AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  OPR AnnexeOPR Annexe  ConnexionConnexion  

-42%
Le deal à ne pas rater :
NVIDIA Passerelle multimédia SHIELD TV 2019
124.99 € 215.36 €
Voir le deal

Béat bah du ninja

Oboro Ashikaga
Oboro Ashikaga


Feuille de personnage
Dorikis: 800
Popularité: 0
Intégrité: 0

Mer 1 Sep 2021 - 19:55

-Cet endroit est in-croix-yable. Vraiment. J'adoooore ♪ ♫

Elle appréciait la visite, pour sûr. Comme une gamine pour qui c’était Noël avant l’heure et qui était en visite de son parc d’attraction préféré. Un arbre gargantuesque, qui surplombait les trois quarts de l’île. Presque dix mille habitants, ça faisait quand même une belle ville centrée autour du vénérable totem centenaire d’Ohara. Et en l’absence de cultures significatives et d’installations portuaires pour témoigner d’une pêche ou d’un commerce important, Oboro était ravie de constater qu’une petite société comme celle-ci pouvait se reposer sur la connaissance et sa transmission pour gagner de quoi vivre confortablement. Il y avait des touristes, mais il y avait surtout une énorme masse de gens de passage venus tout spécialement pour consulter la bibliothèque. Elle ne se souciait pas du tout de ce genre de choses en temps normal, mais cela ne faisait qu’illustrer à quel point cette visite avait agréablement surpris la jeune femme. Elle aimait cet endroit.

D’autant plus que pour satisfaire aux besoins de ces nombreux voyageurs qui devaient rester sur l’île le temps de quelques jours ou souvent davantage, un grand nombre de commerces dédiés à leur hébergement et leur restauration avait fleuri sur l’île. Et il y en avait pour tous les goûts et toutes les bourses, la qualité dénouant souvent celles de qui avait les moyens. Or, en cet instant très précis, Oboro avait faim, ce qui la rendait particulièrement vulnérable aux parfums alléchants qui dardaient de toutes parts pour faire de la clientèle. Elle se sentait complètement perdue, cruellement troublée par des pâtisseries d’Ali Fustat qu’elle affectionnait particulièrement (des doses mortellement concentrées de miel et d’amandes et de pistaches et de sucre, capables de terrasser un diabétique en une bouchée) et qui détourna son attention le temps d’une bonne vingtaine de secondes. Juste avant, elle lorgnait sur une autre terrasse aux plats trop raffinés pour ses finances et ses habitudes, mais qui proposait comme desserts des assortiments de mignardises aux fruits rouges à l’allure extrêmement séduisante.

-On t’a pas dit que tu devais réduire ton train de vie toi ?
-Rhooo, c’est pas parce qu’un sanglé du cul aux balloches trop chargées est venu me faire des leçons de morale que tu vas t’y mettre aussi cocotte. Ces vieux sages en carton qui veulent te balancer de grands principes moraux alors qu’ils avaient pour réput’ d’aller aux jeux et aux putes quinze ans plus tôt c’est gentil mais franchement abusé.
-Et comment ça se fait que tu te retrouves quasiment dans le rouge du coup ?
-J’ai accompli ma mission divine de petite sœur modèle qui fait des cadeaux de mariage ambitieux à son grand boulet de frère et à l’incarnation de pitié et de dévotion qui a bien voulu de lui. Cette fille est un ange. Sauf que j’ai foiré une mission et que du coup pas de paiement et que je l’ai dans l’os.
-La joie des professions libérales, hein ?
-Baaah… ça fait mal au cul mais c’est justice, j’avais qu’à pas me vautrer. Tu m’invites du coup ?
-C’est mort très chère ♡.
-Ouais bah ton Balgrid aussi il sera mort si j’suis pas au meilleur de moi-même ♡.
-Ca sera pour ta conscience, tant pis.


Meifang avait pour principe, et elle n’était pas la seule, de ne jamais négocier avec des terroristes. Même quand celle-ci était une amie de longue date sur qui elle avait toujours pu compter. Qu’il s’agisse de lui servir d’épaule (quoi qu’un peu trop surélevée) sur laquelle pleurer à l’heure de ses premiers chagrins d’amour ou de lui tenir patiemment (enfin, en lui pestant dessus en rafales) les cheveux au terme de festivités trop prolongées au goût de ses intestins, sa comparse ne lui avait jamais fait défaut. Aucune dispute, aucune contrariété n’avait jamais contredit ce fait, et pourtant dieu sait qu’il y en avait eu.

D’un autre côté, c’est vrai que ces choux à la crème de noisette nappés de chocolat fondant et de coulis de cerise parsemé de petits éclats d’amandes caramélisés et de cannelle en poudre avaient l’air terriblement…

-Le chef vient de Shishoku en plus, ça doit être une tuerie, glissa Oboro en regardant la carte, des pépites dans les yeux et de la bave aux lèvres.
-L’île qui se mange ?
-Et où les diplomates en visite se font corrompre à grand coups de festins somptueux. Parait que c’est plus redoutable que n’importe quelle came et qu’un business de contrebande menace la pérennité des littoraux du coin. Ils embarquent tout le sable qui a un goût de sucre et ça pourrit le reste.
-T’imagines, une île où absolument tout le décor est comestible ?
-Bonjour l’hygiène quand même. Manger un truc où tout le monde marche dessus… genre l’île viande ils bouffent tout cru ? Et les maladies, les bactéries et les saloperies du répertoire, osef et quartier libre ? Y’a que la viande de bœuf qu’on peut manger bleue parce que les bébêtes ne se trouvent qu’en surface, tout le reste faut cuire à cœur sinon bonjour la chiasse.
-Ou alors si ça se trouve l’île est faîte entièrement en viande… cuite. Ou bien ils la cuisent après l’avoir prélevée. Ca serait plus logique.
-Ouais mais même… ça doit faire bien dégueu de marcher sur une île où le sol est une viande saignante qui gicle quand tu appuies dessus. Y’a des films d’horreur ou des représentations de l’enfer dans ce genre ? Un nanar qui serait tourné là-bas avec ce genre de décor ça serait tellement fou…
-Je crois que ça mérite une enquête. En tout cas, je suis curieuse. Bravo, tu as encore réussi à me lancer pour creuser sur des anecdotes inutiles. Je regarderai dans la bibliothèque, tiens. Je suis sûre que Billy aura quelque chose là-dessus.

Billy, c’était… le garçon qu’elles devaient retrouver d’ici quelques minutes. C’était aussi quelqu’un dont son amie lui avait beaucoup parlé et qu’elle était curieuse d’observer en action. Parce que, elle l’avait bien noté, Mei’ lui en avait beaucoup parlé. Et qu’Oboro était absolument disposée à fourrer son nez dans ce genre d’affaires pour le simple plaisir de satisfaire sa curiosité et d’obtenir des billes pour taquiner lourdement son amie. Elle voulait aussi se faire une idée du gaillard en question, évidemment. Pour aussi perspicace et intelligente que puisse être Meifang, il y avait des sujets sur lesquels tous ses neurones prenaient la clé des champs et où elle se retrouvait amourachée de blaireaux possessifs et bardés de dettes qui ne trouvaient rien de mieux à faire que de squatter chez elle pour ingurgiter des quantités astronomiques de bière tout en devisant des plans à la limite de la légalité pour se refaire une fortune. L’argent facile, comme si ça existait.

Le problème était quand ça marchait vraiment et que lesdits loustics désormais contrebandiers ou dealer en puissance se faisaient subitement rouler dessus (littéralement, et jusqu’à ce que mort s’ensuive) par une mafia déjà bien établie qui n’était pas très portée sur les principes de libre marché et de saine concurrence.

Alors bon, un mystérieux révolutionnaire au service du dragon de Freeman et qui servait d’archiviste à bons tuyaux pour les sbires de l’énigmatique Raven, ça puait la mort à plein nez.

Tout ça indépendamment du fait que Mei elle-même était dorénavant complètement enlisée dans la révolution, participant aux travaux de la section développement sous couvert d’être une simple botaniste et agronome indépendante. De toute manière, tout individu en provenance de Kanokuni était hautement suspect aux yeux de la marine depuis que le pays avait fait sécession, et le simple fait d’avoir les yeux bridés était maintenant un motif de suspicion particulièrement éloquent devant ses militaires. Kanokuni, Wanokuni… en bon mélange des deux, Oboro faisait une candidate idéale de contrôle au faciès.

Et ils avaient raison.

La marine s’était récemment illustrée en enlevant la principale figure des révolutionnaires qui pullulaient paisiblement sur Ohara, et Oboro n’était là que pour aller fouiner au cœur d’un de leurs navires qui avait de bonnes chances de détenir des informations sur le sort qu’on lui avait réservé. La mouette l’avait à priori destiné à l’échafaud comme tant d’autres actuellement, mais on avait l’espoir de pouvoir le libérer avant même qu’un convoi ne l’emmène sur son lieu d’exécution. A une condition : qu’on sache où il était détenu actuellement.

Et pour ça, avoir une ninja expérimentée sous le coude ne pouvait que faire du bien. Elle n’avait que quelques années de vol sous le coude, mais c’était tout à fait dans son répertoire.

Il y avait évidemment des agents révolutionnaires capables de faire ce genre de choses, mais personne n’avait répondu à l’urgence jusque-là. Une belle bande de baltringues complètement éclatées, avait déclaré la Kanokunienne en apprenant par la suite les faits d’armes et l’implication de Balgrid pour leur propre camp. Laisser ce gars crever, ça avait l’air débile et complètement dégueulasse. Les risques du métier, diraient certains. Pas une priorité, elle traduisait comme ça.

Et pas qu’elle : Meifang et Wangyi l’avaient missionnée pour s’en charger, le contexte lui semblait abordable, elle avait dit okay. Et c’est ainsi que les deux jeunes femmes avaient pris la première caravane jusqu’à Jing, puis le premier navire jusqu’à Ohara.

-J’aurais dû demander un acompte, râla Oboro de bonne humeur. Ou même négocier le cachet avant de dire quoi que ce soit.
-Euh… on te traitera très bien une fois tout ça fini.
-Oh les promesses je sais ce que ça vaut hein. Les révos ont réputation de dormir sous les ponts et de se rassembler dans des squats tout cradas et humides pour dormir à l’abri, alors j’imagine très bien la tronche du paiement que je vais recevoir. « Gn’einhinhin, tiens, la gratitude éternelle du mouvement et… bah c’est tout, huhuhu hinhin chuis un mongoloïde sous-alimenté de la révolution parce qu’on m’paie pas assez ~~ ».
-Pffff.

Il y en avait qui voulaient qu’elle rejoigne les rangs des gris, alors qu’ils n’étaient même pas capables de gérer leurs affaires comme des grands. Il fallait que quelqu’un les aide à se torcher les fesses. Et ça avait foutu le bordel sur Kanokuni pour essayer de prendre le pouvoir. Et ç’a failli marcher.

Putain, quoi.
https://www.onepiece-requiem.net/t23324-obohttps://www.onepiece-requiem.net/t23354-obourinne
Oboro Ashikaga
Oboro Ashikaga


Feuille de personnage
Dorikis: 800
Popularité: 0
Intégrité: 0

Dim 5 Sep 2021 - 9:54

Le problème, c’est que Billy n’est jamais venu les chercher. A sa place, il y avait un homme assez âgé, pas bien grand, fort d’une calvitie assumée et d’une moustache qui se fondait dans ses favoris avec un naturel qui attestait d’un entretien de longue date, et particulièrement soigneux. Barbe façon Souvorov, diraient les spécialistes. Elle lui donnait un air de vieil école classe et vénérable, appuyé par sa toge généreuse et sa paire de sandales qui révélait de gros orteils boudinés et quelque peu velus. Une apparence qui aurait pu le rendre affable s’il n’avait pas vissé pour visage une mine de zombi mal réveillé qui ne demandait qu’à dépecer le malheureux curieux venait troubler son sommeil.

L’homme avait l’air fatigué, pour faire simple. Fatigué de la vie, pour être plus précis. Pas démoralisé, mais dévitalisé. Mei l’avait reconnu et s’était approchée avec enthousiasme pour le saluer, et lui n’avait réagi qu’avec le minimum syndical qu’il fallait pour ne pas être malpoli. Les sourires coutaient cher, et pour rien au monde il n’aurait visiblement risqué de se froisser un zygomatique.

Mais pas grave, l’autre jeune femme se chargeait d’être assez expressive pour eux deux.

-Billy ?, s’étonna le petit vieux. Mais Billy n’est pas là, il a été embarqué lui aussi.
-Quooooooi !?

La Kanokunienne s’arrêta un instant, comme figée dans ses pensées autant que dans ses gestes. Puis elle fronça les sourcils en fouillant dans sa sacoche. Au fond de son sac, dans un compartiment secret accessible uniquement quand on longeait une paroi du bout des doigts pour arriver dans un coin de tissu et accrocher une cordelette qui permettait de dégager une poche minuscule. Et de ça, elle tira un bout de papier plié en seize, un exemplaire de la missive qui circulait ça et là dans les rangs des révos de West Blue.

Le truc que j’ai pas bien lu au début quand j'ai commencé ça a écrit:
Nos services ont rapporté la capture de Billy Jones et de Balgrid, en Nouvelle Ohara. Nous avons identifié le convoi de Jones, mais Balgrid demeure introuvable.

Elle ne comprenait pas. C’était pourtant écrit. Son cerveau avait été tellement focalisé sur le sort de Balgrid, qui était le seul concerné par la demande de secours, qu’il n’avait pas vu le reste. Pas enregistré le reste. Mais maintenant, ça la frappa comme un grand coup de batte de métal asséné en pleine tronche. Et elle sentit son nez s’enfoncer dans son crâne, et ses dents exploser sous le choc.

-AH PUTAIN. J’avais rien compris du tout. Oh mon dieu mon dieu mon dieu. J’ai cru que c’était juste Balgrid qui avait été pris et que… merde putain j’ai mal lu. Je suis vraiment trop conne. Je suis… Billy aussi ? Mais c’est une blague, il est incapable de faire du mal à qui que ce soit, qu’est-ce qu’ils ont à le prendre ? Ca n’est même pas comme s’il avait un grand passé ou un passif ou… Balgrid est un héros et est extrêmement fort et est un excellent précepteur, et il a une présence…

« Une présence », releva le petit vieux. Drôle de façon de dire qu’il mesure plus de trois mètres cinquante et doit peser pas loin d’un taureau adulte, c’est-à-dire une bonne tonne si ce n’est davantage, en plus d’être aussi fort qu’un de ces animaux. Il n’en montra rien sous son air impassible, mais c’est bien là le genre d’euphémismes ironiques qui l’amusaient beaucoup.

-… mais Billy quoi ! A part rendre service, il ne fait rien du tout !
-A part peut-être connaître la multitude de secrets qui ont transité par Ohara, être l’homme qui supervise la transmission de l’intégralité de nos informations aux antennes et aux hautes strates de la révolution, et d’être strictement incapable d’oublier la moindre chose qu’il a vu dans sa vie. Drôle d’idée pour le GM de l’avoir dans son collimateur, appuya le local en parfait pince-sans-rire.
-C’est un surdoué ?, demanda Oboro.
-Mémoire eidétique, précisa l’homme.
-Ah, connais pas, je regarderai. Question bis, Mei en pince pour lui ?
-Nan, le pauvre aurait probablement voulu tenter sa chance mais c’est pas un grand carnivore de base et il s’y est suffisamment pris comme un manche à balais pour être considéré comme le gentil bonhomme qu’il fait bon de revoir.
-Ah, la ptitfrérisation, fléau des quinze-trente ans et cause numéro une des dramas amicaux.

-De quoi est-ce que vous parlez ?, questionna la concernée devant cette messe basse inattendue.
-Rieeeeen du tooouuut, t’inquiètes pas ♪.

Ils ne se connaissaient pas encore, mais la grande pimbêche médisante coiffée comme une barbie et le joufflu désabusé à la bedaine généreuse se jaugeaient favorablement l’un l’autre. Leurs principaux défauts respectifs étaient évidents, mais ils ne faisaient pas obstruction à ça – ou pas encore, du moins. Elle respectait ses ainés, il appréciait l’attention.

-Oboro, enchantée.
-Philest.
-Olah. Attendez. Philest… Etchelippe ? Toutes mes excuses par avance si je charchute sec niveau prononciation.
-C’est bien moi. Et-che-lip-pe.
-Oh bah c’est incroyable, j’ai un cadeau pour vous de la part de Chang-Liang Wangyi, il espère que vous vous souviendrez de lui et que ça vous fera plaisir.

Une bouteille de vin de Kanokuni. Et du bon. Trois autres soigneusement calées attendaient dans l’énorme sac de toile qu’Oboro portait sur son dos pour transporter ses affaires. L’homme eut l’air vaguement surpris sans réagir plus que ça, mais il apprécia le breuvage du regard avec un air satisfait et sembla comme s’adoucir.

-Comme quoi, les surprises de la vie se font de plus en plus rares, mais elles existent encore, même les bonnes. Wangyi. Je ne m’attendais pas à avoir de ses nouvelles après… je ne sais même pas si je parle de trois ou quatre ou cinq ans. Comment se porte-t-il ?
-Il va très bien. Il s’excuse de ne pas avoir trouvé le temps d’entretenir une correspondance avec vous, et il précise qu’il s’est immédiatement repris en corrigeant qu’on ne trouve jamais le temps, on le prend pour faire les choses. Ce qui double ses excuses. Il garde un excellent souvenir de vos échanges et de toutes les… « inepties que vous avez pu deviser ensemble ».
-Oh, ça me fait plaisir. Vous pouvez considérer qu’il n’y avait pas de mal… et que le mal est réparé. Une touchante attention. Vous êtes… ?
-Oh, je travaille pour lui. Ou plutôt avec lui. Il continue ses recherches, je l’aide, parfois pour faire ses corvées, parfois pour l’avancer, c’est généralement agréable et j’aime beaucoup ses sujets.
-C’est aussi la ninja qui va s’occuper de récupérer toutes les informations qu’il faut pour sauver Balgrid et Billy, rajouta Mei avec un ton assez énervé pour couper court à leur conversation.
-Euh, ça, je vous propose qu’on en parle ailleurs, coupa Philest. Pas en pleine rue. Suivez-moi, je vous amène là où il faut pour qu’on vous expose ça correctement. Vous avez fait longue route, vous voudriez peut-être manger quelque chose ?
-Je préfèrerais d’abord…
-Avec plaisir, repris Oboro.

Ne jamais refuser une invitation quand celle-ci était empreinte de bonne volonté. Enfin, si, elle pouvait, mais ce n’était pas correct. Encore moins quand l’invitation venait d’un vieil homme au cuir tanné par la vie et que son air bougon et blasé par les évènements ne demandait qu’à être défrisé au contact de la jeunesse. Et tant pis si elle prenait trop de liberté avec la réalité pour y imposer un idéal candide : elle voulait essayer.

-J’ai quelques marinades qui attendent bien au frais. Ca ou alors… de la blanquette, du bourguignon ou du mijoté de canard. Vous prendrez de la soupe, peut-être ?
-Avec plaisir.
-J’en ai pour tous les goûts, j’ai beaucoup de monde à nourrir ici. Et je fais beaucoup de stocks.
-Céleri-lardons ?
-Obo’ t’abuses.
-J’en ai en quantité industrielle. Mais faîte maison.
-Parfait elle prendra ça elle adore mais elle osait pas demander. Et... au potiron ?
-Avec carottes, champignons et châtaignes, si tu aimes ça.
-Vous êtes absolument prodigieux.
https://www.onepiece-requiem.net/t23324-obohttps://www.onepiece-requiem.net/t23354-obourinne
Oboro Ashikaga
Oboro Ashikaga


Feuille de personnage
Dorikis: 800
Popularité: 0
Intégrité: 0

Sam 11 Sep 2021 - 16:09

« Les révolutionnaires, ça se réunit dans des sous-sols froids et humides assez glauques et ça se remonte le moral comme ça peut à grands coups de gnôle et de chants partisans. »

Eh bien, oui et non.

Leur situation était telle que même sur Ohara, dont l’allégeance était un secret de polichinelle qui ne faisait de doute pour personne, on évite généralement de s’exposer en plein jour pour parler des affaires. Trop dangereux, en particulier quand un navire de la marine est de passage sur l’île et que sa présence n’est que là pour faire suite à une rafle récente sur les révolutionnaires du coin. De même, l’arbre-temple-bibliothèque qui trônait au centre de l’île ne servait que rarement de lieu pour ce genre de réunions : ç’aurait été trop facile de s’y faire pincer et d’entraîner l’intégralité d’Ohara dans sa chute vu l’importance du lieu. Par contre, la ville environnante et les quelques hameaux qui existaient çà et là étaient tout à fait indiqués pour héberger des rassemblements illégaux, parfois pour plusieurs centaines de personnes si nécessaire.

En l’occurrence, c’est un assez grand comité qui était là pour accueillir les deux jeunes femmes, compte tenu de l’importance du sujet : Balgrid était un des hommes les plus importants de l’île, et c’était un statut qui se vérifiait encore, pour la révolution, à l’échelle de West Blue tout entière. Un symbole et un héritage à lui seul, pour ses combats passés et son implication dans les affaires à ce jour, plus discrète mais pas moins importante.

D’où la bonne trentaine de personnes qui s’étaient succédées pour accueillir les deux jeunes femmes. En même pas quinze minutes, Oboro s’était déjà fait expliquer où elle pourrait manger, dormir, se reposer et emprunter tout le matériel dont elle pourrait avoir besoin pour accomplir sa basse besogne. Elle pourrait se restaurer au même titre que tous ceux qui travaillaient pour les gris sous couvert d’activités diverses, en profitant des bons petits plats de Philest qui, s’il se contentait de ne faire que de la cuisine à l’avance en préparant d’énormes quantités de plats extrêmement faciles à conserver au frais, restait toutefois un excellent cuisinier dont les préparations s’avéraient tout à fait appréciées. Même son linge, on lui avait proposer de s’en charger pour elle. Ils étaient adorables, ici. Les révos d’Ohara, elle les appréciait déjà, et comprenait tout à fait pourquoi son amie revenait très régulièrement sur cette île.

Et maintenant, elle se tenait attablée dans un grenier confortablement aménagé en salon habitable avec à sa droite, dans un coin de table, un bon bol de soupe et une cuisse de canard ornée d’agrumes caramélisés, et sur sa gauche, une grande carte d’Ohara qui occupait quasiment toute la place. Dessus, les locaux avaient placé quelques petites figurines, une pastille rouge représentant la confortable maison dans laquelle elles se retrouvaient actuellement, un petit navire en bois pour marquer les modestes quais où mouillait le navire de la marine, des soldats de plomb indiquant les quelques lieux, auberges, tavernes et terrains libres où les marines étaient les plus susceptibles de se rendre sur leurs repos, avec quelques épingles dressées en plus pour marquer d’autres points de repère d’Ohara. Le port où elles avaient débarqué, la bibliothèque centrale, là où elles dormiraient…

Mais plus que tout, elle pouvait poser toutes les questions qu’elle voulait. Pour qu’elle puisse y arriver, on voulait lui donner toutes les clés nécessaires.

-Leur navire, qu’est-ce que c’est comme format ? Ca fait combien de marines ?
-C’est un cuirassé avec trois cent cinquante soldats d’élite armés jusqu’aux dents et accompagnés de chiens pisteurs pour traquer les espions. Avec des requins dressés pour chasser les hommes-grenouilles qui voudraient s’infiltrer depuis la mer. On a voulu essayer, on a perdu trois membres de la cause dans l’opération. On est grave dans la merde, mademoiselle. C’est pour ça qu’on a besoin de votre aide. Ils ont un commandant d’élite à leur bord, c’est des militaires rattachés au Major.
-Putain de bordel de... vous êtes sérieux ?
-Non, je plaisante. C’est un petit patrouilleur sans grande prétention. Une soixantaine de soldats faiblement dotés, je ne pense pas que tous les marins soient armés. La plupart de ceux qui le sont ont des sabres, par contre. Et ils savent s’en servir.
-Qu’est-ce que ça veut dire ?
-Eh bien, Balgrid s’est laissé emmener sans chercher à résister… d’autres ne se sont pas laissés faire. Ils ont été emportés de force sans qu’on ait à les abattre, et ça s’est fait assez proprement pour que je puisse dire que ces gars savent ce qu’ils font.
-‘Kay. Ils ont des pétoires aussi ?
-Un soldat sur trois à vue de nez.
-Un sur cinq, précisa un autre homme à l’apparence bien plus éprouvée par les échauffourées.
-Rhooo, j’adore qu’on me tire dessus, ma psychose préférée. Avec les explosions. Ils ont des membres notables avec des trucs vraiment dégueulasses genre fruit du démon ou putasseries du style ? Leur gradé a quel poste ?
-C’est un lieutenant. Ou une lieutenante, c’est assez dur à dire.
-Euh… hermaphrodite, transexuel ?
-Androgyne non-cis abrosexuel demi-non-binaire. Je crois qu’il a dit ça ?
-Donc c’est hardcore LGBTEFGHIJKL, okay.
Enfin, lieutenant ça reste dans le domaine du taclable, il me fera pas faire de cauchemars normalement. Ils ont des heures particulières où ils sont plus faciles à approcher que d’autres, les marines ? Quand ils se ravitaillent, ils envoient des gugusses en ville ? Ou bien des gens ont le droit d’aller les voir pour leur apporter leurs trucs ?
-Ils envoient quelques hommes pour passer commande en ville, les locaux se chargent de leur apporter leurs ravitaillements. Il s’agit surtout d’eau et de nourriture, pour le reste ils sont bien dotés.
-Ils commandent beaucoup de bière également, compléta Philest en aparté. J’ai cru comprendre que leur hiérarchie au quartier général de West Blue n’était pas très généreux sur ce point avec eux, et qu’ils en sont particulièrement attristés. Alors ils se ratrappent.
-M’okay… y’a ptêtre moyen que je fasse partie des livreurs alors. Ils voont se poser en ville ?
-Assez souvent, mais jamais par grosses bandes. Cinq ou huit au maximum. Ils ont quand même un planning de patrouille et de protection de leur navire qui tient la route. Du standard de la marine, pas vraiment de faille qui n’ait pas déjà été éprouvée et comblée.
-Je réfléchis… l’idée c’est de s’infiltrer dans leur bateau pour récupérer des documents ou des informations sur Balgrid. Ca pourrait être des ordres de mission, des comptes rendus ou des informations orales… mais faut que ça soit fiable et pas de l’intox.
-Comment peut-on savoir qu’ils ont des infos sur Balgrid, s’enquit une autre femme sensiblement plus âgée. Est-ce que c’est le même navire que celui qui l’a embarqué, d’abord ? Ce n’est pas possible, il serait encore dedans sinon.
-La cabine du capitaine serait un poste de choix, sinon… le coin des communications Denden, sûrement ?
-On a un expert en communications de passage sur Ohara nous ?, demanda un autre garçon d’allure aventureuse.
-J’y connais rien, précisa la Kanokunienne. Mais je déteste comment ça bave partout.
-Y’a pas des types de Denden spéciaux qui pourraient nous aider ? J’ai entendu parler de brouilleurs, de certains qui permettaient d’écouter les conversations des autres, y’en aurait peut-être qui permettent de… récupérer des informations passées ?
-Faudrait un Denden télépathe pour chercher des mots clés dans les mémoires des autres Denden, tiens, s’amusa Oboro. Passez-le à coté d’un Denden de la marine et obtenez tous ses secrets pour la modique somme de deux millions de berries quatre-vingt-dix-neuf seulement. Vous proposerez ça au développement tiens, ils seront ravis d’avoir une autre demande impossible. Défier la réalité, y’a que ça de vrai, hein ?

Il faudrait qu’elle fasse du repérage à l’avance… mais elle savait déjà qu’elle pourrait emprunter des jumelles ou une longue vue et se faire permettre l’accès à des habitations assez proches du navire de la marine. Par prudence, par confort et par efficacité, elle ne supportait pas d’avoir à agir en aveugle. Ses intrusions, elle les voyait comme des chorégraphies ou des séquençages d’obstacles à exécuter parfaitement, et le moindre impair était tout simplement inacceptable, trop dangereux. On lui avait répété d’innombrables fois qu’aucun plan ne survivait à l’épreuve du terrain, et qu’à trop planifier, elle ne faisait que perdre du temps, et engourdir sa réactivité à ne se focaliser que sur ce qu’elle attendait.

Mais pour elle, il suffisait de prévoir plus, d’anticiper davantage, d’encore mieux se préparer, et de faire en sorte que quand les merdes apparaissaient quand même, on ait fait ce qu’il faut pour ne pas se prendre une avalanche de puteries en pleine poire et finir noyée dessous. Isoler les ennuis. Les traiter un à un. Pas un travail d’artiste. Un travail de pro, net, carré, minuté et précis.

-Ca fait longtemps que je n’ai pas fait de descente dans un navire de la marine, aussi. Juste pour me rafraîchir la mémoire, est-ce que vous auriez un plan de leurs patrouilleurs ?
-Comment ça, un plan ?
-C’est du standardisé pour production en série, y’a forcément des plans, et y’a forcément des plans qui circulent depuis le temps. Ou alors c’est des branques totales et je les surestime grave.
-On doit pouvoir trouver ça quelque part. On est sur Ohara, après tout. On aura forcément un livre ou une encyclopédie qui parle de la conception des navires de la mouette.
-Après, si quelqu’un se sent suffisamment à l’aise avec le sujet et les dimensions, il peut me faire un dessin sinon. Par contre faut pas se tromper sinon je vais mourir et ça va m’énerver.
-Je vais voir ce que je peux vous trouver...
https://www.onepiece-requiem.net/t23324-obohttps://www.onepiece-requiem.net/t23354-obourinne
Oboro Ashikaga
Oboro Ashikaga


Feuille de personnage
Dorikis: 800
Popularité: 0
Intégrité: 0

Dim 12 Sep 2021 - 14:02

-Bonjouuuuur ♫ ! C’est pour une livraison. A qui est-ce que je montre ça ?

Il s’appelait Pierre, ou Piotr pour les intimes, et n’était globalement qu’un bon gars parmi une infinité d’autres qui était apprécié parce qu’il rendait service à beaucoup de monde sur l’île. On pouvait dire de lui qu’il était coursier, et c’était en partie parce qu’il disposait de deux des meilleures bêtes de trait de toute Ohara : Canaille et Cabotin, deux corgis géants qui faisaient à peu près la taille d’un lion chacun tout en n’étant que d’énormes boules d’amour et de joie qui gratifiaient quiconque croisait leur regard d’un énorme sourire béat. Ils avaient un pouvoir incroyable, celui de faire fondre instantanément n’importe qui en leur communiquant leur bonheur contagieux. Mais ça, c’était autant dû à leur candeur naturelle qu’à l’amour que leur avait transmis leur maître depuis qu’ils étaient tous petits.

Pierre, donc, était un jeune gaillard solidement bâtit, la main sur le cœur et au crâne bien rempli. Un peu paresseux sur les bords, ou du moins trop attaché à sa liberté et au loisir de disposer de son temps à sa guise pour pouvoir suivre la discipline d’une profession artisane. Sur Ohara, il pouvait vivre paisiblement en rendant service ici-là et en se rendant utile. Pour rien au monde il ne se serait impliqué dans les affaires militantes des révolutionnaires, même si sur le papier, leurs idéaux résonnaient parfaitement avec la façon dont il conduisait la barque de son existence. Pourtant, il ne divergerait pas de son long fleuve tranquille.

Après, ça ne l’empêchait pas de rendre service, évidemment.

-Faîtes voir ?, demanda l’un des quatre soldats présents sur le coin de quai occupé par la marine.
-Un genre de bon de commande, l’adjudant nous a dit de le présenter quand on apporterait la cargaison, précisa le jeune homme en tapant du pied sur les six barriques qu’il transportait dans sa charrette.
-C’est la bière ?
-Ouais. Faudra que je ramène l’autre moitié du règlement, par contre, je comprends que vous payez tout de suite ?
-Je vais chercher l’adjudant.
-Ok. On peut commencer à décharger ?
-Juste un, il voudra d’abord vérifier la marchandise.
-Aucun souci, leur répondit-il avant de se tourner vers la jeune femme qui voyageait à l’arrière. Est-ce que tu pourrais ?
-Ouais, pas de souci. Si un grand gaillard veut bien m’aider par contre, par qu’ils font cent litres chacun…

Une salopette de toile bleue, un tablier de cuir brun assez fin pour ne pas l’incommoder, et un grand chapeau de paille tressée, orné de rubans verts et jaunes aux motifs printaniers pour la rendre plus avenante, c’était Oboro à sa gauche qui s’affairait à déplacer une barrique sur le bord de la charrette. Elle fut rapidement rejointe par une autre femme, une pionne de la mouette pas bien grande aux galons de caporale qui passa devant l’un des chiens et croisa son regard…

Non mais ce regard fait de tendresse étincelante, cette langue qui pendouillait affectueusement, cette expression de bonheur absolue le tout servi par un tel chien-saucisse au pelage si invitant…

L’animal couina en lui tendant la truffe, et elle céda instantanément à la tentation pour lui tendre la main, le laisser la humer quelques instants avant de se voir invitée à lui prendre le museau dans les bras pour le couvrir de caresses et de gratouilles.

-Non mais ils sont fabuleux, j’en ai jamais vu des comme ça ! Ils s’appellent comment ?

Une séance démonstrative que les animaux adoraient et qu’ils provoquaient le plus innocemment du monde sans même pouvoir concevoir que leurs merveilleuses petites bouilles puissent être une quelconque forme de manipulation. Même Pierre avait toutes les peines du monde à leur résister au quotidien. Combien de fois il avait été en retard parce qu’il s’était laissé prendre à leur jeu…

-Derrière les oreilles et les flancs, c’est là qu’ils préfèrent, précisa Piotr en mettant pied à terre pour donner l’exemple.
-Oooow, regardez-les comme ils sont heureux !

Et moins d’une minute plus tard, tous avaient oublié les tonneaux, la surveillance, Balgrid, Ohara, la faim dans le monde ou la moindre des préoccupations qui avait pu germer dans leur tête en ce jour pour se contenter de papouiller les chiens jusqu’à plus soif. Oboro incluse, qui se retrouvait maintenant à faire connaissance avec la caporale et deux de ses collègues tout en toilettant l’un des chiens qui, allongé sur le dos, leur donnait de petits coups de pattes d’un air joueur tout en exposant son flan.

Quand elle avait mentionné comment ses arabesques pourraient lui permettre d’endormir la méfiance des marines en facilitant leur sympathie, l’idée avait résonné chez les révolutionnaires qui avaient rapidement demandé à Pierre s’il pourrait se rendre disponible pour eux. Jamais elle n’aurait imaginé rencontrer de tels animaux, mais elle aussi était irrémédiablement tombée sous leur charme. Avec Mei, elles avaient passé plus de dix minutes à jouer avec eux en gloussant comme des abruties au QI digne d’une huître pendant que leur maître prenait connaissance de ce qu’il devrait faire.

-Et c’est qui le plus beau hein ? C’est quiiii ?
-Il est trop meugnon le Cabotin hein ? Et le Canaille aussi hein ? Pas vrai que tu es trop meugnon mon beau ?
-Rhoooo, ils sont incroyables ♡ !

L’adjudant, lorsqu’il arriva, se demanda sérieusement à quoi pouvait bien correspondre tout ce cirque, râla intérieurement en se disant qu’il allait encore devoir engueuler à contrecoeur des subordonnés même si un abandon de poste était clairement une faute impardonnable et qu’on ne leur demandait pas grand-chose c’était insupportable bon sang, et chercha à comprendre d’où diable pouvait sortir ces deux énormes peluches duveteuses qui le regardaient arriver en marchant à pas lourd avec une curiosité et un regard si lourd et empreint d’espoir et de bienveillance que…

Lui aussi, il céda.

Lui aussi, il était faible.

-Bon, j’avoue, moi aussi je suis de la team chien.
-Vous savez, il y a un proverbe qui dit que les chiens… c’était quoi, déjà ? « Les chiens pensent : ils me nourrissent, ils me protègent, ils m’aiment, ils doivent être des dieux. Le chat pense : ils me nourrissent, ils me protègent, ils m’aiment, je dois être un dieu ». C’est vraiment eux les meilleurs.
-Je préfère « Se tromper est humain, le pardon est canin ».
-De toute manière, les chats qui vous aiment ça vous ramène des animaux morts. Des cadavres, quoi. Comme signe d’affection. C’est des créatures du démon.
-Et puis bon, vous connaissez des chats policiers ? Des chats qui guident les aveugles ? Des chats de garde ? Du tout !
-Ouais, c’est vraiment vous les meilleurs, rajouta la caporale en leur cajolant le crâne.

Il s’écoula probablement… dix bonnes minutes de plus avant que chacun se retrouve suffisamment repu en affection canine pour reprendre contenance et se rappeler qu’ils étaient tous des adultes responsables. Alors seulement on prit la peine de montrer patte blanche et procéder aux vérifications d’usage, d’un côté comme de l’autre. Les marines furent tentés de se partager un petit verre et de partager le moment avec leurs livreurs, mais pas pendant le service, d’autant plus que la commande correspondait très exactement à six cent litres, soit dix litres par marin qu’ils devraient faire durer jusqu’à la prochaine commande qui n’aurait pas lieu de sitôt.

-J’vous propose qu’on vous aide à les transporter à l’intérieur ? Elles sont ultra lourdes, vaut mieux quelque de costaud pour s’en charger.
-Meuh nan, ça ir… ouarf ! D’accord, grimaça l’adjudant en se massant les lombaires.

Et c’est ainsi que notre infiltratrice chevronnée se retrouva conviée à monter à bord du patrouilleur. Exactement comme prévu.

Les talismans porte-bonheur qu’elle portait brodés sur ses rubans avaient certainement facilité les choses, mais un très grand merci aux chiens.
https://www.onepiece-requiem.net/t23324-obohttps://www.onepiece-requiem.net/t23354-obourinne
Oboro Ashikaga
Oboro Ashikaga


Feuille de personnage
Dorikis: 800
Popularité: 0
Intégrité: 0

Dim 12 Sep 2021 - 19:56

-Et ensuite, il s’est passé quoi ?, lui demanda son amie.
-Boah, rien au final.

Retour à la case départ, salle commune révolutionnaire. Toujours dans sa belle salopette, Oboro regardait maintenant la carte du navire et la disposition des maisons alentours en les interrogeant mentalement. Comme si des réponses ou rien que des idées pourraient lui être suggérées par les petites figurines si elle les fixait avec suffisamment d’insistance. Malheureusement, ça ne semblait pas être le cas.

-Tu es montée avec les tonneaux, et ?
-On a déplacé les tonneaux jusqu’au milieu du pont, ils ont ouvert un genre de trappe qui donnait sur la cale et on a utilisé le monte-charge pour faire descendre la bière, je suis descendue pour aider à décharger, et… j’ai pu utiliser leurs toilettes mais on m’a attendu à la sortie donc j’avais pas le champ libre. Pas pu apercevoir leur lieutenant·ante dans la foulée non plus. J’ai compris qu’ils avaient bien eu Balgrid à bord de leur navire, mais c’en est un autre qui est parti avec lui.
-Comment tu as su ça ?
-Eh bien, les couloirs du navire ne sont pas très hauts, et c’est encore pire pour les escaliers. Je me suis cognée la tête. Sauf que j’ai vu à certains endroits qu’il y avait des… marches pétées, un trou dans le plafond et les bords de l’escalier étaient complètement défoncés, on m’a expliqué que c’était parce qu’on avait dû faire passer un prisonnier demi-géant y’a pas longtemps et que ses dimensions étaient vraiment pas compatibles avec leur bâtiment. Ils m’ont expliqué qu’ils avaient utilisé le monte-charge pour le faire sortir sans achever l’escalier, j’ai pu voir une photo qu’ils avaient prise pour immortaliser le souvenir et c’était vraiment drôle à voir. Oui, je sais qu’on parle d’un truc horrible, rajouta-t-elle en voyant la moue désapprobatrice de Meifang lui souhaiter de s’étouffer en souffrant.
-Et t’as rien pu faire d’autre ?
-Oh, si, j’aurais pu tous les buter un à un en faisant de la sculpture avec leurs intestins avant de me faire submerger et de devoir m’enfuir et de pas respecter un certain principe de base de ce qu’on m’a demandé de faire qui consiste à, tu sais, ne pas éveiller le moindre soupçon de la part de la marine.

Oboro avait l’air contrariée, mais pas autant que l’autre qui ne s’attendait pas à la voir revenir les mains vides. Intrusion en plein jour, ça aurait pu marcher s’ils avaient essayé de distraire les marines. Une autre fois peut-être, il ne recevrait plus de bière mais Piotr pourrait certainement leur livrer autre chose.

-Et pourquoi on n’a pas le droit de faire un carton d’abord ?, s’énerva Meifang. S’ils ont enlevé Balgrid et Billy c’est qu’ils savent et qu’ils font savoir qu’ils savent que nous sommes révolutionnaires. C’est un acte de guerre. On doit encore se cacher ?
-On ne va pas leur donner une raison de refaire une rafle pour tous nous embarquer, objecta un révolutionnaire.
-Ou juste Buster Call Ohara histoire de se reprendre les bonnes vieilles habitudes. Je sens que leurs muscles les démangent. Gros bouton rouge sexy, parfum de napalm pour pimenter le petit dej’, tout ça.
-Nan mais c’est bon quoi, on est en 1628, la marine ne peut plus faire des trucs pareils, ils ont trop peur pour leur réputation.
-Je te propose qu’on ne leur demande pas s’ils sont cap’ ou pas cap’, petite.

La kanokunienne ravala sa mauvaise humeur, sans objecter davantage parce qu’elle savait qu’ils avaient raison et qu’elle était la première à le dire, mais sans cesser de trouver ça injuste pour autant. Elle n’était pas la seule, et encore moins la seule à s’énerver. Oboro s’était éclipsée le temps d’aller chercher un de ses masques ornés de motifs rassérénants, et les autres manifestaient leur contrariété chacun à leur manière. La pièce était silencieuse, mais pas entièrement, chacun tapotant ou gesticulant de manière répétée.

-Mais si c’est un héros super fort comme vous dîtes, pourquoi il s’est pas battu et enfui, le Balgrid ?, lâcha encore Meifang.
-Il ne voulait pas causer d’ennuis. Il serait tout à fait à même de le faire un peu plus tard, cela dit. Si on lui en laisse l’occasion.
-Ouais bah on va l’aider à avoir l’occasion si on peut, marmonna Oboro. J’attends ce soir et je vais essayer de m’infiltrer dans le bateau. Ils dormiront, ils auront peut-être même picolé, ça devrait me servir.
-Tout ça c’est pas juste pour dire que tout était prémédité et que tu savais que tu pouvais les faire boire pour te faciliter la suite, hein ?
-Genre je me cherche des excuses meuf. Tu sais, ça se trouve ce soir j’vais arriver à rien hein.
-Comment est-ce que tu veux monter dessus exactement ?, s’enquit un autre révolutionnaire.
-Je peux grimper depuis la flotte. Je sais bien le faire, ça. Je vais me les geler mais je me vois pas le faire avec une combi’ parce que ça fait beaucoup de bruit.
-On a peut-être quelque chose qui pourrait t’aider.
-Euh, tu veux pas parler de l’air-heure j’espère, s’emporta Meifang.
-Non, je pensais à à peu près tout sauf ça. J’ai pas envie que ta copine explose, t’inquiètes.
-Qu’est-ce que c’est que cette erreur ?, s’intéressa l’Ashikaga qui n’aimait pas les explosions.
-Air-heure, rectifia le révolutionnaire, un homme à l’allure de trentenaire expérimenté et sûr de lui. Tu connais la sous-marine ?
-Je connais quelques mêmes les concernant, sans plus. Ils ont l’air d’être relégués au second plan.
-C’est vrai. Mais ils ont des outils incroyables. Le plus éloquent, c’est le dispositif qui leur permet de faire du contrôle mental sur des monstres marins. On raconte que c’est de la récupération d’expériences qu’on espère pas abouties sur du contrôle d’humains. Mais ça n’est peut-être qu’une étape. Des gens enquêtent là-dessus, tu imagines bien.
-Ca commence très mal, comme sujet.
-Un autre outil intéressant qu’ils ont à leur disposition, c’est l’Air-heure. Air, oxygène, heure, le temps, articula l’autre en ajustant le col de sa chemise. Une substance qui permet à quiconque e consomme de pouvoir tenir une heure sans respirer sous l’eau et de se mouvoir comme un homme-poisson, la résistance à la pression en moins.
-C’est chaud ça. Comment c’est possible ce truc ?
-Vegapunk.

Il dit ça avec un ton d’évidence, mais se rendit compte que son interlocutrice n’était pas au fait des expressions que les membres de la section développement considéraient comme acquises. Il lui fallu un peu de temps, le masque d'Oboro cachant sa grimace interrogative jusqu'à ce qu'elle hoche la tête.

Vegapunk, c’était l’équivalent de ta gueule c’est magique dans leur jargon à eux. Et à chaque fois qu’ils pensaient réussir à reconstituer les rouages permettant de comprendre l’une de ses créations, ils avaient la sensation grisante de parvenir à abattre un titan. Pas un travail de titan, non. Un titan tout entier.

-On sait que c’est un cocktail de plantes originaires de Boyn, précisa-t-il.
-L’amirale de l’élite ?
-Non, elle c’est Boïna. Boyn, c’est le nom d’une île de la seconde voie de l’équateur. Bourrée de plantes tellement dangereuses que la faune s’est mise au même niveau, ce qui fait que le seul bâtiment existant dans ce coin est un phare destiné à dire que l’île se trouve là et qu’il ne faut pas y aller.
-Le truc qui donne biieeeen envie, commenta Meifang.
-Je vois le genre, opina Oboro.
-Il n’y a personne et rien à faire là-bas. Mais comme d’habitude, ce genre de contrées exotiques permettent de dénicher des plantes aux propriétés médicales exotiques, reprit le chercheur. Et ils ont fait l’air-heure. Sauf que nous quand on essaie de reproduire la formule, on fait juste des erreurs. Ballot, hein ?
-Moins dix points pour cette blague.
-Si c’était à refaire, sans hésitation que je le referai.

-Donc votre problème, c’est de reconstituer la formule. Et après vous faudra réussir à vous trouver des plants. Et pour ça, il vous faudra déjà réussir à trouver de l’Air-Heure.
-Ca on en a déjà plein. C’était le plus facile, entre les entrepôts de la sous-marine et la logistique du GM, on a de quoi piocher en envoyant nos gars. On en est au stade où on dissèque le produit pour le comprendre ce que y’a dedans, mais il faudrait qu’on aille sur Boyn pour… cartographier d’autres espèces et comprendre ce qui rentre dedans.
-Ca serait pas plus simple d’obtenir la recette directement de la marine pour pas avoir à se faire chier ?
-C’est une seconde option. Mais la marine ne dispose d’aucune installation sur Boyn, ce qui signifie qu’ils parviennent à cultiver tout ce dont ils ont besoin ailleurs. Et on ne sait pas où. Et on ne sait pas non plus où ils assemblent le produit. En d’autres termes, on ne sait pas où chercher pour pouvoir faire ça.
-J’irai probablement sur Boyn un jour pour faire des prélèvements, conclut Mei. A moyenne échéance. Avec toute une équipe et le triple de protection pour pas finir bouffée par une drosera volante.
-Ca aussi, ça serait ballot, appuya le chercheur.
-Je vois. Mais euh, du coup je comprends que vous avez de l’Air-heure ici?
-On ne t’en donnera pas. Entrer sur un navire à quai, ça ne le justifie pas.
-Et le risque d’explosion ?
-Euh, inférieur à trois pourcents avec le produit que j’avais concocté. Mais le risque que ton système respiratoire perde les pédales et que tu passes une semaine alitée sous surveillance constante… sensiblement plus.
-‘Kay. Et du coup, le truc que tu voulais me proposer, c’est ?
https://www.onepiece-requiem.net/t23324-obohttps://www.onepiece-requiem.net/t23354-obourinne
Contenu sponsorisé



Page 1 sur 1