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William Burgh - Les sujets

Le ressac fut le premier son que William put entendre en se réveillant. Il essaya de se relever avant de sentir tout les os de son corps le tirailler, lui tirant un cri de douleur. Il se laissa rouler sur le côté et chuta brusquement dans l'eau. Il écarquilla brusquement les yeux avant de les refermer sous la brûlure de l'iode. Il battit faiblement des pieds et creva la surface de la mer avec effort, avant de s'accrocher au morceau d'épave sur lequel il s'était retrouvé inconscient. Essoufflé, hoquetant pour expulser l'eau de ses poumons, il jeta un regard autour de lui alors que sa mémoire lui revenait doucement. Il s'accrochait a la proue du navire qui reposait sur les bas-fonds bordant la plage d'une île qui couvrait l'horizon. Des débris flottaient ça et là, se mêlant aux corps des malheureux qui s'étaient noyés. Une cinquantaine de mètres séparaient le jeune de sa destination, mais il se savait incapable de les parcourir dans son état. Partout où se posaient ses yeux, mort et désolation constituaient le paysage. Il les tourna vers la plage, à la recherche de survivants qui auraient rejoint le rivage. Personne ne l'attendait là pour lui donner raison. Il continuait de battre des pieds pour maintenir sa tête hors de l'eau tandis que ses bras fatiguaient pour le suspendre à la poutre à laquelle il s'était raccroché. Il se laissa doucement flotter sur le dos et lança doucement ses bras en arrière, essayant de se laisser porter par les vagues vers l'étendue de sable. Il ferma les yeux, les protégeant du soleil qui traînait au dessus de lui, à son zénith. Très vite, les images vinrent lui rappeler les événements qui l'avaient conduit ici.

- Saloperies de pirates...

Ils avaient intercepté le navire marchand alors que celui-ci revenait tout juste du bagne de Tequila Wolf. Ils étaient sortis de l'épais brouillard sans que l'équipage civil n'ait eut le temps d'anticiper la rencontre. Les canons avaient grondés et en l'espace de quelques minutes, le frêle bâtiment de commerce s'était trouvé dans une situation extrêmement risquée. C'était là qu'ils avaient percutés les récifs, alors même que les forbans s'étaient lancé à leurs trousses pour l'abordage. Un craquement assourdissant s'était fait entendre et la coque s'était séparée en deux. Cramponné au bastingage, William n'avait pas vu venir la poutre qui l'avait assommé. Après ça, le vide total. C'est à ce moment-là que sa tête vint frotter le sable immergé, lui signalant qu'il pouvait se lever et marcher pour rejoindre la terre, qui ne se trouvait plus qu'à quinze mètres. Il se redressa douloureusement et s'étira de tout son long avant d'ouvrir les yeux à nouveau. Il n'eut pas le temps de dévisager les cinq individus qui lui faisaient face qu'une crosse de fusil vint lui écraser la face. Quelques longues minutes passèrent ainsi avant qu'il n'émerge à nouveau, maladroitement ligoté et entouré par les pirates en pleine discussion.

- Qu'est-ce qu'on va foutre de c'mariole? Il nous sert à rien chef, l'va pas nous aider à reprendre la mer!
- La ferme Legsby, on va avoir besoin de tout les bras disponible!
- Mais capitaine, il était trop con pour regarder devant lui en se relevant, il va pas nous construire un navire flambant neuf le type...
- Legsby.
Celui qui ressortait de l'échange comme étant le capitaine avait porté la main à son pistolet pour appuyer ses propos, clouant le museau de son subalterne. William avait suffisamment repris ses esprits pour détailler la bande qui se trouvait juste devant lui. Le chef était vêtu d'une vieille veste d'officier de la Marine, délavée par le temps. Il se tenait de trois quart, laissant apparaître une tignasse noire qui se dégarnissait et un visage aux traits sévères. Le fameux Legsby, un petit homme au corps noueux se tenait directement face et baissait à présent la tête. Les trois autres compères ne semblaient pas présenter, à ce moment-là du moins, d'intérêt quelconque. Le vieux pirate, jetant un coup d'oeil vers son prisonnier, remarqua qu'il était réveillé et posa un genou au sol devant lui, le sondant de ses yeux noirs et indéchiffrables. Il ne tarda pas à prendre la parole, faisant frisonner le jeune homme de sa voix grave.

- On dirait que monsieur a fini de dormir! Tu as peut-être une idée d'où on se trouve?
- Non... Mais qu'est-ce...
- Tss tss! C'est moi qui pose les questions ici. Le truc c'est qu'on a pas la moindre idée d'où on peut se trouver non plus. Et que c'est la faute de ton navire si on s'est retrouvé dans cette situation. Et comme tu es le seul qui ait survécu, tu es le seul responsable.

Sur ces mots, le flibustier tira doucement une dague qui pendait à une bandoulière accrochée autour de son torse. Il la rapprocha de la gorge de l'artificier qui commençait à paniquer sérieusement. Il ne comprenait pas pourquoi il s'était rapproché de la plage sans prendre en compte le fait que des pirates pouvaient avoir survécu au naufrage de leur côté. D'ailleurs le nombre de cadavres qui flottaient sur la mer ou s'étaient retrouvés ballottés sur les plages était bien supérieur à celui de l'équipage du bâtiment marchand. Il se blâma intérieurement avant de lucidement constater que l'heure n'était pas à ça. Il devait composer avec les pirates pour sa survie, en croisant les doigts pour que ceux-ci soient étrangers à la rancune. Lentement, le capitaine appuya la lame contre le cou du jeune homme, d'où ne tardèrent pas à perler quelques gouttes de sang. Son rythme cardiaque s'intensifia mais il ne laissa pas échapper un nom, faisant passer pour courage ce qui était en fait une terreur qui le rendait muet. Puis, décrochant un sourire, le vieux pirate cessa toute forme de menace avant de se redresser et d'aviser l'un de ses subordonnés.

- Copa, tu le détaches et vous ramassez tout le bois qui va pouvoir nous servir.
- Bien capitaine.
- Et tu lui trouves un autre froc. J'ai pas envie qu'il sente la pisse pendant qu'on travaillera à retaper l'Espoir.
    Un vent frais faisait claquer le drapeau du Gouvernement Mondial au sommet du fort. Posté à son pied, la vigie avait la chance de surplomber toute la tranquille ville de Logue Town. Les gens allaient et venaient dans les rues, animant la ville d'une clameur bienveillante. Si le marin avait posé son regard vers le port, il y aurait aperçu le patrouilleur duquel descendait William. Le jeune artificier se pressa de dégager le passage pour les marins qui empruntaient également la passerelle de bois pour s'occuper des procédures de débarquement. Alors qu'il allait s'évanouir dans la foule, le sergent Copa le héla.

    - Hey Burgh! Ramène tes pieds par ici!

    Bien que son statut de civil ne le forçait pas à obéir, le jeune homme fit quelques pas pour rejoindre le sous-officier sur le bord du quai. Ce dernier l'avait tiré des griffes de pirates après le naufrage du navire de commerce qui devait l'emmener loin du bagne de Tequila Wolf. Le jeune homme s'était retrouvé seul au milieu de cinq forbans, au sein desquels se cachait Copa. Il avait infiltré leur équipage sur les ordres de la hiérarchie qui voulait tendre un piège à un équipage qui prenait en ambition et à la tête duquel se trouvait un ancien militaire. Le naufrage malencontreux avait mis fin à l'aventure des flibustiers et ça avait été l'occasion de se débarrasser du capitaine une bonne fois pour toutes. A l'issue de ces péripéties, William et Copa avaient réussi à prendre la mer sur un radeau de fortune et avaient fini par croiser un patrouilleur après des jours sans nourriture et à peine ce qu'il fallait d'eau pour survivre. Ils avaient eu le temps de nouer une relation de solide respect au travers de ces courtes aventures, et c'était ce qui poussait le sergent à faire une offre à l'artilleur. Ce dernier s'était planté face à lui, attendant patiemment que le marin parle.

    - J'ai un peu de bouteille et j'avoue que j'ai vu peu de civils garder leur sang-froid comme toi dans la situation qu'on a traversé...
    - C'était ça ou j'aurais pas passé les premières minutes sur la plage...
    - Ouais mais cacher sa panique c'est pas aussi évident que ça quand tu n'as aucune garantie de t'en sortir. Tu serais un bon soldat dans nos rangs.
    - J'en sais rien... J'ai aucune compétence martiale, je sais juste me servir d'un canon...
    - Comme la vaste majorité des gars qui rentrent chez nous. Sauf qu'ils ont pas tous une formation d'artilleur et un œil aussi aiguisé que le tien dans le domaine. Va faire un tour à la garnison, le jeu en vaut la chandelle.

    Le jeune homme acquiesça en silence avant de faire volte-face. Il désirait prendre l'uniforme mais les récents événements l'avaient emmené à douter sur sa capacité à remplir les exigences d'une vie militaire. Les mots du sergent l'avaient à peine réconforté et c'est d'un pas lourd qu'il se dirigea vers les hauteurs de la ville, où trônait la garnison. Il avait eu dans l'idée de commencer sa carrière sur Orange, là où celle de ses parent s'étaient brusquement interrompues. Mais le vent l'avait poussé en direction d'une autre île et il devait bien se résoudre à commencer à gagner sa croûte, quoi qu'il lui en coûte.
      Une faible lueur émanant de la seule bougie allumée éclairait la vaste pièce dans laquelle se trouvait William. Il avait passé la nuit entière à fixer la flamme qui se tordait dans des figures improbables au gré de la consommation du combustible. Il s'était épargné de réfléchir aux événements de la veille qui l'avaient poussé à prendre la mer aussi vite que possible en quête de vengeance. Il se permettait juste de résumer la situation en restant vague pour ne pas laisser la rage pénétrer sa psyché outre mesure. Renvoyé par la Marine après le jugement en cour martiale, on l'avait exempté de toute peine en raison des services rendus et on l'avait remercié de vaquer à des occupations civiles. Il n'avait alors eu d'autre idée que de rentrer sur Koneashima pour reprendre ses fonctions d'artificier. Il n'avait rien trouvé d'autre que mort et désolation en place et lieu de la maison de ses parents. Un raid d'un équipage pirate visiblement plein de zèle avait eu raison de tout ce qui faisait les fondations de sa vie. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour se mettre en chasse. Il avait rejoint la place publique la plus proche et avait lancé un appel à l'engagement à ses côtés pour poursuivre les forbans et leur infliger une raclée. La garnison locale n'avait pas vu sa détermination d'un très bon œil, surtout au vu des pertes qu'elle avait essuyée dans la bataille pour rejeter les pirates à la mer. Un coup de la fortune avait alors emmené le jeune homme à croiser les pas des Corbeaux d'Argent, un groupe de mercenaires prêts à en découdre menés par leur capitaine, Amena Marose. C'était ainsi qu'il s'était retrouvé embarqué dans une expédition punitive, aux trousses des flibustiers qui regagnaient leur planque. Le bois craqua derrière lui alors que quelqu'un entrait dans la pièce. Il se tourna lentement pour apercevoir son visiteur.

      - Vous avez une sale mine mon vieux, vous pourriez presque faire peur à mes hommes. Prenez un peu de repos ou vous risquez de ne pas être très utile durant l'assaut...
      - C'est facile à dire, j'aimerai vous y voir...

      La jeune femme s'avança dans la lumière et William put enfin la détailler. Elle portait l'armure noire avec le manteau de fourrure de la même couleur qui caractérisait son groupuscule. Elle était plutôt grande et avait un corps qu'on comprenait ferme et entraîné au premier regard. Son visage aurait presque contrasté avec l'aura martiale par sa finesse s'il n'avait pas dégagé cette impression de grâce glaciale qui intimait un respect plus grand encore. Elle portait des cheveux mi-longs d'un blond pur, coupés au carré par souci d'esthétisme. En addition à ça, elle avait un regard envoûtant, ses yeux ambrés lui donnant une attirance toute particulière. La jeune femme se rendit compte que l'artificier la détaillait et elle lui fit comprendre d'un léger haussement de sourcil. Gêné, il détourna immédiatement le regard et se leva avant d'ouvrir les rideaux qui cachaient le hublot de sa cabine. Il dut se cacher les yeux du soleil qui perçait déjà à l'horizon avant de se détourner de la fenêtre pour s'asseoir à la table qui occupait une partie de la pièce. La jeune capitaine avisa le lit et alla se poser dessus avant de sortir son épée qu'elle s'évertua à entretenir.

      - Vous aviez une raison particulière de venir me voir?
      - Et bien il faut que nous parlions de notre contrat, n'est-ce pas?
      - Quel contrat? Je ne vous suis pas là...

      Amena se leva, sortant un papier d'une besace qui pendait à sa ceinture pendant qu'elle se rapprochait de l'artilleur attablé. Elle plaqua devant lui une feuille qu'il déchiffra rapidement. C'était un contrat en règles concernant l'emploi des Corbeaux d'Argent et les modalités de payement. Voyant la somme faramineuse qui était inscrite au bas de la page, le jeune pâlit tout soudainement. Il leva les yeux vers la jeune femme qui s'était assis sur la bordure de la table et lui souriait malicieusement.

      - Bien sûr cela ne prends pas en compte les éventuelles pertes en homme, en matériel ou les ennuis avec la Marine qui pourraient suivre...
      - Mais pourquoi vous n'avez pas sorti ça quand on était encore au port?!
      - Parce que nous aurions de toute manière pris les pirates en chasse. Cela fait plusieurs semaines que nous ne remplissons que des petits travaux, peu divertissants. Mes hommes avaient besoin d'une bonne bataille. Et maintenant j'ai un client qui va pouvoir rentabiliser cette sortie.



      ______________________________________________________________________________

      Le paysage tout entier renvoyait à la description que pouvaient donner les religieux de l'Enfer. Les flammes avaient envahis toitures et charpentes, léchaient ça et là les murs des habitations qui tenaient encore debout. Des corps entier ou morcelés gisaient ça et là tandis que des soldats vêtus de la si caractéristique armure noire continuaient de massacrer les dernières poches de résistance. Au milieu de cette vision, Amena trônait fièrement. Son épée dans sa main gauche et la tête d'un forban fraîchement séparée de son corps. Elle  penchait la tête avec un sourire malicieux en observant William qui ne savait bouger devant cette vision. Comme une invitation à la débauche de violence qui avait cours, elle avait planté ses yeux ambrés dans ceux du jeune homme qui ne pouvait se résoudre à faire un pas en avant. C'était lui qui avait initié l'escalade mais il ne prenait toute la mesure des conséquences qu'en cet instant préçis. Les paroles de la chasseuse le ramenèrent à la réalité.

      - J'imagine que ce n'est pas comme ça que la Marine s'y prend pour résoudre les problèmes de population criminelle, n'est-ce pas? Mais la technique classique ne prends plus. Les ordures sont élevés comme martyrs par certains de leurs concitoyens. Les enfants rêvent de prendre la voie de la flibuste en observant leurs aînés. C'est à la racine qu'il faut couper la mauvaise herbe. Considérer de rendre justice avec plus de fermeté, de manière plus tranchée si je peux me permettre l'expression.

      Sur cette dernière réplique sanglante, elle jeta le chef au bout de la tignasse qu'elle serait sur le côté, comme une vulgaire ordure. La tête roula sur quelques mètres avant de frapper un mur au pied duquel des flammes s'étaient répandues. Certains des mercenaires furent pris d'un rire, glauque aux oreilles de l'artilleur.

      - Qu'est-ce qui nous différencie des criminels si l'on applique ce genre de méthodes?!
      - Pour quelqu'un qui a été expulsé de la Marine pour des faits de violence gratuite, c'est assez ironique... Sans rentrer dans la puérile contestation politique qu'est l'idélogie révolutionnaire, l'armée du Gouvernement Mondial n'est qu'une organisation criminelle avec le système juridique pour l'appuyer. Elle a le droit de tuer, de déposséder et bien d'autres outrages à la dignité qui ne sont pas permis aux citoyens. Et pourtant ses soldats se targuent d'un sens de l'éthique parce qu'ils sauvent les bonnes personnes. Rien de tout ça ne vous dérange?

      William voulut répondre mais ne sut que dire. Le raisonnement de la jeune femme était cohérent et l'artificier l'avait déjà vu appliqué durant son bref passage dans les forces armées. Voyant que ses propos touchaient exactement où elle le souhaitais, elle poussa plus avant sa démarche pour ralier cet individu qui l'intéressait. Le jeune homme écouta sans agir.

      - La Marine n'aurait pas rasé ce village. Elle s'en serait uniquement pris aux forbans qui l'habitaient en laissant les enfants derrière, sans aucune réflexion sur le long terme. Les progénitures auraient été marquées par les combats et se seraient fait un devoir de venger leurs parents. Livrés à eux-mêmes, ils auraient vécu dans la difficulté qui aurait endurci leur esprit et leur corps. Il n'aurait pas fallu dix ans pour se retrouver avec une menace plus grande encore que celle que représentait le hameau à l'origine. Alors nous prenons l'initiative. Nous n'épargnons que les innocents dans cette histoire, pas les criminels en devenir.

      Comme pour confirmer ses propos, une scène presque irréaliste prit alors place. Un tintement violent se fit entendre alors qu'une petite fumée s'éleva du plastron que portait la guerrière. Remontant la trajectoire présumée du projectile, l'ex-soldat posa ses yeux sur un garçonnet qui devait à peine avoir une dizaine d'année. Il se tenait dans l'encadrement de ce qui avait été la porte de sa maison, un fusil ensanglanté entre ses mains. Son visage mêlait un mélange de terreur et de colère qui préfigurait le chaos émotionnel qu'il pouvait traverser. Un des gardes d'Amena se dirigea vers le jeune enfant et leva son épée. Le garçon lâcha son arme et resta figé de stupeur alors que le coup allait s'abattre sur lui. Une détonation vint mettre un terme à la trajectoire de la lame qui décrivit une courbe au gré de la chute du sbire, fauché par le tir d'arquebuse de William. La guerrière leva les yeux au ciel sans effacer son sourire avant d'écouter les lamentations de l'artificier qui pouvait difficilement contenir sa rage.

      - Ce n'est pas justifiable!

      Il s'était élancé en direction de son interlocutrice dans les premiers instant qui avaient suivi la fin de sa cinglante déclaration. Sa pyrarquebuse en main, il attrapa une bande de déclenchement tandis qu'il se rapprochait de sa cible. Il avait décidé de collaborer avec les Corbeaux d'Argent en ignorant tout de leurs méthodes mais il ne pouvait se résoudre à les accepter maintenant qu'il en avait eu une démonstration. Le sang battait ses tempes alors qu'il se jetait tête baissée, dépourvu de toute compétence martiale, dans un combat contre une guerrière aguerrie. C'était plus une question d'honneur et de fierté mal placés qu'une tentative de décrocher la victoire. Elle bougea légèrement pour ajuster sa posture tandis que l'artificier n'était plus qu'à une poignée de mètre, juste à la distance optimale pour amorcer son arme. C'est ce moment là que choisirent les subalternes restés stoïques jusque-là pour charger le malheureux. Arrivant de trois direction différente, ils empêchaient le jeune William d'utiliser son arme avec toute l'efficacité qui lui était propre. Ils savaient d'ailleurs, avant même que le feu ne jaillisse de la bouche de l'arme, que deux d'entre eux seraient pris dans le rayon d'action de la pyrarquebuse. Aussi chacun d'entre eux se prépara à frapper fort pendant que l'artificier aurait le dos tourné.

      - Crevez!!!

      Un court crépitement précéda le bruit particulier de la fournaise qui se déversa sur les deux mercenaires qui arrivaient sur la droite du jeune homme. Les flammes envahirent leurs habits de laines et se propagèrent rapidement sur la surface de leurs uniformes. Ils se jetèrent à terre en poussant des cris lancinants tandis qu'ils roulaient au sol pour étouffer le brasier qui les consumaient. William ne profita pas du spectacle et bloqua rapidement le coup de hache qui se planta ainsi dans le fût de l'arquebuse. Le troisième garde sortit rapidement une dague de son ceinturon et se mit en position pour se lancer à l'assaut du jeune homme qui évitait les coups hasardeux avec une adresse toute relative. Il reculait constamment pour éviter l'arme mortelle, cherchant une solution pour se débarrasser de cet adversaire encombrant. Amena n'avait toujours pas bougé, observant l'échange qui s'était mué en rosse à sens unique. Le mercenaire avait réussi à attraper l'artilleur qui d'un habile coup dans le poignet s'était débarrassé de la menace du canif. Mais loin d'être un néophyte en pugilat, l'armure noire n'avait pas tardé à faire pleuvoir les coups sur le jeune homme qui s'était retrouvé immobilisé au sol. La guerrière en avait profité pour se rapprocher, ramassant au passage la pyrarquebuse de laquelle elle arracha la hache qui y était plantée.

      - Une belle arme de destruction pour un idéaliste comme vous. C'est une maladie contagieuse chez les marins à ce qu'on dirait... M'enfin, nous savons tout les deux que vous ne trouverez jamais une voix aussi paisible que vous le voudrez avec vos accès de colère. Vous vous indignez d'un massacre alors que vous aviez planifié de tuer les pirates de ce village, privant ainsi leurs familles de leur existence. Vous vous indignez de quelque chose d'aussi criminel que ce que vous nous reprochez. Et plutôt que de privilégier le dialogue, vous vous jetez sur moi avec l'idée de me rôtir. J'avoue que ça me laisse perplexe. Peut-être qu'une humiliation vous fera comprendre l'absurdité de vos actes...

      Accablé par les coups lourds que lui portait son adversaire, William ne pouvait rien faire d'autre que de cracher du sang avec l'espoir que son message soit transmis. Noyées dans l'hémoglobine, des larmes ruisselaient sur son visage alors qu'il contemplait la situation. Il avait voulu faire le deuil de sa famille massacrée en affligeant des dizaines d'autres du même sort. C'était ainsi que les guerres avaient toujours emmené le chaos et la dissension dans le cœur des hommes, et il comprenait mieux l'éternel recommencement de ce cycle. Petit à petit, la douleur s'espaça. Il ne sut dire au début si c'était révélateur d'une neutralisation de ses nocirécepteurs ou un espacement des coups, mais il pencha pour la seconde option quand le visage d'Amena se trouva a quelques centimètres du sien. Elle passa sa main gantée dans les cheveux noirs du jeune artificier en le regardant avec une étrange douceur dans le regard.

      - Votre naïveté me toucherait presque, et j'ai l'impression qu'on pourrait tirer quelque chose de votre esprit si on mettait de l'ordre dans le chaos que c'est actuellement... En temps normal je vous aurait fait souffrir avant de vous achever pour avoir eu l'audace de penser me faire souffrir, mais je vais passer mon tour. Le massacre a déjà remonté mon moral de damnée. Autant faire ma bonne action annuelle.

        Les barques avançaient à rythme cadencés, éloignées de quelques mètres seulement les unes des autres. Les soldats étaient entassés à l'intérieur d'elles, serrant leurs mousquets contre leurs torses. William ajusta sa casquette alors que Broam déglutissait bruyamment à côté de lui, tout en continuant de ramer. Le soleil éclairait encore faiblement les flots dans le dos des marins. Plus au large, l'Apogée s'était immobilisée avant de descendre les coques de noix à l'eau. Et devant eux s'étendait l'îlot immobile qu'ils allaient devoir prendre de force à leurs adversaires. Partout sur les plages, des dunes artificielles avaient été mises en place. Des bouts de bois en couvraient le sommet, et derrière eux enfin se tapissaient les révolutionnaires. Quelques canons épars avaient été disposés, juste ce qu'il fallait pour mettre en déroute un tiers des trois-cents hommes qui allaient prendre d'assaut la place forte. En tête d'embarcation, Cassia jeta un dernier regard à ses hommes, rameurs comme fantassins, qui s'apprêtaient à se jeter dans la gueule du loup. Elle commença son discours pour les motiver à affronter la mort dans un but vague.

        - Je vous suis depuis longtemps pour certains d'entre-vous. Ce que nous nous apprêtons de faire aujourd'hui n'est pas facile. Il faudra aller chercher l'ennemi dans la dernière niche, quitte à perdre dix hommes pour avoir sa peau. Mais je connais votre détermination et votre énergie. Je connais votre abnégation au service de votre devoir. Pour vous, les braves, je renouvelle mon serment.

        La jeune femme prit une bouffée d'air et regarda attentivement, avec une expression pleine de gravité, chacun des hommes sous son commandement. Le jeune artificier fut captivé par le regard de sa cheffe de section. Il devint aussi sérieux qu'elle et but les paroles qui suivirent.

        - Ceux qui tomberont aujourd'hui le feront à mon corps défendant. Je me porte garante devant les dieux de ceux qui croient de la bravoure qui accompagneront leurs dernier pas. Je promets d'annoncer leur perte à chacune des familles. Je prends la responsabilités des morts et j'accompagnerai les vivants pour les honorer. Que la mer nous protège !

        Les soldats répétèrent la dernière phrase d'une seule voix. D'un seul coup, la tension était encore montée d'un cran. Mais l'angoisse n'avait eu aucun rôle. L'artilleur pouvait ressentir l'aura meurtrière de ses camarades. Lui-même était effrayé par la motivation qui faisait bouillir leur sang dans leurs veines. Le sol se rapprochait de plus en plus et Cassia prit une dernière fois la parole, alors même que le fond de la barque semblait frôler le fond de l'eau.

        - Les trois premières escouades, vous prendrez la colline en face de nous. Quatrième, vous appuierez leur assaut par l'est, avec un feu assez nourri. Cinquième, vous ravitaillez les trois à la charge et vous évacuez les blessés. Vous restez disponible en renforcement éventuel.

        Ils acquiescèrent et William regarda sa supérieur qui poussait une caisse vers Broam. Seule l'escouade des deux jeunes hommes n'avait pas reçu ses instructions. L'artificier ouvrit la caisse devant les yeux du caporal qui continuait de ramer, à un rythme moins soutenus. Deux tubes d'aciers se trouvaient-là, assortis de multiples munitions. Un sourire illumina le visage du jeune homme.

        - Sixième, vous m'allumez ces fumiers pour préparer le terrain aux autres. C'est vous qui sortez les premiers.

        La barque buta et les cinq soldats qui composaient la sixième escouade attrapèrent les caisses d'armement et sautèrent hors de l'embarcation tandis que les autres groupes débarquaient dans un hurlement féroce. Partout sur la plage, les coups de feu retentissaient déjà. Les canons de la butte avaient commencé à ouvrir le feu, pilonnant les débarqués qui trouvaient des abris où ils pouvaient. Les trois premières escouades, menées par le sergent Stross, s'étaient trouvé un abri derrière d'épais travers de bois destinés à les ralentir. Mais William était trop occupé à déballer cet outil de guerre qui allait lui permettre de démontrer son talent. Il déplia le bipied de métal qui soutenait le mortier avec l'aide de Kogevitch et les deux marins se positionnèrent. Broam, légèrement en recul par rapport à ses hommes, observait attentivement les positions adverses. Farah et Yutz furent prêts quelques secondes après leurs camarades. Le jeune artificier attendit signal du caporal pendant que son partenaire rechargeait l'engin. L'ancien pêcheur indiqua la position de tir à toucher à son ami.

        - Cinq degrés est, cible à 150 mètres.
        - Inclinaison à 60 degrés, 'Vitch !
        - Incliné !
        - Ouvrez le feu !

        William se boucha rapidement les oreilles et détourna le regard. Le projectile parti dans une trajectoire courbe et sembla presque s'immobiliser une fois au sommet de la parabole. Puis il redescendit rapidement et frappa de plein fouet des sacs de sables derrière lesquels s'étaient réfugiés des tireurs. Les deux autres artilleurs frappèrent une position sous les ordres de Broam pendant que l'artificier frappait son poing sur celui de son partenaire de tir.

        - Will, vingt-cinq degrés ouest, cible à 180 mètres.
        - Inclinaison à 72 degrés !
        - Incliné !
        - Ouvrez le feu !

        Une fois de plus, la cible fut atteinte et le jeune homme put distinctement voir un mousquet être projeté vers l'avant alors qu'un épais nuage de sable était soulevé par l'explosion. Pendant ce temps-là, leurs camarades de la section avaient réussi à progresser rapidement vers l'avant. Jetant un coup d'oeil aux alentours, il put remarquer que les autres sections ne s'en sortaient pas aussi brillamment. La plupart des groupes d'assaut piétinaient, incapables de prendre du terrain à l'adversaire. Le jeune artificier était cependant bien conscient qu'une avancée aussi inégale face à une défense souple et homogène pouvait faire peser un certain danger sur l'opération toute entière. La percée de leur attaque pouvait se retourner contre eux à tout moment.

          Nombre de navires: 1 | Insane Sanctity

          Taille du navire: L'Insane Sanctity est un brick, navire de taille moyenne armé pour le combat. Long de vingt mètres et large de cinq, il dispose d'un double pont et d'une cale. Trois mâts viennent soutenir son gréement hétérogène. Un château permet de surélever la barre et le poste de pilotage. Une cabine s'étend sous ce dernier, réservée par convention au capitaine. Le pont inférieur se divise en trois parties. Au centre, après la descente d'escalier, deux pièces abritent le réfectoire et son garde-manger et aussi le dortoir, assortis de hamacs. Autour de ce bloc interne s'étend le pont d'artillerie, où l'on retrouve le dépôt de munition en poupe et une infirmerie improvisée en proue. La cale est spacieuse dans la mesure du navire, permettant de contenir une bonne quantité de marchandises.

          Système de navigation: Le navire est poussé par le vent, qui gonfle ses voiles. Il dispose d'un gouvernail précis, lui offrant de bonnes capacités pour virer de bord. Sa vitesse reste néanmoins modérée, mais lui permet de soutenir des combats honorables.

          Structure: Vous avez choisi quoi comme matériaux pour ton navire ? Bois de récup' ? Bois d'Adam pour la frime ? Métal parce que c'est "coule" ? Cette partie décrit la solidité de votre bâtiment et vous servira de mise à jour de son état au fur et à mesure du jeu.

          Système d'armement: Canons, harpons, barbelés sur la rambarde ou plaque chauffante géante sur le pont, à vous de décrire tout ce qui pourrait empêcher un équipage ennemi de venir piller votre cabine en un seul morceau, ou ce qui te permettra d'y parvenir.

          Équipage: Combien d'hommes avez vous et qu'est-ce qu'ils font dans la vie ? Avez vous une équipe de médecins ? Des boucaniers ? Une troupe de cirque ? Ce serait dommage de considérer que tous vos gars sont de vulgaires marins, leurs spécialités par unité peut être décrite ici. Leur entraînement se fait aussi grâce à cette spécialité.
          Pour info aide : un marin normal vaut 10 dorikis et un vétéran en vaut 30. L'équipage peut monter jusqu'à 100 (vieux vétéran de Grandline) voire 150 dorikis (meilleurs éléments de la Marine d'élite).

          Équipement: Avoir des sbires c'est bien, mais s'ils ont juste des sandales pour se battre, ils n'iront pas loin. A vous de décrire ce que vous leur avez collé dans les pattes. Vous pouvez aussi parler de leurs protections.

          Santé à bord: Douches, salle stérile, mandariniers, ici on parle de ce que vous faites pour combattre aussi bien la maladie qu'un médecin sans frontières.

          Restauration à bord: Si l'équipage a droit à autre chose que des conserves, ce serait bien de le noter. Une bonne alimentation apporte plein de bienfaits, vos hommes seront en pleine forme et travailleront mieux. Pensez que ceux qui voudront peut-être intégrer votre équipage risquent de lire ces lignes, alors laisse un passage pour la gnôle du chef.

          Divertissement: Le mercredi après-midi, on joue en famille. Aller d'une île à l'autre, ça peut être très ennuyant. Qu'est-ce que vous proposez pour divertir vous gars ? Ce que vous installez ici a aussi l'utilité de redonner courage lors des baisses de moral et d'éviter les mutineries. Un marin est parfois aussi sensible qu'un Sim.

          Prototype: Même si vous les avez déjà décrits, citez tout ce qui est propre à votre navire, ce qu'on ne trouve pas sur un autre. Granit marin, éperon chauffé à blanc, voiles avec fonction parachute, ici se rassemblent toutes les améliorations qui ont été l'objet d'un accord spécial du staff.

          Que seriez vous prêt à payer // faire pour l'acquérir ? :


          Dernière édition par William Burgh le Dim 27 Mai - 12:02, édité 1 fois
            Les explosions soufflèrent les poutres sans endommager leurs voisines. La détonation ne tarderait pas à ameuter tout les rats qui cherchaient déjà la troupe. Les militaires suivirent rapidement William qui se dirigeait dans la direction inverse à celle qu'ils avaient emprunté jusque là. Ils avaient fragilisé un côté du navire, il fallait qu'ils dépassent le point central pour déstabiliser l'autre. La structure s'effondrerait dans une sorte de triangle inversé, déchirant les deux parties de poupe et de proue du centre du navire. Des dommages de ce genre étaient totalement irréparables. Il faudrait construire un nouveau bateau. Et le jeune homme comptait bien couper la tête du serpent avant même qu'il n'en ait l'idée. Ils atteignirent un agencement de piliers exactement identique aux précédents. Répétant la manœuvre, ils trouvèrent refuge derrière une paroi alors que les poteaux étaient pulvérisés en copeaux de bois. Menant ses hommes, Pledge descendit à l'étage qui s'étendait sous leurs pieds. L'artilleur les suivit, donnant ses instructions. Il constatait avec quelle facilités les mouettes rendaient possible ce qu'il n'aurait jamais pu accomplir seul. En d'autres occasions, ils croisèrent des encapuchonnés qu'ils laissèrent pour morts. La taille titanesque du navire empêchait leurs ennemis de leur mettre la main dessus. Ils ne possédaient pas de chaîne de commandement claire et étaient dispersés en groupes similaires à celui qu'ils pourchassaient. Sauf qu'ils étaient loin d'être des soldats professionnels, entraînés par la guerre et aguerris par l'entraînement. Alors qu'il admirait l'attitude martiale de ses protecteurs, une gerbe de sang vint lui éclabousser le visage. L'un des cinq bleus tenait sa gorge alors qu'ils venaient de dépasser un couloir largement ouvert. Une flèche était logé en travers de sa glotte, ressortant de son cou. Fliherty l'attrapa rapidement et le traîna contre une paroi. Alors que William aurait pensé voir le groupe s'arrêter, il lui arrachèrent ses plaques, lui tapèrent sur l'épaule et continuèrent leur route. Les militaires étaient habitués à faire des sacrifices parmi leurs rangs. Combien avaient-ils pu être quand ils étaient arrivés dans cet enfer? Le jeune homme ne sourcilla pas, conscient qu'il avait pris en gravité. La situation exigeait de continuer où ils mourraient tous. Il tourna sa tête une dernière fois pour voir les premiers encapuchonnés perdre un pied pour l'un et un mollet pour l'autre dans une poignée de derniers coups de sabres. Rapidement, il les perdit de vue alors qu'il tournait à un angle pour se prémunir de l'archer. Tout allait soudain si vite que le tournis ne tarda pas à guetter le jeune homme. Ils firent sauter d'autres soutiens, les rapprochant de plus en plus du point médian. Ils débouchèrent enfin au sixième pont. Amochés, épuisés, ils suivirent l'artilleur qui rejoignit le stock de poudre central de l'étage.

            "Maintenant, on met tout ce qu'on mettre d'explosif ici, on allume la mèche et on se tire avant que tout explose. Ça va projeter des débris dans toute la caverne donc on a intérêt à trouver un abri en vitesse."

            Ils acquiescèrent sans l'once d'une hésitation. Ces hommes, à l'instar de l'artificier, n'avaient plus rien à perdre. Pledge prit la parole, demandant les instructions du jeune homme qui leur faisait face. Il déballa son plan, concocté pendant la course. Il n'étaient plus que quatre, il n'y avait plus tant d'options que cela.

            "On se divise en duos. Il faut qu'on remonte dans les étages et qu'on redescende des barils, au maximum. C'est pas compliqué, le plus sera le mieux."

            Fliherty tapa sur l'épaule du jeune homme tandis que Pledge sollicitait le dernier soldat, un homme entre deux âges qui répondaient au nom de Kutchen. Ils partirent en premier, tandis que William forçait la porte verrouillée du dépôt. Des barils étaient déjà réunis là, mais il ne provoqueraient pas une explosion assez puissante. L'artificier ne put s'empêcher de se demander comment les rats avaient pu réunir une telle quantité d'armes en se contentant de pillages d'épaves. La poudre n'y survivait que rarement. Fliherty l'attrapa par la manche et le tira vers l'escalier.

            "On se grouille le cul et on prends la tangente après, Coxner. Tu vas faire tellement de ramdam avec ton explosion qu'on va nous entendre jusque dans Marie-Joie."

            Ils remontèrent les quelques marches avant de croiser leurs camarades, les bras chargés de petits tonneaux. Ils perçurent l'amusement des deux marins, qui venaient de lancer une sourde compétitions de leurs sourires. Les deux hommes s'échangèrent un sourire et coururent en direction du dépôt d'où revenaient Pledge et Kutchen. Ils attrapèrent quelques barils et descendirent à leur tour. Les gardes du navire ne paraissaient pas décidés à descendre aussi bas, s'efforçant de réparer les dégâts et de les chercher dans les autres étages. Ils eurent un petit temps de répit. Et rapidement les capuches apparurent autour d'eux. Utilisant le cimeterre qu'il avait ramassé, William s'engagea dans le combat avec ardeur. Son bras cassé l'handicapait mais il parvenait, avec l'aide de Fliherty à venir à bout des paires ou des trios d'ennemis qui s'avançaient. Mais très vite ils seraient débordés et ils en avaient parfaitement conscience. Pledge remplaça William, le chargeant de descendre la poudre à sa place. Le jeune homme ne se fit pas prier. Les ennemis ne cessaient de venir, s'étant surement réorganisés en ayant éliminés toutes les possibilités de cachettes sur les ponts supérieurs. Quelques allers et quelques retours seulement suffiraient. La fatigue s'emparait des muscles de tout les hommes. Willima haletait, presque incapable de maintenir la dernière charge qu'il convoya. Un coup de feu retentit et il prit peur. Il réalisa quelques fractions de secondes après qu'il aurait été mort avant d'entendre la détonation si la poudre avait sauté à côté de lui.
              Demande de Quête
              Cherche : Rencontre, intention de nature, changement de camp
              Nombre et noms des participants : 1 | William Burgh
              Difficulté : Difficile
              Ce RP est-il un Flash Back ? : Non
              Récompense voulue à la fin : Un brick avec un équipage tout juste suffisant et maintenu par la peur, Le passage du camp des Civils aux Pirates par William.


              PNJ destiné à mourir lors de la quête : (Vous pouvez les créer directement dans cette section plutôt que de passer en Création de PNJ, à savoir qu'il

              Voulez-vous qu'ils soient joués par PNJ Requiem ?

              Situation initiale : William, qui avait été retenu prisonnier au sein de la Flaque par une sorte de secte, à réussi à se frayer un chemin vers la sortie avec l'aide de Fliherty et Kutchen, deux soldats de la marine également captifs. Mais il doit sa réussite à Sariah Burster, qui faisait office de lieutenant du culte contre son gré. Le jeune artificier tenta de secourir la jeune fille de sa camarade après avoir provoqué le chaos dans la grotte mais le Roi des Rats, leur ennemi direct, s'était déjà chargé de son cas. Sariah l'ignorait mais pleine de rage, elle se jeta sur le Monarque avec l'aide de William. Ils en vinrent à bout mais la jeune femme fut sévèrement et perdit connaissance. Retrouvant le corps de l'enfant, l'artilleur trouva également un fruit du démon, qu'il ingéra. Il récupéra Sariah et prit la poudre d'escampette au milieu du chaos qui régnait toujours dans les grottes.

              Intrigue : Errant dans les grottes, les deux camarades essayent de retrouver leur chemin. William est constamment dérangé par des souvenirs qui remontent de son esprit. En quelques occasions, il a des visions qui manifestent les premiers symptômes de son nouveau pouvoir. Sariah cherche quand à elle a faire dire à son compagnon d'infortune pourquoi sa fille n'est pas avec eux. Fragile, au bord de la crise de nerf, elle se laisse chuter dans le courant d'eau qui court à côté d'eux et William, ne pensant pas à la menace, plonge pour la sauver. Tout de suite affaibli par la malédiction des eaux, l'artificier coule à pic. Sariah est alors prise d'un électrochoc et remonte le jeune homme à la surface. Elle le maintient hors de l'eau alors que le courant les emporte dans les méandres de la Flaque.

              Situation finale : Si votre quête occasionne d'importants changements ou des dégâts considérables, expliquez votre vision de la situation après votre quête.
                Le pont empestait une odeur conjuguée de poudre et de sueur. William était rentré le premier et s'était immédiatement dissimulé du mieux qu'il le pouvait. Il comptait deux dizaines d'écumeurs au bas mot, un nombre démesurément trop élevé pour qu'ils ne puissent se lancer à l'assaut. Une douleur lancinante irradiait de sa cuisse et il remarqua une coupure profonde qui se profilait le long de son muscle. Probablement le résultat de la projection d'un éclat de bois de leur radeau.
                  Les rames poussaient lentement la barque vers l’embarcadère. Les six hommes à son bord étaient à bout de force après plusieurs jours de navigation. William synchronisait ses mouvements sur la cadence générale. C'est lui qui avait donné l'ordre de rallier Las Camp. Ils ne tarderaient pas à toucher à leur but. Le jeune homme avait en tête de recruter de nouveaux hommes pour l'équipage et de se procurer de quoi réparer le Vestan, qui avait souffert de dommages terribles en mer. Le capitaine en devenir avait voulu attendre la nuit pour poser un pied à terre, dans un port annexe, proche des bas-quartiers de la ville. L'embarcation finit enfin par toucher le ponton et ils se dépêchèrent de l'amarrer. Déjà un homme sortait de la capitainerie. Le jeune artilleur interpella Tubbs, l'un de ses hommes les plus fidèles pour aller au devant et payer la taxe avec les économies qu'ils avaient emporté. Ils descendirent du bateau pendant que le flibustier s'acquittait des formalités. William ne voulait pas faire de remous avant d'être à bord de son navire. Il regarda les trois anciens soldats de la Marine qu'ils avaient capturé pendant l'affrontement naval. Il les avait emporté à ses côtés pour garder un œil attentif sur eux. Il voulait les tester en utilisant leur connaissance de l'île pour satisfaire ses désirs. L'officier de ponton finit par s'éloigner et le jeune homme s'adressa à ses hommes.

                  "Tubbs, tu fermes la marche avec Boris. Moi j'ouvre le pas avec le meneur de bande."

                  "Bien capitaine."

                  L'ancien soldat réprima un soupir et le jeune artilleur ne releva pas. Ils semblaient bien indisciplinés pour des anciens militaires. Ils répondaient respectivement aux noms de Grith, représentant officiel des traîtres, Bunes et Santos. Ils suivirent leur chef qui commençait à s'aventurer dans les rues de Las Camp. Depuis que la ville avait été pacifiée, le pavé avait retrouvé une certaine animation, même dans les quartiers les plus défavorisés. Il faudrait s'enfoncer profondément pour trouver la vermine qui se terrait sur l'île.

                  "Grith, ouvre le chemin. Emmène moi là où je peux trouver des hommes."

                  "Bien sûr, capitaine."

                  La docilité de l'ancienne mouette fit aussi bien tiquer le jeune homme que ses homologues. Ils se contentèrent néanmoins de bêtement suivre la troupe alors qu'elle s'engageait au milieu des habitations. Les stigmates des affrontements étaient encore visibles. Des bâtiments étaient encore en pleine reconstruction et des impacts de balles marquaient certaines façade. Le traumatisme n'étant pas loin, il valait mieux ne pas faire trop de vagues. Ils s'enfoncèrent plus profondément dans les quartiers et les passants se firent de plus en plus rares. L'atmosphère malsaine semblait s’intensifier à mesure qu'ils progressaient. Ils finirent par déboucher sur une place de taille modeste. Des magasins occupaient un côté de la rue, tandis qu'une petite fontaine trônait au centre de l'endroit. William remarqua immédiatement le groupe de personnes qui discutaient devant l'entrée de ce qui semblait être un entrepôt. Les pirates s'approchèrent doucement, convaincus que leurs interlocuteurs se trouvaient en face d'eux.

                  "Paraîtrait qu'le Sozen est de nouveau sur pieds!"

                  "L'a bien foutu l'bordel par ici c'ui là!"

                  "Me l'fais pas... Hé, qu'est-ce qu'vous foutez là vous?"

                  Les hommes qui montaient la garde près de l'entrepôt n'avaient pas tardé à remarquer la présence du groupe. Voulant s'introduire, William s'avança de quelques centimètres. Des armes jaillirent des manteaux de tout les malfrats qui se trouvaient à proximité. Le jeune artilleur ne poussa pas sur sa chance et s'arrêta d'avancer. Il jeta un regard à l'adresse de Grith, qui ne pouvait pas contenir son air sarcastique en voyant la haine apparaître sur le visage du jeune homme.

                  "V'z'êtes qui d'abord?!"

                  "Ferraille. Pas besoin d'en dire plus."

                  Les deux vigiles se regardèrent et partirent dans un fou rire. Le temps qu'ils se calment, un homme avait surgi du groupe, encore en pleine discussion quelques minutes plus tôt. Le port droit, de vieilles cicatrices émaillant son visage. Il dégageait une aura qui éclipsait immédiatement celle des autres larbins. Les anciens soldats tressaillirent en voyant ce nouvel arrivant. William comprit alors quelle manigance avait pu être jouée. C'était prévisible, il avait pris ce risque en les emmenant comme guide.

                  "Ferraille? C'est pitoyable comme nom. Tes parents manquaient d'inspiration, jeune homme?"

                  Le jeune homme serra doucement ses poings. Déjà le dogue donnait ses ordres pour encercler la troupe de flibustiers. Tubbs et Borris restaient en état d'alerte. Mais sans armes à feu, ils ne faisaient pas le poids contre leurs antagonistes. William se donna donc la peine de répondre. Mieux valait éviter l'affrontement frontal et privilégier la diplomacie.

                  "C'est le nom du capitaine des Poudres Rouges. Je cherche des hommes et du matériel pour réparer mon navire. J'imagine à votre réaction que vous trempez dans le crime. On peut probablement trouver un terrain d'entente?"

                  "Pirates? Révolutionnaires? Ou juste des pouilleux qui se sont attaqués à plus gros qu'eux? Vous pensez que vous pouvez faire affaire avec monsieur Van Dongen comme ça?"

                  Van Dongen? William n'avait jamais entendu ce nom. Sûrement une pointure locale, qui dominait une certaine partie du marché illégal sur l'île. Probablement sous une couverture légale ou avec l'association des soldats de la Marine. La corruption avait eu tendance à se généraliser dans les rangs de l'institution au cours des dernières années. Il voulut tirer son épingle du jeu, essayant de se sortir de la situation dans laquelle les anciennes mouettes l'avaient mise. Il montra la mallette remplie de berries qu'il portait avec lui depuis son arrivée sur Las Camp.

                  "Dix millions de berries, pour les hommes et le matériel. C'est tout ce que j'ai à vous offrir.

                  L'homme de main haussa un sourcil en entendant la somme que contenait prétendument la valise. C'était une sacrée somme dans les mains d'un gueux. Il réfléchit rapidement à un moyen de récupérer cet argent avec le meilleur taux de profit. Oui, ils conviendraient parfaitement à la tâche.

                  "Je ne peux pas te faire confiance comme ça. Je suis Bartholoméo Rubben, c'est moi qui trempe les mains dans le linge sale et qui estime si on peut faire confiance aux crasseux qui se pointent ou pas. Tu as un moyen simple et efficace de gagner ma confiance, en respectant certaines conditions. Les combats clandestins."
                    Adrian Adamovicz?

                    "Oui, c'est ça. C'est un sacré direct que vous avez-là, Ferraille."

                    William jaugeait l'homme de main qui lui faisait face. Il l'avait arrêté sur le chemin alors qu'il rentrait au dortoir. On l'avait assigné à une chambre commune depuis qu'il avait mis Larry "Gueule-de-mort" hors course. Le charpentier ne risquait pas de remonter de sitôt sur un ring avec l'état de son nez et de sa mâchoire. Adamovizc l'avait donc pris à parti dans une remise qui leur laissait à peine la place de garder un périmètre de vital autour d'eux. Le jeune homme savait précisément où la discussion risquait d'aboutir.

                    "Oubliez les ronds de jambe, Adamovizc. Dites-moi ce que vous voulez qu'on gagne du temps."


                    La canaille marqua un temps d'arrêt. Adamovizc