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Hurt.

Peeter G. Dicross
Peeter G. Dicross

♦ Localisation : North Blue - Manshon.

Feuille de personnage
Dorikis: 2930
Popularité: 50
Intégrité: -15

Dim 18 Juil 2021 - 17:57


J’ai laissé tomber le masque, j’en ai pas besoin pour l’entrevue qui m’attend. Pris contact avec Bambana la veille, plutôt le chien de garde qui l’accompagne partout. Avant que la nuit tombe, l’appel était passé. Lui ai dit que j’étais revenu, que j’avais tout le pognon que je lui devais en plus des intérêts. Un rendez-vous a été fixé au lendemain, aux premières heures du jour. Vous connaissez le topo, j’ai quasi pas fermé l'œil de la nuit, j’ai descendu une bonne bouteille et fumé quelques clopes.
Depuis que je suis allé refroidir Chestair, je me sens pas plus soulagé, au contraire. J’ai goûté à la vengeance, c’était délicieux, mais seulement un avant-goût. Il m’en faut plus, j’en veux plus. Je sais pas s’ils ont déjà découvert le corps, c’est possible depuis le temps, ça remonte à quelques jours. Pas eu à m’inquiéter jusqu’ici, je suppose que de faire le coup sous une autre identité et ce qui me préservera des soupçons. Ou c’est juste que la Marine est toujours aussi incompétente et pas foutu de faire les bons liens. Certains d’entre eux parviennent même pas à joindre les deux liens de leurs godasses alors bon.

Broyer du noir, c’est le noir qui me broie. Une bonne douche, rester une plombe sous la flotte chaude coulante sur mes épaules, ma tête. Les yeux fermés, l’esprit ailleurs. Impossible de pas repenser à tout ce merdier, de se souvenir, aussi douloureux que soient ces foutus souvenirs qui reviennent me hanter. Talia.
Des bons comme de très mauvais moments passés ensemble. Des moments formidables, qui me réchauffaient le cœur, cœur en miettes, détruit de bien des manières et jeté au fond d’un trou, laissé à l’abandon. T’avais le don pour éclairer ce trou par tes caresses, ton sourire, ta simple présence. T’étais une personne formidable. Auras réussi l’exploit de me faire croire que je pouvais avoir le droit au bonheur, plus encore, tu l’as pris entre tes douces mains et tu l’as chéri de tout ton amour. Ce putain d’amour dont j’ai si souvent douté à l’époque, abruti finis à la pisse que je suis.

Y’a des types comme moi, persuadés qu’ils méritent rien de bon, que tôt ou tard le karma viendra les faucher de plein fouet et que tout va s'effondrer. Des types qui se pourrissent l’esprit par toutes ces craintes, doutes et appréhensions, à tel point qu’ils se persuadent eux-mêmes de tout détruire avant qu’on s’en charge pour eux. Des ces enfoirés, j’en suis l’ambassadeur. ‘Vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets. Je vis avec les deux et je crèverai étouffés tant ils sont nombreux, pesants, asphyxiants.
Quelque chose a vrillé chez moi depuis ta mort, j’en ai pris conscience l’autre soir quand je jouais avec les tripes de la saloperie qui t’as tué. Je suis bouffé par la haine, la colère, la tristesse. Si on était dans un univers fictif, je serai un petit garçon aux cheveux sombres, à l’allure mystérieuse, tiraillé par un désir de vengeance si fort qu’il va partir très fort en couilles pour parvenir à ses sombres desseins.

C’est ridicule ouais, mais c’est ce que je suis en train de devenir. Il faut que ça s’arrête et que je reprenne le bon chemin. Encore que j’y ai pensé cette nuit, j’ai jamais vraiment marché au bon endroit. Toujours en dehors, à emprunter des sentiers externes, plus dangereux, plus longs. Pour toi, je vais aller droit sur mon objectif.
Tout à l’heure, j’ai pris la mallette dans ma sénestre, rangé mon flingue dans son étui, dont les lanières de cuir habillent mon gilet, puis je me suis mis en marche. Manshon au matin est calme, se remet de ses émotions de sa nuit d’agitation. Il y fait frais, une brise souffle, mais l’odeur persiste. L’odeur de sang, de cadavres pourrissants dans les ruelles que la lumière ne parvient pas à atteindre. Enfin, je me suis toujours demandé si c’était pas juste moi qui parvenait plus à me débarrasser de cette puanteur, à force d’avoir tué trop de monde. C’est comme pour Chestair, depuis que j’ai pénétré son appartement, que je suis tombé sur la photo de son gosse et sa femme, j’ai l’impression de les voir à chaque coin de rue, c’est épuisant. Mais c’est sans doute la fatigue, justement, qui me joue des tours. Ou mon esprit, qui pense que de me torturer la nuit suffit pas.

Rendu devant les portes en acier du jardin devançant l’imposant manoir de monsieur Bambana, je retrouve deux visages connus. Je les plains ces pauvres gars, jouer les piquets toute la journée devant le domaine de ce gros salopard, quel enfer. Bientôt, ils seront libres que je me dis.
Pas besoin d’escorte à travers le jardin, je connais le chemin depuis le temps. C’est con à dire, mais c’est presque comme une seconde baraque ici. Ou comme ma putain de prison personelle depuis des années. Je repasse devant la haie taillée en forme de lion, le roi des animaux. Cette sculpture herbeuse m’a toujours attiré l'œil, j’aime la contempler, elle me parle. Et me demande aussi souvent quel rôle je tiendrais dans la hiérarchie animale, un fauve majestueux ou un foutu insecte inoffensif ?
Un autre tonton flingueur m’ouvre la porte de la maison, blanche comme l’ivoire, en me saluant d’un geste de tête. J’y réponds de la même façon, pognes fourrés dans les poches de mon long manteau qui effleure le sol.

Me revoilà dans cette foutue baraque merdique, qui me file la gerbe chaque fois que j’y fous les pieds. La déco tape à l'œil, les nombreux tableaux de famille, l’atmosphère, les domestiques, tout me répugne ici. Mais c’est pas grave que je me dis, se forcer encore une fois.
Le chien fou rentre à la niche de son maître pour la dernière fois.
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Peeter G. Dicross
Peeter G. Dicross

♦ Localisation : North Blue - Manshon.

Feuille de personnage
Dorikis: 2930
Popularité: 50
Intégrité: -15

Ven 23 Juil 2021 - 2:48

J’ai envie de gerber. Putain ce que ça me brûle les tripes de me retrouver ici après ce que ces fils de chiens ont fait à Elena. J’ai de furieuses envie de massacre, de tout péter autour de moi et de mettre le feu à ce manoir à la con. Chacun des majordomes, des servantes, des mafieux que je croise et ouvrent la bouche pour me saluer me donnent envie de leur sauter à la fiole pour la ravager. J’ai même pas encore atteint la pièce où se planque Bambana que déjà, j’ai du mal à me contrôler. Mes mâchoires sont si serrées que j’en ressens la douleur qui irradie le crâne, je dois résister encore un peu.
Un œil attentif pourra facilement remarquer le bout de mes doigts tenant la mallette, blanchir sous la pression que j’exerce sur la poignée. Si un malheureux veut me serrer la main, je pourrais lui casser les jointures sans m’en rendre compte. Les couloirs défilent, les œuvres d’arts de tous horizons ornent les flancs, sans que j’en ai quoique ce soit à foutre. Il aurait pu peindre les murs en rose bonbon, saupoudré de paillettes et ajouter une licorne au beau milieu que j’aurai pas tilté.

J’ai des putains d'œillères et un seul objectif en tête, Antoni Caesar Bambana. A l’angle du couloir, sur la droite, son bureau. Je suis escorté par deux tontons flingueurs tout du long, des chiens aux dents longues mais qui savent très bien quel Capo ils ont sous la main. Mes avis qu’ils sont pas tranquilles non plus, mais pour des raisons totalement différentes. Pas un mot a été décroché et c’est presque soulagés qu’ils me laissent devant la porte, que je dois m’annoncer avant d’entrer.
Allez bien vous faire enculer, je suis plus un larbin de ce fils de chien. Je pousse la porte sans prévenir, m’engouffre à l’intérieur la tête basse, enragé, le pas décidé, déterminé. Mon long manteau balaie le sol et deux paires d’yeux se posent sur une casquette bombée qu’ils reconnaissent aussitôt. La discussion est coupée immédiatement, l’attention focalisée sur l’arrivée, la mienne. Un chien fou qui marche jusqu’à s’arrêter à quelques mètres du large bureau en ivoire du gros lard à la tête de la famille.

Peeter, c’était donc bien toi… Sa voix suffit à m’arracher une grimace, agacé de l’entendre. L’odeur de son cigare opium embaume la pièce, me donne l’envie de me griller une clope. Je relève la tête, pour braquer un regard désabusé sur le Padre. J’ai repris un visage habituel, je peux pas me permettre de tout gâcher en me laissant bouffer par ma haine. Cette tronche blasée, déprimée, fatiguée, c’est celle qu’ils sont habitués à zieuter depuis de longues années.
Monsieur Bambana. Je prends une voix qui se veut calme, enfin j’essaie. Y’a un démon enragé qui me hurle de simplement me jeter sur lui pour le rouer de coups. Il se permet un sourire condescendant, du genre celui du maître qui est satisfait que son clébard revienne de lui-même à la niche. Ce que j’ai envie de le saigner cet enfoiré. Je commençais à croire que tu ne reviendrais plus, Peeter. Tu semblais soit mort, soit… envolé. Envolé ouais, tu m’a forcé à foutre le camp d’ici connard. A rester sur Manshon sans pognon à te rendre, Chestair serait revenu pour m’achever.

Il m’a fallu un peu de temps pour ramasser la somme que je vous devais, plus longtemps que prévu. Un petit rire moqueur s’élève dans l’ombre du fauteuil en cuir sur lequel le gros cul de Bambana est échoué. Il avait peur des conséquences s’il revenait les mains vides, le Dicross ? Sciavonnache. Toujours là raclure, personne a eu la bonne idée de te refroidir durant mon absence hein. Ma fiole est parcourue d’une nouvelle grimace, plus profonde encore cette fois, en posant les yeux sur la tronche brûlée du bras droit. Il m’en a fait baver toutes ces foutues années, mais aujourd’hui c’est terminé.
J’ai un cerveau et une tête qui est pas passée sous le feu des enfers moi, je sais encore ce qui est bon pour moi et comment ne pas me faire déglinguer connement. Il perd son sourire, monte en pression. Mange un peu ta merde, connard. Il va pour rétorquer mais la main de Caesar s’agite, le coupe dans son élan. Vous pourrez vous chamailler plus tard tous les deux, nous avons des affaires à régler avant. Peeter, ton retour dans la famille prendra une bonne tournure à une unique condition, tu t’en doutes. Je vois que tu as apporté quelque chose avec toi, est-ce que la somme y est ?

Je supporte pas son air suffisant, comme s’il s’imagine que tout lui est acquis, que rien ne peut lui arriver. A les voir tous les deux aussi sereins, j’ai l’impression qu’ils ont oublié ce qu’ils m’ont fait ou alors qu’ils pensent que j’ai pas assez de baloches pour leur faire payer, que j’ai trop peur des retombées.
Tout est là. Quinze millions de berrys, en petit billets. Que je précise en m’avançant pour déposer la mallette sur le bureau, l’ouvrir en grand afin qu’ils puissent se faire une idée par eux-même. Une scène qu’on a déjà joué des centaines de fois, tous les trois. Tout ce qu’il y a de plus banal, à une petite exception près cette fois. Ma main semble fouiller sous le manteau, puis la veste. Le grand brûlé va pour compter les billets sous l'œil attentif du patron. Et voilà les intérêts, sombre connard. L’insulte, inattendue, paralyse Boule de Billard qui peut que constater que ma pogne tient un flingue chargé dont le canon menace de lui faire sauter le caisson.

Peeter, à quoi tu jo -mon doigt presse la détente, je suis pas d’humeur à discuter, je veux seulement en finir. Problème, imprévu à la con, Sciavonnache. Cette pourriture a réagi aussitôt après avoir entendu le mot connard, comprenant qu’une couille venait de tomber dans le pâté. Quand le coup de feu part, il est déjà là, à me tomber sur le lard pour dévier la trajectoire de la balle. Une bastos qui érafle la graisseuse joue d'un Bambana affolé.
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