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Au pied du mur

Rappel du premier message :



_____Que savons-nous sur les Zoukous ? Maxton se prend la tête puis la secoue, dépité. Jusque-là, personne ne semble connaître ne serait-ce que leur existence, gardée jalousement secrète de génération en génération. La seule chose que nous savons c’est qu’ils vivent au sommet de Grand Line. Et dans la littérature, on ne parle que d’un seul et unique peuple qui vit là-haut : les dragons célestes. Des demi-dieux qui descendent des créateurs du monde, ceux qui – dit-on – nous dirigent dans l’ombre, à la tête du Gouvernement Mondial. Et s’il existait d’autres peuples qui vivaient dans le ciel ? Le saurions-nous ? Les dragons célestes ne partagent pas leur terre. De même que l’on appelle un horticulteur pour se débarrasser d’un nid d’abeille découvert au fond du jardin, ils auraient tout fait pour les éliminer, c’est une certitude. Peut-être que c’est pour cela que Jérôme voulait absolument que sa lettre soit brûlée ? Pour protéger les siens de l’éradication ?

_____Jérôme, un homme retrouvé mutilé sur une plage d’une île étrangement proche de Red Line, l’île de Clare. Un homme qui a gardé le silence toute sa vie durant, emportant le secret de son identité et de son passé dans sa tombe. Un homme qui cachait manifestement un lourd secret. Après nous être lancés sur ses traces dans l’espoir de découvrir un fabuleux trésor, nous avons découvert un message indescriptible laissé par Jérôme, gravé sur une plaquette de granite. Nous avons appris qu’il avait écrit une lettre à celles qui l’avaient recueilli, et dans laquelle il avouait venir d’une tribu de Red Line, les Zoukous. Oui, mais où sur Red Line ? La falaise qui fait face à l’île de Clare semble toute indiquée, d’autant plus que l’on sait que Jérôme passait des matinées entières à contempler l’horizon avec nostalgie. Et, justement, depuis la plage où il se trouvait, la seule chose que l’on voit à l’horizon, c’est Red Line. Mais comment en être sûr ? Pour nous, il n’existe que trois façons de nous rendre sur Red Line. Le Gouvernement Mondial, qui possède un ascenseur permettant d’atteindre directement la terre sainte, Reverse Mountain, un puissant courant ascendant qui passe par-dessus la falaise, et l’escalade. Escalader Red Line est notoirement possible, comme l’a prouvé le tristement célèbre Fisher Tiger, un des pires criminels de l’histoire. D’après la légende, cet homme-poisson aurait même escaladé les dix kilomètres à mains nues ! Mais le problème ce n’est pas tellement de monter : c’est plutôt où monter, et comment redescendre.

_____Sur la première question, mon cartographe sera plus qualifié que moi, donc je le laisse faire ses recherches. Accompagné de Christobald qui a déjà prouvé ses compétences en résolution d’énigmes insolubles, je suis sûre que Maxton saura trouver une piste. Sur le deuxième point, j’ai pris rendez-vous avec Janice Drai, fondatrice de l’association des grimpeurs rouges. C’est dans leur maison mère, au pied de Red Line, que mon navire la Pyrphidée fait escale aujourd’hui.

_____Parmi les tours vertigineuses taillées à même la roche par des millénaires d’histoire et par des peuples ingénieux cherchant de plus en plus d’espace pour accueillir la génération d’après, au milieu des roseaux et des bambous dont le feuillage frémissant chatouille le ciel, entre les terrasses et les jardins suspendus qui sont autant de paradis cachés, au-dessus du château d’eau qui domine des maisons qui n’ont pas de toits, à côté des refuges inscrits dans la falaise et dont les ouvertures béantes donnent sur presque un kilomètre de vide, des ouvreurs fous s’ahannent sur les parois pour installer des spits, des pitons et des relais ; retenus par la force de leurs bras, avec pour seule assurance une corde reliée au dernier point qu’ils ont posé, et dont Dieu seul sait s’il est fiable. Entre les murs des maisons, par-dessus les cordes à linges, serpentant derrière les champs de patates et passant parfois par les fenêtres des bars, des milliers de voies s’offrent aux débutants comme aux confirmés. Des voies d’escalades, partout, ouvertes avec passion par des grimpeurs qui n’ont pas froid aux yeux. Voilà le fonds de commerce d’Altéa, la ville-montagne, une des rares qui aient réussi à se développer au pied de la falaise rouge.

— Red Line est en fait une succession d’îles climatiques collées les unes sur les autres. Si tu étais fine comme une goutte d’eau, tu pourrais traverser à certains endroits parce que ça ne se touche pas, mais c’est impossible pour un humain.

_____Nous sommes assises à près de trois cent cinquante mètres du sol, sur une terrasse qui offre une vue vertigineuse sur le vide. Au loin, East Blue scintille paisiblement, nous chatouillant parfois de quelque brise marine. Janice a écouté mon projet avec intérêt, et après quelques considérations techniques, la conversation a dérivé sur des sujets métaphysiques.

— En fait, ce qui rend Rough Tell inatteignable, ce n’est pas vraiment Red Line ou Calm Belt, mais surtout que personne ne sait vraiment où elle est. Même si tu pouvais traverser, tu te retrouverais perdue au milieu de nulle part, sans avoir où aller dans un océan sans pitié. Tu me diras : il y a les Log Pose, mais qui sait ce qu’ils deviennent une fois sur la dernière île ? Si ça se trouve, il est impossible d’en repartir !

_____Je l’écoute distraitement. J’ai beau être devenue chasseuse de trésors, je ne suis pas vraiment intéressée par la quête du One Piece. Pour moi, c’est une légende de pirates, rien de plus. Et puis, si cette île existait bel et bien, cela ferait longtemps qu’elle aurait été découverte vu que tous les flibustiers du monde la cherchent depuis plus de cent ans.

— Des fois, je les comprends, reprend la grimpeuse. Avoir la mer qui tend les bras … ça donne envie.
— Oui, surtout que Grand Line est encore très peu connue !
— Ah oui ? Elle est presque entièrement cartographiée, non ?
— Seulement les voies principales. Mais il existe d’autres îles !
— Qu’est-ce qui te fais dire ça ?
— Ce serait surprenant, non ?
— … Tu as raison ! C’est fou, ça. Tant de mondes à découvrir. Et c’est pour ça que tu veux escalader Red Line ? Pour voir ce qu’il y a en haut ?
— En partie… mais pour le reste : c’est un secret !
— Cachotière !

_____Janice me dit au revoir avec un sourire ému. Pour elle, nous sommes des aventuriers fous et des pionniers. Nous disposons de tout le soutien de son association. Mais ouvrir une voie de dix kilomètres, ça pose trop de problèmes, m’a-t-elle expliqué. Il n’y a pas que l’aspect pécuniaire avérant à la quantité de matériel nécessaire : tout d’abord, l’oxygène commence à manquer dès quatre ou cinq kilomètres d’altitudes, donc ça risque d’être mortelle pour ceux qui la tentent… nous les premiers. En plus, il y a le facteur temps. Il faudrait grimper dix heures par jours pendant dix jours pour venir à bout de Red Line. Ça signifie que les aventuriers qui se lanceront dans ce défi devront porter des vivres, des tentes et plein d’autres trucs qui les alourdiront ! Et si l’un d’entre eux échouait et restait coincé tout en haut ? Ce serait quasi-impossible de le ramener à terre. La voie deviendrait condamnée, à moins que quelqu’un prenne le risque de se lancer dedans sachant qu’il y a déjà des centaines de kilos qui font tension sur une des cordes… Et puis quand quelqu’un se lance, il faut attendre qu’il descende pour que le suivant puisse partir, ce qui ferait de cette voie la moins rentable du site. Enfin, et surtout, il y a l’aspect symbolique. Ce serait vraiment super de tracer un chemin qui relie le ciel et la terre, et je suis sûre que plein d’aventuriers viendraient des quatre mers pour relever le défi, mais le problème… c’est justement cette même symbolique. Les dragons célestes n’apprécieront pas l’existence de cette route, et pourraient même l’interpréter comme une tentative d’invasion. Certes, nous sommes littéralement à l’autre bout du monde par rapport à Marie-Joie mais n’empêche qu’une armée pourrait l'utiliser pour envahir la terre sainte… En plus, on risque de polluer leur air s’il y a trop de gens qui parviennent jusqu’en haut.

_____Bref, impossible de descendre en utilisant une voie d’escalade. On pourra monter, par contre : le dernier n’aura qu’à déséquiper au fur et à mesure qu’il monte, ce qui nous permettra de gravir les dix kilomètres avec relativement peu de matériel… Mais l’exploit n’en reste pas moins surhumain ! Pour le réussir, je vais avoir besoin de surhommes.


Dernière édition par Anatara le Dim 6 Déc 2020 - 11:14, édité 1 fois
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Je penche la tête sur le coté un temps, avant de simplement hausser les épaules:

- Ben, vu notre petit groupe, ça ne va pas non plus poser problème de trouver une petite embarcation. Après, une simple chaloupe, ça risque d'être galère, parce que ce ne sont pas non plus des petits courants sur Reverse Moutain. Il faudrait éviter que le "bateau" se fasse déglinguer par la mer, avant même qu'on l'envoie s'écraser au sommet d'une falaise.

Je hausse un sourcil, avant de ricaner:

- Oh, ce n'est pas que je le prends mal, que vous ne vouliez pas de moi à vos cotés, chef; c'est juste que j'oublie pas!

J'éclate de rire, avant de finir ma chope d'une traite, avant de longuement m'étirer, toute contente et me dandinant de contentement. La "mercenaire" en moi est ravie d'avoir trouvé un job et la révolutionnaire est satisfaite d'avoir pu s'infiltrer dans l'opération d'Anatara, même si elle reste assez évasive sur ce qu'elle recherche vraiment... ou alors elle l'ignore elle-même? Elle parle de trésor, mais si je me base sur les rumeurs entourant cette zone, cette tribu zoukou et ce fameux Jérome, ça me parait déjà plus complexe qu'un simple coffre rempli de berrys...

Perdue un peu dans mes pensées, je me balade distraitement derrière Anatara et sa bande, qui semblent parties pour le marché de l'île, que j'avais pu brièvement visiter, durant mes repérages. En vrai, avec du recul, je me dis que j'aurai pu passer une journée complète sur ce marché, tellement il est énorme, par rapport à l'échelle de l'île. On dirait que ce village vit essentiellement du commerce de charpenterie maritime et de pêche, ce qui me paraît assez logique. Les bateaux peuvent être pas mal secoués sur Reverse Moutain, suite à des erreurs de navigation ou de pilotage, donc il ne devrait pas être rare que les équipages viennent faire leurs réparations ici, avant de partir sur Grand Line.

Je bloque soudainement sur les propos d'Anatara, pesant le pour et le contre... C'est vrai que j'avais parlé de faire autre chose... et puis bon, ça reste un petit village; je remarque si la marchande veuille partir sans moi, ce qui serait assez étrange, vu qu'elle semble avoir besoin de mes pouvoirs, même si je conserve un semblant de prudence. Et l'aider dans son "shopping", je ne vois pas ce que je pourrai faire de plus qu'elle, à part approuver ou pas ses achats, ce que je ne pourrai que difficilement faire, vu que je ne suis pas charpentière...

- Ouais c'est vrai que je dois aussi m'occuper de m'entraîner avec mon pouvoir et on a pas des masses de temps apparemment.
Mais je reste dispo pour aider, chef! Tenez, voilà ma fréquence Den-Den Mushi, en cas de soucis.


Je fais un signe de main au reste du groupe, avant de filer m'isoler dans un coin.
Clairement, je vais devoir faire des exercices avec mon fruit du démon, parce que le coup d'accumuler du vent et en balancer une grosse quantité dans une voile, pour faire décoller une embarcation, ça va être sportif.
Après, en repensant au fait que je n'étais pas charpentière, j'ai complètement zappé que j'en connaissais un de charpentier; Gaho pourrait avoir des idées pour améliorer le bateau.

Je passe la première journée entre des appels au reste de mon équipage, pour demander à l'artisan pipoteur aux cheveux verts des conseils et m'entraîner avec mon fruit du démon. Le charpentier prendra quelques heures pour me fournir un semblant de solution, qui me semble assez intéressante et qui pourrait m'aider à manœuvrer le bateau...
J'appelle Anatara le lendemain, au deuxième jour:

- Salut chef!
J'ai pu retrouver une partie de mon équipage, éparpillé suite à mes embrouilles sur Logue Town. J'ai préféré prendre un deuxième avis de la part de mon charpentier, qui m'a parlé d'ajouter des trucs sur les cotés du bateau, pour m'aider à soulever et diriger le bateau.
Si on faisait des "ailes", comme des petites voiles en rectangle et qu'on les accrochait sur les flancs de notre embarcation, juste avant le décollage au sommet des courants, on s'envolerait plus facilement et je pourrais manœuvrer et contrôler la chute du navire avec mes bourrasques. On atterrirait plus précisément et moins violemment aussi.
Vous pensez que ça passera?
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_____L’effervescence du concours d’escalade s’est peu à peu estompée et la ville a progressivement repris une activité normale, mais je vois encore briller une étincelle de motivation dans le regard des gens, étincelle que je n’avais pas repérée à mon arrivée. Les gens sont heureux, ou du moins divertis. De temps en temps, on me salue dans ma rue et on m’adresse quelques compliments. Je prends le temps de répondre, poliment, sincèrement flattée. C’est dommage, parce que maintenant que j’y pense, j’aurais pu en profiter pour obtenir des subventions. C’est vrai, quoi, un sponsor pour payer le « bateau-volant », ça n’aurait pas été de refus. Mais bon, déjà que j’ai bénéficié d’aides pour payer le séjour de mes hommes et l’organisation de la compétition, il ne faut pas trop pousser non plus : maintenant, il va me falloir inventer autre chose.

_____Je passe d’abord par un atelier de charpenterie, qui fabrique des pièces détachées. Je leur explique mon projet et je cherche à les convaincre de me financer, mais ils ne sont pas intéressés pour un rond. Je demande à parler au responsable et l’employé me foudroie du regard, vexé que son avis ne pèse pas suffisamment à ses yeux. Je m’excuse maladroitement et j’appelle la personne en question, qui est malheureusement en déplacement et n’a pas le temps de s’intéresser à moi. J’essaie d’insister, de placer quelques mots clefs mais c’est limite s’il ne me raccroche pas au nez. À ce moment, je me dis que je n’arriverai pas à convaincre des inconnus. Il me faut des gens qui me connaissent, qui me font confiance. Alors j’appelle Vivien, le jeune entrepreneur qui a tout juste repris l’entreprise Navivres, celle qui a construit La Pyrphidée.

— Oh, Ana ! Tu pêches quoi ? Comment va ton bateau ?

_____Vivien est à la fois content est surpris. Il me demande des nouvelles et je lui raconte le concours d’escalade : il est admiratif. Il pose des questions, demande des détails et semble regretter de ne pas avoir pu participer. « La prochaine fois, préviens-moi ! », dit-il au bout d’une phrase. Notre conversation s’éternise et j’ai du mal à amorcer la raison réelle de mon appel. Finalement, il me tend la perche.

— Alors, tu ne m’appelles pas pour me raconter ta vie j’imagine ? Tu n’as pas cassé ton bateau j’espère !

_____Alors je lui parle de ma quête, je lui explique qu’avec l’acquisition du navire et le salaire de mon équipage, je n’ai plus un rond et qu’il faut que je me serre la ceinture, alors j’essaie de grappiller des sous à gauche et à droite.

— Ouais ben pourquoi pas ? Faut que j’en parle à ma secrétaire et qu’on voie si on a les sous.
— Vraiment ?
— Ben ouais, t’imagine ! Avoir construit un bateau qui survit à un bond sur Red Line ! Ce serait le méga coup de pub !
— Ah, je vois…

_____Nous discutons encore de quelques détails et je déchante rapidement. Ce qui intéresse Vivien, c’est de faire de la pub pour son entreprise, pas de parrainer une jeune aventurière. Avoir mon nom associé à Navivres ne lui apportera rien de plus que le fait d’avoir conçu la Pyrphidée, alors si le bateau finit éparpillé en mille morceaux sur les rochers de la falaise, ça ne va pas lui faire plaisir. Je finis par quelques formules de politesse et je lui dis de laisser tomber, un peu penaude. Je n’aurai pas de sponsor. Finalement, je peux soit payer de ma poche, soit espérer trouver un parrain. Allons, un riche excentrique prêt à financer une expédition ? Bof, il voudrait sa part du gâteau, et je risque d’y perdre plus que ce que je vais économiser. Cela dit, j’ai besoin d’argent maintenant… Vraiment, je ne vois pas d’autre alternative. J’expire mon angoisse d’un long soupir et je prends mon denden à deux mains.

— Allô, maman ?

_____Le jour dit, je présente fièrement mon acquisition à Yzora : c’est plus qu’une barque, mais on ne peut pas vraiment parler de bateau non plus. Plutôt un bateau miniature. Il y a tout au plus sept places, en comptant le timonier, et un minuscule mât de métal qui nous servira à accrocher la voile le moment venu. Le bateau est si petit qu’il n’a pas de pont. Survivra-t-il aux courants ? Oui, m’a assuré son vendeur : il est suffisamment lourd pour ne pas craindre d’être renversé, et il a pris soin de lester la carène pour assurer plus de stabilité. La coque est suffisamment épaisse pour ne pas exploser au moindre impact contre un rocher, mais il faudra le plus possible éviter les percussions, surtout de plein fouet. Sur les côtés, nous avons ajouté des perches en bois qui augmentent encore plus l’équilibre de l’embarcation et qui, en suivant les indications de ma mercenaire, nous permettront littéralement de lui donner des ailes. Même si cette dernière semble sceptique quant à la qualité de cet objet, je lui assure qu’il a tout ce qu’il faut pour ce qu’on veut en faire.

_____Je me garde bien de lui dire que je l’ai obtenu en mendiant auprès de la noblesse de Sirup, parce que ça explique grandement les quelques imperfections qui – il faut l’avouer – crèvent les yeux : il est petit, et ne semble pas du tout indiqué pour une virée sur Grand Line. Mais bon, pour un truc qu’on ne va utiliser qu’une seule fois et qui va de toute façon partir s’exploser contre une falaise, ce n’est pas la peine de dépenser beaucoup d’argent, si ?

_____Sharon, ma vigie, saute sur le bateau et installe la voile en deux temps, trois mouvements.

— Testommencer !, s’écrie-t-il joyeusement.

_____Suspectant que ma nouvelle recrue n’a pas eu le temps de s’habituer au langage de ce garçon, je lui fais la traduction :

— On peut commencer les tests.



Dernière édition par Anatara le Jeu 10 Déc 2020 - 21:47, édité 1 fois
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Avec le temps, j'avais presque oublié à quel point ça pouvait être complexe de pouvoir se concentrer pleinement sur quelque chose. Dans mon cas actuel, le fait d'être en mission et sous couverture, ça n'aide pas vraiment à me vider l'esprit et c'est justement pour ça que je cherche à m'isoler, surtout pour cet exercice.
Si je me rate sur Reverse Moutain et que je tombe à l'eau, je ne suis même pas certaine que Segawa pourrait me sauver... Après, même si je ne vois pas ce que je pourrai montrer d'autre qu'une femme s'entraînant à générer et moduler du vent, je préfère clairement rester loin de toute "distraction".

Après quelques jours d'entraînement, j'ai des nouvelles de la part d'Anatara, qui m'annonce avoir trouvé notre future éphémère embarcation.
Je vais rapidement la rejoindre, histoire de commencer les tests au plus vite, histoire de voir si ce bateau pourrait vraiment nous être utile. Et aussi, je pourrais tester en un semblant de conditions réelles mes pouvoirs, plutôt que de générer des bourrasques dans le vide.

- Ok chef, on est partis! Ecartez-vous un peu du rebord quand même, pour éviter d'être soufflé au large, dans le doute.

Sur ce, je me tus et me concentre un temps, laissant couler le vent de mes bras, pour commencer à les commander peu à peu et les enrouler en une grande tornade au large. Ne la faisant pas tourner trop vite, j'insuffle petit à petit du vent dedans, la faisant enfler... enfler... Je me suis bien entrainé à gérer le flux de vent émanant de mon corps et l'accumulation de vents semble bien tenir. Petit à petit, j'accélère le mouvement, m'arrêtant lorsque j'entends la bateau grincer à coté. La tornade tourne assez vite et je dois retenir la "limite" de rotation de la tornade, pour savoir quoi reproduire durant l'ascension.

Ensuite, je teste les "ailes" du bateau, en prélevant et projetant des bourrasques dans les ailes, à partir de ma "tornade de stockage". Je galère un peu au départ, les ailes grinçant et un peu de voile se déchire sous les premiers chocs. Je me concentre petit à petit sur la trajectoire des vents, de façon à les rendre les plus droits possibles, pour ne pas arracher complètement les ailes. J'ignore si l'aérodynamisme est vraiment au point et je tâche d'éprouver un peu les ailes, en mettant plus de force dedans et un craquement assez sonore me fait stopper net. L'aile droite à commencer à craquer et se plier sous la force des vents...

- L'armature de droite semble manquer de renforcements métalliques... ça l'a amené à se tordre un peu vers le bas et mes rafales de vent ont déchiré légèrement la voile...

N'ayant guère d'expertise sur la charpenterie, ayant eu seulement quelques conseils de la part de Gaho, je préfère dire à voix haute mes observations, pour que des personnes, plus qualifiées dans le groupe, m'entendent.

Je passe ensuite à la voile, qui est solidement attaché par des cordes, pour éviter que je l'expédie malencontreusement à l'autre bout de la ville, voir plus loin encore.
Me rodant petit à petit à l'exercice, je reprendre mon accumulation de vent via une tornade au large, pour de nouveau projeter de l'air dans la voile. Orientant les vents, je fais se soulever la voile, rajoutant petit à petit plus de vent encore, la faisant s'envoler à quelques mètres au-dessus du sol. Bon... la voile renforcée tient le coup, mais c'est moi qui peine un peu à bien répartir le vent dans la voile, qui va de gauche à droite, comme un cerf-volant complètement ivre. C'est pas bon ça... je risquerai de nous faire dévier de notre course et si je n'arrive pas à nous remettre en ligne droite, on pourrait bien risquer de dégringoler le long d'un des courants de Reverse Moutain et je pense pas que l'atterrissage se fera en douceur.
Ralentissant la force des vents, pour me concentrer d'avantage sur la répartition, je tâche de trouver le meilleur dosage venteux, rajoutant plus de force peu à peu, pour que j'apprenne à renforcer mes vents sur une surface, de manière homogène et étendue.
Je m'arrête en entendant les cordages commencer à sérieusement grincer.

J'inspire longuement, pour soupirer un grand coup en levant les yeux au ciel:

- Oh la vache, c'est autre chose que générer mes boules d'air comprimé, pour les expédier quelques secondes après!
Maintenir un courant d'air aussi large, tout en veillant à bien répartir la puissance de poussée, sur une longue durée, c'est galère, mais pour un vol assez court, je devrai gérer sans trop de soucis!
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_____Nous y sommes, au pied du mur, à la croisée des chemins, là où toutes les histoires commencent. Reverse Mountain, le torrent fou, celui qui défie la logique pour partir jour après jour à la conquête du ciel. Tractée par la majestueuse Pyrphidée, notre frêle embarcation ne paye pas de mine devant le défi qui l’attend : dompter les courants et imposer son chemin dans ce tumulte d’eaux et de pierres. Nous sommes six, nous sommes prêts, nous avons pris quelques provisions et bagages et nous échangeons des regards crispés, faisons les dernières vérifications avant que le signal tant attendu nous soit envoyé. Je nous lance, nous glissons, nous sommes emportés. Rapidement, nous prenons de la vitesse et je dois m’arc-bouter sur le gouvernail, Svinette pagayer d’ahan, Christo s’accrocher à son chapeau et Sharon crier à pleins poumons.

— C’est partiiii !, je m’écris joyeusement.

_____Nous sommes entraînés, catapultés. Le courant nous porte et nous prenons rapidement de la vitesse, au-delà du contrôlable : notre bateau, plus léger que tous ceux qui ont tenté la traversée avant lui, est bien plus rapide. Nous retenons notre souffle, concentrés, silencieux, parvenant à peine à nous diriger dans ces effluves impétueuses.

— Triborder !, s’époumone Sharon.

_____« Tournepiler, virervolter ! », continue-t-il avec une gestuelle équivoque. Sous les impulsions d’Yzora, nous slalomons élégamment pour éviter un ilot de rochers, penchons dangereusement, reprenons le cap puis nous stabilisons tant bien que mal. Je m’accroche où je peux : des manœuvres, nous en avons mis partout au cas où, même à l’extérieur pour pouvoir s’accrocher facilement en cas d’éjection imprévue. Et franchement, elles ne sont pas de trop. Toutes les quelques secondes, je manque de tomber, de me retrouver à l’eau, d’être surpassée par la puissance indomptable des éléments. Mais je serre les dents. J’affronte la tempête avec la rage et la certitude de l’aventurière, celle qui sait qu’au bout du tunnel il y a un monde merveilleux qui l’attend, et qui bouillonne de le découvrir. Des gouttes d’eau me fouettent le visage, le vent sifflant me glace les joues et ma respiration se fait de plus en plus courte, mais tout ça ne fait que me rappeler que je suis vivante, indéniablement vivante, et chaque seconde ce constat jouissif ne fait que gonfler mon moral ; ce malgré la douleur, malgré le froid, malgré la peur.

_____La tempête a béni mes éveils maritimes et d’ineffables vents m’ont ailé par  instants. 1

— Maintornubiler !
— Nous arrivons au sommet, je traduis : commence à catalyser ta tornade !

_____Yzora, qui semble partagée entre « mais qu’est-ce que je fous là laissez-moi partir » et « restons concentrée », hoche la tête et commence à rassembler les vents comme nous l’avons maintes fois répété. Le spectacle est impressionnant. Sortant de ses poignets, des trombes d’air serpentent et tournoient à toute vitesse, à la limite de l’implosion. Et pourtant, elle les garde sous contrôle, leur faisant gagner en puissance petit à petit, sans jamais les laisser s'échapper. À l’entraînement, il y a eu quelques ratés, et elle a parfois déchaîné des tempêtes mémorables sans le vouloir. Nous avons failli nous noyer et il a fallu apprendre à tenir, se tenir, rester à bord et maintenir. Nous avons renforcé les ailes et les voiles afin d'être parés à toute éventualité, pour ne laisser aucune place à la chance – ou plutôt la malchance, et nous avons une grande confiance en notre petite embarcation… trop grande, peut-être.

— Dépliez les ailes !

_____Alors que mon cri retentit, les rapides atteignent leur paroxysme et nous apercevons le sommet de Reverse Montain, l’endroit où il faudra bifurquer.

— Yzora, maintenant !!

_____

1. Arthur Rimbaud, Le bateau ivre.


Dernière édition par Anatara le Sam 12 Déc 2020 - 11:25, édité 1 fois
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Finalement, les tests s'avèrent concluants, même s'il y a quelques modifications à faire et c'est tant mieux. Avec le temps, j'ai appris à m'attacher à mon équipage et je n'aime pas trop m'éloigner d'eux trop longtemps et même nos quelques conversations/rapports via Den-Den Mushi. J'ai autant hâte de découvrir ce que recherche Anatara que retrouver mes partenaires à la fin de la mission.

Cependant, je dois bien vite laisser tomber toutes ces pensées dans mon esprit, pour pleinement me recentrer sur la principale difficulté de la première étape de notre plan, à savoir catapulter un bateau sur les falaises de Red Line. Après quelques recherches, j'ai vraiment l'impression qu'il n'y a eu personne d'assez cinglé pour entreprendre pareille entreprise. Donc soit il n'y a vraiment que cette tribu Zoukou sur place, soit les personnes qui ont accompli cet exploit sont restés sur place... Difficile à dire, mais de base, j'étais censée arrêter de réfléchir et me concentrer sur mes pouvoirs.

Je fais sortir des flux de vent continus de mes bras, les faisant serpenter autour de moi, pour aller ensuite dans le sillage du navire, pour se concentrer en une tornade qui enfle peu à peu.
Notre embarcation file à toute allure, me laissant pas spécialement rassurée: le moindre choc avec un récif et c'est le crash assuré et dans mon cas et celui de Skela la noyade garantie... En vrai, je sais même pas si une personne non-maudite et championne du monde de natation pourrait survivre à Reverse Moutain...

- Comme à l'entraînement, cheffe! Vous pouvez compter sur moi!

Plus on avance et plus la tornade grandit derrière nous, Skela restant agrippée sur mon épaule, sous sa forme de chat. Elle aura aussi son rôle à jouer, mais pour plus tard, parce que là... je dois simplement attendre le signal... qui vient... maintenant!

- OK! MERCI D'EMBARQUER SUR YZORA AIRLINES!!!

De la main gauche je contrôle et maintiens la tornade derrière le navire et et je projette de la main droite un large flux de vent, qui frappe brutalement la voile, donnant une autre impulsion à la barque... qui décolle finalement de la crète des vagues, s'envolant, avec l'action combinée de la pression dans les voiles et les ailes sur les cotés.
Ma navigatrice naine, quant à elle, profite du fracas des vagues et du grondement des courants, de la force du vent et des cris des autres membres d'équipage, pour me parler, de sorte à ce que je sois la seule à l'entendre. Les autres doivent penser que mon chaton roux panique et commence à miauler à tout-va, mais il n'en est rien.
Habituée de la navigation, elle m'indique clairement comment bien étaler le vent dans la voile, de manière à dévier le moins possible de notre trajectoire et à partir en ligne droite.

Cependant... ce ne sera pas assez!

- On va bouffer la pointe rocheuse! À GAUCHE ET LONGEZ LE BORD JUSQU'À CE QU'ON SOIT PLUS HAUT, POUR ATTERRIR!!!

Je jette un coup d'œil vers l'arrière, voyant que ma tornade est pas mal amoindrie... Hum... Si j'utilise aussi cette technique... ça devrait aller...
J'insuffle longuement de l'air par les narines, inspirant profondément... avant de projeter un puissant souffle par la bouche, dans les voiles, tout en projetant le reste des vents stockés dans ma tornade, pour faire s'élever d'avantage le navire.
Cependant, cette nouvelle impulsion fait grincer fortement le mât, qui tient bon avec les renforts métalliques, mais qui semble pas mal éprouvé sur le coup.

Cependant, occupée à vider mes poumons et mon énergie dans mes ultimes bourrasques, je ne peux pas donner les dernières instructions... et une vois stridente hurle sur mon épaule:

- À DROITE TOUTE!!!

Ayant tourné le dos le temps de crier, il y a juste à espérer que dans ce brouhaha, les autres aient confondu ma voix avec celle de Skela, qui vient de crier à l'instant... même si j'en doute fort...
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— Waouh, accrochez-vouuuuus !

_____Alors que notre embarcation fait son ultime saut, violemment poussée par les tourbillons de ma mercenaire, nous tentons tant bien que mal de nous accrocher, de ne pas être aspirés dans ce maelström d’incompréhension et de précipitation. Tout va si vite. Je vois Maxton qui fait un câlin au mât et Svinette qui tient le poignet d’un Christ qui manque de s’envoler. Sharon, lui, ne semble pas perturbé pour un sou et c’est limite s’il n’en profite pas pour sautiller vers le bastingage, afin d’admirer la vue impérissable que nous offre l’altitude et le geyser de Reverse Mountain.

— Chaparder !, dit-il avec un sourire complice.

_____Je ne cherche pas à comprendre et alors qu’Yzora hurle des instructions à elle-même, je vois les rochers s’approcher dangereusement ; je voudrais les éviter mais je ne peux rien faire : c’est comme dans un cauchemar, comme quand tu vois la mort arriver et que tu veux bouger mais que ton corps est paralysé… Tout à coup, après un énième cri particulièrement strident, le bateau fait soudainement un bond vers le haut, comme animé par une volonté propre. Nous percutons violemment la falaise et nous rebondissons une, deux fois. La coque se déchire dans un craquement de fin du monde et le mât se brise alors que la barque entame son premier tonneau.

— Sautez !, je crie à qui voudra bien l’entendre.

_____Sans y réfléchir à deux fois, je bondis agilement par-dessus bord et je me ramasse douloureusement contre un rocher bien trop solide et bien trop piquant… Et bien trop vertical ! Oooooooh ! Déjà, je commence à glisser ; je cherche à me raccrocher à quelque chose mais je ne récolte que des coupures, je panique, je vois déjà le vide se rapprocher mais je ne veux pas y croire : je vais survivre.

_____Je tombe à plat dos sur quelque chose de lisse, rebondis, roule, bascule, et soudainement ma main se referme sur quelque chose : une prise sur la paroi. Ma vitesse est telle que j’ai l’impression que mon bras va se déchirer et que mon épaule s’est déboitée, mais je ne lâche pas, jamais. Après quelques secondes, constatant que je suis toujours en vie et que je ne me rapproche plus du vide, je cherche une deuxième prise puis une troisième et une quatrième, encore. Le concours d’escalade n’était rien à côté de ça : Red Line, ce n’est pas de la rigolade. La paroi est abrupte, parfois même en dévers, et les prises brillent par leur absence, mais je sers si fort que la moindre aspérité me permet de tenir. Mètre après mètre, souffle après souffle, je regagne tout ce que j’ai perdu. Rapidement, je suis en sueur, je surchauffe, mon sac à dos me scie les épaules et j’ai peur. Je sens mon cœur imploser et je suis obligée de me vider la tête, ne penser à rien, juste à l’instant, juste à l’effort. Surtout ne pas se demander ce que je ferai après, où sont les autres ni combien de temps ça va durer. Juste l’effort, juste l’instant.

_____La falaise est magnifique. D’un rouge impérial, elle fait face à l’immensité de l’océan avec une grandeur non moins démesurée. De si haut, on a du mal à distinguer la mer qui ressemble à un vague bouilli de brume et de bleu, et les écumes du torrent encore proche projettent des trombes d’eau qui viennent nous bloquer la vue d’un voile translucide et blanchâtre. La roche est piquante et mes mains sont en feu, mais la falaise est solide et mes prises ne cèdent pas. Finalement, après un temps indéterminable, je parviens à me hisser sur une plateforme à peu près droite. Je suis seule, je suis mouillée, j’ai froid, j’ai un mal de chien et l’épaule qui me lance, je suis à bout de souffle mais je suis en vie.

_____Pendant ce temps, Svinette a pris Christobald par la taille et a souplement sauté du pont comme je l’avais indiqué. Contrairement à moi, elle a parfaitement contrôlé son atterrissage et n’a pas basculé dans le vide. Au sommet de la falaise, elle est rejointe par Sharon qui continue de sautiller en parlant de chaparlage. Puis il lui fait signe de le suivre et la mène vers la carcasse du navire, échouée un peu plus loin. Rapidement, ils récupèrent les quelques affaires encore récupérables, puis crapahutent entre les roches et les cailloux. Le sommet de Red Line n’est pas un sentier pour touristes : des rochers monumentaux sortent du sol dans tous les sens et du relief les accueillent avec la plus grande des inhospitalités, mais ils parviennent malgré tout à se frayer un chemin pour trouver le « chocon pendu »,  comme le dit ma vigie. Au bord du gouffre, le mât brisé s’est retrouvé coincé dans une fissure et menace de basculer dans le vide. En haut du mât, la tête à l’envers, Maxton n’a toujours pas lâché son étreinte et se tient toujours agrippé au mât, comme un singe ou un paresseux.


Dernière édition par Anatara le Sam 12 Déc 2020 - 11:33, édité 1 fois
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Le décollage est non seulement chaotique, mais l'atterrissage l'est tout autant, alors que le navire se fracasse sur les roches rougeâtres.
Tout le monde est envoyé valdinguer à gauche à droite et Skela bondit rapidement sur le coté, roulant-boulant au sol et je la suis rapidement. Rester sur ce bateau qui rebondit de roc en roc n'est clairement pas une bonne chose et j'ai dépensé pas mal d'énergie, peut-être trop pour stopper par moi-même la course folle de cette embarcation. J'utilise Cloche-Air, pour contrôler ma chute et éviter de m'encastrer dans un rocher.

Tournant la tête de gauche à droite, je vois l'équipage d'Anatara être pas mal chahuté à gauche à droite.
Finalement, je vois deux personnes autour de moi, semblant secoués mais indemnes; bon, j'ai déjà la moitié de l'équipage en vue... mais où se trouve la marchande... et... l'autre type qui était accroché au mât, lors du crash?

J'utilise Cloche-Air pour prendre de la hauteur et observer plus efficacement les environs, me retrouvant bien vite à survoler le rebord des falaise... pour retrouver Anatara au bord d'une falaise, semblant aussi entière, mais épuisée.
Quant à l'autre... Maxton si je ne m'abuse... là! Il est... Oh bon dieu!
Toujours accroché au mât, le coéquipier de la marchande pendouille dangereusement au-dessus du vide, ce qui me crispe fortement sur l'instant; avec tout le vent projeté dans la voile de ce mât, il doit avoir été pas mal fragilisé!

Je me précipite vers lui et saisis les deux principaux cordages encore reliés au mât, pour tirer fortement vers moi, pour éviter que le perchoir de Maxton ne bascule dans le vide:

- Descends tout doucement de ton mât, à moins que tu veuilles que je vous trouve une chambre à tous les deux?!?
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_____Tant bien que mal, je parviens enfin à me hisser sur une énième plateforme. La roche me ripe la peau et une douleur lancinante vient s’ajouter aux autres. Je sais que je saigne, et les nombreuses taches sur mes vêtements en lambeaux sont les témoins muets de l’épreuve que je viens de traverser. Concentrée, je m’apprête à m’attaquer à l’escalade de la paroi suivante quand je remarque des débris sur les côtés. Des bouts de bois, des morceaux de corde, des restes de coque éparpillés çà et là. Intriguée, je m’approche en boitillant, essayant tant bien que mal de ménager mes membres au bord du déchirement. Je montre les dents, combattant la douleur avec un rictus déterminé. Précautionneusement, je pose les pieds là où c’est le plus plat possible – plat tout relatif vu l’aspect accidenté des lieux, et j’avance tout doucement jusqu’à identifier une partie de l’aile droite de notre navire, presque intacte. Je fouille rapidement les environs et j’appelle du plus fort que je peux, cherchant les autres.

— Ouaiiis ? ?!, finit par me répondre une voix, toute proche.

_____Rassurée, je contourne deux-trois rochers en forme de pics démesurés, qui se dressent parmi tant d’autres au sommet de Red Line, comme sur la crête de quelque monstruosité dragonique. Au bout de quelques minutes, je retrouve Sharon qui semble parfaitement intact : pas une égratignure, même pas un peu de poussière sur ses vêtements. Excité, il me fait de grands gestes et disparait en sautillant derrière le relief. Je le suis comme je peux et je finis par arriver au bord du gouffre, et mon sang ne fait qu’un tour : accroché au mât, Maxton fait des cris désespérés tandis que Svinette et Yzora font de leur mieux pour l’aider en faisant pencher la structure de bois du bon côté… Svinette, agacée, est d’ailleurs en train de secouer le mât !

— Aller, descends de là, débile !

_____En quelques enjambées maladroites, je fais mon apparition et tente de calmer le jeu :

— Eh ohohoh, ça va pas non ? Tu vas le faire tomber !
— Mais c’est le but !
— Maxton, calme-toi. Je suis là, tu m’entends ?

_____Sans mot dire, l’homme hoche vigoureusement la tête. Celle-ci est rouge comme une tomate : on dirait qu’elle va exploser.

— Alors tu vas desserrer doucement, d’accord ? Tu vas glisser vers le bas, et Svinette va te récupérer. Ne t’en fais pas, ça va bien se passer.

_____Maxton secoue vivement la tête, refusant catégoriquement toute solution impliquant de se rapprocher du bord. Alors je me répète, je lui dis que tout va bien et que Svinette est là pour le réceptionner. Je lui dis d’y aller doucement, comme ça il aura toujours le temps de resserrer si ça se passe mal. Ce dernier argument semble l’avoir convaincu puisqu’il se met soudainement à glisser.

— Ah !

_____Aussitôt, il resserre son étreinte et s’arrête à nouveau. Il n’a progressé que de quelques centimètres. Mais la fatigue se fait ressentir et je sens qu’il ne va pas tarder à lâcher. D’un regard, je fais signe à Svinette de se tenir prête, parce qu’une fois le mât déchargé du poids du cartographe, il risque de se comporter comme une catapulte…

— C’est bien, Max ! Encore une fois !
— Non !

_____Max secoue la tête de plus en plus fort. Il a beau se voiler la face, je vois bien qu’il ne va pas tenir bien longtemps… Il lâche prise d’un seul coup et je fais de mon mieux pour le réceptionner ; mais ça va trop vite alors je sers tout au plus de piste d’atterrissage vivante.

— Ouarg !

_____Maxton ne pense même pas à crier. Il est tellement surpris et tellement mort de trouille qu’il en est paralysé. Au bout d’un moment, il a la présence d’esprit de remarquer qu’il m’écrabouille, et décide de se relever dignement. D’un coup d’œil, il constate que je suis en bien piteux état et m’offre maladroitement son aide, mais je suis bien trop énervée pour l’accepter. Je titube, me relève, trébuche, retombe et finalement finis pas me redresser en prenant appui sur le relief. Je suis couverte de sang, mes vêtements sont tellement en bordel que je serais plus présentable si j’étais à poils et je tiens à peine debout mais je suis vivante. En plus de ça, on est au complet, ce qui tient plus ou moins du miracle.

— Bien !, je conclue avec un sourire carnassier. Allons de l’avant !

_____Sur ces mots, je m’avance avec détermination dans la seule direction qui s’offre à nous : face à nous, une sorte de canyon se dessine et s’enfonce loin dans Red Line, aussi loin que porte le regard. Ce n’est pas vraiment un sentier mais c’est ce qui semble le plus raisonnable, le plus praticable, avec moins d’escalade et d’obstacles que les autres directions.

Bienvenue sur le toit du monde.
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