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Le retour au Royaume des Dunes

Rappel du premier message :



El Jezada. Ethan ressentait une certaine joie à l’idée d’y retourner. Il ne montra et resta stoïque tout le trajet durant, mais revoir ces sympathiques villageois et les dirigeants de ce désert rendit le voyage agréable. Autrefois, il ne supporta pas cette chaleur, mais la toléra à présent. Le petit homme, bien que toujours petit homme, grandit durant ces quelques années. Peut-être moins impétueux qu’auparavant, le regard un peu plus adouci, les traits plus apaisés... son récent affrontement y fut certainement pour beaucoup, mais l’officier n’était plus tout à fait le même homme.

Malheureusement, le motif de leur visite n’était guère très réjouissant. Le dirigeant en place, alors que les accords n’étaient pas encore tout à fait aboutis avec le gouvernement, appela à l’aide à cause d’attaques incessantes des hommes de Frost. Habile. Le royaume des dunes n’était pas encore intégré dans le cercle d’or, les paperasses prenaient du temps, et évidemment, un petit malin comme Le Fléau ne raterait pas une telle occasion. Ils ne voyagèrent pas pour une rencontre de courtoisie. Ce fut une véritable armada qui accompagna ce trio formé et mandaté par Kenora en personne.

L’île était d’une taille relativement dense. D'après les informations récoltées, les pirates avancèrent jusqu’à un village où ils semblaient avoir posé leur campement. Ou utilisaient les campements des autres. Daniel Mattlefield s’approcha de son vieil ami et scruta l’horizon de sa longue-vue. « Tu te rappelles des types qui m’avaient enlevé ? » Ethan acquiesça. « Ils n’étaient pas seuls. Des villages entiers s’opposaient à cette affiliation au gouvernement. » Le contre-amiral ne sembla pas plus étonné par les propos du commodore. « Je saisis, rétorqua Levi. Frost a bien étudié son terrain avant d’y envoyer ces soldats. Le peuple d’El Jezada est divisé, donc nulle difficulté de trouver un soutien sur place afin de faire tomber le pouvoir politique en place. »

L'art de la guerre. Manipuler des pions et les placer au bon endroit. Ethan apprenait encore à utiliser cette discipline indispensable à tout grand officier, mais son adversaire du jour le surpassait de loin. En plus d’avoir un pied-à-terre, ce dernier disposait d’hommes et de femmes supplémentaires, qui pourraient devenir des otages sans qu’ils ne puissent en prendre conscience. Une sacrée belle bande d’abrutis, pensa l’officier. Si cela ne tenait qu’à lui, il les massacrerait au même titre que les pirates, mais cela ne sera sans doute pas validée par ses supérieurs. Ni même par ses camarades. Daniel le regarda fermement, comme s’il devinait précisément les songes de son camarade.

Après tout, cela éviterait d’autres incendies, d’autres opportunités offertes aux empereurs. Ce fut été le raisonnement du jeune officier, autrefois, dont l’envie de faire couler le sang aux impurs fut débordante. Son raisonnement fut à jour différent. Pourquoi ne pas laisser les pirates envahir le royaume, laisser le temps aux traitres de regretter, puis ensuite venir leur sauver les miches, leur faisant ainsi comprendre que l’affiliation au cercle n’était pas une si mauvaise chose. Là encore, sans réellement comprendre comment une telle chose fut possible, Daniel le dévisagea. Un Levi restera un Levi, quoi qu’on en dise.

L’armée du gouvernement se trouvait actuellement sur le sable. Chose exceptionnelle pour les néophytes, qui découvraient cet univers surréaliste, tandis que Jakku resta stoïque, Yamamoto occupé à chouchouter son arme, Ethan et Daniel continuèrent leurs bavardages. Leur destination ne pouvait être autre que Sahrakis, plus grande cité du royaume où se trouvait le Califat, celui que le gouvernement désignait comme le souverain d’El Jezada. Ethan et Yamamoto eurent un peu honte de ce raccourci qui ne représentait pas réellement la réalité du système politique.

Penser que l’on pouvait naviguer ici comme dans n’importe quelle mer a causé la perte de nombreux équipages. S'ils réussirent la première fois et maintenant encore, ce fut uniquement grâce aux scientifiques de Sahrakis avec lesquels le gouvernement entretenait de bonnes relations. La vigie annonça l’approche de la grande cité. Les sentiments de l’officier étaient pour le moins partagés. D'un côté heureux de retrouver ces terres arides, mais de l’autre un peu préoccupé de se confronter de nouveau aux Sunsets. Son statut ne lui permettait plus de s’attaquer aux menus fretins. Après Kiyori, c’était maintenant au tour de Frost, avec évidemment l’accord de la cheffe.

Mais l’émotion qui domina le plus en cet instant : l’excitation. À l’approche des rudes batailles, Levi ressentait toujours une terrible excitation. Probablement un reste génétique de sa famille.

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Un coup de feu fait sauter une des plaques de l'étrange gantelet de mon adversaire, sa main s'ouvre et relâche brièvement la pression sur ma gorge, me laissant une occasion que je saisi immédiatement, en collant mon pied au milieu du ventre de de mon adversaire avant de l'utiliser comme support pour un Geppou qui m'arrache à sa prise et nous envoie tous les deux voler dans le sable des dunes.

Je me relève avec peine, hoquetant et aspirant avec difficulté l'air brulant qui revient dans ma gorge douloureuse, maintenant je sais ce que ressente les pendus, et je connais une bonne légion de pirates qui devraient me remercier d’avoir toujours privilégié les décapitations aux pendaisons publiques...

Un regard autour de moi me confirme que la débâcle qui m'a frappé s'étend sans surprises au reste de mes hommes, la 102eme a été saigné à blanc par l'assaut, et de la magnifique division immaculée que je commandais il y a encore quelques jours ne subsiste qu'une poignée de survivants hagards, sales et dépareillés, qui continuent à lutter avec l’énergie du désespoir en se faisant lentement submerger par les nomades.

Incapable d'articuler un ordre, j'empoigne l'officier le plus proche et lui indique la seule planche de salut qu'il nous reste après notre ruée sauvage à travers les lignes. La, a quelques encablures de notre position, les chars à voiles des nomades sont maintenant presque à notre portée, en tout cas pour quelques uns des nôtres. Et pendant que le sergent entreprend de diriger les hommes dans ma direction, je prends la tête de la colonne, et atteignant le char à voile le plus proche, j'entreprends de liquider les quelques sauvage qui s'y trouvent pendant que mes hommes me rejoignent et se jettent à la manœuvre.

Le sable crisse sous les roues des chars dont les voile se gonflent pendant qu'ils plongent dans les dunes, chargés jusqua la gueule des soldats les plus rapides, pendant que les plus lents ou les plus blessé sont abandonnés sur place et immédiatement taillés en pièce par la horde de nos ennemis. Seule satisfaction a ce sombre tableau, la princesse semble retenir ses hommes, préférant probablement consolider sa victoire en s'assurant de l'avant poste, ou peut étre simplement nous laissant à la merci des vers ou estimant maintenant notre menace tout à fait négligeable...

Une erreur évidemment. S'il y a bien une chose que j'ai appris, c'est qu'il ne faut jamais laisser passer l'occasion d'achever un ennemi vulnérable. Et pendant que je m'efforce de ne pas m'effondrer au pied d'un mat comme le reste de mes hommes, je me jure de graver au fer rouge cette leçon dans le crane de la jeune fille...

Jakku n'oublie jamais ! Et il ne pardonne pas.

-Colonel ? Que faisons nous?

D'un geste j'indique celui des navires qui, profitant de ce qu'il n'est pas aux prises avec les vers, est en train de couvrir notre retraite à coups de canons. C'est la qu'est le salut pour l'instant. Pour le reste nous verrons plus tard. Mais il est clair que le revers que nous venons de subir met à mal toute notre stratégie, et ne va pas plaire du tout à nos alliés...
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De là où elle se trouvait, elle entendit comme tout le monde l’annonce de sables en vue et la nouvelle lui causa un frémissement, de ceux qui commencent dans le creux du dos pour s’évanouir dans les épaules. Le voyage tirait à sa fin.
Enfin.

El Jezaba. Le nom et son premier visuel, au loin, lui ramenaient en mémoire des souvenirs mitigés. Certains délicieux, comme le fait d’avoir pu mirer de plus près Ethan à l’œuvre, un charmant baiser saoul avec un de ses si agréables collègues tout autant aviné - s’il avait eu lieu autrement que dans ses pensées chaotiques de l’instant -, des lieux enchanteurs à leur manière, plein de jolies pierres, des rencontres sympathiques, une compagnie pas aussi ennuyante que prévue, des vêtements adorables à voir, ou des repas fort joyeux. D’autres moins doux, tels qu’un jumeau difficilement tenable, à la limite de l’odieux, des histoires de vilains, des frayeurs fort heureusement injustifiées, un monstre peu attirant, des sables qui grattaient en entrant dans les trous des vêtements quand ils n’avalaient pas des gens, ou un aveu difficile de plus à son petit frère.
Celui qu’elle ne pouvait plus réellement le protéger, même s’il n’avait pas été soufflé en ces mots exacts. L’écart de puissance entre leur aîné et elle s’était bien trop élargi pour qu’alors elle fut encore apte à dévier un minimum les coups de lames qui lui étaient dédiés. Que cela soit devenu pire maintenant ne rendait pas obligatoirement le tout plus facile à accepter. Encore moins qu’avant désirait-elle à présent percevoir ses deux adelphes s’affrontrer.

La jeune femme se força cependant à mettre tout cela de côté. Silencieusement, la fausse scientifique sortit de son trou et fila rejoindre le capitaine. Si son changement de tête surprit peut-être quelques marins sur le chemin, il y eut mieux à faire que de s’interroger à son sujet. Les navires, appelés à la rescousse par le vice-amiral Levi, furent en effet bien trop tôt approchés par un trio d’autres aux couleurs locales.  
Prête à tenir un bout du long marché qu’elle avait passé avec le capitaine pour obtenir l’autorisation d’embarquer sans avoir à se planquer dans un tonneau, Lydia scruta les nouveaux arrivants, chercha dessus des marques ou des faciès qui lui disaient quelque chose, lorsque leur distance fut assez divisée pour ce. Grimée en Jenna, une fausse identité qu’elle ne pensait jamais ressortir, l’ersatz de scientifique patienta alors, l’oeil alerte, disposée à utiliser son passif sur l’île pour tenter de leur obtenir à tous un équivalent de laisser-passer dès que son faux chef du moment lui ferait signe. Et attendit encore, tout en se remettant en caboche pour la cinquième fois de la journée les manies qu’elle avait inventé pour sa couverture, de pouvoir enfin se montrer réellement utile auprès de son si gentil chauffeur temporaire.
Il n’y eut finalement cependant pas besoin d’elle pour éviter un affrontement : l’un des bateaux de tête se chargea visiblement avec succès de la partie parlotte. Après quelques latences compréhensibles, tous les bâtiments se remirent donc en route, cette fois dans une direction commune.

Un tout petit soupir de soulagement lui échappa. Se re-glisser dans le détail exact de la peau de l’amoureuse de sciences pourrait attendre leur débarquement. Que d’autres aient réussi à obtenir à sa place des guides pour naviguer dans les sables n’était vraiment pas un mal, même si ne rien faire l’agaçait. Ces étendues immenses à l’air si morne, qui floquaient tout d’une fourbe impression d’endormissement, étaient après tout plus traîtres encore que la merveilleuse gorgone trompeuse qu’on nommait mer.
Si, que cette dernière cherchait parfois à mordre sans y parvenir faisait tout le sel d’une fort bonne traversée, l’ancienne cp préférait vraiment ne pas trop, trop tenter le hasard dans les déserts navigables. Se faire accompagner par des personnes les connaissant par cœur était donc plutôt rassurant, qu’importait la méthode employée pour obtenir leur présence.

Ses doigts vinrent délicatement tapoter sur un bastingage, alors que ses yeux se rivaient à nouveau sur l’horizon. Une blague peu drôle fut prononcée par un marin non loin. Sans quitter du regard là où ils se rendaient, Lydia y répondit malgré tout par automatisme, en riant légèrement.
Un mélange d’excitations variées et d’appréhensions diverses la prenait déjà aux tripes, l'empêchant de formuler à son tour un dire potache. Une frayeur ou une autre, qu’elle ne s’était jamais connue dans le passé, s’insinuait en plus dans le lot. Pour se rassurer, discrètement, la demoiselle vérifia l’emplacement de ses dagues et les plis de sa blouse. Il était hors de question de laisser le vêtement, emprunté cordialement à une doctoresse d’à peu près sa taille, trop l’importuner en cas de grabuge. Elle fit bien. Les tracas finirent en effet par arriver avant qu’elle ait pu vérifier que son petit frère se portait à ravir, but premier de sa présence.

Ce furent les bruits qui les atteignirent peut-être en premiers, plus tard. Portés par du vent sans doute, ou plus poétiquement hurlés par les grains de sable qui virevoltaient ici et là. Le son caractéristique de canons domina un moment le paysage sonore, avant d’être rejoint par de multiples et disparates bruits redondants, tandis que se dessinait peu à peu visuellement la chaotique scène d’un affrontement.
C’était un tableau flou, vibrant de couleurs, au milieu du sable bien trop serein. Sang finissant toujours par saouler le sol mouvant et en même temps si fixe, créatures sorties de cauchemars, corps en mouvements plus ou moins éreintés, parfois sur de longs chars voilés, se mêlaient, se côtoyaient plus ou moins ou s'entremêlaient, certains cherchant à s’échapper de la cacophonie ambiante quand d’autres y pénétraient davantage. Le bois de bateaux assez reconnaissables pour ne pas être confondus avec des ennemis, pas toujours en bonne posture, créait une ébauche de côté de cadre. Un peu partout, les touches éparses d’acier donnaient potentiellement l’impression de temps en temps de réverbérer la lumière, à l’instar de mille petits trésors nullement complètement enfouis.

De si loin, il fut impossible pour elle de tout voir. Cependant, la folie de ceux à terre, virgules vivantes et grossièrement esquissées vues d’ici, contamina rapidement les marins plus proches. Des ordres, des propos fusèrent. Les troupes s’activèrent toutes alors, même le blagueur de tout à l’heure, en un ballet minutieux et mouvementé dans lequel chacun avait sa place.
Légèrement pâle, l’élément en trop qu’elle était s’écarta dans le but de ne pas importuner les manœuvres, regrettant de ne pas avoir gardé la longue vue qu’on lui avait prêté précédemment pour percevoir les visages et se retenant de faire une suggestion qui serait malvenue. Ici, elle n’avait vraiment aucune autorité. Ses mâchoires se serrèrent courtement de frustration.

Bien vite, malgré tout, Lydia se reprit. Quelques coups d'œil et coups d’oreilles lui permirent de comprendre que la flotte se scindait au minimum en deux. Une bonne partie se rendrait visiblement au chevet du bâtiment occupé avec les vers, pour tenter d’y aider. L’autre bout, dont le bateau sur lequel elle avait les pieds, se joindrait, lui, normalement au minimum à la ronde des canons, pour couvrir de manière plus sécurisée la fuite des gens qui appartenaient à leurs rangs, ou se positionnerait pour tenter de récupérer et de panser le plus des dits fuyeurs.
Le confortable navire ici présent étant un bateau médical, fait donc pour soigner, il recueillerait sans doute son lot de naufragés, au lieu de s’approcher en premier au plus près du combat le plus imposant. Enfin. Ce n’était pas comme si elle avait véritablement eu le choix du transport. Il n’y en avait pas eu beaucoup qui étaient partis d’Arcadia, et moins encore qui avaient apporté avec eux, dans un murmure plus ou moins diffus, le prénom de celui dont elle s’inquiétait de ne pas avoir de bonnes nouvelles. Il fallait faire avec.

Une très rapide pensée pour son escorte qu’elle avait laissé à l’hôpital, un regard au capitaine trop occupé, et la donzelle se rapprocha d’un des endroits d’où elle songeait que les secours partiraient peut-être à la rencontre des survivants, une fois le bateau à la place voulue. Elle attendit jusque percevoir quelqu’un qu’elle jugea être médecin ou équivalent débouler des entrailles du navire. Se décida à s’en faire temporairement la garde, médiocre aide-soignante, porte objets, aboyeuse, ou garçon de course ; tout ce qu’il voudrait.
Si elle était complètement inutile pour le moment, elle ne comptait en effet pas rester les bras ballants éternellement, quitte à commencer par effectuer de petites choses. Tant pis si cela salissait la blouse, que son ancienne couverture qu’elle ne comptait plus usiter perdait légèrement en crédibilité, ou que cela ramenait sur le devant de ses songeries d’énième craintes qu’elle devrait oublier ; il lui était, là, tout de suite, hors de question de jouer simplement à la potiche terrorisée, bien cachée dans une cabine, tandis qu’Ethan et ses hommes les plus proches luttaient peut-être là dehors pour rester en un seul morceau. Bref, pour résumer, elle ressentait comme beaucoup de fois dernièrement le besoin de s’occuper. Utilement, si possible, pour ne pas juste bêtement s’inquiéter.

« Tu n’as pas intérêt à être déjà mort, petit frère. » Gronda-t-elle doucement, bas, le front plissé et le cœur battant à ses oreilles. Vraiment pas.
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Ma foi, c’était un très beau débâcle, et j’en ai connu assez pour pouvoir affirmer cela. Les efforts cumulés des renforts parvinrent, avec pertes et fracas, libéré le brave colonel Kattar. Mon petit tour avait eu l’effet escompté, la créature s’était enfouie, avec un pieu au travers du cours, vite suivie par plusieurs de ses congénères. J’ai eu peu de souvenirs de la suite des évènements, si ce n’est qu’une séries de blessures en jouant les appâts pour m’assurer que les vers s’en prennent à moi et laissent nos troupes tranquilles. Je me suis alors débrouillé tant bien que mal pour retourner à bord d’un des navires affrétés par la marine. J’aurais sans doute besoin de deux trois jours de convalescence pour récupérer totalement, le tout en attendant des renforts pour refournir nos troupes.

J’ignore si la primée ennemi avait péché d’orgueil en passant mettre à mal plusieurs officiers de l’amirauté avec sa ruse et ses créatures, ou s’il ne s’agissait que d’une escarmouche pour nous affaiblir, à moins qu’elle n’ait pas anticipé la présence d’autant de forces de nôtres cotés. Quoiqu’il en soit, elle battit en retrait sans essuyer de réelles pertes, si ce n’est les pions sacrifiés sur l’autel de la stratégie. Mais chose est sûre, elle était parvenue à réduire nos forces et nous inculquer la prudence.

Mon propre bâtiment nécessite des réparations d’urgences, et une parties de mon équipage a besoin de soins plus ou moins urgent. Cela nous mettra sur la touches pour quelques jours, les troupes de Kattar elles sont en encore plus mauvaises passes. Le seul point positif est que la régulière s’en est très bien sortit, en jouant la cavalerie. Cela dit, nous en avons tiré plusieurs enseignements, surtout celui que notre adversaire possédait une capacité qui nous causerait beaucoup de tort si on ne parvenait pas à la contrer, et j’avoue manquer d’idées pour éviter de subir un échec cuisant en cas de confrontation. Je soupire longuement, pourquoi dois t’on sans cesse s’empêtrer dans des batailles sur la terre ferme ! On est la marine, merde ! on se bat en mer, sabre contre sabre, on ne joue pas à cache-cache et à qui sera le plus retors…

C’est donc un bien piètre cortège qui retourne à quai, un navire de guingois, un équipage en mauvais état et les reliquats des troupes de Kattar. Une surprise nous attendait cela dit au port, une grande embarcation, couvertes de toiles couleurs safran, et dotés d’étranges banc de nages mouillait à l’un des quais. À bord, une série de nomades aux parures luxueuses vaquaient à leurs tâches en lorgnant un œil mauvais sur notre procession. Un officiel de Saladin nous appris alors qu’il s’agissait d’une délégation d’une des familles nomades venues profiter du fiasco de notre « opération de massacres d’innocents », pour rallier la ville sous leur coupe, et se débarrasser des envahisseurs.
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Pendant la bataille, Ethan perdit le contact avec ses troupes. Sa confiance était totale envers Mattlefield, mais ne pas savoir le mettait dans une humeur maussade. Ses hommes le connaissaient bien, alors ils l’évitèrent tout simplement. Sauf qu’il resta étonnamment calme et cela inquiéta Mozart, le fidèle cyborg retrouvé un matin au pied de la porte du vice-amiral qui, depuis ce jour, ne quitta jamais son nouvel ami. C’était le seul qui restait à ses côtés et qui ne risquait rien. Levi faisait les cents pas dans la grande salle du trône. Il finit par s’arrêter et se retourna vers Mozart.

« Que veux-tu ? lui demanda le musicien cyborg.
- Ramène-moi Harùn, tout de suite. Il est temps pour lui de me prendre au sérieux.
- Entenduuuuuu ???? »

Le cyborg vêtu comme un motard quitta la grande salle d’une démarche dynamique. L’amiral reprit ses pas frénétiques et impatients, quand un soldat entra à son tour. Etant donné le court laps de temps, il se doutait qu’il ne s’agissait pas de Mozart et son empathie lui permit que ce n’était pas sa présence. Il ne fut donc pas surpris de voir cet homme entrer, porteur d’un message, d’une bonne nouvelle. Une bonne nouvelle qui ne l’était pas tant que cela.

« L’équipage du commodore, ainsi que les flotte de l’élite, ont remporté la bataille ! »

Le visage de l’officier s’apaisa. Mais le visage du soldat se rembrunit quand Levi lui demanda un bilan.

« Alors, soldat ? Réponds-moi.
- La 102ème est lourdement touchée. Le colonel Kattar est bien atteint et la grande partie de sa flotte est anéantie. Leur survie ne tient qu’à l’intervention du commodore et de l’incroyable détermination du colonel Kogaku qui, à lui seul, a tenu contre l’ensemble des vers de sable.
- Préparez mon navire. Je termine une petite affaire et nous partons pour Sahrakis. »

Les nouvelles étaient mauvaises. L’officier réfléchit aux options possibles. Cela ne dura qu’un court instant, l’apparition soudaine de Mozart et d’Harun l’interrompit. Il serra le poing en voyant le prince marchand. Le cybord comprit qu’il devait quitter la pièce et le fit sans un mot, refermant doucement la porte derrière lui. Au regard de l’homme se trouvant face à lui, Harun comprit aisément qu’il était dans une bien mauvaise situation. En bon commerçant, il savait lire sur le visage des clients. Là, il avait un bon client.

Ethan le saisit par le col et le balança contre le fauteuil derrière lui. Harun tenta de garder de la contenance face à la situation, mais le vice-amiral n’avait pas l’intention d’en rester là. Il déboutonna sa veste, la plia et la posa délicatement sur un autre fauteuil. L’air absolument décontracté, il retroussa les manches de sa chemise.

« Que croyez-vous faire, Ami- »

Le prince n’eut pas le temps de finir sa phrase. Il reçut une violente droite, maîtrisée en terme de puissance, mais suffisamment pour l’étourdir et lui faire comprendre que l’officier n’avait l’intention de rire et de prendre des pincettes.

« C’est moi qui pose les questions, Harûn. Le temps presse et chaque parole est coûteuse. Acquiesce d’un hochement de tête si les règles sont comprises. »

En se redressant en douceur, le regard du prince montrait de la crainte. Il n’était pas en sécurité en compagnie du vice-amiral. Pas dans cet état et pas dans cette situation. Il acquiesça sans opposer aucune résistance. Harûn était un homme intelligent. Il pouvait savoir quand son interlocuteur était un plaisantin et quand il était capable de tout. Nulle besoin de l’empathie pour cela. Le langage corporel était suffisant. Ici, Levi n’exprimait rien d’autre qu’un torrent de rage, calme mais terrifiant. On pouvait l’imager à ce flot d’eau qui descendait d’une cascade, apaisant mais impitoyable. Il s’exprimer d’une voix calme mais ses coups étaient destructeurs. Harûn avait peur.

« Je n’aurais qu’une seule et unique question : où se trouve Jones ? »

Une nouvelle fois, le visage d’Harûn se crispa. Il s’en doutait mais souhaitait de tout son être répondre à une autre question.

« Jones ?! Mais veux-tu que je le sa- »

La peur lui fit prendre des risques. Ethan appliqua simplement la seule et unique règle : c’était lui qui posait les questions. Cette fois-ci, le prince se prit une gauche qu’il ne vit pas venir, aussi douloureuse que sa sœur nommée « droite ».

« C’est moi qui pose les questions. Contente-toi d’y répondre, Harûn. »

Le vice-amiral avait prévu d’y passer du temps. Alors, pour la première fois depuis un moment, il ne s’impatienta et se contenta de respecter la seule règle émise. Ce jeu dura deux longues heures. À l’issue de cette partie, Harûn, complètement défiguré, fut emmené d’urgence au navire médical de la flotte de l’amiral. De son côté, Ethan ne demanda qu’une nouvelle chemise blanche, celle qu’il portait étant maculée de sang.

***

Le navire avait été préparé en amont et une partie de la flotte s’en alla donc sans attendre. Le Leviathan en tête, leur commandant retrouva son impatience habituelle, pressant son équipage pour arriver le plus tôt possible. Cette chaleur assommante l’agaçait davantage. Même les cocktails frais qu’on lui préparait ne parvenaient à l’adoucir. Il sentait que quelque chose ne tournait pas rond et souhaitait reprendre le contrôle de la situation. Ethan était un homme de contrôle. Dès lors qu’il ne contrôlait pas une situation, il devenait irritable et irrassasiable. Les soldats le savaient tous et évitaient les interactions dans ces moments. Ils se surpassaient tout simplement dans leur tâche afin d’éviter toute remontrance.

***

Sahrakis

Le navire au port, l’ancre jetée, Ethan n’attendit même pas que l’on descendît les marches. Il sauta tout simplement et se réceptionna au sol avec élégance. Il n’attendit même pas son escorte. Le pas lourd et dynamique, il imposait la terreur. Même s’il était considéré comme un héros, ici, à Sahrakis, tout le monde connaissant son caractère éruptif et préférait silencieusement lui ouvrir le chemin jusqu’au palais. Rapidement sur place, il fut accueilli par un serviteur qui ouvrit la porte. Son regard se porta immédiatement vers Saladin qui escortait une délégation de marchands, riches et puissants, à en juger par leur tenue. J’arrive bien trop tard, songea-t-il. Le chef des lieux ne daigna même pas le regarder, presque honteux et s’en alla vers ses quartiers. Déterminé, Ethan alla lui emboîter le pas, mais Mattlefield apparut de nulle part pour le stopper.

« Bordel ! T’étais où ? Je n’ai pas ton statut pour arrêter ce genre de fiasco. Notre échec – même si nous avons théoriquement remporté la bataille – a attiré bon nombre de connards plein aux as. Saladin est complètement en train de craquer. Il pense que nous ne sommes pas de taille.
- Fait chier, pesta l’amiral. Quelle fiotte ! Il va voir si on n’est pas de taille !
- Attends, Levi. Ce n’est pas tout.
- Quoi encore ?
- Ta sœur. Elle est ici. »

Tout à coup, une expression peu habituelle s’inscrivit sur le visage dur et ferme de l’officier. Daniel en fut le premier surpris. Ses traits s’étaient adoucis et imprégnés de crainte à la fois. Que faisait-elle ici ? Pourquoi ne l’avait-on pas averti de son départ d’Arcadia ? Etait-elle en bonne santé ? Ethan ne l’avait pas vue, alors avait-elle participé à la bataille ? D’innombrables questions submergeaient l’esprit du jeune homme qui vacillait. Une nouvelle fois, le commodore, de ses grandes mains, le saisit par les épaules, puis le gifla un bon coup. Levi le regarda sans piper mot. Il était de nouveau revenu lui-même.

« Tout est sous contrôle. J’en prends le plus grand soin, comme si c’était ma propre sœur. Elle t’expliquera tout à ton retour. File donc faire ce que tu fais de mieux, vice-amiral Levi. »

Il s’en alla en direction des quartiers du prince, puis s’arrêta un instant.

« C’est la dernière fois que tu me gifles, Danny. »

Mattlefield esquissa un sourire. Ce n’était pas la première fois – et probablement pas la dernière - qu’il dût utiliser ce moyen pour remettre son ami sur les rails. Pourtant, à chaque fois, Ethan lui balançait cette phrase.

***

« Tu joues à quoi, Saladin ?
- Je te retourne la question ! Tu parles d’une victoire ! Regarde l’état de Yamamoto et de la flotte de votre nouveau pote ! On appelle ça une déculottée chez nous ! Ce sont seulement quelques nomades dirigés à distance par un ancien de chez vous !
- Arrête donc de jouer ta vierge effarouchée. Le colonel Kattar n’est pas du tout familier de cet environnement, alors tomber contre des locaux était le pire baptême que l’on pouvait lui réserver. Mets-le directement face à Jones et tu verras qui repartira la queue entre les jambes.
- Avec quelle flotte ? Sa flotte a été pratiquement décimée.
- Des renforts arrivent. Ça m’embête de tenir ces propos, mais les hommes se remplacent. Aussi bien les soldats, les amiraux, les princes…
- Mon héros me menace à présent ? »

Ethan vit qu’il avait dépassé les limites. Mais dans ce genre de situation, la meilleure chose à faire était d’attaquer sans arrêt. Le silence n’était pas permis.

« Saladin, t’avons-nous déçu une seule fois ? As-tu une seule fois, depuis notre accord, regretté l’intervention du gouvernement dans ton royaume ? »

Le Prince prit la posture d’un véritable souverain. Grand, impérial, charmant et imposant, le vice-amiral paraissait subitement moins impressionnant.

« Vice-Amiral Levi, j’ai un royaume à diriger et je dois le protéger quoi qu’il m’en coûte. À l’heure des comptes, vous n’êtes pas vraiment favoris. Mon royaume s’effondre, votre armée s’essouffle et ceux qui me détestent en profitent pour me destituer. Ce Jones est introuvable. El Jezada est vaste. Comment voulez-vous gagner contre un ennemi invisible ? »

Saladin fut soudainement décontenancé par le terrifiant sourire qu’affichait son interlocuteur. Le petit homme semblait maintenant presque plus grand que le souverain. Il se redressa de toute sa taille et arbora une posture plus convaincante. La confiance qui émanait de lui bouleversa Saladin qui, finalement, se sentit rassuré. Cet homme est plein de ressources, pensa-t-il.

« Assieds-toi et attends-moi. Je sais précisément où se planque ce rigolo. »
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-Le probléme ce n'est pas les nomades ou les chiens de Frost, le probléme c'est l'alliance des deux ! Les nomades ont le nombre et la connaissance du désert mais ils n'ont ni la discipline ni la puissance de feu pour nous résister. Quand aux pirates, nous avons bien vu qu'ils sont trop peu nombreux pour oser nous affronter de face. Pour gagner nous devons réussir à les affronter séparément ! Il faut réussir à les manœuvrer et les séparer !
-C'est hélas plus facile à dire qu'a faire Colonel. Pour l'instant c'est eux qui continuent à mener la danse. Il semble clair au vu de l'embuscade dans laquelle vous étes tombés, que dés que nous sortons des villes nos ennemis sont bien mieux renseignés que nous. J'en viens presque à penser que c'est Frost qui a choisi les meilleurs alliés...

A coté du Commodore Mattfiel, le cyborg guitariste léve la main pour plaquer un accord mais s’arrête au moment ou je le foudroie du regard. A sa place, Kogaku ne bouge pas. Réfléchissant ? Attendant Levy qui n'a pas daigné nous rejoindre dés son arrivée ? Et elle ? Une autre Levy, mais simplement lieutenante ? Cette histoire ne me plait pas non plus. Il y a chez elle quelque chose que je ne sens pas. Qui ne me plait pas. Mais je n'ai pas le loisir de m’appesantir la dessus pour le moment.

-Je crois que vous mettez la main sur un point important de notre situation Commodore. Effectivement, nos alliés ne sont pas à la hauteur. Et il est facile de savoir pourquoi. Ils ont trop à perdre ! Ils sont riches, bouffis d'orgueil, et surtout terrifiés à l'idée de perdre leurs luxueuses demeures, leurs précieux esclaves, et les prérogatives que leur octroi le gouvernement mondial. Les nomades eux n'ont rien à risquer de plus que leur vie. Alors que de notre coté, nous devons mendier chaque homme que les princes marchands détournent de leurs défenses, ce qui contribue à nous immobilier en ville et nous rendre vulnérable et facile à trouver...

Cela dit. Il ne tient qu'a nous de proposer à nos amis une meilleure motivation. Amiral Kogaku, que diriez vous si, sous prétexte de leur assurer une protection disons... personnalisée... nous prenions en charge par exemple... les ainés des plus grandes familles nobles parmi nos alliés ? Avec eux entre nos mains, il serai peut être plus facile de faire comprendre aux princes notre besoin urgent de troupes et de navires pour reprendre une guerre d'offensive plutôt que de laisser le champ libre aux manœuvres ennemis...


Kogaku soutient mon regard sans broncher. Je suppose qu'il doit comme moi évaluer les risques et les bénéfices. Bien sur, s'emparer de ce qu'on ne peut désigner que comme des otages ne plaira pas aux princes, mais ils sont de toute façon déjà trop liés au Gouvernement pour reculer. Et de toute façon si nous perdons, cela n'aura aucune importance, mieux vaudra des alliés a qui on a forcé la main qu'un royaume quittant le conseil Mondial pour s'allier à un des empereurs !

Impossible que Kogaku ne soit pas d'accord avec moi, dans une telle situation nécessité fait loi.

-Ah. Bien, vous êtes tous la....

Ethan rentre dans la pièce comme à son habitude, il est si concentré qu'il donne l'impression d'occuper beaucoup plus d'espace que sa petite taille. Impressionnant. Malgré sa carrure, le regarder avancer donne toujours une étrange impression d'inertie inarrêtable.. Le plus souvent en tout cas, car l'infime mouvement de son regard en direction de sa sœur ne m'échappe pas...

-Nous débattions des meilleurs moyens d'obtenir de l'aide de nos sois disant alliés...
-Ce ne sera pas la peine. J'ai trouvé nos ennemis.

Je retiens une exclamation de surprise, me contentant comme tous les autres de me rapprocher de la carte d'état major devant lequel l'amiral s'est planté. M'abstenant également de reprocher aux officiers une absence de salut de rigueur que je commence à trouver agaçante... La discipline se perd, il faut que je me surveille.

-J'ai réussi à trouver un indicateur un peu plus au fait que nous de leurs projets. Et grâce à lui j'ai obtenu deux infos cruciales, pour peu que nous agissions assez vite. D'abord, les tribus nomades se sont regroupés en une armée puissante, certainement pour éviter de retomber sur le ratissage organisé par la 102eme. Ils se rassemblent dans une cité nommée Ulthar, une cité antique disparue sous les dunes, et qui s’avère être un lieu saint pour les nomades, et surtout un lieu tout à fait réel bien qu'enfouie sous le sable, Juste ici !

Le retour au Royaume des Dunes - Page 2 El_jezada

-C'est amusant chef, vous avez point exactement ce dessin de monstre au milieu du désert.
-Oui, et ce n'est pas amusant. La flotte de Frost de son coté est en ce moment a l'amarre dans l'abri naturel d'une série de dunes rocheuse à proximité. D’après mes informations ils sont en train de mettre à profit notre repli pour planifier la suite de leur campagne. Et évidemment ça ne durera pas. Mais nous avons l'occasion de frapper les uns ou les autres...


Dernière édition par Jakku Kattar le Lun 8 Aoû 2022 - 8:21, édité 1 fois
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« Serait-il parmi les pertes ?
- Si l’ennui peut le tuer, peut-être. »
Bougonna le pauvre et inconnu marin blessé qu’elle questionnait presque innocemment.
« Le vice-amiral n’était pas de la bataille. »

En réponse à cette affirmation, un léger soupir bienheureux mourut sur ses lèvres. Tandis qu’une espèce de petit noeud désagréable finissait discrètement de se défaire dans ses entrailles, Lydia laissa rapidement courir son regard sur ses alentours.
Se réjouir ainsi de la nouvelle, alors que tant d’autres corps se crispaient de douleur - quand ils ne s’éteignaient point -, n’était peut-être pas formidable. Mais au moins ne craignait-elle plus trop de percevoir la trogne de son petit frère dans la vague de blessés qui se pressait là. Elle n’avait plus non plus à imaginer comment arracher son cadavre des griffes des dunes sableuses.

La discussion, afin de distraire l’homme en passe d’être traité, reprit et fut menée vers d’autres sujets bien moins graves. Tout va bien. Le commodore Mattlefield le lui confirma une seconde fois presque délicatement, quelques temps plus tard et peu après s’être aperçu de sa présence.
Tout va bien. Les tremblements, qui s’étaient mis de temps en temps à agiter ses doigts depuis qu’elle aidait sagement le docteur du haut de ses maigres compétences, se calmèrent lentement enfin.


***

Dans les quartiers d’invités de la cité abîmée, la réunion post-victoire aux relents de débâcle commença réellement. Ethan, absent jusque-là, fit son entrée, apportant avec lui des informations d’importance. Fait inutile, mais intéressant : il se mit à aligner beaucoup de phrases, presque davantage que toutes les dernières fois où elle l’avait entendu. Peut-être parce qu’il est là dans son élément ?
Même si sa soeur ne décela chez lui aucun signe flagrant de reconnaissance, il l’avait perçue, elle n’en doutait point. Et si elle ne se satisfit guère de ne pas le percevoir se décomposer comme lors de leur précédente rencontre dans le coin, c’était uniquement parce qu’elle n’y songea pas.

Il va bien. Se força-t-elle à croire enfin pour de bon temporairement, afin de remettre sans s’auto-culpabiliser à plus tard un examen visuel plus approfondi. Ses yeux bleus glissèrent finalement sur la carte de l’île, papillonnèrent doucement. Elle demeura brièvement silencieuse, enregistrant distraitement d’autres nouvelles qui l’auraient en temps normal bien plus intéressée, légèrement perdue comme elle l’était toujours dans une ou deux pensées sans grand intérêt pour autrui, fatiguée en partie par la journée compliquée.
Émergea réellement alors que les marins échangeaient sur des questions techniques qui ne la concernaient pas. Le temps nécessaire pour récupérer un peu plus de troupes capables de se mouvoir et de combattre fut notamment abordé.

« Acceptez mes excuses pour cette interruption. L’un de vous pourrait-il expliquer ce qu’il s’est exactement passé depuis le jour de votre débarquement ici, s’il vous plaît ? »
Finit-elle par s’enquérir, avec une pointe de regret, lors d’un trop court silence ou un autre.
La jeune femme avait bien fait son «travail» de préparation : elle s’était rapidement renseignée à gauche et à droite, et Daniel s’était aimablement chargé de lui faire un court resumé des événements passés. Cependant, entre des bouts d’informations à recoller ensemble et un rapport avec de la chance davantage détaillé, le second restait plus sûr. Normalement. Surtout provenant de la bouche des présents actuellement. Et puis un point sur la situation servirait bien à d’autres qu’elle, non ?

« Lorsque nous sommes arrivés, Sahrakis était assiégée par les anti-royalistes et les Sunsets. » Eut la gentillesse de commencer Jakku, se pliant le premier à l’exercice après un court silence de plus.
Cela expliquait l’état de la ville. Si Dectelion et ses alentours ne fumaient plus, certains de ses bâtiments étaient hélas un funeste reflet de l’état des troupes du militaire.

« Nous avons libéré les lieux, avant de chercher à rallier les autres grosses cités. Sirthre a pris le temps de la réflexion, mais le vice-amiral Levi s’est chargé d’aller leur démontrer l’utilité de se joindre aux efforts du gouvernement mondial plutôt que d’accepter des pots-de-vin de Frost.
- As-tu réussi ? » Interrompit-elle rapidement. La réponse fut celle qu’elle attendait.
« Oui.
- Syddharta quant à elle s’est repliée sur elle-même. »
S’y étaient-ils rendus, là aussi ? Elle ne le sut pas. Le sieur Kattar enchaîna. La toisa-t-il légèrement au passage ? Peut-être. La phrase suivante fut en tout cas prononcée à peine plus lentement que les précédentes.
« Lors d’une attaque sur une petite ville d’anti-royalistes, un piège s’est refermé sur les hommes sur place. Le colonel Kogaku est parvenu à limiter le nombre de morts, précédant le commodore Mattlefield, puis l’arrivée du reste de la régulière.
- L’ennemi a fait utilisation de color trap. » Souligna rapidement Daniel, quand il pensa que le colonel avait fini de parler. « En plus de plusieurs vers que leur cheffe semble savoir appeler. »
Le second hocha à peine la tête, reprit la parole :
« Même si la victoire a été finalement nôtre et que nous avons abattu beaucoup plus de leurs hommes qu’ils ne l’ont fait chez nous, le fait qu’ils soient plus nombreux nous dessert : en terme de pertes, nous ne pourrons continuer longtemps ainsi.
- Les recherches sur les points faibles des vers sont toujours en cours. » Rajouta à son tour Yama, d’un ton taciturne.
« Mais nous savons maintenant où se trouve pour l’instant le gros des forces ennemies.
- Une délégation importante de nomades a profité de l’occasion pour venir tenter de faire plier Saladin et la ville devant leurs désidératas. Le calife nous garde sa confiance pour le moment et les princes marchands de Sirthre ne devraient plus nous causer d’ennuis. » Conclut pour sa part Ethan.
Elle hocha la tête en guise de remerciements, assimilant tout cela, corrigeant les petits bouts d’informations qu’elle avait déjà en sa possession.

La raison principale de sa venue n’avait pas changé depuis qu’elle avait aidé à s’occuper de blessés sur le navire médical. Ou lorsque le commodore Mattlefield s’était montré fort gracieux à son égard, en lui permettant notamment de rechiper de quoi se vêtir auprès d’une officier - les autres blouses à disposition étant tout aussi sales que la première piquée -. Le gentillet demi-savon bougon qu’il lui avait passé pour ne pas être restée sur Arcadia n’avait rien non plus changé à sa détermination.
Bien consciente d’être la petite pièce en trop dans cette réunion, elle pouvait tout de même être au minimum un tout petit peu utile, normalement. Sachant fort bien que la mission passait avant tout, même des retrouvailles moins publiques avec son merveilleux frère, elle espérait maintenant que Yama, comme Ethan ou le sieur Kattar, accepteraient au moins de prendre en compte sa connaissance du terrain et de la laisser s’occuper d’un point, ou d’un autre, pendant qu’ils se concentreraient sur tout le reste s’ils ne désiraient pas l’avoir tout le temps dans les pattes. C’était après tout toujours plus facile de bosser avec l’aval d’autrui. Sinon elle ferait ce qu’elle se redécouvrait savoir assez bien faire dernièrement afin de les délester d’un fardeau ou d’un autre : se passer de permission, puis demander pardon. Cela fonctionnait aussi. Dans tous les cas, elle ne regretterait sans doute jamais d’être venue ; outre que cela lui donnait l’occasion de pouvoir le couver un peu, c’était aussi celle de vérifier si Ethan supporterait de travailler avec elle. Sans histoire de rôles si différents à jouer. Sans Ja…


« Paraître amoindris même auprès de la population locale, sert-il vos idées de stratégie ? »
Elle re-coula un regard à son frère, se raidissant légèrement.
La réponse était un non.

« Es-tu gravement blessé ? » Demanda-t-elle alors ensuite, subitement, à l’attention de Kogaku. Revoir le colonel lui complaisait assez, même s’ils n’avaient guère encore trouvé assez de minutes pour pouvoir longuement discuter. Mais, dans son cas, cela changerait peut-être rapidement, s' il ne refusait pas sa proposition à venir.
« - Non, pourquoi ?
- Si le héros du califat présent lors de la bataille se prête au jeu du bénévolat, et aide nonchalamment un à trois jours à la reconstruction dans les parties les plus touchées de la cité, cela devrait notamment permettre de renverser une bonne partie des mauvaises rumeurs plus qu’aisément.
- Vu les dégâts, cela ne suffira pas.
- Un trio d’assez beaux parleurs en état de marcher de plus, et nous devrions même pouvoir te rendre responsable aux yeux des habitants d’avoir finalement trouvé comment héroïquement dégommer bien des vers, quand bien il n’existerait pas de réelle solution. Si cela te convient, et même si tu ne fais que porter peu de temps des briques ici et là. »
Promit-elle prestement.

Dans l’hypothèse où la moitié du réseau des CPs en place à l’époque dans le coin n’était pas depuis absent, mort, ou ne refusait pas de prêter main forte à une ancienne collègue, bien entendu. Sinon, le très court délai qu’elle se fixait mentalement serait sans doute hélas rallongé.
D’où la demande de renforts, d’ailleurs, par sécurité. Dans les meilleurs cas, ils se montreraient toujours utiles : plus de bouches disponibles pour travailler à une même cause rendrait la tâche d’autant plus aisée.

En augmentant encore la foi en leurs héros du peuple sur place, les rumeurs sur le trop plein de morts, si elles avaient déjà eu le temps de s’installer, devraient peut-être s'atténuer, au moins au sein de la cité.
Assez pour potentiellement apaiser certaines craintes de Saladin, ou faire trembler légèrement les nomades fraîchement débarqués, qui finiraient bien par remonter la nouvelle à leurs autres ennemis. Comme…

« … Comptez-vous reprendre en partie vos plans de la dernière fois ? »

Hésita-t-elle, à peine plus tard, tout en glissant ses doigts au fond de deux de ses poches. Ce serait impossible pour la ou les batailles décisives, peut-être. Ou peut-être pas, les ennemis avaient beau avoir évolué, tout ne dépendait pas d’eux n’est-ce pas. Mais, pour tout le reste ? Et où vivait le sablier, à l’origine, encore ?

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La journée n’est pas dénuée de surprises, entre l’incompétence de Kattar, l’arrivée de Lydia, la frustration de Saladin, et une trouzaines d’emmerdes. Il aurait été plaisant de retrouver la sœur d’Ethanounet dans d’autres circonstances, mais à cheval donné on ne regarde pas les dents. J’avais eu une rapide conférence avec mes officiers subalternes avant notre petite réunion. L’Ankou avait trouvé lors de ses recherches à Shirte une série de pirates ainsi que leurs hôtes. Ils se sont montrés très coopératifs avant d’être éliminés, sous peu, il aura traqué et anéanti les poches les plus problématiques. Le capitaine du Gevaudan lui a continué sa mission et vaincu quelques vagues d’assauts mineures. Cela fait une bonne nouvelle au moins. Le point négatif est que l’on a perdu 40% de notre flotte, des soldats valeureux. Il sera dur des les remplacer, mais on peut s’estimer heureux d’être encore en effectif suffisant pour fonctionner. De plus, une équipe de chercheurs ont retrouvé le ver que j’ai abattu, il était à plusieurs centaines de mètres de là où je l’avais blessé. C’est une première ou presque de pouvoir ausculter ce genre de créature, cela nous donnera assez d’informations, j’espère.

J’écoute sombrement les propositions de chacun, j’ai moi mêmes quelques messages à passer, mais cela attendra la fin, je vais jouer les oiseaux de mauvais augure après tout. Les regards se tournent vers moi, certes les propositions de Kattar ont été rendues caduques par Ethan, mais ça ne m'empêchera pas d’y répondre. Heureusement que mon camarade est là pour nous apporter la solution à nos soucis. Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’il semble presque embarrassé que sa grande sœur soit là. En tout cas, l’équipe originale de nos exploits, les choses devraient aller mieux. En tant qu’ancienne du CP, nous aurons accès à des circuits de renseignements et des méthodes un peu moins voyantes que tout ce que pourrait proposer le colonel. Je suis cela dit curieux de comment elle a fait pour se retrouver ici, une grande conversation sera nécessaire. De préférence sans le dernier larron.

-Colonel, si je ne connaissais pas vos états de service, je vous penserait incompétent. Vous avez gaspillé des troupes pour un avantage stratégique nul et reportez la faute sur les locaux. Si l’élite avait besoin de l’aide des riverains dans chacune de ses missions, la marine serait un ramassis d’inutiles A moins que vous attaquiez à des cibles faciles et exécuter des prisonniers soient tout ce que vous savez faire !.Et pour votre autre idée, on ne chie pas là où on mange. L’objectif de cette mission est de rattacher l’île au cercle d’or de manière définitive, et ce n’est pas en antagonisant les locaux que nous y arriveront. D’ailleurs, l'île sort de plusieurs années de guerres civiles, et leur état-major a été détruit. A notre dernier passage, on a aidé l’armée locale à se reconstruire, mais il lui faudra des années avant d’être opérationnelle. Il faudra donc se passer de vos stratégies trop orthodoxe. Quoi qu’il en soit, tant qu’ils possèdent les vers aucune troupe n’est en sécurité.

Si bien que j’en viens à soutenir le plan de mademoiselle Levi. Le temps que nos troupes soient renforcées, il serait inutile de lancer un assaut, l’ennemi possède un ascendant stratégique et voudra l’utiliser, donc il faut temporiser. Alors autant en profiter pour leur montrer les bienfaits du gouvernement et faciliter leur inclusions. On est peut être des soldats, mais ça ne nous force pas à être des chiens. Pour la suite voici ma proposition, une fois que nos renforts sont là, et qu’on a un plan pour les vers, on laisse une garnison ici, on envoie une autre faire diversion.. et on réunit nos meilleurs éléments pour un assaut surprise sur les Sunset. C’était notre stratégie la dernière fois, et vu le contexte actuel, mieux vaut une frappe chirurgicale. Reste juste à décider qui de nos deux cibles recevra la distraction. Pour peu qu’on les mettent aux couleurs de Kattar, ils se diront que c’est gagné d’avance héhé.


Aussi bons soient nos ennemis, je doute qu’ils puissent faire grand chose face à un raid de trois membres de l’amirauté et leurs officiers. Nous avons une force de frappe d’envergure d’opération limitée, mais je doute qu’hormis un empereur, il existe quoi que ce soit capable de résister à cette attaque précise. Bien sûr il faut espérer qu’ils ne feront pas d’assaut majeurs d’ici là et que nos informations restent exactes. Pour peu que l’on fasse une décision un peu démocratique, il est à peu près sûr que le Kattar sera en minorité. Malgrés mes réserves, il faut cela dit reconnaître qu’on ne devrait pas non plus trop attendre. Certes, attaquer maintenant serait tomber dans leur rythme de bataille, mais on ne devrait pas non plus les laisser trop à leur aise. Putain, j’ai ouvert ma bouche pour jouer les grands stratèges, mais j’en sais rien en vrai. Cela dit, une chose est sûre… et je n’ai pas envie de le dire à haute voix pour ne pas décourager mes compagnons. Il faudra que l’on élimine le sablier, et sans doute la majorité des vers. On a été assez optimiste pour croire que donner la fleur qui commande le sablier à Saladin suffirait à lui permettre de dominer le pays. Mais il faut s’en rendre à l’évidence, c’st surtout une menace… et privé de leur monstre mythique, ils n’auront d’autres choix que de se tourner vers le gouvernement pour assurer leur sécurité. Après tout, les sunset ont prouvé à deux reprises qu’ils pouvaient prendre contrôle du monstre…

Après bon, il faut reconnaître que la perspective d’avoir trois amiraux, torses nus, accompagnés de leurs subordonnés, qui portent des centaines de kilos de briques et travaillent avec une efficacité militaire vaut le détour.Et surtout, ça nous évitera d’avoir une image uniquement de verseur de sang auprès des locaux… On pourrait même proposer aux nobles de notre virée de participer, beaucoup d’entre eux ne serviraient sans doute pas à grand chose… mais ça ferait un très bon message.
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Il dut le reconnaître : sa concentration n’était pas des plus optimales dans cette réunion dont l’importance fut capitale. Lydia n’avait pas respecté sa promesse, à savoir de rester sur Arcadia jusqu’à son rétablissement complet. S’il put retrouver de son aplomb face à Saladin pour leur permettre de gagner du temps, puis ensuite annoncer ses trouvailles à l’ensemble des officiers présents, il parut depuis complètement absent des débats. À tel point qu’il en oublia la présence de sa sœur pendant cette réunion. Elle était présente et prit même la parole, ce qui eut pour effet immédiat de sortir Ethan de ses songes.

Reconstruire pour être de nouveau détruit derrière, pensa le vice-amiral. À quoi bon ? Le peuple nous en voudra et ne nous prendra plus au sérieux. Il se tint le menton tout en écoutant les propos de son aînée. Des travaux d’intérêts n’étaient pas dénués de sens, surtout quand on savait que des renforts arrivaient pour remplacer les pertes de la 102ème. Par ailleurs, le colonel Kattar devait déjà bien s’en vouloir, mais Kogaku enfonça le clou une bonne fois pour toute. Après tout, s’ils ne pouvaient pas clairement se dire les choses, quel intérêt, songea une nouvelle fois Ethan.

« Je n’en dirai pas davantage concernant notre déroute, commença l’officier de la régulière. Nous pouvons effectivement aider à la reconstruction des bâtiments endommagés, comme de bons serviteurs du Gouvernement que nous sommes, mais nos ennemis vont naturellement en profiter pour continuer leurs affaires. »

Ethan observa le colonel Kattar un instant. On crut percevoir une once d’empathie dans son regard, chose inhabituelle chez le vice-amiral.

« Nos forces sont réduites et nous attendons l’arrivée des renforts. Le colonel Kattar attend des renforts, insista Ethan en le pointant du doigt. Nous ne pouvons permettre à l’ennemi de se remobiliser et relancer un assaut. C’est à nous de prendre l’initiative. Jones pense exactement comme nous et doit probablement se dire que nous sommes en train de nous refaire une santé avant de retourner au front. Il va prendre les devants et agir immédiatement. Je suggère de lui couper l’herbe sous le pied et de partir dès maintenant. La cent-deuxième aidera aux reconstructions le temps de faire peau neuve. Ma flotte, la plus conséquente, servira d’appât pendant que Yamamoto s’attaquera directement à la source de nos maux. Enfin, Jakku viendra finir le travail, s’il reste encore des miettes... »

Levi commençait à cerner le troisième lascar de la bande. Complètement différent de Yamamoto, mais tout de même constitué d’une grande fierté, déjà suffisamment bafouée par le tacle de son collègue de l’élite, enfoncée par cette stratégie de ce pauvre bureaucrate de la régulière. Oui, l’élite voyait la régulière comme un ensemble de bureaucrates. Ethan aimait jouer sur cet aspect en leur montrant qu’un homme de bureau pouvait faire aussi bien qu’eux. Cette fois-ci, Ethan se leva et se pencha légèrement vers l’avant de la grande table, mains posées sur le bord de celle-ci, puis fixa un peu plus intensément le colonel blessé qui tentait de conserver son calme habituel.

« Au diable les renforts ! T’as l’intention d’être le boulet de l’opération encore longtemps, Jakku !? Les travaux, on les laisse pour les renforts. Toi, avec ce qu’il te reste d’hommes et d’amour-propre, tu reprends ta revanche face à cette garce qui a causé notre défaite ! Oui, c’est une défaite que nous avons essuyé ! Tu te présenteras seul, non loin de leur base, je suis certain qu’elle viendra t’accueillir. »

Il serra maintenant les poings et fut presque tenté de fracasser la table, mais il se maintint.

« Mais contrairement à la dernière fois, tu ne seras pas seul. »

Un scientifique de la section entra subitement, sans protocole, sans annonce, comme lui avait demandé le vice-amiral avant la réunion. Il mit fin, le temps d’un instant, à cette discussion qui prit une tournure assez virulente.

« Monsieur Levi, dit-il le souffle court. Nous avons réussi. Nous avons trouvé le moyen d’attirer le vers d’un endroit à un autre ! »

Il balança un objet métallique de forme cylindrique, assez lourd et robuste pour sa taille.

« Cette chose, messieurs, changera la vie de tout le royaume et nous mènera droit vers la victoire, reprit le vice-amiral en serrant fièrement l’objet. Vous pouvez commencer la production de masse. »

***

Cette nouvelle redonna de l’air aux officiers. Une technologie qui, une fois activée, déclenchait des percussions au sol, des vibrations attirants le ou les vers à elle. C’était un bon moyen d’éloigner la bête ou de l’attirer vers l’ennemi. Restait encore à les produire rapidement, au moins une quantité suffisante pour la première escouade. Mais les deux personnes restantes dans cette salle de réunion n’avaient pas pour sujet cette bonne nouvelle. Du moins, si Lydia comptait là-dessus pour s’en sortir, Ethan n’avait absolument l’intention de la laisser s’en sortir de la sorte.

« Je t’avais demandé une seule chose, Lydia. Rien qu’une seule. Comment peut-on se faire confiance si tu me trahis dès la première occasion ? Je ne suis qu’à moitié surpris de te voir ici, Mozart m’a intercepté des appels d’Arcadia. »

En réalité, il imaginait sa sœur retrouver son jumeau, mais il s’était trompé, d’où sa surprise en apprenant qu’elle se trouvait en réalité sur la mer sablée. Les bras et les jambes croisés, installé au fond de son siège, le regard ferme en direction de l’ex-agente du cipher pol 9, Ethan campait sur ses positions. Elle avait commis une grave erreur. Quitter l’hôpital avant sa guérison complète n’était que pure folie. Mais la fratrie portait le même sang et ce dernier qui les animait. Ils étaient souvent pris d’impulsion au devant des grands dangers, prêts à mettre là où personne ne mettrait un bout de pied.

La famille Levi.

Au fond de lui, le petit-frère était content de retrouver son aînée, visiblement en forme et prête à en découdre. Cependant, l’officier qu’il était ne pouvait se permettre d’avoir des têtes brûlées dans ses rangs. Son rôle était de s’assurer que Lydia prenne conscience qu’à ce jour, elle ne jouait plus toute seule ou en binôme avec un malade, mais bien avec toute une flotte qui comptait sur elle. L’amiral lui laisserait évidemment la liberté d’agir, elle deviendra elle aussi un grand officier de la marine, c’était une évidence. Sauf qu’avant cela, elle devait tout de même se conformer à certaines règles. Ethan était le premier à savoir quel point cette épreuve était difficile, il y était passé.
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-Au vu de la finesse de votre analyse politique colonel Kogaku, je comprends mieux pourquoi c'est ma division qui est chargé de la protection des Hauts de Marijoa pendant que la votre court les mers à la poursuite des pirates...

Ce n'est pas que je sois vraiment surpris évidemment, après tout j'ai toujours été un fervent partisan de l'encadrement des troupes par des agents du Cipher Pol précisément parce qu'il m'a toujours semblé évident qu'on ne pouvait guère demander à un marteau de réfléchir au delà des clous qu'il frappe... Alors que nous savons que nos alliés ne sont pas fiables, alors que nous savons qu'ils ont déjà été approchés par nos ennemis et leurs ont prêtés une oreille attentive, leur faire confiance est une erreur qui nous coutera cher quand ils nous planteront dans le dos. Cela dit, ce n'est pas notre seule option. Et pour peu qu'on me laisse les mains libres, je saurais bien m'occuper tout seul de cet aspect de l'équation locale...

Et de ce point de vue la, le plan résumé par l'amiral Levy me convient parfaitement, qu'ils aillent donc jouer dans le désert et voir s'ils se débrouillent mieux que moi face aux locaux pendant que je m'occuperais d'inscrire mon nom sur l'éventuelle victoire locale en prenant soin de faire savoir à tous que c'est moi qui coordonne les opérations ici...

Le cours de mes réflexions s'interrompt quand l'amiral perd soudain tout sang froid... Visiblement il est plus éprouvé que je ne le pensais par l'évolution de la situation. Étonnant. A moins que ce genre de saute d'humeur ne soit du a une présence plus... Personnelle ? Dans tous les cas c'est un écart parfaitement intolérable.

-Amiral Levy, par respect envers votre famille et par égard au stress que vous avez traversé ces derniers jours, je vais vous faire l'immense faveur de ne pas vous tenir rigueur et d'oublier les propos que vous venez de tenir à mon encontre. Mais faites attention à ce que ça n'arrive plus...

Notre duel de regard est hélas tué dans l’œuf par l'arrivée d'un officier et d'un nouveau jouet local. Un gadget amusant mais qui me semble risquer de manquer d'efficacité face au contrôle dont semblent disposer les nomades sur les monstres qui arpentent leur désert. Enfin, dans l'immédiat en tout cas, ce n'est pas moi qui me chargerait de mettre ce matériel à l'épreuve.

-Je vais m'assurer de la production de ce nouvel outil, et de la concorde avec les princes pendant que vous poursuivrez les opérations offensives. Je me mettrais en route pour vous rejoindre dés que les renforts du G-5 nous aurons rejoint.

Lieutenant Levy ? J'aurais besoin d'un rapport détaillant les forces qui ont fait route avec vous. Au plus vite.


Je n'ai rien contre le népotisme en général, mais je sais que c'est rarement le cas de nombreux officiers de terrain. Alors rien de tel que de signaler que j'ai noté le lien de parenté entre l'amiral et la demoiselle, et que je les garde tous les deux à l'oeil jusqu'a ce que je sache ce qui se planque sous ce regroupement familial.

Puis comme les autres, je vide les lieux. J'ai beaucoup à faire avant d'aller assister depuis les murs au prochain départ des troupes.
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Il ne va peut-être pas si bien que cela finalement. S'inquiéta doucement Lydia pour la troisième fois d’affilée, tandis qu’elle regardait Ethan assis royalement sur son siège, l’air presque… Boudeur ?
… Non sans doute pas. Enfin. Son adorable puîné était simplement et sempiternellement à croquer dans tous les cas, et aucune blessure physique chez lui ne lui paraissait toujours être à déplorer. Était-il alors simplement agacé ou éreinté par la situation compliquée ? Cela suffit-il vraiment à expliquer son comportement passé ?

« Crois-tu vraiment que je ne me suis pas au moins un peu… Comment avais-tu dit encore ? Renforcée, battue et entrainée ?
_ As-tu tout récupéré ?
_ Cette requête-là était malheureusement impossible à honorer. »
Petit silence. Son ton ne se fit même pas un minimum chagrin, lorsqu’elle reprit et exprima le fait suivant, pas totalement vrai : « J’ai fais ce que je pouvais. »

L’ancienne cipher pol changea ensuite rapidement de sujet, peu désireuse visiblement de s’étendre sur son état en particulier, ou de laisser à son interlocuteur chéri l’occasion de placer une remontrance pas totalement méritée.
Après tout, ne l’avait-elle assez prévenu qu’elle filerait hors de l’hôpital si les nouvelles reçues ne lui complaisaient point ? Il n’avait pas accepté le marché qu’elle avait proposé quand il était venu la visiter, soit, mais cela ne l’empêchait pas de désirer tenir sa part dans son entièreté.

Elle décrocha son regard de son frère une demi seconde, au passage, comme pour mirer un peu mieux le décor de la pièce où ils se trouvaient. Ou se remémorer davantage la réunion qui venait de s’achever, les laissant seuls tous deux.
S’il lui semblait comprendre les commentaires qu’avaient eu les deux comparses hauts gradés à l’égard du troisième, elle avait, entre autres choses, bien moins apprécié la réponse de ce dernier. C’était avec un sourire bien forcé qu’elle avait répondu à l’ordre qu’il avait finalement tenté de lui donner. Et si sa réponse à elle avait été positive, cela avait uniquement été dans le but de ne pas envenimer les choses, tant qu’elle ne savait rien de la relation qui liait son cadet à cet inconnu. Ce n’était, après tout, pas comme si elle-même craignait grand-chose pour le moment, de la part de ce marin d’élite en particulier.

« Je suis étonnée que tu aies laissé l’ab.. » Elle se reprit à temps, juste au cas où.
« Le colonel Kattar te parler ainsi.
_ Laisse tomber. Il m'indiffère. » Noté. Elle se retiendrait donc bien moins de râler si nécessaire, les prochaines fois. Ou du moins de le traiter de tous les noms au minimum en privé s’il recommençait.
« C’est Kenora qui me l’a mis dans les bottes, je m’en dispenserai totalement sans ça.
_ Il ne compte pas intervenir sans renforts.
_ Un sans courage, un sans honneur. Un homme qui ne recherche que le prestige et la gloire sans trop se salir les mains. Encore une fois, Kenora nous l’a collé aux basques pour nous tenir à carreau. Il n’a rien d’un officier d’élite, c’est seulement un gratte-papier bon qu’à lecher les bottes des célestins.
_ Désires-tu toujours l’utiliser pour ton plan d’attaque ?
_ Il fera sa part. »

Ils échangèrent un peu plus, sur des sujets qui ne concernèrent sans doute qu’eux, avant qu’elle ne finit par s’enquérir pour de bon :

« Où puis-je t’être la plus utile en attendant le départ ?
_ Qu’aurais-tu fait normalement ? » Lui demanda-t-il en retour.
Elle haussa les épaules, se pliant au jeu des questions réponses sans rechigner. Tout ce qui pouvait le distraire lui complaisait soudainement, même si elle n’avait pas l’habitude de s’expliquer.

« Un tour rapide en ville tout d’abord, après avoir délivré les informations requises par Kattar. » Pour en faire un peu plus connaissance au passage, si le timing le permettait. Il faudrait après tout le côtoyer. « Il me semble manquer de certaines informations.
_ Comme quoi ?
_ Toujours à quel point la foi de la population en vous a été ébranlée par l’attaque sur leurs murs, ou l’échec de votre dernière rencontre avec les nomades par exemple. Et, en conclusion, un pourcentage grossier des risques que nos futurs mouvements soient rapidement portés aux oreilles de nos ennemis.
_ Certains marins restés en poste ici te renseigneront plus rapidement sur la première partie. Pour la seconde, la délégation nomade stationnera sans doute le plus clair de son temps au palais.
_ Mais eux, contrairement à des adorateurs esseulés dotés d’un moyen de communication et aveuglés par l’espoir d’un lendemain meilleur, seront facilement occupés ailleurs si nous le désirons.
_ Des mesures pour éviter les embuscades seront prises, cette fois.
_ Bien. J’aimerais sinon en apprendre davantage sur la ville sainte, si aucun de vous n’a le temps de s’en charger. Passages s’il en existe pour s’enfoncer dedans, histoires liées au lieu et aux pèlerinages, rumeurs et autres informations invérifiables. »

Elle se pencha vers la table, tapota brièvement et pensivement l’endroit sur la carte où le vice-amiral avait précédemment placé la princesse guerrière et ses sbires.

« Saladin - ou sa cour - saura peut-être nous fournir un maximum d’informations dans le temps court que nous avons devant nous. Cela t’ennuierait-il que je me permette d’aller lui parler ? »
Elle enchaîna, sans attendre de réponse.
« Je pourrais l’entretenir à ce sujet quand tu souhaiteras par exemple aller débriefer tes hommes, si cela te convient. » Ou te reposer un peu, si tu le veux bien. Je t’en prie.
« La dernière fois, tu es partie en claquant la porte. Pourquoi accepterait-il de t’aider ? »

La question la surprit, ce fut visible à son regard qui s’écarquilla légèrement.
« … C’est vrai. » Commença-t-elle en faisant mine de réfléchir. « Mais sauf si ses goûts ont changé, mes chances de réussite devraient être plutôt élevées. Nous pouvons le vérifier rapidement si tu comptes retourner au moins quelques minutes à ses côtés. Glisse dans la discussion que sa scientifique préférée boude dans les quartiers des invités et voyons sa réaction. S’il n’en a pas une seule, même minime, j’abandonnerai totalement l’idée de le revoir un jour sous cette identité. Et j’irai simplement chercher ces informations en ville, avec un ou deux soldats en civil avant d’étudier quelques cartes. Ou me montrerai plus utile où tu le désires.
_ En auras-tu une fois encore le temps ?
_ Cela ne dépend toujours que de toi, petit frère. »

Elle eut une petite moue, espérant, si elle devait compter dessus, que sa capacité de divination cabossée se réveillerait dans tous les cas avant qu’ils se soient trop enfoncés dans les mers de sable.
« Quand partons-nous exactement ? »
Parce qu’elle s’incluait, oui. Avec un peu trop d’enthousiasme sans doute. Bien sûr qu’il le remarqua, et la question qu’il ne fallait pas poser tomba.
« Dès que nous serons prêts. Es-tu en état de te battre ? »
Un nouveau silence s’installa alors quelques secondes. Elle se força légèrement, pour lui sourire tendrement et innocemment. Chercha ses mots, afin de ne tout de même pas trop mentir, tout en évitant de l’inquiéter.
« Trop de paramètres extérieurs sont à prendre en compte pour pouvoir te répondre. Puis-je au fait t’emprunter Daniel quelques minutes, le temps de vérifier les informations à fournir au colonel ? »

Voir avec lui qu’elle ne dirait rien à cacher sur les dix navires de son frère, ou apprendre de sa bouche ce qu’elle ignorait sur leur contenu composé de scientifiques, d’objets en cours de fabrication contre les vers, d’hommes armés, de vivres, de bandages et autres instruments de soins, de médecins, d’explosifs et d’autres menues choses, serait aussi peut-être l’occasion de chercher en duo une méthode pour essayer de forcer Ethan à se poser pour de bon, au minimum quelques minutes.
Le camarade de son frère aurait sans doute un début d’idée formidable dans ce but précis. Outre tenter de l’assommer pour l’attacher à sa chaise, ou l’étouffer sous…

Une inquiétude nouvelle germa dans son esprit.
Elle se redressa, le plus lentement possible, de la table sur laquelle elle avait fini par poser son fessier, pour se pencher vers son puîné. Tendit une main, afin de caresser brièvement son front s’il la laissa faire. Juste le temps de vérifier que son adorable et chétif frangin n’avait pas subi une hausse de température malvenue. - Savait-on jamais.

« Pardonne mon manque de politesse. Malgré les circonstances peu radieuses, j’aurais dû te le glisser avant. » Rajouta-t-elle pour le distraire du geste qu’elle exécutait.
« Bonjour, petit frère. Je suis ravie de te retrouver en assez bonne santé. » Car outre son potentiel épuisement ou agacement, il l’était finalement bien, non ? Normalement.


**

Il avait réagi pendant qu’elle s’entretenait avec Daniel de son côté. Il avait légèrement réagi et, maintenant, elle se trouvait là, adossée à la porte close de l’espèce de salle presque vide dans laquelle Saladin menait habituellement ses affaires.
Aller voir Jakku devrait attendre, malheureusement, même si elle avait demandé au bras droit d’Ethan si l’un de ses hommes pouvait se charger de remonter en premier les informations requises. Elle irait le trouver après, si le temps restant le lui permettait et quitte à présenter des excuses non obligatoirement pensées.

En attendant, elle était venue dans le palais en faisant mine de traîner les pieds, travaillant sur la route son regard noir qui n’allait sans doute pas durer. Même s’il n’y avait pas de danger, une double faveur avait été demandée à un autre marine disponible : l’accompagner jusqu’au seuil, et donner l’impression qu’il tentait avec bienveillance de la motiver à avancer. Juste afin d’assurer un tout minuscule spectacle pour un regard étranger trop curieux, et de donner la sensation qu’elle ne venait pas totalement de son plein gré.

Après l’avoir vue apparaître seule, le calife s’était débrouillé pour, au bout d’un court moment, courtoisement faire s’écarter ses propres interlocuteurs de l’instant.
Le temps qu’il n’y ait plus qu’eux et quelques têtes de serviteurs si peu importants qu’ils faisaient partie du décor, aucun d’eux n’avait rien dit, se contentant de contempler l’autre, comme s’ils espéraient que cela les empêcherait de fuir.

« La prochaine fois, ne me repromets pas les astres quand tu ne peux pas me les offrir. »
Grogna-t-elle finalement, à l’attention de l’homme qui en rit soudainement.
« Si je ne l’avais pas fait, » Répondit-il ensuite avec sa fréquente bonhomie. « ne m’aurais-tu pas plus facilement oublié en partant ? »

Aucune idée. Il l’avait au moins un peu marquée, pour une bonne douzaine de raisons différentes dont au moins la moitié ne le concernait pas directement. Cependant, s’il avait retenu ses dires, ses chuchotements courtois de mille petits trésors à venir qu’il ne pourrait jamais lui donner que dans les rêves qu’il pourrait provoquer, il aurait au moins fallu trouver une autre raison pour le fuir violemment.
Lydia détourna la tête, leva légèrement quoique dramatiquement le menton. Les bras croisés à la manière de son frère précédemment, elle attendit que Saladin se rapprocha s’il l’osait. Il n’en fit rien, et se contenta de rire encore en avançant d’un doigt un verre dans sa direction grossière.

« Nous devons parler. »
Prononça-t-elle au bout d’un moment du bout des lèvres, après un petit bruit ressemblant à un “Mhf”, marqueur de l’intérêt gentillet qu’elle ressentait réellement pour ce prince têtu.
« Faisons-le en buvant et mangeant. Fêtons nos retrouvailles, puis tu disparaîtras encore sans doute. »

Il aimait commencer par présenter plus ou moins longuement une image de faste et de joie avant de rentrer dans le vif du sujet, elle le savait. Elle l’avait assez côtoyé, appris ses habitudes à lui. Grâce à l’aide de son vizir, elle avait aussi étudié les manies qui le feraient chavirer, même légèrement.
L’une d’elles lui revint d’ailleurs à l’esprit, tandis qu’il se faisait à son tour patient. Après l’avoir toisé du coin de l’oeil, fait mine de tergiverser avec elle-même quelques secondes, elle s’avança vers sa personne avec lenteur.

Ce ne fut guère de son verre dont elle se saisit par la suite, mais de celui qu’il tenait entre ses doigts. L’objet fut échangé contre une bille de raisin qu’elle porta vivement à ses lippes, tout en posant les siennes sur l’alcool fort qu’il s’était fait servir.
Il sourit encore en croquant dans le fruit, se remémorant peut-être un souvenir ou deux. Finit par accéder à sa requête muette, celle d'accélérer la cadence.

« Que me veux-tu Jenna ? »
Demanda-t-il finalement simplement, une fois qu’il eut avalé et qu’elle eut bu deux gorgées.
Regrettant tout de même un peu de ne pas pouvoir davantage se camoufler derrière la boisson plus qu’acceptable, elle reposa le contenant dans les paumes du calife décidément trop permissif. Elle avait bien effectué son travail, la fois dernière. Peut-être un peu trop à son goût.

« Que tu te fasses pardonner. » Repondit-elle alors assez brusquement.
Hors de question de demander de simples excuses orales : il n’était pas en position pour en donner, surtout pour des bêtises. Et s’il osait tout de même, cela ne servirait vraiment pas son but à elle.
« Cela te fera-t-il rester et discuter ?
_ Non. » Elle leva la tête. La discussion qu’il désirait normalement n’était vraiment pas à l’ordre du jour. « Pas maintenant, nous avons tous deux bien trop de travail. Mais tu n’avais pas besoin que je te le dise, si ? »
L’ancienne cipher pol re-fixa son regard dans le sien avant de reculer.
« Cependant, je t’offrirai peut-être la promesse que je reviendrai pour. » Lui jura-t-elle alors.

« Elle ne vaudra peut-être plus rien demain.
_ Me traiterais-tu de menteuse ? Je n’ai rien de mieux à t’offrir sur l’instant qui m’appartienne en propre et tu …
_ … Si les nomades parviennent à imposer leur loi, au moins un ...
_ E… Notre vice-amiral me paraît sûr de pouvoir les repousser. As-tu la tête si chamboulée à cause de tes soucis et de tes devoirs que tu en as oublié les miracles qu’il peut faire ? »
Protesta-t-elle en réponse, un doigt levé comme si elle allait faire une démonstration compliquée. Ou juste pour l’empêcher de parler. Ce ne fut cependant peut-être pas tant cela, que l’inquiétude qu’elle laissa paraître dans son regard, ou ses sourcils froncés, qui le rendit courtement muet.

« Je sais bien qu’être calife ne vaut pas un berry. Le poids de tout le sable du coin et de ses habitants pèse sur toi et menace de t’enfouir à chaque seconde, de t’empêcher de réfléchir correctement, mais quand même. Si ce n’est pour sauver en particulier ta tête sage, il s’occupera d’atteindre son but tout en évitant d’avoir trop de pertes dans celles de ses hommes. Moi y compris. Et l’officier Kogaku l’y aidera, en plus des recherches effectuées.
_ Leur dernière défaite…
_ Ils n’étaient pas là, ou sont arrivés trop tard. J’ai vu le carnage quand je suis arrivée, Saladin. Tes premiers héros en eux-mêmes n’ont pas failli. » Gronda-t-elle encore, l’interrompant toujours sans gêne aucune, reprenant par là un petit jeu de leur dernière rencontre qui se finissait toujours bien. En comité privé comme c’était le cas actuellement, du moins.

« Tu n’as en rien changé, n’est-ce pas ? » Fit-il au moins mine de capituler en levant légèrement son verre, bien conscient qu’il ne risquait normalement rien que des menaces en l’air, des ronchonnements et des bouderies de la part de la femme qui lui faisait face. Ou des sourires et quelques moments plutôt agréables, s’il s’y prenait au contraire bien. « À part cette nouvelle habitude vestimentaire.
_ Non. » Si. Mais il n’avait hélas pas à le savoir. Son avis n’avait par contre en effet pas bougé sur un point : sur cette île difficile, Ethan comme Yama faisaient tous deux de leur mieux. Quant à Jakku, le nouveau venu dans l’équation, elle demandait encore à voir.
« Ce ne sont que des vêtements. Et toi ? » Elle s’adoucit, étrangement. « T’es-tu hélas lâchement laissé corrompre malgré toi ? »
Il se contenta de la mirer une seconde ou deux de plus sans répondre, la mine affable, toujours.

« Que me veux-tu, Jenna ? » Répéta-t-il.
« Des informations, pour éviter un surplus de morts inutile dans les rangs de tes brebis les plus galeuses. Me les offriras-tu, malgré les risques que tu t’imagines ?
_ Aideront-elles tes recherches en cours ?
_ Crois-tu que je serais revenue vers toi la première si ça n’était pas le cas ? Tu m’as menti, Saladin. » Fit-elle mine de rebouder en partie. Mais si tu savais combien moi aussi… « Et, en plus, de ce que j’en sais, tu n’as jamais cherché à me retrouver. »

Il la dérida en la nourrissant, en l’abreuvant d’un compliment mignonnet. Elle s’expliqua alors ensuite, avouant ce qu’elle désirait savoir sans presque déguiser la vérité une seule fois. L’homme lui donna en retour ce qu’elle mandait sans trop se faire prier, puisqu’elle ne recherchait visiblement rien de plus que ce qu’elle aurait pu apprendre en allant longuement écouter quelques vieillards maugréer autour d’une tasse de thé.
Qu’elle soit venue le trouver pour ce voulait peut-être dire qu’il lui manquait au moins un peu. Ou qu’elle n’avait pas de temps à perdre. Dans tous les cas, les grappes de raisin, échangés grain par grain, et l’alcool présent, durèrent le temps nécessaire à leurs retrouvailles plutôt calmes.

Dans leur riche bulle, bien à l’abri, à l’écart de tout blessé, de tout trouble et des préparatifs de combat, ils causèrent donc patiemment d’Uthar et de ses histoires, évitant presque pour l’instant tout autre sujet. La grande Histoire, la commune, fut ainsi racontée, mais aussi les petites qui ne passeraient à la postérité, si ce n’était déjà fait, que sous forme de contes.
Quand il ne savait pas répondre à une question, il interrogeait l’une des bonnes âmes invisibles restées dans le coin. Elle fit semblant d’ignorer ces voix qui ne lui appartenaient pas, son attention entière portée sur le calife qui se détendait davantage au fil des minutes, au moins légèrement. L’une des femmes dans la main de qui il avait temporairement mangé dans le passé était revenue, et elle paraissait de moins en moins boudeuse ou fâchée. Autant en profiter un peu malgré le fait que son monde s’écroulait, n’est-ce pas ?

« Si je dois résumer, personne n’est totalement sûr de pourquoi Uthar a ainsi disparu alors que la cité était en excellente santé, c’est cela ? »
Il hocha la tête.
« Dieux en colère, sablier affamé, créatures inconnues, simple mouvement des sables à cause de tempêtes ou de ceux qui les parcourent… » Énumera-t-elle.
« Toujours est-il qu’il reste au moins quatre entrées connues afin de visiter de petits bouts de la ville. Pourrais-tu me donner une carte avec leurs emplacements exacts ? Si tu peux y inclure l’entrée du temple qui s’est plus ou moins écroulée l’an passé, cela me serait utile aussi. Ainsi que la position hypothétique des deux autres passages qui ont disparu ces vingt dernières années.
_ Comptes-tu aller explorer, une fois l’endroit nettoyé ?
_ Je ne pense pas. Mais nous utiliserons peut-être une ou deux entrées pour piéger des vers avec nos recherches.
_ Avez-vous trouvé de quoi les tuer ? »
Elle lui sourit un peu tristement.
« Tu m’as sinon parlé de potentiels rituels, dont certains macabres, faits surtout par des nomades croyant en des entités endormies sous le sable. As-tu d’autres détails dessus, comme leurs emplacements justement exactement ? Et comment es-tu au courant si nul témoin n’a subsisté ?
_ Il y aurait eu des témoins, du temps de nos ainés. Depuis, c’est surtout une histoire de rumeurs et d’ossements retrouvés, de temps en temps, par ceux faisant le pèlerinage.
_ Ne peuvent-ils pas dater de l’époque où Uthar fut ensevelie ?
_ Nous n’en savons rien, mais oui ; le sable fait parfois remonter d’anciens secrets, en plus de trésors parfaits.
_ Ton historiette… » Enfin celle d’un domestique. « Sur l’histoire d’amour entre un homme d’une tribu perdue capable de dompter le sable et un autre d’une seconde specialisée dans la recherche de pierres précieuses était sinon mignonne. Bien que fort peu réaliste : comment l’un d’entre eux aurait-il pu transformer son sang en fleur après avoir consommé certains des cristaux que l’autre lui aurait donné ?
Nous ne l’avions en tout cas pas entendue, la fois dernière, quand nous cherchions des informations sur le sablier.
_ Elle paraît être apparue depuis. »
Une petite histoire pour endormir les enfants le soir en somme toute, adorable. Ou du moins bien davantage que certaines autres rumeurs évoquées, même si l’homme amoureux se vidait totalement de son sang dedans pour tenter de repousser le sablier loin de son aimé.
« Au fait, j’y pense. Est-ce trop te demander, que de savoir aussi ce que tu as fait de la fleur que la marine t’avait ramené ? T’en reste-t-il un peu dont tu pourrais te séparer ? »
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Après plusieurs mois à vagabonder sur les blues, la Commandante d'élite avait fini par revenir à ses premiers amours, le QG de la 102ème ! Quelle ne fut pas sa surprise quand elle n'y trouva ni Jakku, ni ses officiers proches. Le colonel droit comme un pic était parti en mission dans le nouveau monde rien que ça.
Heureusement Lin n'a pas eu le temps de s'en plaindre, à peine arrivée qu'une demande de renfort avait été faite. C'est ainsi que la rouquine se retrouva à la tête d'approximativement un millier d'hommes sur un navire du corps expéditionnaire de la 102ème, voguant tout droit en direction de El Jezada.


C'était étouffant pour Lin qui n'avait jamais eu à gérer plus d'une vingtaine de gars à le fois. Heureusement la discipline de Jakku ancrée dans les habitudes des marins de la 102ème faisait un bon travail à bord. Chacun était à son poste, travaillait efficacement et les plus gradés préparaient déjà avec la Commandante le débarquement sur place.

Le Nouveau Monde c'était littéralement une nouveauté pour la tigresse. Entre la météo chaotique, les vagues qui deviennent soudainement des raz-de-marée et les monstres marins… c'était Grand Line en pire ! Fort heureusement le navire continuait de voguer réglé comme une horloge.
À bord Lin restait fidèle à elle-même, uniforme débraillé, comportement agressif, ça devait changer de la rectitude dont Jakku faisait preuve habituellement. Malgré tout ça restait l'élite, les marins de la 102ème savaient se détendre quand ils en avaient l'occasion et l'ambiance restait bonne malgré l'urgence de la situation.

Une fois l'île atteinte et les guides locaux engagés, Lin voguait pour la première fois sur du sable. L'expérience semblait moins stressante que l'eau de mer pour elle, sans doute à cause de son fruit du démon… Tout le long de la traversée elle ne pouvait s'empêcher de se demander si elle perdrait ses forces dans cette pseudo-mer. Une fois dans le royaume des sables l'ambiance devenait plus tendu. La rouquine n'avait pas tout compris mais ils n'étaient pas à l'abris d'une attaque ennemie au détour d'une dune.


- Commandante ! Nous avons réussis à contacter le colonel, il nous attendra au palais de la capitale !

- Bien, on garde le cap et on reste sur nos gardes. Que les navigateurs écoutent bien les guides !

La navire aux couleurs de la 102ème voguait fièrement sur les dunes et Lin s'affairait à motiver les troupes à coup de grands discours et de promesse de combats glorieux comme elle savait si bien le faire. Les marins avaient eu tout le loisir de souffler pendant la traversée, mais la silhouette de la capitale au loin semblait sonner la fin des vacances pour les soldats. Jakku allait bientôt reprendre les rênes et c'est sans doute un affrontement violent qui attendait la 102ème au bout de cette mission.
L'occasion étant rare, Lin portait pour la première fois la veste rouge officielle de la 102ème, celles avec les fioritures brodées à la main destinées aux uniformes des gradés du corps expéditionnaire !


*Au moins ça fera plaisir à Jakku... puis c'est rouge.*

- Commandante ! Nous arrivons au port !

- Que tout le monde se mette en formation ! Écoutez bien vos chefs d'unités pour vos affectations !

- Votre escorte est prête Commandante !

- Bien, soyons digne du colonel… ON DOIT EN IMPOSER LES GARS !

Et c'est dans un cri de ralliement général que le navire accosta. De nombreux marins d'élites se postaient sur le navire, d'autre à terre formaient déjà une zone de sécurité autour de l'embarcation et c'est accompagnée d'une centaine d'homme que Lin ouvrait la marche. Fort heureusement il était difficile de perdre le palais de vue et la rouquine réussi à mener dignement la troupe jusqu'à ce dernier. Les marins marchaient au pas dans la ville, on était loin des soldats du gouvernement sympas et ouverts à la population, ces soldats là étaient venus pour se battre et chacun d'eux voulait en découdre !

Le seul obstacle qui se dressa devant Lin fut quelques gardes à l'entrée du palais. Après une petite vingtaine de minute à s'hurler dessus, les renforts de la 102ème eurent enfin le droit d'entrer. Si l'usage aurait voulu que Lin laisse ses hommes en faction et aille trouver Jakku toute seul elle n'en fit rien. C'est bien accompagnée de cent soldats armés qu'elle avançait dans le palais, cherchant le colonel. Après plusieurs minutes de recherches infructueuses la Commandante se décida à demander son chemin, histoire d'éviter de débarquer au mauvais endroit avec ses hommes. Elle interpella un serviteur, lui décrivit Jakku et...


- Je crois qu'il se rendait aux Thermes du palais.

*Ah oui ça valait le coup de nous dire que c'était urgent… de quoi j'ai l'air moi.*

Sans un mot la troupe se dirigea d'un pas décidé vers les thermes et c'est pas moins de cent hommes en uniformes qui débarquèrent dans les bains du palais. L'air y était chaud et certains badauds en train de se laver ou se détendre prirent un peu peur en voyant la troupe rouge débarquer. Lin s'avança, seule à ne pas porter l'uniforme correctement, veste ouverte et hurla.

- LES RENFORTS DE LA 102ÈME SONT ARRIVÉS COLONEL !
  • https://www.onepiece-requiem.net/t523-fiche-de-ayzami-lin
  • https://www.onepiece-requiem.net/t483-ayzami-lin-terminee
Pour une fois, je suis d’accord avec Jakku, sa place est loin du péril à protéger une forteresse inexpugnable tandis que de mon côté, je chasse les criminels en laissant les questions politiques aux autres.Heureusement, on a pas eu que des mauvaises nouvelles, on a une cible, de nouveaux gadgets et des nouvelles informations. Au final, chacun fait ce qu’il sait faire le mieux, je laisse le Jakku se charger de la politique, je m’occupe de jouer les héros. L’idée de Lydia a progressé dans mon encéphale, aux côtés de la machine à vibration. Les divers rapports que j’ai reçu vont dans une direction, les locaux comment à perdre confiance, on doit donc marquer un grand coup. Alors quel plus grand coup qu’attirer une de ces créatures à proximité de la ville et la vaincre. Bien sûr, ça ne suffira pas, et un coup de projecteur du genre, tel tout bon magicien, permet d'agrandir les ombres et y faire quelques tours de passes-passes. Je ne peux pas ouvertement soutenir l’idée de faire pression sur les nobles, je suis supposé être un parangon de vertu. Mais cela n'empêche pas de faire quelques coup bas. En fait, je serai plutot d’avis de les amener d’eux mêmes dans le piège que Jakku veut leur tendre.

Je passe donc un appel à l’Ankou, ce dernier est en train de finir son œuvre dans une autre partie du royaume. Mes ordres sont simples, revenir ici, et faire dans le subtil. Sachant que la soeur d’Ethan connaissait bien la région, et allait se mettre à cuisiner le régent, je lui ai demandé de se renseigner sur les coutumes des nomades, plus précisément, la partie intimidation. Le plan est plutot simple, faire des coups de pressions sur les puissants et se débrouiller pour qu’ils rejettent la faute sur les nomades en ville. Des petits trucs, genre le petit dernier qui a rencontré un homme encapuchonné qui lui a proposé des friandises, un oiseau mort retrouvé dans le salon,une serrure forcée,... ce genre de petits détails qui font monter l’angoisse. Et si c’est bien jouer, avec les bons messages, ils viendront d’eux même.

Pendant que nos troupes se préparent à un départ sur Uthar, il faut à présent rappeler à tous qu’ils y a un maître épéiste dans le secteur. Certes, cela signifie prendre plus de risques que je n’en prendrai normalement et affronter un des vers réellement de front, plutot qu’à louvoyer, mais, je ne peux pas être éternellement prudent. Après tout, mon meitou n’a pas encore eu l’occasion de vraiment faire ses preuves. Cette pensée me traversant l’esprit, je dégaine Tsubame et admire la finesse de son fil, et les reflets sur son acier poli. Me fixant droit dans les yeux, je me pose des questions ? aurais je peur ? ou suis-je tombé dans une trop grande assurance ? Sur Tetsu, j’ai battu en retraite face à l’impératrice, et depuis ce jour, je n’ai plus eu l’occasion de dégainer ma lame pour un véritable adversaire. J’ai tranché une montagne et une prison avec mon sabre, est ce que je le vois à présent comme une arme ultime qui ne mérite qu’un vrai défi ? Putain, j’vais pas consulter quand même. Après tout, je pourrais probablement trancher une partie de la ville d’un coup un peu sérieux… Bordel, le type il fait des grands discours sur être un guerrier avant tout, et il flippe face à la puissance destructrice qu’il possède. Ou alors ai je simplement peur de délivrer le démon qui a pris possession de ma lame ?

C’est une vérité que je me cache depuis longtemps, mais mon sabre n’est pas normal, il est comment… vivant. Lorsque je le porte en main, je sens toujours aux confins de ma conscience comme une présence hors de ce monde. Pas tout à fait humaine, pas animale, presque imperceptible. Peut être est ce l’âme de mes victimes qui en a pris possession pour accompagner dans sa danse de plus en plus d’âmes damnées promises à l’enfer ? Voilà que j’en arrive à en croire aux fables des lames légendaires… mais ma lame, même si le ja considère comme exceptionnelle, ne peut pas avoir atteint tel état… si ? Après ça pourrait expliquer pourquoi j’observe une certaine retenue dans mes combats. Je pense qu’il n’y qu’une manière de le savoir. Je dois faire un retour aux sources. Je me défais de mes attifaux de la marine, et de mes tenues colorées au profit d’un yukata d’escrimeur. Je suis vraiment trop en train de partir dans un coté mystique là… je suis peut être trop stressé par mon nouveau fardeau.

Je commande alors à un subalterne de m’amener le fameux prototype. J’embarque l’appareil, ainsi qu’un des moyens de locomotions locaux, un sorte de pédalo des sables. J’aimerais éviter les déboires de la dernière fois. Je m’éloigne d’un petit kilomètre et ressent avec un certain plaisir que nos renforts arrivent enfin. Je me trouve un rocher isolé entouré de sable assez dense. Conformément aux instructions que j’ai écouté d’une oreille, j’active l’appareil pour attirer une créature. Au bout de quelques minutes, je sens la conscience de l’une d’elle s'intéresser à l’appareil. Je le coupe pour éviter d’en avoir d’autres. C’est une créature simiaire à celle que j’ai affronté… en fait… j’ai l’impression que tous les petits vers sont du même gabarit, même portée ? espèce spécifique ? bah, on s’en fout.

Je dégaine ma lame et la sent presque vibrer dans ma main, tandis que j’accepte de ne plus jouer mais de faire une attaque où j’y mettrai toute ma puissance et ma colère. J’ai presque l’impression que la lame y répond, et fidèle à son habitude s’alourdit, tandis qu’une sorte de brume, ou de diffraction s’enroule autour de mes membres, signe de la lame qui s’éveille, et en effet, elle me semble plus… vivante. Je n’avais jamais trop eu l’occasion d’y faire attention, mais oui, il y a bien quelque chose. C’est alors que l’animal fait son apparition, ce n’est pas le sablier. Certes, la créature a résisté à mon aura royale, mais cela ne signifie pas que je dois la craindre outre mesure, je prend une grande inspiration. J’expire et je m’abandonne à la puissance, permettant à la puissance du haki jaillir de mon corps pour envahir ma lame. La créature, elle, telle un requin tourne autour de mon point, pour enfin jaillir sur moi. Je campe mes pieds, fixe l’immensité noire de sa gorge… “A Genoux”... Ma lame s’abat tel l’orage, tel le marteau sur l’enclume, et mord la chaire. La seconde d’après, la créature n’est plus que deux gros morceaux de viande… c’est… tout ? Je ne ressens aucune fascination, aucun soulagement, j’ai juste pourfendu une grosse bestiole… il n’y a rien de mystique là dedans. Ma lame, elle est presque satisfaite, je la rengaine pour taire son attraction de déployer toujours plus de puissance.

Dans la ville, je sens une certaine exultation mêlée d'étonnement, manifestement, le mot est passé, et les curieux ont observé notre duel insatisfaisant. Je reprends alors ma route, laissant mon trophée pourrir au soleil, il ne s’agit pas du sablier, juste de gros vers des sables. Nous sommes à présent prêt au départ pour Uthar, si l’on défie ces créatures dans de bonnes conditions, ce ne sont pas de dieux, pas des diables, pas des monstres, juste des animaux.
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    Ethan replia et rangea sa longue-vue. Il se tourna ensuite vers ses hommes pour leur parler.

    « Après s’être tous lustrés le manche sur les gros bras du colonel Kogaku en pleine séance, on peut lever les voiles. Allons faire ce pour quoi on nous paye : purger les royaumes infestés de nuisibles. »

    Un air nonchalant mais pourtant empli d’une détermination indiscutable. Tous savaient le Vice-Amiral concentré sur son objectif. Jones et son équipage devront périr sur le champ. Direction Ulthar, information soutirée auprès des princes marchands, après quelques arguments physiques. Ethan avait certainement dépassé ses fonctions en agissant de la sorte, mais tourner en bourrique pendant que ses hommes sacrifiaient leur vie ne lui plaisait guère. Et si, par malheur, ce prince donna une mauvaise piste, dieu seul savait de quoi Levi serait capable. Avec Lydia à ses côtés, déguiser un meurtre serait une chose aisée pour lui.

    Sans cérémonie particulière, sans discours enflammé, la troupe leva les voiles et s’en alla sous les regards inquiets des habitants de la capitale. Ils savaient tous ce qu’ils avaient à faire. Motiver les soldats n’étaient pas nécessaire. Un officier devait être capable de savoir à quel moment des piqûres de rappel étaient utiles. Ethan jugea que ses troupes étaient remontés à bloc et avaient à cœur de laver l’honneur de la marine. Ils n’en voulaient pas à Jakku particulièrement pour avoir terni leur image. En réalité, cela faisait partie intégrante du travail de soldat et d’officier. On essuyait des échecs, il fallait se relever pour rectifier le tir. Les seuls coupables demeuraient Jones et son équipage.

    ***

    Ulthar, ou du moins ses dunes, étaient en vue. Le Vice-Amiral ordonna l’arrêt de tous les navires constituant sa flotte. Inutile d’avancer plus loin, ils tomberaient dans un piège grotesque. Ils restèrent figés face aux dunes, attendant sans doute une quelconque réaction. S’allumant un cigare, Ethan resta étonnamment calme face à cette atteinte qui, d’ordinaire, l’insupportait plus que tout. Après avoir inhalé une bonne bouffée, qu’il rejeta quelques instants plus tard, il ordonna les tirs d’un simple geste de la main. Ainsi, une dizaine de navires déployèrent toute une batterie de tirs. Le spectacle était absolument monstrueux. Ils avaient beau se terrer sous le sable, cette attaque causerait des dégâts les obligeant à sortir à moins de finir définitivement ensevelis. Cela dit, il y aura quand même des pertes. Par ailleurs, même s’ils sortaient, il se prendraient des tirs de toute part.

    Mais un élément risquait de rendre la tâche un peu plus délicate. Les vibrations créées par les impacts des balles et des boulets, frappant violemment le sol, attiraient naturellement les vers. La vigie annonça l’arrivée de plusieurs d’entre elles, de grandes tailles, plus affamées que jamais. Levi ordonna l’arrêt des tirs. Des nomades sortirent, accompagnés de soldats de Frost, de voiliers spécialement conçus par les locaux pour manœuvrer efficacement dans cette mer de sable. Les premiers sortis avancèrent assez rapidement et envoyèrent les premiers tirs à l’encontre des représentants du Gouvernement. Rapidement, des vers avalèrent des navires, des hommes et des femmes apeurés. Limage était insupportable mais c’était la guerre. D’autant plus qu’ils ne seraient pas épargnés de leur côté.

    « Amiral ! Derrière nous !
    - Je sais, pesta Levi. »

    Un vers jaillit de toute sa longueur, présentant sa gueule circulaire entièrement recouverte de dents acérées. Alors qu’elle entama une trajectoire descendante dans le but d’engloutir le vaisseau-mère, le Vice-Amiral dégaina sa lame et bondit à toute vitesse. Il disparut avant même que les soldats ne se retourne vers sa précédente position. Les plus vifs, dont Mozart et Daniel, suivirent la trajectoire ascendante de leur camarade. À une distance d’environ dix mètres, Ethan augmenta sa vitesse d’une impulsion combinée de geppou et de soru. Il atteignit sa cible en une fraction de seconde et passa complètement au travers. Une partie du corps du vers passa au-dessus du navire, tandis que l’autre tomba en arrière de ce dernier.

    « Daniel ! Premier lancer de grenade en direction des dunes ! hurla le commandant de la flotte encore dans les airs. »

    Ils chargèrent les canons de quelques grenades, technologies fraîchement créées dans le but d’attirer ou éloigner les vers. Ils tirèrent en direction des dunes ou ses alentours. Une fois le mécanisme activé, le grenade n’explosait pas mais provoquait de petites vibrations qui attiraient les vers. Le silence complet fut ensuite ordonné. La flotte entière demeura silencieuse et immobile. Ethan espéra que Jakku ne tarderait pas avec les renforts et la cargaison de grenades supplémentaire.
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Fut un temps, l'arrivée inopportune d'un subordonné venant troubler un moment de repos thermal bien mérité aurait probablement valu au fauteur de troubles quelques jours de corvées et de suspensions de soldes. Mais comment punir la Commandante Ayzami alors qu'elle fait enfin l'effort de porter l'uniforme, et de respecter le protocole de rapport en se présentant avec une escouade en grande tenue ?

Je me demande si je ne suis pas en train de me ramollir...

Et si elle ne ferait pas exprès de se présenter en grande pompe a un moment délicat en misant précisément sur le contraste entre la faute et l'amélioration...

Non. Lin est indisciplinée et rebelle, mais bien trop entière pour être aussi vicelarde et calculatrice que ça. En tout cas je l’espère, sinon je me suis vraiment trompé sur son compte...

Je choisis donc l'option la plus simple, puisqu'elle se comporte comme si j'étais simplement à mon poste de commandement et non en serviette et marinant dans la vapeur, je fais de même, et ignorant les regards médusés des nobles qui nous regardent, je rends son salut à la commandante.

-Et nous vous attendions avec impatience Commandante Lin, nos pertes ont étés lourdes. Laissez moi l'inventaire de vos troupes et allez les débarquer et les préparer pour une inspection.

Il convient évidemment de savoir de quel force je dispose, mais surtout de rappeler aux locaux que dans Gouvernement Mondial, Mondial signifie que la Marine est la force armée la plus démesurée du monde connu, et qu'elle est capable de lever un régiment ou une flotte de renfort pour chaque pirate prenant la mer.

-Je vous retrouve la bas.

Maintenant que j'ai a nouveau des cartes en mains, il y a fort à faire.

[...]

-Colonel ! L'amiral Levy et le Colonel Kogaku ont engagés l'ennemi. Ils pilonnent la ville d'Ulthar pour forcer les rebelles à les affronter, et sont attaqués par des vers des sables en grand nombre.
-Pas de traces d'une attaque nomade ni de manœuvres des Sunset ?
-Rien pour l'instant Colonel !
-Alors nous attendons.

Conformément au plan décidé lors du conseil de Guerre, ce n'est que quelques jours après les flottes de mes deux collègues que les renforts de la
eme ont quitté la cité. Un tant que nous avons mis a profit, La commandante Lin en déployant en ville les renforts fraichement arrivés pour faire acte de présence au sein des chantiers de reconstruction de la ville, et surtout imposer partout nos uniformes, nos armes et notre discipline, pendant qu’après le gant de velours qu'a passé l'amiral Levy au prince local, j'allais jouer un peu de la main de fer. Jusqu'a ce que le potentat local consente enfin à se séparer d'une partie de ses marins, rendus de toute façon tout à fait inutile par la guerre de siège et de position de nos ennemis...

C'est donc fort d'une division a nouveau a plein effectifs, et flanqué d'un renfort de la marine locale que nous avons navigué à travers sable à la poursuite des flottes d'assaut, et que, dissimulés dans une zone de sable protégé des vents et des yeux par une proche ile de roche, nous attendons maintenant le bon moment pour nous porter à l'aide de l'attaque principale.

-Tant qu'ils n'ont repéré ni les navires de Frost ni celle qui commande les nomades nous ne pouvons pas risquer de nous enferrer dans un siège avec eux.

Néanmoins... Il convient peut être de s'assurer que nous avons notre propre regard sur la situation..

-Commandante Lin ? Prenez un navire et rejoignez le champ de bataille en avant garde. Je n'ai aucune confiance dans les rapports qui nous parviennent de la bas et je suis sur que vous saurez bien mieux que quiconque repérer les hommes de Frost..
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-Commandante Lin ? Prenez un navire et rejoignez le champ de bataille en avant garde. Je n'ai aucune confiance dans les rapports qui nous parviennent de la bas et je suis sur que vous saurez bien mieux que quiconque repérer les hommes de Frost..

Ahhh la première ligne, ça faisait si longtemps que Lin en était presque émue. C'est avec grand plaisir que la Commandante ordonnait à plein poumons aux hommes de s'activer. Quelques minutes après l'ordre de Jakku le navire de la 102ème sous les ordres de Lin fendait le sable pour porter assistance au reste de la flotte appartenant à la marine.

- COMMANDANTE ! Ver des sables droit devant !

- Hein ?

C'était une première pour Lin, le spectacle qui se dessinait devant elle avait des airs de fin du monde. Les navires de la marines qui pilonnaient les dunes autour de Ulthar, d'autres qui peinaient à repousser des assaut de vers des sables géants et pour finir un petit nombre qui tentait de prendre en chasse les navires à voiles des nomades adverses.

- Donnez vos ordres Commandante !

Lin manquait de temps pour y réfléchir, les quelques minutes de retard que son navire avait prit semblaient déterminante dans le cours de la bataille. C'est alors qu'un premier ver des sables de taille moyenne jeta son dévolu sur le navire aux couleurs de la 102ème.


*Bordel !*

- On se jette dans le tas !

- Mais co...

- DANS LE TAS J'AI DIS !

Et le navire s'élançait à nouveau, le premier ver des sables repoussé par une salve de canon, avant qu'il ne repasse à l'assaut la tigresse avait le temps de vociférer quelques ordres.

- Si vous avez une fenêtre de tir faites feu sur les vers aux trousses de nos alliés !

Le navire de la 102ème fendait le champs de bataille avec difficulté, les attaques de vers étaient rudes pour le bateau. Quand une de ces créatures échappait aux tirs de canons c'est Lin et les hommes les plus entraînés du bâtiments qui s'élançaient pour le repousser. Ce n'était pas le moment de faire dans la dentelle, sous forme hybride Lin fendait l'air de ses griffes pour blesser ces mastodontes des sables. Généralement les dégâts étaient superficiels pour les vers, mais cela suffisait pour les attirer à portée de poings.

Les minutes passaient, Lin continuait de faire du ping pong avec les vers qui s'attaquaient au navire et la situation semblait s'enliser. Le navire de la tigresse prenait beaucoup trop de dégâts, la rouquine se fatiguait et les munitions viendraient bientôt à manquer. Heureusement certains navires alliés ont pu s'extirper des attaques de vers grâce aux renforts de la 102ème.


- Commandante, il faut battre en retraite !

- Pas encore ! Le Colonel nous à demander de trouver les hommes de....

D'un coup, le navire de la 102ème essuya une attaque qui semblait sortie de nulle part. Le choc fut tel que certaines marins tombèrent sur le coup.

- Mais que ?!

- On a essuyés une bordée Commandante !

- Mais d'où est-ce....

La vigie suspendue à un cordage se mit à hurler à pleins poumons.

- LES SUNSETS !

Le sang de Lin ne fit qu'un tour, elle se saisit du Denden de la 102ème et fit passer le message à son colonel.

- JAKKU BORDEL ILS SONT LÀ !

Une nouvelle bordée vint frapper le navire et les vers autours de pleins fouets, occupés par la course aux vers Lin n'avait pas remarquée l'arrivée de nouveaux navires ennemis. Impossible de se tromper en regardant le pavillons des pirates, il s'agissait bien des hommes de Frost. Malgré la panique sur le navire de la Commandante, cette dernière affichait alors un large sourire.
Lin n'était pas très futé, alors autant tenter de jouer l'appât. Jakku s'était fait avoir quelques jours plus tôt, les ennemis auraient pu penser que le navire portant le pavillon de la 102ème se ferait bêtement piéger une fois encore... Sauf que cette fois c'était à Jakku de refermer le piège sur l'ennemi.

- Maintenant il tenir bon ! On lâche rien tant que le bateau tombe pas en miettes !

La commandante se la jouait mais difficile de savoir si son navire tiendra jusqu'à l'arrivée de Jakku...
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Pour résumer la situation, le chaos revint, violent, bruyant, mouvementé. Après de premiers tirs de balles et de boulets, des vers démontés se dévoilèrent en effet, leurs gueules pleines de dents prêtes à détruire tout ce qui passait. Dérangés par les vibrations, ils ne firent alors guère de différence entre les nomades qui sortaient avec affolement de leurs cachettes et les marines prêts à en découdre. Tant qu’ils étaient à portée, tous se déchiquetaient fort bien.
L’odeur écoeurante du sang qui giclait s’insinua donc soudainement partout dans les premières lignes. Le bruit grinçant de bois éclaté répondit aussi maintes fois aux ordres hurlés que chaque côté humanoïde échangeait.

Puis, suite à deux ordres et un fait d’arme formidable du vice-amiral Lévi, un semblant d’accalmie s’installa autour du vaisseau-mère militaire. Un silence presque parfait.
Point longtemps fort heureusement ; cette fausse quiétude avait après tout quelque chose de salement sinistre. De terrible même, si l’on prenait en considération les râles criés des agonisants qui la brisait déjà de temps en temps. Ou l’expectative enjouée dans laquelle se tenait à présent une bonne partie des soldats du gouvernement. En plus du précédent spectacle offert par le colonel Kogaku - plutôt agréable, il fallait l’avouer -, les corps qui gisaient plus ou moins loin, répandus tels des déchets, n’avaient visiblement fait qu’ouvrir davantage l’appétit général d’héroïsme et d’acier.

Enfin. Aussi rapidement qu’elle avait temporairement été terminée, la lutte reprit donc alors. Le trio gagnant (sable projeté, sang et cadavres), redevint brusquement leur réalité, pour les hommes au service proche d’Ethan.
Le premier des trois colora le ciel en des nuages éphémères, de ses propres nuances mordorées, quand de nouvelles bestioles jaillirent violemment du sol là où les premières grenades avaient été envoyées. Au niveau du mur vivant plein de trous que formèrent prestement les apparitions monstrueuses, le second fut de nouveau déversé. Les troisièmes commencèrent ensuite à s’empiler, au milieu de cris variés. C’était au final encore un carnage qui, à nouveau, se rapprochait. Se transformait en véritable champ de bataille commun, dans lequel toutes les parties en présence n’allaient pas tarder à se jeter si ce n’était pas déjà fait.

La nouvelle que des pirates étaient apparus et encerclaient déjà un bâtiment allié succéda en effet à celle de la promiscuité d’énièmes vers paumés ou simplement peu friands de partage de cibles avec leurs pairs. Une vigie hurla aussi que les créatures disparaissaient, puis revenaient une à une là où les joujous à vibration avaient été lancés.
La princesse guerrière avait potentiellement trouvé comment se débarrasser de ses nouveaux invités quelques secondes, mais guère plus. Les petits bijoux de technologie qu’on venait de lui offrir si galamment l’importunaient visiblement terriblement.

***
Ses doigts tapotaient un tout petit morceau du bastingage lorsqu’ils ne se portaient pas à la corde devant elle. L’enthousiasme dont elle avait fait montre en tête à tête avec Ethan s’était plutôt bien évaporé.
« Tu vas y arriver. » La voix n’avait rien à faire ici, n’existait pas, et pourtant, Lydia se raidit en l’entendant. Elle lui répondit même en murmurant tout bas, précipitamment. Comme si la question qui n’en était pas une avait véritablement été posée à son attention par un idiot absent à la voix bourrue.
« Je ne sais pas Jamal. » Peut-être. Non.

C’était trop tard pour reconnaître ouvertement que la bataille - qui s’annonçait fichtrement féroce - était sans nul doute totalement au-delà de ses capacités. Même dans le but de répliquer à un cipher pol à des milliers de kilomètres de là. Outre que tout cela était bien en dehors de son champ de compétences habituel, les ennemis étaient nombreux et avaient l’air ultra difficiles à assassiner. Elle n’avait plus confiance en ses capacités de combat abîmées non plus.
En définitive, la frousse qu’elle ne se connaissait pas antan revenait, de temps en temps, noircir ses iris clairs. Comme maintenant. L’adrénaline lambda qui coulait dans ses veines ne parvenait pas à la faire disparaître complètement. Elle avait vraiment peur. Davantage encore que les fois où elle songeait qu’un jour son jumeau la tuerait. Presque autant que quand il…

Une de ses mains gantées dérapa, la forçant à se ressaisir sous l’oeil d’un collègue temporaire. Idiote. Heureusement qu’elle n’avait pas fait ça dix minutes auparavant, lorsqu’il avait fallu aller prêter assistance en duo à un combattant mal en point. En tout cas, se rappeler de la non-présence de l’un lui serra presque autant le coeur que son propre manque d’assurance. J’aurais dû demander à Daniel de me confier une autre tâche, même stupide.
En attendant une éventuelle baston au corps à corps jouable, être prête à dégringoler le long d’une corde, dans le but de remonter un blessé ou un autre à portée, n’occupait vraiment pas assez. La prochaine fois, s’il y en avait bien une, elle n’hésiterait pas à s’imposer, quitte à se proposer pour soutenir aussi les tireurs concentrés. Les gens qui bossaient davantage dans l’optique d’une victoire phénoménale, quoi.

Afin de ne pas ternir le désir de sang d’autrui, la jeune femme offrit à son spectateur involontaire un fantôme de sourire tremblant. À l’instar du peu d’autres faussement inactifs à bord du bateau, il lui fallut ensuite vraiment se remettre en alerte. Des troupes approchaient plus ou moins, à bord de petits voiliers et d’espèces de barques à voiles. Et vu d’où elles provenaient, elles ne s’invitaient hélas clairement guère partager un thé.
Après avoir évité avec dextérité les gueules béantes des créatures cauchemardesques qu’on leur avait imposées, quitte à sacrifier l’une des leurs pour obtenir une diversion momentanée, les embarcations filaient maintenant cependant dans des directions variées. Étranges presque. Jusqu’à un certain point : il fut aisé, en percevant plusieurs vers s’enfoncer dans le sable chaud, de comprendre qu’une des grenades au minimum avait pu être miraculeusement ramassée. En témoignaient aussi les trainées de sable qui suivirent juste après une régate suicidaire en particulier.

Pendant ce temps, des soldats agiles et motivés par les réussites de leurs chefs se chargeaient des immondes bêtes qui s’aventuraient dans le coin. Leur hécatombe programmée avançait à un rythme assez soutenu.
Si des pertes non récupérables se comptaient hélas déjà dans leurs rangs de fantassins, elles restaient pour le moment limitées grâce à un formidable travail de groupe. Les canonniers et autres attaquants à distance rechargeaient leur arme avec férocité, n’hésitant pas une seconde à prêter main forte à leurs compagnons en danger. Les premiers soins étaient de leur côté dispensés avec rapidité si on le pouvait, une fois les corps remontés. Bref, chacun faisait de son mieux dans un mauvais moment.

Jetant un coup d’œil dans la direction d’Ethan, Lydia pria pour lui mentalement tous les dieux dont elle avait pu entendre le nom un jour. Les restants de la petite fleur, récupérés difficilement auprès de Saladin, étaient normalement en sa possession.
Bien avant leur arrivée, elle lui avait glissé la petite fiole scellée sans explication, après avoir rapporté les dires que le maître de Sahrakis lui avait confié. Les détails personnels en moins, bien entendu.

Si le gros des nomades ne se contentait pas de finalement fuir du côté opposé de la cité morte, son petit frère avait donc entre les mains de quoi inviter le sablier à la fête géante. Il fallait espérer qu’entre ça et les nombreux efforts déjà déployés, le tout suffirait afin de régler pour de bon les problèmes de rebellion et de pirates d’El Jezada.
Et avec de la chance, pourquoi pas une bonne partie de celui des vers grouillants venus on ne savait d’où…
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