AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  OPR AnnexeOPR Annexe  ConnexionConnexion  

-20%
Le deal à ne pas rater :
Nike MD Runner 2
51.97 € 64.99 €
Voir le deal

Epilogue

Mountbatten
Mountbatten
Modérateur
Le Fantôme

♦ Localisation : Terra

Feuille de personnage
Dorikis: 7942
Popularité: +862
Intégrité: -590

Ven 13 Aoû 2021 - 21:11

Les murmures du vent qui se faufilait entre les branches des peupliers réveillèrent paisiblement le Fantôme. Quelques éclats de rayons de soleil illuminaient la pièce. Dans le couloir, des voix s'élevaient, sans qu'il ne puisse distinguer le sens des mots prononcés. Paradoxalement, le bruit ambiant était reposant. Il tranquillisait l'esprit du stratège. Mountbatten avait pris quelques congés dans l'arrière-pays de Terra, là où la vie était rythmée au son des animaux et d'une poignée d'hommes. Quitter le tumulte de la capitale et d'Alpha devenait une nécessité. Il avait besoin d'un retour aux choses simples, loin des manigances politiques.

Ainsi, il émergea de son repos pour se sustenter sur la terrasse de l'hôtel. Il devait être dix heures du matin, à en juger la lueur croissante qui illuminait la plaine. Il était seul. Personne n'occupait les cinq autres tables disposées à l'extérieur. Il faut dire que le coin était peu fréquenté. La fille du propriétaire apporta à l'officier une tasse de café noir, ainsi que plusieurs viennoiseries. Elle devait avoir quatorze ou quinze ans, à en juger ses traits juvéniles. Elle le servit d'une façon maladroite, si bien qu'elle faillît renverser son breuvage du matin sur lui. Le Marijoan esquissa un sourire effacé, tiraillé entre son dédain et sa politesse. Tant que ses habits étaient intacts, il n'y avait aucune raison de s'emporter. Mais il n'y pouvait rien, l'incompétence avait le don de l'agacer.

L'accalmie fut cependant de courte durée. Une autre personne s'approcha, dans le dos de Mountbatten, sans s'annoncer.

Le Fantôme leva son poignet pour consulter l'heure, tout en sirotant son café.

"- Pile à l'heure.

- Et même avec cinq minutes d'avance." Rectifia l'inconnu.

L'autre homme prit place en face du stratège. Il était rasé de près. Son visage était parsemé de traits fins et tout à fait agréables à regarder, ce qui contrastait avec l'aspect sec et rugueux de sa peau. Ses yeux transpiraient d'un optimisme communicateur, d'un enthousiasme qui évoquait celui des enfants. Mais en s'y attardant de plus près, on pouvait apercevoir quelques rides – aussi infimes soient-elles. Anormales pour son âge, mais communes pour un soldat comme lui.

"- Sympathique paysage, n'est-ce pas ?

- C'est pas mal, mais pas aussi beau que dans mon patelin.

- D'où viens-tu déjà ?

- Vesucia, plus au nord. On peut admirer le golfe de Cyroos, d'une splendeur inégalée. Il y a fait constamment un temps ravissant. Petit, j'allais sans cesse sur la plage pour jouer avec mes copains. On jouait au ballon, puis on allait se baigner… Mais bon, tu vas inévitablement me dire que mon attachement au lieu trouble mon jugement… Et tu as sûrement raison !" Dit Flika, avant de s'esclaffer.

"- M'enfin, je suis sûr qu'il doit y avoir un peu de vérité, quand même. J'irais, un jour.

- Du reste, ça me fait penser que je n'ai jamais su d'où tu venais.

- Je viens de l'étranger, alors ça risque de ne pas…

- Oui, oui ! Ça, je sais, mais parle-moi un peu du coin où tu as grandi !

- Ah ! Eh bien… J'ai grandi à Marie-Joie. "

Le premier maréchal, qui avait entre-temps attrapé un croissant, s'arrêta de mâcher un instant, avant de reprendre de plus belle.

"- S'il y a bien une ville de l'étranger que je connaisse, c'est bien elle. C'était comment ?

- C'était prodigieux. Ça me manque.

- Pourquoi ne pas y retourner alors ? Pendant tes permissions ?

- Tu oublies, cher Flika, que je ne suis pas forcément bien vu par le Gouvernement Mondial."

Embarrassé par sa propre question, le militaire se gratta la nuque et arbora un air désolé. Son interlocuteur baissa les yeux. Il se remémorait les souvenirs exquis de son enfance, avec ses frères et ses parents. Ils lui manquaient, mais il ne pouvait pas les revoir. Tout ce qu'il avait désormais, c'était une Vive Card qui pointait sur son père. Mais Severus Mountbatten siégeait à la ville judiciaire, Enies Lobby. Impossible de s'y rendre, pour l'instant. Le Fantôme maudissait le Gouvernement pour tout son machiavélisme. Lui qui l'avait utilisé comme bouc-émissaire sur Vindex, et qui l'avait par là même repoussé vers le camp des hors-la-loi. Il avait été forcé d'être ce qu'il avait toujours combattu. Marie-Joie attisait toute sa colère contre l'institution, mais détenait le pouvoir de lui raviver les souvenirs doux et sucrés de sa jeunesse dorée.

"- Mais nous ne sommes pas là pour se remémorer du passé. Si j'ai demandé que tu viennes, c'est pour discuter plus sérieusement du futur. Et surtout de l'avenir de Terra.

- Tu parles des débats autour d'un potentiel rattachement du pays à un Empereur, n'est-ce pas ?

- Tout juste."

Un courant d'air survola la bourgade. Quelques senteurs champêtres arrivèrent aux nez des deux hommes, en train de savourer leur petit-déjeuner. Mountbatten porta sa boisson à ses lèvres, avant de la finir d'un seul trait. Flika termina de déguster une chocolatine, et se cala au fond de sa chaise. Avant de traiter les choses sérieuses, le Fantôme s'attarda l'espace d'un instant sur une perdrix qui volait, au loin. Elle semblait libre, dénuée de chaînes. Elle virevoltait ici et là, sans saisir toute la chance qu'elle avait, sans conceptualiser sa propre condition. Peut-être qu'elle serait amenée à se rendre compte de tout cela le jour où elle sera mise en cage, contre sa volonté.

"- Kiyori me paraît être la meilleure candidate de tous.

- J'ai cru comprendre, oui. Tu sais, j'entends aussi les bruits de couloirs.

- Et toi alors ?

- Honnêtement, Mount, je ne sais pas. Je veux le meilleur pour les miens, c'est indiscutable. Se placer sous l'autorité d'un Empereur pirate pourrait assurer la sécurité de l'île. C'est un argument que je conçois tout à fait, vois-tu. Mais c'est l'idée d'être sous l'autorité de pirates qui me gêne. Ces gens-là… Ces gens-là ne sont pas dignes de confiance. Ils sont sournois, vils, barbares. Et je ne souhaite pas que la Terra se base sur un accord conclu avec des forbans pour s'assurer la paix."

L'exposé était juste. Le Marijoan était même d'accord. Toutefois, il était investi d'une mission : rallier Terra à Kiyori, coûte que coûte. Il avait conclu un contrat avec Daren Livingstone, l'émissaire de Ravrak. Il ne pouvait s'en défaire : pour recouvrer sa liberté, il devait faire en sorte que l'alliance ait lieu. Et ce, même si cela allait à l'encontre de ses propres convictions.

"- Mais Kiyori n'est pas une pirate de bas étage, prompte à piller et voler tout ce qui se trouve sur son passage. La déesse enfant possède des territoires proches de Terra, qui pourront dissuader quiconque de toucher à l'île, sous peine de se retrouver traquer par une demi-douzaine de flottes. Surtout que nous sommes proches de Kyoshima, son fief. Il est vrai que nous sommes également à proximité de certaines îles de Teach : mais il correspond au type de forban que tu as décrit tout à l'heure. Teach, lui, n'est pas fiable. Kiyori, elle, l'est.

- Je suis d'accord pour dire que Kiyori représente un choix raisonnable. Mais nécessite-t-on de la protection d'un Empereur ?

- L'Imperiosa l'a dit elle-même : Terra ne saurait pas se défendre contre des assauts plus puissants de la part du Gouvernement Mondial. Les troubles ont secoué toute l'île, et nous avons mis du temps à y mettre un terme. Et tout ça, alors que ce n'était que le fait d'une équipe du CP9. Une équipe. En conséquence, je te laisse imaginer ce que ça ferait si la Marine débarquait demain avec la force d'un Buster Call. Il faut accepter que Terra se trouve maintenant en opposition ouverte avec Marie-Joie, et tout est envisageable à partir de là. Mieux vaut prévenir que guérir.

- C'est… Pas faux. Alors soit, va pour Kiyori. Mais Terra devra garder le contrôle de ses affaires intérieures. Je ne veux nullement voir des pirates diriger le pays depuis le palais des Cents Familles.

- Ça n'arrivera pas. Sekiza n'accepterait en aucun cas, non. Des îles sous la protection d'Empereurs et qui conservent leur souveraineté, il y en a une myriade."

Le maréchal semblait déstabilisé, presque inquiet. Ce que disait le Fantôme avait du sens. Mais voir sa patrie sous un protectorat heurtait son patriotisme de plein fouet. Il fallait faire avec : c'était soit ça, soit le risque de voir le feu des Dragons Célestes se déverser sur le royaume.

_________________
Mount's theme:
 
https://www.onepiece-requiem.net/t17682-a-mountbatten
Mountbatten
Mountbatten
Modérateur
Le Fantôme

♦ Localisation : Terra

Feuille de personnage
Dorikis: 7942
Popularité: +862
Intégrité: -590

Ven 20 Aoû 2021 - 22:33

Avant de partir, il voulait de nouveau sillonner le pays. Apercevoir les lieux qui l'avaient accompagné dans cette drôle d'aventure. Un périple qu'il avait fini par apprécier, mais qu'il n'avait pas choisi. Avant de repartir sur Delta et de débuter un vote à l'issue désormais certaine, il voulait savourer une dernière fois les délices que l'île pouvait offrir.

Il embarqua à bord d'un train à destination de Beta, la ville pionnière du nord. Son wagon de première classe était peu peuplé en ces jours de début d'automne. Ils étaient quatre : deux jeunes femmes, probablement nobles, discutaient entre elles, joyeuses. Elles se racontaient les derniers potins de leur caste. Par moments, elles éclataient de rire, non sans agacer Mount. Le dernier occupant du wagon était un homme en manteau gris qui s'était assis non loin du Marijoan. Il avait l'air d'un fonctionnaire. Froid, rigide, peu expressif. Il consultait un journal qu'il survola en silence.

Sur le chemin, le train arpenta les plaines fertiles de la région de Delta, avant de sillonner les montagnes qui entouraient le Sanctuaire. Ce monument était censé légitimer le pouvoir des Cent Familles. À dire vrai, Mountbatten l'avait trouvé plutôt fade, sans intérêt particulier, lors de son unique visite. C'était un amas de ruines, comme il en existait d'autres ailleurs. Un mur blanc se hissait devant ses hauts, et s'élevait jusqu'aux nuages brumeux qui s'effilochaient à l'approche des sommets. Il contemplait ces montagnes d'un air perdu. Elles lui rappelaient les monts du Kirov, à Vindex, où il avait combattu de longues semaines durant par temps glacial. Il y avait perdu son meilleur ami, et sa fiancée. Quelque part, il y avait perdu une part de son humanité.

Alpha s'offrit enfin aux yeux du Fantôme. La locomotive siffla plusieurs fois pour réduire la cadence de marche. Les abords déserts des montagnes laissaient place à une ville grouillante d'industrie. Les faubourgs étaient de pauvre constitution : les maisons avaient été bâties en briques rouges, avec une cheminée et deux ou trois fenêtres. Toutefois, point de bidonvilles. Les salaires étaient acceptables, le maire en avait fait une promesse électorale. On pouvait également apercevoir les quartiers plus aisés, où Mountbatten avait ses adresses. Une poignée de restaurants s'était faite une solide réputation en l'espace de quelques années. Le centre-ville était une véritable fourmilière, pleine de jeunes gens en quête de bonnes affaires et d'une bourgeoisie naissante qui avait très vite gentrifiée le cœur de la cité. Les trois autres passagers descendirent à la gare d'Alpha, laissant le Fantôme seul dans ses pérégrinations. Après un arrêt bref, le train poursuivit sa route, en direction du grand nord.

Depuis son siège, l'officier pouvait apercevoir l'immense océan. Quelques navires de pêche s'aventuraient sur les côtes. Il y avait fort à parier qu'ils allaient revendre leur poisson à Alpha, au grand marché hebdomadaire. Ici, l'air était plus rafraîchissant. Les conditions de vie étaient plus spartiates. En dehors de la pêche, les habitants vivaient de l'agriculture et du tourisme, bien qu'il fût limité avec l'accession de Sekiza au pouvoir. Mount se remémorait des quelques instants qu'il avait passés ici, à discuter avec les locaux. Ces derniers racontaient volontiers l'âge d'or du tourisme à Terra, la "grande époque". Mais cela était révolu : l'Imperiosa avait voulu consolider son pouvoir et éviter que les étrangers s'aventurent en-dehors d'Alpha et de Delta. Les commerces avaient fermé les uns après les autres, et on ne comptait plus les hôtels abandonnés sur cette côte ouest qui, fût un temps, attirait toute la bourgeoisie des îles civilisées du Nouveau Monde.

Il arriva à Beta, avec un sentiment de vide béant.

Il déambula, il erra. Une heure, puis deux, puis trois. La nuit s'abattait sur l'île. Mais tout cela n'avait plus d'importance, au fond.

L'ancien marin repensait à une foule de gens qu'il avait rencontré, ici et là. Au cours des mois qu'il avait passés sur Terra, il avait fréquenté des groupes d'intellectuels, des cercles d'artistes, des banquiers, des industriels. Même s'il mettait un point d'orgue à mettre de la distance dans ses relations, il n'avait pas pu s'empêcher de s'attacher à quelques-uns. Pourtant, il ne voulut pas les revoir. Il ne voulut plus se lier avec des gens qu'il allait quitter bientôt. En dévalant le boulevard désert qui desservait la gare, il revoyait le visage de certains. De l'épicier du bas de la rue, à qui il avait si souvent sollicité les services après une soirée bien trop arrosée avec ses collaborateurs de son entreprise d'armement. Des écrivains de la nouvelle vague, qui composaient avec fougue des textes qui brisaient les codes établis jusqu'alors. Avec l'arrivée de Sekiza, la jeunesse de Terra toute entière s'était enhardie. Une sorte de Révolution culturelle, que les esprits brillants avaient su canaliser pour faire renaître la grandeur d'un pays qui s'était auparavant imposé ses propres limites. Des limites outrageuses, tant elles avaient bridé un peuple si fulgurant d'intelligence, et qui méritait la libération d'aujourd'hui.

Oui, Mountbatten était tombé amoureux de Terra. De ses paysages, de sa culture, de ses habitants. Il se disait que dans l'infortune qui l'avait touché, il avait décelé une lumière qui éclairait ses pensées obscures.

Mais il allait devoir la quitter et la perspective du départ le rendait mélancolique. Quand reviendra-t-il, une fois tout ceci fini ? Il aimait à penser qu'il retrouverait Terra assez vite. Cependant, il n'en savait rien. Devant lui s'ouvrait un horizon d'incertitude, qui l'inquiétait.

Son attachement à l'île n'était malheureusement pas un argument suffisant pour le convaincre de rester. Il avait deux choses importantes à faire par-delà les mers. Retrouver sa liberté et défendre son honneur.

_________________
Mount's theme:
 
https://www.onepiece-requiem.net/t17682-a-mountbatten
Mountbatten
Mountbatten
Modérateur
Le Fantôme

♦ Localisation : Terra

Feuille de personnage
Dorikis: 7942
Popularité: +862
Intégrité: -590

Mar 24 Aoû 2021 - 0:04

Sa frénésie de voyage s'arrêta au bout de quatre jours. Au cinquième, il revint à Delta, décidé à affronter le vote du Conseil sur l'ultime question.

Il régnait dans la capitale une atmosphère de libération, de progrès. La tension s'était relâchée après les troubles. On pouvait voir dans tous les coins de la ville bruyante des bars remplis, des rues bondées et des commerçants ravis de voir que leur boutique engrangeait toujours plus de bénéfices. Ils aspiraient à la paix, à la douceur, à la prospérité. Pourtant, les crimes du passé n'étaient pas oubliés, loin de là. Terra se savait en sursis. L'infiltration de l'équipe du CP9 avait prouvé la vulnérabilité du royaume. L'air de détente était faussement serein. Les gardes impériaux, bien que plus décontractés aux premiers abords, conservaient en permanence l'œil sur les étrangers trop curieux, trop bruyants, ou trop discrets.

Le Conseil se retrouva, désaccordé, divisé, déchiré.

Le sujet du jour était aux bords de toutes les lèvres, et tous ne pensaient plus qu'à ça. Les dossiers se succédaient, sans qu'aucun n'éprouve un véritable intérêt. L'Imperiosa l'avait remarqué, et ne tarda pas à faire accélérer les choses. Les conseillers étaient nerveux. La plupart bougeaient plus que d'ordinaire ; Satori était irritable à souhait. Aucun ne semblait certain de l'issue du vote à venir. Aucun, sauf Mountbatten.

Lorsque Sekiza dévoila enfin le thème de la prochaine discussion, les esprits s'enflammèrent. Un bouillonnement intellectuel et une tornade d'arguments se suivirent. Il y avait les partisans de l'indépendance stricte, et ceux qui penchaient pour un Empereur ou un autre. Dash brilla par son absence des délibérations. Il ne se prononçait pas tout de suite, guettant la fin des délibérations pour exprimer son vote assassin. Le Fantôme faisait également preuve de retenue : il faisait le même exposé qu'il avait fait à Sekiza et à Flika. Bien qu'il ne parlât peu, il voguait sur le débit de ses mots avec ardeur et prestance. Ses interventions étaient remarquées et suscitaient des réactions, en compliments ou en jurons. Il avait pris goût au débat, au bon verbe, à la bonne parole qui saurait changer le cœur d'une foule. Mais au fond, ce jour-là au Conseil, tout était déjà couru d'avance. Et ses talents naissants d'orateur n'y feraient rien, si ce n'est le distraire pour une dernière fois.

Après plusieurs minutes, voire dizaines de minutes d'un débat particulièrement intense, la souveraine appela au vote du Conseil. La formalité de l'instant était presque oppressante : tous sentaient la responsabilité qui s'abattait sur leurs épaules. C'était le destin de tout un peuple, d'une nation, qui se jouait en un point précis. Peut-être que l'espace d'une seconde, ils réalisèrent le tragique de la scène. Ils étaient hommes parmi les hommes, et pourtant imposaient la direction du groupe sans plus de consultations. Il était probable que plusieurs d'entre eux conçurent leur rôle comme une évidence, de par leur ascendance et leur position sociale. Mount s'interrogeait toujours. Quels étaient les fondements du pouvoir ? De l'autorité ? Dans un monde aussi féroce que celui où ils vivaient, est-ce que la force brute dictait tout ? Est-ce qu'elle devait dicter la loi aux autres hommes ? Mais qu'importe, puisque après tout, la logique du monde était un pléonasme.

Les résultats tombaient les uns après les autres. Lushina, Mount, Flika et Enfield s'étaient prononcés en faveur d'un rattachement à Kiyori. Dash avait également rajouté sa voix au dernier moment pour la Déesse Enfant. Satori et Antonov restaient fidèles à leurs convictions, et s'étaient positionnés pour une indépendance totale. Personne n'avait plaidé en faveur d'un autre Empereur. Sekiza réfléchissait.

Elle restait muette, pendant de longues secondes durant. Les regards des conseillers se braquèrent sur elle. La souveraine était pensive. Nul n'aurait pu prédire les cheminements de sa pensée à ce moment-là. Si la décision prise par le Conseil avait été approuvée intérieurement par la reine, pourquoi prenait-elle tout ce temps à faire son choix ? Ce n'était pas net.

"- Le vote du Conseil sera respecté. Terra se placera sous la protection de l'Impératrice Pirate Kiyori." Prononça-t-elle, d'un ton qui respirait l'amertume.

----

Le vote du Conseil avait semblé plutôt clair, mais le ressenti des conseillers était plus nuancé. Il y avait un sentiment de victoire à demi-mot. Peut-être que Sekiza avait cru, en prenant cette décision, ouvrir une boite de Pandore. Subordonner son royaume à l'autorité de forbans sans foi ni loi, à des malfrats qu'on ne peut pas croire. Elle ne dévoilât rien, même pas à son mari. En privé, elle éludait ce sujet.

Lushina avait dit "s'occuper" de faire venir quelqu'un qui représenterait l'autorité de Kiyori. Quelqu'un de puissant, sans qu'elle le nomme. Elle cultivait le secret, comme elle savait si bien le faire.

_________________
Mount's theme:
 
https://www.onepiece-requiem.net/t17682-a-mountbatten
PNJ Requiem
PNJ Requiem


Feuille de personnage
Dorikis: XxXxX
Popularité: +/-XxX
Intégrité: +/-XxX

Lun 13 Sep 2021 - 11:03


-Les voila monsieur. Ils arrivent...

Tu finis de gravir les marches pour arriver à hauteur du soldat au moment ou il désigne la mer en face de lui d'un vague geste de la tête. Une indication un peu vaine au vu de l'endroit; le plus élevé des postes de guet de la capitale de Terra, dont les créneaux sont les dentelles de la couronne d'une des gigantesques paire de statues qui encadre l'entrée fortifiée du port, et de ce qu'il y a voir en en mer face au royaume; une flotte, une flotte immense...

Déployée en une impressionnante parade, une centaine de navires s'étale entre la ville et l'horizon. Une flotte disparate, bariolée, écrasante, des navires de toutes tailles et de toutes origines dont le seul point commun, le seul lien ineffable et puissant est le visage à la fois beau, doux et cruel qui s'étale sur toutes les voiles gonflées face à vous, celui de la déesse enfant Kiyori, divinité vivante, impératrice pirate, maitresse du Nouveau Monde, et seule créature à même de fédérer ensemble une telle disparité pour la mener vers un but commun.

A tes cotés les gardes se taisent, inquiets, tendus, hésitants... Depuis le conseil le bruit s'est évidemment répandu, la rumeur a traversé les rues plus vite qu'un coup de den den, Terra pliait le genou devant l'impératrice, le conseil et sa dirigeante acceptait une tutelle, abandonnait l'indépendance ancestrale pour intégrer un empire de pirates et de criminels, rien ne serait plus avant... Mais si l'entendre et en accepter l'idée est une chose, si les bruits de couloirs n'avaient finalement pas causé les troubles attendus tant les habitants de Terra restaient dévoués et confiants en leur dirigeante, faire face à la flotte venue s'installer ici comme en terrain conquis en est une autre.

-Il va falloir les laisser rentrer ?
-Le conseil l'a voté non ?
-Ouais. Et j'espère qu'ils se sont pas trompés sur ce coup la. Parce que ceux la on aura du mal à les chasser...

L'officier en charge de la tour de guet se tourne vers toi, saluant un peu tard mais de façon impeccable avant de te livrer les éléments pour lesquels tu es monté ici.

-Monsieur, nos navires de patrouille se sont repliés mais la flotte qui arrive n'a eu aucun geste agressif. Ils sont visiblement en train de se préparer à mettre en panne au large, sauf ce qui doit être le navire amiral qui devrait atteindre le port dans une heure, il porte le drapeau de la commandante Shota. La première des commandantes de Kiyori. Quels sont vos ordres ?
Contenu sponsorisé



Page 1 sur 1