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L'ennemi de demain

Arhye Frost
Arhye Frost

♦ Localisation : Terra
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Mar 2 Mar 2021 - 18:42

- Commandant ! Navire en approche !

    Peter St. Borough, à la tête du 68e régiment de la Marine, lève la tête et hausse un sourcil en écoutant le messager. Lâchant sa plume, il laisse de côté sa paperasse hebdomadaire et quitte ses quartiers pour rejoindre l'équipage sur le pont de son bâtiment. Les côtes de Bulgemore sont à quelques mètres à peine, et l'épaisse neige qui tombe à cette période gêne sa vue. Il peste et grimace face à ce temps de chien. En plissant les yeux, il parvient tout de même à apercevoir l'objet de l'intérêt de ses hommes.

- Donnez-moi ça.

    On lui tend une longue vue et le commandant analyse plus en détail le bateau qui fait route vers eux : sans équipement militaire visible, il ressemble davantage à un navire de transport qu'à l'embarcation de hors la loi... Mais les règles étant ce qu'elles sont, et sa trajectoire n'étant pas celle du port, Peter ne peut s'empêcher de penser à un mauvais présage. L'expérience parle pour lui, et ce n'est pas la première fois qu'un arrivant aux airs innocents se révèle être un criminel recherché. L'île de Vegapunk attire toutes sortes d'individus, au grand dam des représentants de l'ordre.
    L'officier ordonne aux matelots de s'activer. Le cuirassé commence son approche. L'intrus ne fait pas mine de ralentir. Une minute passe, puis deux. Le silence qui accompagne leur trajet est pesant et l'on entend presque déglutir son voisin. Personne n'aime ce genre de situation, peu importe le nombre de fois auxquelles on y fait face.
    Un instant, ses yeux discernent quelques formes vagues s'agitant sur la proue du navire, mais le temps est trop mauvais pour qu'on puisse savoir de qui il retourne. Il lui semble cependant que le trois mâts en face d'eux ralentit... Ce changement de vitesse est anormal. D'un geste de la main, le commandant invite tous ses hommes à focaliser leur attention sur le moindre mouvement suspect à bord. Après quelques temps, ils sont suffisamment proches pour discerner le pont de l'autre bâtiment, mais il ne semble y avoir personne. La gorge de Peter se noue encore plus. Ce n'est clairement pas bon... Armé de son escargophone, lui-même relié aux portes-voix de cuirassé, il dit :

- Ici Peter St. Borough, commandant du soixante-huitième régiment, en charge de la sécurité de Bulgemore ! Vous naviguez en ce moment-même vers un secteur non réglementé. Identifiez-vous et annoncez l'objet de votre venue !

     Face à lui, le navire continue d'avancer, sans faire mine de manoeuvrer ailleurs que dans leur direction. Peter ne prend pas la peine de réitérer ses propos :

- Contournez-le. Armez les canons ! Maintenant !

     C'est à une vitesse record que son équipage s'exécute. Chaque soldat a été entraîné à répétition pour ce genre d'occasions, et l'officier supérieur n'apprécie guère les mollassons. Quant on patrouille avec lui, on refuse la routine confortable. Chaque lendemain est un inconnu qu'il faut affronter au meilleur de soi-même... Car plus ses hommes sont compétents, moins il a de travail à fournir. On est loin d'une patrouille tranquille aux abords d'une île paradisiaque, mais chaque détail compte pour réduire ses charges administratives. C'est donc en moins d'une minute que le cuirassé se retrouve sur le flanc du navire suspect et qu'il ouvre le feu, au plus près de la coque, sans faire mouche :

- Ceci est notre dernier avertissement ! Arrêtez-vous immédiatement !

   La Marine est focalisée sur le bateau qui ne ralentit plus, ni ne vire. Le messager de tout à l'heure, à l'insigne de caporal, se permet de tirer doucement son supérieur par l'épaule :

- Commandant, regardez... Il n'y a personne.

    En effet, Peter ne voit rien, pas âme qui vive. De la proue à la poupe, en passant par le gouvernail, il n'y a pas un seul individu qui dirige ce navire fantôme.

- ... Abordez-le immédiatement.
- Ci-fait, mon commandant !

    La moitié des hommes du cuirassé grimpe à bord, aux côtés de St. Borough. L'homme à la barbe finement taillée tâte son sabre nerveusement. Il aurait préféré que cette journée soit comme les autres : froide et cyclique. Et son paquet de clopes est resté dans ses quartiers.
    Très vite, il constate que l'accès aux quartiers, ainsi qu'aux entrailles du navire, sont bloquées. Le caporal observe une fine couche de givre remplissant l'interstice des portes et des ouvertures. Mais malgré la température ambiante, il est impossible qu'une telle chose se produise en si peu de temps. D'un coup net et précis, le commandant fend chaque accès obstrué, de sorte à ce que les soldats continuent l'investigation. Il se décide à descendre jusque dans les cales, souhaitant n'y trouver que des produits inoffensifs. Mais là encore, rien. Quelques caisses vides, des sacs de céréales à moitié consommés, une réserve d'eau quasiment épuisée... Mais pas la moindre marchandise, pas même une arme ou la mèche d'un explosif.

- Merde... Sortez-les de là !

    Un de ses hommes s'exclame près de la zone réservée aux mousses. Peter remonte en trombe et se fraie un chemin jusqu'à rejoindre les soldats, attroupés devant...

- De la glace ?

    Une épaisse couche transparente fait face à son escouade, sans qu'aucun ne puisse en expliquer la raison. Derrière ce mur, l'officier supérieur remarque des ombres qui s'agitent. Puis des voix s'élèvent et il saisit alors la nature des personnes coincées derrière : l'équipage de ce transporteur, restreint pour leurrer les soldats.
    Poussant un juron, St. Borough rassemble ses forces et se met à taillader le rempart de givre, jusqu'à libérer les otages. Ceci fait, il se dépêche de rejoindre le pont et, avant de pouvoir donner de nouvelles directives, un des guetteurs du cuirassé le hèle :

- Mon commandant ! Une barque vient de rejoindre la côte !

    Trop tard, la véritable menace vient d'atteindre son premier objectif.
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Sam 1 Mai 2021 - 15:22

- Dépêchons-nous, il ne vont pas tarder à rejoindre la côte.

     Matt et moi quittons notre barque, accompagnant un Dale Feinder mal en point : le repos, les pansements et l'inertie lui ont permis de supporter la douleur durant la traversée, mais l'humidité et le froid, à défaut de calmer sa peine, rendent ses blessures inconfortables. La balle qu'il a reçu sur Terra a été retirée et la plaie pansée. Mais la main gauche qu'il a perdu rend notre voyage beaucoup plus important : les soins apportés n'étaient pas franchement les meilleurs qui soient et seules sa force et sa volonté l'ont fait tenir jusque là. D'autres n'auraient pas eu cette chance... La perte de sang, la gangrène, l'infection ou l'ensemble de ces facteurs pouvaient le tuer. Mais il a tenu malgré tout.
    Il nous faut pourtant nous hâter pour éviter que la Marine ne nous rejoigne. Ma diversion nous a fait gagné de précieuses minutes, mais cet obstacle là est sans doute le plus simple à franchir. Nous devons maintenant rejoindre le laboratoire de Vegapunk, y pénétrer et forcer les scientifiques qui s'y trouvent à remettre sur pied notre nouvel ami tout en marquant ces lieux de notre passage. Je n'ai rien dit à Matt concernant cette partie du plan, mais il s'en sera rendu compte de toute manière. Je tiens à faire comprendre au Gouvernement qu'il ne peut plus se cacher derrière des lois qu'il piétine "pour le bien de tous".

     Le froid ne me gêne pas, contrairement aux deux autres, et la neige épaisse qui tombe encore masque très vite notre passage au fur et à mesure que nous progressons vers l'intérieur des terres. C'est donc sans trop de difficulté que nous rejoignons l'unique ville au coeur de la tempête.
    Alors que les lumières des habitations nous parviennent, je crois distinguer des ombres mouvantes dans le décor qui nous encercle... Mais ne voyant que des flocons et des sapins remuants, je finis par laisser couler.
    Nous avions quitté une île du Nouveau Monde en proie à l'agitation pour pénétrer dans l'un des territoires les plus importants de l'histoire du Gouvernement Mondial. Cela nous a été possible grâce au Cold Pose que j'ai déniché un jour de Noël : il me permet de suivre un trajet basé sur les îles hivernales de ce monde, dans un ordre précis, et fonctionne en étant soumis au froid. Un Pose parfait pour moi en somme. Grâce à lui, de nouveaux horizons s'offrent à moi, et de nouvelles possibilités. Possédant déjà des informations censées sur l'endroit où se trouvent mes parents grâce à Mountbatten et à d'autres sources inattendues, je n'ai plus qu'à me préparer en vue de nos retrouvailles. Cela n'aura pas lieu dans la paix, mais seule la finalité compte à mes yeux.

- Arhye, nous devrions éviter d'entrer comme ça, à la vue de tous.
- Nous ne sommes que trois, et une approche naturelle n'aura rien de suspect... Continuons. Gardez les capuches de vos manteaux sur vous.

     Avec le temps à l'extérieur et l'heure avancée, il est normal de ne pas croiser grand monde dans les rues. Les quelques travailleurs en fin de service et autres badauds en quête de chaleur se rejoignent dans les tavernes, aussi bruyantes qu'odorantes. Le fumet des plats chauds couvrent la fraîcheur du soir et envahit le nez reniflant de mes deux comparses. Dale déglutit : si l'appétit lui vient encore, c'est qu'il n'est pas si mal en point... Du moins c'est ce que j'en déduis. Son mutisme ne l'empêche pas d'être compréhensible, de par son attitude expressive. Matt s'approche machinalement d'une auberge. Je l'attrape par le col et l'oblige à continuer. Il ronchonne mais ne réplique pas.
     Très vite, son mécontentement est remplacé par un sentiment d'insécurité : il nous invite à nous écarter de la rue que nous traversions pour nous cacher dans l'ombre d'un bâtiment. Je cherche des yeux ce qui l'a mis en alerte et finir par comprendre. Une patrouille de la Marine approche.
    Les cinq soldats avancent dans notre direction, scrutant les environs, fusil à la main.
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Jeu 10 Juin 2021 - 21:28

- Rien à signaler de ce côté.
- Ici non plus. On continue.

    La patrouille avance à vitesse de marche, s'arrêtant quelques fois pour scruter une ruelle ou l'arrière d'un talus. L'homme de tête reste sur le chemin : il analyse avec soin l'espace devant lui, sans qu'aucun son parasite ne vienne déranger sa concentration. Le sérieux dont font preuve ces soldats n'est pas courant... Soit la discipline sur cette île est une priorité absolue, soit ils ont reçu des directives il y a peu. Dans un cas comme dans l'autre, nous sommes contraints de nous éloigner de l'axe principal et de nous faufiler dans une allée menant à une route voisine de la leur.
    Nous continuons de nous déplacer jusqu'à mettre une distance raisonnable entre la Marine et nous. Très vite, les derniers passants rentrent chez eux et la majorité est trop éméchée pour que nous leur paraissions suspects. Enfin vite... Le temps passe à toute allure lorsque les événements imposent leur rythme. Il fait nuit noir, la lune brille à peine au travers du vent et de la neige. Malgré ma résistance, le contact incessant des flocons sur la moindre zone sensible devient de plus en plus désagréable. Je cligne des yeux presque à chaque seconde. Matt et Dale subissent autant, si ce n'est plus... Le muet fait une grimace peinée et prend de grandes inspirations chaque fois que nous nous arrêtons. Ses bandages doivent être particulièrement humides. Si seulement nous pouvions dénicher un endroit au chaud pour nous reposer et le panser une dernière fois avant d'atteindre notre destination, ce serait le luxe ultime. Mais qui sait quand la patrouille maritime nous aura rejoints. S'ils tombent sur le groupe de tout à l'heure, alors ce sera la panique dans toute la ville. De toute manière, l'alerte a dû être donnée via escargophone.

     Nous quittons la zone habitée et reprenons notre route vers le laboratoire. Nos micro-pauses et la chaleur s'échappant des habitations étaient de maigres réconforts, mais cela nous a permis de nous rendre compte d'une chose : plusieurs escouades ratissent les lieux et interrogent les piliers de comptoir les plus endurcis. Certains membres possèdent d'ailleurs l'écusson de la brigade scientifique. Ce simple détail nous permet de suivre une piste inespérée : les traces de pas des soldats se recoupent toutes vers une direction unique, s'effaçant dans un horizon incolore où l'on ne fait plus la différence entre les lignes, les courbes et les points.
    La route est pénible, mais le plus problématique reste cette poudre blanche qui n'en finit pas de tomber :

- Je ne vois plus leurs traces... Tout est recouvert.
-  Ils ont forcément suivi le sentier le plus court pour rejoindre le village aussi rapidement.

    Matt s'apprête à répondre mais il est freiné par Dale, lequel s'appuie sur son épaule et semble avoir de plus en plus de difficultés à suivre le rythme. Je m'approche de lui et constate qu'il a le teint pâle.

- Trouvons un endroit où nous abriter un instant, le temps que je vérifie son état.

     Au bout d'un moment, nous trouvons une sorte de bute avec un sapin dessus. Je fais jouer de mes capacités et nous y érige un abri de glace, sorte de préau fermé, nous protégeant de la neige et du vent. Malgré la température, je demande au musicien de retirer son manteau. Matt s'assure qu'il n'aggrave pas sa situation. Après quelques couches en moins, nous voyons qu'une tâche sombre a pris forme sous le pansement. Sa blessure s'est rouverte. J'agrippe son bras gauche et observe son moignon : rien d'anormal de ce côté-ci, fort heureusement... Si ce n'est qu'il souffre de ne plus y voir sa main.
    Mon partenaire fait montre de ses talents de voleur. Ses doigts de fée retirent les bandages de Dale, nettoient la plaie et pansent le tout sans causer la moindre friction superflue. Il n'y a que dans des moments comme ceux-là qu'il donne l'impression qu'on peut lui faire pleinement confiance.

- Il y a du bruit dehors...

     A peine a-t-il terminé son oeuvre que son côté prudent a repris le dessus. Prenant en compte l'avertissement, je me risque à entrouvrir notre abri pour jeter un oeil.
    Je ne vois rien d'anormal. La poudreuse est plus fine qu'il y a quelques minutes, mais il fait encore trop mauvais pour profiter du paysage de Bulgemore. Je tourne la tête de droite à gauche, tel un scanner, et finis par discerner une ombre en mouvement. Puis une autre.
    Au total, ce sont quatre silhouettes qui s'approchent en effectuant des cercles autour de notre position. Leurs mouvements sont rapides, malgré l'apparente lourdeur de leurs pas. Je crois au départ avoir affaire à l'une des patrouilles de la Marine et cherche un cinquième individu. Mais très vite, un crissement métallique retentit et je comprends qu'il vient d'une des ombres allongées. Une fois suffisamment proche, je saisis enfin à quoi nous faisons face : des créatures robotiques ; quatre quadrupèdes au squelette animal, la gueule pleine de crocs synthétiques et de véritables lames en guise de griffes ; le croisement entre des loups mutants et le génie militaire d'un mécanicien futuriste.
    Les bêtes d'acier s'approchent doucement, comme des prédateurs en chasse. La glace nous protège, mais limite également nos mouvements... Vu l'état de notre ami muet, il est préférable que je m'en charge seul et, pour ce faire, tout se jouera à l'instant où nos ennemis fonceront. Une seule attaque bien placée sur chaque cible simultanément... C'est possible. Je peux le faire. Je dois le faire. C'est le moment de prouver que ce pouvoir fait partie de moi.

- OooooooooooOOOOORRAAAAAAAH !

     Le cri venait du ciel... Ou de derrière ? Sans doute des deux. Le fait est que la créature la plus proche de notre position n'a pas eu le temps de réagir.
    Un colosse en armure flamboyante a atterri entre nous et nos agresseurs et, d'un violent coup de marteau, a littéralement écrasé la tête du robot-loup. Il se redresse, époussette ses plaques dorées, replace sa cape bleue sur laquelle est marqué "Justice" et renifle :

- Officier Rykor, arrivé sur les lieux de la mission ! Autorisation d'ouvrir les hostilités ?

     ... N'est-ce pas ce qu'il vient de faire ?
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Dim 29 Aoû 2021 - 17:44

Toujours à l'abri dans notre refuge gelé, je regarde depuis ma fenêtre l'officier en armure tenant en respect les trois bêtes restantes. Son arme, d'apparence primaire, suffit à le rendre intimidant malgré tout. Dépourvues de peur, les créatures mécaniques grondent plus qu'ils ne grognent, singeant à la perfection le comportement des prédateurs. L'une d'elles s'élance enfin, mais sa vitesse ne suffit pas face aux réflexes du pseudo-chevalier qui le repousse d'un simple revers. L'impact résonne, les dégâts sont réels, mais l'ennemi se relève...

- Ohoh... Toujours aussi solides celles-là. Mais rien d'insurmontable pour un Gardien de ma trempe ! Nul n'échappe à la Justice !

    Le dénommé Rykor tourne alors la tête vers ma position et tend son arme :

- Ça vaut pour vous aussi, mécréants. Ne bougez pas de là, je m'occupe de vous dans un instant.

    Et dire que je commençais presque à le trouver cool... Mais je n'ai pas le temps de me préoccuper de lui : j'ai un cas urgent dans les bras et ce simple fait va m'obliger à accélérer mes projets.
    Profitant d'un nouvel assaut de robot-loup, j'ouvre notre abri par l'arrière, charge Dale sur mon dos et agrippe Matt par la taille.

- Hé ! Qu'est-ce que...
- On fonce !
- Revenez-là, bande de lâches !

    Je ne me retourne pas. Je cours du mieux que je peux, les pas enfoncés dans la neige épaisse. Comprenant vite que cela n'a rien de productif, je bondis et, usant de mes pouvoirs, génère une rampe depuis la plante de mes pieds. Il me suffit alors de patiner tout en gardant le contrôle de mes capacités pour gagner de la vitesse et traverser le plateau qui nous sépare de ce que j'espère être notre destination. Il n'y a pas à dire, le froid ambiant contribue grandement à l'efficacité de mes compétences et me permet d'économiser pas mal d'énergie.
    Les cris et le bruit du métal qui se tord s'amenuisent alors que la distance s'installe. Je me demande alors ce qui a bien pu amener ce type jusqu'ici. Et comment a-t-il su que nous étions des intrus, cachés comme nous l'étions ? Evidemment qu'un dôme de glace au milieu de la neige parait étrange mais...
    Je n'ai pas le temps de m'attarder là-dessus.

- Halte !

    Une autre patrouille. Sauf que cette fois, chaque soldat porte une combinaison intégrale et braque son fusil sur nous. Un premier tir part et manque sa cible, le second traverse ma jambe, me faisant perdre l'équilibre le temps qu'elle se régénère. Je slalome entre les autres projectiles du mieux que je peux. Notre vitesse est telle - et la visibilité suffisamment mauvaise - pour que nos adversaires hésitent entre chaque détente. Alors que nous sommes à moins de dix mètres d'eux, j'inspire profondément et lâche un souffle continu et étendu autour en arc de cercle devant moi. La neige durcit d'un coup, l'air se rafraîchit d'autant plus et la patinoire s'étend jusqu'à atteindre les jambes des soldats qui se retrouvent très vite piégés. S'ensuit leurs bustes, puis les armes... Il ne faut pas plus de dix secondes pour que cinq statues de givre se dressent à leurs places.

    Plus tard, un nouveau groupe d'ennemis subit le même sort. Je lorgne mes compagnons, lesquels tiennent le coup sans trop se plaindre... Mais il devient urgent de trouver un endroit où se réchauffer. Matt a encore l'énergie pour se plaindre, mais il se retient, conscient que ce n'est pas le moment d'être faible. Je continue d'avancer à un rythme soutenu, avec l'espoir que nous soyons sur le bon chemin.
    Bientôt mes efforts sont récompensés : ayant suivi la route qu'empruntent les patrouilles depuis tout à l'heure, nous apercevons enfin une lumière, au creux de ce qui ressemble à une montagne. Très vite je comprends qu'il s'agit d'une entrée creusée par l'homme au milieu de la roche, aménagée par une technologie de pointe.
    Nous avons atteint le Laboratoire.

- Plus qu'à savoir comment rentrer...
- Il n'y a pas trente-six façons.
- Arhye, sois pas idiot ! On peut pas se permettre de foncer tête baissée !
- Si la porte est ouverte, c'est qu'il faut la traverser. Et Dale n'est pas en état d'attendre davantage. On ne fait qu'empirer son état à rester dehors.

    Nous jetons un regard inquiet à l'ancien tireur d'élite, lequel respire faiblement et semble gémir en silence, sa mâchoire artificielle complètement inerte. Matt éponge la sueur sur son front et soupire :

-  Bon... Essayons au moins de trouver un moyen d'entrer sans attirer l'attention sur nous.
- Trouvé.

    Je fais un signe de tête au voleur, lui indiquant cinq membres de la brigade scientifique, dans leur tenue impersonnelle, sortant de l'antre pour rejoindre je-ne-sais quelle patrouille à l'extérieur. Le blond se cache le visage dans les mains :

- Oh j'y crois pas... Bon c'est vraiment parce qu'on a pas beaucoup de choix ! Mais laisse-moi te dire que c'est vraiment une de tes pires idées !
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Arhye Frost
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Jeu 2 Sep 2021 - 22:13

- Ça va peut-être le faire, finalement...

     Tous les trois déguisés comme nous le sommes, il est impossible de distinguer nos visages : la combinaison de la brigade protégeait à la fois des produits dangereux et du froid, en plus de la démarquer des simples fusiliers du corps d'armée principal. Nous avions coupé dans la manche de Dale au préalable, là où il n'y a plus de main. Sa démarche laisse comprendre son état et tous les détails importent pour la suite du plan.
     Le soutenant à deux, nous courons du mieux que nous le pouvons en direction de l'entrée du Laboratoire, l'air affolés :

- Hé ! On a besoin d'aide ici !

     Il faut un temps pour que la multitude de soldats réagissent à ce qu'il se passe. Enfin, les gardes les plus proches se décident à foncer vers nous pour nous réceptionner :

- Oh merde ! Qu'est-ce qu'il s'est p...
- Les intrus sont là, plus loin ! Une autre patrouille tente de les retarder... Ils ont fait un véritable carnage ! Ils ont besoin de renforts là-bas ! Et lui doit être pris en charge d'urgence...
- Bien reçu ! Je transmets !

    L'un des gardes sort un escargophone spécial, branché à une sorte de radio portable. Très vite, sa voix se répand à travers les mégaphones qui cerclent le périmètre et les entrailles du repère scientifique. Plusieurs hommes sortent alors, armés et prêts à l'action. Tous se ruent vers l'extérieur, suivant la direction que nous avions indiqué.
    Un deuxième garde hèle des brigadiers dotés d'un brassard - sans doute l'équipe de secours - et ils chargent Dale sur un brancard. L'un d'eux parle de l'emmener à l'hôpital de campagne près du secteur chirurgical.

- Avec un peu de chance, on l'arrêtera plutôt au coeur du Secteur 6... Il aura peut-être le droit à une greffe là-bas...
- Dis pas de conneries ! C'est un privilège réservé à ceux reconnus par les supérieurs... Ou qui en ont acheté le droit.

- Et s'il passait comme sujet test ?

    Les brancardiers se regardent, puis soupirent, négatifs :

- C'est pas quelque chose qui arrive systématiquement... Tout dépend des demandes et des recherches actuelles... Mais bon, peut-être qu'en demandant à la cheffe, et contre une part de votre salaire, ça pourrait se dégoupiller...
- Et si on tapait une bavette APRES l'avoir emmené ?!

    Malgré l'opacité de son masque, tous saisissent que Matt ne cache pas son empressement. Il est vrai que la situation pour le musicien muet est alarmante. Nous insistons alors pour accompagner l'équipe de secours, prétextant le besoin d'être pris en charge pour blessures mineures. Aucun d'eux n'a le courage de nous remettre à notre place et nous leur emboîtons le pas sans plus de cérémonie. Nous comprenons, en passant la porte et en voyant les affichages éclairés sur les murs que nous sommes arrivés par l'entrée N°3, l'un des rares passages encore accessibles pour atteindre le coeur du Laboratoire. Sur notre droite, de grands couloirs se succèdent. De nombreux marines vont et viennent ; l'axe que nous traversons est suffisamment large pour que des dizaines d'individus s'y croisent sans gêner la circulation. Au plafond, un indicateur énorme indique que les couloirs permettent d'accéder au quartier résidentiel. Sur notre gauche, ce sont quelques portes - closes pour la plupart - qui mènent à l'espace médical.
     Si j'avais eu le temps, je me serai attardé sur la complexité de ce qui nous entoure, en passant par les tuyaux, les caissons, suivis par les plaques protectrices vissées ça et là dans les murs et les fragments de vieilles mécaniques entassées dans des coins... Mais ce n'est pas ce qui m'interpèle le plus actuellement. L'endroit ne manque pas de lumière, et pourtant tout a l'air incroyablement sombre. Je ne sais pas si cela vient des couleurs, de la quantité de choses encombrant l'espace, de l'ambiance ou simplement du ressenti que j'ai au vu des circonstances, mais une chose est sûre : je ne m'y sens pas à l'aise.

      Alors que les brancardiers s'apprêtent à tourner, mes yeux s'attardent sur une ouverture face à nous, avec un écriteau plus petit que les autres, mais davantage mis en évidence. Un mot ressort plus que les autres : "Greffes". Je m'arrête alors :

- C'est là qu'on va.
- On doit amener votre compagnon à l'un de nos médecins avant, histoire de voir ce qu'il en est.
- Pas le temps. On sait ce qu'il a. Je l'emmène à cet endroit pour qu'il y reçoive les soins qu'il lui faut.

    Le premier secouriste me regarde, circonspect. L'autre commence à se méfier. Mon empressement et le ton utilisé ne collent sans doute pas à la situation. Dans tous les cas, il a un bon instinct... Pas de chance. Je m'apprête à enchaîner quand une alarme retentit et que les haut-parleurs se mettent à vociférer de nouvelles informations urgentes :

- Code rouge ! Les intrus se sont introduits dans l'enceinte du laboratoire ! Trois hommes, dans l'aile ouest ! Je répète, code rouge ! Les intrus...

     Tout le monde reste tétanisé, au milieu du bruit assourdissant. Nous nous lorgnons sans oser bouger les uns les autres... Et c'est ce qui finit d'alimenter la suspicion du marine. D'une main, il cherche le pistolet rangé à son ceinturon, mais Matt est plus rapide et lui colle une droite alors que je récupère les poignets du brancard. D'une tape du pied sur le sol, je génère de la glace qui s'en va geler l'autre homme dont le cri est étouffé par l'alarme au dessus de nos têtes. Le temps que les quelques soldats non loin se rendent compte de ce qu'il se passe au bout du corridor, nous nous empressons de franchir le seuil de ce que j'espère être le but à atteindre.
    Pourvu que l'on puisse tirer Dale d'affaire avant que la situation dégénère davantage... Bien que je vois rarement ce qui pourrait arriver de pire.
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Jeu 9 Sep 2021 - 20:46

- J'ai bloqué l'accès ! Ils devraient mettre un certain temps avant de venir nous emmerder... Comment va Dale ?
- Il a l'air de tenir. Un peu fiévreux mais les blessures n'ont pas l'air de se rouvrir.

     Comme pour confirmer ses dires, l'ex-militaire lève doucement le pouce de son unique main.

- Parfait ! Alors on continue.

     A bien y réfléchir, il y a des opérations qui se sont mieux déroulées pour nous. Peut-être qu'avec une autre approche, nous aurions pu éviter tous ces désagréments... Mais notre nouvel ami a besoin d'être pris en charge rapidement. Pas le temps pour faire dans la demi-mesure.
    Nous nous enfonçons tous les trois dans ce que je suppose être le secteur 6. La première chose qui nous frappe, c'est la luminosité : on y voit comme en plein jour ! Il faut dire que l'espace est moins grand et moins chargé que le grand couloir que nous venons de traverser. Là encore, plusieurs accès sont visibles, donnant sur de multiples espaces chirurgicaux et techniques. Je ne remarque personne... Du moins au début. Un homme dans sa trentaine nous regarde depuis son bureau, le nez dépassant tout juste du bord de la table. Son habit et son attitude laissent entendre qu'il n'est qu'un simple médecin, sans véritable connaissance martiale. Ou alors il est juste facilement impressionnable. Etant chargé de l'accueil, il a dû me voir condamner la porte avec mes pouvoirs... J'imagine que le manque de soutien alentour joue également. Nous approchons tout de même :

- Hé ! On a besoin de soigner cet homme, et vite ! Y aurait pas un bloc de libre pour le retaper là tout de suite ?
- J-je regrette, mais nos prothèses sont réservées à quelques privilégiés et l'on soigne déjà un important...

     Mon regard suffit à lui faire comprendre que derrière la question se cache un impératif qu'il ne peut éviter. Tremblant, hésitant, il se confond en excuses rapides et nous indique le chemin vers une salle à l'arrière sur laquelle on peut lire "Médecin Général Marie Q-Riz". Je remercie l'hôte d'accueil d'un crochet du droit qui suffit à lui faire faire de beaux rêves.
     Nous approchons de la pièce fermée et entrons sans frapper. L'alarme continue de sonner et les premiers soldats hurlent et frappent contre la porte d'accès que j'ai figée. Pour augmenter nos chances d'être tranquille, je décide de faire subir le même sort à toutes les entrées visibles du hall avant de m'enfoncer dans le bloc du Médecin Général. Le vacarme y est moins présent, tout comme le personnel : deux types nous attendent avec leur pistolet pointé sur nous, mais les tirs ne touchent ou n'infligent rien. Matt s'apprête à répondre de sa propre arme de poing mais je prends les devants en soufflant sur les bras des membres de la brigade scientifique, arrêtant une dernière balle en plein vol et refroidissant grandement l'air ambiant. Neutralisés, nos adversaires commencent à paniquer :

- Du calme. On cherche juste la patronne ici.
- Bon sang mais c'est pas vrai ! On peut rien vous confier à vous autres ! Comment voulez-vous que je bosse dans de bonnes conditions avec pareils incompétents...

       Une femme de taille moyenne apparaît de derrière un angle de la pièce, camouflé par un paravent métallique, le tout sans se lever de son siège à roulettes. Elle porte un bonnet en cuir mât, du style de ces pilotes de char - sans les lunettes - et un uniforme de même couleur que je qualifierai d'anticonformiste, puisque le haut s'arrête au dessus du nombril. Les bottes de montagne à ses pieds, lourdes et renforcées, contrastent avec la légèreté de l'ensemble... Du moins tant qu'on fait fi des plaques d'acier qui "enjolivent" ses épaulières et genouillères, sans parler du bras mécanique sortant d'une sorte de rangement dans son dos. Même sans tout cet attirail, elle donne l'impression d'être une femme forte, faite pour commander. Elle nous jauge de son regard inquisiteur :

- C'est vous les intrus ? J'imagine que vous vous rendez compte du pétrin dans lequel vous êtes ! Est-ce que votre raison en vaut la peine au moins ?

     Malgré la désapprobation, je sens toute la curiosité qui anime sa question. On a clairement affaire à une véritable chercheuse.

- Notre ami est très mal en point. Il a lutté contre le pire adversaire qui soit pour en arriver là. J'estime qu'il mérite les meilleurs soins.
- Oh ? Il s'est battu contre un Amiral ?
- Non. Une vie de merde.

     La cheffe de l'aile ouest renifle. Si ma réponse l'a troublée, elle le cache bien. Elle se contente d'approcher, observant la pièce autour d'elle, repérant chaque détail, de la rigidité des bras de ses sbires jusqu'à l'état dans lequel j'ai mis sa seule porte de sortie.
     Marie Q-Riz ramène sur elle le col de son habit et pose les yeux sur Dale, toujours avachi sur le brancard.

- Y a des tas de gens dehors qui ont une vie de merde. Mais je dois dire que celui-là fait partie des malchanceux... Et donc ? Vous attendez quoi de moi ? Que je le requinque ? Si vous souhaitez des médecins, c'est à quelques mètres de là. Dommage que vous soyez recherchés...
- Je veux qu'il ressorte de cette pièce meilleur qu'il ne l'a jamais été.
- Vous en demandez beaucoup.
- Ce n'est pas une demande.
- Et si je refuse ?

     Je n'hésite pas une seconde : d'un mouvement du pied, je refroidis le sol et contrôle la direction du gel vers les deux sbires, ainsi que vers une table sur notre gauche, recouverte de cahiers et d'instruments en tout genre. Des petits stalagmites commencent à prendre forme là où le dallage est complètement recouvert.
     La patronne du bloc lève les bras en soupirant :

- Humpf ! Très bien j'ai compris ! Encore des heures non rémunérées donc... Qu'une chose soit claire, si je trouve un moyen de vous mettre à mal, je la saisis. A vous de vous débrouiller pour ne pas vous laisser avoir. Suis-je claire ?

     Ce n'est pas une menace qu'on entend souvent... En fait, ce n'est pas vraiment le genre de réaction qu'une personne qui se sent contrainte doit avoir. Le mieux dans ces cas-là est de ne pas le dire. Cela montre encore à quel point elle a l'âme d'une scientifique ; elle agit de manière purement objective, sans se laisser marcher sur les pieds par qui que ce soit.
    Etrangement, je commence à l'apprécier.

- Est-ce qu'on peut se dépêcher ? Je te rappelle qu'on a tout le Labo sur le dos et un type qui agonise dans les bras !

    Nous tournons tous les yeux vers Matt, sévères et impérieux. Le voleur se calme immédiatement :

- O-ok faites comme vous voulez.
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