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Quand une personne se transforme en une autre...

Pharaun Mizzrym
Pharaun Mizzrym

♦ Localisation : Dans ma bulle
♦ Équipage : The Chimera

Feuille de personnage
Dorikis: 1445
Popularité: 61
Intégrité: 96

Jeu 28 Juil - 2:50

Sa nouvelle vie pouvait commencer. Tellement nouvelle qu'il en avait peur, comme on peut être terrifié devant une belle femme que l'on désire, tellement impressionnante et en même temps pleine de promesses. Le choix ne lui appartenait cependant pas. Il démarrait quelque chose de nouveau, qu'il le veuille ou non, et ne pouvait en aucun cas revenir en arrière. Dialaun était devenu, presque malgré lui, chasseur de primes.

*Pas Dialaun, Pharaun ! Met-toi ça dans la tête. Tu n'es plus Dialaun. Il a été capturé par tes soins, tu te rappelles ? *


Il fallait qu'il s'y fasse, cela pouvait être une question de vie ou de mort. Il aurait l'air de quoi si, par inadvertance, il se présentait comme étant Dialaun Mizzrym devant des agents du gouvernement ? Il serait très vite capturé, ou pire, donné en pâture à son frère jumeau, emprisonné à sa place. Ce serait un cadeau logique de la part du gouvernement pour l'erreur judiciaire qu'ils avaient commis. Le plus simple était d'abandonner tout ce qui touchait à son ancienne vie, et l'argent qu'il avait dans la poche en faisait plus ou moins parti. L'argent de sa propre prime. L'argent qu'il avait touché en livrant à la marine son propre frère.

Il trouvait parfois dommage la tournure qu'avaient pris les évènements. S'il était né sur une autre île, son père ne l'aurait pas détesté. S'il n'était pas né en même temps que Pharaun (*Dialaun ! *), son père ne l'aurait pas détesté. S'il était sorti du ventre de sa mère avant Pharaun (*Dialaun bordel ! *), son père ne l'aurait pas détesté. Si son père ne l'avait pas détesté, il n'aurait pas formé Pha... Dialaun à le haïr si fort qu'il désirait sa mort.

Mais il arrive malheureusement que le hasard pur et simple engendre des drames. Le nouveau Pharaun avait appris à vivre avec. Quoi qu'il en soit, les dix millions de berries qu'il avait sur lui le révulsait au plus au point. Il fallait qu'il s'en débarrasse, et il savait comment il allait faire : en faisant en sorte que plus personne sur son île n'ait à vivre comme il avait lui même passé son enfance. C'est ainsi qu'il retourna sur son rocher natal, un caillou perdu dans l'immensité de North Blue.

Quand il posa le pied à terre, il commença a se demander s'il avait eu une bonne idée. Certes Pharaun était le fils légitime de Ryld Mizzrym, mais il n'était pas aimé des villageois pour autant. Le personnage de Pharaun était, dans l'esprit des gens, un jeune homme méprisant, capricieux et violent. Le nouveau chasseur de primes put donc voir des volets se fermer à son passage, des parents faire rentrer leurs enfants et des vieillards changer de trottoir. Avec une certaine tristesse, il comprit qu'en quelques heures il était passé d'un personnage inspirant le mépris et le dégout à un personnage inspirant la peur et la haine. Il n'avait cependant pas l'intention de demeurer très longtemps sur cette île, aussi il tenta de prendre sur lui.

Cependant, malgré ses efforts pour ignorer l'attitude des gens, il ne s'était pas préparé à la douleur qu'il ressentirait si les seules personnes qui l'avait apprécié sur cette île le détesterait à partir de maintenant. Ce fut pourtant ce qui arriva.

Alors qu'il marchait dans une rue déserte, digne d'un village fantôme, un mouvement attira l'œil du chasseur de primes, trop rapide cependant pour qu'il ne puisse réagir avant que le galet n'atteigne sa tempe. Une douleur sourde s'empara de sa tête alors qu'il luttait pour ne pas s'effondrer sur le sol de gravier. Alors qu'il constatait l'écoulement d'un filet de sang lorsqu'il explora la plaie de sa main, Pharaun se tourna vers son agresseur. Celui-ci se situait sur le toit du bâtiment le plus proche, mais ses traits étaient dissimulés par le contraste qu'effectuait l'ombre de son corps avec le soleil levant juste derrière lui. De sa silhouette, Pharaun ne put que deviner la petite taille, certainement celle d'un enfant, ainsi que le bandana noué sur le coté de sa tête.

Alors qu'il mettait ses mains au dessus de ses yeux pour tenter de mieux voir, son ennemi réitéra son acte en jetant un autre galet, avec une précision démoniaque. C'était sans compter sur l'agilité impressionnante de Pharaun qui esquiva -non sans difficultés- le projectile de pierre qui siffla dans l'air en passant à quelques centimètres de son oreille.

Tandis qu'il se relevait, et avant qu'il ait eu le temps d'invectiver son agresseur, celui-ci pris la parole haut et fort, ce qui trancha avec le vide qui régnait dans le village.


« Tu as eu ce que tu voulais, enfoiré, alors pourquoi reviens-tu ici ? Tu crois qu'on va t'accueillir après ce que t'as fait à Dialaun ? T'as peut-être pris mon œil, mais il m'en reste un pour viser. Tant que tu seras ici, tu seras ma cible. »

*Cette voix... Lundi ! *

Un nuage passa devant le soleil à ce moment. La luminosité se fit moins intense et Pharaun pu enfin voir le visage de l'enfant. Un visage rond comme dans ses souvenirs, garni d'une multitude de taches de rousseur, le dominait. Le bandana qu'il portait était de travers, ce qui masquait son œil gauche mais permettait d'entrevoir ses cheveux orangés courts du coté droit. L'enfant semblait musclé sous ses vêtements légers (qui se résumaient à un T-shirt noir et un pantalon blanc sale. L'absence de chaussure ne semblait pas le gêner outre mesure), en tout cas plus que dans les souvenirs de Pharaun.

Une rivière de nostalgie envahit Pharaun qui se laissa porter. Lundi était un garçon qu'il avait lui-même trouvé alors qu'il avait moins de dix ans. Lui n'en avait que trois. Ses parents l'avaient tout simplement abandonné, ce qui était monnaie courante sur cette île où le traitement voué aux enfants était parfois plus qu'inhumain. D'après les rumeurs, la couleur rousse de ses cheveux ne leur convenait pas, car elle rappelait le diable. Le village d'origine du chasseur de primes comportait en effet des religieux à la limite de l'extrémisme, qui criaient au démon à la moindre anomalie dans leur vie. A trois ans seulement, Lundi détestait déjà ses géniteurs. A tel point qu'il reniait tout de son passé, et n'avait même jamais prononcé son propre nom. Les enfants de la rue l'avait donc baptisé ''Lundi'', car c'était le jour où Dialaun l'avait trouvé et que, pour tout le monde, c'était le véritable jour de sa naissance.

La douce rivière dans laquelle baignait Pharaun se transforma en un torrent meurtrier lorsque la tristesse le submergea et le fit suffoquer. Lundi avait été son frère, son protégé, pendant plus de huit années. Aujourd'hui, il le détestait plus que tout au monde. La douleur qu'il éprouvait maintenant était à se rouler par terre. Voilà l'héritage que lui laissait son frère jumeau : de la haine de la part des seules personnes qu'il avait aimé.

Profitant d'une brise passagère venant de l'Est, Lundi leva soudain la tête vers le ciel et cracha. Le projectile liquide, assez volumineux, paru flotter quelques instants avant d'être poussé par le vent en direction de Pharaun. Celui-ci, incapable de réagir, se le prit en plein visage. Lundi renifla bruyamment avant de s'exprimer.


« Tu mérites mille fois plus de mourir que Dialaun. Ton existence me dégoute. »


Il se détourna alors et s'éloigna, disparaissant du regard de Pharaun qui resta simplement debout, le regard vide dans une rue vide. Il fallut plusieurs minutes avant que certains villageois, qui avaient vu la scène depuis leurs fenêtres closes, osent s'aventurer à s'approcher du chasseur de primes. Ce fut le médecin Walhas qui, le premier, vint à sa rencontre. L'homme était petit et grassouillet, un exemple typique des gens de cette île qui mangeaient abondamment sans scrupules alors que sous leurs fenêtres des dizaines d'enfants attendaient en ce cachant l'instant où il sortirait ses poubelles.


« Rhaa, ces foutus vermines ! Vraiment seigneurs, nous sommes désolé. Qu'un de ses foutus déchets osent s'en prendre à l'illustre fils de la famille Mizzrym, c'est vraiment inacceptable. Que voulez-vous, ils grouillent de partout ici. Ils étaient, de plus, très proche de Dialaun, pas étonnant qu'ils soient devenus de vrais sauvages. On vous remercie tous de l'avoir arrêté, d'ailleurs. Un jour ou l'autre il faudra trouver une solution pour les exterminer tous, j'en parlais d'ailleurs justement avec le maire tout à l'heure. »


Encaissant ses paroles sans mot dire, Pharaun se tourna vers Walhas. Son regard était, à cet instant, le plus noir qu'il ait jamais eu. Le médecin sentit immédiatement une énorme pression et se mit à transpirer et à détourner les yeux. Des pulsions meurtrières faisaient palpiter une veine sur la tempe non blessée de Pharaun, alors que ses poings fermés le long de ses hanches tremblaient. Mais il parvint à se contenir en serrant les dents. Walhas fit mine de changer de sujet en remarquant le filet de sang qui coulait le long de la joue du chasseur de primes.


« Vous êtes blessé ! Laissez moi examiner ça. »

Mais alors qu'il approchait les mains du visage de Pharaun, celui-ci les écarta d'un geste brusque du bras. Le médecin ne put contenir un cri de terreur après la rapidité du geste.

« Foutez-moi la paix ! »


Il avait dit ça presque dans un murmure, mais le ton de ses mots ne souffrait aucune contestation. Les personnes rassemblées autour de lui comprirent, dans une sorte d'instinct de survie animal, que quiconque prononcerait le moindre mot à cet instant serait sûrement mort dans les prochaines secondes.

Pharaun s'éloigna donc dans un silence presque plus pesant que lorsque la rue était vide. Tourné vers ses pensées, il laissa ses pas le guider vers l'endroit où il n'aurait sans doute pas du aller après ce qui venait de se passer : la planque des gamins de la rue.


Dernière édition par Pharaun Mizzrym le Dim 28 Aoû - 18:57, édité 4 fois
Pharaun Mizzrym
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Ven 29 Juil - 2:14

L'entrée vers la cachette était toujours la même après toutes ses années, en déduisait les nombreuses empreintes de pas autour du lieu. L'énorme benne masquant le trou dans le mur n'avait, elle non plus, pas changé. C'était Pharaun qui, une dizaine d'année auparavant, avait unifié tous les jeunes abandonnés et leur avait donné un endroit où vivre. Ils avaient longtemps cherché à des endroits improbables mais avaient toujours été chassés très vite, avant de trouver la perle rare. Dans une vieille maison en pierre délabrée, où de nombreux éboulements avaient eu lieu, ils avaient établi leur QG. Aucun villageois n'avait le courage de retaper cette bâtisse, mais s'ils les avaient vu ici, ils se seraient tout de même empressés de les faire partir. C'est pour cela qu'ils avaient du faire preuve d'imagination. Au fond de la maison, au rez de chaussé, il y avait une alcôve relativement imposante, mais l'entrée principale de celle-ci avait été ensevelie sous les gravats et les planches tombées du toit. Depuis l'arrière du bâtiment, Pharaun et quelques autres s'étaient employés pour retirer quelques briques afin d'ouvrir une nouvelle voie, inconnu des adultes. Ils l'avaient masqué en y plaçant devant une benne à ordure qu'il suffisait de pousser pour dévoiler l'entrée. Celle-ci n'attirait pas l'attention, car le lieu en lui même ainsi que toutes les ruelles sombres servaient de dépotoirs aux habitants.

Pharaun hésita un moment avant de s'aventurer dans son ancien domicile. La raison lui murmurait qu'il ne le fallait pas, qu'à l'intérieur une dizaine de gamin lui en voulait à mort et n'hésiterait pas à le lyncher, mais le cœur lui hurlait de revoir ses anciens compagnons pour tenter de s'expliquer. Le cœur parlant plus fort que la raison, il se décida à l'écouter lui, et poussa la benne qui glissa facilement sur le sol creusé par les années sous son poids.

Lorsque l'entrée lui fut révélée, il perçut un discours animé suivi de rires, environ une dizaine d'enfant comme il l'avait prévu. S'avançant prudemment et en faisant le moins de bruit possible, il commença à comprendre quelques mots et devina le sujet de la conversation. Il s'agissait de Lundi qui racontait aux autres son exploit de la matinée. Il entendit aussi un autre enfant prendre la parole :


« Lundi, j'ai entendu la benne bouger, quelqu'un arrive. »

« Laisse donc, Chiro », lui répondit celui-ci, d'un ton qui semblait montrer qu'il n'appréciait pas trop qu'on interrompe son histoire pour une telle banalité. « Cook est allé voir si le boulanger a jeté des trucs mangeables après sa tournée de ce matin, ça ne peut être que lui qui revient. »

Pharaun ne fit guère attention à ses mots. Il avait décidé de jouer franc jeu et de se révéler à eux sans se cacher, en espérant qu'ils le laisseraient parler. Avec agilité il rampa sous les quelques obstacles qui lui barraient la route avant la salle principale. Plus loin, il pouvait voir la lueur d'une bougie refléter quelques ombres dans le tunnel où progressait Pharaun.

Lorsqu'il arriva au bout, les conversations avaient reprises. Toujours à l'abri des regard derrière un petit muret qui faisait anciennement office de couloir, il en profita pour épousseter un peu ses vêtements. Enfin il retira son sabre coincé dans sa ceinture et le posa à terre. Il s'avança ensuite, sans cacher sa présence.


« Salut les gars, ça fait un bail ! »

Les réactions furent immédiates. A l'instant où il était entré dans la pièce, tous les regards s'étaient tourné vers lui. En moins de temps qu'il ne le fallait pour le dire, les plus jeunes avaient été placés derrière les plus vieux, et Lundi se trouvait à la tête de la petite troupe. Pharaun dénombrait douze personnes, allant de six à quinze ans environ. Absolument tous s'étaient saisi d'un objet qu'ils plaçaient entre eux et le chasseur de primes, parfois une pierre, parfois une barre en métal. Leurs intentions étaient clairement hostiles et Pharaun comprit que s'il n'apaisait pas les tensions tout de suite, il allait se faire attaquer et battre à mort. Celui qu'ils croyaient être le bourreau de Dialaun leva alors les mains en avant en signe d'apaisement.

« Les gars... C'est moi, c'est Dialaun ! Ne me dites pas que vous arrivez à me confondre avec mon frère ? »

Pour toute réponse il n'eut droit qu'à un jet de pierre en direction de son visage qu'il esquiva en se penchant sur le côté. Reprenant sa position initiale, Pharaun reprit, d'un air dépité.

« Aller quoi... Vous ne reconnaissez pas votre super meneur ? C'est moi qui vous ai tout appris ! Tenez, c'est moi qui ai découvert cet endroit ! Comment Pharaun saurait ça ? »

Lundi, qui avait gardé son bandana qui couvrait son œil gauche, avança d'un pas.

« C'est vrai qu'il y a peu, seul Dialaun aurait pu nous dire ça. Mais tu portes les vêtements de Pharaun et tu as capturé ton frère, on a pu lire ça dans la presse. Ne nous prend pas pour des idiots, on connait tes méthodes. Tu crois que j'ai déjà oublié ?
»

C'est alors qu'il retira le tissu gris qu'il portait sur la tête, dévoilant ainsi l'intégralité de sa chevelure rousse qui s'étendit sur les cotés de son crâne, recouvrant juste ses oreilles. La partie supérieure gauche de son visage fut aussi révélée.

Pharaun eut un haut le cœur en voyant l'état de son ami Lundi.

La paupière avait été arrachée, certainement coupée au couteau. Il ne restait de celle-ci qu'une horrible cicatrice rougeâtre. Quand à l'œil... Pharaun n'osait imaginer la douleur que le pauvre Lundi avait du ressentir. Celui-ci était tout simplement absent ! Il ne restait qu'une orbite vite, un trou béant en plein milieu du visage rond de l'enfant. Le chef des gamins de la rue repris la parole.


« Même moi je n'ai pas pu résister à la douleur... Tu m'as forcé à te dévoiler l'endroit où se cachait Dialaun, et je te l'ai dit. Je m'en voudrai sûrement toute ma vie, mais avant je te le ferait payer. Maintenant, quelle que soit la bravoure de Dialaun, je ne pense pas non plus qu'il ai pu résister à tes méthodes. Ça ne m'étonnerait pas que tu lui ai fait dire des secrets de son passé, notamment en ce qui concerne cette planque, comme tu viens de nous le dire. Je ne sais pas quel plaisir sadique tu éprouve en faisant ça, mais on ne se laissera pas berner. Dialaun est mort, mais on peut encore le venger. »

Pharaun n'avait cessé de blêmir pendant toute la tirade. Il n'arrivait pas à se rendre compte de la cruauté de son frère jumeau. On l'avait traité toute sa vie de démon, mais quand était-il de lui ? Et maintenant, c'était à lui d'encaisser tout ça ? C'était trop injuste. Toute conviction disparue, Pharaun tenta vainement de reprendre la parole :

« He... He... Les gars... Je suis vraiment Dialaun ! Je peux le prouver ! Je peux... »

C'est alors que le sol se rapprocha à toute vitesse du visage de Pharaun. Il le percuta de plein fouet avant de sentir la douleur sur l'arrière de son crâne. Alors qu'il commençait déjà à perdre conscience, il parvint à entendre quelques phrases, sans savoir précisément qui les prononçait :

« Bien vu Cook ! »


« J'ai vu cet enfoiré rentrer ici, j'ai eu peur pour vous les gars. »


« Tu m'entends, Pharaun Mizzrym ? T'es entre de bonnes mains maintenant. On te réserve un spectacle que tu n'oublieras pas de toute ton existence. Existence qui ne va pas être très longue, pour tout te dire... »

Alors que Pharaun essayait vaguement de lutter contre son propre esprit, un noir réconfortant vint mettre fin à se tracas. Des ténèbres qui ne demandaient rien d'autre que l'oubli et l'absence de soucis...


Dernière édition par Pharaun Mizzrym le Dim 28 Aoû - 21:20, édité 2 fois
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Sam 30 Juil - 1:31

L'obscurité laissa tout d'abord place à la douleur. Une douleur cérébrale, du genre de celle qui vous font croire qu'un gars vous saute sur la tête, à raison d'un bond par seconde. La seconde sensation fut celle, affolante, du manque d'oxygène lorsqu'il fut assez conscient pour s'en rendre compte. Enfin la dernière fut celle de l'eau contre la peau, et plus particulièrement son visage. Ce n'est qu'à ce moment que Pharaun se rendit compte de sa position, pour le moins inconfortable il fallait bien le dire : les mains liées derrière le dos, la tête en bas.

Quelqu'un le tenait par les chevilles, et alors qu'il venait de se réveiller au contact de l'eau glacée celui-ci le tira vers le haut jusqu'à ce qu'il crève la surface. Il pris alors une énorme respiration qui lui brûla les poumons, avant de crachoter avec douleurs les quelques gorgées qu'il avait aspiré inconsciemment. Il s'aperçut alors qu'il n'était plus dans la planque des gamins, mais au bord de la rivière qui longeait le village. L'endroit était recouvert de plantes luxuriantes en tout genre, et vu l'épaisseur de la végétation, il n'était pas prêt de recevoir du secours des habitants. Ceux-ci n'allaient certainement pas s'embarrasser à marcher parmi les herbes hautes et les fougères, cela leur aurait demandé bien trop d'efforts. Le chasseur de prime put aussi constater que le soleil était haut dans le ciel. Apparemment, il s'était déroulé quelques heures depuis qu'on l'avait assommé. Il se rendit compte lorsqu'il entendit la voix de Lundi que la majeure partie des enfants abandonnés étaient venu assister au spectacle.


« Deux minutes d'apnée. C'est pas mal, mais on peut faire beaucoup mieux ! »

Il se sentit redescendre dans l'eau, mais refusait de ressentir à nouveau la brûlure de ses organes respiratoires privés d'oxygène. S'en prendre le temps de réfléchir, il créa une bulle d'air autour de sa tête avant d'être à nouveau immergé jusqu'au cou. Cela lui permit de tenir quelques secondes, mais Lundi l'avait vite remarqué. Il fut à nouveau tiré hors de la rivière.

« C'est quoi ça ? »

Visiblement sous le coup de la surprise, le gros costaud qui le tenait, un adolescent d'environ seize ans, lâcha ses chevilles. Pharaun s'écroula alors dans la rivière peu profonde et commença à racler le fond avec son visage sous l'action du courant. Son fruit du démon qui lui avait permis de respirer un peu plus tôt était justement celui qui allait le noyer. Il rageait intérieurement, car la distance qui le séparait de l'atmosphère n'était que de quelques centimètres, et pourtant il allait se noyer comme un nouveau-né. C'était sans compter sur la main qui lui attrapa les cheveux et le tira en arrière, lui permettant à nouveau de prendre une grande bouffée d'air.

« Voyez-vous ça, un fruit du démon ! C'est nouveau ça, Pharaun, non ? Je pourrais te laisser te noyer, mais je n'estime pas cela suffisant. »

A l'agonie, la tête renversée en arrière, Pharaun était en train de s'abimer les yeux pour tenter de trouver le visage de Lundi qui le tenait. C'est alors que l'évidence le frappa. Ça pouvait bien être cela qui allait le sauver.

« Tu n'as pas lu le journal, Lundi ? ''Dialaun Mizzrym est recherché mort ou vif pour avoir volé un trésor appartenant au gouvernement''. Tu crois que c'est quoi, toi, ce trésor ? De l'or ? Des diamants ? Un coffre blindé de berries ? Selon toi, tu crois que ça justifie la prime de dix millions posée sur MA tête ? »


Il avait volontairement appuyé sur le ''MA'' pour bien faire comprendre qu'il voulait à nouveau clamer son innocence. Le fait que Lundi ne réponde pas lui prouvait qu'il était en train de lui dire quelque chose d'intéressant. Ainsi, il poursuivit.

« C'était un fruit du démon, ce trésor. Il n'y a que ça qui justifie une prime aussi grosse. Un fruit du démon que J'AI mangé. Et JE viens de vous montrer ses capacités. Ça ne te prouve toujours pas que je suis Dialaun et pas Pharaun ? »

Quelques secondes passèrent. On sentait dans l'air monter le parfum du doute. Certainement étaient-ils en train de mesurer le risque qu'ils prenaient. Et si, par prétexte de venger leur ancien chef, les gamins étaient en train de le tuer ? Avec méfiance, Lundi pris la parole.

« Enfoiré... C'est encore un de tes pièges, n'est-ce pas ? Ce fruit du démon, qui me dit que tu ne l'as pas volé à Dialaun une fois tué ? »

Le chasseur de primes se mit alors à rire bruyamment, alors que tout le monde attendait qu'il continue sa plaidoirie.

« Sans rire Lundi, as-tu réfléchis à ce que tu viens de dire ? Dialaun aurait trouvé un fruit et ne l'aurait pas mangé ? Tu ME connais plus que personne, alors réponds. Nous connaissons tous cette valeur que nous portons à la nourriture, nous, enfants abandonnés. Alors je te repose la question : Dialaun aurait-t-il réussi à garder sur lui de la nourriture jusqu'à ce que Pharaun le tue ? »

Cette fois, il avait fait mouche. Des chuchotements commençaient à s'élever dans les rangs des gamins. Les chuchotements se transformèrent en un murmure, qui à son tour se transforma en une discussion animée. Seul Lundi était inaudible, sans doute tourné vers ses pensées. Visiblement, les autres l'empêchaient de réfléchir car il s'écria :

« La ferme vous autres ! »

Dans le silence qui s'ensuivit, Pharaun tenta à nouveau de le persuader :

« Tu hésites encore, Lundi ? Détache-moi ! Je peux te prouver par une méthode plus expéditive que je ne ment pas. »

« Ne sois pas ridicule ! » Gronda-t-il au quart de tour. « Qui serait assez bête pour prendre le risque de libérer un ancien marine qui, assurément, désire ardemment notre peau à tous ? »

A nouveau, la joute verbale laissa place au silence. Pharaun réfléchissait, et c'était vraisemblablement le cas de tous. Mais ce fut bien le chasseur de primes qui, le premier, trouva une solution au problème.

« Très bien. Avant de me délier les mains, attache moi les pieds. Je n'ai pas d'arme et n'aurait pas le temps de défaire le nœud si je compte m'échapper. Si vous voyez que j'essaye, vous n'aurez qu'à m'en empêcher, ça devrait être facile. Vous ne risquez absolument rien de moi. »

A nouveau, des discussions s'élevèrent. Cette fois, Pharaun qui connaissait très bien Lundi savait qu'il avait abattu toutes ses barrières de précautions. Il allait enfin pouvoir être reconnu par tous. Effectivement, quelques secondes après, le corps entier du chasseur de primes fut tiré hors de l'eau par quatre bras solide. Il fut posé sur le sol et on lui attacha solidement les chevilles, comme il l'avait demandé. Puis on lui délia les mains. Il passa les quelques secondes suivantes à se masser les poignets qui avaient été écorchés par la corde râpeuse. Lundi se plaça alors devant lui.

« Maintenant, prouve nous ce que tu as à prouver. »

Pharaun se redressa alors, difficilement car ses pieds étaient joints, puis il s'adressa à l'ensemble des enfants.

« J'aurais besoin de deux galets. Quelqu'un peut-il me les apporter ? »

Il se heurta alors à une nouvelle vague de murmures, visiblement à propos du risque qui consistait à donner une arme à ce qu'ils considéraient encore comme un ennemi potentiel. Pharaun s'impatienta.

« Allez ! Ce n'est pas avec deux pierres que je vais vaincre une armée de quinze adolescents ! Surtout les pieds attachés. »

Visiblement, cet argument paru convaincre la petite troupe. Le plus petit des enfants alla vite chercher deux galet ronds un peu plus loin et les ramena. Il n'osa cependant pas s'approcher trop près du chasseur de primes et les lui lança. Pharaun les rattrapa au vol, sans perdre le moins du monde l'équilibre. Il en pris un dans chaque main.

Puis, d'un mouvement de rotation du bras droit, il en lança un haut au dessus de lui, le laissant décrire une parabole qui trouva sa chute au milieu de la rivière, là où l'eau était la plus calme. Cela eu pour conséquences quelques éclaboussures ainsi que l'apparition de rides formant des cercles concentriques autour du point d'impact du caillou. Le chasseur de primes se tourna alors vers Lundi.


« Tu te rappelles nos expéditions pour trouver à manger ? Je volais un pain, ou un jambon, et le marchand commençait à me poursuivre. Puis je te le lançais, alors que tu te trouvais à l'autre bout de la rue. Neuf fois sur dix, le commerçant ne savait plus qui suivre et nous nous en sortions facilement. Je t'ai tout appris, Lundi. Puis on a progressé ensemble et on est devenu tous les deux des excellents viseurs, et c'est pour ça que nous sommes encore en vie aujourd'hui. »

Se retournant alors vers l'eau avec détermination, Pharaun brandit son bras en arrière pour prendre l'élan, et jeta le deuxième caillou dans une trajectoire rectiligne. Après plusieurs secondes où le projectile sembla planer, celui-ci heurta la surface exactement au centre de la cible que formait les cercles concentriques, à plusieurs dizaines de mètres de là. Dans l'assemblée, une exclamation de joie éclata. Bien que tout le monde l'avait déjà compris, le chasseur de prime prit à nouveau la parole.

« Vous pensez vraiment que Pharaun serait capable de faire ça ? »

La plupart des enfants qui l'avaient bien connu se précipitèrent alors sur lui en clamant « Dialaun ! », ce qui eu pour effet de le renverser dos contre terre sans qu'il ne puisse rien faire. Avant qu'il n'ai eu le temps de le demander, ses liens avaient disparu et il put se relever sans difficultés, riant bêtement et les larmes aux yeux. Maintenant qu'il en était là, il se rendait compte qu'ils lui avaient tous manqué.

Lundi était resté en retrait, sûrement partagé entre la joie et la honte après sa méprise. Pharaun s'approcha de lui. Tout gêné, L'adolescent tenta de dire quelques mots mais il ne fit que bredouiller.


« Dialaun, je suis... Enfin... Désolé... Tu sais... »

Voyant qu'il ne parvenait pas à être compréhensible, il ne fit que tendre sa main en avant, comme il le faisait si souvent par le passé pour signer une victoire. Il ne restait à Pharaun qu'à la serrer pour que tout soit oublié. Tout ce qu'il s'était passé serait enterré en un instant avec ce simple geste.

Pharaun préféra le frapper au visage le plus fort qu'il le put, ce qui le fit décoller sur plus d'un mètre avant de retomber dans l'eau. Tous les enfants restèrent figés sur le coup de la surprise, ce qui laissa le temps au chasseur de primes d'exécuter les quelques mètres qui le séparaient de celui qui, plus que n'importe qui, avait été son frère. Lundi se débattit pour sortir la tête de l'eau et s'essuyer l'œil, un petit filet de sang coulant de son arcade. Quand il parvint enfin à dégager le liquide de sous sa paupière, il put voir la main de Dialaun, tendue vers lui, en signe d'aide pour se relever.


« Maintenant nous sommes quittes. »

Le sourire qu'avait Pharaun sur le visage n'avait rien de mesquin et respirait la sincérité. Avec un grand sourire à son tour, Lundi accepta l'aide proposée et ressortit de l'eau. Les deux camarades tombèrent alors chacun dans les bras de l'autre.


Dernière édition par Pharaun Mizzrym le Dim 28 Aoû - 21:29, édité 3 fois
Pharaun Mizzrym
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Mer 3 Aoû - 1:02

La quasi totalité des enfants passèrent les deux heures suivantes à écouter les détails des péripéties de Pharaun. Le soleil s'était déjà rapproché de l'horizon alors qu'il arrivait presque à la fin de son histoire racontant sa victoire contre son frère jumeau. Les visages autour de lui exprimaient la joie d'avoir retrouvé une personne qui leur était chère. La journée aurait pu se finir à merveille si une mauvaise nouvelle n'était pas venu perturber la bonne humeur ambiante. A croire que les évènements dramatiques du début de journée n'avaient pas suffit. Trois gamins, âgés entre huit et quatorze ans, accoururent vers eux. La plus grande, une jeune fille au cheveux long bouclés, appela d'un air paniqué :

« Lundi, Lundi ! »

En bon nouveau chef de groupe, celui-ci se releva instantanément, flairant un évènement grave, et vint à leur rencontre en lui pressant de lui dire ce qu'il s'était passé.

« C'est Rif ! Il a été attaqué par un tigre des terriers ! On a réussi à le repousser avec le feu mais il a ouvert le ventre de Rif. Doc est encore avec lui, il tente de ralentir le sang, mais il a besoin d'aide ! »

Avant même que la jeune fille ait fini de parler, Lundi s'était élancé en direction de la forêt, avant de se rendre compte qu'il ne connaissait pas la destination exacte. Il dut donc attendre que les trois messagers le rejoigne, accompagnés de tous les enfants qui semblaient solidaires du sort de leur compagnon. Tous s'élancèrent à travers les bois, les plus grand aidant les plus petit alors que Lundi, Pharaun et la jeune fille prenait de l'avance. Ils finirent par arriver dans une clairière où il purent effectivement voir les deux garçons, l'un pressant ses mains sur le ventre de l'autre. Les herbes autour d'eux avaient pris une couleur ocre, la quantité de sang qui avait déjà quitté Rif étant énorme. Le jeune garçon d'à peine six ans, blanc comme un linge, avait déjà perdu connaissance.

Ni une ni deux Pharaun mis en avant ses capacités. Doc ne le repoussa pas car il était en présence de Lundi. Mettant à son tour les mains sur la plaie du blessé, le chasseur de primes fit appel à son pouvoir comme il l'avait fait lors de son combat contre son frère jumeau. Une multitude de petites bulles créées à partir du sang de Rif se formèrent et, sous l'action d'une forte concentration de Pharaun, obstruèrent la blessure et empêchèrent momentanément l'écoulement du sang. Lundi ne put s'empêcher de pousser une exclamation admirative.


« Et ben ! Toi qu'on a si souvent traité de fils de démone dans ton enfance, tu as fini par en devenir réellement un ! »

Le chasseur de primes n'eut pas le temps de s'arrêter sur la remarque de Lundi, bien qu'elle soit extrêmement pertinente. En effet, sa mère, une pirate redoutée, avait toujours eu pour surnom ''la démone''. Comme les gens ne le voyaient pas du tout comme son père, un marine respecté, Dialaun avait fini par avoir ce surnom. Pharaun, lui, avait toujours été le ''fils de l'ange''.

Maintenant son attention sur Rif pour ne pas briser le lien mental avec ses bulles, Pharaun pris la parole :

« Je ne vais pas tenir longtemps. Il faut l'emmener chez un médecin. »

Lundi sembla réfléchir un instant, avant de répondre :

« Un médecin ? Il n'y a que Walhas. Jamais il n'acceptera de soigner l'un des notre, Dialaun. »

« Je m'appelle Pharaun, maintenant, Lundi... C'est une question de vie ou de mort pour moi. Dialaun est celui qui t'as enlevé ton œil, tu m'as compris ? »

Lundi déglutit et hocha de la tête. Pharaun avait conscience qu'il lui imposait quelque chose de difficile, mais il fallait qu'ils s'y fassent tous. Alors qu'il s'était un peu énervé contre la maladresse de son ami, il sentit le lien commencer à se défaire et une partie des bulles explosa. Un filet de sang recommença à couler doucement le long des côtes de Rif qui était de plus en plus pâle. Le chasseur de primes avait même l'impression que d'un moment à l'autre ses mains allaient traverser son corps comme s'il avait été celui d'un fantôme.

Se maudissant intérieurement pour son petit échec, Pharaun recréa les bulles manquantes, ce qui lui valut une dose d'énergie supplémentaire. Alors qu'il commençait à sentir de grosses gouttes de sueurs lui perler sur le front, il s'adressa à nouveau à tous les enfants réunis autour d'eux.


« On n'a pas le choix ! Aidez moi à le porter. Qui cours le plus vite, ici ? »

« C'est Léo », répondit Lundi au quart de tour, ayant compris que la situation devenait critique.

« Très bien. Léo, retourne à la planque, et va me chercher mes affaires. Ma sacoche et mon sabre. Rejoint nous en chemin. »

Tout le petit monde s'exécuta, comme si Pharaun avait toujours été leur grand frère. Lundi l'aidait aussi énormément, car il coordonnait les troupes mieux que lui. En effet de nombreux enfants étaient partis depuis que Pharaun avait pris la mer, et d'autres étaient apparus que le chasseur de primes ne connaissait pas. En tout cas, tous réagirent très vite et sans erreur, et rapidement le corps de Rif fut ramené au village. Les regards que jetèrent les villageois envers la petite troupe était tantôt surpris, tantôt effrayés, tantôt chargés de haine. A ce moment cependant, aucun ne s'en préoccupait. Léo les rejoignit juste avant qu'ils n'atteignent le cabinet de Walhas. Pharaun laissa les autres se charger du corps de Rif et attacha sa sacoche et son sabre à sa ceinture, comme à son habitude.

Ayant conscience que si le médecin voyait les bulles recouvrant la plaie du blessé, il risquait de crier au démon, Pharaun n'eut d'autres choix que de rompre le lien avant de pénétrer dans le bâtiment. Chaque minutes comptaient, désormais, pour le petit garçon.

Ce fut Pharaun qui pénétra en premier dans le local du médecin en ouvrant la porte sans ménagement. Il surpris Walhas en pleine discussion avec le maire, un non moins gros bonhomme du nom d'Adriel. Les deux sursautèrent avant de se rendre compte de l'identité de leur visiteur, alors que les enfants n'étaient pas encore rentrés. Le médecin se leva et alla à sa rencontre.


« Ah, cher Pharaun, vous tombez bien. Figurez vous qu'avec le maire, nous étions en train de planifier l'extermination des vermines qui vous ont agressé. Nous serions plus que ravi que vous vous joignez à... »

C'est à ce moment que Lundi et tous les autres décidèrent de rentrer, coupant court au discours du gros docteur. Son visage passa d'une couleur rose bonne santé à une blancheur livide. Pharaun rit intérieurement de son malaise et pris la parole :

« C'est ça docteur, on en reparlera. Pour l'instant, on a une urgence. On aimerait bien que vous vous en occupiez. »

Il tira alors une petite bourse de sa sacoche et la lança aux mains du médecin.

« Tenez. Ça devrait suffire pour couvrir les frais. »

Walhas resta un instant figé, tout comme le maire. Ils étaient doucement en train d'enregistrer les dires de celui qu'ils pensaient être le fils préféré de Ryld Mizzrym. Puis ils commencèrent à comprendre les conséquences qu'avaient de telles paroles.

« Mais, mais... Mais vous n'y songez pas ? » Bredouilla Walhas d'une voix faiblarde.

« Oh si, j'y songe. »

Puis dans un mouvement d'une extrême rapidité, Pharaun sortit sa lame de son fourreau à sa ceinture et la pointa à quelques centimètres de la gorge pleine de bourrelets du médecin.


« Et je dirais même plus, j'insiste. »

Malgré sa situation plus que précaire, Walhas resta encore immobile pendant quelques secondes, ce qui exaspéra grandement Pharaun qui soupira et repris.

« Écoutez... On perd du temps là. C'est une urgence je vous dis. Alors grouillez vous ou je vais insister de plus en plus. »

Tandis qu'il prononçait sa menace, sa lame s'approcha encore et encore du cou de Walhas jusqu'à l'effleurer. Le médecin ressentit la pointe glacée le chatouiller et il tressaillit, avant de crier son accord, oubliant tout honneur. Il se dirigea vers sa table d'opération où était déjà posé Rif. Il exigea ensuite que tout le monde sorte de la salle. Ce n'est qu'après que Lundi lui ait bien fait comprendre qu'ils comptaient revoir leur ami vivant qu'ils s'exécutèrent.

Pharaun en profita pour se rapprocher du maire. Les autres enfants l'évitaient, ce qui allait lui faciliter la tâche pour ce qu'il comptait faire. Dans la salle d'attente, ils s'assirent tous les deux l'un à coté de l'autre, et ne prononcèrent aucun mot pendant quelques minutes. Les gamins, ne se sentant pas à l'aise ici, commençaient à regagner leur planque après avoir compris que Pharaun s'occupait de tout. Profitant d'un élan de bravoure, le maire se redressa et se tourna vers Pharaun.


« Sieur Mizzrym, que signifie ce... »

« J'y pense ! » Le coupa Pharaun. « J'ai sans doute trouvé une solution quant au problème que vous avez avec tous ces enfants qui trainent dans les rues. Et si vous construisiez un orphelinat afin de tous les rassembler et les nourrir ? »

Adriel resta un moment sans voix devant la proposition aberrante que lui faisait le chasseur de prime.

« Mais nous n'avons... »


« Bien sûr, vu que c'est mon idée, je couvrirai intégralement les frais. J'ai d'ailleurs juste ici une sacoche pleine de berries. A peine moins que dix millions. Ça devrait être plus que suffisant pour bâtir un établissement d'une qualité exemplaire, n'est-ce pas ? »

Joignant le geste à la parole, Pharaun lui présenta le trésor en question, ce qui laissa à nouveau bouche bée le gros maire. Une dernière fois il tenta néanmoins de s'interposer, sans toutefois détourner les yeux de la sacoche ouverte.

« Il n'est... »

« Et bien, puisque nous sommes d'accord, alors tout est parfait ! »


Il lui tendis alors l'argent que le maire saisit avidement, oubliant instantanément toute contenance. Mais Pharaun, qui n'était pas complétement dupe, parvint à capter son attention en le regardant fixement. L'expression de son visage venait de changer et était maintenant plus que menaçante.

« Mais je vous préviens, que si un seul de ses berry disparaît dans votre poche, que si le traitement réservé aux enfants n'est pas celui que je souhaite, ou encore que si malgré cela, vous essayez quand même de vous débarrassez d'eux par vos propre moyens, alors je vous promet que je reviendrai. Et à ce moment, j'insisterai personnellement pour que vous soyez démis de vos fonctions. Vous m'avez bien entendu, j'espère... J'insisterai de la même façon que je l'ai fait avec le docteur Walhas tout à l'heure, afin que votre tête tombe. »


La menace ne pouvant être plus claire, Pharaun se leva et se dirigea vers la sortie. Adriel, lui, s'était de plus en plus caché derrière la sacoche d'argent pendant le discours de Pharaun. Il s'était même mis à trembler. Assurément, le chasseur de primes venait d'obtenir gain de cause.




Trois jours plus tard...


Il était temps de partir. Une vie remplie d'aventure l'attendait. Une vie qui lui plaisait, mais il refusait que les gamins l'imitent. La construction de cet orphelinat était certainement la meilleure chose qui pouvait leur arriver. De plus, Lundi ne manquerait pas de lui écrire pour lui parler des conditions de l'établissement, ainsi le maire Adriel aurait toujours au dessus de sa tête une épée de Damoclès prête à insister. La paperasse pour le lancement de la construction avait d'ailleurs déjà été effectuées.

Le temps était aux adieux dans la petite chambre où se reposait Rif, un énorme bandage faisant le tour de son abdomen. Beaucoup des enfants les plus jeunes étaient en larme, et les autres n'en menaient pas large. Pharaun, désireux de remplacer les pleurs par des sourires, s'adressa à tous.


« Et les gars ! Si vous pleurez tous comme ça, vous aller me submerger sous l'eau salée ! Vous savez ce qui arrive aux utilisateurs de fruits du démon n'est-ce pas ? Vous voulez me noyer ? »

Il parvint à avoir quelques rires timides et des reniflements. Les plus jeunes continuaient cependant à pleurer à grosses larmes. Bien sûr ils étaient trop petits pour comprendre la plaisanterie. S'accroupissant vers eux, Pharaun les regarda chacun dans les yeux avec un grand sourire. Tous finirent par s'arrêter, comprenant qu'il allait faire quelque chose et étaient curieux de savoir quoi.

Il joignit l'index et le pouce de sa main droite dans le but de faire un rond avec ses doigts, comme un plongeur en apnée. Pharaun approcha ensuite la bouche de sa main, afin que ses lèvres soient placées devant le cercle créé. Puis il souffla. L'eau de sa salive fut transformée en bulles d'eau qui furent éjectées hors de sa bouche et traversèrent l'anneau que ses doigts formaient avant de grossir pour prendre la taille de bulles de savon. La salle fut bientôt emplie d'une multitude de sphères bleue qui se déplaçaient au gré des courants d'airs.

Les cris de joie remplacèrent les pleurs. Le spectacle était en effet somptueux, et avait le mérite de faire rêver les enfants. Il espéraient que tous, à l'avenir, allaient voir leur rêves se concrétiser, à savoir redevenir des enfants normaux, capables d'être amusé par une simple bulle dans le vent...




Une heure plus tard, les affaires de Pharaun étaient déjà dans sa cabine, sur le navire de transport qui devait l'amener vers sa prochaine destination. Il n'avait plus un rond, et allait devoir se mettre sérieusement à son nouveau boulot. Seul Lundi était là pour lui dire au revoir.

« Tu veilleras sur eux, hein Lundi ? Tu restes leur chef. »

« Leur chef, c'est toi, tu le sais bien. Mais d'accord. En attendant ton retour, je vais les tyranniser jusqu'à ce qu'ils en oublient jusqu'à ton nom... Tes deux noms. »


Les deux éclatèrent de rire. Pharaun fut réconforté dans son idée que Lundi était bien celui qu'il leur fallait pour les protéger. Alors que le chasseur de primes allait lui dire au revoir, c'est son jeune ami qui repris son sérieux au plus vite.

« Tu reviendras vivant, n'est-ce pas ? »

Pris de court, Pharaun se rendit compte que la question le mettait énormément mal à l'aise. En fait, il n'avait véritablement aucune connaissance de ses qualités en combat. Tiendrait-il la cadence face à de dangereux pirates ? Il était loin d'en être certain.

« Ou... Ouais, t'en fait pas ! »

Se forçant à sourire, Pharaun se détourna au plus vite pour monter à bord. Quelqu'un retira la passerelle derrière lui, et les amarres furent bientôt levées. Le chasseur de primes ne s'était toujours pas retourné vers son ami, car il n'était pas sûr d'afficher un visage aussi serein qu'il l'aurait souhaité. Mais quand le navire commença à s'éloigner de son île natale, il ne put s'empêcher de penser que c'était peut-être la dernière fois qu'il voyait sa famille, et fut pris d'un incontrôlable besoin de regarder une dernière fois Lundi.

Ils étaient tous là. Tous les gamins réunis, en train de lui faire des grands signes de la main. Même Rif était là, dans un fauteuil roulant poussé par Doc. Des cris retentirent lorsqu'ils virent Pharaun, et tous lui hurlèrent des ''bons voyages'' à tout va.

Alors qu'il avait réussi à les faire sourire, c'est Pharaun maintenant qui risquait de se noyer sous ses propres larmes. Des larmes de joies. Tout compte fait, il n'était pas véritablement devenu son frère jumeau. Il restait une part de l'ancien Dialaun, et cela le rassurait.
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