru s'éloigne. En silence. Trop longtemps que la Boule rumine sa vengeance et à chaque fois, le même scénario. Ils attaquent une flotte pirate, la détruisent totalement et rien. Pas de trace du fugitif. Ce trimestre si, c'est déjà le cinquième bateau pirate qu'ils attaquent. Enfin, à peu près, personne ne fait de compte.

- Boule ! réclame le capitaine.

Quand La Boule réclame sa boule, tout le monde s'exécute. Sa voix puissante porte au delà de la rumeur des combats et des complaintes. C'est pas une voix qu'il a mais un cor qui couvre la bataille. Précipitamment, ses marins battent en retraite. Une colonie de termites face à un fourmilier. Ils s'empressent de retourner sur le Bretzel avant que la main charnue de leur capitaine ne touche une des sphères noirâtres qu'on lui apporte sur un chariot. Plus de cinquante kilos pièce, et pourtant, il ne les soulève que d'une seule main. Une main rageuse. La Boule n'est pas expressive. Ses yeux aux pupilles oranges injectées de sang parlent pour lui.

Un moulinet. Un cri de fureur. Un vrombissement dans l'air. Puis l'explosion. Le bateau éventré part en feu aussitôt mais l'équipage du Bretzel se garde d'exulter. L'heure n'est pas à la réjouissance, il n'y a pas de fête quand la Boule est furax. Bras croisés, il regarde fixement le bateau brûler. Dix minutes plus tard, il ordonne le départ puis se dirige vers sa cabine à grand pas. Son manteau claque au vent. Son unique et longue queue de cheval sur sa boule à zéro fluctue dans l'air tel un serpent. Elle aurait pu être vivante. Dans la suite du capitaine se précipite le Chef cuistot. Le seul qu'il autorise dans ses quartiers, le seul à pouvoir le calmer. Grâce à ses bons petits plats dont raffole la Boule.

- Hey ! Pssst ! Mec ! Moi c'est Ormad. T'y sais quoi ? C'mon premier combat avec vous autres aujourd'hui, ha !
- Ouais, c'vrai. D'la bleusaille que t'es. Alors, c'tait comment ?
- Fastoche mec ! J'débarque sur l'pont adverse et t'y sais quoi ? J'tombe sur un noob. Pas comme moi ici, mais l'genre à avoir jamais porté un coup, t'y sais. Sur moi, il braque un gun. Il a l'traque. Ses nerfs craquent. Il farm sur l'percuteur mais nadaa. Le semi s'enraille.  
- Noooon ? Sans dec ? T'as une veine d'malade mon pote !
- J'me dis aussi. Mais là, il s'fait d'ssus et je le plante, t'y sais. Dix fois. Et...

- Ta gueule le newbie ! Récure bien l'canon au lieu de taper la causette ! Frotter les chiottes, ça t'branche ?
- Non, quartier-maître !
- Alors, au travail !

...

- Hey !
- Pitié, lâche-moi. T'es dur des pavillons ? Ta gueule a dit l'QM. Frotte seul'ment.
- Nan, t'y sais, j'me d'mandais. P'quoi on poursuit des équipages pirates ? C'sont des ennemis, ouais, mais y a pas que. L'captain cherche quelqu'un, c'est c'qui s'dit. J'plains c'pauvre zig', mais t'y sais c'est qui ?
- Non. Et j'veux pas savoir. J'tiens à mon grand manteau noir.
- Hein ?
- Ma peau, triple idiot. Et frotte !
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Une petite île tropicale en forme de croissant de lune au large d'East Blue. L'équipage de la Boule mouille là depuis une semaine où chaque jour a apporté son lot de déception. Assis sur un tas de coussins dans l'ambiance tamisée de sa tente, la Boule respire bruyamment. Chaque inspiration est lourde, pesante. Il se remémore le passé. Cet homme, ce fils de chien qu'il a côtoyé, embrassé comme un frère. Plusieurs fois, ils se sont mutuellement sauvés la vie. La fraternité par le feu. Trop sacrée. Et pourtant si bafouée ! Il a sali cette mémoire commune ! Quinze années ont passé et pour la première fois, il est tout près de le capturer, de lui faire payer son infamie !

Son ventre gargouille, il le tâte de sa main potelée. La blessure de la traitrise est là, son estomac en témoigne. Elle a cicatrisé, mais juste à surface. Sous les couches de chair, elle demeure saignante et torture la Boule depuis si longtemps !
Dehors, du tumulte. Enfin, ils sont revenus ! Il n'attend pas, il va à leur rencontre de sa démarche de sumo. Des pas lourds qui font trembler le sol. Une Boule de six cent soixante livres en mouvement. Trois cent kilos de pure colère qui obombrent ses minuscules membres d'équipage. Ils s'écartent tous sauf les trois de l'équipe d'intervention. Ils maitrisent un homme qui se débat. Le genre qu'on aurait pu acheter au rayon friperie d'un marchand d'esclaves. Un vieil alcoolique tout ridé.

- On l'a interrogé Captain ! Refuse de parler ! On savait pas si on pouvait lui péter un rotule ou deux, donc l'voilà !
- T'as bien fait Cole. Chef, une sanguine !

Le chef cuistot apporte donc à la Boule une orange sanguine de la taille d'un pamplemousse. Le couteau à peler est aussi long qu'un bras d'homme. Lentement, d'une minutie hors norme pour un homme de sa carrure, la Boule épluche l'agrume. Situation assez irréelle pour les observateurs qui s'interrogent. Et la colère qui le rongeait il y a quelques secondes ? Et puis ils continuent à observer le geste, chaque coup de couteau, chaque giclée du jus de pulpe au visage de leur capitaine. C'est un message et le prisonnier l'a compris avant eux. La prochaine orange, ce sera lui. Dans son gosier, la Boule fout l'immense orange qu'il avale d'un trait. Avec cette corpulence, le capitaine mange autant que trente hommes à chaque repas, la moitié du temps de l'équipage est consacré à la recherche de réserves et de nouvelles recettes.

- Écoute bien gamin, c'est pas quelque chose que je dis souvent, mais pour le moment, je n'ai plus faim. OU EST ACHILLE ?
- Acccccchh.... ccccccchhhh...
- Bégaye pas connard et répond au captain !
- OU EST CE TRAITRE ?
- Crrrraaa..... Crrrrrr....
- Oh dégueux, merde ! Il vient d'chier ma parole !
- 'a tell'ment peur du captain qu'il s'est fait d'ssus !
- CRRRAA ?  CRABE TU DIS ? LA BAIE DES CRABES ?

A peine le malheureux trouillard acquiesce-t-il que la main gargantuesque de la Boule fend l'air. Ses sbires entament un plongeon de tous les côtés. Le couteau à éplucher chantonne. Il fend le crâne comme un vulgaire melon. De la cervelle et des esquilles d'os sont dispersés aux quatre vents. La force portée est telle que la lame continue sa course. C'est tout le corps du miséreux que découpe en longueur la lame. Fourchu. « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH JE T'AI TROUVÉ ! » que vocifère la Boule. Aru s'attache à son rôle de métronome, et l'équipage s'active. Direction cette baie des crabes. La fin de cette épopée, qu'il espère.

- T'y sais, vraiment, j'pige pas.
- Quoi encore Ormad ?
- Bah l'captain, sa colère. Achille, t'y sais. On a eu l'blaze du fantôme qu'on poursuit, enfin ! Mais qu'a pu faire c'type ? Hein ? L'a couvert sa mère ou quoi ?
- Si tu veux crever jeune, continue.
- Pfff, toi t'es l'genre pas curieux du tout. Avec des pensées comme ça, on s'rait encore dans les grottes ! Hey, toi Conny, t'es un vieux d'la vieille non ? Combien lustres que tu pirates dans l'équipage non ?
- Ouais, et ?
- T'y sais, me d'mandais. T'y l'a connu non, Achille ?
- Et qu'est-ce qui te fait croire ça ?
- L'intuition, 'fin, une merde comme ça. Les larmes sortaient des mirettes du captain quand l'a prononcé son nom. Foi d'Ormad. L'ai vu, comme je te vois ! Donc forcément, c'est quelqu'un qu'il connait. Sûr !
- Donc tu te crois du genre observateur ?
- Un peu, ouais...
- Et tu as vu ce qui est arrivé à cet infortuné clochard ?
- Ouais mais...
- C'est plus fort que toi, tu devais demander ? Tu as raison, avec des gens comme Lucy, on aurait même eu trop peur de découvrir le feu.
- Tsss. Moi j'tiens à mes couilles, j'vous dis. Laissez-moi en dehors.
- Mais c'est avec des individus trop curieux de ton genre qu'on se retrouve avec des épidémies de pestes sur les bras. Parce que quelque part, un con a voulu faire joujou avec des virus, Ormad !
- C'que j'en disais, ty sais...
- Je l'ai connu Achille, c'était même le second du Captain. Aru était le troisième homme en cette époque. On était jeunes, insouciants, on pensait refaire le monde, raconte-t-il avec nostalgie, une pipe à la bouche. Achille et le Captain étaient comme des frères, inséparables. L'un avait la force de la nature, l'autre l'intelligence. Il voyait arriver les coups foireux à des kilomètres, Achille, un navigateur exceptionnel. Puis un jour, il a voulu partir, fonder son propre équipage.
- Merde ! C'pour ça qu'le Captain lui en veut à mort ! C'te trahison !
- Ben non, imbécile ! La Boule n'y voyait pas d'inconvénient. Pour lui, nous sommes tous des fils de la mer, on a même fait un énorme banquet pour célébrer le départ d'Achille. Et c'est là, qu'est arrivé le drame. Et depuis, quinze ans, le Captain cherche sa trace. On est parti sur Grande Line à sa poursuite mais on l'a jamais trouvé. Et quand y a deux ans on a entendu qu'il était de retour sur East Blue, on a bravé Calm Belt pour revenir.
- Quoi ? Que'que chose d'pire que d'partir d'un équipage ? Durant l'banquet ? Il fait quoi putain, j'y tiens plus ! Dis, dis dis !
- Le pire de tous les crimes sur ce navire, mec.
Fuck, la trompette ! Allez, bougez-vous bande de bouseux ! A vos postes de combat ! Toi aussi Ormad, dégage, oust !
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Ce détroit n'est qu'un bras d'East Blue qui s'enfonce profondément. Pour accéder à la baie des Crabes, à l'intérieur de la terre, c'est un passage obligé. C'est un piège mortel mais la Boule n'en a que foutre. Un homme a le devoir de se venger, surtout s'il a été si honteusement trahi. A l'entrée, il ordonne l'abandon du Bretzel. C'est en boutres rapides que l'équipage émietté s'attaque au détroit. Ils sont aux aguets, y a ceux qui rament et ceux qui veillent. Le piège est tapi sur les côtes, dans la jungle épaisse. Chaque bruissement d'herbe augure du pire et semble matérialiser la hantise des hommes.

Des canons.  

Ils émergent de partout et quand ils crachent leurs boulets, l'enfer s'abat sur la flottille. Deux boutres sont étripés d'entrée d'attaque. D'un bond, le Boule se jette dans la flotte. Ces billes de fer et de poudre ne sauraient l'empêcher d'étancher sa soif de vengeance. Il est trempé jusqu'à la hanche, l'eau explose en mini geyser et déjà, flottent des cadavres. « AAAAAAACCCCHILE ! ! ! »  Rugit-il en claquant des mains. Quand se rencontrent sa paume droite et gauche, une onde de choc nait. Devant lui, tout est soufflé. Les arbres partiellement déracinés, les canons envolés. Les plus valeureux des hommes se sont accrochés et lui barrent le chemin vers la baie aux Crabes. Ils sont nombreux.

De la chair à broyer. Tous.

Quand la Boule charge, c'est l'équivalent d'un troupeau de mammouth en rut. Et quand il bondit et retombe sur le sol de toute sa masse, les hommes sont propulsés en l'air. Comme des fétus de paille. « DÉGAGEZ, DÉGAGEZ ! ! ! » Encore plus vulnérables qu'ils sont, suspendus entre ciel et terre. Gifle sur gifle, l'homme aux cent millions de Berry se fraye un chemin. Sa main n'en est pas une, c'est une masse. Quand elle fauche, elle écrase et ratatine. Le poisseux liquide écarlate gante ses membres au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans la jungle. Ils sont nombreux, trop nombreux même. Mais la Boule n'est guidée que par sa fureur. D'un tour de bras, il déracine un arbre et le balance sur une position forte d'ennemis en gueulant de tous ses poumons. Ils évitent le projectile et tombent sur lui à vingt. Leurs petites mains lui plantent des couteaux dans la chair. « C’EST MA GRAISSE QUE VOUS CHATOUILLEZ, ENFOIRÉS ! » Une pirouette sur lui-même et ils s'envolent. Puis retombent, déjà morts.

- PITIÉ, PITIÉ, PITIÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ ! qu'hurle un avorton de pirate.
- C'EST BIEN VOUS LES PIRATES DE LA BOUCLE D'OR ?
- Ouiiiiii ! Me rends, j'me reeeeeeends !
- TON CAPITAINE, ACHILLE, L'EST OU ?
- Dans sa datcha ! Lààà !
- Merci ! Crève !
- Nooooooooooooooooooooooooooooooon !

Sa semelle éléphantesque s'arrache des restes du crane de ce pauvre hère qu'elle vient de tamiser. Le reste des pirates est pris d'épouvante et s'enfuit à toute jambe. Ladite datcha est devant lui, la demeure du traite. Le sale traitre. Le Judas. « AAAAACHILLLLLLE ! SORS DE LA ET PAIE TON CRIME ! »

- Que ?! Hector ? C'est... c'est toi qui nous attaque ? Quoi ? baragouine la cible quand elle émerge des bois environnant avec sa garde personnelle.

Le sang de la Boule ne fait qu'un tour. Il a osé l'appeler par son prénom après l'avoir trahi. Le sumo saute, les membres écartés. Son objectif, prévisible. « Il va vous écraser ! Dispersion ! »
Pas si bêtes, ils s'écartent et la Boule s'écrase sur le sol. La terre tremble et l'onde de choc soulève de la poussière. Les balles crépitent au loin, les combats se poursuivent ailleurs et peu à peu la baie tombe sous sa coupe, devine Hector la Boule. Mais son seul objectif se camoufle par delà ce rideau de poussière. « BOULE TYPHOON ! » Son immense capacité pulmonaire mise à profit expulse assez d'air pour ventiler la suspension de saletés. Juste à temps. Derrière lui s'était approché un des gardes du corps. La Boule le fauche et le soulève d'une main. L'autre se pose sur son crane. « Nooon Hector ! NE FAIS PAS CAAAAAAA ! » Trop tard. Sa main a déjà pivoté et le cou du pauvre bougre avec. Tourné comme un vis. Un autre garde subit un sort semblable, enfoncé dans le sol. Comme un clou.

- TU TE DÉCIDES A TE BATTRE ? COMME UN HOMME ET UN TRAITRE ? HEIN ? ACH' ?
- C'est quoi ton problème, Hector ? On s'est pas quitté en bons termes ? On n'a pas partagé la même coupe, tels des frères ? Pourquoi tu tues mes hommes ? Hein ? Grand Line t'as changé à ce point ? OU BIEN ? FUUUUUUUMIER !

Son sabre au clair, il se lance contre la montagne de muscles et de graisses. Qui ne prend pas la peine de l'éviter. Au tranchant de la lame, la Boule oppose son avant-bras. Pas une égratignure. Le sabre rebondit et son porteur esquive le coup de paume de son adversaire. Ce coup était mortel. Maintenant, il n'a plus aucun doute, son ami d'antan est venu pour le tuer. Et il ne comprend toujours pas pourquoi. La Boule, quant à lui, s'en souvient parfaitement. Comment sa panse aurait-elle pu oublier cette blessure ? « CONNAAAAAAARD ! »  Trop vif est le geste, désemparé se retrouve Achille qui subit la poigne de son vis-à-vis. L'assaut désarticule son bras gauche et lui brise les côtes. Une autre prise plus tard, il gît à terre, totalement à la merci de son colossal ennemi. Il a mal partout, du sang afflue dans sa gorge et il sent ses poumons s'en remplir. De ses yeux coulent des larmes d'incompréhension. Mais pourquoi ?

- Pourq....
- POURQUOI ? POURQUOI ? TU OSES ENCORE DEMANDÉ ? MAIS BORDEL, TU LE FAIS EXPRÈS ? TU VAS DIRE QUE TU NE TE SOUVIENS PAS DE TON IMMONDE TRAHISON ?
- ...
- Oh c'est pas vrai ! mâchonne un nouvel arrivant. J'espérais vraiment intervenir avant que ça ne tourne au vinaigre comme ça. Putain...
- DÉGAGE LE CHEF CUISTOT, C'EST UNE AFFAIRE ENTRE LUI ET MOI !
- Seigneur... Je vais t'expliquer Achille. Durant le banquet de ton départ, bah, tu te souviens, tout le monde a bu de son soul, toussa. Avant de partir tu m'as demandé un bento. Et ben, quand t'es revenu le prendre, tu as pris le mauvais bento. Le tien était plus loin sur l'étagère.
- TU AS PRIS MON BENTO ! MON SPÉCIAL BENTO AUX POULPES, LA MÊME RECETTE QUE CELLE DE MA DÉFUNTE MÈRE ! TU SAIS COMBIEN D’ANNÉES J'AI CHERCHÉ LA RECETTE APRÈS SA MORT HEIN ? ET TOI, TU TE TIRES EN TRAITRE AVEC LE PREMIER JET DE CE REPAS QUE J'ATTENDAIS TANT ! MEURS ENFOIRÉ DE PIQUE-ASSIETTE !

Et à la Boule de s'acharner sur le corps de son adversaire, chaque coup lui rappelant la souffrance qu'il a dû endurer. Chaque coup lui remémorant les cinq années passées à rechercher les ingrédients super rares pour refaire le même plat aux poulpes.


- Mec !
- Putain. J'crois pas, t'y sais ! On a massacré tant d'gens pour une histoire d'bento ? Sans dec ? Mais bordel la violence !
- J'tai dit qu'on risquait nos couilles à s'interroger !
- A mon avis, faut en profiter pou's'casser d'cet équipage.
- Tu veux déserter ? T'es fou ?
- Y m'connais pas, va pas m'chercher ! Et plein sont mort dans l'fleuve. Vont m'compter d'dans. J'préfère ça que d'rester. Un jour, y va tous nous zigouiller pac'qu'on respire l'même air qu'lui.
- Ouais t'as raison. Tirons-nous vite fait.

- VOUS ALLEZ QUELQUE PART LA BLEUSAILLE ?

- Merde !

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- Bonjour vieil homme. Puis-je vous poser quelques questions ?
- Hmm.
- Cadeau.
- D'la gnôle d'North? Bien dorée comme y faut. Tu m'veux quoi ?
- Rien, juste parler.
- Cause.
- Est-ce une plage très fréquentée ?
- Par qui, ça dépend.
- Dans le genre costard, cigare, parfois lunette noire mais toujours avec une valise.
- Nan, rien qu'des mouettes, parfois des albatros. Ta faune, j'la connais pas.
- Réfléchissez bien.
- Maint'nant que t'en parles... J'ai toujours un trou...
- Et avec ce supplément ?
- Oui, oui, ça y est, ça m'revient. S'peut que j'ai croisé des gens d'cette race-là.
- Quand ça ?
- Quand tu crèches sur la plage, chaque foutue journée s'ressemble. Le vent claque, ça goutte, c'est plus humide qu'un c...
- Merci, j'ai compris. La dernière fois qu'il a plu, c'était il y a un mois exactement.
- Si tu l'dis.
- C'est vous qui le dites. Alors, ces gens, que faisaient-ils ? Et ne me dites surtout pas que vous avez des problèmes de vision. Autrement, je vous gratifie d'un orifice supplémentaire.
- Oh ! T'es l'genre à sortir ton brolique après avoir graissé la patte ?
- Je n'aime pas qu'on me fasse perdre mon temps surtout et je crois avoir été assez généreux comme cela.
- Ouais bon, z'étaient là, z'ont débarqué avec leur matos, du lourd ! L'vieux Fred pêche chaque jour ici, on dit que l'vieux Fred est gaga. Donc personne fait attention au vieux Fred.
- Pas assez gaga pour oublier de soutirer quelques Berries, non. Quel genre de matos ?
- Des caissons... nan, des caisses. Assez mastocs pour t'y fourrer, avec moi en prime.
- Je vois.
- Hey, t'y gribouilles quoi sur c'papier ?
- Beaucoup de choses dont très peu que vous comprendriez et aucune qui vous regarde. Contentez-vous de répondre, où sont-ils allés après avoir déchargé leurs caisses ?
- Là haut.
- Vers ce pic ?
- Ouais.
- Qu'y a-t-il là-bas ?
- J'ai la gueule d'un putain d'forestier ? Mon grand-père et père avant moi, z'ont toujours vécu sur la plage. J'suis né dans la mer, j'mets jamais la pied dans cette putain d'jungle sauf pour ramasser des baies d'temps en temps. J'sais pas c'qui s'trame là-bas, et veux pas l'savoir.
- Très bonne idée. Votre rhumatisme ne vous permettrait pas de courir bien loin de toute manière. Continuez à jouer aux aveugles et vous aurez longue vie.
- Mouais c'est ça. Chacal.

___ ___ ___


- Il vous a appris quelque chose, 'sieur ?
- Que nos chers amis sont arrivés il y a un mois exactement. Comme nous l'avions prévu. Ils se seraient installés à la base du pic.
- Par delà la forêt. Sa mère. C'est d'la jungle tropicale !
- As-tu peur de te mouiller, Axel ?
- Désolé 'sieur, mais rien qu'a l'idée de m'faire sucer par une nuée de moustiques, j'ai d'l'urticaire. Maudites bestioles, je flinguerai bien celui qui les a créées.
- Il y a plus dangereux que des moustiques dans cette forêt.
- Nos soss armés jusqu'aux dents. En un mois combien ils ont produit, vous pensez ?
- A peu près cinquante kilos de cristal, je dirais. Berthelot est un chimiste très efficace.
- Qui s'est foutu à son compte. Un traite d'merde ! Pardon 'sieur mais il m'débecte encore plus que ces vampires. Dire qu'on lui faisait confiance ! Fallait juste qu'on lui tourne le dos et il nous a enculé sévère !
- Confiance est un grand mot mais je reconnais lui avoir accordé trop de largesses. Le seul responsable de ce fiasco, c'est moi.
- Les Bambanas n'seront pas aussi conciliants ! J'vous l'dis, ce s'ra la guerre !
- Les Bambanas sont nos alliés et le fait que je me déplace personnellement pour solutionner ce cas devrait les apaiser. Les couacs dans les affaires, ça arrive. Et s'ils ne sont pas contents de ma gestion, c'est la même chose. Je leur proposerai un arrangement à l'amiable pour régler notre bourde mais s'ils désirent aller plus loin, je suis disposé à toute autre solution plus énergique. Rappelle-toi qu'ils ont plus besoin de nous que nous n'avons besoin d'eux.
- Ouais ! J'reconnais bien là mon boss. On s'équipe 'sieur ? Longtemps que j'vous ai pas vu sur l'terrain.
- A qui le dis-tu, j'étais très bien à Koneashima. Le climat était doux, les femmes superbes.
- Désolé pour vos vacances.
- Trouvons ce traitre et mettons un terme définitif à notre partenariat. Tiens.
- Mais... C'est vot'bébé !
- Tu l'as mérité. Tu m'as vu l'utiliser plein de fois.
- Pour clôturer des contrats, ouais.
- A toi d'en finir avec celui-là. Tu connais la formule.
- Mains coupées, pendu court, par les pieds ? Ouais. J'ai été à votre école.


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