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Cordée populaire

Tenko Sozen
Tenko Sozen
••• Commodore •••

♦ Localisation : Grand Line

Feuille de personnage
Dorikis: 3731
Popularité: 309
Intégrité: 248

Dim 10 Jan 2021 - 0:02

Le soleil se levait à peine sur Bienvenue-les-Danseuses, dardant de faibles rayons roses à travers le ciel. Tenko passait en revue les hommes qui allaient commencer les patrouilles au sein de la ville. Un subtil équilibre avait été trouvé dans les proportions de locaux et d'étrangers qui composaient chaque escouade. Trois Absurdiens pour deux Requins. Ce mélange qui donnait la majorité aux insulaires avait permis d'établir l'exercice sur l'île après les récents évènements. Le commodore avait mis un coup de pied dans la fourmilière après avoir eu un accrochage avec la Milice Malicieuse. Et il ne comptait vraiment pas s'arrêter là. La piste d'Ed Duke, l'homme qui s'était infiltré au cœur de la base, restait aussi ténue qu'elle l'avait toujours été. Mais les éléments qu'il avait révélé à l'officier supérieur, concernant la possible présence de forces révolutionnaires sur l'île, ça c'était beaucoup plus facilement sondable. C'était là que le jeune homme avait développé ce stratagème. Sous couvert d'un exercice militaire, il avait réussi à calquer les zones de patrouilles de la Milice Malicieuse et à y faire passer ses propres hommes quelques minutes seulement avant les bouffons. Alphazoulou s'était montré réticent de prime abord, mais il avait finalement cédé sur la garantie d'avoir une majorité de ses hommes dans chaque groupement. Il pensait alors qu'aucun incident ne pourrait survenir de la sorte. Les soldats attendaient, au garde à vous. Trois cinquièmes d'entre eux affichaient un air las et apathique. Les deux cinquième qui restaient avaient reçu un briefing concis, dans lequel les informations importantes s'étaient diluées en descendant la chaîne de commandement. Ces soldats-là savaient qu'ils devaient reporter à leurs chefs de section, habillés en touristes et placé à égale distance de plusieurs rondes et d'un relais d'information, la moindre activité suspicieuse, qu'elle proviennent d'une source civile ou de forces paramilitaires.

"Messieurs, j'attends de vous le plus grand sérieux au cours de cet exercice. Votre garnison n'a jamais eu à interférer avec le maintien de l'ordre sur cette île, et de ce fait vos compétences dans l'exercice de ce type de missions n'ont pu être développées. Chaque chef d'escouade connaît sa ronde. Vous patrouillez pour une durée de quatre heures. Vous rejoignez votre point de départ et l'équipe suivante prends la relève. Prenez ce travail au sérieux, je compte sur votre conscience professionnelle. "

Les marins se mirent en marche, passant le portail et disparaissant chacun d'un côté du chemin. Tenko n'attendit pas longtemps avant de rejoindre un autre groupes de soldats, quatre hommes qui attendaient plus loin. Ils avaient tous enlevé de leur bras le foulard qui les distinguaient de leurs homologues locaux. Quatre sous-officiers qui suivaient le commodore depuis un bon moment déjà. Le jeune homme jeta son manteau dans la réserve à laquelle ils s'étaient tous accoudés, ne gardant sur lui que l'uniforme du rang. Aucun signe distinctif qui put le trahir une fois sorti de l'enceinte de la base.

"On y va."

Ils se dirigèrent vers la capitale à leur tour. Pendant plusieurs jours, Tenko s'évertua à patrouiller avec ces hommes de confiance, prenant le soin d'imiter les autres groupes de marins, tout en cherchant un individu en particulier. Il n'avait pas renoncé à retrouver Ed Duke, bien qu'il comptait à présent sur un coup du destin pour croiser le chemin de l'intrus. Mais il ne se montra pas. L'officier supérieur se doutait bien qu'il ne serait pas si facile de mettre la main sur lui si facilement. Il avait dû repérer les patrouilles assez facilement et avait probablement analysé leur chemin aussi. Ou il avait tout simplement quitté l'île. Mais ça, le commodore n'y croyait pas vraiment. Quand il rentrait à la base, il prenait constamment la température auprès de Karnak. Les soldats semblaient avoir un impact légèrement positif sur les tensions au sein de la ville. La Milice se montrait beaucoup moins véhémente et les citoyens avaient droit à un certain répit en présence des patrouilles. Mais rien ne semblait réellement sortir de l'ordinaire. A part peut-être la présence envahissante d'Alphazoulou et de ses gradés. Ils devinrent très rapidement suspicieux et ne tardèrent pas à remarquer l'absence presque quotidienne du commodore. Tenko se résigna donc à rester à la base.

"Quelle bande d'emmerdeurs."

"Tu parles, Janna, on vient foutre nos gros sabots dans leur business."

Karnak et Janna étaient assis l'un en face de l'autre, battant des cartes sur la table qui les séparait. La médecin chef haussa les épaules en levant les yeux au ciel. Elle aussi avait eu son lot de travail à former les escouades médicales de la base. Les deux officiers n'avaient le plaisir de partager sa compagnie que depuis quelques jours. Tenko, assis dans un siège peu confortable, avait rabattu sa casquette sur son visage et avait posé ses pieds sur son bureau. Il détestait rester inactif mais il n'avait pas vraiment le choix.

"Voulez faire une partie, commodore?"

"Je veux foutre mon nez dans leur linge sale"

Karnak ne put s'empêcher de ricaner en tirant une latte sur son cigare. Janna se mit à sourire elle aussi. C'était là ses deux bras droits et ils faisaient partie des rares personnes que le jeune homme pouvait considérer comme des amis. La jeune femme ne put s'empêcher de rebondir sur sa réponse.

"Il va se transformer en ménagère à force, Bill. Va falloir faire quelque chose."

Alors que Karnak commençait à esquisser un sourire, l'escargophone personnel du commodore commença à sonner. Ils s'interrompirent alors que Tenko se jetait sur l'appareil pour décrocher. Les deux autres posèrent leurs cartes et regardèrent, interrogatif, leur supérieur. Ce dernier resta attentif pendant les quelques secondes que dura l'appel avant de donner ses ordres.

"Bouclez le périmètre et contactez les autres patrouilles. La Milice ne mets pas un pied dans cet entrepôt avant que je l'ai décidé. Je me dépêche."

"De l'agitation?"

"Enfin!"

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Tenko Sozen
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Dorikis: 3731
Popularité: 309
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Lun 11 Jan 2021 - 22:17

Une quinzaine de soldats étaient postés à l'extérieur, formant un cordon impénétrable devant lequel avaient commencé à se regrouper les badauds. A l'intérieur, c'était un vieil entrepôt qui se dévoilait. La tôle était dégradée là où la rouille faisait son ouvrage, des montagnes de tissus mités étaient entreposées dans un coin et le sol de béton était lézardé de fissures d'où sortaient de jeunes pousses d'herbe. Des poutrelles couleur vert-de-gris couraient entre les parois. Les vitres du toit étaient recouvertes de guano. L'humidité suintait le long des parois comme la sève d'un arbre. Mais en entrant dans ce lieu lugubre, c'était la femme pendue au centre de la pièce qui attirait immédiatement le regard. C'était une femme d'une trentaine d'année. Ses cheveux bruns étaient couverts de sang et il en manquait par touffes entières. Elle portait une tenue fantasque, qui ne détonait vraiment pas des accoutrements locaux. Son visage comme son cou portait les stigmates de sa fin cruelle. Ce qui glaça le sang de Tenko, c'était sûrement ses yeux vitreux qui fixaient le vide avec obstination. Ce n'était pas la première pendaison dont il avait été témoin, mais celle-là avait quelque chose de terrifiant. Les soldats qui gardaient l'intérieur du bâtiment faisaient d'ailleurs tout les efforts du monde pour éviter de croiser le regard de la défunte. Même Karnak semblait décontenancé. Mais pas Janna. Elle s'approcha de la victime alors qu'un soldat rapportait à Tenko une notice qui avait été glissée entre les pieds de la jeune femme. Il l'ouvrit et lut le message qui y était inscrit à voix haute.

"Service rendu au peuple."

"Rien que ça tiens! On va aider celui qui a fait ça à notre manière, nous aussi."

Karnak se saisit du bout de papier et commença à inspecter les affaires qui avaient été retrouvées sur le corps. Pendant ce temps-là, le commodore se rapprocha de Janna. Cette dernière avait fait descendre le corps et commençait à l'examiner sous toutes ses coutures. Elle ne sembla pas être déconcentrée par le jeune homme. Ses mains parcouraient le corps, touchant des points qui devaient probablement lui apporter des informations sur l'état de santé pré-mortem. De son côté, Tenko remarqua assez rapidement le teint particulièrement bleutée de la victime. Il n'eut pas à poser la question.

"C'est la première fois que je touche un cadavre aussi froid..."

"Ca doit faire plusieurs jours qu'elle est là, non?"

Janna se retourna, un air circonspect sur le visage. Tenko comprit rapidement qu'il venait de dire une connerie. Il se pencha au niveau de son amie et l'observa vérifier une fois de plus ses observations. Il y avait quelque chose qui dérangeait vraiment la jeune femme.

"Touchez-la. Vous allez vite comprendre.

Le commodore s'exécuta. Il posa sa main sur le corps de la jeune femme et ressentit presque une brûlure sur la peau de sa main. Il la retira immédiatement. Le bras de cette femme était aussi gelé que la glace. Comme si on l'avait plongé dans les eaux polaires pendant quelques heures avant de l'accrocher au milieu de cet entrepôt. Déconcerté, il se tourna vers la médecin.

"C'est quoi ces conneries? Il fait pas loin de trente degrés dehors!"

"Si ça s'arrêtait là. Regardez sur les phalanges, ce sont des engelures. Le genre qu'on attrape quand la température passe bien en dessous de la barre du zéro. La dernière fois que j'en ai vu d'aussi sérieuses, c'était sur une patrouille de haute montagne qui avait été prise dans une avalanche."

Elle marqua un temps d'arrêt pour laisser son supérieur réfléchir. Les dispositifs réfrigérants les plus performants ne pouvaient pas amener un individu à une température si basse. Et s'il y en avait de ce genre sur l'île, ils étaient forcément au sein du palais de Wakopol, qui n'aurait pas fait placer une note aussi litigieuse sur le cadavre. Rien ne s'accordait dans cette histoire, encore un de ces mystères qui poussaient comme des mauvaises herbes sur l'île. Des bruits de conversations de plus en plus forts traversaient la paroi de tôle. Janna finit son exposé.

"Dernière chose, commodore. Elle est morte de froid avant d'être pendue au bout de cette corde. Et elle est morte ce matin."

"Merci Janna. Prévenez moi si vous trouvez autre chose."

Tenko se détourna, profondément interloqué par les nouvelles qui venaient de tomber. Ce qu'il avait sous les yeux semblait tout bonnement impossible. Et comme toute chose qui semble interdite aux lois de la nature, cela suggérait une origine plus... dangereuse? Il s'en retournait vers Karnak quand un sous-officier ouvrit la porte de tôle de l'entrepôt.

"Commodore! La Milice est là et on aurait bien besoin d'un peu de soutien!"

Tenko acquiesça silencieusement et s'arrêta brièvement près du lieutenant Karnak qui observait toujours les affaires de la défunte. Sans lever les yeux d'un petit calepin qu'il tenait entre ses mains, il écouta attentivement les consignes de son supérieur.

"Elle est morte de froid ce matin et on a maquillé ça en pendaison, Bill. Remontez la piste pendant que je retiens la Milice. Soyez discret."

"Comme toujours, commodore. Vous croyez que c'est votre pote qui a fait ça?"

"Honnêtement, j'en sais rien. C'est à vous de le découvrir."

Karnak fit un mouvement de tête avant d'appeler un soldat et de lui confier son uniforme. Il portait des habits civils sous son manteau depuis quelques jours, pour faire des sorties nocturnes dans la ville, ce que son supérieur cautionnait. Il se faufila à travers une porte au fond de l'entrepôt. Tenko marcha en pleine lumière pour rejoindre les soldats cantonnés dehors.



Dernière édition par Tenko Sozen le Jeu 14 Jan 2021 - 19:22, édité 1 fois
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Jeu 14 Jan 2021 - 19:21

Une rue large s'étendait devant l'entrepôt. Autrefois, dans les premières années de Sainte-Hélène, ç'avait été un lieu de commerce et l'architecture en témoignait. Le sol était pavé de briques de couleurs, formant aujourd'hui une mosaïque délavée par la pluie. Les bâtiments d'en face affichaient des vitrines, certaines brisées et d'autres bardées de planches de bois pour en cacher l'intérieur. Les appartements qui les surplombaient, autrefois propriété des commerçants, étaient abandonnés. Au centre de la voie, des blocs de béton s'élevaient à un mètre au dessus du sol, évidés à l'intérieur et pourvus de bancs sur les côtés. Des arbres et autres végétaux avaient autrefois dû les garnir. Une bien triste vision du gâchis de Wakopol. Ses malabars se tenaient de l'autre côté de la rue. Les civils avaient évacué la zone quand les tensions avaient commencé à monter. Les marins tenaient une formation serrée, leurs fusils à la main, canons baissés vers le sol. En face d'eux, des gourdins, des piques, un pistolet dans quelques mains. Tenko se rapprocha du sous-officier qui gérait la vingtaine de soldats qui se trouvaient à monter la garde devant le hangar. C'était un Requin, un homme d'une quarantaine d'année, le regard dur, une épaisse moustache qui lui donnait un air encore plus sévère.

"Regardez-les, à faire les marioles."

Les miliciens faisaient des grimaces aux soldats. Cela faisait partie de leurs tactiques d'intimidation. Mais si les mouettes locales se sentaient vraiment mal à l'aise dans cette situation, trop habitué à ne pas se confronter aux clowns, les hommes de Sozen restaient de marbre. Mais ce dernier pouvait quand même sentir leur frustration. La situation ne pourrait pas durer éternellement. Ils avaient attiré l'attention sur eux en mettant en place un tel dispositif de sécurité autour de la victime. Maintenant, ç'allait être une bataille de juridiction. Un grand homme se détacha de ses camarades de l'autre côté de la rue. Il portait une peau de bête sur ses épaules et un espèce de kilt en guise de bas. Une longue hache luisait à la lumière du soleil entre ses mains. Il la jeta en arrière, posant la hampe à la base de son cou, la lame dépassant derrière sa tête. Il portait de nombreuses cicatrices sur le visage. Un air patibulaire, que ponctuait des yeux noirs de jais et une bouche serrée.

"Bon, z'allez m'écouter les mouettes. Ici, c'est chez nous! Et j'veux pas voir vos sales tronches sur mon paillasson!"

Quelques ricanements éclatèrent, semblables à des rires de hyène. Le gorille ne put s'empêcher de sourire avec fierté alors qu'il commençait à faire balancer son arme autour de lui. Tenko put remarquer que certains de ses hommes commençaient à se crisper. La situation pouvait glisser à tout moment et foutre un bordel monstrueux. Mais il comptait bien jouer là-dessus. Comme lors de sa dernière altercation avec les paramilitaires, il savait que personne n'oserait mettre le feu aux poudres sans raisons valables.

"C'est gentil de nous le faire savoir."

Le commodore dépassa la ligne que formait ses hommes à son tour, se plaçant à une paire de mètres du colosse. Ce dernier le dévisagea, l'observant sous toutes ses coutures. Les galons de Tenko brillaient eux aussi au soleil. Le milicien sembla reconnaître le grade, ou du moins la position hiérarchique du soldat qui se tenait en face de lui. S'il avait montré les dents en grognant, le jeune homme n'aurait pas été surpris. Il se contenta d'éclater de rire. Un rire puissant et caverneux qui dura une bonne dizaine de secondes, presque surjoué sur la fin.

"Tu crois que tu me fais peur, petit homme? Grasco le faucheur d'arbre n'a peur de personne!"

Comme pour donner plus de crédibilité à ses paroles, il se donna un violent coup de poing sur le torse. Puis d'un mouvement soudain, trop rapide pour que les soldats qui se tenaient derrière l'officier ne réagissent, il jeta un coup d'épaule pour venir planter sa hache entre lui et Tenko. Avec une vitesse affolante, la lame se planta profondément entre les pavés, à quelques centimètres devant le marin. Ce dernier ne bougea pas d'un cil, il ne risquait pas grand chose face à ce genre d'énergumène. C'était juste un tour de force puéril. Mais les mouettes commençaient à vraiment perdre patience. Leur commandant put entendre les fusils qui se levaient et ils
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