AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  OPR AnnexeOPR Annexe  ConnexionConnexion  

-49%
Le deal à ne pas rater :
Roborock S5 max
274 € 542 €
Voir le deal

L'ennemi de demain

Arhye Frost
Arhye Frost

♦ Localisation : Terra
♦ Équipage : Non

Feuille de personnage
Dorikis: 5660
Popularité: 328
Intégrité: -265

Mar 2 Mar 2021 - 18:42

- Commandant ! Navire en approche !

    Peter St. Borough, à la tête du 68e régiment de la Marine, lève la tête et hausse un sourcil en écoutant le messager. Lâchant sa plume, il laisse de côté sa paperasse hebdomadaire et quitte ses quartiers pour rejoindre l'équipage sur le pont de son bâtiment. Les côtes de Bulgemore sont à quelques mètres à peine, et l'épaisse neige qui tombe à cette période gêne sa vue. Il peste et grimace face à ce temps de chien. En plissant les yeux, il parvient tout de même à apercevoir l'objet de l'intérêt de ses hommes.

- Donnez-moi ça.

    On lui tend une longue vue et le commandant analyse plus en détail le bateau qui fait route vers eux : sans équipement militaire visible, il ressemble davantage à un navire de transport qu'à l'embarcation de hors la loi... Mais les règles étant ce qu'elles sont, et sa trajectoire n'étant pas celle du port, Peter ne peut s'empêcher de penser à un mauvais présage. L'expérience parle pour lui, et ce n'est pas la première fois qu'un arrivant aux airs innocents se révèle être un criminel recherché. L'île de Vegapunk attire toutes sortes d'individus, au grand dam des représentants de l'ordre.
    L'officier ordonne aux matelots de s'activer. Le cuirassé commence son approche. L'intrus ne fait pas mine de ralentir. Une minute passe, puis deux. Le silence qui accompagne leur trajet est pesant et l'on entend presque déglutir son voisin. Personne n'aime ce genre de situation, peu importe le nombre de fois auxquelles on y fait face.
    Un instant, ses yeux discernent quelques formes vagues s'agitant sur la proue du navire, mais le temps est trop mauvais pour qu'on puisse savoir de qui il retourne. Il lui semble cependant que le trois mâts en face d'eux ralentit... Ce changement de vitesse est anormal. D'un geste de la main, le commandant invite tous ses hommes à focaliser leur attention sur le moindre mouvement suspect à bord. Après quelques temps, ils sont suffisamment proches pour discerner le pont de l'autre bâtiment, mais il ne semble y avoir personne. La gorge de Peter se noue encore plus. Ce n'est clairement pas bon... Armé de son escargophone, lui-même relié aux portes-voix de cuirassé, il dit :

- Ici Peter St. Borough, commandant du soixante-huitième régiment, en charge de la sécurité de Bulgemore ! Vous naviguez en ce moment-même vers un secteur non réglementé. Identifiez-vous et annoncez l'objet de votre venue !

     Face à lui, le navire continue d'avancer, sans faire mine de manoeuvrer ailleurs que dans leur direction. Peter ne prend pas la peine de réitérer ses propos :

- Contournez-le. Armez les canons ! Maintenant !

     C'est à une vitesse record que son équipage s'exécute. Chaque soldat a été entraîné à répétition pour ce genre d'occasions, et l'officier supérieur n'apprécie guère les mollassons. Quant on patrouille avec lui, on refuse la routine confortable. Chaque lendemain est un inconnu qu'il faut affronter au meilleur de soi-même... Car plus ses hommes sont compétents, moins il a de travail à fournir. On est loin d'une patrouille tranquille aux abords d'une île paradisiaque, mais chaque détail compte pour réduire ses charges administratives. C'est donc en moins d'une minute que le cuirassé se retrouve sur le flanc du navire suspect et qu'il ouvre le feu, au plus près de la coque, sans faire mouche :

- Ceci est notre dernier avertissement ! Arrêtez-vous immédiatement !

   La Marine est focalisée sur le bateau qui ne ralentit plus, ni ne vire. Le messager de tout à l'heure, à l'insigne de caporal, se permet de tirer doucement son supérieur par l'épaule :

- Commandant, regardez... Il n'y a personne.

    En effet, Peter ne voit rien, pas âme qui vive. De la proue à la poupe, en passant par le gouvernail, il n'y a pas un seul individu qui dirige ce navire fantôme.

- ... Abordez-le immédiatement.
- Ci-fait, mon commandant !

    La moitié des hommes du cuirassé grimpe à bord, aux côtés de St. Borough. L'homme à la barbe finement taillée tâte son sabre nerveusement. Il aurait préféré que cette journée soit comme les autres : froide et cyclique. Et son paquet de clopes est resté dans ses quartiers.
    Très vite, il constate que l'accès aux quartiers, ainsi qu'aux entrailles du navire, sont bloquées. Le caporal observe une fine couche de givre remplissant l'interstice des portes et des ouvertures. Mais malgré la température ambiante, il est impossible qu'une telle chose se produise en si peu de temps. D'un coup net et précis, le commandant fend chaque accès obstrué, de sorte à ce que les soldats continuent l'investigation. Il se décide à descendre jusque dans les cales, souhaitant n'y trouver que des produits inoffensifs. Mais là encore, rien. Quelques caisses vides, des sacs de céréales à moitié consommés, une réserve d'eau quasiment épuisée... Mais pas la moindre marchandise, pas même une arme ou la mèche d'un explosif.

- Merde... Sortez-les de là !

    Un de ses hommes s'exclame près de la zone réservée aux mousses. Peter remonte en trombe et se fraie un chemin jusqu'à rejoindre les soldats, attroupés devant...

- De la glace ?

    Une épaisse couche transparente fait face à son escouade, sans qu'aucun ne puisse en expliquer la raison. Derrière ce mur, l'officier supérieur remarque des ombres qui s'agitent. Puis des voix s'élèvent et il saisit alors la nature des personnes coincées derrière : l'équipage de ce transporteur, restreint pour leurrer les soldats.
    Poussant un juron, St. Borough rassemble ses forces et se met à taillader le rempart de givre, jusqu'à libérer les otages. Ceci fait, il se dépêche de rejoindre le pont et, avant de pouvoir donner de nouvelles directives, un des guetteurs du cuirassé le hèle :

- Mon commandant ! Une barque vient de rejoindre la côte !

    Trop tard, la véritable menace vient d'atteindre son premier objectif.
https://www.onepiece-requiem.net/t18482-le-corbeau-de-north-bluehttps://www.onepiece-requiem.net/t18490-ft-de-arhye-frost
Arhye Frost
Arhye Frost

♦ Localisation : Terra
♦ Équipage : Non

Feuille de personnage
Dorikis: 5660
Popularité: 328
Intégrité: -265

Sam 1 Mai 2021 - 15:22

- Dépêchons-nous, il ne vont pas tarder à rejoindre la côte.

     Matt et moi quittons notre barque, accompagnant un Dale Feinder mal en point : le repos, les pansements et l'inertie lui ont permis de supporter la douleur durant la traversée, mais l'humidité et le froid, à défaut de calmer sa peine, rendent ses blessures inconfortables. La balle qu'il a reçu sur Terra a été retirée et la plaie pansée. Mais la main gauche qu'il a perdu rend notre voyage beaucoup plus important : les soins apportés n'étaient pas franchement les meilleurs qui soient et seules sa force et sa volonté l'ont fait tenir jusque là. D'autres n'auraient pas eu cette chance... La perte de sang, la gangrène, l'infection ou l'ensemble de ces facteurs pouvaient le tuer. Mais il a tenu malgré tout.
    Il nous faut pourtant nous hâter pour éviter que la Marine ne nous rejoigne. Ma diversion nous a fait gagné de précieuses minutes, mais cet obstacle là est sans doute le plus simple à franchir. Nous devons maintenant rejoindre le laboratoire de Vegapunk, y pénétrer et forcer les scientifiques qui s'y trouvent à remettre sur pied notre nouvel ami tout en marquant ces lieux de notre passage. Je n'ai rien dit à Matt concernant cette partie du plan, mais il s'en sera rendu compte de toute manière. Je tiens à faire comprendre au Gouvernement qu'il ne peut plus se cacher derrière des lois qu'il piétine "pour le bien de tous".

     Le froid ne me gêne pas, contrairement aux deux autres, et la neige épaisse qui tombe encore masque très vite notre passage au fur et à mesure que nous progressons vers l'intérieur des terres. C'est donc sans trop de difficulté que nous rejoignons l'unique ville au coeur de la tempête.
    Alors que les lumières des habitations nous parviennent, je crois distinguer des ombres mouvantes dans le décor qui nous encercle... Mais ne voyant que des flocons et des sapins remuants, je finis par laisser couler.
    Nous avions quitté une île du Nouveau Monde en proie à l'agitation pour pénétrer dans l'un des territoires les plus importants de l'histoire du Gouvernement Mondial. Cela nous a été possible grâce au Cold Pose que j'ai déniché un jour de Noël : il me permet de suivre un trajet basé sur les îles hivernales de ce monde, dans un ordre précis, et fonctionne en étant soumis au froid. Un Pose parfait pour moi en somme. Grâce à lui, de nouveaux horizons s'offrent à moi, et de nouvelles possibilités. Possédant déjà des informations censées sur l'endroit où se trouvent mes parents grâce à Mountbatten et à d'autres sources inattendues, je n'ai plus qu'à me préparer en vue de nos retrouvailles. Cela n'aura pas lieu dans la paix, mais seule la finalité compte à mes yeux.

- Arhye, nous devrions éviter d'entrer comme ça, à la vue de tous.
- Nous ne sommes que trois, et une approche naturelle n'aura rien de suspect... Continuons. Gardez les capuches de vos manteaux sur vous.

     Avec le temps à l'extérieur et l'heure avancée, il est normal de ne pas croiser grand monde dans les rues. Les quelques travailleurs en fin de service et autres badauds en quête de chaleur se rejoignent dans les tavernes, aussi bruyantes qu'odorantes. Le fumet des plats chauds couvrent la fraîcheur du soir et envahit le nez reniflant de mes deux comparses. Dale déglutit : si l'appétit lui vient encore, c'est qu'il n'est pas si mal en point... Du moins c'est ce que j'en déduis. Son mutisme ne l'empêche pas d'être compréhensible, de par son attitude expressive. Matt s'approche machinalement d'une auberge. Je l'attrape par le col et l'oblige à continuer. Il ronchonne mais ne réplique pas.
     Très vite, son mécontentement est remplacé par un sentiment d'insécurité : il nous invite à nous écarter de la rue que nous traversions pour nous cacher dans l'ombre d'un bâtiment. Je cherche des yeux ce qui l'a mis en alerte et finir par comprendre. Une patrouille de la Marine approche.
    Les cinq soldats avancent dans notre direction, scrutant les environs, fusil à la main.
https://www.onepiece-requiem.net/t18482-le-corbeau-de-north-bluehttps://www.onepiece-requiem.net/t18490-ft-de-arhye-frost
Arhye Frost
Arhye Frost

♦ Localisation : Terra
♦ Équipage : Non

Feuille de personnage
Dorikis: 5660
Popularité: 328
Intégrité: -265

Jeu 10 Juin 2021 - 21:28

- Rien à signaler de ce côté.
- Ici non plus. On continue.

    La patrouille avance à vitesse de marche, s'arrêtant quelques fois pour scruter une ruelle ou l'arrière d'un talus. L'homme de tête reste sur le chemin : il analyse avec soin l'espace devant lui, sans qu'aucun son parasite ne vienne déranger sa concentration. Le sérieux dont font preuve ces soldats n'est pas courant... Soit la discipline sur cette île est une priorité absolue, soit ils ont reçu des directives il y a peu. Dans un cas comme dans l'autre, nous sommes contraints de nous éloigner de l'axe principal et de nous faufiler dans une allée menant à une route voisine de la leur.
    Nous continuons de nous déplacer jusqu'à mettre une distance raisonnable entre la Marine et nous. Très vite, les derniers passants rentrent chez eux et la majorité est trop éméchée pour que nous leur paraissions suspects. Enfin vite... Le temps passe à toute allure lorsque les événements imposent leur rythme. Il fait nuit noir, la lune brille à peine au travers du vent et de la neige. Malgré ma résistance, le contact incessant des flocons sur la moindre zone sensible devient de plus en plus désagréable. Je cligne des yeux presque à chaque seconde. Matt et Dale subissent autant, si ce n'est plus... Le muet fait une grimace peinée et prend de grandes inspirations chaque fois que nous nous arrêtons. Ses bandages doivent être particulièrement humides. Si seulement nous pouvions dénicher un endroit au chaud pour nous reposer et le panser une dernière fois avant d'atteindre notre destination, ce serait le luxe ultime. Mais qui sait quand la patrouille maritime nous aura rejoints. S'ils tombent sur le groupe de tout à l'heure, alors ce sera la panique dans toute la ville. De toute manière, l'alerte a dû être donnée via escargophone.

     Nous quittons la zone habitée et reprenons notre route vers le laboratoire. Nos micro-pauses et la chaleur s'échappant des habitations étaient de maigres réconforts, mais cela nous a permis de nous rendre compte d'une chose : plusieurs escouades ratissent les lieux et interrogent les piliers de comptoir les plus endurcis. Certains membres possèdent d'ailleurs l'écusson de la brigade scientifique. Ce simple détail nous permet de suivre une piste inespérée : les traces de pas des soldats se recoupent toutes vers une direction unique, s'effaçant dans un horizon incolore où l'on ne fait plus la différence entre les lignes, les courbes et les points.
    La route est pénible, mais le plus problématique reste cette poudre blanche qui n'en finit pas de tomber :

- Je ne vois plus leurs traces... Tout est recouvert.
-  Ils ont forcément suivi le sentier le plus court pour rejoindre le village aussi rapidement.

    Matt s'apprête à répondre mais il est freiné par Dale, lequel s'appuie sur son épaule et semble avoir de plus en plus de difficultés à suivre le rythme. Je m'approche de lui et constate qu'il a le teint pâle.

- Trouvons un endroit où nous abriter un instant, le temps que je vérifie son état.

     Au bout d'un moment, nous trouvons une sorte de bute avec un sapin dessus. Je fais jouer de mes capacités et nous y érige un abri de glace, sorte de préau fermé, nous protégeant de la neige et du vent. Malgré la température, je demande au musicien de retirer son manteau. Matt s'assure qu'il n'aggrave pas sa situation. Après quelques couches en moins, nous voyons qu'une tâche sombre a pris forme sous le pansement. Sa blessure s'est rouverte. J'agrippe son bras gauche et observe son moignon : rien d'anormal de ce côté-ci, fort heureusement... Si ce n'est qu'il souffre de ne plus y voir sa main.
    Mon partenaire fait montre de ses talents de voleur. Ses doigts de fée retirent les bandages de Dale, nettoient la plaie et pansent le tout sans causer la moindre friction superflue. Il n'y a que dans des moments comme ceux-là qu'il donne l'impression qu'on peut lui faire pleinement confiance.

- Il y a du bruit dehors...

     A peine a-t-il terminé son oeuvre que son côté prudent a repris le dessus. Prenant en compte l'avertissement, je me risque à entrouvrir notre abri pour jeter un oeil.
    Je ne vois rien d'anormal. La poudreuse est plus fine qu'il y a quelques minutes, mais il fait encore trop mauvais pour profiter du paysage de Bulgemore. Je tourne la tête de droite à gauche, tel un scanner, et finis par discerner une ombre en mouvement. Puis une autre.
    Au total, ce sont quatre silhouettes qui s'approchent en effectuant des cercles autour de notre position. Leurs mouvements sont rapides, malgré l'apparente lourdeur de leurs pas. Je crois au départ avoir affaire à l'une des patrouilles de la Marine et cherche un cinquième individu. Mais très vite, un crissement métallique retentit et je comprends qu'il vient d'une des ombres allongées. Une fois suffisamment proche, je saisis enfin à quoi nous faisons face : des créatures robotiques ; quatre quadrupèdes au squelette animal, la gueule pleine de crocs synthétiques et de véritables lames en guise de griffes ; le croisement entre des loups mutants et le génie militaire d'un mécanicien futuriste.
    Les bêtes d'acier s'approchent doucement, comme des prédateurs en chasse. La glace nous protège, mais limite également nos mouvements... Vu l'état de notre ami muet, il est préférable que je m'en charge seul et, pour ce faire, tout se jouera à l'instant où nos ennemis fonceront. Une seule attaque bien placée sur chaque cible simultanément... C'est possible. Je peux le faire. Je dois le faire. C'est le moment de prouver que ce pouvoir fait partie de moi.

- OooooooooooOOOOORRAAAAAAAH !

     Le cri venait du ciel... Ou de derrière ? Sans doute des deux. Le fait est que la créature la plus proche de notre position n'a pas eu le temps de réagir.
    Un colosse en armure flamboyante a atterri entre nous et nos agresseurs et, d'un violent coup de marteau, a littéralement écrasé la tête du robot-loup. Il se redresse, époussette ses plaques dorées, replace sa cape bleue sur laquelle est marqué "Justice" et renifle :

- Officier Rykor, arrivé sur les lieux de la mission ! Autorisation d'ouvrir les hostilités ?

     ... N'est-ce pas ce qu'il vient de faire ?
https://www.onepiece-requiem.net/t18482-le-corbeau-de-north-bluehttps://www.onepiece-requiem.net/t18490-ft-de-arhye-frost
Contenu sponsorisé



Page 1 sur 1