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Nova Ætate

Décembre 1625
Asnia - Archipel de Sander

- 'tain, t'as pris ton temps !
- Trois jours quoi !
- La ferme vous deux. Avez-vous déjà été pris dans un blizzard ? Nous avons eu de la chance de tomber sur ce petit village de chasseurs sur la banquise autrement, nous serions bien froids à cette heure.

Je descends du traineau tracté par une meute de chiens et dégourdis mes muscles ankylosés par trois jours d'inactivité à moins quarante degrés. Le paysage est d'une blancheur de kaolin, une étendue de plaine glacée qui s'étend par-delà l'horizon. A l'est, il y a North Blue, paisible, sans vague. Elle charrie les icebergs avec une indécente lenteur. Cet endroit de la côte n'est accessible que par la terre à cause de ces géants de glace. Jeremy et Jimmy m'entrainent sur le littoral givré. Le site n'est pas loin. Hum, ils ont fait du bon boulot depuis la dernière fois que je suis venu là au début des travaux, en Juin de cette année. J'ai investi toutes mes économies dans cette recherche alors savoir qu'elle a porté ses fruits ne peut-être que jouissif.

- On a foré jusqu'à 175 m sous la surface, expliqua Jeremy.
- C'est à ça que servait l'excavateur XXL que t'as acheté à Zaun.
- Celui à 10 millions de Berry ? Mon portefeuille s'en souvient encore, oui.
- On a dû créer toute une logistique pour transporter les déblais et... Tu t'en fous c'est ça ?
- Complètement. Je veux juste voir le produit de mon investissement.
- Mouais. Prend place là. L’élévateur va nous emmener en bas. En l'abaisseur... Peu importe, garçon, tourne le treuil !

Le WGS Métamorphe

Fantomatique. Aussi élégant que dans les descriptions. Le World Government Ship Métamorphe, en tout point semblable à celui qui disparut des mers cinquante-six ans plus tôt. Enfin, je l'ai trouvé. Emprisonné dans la glace, il est difficile d'évaluer sa longueur totale mais les archives de l'époque parlent d'un voilier de course mesurant soixante-dix mètres de la proue à la poupe. Il est dans un remarquable était de conservation, comme s'il s'était enlisé là hier. Ce navire à quelque chose de subjuguant, d'hypnotique.

- Moi aussi j'ai pas pu en détacher les yeux la première fois.
- Il est très incliné là.
- On a déjà posé pleins d'poutres et des ballons pour le stabiliser. Et on a dégagé presque quarante-neuf pour cent du bébé. Fin janvier, on pourra accéder aux cabines je pense.
- Des corps ?
- Malheureusement oui, trois hommes, d'la Brigade Scientifique. On les a trouvé dans des calottes à cinquante mètres du navire, dans c'coin là. Ils ont dû tomber du Métamorphe, dériver un peu avant de s'faire emprisonner par l'iceberg.
- On peut le publier ?
- Non, détruisez les corps. Enfouissez-les à nouveau, je n'ai aucune envie que ça filtre.
- Mais...
- Tu sais ce qui se passera si le Gouvernement soupçonne un brin de ce qui se passe ici ? Officiellement, nous cherchons La Barbade, un navire de commerce battant pavillon Luvneelois qui a disparu avec sa précieuse cargaison de tissus rares. S'ils découvrent que nous avons excavé le Métamorphe, le même qui s'est volatilisé en se rendant à Marijoa, ils viendront avec leurs gros sabots et nous bouterons dehors, un coup de pied au cul. Tu comprends ? Ce navire reste et restera propriété de la Brigade Scientifique, donc du Gouvernement.
- Et l'histoire...
- M'en fiche de l'histoire ! Ce que je veux, ce sont les notes à bord. L'équipage était ce qui se faisait de plus pointu à l'époque en matière de recherche sur les métaux du futur. Ils s'en allaient présenter la conclusion de leurs recherches à Marijoa. Vous risquez de tout faire foirer, il est temps de vous baguer.
- Ce qui veut dire ?
- Que je n'ai plus confiance. Je vous présente Nox. Actuellement, il est primé à une petite dizaine de millions de Berry pour avoir exécuté quelques contrats. Il aura la charge de vous surveiller et de récupérer tout ce qu'il y a à récupérer. Mon investissement, mes cash flows. Nox, s'ils déconnent, tues-les.

Putain de scientifiques à la noix ! J'aurais sûrement dû en chercher de moins fréquentables, mais eux seuls avaient l'air de s'y connaitre un peu en fouille dans les îles hivernales. Personne ne me retirera le Graal qu'est le Wapo Métal. Il y a un siècle, il fit la fortune, la gloire et le pouvoir de Wapol. C'est mon rêve, le Wapo Métal, mon One Piece à moi.
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Janvier 1626
Asnia - Archipel de Sander

Un mois plus tard, le Métamorphe est complètement excavé de sa prison de glace. Il nous faudrait un treuil d'une puissance phénoménale pour le tirer hors de cette fosse, mais je n'ai aucun intérêt à faire ça. D'ailleurs, suivant mes recommandations, Nox et son équipe ont, au fur et à mesure de l'avancée de l'évidage, effacé tout élément distinctif qui pourrait trahir l'identité du navire. Le nom imprimé sur la coque fut arraché avec cette dernière et tous les minuscules symboles du Gouvernement et de la Marine également rayés. De toute façon, l'intégralité de l'équipe de fouille à part les deux docteurs Jérémy et Jimmy est illettrée et a été recrutée dans les villages d'Asnia. Deux précautions valent mieux qu'une.

Il s'est passé beaucoup de choses dans ma vie depuis ma dernière visite. Je me suis entre autre illustré à Boréa où j'ai aidé à la capture d'un sanguin tueur en série surnommé "Le Réplicateur". A la fin de l'éprouvante enquête, je reçus une envoyée de Maximilian Nordin, le Roi de Boréa qui souhaitait m'embaucher dans un "projet" à long terme visant à affermir son pouvoir menacé par un groupe de comploteurs nommé "Le Conseil des Six Lunes". Apparemment, ils étaient très puissants et contrôlaient le royaume par des détournements de fonds, la corruption, le chantage et les meurtres. Il n'en fallut pas plus pour que j'accepte, sentant la bonne affaire mais surtout guidé par mon irrépressible envie de démêler l'inextricable. Un groupe mystérieux, des gens très puissants, voilà de quoi faire crever les plafonds de mon "curiositomètre."

J'ai la certitude que Boréa est le fer de lance que je cherchais depuis trois ans maintenant que j'officie dans le "milieu". J'espère qu'il me permettra de me faire le nom et la puissance auxquels j'aspire. Mais je n'oublie pas mes à-côtés et mes projets personnels, celui-ci en tête.
Le bateau est stabilisé, nous chaussons des crampons pour plus d'adhérence puis montons à bord. Les docteurs, Nox et moi. J'ai l'impression de remonter dans le passé, de fouler une terre dénudée de présence humaine depuis des siècles. Le bois est intégralement givré, recouvert d'une épaisse pellicule de glace. Des gens ont vécu sur ce pont, s'y sont amusés ou engueulés. Encastré près de la barre de navigation, il y la boussole "normale" qu'on utilise sur les Blues et le Log Pose de Grand Line. Nox se sert d'un chalumeau pour fondre la glace qui recouvre le poignet de la porte qui mène vers les cabines et les quartiers de l'équipage, puis nous l'enlevons de ses gonds vu qu'elle ne veut pas s'ouvrir.

- Que s'est-il passé ? Pourquoi et comment ce navire à la pointe de la technologie s'est-il retrouvé emmuré dans un glacier ? monologuai-je.  

Nous sommes en 1540, le Roi Wapol du Royaume Démoniaque de Drum décède d'une crise cardiaque. Grâce à son pouvoir tiré du fruit du Glouton, il a créa le Wapo Métal, un alliage à mémoire de forme. Concrètement, le métal pouvait être "programmé" pour se transformer en deux outils différents. Une pelle devenait un râteau, un râteau devenait une pelle. Un fusil à pompe devenait un katana et inversement. L'aspect pratique et innovateur de ce nouveau métal fit la richesse de Wapol -ancien roi déchu du Royaume des Cerisiers- à tel point que les Dragons Célestes créèrent pour lui un royaume sur une île abandonnée de South Blue qui devint la capitale mondiale du Wapo Métal. De son vivant, Wapol refusa de divulguer le secret de son alliage, arguant que seul le pouvoir du fruit du Glouton permettait de le créer. Ainsi, il s'en assurait le monopole et un moyen de pression. Suite à sa mort soudaine, l'économie du Royaume Démoniaque de Drum centrée autour du Métal s'effondra. Plusieurs guerres civiles plus tard, il ne demeure aujourd'hui que des ruines du pays de Wapol.

- Sur la coque on n'a trouvé aucun signe d'combat.
- Donc ta théorie sur laquelle on s'est basé pour creuser ici était la bonne.
- Mouais.

Combien d'heures ai-je passé, combien de bibliothèques privées et d'archives nationales ai-je fréquenté pour réunir le maximum d'informations sur le dernier voyage du WGS Métamorphe ? Et quand la phénoménale capacité de la mémoire eidétique vous permettait de lire environ vingt-milles mots à la minute comme moi, ce sont des bibliothèques entières que vous vous retrouvez à mémoriser avec comme seule récompense, des migraines violentes. Et bien sûr, une piste.

Plusieurs projets de recherches furent lancés par le Gouvernement dans le but de recréer la formule du Wapo Métal. Sans succès. Jusqu'en ce jour de l'an 1570, trente ans après la mort de Wapol où une équipe d'ingénieurs de la Brigade Scientifique réunie au sein du Projet Moscow fit "une percée décisive". En quoi consistait-elle ? Nul ne le savait à part eux, mais toujours est-il qu'ils furent si enthousiasmé et confiants en leur découverte qu'ils voulurent la présenter au Conseil des Cinq Étoiles et à l'Amirauté. C'est ainsi qu'ils embarquèrent à bord du Métamorphe pour rallier Marijoa. Cinquante-six ans après, voilà que je me déplace dans les coursives de ce navire que tant d'aventuriers et de chercheurs d'or ont traqué. L'inexpliquée disparition du voilier fut attribuée tour à tour à la Révolution et à un acte de piratage.

- J'ai un corps ici ! fit Nox en ouvrant la première cabine.

Allongée dans un lit, une femme dans la quarantaine. Son corps a été impeccablement conservé par le froid. C'est incroyable, une moitié de siècle plus tard, ses lèvres arborent toujours cette couleur rose foncée caractéristique de l'empoisonnement à la graine de Tamarin. Pour moi qui suis féru d'enquêtes criminelles, c'est une sorte de consécration. Une scène de crime figée dans le temps. Je la reconnais, c'est l'Ingénieur Principal Wanda Brooks, elle a dû mourir quelques heures après qu'ils se soient échoués ici. Sachant que les corps de trois autres membres de l'équipe ont déjà été retrouvés, il ne devrait plus en rester que quatre. Au fil de notre exploration de l'épave, on les retrouve tous. Le Soldat de la Brigade Scientifique Isaac Shepard, métallurgiste de son état; les Ingénieurs Généraux Paulie Vlasic et Arkhadi Kadimov, respectivement physicien et expert en intelligence artificielle; et bien sûr, le chef du projet Moscow, l'Ingénieur Général des Armées Thimoteus Tymochenko.  

- Lui aussi a cette teinte rosée. J'avoue que quand t'as émis l'hypothèse que l'équipage du Métamorphe s’rait mort d'un empoisonnement, j'ai pensé que tu délirais.
- Tu ne l'as pas pensé, tu t'es fendu la gueule, connard ! Nox, cherche-moi la cave ou les cuisines s'il te plait. Le limier en moi veut confirmer l'arme du crime. Pendant ce temps, je vais fouiller la cabine de Thimotheus.

Ce type avait un grade équivalent à celui d'un Contre-amiral et il est mort terrassé par une graine de deux centimètres de circonférence. Sa cabine est la plus grande, la mieux préservée parce qu'elle se trouve au centre du bateau. Le givre a colonisé chaque surface, mais ce qui est quasiment magique avec le froid c'est qu'il laisse tout en état. Aucune détérioration visible, le stylo du Général est juste congelé sur son bureau. Idem pour les livres et les blocs notes. J'exulte quand je remarque que chaque bouquin ou cahier est méthodiquement plastifié. C'est une habitude qu'on tous les érudits pour préserver leur bibliothèque en cas de naufrage ou la préserver contre la corrosivité du sel de mer. Quelque part, dans ce méli-mélo se trouve la formule qui fera de moi un homme riche et célèbre. La formule de la résurgence du Wapo Métal.

Cinq heures après, tout a été inventorié et étiqueté sous mes yeux perçants. Nous fourrons les livres et bloc-notes dans d’immenses glacières remplies de glace. Il est primordial de les garder à température égale, plus tard, il me faudra contacter un imprimeur pour trouver la bonne technique pour les dégeler et les sécher. Je connais déjà l'un des meilleurs dans ce domaine, habituellement, son métier c'est de faire du papier pour l'industrie du faux-monnayage.
Après le départ de ma très précieuse cargaison escortée par Nox et un détachement d'hommes travaillant autrefois pour mon maitre le Gila, j'ai enfin l'occasion de me faire plaisir. Tout le contenu de la cuisine est déballé sur le pont et sans peine, je retrouve mes coupables.

- Tamarindus Nebelina Mortifero, commentai-je en soulevant un bloc de glace renfermant le fruit tropical couleur marron en forme de gousses. Bon sang, cet empoisonneur a presque commis le meurtre parfait ! Je suis admiratif.
- Comment t'as su ?
- Je recherche le Métamorphe depuis sept ans les gars. J'ai voyagé loin, ai interrogé tous ceux qui, de près ou de loin ont enquêté sur sa disparition. En 1616, j'ai touché le jackpot en retrouvant le vieil Armando, le plus grand chasseur de trésor de sa génération. Il était mourant et m'a fait don de toute sa bibliothèque, impressionné que j'ai réussi à le retrouver alors qu'il s'était littéralement effacé du monde. Il a cherché le Projet Moscow pendant toute sa vie et a compilé les données les plus exactes jamais recueillies sur eux. Dans sa biblio, j'ai trouvé des duplicatas de la feuille de mission du Métamorphe juste avant son départ.
- Feuille de mission ?
- C'est un tableau de bord que signe chaque capitaine avant de lever l'ancre d'un port. Pour la Marine, ça se résume à l'autorisation de lever les voiles vers ladite destination, à énumérer l'identité des membres d'équipage, à détailler la cargaison embarquée, etc... Et c'est dans le listing des fruits que j'ai trouvé l'arme du crime.
- Ce fruit contient donc un poison ? s'enquit-il en s'éloignant avec dégoût du bloc de glace. Ils savaient pas ?
- Non. Parce qu'en l'état, ce fruit-ci est incroyablement rare, tellement que le Tamarinier des Songes, l'arbre qui le produit est déclaré éteint. C'est le mouton noir de sa famille, il a d'autres cousins très comestibles à la chair pulpeuse et légèrement acidulée. Malheureusement, le Tamarindus Nebelina Mortifero que voici ressemble trait pour trait au fruit du Tamarindus Nebelina Delectamentum. C'est cette dernière qu'ils ont pensé embarquer.
- Dégueulasse ! Mais j'le connais même pas c'fruit. Il vient d'où ? Et qui en mangeait à bord ?
- Tamarindus "Nebelina". C'est une espèce endémique de l'ile de Nebelreich d'où était natif Thimotheus. Là-bas, le tamarin est un ingrédient courant consommé en confiserie, en sauce et en gâteau.
- Et il n'a pas reconnu l'frère démoniaque du fruit mangeable mais toi si ?
- Le Tamarin des Songes a été éradiqué sur Nebelreich plus de cent ans avant la naissance de Thimotheus, justement à cause de sa mortelle ressemblance avec l'espèce comestible. Thimotheus n'a jamais vu de Tamarin des Songes, peut-être n'en a-t-il jamais entendu parler. A contrario de moi qui suis autodidacte en criminologie. Des poisons, j'en ai expérimenté énormément, des plus bénins au plus rares. Le Tamarin des Songes a été sauvé de l'extinction par certains herboristes ou empoisonneurs qui le cultivent dans leurs jardins. Quand j'ai lu sur la feuille de mission que "une caisse de tamarins, des espèces de gousses marrons parsemées de petits ronds jaunes" furent embarqués à bord, le déclic fut immédiat. Les petits cercles jaunes sont le seul moyen de différencier l'espèce consommable de la vénéneuse. Mais encore faudrait-il le savoir.

Les indices que je détenais étaient minces et volages. Mais sans sa certitude, le limier n'est rien. J'étais convaincu que l'équipage a été empoisonné par quelqu'un déterminé à les empêcher d'arriver à Marijoa tout en faisant passer ça pour un accident. Une caisse de Tamarin des Songes devait valoir des millions à cette époque là -tout comme aujourd'hui-. C'est ce qui s'appelle se donner les moyens de son ambition. J'étais certain de mon postulat, mais du reste, je ne puis m'appuyer que sur des conjectures. Thimotheus avait sans doute voulu fêter leur découverte en faisant goûter à ses subordonnés un mets de chez lui, à base de Tamarin. C'est ainsi qu'ils furent tous empoisonnés par la toxine des Songes, un mélange détonant de neurotoxicité et de cytotoxicité.

- La neurotoxine agit en premier et les paralyse moins d'une heure après l'ingurgitation. Ils n'ont pas le temps de passer un coup de fil. A partir de ce moment, le Métamorphe devient presque un vaisseau fantôme. J'ai émis l'hypothèse comme quoi ils en auraient mangé au dîner, soit dix-huit heures après le départ de leur port d'attache. A partir de là et des cartes météorologiques et océaniques de l'époque, j'ai calculé sur quelle distance ils auraient pu dériver et jusqu'où.
- Sanderr était quand même à plus de cent kilomètres de leur itinéraire initial !
- Il y a eu une violente tempête partant d'Inu Town ce jour-là. C'est elle qui les a emporté ici.
- Ça n'explique pas c'que voulait l'empoisonneur ? Juste les empêcher de publier leurs travaux ?
- On ne le saura jamais. Mais je pense qu'il a fait ça dans le but de les aborder en mer pour piquer leurs recherches. Mais la soudaine tempête aura contrarié ses projets.
- C'est triste.
- Disons qu'ils ont manqué de chance. J'espère que j'en aurais plus.
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Janvier 1626
Lavallière - Boréa

Une semaine s'était écoulée depuis la fin des fouilles à Asnia. Comme je l'espérais, mon imprimeur fut capable d'extraire toute l'humidité des papiers sans en détériorer aucun. Je pris plusieurs jours pour tout lire. Les notions qu'ils embrassaient étaient aussi diverses que les spécialités entrant en compte dans le Projet Moscow. J'étais un peu touche à tout, autodidacte dans bien des domaines mais la physique appliquée, les mathématiques poussées, ou encore la science des matériaux, étaient un peu trop spécialisées pour moi. Tout seul, je ne risquais pas de comprendre à quel point Thimoteus Tymochenko et son équipe étaient avancés dans leur projet. Il me fallait trouver un ingénieur de génie susceptible d'interpréter leurs résultats, mais plus important, un individu capable de continuer sur leurs bases si davantage ils n'étaient pas arrivés à bout.

C'est ainsi que je me mis à secouer les toiles de mes contacts. On me conseilla Zaun mais la mentalité des natifs ne m'y encourageait guère. Je devais avancer avec prudence et ne pas confier ces notes à n'importe qui sous peine de me faire escroquer et coiffer au poteau. Enfin, cette éventualité-là ne me turlupinait pas, je savais comment régler une trahison. Durant ce qui resta de ce mois de janvier, je me promenai un peu partout sur North Blue, officiellement en tant qu'agent du Roi de Boréa, officieusement pour rechercher mon ingénieur providentiel. Accompagné de  Dena' le meilleur indic des Blues, je fis passer des entretiens à une cinquantaine d'ingénieurs en mécanique ou en robotique. Certains n'étaient que des escrocs, d'autres étaient tous simplement médiocres mais deux semblaient bons et me montrèrent quelques inventions de leurs crus qui retinrent mon attention.

- J'ai un faible pour Nadiya Colesson. Elle est assez barrée pour tester ses inventions sur elle-même. Son œil cybernétique, ses jambes qui lui procurent vitesse et surtout son cœur mécanique putain ! J'vote pour elle.
- Tu es sûr que ton enthousiasme n'est pas lié à l'une des rares parties de son corps qui ne soit pas cybernétique ?
- Hmmm ?
- Son derrière d'éléphant. Je t'ai vu le mater.
- Bah, qui a déjà vu d'la viande fraiche et a détourné l'regard ? Et puis si elle a pas modifié son derche, c'pour bien une raison héhéhé !
- Je la retiens mais j'aurai peut-être une autre ouverture à Koneashima.
- Konea ? East Blue ?
- Un contact m'a parlé d'un jeune professeur de l'académie de la Brigade Scientifique de la Marine sise à l'Université Mint Figura.  
- Woh woh woh ! Stop ! Quoi une Mouette ? T'as pas une meilleure idée ?
- Il y a différents types de Mouettes, Dena', et tu le sais mieux que quiconque vu combien sont à ta botte moyennant corruption. On m'a parlé de lui comme d'un type détaché qui se fiche pas mal des avoirs matériels, uniquement tourné vers la science...
- Ça existe pas, quelqu'un qui aime pas l'fric. Pour faire tourner la science, faut du blé mec, donc ton oiseau rare, il me convainc pas déjà.
- Normal, il n'a pas de derche. En plus c'est un homme-poisson.
- Oh, j'sens v'nir la cata...
- En route pour la Belle Koneashima !
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Pas doué en pédagogie. Regrette cette idée de vacances constructives. Certes j'ai déjà donné des cours de torture en milieu carcéral mais psychopathes sont meilleurs publics qu'étudiants bornés/immatures.

Quand inconnu humain encapuchonné m'a abordé dans couloirs d'université pour proposer petit boulot à la place d'enseignement moyennant entretien. Mon module à préjugés a aussitôt placé adjectifs "louche" et déclenché sévère méfiance à son encontre. Car il s'exprimait comme basses couches de pègre et sentait le rat. Mais je pouvais pas dire Non. Mon programme tourne à la curiosité. Il me pousse vers expériences et risques inhérents à pratique de science sur terrain. Peu importe les craintes d'un vulgaire instinct de survie. J'ai accepté entretien avec Lotrèche = employeur. Aucun des intermédiaires n'a daigné donner infos approfondies sur son passé. N'ait eu accès qu'à portrait grossier dérivés de rumeurs publiques = détective doué/héros local.

Humain à défaillance de vue. Port de lunettes. Masque partiellement son regard. Voix monotone. Discours efficace. C'est tout ce que j'ai pu tirer des cinq premières minutes d'entretien. J'apprends pas grand chose d'un bonjour rudimentaire et d'une poigne de main. Mes compétences sociales atrophiées me handicapent dans analyses de ce genre de situation.

Asseyez vous.

Avantage = je sais que moi-même ait une mine relativement inexpressive. Je sais pas décortiquer expressions faciales des autres mais eux ne tirent pas grand chose des miennes non plus => Remise à zéro des rapports sociaux. Il enclenche dialogue avec banalités.

Zéro, c'est votre vrai nom ?
P-Pseudonyme usé en d-dehors de labos b-brigade.
Pourquoi vous avez besoin d'un pseudo ?
T-Top secret. Mais p-pas intéressant.
Hm. Soit.

Il est pas convaincu ça se sent. M'en fiche. Prise de risques minimales tant que j'ai pas identifié nature de sa proposition. Pseudonyme = mirage. Mais mirages sont que reflets d'une réalité encore plus lointaine. Il a pas à prendre contact avec cette réalité.

Vous êtes chimiste ?
Ent-t-tre autres.
Un résumé rapide de vos domaines d'expertise ?
Chimie. F-Fruit du d-démon. Phys-sique macro & quant-t-tique. B-Biologie. Méd-decine.
Vous vous foutez de moi...
Je c-consacre ma v-vie à sciences.
Vous aviez déjà entendu parler du Wapo métal ?

Il me prend pour ignare. Spécialiste en chimie + fruits du démon. Bien sûr que je connais Wapo métal. Un bijou de perfectionnement de capacités des fruits infectés. Livres décrivent Wapol comme tyran imbécile et businessman maladroit mais je lui concède talent monstrueux quant à rentabilisation du potentiel de son fruit. Brillant.

O-Oui. B-Brillant exemp-ple de manufact-ture novat-trice par b-biais de fruit du d-démon. Brillant.
Je détiens des travaux sur la fabrication de ce matériau sans recourir à aucun fruit du démon.
Scept-t-tisisme.

Tout a disparu il y a environ cent ans à la mort de Wapol. Pas improbable que quelqu'un (descendant/gouvernement/freelances) ait eu idée d'étudier concept pour le rendre indépendant d'utilisation de fruit du démon. Pas improbable mais de l'ordre du 10% de chances qu'un projet pareil soit passé entre mailles naturelles que représentent Temps. En cent ans beaucoup de bonnes idées meurent et se volatilisent.

Qui es-tu Lotrèche. A la fois très intriguant et assez inquiétant.

Nous avons retrouvé le Métamorphe, mon équipe en a extrait des secrets.

Le Métamorphe.

Vous savez de quoi je parle.

Astucieux humain. Qui a pu déceler l'infime proportion de surprise mêlé à incrédulité qui s'est infiltré dans mon expression faciale l'espace d'une fraction de seconde.

Des secrets... bruts. Je n'ai pas les compétences pour en tirer quoique ce soit, je ne suis proche de personne qui le peut. Je sais juste que j'ai besoin du minimum de personnel possible pour minimiser les risques de fuite. L'idéal serait d'un seul chercheur multitâches, qui maîtrise tout les domaines nécessaires à l'exploitation des données que nous avons récupérés. Une utopie.

Je ne croyais pas pouvoir trouver quelqu'un d'aussi doué. Mais il semble que vous puissiez être ma perle rare.
L'un de vos ex-collègues m'a confirmé en amont que vous ne mentez pas sur votre CV.

Qui ? Peu important. Brigade scientifique compte nombreux rénegats démissionnaires. Dont je pourrais très bien faire partie un jour. Je juge pas. Je remarque juste que cet ex-collègue a justement estimé la valeur de mes compétences.
Hors flatteries baveuses qui coule de sa gorge avide, Lotrèche semble aussi avoir visées intéressantes. Son mécénat pourrait servir de propulseur à Science. Je voudrais en faire une valeur Allié dans la complexe équation de mon avenir. Il pourrait m'offrir grand élan.

Vous me semblez être un passionné, Zéro. Je sens que j'ai éveillé votre attention autant que vous avez la mienne. Mais ça n'est pas qu'une question d'intérêts réciproques. Nous avons aussi besoin de nous faire confiance.
N-Nécessite dévelop-p-pement ?
Aucun des travaux que je vous confierai ne devra tomber entre les mains d'hommes du gouvernement, aucun. Vous ne devrez leur en concéder aucun, même s'ils venaient à tenter de vous en soutirer. Mais j'espère qu'on en arrivera pas là, car absolument tout sera top secret. Êtes-vous un homme...-poisson de secret, Zéro ?
O-Oui.

Secrets aisés à garder. Aucun moyen de les trahir lorsqu'on les oublie.
Je me concentrerais sur études et oublierais Lotrèche. Lotrèche et les secrets qu'il veut m'accrocher comme boulets aux pieds. J'avance toujours léger car je me laisse pas tirer en arrière par le passé.

Qu'est-ce que vous demanderiez en échange du développement ?

J'y ai pas pensé. Question tellement absurde que mes neurones ont pas pris peine de gâcher ressources sur traitement de ce genre d'ineptie.

C-Connaissances.
Hm ?
Je v-veux connaissances = p-possibilités de pousser r-recherches jusqu'au b-bout sans interrup-ption ni ag-gaçantes q-questions budgétaires.

Je suis censé être marié à brigade scientifique mais commettre adultère me gène pas si je peux disposer de meilleurs moyens chez investisseur privé. Lotrèche empile promesses mais j'espère qu'il saurait les tenir.

Naturellement que je vous fournirai ce qu'il vous faut. Ce dont je parlais, c'est une fois ce métal développé, quelle genre de rémunération vous attendrez de moi ?

Lotrèche pose beaucoup questions étranges et stupides. Tranche avec l'air sensé et logique dont il s'enveloppait en début d'entretien.

Rien ou Autres p-projets.
Pas d'argent donc ?
Arg-gent pour + de p-projets ?
Bon, parfait. Je crois qu'on s'est bien compris sur tout les termes du contrat. Vous ne me demandez pas ce que je ferais de ce métal une fois conçu ?
Non => M'en f-fiche.
Je vois.
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- Voilà, c'est ici que vous travaillerez. C'est un laboratoire anciennement utilisé pour fabriquer des feux d’artifices. L'ami d'un ami me l'a vendu et je l'ai fait restaurer. Pour l'instant c'est un peu austère, mais nous allons vite le meubler avec les équipements dont vous aurez besoin.

Tout ce qu'il lui faudra, j'y pourvoirai. C'est le projet de ma vie. Dena n'est toujours pas convaincu par cet homme-poisson rouge; normal, il voulait l'autre scientifique au déhanché de rêve. Mais quelque chose chez Zéro m'a scotché, j'ai eu vaguement l'impression de voir une version un peu plus autiste de moi. Quelqu'un de carré, qui n'est finalement intéressé que par la soif de connaissance. Moi je ne le suis que par la soif de prospérité, de pouvoir, par cette ambition démesurée qui m'anime de me tailler une place ahurissante dans l'histoire mondiale. D'inscrire mon nom, quelque part. Au firmament. Et la résurrection du Wapol Métal sera un socle des plus nobles.  

Quelques sous-fifres transportent dans le labo, les caisses contenant tous les écrits trouvés à bord du Métamorphe. Ce sont des reliques du passé, une partie de la vie d'hommes et de femmes brillants. Les traiter avec respect est de mise, surtout pour leur valeur future. Laissons le passé aux morts. Zéro s'empare délicatement d'un bloc-note appartement à Tymochenko et commence à le feuilleter. Je suis aux aguets de ses réactions, mais il reste impassible, concentré sur sa lecture. Je le sens happé dans son monde, un peu comme moi devant une belle affaire ou une énigme insoluble. « Bon appétit », j'ai presque envie de lui dire. Pendant sept ans, du monastère des Moines Servites à Saint Uréa, j'étais un peu comme lui, alpagué par la recherche du Métamorphe. Ce bateau et sa cargaison hantaient mes rêves et mes cauchemars; j'espère qu'il en sera de même pour lui et que ces notes le guideront vers le chemin pavé d'or que j'escompte.

- L'est où ton poiscaille ?
- Dans le labo, occupé à lire.
- Tu l'as laissé seul ? Mec !
- Tu ne veux que je le seconde comme son ombre ? Nous allons retourner à Boréa je te rappelle.
- J'te dis que j'le sens pas.
- Arrête avec ça. Ta lolita d'ingénieur tablait sur une équipe de dix hommes tous supers spécialisés et deux millions de Berry par mois pour sa seule rémunération. Zéro ne me demande rien du tout, sauf les frais d'équipements.
- C'pour ça que c'est trop beau pour être vrai ! N'te fait pas pigeonner !
- Je le comprends et je suis prêt à prendre ce risque. Mais je ne peux pas le laisser seul, cela dit.
- Hahan !

De retour quelques heures plus tard dans le labo, je vois toujours notre homme-poisson occupé à étudier.

- Alors, instructif ?
- Int-téressant.
- Juste intéressant ?
- P-prometteur.
- Je préfère ça. Mais il m'en faut plus. Sur une échelle de un à dix, dix représentant la maitrise parfaite de la conception du Wapo Métal, le Projet Moscow en était où ?
- 3,1896.
- Tu t'fous d'nous ?
- Vu qu'ils s'en allaient fanfaronner à Marijoa avec leur découverte, j'ai pensé qu'ils devaient être à six ou sept sur dix.
- Ont découvert p-pierre ang-gulaire. Le r-reste est d-détail. Mais gros détail.
- Ça sonne mieux. S'ils ont fait une avancée décisive qui facilitera le reste du travail, je ne m'en porterais que mieux.
- Ouais mais trop vague. Question estimation, c'est quand tu passeras d'la phase théorique à la phase "y en a plein" ?
- 12 à 24 mois.
- QUOI ? A c'rythme-là ma fille va être pubère avant !
- Tu n'as pas de fille et arrête de l'agresser. J'espérais bien lancer mon usine à l'orée 1627 en fait, Zéro. Donc, sans être trop collant, je vais vous prier de faire un effort. Nous avons un gain mutuel à tirer de cette aventure. D'ailleurs, en parlant de ça, je suis dans l'obligation de quitter Koneashima pour des raisons professionnelles. Mais je vous laisse ceci, cet escarghone vous permettra de mon joindre en ligne direct.
- Et l'ap-pprovisionnement ?
- Bonne question. Hey ma couille, viens par-là ! Il entre dans le labo de sa démarche pesante. Zéro, je vous présente...
- Couille ?
- Euh non, ça c'est un surnom. Il s'appelle Urameshi Yusuké.


- C'est un des piliers du clan Yusuké qui a la main mise tous les flux liés à l'activité portuaire sur l'ile. Grâce à lui, nous importerons tout le matériel que nous désirons sans être inquiété par la douane. Il mettra quelques hommes à votre disposition si d’aventure vous aviez besoin de mains. C'est également lui qui se chargera de vous fournir en équipements.

Les yeux de Zéro ne lâchent pas le canon à quatre embouts qui remplace le bras droit d'Urameshi. C'est une merveille de technologie qui doit titiller le connaisseur qu'il est. Urameshi sourit, tâte son membre -son bras- et fait une blague sur les conditions dans lesquelles il s'est retrouvé affublé de ce bijou. A cause de moi. Une longue histoire, une bonne histoire qui s'est construite autour d'une amitié véritable. A conter un autre jour.

- Bien, à nous revoir Zéro. Pour de bonnes nouvelles, j'espère.

________________________________________
Février 1626

PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !

- Salut ma couille.
- Salut. Tout baigne ?
- Si ça baigne, oui. Dans un flot d'feu.
- Pardon ?
- Tu sais, l'bidule de forge par matriçage que l'poiscaille a voulu qu'on achète ? C'lui qu'a coûté la peau des fesses au marché noir vu qu'il est rare ?
- Oui... ?
- Bah, ça a cramé ! Pchchhhhht ! Comme un feu d'artifice. Encore heureux qu'il testait son truc dans l'annexe. L'labo principal est intact.
- Bordel... Dire que nous en sommes à seulement un mois de développement.
- Mais moi j'fais l'compte. Tu m'dois déjà vingt-cinq millions d'Berries.
- Hmph...
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24 Février 1626



Zéro. Vous vous remanifestez enfin, merde !
App-pp-ppelle pour p-prolonger mes vac-cances.
Encore ?!
Il me rest-te 32 semaines en st-tock. Je p-prends tout c-congés d'un c-coup.
Ça faisait sept ans que vous bossiez non stop sans poser un seul congé, et subitement vous...
Oui je suis t-très fatigué = b-besoin de t-temps rest-tauration + maint-tenance du corps.
Et vous m'annoncez ça par den den en plus. Merde ! Vous nous larguez avec un trou dans votre service pendant huit mois !

Oui. Huit mois nous amènera donc en Septembre. D'ici là j'investirai quelques minutes de réflexion dans la recherche de nouvel alibi pour étendre encore mon absence. En attendant je bous de retourner sans plus tarder au travail. Pas à l'aise à l'escargophone et rien à faire du tout des états d'âme de Interlocuteur.

B-Bon je suis fatig-gué.
Eh ! Attendez ! Raccrochez p...

Voilà. Formalité accomplie.
Je peux retourner sur tests.
Hors constellations de problèmes techniques et de nécessités matérielles ennuyeuses, secrets de Tymochenko ne sont pour l'instant considérablement opaques que pour une seule raison.
Ses notes sont exceptionnellement claires tout en restant concises = grand travail de synthèse, incroyable condensé de Savoir de pointe en à peine une trentaine de documents, digne des chercheurs les plus fins. Sur l'ensemble des travaux, il semble n'y avoir qu'une seule omission.
Il fait ponctuellement référence à isotope inédit de plomb "Perartate 216" sans jamais en donner recette. Hypothèse = 216 est numéro atomique mais ça apprend rien sur sa fabrication.
Soupçon : document manquant décrivant nature et composition de Perartate. Corrélation avec l'absence d'un classeur "H" alors qu'il existe classeurs G et I. Hypothèse du non-respect d'ordre alphabétique n'est pas à exclure mais. Peu importe.

C'est pas ça qui vais m'arrêter et je suis parfaitement capable réassembler puzzle seul. Simple mais long.
Possibilité de déduire ses propriétés par rôles qui lui sont attribués à travers les processus décrits. Je feuillette documents en contactant Lotrèche.

Lotrèche.
Vous pouvez m'appeler Reich, vous savez...
Est-timation à 92% de chanc-ces qu'il manq-que document import-tant => Dossier H.
Je vous avais donné tout ce qu'on a pu récupérer. Important à quel point ? Ça vous bloque ?
Ça b-bloquera un p-peu. C-Compter délai sup-plémentaire de un m-mois + dépenses.
Bon sang...

Propriétés en vrac = facilitation échanges électron => hausse de la dynamique moléculaire au sein du métal. Concilie propriétés parfois contradictoires d'autres métaux. En d'autre terme Perartate est ciment du wapo métal. Sa présence donne au Wapo métal une Unité. Sans ce serait un simple alliage. Avec c'est un nouveau métal à part entière.

Vous en êtes où dans le barda chimique de la semaine dernière ?
Consomm-mé à 45%.
Déjà...
Mais ai c-commandé que st-trict nécessaire => d-durera au m-moins dix mois. Mais lancem-m-ent des expériment-t-tations est toujours g-g-gourmand en ressources.

Perartate = Isotope de plomb. Plomb a désastreuses interactions avec autres métaux. Comment un isotope pourrait servir de liant ?
Reconfiguration processus de réflexion. Il faut penser différemment. C'est pas Perartate l'étranger. C'est les autres métaux qu'il faudrait. Adapter. Intégrer. Et...

Mise à jour : p-problème rés-solu en int-terne.
En interne ?
Dans m-mon cerveau p-pendant que je t-te parlais.
Ah. Tant mieux, je suppose. Vous avancez bien ?
Oui.
Assez troublant, ce dossier. C'est le seul qui vous manque ?
Oui. Mais négligeable. D-Devrait pas en avoir b-besoin.
On va éviter de laisser traîner des mystères, je vais vérifier ça. Je vous laisse.
Oui. Au r-revoir.

Lotrèche sympathique. Humain intéressant. C'est pas seulement notre partenariat qui pique mon intérêt. J'ai aussi sentiment qu'il aurait choses à m'apprendre si je parvenais à davantage l'approcher. Parce que. Je vis entouré de nombres et de schémas depuis époque lointaine qui a depuis longtemps été écrasé par purge de mémoire. J'ai cerveau calibré précisément pour appréhender et ingérer les concepts mathématiques abstraits qui tissent l'univers dans lequel je suis né.

Mais je suis laborieux en sciences humaines. Me manque données capitales en compréhension de l'Homme : émotions + douleurs. Émotions censurées. Douleur ignorée. Je suis trop logique. Hors Gens sont machines complexes aux réactions parfois très aléatoires.

Lotrèche détective de renom. Sa réputation le peint comme incroyable psychologue et il a su s'entourer d'un réseau de personnalités très variées en peu de temps. Doit posséder immense maîtrise de l'Humain. C'est ce que j'aurais du demander en échange du développement de métal à mémoire de forme.

J'aurais du lui demander un cours sur l'Humain.

Synthétiser Perartate 216 me posera pas de problèmes. Je vais simplement conduire les autres atomes à sympathiser avec lui en modulant solution ionique jusqu'à trouver la parfaite combinaison = affaire d'une heure tout au plus.
Dommage que relations sociales soient pas aussi contrôlables.

Obstacle 1 franchi.
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30 Février 1626
Lavallière - Boréa

- Un doc manquant ?
- Ouais, c'est ce que Zéro a dit.
- T'es sûr qu'il n't'a pas chourave l'document en question ? Et qu'il essaie d's'en faire un justif' pour abandonner l'taf et aller continuer son dévélopp'ment ailleurs ?
- Tout est possible mais non, je ne pense pas me tromper à ce point sur lui. La nature humaine, je connais, autrement je serai un bien pauvre profiler.
- Tché ! C'te science expérimentale !
- Ça lui a permis d'trouver l'Réplicateur. Et Marie-Curie. Pour en rev'nir au sujet, tu penses qu'un papier aurait pu s'perdre ?
- Non, tout ce que j'ai inventorié, je les ai retrouvés.
- Sûr ?
- Dis pas d'bêtises Dena', tu sais bien qu'Loth a une mémoire photographique !
- Je n'oublie rien, c'est pour ça que j'ai personnellement assisté aux inventaires. S'il y a un manquant, ça ne veut dire qu'une chose, ça a été dérobé avant que je n'ai posé un œil dessus.
- Mais tu fliquais pas tout l'monde ?
- Non, non, on s'est séparé pour mieux explorer l'épave. Loth est longtemps resté avec l'cadavre d'la femme Ingénieure là.
- Ça sonne super glauque c'te partie mec...
- Nox a raison, si quelque chose a pu être volé, c'est sûrement pendant ces moments-là. Selon Zéro, c'est aux travaux personnels de Tymochenko qu'il manque un document important.
- C'est Jeremy qu'a découvert son corps.
- Une petite visite à domicile s'impose. Et putain, je n'avais pas besoin de ça !

Bon Dieu que non. Je suis de plus en plus occupé, entre petites affaires rapporteuses de cash et la mission que m'a confié Maximilian Nordin. En cherchant à démystifier le Conseil des Six Lunes, je suis tombé sur une organisation de taille : Ashura. Le plus grand réseau de contrebande de Dance Powder des Blues. Il serait dirigé par une des Lunes, la Mauve en l'occurrence. Du 1er au 05 Février passé, j'ai porté un coup de taille à Ashura quand j'ai démantelé sa Cellule Boréaline et ai révélé au passage un génocide d'une peuplade au cœur des steppes. Le chimiste-en-chef de cette Cellule, la tristement célèbre génocidaire de West Blue, Marie-Curie est morte dans les évènements, ce qui m'a plus que jamais donné un statut de héros et de bras droit de la justice. Le travail qu'il me reste abattre est colossal, Ashura est une organisation étendue aux quatre Blues. J'aimerais donc autant ne pas perdre de temps dans de petites enquêtes chronophages, surtout que mon absence du royaume risque d'être remarqué...
Putain !

North Blue
Inu Town
Ville de Chom

- C't'une p'tite ville tranquille. P'quoi il habite à l'écart ?
- P'être qu'il voulait être encore plus tranquille ? T'as dit quoi au Roi avant d'partir ?
- Affaire de famille à régler.
- T'as pas d'famille.
- Les Moines Servites qui m'ont élevé sont ma famille et un d'entre eux a subitement disparu. Je dois enquêter dessus.
- Mouais. Voilà sa baraque. Ah ouais, ça paie bien l'archéologie hein ! Pavillon coquet à trois étages. Ça fait quoi, trois cent mètres carrés à tout casser ?
- Ça peut rapporter l'archéologie, si tu tombes sur les bons trésors. Ou si tu travailles pour moi.
- Loth !

Je l'ai également remarqué. Le pavillon de Jeremy est à l'écart de la ville, desservi par un seul petit sentier de terre. A la devanture, les fleurs sont fanées comme si personne ne les avait arrosées depuis des jours. Mais plus que tout, c'est ce relent de pourriture qui nous interpelle. Ce n'est pas forcément perceptible par le commun des mortels, Nox et moi avons l'habitude de côtoyer la mort. Et elle flotte dans l'air et l’empoisonne. Dans le vestibule, à côté de la cheminée, nous trouvons le corps de Jeremy Lang. Il semble avoir trouvé la mort dans son sommeil, le verre de cognac est toujours sur la table basse. C'est une scène de crime, je suis dans mon élément, j’exhorte les miens à ne toucher à rien. D'emblée, je ne crois pas à la mort naturelle, surtout pas quand ce type était censé m'avoir volé un document important.

Bon voyons, qu'avons-nous ? Jeremy Lang, quarante-cinq ans, historien et archéologue indépendant. Sans femme, ni enfant. Il passait sa vie sur les champs de fouille, avec pour spécialité les îles hivernales, ce qui m'a conduit à l'engager. Quant à sa moralité, je l'avais jugée monnayable, le genre qui se tairait sur un secret comme celui du Métamorphe s'il était gracieusement payé. En dehors de ses escapades professionnelles, chez lui, il vivait de toute évidence reclus, sans trop de contact avec les villageois. Mais cette maison est plutôt grande, me dis-je en balayant la pièce du regard. S'il prépare lui-même ses plats, je doute qu'il fasse également le ménage. Il serait tellement plus simple d'engager quelqu'un du village... J'envoie Dena' questionner les gens, comme il le dit, il a la "tchatche".

Jeremy semble mort depuis deux jours maximum. Par une température de 28-30°, nulle surprise que le processus de décomposition soit déjà à un stade intermédiaire. Nox m'aide à l'extraire de son fauteuil. Sur la moquette, nous l'allongeons. Aucun traumatisme visible, aucune boursoufflure, encore moins de sang. « L’meurtrier aurait pu empoisonner son verre » remarque Nox avant d'esquisser une moue désapprobatrice. C'est un tueur à gage de profession, il a identifié la faille dans son postulat. Pourquoi laisser le verre rempli de cognac empoisonné derrière soi si on veut faire passer la mort naturelle ? Mais ça pourrait être un autre verre que le tueur aura emporté.
Pendant que Nox fouille le mobilier, je continue à ausculter le corps. Aisselles, cuir chevelu, nombril, prunelles, espaces entre les doigts, entre les orteils... Oui !
Bingo !  

- Nox ! J'ai trouvé ! Viens voir !
- Moi aussi j'ai trouvé que'que chose.
- Quoi ?
- Toi d'abord.
- Il y a une tâche rouge entre son hallux droit et son depasus.
- Quoi ?
- Entre son gros orteil droit et l'autre orteil qui le suit. C'est net, regarde.
- Une seringue ?
- Oui.
- D'l'adrénaline ou que'que chose du genre, sur'ment. Pour arrêter son cœur et faire croire à une crise cardiaque. J'ai déjà éliminé un type comme ça, pou'que sa femme hérite.
- C'est l'enfer qui t'attend.
- Y aura une place d'choix pour nous deux, hahaha !
- Et toi, tu as quoi ?
- Il manque deux verres dans l'buffet. L'reste est rangé, méticuleusement, les livres classés par ordre alphabétique. C'tait un maniaque, Jeremy.
- Ça je l'avais remarqué durant les travaux. Si un des verres est ici et que l'autre n'est pas dans la cuisine...
- Il avait un invité. Ils s'assoient pour boire un pot, papotent, l'type s'jette sur lui, p't'être avec du chloroforme. Une fois Jeremy dans les vappes, il lui injecte une salop'rie pour l'tuer. Il prend c'qu'il a à prendre et s'casse avec l'verre.
- Qu'est-ce qui manque d'autres ?
- Rien, appar'ment. Les bijoux, les montres sont dans la commode.
- Bon, le schéma me semble clair. Quand j'ai visité Asnia en Janvier, j'ai notifié à Jérémy et Jimmy que rien de tout cela ne serait publié. Ils ont tous les deux protesté mais ont ravalé leurs langues parce que tu étais là en garde-fou. Jeremy est un historien, qui au fond a envie d'avoir encore plus de reconnaissance de ses pairs. Quand nous nous séparons pour explorer le bateau, il tombe sur le corps de Tymochenko, peut-être avec le journal personnel du Général, ou quelque chose du genre. Il dissimule sa trouvaille qu'il rapatrie ensuite. Mais après l'avoir dégelée, il se rend compte que ce n'est qu'une suite de formules qu'il ne comprend pas.
- Mais il sait grosso merdo c'que c'est. Du travail pour l'Wapo Métal.
- Si tu étais à sa place et qu'il y avait toujours le spectre de Loth Reich qui te tuerait si tu dévoilais publiquement l'histoire du Métamorphe, que ferais-tu d'un tel document ?
- Soit m'en débarrasser ou l'vendre.
- Il avait rendez-vous avec un acheteur. Quelqu'un qui aurait été intéressé par les notes de l'homme le plus près de découvrir la formule du Wapo Métal.
- Et au lieu d'le payer, c'type l'aura zigouillé ?

Dena revient ensuite avec de plus amples informations. Comme deviné, une bonne du village venait faire le ménage une fois par jour chez Jeremy. Deux jours auparavant, l'archéologue l'aurait appelée pour lui signaler qu'il partait en voyage pour un temps indéterminé. « Soit c’est le tueur qui imitait sa voix, soit il l’a contraint à appeler la bonne. Et le jardinier ? » Il n'y avait pas de jardinier selon la bonne, Jeremy pouvait partir en voyage pendant une moitié d'année. Il avait juste l'habitude de planter de nouvelles fleurs à chaque retour. Le plan de l'assassin était bien pensé et très simple. Avec ce coup de fil, il s'assurait que nul ne viendrait ici avant des mois. Mais il avait paré à tout imprévu en tuant l'archéologue de manière quasi-indétectable. Une double sécurité, ce qui dénotait du professionnalisme de l'assassin.

- C'est un boulot très propre.
- Tu as un bon concurrent. Ça va grandement nous compliquer la tâche. La seringue est peut-être une signature propre au tueur ou bien juste un simple moyen de remplir ce contrat-ci. Tu as une idée, Dena' ?
- Ouais, j'ai trouvé l'assassin !
- Déconne pas.
- Héhéhéhé ! C'moi l'meilleur détective des Blues ! argue-t-il. Sur l'armoire en face de nous est posé un heaume de samurai qu'il tripote pendant un moment avant d'en sortir... Un 'scargophone vidéo ! Ouais ! Héhéhéhé !
- C'pas un hasard ! Fais pas genre ! Comment t'as su que c'tait là ?
- 'Cause i'm the best, bitch !
- La ménagère ?
- Ouais. En papotant, j'lui ai d'mandé les ptits secrets du vioque. J'veux dire, à quarante-cinq piges, il peut encore bander quoi, donc j'voulais avoir des infos sur les minettes qu'il serrait. Un mec, un vrai, viendrait pas s'paumer ici sans un plan cul viable.
- N'importe quoi cette déduction.
- Et bah ça a marché en tout cas ! Il s'tapait ses bonnes.
- Et il filmait ?
- Han ? Nan nan. En fait, j'sais pas, j'lui ai pas d'mandé...
- Déna' !
- Oui, j'y arrive. Bref, celle à qui j'ai causé était aussi sa régulière pour s'vider. Et quand j'ai abordé l'éventualité des vols durant les absences du Jeremy vu que c't'endroit est un musée, elle m'a assuré qui avait des 'scargophones qui filmaient tout en scred. C'est qui l'best ?
- Jeremy.

Nous étions aussi prêts de capturer cet assassin que de créer un fruit du démon mais avec ces enregistrements, toute la donne change. Nous visionnons les bandes, des plus récentes minutes où nous nous voyons entrer dans la demeure armes aux poings aux plus lointaines. Sur deux jours, rien, juste le cadavre esseulé de Jeremy dans son salon puis après les quarante-huit heures d'enregistrement passées, la vie reprend dans l'antichambre. Heureusement qu'il avait acheté un modèle d’escargot à grande mémoire de stockage. « C’est quoi ces conneries ? » que je lance, sidéré par ce que je vois. « C'est elle la tueuse ? On la dirait tout droit sortie d'un jeu de rôle sexuel. Attends, ce truc est majeur au moins ? »


- Jamais vu cette gamine d'ma vie mais... elle est très douée. Comment elle le liquide en moins d'deux !
- Regardez, elle récupère ce carnet bleu !
- C'est sur'ment c'qu'on cherche.
- J'sais pas à qui Jérémy a causé d'sa découverte mais l'aurait dû éviter. J'doutais pas qu'y avait beaucoup d'personnes prêts à t'envoyer un pro' pour c'te histoire d'Wapo Métal tombé dans l'oubli.
- Justement Dena', tu mets le doigt sur le hic. Selon toute vraisemblance, après les échecs successifs et les gouffres financiers que furent les différents projets qui succédèrent au Moscow, le Gouvernement abandonna l'idée de recréer le Wapo Métal. Beaucoup de personnes, ingénieurs ou même investisseurs à risque se laisseraient tenter par ce carnet et ce qu'il contient mais je ne vois vraiment pas pourquoi on aurait tué Jeremy.
- Ouais, c'pas logique. D'autant plus que ça pourrait être du flan l'carnet. Si j'viens acheter c'truc à risque, j'ai pas intérêt à tuer l'vendeur, histoire d'l'avoir sous la main si c'est du crac. Pour l'tuer, faut que j'sois sûr que c'qu'il vend est vraiment d'la bonne. Ainsi, seul'ment, j'le descends pour pas qu'il cafarde. Notre tueuse était sûre.
- Ooooh ! J'aime pas c'que ça sent.
- L'Cipher Pol ou la Brigade Scientifique ? Y a qu'eux qui connaissaient l'importance réelle d'ce que transportait l'Métamorphe. Tuer pour s'arroger l'monopole semble être une bonne idée.
- Si c'était le Gouvernement, le bateau aurait déjà été saisi à Sanderr et moi, je serai sous les verrous ou activement recherché. Employons le rasoir d'Ockham, les gars. L'explication la plus simple est toujours la meilleure. Nous avons déjà connaissance de quelqu'un prêt à tuer pour le Wapo Métal. Quelqu'un qui a déjà tué pour.
- L’empoisonneur d'l'équipage ? Mais... ça fait cinq décennies !
- Donc soit cette fille à cinquante-six ans, soit elle a trop écouté les histoires de son grand-père.

________________________________________

PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !

- Allô ? Zéro ? Je suis sur la trace des notes manquantes, tu avais raison. Mais ça risque d'être un poil long.
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Ah. Quelles n-notes ?
Le dossier H. Tu m'en avais parlé y a quelques jours, tu te souviens ?
Oh. Ok.
Tu en as rien à foutre hein ? C'était histoire de te mettre au courant.
Me met-tre au cour-rant sur quelle t-tension ?
Non, je veux dire, faire tourner les infos... Enfin. C'est aussi pour te dire que je m'occupe de tout ça, reste concentré sur ta tâche.
D'ac-cord. C'est d-déjà ce que je f-faisais.

Lotrèche humain très intéressant mais avec infime tendance à me déranger pour broutilles. Ses préoccupations sont pas du tout sur mêmes rails que les miennes. J'imagine que c'est bonne chose => rend équipe synergique. Chacun se barricade dans son rôle et l'entretient avec vigueur. J'aime notre équipe (Lotrèche + Moi + Sbires de Lotrèche) car elle est extrêmement productive et dispose d'intelligence collective. On est bonnes fourmis qui oeuvrent en harmonie sur multiples façades du même projet.

J'apprécie travail solitaire autant que travail collectif avec partenaires de valeur. J'ai partenaires de valeur. Conditions agréables. A des lieux de l'environnement toxique de brigade scientifique. Ici, pas de batailles d'ambitions entre chercheurs séniles. Pas de rivalités désuètes entre services. Pas de discours obsolètes sur ce qu'on doit à Gouvernement mondial. Ici, seulement rôles, productivité. Chacun est fraction d'une grande Unité.

Je me suis rarement déjà senti autant à ma place en ce laboratoire.

***
12 Mars 1626

Fait frais dans laboratoire. Très frais. Probablement panne secteur de chauffage. Une doudoune et on y pense plus. Froid est comme Douleur = négligeable. Il se combat et elle s'ignore.

Qu'est-ce qu'un corps qui frissonne par rapport à un cerveau qui bout ?

Je suis si excité. Dans mon micro-ondes mijote le Zerométal alpha. Premier test pratique. Compte tenu des connaissances actuelles et des circonstances de travail, j'estime à 3% de chances que le résultat se démontre pleinement satisfaisant. Mais dans l'idée. Même en cas d'erreur. J'avancerai. Les erreurs sont marches d'escalier qui permettent ascension de science.

Néanmoins. On déplore grandes pertes de matériel ces derniers jours. L'utilisation intensive de certaines machines a provoqué dysfonctionnements et surchauffes diverses. Pourtant comme moi elles n'ont pas besoin de se reposer. Combien fait de temps que j'ai pas dormi ? Une semaine. Ou deux. Oublié.

Après avoir éprouvé Zerométal alpha, je ferai sieste régénératrice d'une ou deux heures.
Oh. Je dois renouveler stocks aussi. Je laisse Zerométal alpha cuire seul. Et part attraper escargophone. Toujours un interlocuteur sympathique au bout du fil pour me faire parvenir ressources.

PULUPULUPULUPULU

Lotrèche.
Hinhin. Faux numéro.
Imp-possible. Ligne séc-curisée.
Je sais, c'était une blague. Qu'est-ce que tu veux ?
Que t-tu me p-passes Lotrèche.
Il est sur autre chose. J'prends les appels à sa place durant ses dix minutes d'absence. Dis moi c'que tu veux.
L-Liste de courses à p-prendre. B-Besoin urgent de maint-tenance.
J'écoute.
Nouvelle vrille pour for-reuse BZ. Amp-poule pour ponceuse Spark 3. M-Molettes pour ét-tau standard.  
Humf.
Besoin aussi m-mise à jour de p-p-presse. Ancienne a enc-core grillée.
Quoi, encore ?!
Oui.
Mais tu les bouffes, c'est pas possible !
Non.
Ce sera tout, monseigneur ?
Oui.
Te ferai livrer ça demain, comme d'hab.
Ok. Au r-revoir.
Attends. RAS de ton côté ?
N-Nécessite d-développement.
Rien de suspect, j'veux dire ? Tranquille dans ton labo et rien d'louche dans la région ?
Je sais p-pas. Je s-sors jamais de lab-b-bo pour regarder.
Question conne. Allez, j'te laisse.

Je raccroche.

Me demande ce que j'aurais été censé repérer de louche alors que je suis pas conçu pour ça. Pas mon travail. Sens et cerveau sont déjà monopolisés par réalisation du projet. J'imagine vaguement quelles intrigues ennuyeuses peuvent émerger de la situation => rivalités économiques/scientifiques/politiques se dispersant sur une vaste échelle partant du simple sabotage au dommageable meurtre. Mais inviter ces problèmes à rentrer dans ma tête tandis qu'elle est déjà saturée d'idées et de processus de réflexion à intérêt bien plus haut. Pas que ça à faire tout simplement.

A eux de couvrir mes arrières.

Pendant ce temps. Zerométal alpha vient de finir sa cuisson dans mon micro-ondes. Première tentative historique d'en construire un en exploitant état actuel des connaissances. La théorie de Tymochenko roule bien. Mais tout le reste est à concevoir. Applications/Recette de fabrication/Processus d'utilisation. Ici est Enjeu de ma présence. Les mécaniques découvertes par Tymochenko fonctionnent très bien sur papier. Elles sont même d'une élégance rare et précieuse. Mais il a jamais eu le temps d'en expérimenter le versant pratique. Là où je prends relais. Concrétiser de joyeuses équations. Les métamorphoser en Révolution.

Je perçois onduler métal derrière la vitre feutrée. Signe neutre. Ça peut vouloir dire beaucoup trop de choses pour que je puisse générer pronostic préliminaire de succès. Le mieux est d'enfiler gants carbone puis vérifier. Je mets micro-ondes hors tension et en descelle coffret.

***
Lotrèche.
Hum, non, c'toujours pas lui.
Ah. Q-Qui es-t-tu ?
Te fous pas d'moi, tu viens d'm'appeler y a pas cinq minutes !
Ah oui. Mise à j-jour de la liste de c-course => b-besoin nouveau micro-ond-des indust-triel.
Tu viens d'en cramer un là ?
O-Oui. B-Besoin de pénicilline + bandages ég-g-galement.
Pourquoi ?
Parce que m-me suis b-brûlé bras au t-troisième degré dans exp-plosion.
Tu veux pas une vraie combinaison tant qu'on y est ? Ton labo est une putain d'usine à gaz et tu d'mandes jamais rien pour en renforcer la sécurité...
R-Remarque j-judicieuse je veux ça aussi. B-Bon. J'y ret-tourne.
T'y retournes ? Avec les bras cramés ?! Eh ! OH ! J'y crois pas, il a raccroché...
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25 Mars 1626
Lavallière - Boréa

L'enquête sur le Dossier H a pris du retard à cause d'Ashura. Le Réseau préparait une invasion en règle de Boréa maintenant qu'Alrahyr Kaltershaft a tué le Colonel Earl Grey. Je dus m'y opposer avec l'aide des Usuriers de Zaun. Dans la bataille navale qui suivit, Benjamin Levasseur, N°3 et chef militaire d'Ashura trouva la mort. Bref, deux semaines bien occupées pour moi. En plus, il fallait que je me rétablisse de mes blessures. Mais la fille blonde au costume de chat garda une place à part dans un coin de mon cerveau. La recherche de son identité prit du temps, ce qui n'était pas peu dire si on considérait que j'avais en la personne de Déna, le meilleur indic des Blues, en plus du réseau de renseignement du roi de Boréa. Pour ce dernier, il m'a fallu mentir que la fille était probablement liée à Ashura et qu'une absolue discrétion s'imposait. Mais à la fin de ma convalescence, Dena m'apporta de bonnes nouvelles.

- J'l'ai trouvée ! Avant ton roi ! Décid'ment, j'devrais monter mon propre fan club !
- Ouais. Et la modestie y sera le maitre mot. Tu as quoi ?
- Notre muse s'appelle Brianna Martico.
- Martico ? Les "Martico" ?
- Ouais, eux même. C'est la p'tite fille du grand parrain.
- Mais les Martico font dans le vol d'objet d'art et d'antiquités. Ils proscrivent la violence, ça n'a aucun sens.
- Enfin, "proscrivent", déconnons pas. Quand faut planter un mec qui s'dresse entre eux et un bijou en diam's, ils n'hésitent pas. Mais c'vrai que pour eux, la violence est signe d'incompétence. Appar'mment, Brianna est une sorte d'mouton noir d'la famille. Elle est primée à 15 millions d'Berries.
- Ah bon ? Donc pourquoi ça a pris autant de temps pour retrouver son identité alors ?
- Pac'que c'est sous l'identité de Cat's Eye. La mystérieuse voleuse au visage inconnu.
- Cat's Eye ? La voleuse Cat's Eye ? C'est cette gamine ?
- Ouaip, mon contact en mettrait sa bite au feu. Et crois-moi, il y tient à sa bite.
- Merci, je vois le tableau. Du coup, il nous faut mettre la main sur Cat's Eye.  
- Vraiment ?
- Tu as une autre idée pour retrouver le Dossier H ?
- Et toi tu sais à qui tu risques d'te frotter ? On parle d'la petite fille du parrain d'une des sept familles les plus puissantes d'la Mafia d'North Blue. Ashura te suffit pas ?
- Le ciel est ma seule limite, Dena'. Voilà ce que je sais. Cette fille est la seule barrière entre moi et un gros paquet d'argent. Mais vraiment très gros. Si j'échoue, si je meurs dans la tentative récupérer le Dossier, c'est que je ne méritais juste pas d'aller plus loin. Alors, tu es avec moi, ou pas.
- Hmmm... Et puis merde, j'ai toujours rêvé de crever.

North Blue
Royaume de Luvneel
Province de Xarna

Quelques jours d'attente plus tard, nous sommes parés. Le contact de Dena au sein de la famille Martico lui a signalé que Cat's Eye s'apprêtait à dérober l'Aube des Temps, un tableau de maître détenu chez un vicomte de Luvneel. Nous arrivons sur place une semaine avant la date prévue du cambriolage et mettons en place notre plan. Dena' avait raison, j'ai feint de ne pas m'en soucier mais je ne peux me faire un ennemi de la famille de Martico, pas avec Ashura qui œuvre déjà m'éliminer. Il nous faut donc agir en discrétion mais heureusement -encore grâce aux infos de Dena'- le plan est ficelé. Les trois premiers jours, en teintant un peu nos cheveux et en changeant de coupe, Nox et moi réussissons à nous faire engager dans la demeure du vicomte comme jardiniers, les précédents étant -étrangement- tombés malades. Toujours se méfier quand une Dena' vous paie à boire.  

- J'ai réussi à me faufiler jusqu'à la salle des scellés. Le tableau est protégé par le système dernier cri d'escargoalarme couplé à des détecteurs de mouvement, dis-je à Nox alors que nous taillons un marronnier.
- C'est quoi un détecteur de mouv'ment ?
- Un hibou.
- Hein ?
- Un hibou, bien vivant. Il est encagé et veille au grain. Et comme il peut voir nettement dans la nuit, c'est tout bénef. Dès qu'il repère des mouvements, il commence à hurler et les chiens planqués attaquent.
- Sans parler des portes-flingues. Comment Cat's va opérer d'après toi ?
- Il est plus probable qu'elle soit déjà venue repérer les lieux. La propriété est super grande, construite sur d'anciennes catacombes de l'ère impérial. Je pense qu'elle se faufilera par en dessous, enfumera la sécurité comme à son habitude et déguerpira avec la marchandise. Notre repérage est terminé. Passons au plan B.

Ce n'est pas un autre plan, juste la suite du premier. J'aime faire d'une pierre deux coups, je n'ai pas l'intention d'empêcher le larcin de Cat's, au contraire. L'Aube des Temps se monnaierait vingt-trente millions facile sur le marché noir. Comme je l'avais prévu, les diverses expériences de Zéro sont des gouffres financiers à mesure qu'elles ne se concrétisent pas réellement. A mesure que les machines qu'on achète à prix d'or fondent, brulent ou explosent les unes après les autres. Bref, il me faut de l'argent et ce tableau est une aubaine. Sur ce coup si, je vais jouer les hyènes et me délecter du travail des autres. Qu'est-ce que je raconte, je joue toujours les hyènes. Si Thimoteus Tymochenko pouvait parler depuis l'au-delà, il me vociférerait sûrement d'arrêter d'essayer de m'approprier le travail qui lui a coûté la vie. Mais voilà, les morts ont, à l'instar des absents, toujours tort.

- J'ai trouvé une Miss Smith à l'hôtel Colibri.
- Y en a une aussi à l'hôtel Madisson.
- Une d'plus aux Royals Hôtels.
- Elle est douée. Très douée.

Selon l'informateur de Dena', la petite a ses habitudes. Toujours des hôtels et établissements de grands luxes quand elle se déplace. Mais quand c'est pour affaire, elle loue toujours une suite au nom de Miss Smith où elle séjourne après le larcin, pas avant. Nous autres professionnels, essayons toujours de ne pas tomber dans la routine mais le fait est que quand on trouve un schéma qui marche, on a du mal à s'en éloigner. Soit par superstition, soit par contentement ou arrogance. En deux ans, Cat's Eye est devenue l'une des meilleures voleuses de North Blue, tristement célèbre aussi pour avoir tué des personnes durant ses vols. Son alias de Miss Smith fonctionne, donc elle s'y est habituée.

- Mais elle brouille les pistes en réservant un peu partout. Elle est bonne.
- Y a que quatre hôtels dans l'coin et seul'ment trois ont le standing qu'elle préfère.
- Le schéma est simple, nous allons nous séparer.
- Quoi moi aussi ? J'suis qu'un indic moi, pas agent d'terrain.
- T'es déjà sur l'terrain.
- J'me bats pas j'dis ! Elle va m'fumer en moins d'deux comme elle a zigouillé l'autre Jeremy. J'refuse d'faire ça.
- Tout va bien se passer Dena', nous avons la surprise à notre avantage. En plus, tu as ça. C'est un pistolet alimenté au Thunder dial. Le plan est simple. On trouve un moyen de nous faufiler dans chaque suite, on se planque, on l'attend, elle arrive, on la grille. Prends la suite la moins luxueuse, nous on se charge du reste.
- Et si ça tourne au vinaigre ?
- On sera à moins d'un kilomètre d'toute façon.
- Ça fait toujours 3-4 min même pour des gens entrainés comme vous.
- Je croyais que tu étais prêt à crever ?

Minuit passe.
Puis minuit-trente.
Elle a déjà dû dérober le tableau. Patiemment, j'attends sous le lit, dans la suite du Madisson. J'espère qu'elle viendra là, enfin, j'espère que ce n'est pas Déna qui aura affaire à elle. Je manque d'hommes et surtout d'argent pour en recruter d'autres. Nox travaille gratuitement, nous sommes ensembles dans les combines depuis trois ans. Dena' également. A l'époque où nous travaillions tous pour le Gila. Ils savent que je paie toujours mes dettes et que je les dédommagerai à la première rentrée d'argent. Aucun autre contractuel ne serait aussi compréhensif, du coup, nous faisons avec les moyens du bord. Allez viens par ici, Cat's, je suis ton adversaire ! Je martèle cette pensée comme si elle avait le pouvoir de d'aimanter Brianna. Quinze minutes plus tard, toujours rien du tout. J'ai tiré le mauvais lot. Mon escargophone vrombit.

- Tu l'as ?
- Non. Merde, Dena ?
- Non, non. J'viens d'l'appeler. Calme plat chez lui aussi.
- Elle n'aurait pas réussi à voler le tableau ?
- Non, j'suis l'plus proche d'la propriété, y a d'l'agitation. Beaucoup d'sifflets et j'ai vu quelques gars courir dans tous les sens en hurlant au vol. Elle a pris la toile mais nous a enflé sur son dortoir. Elle aurait pu chercher à se pieuter dans un motel ? Ou changer de nom ?
- Non, non. Les habitudes ont la peau dure, je doute qu'elle puisse changer de méthodologie comme ça. En science comportementale, c'est ce qu'on appelle le Pont. Quand tu es à ton aise dans un procédé, il devient une sorte de pont qui te permet de chevaucher tous les problèmes. Mais tu es aussi prisonnier de ce Pont et le plus infime changement te fait perdre tes repères. Brianna est très jeune et même avec son talent, il lui faudra encore une trentaine d'année pour apprendre à se dessaisir de son Pont. On a dû rater un autre établissement de luxe. Attends, je vais à la réception.

[...]

- Bienvenue au Madisson Hôtel, dit l’hôtelière toutes dents blanches dehors. Elle ignore que je viens de descendre par une fenêtre, un toit puis suis revenu dans le hall.
- Bonsoir. C'est pour un renseignement. Je représente Sigurd Dogaku de HSBC, Norland, vous connaissez, je suppose ?
- Oui, parfaitement.
- Il doit venir à Xarna pour symposium la semaine prochaine et je suis à la recherche d'un hôtel qui puisse correspondre à son train de vie exoooooorbitant. Trente millions par mois, ça vaut son pesant de respect.
- Nous sommes parfaitement capable de...
- Ça je sais, j'ai déjà dormi dans un établissement Madisson, je ne saurais que le conseiller. Mais voilà, approchez, que je fais à voix basse avec un air conspirateur. Mme Évangeline Haylor est très pointilleuse. Elle exige que je lui fasse la liste de vos concurrents donc si vous pouviez me les nommer ? Je ferai tous pour les déconseiller mais je ne tiens pas à me mettre cette sorcière à dos quoi. Vous pouvez aider un collègue ?
- Oui oui. Du même standing -mais bien en deçà du notre, naturellement- y a le Colibri, le Royals et le Mermaid.
- Le Mermaid ? C'est quoi ?
- Pffff, un hôtel-casino flottant. Il arpente tout Luvneel en suivant le cours du fleuve et s'installe dans chaque province suivant une période. Il est arrivé à Xarna avant-hier.
- Merci beaucoup. Vous aurez de mes nouvelles !

[...]


- T'es qui putain ?
- Quelqu'un qui s'excuse de s'introduire dans la chambre d'une jeune fille qui prend son bain. Rien de tel qu'un vol, une course poursuite pour donner envie de prendre un bon bain chaud à remous, non ? Si j'étais toi, je baisserai cette arme.
- Oh ! Mais... Je te connais ! Tu es ce type de Boréa ?
- Touché. Et je n'apprécie pas qu'on pointe une arme sur moi. Un accident est vite arrivé.
- Dis moi ce que tu fous dans ma chambre et comment t'es rentré ?
- J'ai suivi les cailloux que tu as planté. Plus important Brianna, tu as quelque chose qui m'appartient. Un carnet, aussi gros qu'un registre, reluire de cuir bleuté. C'est écrit dessus "Dossier H". Tu l'as dérobé au Docteur Jeremy Lang il y a trois semaines à Inu Town.

Sans aucune hésitation, elle a fait feu. Ou du moins a essayé. Un coup à la tempe par un Nox bien planquée et notre belle tueuse en herbe en a pour quelques heures de sommeil. En voilà une fille bien dangereuse, surement une précieuse ressource pour la famille Martico. Un précieux atout pour eux maintenant que les Sept Familles de North Blue sont en guerre ouverte. Un pion dont je vais les priver parce que moi aussi, je compte dire mon mot dans cette guerre. Après tout, elle me concerne directement. Mais pour plus tard ces considérations. Nous avons la fille et le tableau.


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PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !

- Zéro ? Bon j'espère que ça ne va pas devenir une habitude, mais c'est pour te dire que ça avance toujours, l'enquête. En outre, la période de vache maigre est passée, j'ai fait une juteuse vente qui nous permettra d'acquérir la nouvelle forge automatique Dows XP. Beaucoup plus performante que les modèles 2000 ou 98 qui ont déjà grillé entre tes mains. Enfin, tes palmes... J'espère que celle-là te permettra de faire une avancée notable.

Parce que si ça continue, il va me ruiner et le projet avec. Vaux mieux ne pas donner raison à Dena'.
  • https://www.onepiece-requiem.net/t12978-fiche-technique-de-loth
  • https://www.onepiece-requiem.net/t10961-loth-reich-le-marchand-heretique
Sug-gestion : se p-procurer aussi méphédrone.
Qu'est-ce que c'est ?
D-Drogue de synt-thèse stimulant-te et sans d-danger = caféine 2.0. Je p-perds deux heures toutes les d-deux semaines en somm-meil. Méphéd-drone rallong-gerait délai à t-trois semaines.
Eh... Va pas non plus clamser de surmenage hein ?
J'ai d-déjà fait bien p-pire.
J'ai une toubib dans mon équipe qui te livrera ça. Elle en profitera pour t'ausculter, au cas où.
Ok.

Me suis déjà auto-ausculté de nombreuses fois et jamais rien détecté d'anormal dans organisme. Corps très résistant à fatigue. Passion perce les limites de corps.

Métal élastique. Concept qui n'a jamais du traverser aucun esprit avant l'ère Wapol. Wapol tyran stupide Wapol businessman insipide mais Wapol a amorcé sans s'en rendre compte un fantastique séisme dans conception scientifique de la Matière. Les solides qu'on croyait cantonnés à un seul état sont en fait comme Humains d'une certaine façon : changeants. Dépendants de leur environnement. On les savait capables de fondre depuis nuit des temps mais pas qu'ils pouvaient se transformer à température ambiante.

Se transformer en autre chose.
Non c'est pas vraiment ça.
Reformulation : ils peuvent être deux choses à la fois.
Je savais que c'était possible à échelle quantique. Mais métal = amas de milliards de milliards d'atomes. Comment les coordonner ? Comment leur "apprendre" "formations" ? Leur ordonner de modifier leur organisation en fonction de besoins ?

Analyse/Parallèle = lier ces atomes en les forçant à partager leurs électrons. Comme on lie peuple en forçant ses membres à partager une même Histoire.
Mais Peuple ne requiert pas plongeon dans solution ionique.
Chimie des groupes humains inabordable pour l'instant. Énigmes posées par ce métal semblent pour l'instant bien plus simples.

***

30 Mars 1626
Bruit sous crâne. Pensées ont latence avant de parvenir à s'assembler en chaîne cohérente.
Hypothèse : manque de sommeil (phase terminale) et santé mentale engagée. Vivement méphédrone qui dégrippera neurones.
Déteste ces états somnolents. Me donne sensation que potentiel me fuit. Qu'intellect refuse de coopérer. Je sais qu'idées brillantes sont là mais j'ai plus la lumière pour les repérer. Je pense dans le noir. Tout se perd dans fatigue et bâillements. Oui c'est manque de sommeil typique.

Peu importe. J'ai Zerométal bêta sous yeux => a pas fait exploser nouveau micro-onde. Après avoir passé échantillon au microscope j'ai vu que j'avais répliqué avec succès Pertanate, pour la 8ème fois => possibilité de considérer sa fabrication comme acquise. Les autres métaux entretiennent relation conflictuelle avec Pertanate néanmoins : comme anticorps assaillant virus dans organisme, ils lui volent des électrons et petit à petit ils le vide de ses propriétés de "ciment" métallique.

C'est pas ce qui était censé se passer. Aucune propriété élastique. Pas de modélisation possible. C'est un banal alliage. Qui se dévore lui-même. C'est un détritus. Or mon cerveau m'a pas habitué à produire détritus. Science me résiste rarement très longtemps. Mon esprit patine jamais car il adhère intuitivement à ces concepts sans jamais déraper. Je me suis trompé aujourd'hui. Je me suis trompé. C'est pas ce qui était censé se passer.

J'ai encore raté. Quelque chose m'a échappé. Quoi. Quoi ?

Sonnerie grasse à entrée de laboratoire. Interrompt flux de pensées. J'espère que c'est bonne raison. J'espère que c'est méphédrone. Sommeil assaille mon cerveau = besoin urgent de le reboot.
Den den interphone tire la langue. Oh. Oublié de le nourrir. Je ferai ça en temps voulu. Il est mon seul contact avec extérieur direct du laboratoire. Entrée blindée sécurisée par un sas aseptisé avec décontamination possible si elle était nécessaire. Mais les vrais intrus sont pas pathogènes. Les vrais intrus seraient concurrents belliqueux ou gouvernementaux stupidement égoïstes.

D-Déclinez id-dentité.
Abigail Summers. Je suis médecin, envoyée par monsieur Reich.

Ah. C'est elle qui doit contrôler mon statut santé et assurer ma maintenance. J'aime pas être materné. Pas besoin d'un facteur ralentisseur alors que j'attaque le morceau le plus épais du fantastique mur que je suis en train de percer.
Je pousse levier. Fracas sourd supérieur à 60 décibels. Mécanismes déplacent massives portes rouillées dans grincements qui malmènent tympans + fatigue = (Migraine x Vertiges).

Ça va, mon gars ?
O-Oui.

Son visage. Me rappelle quelque chose. Quelque chose dans ses traits fait écho à mes souvenirs. Peut-être est-ce sons parasites émis par manque de sommeil ?

Ces cernes...
Rien du t-tout.
Prenez quelques jours de repos, vous allez vous tuer. Vos bras ont cicatrisés ?
P-Processus de cicatrisation en c-cours.
Vous devriez les laisser au repos... Combien de temps que vous avez pas changé vos bandages ?
D-Deux semaines.
Putain de malade.
S-Suis au courant de lim-mites de mon corps => est-t-time être qu'à 46% de son rend-dement maxim-mal. B-Besoin méphédrone.
Besoin de sommeil surtout ! Écoutez, j'ai embarqué du sédatif parce que j'sais à quel point vous êtes un taré doublé d'une tête de mule. Si vous refusez d'aller vous pieuter, je vous fous KO et vous attache à un lit jusqu'à ce que vous m'ayez fais vingt heures de sommeil.
P-Pas de lit ici.
Me mentez pas en plus ! Je sais qu'il y a un petit dortoir derrière l'entrepôt !
Ah. J'y s-suis jamais allé = d-donnée manq-quante.

Agacement visible sur visage. Pas besoin de compétences en profilage pour se rendre compte que sa patience s'égrène. Sentiment de déjà-vu ne s'estompe pas. Elle se comporte comme si elle me connaissait déjà. Comme si. Mais peut-être qu'elle dispose seulement de ragots prêtés par Lotrèche.

100 mg !
...
De sédatif.
D-Dosage incorrect.
Ouais, c'est quinze fois ce qu'on prescrirait à quelqu'un de votre corpulence. En fait, ça enverrait un éléphant au pays des rêves.
Ce serait c-contre-prod-d-ductif.
Votre MORT serait contre-productive ! Incroyable, j'arrive pas à croire que vous me forcez à utiliser cet argument !
Arg-g-gument viable. Mais j-j'ai encore res-s-ssources.
J'imaginais nos retrouvailles moins laborieuses. Tsss...

Ah.

Néc-cessite actualisation de m-mémoire.
J'en aurais bien besoin moi aussi, vous en faites pas. On a été "collègues", Zéro. Je sais plus vraiment en quelles circonstances, mais on l'a été.
Brig-gade scient-tif-fique ?
Autrefois, mais ça fait dix ans. T'étais un ado à l'époque.

Époque absurdement lointaine et inintéressante. Passé coulé sous des litres de béton. Parfois littéralement concernant mes anciens dossiers. Papa encore vivant à l'époque. Seul souvenir non scientifique qui perdure. Espèce de phare planté au milieu d'océan sombre et agité. J'irai jamais prendre le large par là-bas.

J'ai un trou de mémoire béant à la place de ces souvenirs, mais je me rappelle un peu de toi. Pas le genre d'étrangeté qu'une amnésie seule peut chasser de la mémoire.

J'ai autres priorités que fouiller mémoire à long terme.

Je p-pars en phase som-meil. Mais je voud-drai quand même méph-phédrone.
Oui, oui, tu-vous l'aurez. Je resterai dans les parages quelques semaines, m'assurer que vous en faites pas n'importe quoi. C'est cher et très nocif si on en abuse. Les préoccupations de Reich gravitant à la fois autour de son portefeuille et de votre santé, vous comprendrez...
P-Peu importe. Mais n'int-terfères p-pas.
Hm.

J'interrompt l'étude de mes prometteurs résultats pour perdre temps en mode veille. Frustrant organisme capricieux.
  • https://www.onepiece-requiem.net/t14958-zero
  • https://www.onepiece-requiem.net/t14864-zeke-romanov-uc

Vizirat de Verminia - Sultanat de Pétales

Aujourd'hui le premier avril. Je n'ai jamais été d'humeur à faire un Poisson de toute manière. L'enquête sur le Dossier H commence sérieusement à m'horripiler. Dans ce carnet se trouve peut-être la formule, le calcul qui permettra à Zéro de domestiquer le Wapo Métal et depuis, qu'est-ce que je fais ? Je me balade à sa poursuite à travers les quatre océans. Et comme si cela ne suffisait pas, il y a bien sûr Ashura. J'avais à peine ramené Cat's Eye à Boréa que le réseau tenta de m'éliminer. Le palace que j'occupais porte encore les stigmates de la pluie de balles qui s'est abattue dessus. Ils étaient décidés à m'éradiquer mais leur attaque sanglante n'a eu pour autre résultat que de me donner les armes pour leur porter un coup de taille.

Le Numéro 4 du Réseau, l'homme au sein du rouage de Gouvernement qui déjouait jusqu'à présent tous les coups de filets contre Ashura n'est plus. Ils sont plus vulnérables que jamais. Plus haineux aussi. Et moi, je suis ressorti de cette aventure affublé d'un nouveau surnom : Le Moine Hérétique. Parce que j'ai fait semblant d'être mort, que des funérailles nationaux furent organisés à mon nom et que je "ressuscitai" en défonçant mon tombeau de l'intérieur un jour de grosses visites au cimetière. De la mise en scène que tout cela. J'ai toujours été homme à aimer les scénarios alambiqués.
Et naturellement tout cela m'a empêché de faire un quelconque bond dans cette affaire du Dossier H, tout comme les avancées de Zéro sont restées aussi stériles que les tentatives de procréation d'une ménopausée.

J'espère qu'en ce premier avril, aucune mauvaise farce ne s'invitera dans mon programme, que je résoudrai cette histoire une bonne fois pour toute. Cat's Eye a fini par parler. Naturellement. Malgré tout son talent pour le meurtre et le vol, ce n'est qu'une post-adolescente qui se donne des airs de dur à cuire. Certes, elle a un caractère bien trempé, très courageuse de surcroit mais tout le monde a ses limites. Un peu de persuasion ci et là, un petit arrangement à l'amiable et j'ai eu ce que je voulais. Je prohibe la torture sur les femmes. Tout le monde a un prix, il suffit de le trouver et de le payer. C'est pour cela qu'elle est avec nous aujourd'hui. Pour payer le prix de sa liberté.

- Donc on est d'accord. Je t'fais entrer chez mon mandant et tu désactives la satanée bombe-bracelet que j'ai à la cheville ?
- Ouais c'est c'qu'il a dit. Arrête d'vouloir le tuer des yeux, tu vas dev'nir myope à force.
- Je n'ai qu'une parole Cat's. Et d'ailleurs je trouve malheureux que nous nous soyons rencontrés dans de telles conditions. Nous aurions pu faire une bonne équipe. Et toi, ai-je ta parole qu'une fois libre, tu ne déchaineras pas la puissance de la famille Martico contre moi ?
- Ouais, ouais. J'dirai rien à grand-père.  
- A la bonne heure. Je n'ai pas besoin d'une guéguerre supplémentaire.
- Ton contact est en retard, jeune fille.
- La jeune fille à un nom ! Si tu perds patience au bout d'cinq minutes alors rentre chez toi, vieillard. Ces choses là prennent du temps. Profite du paysage au moins.    

Le sultanat de Pétales. Le pays aux milles effluves, le royaume des parfumeurs. J'aurais aimé venir ici dans d'autres circonstances, j'aurais aimé m'attarder et en apprendre le plus. La toute première affaire criminelle que j'ai résolue en présence d'un Marine concernait les sombres évènements qui se déroulèrent ici durant la guerre civile. Lady Ombeline à l'époque simple Sergent d’Élite et moi avions coopéré pour démystifier l'intrigue autour des meurtres de Dog Wildson, le Boucher des Highlands. Je sais que je reviendrai ici, l'intrigue est toujours en suspens. Mais pour l'instant, j'ai d'autres chats plus urgents à fouetter.
Nous sommes dans un parc, dans le Vizirat de Verminia, un des cinq du sultanat. Ici, ils sont réputés pour leur industrie de pesticides et d'insecticides.

- Faisons la causette vu qu'ils viennent pas. Tu n'tues pas simplement pour tes clients ? Tu déniches aussi des hommes ? Tu fais quoi d'autres ?
- J'aime pas ton ton, le vieillard.    
- Oh ça suffit vous deux. Vous me cassez les oreilles. Prenez-vous une chambre.
- Bah j'demandais juste si c'était normal qu'une voleuse-tueuse à gage fasse aussi du recrut'ment. Et pour info Loth, j't'ai dit que ton plan d'lui faire confiance était foireux. Donc, j'peux continuer à poser des questions.
- Si c'est foireux pourquoi t'as ramené ton cul ?  
- Pour protéger l'cul d'Loth justement. C'est mon job.
- Mon cul va très bien. Merci de vous en soucier.
- Pfff, vieillard ignare. Vu que l'autre con d’archéologue ne cessait de s'vanter d'avoir trouvé le Métamorphe, c'est fini par tomber dans les oreilles d'mon client. Il m'a payé pour récupérer l'carnet qui contient la formule du Wapo Métal. Et comme grand-père a de très bons amis à Zaun, je ui ai dit que j'pouvais aussi lui trouver le meilleur physicien dans l'domaine. Mais en entendant, j'devais faire un casse à Luvneel avant...
- C'est là qu'on t'a capturé et que j't'ai assommé. C'est la partie la plus jouissive du truc. Héhéhé.
- Concentrez-vous. Invités à trois heures.
- Ouais c'est eux. Laissez-moi négocier.  

Deux carrosses s'arrêtent dans un grincement de métal et nous montons dans le second. Il y a déjà quatre hommes à l'intérieur. Nous prenons place en face d'eux et la discussion commence. D'abord les présentations. Je suis Ron van Avaermat, physicien des métaux et Nox, Fred Ollyraph, mon assistant. Pour cette infiltration, nous nous sommes rasés le crâne et opéré un peu de transformisme. Je commence à être connu et il est de plus en plus difficile de passer pour quelqu'un d'autre. La discussion tourne d'abord autour de mes états de service que vante Cat's. Le plan c'est de les persuader assez longtemps que nous sommes ceux que nous prétendons être présentés au mystérieux boss qui détient le Dossier X. Après les états de service imaginaire, nous parlons de nos passés.

- Vous êtes originaire de Zaun ? demanda le chef du groupe.
- Moi non. De Portgentil à Bliss.
- Cent pour cent Zaunien. Et vous êtes d'où vous ?
- J'suis né à deux cents bornes d'ici, dans l'Vizirat d'Essence. Et toi, Cat's ?
- A Earl, une p'tite bourgade près de Luvneelgarm. Des prairies, des oiseaux, quelques labos de crystal meth'...
- Ça a l'air sympa. Tiens, nous décélérons. Sommes-nous déjà arrivés dans la capitale du Vizirat ?
- Non, il n'y a que des champs à pertes de vue, fit Nox qui jeta un œil par le hublot.
- Vos chemins à vous s'arrêtent ici.

Ils nous tiennent en joue et Cat's se met à rigoler. Deux d'entre-eux nous fouillent et nous dépouillent de toutes nos armes. Nox fulmine, essaie de se rebeller mais reçoit un high kick sauté en pleine face. Cadeau de Cat's. Son nez coule abondamment. Il me regarde, un "je t'avais prévenu" dans les yeux. « C’est ainsi que tu nous trahi, Cat's ? Tu m'avais donné ta parole ! » éructai-je. « Poisson d'Avril ! » qu'elle chantonne. « Ne te soucies-tu donc pas de la bombe ? Si tu essaies de l'enlever, elle explosera. Moi seul ai la clé. » Elle rigole de plus belle, relève le bas de son pantalon et expose sa cheville baguée d'un anneau agrémenté de deux boules de métal.

- C'est avec ça qu'ils t'tenaient en laisse ?
- Tu m'connais mieux que ça non, Axel ? C'est avec ça que j'leur ai fait croire qu'ils m'tenaient ouais !
- Attends, ça ressemble au collier que les Dragons posent à leurs esclaves. Déconne pas, ne fait rien ou tu vas nous cramer tous !
- Hey ! C'est moi non ? T'inquiète ! J'vais te montrer pourquoi la famille Martico forme les meilleurs voleurs au monde. Y a aucune serrure qu'on n'peut pas ouvrir, aucun coffre qu'on n'peut forcer, aucune alarme qu'on n'peut désactiver, aucune minuterie qu'on n'peut désamorcer. Tic ! tac !

Ses gestes sont concis. Elle enlève la goupille, sectionne le fil qui relie le déclencheur à la charge, extrait la bombe de son pied puis la balance au loin à travers la porte ouverte du carrosse. Une seconde après, elle explose en plein air. Le souffle, on le ressent, il hérisse nos cheveux et embaume l'atmosphère d'une senteur de poudre. Cat's s'esclaffe de plus belle pendant que les hommes armés soufflent de soulagement et de peur. A une seconde près, nous sautions tous dans la voiture. Pour la bonne mesure, ils nous tabassent avec la crosse de leurs armes. « Tu vois le binocle ? Quand t'as grandi comme moi à Earl près de Luvneelgarm, désamorcer ce genre de joujou devient une affaire de tous les jours. Tu diras à Jonathan Nivel que ses bombes sont vraiment délicieuses ! Enfin, j’lui dirai ça. Vous deux, vous irez en enfer. Cette fois-ci, Moine Hérétique, tu ressusciteras pas. » Juste après, l'escargophone du dénommé Axel sonne et il semble que ce soit le boss le mandant au bout du fil. On nous fait descendre de la voiture.

- Cat's et moi, on va prendre l'autre berline les gars. Le Boss nous veut illico presto. David, Pierrot, débarrassez-vous d'eux et que leurs corps nourrissent les fleurs. Ensuite, ramenez vos culs.
- Sale pute...
- Thithithi ! Tu sens l'goût d'métal dans la gorge là, l'vieillard ? C'est c'lui d'la défaite et d'la mort imminente. C'est c'qui arrive à ceux qui pètent plus haut que leur cul dans c'business. Ciao les nullos !
- Si t'as un plan génial Loth, sors le maintenant, marmonne-t-il amer en regardant l'autre voiture tractée s'éloigner à grande vitesse.

Bang !
Une seule balle. Deux morts. Elle n'a jamais eu besoin de plus.
C'est à mon tour de sourire alors que Nox se terre pour éviter je-ne-sais-quoi. Aucune balle ne siffle, la seule à avoir quitté sa chambre de combustion a traversé deux cranes, des tempes droites aux gauches avant de continuer son chemin. Avec un tel calibre, elle aurait pu percer un blindage. Des plantations de tournesol, émerge la nouvelle "recrue" de mon équipe pendant que je guerroyais contre Ashura. Avada Kedavra, l'androgyne à cinquante millions de Berry. Si Nox et Cat's se sont fait des noms dans le milieu, ils sont peu de choses comparé à elle -je préfère en référer en tant que femme-. Aujourd'hui, sur les Blues, absolument personne ne fait de mieux qu'elle en matière de contrat à gage. Je n'ai pas eu le temps de briefer Nox sur ma nouvelle partenaire et je comprends son regard estomaqué quand il la reconnait derrière sa combinaison verte et son foulard à motif qui dissimule la moitié de son visage. Peu de gens l'ont rencontrée. Presque aucun n'a survécu pour le rapporter.

[...]


- Avada, Nox. Nox, Avada. Nox, j'ai engagé Avada pour qu'elle nous file. Et comme elle peut sans problème trouer une pièce de monnaie à mille mètres, la distance n'est pas un souci pour elle.
-  Enchanté.
- Et t'avais pas prévu d'm'en parler ? Il respire bruyamment, encore sous le coup de l'émotion.
- Non, tu n'es pas un bon comédien. Cat's l'aurait su si je t'avais tout dit.
- Dis quoi ? T'as prévu sa trahison, je suppose ?
- Naturellement. Allons, elle est jeune, sûre de ses talents, il était évident que jamais elle ne m'aurait obéi et aurait cherché la moindre occasion de s'enfuir. En disant que je voulais rentrer en contact avec son employeur, je lui en ai donné l'opportunité. Je savais aussi qu'elle enrayerait la bombe, ce n'était qu'un leurre.
- On était avec elle tout l'temps. Comment elle leur a dit ?
- Tous les criminels ont des codes. Je doute qu'il y ait un hameau nommé Earl dans la province de Luvneelgarm. Bref, je savais que nous allions la perdre à un moment où un autre. Là, nous allons pouvoir la suivre.
- Comment ?
-  Grâce à cette vivre card. Ils se dirigent vers le nord-est.
- Une vivre card de Cat's ? Quand ?
- Désolé mon pote, mais l'animosité entre vous était telle que si je t'avais mis au parfum, tu n'aurais pas été naturel. Je lui ai prélevé quelques mèches que les contacts d'Avada sur Grand Line ont transformées en Vivre Card. A son insu, Cat's va directement nous mener à celui qui a commandité le meurtre de Jeremy. Peut-être le même qui a empoisonné l'équipage du Métamorphe il y a cinquante-six ans.

[...]


Pister quelqu'un grâce à une Vivre Card n'est pas une mince affaire. Le papier bouge millimètre par millimètre et te donne une position approximative. S'il pointe vers le nord, tu te diriges vers le nord pendant quelques mètres puis tu t'arrêtes pour te rendre compte qu'il pointe maintenant vers l'ouest parce que la cible est elle aussi mouvante. Alors tu t'engages sur ce nouveau sentier et ainsi de suite. Et encore que dans la campagne ça va. Mais en pleine ville, ça devient un casse-tête. La capitale éponyme du vizirat de Verminia est densément peuplée et tous les bâtiments s'élèvent verticalement. La filature nous entraine vers les quartiers très coquets de la capitale où nos styles vestimentaires commencent à faire tache.

- Bon, on ne peut aller plus loin. Cat's est sans doute dans ce manoir.
- J'y crois pas... C'est le manoir de la famille Mcguire.
- Comment tu l'sais ?
- D'anciens clients. Officiellement, ils ont fait fortune dans le commerce des insecticides et des moustiquaires.
- Officieusement ?
- Ils font du trafic de gaz de combat, surtout du SRZ. Mortel. Tu te souviens du massacre de Marines par attentat au gaz attribué aux rebelles du royaume de Shinye ? C'est eux les fournisseurs. Je n'étais jamais venue ici mais le blason est facilement reconnaissable.
- Bizarre... Il n'y avait aucun Mcguire dans aucun des documents se rapportant au Métamorphe. Minute Avada, t'ont-ils contacté pour remplir un contrat sur un archéologue ?
- Ouais, mais j'étais pris par un autre gage.
- Sur Jonathan Nivel. Je t'ai empêché de le tuer en rachetant son contrat. Si tu n'avais pas été sur ça, tu aurais été à la place de Cat's et nous aurions été ennemis.
- Ça fout les jetons... Mais c'quoi l'plan d'attaque ? J'suppose que cet endroit est rempli d'gars méchamment armés jusqu'aux dents ?
- En nombre réduit sans doute. C'est une résidence de famille, dans un quartier huppé. Ils tiennent à apparaitre comme de riches entrepreneurs et uniquement ça. Je pense qu'on peut y aller.
- Genre en bourrins ?
- Faisons ça. On sera parti bien avant l'arrivée des forces de l'ordre. Mets ton masque, on attaque d'abord, on pose les questions ensuite.

Le grand portail explose à coup de dynamite. La déflagration s'entend surement à un kilomètre à la ronde. Les deux gardes dans le jardin s'effondrent, Nox et moi continuons notre chemin. L'ange gardien qui nous couvre se nomme Avada. J'entends des cris provenant des propriétés voisines mais aussi de l'intérieur du manoir. Au balcon du premier apparait Axel qui me cible, mais il est trop lent. Mon couteau de jet se fige dans sa poitrine. Il chute par-dessus la balustrade et s'écrase dans l'herbe. Poupée désarticulée. Pendant que Nox prend le hall d'entrée, j'active le Retour à la Vie et monte directement au premier étage à l'aide de mes tentacules capillaires. La Card m'indique qu'elle se trouve à mes neuf heures. Quel étage, je l'ignore. Ce manoir en compte trois. Je n'ai pas à chercher longtemps, je suis au bon endroit, je vois une crinière blonde se faufiler entre deux chambres. C'est elle mais soudain, Nox déboule et me hurle un « elle est à moi ! »

« Je la veux vivante ! Et intacte ! » que je lui balance. Quelques balles volent, des domestiques en panique hurlent en courant partout. Moi je suis seul au milieu de ce couloir du premier étage. Les tableaux muraux m’interpellent et je m'en approche tel un touriste au milieu d'une galerie d'arts. Les innombrables portraits épinglés immortalisent surement les générations passées ou présentes de Mcguire. Ils ont tous les traits fins, le menton fourchu et des cheveux ondulés d'un noir d'encre. Des caractéristiques qui me rappellent celles de Tanya Scholes. Je presse le pas et cherche son portrait le long du mur. Bingo ! Je la trouve à l'autre bout du couloir. Tanya, épouse Scholes, née Mcguire, 1516-1596, Ingénieure Générale de la Brigade Scientifique de la Marine. Elle était en poste à la base de Silicon Island en même temps que les membres du Projet Moscow. A l'époque, je m'étais renseigné sur tous les Marines ayant un intérêt certain dans la disparition du Métamorphe et elle en faisait partie.  

- Hey ! Dis bonjour à Cat's ! lance Nox de retour avec la blonde menottée et bâillonnée. Il a un œil salement tuméfié et elle arbore une large entaille saignante sur le ventre quoique pas profond. Tiens, j'ai récupéré l'Dossier H pendant qu'tu... Tu fous quoi planté là putain ?
- Je me fais amateur d'art. Regarde le portrait de cette femme, c'est sûrement elle qui a glissé les tamarins des Songes sur le Métamorphe en espérant récupérer les recherches de Moscow. Elle aura tout raconté à ses descendants qui ont souhaité continuer son œuvre. Le Dossier était sur Cat's ?
- Ah non, sur un autre gars qu'Avada a descendu.
- Allez, on se tire ! La cavalerie arrive !

[...]


- Allô ?
- C'est Abigail, Loth. Zéro est dans la chambre aseptisée.
- Il avance ?
- Pas autant que sa santé se dégrade.
- Quoi ?
- Il se tue à la tâche et il devient de moins en moins productif au fur et à mesure qu'il se prive de sommeil paradoxal. Il pense connaitre son corps mais je crois qu'il surestime ses capacités.
- Bah arrête-le !
- Contre son gré ?
- Oui ! Plante-lui une aiguille dans le cou, un torchon de chloroforme sous le nez, peu importe. Qu'il ait son repos, même forcé ! Ce sont mes investissements qu'il coule en s'entêtant ainsi ! A aller plus vite que la musique, on finit par mal danser ! Empêche-le de s'autodétruire et mon Métal avec ! Je lui ai envoyé le Dossier H qui contient des notes du Professeur Thimoteus Tymochenko. Donne le lui à son réveil. Puis-je compter sur toi ?
- Je m'y attèle. Il dormira pendant trois jours au moins et ses connexions neuronales seront au top à son réveil.
- Merci.
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Cerveau rallume une à une ses fonctions. Voiles humides étalés sur globe occulaires et colle de sébum sabotant la mobilité régulière des paupières. Salive stagnante dans bouche l'a transformé en désagréable marais. Muscles en cours de redémarrage. Aucun doute. J'ai dormi.

Mémoire expurgée. Subsiste seulement données Métal à mémoire de forme.

J'ai donc dormi. Rêves enterrés. Toujours le cas. M'en souviens jamais. Peut-être aussi que j'en ai pas fais parce que c'était pas un processus d'endormissement commandé par cerveau. Mais forcé par sédatif. Ou poison. Ou traumatisme crânien.

Un mal de crâne résident vite est remplacé par ébullition neuronale. Je sais pas combien de temps j'ai dormi. Mais ça a du me faire perdre du Temps -beaucoup-. Estimation préliminaire compte tenu de mon niveau de récupération : au moins 36h de sommeil. C'est pas naturel.

Restauration de contrôle de réflexions. J'ai de nouveau maîtrise de pensées. J'ai du souffrir de narcolepsie spontanée due à manque sévère de sommeil. Pas grave. Revenons vite à travail. Je sors de dortoir et traverse entrepôt. Étranges sons tambourinant sur toit. Peu important.

Laboratoire propre. Plus propre qu'état dans lequel je me souviens l'avoir laissé. Curieux. Documents à leur place et expérimentations figées. J'ai plus qu'à feuilleter mon calepin porte-mémoire savoir où j'en étais avant ce petit coma. J'étais coincé sur pertanate auquel j'arrivais pas à déployer propriétés liantes avec autres métaux. Probablement parce que bridé par manque de sommeil ? Car à revoir notes et formules, procédé à suivre me paraît maintenant tout à fait limpide. Besoin sévère de nutriments risque d'enrayer fluidité de messages neuronaux => passer à réfectoire récupérer paquet de galettes protéines lyophilisées. Ensuite je poursuivrai révolution science.

Zéro !

Voix. Son absent de souvenirs.

Enfin ! T'es enfin debout !
Q-Qui es-t-tu ?
On a pas le temps. Le labo est assiégé.
Ah.
J'ai fermé hermétiquement tous les sas de sécurité. Mais il reste les bouches d'aération. Je crois qu'ils... sont sur les toits.
Q-Qui ?
Aucune idée. Ces types ont l'air d'être des pros. Ils nous observent depuis hier et j'ai cru bon de lancer les protocoles de confinement au cas où et... j'ai bien fais. Je suis Abigail Summer, médecin de Reich, tu te souviens ?
N-Non.
Tant pis, on fera sans. Faut que tu me fasses confiance.
Je t-te fais conf-fiance. Je ret-tourne travail pend-d-dant ce temps.

Je fais. Elle me regarde d'air contrit. Pas le temps pour ces broutilles. J'ai déjà perdu des jours enfoncé dans mon sommeil artificiel et il y a des chances qu'Abigail Summer soit pas étrangère à ce gaspillage de ressources temporelles. Alors investir efforts mentaux et physiques dans assaut de prétendus mercenaires tandis que Lotrèche mieux placé pour corriger trajectoire hasardeuse de situation ? J'irai plutôt dépenser mes joules dans ma fascinante aventure scientifique.

Tu te rends bien compte qu'on sait pas ce qu'ils veulent et que s'ils entrent, ils pourraient tenter de t'assassiner ?
Prob-babilit-t-té = 6%. Hypot-thèse : ils veulent v-voler recett-tte de métal. Ils auront b-besoin de mes t-travaux et d-de moi vivant pour les int-terpréter et les achever.
Bah ! J'aurai bien essayé...

Et s'ils me kidnappent pour m'obliger à travailler pour eux. J'aurais pas de vraie objection s'ils m'offrent un montant égal ou supérieur de moyens à ceux mis à disposition par Lotrèche. Juste dommage car j'aurais peu de chances de tomber sur un nouvel employeur aussi intéressant que lui. Il a bien plus à m'apporter qu'une banale révolution dans la compréhension scientifique de la Matière.

J'ai pas encore pensé à lui demander pour ce cours sur l'Humanité. Je risque d'avoir rapidement l'occasion de lui reparler. Il faudra en profiter. Savoir qu'il me donnera clés pour explorer les domaines les plus obscurs des sciences humaines à la fin du processus de développement triplerait ma motivation déjà supermassive.

En attendant. Laboratoire.

***
Problème qui me tourmentait avant sommeil était tout à fait trivial. "Nuit = Conseil" -> célèbre proverbe de circonstance. Je l'ai solutionné en une simple demi-heure. En reprenant mes calculs à zéro. J'ai relevé de très nombreuses fautes d'étourderie. C'était vraiment moi qui avait commis ces hérésies mathématiques ? Une espèce d'émotion-honte essaye de se faire une place parmi l'activité utile de mon cerveau mais son irrationalité rend vite ses efforts caduques. La honte suggère un public susceptible de se moquer de moi pour ces erreurs. Or il y a que moi qui suit capable de saisir portée des pages d'équation qui s'étalent avec fascinante harmonie sous mes yeux.

Travail magnifique. Tymochenko a bâti bases de cette théorie. Je l'ai sublimée. Désormais je sais que ça n'est pas qu'une théorie. Il existe vraiment un métal capable d'épouser d'autres métaux. Au-delà de la copie conforme du Wapométal que cela permet. Ça ouvre à un réel saut dans la connaissance que l'on a des atomes. De ces innombrables grains quantiques qui s'entremêlent pour nous offrir panorama compréhensible de notre univers. La structure de ce qui nous entoure n'est pas fixe. Elle est en perpétuelles phases de bouleversement. Et tout ce qui me manquerait pour comprendre et apprendre à exploiter ces bouleversements. Ce serait du matériel plus performant. Du matériel mille fois plus performant que ce que toutes les formes de vie sur cette planète ne sont jamais parvenus réussir à produire. Ou même à imaginer.

Je suis né muni d'un cerveau qui conceptualise des idées ayant 500 ans d'avance sur la technologie disponible aujourd'hui. Comme Végapunk 1er en son temps. Très frustrant.

Il reste à apprendre comment exploiter de manière ergonomique ses propriétés. Et trouver comment lui ordonner nouvelle forme sur commande. Et comment adapter concept à usage militaire.

... Ou pas militaire. Je sais pas ce que veut faire Lotrèche avec. Par réflexes je penche toujours en premier sur applications guerrières parce que c'est Guerre le moteur 1 de la science et c'est seulement après avoir fait ses preuves sur champ de bataille qu'une invention peut espérer réellement percer pour upgrader existence des civils. Dans 86% des cas.

Mais peut-être que Lotrèche a d'autres idées. Je transcris sur calepin liste de ce que je dois lui demander.

Estime avoir bondi dans progression du développement. 74% du travail réalisé.

Zéro !

Ah.

Ouf, t'es là. Tout va bien ?
Q-Qui es-t-t-tu ?
Laisse tomber. On va s'enfermer dans le labo. Avec den den et assez de rations pour un mois. Fais tomber les portes blindées, t'es le seul à connaître le code !
Ah.

Ah.
Très ennuyeuse interruption.

Je t-t-travaillais.
Tu saisis pas la gravité de la situation. Ces types sont entrés. Tu vas te grouiller avant qu'ils dénichent le labo !
Ok.

Au moins labo étanche laissera pas pénétrer plus d'intrus dans mon intimité scientifique.
J'avance vers pavé numérique incrusté dans mur. De main gauche calepin me renseigne sur code requis. 00000. Je crois que j'étais censé changer ce mot de passe rudimentaire pour le sécuriser davantage. Mais je l'ai pas fais. Hypothèse : pas le temps.

Humaine s'excite au den den.

LOTH ! ÇA Y EST ! ILS SONT DEDANS ! Zéro et moi sommes retranchés dans le labo, on va...

T-Tu peux me le p-passer ? J'ai ch-chose import-tante à lui demander.

Euh attends, Zéro veut que j'te le passe, il doit avoir des infos.

Lotrèche.
J'écoute, viens-en au fait.
Tu pourras me d-donner c-cours d-décryptage de comport-tement humain lorsq-que j'aurai f-fini ?

Humaine m'arrache combiné des palmes avant que tympans aient pu capter réponse.

Bordel, cet abruti plane complètement ! Alors qu'est-ce qu'on fait, Loth ?
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- Tenez bon, je suis en approche de l'ile. J'ignore qui ça peut-être mais Urameshi est en route !

BOOOOOM !

- Du plastique ! Ils sont cinglés !
- Ils y mettent les moyens. Garde la ligne, Urameshi et ses gars...

Psssscchhttttt ! ! !

- Allô ? Abi ? Abigail ? Tu me reçois ?

Psssscchhttttt ! ! !

- Ça grésille. Ils ont brouillés les communications, commente Émeline ma chargée d'affaire. C'est la première fois que je l'associe à cette... aventure du Wapol Metal.
- Putain ! que je rage en jetant le bébé escargophone par terre.
- Du calme mon vieux, sont vivantes ces bestioles-là !
- Pourquoi il est aussi lent ce bateau ?! Plus vite, plus vite !
- Mec... C'est l'bateau l'plus rapide de la flotte du roi d'Boréa que t'as harcelé pour qu'il t'le prête. Et on file à vingt nœuds... Plus et il va décoller.
- Tu ne sais pas qui peut être derrière ça ?
- Des gens qui essaient de voler le projet de ma vie, visiblement ! Mais je ne les laisserai pas faire ! Je les exterminerais tous ! Jusqu'à leurs petits enfants !
- On s'est farci l'clan Mcguire y a quelques jours et on les pensait hors d'course. C'est p't'être eux. Faut appeler Dena' pour qu'il nous renseigne s'il a entendu des rumeurs.
- Fais donc ça.

Je rumine et fais les cents pas sur le Barracuda qui cingle la mer à vive allure en direction de Koneashima. En vérité, mes ennemis sont nombreux et les Mcguire ne sont que des planctons dans cet océan remplis de carnassiers. Ils ont peut-être parlé de ma découverte à des gens plus puissants qu'eux qui auront réussi à trouver le laboratoire à Koneashima. En tout cas, ils n'ont pas froids aux yeux pour utiliser de tels moyens sur cette île très sécurisée par ailleurs. A la fois par les milices des principaux clans, par l’Élite et la Brigade Scientifique.
Allez ! Plus vite ! Plus vite ! Je vendrai père et mère pour ingérer le fruit de la Porte en cet instant ! D'autant plus que je ne les connais pas, mes parents.

[...]

Une éternité plus tard, nous arrivons dans le port de Koneashima et d'office, tous les habitués des lieux peuvent percevoir que la sécurité a monté d'un cran. Des bâtiments de la Marine sont en patrouille ainsi que des boutres rapides et armés du clan Yusuké. La rumeur des conversations parle d'une attaque de brigands et loin de nous dans la baie, j'aperçois deux caraques éventrées que des ballons empêchent de couler. De la suie recouvre une jetée en pierre ce qui signifie la plupart de temps, bombe incendiaire.  Urameshi vient à ma rencontre et facile notre ancrage.

- Alors ?
- Désolé mec ! On est arrivé trop tard !
- Quoi ? Comment ça ?

Vide. Le labo est vide des recherches, des carnets, de Zéro et d'Abigail. Il n'y a plus rien, comme si le nettoyeur du siècle vient de faire son passage. Au fond de moi boue l'essence même de la colère. Elle veut sortir. Mais ce serait un remède pire que le mal. La dernière fois, ça a donné naissance à Shawn et j'ai massacré tous les ennemis autour de moi et m'en suis même pris à mes alliés. Le Berseker doit rester endormi, aussi je ferme les yeux, inspire et expire et utilise le Cœur de Pierre, une technique de méditation "instantanée" qui tue la bête intérieure et m'isole de tous sentiments corrosifs. Après deux minutes, je me sens à nouveau moi-même, je peux analyser la scène de crime d'un œil on ne peut plus objectif. Alors, combien étaient-ils ? Selon Urameshi, six. Entrainés, oui. Ils ont pénétrés dans le labo par la porte Est, celle du sud ayant été condamnée après une éruption d'acide dû à une expérimentation ratée de Zéro. Le premier est rentré et bang, Abi n'a pas hésité, elle lui a tiré dans la tête. Son corps, face contre terre est toujours dans l’entrebâillement de la porte.

C'est du bon travail Urameshi, il a pollué le moins que possible la scène. De mes mains gantées, je retourne le corps. Juste un humain normal, le type oriental tout de même, la peau basanée. Rien sur lui. Naturellement, on ne part pas cambrioler avec sa carte d'identité. Je le laisse là et avance. Les autres me laissent faire et seule Émeline me suit. Je l'ai formée, elle sait ce qu'elle doit chercher. Du coup, après que le premier soit tombé, Abi s'est enfuie. Je le devine. Elle est allée chercher Zéro dans la chambre d'expérimentation 5, la seule encore viable. Les vitres sont criblées mais pas de balles. « Ce sont des Flash Balls ! » constate-t-elle. « Quand ces petites billes te touchent, elles délivrent un voltage susceptible d’assommer un être humain. C'est une arme de contrôle de foule, pas de guerre. »  Conclusion, ils voulaient les prendre vivants, pas les tuer, ce qui coule de source. Ce qui les intéresse, c'est le Wapo Metal et le cerveau du scientifique à la tête de la recherche. Et à Émeline de renchérir « Flash Ball n'est définitivement pas le nom d'un sport ! »

C'est un trait d'humour que j'aurais mieux apprécié en temps normal. Devant moi, je vois les échos, les ombres d'Abigail fuir en trainant Zéro par les palmes. La scène se matérialise sous mes yeux comme si j'y fus. Je refais le match. Ici, deux autres corps. Frappe chirurgicale, des scalpels plantés directement dans leurs cœurs. Abi n'est pas un simple toubib de campagne. Elle a perdu la mémoire, elle a oublié son mystérieux passé mais ses capacités martiales sont toujours au point. Ces types sont morts avant de toucher le sol. Comme sur leurs camarades, rien à exploiter. Soit, on avance, vers la chambre blanche, le lieu le plus sécurisé du laboratoire. Une porte blindée en protège l'accès. Je vois Zéro composer le code de déverrouillage, y rentrer avec Émeline et refermer le portail sur eux. C'est à peu près à ce moment-là que j'ai entendu le gros "boum". Abi a parlé de plastique mais il en faudrait plus de cent kilos pour éventer une telle porte blindée, de quoi faire sauter l'intégralité du labo et tout souffler dans un pâté de deux à trois cent mètres. Non, ils ont opté pour une solution plus incisive après l'échec de leur plastiquage. Il y a un trou béant dans le blindage.

- Nox ! Viens là !
- Avec quoi ils ont pu faire ça ?
- Tu ne penses pas que ça ressemble aux effets de la thermite ?
- Ouais, y a la même odeur d'rouillé en plus.
- Qu'est-ce que la thermite ?
- C'est un mélange d'aluminium et de rouille de fer à la base. En les enflammant, on obtient une réaction chimique qui peut dégager une chaleur de plus de 2000 °C. C'est LE truc pour faire fondre l'acier ou d'autres alliages. Nox et moi, on en a eu une démonstration de la part de la Grenouille qui cherchait à nous en vendre. Selon lui, la thermite a été développée par la Brigade Scientifique pour le Cipher Pol.
- C'qui fait que c'est très rare et nulle part sur l'marché. La p'tite cargaison qu'avait la Grenouille a été enflée dans un entrepôt d'la Brigade.
- C'est sans doute ici, à Konea que cette thermite a été développée puis volée. Avec ça, ils ont fondu la porte et les ont endormis. Sont ressortis. Qu'est-ce qui s'est passé dans le port Urameshi ?
- On a poursuivi les trois restants mais z'étaient trop rapides. Vraiment très rapides. Disparaissaient, puis réapparaissaient à l'autre bout. Ils ont pris un petit bateau propulsé au dial et ont filé si vite qu'on n'a pas pu les fliquer. En plus, ils ont bombé deux caraques pour foutre le feu au port, histoire d'nous ralentir. Désolé.
- T'inquiètes, on les retrouvera. Ils ont besoin d'eux en vie. De Zéro en tout cas. Ils se débarrasseront d'Abi dès la seconde où ils sauront qu'elle n'a aucun rôle vital dans le projet. Un médecin, ça peut se trouver partout... J'espère qu'elle aura la présence d'esprit de dire qu'elle est son assistante...
- Ne dis pas n'importe quoi, pour moi elle est unique !
- Je sais, calme-toi !
- Ah, tu faisais de la victimologie ? Pardon. Ouais, on les trouvera. Reviens ici Eme', regarde ces deux corps là. C'est à partir d'ici qu'Abi a utilisé ses scalpels. Le premier s'est figé directement dans le cœur du second assaillant qui est mort sur le coup. Elle a lancé un autre sur le troisième gars mais ça raté. Il est allé se planter dans le rebord de fenêtre. Abi était ici je pense.
- Dans c'cas elle était entre les deux ? Parce que le cadavre du troisième gars est derrière elle là.
- Non, ce que veut dire Loth c'est qu'après avoir évité le jet, l'assaillant s'est déplacé très vite et a sans doute réapparu derrière elle.
- Ouais ! Comme c'qu'on a vu au port !
- Mais elle s'y attendait. Elle a armé sa main gauche et l'a poignardé directement au cœur là aussi, sans se retourner. Il s'est écroulé mais pas sans chercher à la blesser. Regardez son index.  
- Du sang. Comme s'il avait uniquement trempé ce doigt dedans. Loth, c'est du...
- Shigan. La technique du doigt tueur. Couplé à la vitesse dont nous parle Urameshi, je pense qu'on peut certifier que nos amis ont été visités par le Cipher Pol. Et ça concorde avec votre histoire de thermite. Il n'a pas gravement blessé Abi vu qu'elle a continué à normalement parler après à l'escargophone. Enfin, j'espère.
- Tu craignais que le CP ne s'en mêle.
- Je ne sais pas trop quoi en penser. Tu disais que la thermite était une invention spéciale de la Brigade Scientifique pour le Cipher Pol non ? Je pense que je devrais aller parler à l'Ingénieur Général qui commande la Scientifique de l'île. Je lui dirais que j'enquête sur l'incident du port.
- Aucune mouette est venue ici, personne n'sait qu'il y a un labo là.
- Du bon boulot, comme toujours, Urameshi. Prends-moi un escargopolaroid des cadavres, Eme'.
Merci.
Attendez-moi ici, je ne serai pas long.

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Alors c'est bien simple. Si tu coopères pas, on t'asticotera pour te rendre plus collaboratif. Tu bosses pour les McGuire désormais.
Ok.
Quoi, ok ?
P-pour me remet-tre au t-travail.
Comme ça ? Sans négociations ?
Quelqu'un t'a déjà dit ce qu'on t'proposait en échange ?
Je m'en f-fiche. Seule req-quête : matériel adapté de q-qualité ég-g-gale ou sup-périeure à celui de Lotrèche.
Euh... Tu f'ras avec c'qu'on a, hein.
Et en cas de coup tordu...
On a permission d'te foutre des baffes !
Rid-dicule. Contre-p-productif.
Ouais, euh, bah on vous surveillera, toi et ta copine, hein !
On a l'oeil pour repérer les magouilles, fais gaffe.
Ok mais vous p-parlerez pas.
Tu...
Sons p-parasites d-diminuent concentration d-de 30%.

On est dans espèce de manoir. Décoration riche et exubérante. Typique de petite noblesse. Je sais pas où. Ils ont bandé nos yeux et ligoté durant transport. Environ 6000 secondes = 100 minutes de transport plus précisément. Dont 80 en navire. On doit pas être loin de Konaeshima. Peut-être qu'on en a pas bougé et qu'on a navigué sur un fleuve. Difficile de théoriser. Je connais pas géographie locale.

Vot' labo est dans le sous-sol. Vous en bougerez plus sans autorisation.

Son collègue nous invite à suivre. Je suis. Abigail Summers aussi. J'ai zéro raison de résister. Ça m'exposerait à chocs physiques indésirables et retarderait recherches. Dans le fond, peu importe l'employeur, tant que le nouveau est aussi capable de m'assurer niveau constant de ressources. Même si je trouvais Lotrèche intéressant et que ce serait dommage de le perdre de vue. Peu de chance qu'il laisse faire les ravisseurs de toute façon.

La décoration passe de vaniteuse à étonnement humble. Sous-sols = cave à vin en désordre à travers laquelle sont disposés toiles d'araignées massives et outils scientifiques aléatoires.

L'patron savait pas trop d'quoi vous auriez besoin. Alors il a pas pris d'risques. Il vous a installé tout et n'importe quoi...
Mais si vous avez besoin d'assistance on a quelques spécialistes à temps partiels.
N-Non m'en f-fiche. J'ai d-déjà assist-tante.

Doctoresse Abigail s'est faite passer pour assistante importante dans cadre du projet. Théorie = s'afficher comme utile au développement pour éviter de se faire administrer décès par ravisseurs. J'ai joué le jeu car vies de scientifiques sont précieuses au Progrès => son Savoir lui confère de facto potentiel si on la conduit à le raffiner correctement.

Hm. Elle devrait bientôt avoir fini son entretien aussi. Et te rejoindra d'ici quelques minutes. Vous commencerez alors à bosser.
Ok. Je p-peux commencer t-tout de suite ?
Bah. Ouais.
Ok.

Détecte lassitude latente dans leurs voix. Mes réactions ont l'air d'aller à contrecourant de leurs prévisions. C'est souvent le cas. Je sais ce qu'on attend de moi. Révolution science. Peu importe l'employeur c'est quelque chose qui s'accapare tout ce que je suis. Alors autant sauter étapes laborieuses => investir l'ensemble de mes précieuses calories dans le projet plutôt qu'à les perdre en discussions avec profanes. Si on pouvait skipper tout le temps perdu en formalités dans une vie organique elle paraîtrait beaucoup moins courte.

Zéro !

Ah. Abigail. Elle suit notre trio de près. Escortée par deux autres ballons de stéroïdes. Leurs muscles protubérants sont évidemment des faux. Bien trop veineux pour avoir été construits naturellement. Ça enlève probablement pas grand chose à la qualité des coups de poings qu'ils peuvent administrer.

Quel soulagement, ils t'ont rien fait !

Elle par contre est endommagé à l'oeil. Hémorragie interne mineure coagulée = coquard. Elle a probablement résisté un peu inutilement avant de se soumettre. Elle constitue preuve que Ravisseurs éprouvent ni hésitation ni culpabilité à cogner sur cerveaux plus performants que les leurs. Niveau de prudence modérée recommandé.

Allez les tourtereaux, on a pas l'temps pour les retrouvailles.
O-Oui. Au t-travail.

***
J'sais pas, boss. On l'a fouillé, il avait plein de petites bombes sur lui, remplis d'sales trucs chimiques, un putain d'arsenal. Il aurait pu faire un massacre, p'tete même qu'il aurait pu nous échapper. Mais il a rien tenté. J'crois qu'il mijote rien. Vraiment rien. Quand on l'a interrogé, il a raconté qu'ces bombes étaient de l'équipement d'autodéfense. Il se considère pas en danger. Il est juste... hypnotisé par ses recherches.
Un timbré dans son monde. Tant mieux. Peut-être qu'on pourra continuer à s'en servir une fois le wapo métal dans nos poches. Et l'autre ? La femme ?
Elle est beaucoup plus angoissée.
Les gens angoissés font des bêtises. Surveillez là bien. D'ici une semaine ou deux, elle devrait s'être résignée à son changement d'employeur.
Compris boss.
Vous lui avez posé des questions sur son avancée ?
Quelques unes. Il a répondu du charabia d'scientos. J'ai juste saisi qu'il en était à 80%.
Les quittez pas des yeux.
Compris.

***
On a besoin d'un plan. Faut se tirer d'ici le plus vite possible. Les McGuire sont pas des tendres, ils ont la réputation d'être aussi girouettes que paranoïaques. Au premier soupçon de trahison, fondé ou pas, on sera descendus.

Abgail reste dans mes pattes et me chuchote inepties dès qu'attention de nos gardes vacille un peu. On partage pas même définition d'"assistante".

Lotrèche viend-dra nous chercher. Aut-tant prendre avance sur rech-cherches puisqu'il y a mat-t-tériel ici.
C'est comme ça que tu vois les choses ? Pour de vrai ?
Oui.
T'es décidément complètement perché.
Non c'est t-toi. T-Tu paniques t-trop. On est p-plus en sécurit-té que n-nos ravisseurs.
Tu as confiance en ce point en Reich ?
M-Meilleurs moyens + esp-prit t-tactique affiné. J'est-time ses chances de succès sup-p-périeures à 80%. 95% si j'exerc-ce sab-botages.
Attention...
G-Gardes d-dénués de bagages scient-tifiques. Je p-pourrais bric-coler b-bombe à monoxyde sous leur n-nez qu'ils se rend-draient pas compte. J'ai ap-pris à tromper sold-dats de la brig-gade scientifique. Aut-trement mieux formés. Ceux-là sont rid-dicules.

Ridicules mais bien équipés. Marge d'erreur limitée. Ils me tueraient pas mais pourraient m'endommager (notamment le cerveau) engendrant perte de capital neuronal. Je reste en situation périlleuse. Mais sur mon échelle personnelle de mesure du Danger. J'estime celui-ci à 3/10. Rien que je puisse pas gérer. Par contre je suis pas certain de fiabilité d'Abigail Summers. Elle contient un pic de stress nocif pour la prise de décisions judicieuses. Et me considère pas assez proche pour me donner confiance. C'est l'inconnue de l'équation. Ironique parce qu'elle était censée veiller sur mon intégrité physique + mentale mais est devenue source de risques n°1. Elle conçoit pas que la meilleure réponse à cet enlèvement est l'inaction. Caractère turbulent et impatient que l'impuissance détraque.

Attendre Lotrèche patiemment reste option la plus avantageuse. Me permet de prendre avance sur travail sans glaner ressources de Lotrèche. Ravisseurs fournissent matériel de qualité équivalente à celle de Lotrèche avec préférences plus nette pour grandes marques. Pourquoi leur mordiller inutilement la main comme mauvais roquet alors qu'un tigre enragé viendra très bientôt les dépecer ? J'entends ses grognements d'ici. C'est métaphorique.

Plaisanterie à part j'ai appris à dompter les atomes récalcitrants à se lier à des camarades de numéro atomique différent. Société humaine fonctionne de façon similaire. Si un individu A a pas d'atome crochu avec un individu B. Il trouvera aucune raison spontanée à collaborer avec lui -même dans intérêt général-. Il faut lui apporter un gain personnel tangible pour qu'il accepte de confier son énergie à une cause trop supérieure à la sienne pour qu'il puisse en distinguer les contours.

Dans le cas de nos atomes de fer et de nickel. C'est à un échange courtois d'électrons qu'ils se livrent. Introduits l'un à l'autre par le Pertanate qui m'avait fait suer durant premières semaines d'étude. Je vois le bout. Manque à développer ses nombreuses applications. Pour ça il faudra tests. Batterie de tests. Mois de tests. Et en seulement quelques mois on aura fait que naviguer sur la surface du potentiel abyssal de mon invention.

Mes congés sont pas éternels non plus. Ma tranquillité vis à vis de Gouvernement non plus. Il attendra peut-être pas la fin de mes vacances pour s'enquérir de mes activités. S'il venait à découvrir ce que je fais. Il me demanderait des comptes. S'il me demande des comptes. Je gaspillerai joules et jours en bêtises dangereuses parce que Gouvernement vexé voudra s'accaparer mes idées. Il est capable d'aller loin et à l'encontre des intérêts de la Science quand il est vexé.

Bref. Malheureusement le Temps travaille plus vite que moi. Je dois accélérer cadence.
Mais j'ai pas accès à drogues stimulantes ici. Avec cafetière + nécessaire de chimie mis à disposition je devrais pouvoir synthétiser hypercaféine personnelle pour freiner fatigue de cerveau.
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- Je sais qui vous êtes. Ce que j'ignore, c'est ce que vous faites là.
- J'enquête.
- Pour le compte de qui ?
- Comment ça ?
- Vous êtes un freelance au service de quelques roitelets.
- Roitelets ? répétai-je, effaré. Je peux contacter et vous passer le roi de Bliss pour que vous le traitiez de roitelet, Popov ? Je suis sûr qu'il aimerait.
- Ingénieure-Générale Popov, corrigea-t-elle avec une moue hautaine.
- Mouais c'est ça. Pour l'instant, l'île que vous protégez a été victime d'une attaque. Il y a des escargo-cameras qui ont filmé leur déplacement, tout semble indiquer que les assaillants sont membres du Cipher Pol. Ça ne vous inquiète pas ?
- Utiliser le Soru ne signifie pas forcément Cipher Pol et non, pourquoi m'en ferai-je ? Mes hommes les plus compétents sont sur le coup.
- Aucun d'aussi compétent que moi. Aucun avec mon tableau de chasse.
- Ce qui m'amène à ma question, que gagnez-vous dedans ? fit-elle, le regard plein de malice.
- Je pourrais dire la Justice mais on ne vous la fait pas. J'ai été engagé par le chef du clan Yusuké pour enquêter sur cet incident. J'étais présent à Konea pour vacances, voyez-vous.
- Pratique, l'excuse des vacances.
- Qu'insinuez-vous ?
- Qu'Ombeline est une très bonne amie.

Oh merde.
Elle sourit pendant que je la dévisage, impassible. Lady Ombeline est une Commandante de la Marine d’Élite qui me traque depuis 1619, une sorte de cauchemar ambulant qui ne trouve une raison d'exister que dans le combat. D'ailleurs, elle a entrainé dans sa cabale contre moi bon nombres d'officiers de la Marine et en premier lieu sa grande sœur Midnight qui commande la garnison de Boréa. Depuis sa mutation, ma vie n'est pas facile tous les jours au pays du Givre. Qu'Ombeline soit l'amie de cette espèce de cruche aux cheveux roses signifie que c'est très mal parti pour moi. Popov a déjà des soupçons à moitié confirmés, elle sait que quelque chose se trame. Elle sait même déjà quoi si ça se trouve. Mais je n'ai pas de temps à perdre en jeu de poker.

- Ombeline est une bonne amie aussi. Qui essaie à chaque fois de m'envoyer au trou ou dans un cercueil mais c'est de l'amour vache. Si nous revenions à notre affaire ? J'ai la preuve que de la thermite a été utilisée et selon mes contacts, ce combustible chimique a été inventé ici. Par vous à l'attention express du Cipher Pol.
- Quelle preuve ? replique-t-elle agacée. Là je sais que j'ai touché le bon filon.
- Des preuves que je garde sous la main, au cas où. Mais le fait même que je sois au courant de l'existence de la thermite ne prouve-t-il fait que l'info a fuité ? Seulement, je me demande si vos supérieurs savent que l'existence de la thermite est non seulement connue mais qu'un caisson vous a été volé il y a deux semaines ?
- Comment vous...
- Ne posons pas de question qui fâche. Vous avez vos sources, j'ai les miennes. Ce que je vous propose est simple : un compromis. Vous me révélez ce que je veux savoir et moi je ne contacte pas les agences de presse pour leur faire part de ça. Avec les preuves. Ce n'est jamais bon pour la carrière quand la presse se retrouve au courant d'une bévue avant les supérieurs. Non ?
- Ombeline a raison, marmonne-t-elle, les lèvres pincées. Vous êtes vraiment intéressant. Vous pensez me tenir avec ce chantage ? Vous pensez que ma carrière risque quelque chose ?
- Je me suis documenté sur vous, je sais que l'un des meilleurs éléments de la Brigade, ce qui vous a valu ce poste alors que vous aviez à peine vingt ans. Et la liste de vos inventions est plus longue que mes bras. Ce n'était n'est pas du chantage, mais bien un compromis, un échange de bons procédés. Chacun y trouve son compte.
- Je vois pas encore ce que j'y gagne. Vos preuves, vous pouvez les publier. Ça fera des vagues une semaine ou deux, je recevrai quelques coups de fils mais après, tout le monde oubliera. Parce qu'ils ont besoin de moi. Mais vous, de quelle bouée de sauvetage disposeriez-vous quand j'informerai qui de droit que vous détenez une propriété du Gouvernement ? Que vous complotez contre les autorités mondiales ?
- De quoi parlez-vous ? dis-je consterné. Je sais qu'elle ne bluffe pas, je le lis dans ces yeux. Je ne voulais pas jouer au poker-menteur, maintenant j'y suis.
- Du Wapométal, naturellement, répondit-elle, avec un large sourire.

Elle sait qu'elle vient de prendre l'ascendant même si je reste sans réaction. Elle sait que je suis trop bien entrainé pour montrer une quelconque expression faciale, même si j'encaisse le plus dur des coups tordus. Svetlana Popov se lève de son immense bureau en acajou et fait les cent pas vers la fenêtre qui donne sur le port de Koneashima. Elle sait, bordel, tout ce que je voulais éviter. Ma hantise absolue, celle que le Gouvernement Mondial me boute hors de mon propre projet. Le danger le plus grand étant de me faire arrêter pour soit piratage ou acte révolutionnaire. Le Wapométal étant une incroyable manne, toutes les raisons seront idéales pour m'écarter du coup. Que faire ? Qu'est-que je risque ? Je voulais lui tirer les vers du nez par le chantage mais je me suis fait prendre à mon propre piège. Ce n'est pas la première fois, il faut juste que je retourne ça en ma faveur mais dans l'immédiat, je ne vois pas comment. Sauf si...

- Vous ne dites plus rien ?
- Où est Ombeline ? demandai-je, en relevant mes verres. La lumière qui se décalque dessus les rends laiteuses, aveugles.
- Qu'est-ce qu'elle vient faire là ?
- Est-elle au courant de ça ? Du Wapométal et tout ? Lui en avez-vous parlé ? Oui, vous lui en avez parlé, inutile de répondre. C'est probablement durant cet échange qu'elle vous a plus longuement parler de moi.
- Et, ça change quoi ?
- Êtes-vous sûre de bien connaitre L'épée du Matin ? Vous n'avez rien de concret contre moi, autrement elle se serait téléportée ici pour me passer les menottes. Elle en rêve depuis huit ans.
- Le fait que vous ne niiez pas votre lien avec le Wapométal est une preuve en soi, non ?
- Pfff, je suis un homme très cultivé et tout le monde a déjà entendu parler du Wapométal. De quoi m'accusez-vous exactement ?
- D'avoir trouvé le Métamorphe, de chercher à recréer la formule du Wapométal sans en référer au Gouvernement !
- Le Métamorphe est un navire disparu et comme tous les autres navires et trésors perdus en mer, celui qui le trouve, le garde. Mais je sens de l'agacement suinter de vous, c'est si délicieux ! Vous en rêviez n'est-ce pas ? D'être le scientifique qui ressuscitera le Wapométal !
- Donc vous admettez que vous avez trouvé le Métamorphe !
- J'admets que j'ai mangé un cornichon au petit déjeuner.

Le bureau de l'Ingénieure était composé d’une antichambre et d'une chambre. De cette dernière émergea une soldate, blouse blanche, grosse lunette de taupe, un peu l'archétype même du rat de laboratoire. Quand elle débarque, l'atmosphère tendu se fissure et je m'entends à nouveau respirer. J'avais repris l'avantage et elle vient de le casser. Dans sa main, un bloc note. « Oh pardon ! J’avais pas vu que vous aviez un invité madame ! Je travaillais avec des bouchons dans les oreilles. Vraiment navrée ! Je viens juste vous dire que les chargements de gaz sont bien arrivés ! » baragouine-t-elle d'une traite avant de s'éclipser à nouveau. Soudain j'ai une illumination. « Hey vous ! Attendez ! Le tatouage tribal sur votre avant-bras, c'est bien celle de la tribu Al-mustafad ? » dis-je en me rapprochant d'elle.

- Eh... Ouais.
- J'ai passé trois mois dans le désert d'Hinu Town avec les vôtres. Je leur dois la vie. Je prends sa main droite et y dépose un baiser de reconnaissance. Soyez sept fois bénie.
- M-merci. J-j'dois y aller.
- C'était quoi ce numéro de Don Juan ?
- Les siens m'ont sauvé la vie. Bon, il est temps de m'en aller.
- Quoi, déjà ?
- Je viens de comprendre ce qui se passe ici en fait. Donc, on va en revenir à ma première option, contacter la presse.
- Hahahaha ! Allez-y. Vendez votre histoire de caisses d'armes perdues. C'est pas la première fois que ça arrive.
- Quid d'agents fous du Cipher Pol travaillant pour le clan Mcguire ? Le gaz dont elle vient de parler a été livré par les Mcguire de Pétales, n'est-ce pas ? dis-je alors qu'elle écarquille les yeux en comprenant que mon numéro de charme n'était qu'un subterfuge pour lire le contenu du carnet de note de la soldate. C'est surement grâce à ces agents félons que vous avez entendu parler du Wapométal. Et non, je ne nie pas, je fais des recherches à ce propos. Ce n'est pas encore interdit et le roi de Boréa ainsi que celui de Bliss m'ont donné leur bénédiction dans cette entreprise, mentis-je en espérant avoir le temps de rencarder lesdits souverains avant que la Marine ne les contacte. Respectivement le souverain le plus puissant de North Blue et de South Blue. C'est eux mes bouées de sauvetage, Ingénieure Générale. Depuis que j'ai commencé mes recherches, les Mcguire ont usé de tous les moyens pour entraver ma route. Là, je découvre qu'ils se sont alliés à des agents du Cipher Pol félons assignés à Koneashima. Agents que vous côtoyez. Vous ne craignez toujours pas pour votre carrière hein ?
- Je les côtoies pas ! Je les surveille, plutôt. Et c'est comme ça que je les ai entendu parler du Wapométal, dit-elle, résignée. Ils ont volé des pains de thermite mais j'étais pas au courant de leurs intentions. Je savais même pas que votre laboratoire se trouvait ici.
- Il ne s'y trouve pas, mentis-je. Juste qu'ils ont enlevé des personnes-ressources indispensables à mon projet. Pourquoi travailleraient-ils pour les Mcguire ?
- L'argent, bien sûr.
- Bien sûr. Où les trouver ?
- Vous pensez que je suis leur mère ? C'étaient juste des agents en formation en poste ici pour assurer la logistique affairant au transport des cargaisons de thermite. Je sais pas où ils trainent, je constituais un dossier sur eux. J'attendais qu'il soit assez solide pour tous les capturer.
- Vous avez hésité maintenant, ils sont dans la nature. J'ai les photos des trois qui sont morts des mains de la milice Yusuké. Ils formaient une équipe non ? Du coup, je peux avoir leurs noms à tous ?
- Hmmm.
- Ce sont des ripoux à présents, vous n'êtes plus tenue au secret. Enfin, si vous ne tenez pas à voir votre nom à côté d'un tel scandale.
Merci, vous êtes adorable,
dis-je quand elle m'eut listé leurs noms.
- Et pour le Wapométal ?
- Quoi le Wapométal ?
- Qui est le scientifique qui travaille dessus ?
- Le meilleur, enfin, je crois. Mais non, vous ne pouvez pas aider, jamais nous ne nous entendrions, nous nous ressemblons trop. Il ne peut pas y avoir deux mâles dominants dans une horde. Sur ce.

[...]
Trois semaines plus tard...

Rien, que dalle. Encore un échec ! Je gratifie cet indic à deux balles d'un coup au visage qui l'envoie dans les limbes. Merde ! Vingt-un putain de jours qu'Abi et Zéro sont prisonniers des Mcguire et depuis nous faisons chou blanc. La liste que m'a remise Popov, j'aurais pu m'en servir pour me torcher le cul, ç'aurait été plus bénéfique. Où n'avons-nous pas été chercher ? A Verminia dans le Sultanat de Pétales, mes hommes lancèrent une véritable chasse aux Mcguire sans succès. Ils étaient devenus plus rares qu'une vierge à Las Camp. A quelle porte n'ai-je pas sonné ? Tous ceux de l'underground qui me devaient un service, je les sollicitai dans l'espoir d'avoir une piste. Il en plut des pistes, mais se finissant toujours pas une impasse. Et au fil du temps, la colère des premiers jours laissa place à l'inquiétude.

Abigail aurait-elle pu leur faire croire aussi longtemps qu'elle était utile à Zéro ? Abigail avait-elle pu rester dans l'immobilisme en m'attendant comme le prince promis ? A parier que non, ce n'est pas du tout son style, la rébellion coule dans ses veines. Et à chaque fois que j'y pense, mon cœur fait des soubresauts. Ils n'ont pas besoin d'elle, putain, à la moindre connerie, ils n'hésiteront pas à s'en débarrasser. "Ne fais rien de stupide Abi, reste cool, je suis en route !" finis-je par me marteler à longueur de journée, réduit à l'essence même de l'impuissance. La dernière piste où j'envoyai mes hommes parlait d'un laboratoire secret au cœur de la campagne de Fushia. Le village natal du second roi des pirates, rien que ça. Parce que je commençais à désespérer de libérer les miens, beaucoup de vendeurs d'illusion venaient me trotter autour.

- Jette-moi ça à la mer ! ordonnai-je à un larbin. La carcasse du vendeur passa par-dessus le bastingage dans la seconde. PUTAIN, CA ME SOULE ! hurlai-je en jetant mon verre à pied par terre.
- Loth ?
- QUOI ?
- Mollo mec, on est dans l'même camp. Cat's veut t'causer, dit Nox.
- Je n'ai pas de temps à perdre avec elle !
- Tu préfères rester ici à broyer du noir ? T'avances pas plus vite là.
- Fais attention à ce que tu dis !
- Comme j'te l'ai dit, on est dans l'même bateau ! fit-il, si près de moi que son nez touchait le mien. T'es pas l'seul à être en pétard, alors calmos ! Et ça sert à rien d'beugler sur l'oiseau qui passe ! J'vais t'répéter tes propres mots quand j'commence à péter les plombs. "Discipline ton esprit et fais l'vide !"
- Ça suffit les garçons. On ne va pas se battre, ça confirmerait juste qu'ils ont gagné. Loth, baisse d'un ton envers tout le monde s'il te plait. Nous sommes tous inquiets à leur sujet. Brianna Martico a peut-être une piste, c'est pour ça qu'on devrait l'écouter.
- On l'a déjà écoutée. Six fois. Et toujours, ça n'a rien donné. Elle veut soit nous faire perdre notre temps, soit lancer des cailloux au hasard pour marchander sa liberté.
- Elle n'est pas en mesure de nous jouer un tour. Depuis quand ne l'as-tu pas vue ?
- Une semaine, je crois.
- Le temps, cette chose mystérieuse, dit-elle avec un sourire sadique qui me fit courir dans les entrailles du Raimanta vers la geôle de Cat's Eyes.
- Mais bordel ! C'est quoi cette chaleur ?!

Plus de quarante degré, facile. La faute à un radiateur à charbon. Brianna Martico semble avoir vieilli de cinquante ans depuis notre dernière rencontre. Ridée, fripée, déshydratée à l'extrême, yeux sortants de leurs orbites, elle ressemble à ces enfants atteints du Kwashiorkor. Adossée contre une cloison, sa bouche est béante, cherchant a aspirer le moindre air frais. Elle est en tenue d'Eve, les vêtements étant devenus trop encombrant par cette canicule. « Mais vous êtes malades ?! Je n’ai pas autorisé ça ! »

- Moi si et ça revient à ce qu'on te disait, tu n'es pas le seul à t'en faire pour nos amis. Après nous avoir promenés avec six fausses pistes, mademoiselle Martico est soudain devenue plus coopérante quand elle a commencé à quémander un peu de rafraîchissement. Dans la main d’Émeline, une carafe contenant de l'eau et des carrés de glaçons qu'elle sirote. La prisonnière rampe vers elle, les mains tendues, suppliant pour une goutte d'eau.
- Pitié...
- Je n'ai pas compris ? Où peut-on trouver les Mcguire ? En particulier Gustavo Mcguire, le chef de la famille ? Tu as volé et tué pour eux, tu connais leurs planques les plus secrètes. L'heure n'est plus à la loyauté ma belle. Tu penses que Gustavo s'en carre le cul de ton devenir ? Il est peut-être en train de se siffler un verre bien frais de vin là, tu ne penses pas ? Miam. Tu n'en veux pas ?
- Loth...
- Loth te sauv'ra pas. Crache l'morceau !
- Tu la sauvera, dis ? Entre elle et Abigail, ton choix est vite fait non ? Entre elle et Zéro ? Entre elle et le si précieux Wapométal ?
- Si tu as quelque chose à dire, Cat's, dis-le.
- Ou tais-toi à jamais parce que tu vas mourir de déshydratation et crois-moi, c'est horrible !
- J'sais pas...
- Mauvaise pioche ma belle. On s'en va les amis.
- Non ! Pi-tié ! Atten-dez ! supplie-t-elle. Sa voix n'est qu'un souffle, chaque phrase est ponctuée de halètements. Y a endroit. Plage. On a passé. Vacance. Sais pas où.
- Tu as passé des vacances quelque part avec les Mcguire ? Plusieurs fois ?
- Une. Seule.
- Mais comment ça tu ignores où ça se trouve ? On t'a bandé les yeux pendant la traversé ?
- Non. Mais. M'en foutais. Y avait bateau. Piscine. Amusements. Gustavo a dit. Meilleure cachette. Monde.
- La meilleure cachette au monde ? Il a dit et ça ne t'est pas venu à l'idée de m'en parler quand je t'ai interrogée il y a trois semaines ?! Qu'y avait-il de particulier sur cette île ? Tu peux nous en décrire le paysage ?
- Y. Avait. Volcan.
- Un volcan ? Tu te fous de nous ? Tu parles de Koneashima ? On a retourné chaque parcelle de ce pays sans trouver les Mcguire, on est même allé jusqu'à explorer les îles sauvages et sulfurées alentours. Sans parler d'entrer en contact avec l'organisation criminelle qui œuvre dans la zone.
- Volcan. Eau.
- Balance et après on t'fil'ra ton eau !
- Nan. Volcan d'eau.
- Je crois qu'elle délire là.
- Non, non, elle est très lucide. Un volcan d'eau... Je sais de quoi elle parle, putain ! Faut que j'aille parler au capitaine du Raimanta. Hydratez là, j'ai besoin d'elle en vie !

  • https://www.onepiece-requiem.net/t12978-fiche-technique-de-loth
  • https://www.onepiece-requiem.net/t10961-loth-reich-le-marchand-heretique
Le boss veut savoir où vous en êtes.

Flux pensées interrompu. Nécessite reboot. Perte mémoire partielle.

Rupt-ture dans réf-flexions t-toutes les d-dix minutes = c-contre-productif. Suggestion : ces-sser d-d'interfér-rer inut-tilement.
C'est qu'le boss est pressé. Vous aviez dit 80%. C'est bientôt fini alors ?
C'est f-fini.
Sérieux ?
O-Oui.
De chez sérieux ?
O-Oui.

Je me sens bizarre.

Z'avez fait vite.

Des mois passés à vitesse célérale.

Et vot' copine au sang chaud ?
Q-Quoi ?
Elle a fini son job aussi ? Elle vous a servi à rien, avouez ?
T-Tout est fini.

Mis à part les tests. Mais pour tests rien vaudra la réalité du terrain.
Sur table de travail est étalé une plaque de nouvel alliage, 300g. Résultat de six mois d'intense fournaise cérébrale.

J'vais prévenir le boss alors.

J'ai émotion de type joie contenue qui brouille mes processus neuronaux. Fini. Révolution science.

Ça marche comment c'truc ?

J'applique pression sous forme de coup de poing sur coin bas-droite de la plaque. Comme si elle se retrouvait instantanément en état de fusion froide. Elle change de forme. Relativement gracieusement. Elle se tasse. Elle se compacte. Se densifie. S'effondre sur elle-même dans une série de palpitations quasiment silencieuses. Elle devient boule. Conservation de masse a bloqué nombreuses excentricités que j'aurais apprécié réaliser. Contraintes apportées par contexte et matériel aussi. Zerométal est encore prototype. Prototype fonctionnel.

Hinhin, marrant. J'vois pas bien à quoi ça va nous servir mais, c'est marrant. Bon. J'vais aller appeler l'boss.

Le profane s'en va. Bien sûr il réalise pas quel chamboulement des connaissances vient de se donner en spectacle sous ses horribles petits yeux de fouine ignare.

J'ai dégagé la voie d'un savoir qu'on croyait barricadé derrière un monticule de paradoxes. Ce que j'ai déniché derrière = univers à explorer. La matière a à peine commencé à me révéler ses plus enfouis secrets. Elle m'obéit encore à peine. Mais c'est premier pas historique. Alliage à mémoire de forme. Le premier conçu sans recourir à aucun procédé de fruit du démon.

Seulement 300g. 300g de révolution scientifique.
J'ai franchi limites scientifiques posés par Vegapunk du siècle dernier. Satisfait de ma performance. Avec recul elle me paraît assez naturelle. J'ai rien fait qui dénote particulièrement des créations habituelles de mon cerveau.
Unique différence majeure = mécène Lotrèche qui saura valoriser comme il se doit cette routinière révolution scientifique. Parce que. Pas de doute. Pas d'illusion. Mafia sera pas mon promoteur définitif. Lotrèche devrait plus tarder à débarquer avec (ferme attention de vengeance + avidité + instruments à heurts physiques de type "armes") = retour à la "maison" et administration de décès aux bandits.  

Je trouve qu'il faisait trop frais dans cette cave à vin = froid atteint très légèrement performance cérébrales => une température ambiante à 19,4°C m'est nécessaire pour atteindre un taux d'efficacité de 100%. Ça me gêne pas du tout d'en repartir.

Tu es fier de toi ?

Ah. Elle était partie faire je-ne-sais-quoi je-ne-sais-où. Comment elle s'appelle déjà. Pseudo-assistante.

C'est amusant à regarder, le gorille a raison.

Elle inflige pichenette à boule de Zérométal. Elle réagit en s'aplatissant pour rejoindre forme originelle.

C'est comme si tu avais soumis ce matériau à un niveau atomique et qu'il réagissait à tes ordres. Je trouverais ça fascinant si on était pas dans une situation si désespérée.
P-Pas soum-mission. Matériau a p-pas Raison. C'est p-pas animal d-dompté. Je d-d-dirais plutôt q-que j'ai adouci les l-lois physiq-ques qui m-maintenaient sa st-tructure stable g-grâce à Pertanate = nouv-vel isotope de p-plomb à ajout-ter au tablea périod-di...
Blague à part, on doit se tirer d'ici.
Att-tendre Lotrèche.
Tu as achevé leur joujou, qu'est-ce que tu crois qu'ils vont faire de nous maintenant ? De toute évidence, Reich arrivera trop tard.
Zéro, nos gardes sont partis alerter leur boss que tu as fini. Ils s'apprêtent à recevoir leurs derniers ordres, et ça m'étonnerait pas qu'ils incluent de faire disparaître les éléments superflus.
Auront b-besoin d-de moi pour p-produire Zerométal à g-grande échelle. Risque de t-trahison nég-gligeable.
Je pensais surtout à ma situation. Ils me savent inutile. Je passais mon temps à te regarder bosser sans en placer une, alors ma couverture d'assistante, je l'ai jamais assurée. Parce que tu me laissais rien toucher...
Tu p-peux partir si t-tu veux. Moi je reste.

Elle gâche mes instants de satisfaction tempérée. Et mes processus de réflexions quant à la suite que je voudrais donner à mon invention. On manque pas de pistes d'améliorations. A commencer par toutes les formes à expérimenter. Il faut programmer en amont chaque forme que l'on veut confier au Zerométal. Ça requiert heures de recherche supplémentaires. Si je pouvais rendre le processus de programmation public. De nombreux scientifiques pourraient travailler là-dessus en parallèle à moi. Ils seront pas aussi brillants que moi. Mais ils seront plus nombreux => multiplication des mains disponibles et division du Temps consommé pour exercer batterie de tests.

Allô ?
Q-Quoi ?
Putain, tu m'as pas écouté ?
N-Nécessite restimulation des t-tympans.
Tss. Il te reste de l'acide perchlorique ?
Sug-gestion : évit-ter de manipuler acid-de perchlorique s-sans formation ad-déquate.
Je sais, la moindre goutte de cette saloperie qui tomberait sur ma blouse me traverserait la chair et les os de part en part en quelques secondes. Et c'est pour ça que j'en veux, de suite. Au bout de la cave, j'ai repéré un grillage en acier. Les égouts derrière, Zéro, les égouts !
T-Tu aimes les ég-gouts ?
Je veux me tirer d'ici ! Grouille toi, ils peuvent revenir d'une seconde à l'autre !
Ah oui. D-D'accord. Acid-de ici. Bocal en t-téflon.

Elle fait signe de tête et sourit. Ensuite elle galope avec son bocal entre les bras. En souriant nettement moins. Pendant trois secondes je me demande si elle va apprécier son excursion dans égouts. Au milieu de tout les composés toxiques nauséabonds et volatils qui peuvent errer dans ce genre d'endroit.

Puis après je recadre mes pensées sur l'essentiel.
Hypnotisé par Zerométal. Déçu par Abigail. Elle est scientifique. Elle devrait en avoir conscience que. Une vie humaine est dérisoire en présence d'une si capitale création de mon esprit. C'est uniquement pour ces performances que j'existe. Il y a qu'à travers elle que je parviens à réellement entendre mon coeur palpiter et mes émotions refluer un petit peu. Sentiments dérangeants mais stimulants. J'ai appris à censurer toutes les émotions. Sauf celles-là.

Satisfaction. Fierté. Espoir. Espoir qu'à ma mort ma vie puisse ne se résumer qu'à une chaîne de connaissances scientifiques inédites. Du Savoir pur. C'est pur que le Savoir est le plus beau. Connaissances sont les seules merveilles en ce monde.

Est-ce que Lotrèche partagera avec moi ce qu'il Sait de nature humaine ? C'est le genre de concept sur lequel mon esprit a du mal à adhérer. Ça le rend d'autant plus curieux. C'est ma seule faille. Pourquoi humain doivent être plus instable encore qu'un isotope radioactif ? Il est pourtant que le fruit des réactions chimiques qui s'enchaînent dans son cerveau. Pourquoi veut-il tant se persuader qu'il est davantage ? Pourquoi l'angoisse des petits hommes perdus dans un univers qui leur est indifférent ? La Science a pourtant désamorcé tant de peurs au cours de son Histoire.

La Peur oui. C'est l'une des émotions les plus fascinantes à étudier. Déjà adolescent dans les laboratoires de Papa. J'adorais l'observer chez les cobayes. La Peur est un arc-en-ciel gigantesque, il en existe plein de nuances. C'est dans la Peur que tous les animaux sont les plus sincères. La carte d'identité d'un individu.

Bon, elle est passée où ta copine ?
Évad-dée.
Q-Quoi ?!
Oui.
Mais comment ?!
Egouts. G-Grillage. Acid-de perchlorique.
M-Merde ! J'aurais pas du la laisser seule ! MERDE, ça va me retomber sur la gueule ! Pourquoi tu l'as laissé faire ?
La ret-tenir sort-tait du cadre de ma mission.
Le boss voulait vous rencontrer tout les deux. Il était même prêt à vous féliciter. Ça va le refroidir.
Pas b-besoin de compliments.
La SALOPE ! POURQUOI ELLE M'A FAIT ÇA ?
Elle avait Peur.
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Ylls Bear "Le Requin"

- Je vous ai dit qu'il ne pouvait pas vous recevoir ! Désolé monsieur, cet homme a enfoncé la porte, la sécurité est en route.
- Non, c'est bon Alicia ! Laissez-nous.
- Merci de me recevoir, monsieur Bear.
- C'est si gentiment demandé, fit-il avec un sourire en coin en s'asseyant derrière mon massif bureau en verre. Je suis étonné qu'un homme aussi célèbre que vous s'adonne à ce genre de forçage.
- Désolé pour ces manières, d'habitude, je suis plus courtois et plus procédurier que ça. Mais je n'ai pas de temps à perdre en demande d'audience.
- Je vous en prie, asseyez-vous. Que me vaut donc cette visite impromptue ?
- Vous le savez très bien, dis-je en m'asseyant en face de lui.
- C'est la première fois que je vous vois en chair et en os, monsieur Reich.
- Certes mais le nom de Gustavo Mcguire ne vous est pas inconnu ?
- Non, jamais entendu ce nom de ma vie. Et si vous en veniez aux faits ? Je suis un homme très occupé.
- A coup sûr vous l'êtes. On ne règne pas en maitre absolu sur l'industrie du tourisme de Koneashima en rêvant. Je suis profiler monsieur Bear, c'est une science balbutiante qui se sert de la psychologie et de l'observation pour étudier le comportement humain. Puis-je faire votre profil ?
- Je ne vois pas le propos de tout ceci !
- Laissez-moi une minute, vous allez comprendre.

Je me lève et fais les cents pas à scruter la pièce. Elle est vaste, fastueusement décorée, un côté bureau avec mobilier, bibliothèque et escargoprojecteur pour des réunions en conférence ; un côté salon avec canapés rembourrés, rafraichissements. Aux murs sont épinglés à intervalles réguliers des photos montrant Ylls avec telle ou telle célébrité. On le voit aussi sur des clichés plus antérieurs où il était plus famélique, moins bien nourri qu'aujourd'hui. Enfin, je passe l'homme même à loupe. Distingué, il porte sous sa veste un collier à la chaine dorée et ses doigts sont bardés de bagues serties.  

- Vous êtes un homme riche, Bear. Très riche même. Et vous aimez le montrer.
- C'est ça votre scoop ?
- Comme le montre cette photo-ci, vous avez commencé très bas avec presque rien. Vous n'oubliez pas d'où vous venez et vous tenez à ce que tout le monde le sache. Ce que vous êtes aujourd'hui, vous avez sué pour l'avoir, vous en avez chié.
- Je pourrais vous engager pour écrire mon autobiographie ? ironise-t-il.
- Vous avez consacré toute votre vie à votre ambition, être le meilleur. Vous l'avez atteint en portant le Consortium Bear Voyages à son apogée. Mais depuis que vous avez la main mise sur le tourisme d'ici, depuis que vous vous internationalisez, un autre objectif est venu s'imposer à vous. La politique. Ici, le cliché vous montre avec Edgar Chambers, Gouverneur du Protectorat de Rhobylis ; Ici, vous tapez la pose avec le prince Andreï Greengrass, troisième dans l'ordre de succession à la Principauté de Myranah ; Là vous chassez avec Lady Arabella Joliflocon, la très puissante marquise de Black-Ice à Boréa ; Haha et là, le saint-graal, la photo la plus belle, la plus volumineuse, la plus importante. Votre poignée de main avec le Vénérable Mint Figura lui-même. C'était lors de l'inauguration de l'université qui porte son nom n'est-ce pas ? Vous avez dépensé des centaines de millions pour construire cet établissement et faire revenir l'enfant du pays ici. Ce n'est pas par altruisme.
- J'ai des amis de la haute comme moi et j'aime financer la recherche.
- Non, vous êtes un lèche-cul, excusez mon langage. N'y voyez point une insulte, j'en suis un également. Vous avez compris que l'argent n'achète pas forcément le pouvoir, que sans soutiens, vos tas de blés ne sauront vous propulser loin dans la carrière que vous envisagez alors vous avez changé de fusil d'épaule. Côtoyer les puissants, en faire vos amis pour bénéficier de quelques bons placements. Fonder une université, la nommer au nom d'un Gorosei et en profiter pour voir s'il pourrait vous placer dans un quelconque secteur à gouverner. Je suppose que ça n'a pas trop marché ?
- ...
- Vous vous démenez beaucoup mais vos efforts ne portent pas leurs fruits. Les politiciens ne voient en vous qu'un parvenu de richard pensant qu'il peut les acheter avec son argent. Ils prennent un malin plaisir à vous accueillir galamment, à pomper votre fric et mieux vous tourner en bourrique. Mais venons à moi maintenant. Au lieu de partir sur l'argent, moi j'ai opté pour la gratitude. Un concept très volage surtout quand il s'agit de gens puissants. Mais quand on sait bien s'y prendre, on peut les appâter et les rendre reconnaissants pour toute la vie. Vous me connaissez, donc vous savez ce que je fais. J'affermis, je visse et je colle leurs culs royaux sur leurs sièges. J'épure leurs nations de toute menace, je renforce leurs descendance. C'est l'approche que j'ai choisi  ce qui fait qu'étant bien moins riche que vous ne l'êtes, je suis plus puissant. Vous voyez le prince Andreï Greengrass ? Maintenant, regardez cette photo, dis-je en sortant le cliché de mon portefeuille.
Vous devez en avoir entendu parler. Il y a juste quatre mois, sur South Blue, j'ai sauvé des mains de l'armée révolutionnaire un pensionnat où 1500 filles de la haute dont 10% de princesses royales étudiaient. Parmi elle, Mirabella Greengrass, la nièce d'Andreï donc la fille du prince souverain Médrick Greengrass III. Le père est là, la fille à ma gauche. Un mois plus tard, je tuais Kurt Ashenbrenner après sa tentative de putsch réussie à Myranah. C'est grâce à moi si les Greengrass sont encore au pouvoir aujourd'hui, et durant cette cérémonie, Médrick m'a carrément proposé la main de sa fille. J'ai aussi reçu les honneurs -encore une fois- de la Marine pour mon acte qui a permis l'adhésion de la Principauté au Gouvernement Mondial. Médrick Greengrass est aujourd'hui le plus riche et l'un des plus puissants rois d'East Blue. Et des cas comme ça, je peux vous en citer plusieurs et vous le savez. M'enfin, je m'étends trop. Vous avez compris l'essentiel. Vous êtes limité et moi je peux vivement vous recommander pour un premier poste de choix en politique, avec assurance de résultat.
- Et bien sûr vous ne ferez pas ça par bonté de cœur ?
- Je n'aime pas me répéter. Où est se trouve exactement le laboratoire de Gustavo Mcguire ?
Non, ne me faites pas l'affront de me dire que vous l'ignorez,
dis-je en levant mon index.
Ma source la plus sûre a dit que le laboratoire se trouvait sur un île dotée d'un volcan d'eau. Et sur East Blue, il n'y a qu'un seul phénomène comme ça et ça se trouve à Kone-Tropez, station balnéaire qui appartient à votre société. L'ile est trop grande pour que je perde mon temps à chercher le labo voilà pour quoi je suis là. Je suis un homme très pragmatique, monsieur Bear, j'essaie toujours d'éviter la confrontation et de trouver une solution à l'amiable. Regardez les fragiles instruments sur votre bureau. Ils sont en cristal non ? Ils me disent que vous avez soif de briller comme eux, mais aussi que vous avez aussi très peur de perdre vos acquis, de tomber et vous briser en mille morceaux. Comme eux. Vous vous êtes allié aux Mcguire parce que Gustavo vous a promis qu'avec le Wapométal vous deviendrez plus puissant et incontournable. Ce n'est pas faux mais ce métal, c'est ma chasse gardée et je suis prêt à déclarer la guerre à quiconque voudrait m'empêcher d'en jouir. Aujourd'hui, Ylls, vous vous êtes trompé de combat et d'adversaire. Ne faites pas la bêtise de m'affronter, vous ne gagneriez que ruines. Mon curriculum vous informera mieux que moi. Oubliez Mcguire, il est déjà mort, j’attends juste qu'il me dise comment. Nous pouvons devenir amis et profiter mutuellement de nos carnets d'adresses.

Je me lève et lui tends la main.  

[...]
Kone-Tropez

- Lâche-moi, petite pute !
- Woh ! Woh ! Calme-toi Abigail, c'est moi ! dis-je en lui enserrant le poignet. Qu'y a-t-il dans ce tube ? De l'acide ?
- Ouais. Oh Loth, bordel, j'ai cru que t'allais jamais venir, marmonne-t-elle en m'enlaçant.
- Content de voir que tu vas bien mais lâche ce tube d'abord.
- Tiens Abi, de l'eau.
- Merci Eme'.
- Alors ?
- Alors il a fini de synthétiser l'alliage.
- Super. Donc tes heures étaient comptées.
- Ouais, j'ai réussi à les tromper jusqu'à là toute fin mais là j'ai su que je ne ferais pas de vieux os. Ils sont à ma recherche, ne restons pas ici. Où sommes-nous ?
- Sur la côte, dans une palmeraie à l'ouest de l'ile-station balnéaire de Kone-Tropez. Cette partie est interdite au public.
- Vous avez su comment ?
- Le propriétaire des lieux à misé sur de meilleurs investissements à mes côtés et m'a tout donné.
- Donc tu sais que le labo est à onze-heures. Faites attention, il y a des Cipher Pol véreux parmi eux !
- Tu penses que nous sommes venus nous en tourisme ? Nox ! Go !

Je laisse les filles en retrait et me joins à mon armée privée. Les Fumiers. Cent hommes plus entrainés que des Marines d’Élites de base, formés au minage/déminage par l'anarchiste Jonathan Nivel de Las Camp, au tir par Avada Kédavra la meilleur sniper des Blues et aux corps à corps par moi-même. Ils sont d'une loyauté absolue et beaucoup sont déjà morts à mon service. Tout de noir vêtus et cagoulés, armés de fusils dotés de modérateurs de son, ils avancent par groupe de quatre de sorte à couvrir les points cardinaux. Nous ne tardons pas à rencontrer les poursuivants d'Abigail. Une balle dans le buffet, une dans la tête. Nous avançons. L'unité technique grimpe à un palmier-dattier et y installe un escargophone blanc géant de quoi brouiller toutes les communications ennemies. Grâce à Bear, je connais l'emplacement des escameras que nous rendons aveugles. Maintenant, ils savent que nous sommes là. Et ça va chier.

C'est une grenade qui éventre l'une des quatre entrées de l'édifice souterrain. C'est l'équipe Alpha qui entre d'abord, puis au tour de la Beta. Ensemble, ils sèment la zizanie et rabattent les fuyards vers les autres entrées où les équipes Gamma et Delta les cueillent comme des fruits murs. Je suis de l'équipe Epsilon, celle qui doit rechercher Zéro, protégée par deux autres unités. Les balles fusent, la résistance des Mcguire est louable mais ils ne sont que vingt dans ce trou. Nous nous engageons dans un couloir aux murs délavés qui doit normalement desservir le laboratoire principal selon les plans. J'ouvre la porte d'un coup de pied. Personne. Zéro était là. Le départ a été précipité, les machineries tournent encore. Direction la pièce où Gustavo Mcguire a élu son bureau. Vide aussi. Les gardes ont été tués par mes hommes. « Ils gardaient une pièce vide chef ! C’tait un leurre ! »

- On fait quoi Boss ?  
- Rien. C'était prévu, dis-je en riant. Gustavo pense fuir mais en fait il s'en va à l’hôpital en ignorant que le docteur l'y attendra.
- Du coup la formule habituelle ?  
- Ya. Pré-digérez-moi cette endroit, qu'il n'en reste aucune trace.

Je me rends sur un point de la plage ouest où poussent des blocs granitiques. L'endroit semble lunaire sauf qu'à bien y regarder, une crique s'y trouve et abrite une petite base dédiée à un submersible. J'y rejoins les filles et Nox. A leurs pieds, deux cadavres et Gustavo Mcguire. La moitié visage tuméfié et un bras cassé. A côté, je trouve Zéro qui a l'air en parfaite forme. On ne brutalise pas ses scientifiques. Je le salue d'un geste de la tête puis porte mon sourire goguenard sur le Mcguire. « Mon pauvre. Il est vrai que sans ton ancêtre Tanya Mcguire, le Métamorphe n’aurait jamais été porté disparu. Le projet Moscow serait peut-être arrivé à terme. L’alliage à mémoire de forme serait peut-être déjà popularisé là. Tanya était une femme de classe, vraiment. Je la respecte pour son style, elle avait une vista de malade et la manière dont elle a liquidé l’équipage… artistique. Nous nous serions bien entendus elle et moi. Mais toi… tu n’es pas digne de délier la courroie de ses souliers, tu es primitif, dénué d’intellect, barbare. Tu aurais dû te cantonner à ton petit commerce de gaz de combat. On ne tente pas l’ascension quand on est fait de porcelaine. Autrement, la chute te brisera. »
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PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !!!

- Laisse-moi deviner, tu as besoin de moi ?  
- Genre je ne peux pas t'appeler pour prendre de tes nouvelles ?
- A d'autres. Que puis-je faire pour toi Loth ?  
- Pas grand chose en fait. Juste te promener, montrer ton beau visage du célibataire le plus en vue de South Blue et si possible amener quelques belles filles gloussantes dans tes bagages pour la presse.
- Tu prépares le mariage de qui ?  
- Très drôle Jay-jay. Je suppose que tu as appris l'histoire de Wapol et de l'alliage que son pouvoir lui permettait de créer ?
- Ouais, ça été la fontaine de jouvence de son royaume sur mesure mais aussi la source de sa chute.  
- Et bah, j'ai recréé ce métal avec l'aide d'un ami scientifique et je compte le présenter durant un méga évènement festif où je veux que le maximum d'officiels paradent. Une place d'honneur est réservée à la famille Grantz.
- Wow. Mais tu le présenteras où et ensuite, où se fera la production ?  

Mouais. Là, je m'y attendais et je risque d'y laisser des plumes.

- En fait, tout se passera à Koneashima. Nous y implanterons l'usine de production du Métal.
- Tu te fous de moi ? Koneashima ? Tu n'es associé à cette ile d'aucune manière ! Boréa encore j'aurais compris. Cet alliage est une puissante manne financière et tu as osé nous couper l'herbe sous le pied ? Tu ne t'es pas dit une seconde que Bliss avait besoin de cette ressource et de ses débouchées ?  
- Certes, mais je ne suis pas le seul engagé dans cette affaire, le scientifique en charge de ce projet réside ici et travaille à l'université Mint Figura. C'était la condition sine qua none. Dès que les méthodes de production seront vulgarisées, je pourrai toujours construire une usine à Portgentil.
- Hmph.  
- Du coup, je peux compter sur ta présence ? Ou...
- C'est bon, je viendrais mais sache que je ne suis pas du tout content.  
- Je note.
- La prochaine fois que tu pioches une idée aussi fructueuse de ta besace, fais-en profiter tes vrais amis au lieu d'inconnus.  
- Je note encore une fois. La foire suivie de l'inauguration aura lieu le premier du mois prochain. Merci Jay.

[...]

- Ouf. Là j'ai eu chaud. J'aurais été à ses côtés qu'il m'en aurait collé une. Tous ces rois qui pensent qu'il suffit de les sortir du pétrin une fois pour que votre cerveau leur appartienne.  
- Haha ! Bon au moins il viendra. La famille royale de Bliss, c'est coché sur les invités. Tu as appelé Maximillian ?
- Non.  
- Tu as peur ?
- Très.  
- Vas-y compose !
- Pourquoi j'ai l'impression que ça t'amuse ?  
- Parce que c'est drôle de voir les puissants te passer un savon haha !

[...]

PULUPULUPULUPULUPULUPULUPULUPULU !!!

- [...] Voilà. Tu sais tout.  
- Je vois. Jouons à un jeu Loth. Ça s'appelle Les Traitres.  
- Oh non, pitié.  
- Je te cite des noms et tu les classes par ordre croissant suivant la gravité de leur traitrise. Marshall D. Teach, Tahar Tahgel, Craig Kamina, Loth Reich.  
- Je ne t'ai pas trahi et je ne suis certainement pas un Teach qui vécut trente ans auprès de Barbe Blanche dans le seul but de trouver le fruit des ténèbres et de tuer son capitaine ! Pas plus que je ne suis un Rhino Storm ou un Saigneur !  
- Tu as fait saigner mon cœur par ton immonde traitrise !  
- Tu n'as pas de cœur. Juste un bloc de glace qui vibre de temps en temps.  
- Fais attention à ce que tu dis !  
- Désolé votre sublime majesté.  
- Je t'ai aussi dit de ne pas m'appeler comme ça. Comment as-tu pu ?  
- Si j'avais reçu une pièce à chaque fois que j'ai entendu ça. Je viens de te l'expliquer. Le scientifique en chef du projet...  
- M'en fou ! Combien de fois je t'ai demandé d'être mon Premier-Secrétaire Royal, hein ? Un coup de grisou est survenu à la mines de Boyettes, il y a une semaine. Quinze morts, l'exploitation arrêtée pour deux mois ! Deux mois, Loth ! Ça veut dire que le train tournera au ralenti, que toute l'activité de Boréa sera en berne. Les manifestations ouvrières commencent déjà ! Ça va être infernal, plus de dix milles personnes dépendant du secteur minier au chômage technique et ça c'est dans la seule ville de Lavallière ! Ton usine aurait pu apporter du boulot et un air frais au pays ! Au lieu de ça, tu délocalises et offres du travail à ces Konéens de mes deux !  
- S'il te plait, essaie de comprendre. Je suis pris à la gorge, je n'avais pas le choix. Mais on pourra ouvrir une usine plus tard à Boréa.  
- Plus tard, c'est ça, tu parles. Parle à mon jonc !  
- S'il te plait !  
- Je viens à une seule condition.  
- Tout ce que vous voudrez, majesté. Sale rat profiteur, tu me le paieras un jour.  
- J'ai une réunion à venir avec le syndicat des mineurs et j'aimerais bien que tu y prennes part.  
- Mais je n'y connais rien moi.  
- Justement. Je te nommerais à la toute dernière minute en tant que négociateur en chef. Tu as la réputation d'être intraitable et tu l'as déjà prouvé sur nos sols. C'est moi qu'ils viendront affronter et à la place, ils te trouveront toi. Ils seront déstabilisés et on pourra leur arracher des concessions. Et puis, je t'ai vu lire plus de milles pages en un quart d'heure donc tu auras le temps de t'informer. Marché conclu ?  
- Marché conclu.  
- J'adore faire des affaires avec toi. A bientôt mon pote !    

[...]

- Hahahaha ! Il t'a complètement roulé ! Il a fini avec toi ! s’esclaffe Émeline morte de rire en se tenant les côtes.
- C'est ça. Je vais me retrouver en première ligne, prêt à être lynché par la grogne ouvrière.  
- Tu es son gilet par balles depuis que tu as débarrassé Boréa des Lunes. La seule chose qui change c'est que cette fois, ce sont des civils furax que tu ne pourras pas maitriser à coup de beignes dans la gueule. Bon, invitation du roi de Boréa, ça c'est fait ! Une photo, Loth, je fais un album.
- Tu prends ton pied hein ?  
- J'ai appelé ça le Chemin de Croix Lothien.
- Il reste qui à appeler ?  
- Le souverain de Myranah, c'est okey aussi ; la Marquise de Black-Ice, fait ; le Gouverneur du Protectorat de Rand, fait ; Freja Ylvadóttir, héritière de l'empire financier Ylvagrease, fait. Tu l'as rencontrée où celle-là encore ?
- Jalouse ?  
- Non. Où ?
- Sur une plage de sable blanc, à Marijoa.  
- Plus sérieusement ?
- Elle était au Havre, comme Mirabella Greengrass.  
- Mouais, super. Sinon, toutes les grosses pointures sont là. Abigail est toujours avec Zéro en train de peaufiner les produits types que nous allons présenter. Mon équipe s'occupe de contacter les derniers journalistes. Il n'y aura aucun problème avec le Gouvernement hein ?
- Bof, aucun. J'ai le soutien du plus puissant monarque de North Blue, du plus riche souverain d'East Blue, du prince héritier et régent du plus puissant royaume de South. Sans compter la foule de notables, de gouverneurs que nous avons dans notre poche. C'est maintenant que le travail acharné que nous avons produit à supporter et à affermir la justice du Gouvernement va payer. Les haineux à l'image de l'Ingénieure-Générale Popov ne pourront rien contre nous. L'alliage est notre, définitivement. Nous proposerons une exclusivité à la Marine dans un premier temps.  
- Et s'ils t'offrent un pays comme ils l'ont fait avec Wapol ?
- Tu me vois régner et passer de réunions en réunions comme Maximillian qui a des grévistes au cul ? On s'ennuierait à mourir. Pas toi ?  
- Je me dis juste que ce ne serait pas mal d'avoir un pied à terre solide.
- Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.  
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