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Retour aux sources ; Nouveau départ.

1er jour.

- « Whoooaaa ! C’est le vrai… »

- « Nyaaaah ! Il encore plus beau que sur les photos et magazines ! »

- « Tu crois qu’il accepterait de nous signer des autographes ? »


Il y avait un inconvénient lorsqu’un haut-officier débarquait à Marineford : Il ne pouvait jamais passer inaperçu. D’un parce que la base était pleine à craquer de marines. De deux parce que l’ouverture des portes de la justice suscitaient toujours la curiosité des locaux. Faire profil bas après avoir accosté était mission impossible. Je marchais donc au milieu d’une foule de jeunes sous-officiers pâmés d’admiration devant ma gueule pourtant loin d’être joyeuse ou avenante. Il y avait de quoi avec ce par quoi j’étais passé récemment : Entre les combats sanglants engagés contre les flottes de la déesse enfant qui avaient couté la vie à bon nombre de mes soldats ;  et la contrainte du moment qui m’avait poussé à écrire une lettre de recommandation au poste de corsaire pour le meurtrier de mon cousin, n’importe qui pouvait me plaindre et comprendre que j’avais passé plus qu’un sale quart d’heure. Ressasser ces souvenirs me foutait également sur les nerfs à mesure que j’avançais au milieu de ces jeunes qui n’espéraient qu’un sourire ou une quelconque salutation. Mais ils n’eurent rien de tout ça. Même que j’ignorai royalement tous les officiers qui s’étaient évertués à vouloir m’adresser la parole. Seule une seule personne me suivait en silence. Ou presque.

- « Tu abuses Salem… »

Cherry, agente de catégorie I au CP5 et l’une de mes meilleures amantes, avait fini par m’adresser la parole alors que nous traversions tout ce monde venu m’accueillir. Si la jeune femme faisait preuve d’empathie envers les gamins que je ne daignais même pas calculer, c’était bien parce qu’elle avait été elle-même marine à un moment donné de sa vie. Sous mes ordres qui plus est. J’aurai pu lui faire comprendre qu’elle me faisait chier, mais je n’avais pas envie de me donner en spectacle, d’autant plus que c’était grâce à elle et son modeste navire si j’avais pu rallier cette île très rapidement. Je gardai la bouche close et continuai mon chemin les mains dans les poches. Sauf qu’en arrivant vers les premières habitations au pied de la gigantesque base qui trônait au beau milieu de l’île, je tombai sur des officiers plus gradés, dont une femme, une blonde, aussi bien foutue que Cherry avec le sourire aimable qui allait avec. Chignon bien serrée, maquillage discret, calepin en main, tenue plus que soignée… Bref, l’archétype même de la secrétaire par excellence. Sans doute celle du plus haut gradé du coin qui venait m’accueillir et me demander de la suivre jusqu’aux locaux de son supérieur. Et je visai juste. Sauf que contre toute attente, je n’allais pas lui donner satisfaction.

- « C’est qui déjà à la tête du coin… ? Ah ouais, Fuku hein… Dites-lui que je viendrai le voir plus tard. Peut-être… »

- « Mais le vic… »


Un regard noir suffit à immobiliser la jeune femme qui voulut insister bêtement. Le même regard avait refroidi la plupart des hommes qui se tenaient au garde-à-vous derrière la secrétaire et qui devaient faire office d’escorte pour la forme. Certains s’étaient mis à déglutir tandis que d’autres avaient tout bonnement reculé devant mon air menaçant. Cherry, plutôt grande de taille pour une femme, vint poser une main sur l’une de mes épaules pour me calmer. Elle-même semblait légèrement terrorisée par ma gueule, mais demeurait on ne peut plus courageuse que tous les autres. Le fait que nous nous connaissions très bien devait jouer, sans quoi elle aurait certainement réagi de la même façon que tous les autres. L’anxiété qu’elle affichait finit néanmoins par m’apaiser définitivement avant que je ne reprenne ma marche comme si de rien était. Personne ne se risqua à nous suivre lorsque j’empruntai une avenue de la petite ville. Elle semblait toujours aussi accueillante et chaleureuse. Après plus de dix bonnes minutes de marche, nous finîmes par arriver devant une baraque un peu plus imposante que les autres dans les environs. Celle que mon père occupait lorsqu’il officiait ici même, à Marineford. La maison de mon enfance…

La maison de mon cœur, tout simplement.


Dernière édition par Alheïri S. Fenyang le Mar 6 Juin 2017 - 0:49, édité 2 fois
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- « Que de souvenirs… »

C’était une villa. Un duplex. Avec le grand jardin qui allait avec. Un logement de fonction de luxe et c’était pas exagéré de dire qu’il était luxueux. On aurait presque dit un manoir. J’eus un petit sourire avant de m’avancer vers la porte principale. Quand bien même nous avions déménagé depuis perpet’, l’état-major l’avait laissé au nom de notre famille. On pouvait presque dire que j’étais « l’héritier » de cette baraque bien que notre famille avait d’autres demeures un peu partout. Lors de ma dernière visite à Goa, mon vieux m’avait même passé les clés de la villa au cas où je ferais un détour par ici. Il avait eu raison. C’était l’endroit idéal et tout indiqué pour me reposer et me refaire une santé. Loin des regards. Loin de la pression. Loin de tout. Après ce qui s’était passé sur Karantane, j’en avais assurément besoin et pas qu’un peu.

- « Qui aurait cru que je viendrais à l’endroit où tu es né ! Je me sens privilégiée, fufufu ! »

En constatant mon sourire, Cherry s’était hasardée à me taquiner. Pour son plus grand plaisir, elle récolta un petit soupir amusée. Elle n’avait pas tort sur un point. Seule ma défunte épouse avait eu la chance de me suivre jusqu’ici. Peu de personnes savaient d’ailleurs que j’étais né ici, à Marineford. Vu ma côte de popularité sur Alabasta, les gens s’accordaient généralement à dire que j’ai vu le jour là-bas, mais c’était faux : J’y avais plutôt passé une bonne partie de mon enfance et de mon adolescence ; et j’avais profité de la renommée de ma mère pour y tailler ma propre réputation. Des actions de bonne volonté et des coups d’éclats avaient fini par faire de moi « l’enfant du pays » et l’un des symboles de ces terres dont j’étais plutôt fier. Enfin, du fait de ma mère née sur le sol d’alabasta, j’avais bénéficié de la nationalité alabastienne.

Et j’étais reconnu comme un noble qui avait même été décoré par la famille royale.

Alors que je me perdais dans mes pensées au seuil de la porte d’entrée, Cherry racla sa gorge pour me faire revenir sur terre. Je soufflai un grand coup, fouillai dans mes poches pour y sortir les clés et ouvrit la porte de la baraque avant de m’y engouffrer. Et là, surprise : Tout était propre. Tout était nickel. Pas une seule trace de poussière. A croire que des personnes venaient faire le ménage ici au moins une fois par semaine. J’échappais à ces corvées, bien que je n’aurai pas rechigné à les faire comme j’en avais l’habitude avec ma mère lorsque je n’étais encore qu’un gosse insouciant et loin de toutes les réalités cruelles de ce bas monde pourri. Derrière moi, Cherry émit un sifflet. Elle non plus ne s’attendait pas à tant de propreté et tant d’ordres. Le jardin bien taillé aurait dû nous mettre la puce à l’oreille quand j’y repensais.

- « Tu me fais visiter ? »

Je me retournai vers la jeune femme qui avait une mine facétieuse, curieuse, un peu comme une gosse, avant de soupirer. Puis je l’entrainai dans toutes les pièces du coin. Il y avait en tout six chambres avec salle de bain, une bibliothèque, une grande cuisine, deux salons et une salle à manger. Tout ce qu’il fallait pour une famille comme la nôtre. Bien entendu, je lui avais montré ma chambre et elle s’était même amusée de la taille du lit devenu bien trop petit pour moi et des quelques jouets et gadgets de mon enfance dans un coffre à trésor posé dans un coin. Séquence nostalgie. Sans trop savoir pourquoi, j’avais même pensé pendant quelques secondes à Rachel en me demandant ce qu’elle faisait et ce qu’elle devenait ; mais j’avais très vite balayé ces pensées de mon esprit pour me focaliser sur l’instant présent.

Au terme de notre petite visite d’inspection, le constat était sans appel : Le mobilier était intact. Les quelques affaires laissées ici aussi. Bref, tout était à sa place comme au bon vieux temps et tout était récuré comme il faut. Un bon point. J’avais balancé la valise que j’avais trimballée avec moi dans une chambre d’invités où la taille du lit était plus correcte et je m’étais ensuite aventuré à la bibliothèque où il y avait un nombre monstre de livres rangées sur plusieurs étagères. Des ouvrages sur la médecine (Ma mère était une toubib compétente) et d’autres sur la navigation et tout ce qui touchait à la marine et la piraterie en général –Des trucs à mon vieux. Cherry qui m’avait suivi trouva même des cahiers et des manuels scolaires qui m’appartenaient et s’amusa à les lire à haute-voix ce qui me fit un tant soit peu rigoler.

Mon séjour ici promettait d’être agréable. Une grosse bouffée d’air frais, en somme.
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- « C’est si mauvais que ça… ? »

- « Hein ? »

- « Tu n’as pratiquement pas touché ton assiette. »


C’est quelques heures plus tard que nous étions assis dans la salle à manger devant des plats plutôt simples mais appétissants : Du riz au curry. La jeune femme avait fini par sortir à un moment donné pour aller chercher de quoi faire à bouffer vite fait. C’était d’ailleurs un vrai cordon bleu. Sauf que voilà, j’avais pas vraiment faim. Passé la nostalgie et les émois d’un retour après ma longue absence de ces terres, j’avais une nouvelle fois les blues. Je repensais à mes choix… Mes hommes morts dans une bataille complètement conne et toutes les putains de conséquences qui en avaient découlé… D’ailleurs, en voulant brusquement bouger mes doigts pour prendre une cuillerée de riz, je grimaçai et lâchai mon couvert. J’avais encore mal à certains endroits et même que quelques sparadraps étaient visibles çà et là. Les stigmates d’un combat lors duquel j’avais failli clamser. Devoir sa vie à un pirate. Quelle ironie… Quelle disgrâce !

- « Non non. C’est bon. T’inquiète pas pour moi. »

Cherry avait l’air peiné. C’était la première fois qu’elle me voyait aussi abattu, aussi veule. Le plus inquiétant pour elle est que ça avait été comme ça durant tout le trajet qui séparait Karantane de Marineford. J’avais peu mangé et je m’étais presque muré dans un mutisme à n’y rien comprendre. Devant ma « détresse », la jeune femme se sentait déstabilisée et plus qu’inutile. Il faut dire qu’elle avait tout essayé : Les blagues, le charme, les remontrances, le silence… Mais rien n’avait marché. Rien. La journée avait été synonyme de renouveau et d’espoir pour elle. En revenant à Marineford, j’avais été plus éloquent et plus réceptif à ses blagues. Sauf que nous étions de retour à la case départ. Elle le sentait comme ça. Elle le savait. Et sans qu’elle ne puisse vraiment se l’expliquer à elle-même, ses larmes se mirent à couler en silence. Devant sa réaction plus qu’inattendue, j’écarquillai les yeux de surprise, complétement.

- « Che-Cherry… ? Qu’est-ce qui se passe ? J’ai dit un truc qui fallait pas ? Attends, re-regarde ! Je mange ! Je mange là ! »

Joignant immédiatement l’acte à la parole, j’avais commencé à prendre de grosses bouchées que j’avalai à vitesse grand V. C’était clairement bon. Épicé comme il fallait. Un vrai régal. La jeune femme s’autorisa un petit rire et essuya rageusement ses larmes. Elle me regarda vider l’assiette puis me gratifia d’un sourire timide. Toutefois, je sentis que mes efforts ne suffirent pas. La Cipher Pol avait toujours ce regard triste et accablé lorsque ses mirettes un peu rouges me dardaient. Elle devait certainement s’en vouloir, quelque chose comme ça. Que je pensais. Et l’idée qu’elle puisse prendre sur elle mon état lamentable me faisait mal quelque part. C’était pour ne pas inquiéter mes proches que j’avais congédié le reste de mon équipage et décidé de venir ici, à Marineford, dans ma maison, loin des regards. Mal m’en a pris. J’aurai peut-être pas dû l’appeler pour qu’elle m’accompagne jusqu’ici. Une très mauvaise idée.

- « Ce qui m’arrive n’est pas de ta faute. Arrête de t’en vouloir pour rien. »

- « Je n’aime pas te voir triste… Et ne pas réussir à te faire changer d’idées et à te faire sourire, c’est ça qui m’énerve ! »


La jeune femme renifla bruyamment comme une gosse et l’image m’arracha un sourire amusé et franc. Elle était mignonne à se faire du sang d’encre comme ça. Pas forcément glamour, mais mignonne. Après qu’elle ait fini son propre plat, nous fîmes la vaisselle ensemble, et nous retournâmes à la bibliothèque pour lire quelques livres. Lorsqu’il se fit plus ou moins tard, nous montâmes en chambre. L’idée pour moi était d’essayer de dormir mais je n’y arrivais pas. Ma tête était bourrée de pensées et de souvenirs en tout genre. Cherry qui le voyait et le constatait clairement vint se lover contre moi. De caresses en caresses, il arriva ce qui devait arriver. Pendant des heures même. Sauf qu’au finish, Morphée ne semblait toujours pas vouloir pointer le bout de son nez. De ce fait, j’étais descendu en cuisine me prendre un verre de lait et j’étais parti me poster devant une fenêtre d’un des vastes salons de la villa.

Retour à la case départ…
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2ième jour.

- « C’est la première fois que je te vois lire autre chose que des dossiers ou des livres de cul. »

- « Ah ? »

- « T’as des cernes visibles… »

- « Oh… »

- « T’as pas pu vraiment dormir je suppose ? »

- « Mmh. Ouais. »


Nous étions le lendemain matin. Retour à la grande bibliothèque. Je lisais un livre de mon père qui portait sur la navigation et dont l’auteure n’était rien d’autre que la célère pirate Nami du célère équipage des chapeaux de paille. Un recueil plutôt intéressant et qui apprenait beaucoup de choses. Si cette femme fut une très grande voleuse, ses apports en matière de navigation étaient reconnus même au sein de la marine, ce qui expliquait pourquoi mon vieux avait un tel ouvrage en sa possession. La lecture était plutôt passionnante et m’aidait un peu à oublier mes déceptions liées à la dernière bataille. Déception qui fut cristallisée par les gros titres des différents journaux de ce matin : La nomination du Biutag en tant que corsaire était maintenant officielle. Ce bâtard avait réussi à arriver à ses fins. Mais il ne fut pas mentionné qu’il m’avait sauvé, bien entendu. La marine entretenait son image. Sauvé médiatiquement par sa faction…

- « C’est pas la fin du monde Salem ! T’en as connu des défaites ! Allez, ressaisis-toi ! »

Certes. Il est vrai que j’avais connu des défaites. De grosses défaites même. Mais celle-là avait un arrière-gout très amer. J’avais été non seulement battu mais humilié. C’était fort. C’était frustrant. Et je n’arrivais pas à me défaire de ces sensations qui me rendaient irritable et pas du tout sociable. J’avais levé mon regard vers Cherry qui tenait le journal en main où il était principalement question du parcours des blattards, avant de replonger dans ma lecture sans ouvrir la bouche. Cherry eut aussitôt un air abattu. Elle se retint de ne pas pleurer comme la veille, mais elle se sentait mal. Au final, notre soirée n’avait rien changé. Elle avait pensé me remettre sur les bons rails, mais le sexe n’était pas forcément la solution la plus pertinente. J’avais passé un bon moment où je n’avais pensé qu’à moi, qu’à nous, qu’à notre plaisir, mais ledit moment ne fut qu’éphémère au final. C’était comme l’alcool. Ça faisait effet qu’un laps de temps…

- « T’es toujours pas d’humeur à causer apparemment… Tu veux que je te laisse seul ? »

Je remuai la tête de gauche à droite pour lui faire signe que non, puis je continuai tranquillement ma lecture. Cherry eut lourd soupir, puis elle fit de même. Le temps passa ainsi jusqu’à vint l’après-midi. La jeune fille qui avait fini assoupie sur son siège s’était brusquement réveillée et me vit mettre en place un jeu d’échecs sur une petite table. Ravie, elle alla rapidement se débarbouiller puis revint me défier. Malheureusement pour elle, la CP5 ne put me vaincre une seule fois. J’étais fort. Trop fort. Bien trop fort même. Si bien qu’elle se posa des questions auquel je fis vite de répondre : « J’ai beau être un sauvage que j’reste un général hein. La stratégie, c’est un peu mon domaine tu sais. » La réponse surprit la jeune femme dans un premier temps, avant qu’elle ne finisse par se marrer. Son rire quelque peu contagieux m’arracha un sourire avant que je ne me lève et que j’aille en direction de la cuisine pour voir ce qu’on pouvait cuisiner :

- « Ooouuuh ! Le grand Fenyang qui va nous faire à manger ! Une première ! »

- « Ferme ta gueule avant que j’me ravise, gamine. »


Dernière édition par Alheïri S. Fenyang le Mar 6 Juin 2017 - 0:48, édité 3 fois
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8ième jour.

Une semaine s’était écoulée. Une semaine où il ne se passa rien. Rien de notable. Mon quotidien se résumait à lire des livres, manger, dormir et éventuellement jouer à des jeux (dames, go ou échecs) avec Cherry. Celle-ci avait l’air presque résigné, même s’il y avait du mieux : Je n’avais pas repris du poil de la bête comme elle le souhaitait, mais je souriais et j’échangeais un peu plus souvent avec elle. Il lui arrivait également de sortir le matin et de ne revenir qu’au crépuscule. J’aurai pu lui demander à plusieurs reprises ce qu’elle foutait dehors, mais mes pensées étaient absorbées par les mêmes choses qui revenaient en boucle : L’humiliation subie sur Karantane, ma défaite cuisante sur Kanokuni et les nombreuses pertes qui avaient engendré ces campagnes. J’étais bien conscient qu’un marine de mon rang devait savoir endosser ses responsabilités, porter ces pertes sur ses épaules, mais une chose me rendait malade : La nature de ces guerres. Je n’étais pas loin de la vérité si je disais qu’elles s’étaient presque imposées à moi. Les deux m’avaient pris de court et c’est sans préparatifs conséquents que j’ai dû faire face à l’imprévu…

Chienne de vie…

- « Je sors. Mais je reviendrai plus vite que les derniers jours cette fois. A toute ! »

Alors que Cherry me parlait depuis la porte principale, je ne l’avais même pas écouté. J’étais plutôt concentré sur un ouvrage portant sur l’escrime que le maitre de mon propre père avait écrit. Tous les Fenyang étaient plus ou moins des bretteurs de talent. Mais bizarrement, nous n’avions pas un style qui était propre à notre famille, mis à part une seule posture de défense que je n’utilisais quasiment jamais. Pouvait-on se targuer de dire que notre lignage avait une manière bien spécifique de combattre à cause d’une seule technique ? Non. Ce serait surement exagérer l’affaire. Pour autant, mon père comme moi étions des références en la matière. On citait bien Don Lope ou Yamato, deux autres lames affutées comme les meilleurs bretteurs du monde, mais nous étions tous aussi puissants, si ce n’est plus. J’étais persuadé que j’avais mes chances de faire mordre la poussière à au moins l’un d’entre eux. Cette sensation s’expliquait non seulement parce que je me savais assez compétent, mais aussi parce que j’avais l’un des douze meilleurs meitous si ce n’était le meilleur même : Le Kokuto Yoru. Une lame formidable. Qui en valait la peine !

Même si elle ne m’avait pas permis de protéger mes gars…

Trois heures passèrent lorsque je finis par me réveiller dans le fauteuil sur lequel j’étais carrément vautré. De pensées en pensées, j’avais fini par m’assoupir. M’endormir carrément même. C’était bien la toute première fois depuis mon arrivé ici. Un coup de pompe, sans doute. Cela s’expliquait aussi par le fait que je dormais peu la nuit. Non pas parce que je couchais avec Cherry, -que je n’avais plus touché d’ailleurs depuis la dernière fois-, mais bien parce que mon esprit était trop accaparé par les morts que j’aurai pu éviter si j’avais fait un bon vice-amiral ; et par cette humiliation que d’avoir été secouru par un forban qui en a largement profité au final ! Et dire que même Mahach aurait pu en finir avec moi… Risible. Vraiment. En foutant une main sur mon visage marqué par ma grosse sieste, je me mis à rire nerveusement. Sans vraiment m’en rendre compte, je craquais. Je me perdais peu à peu dans la médiocrité à force de me morfondre dans mon coin. En me regardant de plus près, on pouvait même constater à travers ma barbe que je ne prenais plus la peine de tailler, qu’il y avait une sorte de laisser-aller. Ne parlons même pas de mes cheveux…

- « Vous avez eu raison de m’amener ici, Cherry. On peut dire que ça devient grave. »

Une voix. Une voix masculine interrompit mon rire inquiétant, avant que je ne redresse brusquement en faisant tomber au sol le livre qui était posé sur ma poitrine. Mes yeux balayèrent la bibliothèque et finirent par tomber sur un type assis à l’autre bout de la pièce : Chevelure blonde et bien soignée, beau minois, sourire aux lèvres, pipe à la main, jambes croisées et tiré à quatre épingles comme d’hab… Aucun doute possible : « Ah… Ce n’est que toi… » J’avais fini par me rassoir non sans soupirer lourdement. Le vice-amiral et commandant des lieux, Fuku Teitoku que l’on surnommait le dandy, et ce à juste titre me faisait l’honneur de sa présence. La pièce était plus ou moins enfumée à cause de sa pipe. Il avait gardé sa sale manie de fumer comme un marine d’élite. Je ne m’offusquai pas de ce fait puisque j’étais moi-même un fumeur, même si je devais peut-être lui rappeler qu’il n’était pas chez lui… ‘Fin, ce serait peut-être abusé vu que je n’avais même pas daigné aller le voir depuis que j’étais venu ici, alors qu’il était le superviseur de la base. En vérité, je n’étais même pas sorti une seule fois de la villa. C’était Cherry qui s’occupait de toutes les courses.

- « Et du coup, qu’est-ce que tu me veux ? »


Dernière édition par Alheïri S. Fenyang le Mar 6 Juin 2017 - 0:48, édité 2 fois
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- « Halala… Si inhospitalier… Ça ne te ressemble pas pourtant. »

- « J’dis pas non… Mais c'est quoi la raison de ta présence ici ? Si les patrons te demandent pourquoi j’suis là, t’as qu’à dire que j’suis en convalescence. Ça devrait pas être difficile pour toi de les convaincre, non ? »

- « C’est déjà fait tu sais. »

- « Alors quoi ? Qu’est-ce que tu veux ? »

- « Je viens en ami ! Notre dernière rencontre remonte à longt- »

- « Aaah, me fais pas chier. Retourne d’où tu viens… »


J’eus un soupir agacé. Je n’étais pas d’humeur à causer avec d’autres personnes, encore moins avec un collège de travail. Je savais que Fuku était un brave zig, mais je n’avais aucune envie d’échanger. Cherry était la seule connaissance que j’acceptais à mes côtés pour le moment et encore. D’ailleurs, je levai mes yeux vers elle et celle-ci fuit aussitôt mon regard, non sans porter ses mains jointes devant son opulente poitrine. En plus de rougir, elle tremblait légèrement. Je fronçai alors les sourcils devant son air terriblement gêné et je tentai alors de sonder son esprit et toutes ses intentions. Qu’est-ce qu’elle avait bien pu foutre celle-là ? Mais Fu’ qui était sensiblement de mon niveau, anticipa mon action et se racla la gorge comme pour me déconcentrer et attirer mon attention. Il m’arracha un grognement, mais me fit signe de me calmer. Je commençais plus ou moins à comprendre l’affaire quand il reprit parole.

- « Elle m’a expliqué ce qui s’était passé. »

- « Ah… »


J’avais failli balancer une pique acerbe et complètement machiste mais un regard noir avait suffi à tétaniser la CP5 qui était presque aux bords des larmes. Faut croire qu’elle avait gardé un côté humain après avoir intégré les forces du gouvernement mondial. Même leurs différents agents connaissaient la peur. Et c’est précisément ce sentiment qui la gagnait à mesure que je la regardais comme un animal blessé et acculé : Prêt à faire des folies ou des conneries pour un rien. C’était bien les femmes ça, qu’avais-je finalement pensé intérieurement. Incapable de fermer leurs clapets. J’aurais peut-être mieux fait de venir ici tout seul. Alors que Fuku me causait de je sais plus trop quoi, je finis par l’interrompre encore une fois : « Il me semble que t’as pas un diplôme de psychologue, non ? Dans ce cas, retourne d’où tu viens ! » Le blond eut une mine stupéfaite, puis il se mit à sourire. A se fendre la poire même et pas qu’un peu !

- « C’est pas bientôt fini les conneries ?! Dégage d’ici avant que je me fâche pour de bon !!! »

Le ton monta d’un cran. Je n’aimais pas qu’on se foute de ma gueule aussi ouvertement. Fuku qui le réalisa se calma tant bien que mal et se permit le luxe de tirer sur sa pipe comme si de rien était. De quoi me faire criser encore une fois au point où je commençai à serrer les poings. Presque jusqu’à sang. Mais je sentais qu’un faux pas risquait de me faire faire des bêtises. Il était quand même un vice-amiral et une bavure de mon côté en plus de mes précédentes défaites ne serait pas pour m’arranger. Qui plus est, on était également dans la piaule de mon vieux, de ma famille. Il n’était pas question de la bousiller juste parce que j’avais mal fait mon job et perdu beaucoup d’hommes en plus d’avoir été complètement humilié suite à un manque de bon sens. Fort de ces constats, je décidai de souffler tout d’un coup et de me lever sans plus rien dire. S’ils ne voulaient pas me laisser tranquille, c’est moi qui chercherais quiétude ailleurs.

- « Où tu vas Sal- »

Mon air froid et hostile interrompit Cherry qui se tut aussitôt avant de me regarder m’en aller, les larmes aux yeux.

Sauf qu’une main chaleureuse vint se poser sur l’une des épaules de la CP5. L’histoire n’allait pas s’arrêter là.


Dernière édition par Alheïri S. Fenyang le Mar 2 Mai 2017 - 20:58, édité 1 fois
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Et j’aurai du m’en douter…

- « Hahahaha ! Qu’est-ce que tu penses du quartier des sous-officiers ? J’ai eu l’idée de le rénover entièrement il y a deux ans ! »

Alors que je marchais tranquillement, Fuku m’emboitait le pas et me causait comme si de rien était. Il était suivi par Cherry qui se faisait toute petite. Intérieurement, je fulminais. Non, pas intérieurement... Je fulminais tout court. Il n’y avait qu’à voir comment mon visage était ridiculement déformé par la colère pour le comprendre. Ce fait dissuadait les passants de m’approcher et c’était pourtant pas l’envie qui leur manquait. Qui n’aimerait pas ne serait-ce qu’échanger quelques mots avec le grand Fenyang ? Les mains dans les poches et la tête rentrée dans les épaules, j’essayais de ne pas écouter l’autre idiot, mais sa voix goguenarde et ses rires à n’en plus finir me tapaient sur le système. Il allait vraiment finir par m’énerver cet idiot. Au détour d’une ruelle, je profitai d’un soru pour m’éclipser ni vu ni connu. Mais puisqu’il était également doté du haki de l’observation –Tout du moins je le pensais-, l’homme n’eut aucun mal à me retrouver rapidement et à continuer de me faire chier bien comme il faut.

- « Je prévois un agrandissement de la baie […] C’est un beau monument non ? [...] Sinon qu’est-ce que tu en penses du projet ? »

Et puis, d’un seul coup, j’avais dégainé un poignard que je gardais sur moi avant de me retourner pour générer une lame de vent conséquente qui fonça droit vers le vice-amiral. Celui-ci n’eut aucun mal à repousser mon attaque dans les airs en utilisant son meitou, sourire aux lèvres. Il s’y était attendu, conscient qu’il m’avait presque poussé à bout. Cherry, elle, ne savait plus où se mettre devant ce qui se profilait. Une grosse baston entre officiers de haut rang. D’ailleurs, elle fut complètement tétanisée en voyant mon expression. Ce n’était plus de l’irritation, mais une colère froide et un regard assassin qui en disait long sur mes états d’âmes. Nous étions en train d’atteindre le point de non-retour. Je m’étais cette fois-ci retourné vers elle eux en maniant mon arme entre mes doigts et ce avec une dextérité impressionnante. Dans la zone où nous étions, il n’y avait personne. C’était le meilleur endroit et le bon moment pour leur faire comprendre que je ne supportais plus leurs présences et qu’ils me les brisaient !

- « Fini de jouer maintenant. Si le fait que j’ai accosté ici sans daigner venir te voir t’a énervé, je te présenterai des excuses formelles plus tard. Néanmoins, vaut mieux que t’arrêtes de me faire chier. Je suis plus du tout d’humeur à supporter tes pitreries, Fuku ! »

Mon interlocuteur en rangeant sa pipe, troqua son sourire contre une mine on ne peut plus sérieuse.

- « Tu fais un vice-amiral pitoyable… »

- « Comme si c'était ton problème… Et puis t’es pas bien placé pour la ramener, Fuku. T’as choisi la tranquillité d’une base à la dangerosité du terrain depuis que tu es vice-amiral ! Viens pas te comparer à moi ! »

- « Tu parles comme si tu avais été le seul à perdre des hommes et à subir des défaites ! On est tous passés par là Salem et c'est tout le temps pareil ! »

- « Toi, ça se voit que tu n’as jamais subi d’humiliation… »

- « Tu veux parler de la nomination de Joe Biutag au poste de corsaire ? »

- « J’ai été sauvé et épargné par ces gros bâtards, en plus d’avoir perdu de nombreux hommes. C’est une accumulation de pas mal d'évènements inattendus. On dirait pas, mais je pense pas qu’à ma gueule tu vois. »


Cette fois-ci, Fuku ne broncha pas. Il y avait de l’amertume dans mes dires. Beaucoup d’amertume. De colère aussi. Un amalgame de sentiments négatifs. Je dois dire que j’étais moi-même perdu à un moment donné. En fonction des jours, certains malheurs prenaient le pas sur d’autres. Durant le temps que j’avais passé ici, il m’était parfois arrivé de penser un peu plus à mon image écornée qu’aux morts dans mes rangs, vice-versa. J’étais après un tout un vice-amiral qui avait sa fierté. Ce n’était pourtant pas faute de vouloir verser dans l’humilité vu que je n’étais ni arrogant, ni nombriliste de nature : « Tu comprends mieux non… ? Maintenant, barre-toi et laisse-moi tranquille. Je viendrai te voir quand je m’en irai de l’île. » J’avais eu un soupir avant de ranger mon arme banche. Puis je m’étais retourné dans l’optique de m’éloigner d’eux. Je pensais franchement avoir mis un point final à cette conversation, sauf que ce fut loin d’être le cas. Le commandant de l’île était du genre très insistant. Pas le genre de type à lâcher l’affaire.

- « Je comprends tout à fait ce par quoi tu passes, mais ça ne change rien au fait que je suis ton ami et collègue. En tant que tel, je souhaite t’aider du mieux que je peux. »

- « Franchement tu commences à me les br- »

- « Est-ce que tu sais au moins pourquoi cette jeune femme te quittait pour ne revenir que tard le soir ? »
Demande-t-il en pointant Cherry qui se tenait tout près, yeux baissés vers le sol.

- « Aucune idée ? Vous avez fait des cochonneries ensemble ? » Qu’avais-je demandé sourire railleur aux lèvres.

- « Heu… Non… Tout le monde n’est pas un gros porc comme toi… D’ailleurs, je me demande bien ce que les filles te trouvent alors que tu as une réputation pourrie à ce niveau-là… » Dit-il, avec la mine dépitée qui va avec.

- « TU ME CHERCHES ENFOIRÉ ?!! »

- « C’est juste qu’elle souhaitait un rendez-vous pour me parler de toi. Mais j’étais tellement occupé que je ne l’ai seulement reçu qu’hier soir. »


Voilà qui expliquait pourquoi il n’était pas venu me faire chier plus tôt…

- « Si tu étais à ma place, tu ferais pareil, Salem. »

Je me mis à serrer les dents. Là, il marquait un gros point. Mais quand bien même…

« Faisons un duel. »

- « Hein ? Un duel ? »

- « Oui, un duel d’épéiste. Si tu gagnes, je te laisse tranquille. Si je gagne, tu accepteras mon aide sans un mot. »

- « Hohé… T’es sérieux-là… ? Parce que tu penses pouvoir me battre… ? »

- « Tant d'arrogance. Ce n'est pas ton genre, pourtant. Je comprends pourquoi tu perds tes batailles ces derniers temps… »

- « Enfoiréééé… Tu l’auras voulu… »
Qu’avais-je sifflé entre mes dents, visage plus que jamais froissé, prêt à faire usage de ma petite arme.

- « Calme-toi. Le duel sera pour demain. J’enverrai un homme venir te chercher. »

- « Pourquoi pas tout de suite ?! »

- « Ne sois pas si pressé voyons. C'est juste dans quelques heures, demain. »

- « Très bien. Je vais te faire ravaler tes paroles demain ! »


Et sur cette phrase chaleureuse, j'exécutai un soru pour disparaitre très vite.


Dernière édition par Alheïri S. Fenyang le Mer 10 Mai 2017 - 18:50, édité 1 fois
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9ième jour.

- « C’est quoi ce bordel… ? »

Nous étions le lendemain. Alors que j’avais pensé que le duel se tiendrait loin des regards, sur un terrain vague où l’on pourrait se foutre sur la tronche, je me retrouvais finalement au beau milieu d’un dojo plein à craquer de gosses et d’officiers qui avaient été mis au courant qu’un combat entre vice-amiraux allaient avoir lieu. Devant moi se trouvait un Fuku tout sourire. Pour l’occasion, il avait même arboré un kimono tout en ayant gardé son manteau d’officier sur les épaules. On aurait pu penser qu’il aurait ramené son meitou, mais quedal ! Il avait juste un bokken en mains. Un putain de sabre en bois ! D’ailleurs, c’est le même genre de sabre que ses hommes m’avaient remis alors que sa bonasse de secrétaire s’était évertuée à venir me confisquer le Kokuto Yoru autour duquel pas mal d’aspirants épéistes s’étaient tout de suite agglutinés. Qui ne connaissait pas ce meitou que brandissait jadis le célèbre corsaire du nom de Mihawk ? A bien y repenser, je devais être le premier marine de l’histoire à le posséder et à l’utiliser véritablement. Enfin… Là, n’était pas le plus important. Le plus important, c’est que cet enfoiré de Fuku m’avait encore bien eu !

- « Tu veux bien m’expliquer ce qui se passe ici… ? »

- « Je me suis dit que notre duel pouvaient profiter à ces jeunes gens ici présents ! Et puis, c’est pas comme si des hommes de nos rangs pouvaient combattre véritablement sans risquer de graves blessures. La marine serait amputée de deux valeureux guerriers, hahaha ! »


Malgré son putain de rire à la con, je devais avouer qu’il marquait un gros point : Si nous nous y étions pris avec de vraies armes, nul doute que nous aurions fini complètement blessés et lessivés. Ma colère et mon égo ne m’avaient pas aidé à réfléchir dans ce sens durant la nuit où j’avais encore ruminé ma défaite et les pertes que j’avais essuyées. Des pertes sans honneur et sans aucun sens. Tsss ! Je pestai en regardant le tatami sous mes pieds et en serrant ma poigne sur le sabre en bois qui m’avait été donné. La voix de Fuku s’éleva une fois encore alors que je me perdais en réflexion : « Et puis il fallait bien que je sois doux avec un convalescent ! Le duel n’aurait pas été équitable sinon ! » A ses dires, je levai lentement mon regard vers lui. On pourrait croire qu’il était animé par la colère, mais non. Mes yeux étaient vides et ne trahissaient aucun sentiment. Pareil pour mon visage. Il était dénué d’expression notable. On aurait presque dit que je ressemblais à une poupée ou un à un mannequin. Fuku venait de dépasser les bornes. Qu’il le fasse exprès ou pas n’avait plus d’importance. Il allait tout simplement payer que m’étais-je dis.

- « Bon. Les règles sont sim- »

L’homme n’eut même pas le temps de finir sa phrase que le bout de mon bokken faillit heurter sa poitrine de plein fouet. Mais réflexe de vice-amiral oblige. Le blond avait réussi à placer sa propre arme devant lui pour bloquer mon coup qui le fit reculer sur trois bon mètres. Cette passe d’arme provoqua des exclamations puis des applaudissements nourris. La foule était déjà en délire. J’aurai pu leur dire de se taire, mais cela ne servait à rien. En fait, je n’avais plus d’yeux que pour celui que je voulais défigurer. Pour sa part, Fuku eut une petite grimace. Sa main qui tenait son arme tremblait légèrement et tout le bras qui allait avec d’ailleurs. L’impact avait été plus lourd qu’il ne l’aurait pensé. Un sourire embarrassé se dessina sur ses lèvres. Une seule attaque avait suffi au commandant du G1 pour comprendre qu’il y avait dorénavant un fossé entre son adversaire et lui. Il comprenait mieux l’arrogance de son vis-à-vis. Il se fit la réflexion que c’était typique des hommes. Le pouvoir et l’argent changeaient facilement la nature humaine. Salem était en pleine tempête. Son évolution avait été tellement rapide qu’elle le dépassait.

Le blond se devait donc d’agir.

- « Puisque c’est comme ça… »

Sans attendre une seule seconde, le blond fonça sur moi et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il était rapide. Mais plutôt que de me pâmer d’admiration devant sa vitesse, j’me mis en garde toujours avec la même tronche inexpressive. Il se mit à enchainer les coups que j’évitai toujours de justesse grâce à mon haki de l’observation. Avec un adversaire de son calibre, je n’avais pas tellement le choix. « Ah ! Tu ne m'as pas laissé le temps de le préciser, mais pas de haki pendant le duel ! » La règle qu’il me balança comme ça au visage me déstabilisa, si bien que j’en perdis ma concentration. Son bokken fouetta impitoyablement l’un de mes flancs, m’arrachant une grosse grimace. Si le sabre en bois n’était pas une arme qui pouvait faire mal à des types comme nous, la puissance qu’on y insufflait était quand même démentielle au point que ledit sabre en bois pouvait devenir redoutable. Ça, d’autant plus qu’il avait atteint une zone pas encore cicatrisée qui se rouvrit et qui se mit à saigner. De quoi m’énerver passablement et me pousser à répliquer par un revers.

Sauf que Fuku avait tout bonnement sauté pour éviter mon offensive. Avant de me flanquer un bon coup à même la gueule qui m’envoya valser vers des spectateurs.

De quoi enflammer encore une fois le public.

Ça n’allait pas être une sinécure…


Dernière édition par Alheïri S. Fenyang le Mar 6 Juin 2017 - 0:48, édité 5 fois
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- « Alors ? Tu ne veux toujours pas écouter les règles ? »

Impulsion. Pas le temps d’écouter ces conneries. Je n’avais que faire des règles et de toute façon, nous n’en avions pas besoin à notre niveau. S’il fallait le mettre au tapis de façon conventionnelle, qu’à cela ne tienne ! J’allais faire tout mon possible pour. Et puis, il y avait en jeu ma tranquillité. Si je pouvais tranquillement passer les semaines à venir dans mon coin, je n’allais pas cracher dessus. C’est fort de cette pensée que je levai mon bokken au-dessus de ma tête avant de l’abaisser violemment vers son crâne. Fuku réussit à parer mon attaque en positionnant sa propre arme horizontalement, au-dessus de sa tête. La puissance de mon coup l’enfonça légèrement dans le tatami, mais il tint bon. L’homme eut même un sourire et réussit à me repousser avant de foncer vers moi sans me laisser le temps de me réceptionner correctement. A peine avais-je foulé le sol qu’il m’assaillit d’estocades. Je n’eus aucun mal à éviter ses assailles, la pointe des bokken étant généralement ronde et large. Pas comme celle d’une vraie lame.

- « Tu te débrouilles plutôt bien, héhéhé ! »

Je fronçai mes sourcils et parai l’une de ses charges. Cela déstabilisa l’enchainement de Fuku qui voulut reculer, mais je lui enfonçai le gros bout de mon épée en plein sternum pour lui montrer ce qu’était un véritable coup d’estoc ! La force de la charge lui coupa le souffle et mon adversaire se retrouva projeté à des mètres plus loin. Il tomba à même le sol, roula sur le tatami à plusieurs reprises, avant de réussir à se stabiliser correctement pour porter rapidement un regard vers l’avant. Sauf que moi, j’étais déjà en l’air. A quelques mètres seulement de sa position. Et mon arme menaçait déjà de fracasser sa tête encore une fois. Mais c’était sans compter ses incroyables réflexes. Le commandant des lieux réussit in-extrémis à se décaler sur sa droite via un bond assez vif. Mais plutôt que de continuer mon attaque, je changeai subitement la trajectoire de mon bokken et exécutai un revers qui frôla de peu son ventre. L’homme aurait eu une coupure nette si j’avais utilisé une véritable épée. Il avait le cul bordé de nouilles, mais vraiment !

En me redressant et en lui faisant face, je m’attendais à ce qu’il l’ouvre encore une fois, mais tel ne fut pas le cas. Plutôt que de me provoquer, il adopta une posture de combat, bouche close. Son regard était maintenant déterminé, comme s’il tenait à gagner ce petit combat. Je haussai un sourcil, avant de l’imiter rapidement. Nos poses ne laissaient entrevoir aucune faille. La foule, silencieuse, nous observait attentivement. Notre combat leur en mettait plein la vue, si bien que la plupart des témoins étaient cois d’admiration devant nos différents enchainements. C’était un combat inédit, fantastique et lesdits témoins essayaient d’en profiter sans en perdre une miette ; même si plus le temps passait et plus nous suivre devenait assez difficile. Nous élevions le niveau à chaque seconde et nos mouvements étaient trop vifs pour être aperçus et décortiqués. Sans bruits et cris autour de nous, la tension était maintenant palpable. Fuku était désolé pour eux, mais l’objectif initial n’avait de toute façon pas été de leur inculquer quoique ce soit.

Pour le coup, il visait autre chose avec autant de spectateurs conviés à ce combat. Quelque chose de simple.

C’est sur cette réflexion qu’il bougea le premier. Sans hésiter, je fis de même. Nous exécutâmes nos estocades en même temps, au même moment. Les bouts de nos sabres se heurtèrent avec fracas et déclenchèrent un souffle d’air conséquent qui balaya toute la salle au point de soulever les jupes des femmes présentes et d’ébouriffer tout un tas de personnes. Puis les armes cédèrent sous notre puissance et se brisèrent en mille morceaux. Mais plutôt que de nous en tenir à ce résultat et à aller chercher d’autres sabres, nos poings suivirent. Même collision. Même résultat. Une mini-onde de choc qui provoqua une bourrasque dans le dojo plutôt gigantesque dans son genre. Certainement le plus grand de toute la base. Alors que toute l’assemblée pensait que nous étions sur un même pied d’égalité, Fuku posa un genou à terre et grimaça de douleur. Mon poing était bien plus fort que le sien. Aucun doute possible. Là-dessus, j’eus un sourire satisfait et limite railleur alors que le monde autour de nous recommençait à s’exciter.

Le dénouement était proche.


Dernière édition par Alheïri S. Fenyang le Mer 10 Mai 2017 - 20:21, édité 1 fois
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Un soru m’avait aidé à prendre de la distance, tandis que Fuku se redressait lentement. Des éléments dans la foule nous balancèrent de nouveaux sabres en bois que nous réceptionnâmes à l’aveuglette sans se quitter des yeux une seule seconde. L’humilier hein… ? Ce but-là n’était plus à l’ordre du jour. Je l’avais bien trop sous-estimé et voilà que j’avais du mal à le mettre au tapis. Péché assez récurent chez moi en ce moment. Mal m’en a pris. Bien fait pour ma gueule comme qui dirait l’autre. J’eus un mince sourire pour la première fois tout en adoptant une énième une posture d’attaque, arme brandie vers l’avant. Je voulais quand même gagner ce duel. La défaite me collait trop à la peau ces derniers temps pour que je puisse supporter de perdre une nouvelle fois, même dans une confrontation aussi banale que celle-ci. J’allais maintenant m’employer comme il faut, en finir et me retrancher dans mes quartiers…

C’est sans crier gare que je m’élançai vers Fuku. Ce dernier fit pareil et nos lames factices de heurtèrent de plein fouet avant qu’une multitude de coups ne soit échangé. Certains étaient esquivés, d’autres parés, mais quelques-uns faisaient mouche et atteignaient leurs cibles. Notre combat n’était plus du tout un duel ordinaire. L’avait-il été ne serait-ce qu’une seconde d’ailleurs ? Le blond avait lui-même fini par abandonner les règles qu’il voulait mettre en avant pour se donner à fond et m’assaillir d’attaques. Les spectateurs de cet échange singulier était redevenus silencieux. S’il était captivant et épique dans son genre, le duel était tout de même d’une rare brutalité et on sentait que les sabres pouvaient se briser une deuxième fois. Mais pour éviter d’en arriver encore là, chaque vice-amiral avait enduit son arme d’une légère couche de haki de l’armement et ce au même moment, comme si nous étions raccords…

Aaaah… Ces moments me rappelaient nos jeunes classes de la marine. Scar, Jeremiah, Fuku, Kandy… La plupart des jeunes vice-amiraux étaient issus de la même promotion.

Cette p’tite réflexion nostalgique me couta une violente frappe à la tête, plus précisément au niveau de la tempe droite. Comme s’il voulut me décapiter net, Fuku avait joué de sa technique pour me tondre le sommet du crâne histoire de bien secouer ma caboche tout entière. L’attaque eut un effet certain sur mon cerveau puisque j’avais posé un genou à terre, preuve que j’avais perdu l’équilibre pendant quelques secondes. Temps dont il profita pour enflammer mon crane sans que je n’eus le temps de répliquer. Un filet de sang se mit à s’écouler lentement sur mon front. Le boss des lieux avait fait mouche. Mais il ne remarqua que trop tard le bokken qui vrilla vers ses pieds et qui le faucha violemment au point qu’il tomba instantanément au sol sans pouvoir se rattraper à temps. Sa tête se fracassa sur le tatami, mais il se releva très rapidement et recula aussitôt avant de constater qu’il saignait lui aussi. Au niveau d’une de ses tempes.

Qui plus est, il ressentait une violente douleur au niveau de sa cheville. Une entorse, très certainement.

Mais pas de quoi arrêter un combattant de sa trempe.

Alors que je m’étais relevé lentement, lui était déjà positionné, prêt à s’élancer vers moi. Son sourire en disait long. J’eus moi-même un soupir amusé devant la gueule qu’il tirait. Il kiffait notre combat, ce gars. Je pouvais pas dire que je ne l’aimais pas, mais vu les circonstances qui avaient provoqué cette lutte, je n’arrivais pas à être aussi enthousiaste que lui. Sans prendre de pose spécifique cette fois-là, je me ruai vers lui avec un air plus que déterminé. Fuku finit par faire pareil. Le même scénario qui avait conduit à la destruction de nos premiers sabres se reproduisit encore. Estocade contre estocade. Les bouts de nos sabres se heurtèrent une nouvelle fois et provoquèrent une bourrasque plus conséquente. Les différents spectateurs dans leur immense majorité recouvrirent leurs visages et quelques-uns, notamment les plus petits, durent même lutter ou s’accrocher à quelque chose pour ne pas être littéralement balayés.

Au terme d’une bonne trentaine de secondes, le calme revint dans le dojo et tous les regards convergèrent vers le centre du dojo. Le constat était sans appel : Je pointais mon arme vers Fuku qui était au sol, et dont la main droite était vachement ensanglantée. Son bokken ? Encore une fois détruit. « J’ai gagné. » Mon air fut plus ou moins satisfait et ma voix, impérieuse. Suite à ma phrase, le blond soupira et redressa son torse en souriant légèrement. « Oui, j’avoue. Tu m’as totalement surpassé sur ce coup-là. Tu es devenu bien plus fort que moi en tout cas. » Sa déclaration provoqua une stupeur générale pendant quelques secondes seulement. Car peu après fusèrent des exclamations et cris en tous genre. Surpris par ces réactions plutôt anormales (Je venais quand même de vaincre leur commandant), je regardai tout autour de nous avant de voir les gamins courir et sauter sur moi sans hésitations. Décontenancé dans un premier temps, je voulus les repousser, mais impossible de le faire sans leur faire mal ou choquer l’assemblée.

- « TROP FOOOOOORT !!! »

- « Z’ETES MON IDOLE, MONSIEUR !!! »

- « ON VEUT APPRENDRE A COMBATTRE COMME VOUS !!! »

- « JE VEUX UN AUTOGRAPHE !!! »


Finalement, je me laissai faire. Et puis, comment résister à des bouilles aussi mignonnes que les leurs ?

Mon cœur se réchauffa d’un seul coup.

Je reprenais des couleurs.

Fuku eut un sourire en coin. Son plan fonctionnait parfaitement.
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Des heures. Il m’avait fallu des heures pour que les gamins et autres "fans" parmi les officiers daignent me laisser rentrer chez moi. J’avais dû improviser un petit cours d’escrime pour contenter et passer du temps avec ce beau monde. Bien que le tout ait été éreintant, j’avais le sourire aux lèvres. Je suscitais la plupart du temps de l’admiration partout où je passais, mais ce moment-là avait été spécial. Alors que je morfondais et que je m’apitoyais sur mon sort, des personnes croyaient toujours en moi. C’était un peu comme à Alabasta, lorsque j’étais « revenu d’entre les morts ». A croire qu’on n’était jamais mieux que chez soi. Les retours aux sources, ça bonifiait toujours. Je me sentais on ne peut plus vivant. Pas au point de reprendre directement la mer, mais ça allait bien mieux. En marchant les mains dans les poches, je contemplais également le crépuscule qui s’offrait à nous. Un magnifique ciel bleu clairsemé çà et là de lueurs roses. L’heure du diner approchait. Ce moment, je le redoutais un peu. J’allais devoir faire face à une Cherry désorientée et sans aucun doute blessée. Je ne l’avais pas vu de la journée, mais je savais pertinemment qu’elle devait être dans ma villa. Mais alors que je pensais à comment repartir sur de nouvelles bases avec elle, je tombai sur un petit groupe devant mon jardin. Des gamins qui parlaient à Fuku.

- « Qu’est-ce qui se passe ici ? »

- « Salem ! Je t’attend- »

- « Tu as du culot pour me dire ça alors que tu m’as abandonné tout à l’heure ! »

- « Ah ? Mais tu semblais tellement bien t’amuser avec ces enfants que je n’ai pas voulu te déranger ! »


J’eus une tronche de constipé à mesure que j’avançais vers lui. Son air enjoué et sa voix taquine m’irritaient toujours autant. C’est à croire qu’il avait planifié ce qui s’était passé après notre combat. Ça lui ressemblait bien de toute façon. Foutu dandy de mes deux ! Tu parles d’un qualificatif ! C’était plutôt un chieur… Oui, un chieur ! Il m’avait donné un coup de pouce à sa manière en me secouant durant le combat et en me laissant entre les griffes de ces chaleureux enfants, mais je n’en démordais pas : Fuku était un enfoiré ! A sa façon ! Ma mine fut grincheuse lorsque je lui fis face, mais pas pour bien longtemps puisque j’avais prolongé mon regard vers les jeunes qui étaient avec lui. Quelques garçons et une seule fille. Ils devaient avoir entre quinze et vingt ans à tout casser. Je levai alors un sourcil, l’air interrogateur. Qu’est-ce qu’ils faisaient devant ma maison ? Mes yeux revirent vers Fuku qui avait un sourire bien plus mesuré que d’habitude. Il n’était pas taquin, mais doux, si bien que je me demandai intérieurement ce qu’il avait. Je reportai mon attention sur les autres et m’attardai sur chacun d’entre eux. Si les garçons ne me dirent absolument rien, j’eus un temps d’arrêt en contemplant avec grande attention les traits de la seule fille. Puis j’écarquillai mes yeux de surprise. Ma bouche s’entrouvrirent aucun son ne sortit de ma bouche. Aucun.

- « Ces brillants marines tenaient absolument à te parler en privé. D’où notre présence ici. Ça ne sera pas long, ne t’inquiète pas. »

Je fermai ma bouche et j’accordai un regard à Fuku, l’air troublé. Celui-ci s’écarta pour que s’avance vers moi le petit groupe. A moins de deux mètres de ma position, ils effectuèrent un salut militaire. Perdu et abasourdi, j’eus un temps de latence, avant de soupirer lourdement tout en passant une main lasse dans ma chevelure. Cette gamine… Aucun doute possible. Elle ressemblait comme deux gouttes deux à son père. Père qui avait été sous mes ordres pendant des années avant de mourir sur le champ de bataille de Karantane. Les garçons qui la suivaient devaient être certainement dans le même cas que la jeune fille. Qui aurait cru que j’essuierais une telle confrontation ? Je leur fis signe de relâcher leur position, ce qu’ils firent aussitôt avant que je ne prenne parole : « Oubliez mon rang et dites-moi ce que vous avez sur le cœur. Si vous voulez me frappez, vous êtes également libres de le faire. » La mort de tous ces braves soldats était dû à mon incompétence. C’est comme ça que je voyais les choses et c’était l’une des raisons de ma grosse déprime. Les jeunes furent surpris par mes mots. Ils échangèrent un regard dubitatif, puis la jeune fille se détacha légèrement de mon groupe pour être carrément face à moi. De plus près, je pouvais voir à quel point elle ressemblait à son père. Ce dernier devait être très fier d’elle et il y avait de quoi vu sa beauté.

- « Vous vous méprenez, monsieur. Personne ici ne vous en veut. Il n’est pas question de vengeance. »

Mon étonnement fut grand en voyant le petit sourire de la jeune fille. Et c’était pareil chez les garçons derrière elle. Aucun d’entre eux ne ressentait de colère et cela était visible à leur visage. Empathique jusqu’aux bouts des ongles, je ressentais leur tristesse intense mais il n’y avait aucune colère, aucune rancœur et ce fait me troubla quelque peu. Mais à bien y repenser, rares furent les familles qui m’avaient détesté pour la mort des soldats sous mes ordres. J’avais participé à moult funérailles de marins, mais aucun foyer ou presque ne m’avait apostrophé pour me balancer à la figure que c’était de ma faute. C’est à cet instant précis que je me fis la réflexion qu’aucune famille n’était dupe : Le métier de marine était dangereux et les risques de mourir lors de l’exercice de ses fonctions étaient particulièrement élevés surtout dans cette ère de piraterie. Si rien ne pouvait remplacer la présence d’un être cher, les éprouvés posaient généralement la question suivante pour se rassurer : « Est-ce que nos parents se sont vaillamment battus ? » La gamine faisait un peu office de porte-parole. Sans doute à cause de ses galons qui montraient qu’elle avait le grade de vice-lieutenant. Si l’usage voulait qu’on vante les mérites des soldats tombés au front après une telle interrogation, il n’était pas du tout nécessaire pour moi de mentir parce que…

- « Oui. Ils se sont bien battus et ils ont été vaillants plus que n’importe qui d’autre jusqu'à leur dernier souffle. »

Parce que c’était tout simplement la vérité. Aucun soldat ne s’était débiné. On avait tous combattus avec nos tripes et notre hargne malgré la situation complètement défavorable. Il n’était bien entendu pas nécessaire de raconter les circonstances de la bataille, mais j’en parlai brièvement avec ces jeunes gens. Déjà parce qu’ils n’avaient aucune rancœur, ensuite parce qu’ils étaient des militaires tout comme moi et qu’ils étaient plutôt compréhensifs. A la fin de mon récit, la jeune fille eut les larmes aux yeux. Je l’avais récupéré pour la serrer contre moi. Deux ou trois garçons s’étaient également mis à chialer et je fis de même pour les réconforter. Puis je leur présentai mes excuses. L’un d’eux me fit comprendre que je n’avais rien à me reprocher parce que j’avais été celui qui avait sorti sa famille de la misère en proposant la carrière de marine à son père. Les histoires divergeaient d’une personne à une autre, mais j’étais vu par ces futurs officiers comme un bienfaiteur. Un titre que j’avais dû mal à saisir et à assumer. Après une trentaine de minutes d’échange, ils décidèrent de rentrer chez eux, me remercièrent et me laissèrent seul avec Fuku. La nuit recouvrait maintenant la base. Nuit noire. Pas de lune à l’horizon. La brise était d’ailleurs fraiche et le vent se levait plus que d’habitude. Il allait sans doute pleuvoir. Grand Line et ses aléas climatiques…

- « Je fais vraiment un vice-amiral pitoyable… »

- « Ça c’est sûr. Je te l'ai déjà dit en plus ! »

- « Penser que ces jeunes le prendraient comme ça… »

- « Tu vas te mettre à pleurnicher toi aussi ? »
Me demanda Fuku avec le ton moqueur, comme d'habitude.

- « Merci Fuku. Du fond du cœur… »

Fuku fut stupéfait. Sa bouche ouverte le montrait bien. Mais il finit par sourire et répondit avant de disparaitre dans la pénombre.

- « De rien, Salem. Nous sommes amis après tout. »
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9ième et 10ième jours.

Peu après être rentrée dans la villa, une averse s’abattit sur Marineford. J’eus un sourire un peu mauvais, rien qu’en pensant que Fuku allait être bien trempé, bien qu’il devait avoir une résidence privée dans les environs puisque le quartier était réservé aux officiers de haut rang. Je haussai finalement les épaules avant de m’avancer jusqu’au grand salon où il n’y avait personne. Je fis également un tour à la bibliothèque mais pareil. C’est dès lors que je fis usage du mantra pour la localiser : La chambre. Evidemment. Peut-être qu’elle dormait déjà. Je fis un tour en cuisine pour tomber sur une pizza à peine entamée. Elle n’avait pas eu la force de cuisiner, ni de manger d’ailleurs et c’était compréhensible vu comme j’avais été odieux avec elle hier. Plutôt que de finir ladite pizza, j’optai pour un jus de fruit frais avant de me décider à monter en chambre. Je rentrai sans prendre la peine de toquer à la porte. Il n’y avait aucune honte à avoir et je savais pertinemment ce que j’allais dire. La jeune femme se redressa rapidement lorsqu’elle m’entendit entrer. Ses yeux étaient rouges. Elle avait dû chialer toute la journée. D’ailleurs, elle avait un regard de chien battu. Son bras droit recouvrant son torse me montrait qu’elle était un poil craintive. C’était bien la première fois que je la voyais dans un état aussi lamentable. Tout était de ma faute.

- « Je suis désolé Cherry. Vraiment. »

J’avais un visage triste en refermant la porte derrière moi. Je n’aurai jamais pensé que cette grande gueule puisse un jour être aussi apeurée à mes côtés. Je la connaissais bien pour savoir qu’elle ne jouait pas du tout la comédie. Pas avec moi. Et puis, il était difficile de me mentir alors que j’étais armé du haki de l’observation. La Cipher Pol renifla un peu bruyamment, se cala contre la tête de lit et ramena ses genoux contre son torse de sorte à se recroqueviller sur elle-même. Puisqu’elle se murait dans le silence, je n’eus d’autres choix que de venir vers elle. Une fois assis sur le lit, je passai une main sur sa joue que je caressai tendrement. Tendue au tout début, elle finit par se laisser faire et embrassa même ma main. J’eus un sourire qui la rassura encore un peu avant qu’elle ne se jette dans mes bras et qu’elle ne recommence à pleurnicher. CP ou pas, elle restait une femme avec beaucoup d’humanité. Je me demandais parfois si elle avait fait le bon choix d’ailleurs. Enfin… Tant qu’elle ne virait pas au CP9, il y avait moyen qu’elle reste la même. Je finis par la couvrir de baisers, avant de lui faire des papouilles et des chatouilles pour la mettre à l’aise et pour qu’elle se sente un peu mieux. La jeune femme eut un sourire au bout d’un moment, puis recommença à me remplir les oreilles comme à son habitude avant de piquer du nez au bout d’une heure.

J’aurai pu faussement m’offusquer, mais notre conversation n’était pas si importante que cela et elle en avait bien besoin. Du coup, je la laisser dormir profondément pendant que j’allai prendre une douche bien méritée. Tout seul et sans aucun problèmes ou regrets pour la première fois, je me mis à réfléchir sérieusement. Si l’Etat-Major ne m’avait pas viré, c’est que j’en valais la peine. Si personne ne m’en voulait pour cette défaite, c’est que j’avais réalisé pas mal de prouesses remarquables. Si j’étais encore en vie, c’est que les cieux avaient un plan pour moi. Ces réflexions me portèrent immédiatement vers l’avenir. Maintenant que je me relevais de ma chute, qu’est-ce qu’il me restait à faire ? Que fallait-il réaliser pour redorer complètement mon blason et honorer la mémoire de mes hommes tombés sur le front ? Question existentielle. Elle m’occupa longuement sans que j’y puisse y répondre correctement. Même que je ne pus pas fermer l’œil longtemps. Une heure. Ou peut-être deux. Pour me remettre à cogiter sérieusement. Ce n’est qu’au petit matin que j’eus une réponse et le sourire qui allait avec. Elle était évidente quand j’y repensais. La marche semblait un peu plus haute, mais qui ne risque rien n’a rien. Cherry se réveilla aux environs de sept heures et fut surprise de me voir à la fenêtre, petit sourire aux lèvres.

- « Tu m’as l’air de bonne humeur ce matin. »

- « On peut dire ça comme ça… »

- « Hm ? Il s’est passé quelque chose ? »

- « Qui sait, héhé ! Allez, dépêche-toi de te lever. J’ai besoin de toi pour un travail. »


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10ième jour. Quelques temps après le réveil.

- « QUOOOOOIIIIIIIIIIIIII ???!!! »

- « Hohé, parle un peu moins fort… »


Le cri de Cherry, en plus d’avoir déchiré ciel et terre, avait attiré pas mal de regards sur nos gueules alors que nous progressions vers le gigantesque édifice qui surplombait toute l’île. La Cipher Pol s’était immédiatement faite toute petite, le visage tout rouge si bien que j’eus immédiatement un rire. Rien à dire : La blonde était définitivement mignonne dans ces moments-là. Mais pour autant, elle ne lâcha pas l’affaire et tirait l’une des manches de ma chemise blanche, telle une gosse. Son regard était incrédule. Mon objectif actuel, elle y avait pensé, mais elle n’aurait jamais cru que j’aurai dans l’idée de le concrétiser dès maintenant. Si ce n’était pas du tout mission impossible, les chances pour que je réussisse étaient infimes, qu’elle pensait. Et à raison. Je voulais tout simplement…

- « Tuer un empereur ?! Tu te rends compte de ce que tu dis ?! »

Son chuchotement me fit rire. Son air craintif aussi. Oui, on parlait de quelque chose de gros, d’énorme. Les empereurs étaient censés être les plus forts des pirates et les égaux des amiraux. La marche semblait un peu trop haute pour un vice-amiral. Sauf que je sentais qu’il n’y avait pas meilleur moment pour aller la défier et en finir avec elle. A mon sens, c’était plus qu’une simple histoire de vengeance ou d’égo. Se limiter à de tels visions ou sentiments seraient une grossière erreur. Foncer dans le tas aussi. Raison pour laquelle je me rendais au sein même du QG de Marineford. La bibliothèque de cette forteresse était immense et assez réputée dans toute la marine pour ses sources et différentes informations. On était bien loin des sources de Marijoa, mais l’île se posait quand même.

- « Oui oui. Et c’est bien pour ça que je vais glaner le maximum d’informations sur elle et ses différents partisans. Tu vas m’aider pour ça, non ? »

- « TU ABUSES ! »


J’eus un rire. Effectivement, j’étais toujours dans l’abus. Mais cette fois-ci, j’étais déterminé à la cibler et à l’abattre. Je jouais ma peau dans toute cette histoire, mais je m’étais débarrassé de toute peur. Par mon biais, la marine frapperait un gros coup si j’arrivais à buter un autre empereur, déjà qu’ils n’étaient plus que trois depuis un petit moment maintenant. Conquérir et diriger une partie du nouveau monde ne serait plus une utopie mais un rêve à portée de main. Ceci étant dit, penser que le tout serait une sinécure reviendrait à se fourvoyer. Même si je n’avais pas perdu la confiance du GM, il m’allait être impossible de soumettre cette requête pour avoir la logistique requise. D’où l’intérêt d’exploiter toutes pistes possibles, frapper là où ça fait mal et créer « l’occasion » pour en la tuer.

D’où l’intérêt de me documenter sur elle.

Une fois au sein de la forteresse, je demandai mon chemin à un banal officier qui m’indiqua la position de la grande bibliothèque. L’emplacement n’avait pas changé depuis que j’avais définitivement quitté l’île pour faire mes armes un peu partout sur les blues. Nostalgie. Il m’arrivait quand j’étais gosse de jouer à des parties de cache-cache dans cette immense forteresse qui fait la fierté des marines locaux. Être le fils d’un vice-amiral, ça avait ses avantages, même si on n’hésitait pas à me remonter les bretelles quand il m’arrivait de dépasser les bornes. Des souvenirs qui m’amusèrent avant que nous n’arrivâmes à destination. Le scepticisme de Cherry se sentait de très loin, mais peu m’importait. Ce n’était pas un trop plein de confiance, mais la sensation grisante que je pouvais faire bouger les choses qui m’animait.

Une fois dedans, la blonde poussa une exclamation de surprise, avant de plaquer ses mains sur sa bouche pour ne pas faire plus de bruits. La cause ? L’immensité de la salle. En plus d’être grande, elle était pleine d’étagères bourrés de livres jusqu’à perte de vue. Un vrai trésor. A part la peinture et une bonne partie de la décoration devenue plus contemporaine, rien n’avait changé. Je me perdis dans la contemplation des lieux pendant une bonne poignée de secondes, avant qu’une jeune femme toute mignonne ne s’approche discrètement de nous. Brune, coupe au carré, yeux de biches… Elle avait tout pour plaire malgré le fait que ses formes n’étaient pas opulentes comme celles de la gouvernementale qui me suivait. Elle eut un sourire lorsqu’elle me fit face. La bibliothécaire sans doute. Plutôt canon, hé. L’absence d’uniforme et "d’aura" particulière me fit penser qu’il devait s’agir d’une civile. Probablement.

- « Je suis Valentina la bibliothécaire, pour vous servir, Monsieur Fenyang. »

La draguer ? J’étais presque partant. Mais Cherry, comme si elle avait deviné mes intentions, racla sa gorge de façon à me faire comprendre que je n’avais pas à faire le con devant elle. J’eus alors un sourire gêné pendant quelques secondes, avant de reprendre contenance : « Je veux tous les documents Kiyori, l’une des empereurs actuels. Peu m’importe le support tant que c’est en rapport avec elle. » La jeune femme ouvrit sa bouche, surprise. La demande était peu commune. Elle resta muette un moment avant d’acquiescer puis elle nous indiqua non loin de là des sièges et des tables où nous pourrions prendre place. Elle disparut ensuite entre les nombreux rayonnages pendant que nous allâmes nous installer. La blonde adopta sa mine boudeuse pendant un long moment, non sans marmonner.

Mais ces murmures et grognes de mécontentement furent finalement interrompus par l’arrivée de la jolie petite brune chargée d’un gros carton plein de bouquins…

- « Voilà tout ce que j’ai pu rassembler. Il n’y a pas grand-chose, mais je vais m’évertuer à chercher encore. »

Pas grand-chose ? J’eus un sourire jaune. Dans le carton, il devait y avoir pas moins d’une centaine de livres, journaux et rapports en tout genre…

Connaitre son ennemi hein… C’est pas gagné…


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10ième Jour. Quelques heures plus tard.

- « Y’a rien d’exploitable, bordel ! »

- « Tu m’étonnes ! On parle d’un empereur ! Et puis je sais même pas ce que tu cherches précisément ! »


Je haussai les épaules aux dires de Cherry avant de jeter un regard circulaire à la salle. Aussi fou que cela puisse paraitre, le sol autour de nous était recouvert de livres et de paperasses en tout genre. La table n’avait pas suffi à contenir toutes nos recherches d’où notre migration un peu plus bas. Nous étions sur l’affaire depuis des heures maintenant. La bibliothécaire amusée par la manière dont nous effectuons nos recherches nous aidait en ramenant du café et de p’tits trucs à grignoter. Pour que nous soyons tranquilles, elle avait même interdit l’accès à la biblio à une grande majorité de personnes. Seuls les hauts-officiers pouvaient rentrer sans permissions, mais personne ne s’était pointé depuis. Mes pensées virèrent un temps vers Fuku, mais je finis par le chasser de mon esprit pour vider mon énième tasse de café avant de me replonger dans mes différentes lectures. Et rien de bien intéressant n’en ressortait. Une hypothèse sur son année de naissance, ses différentes « campagnes », ses premières primes, des rumeurs sur sa force… Et pas mal de petits détails en tous genres sur ses nombreux alliés. Ses alliés hein… ?

- « Ce que je cherche précisément… Peut-être que tu as raison… »

C’est la mine réfléchie que j’avais commencé à murmurer tout bas. Cherry avait dû tendre l’oreille pour bien m’entendre parler. Elle suspendit ses propres recherches et m’observa cogiter. J’avais trop axé mes fouilles sur le personnage de Kiyori si bien que j’avais négligé le reste : Ses îles, son entourage, ses lieutenantes, sa famille même… L’essentiel pour moi quoi. En passant une main dans ma chevelure, j’eus un soupir. Si je voulais des infos solides sur elle, j’allais devoir contacter les hautes strates du CP. Une personne me vint à l’esprit mais je préférai l’oublier sur le champ. Mieux. J’aspirais même à ne plus la revoir. Je pouvais éventuellement demander à Cherry d’activer ses contacts pour ça, mais je préférai garder cette carte à abattre pour la fin. Il ne me restait plus qu’à continuer à lire jusqu’à épuisement, mais en prenant en compte de nouveaux paramètres : « On va changer de stratégie. Mets de côté tous les documents qui mentionnent son entourage, ses acquis et leurs dernières activités. » La provoquer par un moyen détourné. Attirer son attention en fracassant ce qui lui était cher. Tel était l’objectif initial. Le meilleur d’ailleurs.

La foutre en rogne serait certainement le meilleur moyen de l’obliger à bouger et à s’employer.

- « Monsieur ? Je viens de retrouver un récent rapport qui pourrait vous intéresser. »

Valentina s’était pointée avec une chemise en papier rouge qu’elle me tendit avec un sourire tendre. Sans le lui rendre parce que j’étais vraiment à fond dans ce que je faisais, j’ouvris le porte-document avant de me mettre à dévorer le contenu. Le rapport faisait état d’une violente confrontation à Manshon entre marines et mafieux. Et un nom attira mon attention : « Le Gila ? » A l’ouïe de ce pseudo qu’elle ne connaissait que trop bien, Cherry déglutit. Sa réaction ne m’échappa pas. Je levai alors un regard interrogateur vers elle, tandis qu’elle cherchait à fuir le contact visuel. Sans chercher à la cuisiner tout de suite, je me remis tranquillement à ma lecture, comme si de rien était, avant de tomber sur le nom du… « Sous amiral Jared… » Là encore, Cherry fut on ne peut plus crispée. Jared, elle le connaissait aussi. Un CP qui passe marine et qui devient sous-amiral, faut dire que ça passe pas vraiment inaperçu. Son choix de carrière était tout bonnement l’inverse puisqu’elle fut une marine sous mes ordres avant de devenir une CP5. Face à ses réactions, j’eus un sourire jusqu’à ce qu’il s’efface lorsque je vis la mention "Shoti Shota".  

- « Valentina ? J’aurai besoin que vous me rendiez un service… »

- « Je vous écoute. »

- « Appelez le QG de North Blue et demandez le numéro personnel du sous-amiral Jared. N’oubliez pas de mentionner mon nom si jamais vous rencontrez des difficultés à l’avoir. »

- « Bien compris monsieur, Je m’y attèle tout de suite. »


Alors que la jolie bibliothécaire s’éloignait de nous, je posai enfin mes yeux sur Cherry. Celle-ci eut un sourire un peu gênée et se mit à parler sans y avoir vraiment été obligée. Le Gila. En plus d’être un gros calibre de la pègre des blues, il était également considéré comme l’oncle de Kiyori. Celui-là même qui l’avait élevé. Captivé par ce que la blonde me racontait, je restai suspendu à ses lèvres jusqu’à la fin de toutes ses révélations. Un gros sourire barra alors mon visage de façon singulière et effrayante. Il ne m’avait pas fallu de beaucoup de temps pour penser à cibler ce fameux mafieux et à le dégommer fissa. C’était certainement dans mes cordes. D’ailleurs, la gérante des lieux revint avec le numéro que j’avais demandé et avec un gros escargophone. Le beau réflexe. C’est sans attendre que j’appelai l’ex CP pour avoir de plus amples informations. La discussion fut d’ailleurs brève. Il était l’un des rares officiers de haut rang que je ne connaissais pas de près ou de loin ce pourquoi après avoir échangés des civilités, nous débouchâmes rapidement sur l’essentiel : La position actuelle du parrain de Kiyori. Sauf que malheureusement…

- « Je l’ignore, Fenyang. Le Gila s’est évaporé dans la nature après notre opération. »

J’ai failli lui raccrocher au nez ! Mais je m’étais retenu à la dernière seconde avant de remercier le sous-amiral et mettre fin à notre conversation. J’aurai été culotté de m’énerver devant son échec alors que j’avais moi-même failli à mes devoirs depuis le début de l’année. Kanokuni, Karantane… Que de revers lamentables. En m’adossant finalement au mur derrière moi et en foutant un dossier sur mon visage, j’eus un petit rire nerveux qui mit automatiquement mal à l’aise les deux femmes à mes côtés. Piste inexploitable. Ça avait été trop beau pour être vrai, il faut croire. Mes nerfs lâchaient doucement. Définitivement, tout ce qui avait un lien avec cette soi-disant déesse-enfant me mettait dans tous mes états. Des deux femmes, Cherry était la plus inquiète. Elle craignait une rechute. Alors, elle inspira un grand coup et prit son courage à deux mains pour parler : « Je vais t’avouer quelque chose Salem. Ça prendra beaucoup de temps, alors accroche-toi bien. » Son ton grave me força à retirer la paperasse de mon visage. Devant son air sérieux, j’étais plus qu’étonné. Valentina également. Elle en oublia même de nous laisser seuls...


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10ième jour. Une heure plus tard.

- « Voilà toute l’histoire… »

J’étais sans voix. La bibliothécaire aussi. Le récit de la Cipher Pol avait duré je ne sais combien de temps, mais elle nous avait livré tous les détails de l’une de ses missions qui s’était déroulée sur une île sous la coupe de Kiyori : Une île sur le nouveau monde nommé Tetsu. Ce coin du nouveau monde était un fief de la déesse-enfant qui y avait une armée redoutable et pas mal de partisans dans le coin. On pourrait même dire que l’autarcie était un credo là-bas. ‘Fin… Il y avait eu tellement d’informations que je n’avais pas pu tout retenir. Toujours est-il que c’était un endroit fort intéressant et qu’elle venait de me donner une piste non négligeable. Si nous étions passés par là depuis le début…

- « Tu as du faire un rapport après ta mission, non ? »

- « Évidemment ! »

- « Tu peux me le réécrire vite fait ? »


La jeune femme eut un long soupir de résignation, puis elle fit signe à contrecœur à la bibliothécaire de lui envoyer de quoi écrire. Cette dernière ne se fit pas prier puisqu’elle s’en alla et revint rapidement avec des feuilles et un stylo pour la Cipher Pol qui se mit automatiquement au travail. Plutôt que de sourire devant ses efforts, j’étais plutôt abasourdi, un peu choqué qu’elle se soit déjà frottée à l’un des groupes de l’empereur. Je comprenais mieux pourquoi elle avait peur à l’idée que j’aille la défier. Parce que quand on parle d’une armée de plus de 20000 têtes, il y a de quoi flipper… Mais pourtant, j’étais très loin de pisser sur moi. Si je tremblais, c’était d’excitation tout bonnement…

Ce que je cherchais était peut-être à portée de main…



***



Des jours se sont écoulés après ces différentes révélations. Cinq jours. Peut-être même une semaine. J’avais consacré mes longues matinées aux nombreux gamins de l’île en leur apprenant des techniques de combats, principalement d’escrime. Les après-midis me servaient à continuer mes différentes lectures et recherches sur ma cible. Malheureusement, je n’avais rien trouvé d’autre. J’ai donc dû me contenter du rapport de ma CP adorée que j’avais lu et relu. Au bout d’un certain moment, il m’avait inspiré quelque chose. Une idée assez folle surtout pour un marine. Elle correspondait plus au boulot des gouvernementaux, mais au point où j’en étais, très franchement…

- « TU VAS T’INFILTRER A TETSU ? MAIS TU ES FOU SALEM ! TU ES MALADE ! »

Lorsque je lui avais annoncé mes intentions, Cherry avait littéralement pété un câble. Sa réaction fut prévisible. J’eus un rire lorsqu’elle s’arracha les cheveux en voulant m’en dissuader, mais ma décision était prise. J’allais y aller seul. L’idée était d’y foutre le bordel, mais surtout, de prendre la tête de Léona, l’une des nombreuses lieutenantes de Kiyori et sa représentante officielle sur l’île de Tetsu. C’était un pari risqué vu que l’endroit était à sa botte, mais j’étais presque certain de pouvoir réussir le coup avec un peu de chance et un peu de doigté. Je n’étais pas un pro de l’infiltration, mais la capacité du retour à la vie allait certainement me permettre de pouvoir faire des choses.

Et si mon plan venait à marcher, nul doute que Kiyori bougerait pour laver l’affront.

C’était inévitable.

Devant ma détermination, Cherry abandonna l’affaire. Elle était pratiquement dévastée. Si son chagrin me touchait, il me frustrait également : J’avais tout l’impression d’être un gros naze à ses yeux. Néanmoins, je ne me laissai point aller. Mieux même ! J’échafaudais déjà des plans pour la mission que je m’étais auto-confié. Qui plus est, ma convalescence touchait à sa fin. Il ne restait plus que des cicatrices de ma dernière bataille assez sanglante. C’est fort de ce constat que j’avais même repris sérieusement l’entrainement. Je fus parfois accompagné de Fuku qui m’avait aidé à me remettre en jambes pendant une semaine supplémentaire. Et ce n’est qu’après un mois que le départ pour moi se dessina enfin.

Il était temps de faire bouger les choses et de changer l’histoire.

Kiyori n’a qu’à bien se tenir !


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31ième et dernier jour.

- « Partir comme un voleur comme ça… C’est les gosses qui vont être déçus… »

Fuku soupira. Malgré la pénombre, ses yeux arrivaient à distinguer clairement les formes du gigantesque navire de guerre qui mouillait dans la baie de Marineford. L’un des bateaux de la grande flotte du vice-amiral Fenyang Jr avait accosté il y a peu. J’avais fini par rappeler ceux qui étaient restés sur la première partie de Grand Line car ma décision était toute faite : J’allais aller à Tetsu, assassiner la chère lieutenante de Kiyori et lui déclarer ouvertement la guerre. Dans ma tête, le plan était déjà tout dessiné. Cherry avait insisté pour le connaitre, mais je ne lui avais rien dévoilé. Secret défense. Elle m’avait boudé pendant une journée, avant de finir par céder face à mon sourire mignon, mais elle avait dû reprendre la mer avant moi parce qu’elle avait assez glandé à mes côtés. Boulot oblige. Je pense bien qu’elle n’aurait pas eu cette largesse si je n’avais pas été aussi haut gradé. Et puis quelque part, le Gouvernement Mondial gardait un œil sur moi comme ça. Je ne le savais que trop bien…

- « Valentina m’a tout raconté pour tes recherches. »

- « Aaaah, les femmes… »

- « Ne lui en veux pas. C’est moi qui lui ai posé des questions après avoir eu écho de tes allers et venues à la bibliothèque. Du coup, tu vas prendre sa tête ? »


- « Pas directement. Mais je suis en bonne voie pour ça. Il le faut. »

Fuku eut un petit rire et s’alluma une clope. Je fis de même. Devant nous, mes gars aidés de torches artisanales, finissaient de charger les dernières caisses de l’énorme provision qui nous allait nous permettre de tenir jusqu’à la garnison du G-5. C’est de cet endroit que j’allais me rendre tout seul à Tetsu. Certainement la mission de ma vie, quand j’y pense ! Le vice-amiral de Marineford posa une main sur mon épaule la plus proche qu’il tapota.. Je sentais d’ailleurs qu’il me soutenait même s’il devait également avoir des appréhensions et des réserves comme ça avait été le cas pour Cherry. J’avais beau être déterminé, qu’on parlait quand même d’un empereur, ce qui n’était pas un rien. Lorsque le chargement des vivres fut terminé et que l’ancre fut remontée, je me dirigeai vers mon navire en levant ma main en guise d’au revoir. Pas la peine de rajouter quoique ce soit. Mais alors que j’allais enchainer des geppou pour atterrir directement sur le pont, Fuku m’adressa la parole une dernière fois :

- « Si tu réussis, je te promets un bon festin à ton retour ! »

J’eus un large sourire de pourri gâté avant de disparaitre de son champ de vision.

Cette promesse, je ne l’oublierai pas !
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