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Le Nettoyeur de Bliss

Loth Reich
Loth Reich
Moine Hérétique

♦ Localisation : Blues
♦ Équipage : Aucun

Feuille de personnage
Dorikis: 5627
Popularité: +728
Intégrité: 710

Dim 10 Jan 2021 - 22:50

- Le corps est encore tout chaud ! Faut y aller !
- Inutile de se presser, le cadavre ne va pas s’enfuir, si ? Laissez-moi terminer mes brochettes.
- On vous a pas invité pour vous empiffrer !
- La ferme Lieutenant, c’est Jay-jay qui l’a invité.

Loth dégusta entièrement ses brochettes de seiches au miel avant de se mettre en branle pour la scène de crime. La cariole filait à toute allure sur la rue G, la principale avenue sise dans le quartier chaud de la ville. Il était minuit passé. Une foule dense des fêtards aurait déjà dû s’y agglutiner, attirée par les lieux de plaisirs, les restaurants et la musique trop forte, remarqua le Moine Hérétique. Habituellement, ils auraient été pris dans un embouteillage monstre de voitures hippomobiles en tout genre.

- Au moins les commerces sont ouverts, c’est juste que les gens n’osent plus trop sortir, déclara tristement Davina Grantz. J’espère que tu vas régler ça rapidement, le binocle !
- Hmph…
- Toujours aussi bavard. On est encore loin, Lieutenant ?
- On a trouvé le corps à la 8e Tranche.
- C’est une des nouvelles cités extramuros qui ont poussé comme des champignons ces derniers temps. On y sera en moins d’une demi-heure. Ça remonte à quand ta dernière visite à Bliss ?
- Les funérailles de feu de ton père.
- Ah. Sept mois ont passé depuis. C’est la première crise qu’affronte Jay-jay depuis qu’il a été couronné. Il pense que si tu avais accepté le poste proposé, il n’y aurait rien eu de tel.

Il fallut un moment à Loth pour comprendre à quoi elle faisait allusion. Cette information, il l’avait archivée quelque part, très loin dans son cerveau. Au lendemain de son couronnement, le nouveau roi l’avait effectivement prié d’accepter le poste de conseiller royal. Il aurait volontiers accepté, si le prérequis n’incluait pas de se sédentariser à Bliss. Loth aimait beaucoup cette île -dont il était d’ailleurs le citoyen naturalisé- tout autant que l’hivernale Boréa dans North Blue, mais son cœur était celui d’un nomade. Très peu de ses voyages à Bliss avaient eu pour thème congés ou villégiature, constata-t-il. Lutte contre les syndicats ouvriers, contre Ashura et son réseau de blanchiment d’argent, chasse au trésor s’étant transformé en combat contre un révolutionnaire cannibale où le précédent souverain a trouvé la mort…

- Vrai qu’à chaque fois que tu te pointes, y a un truc chelou qui se passe ici, le binocle, déclara Davina comme si elle avait lu ses pensées.
- Rappelle-toi : vous m’avez invité. Je n’y suis pour rien cette fois-ci.
- On est arrivé; déclara le lieutenant. Pour votre sécurité, princesse…
- N’essayez même pas Roches, je viens. Jay m’a dit de coller à Loth comme un cataplasme sur une plaie.
- C’est toi la plaie.

Le corps n’avait pas été dissimulé. Un long couteau planté dans l’abdomen, il gisait sur le sol au milieu de la ruelle piétonne. De part et d’autre s’élevaient les immeubles d’habitations gris qui formaient cette banlieue étendue et laide. La mare de sang qui entourait le corps indiquait que la victime avait été tuée là. Loth jeta un regard aux immeubles. Très peu de lumières, personne aux balcons. Pas très étonnant à cette heure de la nuit. L’odeur de tripes due à la l’éventration saturait l’air. Il s’approcha puis s’agenouilla pour humer la victime, ignorant les regards ronds que lui lancèrent les Marines. Davina l’imita dans ses œuvres.

Si près, le cou de la femme embaumait l’essence de pétunia, un parfum bas de gamme à l’instar des bijoux en toc et des friperies qu’elle portait. Il nota mentalement : femme de la tribu des longs-bras, blanche, blonde, yeux verts éclatants -enfin plus maintenant-, pommettes relevées, taille fine, 1m79 maximum. Elle était belle malgré tout. Des hématômes cerclaient ses poignets, signe que quelqu’un l’avait fortement agrippée. Il s’arma de sa loupe et son flash dial. Sur le manteau en peau de vision de la victime, il releva un long poil brun. « Chien ? » demanda Davina. Loth acquiesça du chef et enchaina : « Rien sous ses ongles, dommage. Elle n’a pas pu blesser son agresseur ». Il porta son attention sur le couteau qu’il mesura minutieusement avec mon mètre ruban. Le manche mesurait dix centimètres et semblait être fait d’un bois couleur noire avec des motifs naturels bruns pâles entrelacés. « On dirait du palmier... » murmura le Moine.  

- Faux ! rétorqua la princesse à quatre pattes, contente de corriger ce monsieur-je-sais-tout. C’est de la Morta.
- Vraiment ? fit Loth, sincèrement surpris. Comment peux-tu le savoir sans aucune analyse ?
- Parce que nous en avons une collection au palais. En plus, les couteaux, c’est mon dada, répondit-elle en montant l’intérieur de sa veste où étaient rangés une trentaine de couteaux de toutes tailles.
- C’est peut-être toi le meurtrier, tiens. Tu étais où ce soir ?
- Avec toi, triple andouille.
- Pardon, mais c’est quoi cette morta ? demanda Roches en interrompant leur rigolade.
- Quand elle vivante, cette plante est appelée chêne des marais, répondit Loth. La morta est un chêne mort, qui a séjourné des milliers d’années piégé dans les tourbières. En exploitant les tourbières, les hommes ont excavé cette matière qui est très prisée pour sa robustesse. Qui vend ce genre de couteau, Davina ?
- Aucune idée, je vais demander au maître d’armes du palais royal. Ça peut être une bonne piste. Quid des couteaux qui ont servi à tuer les précédentes victimes, lieutenant ?
- Pour nous, c’étaient de banals couteaux de boucher...
- Je dois réexaminer tout ce que vous avez, déclara Loth.
- T’inquiète, ils ont déjà préparé ça, j’y ai veillé. Le Colonel Dickson, maudit soit-il, n’a formé personne pour prendre sa relève. Quand il a démissionné, il a laissé la 19è dans un putain de désordre. Ils ont tous fait du travail d’amateur. Tu pourrais rester après pour les former à mener une enquête en bonne et due forme, Binocle.
- Terminons déjà ce que nous avons commencé ici.
- La lame est en inox et non gravée, constata la princesse. Etrange... l’artisan n’a laissé sa signature nulle part. Ni sur la lame, ni sur le manche.  
- C’est pour ça que pour nous, c’étaient juste des banals couteaux de bouchers, se défendit le lieutenant, piqué à vif par les remarques acerbes de Davina Grantz.
- Et bien sûr, vous avez passé votre temps à interroger tous les bouchers de Portgentil ?!
- Pas que, Princesse, on a également interrogé les associations de chasseurs, les ménagères et tous ceux qui peuvent utiliser ce genre de couteaux.
- Ce que je dis. De l’amateurisme. Taisez-vous et apprenez du meilleur ! A-t-elle été abusée ? demanda-t-elle en se retournant vers Loth occupé à farfouiller sous les jupes du cadavre.
- Pas de viol, apparemment. Correction, je ne suis pas le meilleur. Dickson était bien au-dessus, les détails qu’il repérait et les déductions qu’il en faisait... dieu ! C’était de l’art !
- C'était aussi un lâche et j'en suis pas fan.
- Il avait ses raisons.
- Sinon, cette éventration tout de même ! Le tueur a embroché la pauvre dame dans l’aine puis a remonté jusqu’au sternum. Il l’a sacrément ouverte, comme un putain de poisson ! Regarde, le premier coup était si violent que la pointe du couteau est ressortie dans son dos.
- Soit ce type est un monstre, soit, il ne connait pas sa force.
- T’inquiète binocle, il va bientôt apprendre à connaitre la nôtre.


Dernière édition par Loth Reich le Lun 11 Jan 2021 - 23:45, édité 2 fois
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Dorikis: 5627
Popularité: +728
Intégrité: 710

Dim 10 Jan 2021 - 22:53

- C’est la première fois qu’il tue une Long-bras, souligna le lieutenant Roches après un long moment de mutisme.
- Parce qu’il a déjà tué d’autres espèces humaines ?
- Tu n’as pas lu dossier, binocle ?
- Quel dossier ? Je te signale que je suis descendu de la translinéenne, il y a une heure à peine.
- Je pensais que Jay t’avait escargofaxé les éléments avant de t’inviter.
- De lui, j’ai reçu un coup de fil qui a duré 30 secondes. « Meurtre en série sur mon île. Gère-moi ça. Tu as carte blanche. » J’ai donc sauté dans le premier bateau.
- Lieutenant, faites un topo à Loth, je vais me joindre à l’équipe qui fait du porte-à-porte.  
- C’est pas prudent princesse, laissez ce soin à mes hommes qui ratissent déjà les alentours. Les rues sont sombres, le tueur peut se cacher encore là.
- Je n’espère pas mieux, lieutenant ! clama-t-elle avant de disparaitre à la vitesse d’un Soru.
- Les Grantz de Bliss ! marmonna Loth en hochant la tête d’un air amusé. Dites-moi tout, Roches. C’est inutile de vous inquiéter pour elle, Davina sait se défendre, nous avons combattu ensemble l’As de la Révolution Baba Giant. Vous n’êtes pas d’ici, n’est-ce pas ?
- Non, avoua-t-il. J’ai été muté après la mort du vieux roi et depuis cette famille ne cesse de me surprendre
- Vous vous y ferez. Il y a eu combien de victimes ?
- Celle-ci est la quatrième qu’on attribue à ce tueur.
- Lui avez-vous donné un surnom ?
- Nous, non, mais la presse le surnomme déjà « El Cucuy ».
- C’est un monstre du folklore des peuplades du midi de South Blue. Dois-je supposer que certaines des victimes viennent de cette communauté ?
- Oui, les deux premières victimes. Des immigrées de seconde génération.
- Des suspects ?
- Différents suspects pour chaque meurtre mais aucun qui fasse consensus.
- Dans ce cas, qu’est-ce qui vous amène à supposer que c’est une série ?
- Y a les couteaux, l’éventration, les victimes âgées entre 20 et 30 ans...
- D’autres points communs ?
- Elles étaient toutes fringuées chic. Les deux premières et notre dernière là allaient sans doute sortir s’amuser ; la victime 3 rentrait d’une soirée étudiante fortement alcoolisée.
- Quoi d’autre ?
- C’est tout, je crois.
- Les points de divergences ?
- Jusque-là on a trois humaines, une femme-poisson et une longue-bras. A part la femme-poisson, on a retrouvé les armes du crime, soit sur la victime comme ici, ou pas jetées pas loin.
- Quid des couleurs de cheveux, du milieu social ?
- Rien en commun, répondit-il en consultant ses notes griffonnées sur un calepin.
- Agressions sexuelles ?
- Non plus.  
- Ça ne ressemble pas à une série. Il est inhabituel pour un tueur en série d’avoir des critères autant dissemblables, surtout de races.
- Cherchez pas de logique, c’est probablement un déséquilibré couplé à un frustré de la vie qui s’attaque aux femmes ! Pas besoin de faire une longue théorie sur ça !
- Et pourtant, il n’y a rien ici qui suggère l’acte d’un fou, fit Loth en désignant la scène de crime. L’éventration a été faite d’un trait sans aucune marque d’hésitation. Le sac de la victime et ses bijoux n’ont pas été dérobés. Et à part le poil étranger retrouvé sur la victime, il n’y a rien d’autre ici si ce n’est la salissure originelle de la ruelle passante. M’est avis que c’est définitivement trop propre pour un déséquilibré qui attaquerait juste sans raison.
- Eviscérer n’est pas ce que j’appelle l’acte de quelqu’un de normal !
- L’éventration, en sciences du comportement, est un acte qui a une symbolique phallique. La quasi-totalité des éventreurs que j’ai capturé étaient impuissants sexuellement. En poignardant, puis en éventrant leurs victimes, ils recréent l’acte sexuel.
- C’est ce que je dis ! Un frustré ! Il est en chien !
- Gardons-nous de conclusions hâtives. Vous n'avez pas retrouvé la pièce d'identité dans le sac ?
- Non, à croire qu'elle sortait sans. On l'identifiera surement avant le lever du soleil.
- Dans ce cas, il n'y a plus rien à tirer ici, nous pouvons rentrer à la base. J’ai hâte de lire ce que vous avez empilé pour moi, dit-il en se relevant, les yeux fixés sur la voûte étoilée. Ah! Une dernière chose, lieutenant ; je ne suis pas là pour vous voler la vedette, je ne peux être plus célèbre que je ne le suis à Bliss. C’est d’ailleurs pour cela que je tiens à garder ma présence secrète, autrement les tabloïds se déchaineront. Je vous laisserai tout le mérite de la capture du criminel, aussi, j’espère une parfaite coopération loin de cette animosité que je sens poindre ?
- D’a... d’accord monsieur. C’est juste que...
- C’est frustrant de se voir appointer un civil pour diriger votre enquête ? Considérez-ça comme une occasion d’apprendre l’un de l’autre. J’adore la richesse des autres.
- C’est quoi cette futile conversation, Binocle ? Mâte plutôt ce que j’ai dégoté derrière une benne à ordure !

C’était un petit homme famélique qui exhalait une forte odeur de xérès. Il promenait sur l’assistance un regard hagard et paniqué. A en juger par son uniforme, il devait officier en tant qu’agent de sécurité dans le patelin. Hank Rafferty était floqué sur son torse. « Il dit ne pas se souvenir de la dernière heure » précisa Davina, courroucée. « Pas étonnant vu son niveau d’alcoolémie ! Jetez-moi ça dans la plus exigüe de vos cellules, la mémoire lui reviendra bien assez tôt ! » La Marine passa le reste de la nuit à ratisser le quartier sans avancée notable.

De son côté, la nuit fut studieuse pour le Moine Hérétique. On le logea dans l’ancien bureau du Colonel Arsène Dickson. Loth était connu pour être un criminologue spécialisé dans les sciences du comportement humain, une discipline encore balbutiante qui ambitionnait de décrypter et prédire les actions des criminels à travers plusieurs approches et théories liées au comportement. Dans cette myriade de sciences complémentaires, la victimologie ou l’étude des victimes demeurait l’angle d’attaque préférée du binoclard.

La première victime était très singulière. Le tueur semblait s’être particulièrement déchainé sur elle. L’éventration n’était pas aussi nette que sur la dernière, le tueur s’y étant repris à plusieurs reprises. Comme s’il avait hésité, comme si sa main avait tremblé. Était-ce à mettre sur le compte de l’inexpérience, ou de la rage ? Le tueur connaissait-il personnellement la victime ? Elle s’appelait Maria Conception, 25 ans, de race humaine, célibataire. Elle travaillait à mi-temps comme secrétaire dans une imprimerie. Son meurtre remontait à trois mois avant l’arrivée du Binoclard. L’arme du crime était un long couteau avec un manche d’un bois anthracite veiné de blanc. Encore de la morta...

La seconde victime avait été tuée avec un couteau de même facture, une semaine après la première. Ramona Acevedo était une humaine de 28 ans, au chômage. Les photos prises sur la scène de crime étaient étrangement semblables à celles de la dernière victime. Ruelle mal éclairée, corps découvert à une heure du matin, victime allant ou revenant de soirée. L’éventration avait été plus « propre » que celle de la première victime. Le tueur avait-il gagné en certitude ? Elle avait été tuée dans la 2e Tranche, lut Loth dans le rapport. Où avait été tuée la première victime déjà ? s’interrogea-t-il. Malgré une refouille des éléments, il n’y avait aucune mention de cette information. Davina avait raison se dit-il, c’était du travail d’amateur.

La troisième victime était toute aussi intéressante que la première. Femme-poisson de la race des carpes koïs, Aqua-Lina, 23 ans, était une jet-setteuse issue d’une famille riche ayant fait fortune dans l’aquaculture. Les photos de la scène avaient fuité et firent la une de tous les tabloïds à coup de phrases chocs, chacun s’en allant de son surnom donné au tueur. "El Cucuy" ou "l’éventreur de Bliss" revenaient le plus souvent. A partir de ce moment, une peur diffuse s'installa sur l'ile. Ce meurtre eut lieu une semaine avant son arrivée, soit deux mois et deux semaines après la deuxième victime. Cette pause l'intriguait tout autant que l'arme du crime qui n'avait pas été retrouvée. Ayant tué les deux premières victimes à une semaine d’intervalle, Loth s’attendait à ce que le tueur monte plus en puissance. Décidément, ce tueur aimait sortir des sentiers balisés. Aqua-Lina avait été tuée dans la 4e Tranche.

- Cette histoire de Tranche... murmura-t-il dans la solitude de son bureau.
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