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In Nomine. [Pv : Serena]

Peeter G. Dicross
Peeter G. Dicross

♦ Localisation : North Blue - Manshon.

Feuille de personnage
Dorikis: 2930
Popularité: 53
Intégrité: -15

Ven 6 Aoû 2021 - 2:24

Quand tu tombes au fond du gouffre, que tu plonges fiole la première dans la noirceur et que t’es heureux de t’y noyer, c’est là que tu captes que t’as un problème. Et pas un petit, le genre sans fin qui va te bouffer l’esprit jusqu’à ce que tu fasses une connerie, ou que la précédente te rattrape.
T’as le mec paumé qui sait pas où il va dans la vie, ni comment il pourrait y aller. Il se contente de se laisser porter et qu’importe la merde qui lui tombe sur la tronche, il avance. Déprimé, déphasé, mais avec un soupçon d’espoir. S’il avance, c’est parce qu’il pense qu’à la fin du chemin, il arrivera là où doit être. Un endroit bon pour lui, pour évoluer, s’épanouir, être enfin heureux. Il pourra y rester, dans ce foutu paradis personnel. Il y crèvera, le sourire aux lèvres, aimé par une femme et trois enfants. Moi, j’ai arrêté d’avancer depuis l’année dernière. Y’avait cette lueur qui brillait, faiblarde, vacillante, mais elle était là. Elle éclairait au fond de moi et m’empêchait d’abandonner.  
Cette lueur a été soufflée dès l’instant où j’ai refroidi ce mec pour une putain de dose d’opium à la con.

Ouais, je suis le genre de sombre merde qui sort du caniveau crasseux dans lequel la vie l’a balancée, pour braquer un flingue sur ton crâne et le faire sauter parce que tu veux pas me filer ma came.
Je suis ce genre de salopard, celui que je déteste. Je suis devenu ce que je hais le plus, pour de la putain de drogue. Enfoiré. Ça me fout en l’air, ça m’a foutu en l’air et les Bambana ont failli me foutre en l’air. Que je sois obligé de bosser pour eux maintenant, je trouve que je m’en sors trop bien. Ou alors c’est le truc vicieux, reste en vie et passe le restant de ta vie merdique à repenser à ce que t’as fais, à chialer parce que t’es qu’un foutu chien à qui on vient de mettre une laisse pour rembourser une dette. Une dette à vie. Pour une vie prise. Une vie contre une vie, sauf que je peux encore profiter de la mienne, pas lui.
J’en tire rien de satisfaisant pour autant, c’est même tout le contraire. J’ai doublé ma consommation de toutes les merdes qui empoisonnent le corps et l’esprit, à boire comme à fumer. Je dors moins, je comate plus souvent. Je me bats régulièrement, pas besoin de raison à ça, juste ce besoin de trouver mon exutoire. Y’a cette rage qui gronde, qui me ronge, qui me tord, m'étouffe. Frapper, faire mal et surtout me faire du mal, ça fait tout ressortir, mais y’en a tellement que j’en verrai jamais le bout.

S’allumer une clope à l’opium, le dos appuyé contre un mur, regard perdu dans le vide, à pas savoir l’heure qu’il est. Il fait jour, c’est que la nuit est passée et que j’ai pas encore fermé l'œil depuis la veille. Torché, quelques verres au bar, puis gentiment mis dehors à la fermeture. J’ai terminé dans ma piaule, la bouteille aussi est terminée. Prendre un peu l’air, les yeux qui piquent, la tête en vrac, le cœur en sang. Je dois puer la transpiration, des fringues pas lavées depuis deux ou trois jours, je sais même plus. Sale haleine, ventre vide, les dents serrées et la gorge nouée.
Perdu, dans cette ville merdique qui m’aura tout pris. Mon âme, ma vie, ma liberté, et le peu de bon qui restait en moi. Rogné jusqu’à l’os, recraché comme un malpropre, un foutu clébard qui obéit au doigt et à l'œil de son nouveau maître. Déserter la marine pour finir dans une famille de salopards mafieux, quelle foutue réussite. J’ai envie de me coller une balle, plusieurs en fait, mais je suis trop lâche pour passer à l’acte. Je sais que picoler moi, fumer, déprimer, me morfondre sur mon sort, blâmer tout et n’importe quoi pour ma chute que j’ai moi-même provoqué.

J’ai personne avec qui partager ça, seul comme une sombre merde. De la famille ? Tous pourris, hypocrites et égoïstes. S’ils restent auprès de toi, c’est parce que tu leur est profitable ou pas rester seuls, parce qu’ils supportent pas ce sentiment de solitude. Des amis ? J’ai la fâcheuse tendance à tous les repousser, disparaître du jour au lendemain ou me faire oublier, jusqu’à ce qu’on se lasse de me courir après ou de se faire envoyer chier. Pareil pour les gonzesses, aucune ne reste plus qu’un couple de mois, voir quelques-uns en rab pour les plus courageuses. Mais mes histoires d’amour finissent toutes pareilles, sur une phrase. “Va te faire foutre Peeter, sale con.”
Je le sais que je suis qu’un connard, que je détruis ou pourris absolument tout ce que je touche, je peux même pas leur en vouloir. C’est plus fort que moi, parce que la peur me pousse à faire des conneries, à me comporter comme le dernier des enfoirés. La peur de l’abandon, qu’elle salope.

J’ai marché sans même m’en rendre compte jusqu’à ce bâtiment religieux à la con, une espèce d’église dont les façades portent encore les traces de balles des fusillades qui éclatent généralement dans le quartier. Si vous pensiez que les familles respectaient ce genre de lieu, vous avez tout raté. L’autre fois, je suis allé égorger un pauvre type à l’angle de ce mur que je peux pas m’empêcher de fixer. Il avait fait chier le Padre, alors avec quelques tontons flingueurs on lui a fait passer l’envie de recommencer.
Si Dieu existe, ce sale enfoiré a rien fait pour empêcher l’autre gars de se faire saigner comme un porc. Putain d’égoiste, lui aussi ? Si même une entité divine, qui aurait tous les pouvoirs et tout contrôle sur nous, pauvres humains qui lui offrons un spectacle quotidien, n’intervient pas pour réparer les injustices, alors à quoi bon se casser le cul ? Pourquoi résister ? Pourquoi lutter contre le mal si c’est toujours à lui de l’emporter ?
Dans ce monde, t’es rien si t’es pas une pourriture.

Alors à quoi bon se battre ? Pour finir comme ce mioche, à deux pas de là, qui se fait maraver par une bande de sales petits cons et dépouiller de ses fringues ? La vie je vous le dit, elle en demande beaucoup mais ne rend rien. Rien d’autre que des emmerdes.
Aujourd’hui, j’ai plus la foi. Plus de courage, plus d'envie, ni de motivation.
Aujourd’hui, je songe encore une fois à charger le pistolet et me faire sauter le caisson.

Et ce petit, qui se fait savater si fort la gueule que bientôt, il se sentira plus pisser le sang. Si Dieu existe vraiment, il attend quoi pour lui venir en aide, hein ?
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Serena Porteflamme
Serena Porteflamme
Donneuse de récompense

♦ Localisation : Archipel aux Eveillés
♦ Équipage : Ex-Rhino Storm

Feuille de personnage
Dorikis: 5813
Popularité: 211
Intégrité: 155

Sam 7 Aoû 2021 - 22:28

L’église de Juste Violence, Manshon. Fondée en 1608 par St Jean-Bon-au-Beurre-Noir, ainsi surnommé en raison de sa masse couplée à la rudesse de ses méthodes. J’allume un cierge, consciencieusement, gentiment, avec des gestes contrôlés. Ça fait du bien, cette lumière. J’oublie tout quand je la vois, à part ta présence en moi, seigneur. Dans l’église, c’est le silence au milieu des statues de sœurs haltérophiles et de saints patrons lourdement armés. Je me sens bien. Je prie en fermant les yeux, en profitant de la lumière douce, de la sécurité, des gens autour qui ne veulent de mal à personne. Petit à petit, je me détends. Je récupère des dernières missions. Je réécoute la vérité, la voix pure au fond du gouffre qui me sert de poitrine. Et je m’y accroche, de toutes mes forces.

-AAAAAH, MAIS NON ! Là, ça suffit vos conneries, on vient à peine de finir de nettoyer la façade et vous piétinez les bulbes qu’on vient juste de replanter !

Les cris de la mère sup’. Ça bouge dehors, comme la dernière fois où on a retrouvé un mec vidé, la gorge ouverte comme des cuisses de prostituée. L’image fait direct un peu d’ombre, là, en moi. Ma colère monte. Je sors en laissant tomber le cierge, mal planté sur l’autel.

Dehors, ça chauffe, pas comme j’aimerais. J’ai le sang qui est déjà monté aux tempes. Lui, c’est plein la gueule qu’il en a, du sang. Y’en a d’autres, qui se sont sauvés en la voyant débouler. La mère a déjà sauté sur le mec occupé à en rajouter. Pour faire bonne figure, je lui en colle une ; et une deuxième pour avoir pété ma méditation ; et une troisième pour la rage, pour qu’elle parte. Envie de cogner. Une sale tronche, il a, de base ; là, on l’a arrangé. Les mains tremblantes, je me canalise comme je peux. J’aide l’autre à sortir son cul de la plate-bande fleurie, qui ressemble à une bouillie multicolore façon champ de mines.

-Ma sœur, vous avez de la cire de bougie sur votre robe. Mais nous verrons cela plus tard. Aidez-moi à transporter ces deux jeunes gens à l’intérieur. Ils ont besoin de quelques ba… enfin, de soins attentifs, ainsi que de l’inspiration de notre seigneur. -Aaaaah, mes bégonias…

On les ramène à l’intérieur. Je traîne le demi-macchab’, la mère porte littéralement entre ses mains larges comme des couvercles de poubelle l’autre qui lui tapait dessus. Je sors la trousse de soin, et je commence à éponger le sang et à désinfecter en récitant des psaumes. La mère sermonne.

-Tu ne tueras pas ! Tu ne violeras pas ! Tu ne voleras pas ! Tu ne piétineras pas l’œuvre d’autrui !

Et à chaque injonction, c’est une baffe. Appliquée avec assez de soin pour pas bousiller mon travail. On peut penser ce qu’on veut de la mère sup’ Clothilde-Polycarpe ; mais elle est du genre appliquée, et elle aime ce qu’elle fait. Elle le fait avec tout son cœur. Je dois dire, j’apprends beaucoup d’elle. Les mecs osent juste plus rien dire. Ils sentent qu’ils dominent pas la situation. Ou alors, peut-être que la grâce est en train d’opérer. Je suis plus à un miracle près. Je pense plus ; je constate.

Une présence. En alerte, mon sang fait qu’un tour. Coup d’œil en arrière, rotation brusque. J’en lâche mon sparadrap, les ciseaux tombent sur un orteil à l’air. Je ramasse une claque dans la nuque, qui m’envoie presque par terre. La colère monte, je la laisse refluer comme je peux. Forcément, y’a que nous qui portons des sandales été comme hiver. J’ai planté le pied de Clothilde.

-Va voir ! L’accueil des pèlerins est une priorité stricte, ma sœur !

Je sais pas bien s’il en mérite le titre, le mec qui vient d’arriver. Il a l’air de s’être paumé. Gueule qui m’inspire rien de bon. Il sent les embrouilles comme je sens encore la survie.

-Mon frère, sois le bienvenu dans l’église de la Juste Violence.

Et selon le rite, qui vient au secours de mon absence totale de savoir vivre ou accueillir, je lui tends un cierge et l’invite à l’office, qu’on va bientôt célébrer. D’ailleurs, d’autres sœurs reviennent petit à petit de leurs missions de porte à porte ou de bienfaisance du matin. Comme d’habitude, certaines ont leurs habits trempés de sang. Quelques unes traînent des gars, des pauvres pêcheurs comme on dit, à leur suite. Le petit secteur dédié à l’infirmerie se remplit. Je guide mon visiteur vers la nef, en murmurant à nouveau un psaume. Que la paix, l’amour, la dignité et la grâce soit dans ton cœur, mon frère, car Dieu est liberté et grâce, qu’il faut saisir en soit, qu’il faut écouter pour entendre, qu’il faut accueillir et aimer. Ainsi soit-il.

_________________
[19:33:08] @ Oswald Jenkins : T'es une sainte Serena ^^
[19:35:37] @ Oswald Jenkins : Faut pas deviner Serena, faut se la recevoir en pleine gueule.
https://www.onepiece-requiem.net/t7342-serena-porteflammehttps://www.onepiece-requiem.net/t7448-tout-ce-qui-rampe-recoit-
Peeter G. Dicross
Peeter G. Dicross

♦ Localisation : North Blue - Manshon.

Feuille de personnage
Dorikis: 2930
Popularité: 53
Intégrité: -15

Ven 3 Sep 2021 - 17:07

Je sais pas trop ce que c’est, mais c’est tombé du ciel j’ai l’impression. Le petit allait se faire dégommer jusqu’à plus pouvoir en encaisser, il était d’ailleurs au bord de la rupture. Puis elle est arrivée en furie, à brailler des conneries en rapport avec ses fleurs, avant qu’une rouquine s’en mêle et avoine de tartines la fiole du dernier sale gosse qui avait pas pris la fuite. L’instinct de survie dont certains sont dépourvus, ça me fascinera toujours. Y’a quand même deux tarées habillées religieusement qui te tombes sur le lard et toi tu restes là, à vouloir déverser ta haine sur un pauvre mioche plus mort que vivant. Cheh. Pendant que tu prends tes baffes, je souris intérieurement.
Le tableau est quand même frappant, intervention divine ou simple hasard ? Le petit a la vie sauve et pourra voir un nouveau jour se lever. Pas sûr que ce soit ce qu’il voulait, mais eh. Elles m’ont quand même pas l’air très banales, ces bonnes sœurs. Pratiquement certain que ça tape pas sur son prochain, les gens qui ont la foi. La bonne foi, parce que les fils de satan ils hésitent pas avant de te saigner. Mais ce bordel m’intrigue, m’attire. Quand elles prennent la direction de l’église, je termine ma clope et les suis. Me demande quel genre de divinité à la con ça doit prier des folles de leur trempe.

A peine foutu un panard à l’intérieur que les claques résonnent de nouveau, bordel elles sont vraiment pas commodes. C’est quoi ce genre de premiers soins, la destruction de la blessure par les mandales ?
La petite rousse semble aussi alerte que nerveuse, elle capte ma présence en un rien de temps et la façon dont elle se tourne vers moi me laisse un peu sur les miches. Surpris, j’ai eu un mouvement vers l’intérieur de mon manteau, sous la veste, à la recherche de mon flingue. Bien cru qu’elle allait me jeter un ciseau à la trogne, putain. La bonne femme aux dimensions de navire de guerre remue encore sa main qui tape sur le crâne de sa collègue, même entre elles ça y va, c’est quoi c’tte religion ?
L’église de la Juste Violence ?
Parce qu’il existe une violence juste ? Sorti tout seul, en réponse à l’accueil qu’on me fait. Depuis tout à l’heure, je vois qu’une violence qu’on pourrait difficilement qualifier de justifiée, d’acceptable. Tu me diras, ça a pas l’air de la déranger de prendre des gifles à longueur de journée, ou alors c’est pour ça qu’à la moindre occasion elle se défoule sur le premier guignol qui lui passe entre les ongles. M’enfin, merci madame. Je voulais pas être impoli chez vous, même si je crois que ma simple présence dans un lieu saint est une insulte à la religion. Et ça, peu importe qui ou ce qu’on prie.

C’est quel genre de religion ici ? La Juste Violence, jamais entendu parler auparavant. Et surtout pas ici, à Manshon. Et comment dire que depuis le temps que je traîne mon cul dans cette ville, je connais toutes les foutues églises qu’elle possède. Celle-ci me dit rien, mais alors vraiment rien. Je mire un peu autour de moi, tente de glaner des infos, le moindre petit truc qui pourrait être intéressant. J’aime bien en savoir sur les gens, j’aime moins quand eux en savent sur moi.
Pour ça que j’ai toujours plains les pauvres gars qui baignent dans les affaires louches alors qu’ils ont une famille à retrouver le soir. Trop angoissant, trop dangereux, trop con. Les représailles sont violentes dans le milieu et des représailles, personne n’est à l’abri. C’est même le sport numéro au sein du crime organisé. Je pourrais pas vivre avec la crainte constante que pendant que je tabasse un zigue pour lui faire cracher la thune qu’il doit au Padre, une bande de fils de chiennes sont chez moi, à faire dieu sait quoi à ma femme et mes gosses.

C’est un coup à te foutre en l’air, ce genre de conneries. L’envie de m’en griller une me prend, mais j’ai peur de me faire arracher le coup d’un revers de mainparpaing si j’ose. Alors je sors simplement mon étui à cigarettes à l’opium, l’ouvre, et déclare sur un ton indifférent. Je suppose qu’on a pas le droit de fumer, ici ? Plus une demande pour la forme, pour bien faire les choses. Mes yeux expriment rien, si ce n’est une profonde lassitude. Je pourrais très clairement m’approprier ce droit de fumer, je pourrais même lui imposer de s’en fumer une avec moi.
C’est comme ça que se comporte un criminel, les raclures de mon espèce. On s’impose, on impose. Rares sont ceux qui nous tiennent tête ici, par crainte de ces fameuses représailles. Combien de pauvres familles j’ai ruiné de mes mains simplement parce qu’un inconscient a eu les couilles assez grosses pour se dresser face à un Bambana ? C’est le fond du problème ici, jouer les héros ne te fais pas tuer. Pas le premier en tout cas, d’abord tous tes proches y passent, souvent sous tes mirettes. Et pendant que toi tu chiales, eux ils crèvent, sans même savoir pourquoi.

Je hais cette ville.
Je me hais.
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