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001


Ombralia

- L'armada n'est pas là, 'sieur ! Mais le guet est gardé !

- Dommage. J'espérais qu'il défendent au moins l'ile après l'avoir retournée contre le Gouvernement. Là, ça fait lâche.

- On... on fait alors 'sieur ? On attend qu'ils... reviennent pour les anéantir avec l'ile ?

- Tu penses raisonnable de retarder notre mission au nom de l'amour de la confrontation ?

- Non... C'que j'en disais c'.....

- Les absents ont toujours tort. Ils reviendront et constateront le prix de leur désertion. Quand on s'adjuge un bien, on doit être prêt à le défendre jusqu'à la mort. Formation en T, on remonte le fleuve par son embouchure.

Le cuirassé amiral de ma flotte vibre. Le puissant canon à sa proue vrombit et une seconde plus tard, quelque chose explose sur la côte. C'est le Guet des Gueux, un avant post que les Sunsets ont érigé pour y planter leur drapeau, convaincus que leur nom ferait fuir tous les importuns. Les pirates de pacotille peut-être, mais pas la Marine. Pas moi. Pas Kindaichi Tetsuda. Ombralia paiera le prix fort pour sa trahison, pour la mort du roi acquis à la cause du GM, pour son alliance avec ce scélérat d'Amber Frost.

La puissance de mes canons débarrasse la côte de tout relief superflu. Guet, comptoirs commerciaux... Tout fume joyeusement bien. C'est à croire qu'ils ont construit leurs bâtiments dans un matériau inflammable. Beau pays, magnifique verdure, autrefois un des principaux greniers de Marijoa. Mes hommes débarquent et fidèles à mes ordres, tirent à vue. Pas de pitié, aucune. Vieillards, femmes, enfants, tout le monde y passera. Mes gars ne rencontrent aucune résistance. Parce qu'il n'y a aucun pouvoir décisionnaire, donc pas de défense organisée. Chacun pour soi et le plus fort a toujours raison. Ce pirate vous a ravi au Gouvernement et en échange, vous a offert l'anarchie. Maudissez-le à présent. A cause de lui, vous êtes plus faibles que des cancrelats.

- C'est bon, ça suffit ! Chefs de Sections, ordonnez à vos hommes de retourner aux navires ! intimai-je après une demi-heure de purge. J'en ai assez vu.

Je débarque, j'arpente seul une grande rue jonchée de cadavres encore fumant sous les décombres. La mort est omniprésente. Ce que je cherche, c'est le point le plus haut d'Enum-Meroa. De là, je contemple la ville jadis splendide, étalée de chaque côté de ce fleuve majestueux. Après ça, ce sera une terre où viendront paitre les fossoyeurs. Après ça, il n'y aura plus âme qui vive. Ça, c'est Respira. Je joins mes mains dans une position de prière, ferme les yeux et me concentre. Personne ne me voit faire, personne ne me voit irradier d'une lueur vert sombre, nul ne me voit exhaler des panaches de fumée de la même couleur. Mon corps devient instable, comme si quelque chose à l'intérieur cherche à s'échapper par tous les moyens. Alors, je murmure un mot. Un verbe. Une attaque. Ma Solution Finale.  

- Respira !


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Ombralia

Te voici Amber Frost, enfin de retour dans ton antre piétinée par Green Wolf.

- Boss, 'vous faut l'masque, z'allez vous 'poisonnez.

- D'air... Ils ont besoin d'air !

Rejetant d'un revers le masque que te tend ton officier, tu frappes l'air de tes pieds et t’élèves vers les nuages à une vitesse vertigineuse. Durant ton ascension, tu essuies la morsure des courants acides qui entament tes vêtements à petites trouées. Insensée comme technique, insultante pour la dignité humaine. Green Wolf les a dératisés puis s'est assuré que personne ne parvienne à chasser le smog. Pour ce faire, il a contaminé mer, fleuve, sol et sous sol avec son acide sulfurique. Ce qui se passe -et fort de ta capacité, tu le comprends mieux que Green Wolf lui-même- c'est que les rayons du soleil qui filtrent à travers le smog réchauffent les retenues acides et le sol, dégageant des vapeurs sulfuriques qui remontent vers les nuages. Là, les émanations se retrouvent piégées et avec la condensation, se liquéfient puis tombent sous la forme d'une pluie acide.

Il a créé un effet de serre.

Frost, tu te sens impuissant contre ce phénomène qui ne cessera de s'auto-alimenter en boucle perpétuelle. Dans l'immédiat, tout ce que tu peux faire, c'est ventiler le smog vers d'autres contrées. Histoire d'allouer un moment de souffle à ton peuple piégé dans cette cage toxique. Tu donnes alors un coup de poing dans le vide. Un seul. Ainsi, tu invoques à toi le Vent. Il s'ébranle, souffle furieusement. Le Grand Désordonnateur... Tu aurais pu te nommer le Grand Ventilateur tant l'élément que tu déclenches est puissant. Sans la totale maitrise que tu as de ton attaque, ç'aurait pu être un autre cataclysme de plus qui s'abat sur Ombralia. Au lieu de ça, le vent souffle à bonne hauteur du sol, sans raser ce qui reste des bâtiments rongés par l'acide où a trouvé refuge ce qui reste du peuple martyrisé. Le smog acidifié est chassé de Enum-Meroa vers la mer que l'amiral a rendu purement acide. Trois de tes navires ont déjà été dissouts par ce suc gastrique géant.

- Cap'tain ! On a repéré la flotte de Tetsuda ! Sous le 10e Parallèle ! hurle quelqu'un.

- On n'a pas fini d'sauver les gens, on va pas les poursuivre, si ?

- La ferme, c'est au cap'tain de décider !

- Le 10e hein ? Ils vont vers Marijoa. En coupant par les Vagues Falaises d'Orica, on peut les intercepter dans les 40° Mugissants.

- Et pour les souffreteux ?

- On laisse ici le personnel superflu et l'équipe médicale.

- Vous... v'lez les intercepter ? C'est un amiral avec une flotte digne d'un Buster Call...

- Il peut être dieu lui-même que je m'en torche ! Ce fumier va regretter son génocide !


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Les 40° Mugissants


Le passage des Vagues Falaises n'a pas été une sinécure. Malgré la perte d'une caravelle et d'un galion dans l'escalade de ces montagnes de vagues, le dangereux raccourci t'a permis de combler plus d'une heure de retard. L’œil collé contre une longue-vue, tu distingues clairement les bâtiments de Testuda qui tanguent violemment sous les houles. La mer est déchainée, comme toujours dans les 40° Mugissants. Le vent, toujours lui, fouette. Jaloux, le Grand Désordonnateur que tu es aurait voulu posséder un tel pouvoir. Une réserve inépuisable de vents serait peut être la clé pour définitivement chasser le Smog d'Ombralia. Mais voilà, le climat a toujours été plus puissant que les humains, et il le demeurera tant que les hommes ne l'auront pas apprivoisé. Avec tes gants spéciaux, Frost, tu te targues d'être l'homme le plus proche de cet exploit.

Le climat, la plus terrifiante des armes.

Sans hésiter, tu engages le combat à un mille marin de distance. La plus grande erreur de Tetsuda, tu en es convaincu, c'est de s'être aventuré en mer avec un pouvoir comme le sien. Il paiera cette imprudence de sa vie. Grâce au Geppou, tu prends de la hauteur. Ton âme tourmentée aime sentir les vents du Nouveau Monde. Un moment de concentration plus tard, ton poing ganté vibre et s'auréole d'un halo rougeâtre. Tu donnes un coup de poing. Ça tonne comme une canonnade.

Pas d'onde visible, rien ne se passe. A priori. Quelques secondes après, les voiles du premier navire ennemi touché prennent feu. Puis un second et un autre. Sur les différents ponts, les hommes souffrent d'atroces brulures. Mordus par le vent que tu as juste réchauffé. A l'exception du navire amiral, tous perdent ainsi leurs mats en proie aux flammes et se retrouvent immobilisés. Sereinement, tu souris, ricane même, quand ton vent surchauffé échoue contre la bulle de Busoshoku que Tetsuda déploie autour de son bâtiment de guerre. Il est bien là.

- Pas de quartier !

Le mot d'ordre est donné. Le même qu'ont dû se transmettre les Mouettes à Ombralia. Tes canons jubilent et ne demandent qu'à canarder des Marines incapables de manœuvrer. Le vent disperse l'odeur de la poudre, de l'acier éventré. Immobiles certes, mais pas vaincus, les ennemis répondent avec entrain. C'est le moment que tu choisis pour ordonner l'assaut de ton escouade spéciale d'hommes-poissons. Mal t'en as pris.

Tu es assailli de flashs. Ils durent moins de temps qu'un battement de paupières ; se succèdent en rafales. La prémonition induite par ton Mantra est effrayante. Tu devines ton escouade dissoute, digérée par la mer acide. Mais trop tard pour l'empêcher, tu aperçois une silhouette se détacher dans le ciel et rejeter des quantités ininterrompues de liquide dans la mer. Les bâtiments de Green Wolf sont carénés contre son pouvoir. Le vent porte et murmure les hurlements de tes hommes à l'agonie.

- Fils de pute !

Un Geppou plus puissant que les précédents te propulse droit sur Green Wolf. Le clash a lieu à cent mètres au dessus des flots. Le premier échange engendre une telle onde de choc que les nuages sont fendus au delà de l'horizon visible. Haki contre Haki, acide contre Haki, Climat Gloves contre Haki. Les échanges se suivent et se ressemblent, vous vous battez pour tuer. L'ancien vice-amiral contre l'amiral. Un jet d'acide perforant te force à mettre davantage de distance entre ton adversaire et toi. Ta contrattaque sous forme de rafales cinglantes découpe Tetsuda de part en part et sans laisser le temps à L'amiral logia se reconstituer, tu le mitrailles de tes points chauffés à blanc. Chacun de tes coups déclenche davantage de courants chauds. Mais tu te heurtes à un mur. De même puissance, ton Busoshoku offensif et le sien défensif s’annihilent mutuellement, ne laissant que la suprématie du logia face à tes poings gantés.

- Contre mon pouvoir, tes petits gants de Climat Tact ne valent rien ! se moque Green Wolf après une énième reconstitution.

- Connard, tu vas me payer ce que t'as fait à mon ile !

- Ton île ? Tu as vite oublié que tu l'as dérobée au Gouvernement ! Hors de ma vue ! Respira !

L'amiral relâche et disparait dans un panache de fumée vert sombre qui t'encage. Instinctivement, tu bloques ta respiration et protèges ses prunelles. L'attaque est hyper virulente, tes vêtements se dissolvent quasi instantanément, te laissant dans le plus simple appareil. Seul le Haki intégral dont tu te couvres par réflexe t'évite de finir dissout. Les yeux clos, le Mantra t'alerte de la présence de Tetsuda juste derrière toi. Un chouia trop tard cependant. Le poing enrobé de Haki et d'acide de l'Amiral te fulgure le côté droit qu'il transperce en y créant une blessure de la taille d'un ballon de volley. Trois côtes et une partie de boyaux te sont arrachés. Tu chutes vers les eaux agitées, mortellement blessé.


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Ta réception est des plus originales, Amber Frost. Un matelas de nuage au ras de l'eau t'accueille sans mal. Tu ploies le genou tant la douleur est atroce. Tu grimaces. Tu es pris de vertige. Mais tu as connu pire. Sans chichi, tu tamponnes ta blessure de ton gant toujours chaud. Cette cautérisation fait maison t'arrache un cri. Tu avais aussi le choix de la geler. L'amiral te surplombe de sa puissance, de son regard hautain. Au lieu de profiter de ta mauvaise posture, il se détourne de toi et fuse vers tes bateaux qui martyrisent les siens.

Encore son immonde attaque. Ce gaz corrosif qui désintègre tout sur son passage. Avec hâte, tu essaies de te relever pour le contrer mais tes jambes flageolantes te trahissent. Green Wolf atomise ton armada si bien qu'il en demeure à peine des copeaux de bois. Ta rage atteint son paroxysme. Elle gronde, littéralement, et couvre le ciel de gros nuages noirs. Il goutte. Il pleut. A verse. Le déluge s'additionne aux vents et crée une typhon. « Tu penses diluer mon acidité avec la pluie ? » te lance l'amiral du haut de son Pas de Lune balloté par les vents. Il n'a rien compris, l'imbécile.

Une nuit artificielle tombe sur les 40e Mugissants et seuls les flashs des d'éclairs qui zèbrent la voûte de cumulonimbus vous éclairent avec parcimonie. Il est rapide l'imbécile, mais pas plus que la foudre. Elle t’obéit, suit tes mouvements de maestro. Ton index s'abaisse vivement et elle s'abat. Green Wolf ne peut que l'encaisser. Tu sais que les acides en général sont de bons électrolytes. Tu sais que son logia ne lui sera d'aucune utilité. Pour preuve, le voilà qui chute, le bel amiral. Aucun répit ne lui sera accordé. Ton cri de guerre précède le châtiment que tu lui réserves. Une centaine d'éclairs, simultanément, criblent sa vieille carcasse. Mais il a encore du répondant, le salopard ! Tetsuda oppose à ton attaque, un mur de Busoshoku.

Mais le Haki n'est pas absolu. Sa protection s'effrite puis vole en éclat comme du cristal.Ton attaque était trop puissante. Green Wolf chute de plus belle, électrocuté au bord de l'inconscience. Il faut finir le travail. Au ras de l'eau, tu files sur ton nuage quasi-magique, à la rencontre de l'amiral en pleine déchéance. Tes gants se couvrent de nuages noirs où tu concentres toute l'électricité que tu es capable de déchainer. Le tout, nimbé de Haki. Tu lances un dernier « Crève Connard ! » avant de le foudroyer de tes poings. Pour la première et la dernière fois, Green Wolf va connaitre la défaite.


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Maudit petit cancrelat ! Je vais te désintégrer ! Tu as cru me vaincre avec tes éclairs ? Je m'en prenais de bien plus puissants quand je me mesurais à Shiro, du temps de notre prime jeunesse ! Tu es bien plus dangereux que je ne le pensais. C'est ma seule erreur et je vais la rectifier ici et maintenant. Un Geppou pour me réceptionner et j'accueille ton attaque, les bras en X. Ta foudre n'est rien, je te dis ! Tu peux en revêtir tes gants, tu peux en revêtir ton corps. Mon armure noire me protège. J'encaisse. Au dessous de nous, la mer se fend, comme tranchée par une épée géante. Preuve de la violence du choc. Haki contre Climat Tact. Fumier, cette fois-ci, c'est ton cœur que je vais dissoudre, pas tes côtes ! Venir au corps à corps est une bêtise fatale !

- Disminuido !

Inutile de reculer en catastrophe, tu ne peux m'échapper. Mes boules aqueuses t’atteignent, toi le microbe à presque à poil. Ton armement ne te servira à rien ! Cette technique est étudiée pour passer outre. Instantanément, tu subis ses effets. Lamentablement, tes bras pendouillent le long de ton corps, ton souffle est plus court. Je devine que chacune des cellules de ton corps hurle de protestation. Les crampes te lancinent comme mille poignards ardents. Tes muscles ne sont-ils pas tétanisés de douleur ? Et oui, je peux aussi métaboliser les acides organiques ! C'est pas donné, de longues années d'entrainements et d'études de ce pouvoir l'ont rendu possible. Ce qui t'immobilise, ce n'est rien d'autre qu'une version incroyablement concentrée d'acide lactique. Tu es à ma merci, petit cafard vautré sur ton nuage magique.

- Un petit commentaire pour la route ?

Ben non, tu ne peux même pas parler. Aucun de tes muscles ne fonctionne.

- Respira !



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Dans le néant. C'est là qu'est ta place. C'est ce que doit se dire le bel amiral quand il te voit te désintégrer jusqu'à la plus infime particule. Caché sous ta cape d'invisibilité, tu le vois subrepticement baisser sa garde. L'imbécile. Ton mirage plus vrai que nature l'a abusé. Constamment utiliser le Mantra n'est pas du réflexe de tout le monde. Compréhensible, ce pouvoir érode l'esprit et épuise le mental. L'opportuniste que tu es s'engouffre dans la brèche que l'amiral a ouvert dans sa défense. L'action est de l'ordre du centième de seconde. Une nouvelle fois, tu nimbes ton poing de nuages noirs. L'air humide qui te camoufle aux yeux de ton adversaire se dissipe, tu émerges du néant dans son angle mort, trop près, trop rapidement pour qu'il puisse t'esquiver. Le Haki offensif dont tu te couvres est le plus pur que tu puisses libérer. Le nectar de ta puissance. Combiné au Thunder Tact, il libère des éclairs.

Noirs.  

Tu touches Tetsuda presque au même endroit où il t'avait touché.
Bis repetita.
Tu lui arraches des boyaux et des côtes en sus de le griller. Littéralement. Tu l'envoies valser. Il chute.
Bis repetita.

Dans le grondement des vents, tu te réjouis du gros « Plouf ! » qui t'indique que l'imbécile vient de rejoindre Davy Back. C'est fini pour lui mais tu veux t'en assurer. Sauf que ton corps a d'autres projets. Se rétablir, par exemple. La blessure que tu avais cautérisée se remet à saigner. Abondamment. En plus, il s'en dégage une vapeur inquiétante doublé d'une horrible odeur de putréfaction suffisante pour réveiller un cadavre. Tu es pris d'étourdissement et de tremblements incontrôlés. Tu vomis du sang. Si ce connard peut synthétiser des acides organiques alors seuls les Vents savent quelle saloperie il a pu intégrer à son attaque. Tu t'inquiètes. Tu ne peux poursuivre ce combat. Regarde-toi. Ta flotte est anéantie et toi même tu es nu comme un ver, tremblant comme un épileptique. Tu dois rebrousser chemin aussi vite que tu peux sur ton nuage magique. Rejoindre les tiens et regarder de plus près cette sinistre infection. Alors que tu files au loin, tu jettes un dernier regard troublé sur le champ de bataille.

Le bateau amiral de Tetsuda demeure intact.

- Et merde ! que tu grinces entre deux vomissements.


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Suite à ton affrontement avec Green Wolf, tu es encore convalescent, Amber Frost. Mais te voilà de nouveau sur les flots. Derrière toi, s'étale une partie de l'impressionnante Armada qui fait de toi le capitaine de la plus grande flotte pirate au monde. Des semaines plus tôt, tu as sonné le rappel. Des quatre coins du Nouveau Monde et de Grand Line, tes éléments dispersés se sont retrouvés à Ombralia. Après le génocide de ton île, tu as vu rouge. Aujourd'hui, un seul objectif t'anime : prendre une place d'Empereur pour que plus jamais, ne se reproduise une ignominie pareille. Ton rêve est à portée de main, tu visualises aisément cet empire que tu fonderas, où l'anarchie sera le maître mot. Chacun libre de faire ce qu'il désire. Requinqués par cet nouvel ordre de mission, tes gens ont déferlé dans le Nouveau Monde,
écrasant tous les rookies et vétérans qui se disputent la place de Toreskhy depuis des mois. Tu es le seul signe d'occuper ce trône. Et pour le prouver, tu t'es fixé un nouvel objectif à la démesure de ton ambition.

Zéphyr.

- Navire en vue !
- Qu'est-ce c'est ?
- Une caraque ! Pavillon bleu.
- Un navire de commerce ?
- Ouais. Nan.
- Oui ou non ? Cause clairement andouille !
- Y a un blason. Des chaines.
- Des esclavagistes.

De la conversation, tu n'as entendu que des bribes jusqu'à ce mot lâché. Tu abhorres l'esclavage dans toute son essence. Tes hommes le savent et ont embrassé ton idéologie. Et pourtant, anarchie et esclavage ne sont-ils pas les faces d'une même pièce ? Les esclavagistes font ce qui leur plait en asservissant les plus faibles. Qui sont obligés de suivre la loi du plus fort. La loi. C'est ce qui te rebute dedans. Bien contradictoire est ton idéologie finalement, Amber Frost. L'anarchie engendre toujours des laissés pour compte. Aucun système social n'est parfait. Un débat philosophique ne t’intéresse pas. Tu sais ce que tu détestes l'esclavage et ça te suffit. Tu sais aussi que tu es pirate et qu'il est dans ta nature de prendre ce qui plait, de détruire ce qui te débecte. Et ça te suffit. Ça suffit aussi à tes hommes qui abordent la caraque en moins de temps qu'il ne le faut pour crier "oust". L'équipage est maitrisé et les esclaves, des noirauds typiques de Zéphyr sont libérés.

Ils te racontent leur histoire somme toute assez classique. Razziés un peu partout sur la côte par les Enfourneurs -des bandits de grands chemins- ils furent vendus à esclavagistes travaillant pour une quelconque corporation de Shabondy. Tu acquiesces du chef puis leur propose un marché. Te donner de plus amples informations sur l'ile contre un plaisir exquis : la vengeance. La même que tu as apprécié en confrontant Green Wolf. De un et de deux, ils écharpent, écorchent et émiettent leurs bourreaux. Chez les Étéziens, la vengeance est un plat qui se mange bouillant. Ils jouissent de ce massacre, les enfoirés. Toi, tu n'as pas eu cette chance. L'animal acide a survécu. Mais il portera pour toujours les stigmates de votre jeu. Toi aussi. Certains natifs totalement déracinés et orphelins du fait des agissements des Enfourneurs choisissent ta bannière. Te voilà grandi de quelques régionaux de l'étape. Ils te seront utiles dans la cartographie de l'ile et dans le projet insensé que tu t'es fixé.

Mais pour cela, encore faudrait-il te débarrasser des hommes d'une certaine déesse.


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Les Vents du Nouveau Monde. Les Vents de Zéphyr. Quand tu te laisses balloter par ces courants mortels, tu te sens dans ton élément. Beaucoup moins tes hommes, clairement intimidés par les rafales lacérantes qui circulent joyeusement dans ces terres cauchemardesques. Même dans le Nouveau Monde, il devrait y avoir des limites au dérèglement climatique, se disent-ils tous. Agglutinés côte à côte derrière toi comme des sardines, ils sont dans l’œil calme de la tornade que tu as érigé autour de vous. Les vents vous fouettent et se font absorber par ta trombe. Amber Frost, tu te nourris des vents de Zéphyr. Les autochtones qui vous ont rejoint vous aiguillent droit sur le pavillon noir blasonné de XXXXXX. Vous les localisez au cœur de La Mesa, logés dans les cavités d'un promontoire granitique déchiquetés par les vents. Ton Haki t'informe sur leur nombre. Ils ne sont pas bien nombreux. Tu n'y croyais pas quand les natifs t'ont informé de cela. Tu t'es apprêté à déposséder un Yonkou de son territoire. Tu ne trouves qu'une petite représentation diplomatique et des pirates désœuvrés et exilés dans ce qu'il assimilent à un enfer.

Pour toi, c'est le paradis. Une source inépuisable de pouvoir. Comme à ton habitude, tu engages le combat à distance.

[...]

- AaaaargrHhGrrrraa !

C'est un ptérodactyle. Non. Quelque chose de plus colossal te dis-tu en te baissant vivement pour esquiver les serres métallique du très rare zoan préhistorique. Malgré la petitesse des forces, Kiyori n'a pas réellement lésé l'île, y plaçant un individu plutôt dangereux. Plusieurs de tes hommes viennent d'en faire les frais. Il n'y a aucun oiseau sur Zéphyr à cause de vents mais ce type a réussi à dompter l'élément. C'est le roi du ciel ici et te le fait savoir en te bombardant de lames tranchantes de plusieurs coups d'ailes furieux. Tes Climats Gloves sont en action, créent un vent contraire qui annihile l'attaque de l'homme de main. A côté, ses porte-flingues vous canardent avant de se retirer dans des cavités qu'ils ont eu-même creusé. Les fumiers ont maitrisés l'art de la guerre sur Zéphyr. En les regardant faire et en payant le prix fort, tes hommes et toi acquérez de l'expérience. Ces leçons vous seront utiles quand viendra l'heure de défendre à votre tour cette île. Pour ça, il faudrait passer sur le corps de ce Gardien.


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Son oriel lui offrait un large panorama sur le grand quartier portuaire de Lavallière. Aujourd'hui était jour de marché, les principales artères menant au port se remplissaient déjà d'une petite foule pressée et affairée. Au loin dans la baie, les icebergs réfléchissaient les premiers rayons du soleil sur une mer ambrée où se décalquaient les ombres des premiers bateaux revenant de leur pêche nocturne.

Depuis qu'il avait emménagé Rue des Marronniers dans ce vieil hôtel particulier prêté par un proche du roi, Loth ne ratait jamais le spectacle du lever du jour sur Lavallière. L'aube était son moment préféré de la journée ; il en profitait pour se perdre dans ses pensées, dans ses projets labyrinthiques. Il voyait grand, très grand, de cette ambition dévorante et obsessionnelle qui vous poussait à la folie. Quelques coups à la porte le firent émerger. Il alla ouvrir.

- Bonjour Phrâne.
- Bonjour. Désolé d'avoir disparue comme ça, j'étais très prise. Tu t'es pas ennuyée, j'espère ?
- Que nenni. C'est une très belle ville, j'en ai profité pour faire connaissance avec ses ruelles.
- Tant mieux. On requiert tes services dans le Grand Nord, ça te fera des vacances.
- Qui ça "on" ?
- Lord Harwyn. Ça n'a rien à voir avec la mission que t'a confié Sa Majesté, mais bon, il a appris je ne sais comment que tu étais au service du roi, donc bon, il t'a mandé.
- Tu bafouilles, reprit Loth pas plus haut qu'un murmure. Où est-ce que ça merde ?  
- Nulle part. Tu verras, c'est un vieil excentrique qui me met très mal à l'aise. Mais n'empêche, c'est l'un des pairs les plus puissants du royaume et un inconditionnel soutien de Sa Majesté. J'ignore pourquoi il veut te voir, mais quelque soit sa demande, mène la à bien. Je peux compter sur toi ?
- Quand pourrai-je voir Nordin ?
- "Sa Majesté", corrigea-t-elle, les dents serrées. Au moment opportun, il te mandera. Continue à faire tes preuves. Tiens, de la part du Voïvode, un peu d'argent pour la traversée des steppes. Une caravane quitte Lavallière dans deux heures, ne la rate pas. Le Translinéenne ne dessert pas ces zones. Ciao.

Elle s'en alla de sa démarche militaire, sous ses sabots, le plancher grinça. A peine eut-elle fermée la porte que de la penderie sortit une autre femme. Bien plus féminine que Phrâne Thompson, Emeline Reus arborait une longue chevelure noir de jais tressée en queue de cheval lui arrivant jusqu'à la ceinture, bien qu'elle s'en était nouée la plus grande partie autour du cou telle une écharpe. Son kimono blanc était couvert de poussière et de toiles d'araignées. Silencieuse comme une ombre, elle se déplaçait avec grâce sur la pointe des pieds, une habitude singulière née de plusieurs années de pratique de la technique dite du Pas de Velours. Ses yeux amandes se figèrent sur Loth.

- C'est donc elle l'intermédiaire entre Maximillian Nordin et toi ? Pour un agent de liaison, elle ne passe pas inaperçu.
- Hmmm.
- Lord Harwyn, Lord Harwyn... marmonna-t-elle en cherchant dans son petit calepin qui n'était jamais bien loin dans les poches de son kimono. Ah, voilà, je l'ai ! Lord Arkhadi Harwyn, sa famille dirige la voïvodie de Longsapin depuis des temps immémoriaux. C'est un seigneur très puissant qui tire sa richesse de l'exploitation forestière et de sa main mise sur la laiteuse, le plus grand lac de Boréa. Le gusse porte même le titre d'Amiral de la Laiteuse. Je me demande ce qu'il te veut...
- Nous le saurons bien assez tôt.
- Concernant le projet sur lequel on planchait ?
- Tu as carte blanche. De mon côté, je verrai quelles opportunités m'offrira ce voyage dans la taïga. N'oublie pas, nous avons tout à construire ici. Émeline ?
- Oui ?
- Pas de chaos.
- Je croyais que j'avais carte blanche ?

Les paysages de la campagne de Boréa défilaient, monotones, mornes. Il n'y avait rien à voir, la steppe semblait infinie, s'étendait au delà de l'horizon visible. Le constat lui arracha un sourire satisfait. Décidément, il avait fait le bon choix. Un grand pays par sa taille, une excellente cachette par ses déserts de glace inhospitaliers. Boréa sera bien le fondement de l'empire du crime qu'il ambitionnait de créer. Seul dans l'habitable de son carrosse, il se resservit le breuvage chaud qu'il avait acheté quelques heures auparavant. Un mélange de vodka et de lait fermenté qui vous donnait le coup de fouet nécessaire pour tolérer ces températures polaires. Dehors, le vent fouettait sec mais la caravane avançait à bonne allure. Il se remémora sa discussion avec Émeline.

- Je suis étonnée que tu aies choisi North Blue pour t'implanter. J'ai pensé que tu serais resté à South Blue.
- Pendant mes années au service du Reptile, j'ai fait mes armes sur les quatre mers. J'ai une préférence certaine pour les îles de South Blue.
- Bah alors ?
- De toutes les organisations du crime, c'est celle de North Blue que j'affectionne le plus. Je trouve les triades d'East Blue et les Cartels de West Blue trop violentes et sanguinaires à mon goût ; A South Blue, l'underground est régi par les guildes marchandes qui laissent peu de place à l'évolution et à l'auto-entrepreneuriat. North Blue est quant à elle dominée par les sept familles les plus puissantes du monde du crime. Cette oligarchie n'est pas figée, beaucoup de familles ont perdu leur prestige et rangs à travers le temps. D'ailleurs, actuellement, il n'y en a que 6, de famille. Une place est à prendre à la table des rois.
- Il y a plus d'opportunité donc.
- Pas uniquement cela. Je me fais une certaine idée de ce que doit être un criminel. Même les truands ont besoin de règles. North Blue a codifié le crime et l'a rendu presque... romantique ? C'est cela, oui, je pense que l'underground doit avoir un soupçon de romantisme.
- Je vois pas du tout de quoi tu parles, mais je te suis. Quel sera mon rôle ?  
- Tu seras mon ombre. Invisible, mais toujours présente. Dans cet environnement, deux couteaux valent toujours mieux qu'un. Il me faut un produit qui me rendra indispensable. Au diable le jeu, la prostitution ou je ne sais quelle drogue. C'est vulgaire, ça attire toute sorte d'écervelés à la gâchette facile. Je veux un produit qui sera ma signature.
- Et tu l'as déjà trouvé.
- La Dance Powder.

Un sourire illumina son visage.


Dernière édition par Loth Reich le Mer 22 Avr - 20:50, édité 5 fois
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- Le corps est encore tout chaud ! Faut y aller !
- Inutile de se presser, le cadavre ne pas s’enfuir ? Laissez-moi terminer mes brochettes.
- On vous a pas invité pour vous empiffrer !
- La ferme Lieutenant, c’est Jay-jay qui l’a invité.

Loth dégusta entièrement ses brochettes de seiches au miel avant de se mettre en branle pour la scène de crime. La cariole filait à toute allure sur la rue G, la principale avenue sise dans le quartier chaud de la ville. Il était minuit passé. Une foule dense des fêtards aurait déjà dû s’y agglutiner, attirée par les lieux de plaisirs, les restaurants et la musique trop forte, remarqua le Moine Hérétique. Habituellement, ils auraient été pris dans un embouteillage monstre de voitures hippomobiles en tout genre.

- Au moins les commerces sont ouverts, c’est juste que les gens n’osent plus trop sortir, déclara tristement Davina Grantz. J’espère que tu vas régler ça rapidement, le binocle !
- Hmph…
- Toujours aussi bavard. On est encore loin, Lieutenant ?
- On a trouvé le corps à la 8e Tranche.
- C’est une des nouvelles cités extramuros qui ont poussé comme des champignons ces derniers temps. On y sera en moins d’une demi-heure. Ça remonte à quand ta dernière visite à Bliss ?
- Les funérailles de feu de ton père.
- Ah. Sept mois ont passé depuis. C’est la première crise qu’affronte Jay-jay depuis qu’il a été couronné. Il pense que si tu avais accepté le poste proposé, il n’y aurait rien eu de tel.

Il fallut un moment à Loth pour comprendre à quoi elle faisait allusion. Cette information, il l’avait archivée quelque part, très loin dans son cerveau. Au lendemain de son couronnement, le nouveau roi l’avait effectivement prié d’accepter le poste de conseiller royal. Il aurait volontiers accepté, si le prérequis n’incluait pas de se sédentariser à Bliss. Loth aimait beaucoup cette île -dont il était d’ailleurs le citoyen naturalisé- tout autant que l’hivernale Boréa dans North Blue, mais son cœur était celui d’un nomade. Très peu de ses voyages à Bliss avaient eu pour thème congés ou villégiature, constata-t-il. Lutte contre les syndicats ouvriers, contre Ashura et son réseau de blanchiment d’argent, chasse au trésor s’étant transformé en combat contre un révolutionnaire cannibale où le précédent souverain a trouvé la mort…

- Vrai qu’à chaque fois que tu te pointes, y a un truc chelou qui se passe ici, le binocle, déclara Davina comme si elle avait lu ses pensées.
- Rappelle-toi : vous m’avez invité. Je n’y suis pour rien cette fois-ci.
- On est arrivé; déclara le lieutenant. Pour votre sécurité, princesse…
- N’essayez même pas Roches, je viens. Jay m’a dit de coller à Loth comme un cataplasme sur une plaie.
- C’est toi la plaie.

Le corps n’avait pas été dissimulé. Un long couteau planté dans l’abdomen, il gisait sur le sol au milieu de la ruelle piétonne. De part et d’autre s’élevaient les immeubles d’habitations gris qui formaient cette banlieue étendue et laide. La mare de sang qui entourait le corps indiquait que la victime avait été tuée là. Loth jeta un regard aux immeubles. Très peu de lumières, personne aux balcons. Pas très étonnant à cette heure de la nuit. L’odeur de tripes due à la l’éventration saturait l’air. Il s’approcha puis s’agenouilla pour humer la victime, ignorant les regards ronds que lui lancèrent les Marines. Davina l’imita dans ses œuvres.

Si près, le cou de la femme embaumait l’essence de pétunia, un parfum bas de gamme à l’instar des bijoux en toc et des friperies qu’elle portait. Il nota mentalement : femme de la tribu des longs-bras, blanche, blonde, yeux verts éclatants -enfin plus maintenant-, pommettes relevées, taille fine, 1m79 maximum. Elle était belle malgré tout. Des hématômes cerclaient ses poignets, signe que quelqu’un l’avait fortement agrippée. Il s’arma de sa loupe et son flash dial. Sur le manteau en peau de vision de la victime, il releva un long poil brun. « Chien ? » demanda Davina. Loth acquiesça du chef et enchaina : « Rien sous ses ongles, dommage. Elle n’a pas pu blesser son agresseur ». Il porta son attention sur le couteau qu’il mesura minutieusement avec mon mètre ruban. Le manche mesurait dix centimètres et semblait être fait d’un bois couleur noire avec des motifs naturels bruns pâles entrelacés. « On dirait du palmier... » murmura le Moine.  

- Faux ! rétorqua la princesse à quatre pattes, contente de le corriger. C’est de la Morta.
- Vraiment ? fit Loth, sincèrement surpris. Comment peux-tu le savoir sans aucune analyse ?
- Parce que nous en avons une collection au palais. En plus, les couteaux, c’est mon dada, répondit-elle en montant l’intérieur de sa veste où étaient rangés une trentaine de couteaux de toutes tailles.
- C’est peut-être toi le meurtrier, tiens. Tu étais où ce soir ?
- Avec toi, triple andouille.
- Pardon, mais c’est quoi cette morta ? demanda Roches en interrompant leur rigolade.
- Quand elle vivante, cette plante est appelée chêne des marais, répondit Loth. La morta est un chêne mort, qui a séjourné des milliers d’années piégé dans les tourbières. En exploitant les tourbières, les hommes ont excavé cette matière qui est très prisée pour sa robustesse. Qui vend ce genre de couteau, Davina ?
- Aucune idée, je vais demander au maître d’armes du palais royal. Ça peut être une bonne piste. Quid des couteaux qui ont servi à tuer les précédentes victimes, lieutenant ?
- Pour nous, c’étaient de banals couteaux de boucher...
- Je dois réexaminer tous ce que vous avez, déclara Loth.
- T’inquiète, ils ont déjà préparé ça, j’y ai veillé. Le Colonel Dickson, maudit soit-il, n’a formé personne pour prendre sa relève. Quand il a démissionné, il a laissé la 19è dans un putain de désordre. Ils ont tous fait du travail d’amateur. Tu pourrais rester après pour les former à mener une enquête en bonne et due forme, Binocle.
- Terminons déjà ce que nous avons commencé ici.
- La lame est en inox et non gravée, constata la princesse. Etrange... l’artisan n’a laissé sa signature nulle part. Ni sur la lame, ni sur le manche.  
- C’est pour ça que pour nous, c’étaient juste des banals couteaux de bouchers, se défendit le lieutenant, piqué à vif par les remarques acerbes de Davina Grantz.
- Et bien sûr, vous avez passé votre temps à interroger tous les bouchers de Portgentil ?!
- Non, Princesse, on a également interrogé les associations de chasseurs, les ménagères et tous ceux qui peuvent utiliser ce genre de couteaux.
- Ce que je dis. De l’amateurisme. Taisez-vous et apprenez du meilleur ! A-t-elle été abusée ? demanda-t-elle en se retournant vers Loth occupé à farfouiller sous les jupes du cadavre.
- Pas de viol, apparemment. Correction, je ne suis pas le meilleur. Dickson était bien au-dessus, les détails qu’il repérait et les déductions qu’il en faisait... dieu ! C’était de l’art !
- Mouais, je ne suis pas fan des lâcheurs. Sinon, cette éventration tout de même ! Le tueur a embroché la pauvre dame dans l’aine puis a remonté jusqu’au sternum. Il l’a sacrément ouverte, comme un putain de poisson ! Regarde, le premier coup était si violent que la pointe du couteau est ressortie dans son dos.
- Soit ce type est un monstre, soit, il ne connait pas sa force.
- T’inquiète binocle, il va bientôt apprendre à connaitre la nôtre.


Dernière édition par Loth Reich le Lun 28 Déc - 0:00, édité 4 fois
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- C’est la première fois qu’il tue une Long-bras, souligna le lieutenant Roches après un long moment de mutisme.
- Parce qu’il a déjà tué d’autres espèces humaines ?
- Tu n’as pas lu dossier, binocle ?
- Quel dossier ? Je te signale que je suis descendu de la translinéenne, il y a une heure à peine.
- Je pensais que Jay t’avait escargofaxé les éléments avant de t’inviter.
- De lui, j’ai reçu un coup de fil qui a duré 30 secondes. « Meurtre en série sur mon île. Gère-moi ça. Tu as carte blanche. » J’ai donc sauté dans le premier bateau.
- Lieutenant, faites un topo à Loth, je vais me joindre à l’équipe qui fait du porte-à-porte.  
- C’est pas prudent princesse, laissez ce soin à mes hommes qui ratissent déjà les alentours. Les rues sont sombres, le tueur peut se cacher encore là.
- Je n’espère pas mieux, lieutenant ! clama-t-elle avant de disparaitre à la vitesse d’un Soru.
- Les Grantz de Bliss ! marmonna Loth en hochant la tête d’un air amusé. Dites-moi tout, Roches. C’est inutile de vous inquiéter pour elle, Davina sait se défendre, nous avons combattu ensemble l’As de la Révolution Baba Giant. Vous n’êtes pas d’ici, n’est-ce pas ?
- Non, avoua-t-il. J’ai été muté après la mort du vieux roi et depuis cette famille ne cesse de me surprendre - Vous vous y ferez. Il y a eu combien de victimes ?
- Celle-ci est la quatrième qu’on attribue à ce tueur.
- Lui avez-vous donné un surnom ?
- Nous, non, mais la presse le surnomme déjà « El Cucuy ».
- C’est un monstre du folkore des peuplades du midi de South Blue. Dois-je supposer que certaines des victimes viennent de cette communauté ?
- Oui, les deux premières victimes. Des immigrées de seconde génération.
- Des suspects ?
- Différents suspects pour chaque meurtre mais aucun qui fasse consensus.
- Dans ce cas, qu’est-ce qui vous amène à supposer que c’est une série ?
- Y a les couteaux, l’éventration, les victimes âgées entre 20 et 30 ans...
- D’autres points communs ?
- Elles étaient toutes fringuées chic. Les deux premières et notre dernière là allaient sans doute sortir s’amuser ; la victime 3 rentrait d’une soirée étudiante fortement alcoolisée.
- Quoi d’autre ?
- C’est tout, je crois.
- Les points de divergences ?
- Jusque-là on a trois humaines, une femme-poisson et une longue-bras. A part la femme-poisson, on a retrouvé les armes du crime, soit sur la victime comme ici, ou pas jetées pas loin.
- Quid des couleurs de cheveux, du milieu social ?
- Rien en commun, répondit-il en consultant ses notes griffonnées sur un calepin.
- Agressions sexuelles ?
- Non plus.  
- Ça ne ressemble pas à une série. Il est inhabituel pour un tueur en série d’avoir des critères autant dissemblables, surtout de races.
- Cherchez pas de logique, c’est probablement un déséquilibré couplé à un frustré de la vie qui s’attaque aux femmes ! Pas besoin de faire une longue théorie sur ça !
- Et pourtant, il n’y a rien ici qui suggère l’acte d’un fou, fit Loth en désignant la scène de crime. L’éventration a été faite d’un trait sans aucune marque d’hésitation. Le sac de la victime et ses bijoux n’ont pas été dérobés. Et à part le poil étranger retrouvé sur la victime, il n’y a rien d’autre ici si ce n’est la salissure originelle de la ruelle passante. M’est avis que c’est définitivement trop propre pour un déséquilibré qui attaquerait juste sans raison.
- Eviscérer n’est pas ce que j’appelle l’acte de quelqu’un de normal.
- L’éventration, en sciences du comportement, est un acte qui a une symbolique phallique. La quasi-totalité des éventreurs que j’ai capturé étaient impuissants sexuellement. En poignardant, puis en éventrant leurs victimes, ils recréent l’acte sexuel.
- C’est ce que je dis ! Un frusté ! Il est en chien !
- Gardons-nous de conclusion hâtive. Vous n'avez pas retrouvé la pièce d'identité dans le sac ?
- Non, à croire qu'elle sortait sans. On l'identifiera surement avant le lever du soleil.
- Dans ce cas, il n'y a plus rien à tirer ici, nous pouvons rentrer à la base. J’ai hâte de lire ce que vous avez empilé pour moi, dit-il en se relevant, les yeux fixés sur la voûte étoilée. Ah, une dernière chose, lieutenant ; je ne suis pas là pour vous voler la vedette, je ne peux être plus célèbre que je ne le suis à Bliss. C’est d’ailleurs pour cela que je tiens à garder ma présence secrète, autrement les tabloïds se déchaineront. Je vous laisserai tout le mérite de la capture du criminel, aussi, j’espère une parfaite coopération loin de cette animosité que je sens poindre ?
- D’a... d’accord monsieur. C’est juste que...
- C’est frustrant de se voir appointer un civil pour diriger votre enquête ? Considérez-ça comme une occasion d’apprendre l’un de l’autre. J’adore la richesse des autres.
- C’est quoi cette futile conversation, Binocle ? Mâte plutôt ce que j’ai dégoté derrière une benne à ordure !

C’était un petit homme famélique qui exhalait une forte odeur de xérès. Il promenait sur l’assistance un regard hagard et paniqué. A en juger par son uniforme, il devait officier en tant qu’agent de sécurité dans le patelin. Hank Rafferty était floqué sur son torse. « Il dit ne pas se souvenir de la dernière heure » précisa Davina, courroucée. « Pas étonnant vu son niveau d’alcoolémie ! Jetez-moi ça dans la plus exigüe de vos cellules, la mémoire lui reviendra bien assez tôt ! » La Marine passa le reste de la nuit à ratisser le quartier sans avance notable.

De son côté, la nuit fut studieuse pour le Moine Hérétique. On le logea dans l’ancien bureau du Colonel Arsène Dickson. Loth était connu pour être un criminologue spécialisé dans les sciences du comportement humain, une discipline encore balbutiante qui ambitionnait de décrypter et prédire les actions des criminels à travers plusieurs approches et théories liés au comportement. Dans cette myriade de sciences complémentaires, la victimologie ou l’étude des victimes demeurait l’angle d’attaque préférée du binoclard.

La première victime était très singulière. Le tueur semblait s’être particulièrement déchainé sur elle. L’éventration n’était pas aussi nette que sur la dernière, le tueur s’y étant repris à plusieurs reprises. Comme s’il avait hésité, comme si sa main avait tremblé. Était-ce à mettre sur le compte de l’inexpérience, ou de la rage ? Le tueur connaissait-il personnellement la victime ? Elle s’appelait Maria Conception, 25 ans, de race humaine, célibataire. Elle travaillait à mi-temps comme secrétaire dans une imprimerie. Son meurtre remontait à trois mois avant l’arrivée du Binoclard. L’arme du crime était un long couteau avec un manche d’un bois anthracite veiné de blanc. Encore de la morta...

La seconde victime avait été tuée avec un couteau de même facture, une semaine après la première. Ramona Acevedo était une humaine de 28 ans, au chômage. Les photos prises sur la scène de crime étaient étrangement semblables à celles de la dernière victime. Ruelle mal éclairée, corps découvert à une heure du matin, victime allant ou revenant de soirée. L’éventration avait été plus « propre » que celle de la première victime. Le tueur avait-il gagné en certitude ? Elle avait été tuée dans la 2e Tranche, lut Loth dans le rapport. Où avait été tuée la première victime déjà ? s’interrogea-t-il. Malgré une refouille des éléments, il n’y avait aucune mention de cette information. Davina avait raison se dit-il, c’était du travail d’amateur.

La troisième victime était toute aussi intéressante que la première. Femme-poisson de la race des carpes koïs, Aqua-Lina, 23 ans, était une jet-setteuse issue d’une famille riche ayant fait fortune dans l’aquaculture. Les photos de la scène avaient fuité et firent la une de tous les tabloïds à coup de phrases chocs, chacun s’en allant de son surnom donné au tueur. "El Cucuy" ou "l’éventreur de Bliss" revenaient le plus souvent. A partir de ce moment, une peur diffuse s'installa sur l'ile. Ce meurtre eut lieu une semaine avant son arrivée, soit deux mois et deux semaines après la deuxième victime. Cette pause l'intriguait tout autant que l'arme du crime qui n'avait pas été retrouvée. Ayant tué les deux premières victimes à une semaine d’intervalle, Loth s’attendait à ce que le tueur monte plus en puissance. Décidément, ce tueur était aimait sortir des sentiers balisés. Aqua-Lina avait été tuée dans la 4e Tranche.

- C'est histoire de Tranche... murmura-t-il dans la solitude de son bureau.


Dernière édition par Loth Reich le Lun 28 Déc - 0:30, édité 5 fois
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Une bonne odeur de croissants chauds le reveilla sous les coups de sept heures. Il avait sombré dans un profond sommeil sur le canapé du bureau, une carte de l'ile sur le visage. Après un brin de toilettes, il déjeuna au mess, en compagnie de la princesse Davina Grantz et du lieutenant Roches. Comme ce dernier l'avait prédit, ils finirent par identifier la quatrième victime. C'thaloth Lhu de son nom était une serveuse dans un bar de la rue G.

- Mais elle n'était pas de service hier, c'est ce que son patron nous a dit.
- C'thaloth ? "Loth" est-il un suffixe chez tous les longs-bras ? demanda Davina.
- Je ne crois pas.
- C'est pas une coincidence, si ? Loth Reich... C'thaloth Lhu...
- Concentre-toi, tu divagues. Lieutenant, où a été tuée la première victime ? Il n'y a aucune mention du lieu dans le dossier.
- En fait on l'ignore. On l'a repêchée. Le cadavre flottait dans la mer.
- Avec le couteau ?
- Avec le couteau planté dans le bide, ouais.
- Vous avez forcément remarqué qu'à part la première, toutes les autres victimes ont été tuées dans vos nouveaux quartiers là ? 2e, 4e et 8e Tranche.  
- On a vu ça. On s'est aussi dit que le tueur doit être du coin, répondit Roches.
- Expliquez-moi mieux.
- Les Tranches, fit Davina en mâchant son lard, sont sorties de terre en 1626, suite au bordel que tu as foutu en démantelant Prometheus le réseau de blanchiment d'argent d'Ashura. Les milliards qui ont été saisis ont servi à lancer ce projet immobilier d'envergure pour donner du travail aux honnêtes gens qui se sont retrouvés sur la paille. Les Tranches aux chiffres pairs sont des logements sociaux habités par la classe pauvre et moyenne tandis que les impairs sont des cités pour les nouveaux riches.
- Aqua-Lina habitait dans quelle tranche ?
- La 3e. Elle a quitté son quartier huppé pour une fête étudiante dans la 4e.  
- Il me faudrait une carte actualisée de l'ile, celle que j'ai trouvée hier ne l'était pas.
- Tu veux faire le profilage géographique ? demanda Davina.
- Tu as suivi mes cours de criminologie à Boréa, tu veux le faire ?
- J'ai un peu dormi durant le chapitre sur le profilage géographique. C'est à peu près au moment où tu as commencé à y introduire des maths et de la géométrie.
- C'était au début même du chapitre.
- Ha ha ha ! Dans ce cas, j'ai dormi tout du long. Trop barbant, je te laisse ça.
- Le profilage géographique, reprit Loth suite aux sourcils lourds d'interrogation du lieutenant Roches, part du postulat qu'un tueur en série a une zone définie dans laquelle il se sent à l'aise et commet ses forfaits. En utilisant les probabilités mathématiques et les sciences du comportement, le profileur peut déterminer cette zone théorique. Cela ne fonctionne que si c'est une série. Et vu que nous ignorons où Maria a été tuée, le résultat risque d'être biaisé.
- Elle habitait dans la 6e Tranche cela dit, déclara Roches.
- Mais seules la 3e et la 5e donnent sur la mer, répliqua Davina. A part Maria, toutes les victimes ont été retrouvées dans les Tranche défavorisées à nombre pair. Il aura tué Maria Conception ailleurs puis l'aura transportée jusqu'à la flotte ? Mais ça colle pas au reste vu qu'il n'a pas déplacé les autres.
- La première victime détient souvent la clé de l'énigme. Mais dis-moi Davina, tu devais prendre des informations sur la morta, je crois ?
- Oui, notre maitre d'armes m'a grandement aidé. Selon lui, la morta provient du plus grand importateur de bois de l’ile.
- Payons lui une petite visite après. L’agent de sécurité doit être dégrisé à cette heure, voyons ce qu'il va nous raconter.

Le petit homme se rappelait avoir pris service autour de dix-neuf heures la veille. Le quartier était calme, confia-t-il ; sous les coups de vingt-deux heures, quelques groupes de jeunes -essentiellement des jeunes hommes- commencèrent à sortir, la plupart se dirigeant vers la station de la 8e Tranche. De là, des voitures hippomobiles desservaient tous les recoins de la capitale. « Rien ? Il n’y a rien eu de suspect ? Il n’y a pas des milliers de long-bras dans le coin, tu avais déjà vu cette la victime ? » questionna la princesse avec véhémence. Malgré la crainte que lui inspirait la Grantz, Hank Rafferty n’en démordit pas, il n’avait jamais croisé C’thaloth Lhu dans sa vie. « Pas d’hommes bizarres non plus ? Allons, donnez-nous quelque chose à nous mettre sous la dent bon sang ! » éructa-t-elle. Son coup de poing rageur marqua la table de craquelures.

- Allons calme-toi ! Ce n’est pas comme cela que tu vas en tirer la moindre information, intervint Loth en éloignant la furie.
Monsieur Rafferty, je m’appelle Loth Reich. Quel âge avez-vous ?
- Quarante-neuf.
- Avez-vous de la famille ?
- Une gam..mine, bégaya-t-il.
- Quel âge ?
- Cinq.
- Très bien. Vous êtes la seule personne que nous ayons trouvée dehors ce soir-là. Avez-vous l’habitude de boire pendant votre service ?
- N-non ‘sieur.
- Personne ne va vous sanctionner pour ça, nous n’en avons ni l’envie, ni le pouvoir. Il vente beaucoup à Portgentil en cette période, je peux comprendre que pour tenir le coup dans la mordante bise, un remontant chaud puisse être une bonne idée.
- D’temps en temps, j’prends une gorgée d’ma gnole, avoua-t-il à demi-mot.
- A quelle heure avez-vous commencé à boire ? Approximativement ?
- Chai pas... Dès qu’l’vent s’est levé j’pense. Avant qu’les premiers jeunes n’s’pointent.
- Avant vingt-deux heures donc. Excellent. Faisons un petit exercice, dit Loth en sortant un audio dial de sa poche. Cet instrument contient un enregistrement de plusieurs sons, je vais passer celui du vent qui souffle. Je vous demande de fermer les yeux, allez-y je vous prie. Fermez les yeux, repensez à cette soirée.
Vous vous y revoyez ? demanda-t-il après un long moment de silence où seul le bruit du vent produit par l'audio dial était audible.
- Euh... ouais.
- Que portez-vous ?
- Mon vieux coupe-vent, ma casquette et ma matraque.
- Dans quelle main la matraque ?
- J’la tiens pas, c’est à ma ceinture. Côté gauche.
- Et la gnole ?
- A l’intérieur d’ma veste.
- Le vent se lève, froid. Vous êtes où exactement ?
- D’vant l’hall du bâtiment C. J’fais ma ronde. Y a pas un chat d’hors.
- Sûr ?
- Ouais, personne.
- Très bien. Que faites-vous ensuite ?
- J’continue ma ronde vers les bâtiments F et G. Souvent y a des jeunes qui s’y rassemblent pour fumer d’l’herbe. J’prends plusieurs gorgées en route. Ah merde !
- Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui vous a contrarié ?

« La gnôle, y en a plus », précisa-t-il. Hank Rafferty ne s’était pas rendu compte que la flasque était vide. Jurant et maudissant, il fit le tour des bâtiments F, G, puis arriva au niveau du bâtiment N. Là, quelque chose attira son attention. Un tas de chiffon, à côte d’une benne à ordure, pensa-t-il, avant de constater qu’il s’agissait d’un sans-abri. « C’pas autorisé ici, tu dois d’gager ! » beugla-t-il à la personne emmitouflée. Une discussion s’engagea entre eux, le misérable plaida sa cause et promit ses grands dieux qu’il déguerpira de là dès le lever du soleil. « Y ventait sec, faut dire, j’avais pas l’cœur à l’chasser » se défendit-il. « Surtout pas qu’il a partagé sa gnole avec moi. C’tait très fort, comme j’en ai plus siroté d’puis belle lurette. La première gorgée m’a donné un d’ces coups d’fouets ! » Après, raconta-t-il, la ronde se poursuivit jusqu’à ce que...

- Ce que Davina tombe sur vous dans les vapes, conclut Loth qui donna une tapette sur la joue de Rafferty pour le réveiller.
- C’était quoi ça ? demanda-t-il, paniqué, son regard passant de la princesse au lieutenant puis sur le Moine. M’avez hypnotisé hein ?
- Juste de la mise en situation. J’ai recréé les conditions qu’il y avait ce soir-là avec le bruit du vent et de l’absinthe, fit-il en sortant une petite bouteille ouverte sous la table. C’est bien cela que le sans abri vous a offert ?
- C’la même odeur, ouais.
- Décrivez-nous ce type ! intima Roches.
- J’l’ai pas vu. Y avait vraiment b’coup d’vent. L’était camouflé sous des piles d’couvertures. Mais sûr que c’était une femme !

***

- Attends, tu penses que ce sans-abri y est pour quelque chose ?
- Je l’ignore Davina. Je crois en tout cas, qu’il lui a donné quelque chose de plus fort que ce qu’il boit. Et ça l’a envoyé dans les vapes.
- Et ce serait intentionnel ?
- Avec l'agent de sécurité hors circuit, le tueur avait la voix libre. Cela correspond au premier profile que j’ai dressé. Ce n’est pas un tueur d’opportunité, c’est quelqu’un de méthodique.
- Donc, il était en planque ? Je veux dire « elle ». T’es sûr que tu ne l’as pas poussé un peu loin dans l’hypnose ? J’imagine pas une femme faire ça. Les tueuses en série sont extrêmement rares, tu nous l’a dit durant nos cours.
- C’est vrai. Sur des centaines de cas sur lesquels j’ai enquêté, les tueuses en série se comptent sur les doigts d’une seule main. Mais, je ne considère pas les crimes de Bliss encore comme une série, donc ça reste plausible.
- On est arrivé, dit le lieutenant, coupant cours aux discussions.

Les bureaux de Harmattan & Sisters se situaient dans le quartier portuaire de Portgentil ; Loth ne se souvenait que trop bien de cette entreprise, un mastodonte aux pieds d’argiles qui fut l’une des premières à se déclarer en faillite quand le Moine Hérétique engagea les Autres -un groupe de mercenaire- pour imposer un blocus à Endaur. Dès lors, aucun bois ne pouvait parvenir à Bliss, mettant sérieusement en danger les chantiers navales, surtout la niche dédiée aux bateaux de luxes. Harmattan & Sisters était le principal importateur d’essences rares de l’ile. De toute évidente, elle avait été remise à flot, surement grâce aux fonds saisis sur Prometheus.

- Depuis, nous avons diversifié nos sources d’approvisionnement, déclara le directeur, Mr Harmattan. Sans vous, nous ne serions pas là, Mr Reich ! Merci encore de nous avoir débarrassé de ces crapules ! Je ferai tout pour vous aider.
- Si seulement il s’avait que tu es la cause de sa presque faillite ! lui murmura Davina Grantz du coin des lèvres.
- Nous aimerions voir votre registre de vente s'il vous plait. La morta en particulier, nous cherchons ceux qui vous achètent cette essence.
- La morta... Peu savent le traiter. Nous en vendons à la forge royale, dit-il en parcourant de l’index le gros registre, et au Consortium Vendée.
- C’est tout ?
- Oui, votre altesse royale. Comme je l’ai précisé, très peu savent le traiter convenablement. Sans ces deux clients qui en commandent quelques planches par an, nous aurions déjà arrêté de l’importer.
- La forge royale l’utilise pour faire des manches, quid du Consortium Vendée ?
- C’est une menuiserie. Ils proposent divers articles en morta.
- Merci pour votre disponibilité, n’hésitez pas à nous contacter si quelque chose vous revient.
- Si fait, votre altesse.


Dernière édition par Loth Reich le Sam 27 Fév - 21:28, édité 7 fois
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Suivant les directives du Moine Hérétique, la princesse et le lieutenant Roches s'en allèrent respectivement enquêter sur la forge royale et le Consortium Vendée. Davina Grantz était certaines de faire rapidement le tri, étant donné que les créations de la forge n'étaient utilisées que par la famille royale. Il lui suffirait, dit-elle avec conviction, de faire l'inventaire des lames en manche de morta sorties des fours royaux. Le même travail attendait Roches et ses hommes.

Loth, quant à lui, se concentra sur sa spécialité : les victimes. Il devait réinterroger les proches de chacune d'entre elles et choisit de commencer la troisième Aqua Lina. Quelque chose dans ce meurtre l'intriguait plus que les autres mais il ignorait encore quoi. Toujours éplorés, les parents de la pauvre fille le reçurent entre deux rendez-vous d'affaire, au onzième étage d'un immeuble de bureau dans le quartier des affaires de Portgentil.

- Travailler nous permet de garder l'esprit occupé, déclara le père. La mère se moucha bruyamment.
- Votre fille avait-elle des ennemis ? Je m'excuse de remuer le couteau.
- Non, pas d'ennemi connus, répondit le paternel. Son monde, c'était la jet set, les soirées mondaines. Elle aimait faire la fête vous savez... Aqua Lina rayonnait tel le soleil, tout le monde vous le dira.
- J'ai fait ma petite enquête sur ce monde et j'ai entendu parler de rivalité entre elle et une certaine Quincy. Elles se seraient même battu durant une soirée. Je crois savoir qu'elles sont toutes deux égéries de marques rivales de parfum ? Pensez-vous que ça aurait pu conduire Quincy à vouloir attenter à sa vie ?
- Quoi ? Non, non ! fulmina sa mère. Quincy est une gentille fille ! Tout ça, leur rivalité, c'est du cinéma pour donner du grain à moudre à la presse. C'est ce malade qui a tué ma fille ! Le même qui tue toutes les autres !
- Il pense que non, justement Aqua Madri, fit posément le mari. Pourquoi pensez-vous cela, mister Reich ? s'enquit-il de ces yeux tout blanc de poisson.
- Disons, l'instinct.
- C'est pas très scientifique tout ça ? J'ai cru comprendre que vous étiez un adepte d'une approche logique des enquêtes criminelles.
- Sans doute mon instinct suit-il une logique que j'ignore moi-même. Aqua-Lina fréquentait-elle quelqu'un ?
- Oui, un voyou.
- Voyons chéri ! dit la maternelle, scandalisée. On l'appelle Century Harper, c'est également quelqu'un de la jet set. Il a commencé à se droguer après le.. le meurtre de Lina. Ce tueur n'a pas détruit qu'une seule vie, je vous prie de le capturer mister Reich !  

Il n'en apprit pas plus. Les marines en civil affectés au Moine retrouvèrent Century Harper dans un salon de photo de la ville. Au lieu de l'interroger, Loth passa la journée à le suivre. La vie de ce jeune homme élancé aux cheveux roux était plutôt mouvementée. "Mais bordel, il n'en a pas marre des flashs ? C'quand même la cinquième séance photo de la journée, dans cinq endroits !" demanda à bout un des marines. "C'pas les tofs le problème mec, c'la meute qui le suit ! T'imagines vivre comme ça ? Avec des chacals de journaliste épiant tes moindres faits et gestes ?" ajouta un autre marine. "En tout cas, jamais filature n'a été aussi facile, il suffit de suivre le troupeau." Loth acquiesça du chef. il approcha l'attaché de communication de Harper afin d'en savoir plus. Ce dernier le scruta de haut en bas, les sourcils plissés devant la dégaine du Moine.

- Je vous connais non ?
- Ah bon ? répondit-il en lisant la barbe hirsute qu'il venait de faire pousser grâce au Retour à la Vie. Je suis Ramon, journaliste à Blue Ashanti.
- Oh ! Que nous vaut l'honneur du plus vendu des tabloïd de la Gold Coast ? s'extasia-t-il. Vous autres colons êtes vraiment friands des nouvelles du continent hein ?  
- Y-a-t-il une place dans le programme de Harper pour nous ?
- Plutôt compliqué aujourd'hui hein... Laissez-moi voir... Après les photos, double déjeuner chez deux marques... Pause de deux heures... Non faut surtout pas le déranger pendant ces pauses, il peut être de très mauvaises humeur... A 15h... on doit assister au défilé de mode de Granny... Collation à 18H chez Phoebes... ensuite... Oui ! Je peux caler quelque chose entre 22H et 22H30.
- Il sera où ?
- Au Privilège. Il est l'invité d'honneur pour ambiancer.
- Dans ce cas, à ce soir alors.
- Vous avez appris quelque chose ? demanda une Mouette.
- Oui, qu'il va fausser compagnie au troupeau sous peu. Ce salon à combien de sortie ?
- Deux. L'autre donne sur l'avenue Dupont. Dans ce cas, prenez un homme avec vous et aller vous y poster. Vous, sergent, vous restez là.  
- Et vous ?
- Je vais prendre un peu de hauteur.

Si ce type avide d'attention et d'exposition aimait être tranquille deux heures par jour, Loth était plus que curieux de savoir à quoi il consacrait ce temps. L'évidence pour lui étant qu'il ne passerait par aucune des deux sorties du salon, cerné de journalistes. Il prit position sur le toit de l'immeuble d'en face. De là, il avait une bonne vue sur tout le patelin. Le salon appartenait à une rangée de vieilles boutiques à l'architecture gothique typique du vieux quartier de Portgentil. Durant son enquête sur Prometheus le réseau de blanchiment d'argent d'Ashura, les contrebandiers avaient utilisé le réseau de catacombes qui reliaient ces vieilleries pour leur filer entre les doigts, s'en souvint-il.


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