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Interfofo: brouillon de correction


Minos


Je plaque ma paluche sur le coin de bois, qui vient de me percuter alors que je rejoignais le pont. L'envie de broyer l'ouvrage est là. Mais ce rafiot est mon patrimoine. Je l'ai même construit, comme un fils. Sauf que j'invite plein de monde à venir dedans.

Bouche sèche à cause de la gnôle, limace en vrac à cause de l'oubli de la veille. On pourrait récurer du caramel séché au fond d'une marmite avec la barbe naissante que je me hérisse. À peine sorti de la cathédrale des vices que le soleil me fait du jumpscare en boucle dans la cabasse. J'ai une sale gueule, mais pas besoin de couronne pour qu'on me reconnaisse. Le roi se lance.

Sur la plancha, battue d'un cagnard à cloques, des uniformes. Pas les miens. Moi, je fais dans la marinière en peau de bêtes et le képi à cornes d'espèces récemment éteintes. Là, c'est plus tissu blanc qui sent la lavande en sortie de caserne et les armoiries de l'ennemi brodées main à dix doigts. Je ferai pas dans la dentelle. Sourire éclatant ! Je rends grâce. Les combats ont été nombreux et la moisson généreuse dans les cercles de bastingages. Résultat: des sacs de tortore humaine emmaillotées dans leur froc militaire et leur trouille. La peur, c'est bien, c'est salvateur. Ici, c'est surtout trop tard. Fallait interroger les osselets dans les viscères avant le levé du soleil.

Ils me remarquent d'emblée. Le fait d'être l'humain le plus grand du monde doit y être pour quelque chose. On connait tous l'histoire du mec de bar qui avoine, yeux fermés, sourire en coin, des gros congestionnés passant leur temps à se faire attendrir la sèche les jours de relâche. Dans l'esprit des rêveurs, plus t'es grand, plus t'es con et facile à tomber. Personne ne fait tomber Minos, pas sans se réveiller avec l'entrejambe collante d'autosuffisance. Et eux, ils ne comptent pas du tout m'inviter dans leurs songes. Sont perdus, bouleversés, en pic d'adrénaline. Je suis à un "bouh!" de m'offrir un nuancier automnale sur tout le pont. À la place, je me cale devant la brochette de mouettes et leur demande s'ils ont faim.

Pas trop, semblerait. Y en a un qui sauce encore du tarin. Suis pas toubib, mais ça sent la chute d'escaliers avec préméditation. Plutôt que rappeler à mes gars qu'on n'abîme pas la cargaison, même si c'est drôle, je me cale les miches sur un canon et fais ma mondaine.

Suis le roi Minos. Beaucoup parmi vous m'appellent "Pitié".

J'exagère, mais ça fait partie de la manœuvre. Je pourrais les broyer à la main, les cuire et les bouffer. C'est pas le plat du jour qui fait envie. Z'ont déjà la crignolle sans gouvernail et moi l'espérance d'un entretien sans cri qui me claque en échos dans la boîte à idées. Patient, je me contente de leur expliquer leur situation. Tout ce qu'ils ont appris, pendant leurs mois de formation, n'a aucune valeur ici. Sans collaboration, ils vont souffrir, puis mourir. L'un après l'autre.

La Marine a des couilles. Des petits roustons, mais suffisants pour me défier de les contraindre à baver si j'y mets pas les formes. Je demande pourtant pas le One Piece. Notre camp a été saccagé par leurs semblables et je demande un cap où les retrouver. T'as des gars qui ne parlent pas parce qu'ils sont paralysés. Ou par ego, voire conviction de ce qu'il convient de faire. Pas ici. Ici, on se mure parce qu'on n'a pas encore réalisé qu'on n'est plus dans sa bulle du Gouvernement Mondial. On s'accroche à ses souvenirs, à ses potes, à ce qu'aurait fait son mentor le plus admirable à sa place. Les temps de les laisser mijoter, j'en empaquette un dans un grand sac de toile et commence à fouler le sol avec. Et ça fait bim bam boum ! Y a de la casse dans le panier, mais plus de quoi brailler. Les autres coqs tremblent tellement qu'ils pondraient un œuf si je le leur demandais. C'est l'occase de leur montrer que même quand on secoue bien le torchon, la pulpe reste en bas. J'achève le boulot en ouvrant l'outre à outrecuidants et leur affirme que le suivant rejoindra l'omelette sans que je vide la poêle. Dès le deuxième, ça sonne. Le temps de les laisser récupérer les consonnes, leur esprit se livre.

Tu parles, tu t'en sors.

La confession se fait l'un après l'autre, sans isoloir. Penché sur eux, j'observe et absous. Les soldats sont redevenus des enfants. Ils n'ont plus rien à craindre s'ils disent la vérité. Minos n'a qu'une parole. Leur aveux terminés, je me redresse, ordonne qu'on les soigne et qu'on les accompagne dans leurs nouveaux quartiers. On suit le cap, jusqu'à ce que l'horizon se brûle d'une tâche noire.

Caravelle en vue !


Le dieu du vent nous souffle au derche pour accompagner notre élan. Les classiques canonnades picorent la flotte autour de notre navire. On réplique et le ballet commence.

Une salve chanceuse fait sauter une partie de leur cocotte avant qu'on soit à portée de mitrailles. L'odeur du graillon ravive les sens d'ici, même si la barbaque débarque du grill. Vacances fichues pour eux. Note, on ne va rien piller sur ce sarcophage à  nordique. Par contre, on peut toujours établir une nouvelle complicité. Je fais appeler nos soldats blancs, interrogés quelques heures plus tôt.

On ne peut pas dire que la convocation les enthousiasme, mais je n'affiche plus le même visage. Plutôt que les laisser virer aussi hyalins que leur casquette, je leur garnis les pognes de leurs propres pétoires.

Soldats, besoin de vous ! Venez !

Ils m'accompagnent jusqu'aux meurtrières donnant côté jardin en plein barbec'. Je les briefe, en pointant les Marines en train de patauger au milieu de la flotte.

Tenez, assaisonnez un peu les albatros avec du gros sel.

Team salé, comme promis. Les gars s'exécutent, mais loupent tous leurs tirs. Pourtant, ils ont l'habitude d'aérer la mie. J'aime pas vraiment ça. Chafouin, je préviens mes margoulins qu'il y a un boulot chez les miens à la clef et que soit ils apprennent à tirer, soit ils se font pousser des branchies. Mon coaching pro porte ses fruits, parce que l'un d'eux fait mouche. Ça le mine, mais les autres miment aussitôt. Le carton se réitère. Jamais je défierai ces gars à la fête foraine ! Quand ils ont fini le boulot, reste quelques grumeaux de farine que des monstres marins commencent à se disputer.

Beau boulot ! Allez vous reposer un peu.

Le calme reprend son cours quand les vagues boivent les dernières flammes d'un mât rachitique. Le lendemain, je fais appeler les nouveaux. Visiblement, ils s'en veulent. Moi, je leur assure qu'ils n'ont fait qu'obéir à ce qu'on leur demandait. La pitance arrive. Quasi un jour qu'ils n'ont pas mangé. Si tu additionnes tout ce qu'ils ont soustrait depuis la bascule de leur vie, le corps est en demande. Ici, on sert de la qualité. Pas les barquettes trop cuites et trop fades de l'armée. On a beau être des barbares, on bouffe comme des rois. Or, ils ne cèdent pas. C'est la première étape pour changer de côté. L'épreuve du sang terminée, je leur explique qu'ils sont désormais des traîtres. Le Gouvernement ne pardonnera pas. Leur famille sera surveillée, mais plus probablement envoyée au camp de travail de Tequila Wolf. Ça tombe bien: c'est une de nos prochaines destinations ! S'ils veulent revoir gamins et fillettes, faudra rouler avec moi. Je les invite à manger. Lentement, ils piquent leur viande, mais n'en font rien.

Vous savez, je prétends pas être un mec bien. Ni vous offrir une vie facile. Mais plus tôt vous digérerez l'échec, plus tôt vous rebondirez. Je ne suis plus votre ennemi. Faites corps. Partagez victuailles et colère pour devenir mes meilleurs soldats, ou bien essayer de me butter. Je m'en fous. Mais mangez. Vous allez avoir besoin de forces.

Ils ne disent rien. Que répondre de toute façon ? Le visage fermé par le deuil et la haine, ils reprennent leurs couverts. Vétérans, comme cadets, tous se repaissent.
  • https://www.onepiece-requiem.net/t1985-le-set-samourai
  • https://www.onepiece-requiem.net/t1888-le-capitaine-hadoc-a-emherge
Minos

Epreuve 4, seconde partie

Et c'est parti pour le binôme suivant ! Mes comms seront potentiellement plus courts, faute de temps et de tonnes de trucs à lire, ici comme ailleurs. Si vous voulez des précisions, contactez-moi sans hésitation.

Ganako et Nathalia


Et euh, déjà, merci aux invités. Vous écrivez sans concourir, mais rendez-services à ceux qui ont besoin de partenaires. Je trouve ça génial. Votre duo donne place à un bon rapport générationnel dans les deux cas, mais avec des oppositions quasi parfaites pour le s'illustrer. De ton côté Ganako, j'ai aimé cet ambiance très grise, un peu façon film Hong-kongais. Le cadre est très soigné, le langage précis (outre l'emploi de "tignasse", trop familier au milieu de toute cette joliesse) et une volonté de penser son cadre et l'ambiance via un média que seul l'écrit permet. Exemple tout bête, quand tu parles au début de la pluie, que tu fais comprendre que l'eau coule et que tu ajoutes la dissolution d'un organe interne. Tout es fluide et bien choisi pour qu'on soit dans ses chaussons lorsqu'on parcourt ton récit. Petit conseil pratique, pour ceux qui pissent sous la douche ( ça va, on est beaucoup à la faire ), faites-le en laissant couler l'eau sur votre cervelet et votre nuque. Vous aurez comme la sensation que l'eau vous traverse, ce qui détend à mort. Je m'égare non ?

J'ignore si ton style d'écriture en bloc est voulu ou une erreur de formatage en postant. Si c'est intentionnel, sans imposer les goûts et les couleurs, je me permets de suggérer l'aération. C'est plus simple pour suivre la lecture et en plus tu peux exploiter les espaces pour donner des variations de rythme. Ce qui est assez important dès que on cadre s'anime ou que tes personnages s'expriment.

Les dialogues sont d'ailleurs aussi soignés que le reste. Parfois un peu trop. La scène du deuil a un léger décalage entre les émotions des personnages et le contrôle de ton style narratif. Je pense que tu le sais, puisque ta seconde partie est plus naturelle, et que tu as voulu renforcer l'aspect contrôlé et impénétrable de tes deux gars embarqués dans des intrigues d'espionnage. Ce qui est intelligent. Mais je ne peux m'empêcher de penser que tu aurais pu obtenir encore mieux en troquant la maîtrise du langage par la gestuelle. Parce qu'on pense ce qu'on dit, pas toujours comment on bouge. Et des gestes, ça ne se consigne pas sur des micros. Détail, mais il m'a traversé en te lisant.

De ton côté Nathalia, on quitte l'ambiance sombre et pluvieuse pour une tranche de vie d'une famille somme toute normale. Une chose que j'ai aimé d'emblée, c'est cet aspect respect des gens du quotidien. Ta protagoniste a un passé sombre, dont elle semble seule responsable (pour peu qu'on soit réellement responsable de ses incidents de parcours, m'enfin tu m'as compris). Et j'aime voir un personnage s'en vouloir de ses failles et vivre au mieux avec ses vieux démons. Tu gères aussi très bien les dialogues et mention spéciale pour la petite. Elle est un peu maladroite, ne comprend pas tout, pose des questions embarrassantes. C'est dur, d'animer des enfants. On en fait souvent soit des items qui parlent, mais ne sont que des éponges, soit des singes savants qui s'expriment comme des adultes. Tu parviens très bien à naviguer entre les deux dangers et bravo pour ça.

J'ai lu ton cadre après ton épreuve et, franchement, il n'est pas du tout nécessaire à comprendre ce que tu places très bien durant ton récit. T'as voulu faire de la pub gratuite, hein avoue ? Very Happy

Bref, c'était super ! Propre des deux côtés, bien équilibré et avec un défi rempli haut la main. Au plaisir de vous relire tous les deux un jour. Vos forums doivent être ravis de vous avoir.


Vihol et Nikolaus


Et coucou Vihol (je réduis ton nom parce qu'il faut une éternité de dragon pour apprendre à l'écrire Very Happy) et Nikolaus. Je vous ai lus et vais vous rendre hommage via une forme poétique. Mais je développe après. C'est parti !

~~~

Présentation habile de vos deux éternels
Le premier feu s'anime quand l'autre l'y rappelle
Eussé-je préféré, quitte à lire Valéry
Que les vers s'alignent comme les ondes d'un cri

L'écrit a beau être porté par vos deux talents
On s'y perd, emporté par une forme d'hermétisme
La recherche est certaine où l'effort est patent
Mais toute sueur est vaine quand seul règne le lyrisme

Reste une bonne idée et l'harmonie certaine
De vos encres respectives coulant comme l'ondée
Point de faute éhontée, l'épreuve est validée
Pourquoi suis-je tant tenté par les calembredaines  ?

Pour que malgré l'amour porté aux poésies
Celle-ci me glisse dessus comme l'eau sur la cire ?
La lippe reste fine à l'art mû par loisir
Ma langue ne pend nulle part et préservera la lie
~~~

Voilà, en gros. Je trouve que le choix d'accepter la vie, pour une créature apte à ressusciter et l'autre incapable de mourir, c'était le choix idéal et vous aviez deux créatures parfaites pour vous renvoyer la balle. Vos écritures sont très plaisantes, que ce soit niveau vocabulaire ou la façon d'illustrer vos propos. Mais j'ai réellement été bloqué et repoussé par le côté rococo. Tous les goûts sont dans la nature, certes, aussi j'accepte de considérer que je n'ai juste pas été sensible à vos choix. Mais parce que tous les goûts sont dans la nature, je vais tâcher de vous faire comprendre l'expérience de la lecture telle que je l'ai vécue.

En gros c'était
un peu ça tout le temps
comme si on me lançait
un bâton que je devais
m'empresser de rapporter

Et AvEc DEs efFEts qUi, pouR MA ParT, ne SE JustIfIaIent pas. Ca m'a surtout donné l'impression qu'on tentait de me perdre. Alors, l'aspect chaotique était très bien vu dans la première phase de Vihol. La bestiole rejette tout, ordre compris, et veut juste le néant. Là oui, être ballotté en tant que lecteur, dans un inconfort et à la recherche de repères, c'était parfait et j'adhérais totalement. Je ne dis pas que je refuse d'être paumé, je dis que ça doit se justifier. C'était le cas. Le fait d'incarner une créature non-humaine renforçait l'idée.

Mais dès que Vihol embrassait la renaissance, il fallait nous harmoniser avec lui. Plus de majuscules jetées en vrac, plus de ping pong, plus de mots d'un jargon que seuls les gens du forum dédié peuvent comprendre. Or, ça continue. C'est ce que j'appelle l'effet Tennet. J'ai l'impression que l'auteur cherche à me perdre avec une chose artificiellement complexifiée pour me faire penser que je n'ai pas le niveau pour le suivre. Je ne dis pas que c'est ce que tu as fait, je dis que c'est l'impression ressentie. Bon, tu comprends en quoi c'est emmerdant de se mettre à penser ça en lisant un texte. Les effets, c'est bien, mais c'est un échange de gens qui ne se connaissent pas et doivent se comprendre, pas une parade de paon pour impressionner l'assemblée. Et j'ai vu texte écrit à la plume de paon.

De ton côté Nikolaus, j'ai été plus à l'aise, puisque le lexique m'était accessible et que tu m'as moins bringuebalé. Comme dit précédemment, j'aurais préféré que les passages de Paul Valéry cités le soient simplement, convaincu pour ma part que réorganiser l'emplacement de vers d'un poète existant, parce qu'on en change le rythme, c'est déjà le transfigurer. Mais j'ai beaucoup aimé l'idée que le secret de la vie réside dans la découverte et l'exploration. C'est une sorte d'ode à la curiosité et au développement de la passion.

Ca me rappelle un peu la vision des grecques de l'Antiquité pour définir une vie d'homme. Elle est machiste, selon les filtres d'aujourd'hui, mais on s'en fout. Faut voir l'idée derrière. En gros, ils disaient que l'homme avait deux choix de transmission. Soit il vivait en famille et là sa vie serait courte. Parce qu'il se tuerait à la tâche pour nourrir sa famille et que, sitôt rentré, sa femme allait l'épuiser en lui sautant dessus (j'avais prévenu ^^). Il n'allait donc jamais pouvoir récupérer suffisamment et allait mourir tôt, mais en laissant derrière lui une famille, un héritage génétique. C'était une façon d'être un peu immortel. L'autre façon, c'était de ne pas fonder de famille, mais de s'instruire et transmettre, le temps qui nous est laissé pour le faire, sans famille à gérer. Dans ce cas, on s'épuisait moins, donc on vivait plus vieux, mais aussi plus seul et la petite immortalité était transmise via le savoir. Ton texte m'a fait penser à ça.

En conclusion, je n'ai pas été touché, même si je reconnais sans retenue que vous avez de bonnes plumes et que vous avez bien pensé votre sujet. Bon, ça arrive. Peut-être que d'autres de vos écrits m'auraient davantage transporté. J'espère le découvrir un jour. Et dans tous les cas félicitations ! Le boulot derrière est indéniable et je comprends qu'on puisse adorer ce que vous avez proposé.


Epreuve 4, première partie


Je vous préviens, mon clavier a des touches folles. S'il manque des T ou des i, c'est normal. Je me suis un peu relu, mais vu la masse de choses à lire et écrire, forcément l'attention est réduite sur ma propre relecture. Merci de votre compréhension. ^^

Axiom et Alizée

Coucou vous deux et merci pour votre participation. Je vais accorder vos genres à ceux présupposés de vos persos. SI vous êtes des mecs, ça vous fera comme quand vous allez voir une recette de cuisine sur 80% des forums. Very Happy

C'est un bon concept de rp. Deux persos calculateurs et meurtriers qui explorent le même fleuve de mort pour y opérer un sacrifice. Comme je dis souvent, c'est le genre d'histoire où le héros est le lieu. On retrouve ça chez Stephen King, Lovecraft etc. Ce ne sont pourtant pas du tout les mêmes histoires et vous avez très bien créé le contraste via un style très abstrait, onirique chez l'une, concrète et tangible chez l'autre.

Axiom en premier post était, du reste, le meilleur choix. On est perdus, entre les informations sibyllines et cet étau qui se resserre autour d'éléments clairs de prédation, comme des yeux brillants dans une brume qui nous font savoir que, même sans identifier l'action, ça va puer du cul dans pas longtemps. Tu as d'ailleurs opté pour une formule très complexe Axiom. Je salue avec respect cette audace. Ce n'est pas un concept que je conseille parce qu'il est une purge à maîtriser. Et là c'était pour un post assez long dans un temps très limité. T'as vraiment pas cherché à te simplifier la vie. Tu as même poussé le vice jusqu'à utiliser une forme très floue et, malheureusement, moins stable que l'idée qu'elle sous-tend.

Je ne t'embête pas avec l'orthographe. Il y a des fautes, mais c'est rien. Je vais plutôt essayer d'éveiller ton attention sur deux choses assez rapides à corriger. La première: fais attention à tes répétitions. On peut répéter intentionnellement un mot si c'est un effet de martèlement. Comme tu le fais vers la fin. Mais au début, le "pour" arrive quatre fois. Essaye, quand tu te relis, de voir les tournures dont tu uses trop facilement. Surtout au début. Ton lecteur débarque et son cerveau est pleinement attentif à tous les stimuli. Il doit s'installer dans ton récit. C'est ce que j'appelle la phase inquisition, où tu te fais lire avec une analyse intuitive. Veiller à mieux travailler le premier, voire les deux premiers paragraphes, permet de leur offrir un confort d'immersion. Ils feront moins gaffe par la suite, pour la plupart. C'est le même phénomène qui fait que les Marvels, John Wick, Jurassic World etc offrent 20 minutes d'originalité relatives, avant de s'enfoncer dans la répétition du même film qui tourne en boucle. Allant parfois jusqu'à démolir le cadre instauré au début, mais autre débat. Tout ça pour dire: soigne ton début, c'est le plus payant.

L'autre conseil, c'est tout bête, facile - vraiment facile - à veiller, puisqu'il s'agit d'éviter l'abus de - ceci - quand tu écris. Les traits sont jolis, mais ont une signification et des conditions d'utilisation. Si tu veux éviter que ton lecteur se repose à cause d'un point, mets une virgule et trouve une astuce pour l'épuiser davantage en ne terminant, comme ici, pas du tout la phrase que tu es en train d'écrire de tes doigts fuselés, habiles à rallonger sans cesse une sentence pourtant aisées à séquencées de points, ou autres ponctuations choisies avec minutie, afin de ne jamais, au grand jamais, laisser le lecteur, emprisonné de tes mots, soumis à ta marche, respirer tout l'air qu'il est pourtant temps de lui accorder. Ou mets des virgules. Mais le -trait- va vite fausser la compréhension de ton texte. Or, paradoxalement, quand tu écris l'onirique et le trouble, tu dois le faire en gérant de façon précise ta plume. Sans quoi, ton lecteur peut décrocher non pas parce qu'il rejette ton univers, mais parce qu'il n'est pas dans un confort de lecture.

J'ignore si tu as l'habitude d'écrire de cette façon ou si tu as voulu essayer quelque chose de neuf pour ce concours. Mais je te recommande de tenter une forme un peu plus simple, mais davantage maîtrisée. Ecris encore, affine-toi et va de plus en plus vers les effets et tournures de phrases alambiquées. Ca viendra. C'est comme pour tout, ça demande de pratiquer, encore et encore. J'aime beaucoup tes idées, alors continue d'écrire un maximum. Et de soumettre tes écrits aux avis des gens. C'est dur de voir ce qu'on peut améliorer chez soi. C'est aussi pour ça que je gratte des lignes ici.

De ton côté Alizée, tu as opté pour un contrepoids parfait avec Axiom. Le décor décrit et limité, la matière, on est dans ses chaussons alors qu'on sait, comme pour Axiom, que ton personnage va tuer. Le passage du bout de papier dans un tiroir est assez attendue, mais vu qu'il s'agit d'un post unique et à longueur limitée, le détail est vite laissé de côté. Ton choix de description était moins risqué que pour ta partenaire, mais on voit que tu as de l'expérience et que tu peux être à l'aise dans des décors. Ce qui n'est pas évident y compris sur les forums. Tout le monde n'apprend pas à gérer la matière autour des persos. J'ai aimé que tu le fasses.

Puisque je suis un titilleur, je vais juste marquer une réserve sur l'attitude d'Alizée dès que tu la rends prédatrice. Pas que ça soit mauvais, ni que ça n'aille pas avec ton personnage. Je ne le connais pas, c'est le tien, rien à redire là-dessus. En revanche, avec un style assez lent, plutôt subtil quand tu parles du monde et sans idée qu'Alizée agit en dehors de la pure maîtrise, le jeu qu'elle joue avec son subalterne crée une distance avec le lecteur. La caresse sur la joue, le sourire carnassier, ce sont des codes visuels de série ou de manga pour faire comprendre (souvent assez lourdement) que A va tuer B. Le truc, c'est qu'on le sait déjà. Cette action ne sert qu'à dire à un autre personnage qu'il va mourir, sans pour autant qu'il profite de l'appel à se tirer. Du coup, la mise en scène devient un effet pour l'effet. Certes, ça a du style, mais c'est plus une citation d'un autre média qu'une plus-value à ce que tu avais déjà instauré. Le même maniérisme apparaîtra sur la barque, où Alizée fait durer par pur sadisme un événement qui aurait, selon moi, été plus marquant s'il avait été bref. Et plus en opposition avec le travail d'Axiom aussi. Je ne l'ai pas dit, mais les contraires sont autant des exemples de similarité que les parallèles clairs. Parce qu'ils n'existent qu'à l'aune de leur négatif. C'est un détail, mais comme t'as déjà un niveau assuré, on rabote dans les coins peu accessibles.

Je ne fais pas plus long. Je vous félicite pour cette épreuve. Vous avez osé la difficulté sans vous préserver et vous en êtes très bien sortis. C'était une bonne lecture. Au plaisir de vous recroiser et, si vous n'êtes pas d'accord, si vous voulez des précisions, ou si vous voulez tout simplement m'envoyer des chocolats, n'hésitez pas à me contacter. Par contre, je refuse toute invitation à faire du rameur avec vous. X_X


Belladone et Milan

Bon ! C'était parfait, tchuss ! Quoi ? Vous ne voulez plus ? Ah là là, ces rôlistes... è_é

Même quand les gens écrivent bien et on de bonnes idées, il est rare que je ne pointe rien d'améliorable, que je ne trouve quelque chose qui puisse aiguiller un gratteur ( je nous refuse à tous le statut d'écrivains ) dans son parcours. Parce qu'on peut toujours s'améliorer, même quand on est confirmé. Des choses améliorables, il y en a ici. Mais c'est tellement généreux de bonnes choses et brillant d'exécution que je vais surtout vous féliciter en fait.

La thématique est déjà très bonne, en plus de ne pas être évidente. Sa place dans le monde, un dégoût de soi, les doutes et sentiments d'être la proie de tous les jugements à l'adolescence. Comme tout le monde, j'ai vécu la mienne et elle était outrée, passionnée, jalonnée de moments de bravoure et de lâcheté. Mais je n'ai pas  du tout vécu ce que vivent vos personnage, au-delà des complexes physiques habituels, ou de la pauvreté, que Milan aborde du reste. Et pourtant, le temps de votre lecture, j'ai été vos personnages et en ai ressenti intellectuellement les souffrances.

Belladone, tu es impressionnant (j'accorde le genre à celui présupposé du personnage) par ta plume. D'abord par le niveau strict. Le vocabulaire est varié et précis, tu poses très bien les idées qui te viennent, tes phrases poétiques et en adéquation parfaite et avec le propos, et avec le personnage que tu illustres. C'est impeccable. Mais en plus, tu mets de la musique dans ton texte. C'est un truc que je recherche souvent et que je vois rarement, quand un texte a une sorte de partition où chaque mot est fluide avec le suivant. Je ne le fais pas avec Minos (très rarement), mais j'use aussi de ce souci d'écrire de la musique textuelle. Le fait que tu le fasses, volontairement ou non, c'est non seulement une qualité précieuse, mais aussi un cadeau à lire quand on le ressent. Je t'ai gardé une phrase que j'ai relue plusieurs fois, au cas où mon propos serait un poil flou:  "Tant de tentatives vaines pour oublier ta condition, cette réalité trop vive te colle à la peau comme ces moisissures vicieuses. " Tu entends la musique ?

Mais écrire super bien, c'est cool, mais ça ne fait pas tout. Il faut aussi avoir la sensibilité de la mise en scène et quoi mettre, quoi appuyer, quoi simplement évoquer. Là encore, tu gères. Le rejet de l'aide de Wolf, jalousé et inapte à aider Bell, ne se tartine pas sur des paragraphes, ne se justifie pas. Tout s'intuitionne en quelques phrases et tu files vers une autre idée, conscient que ton lecteur, étant Bell, n'a pas besoin que son propre soi lui explique pourquoi il pense ce qu'il a déjà réfléchi. Il faut sacrément avoir de l'acuité, et la conscience de la réception de son texte, pour à ce point se faire confiance et faire confiance au lecteur. J'ai été emporté sans mal dès les premières lignes, emballé du début à la fin et charmé par ce corps fascinant dans tout ce qu'une laideur, pourtant naturelle, peut offrir de révulsant à l'aune de la subjectivité de ton protagoniste. On voit le beau chez lui et il est évident. Quand les roses éclosent, quand son humeur se marque autour de lui, à en attirer les abeilles et démontrer qu'elle est objectivement en parfaite harmonie avec le monde.

Pourtant, personne ne voudrait son corps, subir ses doutes, les jugements. On veut, comme elle, être quelqu'un de normal. A une époque où je ne cesse de voir des gens obsédés sur les réseaux sociaux par le besoin frénétique de rejeter le normal, comme si c'était vulgaire, de n'exister que par l'illusion qu'on n'est pas comme les autres, ce qui est exactement ce que tous les autres pensent. Ca me fait du bien, outre la thématique de l'entrée à l'adolescence, de la transidentité ou de sa place dans le monde, de voir un travail qui fait comprendre ce que qu'on voit et ce que la personne perçoit n'offrent aucune vérité absolue, ni de solution apte à contenter tout le monde. Bell doit-il assumer sa différence , sans risquer de tuer sa conviction qu'il a droit à une vie normale ? Doit-il camper sur sa perception, quitte à rejeter tout autour de lui et à s'isoler ? Ni Wolf, ni moi, ni personne ne le sait. On ne peut que lui souhaiter de continuer à évoluer et à trouver une voie qui le rende heureux.

De son côté, Milan a un style plus terre-à-terre, mais tout autant généreux de détails. J'abordais la pauvreté, comme la qualité de Belladone à ne pas surenchérir sur des choses qu'on comprend à leur simple évocation. Milan a fait montre de la même précision. C'est un personnage plus simple à cerner, parce que moins graphique, moins étranger. Mais même s'il ne sort pas d'un film de Guillermo del Toro, il n'en demeure pas moins organique. Tu fourmilles de détails auxquels on ne pense que lorsqu'on les vit. Le panier repas auquel Chandini touchera à peine pour que son ami mange à sa faim, les buissons autour d'eux en référence au livre de Bell, et qui font se demander s'ils seront des anges témoins de son émancipation ou des barreaux d'une prison que personne ne perçoit, c'est généreux et habile. Je peux d'ailleurs t'appliquer les compliments faits à Belladone.

Il y a eu, malgré tout, une pointe de déception en apprenant la raison de son complexe. J'imaginais une chose assez honteuse, qui me semble évident, plutôt qu'un souci de famille ou de statut de celle-ci. On comprend bien qu'il a participé à des actes qui l'ont traumatisés, mais il ne parle pas d'un visage qui l'a marqué, ni de l'odeur de la poudre sur ses vêtements, des pleurs des gens qu'ils a abandonnés à leur misère. Il parle du fait d'avoir été yakuza. Cette pudeur à plaquer une enseigne évocatrice devant un acte concret crée une distance, d'autant que nous ne sommes pas japonais, ni forcément au courant de la considération envers les yakuzas chez les nippons.

Ce très léger regret est toutefois absorbé par un élément qu'il faut tenir en compte: nous sommes dans un interforum. J'aurais pu déplorer l'aspect très japonais des attitudes, du vocabulaire ou de la psyché de Milan, sauf que je dois accepter l'idée qu'un pokémon et Captain Planet peuvent cohabiter ici. Cette légère distanciation est donc absolument digérée et je ne donnerai qu'un conseil générique: Pensez toujours à qui vous lira et aux informations qui peuvent lui manquer. Un souci que tu as comblé via un petit panneau explicatif, mais étant un vil fourbe désireux de juger un texte sur son simple socle, je n'ai lu ta contextualisation qu'après ton récit. Rien qui ne m'a perdu cela dit et tu es une plume solide qu'il me plaira de relire.

Pour conclure, j'ai adoré. J'ignore actuellement si je vous mettrrai dans mon top 3, mais si vous n'y êtes pas, c'est soit que je me prends claques sur claques au cours des lectures, soit qu'on a volé mon compte. Un énorme bravo à vous deux et un grand merci. C'est aussi pour lire ce genre de chose que j'adore les forums d'écriture.

Remarques, remerciements, menaces de mort, ne faites pas comme vos persos et exprimez-vous sans crainte. Bonne continuation à vous !

Erika et Minos

Minos t'es nul ! Voilà, passons à Erika. èwé

Je vais devoir taire des éléments pour des raisons évidentes. Il y a eu des trucs glissés dans nos textes, mais si j'en parle, je grille l'éventuelle découverte de nos lecteurs. Donc on va se cantonner à toi.

Ta petite Erika est touchante par la façon que tu as de la raconter. Le cadre posé, les actions quotidiennes, tout est très quiet. On dirait un épisode de princesse Sarah, mais sans le misérabilisme ni la cruauté gratuite autour de la protagoniste. Ce n'est as évident d'écrire le quotidien. Parce que si c'est ne serait-ce qu'un peu mal fait, on en vient à cette terrible question: Quel est l'intérêt de cette lecture ? Heureusement, tu gères si bien que cette question ne point jamais. Tu évites même le piège du récit à l'eau de rose en n'omettant pas l'aspect réel des gens et du monde. Erika a une famille d'adoption qui a son petit caractère, quand bien même elle n'est en rien mal traitée. Son travail à la ferme n'est pas une source de joie au premier gazouillis d'oiseaux et tu parles de l'habitude des blessures dues au labeur. C'était essentiel de penser à ça et tu l'as fait. Ce genre d'idée apporte de l'organique à ton récit et offre plus d'épaisseur à ton cadre. Pour être franc, je trouve ton univers mignon par ta façon de le raconter, pas tellement par Erika elle-même. Elle est un peu égale à tout, obéit aux demandes et, n'étant pas quelqu'un qui gagatise devant des vidéos de chatons, une enfant qui fait des gestes maladroits ne va pas me toucher au-delà de la simple appréciation de constater qu'on pense à me l'illustrer.

Si je me permets un conseil, il concerne le moment de la préparation du repas. C'est un moment important, du moins d'une rythmique différente. Erika fait quelque chose dont elle n'a pas l'habitude, qu'elle n'aime pas, mais qui va lui apporter une leçon. Or, tu conserves le même style de narration. On décrit, on explique quelques traits de caractère, puis on passe à la suite. Je sais que la limite de caractères est une contrainte à laquelle tenir compte, mais j'aurais trouvé encore meilleur que tu crées une légère cassure à ce moment. Que ce soit pour du positif ou non d'ailleurs ! Erika pouvait aimer ou non voir le sucre faire un petit tas au fond du plat, avoir du blanc d'oeuf qui lui colle au doigt, se faire taquiner par sa mère qui lui fait goûter la pâte sucrée encore crue sur une spatule et elle qui joue avec un moment. Erika étant assez passive, l'aspect jeu aurait été une bonne chose à amener. La leçon suivante aurait d'autant été plus gravée qu'on aurait compris que la petite avait enfin ses sens en éveil et était disposée à vraiment vouloir tirer une leçon.

Petite parenthèse, mais autant la maman a raison de dire que c'est bien de partager des aliments sucrés en famille, autant cette affirmation ne vaut pas pour le coca zéro. Si vous avez des enfants en bas âge, ou que vous mêmes buvez du zéro en vous disant que c'est meilleur, parce que sans sucre, ben en fait c'est tout le contraire. Le coca zéro n'a pas de sucre, mais votre corps pense que si. Donc, quand vous en buvez, il va travailler pour traiter un apport de sucre. Sauf qu'il n'y en a pas. Cette action répétée va éduquer votre corps à mal interpréter l'apport sucré, comme vous ne vous lèveriez plus de votre lit si votre sonnette vous appelait tous les quarts d'heure. Bilan, quand vous aurez du vrai sucre à traiter, votre corps aura perdu l'habitude de le traiter correctement. Et pouf, diabète! Et pas les versions les plus softs. Petite parenthèse, désolé pour ça, mais je ne vois que trop de gens filer du zéro à leurs enfants de 2-3 ans et c'est le pire truc à faire. Je ferme la parenthèse. Disons que c'est mon espace comm de Minos mis à profit, voilà ! ^^

Bref, très bon texte Erika et tu es une super partenaire de jeu. J'étais paré à rencontrer tout type de joueur, à m'adapter à tout. En te lisant, j'ai estimé être un sacré veinard d'avoir cette matière sur laquelle rebondir. Tu écrits très bien, je serai ravi de te lire encore et, si lors d'un prochain interfofo on se retrouve encore en duo, je repartagerai avec grand plaisir un atelier écriture.


Dernière édition par Minos le Sam 12 Mar 2022 - 13:36, édité 1 fois
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Désolé d'envahir ton post mais mon dieu, tes minocommentaires contribuent à nous faire passer pour les énormes badass de service putain xD Tu regardes sur l'interfo' c'est mange tes indemnités kilométriques par rapport aux autres. Ce flex.
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Ha ha j'avais prévenu Interfofo: brouillon de correction 695731864 C'était même un truc que disaient Red et Yoli l'an dernier en nous causant des concours: on peut lire et discuter des textes des autres. M'en fallait pas plus. ^^
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Minos

Epreuve 4, dernière partie

Skye et Damien

Lors d'un précédent binôme, je me suis dit, avec assez peu de scepticisme, que je tenais mon top 1. Vous me mettez dans l'embarras du choix, avec votre super boulot. C'est pas bien....

Bon, j'ai adoré, vraiment. Je ne connais pas pokémon, outre ce que tout le monde en sait et n'ai même joué à aucun jeu. Mais à aucun je n'ai été perdu. Skye utilise deux ou trois noms, mais déjà, ils sont anecdotiques et, en plus, pokémon a ça de pratique les appellations de son bestiaire laissent imaginer de quoi on parle.

Skye, si je devais qualifier ton écriture en un mot, ce serait "frais". Il y a quelques fautes, quelques approximations aussi, mais tu as la qualité trop rare de ne pas chercher à t'exploser le moteur en voulant augmenter les tours, quitte à ne plus gérer ta vitesse. C'était simple et fluide, plutôt chill et en adéquation avec l'idée que j'ai des rpgs auxquels j'ai joué. En fait, j'ai pensé au début de Kingdom Hearts 2 en te lisant. Le passage où tu es avec tes amis, en vacances et qu'on profite de chaque jour d'insouciance. Mais avec l'idée que ça finira bien trop tôt. Tu as aussi un style assez dynamique. Le choix de la caméra, l'écriture qui nous fait comprendre qu'on bouge tout le temps. C'est ça le frais. Il y a de la vitalité et on se laisse charmer par cette amourette de vacances que n'aurait pas renié Laurent Voulzy. Ni C Jérôme avant lui. Ouais, j'ai des refs de jeune. Que de la bonne zikmu dans mon cassettophone.

Je ne sais pas si tu es toujours en apprentissage de style ou si tu es rodée, ou si c'est à cause du format de l'épreuve, mais en te lisant, je me suis dit qu'il ne te manquait qu'une gestion des descriptions. Sobres, sans parler de chaque matière ni t'appesantir dessus. Mais quelques touches pour dépeindre un décor, ou faire exister les objets autour de tes personnages avant qu'ils les utilisent, te permettrait d'explorer encore plus de choses. Si tu n'y as pas pensé, ou que ça te fait un peu peur, je t'encourage à t'y tenter. Pour l'heure, c'était très bien. La fin donne un choc et on se demande ce que ton partenaire va gratter de son côté.

Et là, c'est le drame ! Damien récupère très bien la balle au vol, mais en plus il nous montre la même histoire, mais d'un point de vue différent. Outre la difficulté de devoir nous conter une même histoire sans redondance, vous avez parfaitement opposé des points de vue de gens qui ne vivent ni le même univers, ni ne se bercent de la même atmosphère. L'aspect dramatique vécu par Damien est un contrepied formidable, servi par un style d'écriture que j'adore. Tu es habile, tu images bien tes propos. J'ai particulièrement aimé ta gestion des adjectifs, comme grondent les orages épuisés, ou la bataille imbécile que nos hostilités ont engendrée. Tu maîtrises ton style et ça a de la gueule, de bout en bout. Je suis fan.

J'apprécie aussi, outre vos deux talents et la complicité partagée pour la mettre en scène, le fait que vous parler de l'interforum dans votre histoire. Qu'est-ce qu'on est en train de vivre, sinon des jours à communier ensemble et un partage total en dehors de nos univers habituels ? Je ressens, par votre histoire, le futur pincement de se dire que l'interforum 13 est fini, que c'était bien et que j'en garderai une trace et des souvenirs. C'était bien pensé et je suis ravi de la façon dont vous avez saisi votre clin d'oeil méta.

Merci, tout simplement.


Neeko et Yagi

Alors, je me suis dit, en vous lisant, que c'était nickel pour débuter ou finir l'épreuve. Et vous la finissez, elle est pas belle la vie ?

J'ai bien aimé cette mise en situation de Neeko au début, dans une ville qui nous perd, et l'idée que ce soit par l'enseignement des lieux sauvages qu'on s'y retrouve. Chose commune à vos deux plumes, du reste. C'est une inversion rigolote de nos habitudes de joueurs, plus urbains que forestiers. Vous cassez bien l'ambiance via le flashback et on est dans ses pantoufles en vous suivant de bout en bout. Si je me mets dans l'état d'esprit d'une exposition ou d'un conte, ou d'une histoire adressée à des plus jeunes, le fait que l'évidence de la prise de hauteur n'est pas un souci du tout. Vous avez tous les deux axé sur une même structure, les mêmes idées et dans un rendu général académique, mais qui fonctionne.

Et si les qualités sont communes, le petit regret l'est également. J'ai passé un bon moment avec vous deux, mais vous vous êtes beaucoup calqués l'un sur l'autre. Je ne sais pas si c'est par crainte de ne pas bien rendre l'aspect écho de l'épreuve, ou un simple manque de temps, mais c'est une des seules histoires où je me dis que, inverser l'un ou l'autre, ça ne change finalement pas grand chose. Aussi, vos écritures sont différentes, mais vos ambiances bénéficient du même esprit. C'est bien pour l'harmonie, mais un peu dommage pour l'idée que chacun apporte ses éléments. C'était doux, mais trop sage, pour le dire autrement.

Cependant, je me dois de souligner votre capacité à aborder la description et à narrer l'observation du monde qui entoure vos personnages. Ce n'est pas la chose la plus facile à faire et, tout au long de mes lectures, j'ai été ravi de voir certaines personnes, comme vous, parvenir à jouer une forme de contemplation qui ne s'enlise pas dans le souci de tout décrire. Par les animaux qui vous entourent ou ceux dont vous prenez la forme, j'ai eu l'impression de suivre une cinématique colorée des studios Blur, me présentant le futur jeu indépendant en vogue, plein de simplicité et d'envie d'inviter à se perdre dans vos décors. Il y en a un d'ailleurs, qui sort cette année il me semble. La direction artistique s'inspire du Kenya il me semble et on incarne une gamine qui se change en animaux de la jungle. Petite parenthèse. Bref, c'était très agréable de vous lire. Je vous encourage à oser un peu plus, la prochaine fois. Prenez des risques, faites confiance au lecteur pour vous suivre vers des choses plus personnelles encore. Faites-vous confiance.

Merci à tous les participants de l'épreuve, ainsi qu'aux autres. Ce fut un plaisir de vous découvrir et j'espère vous recroiser un jour.
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Je ne sais pas bien quoi te dire S****. On ne souhaite pas que je modifie mon commentaire, on préfère le censurer. On me conseille de prendre l'avis de tiers objectifs, alors que je l'ai déjà fait, y compris en dehors de mon forum (on m'en a même dit qu'il était le meilleur du lot). On me parle de la sensibilité de gens qui ont pu exprimer leur ressenti, quand moi je suis jugé sans qu'on me donne la moindre occasion d'échanger ou avec vous, ou avec la personne qui a porté plainte. Je trouve cette méthode bien plus violente et crasseuse que le fait d'oser une médiation (la médiation implique d'écouter les deux partis).

J'ai compris que l'apparence prévaut sur tout, y compris la liberté d'expression. Ce n'est pas propre à l'interforum et, dans l'idéologie actuelle, il n'y a rien de plus important que ne pas faire de vague. La convivialité forcée ou mise sous cloche, plutôt qu'encourager les gens à communiquer. Soit, voici mon ressenti, ma subjectivité.

Je suis dégoûté qu'une personne produise un travail consistant à lire un autre travail, réfléchir au propos et offrir un retour pour ses bons comme ses mauvais....pardon, moins bons points, et s'échiner à offrir quelque chose de complet, finisse Intégralement supprimé. Tu me dis que mon ton est parfois dur. Ce qui l'est tout le temps, c'est de lire des gens que tu ne connais pas et que tu jauges avec perfection les mots qu'ils acceptent d'entendre. Mais c'est le concept et c'est en connaissance de cause qu'on participe. Ce qui est dur, c'est d'être censuré sans être prévenu, sans que son membre référent soit prévenu et que tout se déroule sans que tu puisses prendre la parole. Ca, oui, c'est quelque chose que je qualifie de dur.

J'ai lu l'avant-propos des commentaires et ne dis en rien que vous avez l'intention de censurer la nuance. Mais dans les faits, quelle différence ? Reprenons l'idée du gars qui fait mal à manger.

Votre ami, qui vous fait des pâtes en espérant que vous la trouviez bonnes, que fait-il dès lors que vous conseillez d'autres façons de préparer à manger ? Il le prend mal, vous chasse de chez lui et son propriétaire vous informe que vous devrez faire attention, la prochaine fois que vous risquez de heurter les sensibilités de chacun. Vous n'avez ni accès à son appartement, ni la possibilité de vous expliquer avec lui. Tout a été réglé et vous ne pouvez qu'accepter la porte close, quand bien même vous faites savoir que vous ne rejetez jamais la parole de l'autre. Parce que vous êtes un enfant, incapable de se contenter de remercier de manger. Même quand il vous est demandé de dire sincèrement ce que vous pensez. C'est schizophrénique.

J'ai justifié chaque point et offert des pistes d'amélioration à chaque fois. Si je m'étais contenté de dire "c'est super, j'ai adoré", mon commentaire serait encore affiché pour Vihol. A votre, avis, qu'est-ce que les gens vont faire ? Qu'est-ce qu'ils font déjà ? On préfère vraiment que règne la peur de vexer, au soin d'aider les autres selon son opinion ?  Je suis censuré pour avoir privilégié le travail sincère à de simples congratulations. L'argument "c'était dur", c'est subjectif et vos règles définissent les choses ainsi: Quand on n'aime pas, il faut le justifier. Je le fais systématiquement et offre même des pistes pour régler ce qui, à mes yeux, est une faiblesse. C'est un concours et les règles préviennent bien qu'on peut recevoir un commentaire négatif. C'est comme ça qu'on progresse. Et quand on prend mal quelque chose, il y a mieux qu'une dénonciation anonyme sans contacter l'autre parti pour régler les choses. Mais Vihol a eu raison. Ca a payé. Et comme je suis fautif, ce que je ressens, moi, n'entre même pas dans l'équation. Je suis une machine au service d'un être humain qui m'a corrigé. Je trouve ça terrible et effrayant et c'est pour ça que je parle du fait de sauver les apparences à tout prix.

J'aurais préféré qu'il me soit demandé de réécrire une ou deux phrases (celle du paon, j'imagine), mais que l'intégralité du commentaire offert et au joueur, et à tous les participants, soit préservé. Tout mon travail est supprimé, mais je dois me satisfaire que le porteur de plainte ne m'aie pas sommé de modifier mon retour. Dit autrement, je dois être content qu'on ait rasé une ville, au lieu d'en traiter les bâtiments insalubres. Il y a des mots pour ce genre de procédé. Je me contenterai de dire que mettre au ban le boulot de quelqu'un est au moins autant violent que lui dire qu'il n'a pas convaincu. C'est moins graphique, ça fait moins de vagues, mais c'est bien plus violent. Dois-je, parce que j'ai commis l'erreur d'oser heurter une sensibilité, être puni et infantilisé ? Dans quel monde suis-je supposé voir d'un bon oeil que, quand on nous empêche de jouer un match de foot amical, pour peu que ce soit avec le sourire, tout va bien ? J'ai été puni, comme un gamin ou un irresponsable.

Je prends mal cette censure. C'est ma première participation interforum, mais je fais ce genre de chose depuis quasi 20 ans. Bien des gens lisent mes commentaires parce que, je les cite "ça ne se contente pas de parler d'un texte, ça donne aussi des conseils qui peuvent nous servir à nous". Bien sûr certains n'aiment pas. C'est normal, de ne pas toujours faire des heureux, dès lors qu'on pointe ce qui est perfectible ou qu'on admet carrément qu'une partie du travail n'a pas fonctionné sur soi. Mais ce sont des choses qu'il faut pouvoir entendre. J'ai enrobé mes propos et mis des gants. Vihol avait le loisir de venir me parler, vous aviez celui de me consulter, comme je l'ai signalé. Il était possible de me signaler ce qui pose précisément souci, au lieu de tout faire disparaître. Mais non, je reçois juste un verdict pour une faute que j'aurais commise et pour laquelle je n'ai pas eu la moindre possibilité d'exposer mon opinion. Vous avez, en tant qu'organisateurs, omis mon droit à me défendre ou à dialoguer avec l'autre. Suis-je dur, ou ai-je factuellement raison ? Votre système pour ne heurter personne offre aux participants un droit d'oblitération sur quiconque écrit une chose qui ne leur convient pas. Rendez-vous en compte.

Puisque vous êtes médiateurs, j'aimerais vous demander de porter un message à NRP. J'aurais aimé dire à Vihol, mais j'ignore lequel il est parmi eux et, de toute façon, il agit sous anonymat il semblerait. Je m'engage, que ce soit via Minos, ou un autre compte, sur OPR, ou un autre forum (ou en tant qu'indépendant) à ne jamais plus offrir le moindre temps supplémentaire aux textes de NRP. Je les lirai, je les classerai, mais plus aucune seconde de mon temps ne sera consacrée à offrir mes services à ceux qui se plaisent à mépriser mon travail. Ce boycott sera levé si Vihol prend la peine de discuter avec moi, comme il aurait dû le faire depuis le début. Et je parle en mon nom, pas OPR.

Si vous ne transmettez pas le message, je m'en occuperai moi-même. La chose que je ne ferai pas, c'est laisser des gens se cacher derrière la sensibilité pour saccager le travail de ceux qui acceptent le dialogue, au détriment de leur sensibilité à eux. Ca c'est non.

Merci à vous pour votre temps et désolé de vous signaler que j'accepte difficilement d'être censuré. Seulement, au-delà de mon simple cas, je pense qu'il est de salubrité publique que les gens osent parler du travail des autres sans devoir se confondre en excuses. Je ne suis pas désolé d'avoir tenté d'aider Viholvärakuuna. A lui de filtrer sa bulle jusqu'à vivre dans un univers où on le loue ou on le choque, mais qu'il le fasse sans prendre une orga en otage. Pour ma part, je respecte les gens en ne leur cachant pas ce que je trouve perfectible. Ce que je peux vous reprocher n'ôte en rien toute l'admiration portée à votre travail et votre dévouement.

Enfin, moi aussi, je suis fébrile quand je commente. Je stresse d'avoir bien compris ce que j'ai lu, de ne pas me faire comprendre ou d'échouer à aider. Ca me peine, que Vihol rejette ce que j'ai voulu lui faire comprendre. Ce n'est pas parce que je parle de façon assurée que je ne me remets pas en question. Je suis humain et j'aime consacrer mon énergie à explorer l'univers des autres. Je peux me tromper, mais quand bien même, ça ne mérite pas une censure. Et ça ne mérite pas qu'on ne considère pas l'importance d'avoir mon avis sur la situation.

J'attendrai quelques jours d'avoir de vos nouvelles concernant NRP et mon intention de leur faire savoir qu'ils ont heurté ma sensibilité à moi aussi. Sans nouvelles, je les contacterai et ça ne vous concernera plus.

Désolé pour ce message. On peut dire que c'est du drama, avec une pointe de cynisme. Mais là aussi, le sentiment d'injustice ne passe pas sous le tapis dès lors qu'on veut éviter les litiges. Je laisse plusieurs portes ouvertes, mais ai, moi aussi, droit au respect.
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