Écume & Brume.


Devenir Yonkō est un but que je vise depuis quelques années. Certainement depuis que j'ai fait mon entrée sur Grand Line au moment où j'ai commencé à gagner de la renommé. À vrai dire, depuis toute petite, je rêve simplement de vivre tranquille et d'être reconnue à ma juste valeur. Je me suis battue toute ma vie pour me faire une place dans ce monde de brutes. J'ai d'abord débuté dans l'ombre, puis, j'ai décidé de me révéler au grand jour. Et maintenant, je me retrouve dans un nouveau rôle. En tant que Commandante de la 6ème Flotte de TASHAHARI Kiyori, j'aspire profondément à me faire bien voir. Je suis presque au sommet de la gloire, mais il me faut passer par un objectif intermédiaire, celui de gagner les faveurs de la Déesse-Enfant et être sa main armée. Je compte l'obéir sans échouer une seule fois.

Après un enchaînement d'erreurs, je dois absolument me faire bien voir auprès de l'Impératrice. Elle m'a demandé simplement de récupérer des pirates de renom capturés par la Marine. Ces derniers ont été transféré lors d'un convoi, mais je n'ai pas pu obtenir ma convoitise... J'ai dû me battre contre le Colonel d'Élite Jakku KATTAR et de sa tigresse AYZAMI Lin. Au final, j'ai perdu mon bateau et j'ai échoué... Je prends conscience à quel point cette partie du Globe est dangereux. Cela dit, ma détermination reste intact. Ma mission du jour est de récupérer TSUJI Ayumi, une hors-la-loi samouraï qui semble prometteuse. Originaire de Kanokuni, elle a fait la rencontre de la célèbre TAKAHASHI Asako, Capitaine des Pirates du Lotus Écarlate. Rapidement, se liant d'amitié avec cette dernière, elle accède au poste de Second.

Je suis à bord de l'Impitoyable Destinée. L'entourage de la Yonkō m'a en effet prêté un navire et des outils de navigation. Depuis la perte de mon bâtiment, je dois me débrouiller pour en trouver un autre. Ma propre flotte est en route pour le Nouveau Monde. En l'attendant, je suis obligée de faire sans. La traversée jusqu'à mon point de fouille a été légèrement éprouvante. La météo est terriblement capricieuse et la faune locale incroyablement monstrueuse. Je regrette presque de naviguer sans personnalité de puissance. Je suis manifestement la seule femme du coin à craindre. La mer est assez déchaînée. Le vent s'est levé et la pluie balaie le pont en continue. Le ciel est d'un gris menaçant. De temps en temps, des éclairs viennent zébrer l'horizon de flashs blancs. Je peine à voir l'île sur laquelle je dois accoster. Elle me semble toute petite. Les falaises sont abruptes et des récifs se dressent un peu partout autour. Je garde une bonne distance pour le moment et je demande à l'équipage qu'on m'a prêté de réduire la voilure.

— « Faites attention, nous ne sommes pas à l'abris du moindre imprévu. »

Je scrute du mieux que je peux la ligne d'horizon. J'aimerais pouvoir faire le tour, mais il faut attendre que la tempête se calme.

— « Sans vouloir vous manquez de respect, Capitaine NAKAJIMA, mais nous devons sans doute nous éloigner un peu le temps que ça se calme. Les récifs sont trop près et on y voit rien... »

Un éclair sépare le ciel en deux l'espace d'un instant. Malgré la difficulté à percevoir au loin, je parviens à voir une maigre lueur aux abords de l'île rocailleux. Je veux vérifier si ce n'est pas mon imagination. Je réponds alors sèchement.

— « Entre toi et moi, je suis la première qui ne veut pas couler. Un peu de patience, nous sommes proche du but. »

Je pourrais peut-être prendre de la hauteur, mais je suis sans doute plus en sécurité à bord du vaisseau. J'attends encore un peu pendant que le bateau s'agite. L'équipage fait le nécessaire pour rentrer les voiles. À l'intérieur de moi, je ne suis pas spécialement sereine, mais je ne le montre pas. Toujours les yeux rivés sur ce qui m'a semblé être une lumière, je me tiens debout. Alors que l'orage crache encore sa foudre, j'aperçois cette fois-ci une lanterne au loin. Oui, visiblement, un bâtiment est manifestement coincé dans les récifs. Malheureusement, je ne vais pas pouvoir m'y rendre. Je réfléchis alors comment je peux l'atteindre.


Dernière édition par Nakajima D. Aoi le Sam 26 Mar - 18:09, édité 8 fois
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Le Nouveau Monde est impitoyable. Si ce n'est ni un adversaire puissant qui te réduis en cendre, ni la faune locale qui te charcutes, ce sont les intempéries qui se chargent de te faire sombrer dans les abysses. En mer, chaque instant peut être éprouvant. Le danger est partout. Je ne suis pas pour autant paniquée, mais je ne me sens pas à l'aise non plus. Et dégoter une personne disparue n'est pas de tout repos. Il est possible que la lueur que je vois au loin soit celle d'une lanterne d'un navire. Et pour mettre la main sur Ayumi, je dois commencer par trouver son bâtiment. Je suis encore trop loin pour vérifier les couleurs de son Jolly Roger. Après avoir contemplé l'horizon une dernière fois, je me tourne vers le Capitaine du bateau sur lequel je me situe.

— « Je vais reconsulter mes notes dans ma cabine. S'il y a le moindre danger qui se présente ou si la tempête se calme, faites-moi signe. En attendant, tentez de rester le plus possible sur notre position. »
— « Mon équipage fait déjà le nécessaire. N'ayez crainte. »

Je ne rajoute rien de plus et je lui tourne les talons. Empoignant la capuche qui couvre ma tête pour la maintenir, je me précipite dans la cabine qu'on m'a attribué. Inutile que je surcharge les hommes et les femmes qui travaillent déjà durement à cause de la mer déchainée. Je convoque le navigateur et le cartographe pour qu'ils m'aident à revoir la position. D'ordinaire, je ne maîtrise clairement pas ces deux domaines. Je me renseigne assez sur diverses choses, mais j'ai beau lire des ouvrages dédiés à la navigation ou à la cartographie, je ne parviens pas à assimiler ce surplus d'informations. C'est en dehors de mes compétences! En attendant, je dois m'assurer que l'Impitoyable Destinée ne se déchire pas en morceau ou se retourne complètement. Faire attention à la sécurité de tout le monde est de rigueur, ne serait-ce que pour moi.

— « Bon, rassurez-moi Monsieur MOITESSIER. S'agit-il bien de l'endroit que Shoti nous a indiqué? L'île est ridiculement petite!! Je suis étonnée qu'un Eternal Pose pointe ce rocher inhospitalier. »

L'homme avec qui je parle est celui qui possède à son bras, un Trilog. Tenant à la main un livre et de l'autre un sextant, il m'affirme que nous sommes bien là où il faut.

— « Je vous certifie que c'est ici. »

À peine m'avoir répondu, il s'empresse de feuilleter son bouquin. Il semble vouloir me montrer quelque chose. Je reste toujours sceptique. Quant à l'autre individu, ne pouvant pas soutenir mon regard interrogateur, il se met à me défier malgré tout. Beaucoup moins enclin à m'obéir, il me répond assez sèchement.

— « Je connais très bien mon métier, Capitaine NAKAJIMA. Si un doute est permis, il est plutôt de mon côté. Je vous rappelle que vous n'avez pas été capable de remplir une seule mission pour le moment. »
— « Pour le moment. Et pour que je réussisse celle-là, tu vas t'assurer que nous sommes pas dans un cul-de-sac, car si nous échouons, saches que tu passeras aussi devant la Déesse-Enfant faire tes excuses. »

Mon ton est encore plus sévère. Le sourire à l'envers, il décide de regarder à nouveau ses cartes. Pendant ce temps-là, le navigateur me place sous les yeux la page qu'il a recherché.

— « Dame NAKAJIMA, connaissez-vous Down Below sur Grand Line? »

Je lève un sourcil.

— « Hum. Non, ça ne m'évoque rien du tout. »
— « Une théorie veut que si ce pays joue le rôle de siphon de l'océan, alors il y a forcément son équivalent quelque part dans le Nouveau Monde. Regardez. »
— « Et vous pensez que nous sommes sur le siphon similaire? Pourtant, je n'entends pas d'écoulement d'eau et je ne vois pas la mer faire l'entonnoir. »
— « Je n'ai pas affirmé une telle chose. Ce n'est que des suppositions et des rumeurs. Mais, même si rien n'est confirmé, rien nous dit le contraire non plus. »
— « Je ne vois pas où vous voulez en venir. Je ne suis pas là pour jouer les exploratrices. Je veux juste savoir si nous sommes en danger, car je vous rappelle que j'ai des responsabilités par rapport à votre équipage. »

Relevant le nez de ses parchemins, le cartographe réplique.

— « Le Nouveau Monde est la personnification du péril. Vous devriez le savoir. »

Je ne fais pas attention à sa remarque et je me concentre sur Monsieur Éric MOITESSIER.

— « Il n'y a même pas de nom sur cette île... Est-ce que vous savez si la mer se déchaîne toujours par ici ou si ce n'est que les caprices de l'océan qui se manifestent? »

Le navigateur reconsulte son ouvrage et semble réfléchir.

— « Hum. Je crois que la mer est quasiment agitée dans ce coin. Je pense que vous allez devoir trouver une solution pour dénicher la Capitaine TSUJI dans ces conditions... »

Je passe ma main sur mon menton. Je me concentre aussi. Je ne suis pas vraiment satisfaite, mais si la météo est toujours comme ça, alors je n'ai pas le choix. Alors que je cogite encore, l'autre individu rompt le silence.

— « J'ai vérifié. Je confirme que c'est ici, Capitaine NAKAJIMA. Je ne me suis pas trompé! »
— « Très bien, Monsieur GUÉRARD. Vous confirmez les dires de votre homologue? »
— « Euh. Hum. Oui, je connais aussi cette légende... Il est bien possible que l'île soit toujours sous une mer déchaînée... »

La mine grave, je continue de penser dans ma tête. Je cherche à savoir comment je vais faire.

— « Bon. Nous allons attendre encore un peu. Quand nous menons une enquête, il faut savoir faire preuve de patience. Maintenant, je suis pratiquement sûre que nous touchons notre but. »

Le bateau est toujours balloté, mais l'équipage à l'extérieur semble tenir bon. Puis, au bout de quelques heures, le calme semble venir de plus en plus. Du moins, l'océan n'est plus aussi tumultueux. Je sors de la cabine pour faire le constat. Malheureusement, un second souci vient s'ajouter à ma liste...


Dernière édition par Nakajima D. Aoi le Sam 26 Mar - 18:30, édité 7 fois
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Du brouillard!! Il n'est pas encore compact, mais la brume se lève. Et comme ça ne suffit pas, il commence à faire tard. Je crains que si ça persiste, la nuit va nous compliquer les choses. M'avançant alors vers la proue avec empressement, j'observe attentivement autour de moi, aussi loin que je le peux. La nappe se forme de plus en plus, mais si je ne perds pas de temps, peut-être que je pourrais atteindre le navire d'Ayumi en espérant que le bâtiment soit bien à elle et qu'il soit bien encore là. Et si je m'aventure de manière scabreuse, je prends le risque de ne pas pouvoir rentrer en sécurité. Avant d'opter pour cette décision, je me retourne vers la personne qui est à la tête de cet équipage.

— « Capitaine ARTHAUD, avez-vous un météorologue à bord? »
— « Monsieur MOITESSIER peut remplir ce rôle, mais je reconnais qu'avoir un spécialiste serait nettement mieux... »

Je suis légèrement agacée, car j'aurais préféré avoir l'avis d'un expert. J'appelle alors la personne concernée. Une fois face à moi, il me demande ce que je lui veux.

— « Vous qui connaissez un peu mieux cette île, pouvez-vous me dire si la météo est aussi changeante? Est-ce le climat habituel? »

Mettant ses doigts dans sa barbichette, le navigateur essaie de se souvenir, mais il commence à me faire non de la tête.

— « Je regrette, cette île reste assez méconnue. Et je crains que son climat habituel soit comme ça. Un lieu où il fait toujours mauvais temps... »

Je soupire.

— « Bon. Avant qu'il ne soit trop tard, préparez-moi une barque. Je vais me rendre toute seule sur place. J'aperçois encore la lueur de toute à l'heure. »

Pendant qu'une poignée d'hommes fait le nécessaire, je vérifie si je toutes mes affaires sont avec moi. Comme je n'emmène personne avec moi, je m'assure surtout d'avoir mon Corail à Bulles sous la main. Je ne supporte pas quand le temps joue contre moi. L'empressement pousse à faire des erreurs. Je suis plus efficace quand je prends le soin de tout analyser. Constatant que je me prépare à l'inconnu, le Capitaine Ambroise Charles ARTHAUD m'encourage. Il n'est pas non plus rassuré, car s'il m'arrive quelque chose de mauvais, la colère de la Déesse-Enfant risque de lui tomber dessus. Même si l'Impératrice ne me fait clairement pas confiance, elle considère malgré tout que je suis l'une de ses Commandantes. Et ce n'est pas rien.

— « J'espère que vous savez ce que vous faites. Bon courage. »

La mine grave, je lui réponds.

— « Je risque d'y passer un bon moment si la météo est aussi hargneuse et changeante. Alors, qu'importe le temps qu'il faudra pour récupérer Ayumi, vous devez rester ici quoi qu'il en coûte. Je reviendrais assurément. »

Après quoi, je descends dans la barque. Je commence à ramer alors que la mer se remet à agiter un peu. Et maintenant, j'ai l'impression que la brume s'épaississe. Le plus dur est à venir...


Dernière édition par Nakajima D. Aoi le Dim 13 Mar - 2:32, édité 3 fois
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Désormais, je ne peux plus faire machine arrière. Si je renonce maintenant, je me ridiculise pour toujours. Non seulement plus un seul individu me prendra au sérieux, mais en plus, plus personne ne voudra me faire confiance. J'ai fait assez d'erreurs ces derniers temps pour me permettre de nouvelles mésaventures. Je dois à tout prix démontrer ma valeur aux yeux de tous! Sans doute qu'il faudra des années et bon nombre de missions, mais je compte bien persévérer coûte que coûte. Mon objectif est clair, je veux être sous les bonnes grâces de la Déesse-Enfant. Et cela nécessite des sacrifices. Je renonce à ma sûreté pour faire mon travail et qu'importe les circonstances!! N'est-ce pas là une démonstration de loyauté? Impitoyable sur ma destinée, je m'efforce d'aller jusqu'au bout même si cela doit me cause du tort. Si j'ai fait autant de chemin pour atteindre une île sans nom et dont la météo est capricieuse, ce n'est clairement pas pour mon bon plaisir. En accomplissant mon devoir avec beaucoup d'acharnement, ça permet de prouver que j'en suis capable. Dans le Nouveau Monde, si je ne suis pas en mesure de réaliser certaine prouesse, alors je peux faire mes valises. C'est une nécessité absolue de braver le danger!

J'ai probablement fait quelques dizaines de mètres seulement et la crainte se fait déjà ressentir. Je me retourne une dernière fois et ce n'est à peine si je distincte la silhouette du navire. Cette fois, c'est sûr, je suis livrée à moi-même. Je souffle un dernier coup avant de me remettre en route. Avec le froid océanique, je peux voir ma bouffée d'air apparaître. À cause de l'humidité ambiante, la température est glaciale. Je commence à grelotter. Je redonne alors un coup de pagaie afin d'avancer et de me réchauffer par la même occasion. Je ne suis tellement pas habituée à cette fraîcheur désagréable que j'ai l'impression de me transformer en glaçon à chaque minute. En plus de fournir un effort pour maintenir le cap et pour éviter les récifs, je dois aussi me concentrer sur mon état physique et psychologique, car ce manque cruel de chaleur m'inconfort terriblement. Entre le tremblement de mon corps, la mer houleuse et la visibilité réduite, je ne suis pas certaine de pouvoir réussir. Parfois, je me surprends à dévier un peu. Tant que je peux voir la lueur de la lanterne, je n'ai aucune raison d'abandonner. Entre le bâtiment d'Ambroise et celui d'Ayumi, il y a approximativement un kilomètre. À vol d'oiseau, ce n'est pas grand-chose, mais en mer c'est une autre paire de manches...

J'ignore combien de temps je galère, mais ça doit sûrement faire une demi heure maintenant. J'éprouve au fur et à mesure de la difficulté pour me maintenir éveillée, pour avoir les yeux rivés sur l'objectif et pour lutter contre le froid. Du fait qu'on soit le soir et que chaque coup de rame est drastiquement plus dur, la fatigue me prend peu à peu. Si je m'en dors, je risque assurément la noyade. Cherchant à garder davantage de vigilance et de concentration, j'ai l'impression d'en demander trop à mon esprit. Je commence à douter. Je me dis que je brave un danger inutilement vu que je n'ai aucune affirmation quant à la présence d'Ayumi sur le bateau que j'ai vu. Comment puis-je croire que mon but est aussi proche de moi? Qu'est-ce qui me motive réellement? Je suis en proie à l'incertitude et je me retrouve à la dérive. Je ne vois plus qu'un écran blanchâtre tout autour de moi. Mes bras effectuent mécaniquement les mêmes mouvements. Je suis d'ailleurs étonnée de constater que je ne me suis pas encore fracassée sur un rocher.

Désormais, ça fait des heures que je lutte dans cette mer ingrate. Je puise dans mes dernières réserves d'espoir. La solitude me ronge, le froid me mord et les nerfs cèdent de plus en plus. Parfois, j'ai la sensation d'aller à contre-courant tant je me retrouve à faire du sur place. Et je ne compte plus les embardées... Je me pose un tas de questions malgré mon état de fatigue. Aurais-je dépassé le vaisseau? Comment ça se fait que je n'ai pas encore sombré dans les abysses?! Une chose est sûre, c'est que je suis perdue en plein milieu de nulle part! De plus, il fait nuit. J'ai toutes les raisons de paniquer, mais je sens au fond de moi-même quelque chose qui veut s'accrocher, quelque chose qui veut y croire malgré tout. Non, je ne peux pas abandonner en si bon chemin. C'est déjà très courageux de ma part de m'aventurer aussi loin et sans la certitude de pouvoir rentrer. Alors, animée par cette volonté de réussir, je m'efforce de maintenir mon cap vers ma supposée destination.

Au final, je ne peux compter que sur mon instinct. Redoublant de vigueur à chaque coup de pagaie, je m'accroche fermement à cette espérance de trouver le navire d'Ayumi. Plus je lutte contre l'océan tumultueux, plus je dois fournir des efforts supplémentaires. Je focalise systématiquement mon esprit sur la dernière position que mon cerveau a pu enregistrer même à chaque fois qu'une vague me déstabilise. Je fais appel à ma mémoire et je m'imagine fortement atteindre mon objectif. Il est possible que je fasse des confusions, rien n'est sûr. Et pourtant, malgré le climat rude, l'agitation de la mer et l'absence de visibilité, je sens à l'intérieur de moi une ardeur, une hargne. Une volonté. Aucune idée si j'ai réussi à trouver la direction, mais je persiste. Cette fois-ci, ça doit probablement faire quelques heures encore que je m'acharne. J'ai beau m'accrocher, si je suis toujours à côté de mon but, ça change rien à mon problème. Alors que mon impétuosité et ma concentration sont à leur paroxysme, une aura se forme dans mon esprit. Je ne sais pas ce que c'est, mais j'ai l'impression que ça projette dans ma tête ce qu'il y a de loin. Quelque chose me dit que je peux me fier à ce que je vois dans mon crâne. Ça ne dure que quelques secondes, mais au moins, je suis convaincue d'avoir trouvé le cap malgré l'opacité de mon environnement.


Dernière édition par Nakajima D. Aoi le Dim 13 Mar - 1:34, édité 1 fois
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Il me faut en fin de compte seulement quelques minutes de plus pour que ma persévérance porte du fruit. Se révélant tout doucement, une masse énorme se dresse devant moi dans le brouillard. Je souffle alors de soulagement. Lugubre et menaçante, la silhouette se fait de plus en plus précise. Il est bien question d'un bateau, mais du quel? Je ne me fais pas de réflexion longtemps, car plus je m'en approche, plus j'ai la certitude qu'il s'agisse du bon, car la coque est en piteux état. Le bois est fissuré, et parfois, des trous causés par des boulets sont visibles. Ce sinistre constat ne présage rien de bon, mais je tiens absolument à monter à bord pour vérifier si l'équipage va bien. Au moins, je suis contente de ne pas avoir fait une virée en mer pour revenir à mon point de départ. Levant les yeux vers le pont, je ne parviens pas à voir quoi que ce soit. Je me mets alors à crier pour attirer l'attention vers moi.

— « Hé oh, du navire! Il y a quelqu'un?! »

Personne. Je soupire par exaspération. Le froid me gèle tellement les os que je n'ai qu'un envi, c'est de me réchauffer. Je me frotte alors les bras et je souffle dans le creux de mes mains. Je ne sais pas comment je vais monter sans cordage. Je continue alors de faire le tour. Sans surprise, je vois un peu plus loin un récif pénétrer la paroi. Je longe ensuite le côté jusqu'à pouvoir faire un accostage improvisé. Je retente une dernière fois de faire un appel.

— « Il y a quelqu'un?! »

J'entends ma voix faire écho. En dehors de ça, le son du vent qui s'engouffre ou les remous incessants des vagues sont les seules choses qui me parviennent aux oreilles. L'air grave, je n'attends pas une seconde de plus pour vérifier s'il y a du monde. La fatigue se fait de plus en plus insistante. Je m'efforce de ne pas glisser en entrant dans la cale. Il faut dire que l'humidité est partout. Je trouve une lanterne fracturée et je l'allume. Enfin, je me réchauffe un peu! J'éclaire alors un peu les environs. L'atmosphère me fait un froid dans le dos, car il n'y a visiblement pas une once de vie à bord. Des caisses sont renversées. Cependant, j'ai l'impression que la marchandise est toujours là... Étrange. Je suis perplexe. Serait-ce simplement un rafiot marchand s'étant échoué? Dans ce cas, je devrais certainement voir des corps ou éventuellement des squelettes. Je ne suis pas sûre que des charognards soient passés par-là. En voyant personne, je ne peux m'empêcher d'insister.

— « Hé oh! Vous êtes là?! »

Je dois me rendre à l'évidence. Aucun homme censé laisserait son bâtiment dans cet état pendant son sommeil par ce temps. Que s'est-il passé?! Ça n'a pas de sens de me faire venir jusqu'ici pour rien! Je ne crois pas que Shoti se soit abusé de moi. Je ne comprends vraiment pas pourquoi ce rafiot est vide. Arrive-je trop tard?? Laissant mes interrogations de côté, je continue mon enquête en grimpant les escaliers avec prudence. L'odeur de pourriture commence à me chatouiller les narines. Des barils sont aussi renversés. Les traces d'une lutte peuvent clairement s'identifier. Il y a des entailles sur le bois et des corps inertes... Les vêtements des défunts sont ceux des flibustiers. Aucun doute, je suis sur un bateau de pirate. Je poursuis alors mon chemin avec une certaine crainte.

— « Il y a des survivants? »

Ça m'étonnerait. J'entendrais des gémissements sinon. J'essaie de comprendre. Une mutinerie? J'aurais sans doute des réponses plus loin. J'emprunte alors l'escalier qui mène vers le pont. En rentrant dans la brume glaciale, j'ai l'impression d'être sur un vaisseau fantôme. Le verdict est le même. Malgré le manque de visibilité, je devine la présence de cadavres qui joncent sur le sol et le désordre règne. Titubant, je me dirige ensuite vers le gaillard d'arrière. J'ouvre la porte de la cabine du capitaine en trébuchant. L'agitation de l'océan brusque parfois l'épave. Je constate alors que la pièce est sens dessus dessous. Des cartes sont étalées par terre, des outils des navigations traînent un peu partout. Je ramasse un Eternal Pose indiquant ce lieu désert. Le verre est brisée et l'aiguille ne fonctionne plus. Ne pouvant pas tirer avantage, je le jette. Je me mets à fouiller parmi la paperasse n'importe quoi qui pourra m'assurer d'être au bon endroit. Au bout de quelques instants, je débusque un registre. Je le feuillette pour y trouver un nom.

LE CHRYSANTHÈME POURPRE

Aucun doute, c'est le bâtiment de TSUJI Ayumi... Aurait elle abandonné son équipage? Je suis trop fatiguée pour me creuser la tête. Je retire mon manteau, puis, je m'écroule dans le lit.

***

Combien de temps ai-je dormi? Quelques heures? La nuit complète?? Je me réveille difficilement. J'ai l'impression de m'être agitée durant tout mon sommeil. Je ne me rappelle même pas d'avoir marché jusqu'ici. Prenant petit à petit conscience de l'endroit où je me situe, j'attrape une miche de pain un peu moisie sur le côté. Je croque dans la partie saine, mais ça m'écœure. Je me force à avaler. Ce n'est pas avec ça que je vais me rassasier... La lumière de la lune vient éclairer la salle. J'émerge tout doucement, m'habituant à la maigre luminosité. Le navire semble moins secoué. J'attrape mon manteau et je sors voir quelle est la météo. Le pont est toujours parsemé de corps en décomposition, mais la brume se dissipe peu à peu. Il fait frais, mais c'est beaucoup plus supportable que tout à l'heure. Et au moins, il ne pleut pas. La lanterne qui m'a conduit jusqu'ici a consommé toute l'huile. En revanche, j'aperçois à peine celle de l'Impitoyable Destinée. Je suis dépitée. Je me frotte le sommet du crâne en quête de réponse. Je me perds dans mes pensées.


Dernière édition par Nakajima D. Aoi le Sam 26 Mar - 18:51, édité 1 fois
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Un bruit sourd me fait sortir de mes songes. Je regarde partout autour de moi, mais je ne constate rien. Puis, un deuxième son me parvient jusqu'aux oreilles. Je suis en alerte, je veux savoir d'où ça vient. Alors que je me tourne vers la direction la plus logique, la cloche du vaisseau d'Ambroise se met à sonner. Ils sont attaqués! Tout ceci n'est donc qu'un piège?! Je comprends mieux pourquoi je n'ai pas croisé Ayumi! Qu'importe qui sont nos assaillants, je dois protéger l'équipage. Non seulement j'en suis responsable, mais en plus ils sont les seuls hommes qui peuvent me conduire à bon port. Si je m'éternise sur le rafiot où je suis, je risque de rater ma porte de sortie. La brume n'est pas totalement dissipée, je ne peux pas encore faire ma technique de propulsion pour parcourir une grande distance en quelques secondes. Je cherche alors la barque qui m'a amené ici, mais elle doit sûrement être loin maintenant. Je regarde alors si les canots de sauvetage sont encore là. Heureusement, j'en trouve un et je le mets à l'eau.

— « Bon sang, il faut que je me dépêche!! Pourquoi n'ai-je pas flairé le coup tout de suite?! »

Visiblement, le repos que j'ai fait m'a requinqué. Sous la lumière de la lune, je double mes efforts pour aller plus vite. J'évite les récifs tout en réfléchissant comment défendre le bâtiment. Vu le mode opératoire, ça ne risque pas d'être la Marine. Peut-être qu'ils s'agissent de Chasseurs de Primes. Et dans la mesure où ce sont des pirates, alors ce sont forcément des ennemis de Kiyori. Un Commandant de Teach? D'Amber?? Ce n'est clairement pas la peine de solliciter une aide. De toute manière, je vais devoir régler ça ici et maintenant. Agacée, je continue inlassablement de ramer. Alors que je garde mon cap, je prends conscience qu'un autre bruit m'inquiète. Une sorte d'écoulement... Je crains le pire. C'est de moins en moins discret, mais ce n'est pas non plus la grande agitation. Je déglutis à l'idée de savoir ce que ça peut être. Je suis sûrement à mi-parcours et les coups de canons se font de plus en plus retentissant. Je suis incapable de voir la scène, car c'est au-delà de mon champ de vision. Une chose est sûre, c'est que le Capitaine ARTHAUD fait le nécessaire pour riposter, mais ce n'est pas un être puissant. Le branle-bas de combat ne semble pas être à notre avantage...

Pendant que je fixe mon objectif de vue, je prends conscience que je dévie légèrement. Je regarde alors à droite de moi avec stupeur. Je me tourne en direction du rocher sans nom. Je réalise que l'eau est en train de tourbillonner! Mais le plus invraisemblable, c'est que ça tourne atour du massif rocailleux. Le centre serait celui de l'île?? Alors, c'est que c'est creux en-dessous??? Ainsi, la légende serait réelle? Chassant toutes questions de ma tête, je m'efforce de me concentrer pour garder le cap. De plus, le navire d'Ambroise manœuvre pour éviter les boulets. Je ne suis pas sûre qu'il est au courant qu'un siphon est en train de se créer. Il est hors de question qu'on se fasse engloutir. Irritée, je pagaie de plus en plus fort, mais je me retrouve entraînée. Je ne panique pas encore, mais je ne me sens pas sereine. Ma barque recule alors, m'éloignant de plus en plus de ma destination. Pour le moment, l'Impitoyable Destinée ne semble pas encore affecté par le torrent. Ne sachant pas quoi faire, je réfléchis à une solution. D'un coup, ma chaloupe heurte un récif, manquant presque de me faire chavirer. Avant qu'il ne soit trop tard, je suis contrainte de m'extirper d'ici. Je me mets alors debout et je calcule la distance qui me sépare entre moi et ma cible comme je peux. Maintenant que le bâtiment d'Ambroise s'est assez éloigné, je peux évaluer l'écart de celui de notre agresseur et moi. Mon bras droit devient du magma et je fais grossir ma main. Je pointe le ciel brumeux.

— « FUSION!! »

Maîtrisant à présent le Soru, je suis capable de bouger à une vitesse extrêmement grande en me propulsant moi-même dans le poing gigantesque de magma que j'éjecte au loin dans la même seconde. Je traverse alors le brouillard sur une hauteur assez conséquente. Une fois que je suis sûre d'avoir parcouru assez de mètres, je reprends forme humaine et je me laisse tomber. Toutefois, je sors mon sabre et je me prépare à attaquer dès mon entrée fracassante. Sur le navire ennemi, j'entends la pagaille.

— « Capitaine! C'est la Reine Écarlate!! »
— « Vous avez dit que ça allait être facile! »
— « Je ne suis pas aveugle bande de crétins! Reprenez vos postes de combat ou c'est moi qui vous jette à l'eau. »

Je suppose que le dirigeant du bâtiment adverse n'a pas prévu ma présence. S'attendait-il à quelqu'un d'autre? Qu'importe, je vais lui faire corriger cette erreur. Les boulets ne fusent plus, car ces pirates cherchent à faire un abordage. Seulement, alors que leur vaisseau s'apprête à entrer en collision, j'atterris sur le pont en le faisant voler en éclat. Je traverse ensuite une couche de bois supplémentaire. Je minimise les dommages, car je ne veux pas le couler. Au moins, je ne suis pas tomber à la flotte, mais il va falloir que je remonte affronter ce type. J'ignore totalement qui c'est, mais je suis préparée à toute éventualité. Sans plus attendre, alors que des flibustiers sont abasourdis et prennent la fuite, je me relève. Regardant les dégâts que j'ai occasionné, je suis sur le point de sauter pour retrouver mon opposant, mais celui-ci me rejoint avant moi, sa lame imprégnée de Haki de l'Armement. In extremis, je fais une roulade pour esquiver.


Dernière édition par Nakajima D. Aoi le Dim 27 Mar - 0:34, édité 3 fois
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À peine suis-je en sécurité qu'il m'assène un second coup. Je pare cette fois avec mon sabre et c'est encore délicat. Je manque presque de perdre mon équilibre sous la puissance du geste. Je ne me laisse évidemment pas faire au point de déstabiliser à mon tour mon adversaire quelques instants. La seconde d'après, le navire entre en collision avec l'Impitoyable Destinée. L'abordage semble mal se dérouler à cause du courant. J'espère qu'on ne se fait pas entraîner par le siphon... Je profite de la secousse pour reprendre mes appuis et mieux observer mon opposant. Ce dernier se redresse également et me regard d'un œil noir. Il est assez grand, il dégage une aura ténébreuse et il à l'air arrogant. Peut-être même opportuniste. Je dirais qu'il fait le même âge que moi à peu près. Il possède un vieux manteau de pirate sans doute récupéré d'une victime. Autant, j'ai une jambe en nacre, autant, il a un crochet à la place de la main gauche.

— « Je suis le Capitaine John William COWARD. En t'ajoutant à mes trophées de chasse, je vais gagner en renommé! »

Pour l'instant, je m'efforce de rester à l'épée, mais si la situation se dégénère davantage, il faudra que je songe à utiliser d'autres moyens. Je n'ai pas le temps de faire quoi que ce soit qu'il m'attaque, l'air plus acharné que tout à l'heure. Je me défends non sans mal, je lui tiens tête. Malgré les chocs qu'on peut ressentir entre les deux bâtiments, mon jeu de jambes ne me fait pas défaut et lui aussi. Je me concentre pour ne pas faire d'erreur, car je m'inquiète quand même beaucoup quant à l'éventuel non-retour. Et si mon esprit se disperse, je risque de cumuler une liste d'échec à mon mur de honte. Comme j'arrive à tenir la distance, je peux économiser mes forces. Je le repousse un peu plus, le mettant sous la lumière de la lune. Maintenant, j'arrive mieux à voir à quoi il ressemble.

— « Encore faut-il savoir m'attraper... »

J'ignore vraiment de qui il s'agit. Je n'arrive pas à trouver dans mes souvenirs, mais vu la hargne qu'il démontre, je suis sûre que c'est un Supernova. Il me semble assez expérimenté d'une façon générale. Et pour élaborer un plan comme celui-là, il faut une certaine expertise et une connaissance du terrain. Nulle doute qu'il a quand même un avantage, celui d'être dans le Nouveau Monde bien plus longtemps avant moi. Je reconnais que je suis très mal renseignée sur cette partie du globe, ce qui me chagrine pas mal. Je ne peux pas me permettre une telle chose, mais pour le moment, je dois faire avec. Au moins, il me reste ma détermination. Et ma force n'est plus à refaire, mais visiblement, des têtes brûlées s'imaginent pouvoir me vaincre. Pour l'instant, il utilise uniquement le Haki de l'Armement, mais il peut très bien avoir d'autres atouts dans sa manche. Et pour un homme qui utilise tout un stratagème pour tendre une embuscade doit sûrement posséder des capacités supplémentaires. Je dois faire preuve d'une extrême vigilance. Et malheureusement, ça sollicite une partie de ma concentration.

Il ne perd pas le nord pour m'attaquer. Sans pitié, il vient vers moi et multiplie les assauts. Je m'efforce de tenir la distance avec des esquives ou des contres. Exaspérée, je pare plusieurs coups à la suite, mais je dois admettre que je le sous-estime un peu et je risque une mauvaise surprise si je ne réagis pas aussitôt. Manifestement déterminé, il devient de plus en plus agressif. Imprégné d'une vive ténacité, il enchaîne violemment. Je ne me rends même pas compte que je recule au fond de la cale. Acculée contre des caisses, je chercher du regard une solution, mais il me donne un coup de pied en plein dans l'estomac. Je tombe alors à la renverse au milieu des marchandises. Sentant le danger immédiat, je m'empresse de rouler sur un côté. Empêchant ma fuite, John m'arrache un bout de chair.

— « Je m'attendais à quelque chose de plus difficile, mais il semblerait que vous aviez tous ce syndrome chez les Logias... »

Je parviens à me redresser, mais je suis contrainte d'utiliser plus d'énergies pour pouvoir m'en sortir. Je vais devoir faire appel à mon potentiel de destruction, ce qui ne me plais pas dans cette situation. À moins peut-être que je peux le surprendre dans son arrogance? S'il ose m'affronter, c'est qu'il est soit téméraire, soit stupide. Et je ne suis pas convaincue qu'il soit assez fou pour m'attaquer sans connaître ma véritable force. Après, il cherche probablement à provoquer la Déesse-Enfant? Je ne crois pas faire l'objet d'une rancune, mais ça reste envisageable. Une chose est sûre, c'est que je dois absolument me méfier de lui. Une fois en sécurité, je réplique à nouveau, le regard mauvais.

— « Tu n'es pas encore au bout de tes peines. »

Pour l'instant, je n'ai qu'une blessure superficielle. Et cumuler plusieurs plaies à la suite n'est pas non plus recommandé. Et j'ignore toujours ce qu'il se passe en haut. J'ai l'impression de ne plus être secoué. Le pire est sans doute à venir...
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Un plan me vient en tête. Il est particulièrement risqué, mais c'est sans doute une solution payante. Je vais laisser John prendre la confiance quitte à me faire érafler une seconde fois. Toujours avec ce vif désir de me battre, il s'élance à l'assaut, toujours de plus belle. Je me mets alors à niveau en imprégnant ma lame de Haki de l'Armement. Pour lui, c'est un signe de détresse. Il me voit me défendre depuis tout à l'heure et il doit sûrement se dire que je suis une déception. S'approchant toujours de moi avec la même hargne, il s'assure de me coincer dans une impasse. Mon dos heurte une paroi, ce qui ne me rend pas joyeuse. Mon adversaire fait alors un sourire machiavélique et abat verticalement avec force son sabre.

— « SORU!! »

L'instant d'après, je m'écarte à grande vitesse sur un côté. Il défonce alors le plancher où je me trouvais une seconde plus tôt. Il se retourne ensuite pour me chercher du regard. Dans la pénombre, je tends mon bras gauche dans sa direction, le transformant en magma.

— « INFERNAL ERUPTION!! »

J'expulse alors un poing de lave sur ma cible avec une certaine vélocité. La projection est évitée, mais elle percute de plein fouet le mur, le faisant voler en éclat. Je peux alors voir l'extérieur et ça semble s'empirer. Je suis momentanément déconcentrée par ce constat funeste. Il en profite alors pour me lancer une lame d'air chargé du Fluide. J'esquive plus par réflexe que par anticipation.

— « Tu ne m'auras pas à ce jeu-là. »

Le sourire à l'envers, je m'abstiens pour l'instant de relancer un poing dévastateur. Après tout, je compte toujours récupérer ce vaisseau. J'analyse la situation. Utilise t-il le Haki de l'Observation? Pourtant, il à l'air d'avoir été pris au dépourvu quand j'ai fait mon Soru. Je suis perplexe. Je dois en être certaine! Je range alors mon sabre et je tends cette fois-ci mes index devant moi. De façon plus subtile, j'expulse à la manière d'un Shigan à distance, des balles de lave très difficilement perceptibles. Faisant les gros yeux, John se met à rouler sur un côté. Je tente de suivre sa trajectoire, mais il parvient à se planquer derrière une épontille. J'utilise alors mon poing droit pour l'en déloger. Forcé de quitter son abri de fortune, il continue de traverser la cale en se courbant. Étant en alerte, j'ai vraiment l'impression que ses sens sont aiguisés, car il fait un saut inespéré dans les escaliers qui mènent vers l'étage d'en dessous au moment où je refais une seconde propulsion magmatique conséquente, ce qui dégomme un bout du plancher avant les marches. Je me dépêcher alors de le poursuivre avant de le perdre de vue. Il gagne un temps de répit, ce qui me déplaît fortement.

— « Tu ne m'échapperas pas! »

Je descends alors en espérant pouvoir l'attaquer encore. J'entends du bruit étouffé au loin, mais je ne m'y attarde pas. Je me concentre alors pour savoir où se cache mon opposant. Ne pouvant me fier qu'à mes oreilles ou qu'à mon seul œil valide, je fais attention à la moindre perturbation. D'un coup, je sens une vive douleur dans le tendon d'Achille. Ma chair est arrachée avec des éclats de sang et une substance que je peine à identifier. Je dégringole pathétiquement. Je prends sur moi en grimaçant la souffrance qui me ronge le membre inférieur. Je m'efforce de ne pas perdre ma lucidité à cause de cette terrible humiliation. Je me redresse tant bien que mal et je galère à tenir sur ma jambe en nacre. Je vois au sol le crochet de John. Cherchant à ne pas perdre la face, je m'exprime non sans dévoiler mon mécontentement.

— « Qu'importe les éraflures que tu peux me faire, ça ne m'impressionne pas. »

Étant sûr de garder la distance, l'air déterminé, il réplique à son tour.

— « À ta place, je serais moins prétentieux, NAKAJIMA. »

Je fronce les sourcils, mon regard est noir. Comme ma jambe commence à s'engourdir et que le crochet est par terre, je comprends alors de quoi il s'agit. Du poison. Je dois donc écourter ce combat. Intérieurement, ma hargne et ma frustration se mélangent, ce qui risque de me faire sortir hors de moi. Gardant mon calme au possible, je souffle un coup. Du fait que je suis donc limité dans le temps, je me dis que je peux utiliser ma colère pour gagner en puissance. Cette fois, c'est moi qui dégage une aura ténébreuse. Perçant du regard, d'un pas décidé, je m'avance sans crainte vers ma cible. Ce dernier s'imagine que je suis dans l'erreur et me lacère le torse avec sa lame, mais je lui fais comprendre que je fais abstraction de la douleur et de la peur. Étant désormais proche, je m'explose d'un coup, projetant du magma sous une forme sphérique.

— « CRUEL WRATH!! »

La lave l'éclabousse et son visage brûle. Il recule sous la panique et hurle de douleur. Ce n'est pas suffisant pour le tuer, mais assez pour le déstabiliser. Je l'empoigne alors par le cou et je le plaque contre la paroi derrière lui, le soulevant un peu par la même occasion. J'écarte ensuite son sabre en le balançant sur le côté. Ouvrant la bouche, j'articule de sorte à entendre parfaitement chaque syllabe malgré la cohue à l'extérieur.

— « Tel est pris qui croyait prendre, n'est-ce pas, Capitaine John William COWARD? »

J'en postillonnerais presque. Il peut sentir toute la haine que je dégage vers lui. Il comprend qu'il ne peut pas faire le malin, mais il semble qu'il ne soit pas prêt d'abandonner.

— « Donne-moi, l'antidote. Maintenant. »

Mon ton est sec.


Dernière édition par Nakajima D. Aoi le Lun 4 Avr - 15:52, édité 3 fois
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John tente un coup fourré. Il active une lame de coude chargée du Haki de l'Armement. Ma seconde main empoigne alors son avant-bras en réaction. Je dois me montrer persuasive.

— « Sais-tu ce qu'il est arrivé au célèbre Mogaba, des Poings Divins? »

Ma victime essaye lui également de ne pas perdre la face et soutient mon regard. Je présume qu'il attend que le poison fasse effet. Il faut dire que je sens que ça monte lentement jusqu'au mollet.

— « Je l'ai décapité en le tenant de la même façon dont je te tiens. Alors, si tu veux absolument vivre, assure-toi de me dire où se trouve l'antidote. »

Finalement, il semble vouloir faire l'intéressant. Je me suis trompée sur son compte. Visiblement, il préfère mourir en se disant que la substance m'aura forcément peu de temps après. Il me crache au visage, mais je ne détourne même pas la tête, toujours à le fixer droit dans les yeux. Je l'entraîne par le bas, lui explosant le crâne contre le sol. Je le relève dans la foulée, l'air démoniaque.

— « Très bien. Dans ce cas, je te garde vivant dans le seul but que tu me vois t'humilier d'avantage jusqu'à ce que tu en crèves. Au bout du compte, c'est toi qui contribues à enrichir mes trophées personnelles... »

Je le traîne en boîtant légèrement le long de la cale afin d'y trouver une cellule ou des menottes. Il se débat, mais je le tiens fermement. Je donne à John un coup au niveau de la nuque pour le calmer. Il ne me faut pas beaucoup de temps pour trouver ma convoitise. Et maintenant, je comprends mieux d'où venait le bruit étouffé. Ayumi est attachée et bâillonnée dans une cage. Je déniche les clés pour ouvrir la porte. Elle devine que je suis là pour la sauver. Pendant que je lui retire ses entraves, je fais de brèves présentations.

— « Capitaine TSUJI, je suis la 6ème Commandante de la Déesse-Enfant. Je sais de source sûre que vous voulez rejoindre nos rangs. »

Rassurée, elle retire son bâillon et s'empresse de me répondre.

— « Je vous remercie. Vous ne faites pas d'erreur. »
— « Le temps presse. Nous devons absolument quitter cet endroit. »

Sortant de la geôle, j'attrape des fers accrochés à l'épontille et je fais le nécessaire avec John. Je l'enferme ensuite dans le cachot. Ayant observé la fin du duel, Ayumi s'inquiète pour ma jambe.

— « Vous allez pouvoir marcher? »
— « Je crois que oui. Ne perdons pas de temps. »

Boîtant un peu, elle vient m'aider à avancer et nous nous dirigeons jusqu'au pont supérieur. En me voyant accompagnée de la captive, les pirates du Capitaine COWARD commencent à arrêter les combats, mais pas à bord de l'Impitoyable Destinée. Signe évident que j'ai vaincu leur chef, ils ne peuvent plus faire opposition. Certains d'entre eux abandonnent carrément leur navire. Pour éviter que tout le monde fasse pareil, je m'empresse de parler.

— « Vous pouvez encore rester en vie. Inutile de vous jeter à l'eau, vous n'y survivrez pas. Déposez simplement vos armes. »
— « Il en est hors de question!! »
— « Je ne serai jamais sous votre commandement! »

Exaspérée, je fais une dernière sommation.

— « N'abusez pas de ma clémence. Abandonnez les armes maintenant et je vous gracie. De toute manière, vous n'avez pas vraiment le choix. Je peux aussi vous laissez à votre triste sort et ce siphon fera le reste. Collaborez ou mourrez. »

Inutile que je dise que si personne n'accepte, je passe tout le monde par-dessus bord afin d'appliquer la menace de leur Capitaine. Malheureusement, quelques réticents refusent leur défaite. M'approchant d'eux, j'en balance un sans aucun regret. Abdiquant enfin, les derniers hommes de John finissent par admettre ma supériorité.


Dernière édition par Nakajima D. Aoi le Ven 1 Avr - 15:35, édité 2 fois
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Il n'est pas tard pour partir, mais nous ne devons pas traîner. Finalement, les flibustiers du Capitaine COWARD à bord l'Impitoyable Destinée cessent l'abordage en me voyant. M'adressant à eux comme aux autres, j'indique mes modalités.

— « Ceux qui sont à bord de ce vaisseau, déposez les armes à mes pieds dans une toile. Les autres, inutile de les embarquer ici. Ensuite, reprenez les manœuvres de navigation si vous ne voulez pas vous engouffrer dans ce siphon. »

Les forbans adverses ne rechignent pas, car ils comprennent l'urgence de la situation.

— « Avez-vous encore un Navigateur ou un Timonier? »
— « Ou... Oui! Je suis là. »

La voix se situe sur le navire du Capitaine ARTHAUD.

— « Parfait. Dépêche-toi de venir. Il va falloir que tu aides ton équipage à quitter cette zone. »

Ensuite, je me retourne vers l'ancienne prisonnière.

— « Capitaine TSUJI, reprenez le Commandement de ce bâtiment. Je compte sur vous. »
— « Avec plaisir. »

J'appelle un matelot sous mes ordres et je lui demande de ramasser le bout de tissu avec les sabres et pistolets. Il prend ensuite une corde pour passer sur le bateau d'Ambroise pendant que les derniers hommes de John regagnent le leur. Je m'assure que les choses se déroulent comme je l'ai demandé en restant ici.

— « Quant à vous, Capitaine ARTHAUD, envoyez-moi deux solides gaillards et votre toubib. »
— « C'est comme si c'était fait. »

Personne ne veut me froisser. Et comme le courant est de plus en plus fort, tout le monde s'exécutent.

— « Vous deux, descendez en fond de cale et surveiller le prisonnier. »

En l'espace de quelques minutes, les deux navires parviennent à partir, nous détachant de ce lieu dangereux. La brume se dissipe complètement et l'aurore dore l'horizon. Maintenant que nous sommes en sécurité, je m'adresse au docteur.

— « Venez avec moi. »

S'aventurant dans le cabinet médical, je me mets à chercher une fiole qui pourrait ressembler à un remède avec mon accompagnateur. Mais il faut se rendre à l'évidence, rien ne fait l'affaire. Je dois me résigner à préserver ma jambe. Je suis contrainte de la couper. Je souffle alors un coup, acceptant mal ce lourd destin. Ne pouvant pas perdre plus de temps, je lui demande de me sectionner mon membre inférieur...
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