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rêves de grandeurs

Ewen Chantenuit
Ewen Chantenuit


Feuille de personnage
Dorikis: 1563
Popularité: 5
Intégrité: 5

Sam 4 Sep 2021 - 16:48

« J’ai une proposition à vous faire.
-Je sais, c’est pour ça que vous êtes là »

Ewen regarda l’homme, incertaine de comment répondre. Face à elle et dos à la lumière, le contraste rendait son visage difficilement visible, mais son attitude –lire un rapport pendant qu’il lui parlait- ne laissait planer que peu de doutes. Devant lui, le bureau en bois exotique soutenait des piles bien organisées de dossiers, qui contenaient sans doute plus d’informations compromettantes que la police ne pourrait en étudier pendant des années.
La pièce elle-même était assez dépouillée. N’y figurait qu’une horloge sur le mur, un vieux tapis sur le sol et deux fauteuils faisant place au bureau, l’air peu confortable. La jeune voleuse était restée debout. Aux quatre coins de la pièce, se fondant dans l’ombre, des hommes de mains la surveillaient, l’air négligent.
« Je vais aller droit au but, alors. Je sais que vous vous intéressez au chantier et je peux vous donner des informations dessus.
-Et où est le piège ? »
Bobby Lapointe posa le papier qu’il était en train de lire et entrepris de fouiller dans l’un des tiroirs.
« Il n’y en a pas. Je souhaite juste vous montrer ma compétence afin de pouvoir faire affaire avec vous plus tard. Voyez ça comme l’équivalent d’un échantillon gratuit.
-j’espère bien que non, la qualité de ces trucs est toujours dégeulasse. Et si votre produit est dégueulasse, il n’y a aucune chance que je l’achète un produit comme ça. A vrai dire, je n’apprécierais pas beaucoup qu’on m’en propose tout court. »

Les mots restèrent en suspend comme les menacent qu’ils étaient, alors que la mafieux pris une large bouchée d’un sandwich au thon.
« Si je suis ici, c’est que vous êtes intéressé. Mais comme vous l’avez signalé, il faut que l’information vous soit directement utile pour que j’espère retenir votre attention par la suite. Je vous propose donc de choisir une information qui vous intéresse, les autres seront payantes. J’ai les plans du chantier, l’état financier actuel du chantier, les listes et les informations des clients et des fournisseurs, ainsi qu’un scandale non révélé impliquant le directeur
-Quel genre de scandale ? »

Pour la première fois depuis le début de l’entrevu, l’homme avait cessé ses activités et la regardait directement.
« Il a protégé un collègue meurtrier des conséquences de son acte.
-Tu vois, quand tu veux ! LA, ça m’intéresse. Dit moi tout.
- ça remonte à Octobre 1620, monsieur Delabère était alors ingénieur naval –un cadre des chantiers, mais pas encore le directeur- et le meurtre est effectué par un de ses collègues, un autre ingénieur du nom de Valrose. Après s’être occupé lui-même de vérifier la sécurité d’un treuil sans personne pour l’assister, chose suffisamment habituelle pour être noté, il a nommément demandé que l’un de ses ouvriers, monsieur martin, s’occupe d’une tâche qui le mettait directement en danger si le fameux treuil était défaillant, ce qu’il était manifestement.
Je vous passe les détails, mais toujours est-il qu’une commission interne, vu les faits accablants, à déduits que l’ingénieure était coupable mais a, pour des raisons qui me sont inconnues, décidé de ne pas agir en conséquence et d’envoyer un rapport falsifié à la police. Monsieur Delabère était l’un des membres du comité était donc au courant.
Là où ça devient intéressant c’est que, une fois devenu directeur, il ne l’a pas dénoncé non plus et l’a gardé dans son équipe, et ce jusqu’à la retraite de l’ingénieur, alors qu’il était dans une position de pouvoir qui lui permettaient de le faire sans subir de pression »

Le silence lui répondit. Les hommes de mains avaient le regard de personnes qui avaient appris à ne pas écouter ce que racontaient les gens, par désintérêt et par volonté d’éviter les ennuis. Le parrain, lui, paraissait perdu dans ses pensées. Incertaine de comment réagir, l’informatrice laissa le silence s’éterniser. Tous attendirent, les yeux fixés sur Lapointe, qui ne réagissait pas.

Surpris par l’arrêt du silence, tout le monde sursauta lorsque le parrain repris la parole :
« Tu as des preuves de ce que tu avances ?
-Evidemment. Je n’ai pas le rapport initial, il a été détruit, mais j’ai vu tous les autres documents, qu’ils ont visiblement décidé de garder. Les preuves ne sont pas directs, mais il y a largement de quoi condamner l’ingénieur pour meurtre et démontrer la complicité des deux directeurs. Je peux vous fournir les photos des documents, ainsi que vous indiquer où trouver les originaux.
-le tout pour un prix dérisoire, c’est ça ?
-Non. Obtenir ces informations a été risqué et a représenté un travail important. Les brader ne serait pas seulement une perte directe, mais vous ferait également penser que mon travail a peu de valeur, diminuant d’autant mes chances de refaire affaire avec vous. Je peux vous fournir le tout pour un prix raisonnable. »
Son interlocuteur secoua la tête, souriant.
« Tu ne manques pas d’ambition, je te reconnais ça. Mais, un conseil, apprend à rester à ta place. C’est moi qui fixe les règles ici, et c’est moi qui décide combien vaut ton information. Passe voir mon secrétaire demain avec les photos, il te donnera ton salaire »

L’homme retourna à ses papiers sans plus lui adresser un regard. Après quelques secondes d’hésitation de la part d’Ewen, un des gardes lui confirma d’un signe de la main que l’entrevue était terminée. Une fois la porte fermée, la jeune femme s’autorisa enfin à respirer, ce qu’elle n’avait plus fait depuis sa pauvre tentative de négociation. Qu’est ce qui lui avait pris de faire ça ? Ce n’est pas comme si elle avait la moindre chance d’obtenir ce qu’elle voulait de toute façon !
Enfin… ça ne s’était pas SI mal passé, elle avait fait sa première vente après tout, et auprès de quelqu’un d’important, en plus. A défaut d’argent, elle aurait au moins de la visibilité dans le milieu. Au moins avait-elle assez de réserves pour tenir encore quelques semaines. Le temps d’être recontacté ou d’avoir trouvé une autre source de revenu. Dans le doute, elle avait sans doute intérêt à commencer à faire du repérage dans les quartiers riches…
Elle secoua la tête, chassant ces préoccupations. Elle avait atteinds son but, après tout. Le reste de la journée dédié au repos pour fêter ça !

La mince silhouette de la voleuse rejoint bientôt une des artères de la citée où elle se mêla à la foule. Autour d’elle, les riches bâtiments du quartier de la colline s’élevaient en ordre rangé, entouré à l’est par le quartier du marché, à l’ouest par celui des guildes. Au sud, dominant La ville de sa masse imposante, le chantier de Bliss s’étendait d’un air tentaculaire aussi loin que portait le regard. Il contenait ses propres ports, des champs de hangars, des forêts de grues, de cimetières de bateaux et d’hommes. La ville entrait et sortait de ses lourdes portes par d’imposants flots de personnes et de marchandises. Depuis le sud, le vent se mit à souffler
Alma Ora
Alma Ora


Feuille de personnage
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Mer 8 Sep 2021 - 21:16



Une vie paisible comme on les aime. Quelques jours, peut-être quelques semaines, que j’étais maintenant un ingénieur naval du chantier naval de Bliss. J’en avais terminé avec le bricolage, quoi que je continuais les bricolages dans notre nouvel appartement, où Eärendil et moi habitions depuis peu. Elle était extrêmement exigeante et je manquais de temps pour l’affronter dans cette puérile bataille. Alors oui, je bricolais encore un peu et, dans le fond, j’aimais ça. Mais je devais bien l’avouer, ces nouvelles compétences, ces nouveaux chantiers, me plaisaient bien plus encore.

J’arrivais au chantier avec la banane, un grand sourire aux lèvres, mes plans sous le bras, une tasse de thé à la main, à zigzaguer entre les clients, les fournisseurs et les ingénieurs. Souvent, on s’attendait à l’entrée avec Celeborn. Nous étions devenus presque inséparables. Comme deux frères, deux meilleurs potes, à faire les pires coups ensemble. J'appréhendais mon installation sur Bliss, surtout sur Portgentil, peu adepte des villes vivantes et festives. Mais finalement, on s’y faisait relativement vite. Idem pour le chantier. Arriver avec le géant m’avait grandement facilité les choses.

- Prêt pour une nouvelle journée ? Demanda Celeborn en claquant violemment mon dos.

- Comme tous les jours, rétorquai-je en reprenant mon souffle. Tiens, d’ailleurs, regarde ces plans. Enfin surtout les annotations. En changeant ces éléments, le navire gagnerait probablement en vitesse, non ?

Il s’arrêta et consulta les documents avec beaucoup d’attention. Sous ses airs de brute, on ne le croirait pas comme ça, mais Celeborn était un ingénieur phare du chantier et ses compétences dépassaient de loin l’ensemble des travailleurs lambdas. Il avait toute la confiance du directeur, Marshall, qui comptait beaucoup sur lui.

- T’es quoi au juste, Al’ ? J’veux dire par là que tu n’y connaissais rien en machinerie à vapeur. Y'a encore quelques jours, tu m’demandais de t’expliquer des fondamentaux, et là tu m’sors des modifs d’un plan fait par un type qui d’la bouteille. On va montrer ça à Marsh’ pour qu’il valide.

Nous allâmes donc à la rencontre du directeur de ce chantier, ce brave Marshall, avec lequel je m’entendais relativement bien. En fait, s’il n’était pas autant surchargé par l’administratif, nous formerions certainement un trio avec Cele’, mais nous devions nous contenter de quelques verres dans son bureau. Marshall, c’était le genre à discuter avec ses employés, à prendre du temps pour les écouter, à hausser la voix quand c’était nécessaire... Bref, vous l’aurez compris, j’admirais ce type. Et ça, c’était bien trop rare pour le souligner, n’étant pas du genre à m’émerveiller sur des personnes.

- Salut les gars, c’est un peu tôt pour l’apéro ? Fit le directeur, étonné de voir son duo préféré arriver à une heure si matinale.

- J’apprécie la manière dont tu nous considérés, rétorquai-je en feignant la déception.

- Clair ! Pas pendant les heures de boulot ! On est des travailleurs rigoureux ! Regarde ces plans au lieu de raconter des âneries !

Un bref regard échangé entre les deux hommes avant que Marshall se décida à saisir lesdits plans. Il laissa de côté ces paperasses et entra progressivement dans l’univers que j’avais conçu. Un regard sur l’ancien plan, un regard sur le nouveau, ses yeux alternèrent entre l’un et l’autre à grande vitesse. Entre deux coups d’œil, il leva la tête vers moi, juste pour être certain qu’il s’agissait bien de mon œuvre. Le visage obscurcit par mon couvre-chef, l’élargissement de mes lèvres, le sourire qui se dessina, n’échappa à personne.

- Beau travail, Celeborn.

- C’est malheureusement pas mon travail, abruti.

- Alma ? Déconnez pas, les gars, c’est trop tôt pour les blagues.

Le géant n’en rajouta pas davantage. Marshall dut se résigner à l’évidence, j’étais le concepteur de ces plans.

- Merde alors. Il y a encore quelques jours...

- Je sais. Je lui ai déjà dit la même chose.

- Bien, bien, dit-il en remettant de l’ordre sans sa tête. Vendu. Filez donc me concevoir cette merveille aussi belle qu’ingénieuse. C’est un gros client.

Après de légères salutations, nous partîmes vers le chantier, quand la voix du chef me stoppa.

- Alma ! Quand vous aurez terminé ce chantier, tu viendras me voir pour quelques ajustements administratifs et salariales.

La journée ne pouvait pas mieux commencer. Je n’en toucherai aucun mot à Eärendil, elle me pompait déjà bien trop de fric. Fallait bien m’en garder un peu de côté.



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Ewen Chantenuit
Ewen Chantenuit


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Intégrité: 5

Jeu 16 Sep 2021 - 23:13

Le gardien de la porte C regarda d’un air peu impressionné les hommes qui s’approchaient. Les deux du milieu portaient des costumes de qualités et des bijoux discrets qu’il devinait hors de prix, tandis que quatre armoires à glace autour, dans des costumes simples mais toujours élégants, leur servaient de gardes du corps. Il reconnaissait le style de garde, c’étaient ceux de la mafia. N’importe qui avec de l’argent pouvait les embaucher pour faire croire qu’il avait également du pouvoir. Ce genre gus, on en voyait quelques fois par semaines venir avec une « proposition en or » qui n’intéressait jamais personne. Il les arrêta pour leur demander s’ils avaient rendez-vous, connaissant pertinemment la réponse
« Tout à fait, j’ai rendez-vous avec le directeur à 11h20. Je suis monsieur Lapointe »
Il ouvrit la bouche pour leur dire qu’il ne pouvait pas les laisser rentrer avant que les mots ne lui soient suffisamment rentrés dans le crâne pour reprendre le pas sur son habitude. Il balbutia une excuse puis fonça vérifier le planning qu’on lui avait fourni. Et le type avait vraiment rendez-vous, première surprise.

Jean-Robert Lapointe traversa tranquillement le chantier en direction du bureau du directeur. A ses côtés, Loïc Sombreville, le responsable des finances de la famille le surveillait, prudent. Il était d’un peu trop bonne humeur ces derniers temps, et s’était mis à travailler bien plus que d’habitude. Pour lui qui le côtoyait au quotidien, il était évident que Bobby avait quelque chose en tête, et le regard possessif qu’il portait sur le chantier lui donnait la dernière pièce du puzzle.

Marshall Delabère, assit à son bureau, posa le document qu’il venait de lire. C’était un rapport sur la construction d’une corvette pour une duchesse de Logue Town. Le projet avait actuellement trois jours de retards sur le planning annoncé aux ouvriers, soit près de deux mois d’avance sur le véritable planning. Intrigué, il avait envoyé un inspecteur pour vérifier l’état des travaux. Le rapport venait d’arriver et tout était parfais. Pas un boulon de travers. Tout marchait, tout fonctionner. Le chantier dans son ensemble, cette machine infernale, hoquetante, bruyante et crasseuse, cette machine impossible à laquelle il avait consacré sa vie, tournait. Pour qui n’avait pas l’habitude les retards suivaient aux accidents, qui eux-mêmes précédaient les tablés de mécanos, mais chacun de ces risque était connu, pris en compte et le temps pour le régler était prévu avant même qu’il n’arrive. Les chantiers, après tout ce temps, recommençaient à véritablement fonctionner.


Les trois coups secs de la secrétaire frappèrent la porte dans un rythme rapide et le parrain entra, suivit du financier. Le directeur leur indiqua les fauteuils tandis que son visage, malgré ses efforts, se fermait. Il avait oublié cette visite et, surtout, n’avait pas compris que l’homme se déplacerais lui-même.

« Bonjour Monsieur Lapointe. Je dois dire que je ne m’attendais pas à vous voir en personne. Que me vaut votre visite ?
-Je vais très bien, je vous remercie. Je vais prendre un verre de Brandy, si vous le voulez bien. Et vous comment vont les affaires ?
-Je dois dire que je ne me souviens pas de voir avoir proposé pour le verre. Et les affaires vont bien, merci »
Les deux hommes, habitués des sphères de pouvoirs et tous deux arrivés dans leur position après avoir navigué de complexes toiles de politiques, se regardèrent en chien de faïence, conscients du duel de volonté et de pouvoir qui avait commencé. L’invité arborait un large sourire, confiant dans sa victoire, tandis que l’hôte lui opposait un mur neutre et lisse en matière d’expression.

« Comme je l’ai indiqué à votre assistante, je souhaiterais vous offrir mes services. Voyez-vous, j’ai récemment entendus l’histoire tragique de Pierre Jarpin. J’étais, comme vous pouvez vous en douter, extrêmement touché par cet incident, et j’ai réalisé que je pourrais peut-être aider.
Voyez-vous, je suis un homme sensible qui n’aime pas rester insensible face à la misère du monde et j’ai donc, entre autre, développé un buisness qui me permet de protéger les gens ainsi que ce qui leur appartiens. »
Pas un muscle du visage de Marshall ne bougea en entendant la tirade. La fin était un clair euphémisme –le reste des activités de son vis-à-vis étant de causer des problèmes contre lesquels se protéger- mais le début était la partie dangereuse. Il savait quelque chose, restait à savoir quoi.
« Je pense voir de quel ‘buisness’ vous parlez, oui. Mais je ne pense pas que nous aurons besoin de vos services, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, l’incident dont vous parlez remonte aujourd’hui à plusieurs années et notre sécurité a bien évolué depuis. De plus, la mort de cet homme, bien que tragique, a été causé par un problème matériel et, sauf erreur de ma part, vos hommes ne sont pas techniciens confirmés.
-En effet, mais l’expertise que je pourrais offrir est ailleurs. D’après certains documents que j’ai pu consulter, l’erreur de vérification n’était pas accidentelle, mais volontaire. Non seulement la chose a, semble-t-il, échappé au comité de l’époque, mais le coupable semble aussi ne jamais avoir été renvoyé.
-Ce sont de graves accusations. Puis-je savoir qui est censé être le coupable ?
-Bien sûr, il s’agit de Gilbert Valrose. »

Pour la première fois, la façade de confiance du directeur se fissura et il ne répondit pas. Le sourire de Bobby s’agrandit encore, dévoilant ses dents. Il posa tranquillement un dossier sur le bureau en chêne. Un dossier cartonné bleu, tout simple, sur lequel était écrit « Commission d’enquête au sujet de Jarpin » suivit des noms des différents membres.

« Je vous laisse ici les copies des preuves dont je vous ai parlé. J’attends votre réponse à ma proposition, que j’espère positive. Demain vers 15h heures, disons ? Ça devrait être assez pour tout mettre en place, si vous ne trainez pas trop. »

Marshall Delabère, pâle comme la mort, regarda les deux hommes disparaitre dans le couloir, avant de se prendre la tête entre les mains.
Alma Ora
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Mar 21 Sep 2021 - 23:14



Des hommes en costard, un bandit accompagné de sa troupe, pas le genre qui passait inaperçu. Nos regards se portèrent naturellement vers ces messieurs qui se dirigèrent vers le bureau du directeur. Je rappelai à tous les petits curieux qu’ils avaient du boulot, sans pour autant appliquer ma propre consigne. J’étais respecté et je comptais bien profiter de ce pouvoir. Cependant, Celeborn, tout comme moi, resta focalisé sur la porte du bureau qui vint se fermer une fois passés l’homme et son escorte. En fait, en creusant un peu dans ma mémoire, j’étais certain d’avoir déjà vu ce type quelque part. Cette idée me glaça le dos, car je ressentis à cet instant comme un malaise intérieur.

- À en juger par ta tronche, tu ne l’sens pas, fit le géant en s’approchant de moi.

- Celeborn, rétorquai-je froidement. La mafia vient souvent rendre visite à Marshall ?

À mes mots, le visage de mon camarade se crispa, m’indiquant qu'il ne comprit que maintenant que le petit homme en costume était un chef truand. Beaucoup craignaient les pirates, les empereurs, les corsaires... tapis dans l’ombre, les mafieux représentaient une part importante des assassinats commis dans les royaumes, et ce, sans prime et en toute impunité. Avec de l’argent, des relations, une certaine forme de discrétion, de déguisement, on pouvait aisément agir en passant au-dessus de certaines lois. Un roublard comme Celeborn comprenait aisément ce genre de chose. Moi, j’angoissai un peu plus à chaque seconde qu’ils passaient dans ce bureau.

- Alma ! On a b’soin d’toi au quai numéro 4 ! On a merdé et on est complètement bloqués. Un mouvement et toute la structure s’écroule. C’pas faute d’avoir suivi tes plans.

- Pas faute d’avoir suivi mes plans, hein, fis-je d’une voix douce mais d’un regard qui trompait cette douceur. Vous mériteriez de tout recommencer, abrutis ! Se précipiter pour une fumer une clope, sérieusement.

J’échangeai un regard avec mon vieil ami.

- S’il se passe quoi que ce soit, j’te fais signe, Alma. Tu peux réparer les conneries de ces clowns.

Tout penaud, le charpentier m’emmena au quai en question pour constater l’étendue des dégâts. Le constat était sans appel. Mauvais assemblage dans la charpente. Aussi bien avec les planches de bois qu’avec les pièces métalliques. Ma première idée fut de tout démonter et recommencer depuis le début, mais en voyant la date de rendu annoncée, je me rendis compte que cela ne collait pas du tout. Le retard deviendrait alors trop important et cela nuirait à la réputation du chantier. En fait, je ne peux m’empêcher de penser à Marshall avec ce mafieux, et que la moindre erreur de notre part pouvait lui faire défaut.

- Je vais faire ramener des poutres en urgence pour maintenir les charpentes, vous permettre de vous en détacher et retourner au boulot. Tout n’est pas jeter dans ce que vous fait, mais nous allons devoir repasser dans certains endroits clés pour stabiliser l’assemblage. En attendant, branleurs, tenez le coup !

J'hurlai des ordres à tout va. Des hommes, sur des chantiers à côté, quittèrent leur poste pour accéder à mes demandes. Sous l’urgence brièvement expliquée, les plus vifs n’hésitèrent pas un seul instant pour sauver la patrie. Ce que j’aimais par-dessus dans ce chantier, c’était bien cette camaraderie, cette solidarité pour les beaux jours de l’entreprise. Grâce à cet élan de bonté, nous arrivâmes à stopper l’hémoragie et repartir sur une base plus saine. Le quai numéro quatre, le temps de quelques heures, fut complètement sous ma direction et je le lui rendis bien.

Tourmenté, à la fin du service, après m’être assuré d’avoir sauvé le navire, je partis aussi vite que possible rejoindre Celeborn. Le visage peu rassuré, je compris que la visite de la journée n’eut guère un effet positif sur notre directeur. Nous décidâmes de mettre les pieds dans le plat et directement interroger le principal concerné, manifestement au fond de sa vie. Ce dernier sortit trois verres qu’il remplit de son meilleur whisky, s’assura que personne n’écoutait derrière la porte et nous raconta tout le récit. Une fraude que tout homme aurait commise pour protéger un ami. Malheureusement, c’était largement préjudiciable et la prison l’attendait certainement si ces preuves tombaient dans les mains de la justice. Cependant...

- Tu dois refuser, dis-je sèchement. Tu as couvert le coupable sous menace, ce dernier tenait ta famille ou que sais-je...

- Je ne peux faire ça à un ami.

- Lui faire quoi ? D'après tes dires, il a quitté le chantier et Bliss depuis les événements en question. Ils ne vont pas s’emmerder à le traquer pour une affaire déjà réglée, surtout s’il n’est pas dans les parages. En ce qui concerne les autorités locales, je crois qu’elles ont déjà bien à faire avec les Everglades... Refuse.

Sur ces mots, nous bûmes cul-sec, décidés à ne pas céder au chantage de ce vil personnage. J’avais la ferme intention d’aider mon ami jusqu’au bout, Celeborn aussi.



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Ewen Chantenuit
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Mer 29 Sep 2021 - 23:35

Ewen grogna lorsque la serveuse la secoua dans on lit avant de finalement consentir à ouvrir les yeux devant son insistance. Il ne devait pas être midi, bon sang ! Ce n’était pas une heure pour réveiller les gens.
En s’asseyant sur son lit, elle fit comprendre à la jeune femme que son aide n’était plus nécessaire. Elle s’habilla lentement, tentant d’extraire sa conscience des brumes du sommeille sans l’aide salvatrice de la caféine. Ce ne fut pas une grande réussite.
La voleuse tenta néanmoins de se donner une apparence présentable avec l’aide du miroir de sa commode avant de finalement descendre. Il serait impoli et imprudent de faire attendre son invité plus longtemps
Elle sortit de la taverne avec un signe de tête de remercîment envers la patronne avant de se dépêcher en direction d’une autre auberge, situé près du port. L’adresse qu’elle avait donnée à Lappointe n’était pas la vraie. Elle n’était pas folle, non plus.

L’homme attendait, assis au bar, l’air d’avoir déjà pris une paire de verre pour occuper son attente. Il ne remarqua pas son arrivé avant qu’elle ne tire un siège à côté de lui.
« J’ai cru comprendre que mon travail avait été utile. »
Le messager marqua un temps de pause, ne sachant comment répondre face à quelqu’un qui prenait l’initiative.
« Comment vous savez ça ?
-C’est mon métier. Je vous paye un verre ? »
Pour rendre à césars ce qui revient à césars, il récupéra rapidement son contrôle et exposa ouvertement ce pourquoi il était là. A savoir la suite des opérations. Comme l’informatrice l’avait déjà appris, une première approche avait déjà été tentée par les chefs, mais elle n’avait pas montré les résultats escomptés. Ce qui arrangeait d’ailleurs la jeune femme, d’un point de vue purement financier. Et ils avaient maintenant un plan une tête pour la suite. Ewen l’écouta, incrédule.
« Donc, si je résume, vous voulez que je me débrouille, sans l’aide de la famille, pour saouler l’ensemble des ouvriers du chantier – ouvriers qui, soit dit en passant, sont la chose sur la terre ferme qui se rapproche le plus des marins – saouler l’ensemble des ouvriers, donc, avant de les exciter afin qu’ils créent une émeute. »
Elle tenta laborieusement d’expliquer à son interlocuteur que le point le moins problématique de ce plan était de récupérer une quantité d’alcool égale à la consommation annuel d’un petit pays.
Il ne le prit pas bien, réagissant agressivement, la traitant d’incapable et, par là-même, attirant l’attention de la salle sur lui. Ç’allait être long.

L’informatrice n’était pas une personne violente, parole, mais elle commençait à très sérieusement à souffrir physiquement du fait de ne pas mettre son poing dans la figure méprisante du mafieux lorsqu’elle réalisa une chose. L’homme n’était pas stupide : il savait qu’elle était compétente mais jouait la stupidité afin de justifier de continuer à la payer peu. S’énerver ne faisait que lui rendre la tâche plus simple.
A partir de là, les négociations furent bien plus simple à mener et la solution qu’elle proposait fut rapidement accepté. Une solution qui passait par le fait de faire découvrir par erreur un memo censé circuler entre les responsables et discutant des moyens de garder les travailleurs sous le joug de l’oppression, si possible par un syndicaliste convaincu. Pas évident à réaliser, mais faisable avec les bonnes connaissances.

Ces connaissances, elle les avait déjà. Depuis la première vente, elle avait bien compris que la situation était partie pour être intéressante et avait entrepris de sociabiliser avec tout à un tas de personnes : des contremaitres communistes, des femmes d’ingénieurs et un des gardiens de la porte 3, entre autre. Aucun ne savait évidemment quel était son véritable objectif et elle n’était pas dans le secret des rois –du moins pas encore- mais elle savait tous des faits divers de ces derniers jours, des rapports hiérarchiques et du fonctionnement du chantier au globale.

Restait maintenant à créer la directive et à la faire découvrir de façon convaincante. Les deux options évidente consisteraient ou à la faire trouver dans une poubelle par une femme de ménage, ou la faire passer sous plis scellé par une personne connue pour être trop curieuse des affaires des autres.
Inutilisable, les deux. La première était extrêmement aléatoire pour un résultat peu solide, la deuxième était pire. Elle pourrait essayer de l’inclure dans une pile de choses à trier par une secrétaire…
Non plus, mais l’idée de l’inclure dans quelque chose était bonne. Elle finit par trouver. L’inclure au milieu des papiers que l’assistante du chef du service financier devait distribuer. Elle était notoirement sous l’eau en ce moment, ne vérifierait donc pas le détail des piles et les gens trouveraient normale qu’elle ait fait une erreur.
Le destinataire devrait être choisi une fois sur place, en fonction des envois prévus pour le lendemain matin. Quant à la lettre elle-même…
Alma Ora
Alma Ora


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Sam 9 Oct 2021 - 12:57



Les jours suivants l’apparition mystérieuse des hommes de la mafia se passèrent pour le moins calmement. Je les avais presque oubliés. Nous travaillions de nouveau normalement, dans la joie et la bonne humeur, à la confection de merveilleux navires. J'étais réellement passionné par mon boulot et ne m’imaginais nulle part ailleurs. Bien que ces mois d’aventures diverses et variées m’enrichirent financièrement, cette peur constante de la mort me fit prendre dix ans d’âge. Cette sécurité et cette routine desquelles je jouissais n’avaient pas de prix.  

Néanmoins, cette douce tranquillité ne dura pas longtemps. En effet, rapidement, des rumeurs commencèrent à circuler. J'avais une certaine popularité auprès des hommes du chantier, tout comme Celeborn, alors on venait souvent nous parler. Nous n’étions pas les syndicalistes du chantier, mais nous étions parfois plus efficaces que ces derniers, puisqu’on parlait directement au directeur quand quelque chose n’allait pas. Marshall était un directeur assez bienveillant qui optait pour le bien-être de ses salariés, dans la mesure du possible.  

Alors quand ces rumeurs tombèrent, que le géant et moi-même étions maintenant informés, on ne pouvait pas laisser de telles vagues prendre de l’ampleur. Il fallait impérativement éteindre l’incendie. Apparemment, par erreur, l’assistante du directeur envoya des fiches d’information, dont une qui incriminait notre cher directeur. J’imaginais très mal Lise faire une telle chose. Et cela coïncidait bien trop avec l’apparition du tonton flingueur venu plus tôt dans la semaine. Cela n’avait pas de sens et allait rapidement être démenti. Un regroupement fut organisé à la fin du service.

- Les gars, dis-je calmement alors que je bricolais sur une pièce métallique, ne soyez pas dupes. Vous savez bien que des types en ont après Marsh’ en ce moment. Après tout ce qu’il a fait pour nous, on va vraiment lui chier dans les bottes pour une rumeur qui ne tient pas debout ? De plus, les événements cités sont antérieurs à mon arrivée ici, mais je n'ai pas eu l'impression de subir une quelconque oppression des chefs.

- C’est clair ! On a assez de boulot comme ça, ça se passe assez bien, préservons ce confort, non ? ajouta Celeborn.

Les syndicalistes, se sentant inutiles, devaient en rajouter une couche.  

- Il y a pourtant des preuves ! Il doit y avoir des sanctions ?  

- Quelles preuves ? Un vulgaire papier qui est apparu sur votre bureau syndicaliste ! À croire que c’est p’tet vous qu’avez monté ces preuves !

Aïe. Celeborn rentra dans le piège de celui qui a préparé ce plan. Un conflit entre le syndicat du chantier et la plus grosse personnalité du chantier. Une guerre se prépare entre les deux parties, une guerre inutile quand on réfléchissait posément. Je saisis deux barres métalliques et entrechoquai les deux avec force. Un bruit strident retentit et l’assemblée se tourna de nouveau vers moi.  

- S’il vous plait, messieurs, un peu de tenu. Ni Marshall, ni Celeborn, ni même nos précieux syndicats sont coupables d’avoir créés ce maudit document. Ne voyez-vous pas qu’il n’a que pour unique but de nous séparer ? Ceux qui bossent ici depuis, êtes-vous réellement d'accord avec ce qui est écrit dessus?
 
Peinés de s’être emportés, les anciens baissèrent la tête. Leur salaire, leurs conditions de travail se s'étaient nettement améliorés depuis que Marsh gérait l’entreprise. Je pointai donc du doigt le fait que nous n’ayons point de motif pour lever une armée de manifestants révoltés. Mais aussi que Marshall faisait suffisamment confiance à notre clarté d’esprit pour ne pas juger utile de se justifier devant nous de ces accusations. La braise s’éteignait peu à peu. Mais un type, dont je n’ai pas souvenir d’avoir déjà vu ici, proposa alors de trinquer et sortit quelques bouteilles de whiskey d’où on ne savait.

“Donnez de cette boisson aux indiens et vous ne les reconnaîtrez plus” m’avait dit un homme. C’est exactement la même chose avec les charpentiers. Fort degré d’alcool et de piètre qualité, cette boisson à petit prix provoquait des dégâts chez les marins. Trop de coïncidences. Trop enjoués à l’idée de boire, les types ne m’écouteraient pas, Celeborn comprit. Mon regard s’assombrit et mes doigts s’agitèrent. Mes bagues vrombirent, le ciel s’obscurcit et l’orage gronda. Quelques petits instants plus tard, de fines gouttes irrégulièrement nous tombèrent dessus, avant qu’une véritable pluie calma les ardeurs de ces messieurs.  

- Rentrons, camarades, dis-je en réajustant mon bob. Nous festoierons une prochaine fois, ce serait dommage d’attraper froid ici.  

Nous partîmes nous abriter, chacun dans sa chaleureuse maisonnée. Le mystérieux personnage avait disparu.



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Ewen Chantenuit
Ewen Chantenuit


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Dim 10 Oct 2021 - 20:56

« Comment ça, rien ? »
Robert Lapointe, assis dans un sofa, écoutait le rapport de l’homme qu’il avait envoyé avec l’informatrice, le visage entre les mains. Il n’était pas content.
« Ça partait bien, puis il y a eu une réunion avec ces deux cadres et ils ont calmé tout le monde, comme si de rien n’était. J’ai bien essayé de ramener les syndics au bar pour les remettre dans le bon état d’esprit, mais il s’est mis à pleuvoir. »
L’homme se tordait les mains, conscient que le parrain n’appréciait pas entendre de mauvaise nouvelles. Bobby resta silencieux, se levant et allant à la fenêtre. Il réfléchissait. Il avait construit seul la famille de Bliss à partir des gangs rivaux qui parcouraient les rues et leur avait donné, par cette union, une force dont aucun n’aurait pu même rêver seul. La chose raisonnable était d’arrêter là, de reconnaitre que le chantier était un trop gros morceau pour lui, mais s’il parvenait à contrôler les chantiers, il aurait bientôt un pouvoir sur South blue comparable à celui que les sept familles avaient sur North.
« Va me chercher la gamine. Je dois lui parler. »


« Oui, c’est envisageable avec un peu d’aide. Je sais où trouver les navires et comment les atteindre.
-Il te faut vraiment de l’aide pour foutre le feu à des gros tas de bois ?
-Quand les tas de bois en question sont spécifiquement traités pour résister au feu, oui, je vais avoir du mal à les détruire. Quelques gars devraient suffire, à condition qu’il soit capable d’utiliser le cerveau un minimum. »
Lapointe balaya la remarque d’une main : « Je peux libérer quatre hommes, tu feras avec eux.
-Bien. Par contre, puisque les choses sont en train de s’accélérer, il va falloir que nous discutions de ma manière de travailler. »

Ewen avait prévu de continuer, mais le regard du parrain l’arrêta net. « Dit-moi, ça ne serais pas des exigences que tu as là ? Par ce que ça ressemble beaucoup à des exigences. De la part de quelqu’un qui vient d’échouer, ça serais extrêmement malvenu. Donc si ce sont des exigences, tais-toi et care les toi là où je pense. »
Le mafieux était écarlate et sa voix, qui se voulait poser comme à l’habitude devant stridente par moment. L’informatrice inspira profondément. Elle pouvait le dire, elle était en position de force, ici. C’était lui qui venait la chercher, maintenant, pas l’inverse. Elle tenta de réprimer son tremblement :

« Vous avez raison, et c’est mon premier point. Les opérations où j’échoue à atteindre l’objectif, comme celle-là, et celle-là compris, seront entièrement remboursé. En revanche…» Le visage de son interlocuteur était aussi engagent qu’une porte de prison « en revanche, je travaille selon la doctrine des dégâts minimaux. Donc, autant que possible on ne blesse personne et, sauf absolue nécessité, on ne tue personne. »
La voix de la voleuse était calme et douce, seul un léger tremblement à peine perceptible trahissait sa peur. « Bien évidemment, si ce sont eux qui attaquent, vous êtes libre de riposter ou de vous venger avec la force que vous voulez » s’empressa-t-elle d’ajouter alors que son interlocuteur commençait à ouvrir la bouche.

Lapointe la dévisagea un long moment, l’air peu convaincu.
« Je vais y réfléchir. En attendant, dépêche-toi d’obtenir des résultats »


Les hommes promis la rejoignirent le lendemain dans une taverne des Everglades où elle avait fixé le rendez-vous. C’était des gaillards dont le travail semblait peu avoir avec la subtilité, mais après quelques minutes de discussion il apparut rapidement qu’ils savaient néanmoins utiliser leur tête autrement que pour faire des grimaces.
Il ne savait rien du vol à l’exception du racket, montrait des difficultés à lire de long textes sans s’aider de leurs doigts –mais elle n’était elle-même pas tellement mieux- et n’avait qu’une vague idée de comment écouter aux portes. Mais l’un d’eux avait travaillé pendant quelques mois sur les chantiers.

Elle ne pouvait pas grand-chose pour le deuxième point, mais le premier et le troisième se travaillaient. Le groupe pris la direction d’un terrain vague et la jeune femme leur fit enchainer les exercices pendant les deux jours qui suivirent. Tous savaient désormais crocheter des serrures simples, se déplacer de manière… Peut-être pas discrète, mais déjà moins visible, utiliser efficacement certains outils de chantier –la scie et la hache, pour être précis -, quelques rudiments d’escalade également. Mais plus que tout, ils avaient appris à travailler en équipe.

La nuit du deuxième jour, Ewen partie en reconnaissance. Perché sur les toits alentours, elle observait le chantier avec des jumelles, repérant les différents postes de gardes, désormais plus nombreux, mais toujours peu actifs. Les façons de passer restaient nombreuses car aucune attaque physique n’avait encore été faite contre le chantier. C’était sans doute sa dernière mission simple, avant que les forces en jeu n’augmentent réellement.
Elle passa le troisième jour à préparer des plans et étudier avec l’ancien marin les meilleures façons de saboter les navires dont elle avait les plans. Les autres eurent une journée tranquille avec pour seule consigne de se reposer, ce qu’ils firent avec beaucoup de compétence.


Le rendez-vous était à minuit. Ils se retrouvèrent dans la même taverne et, sans boire d’alcool, attendirent. Attendirent que les fêtards les plus joyeux retournent en direction de leur lit, attendirent que se fasse jeter pour ébriété excessive. A trois heures du matin, enfin, ils se levèrent de leurs chaises et se mirent en route.
La demi-lune qui avait éclairé la première partie de la nuit désormais caché par de lourds nuages, ils avancèrent dans la lumière de la lanterne sourde d’Ewen. Le petit rond de lumière pâle ne révélait les pavés manquants qu’à quelques centimètres des premiers, aussi durent-ils avancer à un rythme lent sur l’ensemble du chemin, et bien souvent ils durent s’arrêter juste avant de percuter un mur venu leur barrer le chemin.
Le trajet n’était heureusement pas long et les saboteurs virent bientôt se dresser devant eux la haute barrière qui encadrait les chantiers. Au loin, les lumières des camps de gardes indiquaient leur position aussi surement que des phares.

La voleuse éteignit la lanterne, puis deux de ses complices firent la courte échelle à un troisième, qui lui-même aida Ewen à franchir la clôture. Une fois en haut, elle accrocha une corde puis se laissa glisser de l’autre côté, bientôt suivis par ses apprentis.
Dans le noir total, ils avancèrent en direction des navires en construction, utilisant les gardes visibles pour trianguler leur position. Le résultat approximatif fut cependant suffisant et ils atteignirent bientôt les imposantes carcasses de bois.

Les vigiles étant concentré sur le périmètre, le bruit des scies, pieds de biches et même celui des haches passa inaperçu. Il était évidemment impossible pour le commando de cinq homme de transformer les constructions en sciure en l’espace d’une nuit, mais ils s’attelèrent à casser les pièces clefs de la structures.
Selon les plans étudiés dans la journée, ils arrachaient, coupaient et sciait les points importants de façon à ce que le poids même des ensembles rendent inutilisables les morceaux restant. Ewen, moins solide physiquement, montait au sommet des mâts pour y accrocher de longues cordes. La tâche était laborieuse et l’effort conséquent, aussi la petite clepsydre de poches qu’ils avaient emmenées leur permettaient de ne pas perdre conscience du temps.

Quarante minutes avant l’aube. L’informatrice donna le signale. Ils se dispersèrent au milieu des bateaux puis, lorsque le deuxième signale vient, se saisirent des cordes accrochés aux mâts et commencèrent à tirer. Leurs bases sciées ne résistèrent pas longtemps et les immenses pièces de bois vinrent s’écraser sur les ponts dans un vacarme retentissant.
Le bruit attira instantanément l’attention des sentinelles encore réveillé qui commencèrent à converger vers les sites de constructions. En courant, les mafieux allèrent aux navires suivant et recommencèrent l’opération, réveillant sur le champ les plus endormis des surveillants.

Le chantier était immense et, même au pas de course, les gardes mirent plusieurs minutes à arriver. Pendant ce temps, les hommes continuèrent leur saccage aussi longtemps qu’ils ne l’osaient avant de partir entre les lumières des gardiens sous le couvert de l’obscurité, toujours aussi total.
La jeune femme atteint la barrière en même temps que le dernier de ses hommes, le cœur battant à toute allure sous le coup du stress. Elle sentait l’air froid bruler ses poumons et la crispation de ses muscles, douloureux d’avoir trop travaillé pendant qu’elle entendait au loin les cris d’alerte résonner. Elle se sentait vivante comme elle ne l’avait pas été depuis des années.
Alma Ora
Alma Ora


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Dim 24 Oct 2021 - 23:52



Les mâts tombèrent les uns après les autres, se heurtant comme des dominos, causant de nombreux dégâts sur de nombreux navires qui ne résistèrent pas tous au poids de ces grands bouts de bois. Alors que je me retrouvai sur les lieux du désastre, face à ces destructions incalculables pour mes émotions touchées, très tôt dans la matinée, alerté par Marshall en personne, mon humeur fut des plus maussades. Celeborn me rejoignit peu de temps après, complètement désemparé. Contrairement à moi, ce gros bébé était très expressif, ces yeux larmoyants imageaient très bien sa tristesse. Je le comprenais parfaitement.

La marine fut également alertée et se trouvait sur place. Une enquête était en cours pour déterminer la cause accidentelle ou criminelles. Je laissai les prétendus experts examiner les débris durant la journée. La journée fut d’ailleurs destinée à prévenir les clients, à réaliser des ajustements commerciaux avec ces derniers pour ne pas perdre les chantiers en cours. Les retards seront évidemment considérables. Telles que les choses étaient présentées, la cause accidentelle était préférée pour ne pas semer la panique dans le prestigieux royaume de Bliss. Ou par incompétence. Celeborn et moi-même décidâmes de vérifier cela sur l’un des navires sur lequel le pont principal était encore en place.

- T’en penses quoi, Al’ ? Accident ? demanda le géant en ne regardant que les dégâts les plus visibles.

De mon côté, j’analysai le mât principal, celui qui tomba comme tous les autres autour de nous. D'après les experts, tous ces mâts tombés constituaient un défaut majeur dans la conception des navires. En plus de devoir faire face à cette tragédie, la réputation du chantier en prenait un coup. Néanmoins, après une brève observation, je remarquai des marques de crocs, comme ceux d’une scie, par exemple. Et seulement d’un seul côté. Cela prouvait bien le sabotage. Les coupables avaient sciemment coupé une partie du mât avant de tirer pour le faire tomber. Je vérifiai les autres mâts qui confirmèrent mes pensées. Je fis part de mes doutes au direction actuel.

- Il s’agit de la mafia.

- Je me doute. J’ai refusé toutes leurs propositions et n’ai pas cédé au chantage. C'est la suite logique des choses.

- Sauf que la marine défend la cause accidentelle. Nous n’aurons pas leur soutien.

- C’est politique. Et peut-même économique. Les mafieux ne sont pas des criminels officiellement, leurs activités sont absolument légales. Étant riches et puissants, ils exercent souvent une pression aux maires et chefs de garnison.

Je me tins le menton et réfléchis un instant.

- Ne réfléchis pas longtemps, Alma, fit le directeur pour m’interrompre. Nous ne sommes pas de poids.

- Ecoute-moi bien, Marshall. Tu fais absolument ce que tu veux, mais je ne laisserai pas ce chantier tomber dans les mains de pourritures, conclus-je en claquant violemment la porte derrière moi.

***


Le soir même, alors que la pluie tomba violemment sur Portgentil et ses alentours, les Everglades se trouvèrent momentanément plongé sous l’eau. Par ailleurs, les cieux semblèrent si en colère que la foudre s’abattit sur les entrepôts de Robert Lapointe, provoquant divers incendies et évidemment la destruction des biens entreposés à l’intérieur. Impossible de prouver la cause criminelle, mais le hasard ne pouvait exister chez un tel personnage. Alma, le sorcier utilisateur du climat tact, était définitivement décidé à protéger sa famille.



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