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Classe verte

Thomas Lewis
Thomas Lewis
••• Agent de catégorie III •••


Feuille de personnage
Dorikis: 680
Popularité: 0
Intégrité: 0

Mar 19 Jan 2021 - 21:43

Faut que je te dise un truc, l’ami. Je suis pas quelqu’un de très peureux, sans vouloir me vanter, et je m’en sors plutôt bien dans la vie, en général, je veux dire. Je suis plutôt sûr de moi, je me repère en ville sans trop de problème, je sais comment jacter un minimum, tout ça. Comme un bon espion, quoi. Mais en terres sauvages, là, c’est une autre paire de manche. Tu sais faire un feu, toi? Moi pas. Cette plante bizarre, là, à mes pieds? Aucune idée de ce que ça peut être. Je goûterai bien, mais j’ai l’impression que si j’approche ce truc là de mon estomac, c’est tout le système digestif qui part à la dérive. Alors tu me diras, ouais mon bon vieux Tom, on s’en fout, t’es sûrement encore entrain de filer un blaireau de la Marine dans un petit endroit urbain tout chaleureux ! Sauf que si tu suis un peu et que tu regardes le nom de l’île au dessus, tu comprendras que je suis un peu dans la merde. Boyn, c’est quand même vachement pourri. Heureusement que les bottes des Mouettes sont résistantes, sinon je pataugerai déjà dans la boue, là. Je me suis déjà fait piqué par trois insectes, j’ai failli me viander une bonne demi-douzaine de fois, et j’ai marché sur un espèce de vieux champlard tout moisi qui veut pas se décoller de ma semelle, je crois même que ce con pousse à vue d’œil sur le caoutchouc. Je suis tellement pas dans mon élément que quand j’ai eu le briefing de mission, j’ai osé protester pendant une seconde. C’est pas vraiment conseillé, alors je me suis ravisé, mais quand même, j’étais pas jouasse.

Je le suis encore moins depuis que j’ai posé pied ici. Tu veux savoir ce que je fais là? Un sergent-instructeur complètement timbré s’est dit que ça serait une bonne idée d’emmener toute une garnison ici, sur ce qu’on surnomme affectueusement l’Enfer Vert, pour faire un genre de super-entraînement. Moi, je trouve ça surtout super-con, mais j’ai pas mon mot à dire. J’espère que t’es d’accord avec moi quand même, quelle idée d’entraîner ses hommes sur une plante carnivore géante… Je suppose que les collègues du bureau de propagande font du bon boulot, et que la Marine manque pas de chair à canon, mais bon, tout de même… Je me gratte la nuque, je crois que je me suis encore fait piqué par une bestiole. Heureusement que mes vaccins sont à jour, même si dans tout les cas, je crois bien que je suis bon pour un séjour à l’infirmerie une fois la mission finie.

« Lieutenant sous-instructeur ! »

C’est une voix sur ma droite qui m’interpelle. Grave, dure, ferme. C’est l’idiot qui a eu la brillante idée de venir ici, et accessoirement, c’est mon supérieur du moment. Heureusement que ma couverture c’est d’être son assistant, et pas d’être une de ces recrues qui s’apprêtent à vivre l’entraînement le plus extrême de leur vie.

« Ouais m’sieur, c’est pas un vrai grade m’sieur…
- Vous êtes prêt à lancer l’épreuve?
- Ouais ouais. »

On est encore sur la côte, enfin, si on peut appeler ça une côte. Notre navire a fière allure, posté comme ça devant nous, le soleil derrière lui donnant un joli contre-jour. J’aimerai bien être à bord, au lieu de patauger dans la boue et la chair de plante carnivore. Devant nous, à plusieurs dizaines de mètres, des arbres, qui délimitent l’entrée de la dense forêt qui recouvre l’île sur laquelle on se trouve. On peut appeler ça des arbres? En tout cas, ça y ressemble vachement. Le seul truc qui choque, c’est les fruits tout difformes qui poussent sur les branches. Le but de l’épreuve? En ramener un par soldat. La difficulté de l’épreuve? Survivre au trajet. Quelques dizaines de mètres, normalement, c’est rien, mais quand le sergent a balancé un gros caillou sur le chemin, y’a trois plantes qui sont sorties du sol pour bouffer le machin, à vitesse mach 3 environ, selon mes calculs. Les soldats tremblent comme des feuilles. D’après les estimations du sergent, les chances de mourir sont de 1%. D’après mes estimations à moi, les chances de perdre une jambe sont quand même de 1000%. Et le plus drôle, c’est que c’est une épreuve préliminaire, pour estimer le niveau des hommes, et aviser pour la suite. La suite, pour moi, elle est toute vue : on retourne fissa au QG et on soigne les survivants, mais bon, on va encore dire que je suis pessimiste.

« Aller ! En piste les mous du genoux !
- Bon courage mon pote, que je lance à un petit soldat frêle qui me regarde avec des yeux humides. »

Je lève le pistolet qu’on m’a confié, et qui servira de signal pour lancer l’épreuve. Je regarde les soldats se mettre en ligne. Tu sais ce qui m’ennuie le plus, dans tout ça? C’est que ma mission concerne même pas le sergent, même si je suis sûr de pouvoir le faire suspendre pour maltraitance. Nan, elle concerne plutôt une partie des soldats, ceux qui tremblent et dont les joues servent de toboggans à leurs larmes. Dans le tas, y’en a au moins un qui fricote avec des types pas très recommandables. Quelqu’un, des bureaux, a intercepté une communication den-den entre un membre de la garnison, et un type lié à un réseau de contrebande, lui-même très probablement lié à une sous-section de l’Armée Révolutionnaire. Un bordel, je t’évite la lecture du rapport. Le tout, maintenant, c’est de retrouver la trace de l’escargophone qui a servi à communiquer, et avec ça, de mettre la main sur le ou les types incriminés. J’ai déjà fouillé quelques cabines, en mer, mais ces gars là sont des vrais tir-au-flancs. Sûrement pour ça que le sergent les a amené ici, d’ailleurs. Ils ont quasiment pas quitté leurs quartiers du trajet, et ici, m’est avis qu’ils gardent leurs secrets sur eux. J’irai refaire un tour à bord à la nuit tombée, mais en attendant, je pointe le canon vers les cieux, vers ce nuage en forme bizarre là, et…  

PAN
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Raphaël Andersen
Raphaël Andersen
Administrateur
L'Anderswag

♦ Localisation : ClockWork Island
♦ Équipage : Fantasia

Feuille de personnage
Dorikis: 5984
Popularité: +338
Intégrité: -229

Ven 29 Jan 2021 - 22:49

Le semaines passaient et les recherches s’allongeaient, l’année 1628 s’était transformée en routine. En se posant à Weatheria quelques mois plus tôt, Raphaël pensait facilement pouvoir retrouver la trace de ses amis : mais lorsqu’il était retourné sur Little Garden où leurs chemins s’étaient séparés, il n’avait retrouvé personne. Le campement qu’ils avaient monté ensemble n’existait plus, proprement abandonné, ils avaient dû trouver un moyen de s’en échapper, partant sur les mers au hasard pour ne pas à avoir 365 jours à attendre que leur Magnétopose se recharge.

Chaque matin, dès que Yuna -l’ange qui l’accompagnait- était disponible, ils montaient sur sa grande chouette harfang et partaient explorer les îles avoisinantes. Quelques soirs ils restaient pour poursuivre, mais la plupart du temps ils rentraient sur l’île céleste itinérante avant que les étoiles ne s’invitent dans le ciel. Pour s’occuper, ils perfectionnaient sa maîtrise de la science climatique dans le prestigieux institut qu’était la Cloud’Academia, lisait et pensait beaucoup. Rien de trop sombre, il savait que Nova et le petit Jack étaient vivants, intimement, mais la recherche était longue et les résultats toujours frustrants.

"Bon !… J’en peux plus, faut qu’on en parle Raphaël !… Tu peux m’expliquer ce qu’il t’a pris ce matin ! C’est quoi cette moustache !... "

 
Yuna Lotus, Bouclier de Weatheria


Mi-curieuse, mi-moqueuse, l’ange venait de briser le long silence qui les accompagnaient depuis l’aube. Depuis qu’elle avait fait sa rencontre sur Armada, intimée par Izya à lui venir en aide du mieux qu’elle pouvait, Yuna avait eu l’occasion de voir les nombreuses facettes. Il était devenu un ami et, par extension, elle avait appris à sonder ses humeurs et savait qu’un petit trait d’humour ou une taquinerie étaient toujours bienvenus face à la morosité.

"J’ai voulu essayer quelque chose de nouveau !… " lui répondit celui qui, face à son miroir le matin même avait rasé l’épaisse barbe qui lui poussait sur le menton. La moustache avait fait exception, sa moue boudeuse également et l’ange aux cheveux blancs prit une petite tape en prime "Probablement pour tenter la chance !… J’sais pas, tu m’emmerdes avec ta question pourrie ! "
-C’est !… Très distingué !
- Fous toi de ma gueule !…
- Si, si, il y a un petit air de Merlin !… Ils doivent très fier ! À la Cloud’Academia d’avoir une influence si positive sur le style des mers bleues ! Nouvelle tendance !
- Tu veux pas qu’on se pose avant de taper la causette plutôt ! On va bientôt pouvoir se poser sur Turpitude, j’en ai marre de gueuler ![/color] "

Tous deux hurlaient à pleins poumons, survolant le séduisant archipel de Boyn en se laissant porter par les alizées. La sensation d’un vol était incomparable, et plus encore depuis qu’il voyait le monde à travers du spectre des phénomènes météorologiques, Raphaël appréciait prendre de l’altitude. Quelques jours d’exploration les attendaient et ils avaient décidé d’installer leur campement sur l’île rocher qui portait le nom de Turpitude, de bien se préparer et surtout d’éviter de prendre des risques. Le phare qui ornait son sommet avait un but bien précis : éloigner les marins du danger qui les guettait dans ces eaux.

Si depuis les eaux la petite dizaine d’îles jumelles pouvait séduire par ses couleurs chatoyantes, ses formes allongées qui rappelaient celles d’une plante exotique et sa splendide végétation qui se laissait deviner entre deux reliefs, donnant envie aux voyageurs inconscients de venir s’y ravitailler, la vision était toute autre depuis les cieux. Des plantes géantes, carnivores, donc la mâchoire et les entrailles se dessinaient en un gouffre gigantesque au centre de la forme étoilée de leurs pétales. La végétation luxuriante n’était qu’un leurre, en symbiose avec la plante-mère, engraissant la faune diverse et dangereuse qui l’habitait pour mieux la dévorer après. Le cycle de la vie version accéléré, quiconque s’y aventurait sans y être préparé finirait piéger. Une destination très probable pour des voyageurs égarés, mais était-ce juste possible d’y survivre ?

Yuna acquiesça, donna des indications au vert mais celui-ci se laissa distraire par un détail auquel il ne s’était pas préparé, se penchant pour être sûr de bien le distinguer : un croiseur de la marine, amarré à une des îles carnivores.

*PAN*

La chouette hurla, s’ébroua, rua. Son aile immaculée transpercée.

Raphaël perdit pied, fut projeté, sentit le vide, l’air claquant contre lui, la chute. Il n’entendit pas Yuna crier, une main projeté vers lui. Son cerveau s’était arrêté.

C’était le même genre de croiseur que celui à bord duquel il avait quitté Little Garden. Celui-là même qui l’avait conduit à Jotunheim. La glace. La terreur. Le sang. La solitude. La peur. Le monstre en lui le saisit à la gorge, l’étouffa, son esprit vrilla. Le temps d’un instant et il se reprit, mais il était déjà trop tard, il allait trop vite, il ne maîtrisait plus rien.  Sa lucidité retrouvée il invoqua des gants de cuir pour le soutenir, le ralentir, mais les unes après les autres elles disparurent, réduites en miettes par sa chute.

Ses pensées s’enchaînaient alors que le sol se rapprochait.
Le sol ou la mer.
La noyade ou l’écrasement.
À ce stade-là, les plantes carnivores étaient presque séduisantes.

Fermer les yeux. Se concentrer. Le vent était si fort qu’il n’y aurait rien vu. Activer machinalement les mécanismes de ses engins climatiques. Se laisser porter par les courants d’air. Perdre de la vitesse.

Ses yeux se rouvrirent et une cinquantaine de mains se déployèrent derrière lui, accrochées les unes aux autres pour former des maillons et couvrir le plus de surface possible. Agissant comme un parachute de fortune, elles lui permirent de mieux contrôler sa chute, de le ralentir, mais s’évanouirent aussitôt quand il tomba dans les premiers branchages.

De justesse, il se posait sur une des îles carnivores. Le choc fut rude, il visait les feuilles de palmier, évitant de s’empaler sur des branches ou des troncs mais chaque impact était brutal, interminable. Il échappa aux épines géantes de ce qui ressemblait à un acacia mutant et vit enfin le sol…

"Puisque je vous dis que c’est un Petunioideae Droseraaaaa… Non merde, il faut que je sois un peu plus péremptoire ! Encore un effort, je dois rentrer dans le personnage. Petuuuuuunioooiiii-
-ATTTTENTIOOOOOOON ! "

*BAM*

Trop tard.

Avec toute la grâce qui lui restait en stock, Raphaël atterrit sur un petit moustachu à lunettes qu’il n’avait pas eu le temps de prévenir. Les feuilles de papier que celui tenait fermement, bien ordonnées, s’envolèrent en tout sens, Raphaël roula et fut violemment arrêté par le tronc de l’arbre qui lui avait déjà fait quelques bosses et l’homme…

"OH-PU-TAAAIN… "

Tombé à la renversé, si ce n’est projeté, l’homme en blouse sonné avait atterrit dans un buisson.
Puis le buisson s’était animé.
L’avait entouré de ses lianes.
L’homme inconscient avait disparu dans le buisson.
Le buisson avait recraché l’uniforme de marine, la blouse de scientifique qui le recouvrait et la casquette et les petites lunettes de soleil qui complétaient sa tenue.

"Burps.
-Oh putain…"

Les sens en alerte, Raphaël se releva aussitôt. Après quelques instants de répit, le cœur battant encore la chamade mais certain qu’aucun monstre végétal n’allait lui sauter dessus, le vert se laissa aller à quelques observations. Aucun signe de Yuna. Des marines étaient sur cette île et il venait vraisemblablement d’être la cause indirecte de l’un d’entre eux. Boyn ne déméritait pas sa réputation. Vu où il était tombé, il n’était pas loin de la côte. Est-ce que Yuna s’en était tirée ? Avait-elle dû atterrir en urgence ? Si oui était-ce sur cette île ou une autre ? Elle avait dû le voir tomber ici. Si c’était bien le cas, comment pouvait-il faire pour être trouvable le plus facilement.

La blouse blanche immaculée, très légèrement imbibée de sève, s’imposa à sa vision.
Blanche.
Bien plus visible ici que ses vêtements verdâtres et la touche de gazon qui lui servait de couvre-chef.

D’instinct il l’enfila, ne cherchant même pas à s’excuser auprès de son précédent porteur, la casquette et les lunettes de soleil suivant aussitôt pour parfaire la panoplie. Pile sa taille. Faute d’autres idées, encore un peu choqué, il s’empara de quelques feuilles volantes et se dirigea vers ce qui lui semblait être la direction de la côte.

S’il croisait un ou quelques marines, l’effet de surprise pouvait jouer en sa faveur.
S’il n’en croisait pas, il pourrait se servir de la blouse pour être plus facilement vu par Yuna.

Ses yeux parcoururent rapidement le document qui était en possession de son prédécesseur mais, alors qu’il tentait d’être vigilant et attentif à son environnement, il déboucha bien plus vite qu’il ne l’aurait cru sur la plage de boue qui bordait l’île, face au croiseur de la marine et à un groupe désordonné, qui courrait en tous sens, couvert de pulpe de fruits écrasés, de sable et se débattant du mieux qu’ils pouvaient avec les racines tentaculaires qui leur faisaient barrage ou qui tentaient de les broyer.

Dans un coin, un gradé et un grand homme caché sous son feutre qui les observaient dans leur galère, prenant à intervalles réguliers des notes. Son arrivée perturba à peine l’activité en cours, il jeta de nouveau un coup d’œil aux feuilles de papier qu’il avait rassemblées :  

"Je… Hmmmm… Mon équipe de recherche s’est perdu dans la jungle…. À l’aide ! "

Lut-il de la façon la plus convaincante ce qui ne semblait finalement être qu’un script. Quelques regards se tournèrent vers lui, il espéra que son coup de bluff marcherait mais qu’étaient finalement une casquette, une paire de lunettes de soleil et une blouse face à une prime de 66.000.000 de berrys diffusée mondialement.

Un silence s’insinua quelques secondes –ponctué des gémissements de ceux qui luttaient encore avec la mauvaise herbe-  mais fut aussitôt brisé par le sergent instructeur :

"Hmpf ! Héhé, excellent la moustache verte Garnier, j’ai failli pas te reconnaître !  " il se gaussa, s’aventura une botte après l’autre dans la tourbe et repêcha quelques-unes de ses recrues qui s’y étaient trop enfoncées ou qui rougissaient un peu trop fort d’être étranglées par la mangrove et finit par reprendre "Bon la bleusaille, maintenant qu’on s’est bien échauffé il va être temps de passer à la deuxième épreuve ! Sauvetage en terrain hostile ! Le gaillard que vous voyez là est de la brigade scientifique -facile à repérer, il chouine- toute son unité est portée disparue. Vous devez organiser une mission d’extraction. Ouvert à vos suggestions. Moustache verte, sacrés acteurs hahaha, savent plus quoi inventer pour rentrer dans leur personnage. "

Le bluff, la caquette, les lunettes, la blouse mais oui… surtout la moustache.

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Spoiler:
 
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Judas
Judas

♦ Localisation : kikai no shima

Feuille de personnage
Dorikis: 3800
Popularité: +252
Intégrité: 69

Ven 5 Mar 2021 - 20:54

Des arbres à perte de vue. C'est vert partout, c'est vert et ça respire, ça bouge, ça vie. Et on vous parle que de la flore, un millier de plantes aux couleurs chatoyantes, pour faire face à leur prédateurs sans nulle doute, pour se rendre impressionnantes en tout le cas. Et pas de la faune, ce milliard d'insecte qui grouille sous les pas, attendant patiemment l'heure du déjeuner. La chaîne alimentaire sur Boyn, est très bien rodée.

Il y'a ce qui doit être manger, et ce qui mange. Et puis y'a moi, juste au dessus de toute ça, lâchant ma crotte sur un bosquet qui en mène pas large. Tiens, dans ta tronche la nature. Voilà ce que j'en pense de tes plantes à la con, et de tes insectes de merde. J'suis pas du genre citadin non plus, qui défend son bout de gras contre la campagne. Mais plus j'avance dans ce merdier, plus je déteste la jungle. Y'a pas à dire, comme environnement, on fait rarement pire.

Il fait humide, chaud, la sueur et la boue vous colle à la peau. Et puis y'a ce milliard de moucheron que t'avale à chaque fois que tu respires, et puis les araignées, ça me rappelle de mauvais souvenirs. Des souvenirs dans une arène géante, ou j'avais été fait prisonnier. Une arène dont m'avait sortis celui qui est maintenant l'un des ennemis publique numéro 1, Toji Arashiquelquechose, j'ai jamais bien retenu les noms.

- Patron, on a repéré un engin volant s'écrasant au nord de la foret. Fit un des deux gars qui m'accompagnaient e et qui faisaient tâches, habillés comme des pingouins. C'était mes deux garde chiourmes, qu'on m'avait collé au basque pour faire bon genre auprès des grands pontes de North Blue.

C'que je fiche là ? Simple contrôle de routine. A ce qu'il paraît, y'a une plantation sur cette île, et pas une petite. Une plantation de Koka, une base à la drogue que diffusent ceux qui m'ont engagé. J'suis toujours une épée à louer, et pas la moins efficace. Alors j'me suis coltiner le voyage jusqu'ici, les deux gars à surveiller parce que j'sens que si je les ramène pas, on va me chier dans les bottes, et la jungle. L'immense jungle verte qui nous entoure et ne demande qu'à nous dévorer. Littéralement.

- Mh, on va aller vérifier, mais on essaye de rester discret. Faut dire, j'mesure presque deux mètres, et j'suis accompagné de deux loustic en costard. Pour la discrétion, on repassera. Mais essayons quand même. J'attrape la machette qui me permet de tailler une route dans cet enfer verdoyant. Traître et trompeur. Je sais pas si j'préférais pas le désert.

Quoi que le sable dans les parties, c'est redoutable.

Si on est ici, c'est que North Blue n'a plus de nouvelle de son principal fournisseur de Koka, et que la dernière équipe envoyée ici, n'est jamais revenue. Alors on envoi les gros bras, et ça tombe bien, parce que j'ai besoin d'argent en ce moment. J'sais pas encore comment, mais il me faut un gros paquet, pour mettre ma famille à l'abris. Pour mettre même tout l'île à l'abris.

Ca se chiffre en milliard, de racheter une île sous le joug du GM. Et beaucoup de diplomatie, ou bien beaucoup de canons. A vous de choisir. Je donne un coup dans une plante, qui couine et laisse échapper un liquide jaunâtre qui manque de m'asperger. C'est dégeu, on dirait un oeuf pourri qu'on cassé contre le rebord d'un poêle. Je comprends qu'on est arrivé dans un endroit assez dangereux quand ma godasse reste planté dans le sol, là ou le liquide à fait une marque qui semble corrosive.

Il ne manquait plus que ça. Un genre de champs de mine, ou chaque coin d'arbre, peut se transformer en un véritable bain d'acide. On avance prudemment, quand j'vois au loin du mouvement. Du blanc. J'me tends.

- Pablo, sort ton gun, on se planque là ! Que je fais en montrant du doigt un bosquet qui a l'air pas truffé de bestioles en tout genre, ni de plantes carnivores. Du coin de l'oreille, j'entends au loins des voix qui se disputent.

- Mais je te dis qu'on est perdu, ça sert à rien, on va tous mourir fit un petit gars aux cheveux mi long, et pourvue de lunette rondes.
- Non, si le lieutenant nous a envoyé ici, c'est qu'il a foi en nos capacités, on va s'en sortir messieurs, comme on l'a toujours fais ! Fit le plus habité des cinq mouettes présente ici.
- Si j'pouvais avoir cinq minutes en tête à tête avec celui qui a proposé cet exercice dans la hiérarchie ... Fit un troisième, pensif.
- On devait juste faire une ronde autours du campement de base, pourquoi ça à dégénéré autant ... ! Fit le plus agité des cinq hommes.

Je fis signe aux hommes de se taire, et d'observer.
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