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Les moments clés d'un curieux

Sunbae Roona
Sunbae Roona

♦ Localisation : Rokade: putes et socialisme
♦ Équipage : Au sommet du Sein-Ducat: on le nomme le Macro Prolo

Feuille de personnage
Dorikis: 2343
Popularité: +60
Intégrité: 55

Jeu 23 Mar 2017 - 23:47

Sur l'île de Daraak dans l'archipel de Narcopia, le temps était clément. Le soleil brillait d'une lumière pâle et les collines herbeuses, les bois et les champs étaient traversés d'un zéphyr bienvenue alors que l'on était en plein automne 16XX.
A l'intérieur des terres, le monastère de Dink, immense bâtisse aux murs colorés, se dressait fièrement entre champs et forêts, imperturbable face au passage du temps. Au nord du bâtiment, dans un verger appartenant à la communauté religieuse, un jeune garçon aux cheveux gris était en train de crapahuter dans un arbre à la recherche de fruits mûrs sous le regard courroucé d'un moine.

Sunbae Roona, treize ans au moment des faits, était à califourchon sur une branche, le corps et le bras tendus en direction d'une pomme qui ne voulait pas se laisser décrocher. Un visage aux angles marqués, une bouche aux lèvres fines, un menton pointu et des oreilles décollées. Le garçon était un excellent "teaser" de sa version adulte, déjà les cheveux gris, quoique légèrement plus sombres, déjà un air d'asperge, déjà cet étrange regard bleu acier aux pupilles trop grandes mais pas encore de balafres ni de piercings.

Orphelin ayant grandi au monastère il était, au même titre que ses compères, soumis au rythme de vie du monastère: réveil aux aurores, participation aux prières communes, leçons diverses et variées avec le frère To, travail dans les champs, participation à l'entretien du monastère et aux différentes activités monacales ainsi que coucher en même temps que le soleil. Cependant, et même si la journée laissait le temps de faire bien des choses en dehors de cette routine, Sunbae considérait que trop peu de ces activités méritaient l'effort consenti pour les achever. Ainsi, depuis le début de la récolte des pommiers, il s'arrangeait pour esquiver les corvées de nettoyage en sachant parfaitement que le frère Eujak le punirait en lui faisant cueillir les fruits de toute une parcelle du verger. Frère Eujak, petit homme bedonnant à l'allure robuste, au crane rasé et au visage carré, aimait les punitions à caractères utiles et l'adolescent préférait la grimpette à l'astiquage de parquet. Tout allait donc parfaitement bien même si, selon les estimations de l'enfant, il n'y aurait bientôt plus rien à cueillir et qu'il devrait trouver autre chose pour ne pas avoir à se ruiner les genoux sur le carrelage de la Grande Salle. Le monastère aurait tout même put investir dans quelques balais-brosse.

Depuis le monastère un moine se dirigeait vers eux. Depuis sa position surélevée, le garçon put suivre l'évolution de l'ecclésiaste à travers et les champs et son avancée jusqu'à l'arbre fruitier. A quelques mètres de celui-ci; le nouvel arrivant héla son confrère et après une courte discussion dont Sunbae ne pouvait saisir le moindre mot, le remplaça à la surveillance du garçon.
Georges Perudo To paraissait bien plus vieux que son âge. Peu importe l'âge qu'il pouvait bien avoir. De taille moyenne, l'homme semblait flotter dans son sari et son teint pâle et vitreux donnait l'impression qu'il aurait pu s'effondrer à tout moment. Son visage, aux traits doux mais affirmés, était partagé entre un sourire bienveillant souligné par de hautes pommettes sur lesquelles étaient enfoncés des yeux marrons cerclés de cernes. Le tout était encadré par une touffe de cheveux grisonnants et une barbe de trois jours.
Responsable de l'orphelinat au sein du monastère, Frère To, était apprécié par les enfants dont il avait la charge. Toujours ouvert à la discussion, ferme mais juste lorsqu'il faut sévir et suffisamment compréhensif pour savoir qu'il y a des règles qu'on peut, à l'occasion, plier à sa convenance. Un mélange qui avait fait ses preuves depuis plus d'une décennie dans l'éducation.
Et s'il n'était pas le plus difficile des enfants dont il ait eu la charge, Sunbae était cependant un véritable casse-tête pour le moine. Tantôt élève assidu et travailleur impliqué tantôt atteint de crises d'absentéisme et de je-m'en-foutisme aigües, il ne dérogeait que très ponctuellement aux règles mais dérogeait inlassablement à certains de ses devoirs. Ce n'était donc pas vraiment un gamin difficile mais il posait sans aucun doute certains problèmes et donnait un mauvais exemple aux orphelins les plus jeunes. Ce genre comportements ne devaient pas se multiplier et Georges avait quelques idées sur comment régler ça.

...

Sunbae soupira à la vue du frère To. Il aimait bien le moine mais savait que celui-ci allait encore lui prodiguer l'un de ses fameux discours moralisateurs et, même s'il appréciait la verve de son mentor, il ne se sentait pas de subir vingt minutes de monologue après la punition de frère Eujak. Il descendrait bientôt de son perchoir, il le savait.

_ Sunbae, l'appela alors frère To, suis moi.

Ah...le speech aurait donc lieu au monastère. L'adolescent aurait pourtant parié qu'il allait le recevoir ici et que Georges profiterait d'être à l'extérieur pour élever la voix plus que de coutume. Il se dépêcha de descendre du pommier et d’emboîter le pas à son professeur, curieux du déroulement des événements. Il déposa le panier de pommes récoltées, au côté des autres, dans une charrette patientant sous un autre arbre.

...

Quelques minutes plus tard, le duo arrivait aux abords de l'entrée du monastère lorsque frère To, enfermé jusque là dans un mutisme complet, prit la parole.

_ Jusqu'où es-tu allé lors de tes excursions en dehors du monastère?

Aïe...pensa Sunbae. Ainsi l'ecclésiaste savait qu'il s'aventurait généralement à l'extérieur lors de ses petites "disparitions". L'adolescent était pourtant sûr de n'avoir jamais été surpris lors de celles-ci mais ça pouvait aussi bien être une simple supposition de la part de son interlocuteur. Non...il le connaissait et ce n'était pas le genre du vieil homme de recourir au bluff.

_ Jusqu'au rivage et la colline après le champ de M. Ledole, répondit honnêtement le garçon.
_ Une sacrée trotte mon garçon, siffla, admiratif le frère To, tu n'as donc jamais vu Roona?

Les poils du garçon se hérissèrent à la mention du port lui ayant donné son nom et il afficha tout de suite un air plus renfrogné. Bien que n'ayant jamais été traumatisé par son statut d'orphelin, surtout au milieu de moines ascétiques et d'autres enfants orphelins eux-même, il n'aimait pas non plus qu'on lui rappelle ce fait. Que ce soit voulu ou non. Il lui faudrait encore quelques années avant d'être capable de porter fièrement son nom et de complètement "assumer" son absence de cellule familiale.

_ Non, jamais m'sieur. Répondit-il, quelque peu contrit.
_ Ça te tenterais? Et c'est frère To, ou frère Georges mais pas monsieur et encore moins m'sieur...
_ Euh...oui, répliqua un Sunbae confus.

Ah ça, il l'avait pas vu venir. Etait-ce un nouveau genre de punition? Le monastère en avait-il eu assez de ses errements et comptait le reposer là où il avait été trouvé? Non, impossible, il devait se calmer et réfléchir calmement. Quel était le but de la manœuvre?
Rien à faire, Sun' ne comprenait pas et, perdu dans ses réflexions, se retrouva à suivre le Frère Georges jusqu'à l'écurie monacale et ce sans s'en rendre compte. De petite taille et n'accueillant qu'une poignée de chevaux de trait, l'écurie était cependant bien agencée et entretenue. S'emparant d'un canasson, le duo l'harnacha à un des chariots, rempli comme les autres de produits provenant du monastère, et se mit en route.
Et ce n'est qu'après de longues minutes, et une fois toutes les possibilités imaginées par le jeune hommes sacrifiées sur l'autel de sa logique, que Sunbae se résolu à demander à son gardien les raisons de ce trajet vers Roona.

_ Et bien, pour échanger certains de nos produits avec les locaux.
_ Oui, mais non, j'voulais dire pourquoi j'fais partie du voyage. J'ai pas vraiment mérité une ballade champêtre, non?
_ Non, en effet.

De toute évidence, le moine ne comptait pas développer plus que ça mais c'était sans compter le besoin maladif de son élève à obtenir des réponses.

_ Et du coup?
_ ...
_ Vous êtes sérieux? J'viens d'passer deux heures à ramasser des pommes, j'vous vois arriver alors je me dis: ok, c'est l'heure d'écouter un sermon. Mais non, vous m'embarquez, vous me dites rien et moi j'dois dire banco?
_ On appelle ça l'éducation, lui répondit le moine d'un ton neutre.
_ Quoi!? Mais non! Vous pouvez pas juste répondre ça en espérant que j'acquiesce avec le sourire, z'êtes censé être pédagogue, expliquer pour qu'on comprenne et tout et tout...
_ C'est l'avantage d'être l'adulte, je n'ai rien à t'expliquer si je n'en ressens pas l'besoin.
_ Non mais bien sûr...et pourquoi pas invoquer la hiérarchie tant qu'on y est, hein!? Et si c'est une nouvelle méthode de pression de votre part et ben ça marchera pas. Je dirais rien.
_ Le voyage pourra donc se faire en silence...une bonne chose.

Il le cherchait. Y avait pas d'autres explications, c'était un acte de provocation pur et simple et si le moine pensait pouvoir éviter un  flot de paroles ininterrompu, n'ayant aucun autre but que l'emmerdement maximal, alors il se fourrait le doigt dans l’œil jusqu'à l'épaule. Foi de Sunbae Roona.
Le trajet jusqu'au port de Daraak ne fut donc qu'un long monologue du jeune homme détaillant tout ce qu'il voyait : "...et là bas y'a un arbre avec une forme de crochet et vous avez-vu les oiseaux, vous croyez qu'il sont en migration, et comment ils volent, et la route, elle est encore longue?", le tout entrecoupé de commentaires condescendants du frère To. Ce qui avait le don d'agacer Sun'. Il était, certes, pas encore au top niveau pétage de roustons mais ce manque de réactions de la part de son interlocuteur avait le don de l'agacer encore plus. Et malgré toutes ses tentatives; une fois arrivé à Roona, c'était bien l'adolescent le plus frustré du duo.
Frustration qui s'évapora très vite une fois à l'intérieur du village. N'ayant jamais quitté le monastère et ses alentours, et encore moins vu de villes, Sun' avait les yeux illuminés devant le manège qui prenait place dans la modeste bourgade.

Deux navires marchands, connexion commerciale avec les autres îles de l'archipel, étaient à quais et c'est une vingtaines de personnes qui étaient afférés à décharger les précieuses marchandises. Vin, vêtements, bijoux et nombre d'objets issus de l'artisanat de North Blue étaient importés par la petite île, limitée à la production de denrées alimentaires et leurs dérivés. Des étals s'installaient de part et d'autre des embarcadères, certains à destinations des autochtones et d'autre pour permettre aux marins de profiter des produits locaux. Négociants, marchands, marins et paysans échangeaient dans une bonne humeur criante et un tourbillon de couleurs, d'odeurs et de sons duquel ne pouvait se détourner Sunbae. Il était enivré par cet afflux de sensations et n'avait plus aucun intérêt pour les raisons pour lesquelles frère To l'avait emmené. Il en était juste ravi. Certes, le village était à peine plus peuplé que le monastère mais il débordait d'une activité frénétique que personne n'avait jamais observé au monastère. Une découverte et un ravissement pour le garçon, cet endroit était curieux et rien au monde n'aurait pu lui faire plus plaisir.

C'est donc plein de bonne volonté, et sous le regard bienveillant de l'homme de foi, que l'orphelin participa à la vente des produits du monastère en faisant, au passage, preuve d'une gouaille certaine pour mettre en avant ses marchandises. Au bout d'un moment, un musicien, conteur marin aux vêtements rapiécés et à l'allure décharnée, s'installa à quelques mètre de l'emplacement du duo et commença le récit des aventures d'un certain Capitaine Bob. Un récit parlant de voyage, de terres inexplorées et de combats contre de dangereux pirates et monstres marins et qui faisait briller les yeux bleu acier de Sunbae.
Les aventures de Capitaine Bob:
 

La chanson continua ainsi de longues minutes et, observant le garçon fasciné, Georges Perudo To, se dit qu'il tenait peut être quelque chose. Il ne pouvait changer le caractère du garçon mais il y avait peut être un moyen d'atténuer son comportement. Par exemple, s'ils partaient maintenant que serait prêt a faire le garçon pour l'opportunité de revenir ici en quête de nouveaux récits à écouter?

Sunbae, lui, ne pensait qu'à une chose : le monde était vaste et il était hors de question pour lui de passer à côté. Dès qu'il pourrait voyager, il ne s'arrêterait plus.
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Sunbae Roona
Sunbae Roona

♦ Localisation : Rokade: putes et socialisme
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Dorikis: 2343
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Lun 27 Mar 2017 - 20:18

Klack!!

La réglette en bois tenue par Georges Perudo To frappa l'intérieur du mollet droit de Sunbae. Ses jambes étaient trop écartées, sa position mauvaise et instable et c'était déjà la troisième fois que le moine faisait réajuster sa position au garçon à l'aide d'une tape bien sentie. C'était celle de trop, qui fit fulminer le jeune homme.

_ Ça suffit! Ça y est, j'en ai marre. S'exclamât-il, frustré. Depuis que je suis arrivé je vois que ça. Y'a quoi dans la boite?

Dans la petite salle du monastère, qu'ils avait réaménagé en petit dojo privé il y a quelques temps déjà, le mobilier était absent et la présence inhabituelle d'une boite d'ébène dans un coin avait sauté aux yeux du garçon.

_ Parce que depuis des mois vous me faites faire les mêmes exercices alors j'espérais que y 'aurait du neuf et puis ça me déconcentre.

Le moine soupira d'exaspération.

...

Quelques mois plutôt, alors qu'ils venaient de revenir de Roona pour la première fois, l'adolescent avait fait part de son désir de découvrir le monde. Sunbae, garçon curieux de treize ans, était prit d'une frénésie proche de celle d'un étudiant ayant prit une pilule inconnue, parce que tu va voir c'est marrant, au cours d'une rave anodine aux milieux des champs.

_ ...et je poserais les pieds sur toutes les îles du monde et puis faut que j'observe les animaux curieux, c'est rigolo les animaux,  et même que je m'arrêterais jamais et je serais peinard sur mon bateau et j'irais où je veux.
_ Un bien beau projet...mais la vie est rarement aussi simple mon jeune ami, glissa le frère To assis à côté de lui sur la charrette les ramenant au Monastère de Dink.
_ Qu'est-ce que vous voulez dire? Demanda, méfiant, le garçon.
_ Huhuhu, tu peux lâcher le regard noir... tu pourras bien évidemment partir du monastère dès que tu en auras l'âge, se dépêcha de répondre, amusé, le frère To face aux inquiétudes de son pupille. Ce que je voulais dire, c'est que le monde n'est pas aussi accueillant qu'au monastère. C'est un endroit dangereux.
_ Mouais...et? S'inquiéta-t-il, encore suspicieux.
_ Et il pourrait être utile pour toi d'apprendre quelques rudiments de combat. Bien que ça me désole, nous vivons dans un monde où ces rudiments sont nécessaires.

Pas entièrement convaincu, et sans vraiment savoir comment, Sunbae sentait pourtant toute la tristesse latente qui paraissait dans les paroles du moine, véritablement peiné par la vérité de ses propres mots. Il décida cependant de rester silencieux, curieux d'où venait en venir son professeur.

_ Si tu es sérieux et que tu respectes certaines règles, je veux bien t'apprendre les bases des arts martiaux. Je ne suis pas un maître et n'est même jamais été vraiment très bon moi-même, mais on m'a toujours dit que j'avait un œil pour ces choses là. Huhuhu, je me souviens...

Les yeux de Sunbae étaient écarquillés, ronds comme des soucoupes. Ainsi c'était vrai. Depuis plusieurs années des rumeurs circulaient entre les orphelins sur leur responsable. On disait qu'il avait été un marine avant d'entrer dans les ordre, un général même, et qu'il aurait combattus pirates et criminels à tel point et avec tant d'efficacité qu'il se serait lassé des bains de sang. La vérité était que le vieux bonhomme avait simplement été missionnaire à son entrée dans le monde ecclésiastique et s'il avait fait part d'un équipage de la Marine c'était uniquement par les bonnes grâces d'un capitaine de navire très croyant. Il avait donc participé à quelques rixes avec des pirates et même vogué un temps sur GrandLine mais rien de trop dangereux ou farfelus.
Mais l'imagination de l'enfant était à son paroxysme après sa visite de Roona et le récit du conteur. C'était trop tard. A cet instant précis, l'orphelin ne croirait aucune autre version que la sienne et était tout excité de rejoindre les autres pour leur dire qu'ils avaient raison. Que tout était vrai. Absolument. Tout.

Le moine le regardait...

Mince.

Il n'avait rien écouté. Et Georges semblait attendre un signe de sa part.

Tant pis. Pas l'temps de trouver une réponse improvisée.

_ Pardon? J'écoutais plus.

Un long soupir se fit entendre.

_ Tant que tu ne manquera à aucun de tes devoirs envers le monastère, je t'enseignerais ce que je sais des arts martiaux, souffla quelque peu désabusé le moine.
_ Ça veut dire que je devrais pas rater les corvées d'entretien?
_ Exactement.
_ Ni la récolte des patates?
_ Tout à fait.
_ Ou certaines de vos leçons.
_ J'apprécierais.
_ Même les trois heures de prières et de méditation à chaque passage des saisons?
_ Non ça c'est bon.
_ Sérieux.
_ Non.

En temps normal jamais Sunbae n'aurait accepté ces conditions. Ça représentait bien trop de contraintes. Mais son esprit était obnubilé par l'idée de pouvoir voyager et, malgré ses doutes initiaux, il commençait à se dire que son mentor n'avait pas tort. Savoir se défendre était probablement un savoir utile. Il agréa au contrat et l'homme et l'enfant se serrèrent la main. Signe mondialement accepté comme acte de finalisation de contrats bipartis.

...

Face au garçon attendant sa réponse devant ses accusation, le moine resta muet un instant. Il avait espéré que son élève résisterait plus longtemps à la tentation mais il n'était pas non plus surpris. Aux cours des derniers mois, l'orphelin avait respecté sa part du marché, se montrant irréprochable dans l'accomplissement de ses tâches et l'ecclésiaste s'attendait à un sursaut d'humeur. Mais il devrait patienter encore un peu avant de voir sa curiosité rassasiée.

_ Ne t'inquiètes pas, tu sauras ce qu'il y a dans la boite bien assez tôt. Finis d'abord la première routine correctement.

L'ordre n'avait pas claqué mais Sunbae le comprit parfaitement et s'évita donc une dispute inutile en le suivant bien gentiment. La première routine dont parlait le vieil homme était une suite de mouvements basés sur le transfert de son centre de gravité au sein d'un cercle imaginaire de plusieurs mètres. C'était long et fastidieux mais le garçon se prêta à l'exercice en s'appliquant au mieux. En affichant tout de même un visage contrit, pour la forme.

Une fois fini, frère To alla chercher la boite d'ébène et la présenta au garçon qui s'en saisit. C'était un petit coffre d'une soixantaine de centimètres de long pour une dizaine de haut et une vingtaine de large. A l'intérieur se trouvaient deux dagues avec une lame d'une trentaine de centimètres et un manche presque aussi long duquel sortait un lien une corde d'acier reliant les deux armes.

_ Ce sont des dagues jumelles, précisa le vieil homme devant la question muette de l'orphelin. Une arme peu commune...j'ai pensé qu'elle pourrait te convenir.
_ Vous m'filez une arme?

Ah ben celle là, il l'avait pas vu venir.

_ Non je ne te la donne pas. Je vais t'apprendre à t'en servir.
_ C'est quand même vachement similaire, non? Quand vous me parliez d'arts martiaux, je pensais pas que vous parliez de la maîtrise des armes.
_ C'était pas ce à quoi je pensais. C'est juste que...
_ Que? S'enquerra, curieux, Sunbae.
_ Et bien autant tu te déplace bien, autant le corps à corps à part l'air d'être ton truc. Il est nécessaire d'être capable de réagir à l'instinct quand on se bat à mains nues et toi, tu réfléchis trop. Je pense que cette arme te conviendra mieux.

Sur ces mots, Georges Perudo To se saisit des dagues jumelles et commença à faire une petite démonstration au garçon.  De sa main droite, il fit tourner l'une des dagues au bout d'un bon mètre de corde et commença à la lancer à intervalles réguliers. Sunbae pensa pendant un moment que ça n'avait pas l'air d'une arme terrible  avant de remarquer quelque chose. Bien que semblant presque immobile, le moine pourtant changeait subtilement sa position et bougeait les bras de manière presque imperceptible. Des mouvements subtils et précis capables de changer la direction de sa lame. On aurait dit que la dague était un serpent de métal agissant d'une volonté propre.

Un ravissement pour les yeux impressionnables de l'adolescent, conquis par cette vipère d'acier. Lui qui n'avait jamais vu de combat et tout juste participé à quelques bagarres d'enfants était émerveillé par le spectacle. C'était si hypnotisant. Ça ouvrait tellement de possibilités. L'esprit en ébullition de l'orphelin s'imaginait déjà milles scénarios sur l'utilisation possible de ces dagues jumelles, que ce soit pour se battre concrètement ou non.

D'ailleurs lorsque frère To déposa les dagues dans les mains de Sunbae, il fit face à un regard qui pétillait d'une admiration certaine.

_ Bien sur, je ne suis pas un maître et je suis un peu rouillé mais voila à quoi l'Art des Dagues Jumelles peut ressembler, commença l'homme un peu gêné par cette admiration soudaine. Elles sont émoussées, tu peux donc t'en servir sans risquer de blessures trop graves. Cependant, je t'ordonne de ne t'en servir qu'ici et uniquement sous mon regard, le contrôle de soi est une nécessité pour tout homme brandissant une arme et je serais intransigeant sur ce point. Tout manquement te mettra face à un véritable châtiment, ajouta-t-il sur un ton ne laissant aucun doute sur le sérieux de ses mots.
_ Je comprend, s'empressa donc de répondre le jeune homme.
_ Très bien. Pour commencer je voudrais que tu t'habitue aux dagues. Prend une dague dans chaque main et fais passer le lien d'acier dans ton dos. Voilà comme ça. Maintenant avec la main avec laquelle tu te sens le plus à l'aise je veux que tu fasse tourner l'une des dagues comme je l'ai fait. Et c'est tout. Change de main quand tu fatigues.

Sunbae commença et suivit parfaitement les instructions de mentor. A son deuxième essai. La première fois, il tenta, au bout de quelques minutes, d'envoyer sa dague dans le mur face à lui. Il relâcha la corde trop tôt et trop largement. Son arme partit vers le haut, ricocha au plafond puis sur le sol avant de venir le frapper avec la garde sur le haut de sa mâchoire, du côté gauche.
La séance s'arrêta là, il passa les deux semaines suivantes avec un gros bandage sur le visage et la chance de manger avec une paille. Ainsi qu'une balafre qu'il garderait à vie, agrandit par son non-respect de la clause "manger avec une paille" de son contrat de prompt rétablissement.
Il passa les mois suivants à s’entraîner avec un poids au bout d'une cordelette avant que le frère To ne lui permette de réutiliser les "vraies" armes
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