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Escale à torts

Eleanor Bonny
Eleanor Bonny
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♦ Localisation : Nouveau Monde
♦ Équipage : Pirates de l'Exsangue

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Dim 21 Mar 2021 - 16:08

Voilà plus d'une heure que le navire mouillait le long des quais de la ville-casino, large et lumineuse. Et dire que quelques dizaines d'années auparavant, il n'y avait pratiquement rien ici : cet endroit aussi pittoresque fut-il me faisait penser à Troop Erdu et son funeste destin. Il était difficile de se dire qu'il existait pire dans les Blues...

« - Profitons-en pour trouver un autre rafiot, le temps de rejoindre le Nouveau Monde.

- Pour ça, on aurait dû rejoindre Alvel non ?

- Pas besoin. Une goélette ou un petit trois-mât, ça doit se trouver ici. Nous aviserons davantage lorsque nous serons de retour en eaux pirates. »

Angelica faisait la moue. Elle avait hâte d'énoncer ses conditions pour notre futur bâtiment ; elle mourrait d'envie de posséder sa propre bibliothèque à bord. Mais il lui faudrait prendre son mal en patience...

Je n'aimais pas Grand Line : j'avais lourdement contribué à pacifier plusieurs îles et savais aujourd'hui que le Gouvernement Mondial avait la mainmise sur la plupart des voies. Nous étions en territoire ennemi, et ce jusqu'à ce que nous traversions Red Line. Là encore, ce ne serait pas une partie de plaisir, mais je connaissais des passages officieux entre les deux mers figurant sur des cartes au G-0. Il nous fallait nous préparer et partir en vitesse.

Je laissai derrière moi le Fantôme et son navire, lui rendant volontiers sa cabine mais pas son honneur aux échecs : plusieurs parties résolues assez rapidement avaient eu raison de son envie de lutter, lors de notre traversée. Pour l'instant, j'ordonnais à mes hommes de se disperser sur les quais, leur donnant une heure précise à laquelle se regrouper le lendemain. Ils étaient évidemment priés de ne pas faire de grabuge, auquel cas je m'occuperais personnellement de leurs fesses et aucun n'avait envie de voir ça.

Accompagnée de mes deux Lieutenants, j'avisais la suite :

« - Il y a une base de la Marine ici, mais à part quelques blancs-becs, tout le monde est pourri jusqu'à l'os. C'est pour cela que j'ai choisi de faire étape ici.

- De toute façon, on va pas rester plus de quelques jours. Trouvons-nous un établissement où on se posera pas trop de questions sur notre identité. J'irai voir pour un navire demain aux premières heures.

- On est au bon endroit pour ça aussi. »

Pas besoin de se taper une taverne ou une auberge miteuse : les casinos et hôtels vivaient aussi bien des riches rentiers que de la lie des mers, tant que les clients payaient. Après nous être enfoncés dans la métropole, un de ces établissements s'imposa à nous comme le meilleur choix. « Au Bon Pirate », c'était pratiquement un pied de nez à la Marine, et pourtant : à l'intérieur, on y trouvait de tout. Au rez-de-chaussée, une grande salle avec de multiples tables de jeux et bars s'étalait à gauche de l'accueil. À droite, des ascenseurs et une cage d'escalier menaient aux étages supérieurs.

Trois mots échangés puis je jetai les liasses pour trois chambres séparées, trois nuits, en prévision. Nous ne resterions probablement pas plus d'un jour, mais au moins ça permettait de voir large en plus de brouiller les pistes.

Rendue au deuxième étage, ma clé pivota dans la serrure en même temps qu'Angelica rentrait dans son appartement ; nous étions l'une à côté de l'autre tandis que Karen, elle, avait écopé d'une suite au quatrième en raison d'un manque de places. Il avait fallu aligner quelques billets en plus, mais rien de faramineux : l'homme au guichet nous avait fait un prix. Je le suspectais d'avoir déjà vu nos visages sur des avis de recherche.

L'ensemble blanc se dévoilait devant mes yeux, tout en propreté et en finesse. Le soleil, encore haut dans le ciel, illuminait la chambre proprette. Parfait. Je déposais mes affaires et me précipitais sous la douche pour profiter de ce confort rare en mer et pourtant essentiel. Dix minutes passèrent avant que je ne sois finalement prête à passer commande à la réception pour une robe figurant sur un catalogue. Enroulée dans une serviette, je reçus le paquet sans trop d'attente et remerciai le groom avant d'enfiler la fameuse tenue d'apparat légèrement trop serrée et rejoindre la fête.

***

Faisant le tour de mon verre de martini du bout de l'index, je regardais les tables, n'y trouvant qu'un seul intérêt pernicieux : celui de faire enrager mes adversaires. Je n'avais aucun talent pour cela, je préférais donc observer en jouant la groupie, en me collant aux côtés d'un riche bourgeois ou d'un criminel vénal et en le soutenant, si je voyais qu'il gagnait la partie. Je pouvais lire la rage et l'envie dans les yeux de ses ennemis, avant de m'effacer et passer à la table suivante. Finalement, faisant trêve de pusillanimité, je me prêtai au jeu.

« - La première carte est un huit de trèfle. »

Éloignant la cigarette de ma bouche et sirotant mon verre, je regardais mon jeu. Mal barré. Mais je ne laissais rien paraître. Je continuais à miser jusqu'à ce que toutes les cartes soient sorties, misant gros à chaque fois, usant de mon aura pour pétrifier mes adversaires et leur faire comprendre que je ne déconnais pas. Puis dévoiler mon bluff et entendre les dents crisser avant de remiser mes gains dans un sourire diabolique.

« - Reine de pique. »

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Dernière édition par Eleanor Bonny le Mer 21 Avr 2021 - 13:58, édité 1 fois
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Judas
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Mar 23 Mar 2021 - 13:02



Kikai no shima, premier jour. Je viens d'arriver dans ce qui me semble être une réplique de Manshon, en plus grand, en plus décadent, en plus dangereux aussi. J'suis pas ici pour goûter l'ambiance, ni pour faire des emplettes, ni pour jouer à celui qu'a le plus de chance au dés. Non, la seule raison de ma présence dans ce trou à rats -des rats plus cossues que la moyenne voilà tout, c'est de repérer le meilleur endroit pour tendre un piège à la mafia locale. Une mafia aux allures de piraterie, qui prend source dans la puissance d'un chef et d'un capitaine, qui dirige les Chimamires d'une mains de fer.

Partout règne l'omerta, alors j'risque de devoir découvrir par moi même le meilleur spot pour faire du grabuge, et attirer à moi un primé du calibre de Klaus, le second de l'équipage, et accessoirement leur brute la plus épaisse.

J'me ballade dans les rues, j'ai déposé mes affaires à la consigne du port, contre quelques deniers. Une pièce de plus m'a assuré que tout resterait en place jusqu'à mon retour. L'appât du gain, meilleur pourvoyeur du bon fonctionnement des choses dans notre monde. C'est aussi ce qui donne le plus de chaos, mais ça j'préfère l'oublier, dans le fond du verre qui m'accompagne. Je fais tournoyer le whisky bas de gamme que j'ai commandé à une auberge pourtant chicos.

L'auberge porte un nom qui prête à sourire ... "Au bon pirate", c'est pas vraiment ce que j'aurais choisis pour ce type d'établissement.

J'dénote dans le lot, avec ma longue cape sans manche, ma capuche descendu sur mes épaules, mes tatouages et mes cicatrices. Semblerait que c'est la fête aujourd'hui. La question serait de savoir s'il y'a un seul jour qui passe sans que ce soit la fête, à Kikai no Shima. Pas mon problème, j'suis la pour le travail, même si mon boulot c'est surtout de fracasser des crânes, et remettre des égos en place. J'suis pas un genre de justicier, mais simple bon samaritain j'aide mon prochain au quotidien.

La justice est aveugle, tandis que moi j'veux tout voir, tout entendre, tout sentir. La justice frappe sans queue ni tête, et moi j'ai les deux. L'un bien caler dans mon falzar, l'autre encore sur mes épaules. Mes longs cheveux ramené en catogan, je finis mon verre et me fige.

Cette tête. J'la connais. Tout le monde la connait maintenant remarque. Surtout quand on veut devenir Chasseur de Prime et rafler tout les berries que peuvent offrir ses enfoirés de la mouette. J'me rappelle plus de son nom, mais j'sais que dans le top 10 des tête d'affiche, elle a sa place. Alors j'me remet en mouvement, pour être plus discret qu'un pauvre type avec une tête d'ahuris, mesurant deux mètres, en plein milieu du passage.

- Chaud devant !
Que j'entends, et je me décale pour laisser passer un serveur pressé, qui serpente dans la foule avec son grand plateau au dessus de la tête, des verres à foison remplissant chaque centimètres carrés de son instrument.

Je m'approche de la table comme tout les autres badauds qui n'ont pas un sous en poche. J'regarde de temps en temps la p'tite dame. Elle est plutôt jolie. Jolie mais dangereuse. J'oublie pas qu'elle est plus crainte sur ses mers que moi, et qu'elle me rend sans doute le double de ma force brute. Il y'a des gens comme ça, vous aurez beau faire tout les efforts du monde, vous n'arriverez jamais à les dépasser. Et celle là, j'ai le sentiment qu'elle tutoie le ciel, tandis que moi j'me trouve encore les deux pieds sur terre.

Elle met à mal tout le monde avec son aura féroce, même ceux qui regardent sont intimidés. Même moi, j'ai du mal. Alors quand l'un de ses adversaires se lève en montrant les dents, j'peux pas m'empêcher de penser que ça va tourner au massacre.

- DITES DONC ! Vous trichez, je vous ai vus ! Arrêtez donc de nous intimidez, et jouez le jeu ... Qu'il commence à crier, mais plus il avance dans son discours, plus il murmure du charabias incompréhensible. Même lui sait pas quelle mouche la piqué. Sans doute un pirate envieux de plus fort que lui. Seulement, il voit bien que tout le monde le regarde, qu'il va être la risée de tous s'il se décourage. Il peste et sort une arme de son veston.

C'est là que j'interviens. Me plaçant entre lui et la cible. Déjà, il déglutit, voyant une masse de presque deux mètre le surplombant, lui faisant de l'ombre. Puis une grosse paluche attrape son arme, qu'il déclenche automatiquement. Détonation, frayeur du publique. Moi j'rigole doucement dans mon fort intérieur, ça n'a pas plus piqué qu'un moustique. C'est pas ce genre de calibre qui va m'blesser, même si un peu de sang dégouline de ma main.

J'broie l'arme en serrant très fort.

- Si j'étais toi, j'me considérais chanceux et j'me casserais sans faire d'histoire. Mais t'as raison, j'suis pas toi... Que je fais en le regardant dans les yeux, devenant presque glacial, cassant. Moi aussi j'ai une aura, et elle est pas tendre.

Il ramasse ses affaires, et s'barre en maugréant. Je jette l'arme sur le plateau à vide du serveur, qui repasse par là comme si c'était le bon moment pour lui d'entrer en scène. Bah bravo, tout le monde me regarde maintenant. On passer pour l'opération en sous marin.

Je m'installe à la table et dit sobrement :

- Cartes.

Et le temps semble reprendre son cours, comme la partie.

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Dim 28 Mar 2021 - 16:44

Une altercation toute naturelle ; j'étais tout sourire face à l'homme honteux qui s'enfuyait la queue entre les jambes, malheureux perdant du duel de regard avec le géant. Enfin, un homme de grande posture, en réalité. Il s'était assis à la table, prenant la place du fuyard, me dévisageant quelques peu. Le dealer ne fit pas de cas du changement de participant, il distribua les cartes sans broncher.

« - La première carte est un as de pique. »

Quatre des cinq cartes dévoilées à présent ; la partie commençait fort, mais après une victoire obtenue grâce au bluff, il était temps de jouer profil bas. De toute manière, le jeu ne m'intéressait plus autant et j'avais prévu de me coucher. J'attendais juste de voir quelles opportunités j'avais de capter mon audience une dernière fois, avant de les laisser réaliser que je resterais seule héritière de mes gains.

« - La seconde, un roi de trèfle.»

Je cernais la possibilité d'étaler mes deux paires désormais, mais je devinais quelque chose de plus fructueux à la table. Je sentais une forme de fierté émaner du participant à ma droite grâce à mon mantra, ainsi j'annonçai :

« - Je me couche. »

Petite mise, de toute manière, il n'y avait que très peu à perdre. Je fis mine de me lever de mon tabouret, récupérant mes jetons pour les échanger au comptoir de devises. Avec cela, je pourrais très probablement rembourser ma nuit à l'hôtel : c'était ainsi que les choses fonctionnaient ici. En m'éloignant, je pouvais sentir le regard du dernier venu couler sur mon dos, une observation loin d'être anodine. Résolue à en savoir plus, je pris un verre au bar le temps de le voir quitter la table à son tour et le suivis discrètement en dehors de l'établissement.

La nuit était claire : l'astre lunaire haut levé dans le ciel éclairait le firmament et rivalisait avec les illuminations étourdissantes des casinos et salles de jeux. Seulement quelques bâtiments avaient conservé leur sobriété dans cette ville où l'on ne dormait jamais, ni ne voyait les étoiles. C'était probablement le seul endroit où une femme pouvait circuler en toute sécurité la nuit, sans risquer quoi que ce soit. Du moins, c'était ce que je pensais. Mon allure me trahit : certains crurent que j'étais une riche rentière et, en cherchant à filer mon homme, concentrée sur sa trace, je ne remarquai pas ceux qui me traquaient depuis une petite ruelle traversée à la hâte. Ils n'avaient aucune idée d'à qui ils cherchaient des noises, lorsque l'un d'entre eux me prit à revers et bloqua contre mon cou la lame effilée d'une dague.

« - Alors ma jolie, on cherche quelque chose ? »

Des rires gras suivaient, quatre ou cinq : deux hommes apparurent devant moi, on aurait bien dit que l'attrait de l'argent seul ne leur suffisait pas. Ils voulaient plus. Sur le coup, je manquai de jugeote : plutôt que de réagir derechef, je laissai mon ravisseur jouer de son poignard pour tenter de m'impressionner et essayer de faire perler du sang en rapprochant l'arme de l'angle de mon cou. Probablement novice, il trancha trop profondément et me fit une entaille normalement suffisante pour provoquer une mort par hémorragie. Cependant, les regards incrédules de ses congénères durent le mettre rapidement au parfum : il se passait un truc pas net.

« - Putain, qu'est-ce que c'est que ç- »

Fin de la discussion. Dans un jeu de jambes aérien, les faisant tourner devant moi, je me libérai tout en déchargeant des courants d'air tranchants sur l'ennemi. Une seconde plus tard, les complices du ravisseur étaient à terre : il ne restait plus que celui qui, ahuri, regardait le bout de mes doigts chercher à refermer la plaie ; inutile, il me fallait rentrer à l'hôtel pour régler ça.

« - Q-qu'est-ce que t'es bon sang ?

- Une pirate. »

Mon talon vola haut et, en un clin d’œil, s'écrasa violemment sur la boite crânienne de ma victime, lui faisant sortir les orbites et tout le tralala comme du citron pressé. Je pestai en voyant l'allure miteuse de ma chaussure après cela, me débarrassant des deux exemplaires pour les laisser sur les lieux du crime. Je n'étais pas seule de toute façon, il y avait un témoin :

« - Pas besoin de prendre ma défense ; comme tu le vois, je peux me débrouiller seule. De toute façon, tu sais qui je suis pas vrai ? »

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Mer 31 Mar 2021 - 5:19

Je mire celle qui m'a fait sortir de mon infiltration pour quelques instants. J'dois vérifier, recouper, et prendre une décision. Après tout, m'semble qu'avec sa prime, j'pourrai me payer tout les permis du monde, et bien plus encore. C'est une vraie mine d'or, une poule à berries qui chie de l'argent par tout les trous, tellement on veut sa tête sur le billot. Y'a des gens, comme ça, ils ont le don d'énerver tout le monde, même si moi le côté de la loi duquel tu te trouves ne m'émoi guère, ma chère pirate. Même si je l'attaque, personne m'dit que je vais en sortir vivant. De toute manière, on attrape pas des mouches avec du vinaigre, et l'argent appelant l'argent, je reste quelques tours de plus pour asseoir ma position sur la table. J'utilise mon flair et ma carrure imposante, j'utilise mon instinct de chasseur, pour faire doubler la mise.

Cela fait déjà longtemps qu'elle est partie, mais j'dois jouer mon rôle, comme tout à chacun dans sa vie. Pour l'instant je la cherche du regard, mais elle a disparu.

Puis j'quitte la table de manière anodine, presque anonyme. En attendant, j'ai du pain sur la planche, et c'est pas en poursuivant des chimères que je vais gagner de l'argent. J'suis même pas sûr de mon coup, juste que sa tronche m'revient comme si elle était dans letop of the top. J'récupère mon argent, et me confonds avec la foule éclectique qui se presse à l'extérieur de l'auberge. Y'a toujours du monde dans les rues de Kikai no Shima, de jour comme de nuit. Et un dicton dit que si tu prends la bonne ruelle, tu trouveras toujours ce qu'tu cherches.

Je déambule, poussé par la rumeur de la nuit, et une sorte d'instinct qui m'dit que des surprises m'attendent, cette soirée là. Grand Line restera décidément toujours pleine de surprise. J'en prend plein la gueule de lumière, et j'me dirige vers des quartiers moins éclairés, moins animés, plus dangereux aussi. A un moment, j'commence à prendre conscience de ce qui se trame ici. Des présences dans mon dos, un regard appuyé derrière moi m'fait m'en rendre compte, j'suis pas tout seul dans ces coupes gorges. Une silhouette au loin, des hommes qui suivent une femme qui fait pas un seul bruit, même en talon.

Une chaîne vole de ma manche, une chaine terminé par un instrument triangulaire et tranchant, perforant, qui se plante dans le mur, tirant en sautant j'atterris sur le toit avoisinant en une roulade digne du seigneur Auditore. Il avait sut marqué ma chaire, et faire de moi un autre homme, prenant plus de précautions, plus discret, plus affuté aussi. Mon premier entraînement l'avait été par un homme au savoir faire réelle dans l'art de déverser la mort. Et j'utilise à présent ses petits trucs et astuces pour me frayer un chemin entre les toits de Kikai no Shima.

J'arrive un peu tard à hauteur de ma cible, qui se trouve alors en très mauvaises posture. J'vais intervenir quand elle se relevé d'un coup mortel, comme si de rien n'était. Par quel magie peut-elle être animée d'une volonté de vivre pareil ? Je n'aurais su dire comment on pouvait avoir autant de rage en soi, et la transmettre d'une manière si efficace. Elle se débarrasse des hommes crasseux qui voulaient la coincer, et je reconnais alors la dame avec qui j'ai partagé une table de jeu. Je vois, cela devenait dangereux.

Et j'aimais frôler avec sa ligne, ses limites et ses avertissements. Je n'suis plus sur ma Blues, ou l'on a peur de moi, et où ma réputation me suit partout. Ici, j'suis un petit homme dans un gros bac à sable. On peut croiser des personnalités comme celle qui se trouve là, sous mes yeux. J'allais poursuivre ma route quand sa voix m'interpella et me figea sur place. J'étais repéré. Mon professeur serait très déçu mais à ma décharge, j'pense que cette fille est une sorcière.

- J'suis qu'un type curieux, j'pensais pas avoir attiré l'attention de quelqu'un de ton calibre, sinon j'aurais pas fais demi tour. Que je fais en sortant de ma torpeur. De toute manière c'est déjà trop tard, non ? Si j'fuis, je joue son jeu. Si je reste et que j'discute, j'pourrais tirer au clair toutes ses histoires d'identité. Car même si j'suis sûre qu'elle est recherchée, j'me demande à quel sauce je vais être mangé.

Je me penche du haut du toit, coinçant ma chaine dans un rebord, je glisse le long d'un mur sur les pieds. Encore un tour appris au côté de mon ami révolutionnaire. Il faut dire que son opération nécessitait du doigté, même si je fais pas avec le dos de la cuillère, j'ai appris à me modérer. D'abords, elle ne sait rien de moi, et en soi, j'ai l'avantage grâce à cela.

- Judas, Le lion de North. J'suppose que mon nom ça te dit rien, alors autant te dire que j'ai rien d'un enfant de coeur. Mon regard se plante dans le sien, après tout, c'est pas la peur qui va me freiner, autant apprendre tout de suite mes leçons. Pour le monde, j'suis qu'un mercenaire retraité, qui a longtemps vogué sur les Blues pour régler des comptes, faire payer des dettes... Bref, j'suis un mec proche de la mafia, et ça se sait. Autant jouer mon rôle encore un peu, plus j'aurais l'air menaçant.

Et mon instinct me dit que la p'tite dame en face de moi c'est le genre d'adversaire que tu ne veux pas menacer. Elle est plus petite que moi, mais d'elle se dégage une aura féroce, presque animale. Le même genre que la mienne, à son âge. Furieux d'avoir vieillit, et de m'être assagit, la part de moi qui veut toujours se battre avant de négocier, de discuter, de tâter le terrain, s'agite dans mon estomac. L'air est tendu entre nous, je respire calmement malgré tout. J'ai l'habitude de la tension.

- Par contre tu te trompe sur un point, même si ta tête m'dit quelque chose, j'ai aucune idée de qui tu es... J't'ai pris en sympathie toute à l'heure, parce que pour moi la puissance n'a aucun point commun avec la tricherie. J'ai un ami qui disait que "Rien n'est vrai, tout est permis", t'en penses quoi ? Que je lui fais, anodin.

Pourtant, tout mes muscles tendus, je suis prêt à dégainer. J'ai pas l'air de ce que je veux faire, juste qu'entre mon instinct de combattant qui me dit de frapper, et ma raison bien gardée, qui m'dit de la jouer fine, j'sais pas quoi faire. Je me gratte la tête, et j'attends la suite.

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Sam 3 Avr 2021 - 14:22

« - Tous les coups sont bons pour gagner. Après, faut-il en assumer le prix. »

Ce Lion de North me regardait sans sourciller, même si je ressentais une forme de pression exercée sur lui. Je m'étais habituée, depuis le temps, à ce que ma présence ait un effet sur le commun des mortels ;  il était clair que ma puissance s'était élevée bien au-dessus du plus grand nombre. Mais je n'étais plus cette tueuse sanguinaire qui pouvait raser une ville pour justifier les actions d'autrui, j'avais mes propres objectifs désormais.

Et je n'avais plus aucune raison de dissimuler ma véritable identité.

« - Eleanor Bonny. Je suis ce que l'on appelle communément une pirate, » dis-je en regardant aux alentours, pour être sûre que ce n'était pas un piège de la Marine.

Aucune âme qui vive, parfait. Je posai un pied sur un macchabée comme s'il s'agissait d'un butin, le faisant rouler avant de cesser mon petit jeu. Que des petites frappes, rien qui ne vaille quelque chose pour dissuader mon invité de partir avec un pactole et me fiche la paix.

« - Ma tête est mise à prix, cela ne m'étonnerait pas que tu l'aies déjà vue quelque part. Beaucoup me connaissent, en réalité ; le gouvernement veut ma mort plus que quiconque. »

Je me rapprochai de mon interlocuteur, le sentant davantage sur ses gardes à mesure que j'avançais, puis le dépassai sans en tenir compte. Il semblait évident que je n'avais pas l'intention de faire de vieux os ici : la lune était encore haute et la soirée promettait d'être longue. Je pouvais m'enticher d'un peu de compagnie, mais le laissais faire son choix. Le Lion pouvait aussi prévenir les autorités, mais il n'y gagnerait rien ; de plus, je connaissais son identité à présent.

« - Tu connaitrais un coin tranquille où l'on peut trouver du bon gin ? Ces lumières m'aveuglent et je préfère voir du pays qu'un concours absurde d'illuminations. »

J'espérais correctement faire référence à un troquet, à quelque chose de miteux où je pourrais trouver des loups de mer à mon image. Il y avait des mouvements révolutionnaires ici, je le savais, j'aurais bien aimé entrer en contact avec eux. Lui aussi, peut-être ? Je tentais ma chance, au cas où il en ferait déjà partie. Il n'était pas forcément mentaliste donc je précisais la question :

« - Un endroit où les mouettes n'osent pas fourrer leur bec. Et encore moins les cafards. »

Aussitôt, l'une de mes dagues se décrocha de son étui fixé à ma cuisse et vola entre deux poubelles. Un bruit mat m'informa que j'avais bien atteint ma cible ; le corps s'effondra dans l'ombre, en silence. Je récupérais mon arme, toisant l'agent qui m'avait filé jusque là. La question était : depuis quand étaient-ils au courant ? Outre mesure, je me demandais aussi si mon invité allait rester sans ciller devant ces meurtres, ou bien s'il n'en tiendrait pas compte. Je fouillai prestement le cadavre, cherchant des doigts la pochette secrète qui contenait une carte, la carte. Une fois sortie, je la brandissais à la lumière tout en décryptant l'immatricule, le code secret que n'importe quel agent connaissait pour identifier un pair.

Mon visage se décomposa légèrement sitôt que l'information transparut :

« - CP8. On a des ennuis. »

À présent, mon regard criait de se barrer d'ici. Mais la situation pourrait aussi bien tourner à mon avantage, si j'avais un guide pour m'amener auprès d'alliés. Le CP8 œuvrait en plans cousus de fils blancs à cause de leur nombre ; avec mon aide les rebelles pourraient parfaitement renverser la situation, si jamais les agents se décidaient à passer à l'action.

Et ce Lion de North m'y aiderait, qu'il le veuille ou non.

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Jeu 8 Avr 2021 - 14:26

Je m'suis embarqué dans une galère sans nom, enfin si j'en ai un sur le bout de langue qu'elle ne dissimule même pas. Eleanor Bonny. Une Supernova, rien que ça. Même si j'suis ici pour récolter des informations dans l'but de devenir chasseur de prime, j'ai jamais pensé pas tomber derechef sur une des primée les plus recherchée des mers connues en ce moment. Disons la plus récente en tout les cas, car je n'avais jamais entendu parlé d'elle avant de feuilleté l'annuaire des primes de la marine.

Faut pas m'enlever un truc, c'est que mon boulot, j'le fais bien règle générale. J'ai jamais rechigné à la tâche, ni démérité, même si mon truc c'est plus la castagne. Il faut de l'instinct dans ce genre de discipline, et mon sens de la survie est si pointu que beaucoup s'y piquent.

Alors quand j'vois une dame comme Miss Bonny, j'sais à peu près de quoi on parle ; Grosse prime, grosse puissance, grosse histoire.

- La marine veut la mort de beaucoup d'monde, ces temps-ci. Doit être la tradition qui veut ça. Que j'lui répond, haussant les épaules, avant d'assister un peu pantois à son cinéma. J'sais que quelque chose cloche. Même si je m'suis détendu, le sentiment de malaise me reprends, j'sais qu'elle prépare un truc sournois, alors je retends ma masse musculaire.

Avant de voir où elle veut en venir rien qu'en l'écoutant parler, sorte de mélange d'avertissement, et d'un brin de sentence irrévocable. J'me sens dans l'obligation de l'accompagner, et de lui trouver un endroit au calme. Pas que je sois un quelconque obligé, mais j'suis surtout un survivant, du haut de mes trente et quelques berges à arpenter ce monde, j'sais reconnaître les talents qui ont murît plus vite que d'autres. Les fruits mûres à l'intérieur comme cette Eleanor, sont pas du genre à demander la permission, mais plutôt à prendre les devants.

Elle descends un type de sang froid, sans sourciller. Même si elle  ne me tue pas maintenant, qui dit quand j'deviendrais gênant, comme ce type, et qu'elle m'éliminera ? J'suis sensé être de l'autre côté de la loi, après tout. En tout les cas, je m'en rapproche dangereusement, et j'ne peux pas penser autrement que cette rencontre est là pour me dissuader de devenir un chasseur. Je vais devoir me coltiner ce genre d'animal à l'avenir, j'ai intérêt à reprendre les entraînements, et le combat réel si j'veux pas finir dans un coffre en sapin, au fin fond de la mer.

- J'vois ça, en tout les cas tu sembles plus inquiète que moi. Être un inconnu semble me servir, pour une fois. Je vais quand même pas passer à côté de l'occasion de t'voir à l'action. Que je fais en lui emboîtant le pas, me penchant pour voir ce qu'elle fait près du cadavre. Elle remballe une carte sans m'dire ce que c'est, mais comme le type est agent secret, j'me doute que c'est quelque chose qui a été spécial pour lui. On garde pas sur soit quelque chose de superflus quand on est en opération, moi qui suit un mercenaire, j'ne peux que le comprendre au mieux.

- Viens avec moi, j'connais l'endroit qu'il nous faut pour taper causette, et peut être même que y'a quelques spécimens qui s'intéresseront à ton histoire, qui sait ?

A moins que j'me trompe et que j'ai mal lu entre les lignes, elle n'est pas ici que pour faire du tourisme. P'tet qu'elle cherche des alliés, ou bien à faire main basse sur quelque chose. Ou bien échapper à des tonnes d'ennuis. En tout les cas, le Salamanca, c'est le troquet qu'il lui faut. Là bas, y'a toute la clique des réprouvés de Kikai no Shima, des hommes sans gloire, sans honneur non plus. Mais qui savent faire des affaires, et aussi le sens du mot survie.

Un jour d'plus passé sur cette putain de planète. [/b]

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Sam 10 Avr 2021 - 17:58

Je suivais le guide sans faire d'histoires. Ma petite passe d'arme l'avait visiblement dissuadé de tenter quoi que ce soit, il s'était résolu à m'amener à bon port. Je n'avais encore aucune idée précise de ce que je comptais faire, mais je savais que mes talents pouvaient intéresser le crime local. J'étais aussi heureuse de constater que nous avions bien fait de laisser O'Murphy derrière nous, à Zephyr, pour ne pas l'avoir dans les pattes à ce moment précis. Si le navire de Mountbatten n'avait pas déjà quitté le port, le CP8 devait l'avoir inspecté sous toutes ses coutures.

Finalement, on arriva au détour d'un immeuble où une cage d'escalier mal éclairée s'enfonçait dans le sol. Une femme, clope au bec, en gardait l'entrée. Du moins, c'était l'idée qu'on en avait si on connaissait le coin, sinon elle aurait aussi bien pu être là pour tapiner.

« - Z'allez quelque part ?

- Salamanca, » répondit simplement mon compagnon.

Elle darda un regard soupçonneux sur nous deux, nous passant au crible avant de se redresser :

« - Z'avez l'air net, pouvez entrer. Pas de chichis, pas de bagarre. »

La porte s'ouvrit d'elle-même et nous nous y engouffrâmes sous le regard dur d'un videur, planqué là depuis le début. Bonne idée ça, de ne pas le laisser apparent dès le début ; ça permettait de garder l'activité du lieu secrète. Les marches poursuivaient la descente aux enfers, jusqu'à ce que l'atmosphère se fasse plus pesante. Un petit dédale de salles de pierre, en sous-sol, proposait de boire un verre ou bien de se shooter à l'opium pour des clients de tous les horizons.

L'envers du décors de Kikai no Shima.

« - 'Voulez boire quelque chose ? » demanda le barman, tandis que je m'accoudais au comptoir, laissant le Lion de North vaquer à ses propres activités.

« - Je voudrais voir le patron.

- J'ai peur que ça ne puisse pas être possible.

- Oh si, ça l'est. »

Ma main vint frapper le comptoir, dévoilant la carte de l'agent du CP8. Même pour un simple criminel, il était évident que cela avait à voir avec le Gouvernement Mondial. Avant que le gusse ne se mette à hurler au loup, je montrai patte blanche en tirant de ma poche un exemplaire de ma prime que je gardais toujours précieusement avec moi, pour ce genre de situations.

« - Nous avons un ennemi commun, » dis-je en pointant le badge de l'index. « Il parcourt vos rues à ma recherche et serait pas contre démanteler vos petites activités. M'est avis qu'on peut s'arranger.

- Hum... Si vous m'accordez un instant. »

L'homme s'effaça, me laissant patienter au comptoir. Mon regard se promena aux alentours sans détecter la présence de mon guide. Je ne m'en faisais pas plus que cela, je savais qu'il n'était pas très loin, grâce à mon mantra. L'instant promis dura un certain moment avant que mon hôte ne revienne, ouvrant la petite porte qui menait derrière le comptoir en m'invitant à le suivre.

Après avoir dépassé un second sas, derrière le mur de bouteilles, nous arrivâmes dans un long couloir qui menait vraisemblablement à la cave d'un autre immeuble, un vieux hangar désinfecté peut-être. Nous étions en bordure de la ville à présent, dans des quartiers franchement pas fréquentables, et pourtant j'étais certaine  que le CP8 devait déjà avoir quadrillé la zone. Ils n'avaient juste pas fouillé suffisamment sous terre, mais ça ne tarderait pas.

« - Annabella Sweetsong. »

Il était assis dans un fauteuil, au milieu d'une sorte de salon improvisé, dans une grande salle dont on ne discernait pas les contours perdus dans l'ombre. Le mobilier était en mauvais état et d'autres crapules d'envergures, probablement de fameux portraits du coin, s'y prélassaient. Alcool et drogues coulaient outre mesure.

L'homme avait un cache-oeil fleuri ; sa main garantissait la protection d'un verre de whisky, le cul à demi-posé sur son accoudoir. Il me contemplait comme une sorte de rose sauvage.

« - Plus personne ne m'appelle par ce nom.

- Certes. J'apprécie simplement l'ironie de recevoir dans mon antre celle qui, dans une vie passée, aurait été mon ennemie si j'avais croisé son chemin. Combien d'organisations comme la notre avez-vous démantelé, déjà ? Une dizaine ? Une vingtaine ?

- Suffisamment. Je ne suis pas là pour cela aujourd'hui. Le temps où je jouais aux héros est révolu, je cherche à présent des alliés.

- Tu cherches de l'aide. »

Changement de ton. Cependant ce n'était pas le moment de monter sur mes grands chevaux, il fallait voir la vérité en face :

« - C'est vrai. Mais je viens aussi avec une opportunité à saisir, » répondis-je tout en lançant la carte de l'agent à terre, entre les pieds du mafieux. « Votre ville est atteinte d'un mal qui la ronge. Sans moi, vous n'en auriez rien su, jusqu'à ce qu'il vous atteigne. Peut-être sont-ils déjà parmi vous. »

Mon regard se promena sur l'assemblée, cherchant la moindre réaction. Un détail ne m'échappa pas, mais je gardai mon attention rivée sur mon interlocuteur qui ne bronchait pas. Il était tout ouïe.

« - Je sais comment le CP8 travaille, j'ai été dans leurs rangs pendant bien des années. Leurs stratégies ne me sont pas étrangères et je peux vous aider à vous en débarrasser.

- Et qu'est-ce que tu aurais à y gagner ? Une supernova de ton calibre semble bien capable de se défendre sans notre aide.

- Moi oui, mais mes hommes non. Ce soir, ils s'amusent, jouent et boivent, peut-être même dans certains de vos établissements. Mais le danger plane sur leurs têtes comme une épée de Damoclès. Or je suis persuadée que le CP8 surveille mes moindres faits et gestes, je ne peux pas agir moi-même.

- Tu voudrais donc que l'on garantisse la sécurité de tes hommes en éch- »

Mon index claqua, interrompant le baron du crime. L'homme que je suspectais d'être une taupe s'écroula de tout son long, après avoir vainement tenté de se soustraire à l'assemblée. Des armes diverses pointèrent aussitôt dans ma direction, mais sans y prêter la moindre attention je marchai en direction du cadavre pour fouiller la doublure de son costard et en sortir une carte. Je la brandis aussitôt à la vue de tous, mais surtout du boss.

« - Elle a pas l'air de mentir, Bradley, » constata enfin l'un des mafieux, particulièrement chevelu, le premier à avoir sorti son arme.

« - Je sais. »

Le verre de whisky trouva définitivement l'accoudoir ; son possesseur s'était redressé pour allumer une lampe, éclairant un bureau posé contre un mur. Une carte y trônait, ainsi que du matériel permettant à l'organisation de planifier ses opérations, visiblement. Du regard, il m'invita à le rejoindre.

« - Dis-nous comment agir au plus vite et je demanderai à ce que l'on protége tes hommes.

- D'abord, je vais avoir besoin que l'on fasse venir l'homme avec qui je suis venue. Je suis persuadée qu'il pourra nous être utile. »

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Dernière édition par Eleanor Bonny le Mer 21 Avr 2021 - 14:03, édité 1 fois
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Mar 13 Avr 2021 - 21:37

Je fais sûrement des détours, et c'est pas par précaution mais bien par incompétence. J'suis un mauvais guide tant j'connais à peine l'intérieur de cette ville aux allures salaces. Au derrière plein d'crasse aussi. La devanture est brillante, suintant l'fric et l'pouvoir à plein nez, mais dans l'ombre de cette cacophonie lumineuse, s'cache un atour beaucoup plus froid. J'connais à peine l'envers pour y avoir mit l'nez, en contactant des gars, faisant jouer les rouages et les services qu'on m'devait. Pratique de s'appeler Judas, et North est pas en reste d'info sur sa grande sœur de Grand Line. En tout les cas sont ils de la même famille, sinon de la même engeance. Ici, on sent la patte d'un gouvernement corrompu, et de pirates à la réputation sanguinaire.

Après j'suis pas un enfant de chœur non plus. Un bon samaritain qu'a tourner casaque, j'suis plus là pour la gloire. J'travaille pas pour des clopinettes. Ni des sourires et des vivats à la fin de l'histoire. Et j'sens qu'en collaborant avec Eleanor, l'moment de m'faire de gros bénéfices allait vite arriver. Ca et sa puissance hors norme, qui m'a happé comme un têtard dans un grande mare, j'avais juste pas l'choix, j'étais tenu par un contrat tacite entre quelqu'un de beaucoup trop puissant, rencontrant un gars dans mon genre.

J'peux m'avérer utile, tout simplement parce que j'ai les clefs pour déverrouiller des portes.

On arrive dans le saint de saint, le Salamanca. Vrai repère de vrai forbans, et de vrais rebelles aussi. Ici, on voulait prendre la place du calife à la place du calife. On voulait s'faire le magot, et l"cul de la crémière, aussi. Les gens du coins étaient tous des canailles, avec la dent dure et longue, creuse la plupart du temps. Le voisinage était un dédale de coupe gorge engoncés dans un labyrinthe de crasse, et de petites gens titubant. Le mauvais Kikai, celui qui aurait fait tâche sur les cartes postales, alors relégué à des endroits ciblés, hors de vue, contrôlé, entassé là.

J'laissais mon invité faire ses découvertes, et j'allais à la pêche aux infos avec le barman du coin. Un gars tout sourire qui cachait bien son jeu. Toutes les rumeurs tombaient forcément dans ses oreilles, et c'est grâce à lui que j'vais pu avoir quelques noms de potentiel associés, capable de m'aider.

- Hey Jibus, tu me mets un rhum dans un grand verre... J'fais le signe de boire avec le pouce au barman qui comprends que j'ai soif. Faut bien j'me remette de mes émotions, j'ai bien faillis être dans de sales draps, si j'y suis pas encore plus depuis que j'suis cette blondine d'Eleanor. Et un verre à ma taille hein, pas un d'tes godets pour les p'tits gars ! Que j'fais avec un sourire, tandis qu'il me réponds avec un grand verre de rhum que j'sirote, en lui tapant causette.

- Alors mon gars, t'as entendu des rumeurs, qu'est-ce qui chauffe en ce moment ? Que j'lui demande, innocemment, sur le ton de la conversation. Il me sort une ribambelle de truc. Trafic, marché noir extorsion, inceste. Des tas de trucs communs et sans intérêt qui font une ville comme celle de Kikai. Puis avant qu'on puisse arriver au croustillant, deux loubards plus grands que la moyenne vont se mettre entre moi et les autres types du bar. J'le sens moyen ...

- M'sieur, j'crois qu'on a une connaissance en commun, et qu'elle voudrait vous voir instamment. Fit-il  avec un accent fortement snob. Le gars faisait un effort pour être diplomate. Un grand gaillard avec des muscles et un cerveaux, c'est rare ... J'décide de le suivre rien que pour l'effort que ça a dût lui couter.

J'arrive comme un cheveux sur la soupe, pendant que les deux discutes bizness. Il faut dire que le patron, Edward Salamanca, était de ces vieilles familles de Kikai, qui étaient là avant même les Chimamire. Ce genre de famille qui a toujours eu de l'influence, dans l'ombre. Mais depuis que les pirates étaient à la tête de cette satané île, ses pouvoirs étaient éclipsés par le rayonnement du drapeau pirate. Ils avaient la mains mises sur la plupart des trafics, et des jeux de l'île. Seul quelques initié et quelques rejetés, refoulés et  ratés  dépendaient de lui. Un troupe de bras cassé que j'ai déjà pu voir à l'œuvre à mon arrivée.

- J'vois que vous faites connaissance avec le patron du bar, marrant la puissance d'un homme, ça chavire toujours l'coeur des femmes, j'ai l'impression
. Que j'lance pour rire. Bon, j'm'attarde pas sur l'sujet. Va falloir m'dire ce que moi, j'y gagne, de vous aider ? Parce qu'a part être la bonne poire, j'aimerais bien y retirer quelque chose. J'suis qu'un homme, j'ai besoin de manger moi aussi... Et j'ai un faim de loup.


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Sam 24 Avr 2021 - 15:41

Le patron du bar ? Mmh. Oui, ça pouvait se comprendre que le grand chef des Chimamire évoluait sous une identité secrète, alors quoi de mieux que celle d'un certain Salamanca. J'hésitais à laisser le Lion de North dans son ignorance, mais une stratégie me vint à l'esprit.

« - Messire Bradley, cet homme que j'ai amené avec moi est un simple civil ignorant tout de vos activités. Cependant, c'est exactement ce qu'il nous faut pour leurrer le CP8. »

Un sourcil levé. Je venais d'intriguer davantage le patron de la pègre de Kikai no Shima qui était à présent tout ouïe, même si les réclamations de Judas, d'entrée de jeu, l'avaient refroidi. Je devais m'assurer que le bougre y trouve son compte au même titre que moi. Et rien de mieux que de lui laisser miroiter une place dans cette organisation plus tard.

« - J'ai cru comprendre que vous aviez déjà des ennemis enquêtant sur vous... Nous n'aurons probablement même pas besoin d'un bain de sang. Les instances du Gouvernement Mondial passent leur temps à se marcher sur les pieds ; si la Commodore qui vous colle au train remarque la présence du CP8, elle ne manquera pas de le reporter à sa hiérarchie et contraindra leur retrait de l'île.

- Cela ne risque pas de prendre du temps ?

- Pas si vous avez un contact à la Marine qui peut activer son réseau, » répondis-je en faisant un clin d'oeil au baron.

Angelica avait tenu à se renseigner sur l'île avant que nous y mettions les pieds. Les nombreux documents qu'elle avait lus, lors de son existence au CP9, attestaient d'un certain Pancho Shima en charge de la garnison de l'île qui ne faisait pas grand chose pour combattre la criminalité. J'avais déjà eu à faire à ce genre de personnalité sur Astérion : l'officier corrompu avait trop à y perdre pour ne pas filer un coup de main, au risque de perdre ses privilèges, sinon sa tête dans l'opération préparée par le CP8.

« - Je vois. Si j'ai bien compris, l'idée serait donc d'amener nos mouches du CP8 auprès de cette foutue de Saint Just.

- Ils doivent être nombreux : c'est leur avantage mais aussi leur inconvénient. Sitôt qu'ils auront repéré le bon filon, nul doute qu'ils s'y précipiteront tous ou presque. Deux CP8 dans la nature passent inaperçus, mais pas une armée, je vous l'assure.

- Et cet homme serait celui qui crierait au loup ?

- Tout juste. Suffisamment pour éveiller la curiosité des deux camps, du moins. Cependant... Judas est un mercenaire. »

J'avais mis du temps à choisir le terme précis. Je me doutais que le Lion de North était plus que cela, étant donné ma filature depuis l'hôtel et sa dextérité. Il me faisait davantage penser à un chasseur de primes tombé sur un trop gros morceau qui avait dû se résoudre à signer une alliance tacite. J'honorais cette alliance, mais il fallait à présent mettre quelque chose sous la dent de ce requin.

« - Vous devrez rémunérer ses services. Je suis aussi sûre qu'il serait intéressé pour intégrer votre organisation... peut-être pourrait-il reprendre sa charge, » annonçai-je tout en pointant du doigt le macchabée.

Bradley était songeur : c'était quelque chose d'intégrer un parfait inconnu au sein de son réseau. Toutefois le temps pressait et l'étau du CP8 ne tarderait pas à se resserrer davantage, maintenant que leur taupe venait de sauter.

« - Dommage, j'aimais bien ce bar. Klaus, dis au Commandant qu'on a été roulés. Dis lui de rapporter l'existence de notre cache à De Saint Just, de sorte à ce qu'elle y dépêche ses hommes. D'ici combien de temps pensez-vous que le CP8 sera sur place, Bonny ?

- Oh, il est probablement déjà dans les parages. Ils doivent avoir ceinturé les lieux et attendent le go de leur agent infiltré. M'est avis que d'ici quinze bonnes minutes, lorsqu'ils auront compris qu'il n'entendront plus parler de lui, ils passeront à l'action.

- Ça ne sera pas suffisant...

- C'est pour cela que Judas est là. »

Effectivement, il fallait abandonner le bar. Mais le CP8 n'était pas dupe : si l'espion avait été éliminé, ils chercheraient à boucler les alentours pour empêcher toute échappatoire. Le nombre était leur force : les agents étaient les yeux d'un chef d'équipe qui devait les coordonner soigneusement comme un nuage d'hirondelles.

Notre point fort, c'est qu'avec un témoin il était possible de faire pencher la balance et faire se croiser le chemin du Cipher Pol et de la Marine en disséminant des petits cailloux. Par chance, le patch que le King avait à l’œil était un trait suffisamment distinctif pour maquiller un appât et organiser la chasse à courre.

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