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L'injustice du combat

Tu te lèves en sursaut. Autour de toi c’est l’empressement, tes frères d’armes sautent en bas de leurs couchettes. Toi aussi tu suis ce mouvement et tes pieds nus touchent bientôt le sol froid de la tente. Ton regard balaye la large tente, beaucoup sont déjà sortis, d’autres grognent. Toi tu te contentes d’enfiler tes bottes avec une sorte de fébrilité, c’est vrai que tu n’es pas le plus fort et le plus grand soldat du coin. Tu attrapes tout de même ton fusil et sort avec célérité, si tu n’es pas extrêmement dangereux au moins tu es courageux.

Dehors c’est la cacophonie. Les hommes discutent en petits groupes, personnes ne semble à même de délivrer une information pertinente. Alors évidemment, tu te rapproches du groupe le plus proche, le fusil solidement collé contre la poitrine.

Mais il est déjà trop tard pour obtenir davantage d’informations, autour de toi les hommes se mettent déjà en branle. Alors tu vérifies, penaud, ton équipement bien qu’il ne sera pas possible de palier à un oubli. Tes pieds foulent donc cette même terre boueuse que les autres et vous vous enfoncez dans les étendues de Thriller Bark. A mesure que tu te rapproches de la zone de combat, tu commences à entendre des hurlements, des cris. C’est une guerre qui a débuté non loin et tu es prêt à la rejoindre. Les rangs se resserrent, la peur, l’excitation, envahissent petit-à-petit ton groupe. Tes mains moites peinent déjà à soutenir le poids du fusil.

Vous débouchez finalement dans une petite clairière, endroit rêvé pour une embuscade. Mais ce n’est pas là une guerre de position, les hommes de Red avancent comme une marée incroyable. Ton groupe forme deux lignes à l’orée de la clairière alors que des pirates traversent en nombre devant vous. La première ligne met un genou en terre, toi tu es de la seconde ligne, tu ajustes donc ton fusil avec une forme d’expertise et ton œil choisit sa cible. Une seconde silencieuse aux airs d’éternité va disparaître dans peu de temps.
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- FEU !

L’ordre est donné par l’un des pirates et tous les fusils se déchargent. La crosse de ton fusil s’enfonce dans ton épaule tandis que tu vois ta cible tomber, tuée roide. Tu recharges alors avec un léger tremblement, le canon de ton fusil est déjà brûlant, tu manques d’ailleurs de te cuire la main en passant trop près de l’embouchure de ton arme. C’est le moment du feu à volonté, les plus rapides ont déjà fait feu une seconde fois. Toi tu mets seulement ton fusil en joue, tu ajustes le tir, ta pupille se referme sur une silhouette lointaine. Le coup part. Une vie en plus éparpillée sur l’herbe de Thriller Bark.

Le groupe décide de se séparer alors qu’un groupe adverse vient à leur rencontre. Vous vous enfoncez un peu plus dans le sous-bois pour obtenir l’avantage du terrain. Tu as commencé à reculer en gardant la clairière devant toi mais tu trébuches trop et tu es lent, terriblement lent. Alors tu offres ton petit dos à l’ennemi et tu cours, tu cours à en perdre haleine. Tu zigzagues entre les arbres, cet endroit tu le connais bien et tu vas bientôt te nicher derrière une petite élévation de terrain. Pour la troisième fois tu recharges ton fusil, une amorce dans la bouche, de la poudre sur les mains. Oui tu jours de l’escopette, ce n’est pas l’arme favorite du groupe mais tu es diablement bon avec ce type de fusil. Et voilà que tu as déjà finis de recharger. Tu es à plat-ventre et jette un œil succinct au dessus de la butte. Il y a des ennemis, alors tu rampes jusqu’à être en hauteur, le canon de ton fusil brille un instant et une flamme s’y échappe. La balle virevolte et va cueillir un ennemi en plein crâne. Tu as le temps de te mettre de nouveau à couvert mais déjà les balles ennemies frôlent ta position.

Tu décides de changer de place, grand bien t’en fait puisque quelques minutes plus tard, alors que tu es déjà loin, tu vois un groupe ennemi entourer ton ancienne position. Tes alliés se sont aussi repositionnés. Les deux groupes s’affrontent toujours mais ont légèrement tourné d’un point central. Le terrain ne semble plus si propice, tu marches dans le sang, et tu foules de temps à autre le corps inerte d’un homme, est-ce un allié ou un ennemi ? Tu ne saurais le dire, car tu n’es pas en mesure de t’arrêter, tu cours, tu cours encore. Les branches les plus basses glissent sur tes joues en y laissant de petits sillons sanglants. Derrière toi, ça hurle toujours.
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Tu décides de grimper dans un arbre, fort de l’avance engendrée par ta course. Tu es petit et agile, c’est une bonne chose. Avec le bruit, personne ne sera en mesure d’identifier ton tir et ta position. Tu te dissimules derrière de larges branchages, solidement assis sur une large branche épaisse comme un homme. Tes jambes sont relevées de part et d’autres de ce tronc pour ne rien laisser paraître. Quelques secondes plus tard, les premiers hommes apparaissent, ce sont les tiens qui refluent, poursuivis par des assaillants trop forts ou trop nombreux. Voilà les premières têtes brunes qui apparaissent. Tu laisses passer les premiers. Le groupe continue à avancer mais finit par être stoppé par un tir de barrage. Tant et si bien que tu te retrouves dans une position idéale, dans le dos et en hauteur du groupe.

Tu commences donc ton entreprise de mort. Les balles pleuvent en tous sens et régulièrement, un ennemi tombe. Tous pensent qu’il s’agit d’une balle venant d’en face et non venant de derrière. Tu ajustes du mieux possible car tu sais qu’une balle non mortelle révélera ta position et te tueras en lieu et place. En l’espace de quelques minutes, tous les ennemis sont morts. Tu descends donc de ton arbre et tes frères d’armes se rapprochent, intrigués. Quand ils te voient descendre de l’arbre, ils comprennent.

- La vache ! On comprenaient pas pourquoi ils mourraient subitement si vite.
- Ouais, on avaient l’impression d’être devenus subitement des sacrés tireurs !
- Je veux ouais ! Bien joué mon gars ! Mais faut repartir !

Sans parler, tu as accueillis avec bonne humeur ces compliments et délivrés des sourires à qui voulaient bien les recevoir. Puis le groupe et reparti en sens inverse, suivant de l’oreille le tumulte qui s’était déplacé vers l’avant, toujours plus prêt du château, toujours plus prêt d’une échéance terrible. Car tu crains aussi bien ton maitre que ton adversaire et sait que la mort rapide de l’adversaire peut parfois valoir mieux que la lente et douloureuse mort infligée par ton maitre en cas de défaite.

Tes bras commencent à devenir terriblement lourds et tu fatigues de plus en plus. Tu es proche de tes alliés et écoute en silence la conversation. Tu continues toujours de courir toutefois, car personne ne semble désireux de faire une pause.

- On a ramassé Ydram dans le sous-bois, son groupe a été décimé par un mec.

- Oh ?
- Ouais, laisse moi raconter, j’y étais moi !
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- Vas-y !
- Une sorte de cow-boy, une histoire de dingue, il est apparu en émergeant du cimetière sur le dos d’un énorme rat.
- Qu’est ce que c’est que cette histoire ? On a pas un type sous le cimetière ?
- J’en sais rien ! En tous cas, lui n’était pas de notre groupe. On avait effectué un grand contournement pour arriver dans le dos des troupes ennemis mais en passant par le cimetière, on est tombé sur ce mec.
- Et ?
- Et !? Le cow-boy a dégainé a une vitesse ahurissante et a dézingué une douzaine de mecs en une seconde. Le temps qu’on le vise, il était à couvert. Le temps d’après, il ressortait de derrière une pierre tombale et on perdait autant d’hommes qu’à la première. A la troisième manœuvre, on avait perdu la quasi-totalité de notre groupe et tous les rescapés commençaient à s’enfuir dans tous les sens. Moi je fis de même accompagné de deux amis, ils sont tombés tous les deux pendant que l’ont s’enfuyaient.
- Et il t’a suivi ?
- Bah il avait l’air…
- Alors, il pourrait bien être à nos trousses ?
- Bah je pens-

Alors que tu écoutais la conversation, le dernier témoin de la scène ne fut pas en mesure de terminer sa phrase. Son crâne venait de voler en éclat et ses yeux vides se levèrent vers le ciel. Tout le groupe sauta à plat ventre. Toi-même tu commences à ramper vers un massif de fleurs pour tenter de t’y dissimuler.

Régulièrement, une détonation légère se fait entendre et un homme s’affaisse. Le tireur est probablement seul et particulièrement doué pour parvenir à tirer sur des hommes qui semblent s’enfoncer dans la boue plus qu’ils ne semblent ramper. Finalement, tu parviens à te dissimuler sous un massif d’hortensia. Tu regardes alors la scène avec terreur. Un homme portant un chapeau large, tout de gris vêtu, avance tranquillement vers vous. Ceux qui se relèvent pour ajuster un tir sont transpercés aussitôt. Finalement tous se relèvent pour tenter de submerger le fin tireur par le nombre et d’éviter ainsi une mort certaine.

Ils tombent tous à la renverse alors qu’une succession de tirs s’est faites entendre. Tu cherches en tous sens, balayant la scène de tes yeux. Si au début tu songes à une embuscade, tu finis par reconnaître le pire : l’homme est bel et bien seul mais tire tout simplement trop vite. Il s’approche maintenant des hommes à terre qui n’ont pas encore été tués. Il n’est qu’à quelques mètres de toi et semble ne pas t’avoir aperçu. Il s’approche de chaque homme, met le pied sur eux et tire une balle en pleine tête de chacun. Il porte des colts et tu reconnais en lui le cow-boy cité auparavant.
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Tu crains pour ta vie car tu comprends que cet homme est d’une autre trempe. Mais il ne t’a pas vu et tous tes amis sont morts dorénavant. Tu ne peux pas rester là, dissimulé comme une bête acculée. Tu ajustes donc ton escopette une nouvelle fois, tu vises le cœur, car on n’est jamais trop prudent avec ce genre de lascars !

Ta balle est tirée et file en direction de ton homme. Il se retourne alors vers le fourré et tires deux balles. L’une te frappe au torse et tu sembles perdre connaissance. Qu’est donc devenue la seconde balle tirée ?  

Finalement tu te réveilles, tu es sur le dos, aux-côtés de tes anciens compagnons. Sur ton torse une botte boueuse enfonce ton plexus. Au-dessus, le visage écorché du cow-boy se penche sur toi. Il allume tranquillement une cigarette pendant tu cherches à tâtons une arme ; mais son pied s’enfonce davantage et ta blessure par balle s’anime, tu ne bouges donc plus.



Tout doux pied-tendre. Y’a rien pour toi aux alentours. Je t’ai vu dans l’arbre ajuster mes gars comme des lapins. J’étais trop loin pour avertir, trop loin pour tirer mais bordel, je savais que je vengerai ces morts imbéciles. Et te voilà, prêt à payer cette injustice de ta vie.

La salive te manque, toi qui n’as pas parlé depuis si longtemps. Mais si proche de la mort, tu veux encore entendre une fois le son de ta voix.

Ta bouche commence donc à remuer.

Puis plus rien…
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