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L'ombre dans la lumière

Robina était arrivée depuis tous juste quelques jours sur l’archipel aux Éveillés, la nuit ne tombait jamais vraiment sur cette île de la route de tous les périls, une lumière diffuse se dégageait de chaque bâtiment, fruit et animal. Elle avait vu des choses étranges depuis son premier départ de Sanderr, néanmoins, elle arriverait à s’adapter, les nouvelles découvertes lui donnaient des frissons, elle avait pu voir du gibier dans la forêt alentour, peut-être arriverait-elle à garder la luminescence qui caractérisait tout ce qui l’entourait.

Le log pose que le Baroque Works lui avait envoyé suite à l’arrestation de Mayaku Miso était lentement en train de se recharger, cependant, elle devait faire demi-tour, le siège de l’organisation de chasseurs de primes dont elle faisait partie se trouvait sur Whiskey Peak, la première île de la voie qui se trouvait à l’opposé de leur position. Elle avait donc deux solutions, utiliser de nouveau la Translinéenne pour retrouver son chemin rapidement et facilement ou le gyropose qu’elle avait acheté au commandant qu’elle avait sauvé.

La technologie de ce pose permettait d’avoir une plus grande liberté de mouvement, d’une simple pression sur un petit bouton latéral, il pouvait modifier le champ magnétique enregistré pour choisir une autre île parmi celles qui étaient les plus proches. Concrètement, elle pouvait se déplacer dans le sens qu’elle voulait, aller directement à Shishoku, ou faire un crochet vers la première voie pour acheter une licence de chasseurs de primes à Emé, Ema et Emi. Elles deviendraient ainsi officiellement des collègues et apprentis de la cuisinière, parmi le Baroque Works, à l’idée d’avoir des néophytes à qui elle apprendrait ce qu’elle avait appris de sa maigre expérience, elle était en joie.

Devait-elle aller le plus vite possible à son objectif ou bien suivre ses envies ? Son expérience lui soufflait de ne pas l’écouter, elle avait gagné en expérience en voyageant au gré de ses envies sur les Blues, il allait en être de même pour la route de tous les périls, elle le savait d’avance. Peut-être Ema deviendrait-elle une seconde digne de la meilleure cuisinière du monde avec toutes ses aventures ?

Ne voulant pas se presser, et ayant pris sa décision avec elle-même, elle comptait bien profiter de la première île de la route de tous les périls pour s’acclimater aux températures chaudes. Elle en avait rencontré plusieurs durant la première partie de son voyage, et elle avait toujours été surprise et suffocante lors de ses voyages sur ces dernières, elle comptait bien s’adapter, en se mettant en maillot de bain, en bronzant sur la plage de sable fin ainsi qu’en sirotant un jus de fruit, la meilleure des façons, si déjà elle ne se retrouvait à suer à grosses gouttes à chacun de ses mouvements, elle en serait heureuse.

Elle avait emprunté un des hamacs vides dans les ponts inférieurs de l’Iceberg, où dormait l’équipage, pour l’attacher à l’extérieur à deux arbres, il ne lui manquait plus que quelques pistaches ou cacahuètes et elle se voyait couler des jours heureux ici pendant un long moment. La convoi du Guns and Banana près de Dead End l’avait laissé avec plusieurs blessures et un ordre de se reposer pour ne pas finir en morceau, elle n’avait pas rechigné pour prendre ce repos bien mérité, un jus d’ananas de l’archipel, luminescent, dans la main la paille se portant à ses lèvres, elle prit une gorgée en regardant son équipage s’affairer pour finir les préparatifs de départ.

Elle allait devoir se rhabiller, elle aimait bien se prélasser, mais ça n’était pas dans son tempérament, elle finit son verre d’une seule longue gorgée et décrocha les deux côtés du hamac des arbres qui lui permettait d’être suspendu. Son verre d’un côté et le filet de corde de l’autre, elle monta la rampe d’accès de l’Iceberg sous les yeux de son équipage qui détournait pour certains les yeux. Elle s’en moquait, il faisait trop chaud et elle ne comptait pas mourir de chaud pour un peu de peau à la vue de tous.

Vous, prenez ça et remettez-le à sa place dans les quartiers de l’équipage, il est en trop, mais il ne va pas traîner sur le pont.

Bien capitaine !

Fang ! Le log est-il rechargé ?

Il l’est depuis un long moment, je dirais facilement depuis trois jours. Nous sommes prêts à partir sur votre ordre, commandante.

L’île qui ne dormait jamais, l’archipel aux Éveillés, elle allait donc devoir partir d’ici cela faisait un petit moment qu’elle n’avait pas pu souffler pour juste se reposer, et ne pas avoir à se battre contre des pirates, l’île était sous le contrôle du Gouvernement Mondial et la paix régnait, elle était certes sur la route de tous les périls, mais selon elle, l’Îlot Flottant était cent fois plus dangereux que l’Archipel.

Je vais me changer Shui, commencez les préparatifs pour le départ, nous partons demain à la première heure.

Vous avez entendu la capitaine ?! Que tout le monde se bouge, on part demain à l’aube, pas de tire-au-flanc, celui qui se verra à se tourner les pouces n’aura pas de quoi manger ce soir !

La menace était du vent, la fille aux cheveux bleus ne permettrait jamais à un membre de son équipage de dormir avec le ventre vide, et ils le savaient tous, cependant à l’idée de manquer le repas du soir, ils mirent plus d’œuvres au travail, après tout, une candidate pour devenir la meilleure cuisinière du monde leur faisait la cuisine, ils ne manqueraient ce moment pour rien au monde.

Alors que la chasseuse de primes prenait sa douche pour se débarrasser du sable qui lui collait à la peau, elle réfléchit à leur prochaine destination, Whiskey Peak, l’île de l’ancien Quartier Général de la BNA, la Bounty National Agency, une agence de chasseur de primes pour laquelle elle avait travaillé pendant un temps, avant qu’elle ne se fasse absorber par le baroque Works, son nouvel employeur. Plongée dans ses pensées, elle éteignit l’eau, se sentant propre, elle enfila une brassière ainsi qu’une jupe longue, pour ne pas se retrouver pied nu, des cuissardes noires avant de ressortir à l’air libre.

Se sentant plus à l’aise, sans tous les regards qui se posaient sur elle, elle surprit une conversation entre deux moussaillons, l’un d’eux s’occupait de la vigie la nuit dernière de ce qu’elle avait surpris pour l’instant.

Mais puis-ce que je te le dis !

C’est n’importe quoi, il fait tout le temps jour ici, il peut pas faire sombre.

Ce n’est pas qu’il faisait sombre, la lumière n’existait pas ! Comme si quelque chose ou quelqu’un absorbait la lumière de l’île.

Et tu crois vraiment que je vais te croire ? Quelqu’un absorberait la lumière de l’île… Et pour faire quoi exactement, c’est pas comme si c’était très nourrissant…

J’en sais rien, mais mon instinct me dit que c’est une mauvaise histoire, ça sent pas bon tout ça.

J’en ai parlé avec le maître d’équipage : Il m’a dit d’arrêter de colporter des ragots.

Mais je sais ce que j’ai vu, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond sur cet archipel, moi qui te le dis.

T’avais dû attraper une insolation, ou sinon tu commençais à t’endormir, ça arrive à certains à cause du manque de sommeil, on a tous hâte de se casser pour avoir des vraies nuits.

Je ne m’endormais pas, enfin pas à ce moment-là !

T’as dû piquer du nez alors, je sais pas, mais je suis sûr qu’il y a une explication, de toute façon, la question se pose pas, on se barre de cet enfer lumineux demain matin, on pourra avoir l’esprit tranquille d’ici vingt-quatre heures.

Espérons que tu dises vrai, cet archipel commence à me taper sur le système.

À qui le dis-tu… À qui le dis-tu.

Sur ces dernières paroles, la capitaine de l’Iceberg remonta sur le pont supérieur pour demander des explications à son maître d’équipage.
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Mettant les pieds sur le pont supérieur, elle vit les gabiers vérifier les cordages sur les gréements, une petite dizaine d’ancien soldat qui se tenait plus ou moins bien en équilibre sur les armatures de bois, ils testaient les cordes pour voir si elles retenaient bien la voilure et qu’elle n’allait pas bouger. Le maître d’équipage se trouvait près du gouvernail, il hurlait des ordres aux soldats qui s’activaient pour les préparatifs du lendemain.

Maître Shui, vous pouvez laisser ce gouvernail, je saurais m’en occuper.

Je suis le navigateur et timonier de ce navire, c’est à moi de le faire et non à vous.

Vous ne faites pas partie de l’armée de Sanderr, vous êtes sous mes ordres ! Vous n’avez pas à discuter mes ordres, est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

Un problème messieurs ?

Pas du tout capitaine ! J’expliquais à monsieur Shui…

De ce que j’en ai compris, vous expliquiez à Fang Shui, que vous étiez son supérieur, je vous le dis tout de suite, ça n’est pas le cas. Sans lui, nous ne serions pas sur la route de tous les périls, mais encore bloqués sur les mers bleues en train de chercher un navigateur chevronné pour nous emmener à notre point d’arrivée.

Mais capitaine, je suis celui qui est responsable de l’équipage !

Oui, de l’armée Sanderrienne uniquement, les hommes-poissons ainsi que monsieur Shui ne sont aucunement sous votre commandement, je suis l’ambassadrice de Sanderr et la commandante de ce navire et non vous, monsieur Lanch.

Et comment je fais pour donner mes ordres à toute cette bande de dégénérés ?

Je vous arrête tout de suite, mon équipage est peut-être jeune, cependant, ils ne sont pas des dégénérés, si c’est ce que vous pensez de vos semblables, vous pouvez rentrer à Sanderr par vos propres moyens, maître d’équipage. Je suis sûr que la Translinéenne sera plus que contente de vous ramener à Boréa.

Ça n’est pas ce que je pense ambassadrice.

Alors soyez plus respectueux dans vos paroles monsieur Lanch. Vous verrez avec un représentant des hommes-poissons ainsi que monsieur Shui comment se passeront par la suite les ordres que vous donnerez sur ce navire.

Bien sûr madame.

Maintenant, que cela a été clarifié, j’aurai des questions, j’ai surprise une conversation entre deux moussaillons, ils disaient qu’il y avait une zone sombre sur l’archipel.

Des rumeurs dues au manque de sommeil, les hommes sont à cran.

À cran ? Pourquoi exactement ? Nous avons un navire qui permet de casser la lumière de l’île, ils peuvent dormir à peu près normalement, nous ne sommes pas les plus à plaindre ici, en tout cas de mon point de vue.

Les rumeurs ont commencé à se répandre pendant que vous étiez parti capitaine. Il semblerait que cette obscurité se déplace de surcroît, je pense que les membres essaient juste de se rassurer, en ce disant que toute l’île n’est pas aveuglante.

Vous y croyez ? Ou vous essayez aussi de ne pas y penser ?

Je… Permission de parler librement ?

Permission accordée.

D’un petit signe de tête, elle fit partir les membres de l’équipage qui aurait pu avoir les oreilles qui traînaient et qui se trouvaient près de Robina.

Je n’aime pas cette histoire. Je suis rassuré de savoir que nous partions demain matin aux premières lueurs, entre le manque d’obscurité et cette histoire de lumière absorber par je ne sais quelle personne, je ne suis pas à l’aise.

Et vous me dites que cette histoire court dans l’équipage depuis un moment ?

Environ une semaine. Une tache sombre qui se déplace dans l’archipel sur les îles ou entre elles. C’est à peine visible, mais c’est certain, il y a quelque chose qui bloque la lumière.

Et vous ne m’avez pas prévenu ?

J’ai pensé à une légende qui se propageait dans l’équipage, comme une mauvaise blague, nous ne sommes pas des marins dans l’âme, je me suis dit qu’ils avaient adapté la tache noire des pirates, une histoire pour se faire peur.

Je vérifierais ça ce soir maître d’équipage. Merci de votre temps, je vous laisse continuer les préparatifs pour demain, je dois m’occuper du repas de ce soir.

Elle fit demi-tour et rentra dans la cuisine où Ema s’occupait déjà du taillage des légumes, il lui restait deux heures pour préparer le repas pour une cinquantaine de personnes, pas de quoi avoir le temps de se tourner les pouces.
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Après le repas, Robina était restée dans ses appartements, se faisant un peu oublier, elle voulait voir de ses propres yeux si la rumeur qui se propageait dans l’équipage était vrai, est-ce qu’une tache de ténèbres s’était véritablement abattu sur l’Archipel aux Eveillés. Les étoiles n’étaient pas apparues dans le ciel, camouflé par la lumière ambiante se dégageant de chaque objet de l’archipel, des microalgues s’accrochaient partout, les arbres s’illuminaient tels des lampadaires dans la nuit, le ciel ne bougeait pas et restait comme en plein jour.

La soirée était déjà bien entamée, les tours de garde avaient commencé et elle pouvait entendre des paroles qui s’échangeaient sur le pont alors que les hommes de l’Iceberg montaient la garde. Elle lâcha son roman et se leva de son lit, elle allait mener sa petite enquête, en avoir le cœur net et si la réponse était oui, elle partirait découvrir son secret, pourquoi y avait-il une zone contraire sur l’archipel, est-ce que c’était un effet naturel, un animal ou bien une personne qui faisait des expériences ?

Elle ne voulait pas se faire discrète, pas sur son propre navire, des têtes se tournèrent alors que la porte de sa cabine s’ouvrait, les voix se turent, on ne savait pas encore spécialement sur quel pied danser en sa présence.

Bonsoir messieurs.

Capitaine !

Vous n’êtes pas obligés de vous mettre au garde-à-vous quand vous me voyez. Je ne suis pas une despote.

Elle avait dit ça sur ces dernières paroles avec un petit sourire.

Vous êtes l’ambassadrice de Sanderr, et notre commandante, on se doit de vous montrer du respect. Sinon la hiérarchie du navire ne voudra plus rien dire.

C’est vrai, mais est-ce que vous pourriez au moins, être un peu moins stressés ? J’ai l’impression que vous allez exploser. Vous pourriez au moins éviter le garde-à-vous, je ne suis pas une militaire, juste une civile qui s’est retrouvée catapultée ambassadrice sans son consentement, je me fais encore difficilement à l’idée que je suis la représentante de notre île.

Le plus jeune des deux se gratta l’arrière du crâne tout en prenant la parole.

C’est pas qu’on est stressé, juste on ne vous connaît pas encore, on s’est pas encore fait à la vie en mer, et encore moins à vous qui êtes partie pendant plusieurs jours. Si ça se trouve, vous êtes quelqu’un de sympas, mais on le sait pas donc on doit bien faire attention avant de tâter du fouet, si vous voyez ce qu’on veut dire.

Il reçut une claque derrière la tête pour toute réponse de son collègue.

Ne faites pas attention à lui, il venait de s’engager chez les Givrelames quand l’ordre a été donné de vous servir d’équipage sur votre Galion rénové.

Mais il dit vrai, je suis certaine que je peux vous aider à me connaître vite.

Prenant sa décision, elle partit dans les cuisines, elle fit un petit panier, avec de quoi grignoter, un saucisson de sanglier, une bouteille de whisky venant d'Alba, du fromage de yack de Sanderr et quelques cacahuètes. Elle remonta sur le pont supérieur et déposa le tout sur le dessus d’un tonneau qu’elle plaça entre les trois Glaciers.

Maintenant, si on discutait ?

Elle découpa une tranche de saucisson de sanglier avec Coupe-Faim et la fourra dans sa bouche avant de planter la lame dans le bois du tonneau.

Servez-vous, on a du temps à tuer.

Et si le maître d’équipage nous surprend ?

C’est moi la capitaine, pas lui, alors allez-y.

Haussant les épaules, chacun prit quelque chose de différent et le porta à sa bouche.

Et vous voulez savoir quoi exactement capitaine ?

La lumière de l’île illuminait le visage du vieux soldat sur le côté gauche, mettant ses rides en évidence, il semblait usé par la vie qu’il avait eue, pourtant un sourire se dessinait encore sur son visage.

On m’a parlé d’une tache sombre qu’on pourrait voir sur l’Archipel aux Éveillés. Vous êtes au courant ?

Si on est au courant ! Ah ça, on l’est, c’est Tim et moi qui l’avons vu pour la première fois. On n’a trop rien dit, se disant que c’était juste quelque chose qu’on avait inventé tous les deux, qu’on voulait plus voir la lumière de ce maudit endroit…

Le plus jeune le coupa.

Sauf, que le lendemain, on a vu la tache sombre de nouveau, elle était plus proche, et plus grosse aussi, avec Pumb on a eu les foies, on savait pas si ça allait attaquer le navire, vous savez. On a réveillé le maitre d’équipage…

Le vétéran reprit la parole après avoir lancé un regard furibond à Tim qui perdit ses mots en voyant le regard du plus vieux des deux.

Il a regardé avec nous pendant un instant, et n’a rien dit, je crois qu’il voulait pas nous affoler en nous disant de faire quoi que ce soit, histoire de pas chier dans son froc quoi. Pardonnez mon langage capitaine.

Un petit sourire face au franc-parler de l’homme âgé de la part de Robina.

Allez-y, je ne vais pas vous en vouloir pour ça. Continuez.

Donc comme je vous disais, il a rien fait, il nous a envoyé dans les quartiers de l’équipage et il a passé la nuit à guetter à notre place. Ma solde qu’il se demandait ce que c’était lui aussi. On l’a vu le lendemain, des cernes qui lui descendaient jusqu’aux chevilles, il semblait pas avoir fermé l’œil de la nuit, le pauvre gars. Il nous a ordonné d’en parler à personne, et ça, on s’en est bien gardé, sauf que d’autres mecs de l’Iceberg l’ont vu cette tache d’ombre et ça a foutu la trouille de leur vie à tout le monde.

Depuis la rumeur s’est répandu et on a qu’une seule hâte, c’est de partir d’ici pour aller où que vous voulez capitaine.

Donc c’est une bonne chose qu’on parte demain matin à la première heure. Je dormirais mieux, plus de pleine journée alors qu’on devrait voir les étoiles et plus de saloperie noire qui nous fout les jetons, que les habitants de cet archipel se débrouille avec leur problème, on a les nôtres après tout.

Sur cette conclusion, il se coupa une grosse tranche de saucisson et mordit dedans.

Je vois… Je vous remercie de vos explications.

De rien capitaine, en tout cas merci pour le petit encas, on peut garder le tout ou vous remettez ça dans le garde-manger ?

Mangez donc ! Je vais juste prévenir le maître d’équipage que je vous ai offert de quoi grignoter.

Merci capitaine Erwolf, je vous salue pas, mais vous êtes quelqu’un avec qui c’est plaisant de discuter.

Le plaisir a été pour moi.

Elle passa le message à maître Lanch pour que les moussaillons n’aient pas de soucis pour ce qu’ils mangeaient et buvaient avant de repartir dans sa cabine. L’appel de l’aventure se faisait de plus en plus fort, elle se devait de l’écouter et de partir découvrir le pourquoi de ce mystère et pour ça, il fallait attendre le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, elle serait en forme, elle se mit en tenue et se glissa sous ses draps et souffla la bougie avant de frapper son oreiller et de fermer les yeux avant de s’endormir.
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Robina se réveilla sans savoir quelle heure il était, il faisait jour à l’extérieur, mais c’était la même chose qu’il fasse jour ou nuit normalement, elle ouvrit un œil, le mal de crâne qui l’assaillit lui rappela qu’elle ne devait pas avoir beaucoup fermée les yeux. Elle prit une essence de plante pour faire disparaître la douleur et sortit sans s’en rendre compte en tenue de nuit sur le pont supérieur. Elle s’étira, ne remarquant pas les yeux qui se posaient sur elle, les préparatifs allaient bon train, des moussaillons tournant le cabestan pour faire remonter l’ancre du galion.

Maître Lanch, changement de plan, nous restons ici !

Capitaine ?!

Il fut surpris, par la tenue, mais aussi par le changement d’avis, la veille, ils devaient faire toute voiles vers Whiskey Peak pour régler une affaire administrative, pourtant, le matin même, sa commandante avait changé d’avis et se retrouvait en tenue de nuit à grimper au poste de conduite, où s’affairait plusieurs hommes.

Capitaine ?

Il garda son calme, lançant des regards noirs aux hommes qui osaient tourner la tête vers leurs supérieurs.

J’ai changé d’avis, nous restons sur l’Archipel aux Éveillés pour l’instant, faite descendre une chaloupe, nous allons partir en exploration.

Bien sûr, mais est-ce que je peux me permettre de faire une remarque ?

Vous pouvez.

Vous devriez changer de tenue, vous êtes encore en robe de nuit.

Affolée par les paroles de son maître d’équipage, elle baisse les yeux et rougit jusqu’aux oreilles en voyant que sa robe de chambre noire était toujours sur elle avec ses chaussons lapins au pied. Gênée, elle se précipita vers sa cabine où elle prit un bustier bleu avec une jupe mi-courte et des cuissardes qu’elle avait mis la veille. La chasseuse de primes rangea l’incident derrière elle, une étourderie de plus parmi les nombreuses qu’elle avait déjà vécu, une de plus ou de moins ne changerait pas grand-chose. Elle ne s’était pas battu avec les draps de son lit aujourd’hui, au moins c’était une petite victoire en soi, n’est-ce pas ?

Elle ressortit à l’air libre, et tous les regards se tournèrent vers elle, comprenant pourquoi l’attention de tout l’équipage était sur elle, elle reprit une teinte rose avant de se reprendre et de perdre les couleurs sur son visage.

Qu’est-ce que vous avez à me regarder comme ça ?! Au travail !

Oui, capitaine !

Tous les yeux se détournent, bien que la cuisinière ne soit pas un tyran, ils ne veulent pas finir dans ses mauvais papiers, ils avaient vu ce qui s’était passé avec Mayaku Miso, ils avaient entendu les rumeurs qu’elle s’était battu contre un célèbre pirate lors du convoi qui s’était déroulé à Dead End, ils ne voulaient pas se retrouver dans le collimateur de l’ambassadrice. Elle reprit les quelques marches pour se retrouver à côté de Fang Shui ainsi que Lanch qui discutait des derniers ordres qu’elle avait donné avant de se changer.

Capitaine !

Capitaine !

Les deux se mirent au garde-à-vous, instinctivement, ils voyaient bien le rose sur les joues de Robina, ainsi que la colère de voir que certains la dévisageaient encore, qu’il n’était pas le moment de faire une plaisanterie. Elle les dévisagea et se calma légèrement, ils étaient pleins de bonnes volontés, elle n’allait pas passer ses nerfs sur eux, elle souffla légèrement, fatiguée par la précipitation qu’elle avait eue pour se changer et revenir sur le pont.

J’ai fait stopper les préparatifs pour notre départ, devons nous mettre une chaloupe à l’eau ou voulez-vous faire le chemin à pied commandante ?

Elle prit son menton avec sa main gauche pour réfléchir un instant avant de répondre.

Faites descendre une chaloupe, il sera plus facile de se diriger dans l’archipel qu’avec l’Iceberg, nous ne passerons pas forcément entre chaque îlot avec le galion.

C’est vrai qu’avec la largeur et le poids du navire nous avons de fortes chances de nous retrouver coincer à devoir manœuvrer pour sortir d’un banc de sable ou de coraux.

Nous ?

Eh bien, oui, vous n’allez tout de même pas partir seule capitaine.

Mais et qui va s’occuper du navire ?

Maître Lanch et moi en avons déjà discuté. Il restera ici à s’occuper de l’équipage ainsi que de l’Iceberg, pendant que vous et moi, ainsi qu’une poignée de membres des Glaciers partiront à l’aventure pour découvrir la source de cette obscurité.

Et je n’ai pas mon mot à dire ? Je suis la capitaine de ce navire tout de même et c’est moi qui décide de ce que je me rappelle !

Oui bien sûr ! Mais nous n’allons pas vous laisser vous aventurer dans une jungle tropicale inconnue seule, cela vous ai déjà arrivé une fois, ça vous a suffis non ?

À l’évocation de l’Îlot Flottant, des frissons remonte le long du dos de la cuisinière, des sueurs froides se mettent à couler ainsi que la chair de poule qui dresse les poils de ses bras, néanmoins, elle ne pouvait pas vivre dans la peur toute sa vie.

Non, j'irais seul, pas la peine d'en discuter, la situation n'est pas la même ici qiue sur l'Îlot. Départ dans une heure, de quoi préparer quelques affaires et nous partons. Ema est la responsable des cuisines en mon absence.

Bien madame !

Elle fit de nouveau demi-tour, mais cette fois, elle partait à l’aventure !
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La brume recouvrait entièrement le paysage, l'équipage ne voyait pas à plus de quelques mètres au-delà de la coque de l'Iceberg, deux paires de mousses s'activaient sur les cordes de la chaloupe pour la faire descendre au niveau de la surface de l'eau. Avec la lumière ambiante, les gouttelettes d'eau en suspension dans l'air cachaient la vue de tous, promettant une recherche plus difficile encore que ce qu'ils avaient prévu à la base. Dans un bruit d'éclaboussures, l'embarcation se retrouva prête à l'aventure, tout ce que les gens attendaient, était Robina qui prenait son temps pour se préparer.

Elle se trouvait dans sa cabine, elle attrapait quelques affaires de rechange, parce qu'après tout, ça n'était pas parce qu'elle partait à la découverte d'un phénomène étrange et inconnu qu'elle allait se négliger et vivre comme une crasseuse. La cuisinière sortit avec un sac sous le bras, qu'elle jeta négligemment à un des soldats de Sanderr qui passait près d'elle, les autres membres de l’équipage s’activait pour que tout soit prêt pour le départ.

Mettez mes affaires dans le canot, je dois aller prendre des provisions pour la réserve pour notre voyage.

Je crois que le sergent Lanch a déjà préparé tout ce qu'il fallait pour votre voyage, capitaine.

Comment ça ?

Il a déjà envoyé quelqu'un prendre ce dont vous auriez besoin pour votre voyage. Vous n'avez pas besoin de vous en occuper.

Et vous savez ce qui a été récupéré pour ces réserves ?

Absolument pas.

Je vais donc aller voir ça avec l'intéressé, vous venez avec moi.

Moi ? Mais pourquoi ?

Pour prendre la place de monsieur Lanch s'il a encore outrepassé mes ordres.

Le visage du moussaillon devint livide à ces paroles, il ne s'était pas attendu à ça, surtout que tout l'équipage avait appris à connaître la chasseuse de primes pendant le voyage jusqu'ici, elle n'était pas du genre à revenir sur ses mots. Sans émettre un son, il la suivit alors qu'elle se rapprochait de la rambarde de sécurité pour ne pas passer par-dessus bord. L'apocalypse était peut-être en train de se préparer devant ses yeux et il n'avait aucun pouvoir pour l'empêcher, il n'était qu'un observateur extérieur sans moyen pour le stopper, on nouait les cordes qui avait permis de descendre l’embarcation.

Monsieur Lanch ! Je viens d'apprendre que vous aviez déjà fait préparer les réserves de mon voyage, est-ce vrai ?

En effet, capitaine, j'ai envoyé Sam récupérer ce qu'il vous fallait pour cette expédition.

Vous savez que je veux le faire moi-même normalement ?

Exact, néanmoins, je me suis permis cette entorse à vos habitudes pour que vous puissiez partir le plus vite possible. Vous sembliez extrêmement enthousiaste à l'idée de partir, j'ai donc pris l'initiative de vous préparer vos repas.

Mais c'est moi la cuisinière de ce navire !

C'est pourquoi je n'ai fait que préparer des denrées facilement transportables et consommables. Des fruits, de la viande séchée, quelques légumes conservés dans du sel ou du vinaigre, rien d'extraordinaire. J'espère que vous ne le prenez pas mal madame.

Et bien, non, mais j'espérais tout prévoir et bien tout ranger. Comme ce que je fais normalement.

Ne vous inquiétez pas, j'ai fait exactement comme vous l'auriez fait. Vous pouvez vérifier.

Ne se le faisant pas dire deux fois, elle ouvrit le sac en toile huilée qui contenait la nourriture, un jambon fumé, des bocaux en verre avec des légumes au vinaigre ou au gros sel, et des fruits, très peu, il y en avait bien assez autour d'eux.

Désolé quartier-maitres, je ne pensais pas que vous aviez déjà enregistré mes habitudes de voyage.

C'est mon travail de vous assister et de vous rendre la vie plus facile, ainsi que de veiller à votre sécurité, même si vous ne me rendez pas la tâche facile.

Rougissant d'avoir douté de lui, la femme aux cheveux bleus plongea son regard dans celui d’Aval.

Je vous remercie, j'avoue avoir douté de vous pendant un instant.

Nous ne nous connaissons pas encore mademoiselle Erwolf, cependant sachez ceci, je ne suis pas homme à rechercher le pouvoir sinon je ne me serais pas porté volontaire pour vous servir d'escorte et de quartier-maitres. Je vous souhaite maintenant un bon voyage et espère que vous reviendrez vite et avec des explications sur ce phénomène étrange.

Je l'espère aussi.

Elle descendit à une échelle de corde pour atteindre la chaloupe et enfin commencer son excursion.
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Robina descendit à l’échelle faite de cordes et de lattes de bois pour poser le pied dans le canot de sauvetage, c’était sa fonction principale, mais pour débarquer à terre avec le navire qu’ils avaient, ils étaient bien forcés de l’utiliser plus souvent que nécessaire. Sinon cela revenait à devoir échouer le bâtiment sur la plage de sable ou d’avoir accès à un port assez grand pour le mastodonte que l’Iceberg était, ce qui n’était pas le cas sur l’Archipel aux Éveillés.

Les îles de l’archipel étaient trop proches les unes des autres pour pouvoir se faufiler entre les différents îlots, elle avait connu ça sur Sanderr, un commerçant qui avait voulu prendre un canal trop étroit pour son transporteur, il avait fallu plusieurs jours de désensablage et de travaux pour déloger le Ever-Given. Forte de ce souvenir, elle avait fait préparer quelque chose de plus petit, plus maniable et surtout s’était préparée, elle avait donné ses ordres, si elle n’était pas revenue dans deux jours, on enverrait des Glaciers à sa recherche, une sorte d’assurance, elle ne comptait pas tomber sur des cannibales sur la route de tous les périls, cependant elle préférait être prudente.

Elle attrapa les rames dans ses mains, vérifiant que la tente qu’on lui avait préparée pour dormir la nuit était bien là, avec son sac de provision, la moustiquaire, une invention qu’elle ne connaissait pas encore il y a quelques jours qui permettrait de bloquer les attaques sournoises et détestables des affreuses bestioles qu’étaient ces insectes. Il y avait aussi de quoi traiter les petites blessures et empêcher les infections, une attention de la part du médecin de bord, Apolo, ce brave homme lui avait déjà sauvé la mise plus d’une fois, elle devrait lui rendre la pareille un jour.

Elle se vida la tête et prit appui sur le fond de l’embarcation tout en tirant sur les deux rames en même temps, les muscles de son dos se contractèrent, devenant aussi dur que le fer et firent en sorte qu’elle prenne de la vitesse. Elle se dirigea lentement vers le banc de sable à sa droite, et sans savoir comment changer de direction se retrouva très vite sur la terre ferme, heureusement pour elle, avec le brouillard et la lumière diffuse et omniprésente de l’île, on ne pouvait pas voir son échec depuis l’Iceberg.

Grmbl, pourquoi, c’est toujours à moi que ça arrive ? Hein ?

En réponse à ses plaintes, un coq poussa son chant à quelques mètres d’elle, annonçant le début de la journée, ou étais-ce la fin ? Elle ne savait pas ce qui était le vrai du faux, après tout, avec la lumière de l’archipel qui était tout autour d’elle, toute la journée, toute la nuit, elle avait perdu le fil du temps, le plus important pour le moment était de se remettre dans l’eau pour continuer son voyage. Elle s’arc-bouta et tira lentement vers la mer, sentant qu’elle s’enfonçait plus que réussissant à mouvoir son embarcation, elle poussa de toutes ses forces et après de nombreux efforts elle put retrouver la surface de l’océan.

Elle enjamba la bordure de bois, se battit avec son sens de l’équilibre pour s’asseoir sur le banc et fit une poussée sur une motte de sable luminescent qui était à sa portée pour lui donner une impulsion pour reprendre son aventure vers l’inconnu. Le pire dans tout ça ? Elle pouvait encore entendre l’activité sur son galion au loin, des bruits ténus et pourtant, là, elle devait accélérer si elle ne voulait pas se retrouver avec son équipage qui se lançait à sa rescousse alors qu’elle était encore à cinq cents mètres d’eux. Le point positif, c’est qu’ils n’auraient pas long à chercher.

Aller, Robi, juste à trouver ce point d’obscurité, avec cette lumière ça ne devrait pas être trop difficile, j’en suis sûr, c’est l’affaire de quelques heures tout au plus.

Prenant la barre, elle poussa plus fort sur le côté droit pour tourner et se diriger plus profondément encore dans la jungle qui recouvrait l’assemblage d’île qui formait l’archipel. Le temps passait lentement, la cuisinière ne savait pas si elle devait aller plus vite, le temps ne semblait pas vouloir changer, des animaux grognaient aux alentours, tous lui indiquaient plus ou moins la rive, ce qui lui permit de ne pas refaire l’expérience de s’échouer sur le sable ou de la terre.

Le bruit des rames se répercutait partout, autour d’elle, la nature l’enveloppait, la chasseuse de primes se sentait coupée du monde, pourtant elle n’était pas oppressée comme sur l’Îlot Flottant, une sérénité s’installait en elle, elle se sentait bien ici. Était-ce le fait d’une arrivée différente ? Possiblement.

Pardon, vous êtes un pêcheur ?

Elle chercha la source de l’appel, sur sa droite, elle pouvait entendre quelqu’un marcher, les pieds dans l’eau de ce qu’elle pouvait comprendre, au moins un.

Absolument pas, je cherche un phénomène étrange, une tache noire qui se déplacerait dans l’archipel.

Ah ! Oui, elle est là depuis maintenant plusieurs mois. Oui… Vous n’êtes pas la seule à la chercher, il y a plusieurs autres personnes qui se sont lancées dans cette chasse, une d’entre elle semble se cacher dans le brouillard qui vient de tomber.

Se cacher dans le brouillard ?

Oui, un homme-poissons anguille, je ne saurais pas vous en dire plus, il semblait heureux du climat avant de partir dans la direction de cette obscurité.

D’accord, je vous remercie, vous avez besoin de quelque chose ?

Non, je suis en train de chercher des tortues de mer, si vous pouviez même vous dépêchez de partir, ça rendrait mes recherches plus faciles.

Oh oui, bien sûr, je vais partir alors, bonne chance et bonne journée.

Merci, à vous aussi.

D’un puissant coup de rames, elle disparut et continua son aventure pour traquer l’ombre de l’Archipel aux Éveillés, à la suite de ce mystérieux homme-poisson.
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Robina tourna sur la gauche, un petit courant entraina et fit prendre de la vitesse au canot de la jeune femme, la différence de niveau entre les deux pans de terre, cela ne dura que quelques secondes. Pourtant, elle perdit l’équilibre et se retrouva avec la tête qui frappa le rebord de l’embarcation, des rapides, enfin, c’était un bien grand mot, mais elle se retrouvait avec une bosse derrière le crâne.

Elle se releva pour voir un animal de l’île plongé dans l’eau, elle n’avait pas pu le distinguer exactement sur la terre ferme, cependant, il restait facilement identifiable sous l’eau, l’effet luminescent qu’il dégageait ne le rendait pas spécialement discret. L’animal sauvage se propulsa d’un puissant coup de queue dans la direction de la cuisinière, elle s’était déjà battue contre une loutre géante à huit pattes, mais un crocodile, jamais, cela ne devait pas être spécialement différent. N’est-ce pas ?

S’aidant de ses pattes et de son appendice, il se projeta hors de l’eau, attrapant le bois de l’embarcation de la Sanderrienne qui naviguait entre les îles de l’archipel. Les crocs de l’animal plongèrent profondément dans la structure, ses yeux se posèrent alors sur sa proie, elle l’avait manqué au premier essai, elle attendrait quelque temps avant de recommencer son assaut. Malheureusement pour elle, elle n’en aurait pas l’occasion, la jeune femme s’était endurcie durant ses voyages et ça n’était plus la peur qui la figeait sans qu’elle ne puisse rien faire. Ce sentiment était devenu un moteur, qui la faisait réagir, bouger et attaquer plus vite qu’avant, son instinct de survie, c’était affûté avec le temps.

Elle dégaina Libertalia de son fourreau de cuir et frappa d’un mouvement descendant, un léger sifflement s’éleva dans les airs alors que le fil de la lame fendait l’air. Le coup ne tua pas la créature, pourtant son cuir épais, composé de sa peau et de ses écailles, éclata et l’os de sa boite crânienne vit le jour, sans demander son reste, le reptile repartit bredouille, une blessure en prime. Pourtant, il était tombé sur une personne un peu trop curieuse pour sa propre survie.

La chasseresse de primes sauta sur le dos de l’attaquant, bien décidé à le finir, pour la seule et bonne raison, qu’elle n’avait jamais manger de crocodile, et qu’il ne fallait surtout pas finir stupide sans avoir goûté, et puis il était lumineux, elle devait vérifier si la chair l’était aussi. Si c’était le cas, elle pourrait sûrement trouver une idée pour créer un plat qui mettrait en valeur l’éclat de la viande du reptile.

À califourchon sur le dos de la créature, elle sortit aussi Coupe-Faim, qu’elle n’avait encore jamais utilisé en combat, et attaqua en piqué avec la pointe de la lame sur le sommet du crâne du carnivore. Son aspect était cauchemardesque, ses longues dents, ses yeux globuleux fendus de noirs, mais elle ferma les yeux tout en attaquant et en voyant que son couteau d’office atteignait sa cible. Elle n’en avait jamais eu la confirmation, mais le forgeron qui lui avait vendu, lui avait affirmé qu’il avait un tranchant redoutable, sans même qu’elle ne s’en rende compte, le wakizashi atteignit le cerveau de la créature et lui fit rendre l’âme.

S’attendant à devoir faire un rodéo comme lors de son affrontement avec la loutre des marais, elle avait resserré le plus fort possible ses jambes autour du ventre écailleux du prédateur qui coula aussi vite qu’elle avait sauté sur lui. Ne s’y attendant pas, elle se fit entraîner par le fond, c’est quand ses pieds et ses genoux touchèrent le mélange de vase et de sable, qui reposait au fond du canal, qu’elle comprit que le combat était fini avant d’avoir commencé. Elle rengaina lentement à cause de la résistance de l’eau ses armes dans leurs fourreaux puis passa ses bras sous les pattes de la bête morte et poussa avec ses jambes pour remonter à la surface.

Il lui fallut une bonne trentaine de minutes pour hisser, ce qui serait un morceau de choix pour fêter son retour au galion, dans son embarcation, où elle était maintenant très clairement à l’étroit. Elle se dit qu’elle pouvait encore se débarrasser du cadavre, un autre crocodile pourrait le manger, ou encore d’autres prédateurs ou charognards. Elle allait tenter comme ça pendant quelques heures et si ça n’allait pas, elle le mettrait par-dessus bord, tant pis pour les escalopes de crocodiles à la crème et au luminou.

Sinon, elle n’était pas encore trop loin de l’Iceberg, elle pouvait encore faire demi-tour, non, elle se devait de continuer, pour ne pas faiblir et renforcer sa volonté, revenir au bout de quelques heures bredouilles à part un cadavre de reptile, ça n’était pas son but, elle reprit les rames, en mettant la bête le plus loin possible d’elle et en attrapant le bois, elle poussa fort et continua son chemin dans le labyrinthe que représentait l’archipel.

Suivant le cours de l’eau, elle se retrouva devant son premier embranchement, à gauche ou bien alors en face, n’écoutant que son instinct, elle prit à gauche et après environ deux cents mètres, se retrouva dans un cul-de-sac. Elle repartit dans l’autre sens en se morigénant d’avoir perdu du temps, quelques minutes plus tard, elle se retrouva de nouveau au croisement et partit en face d’elle, la droite quand elle était passée la première fois. Le chemin s’élargissait, la mer reprenait ses droits, face aux îles rapprochées de l’archipel et l’aventure continuait après cette mésaventure.
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Le bras de mer entre les différentes îles de l’archipel tropical n’aidait pas la jeune femme à s’orienter, le brouillard s’était légèrement levé et elle pouvait maintenant apercevoir ce qui se passait à plusieurs dizaines de mètres devant elle. Pourtant, sa vision était très vite gênée par la lumière ambiante qui se réfractait sur les gouttes d’eau en suspension dans l’air, des petits ouistitis se balançaient d’arbres en arbres ou l’observant passer devant eux, ne sachant s’ils devaient s’enfuir ou tenter de l’atteindre.

Soit, elle continuait tout droit, ou elle bifurquait légèrement vers la gauche, elle ne perdrait pas vraiment son chemin, le seul chemin qu’elle pouvait suivre s’élargissait encore tout simplement. Elle se rapprocha de la plage devant elle, mais aucun signe d’une activité étrange qui absorberait la lumière ambiante. Ce qu’elle pouvait entendre était un bruit sourd, comme si une énorme masse se posait sur le sol, elle avait connu ça sur Sanderr, quand plusieurs yacks courraient ensemble, peut-être qu’un troupeau de créatures sauvages galopaient ?

Elle chercherait plus exactement d’où venait la source du bruit, mais pour l’instant elle se trouvait au milieu d’un lac avec un calme plat, elle tira de nouveau sur ses rames pour se propulser vers sa droite, se dirigeant vers la gauche du lac. Elle tourna encore et encore, ne trouvant aucun nouvel embranchement pour continuer sa route sans revenir sur ses pas, elle n’avait plus aucun repère, mis à part le bras de mer où elle était arrivée, encore une impasse ? Elle regarda à droite et à gauche pour chercher un signe, n’importe quoi, qui lui permettrait de ne pas revenir en arrière, ce qui selon elle serait un petit échec.

Un arbre abattu depuis plusieurs semaines barrait un canal à peine visible, des branches, feuilles et autres lianes et mousses cachait le nouveau chemin qu’aurait pu suivre la Sanderrienne qui se dirigea vers lui en le repérant. Elle devait maintenant se débrouiller pour réussir à passer à travers la végétation, Robina prit la corde attachée au nez de son canot et sauta à l’eau, le niveau lui arrivait jusqu’à la taille, juste sous sa poitrine et se dirigea vers l’arbre tombé au sol.

Attachant le morceau du cordage sur une branche, elle remonta à la surface, ses vêtements collaient à la peau, elle allait devoir cependant prendre sur elle et vivre avec jusqu’à rentrer sur l’Iceberg, elle se changerait cependant après avoir finis toute sa manœuvre. Se cabrant en arrière, elle rapprocha peu à peu son embarcation d’elle, elle ne s’était pas attendue à devoir tirer ou pousser cette dernière avec le cadavre d’un crocodile dedans, ça pesait un âne mort, devait-elle l’oublier et faire une croix sur le festin ?

Cependant, avec le poids que pesait l’animal, elle réalisa que son esquif pouvait se glisser sous le tronc, elle tira longuement sur la corde, la faisant tomber dans l’eau, mais l’étrave ne passait pas à quelques millimètres. Elle récupéra le chanvre et retourna à la surface, elle chercha pendant un petit instant un arbre assez large et vieux pour ne pas se briser avec la force qui allait s’exercer sur lui, il ne lui fallut pas longtemps pour trouver chaussure à son pied. Elle fit un système de poulies pour faciliter la traction et le passage. Posant ses pieds sur la terre, le sable, la vase et la boue, tout cela mélangé, elle tira sur le lien de toute ses forces, sentant dans les vibrations que le bois raclait l’écorce de l’arbre, elle continua à se frayer un chemin.

Elle essuya la sueur de son front, tout en vérifiant comment avançait son entreprise, il ne restait plus que le gouvernail, il se trouvait à la même hauteur que l’avant du canot, il allait donc falloir faire un dernier effort. Plus vite et plus facilement que la première fois, elle finit de faire traverser la nacelle et remonta à l’intérieur. Elle se changea rapidement, non pas qu’elle était pudique en pleine nature, mais être dans le plus simple appareil n’était pas à son goût.

J’espère que ça en vaut le coup, je crois que je viens de détruire mes bottines.

Alors qu’elle pensait à voix haute, elle remit les rames de sa barque dans l’océan qui s’engageait dans ce canal étroit avant de s’élargir rapidement, tournant déjà vers la droite à tout juste une vingtaine de mètres. Ce fut à cet instant que la jeune femme aux cheveux bleus se rendit compte que la nature s’était tu tout autour d’elle, les oiseaux, singes et autres animaux de la forêt de l’Archipel aux Éveillés n'émettaient plus aucun son.

La tension s’emmagasinait alors qu’elle continuait son chemin, seul le bruit de l’eau qu’elle déplaçait avec ses pales brisait la monotonie. Soudainement, la nature reprit son cours dans une explosion de cris et de galopades, une attaque surprise sur la chasseresse venait d’être lancée, une pointe d’eau à haute pression la visa et elle ne dut sa survie qu’en plongeant dans l’eau de mer. S’approchant le plus silencieusement possible de son canot, elle se hissa à l’intérieur pour faire faire à un homme-poisson anguille, sûrement celui dont lui avait parlé le chasseur de tortues plus tôt dans la journée.

Fais demi-tour et rentre chez toi. Ce qu’il y a devant est à moi petite.

Et pourquoi ça ? Je ne crois pas qu’il y ait votre nom écrit dessus.

Peut-être pas encore, mais ça ne va pas tarder. Alors dégage avant que je ne te fasse du mal.

C’est vous qui allez partir. Et vous allez comprendre que je ne suis pas une petite fille gâtée.

D’un mouvement des pouces, elle défit les lanières de cuir qui retenaient les deux armes qu’elle portait dans le creux de son dos et s’arma dans une prise inversée de ses deux meitous. S’il voulait la guerre, il allait l’avoir, elle n’allait pas se laisser marcher sur les pieds.
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Robina se vit alors attaquer sur la droite, le trident dont s’aidait son adversaire fit un arc de cercle dans sa direction, créant une lame aquatique qui remonta en affrontant la gravité pour venir faucher le flanc de la cuisinière. Ça n’était pas une attaque mortelle, l’homme-poisson voulait juste mettre hors d’état de nuire sa concurrente dans la course qu’ils avaient commencé tous les deux. Le regard de l’anguille face à elle restait clair, aucun éclat malsain, comme ce qu’elle avait pu voir dans les yeux de Mayaku ne se trouvait chez lui, il cherchait juste à se faciliter la tâche, ça n’était pas pour autant qu’elle allait lui rendre cela facile.

Elle plongea alors dans la mer, le froid s’enveloppa alors qu’elle sortait ses lames de ses fourreaux d’un geste ample. La cuisinière se trouvait maintenant dans l’élément de son adversaire, d’un puissant coup de paume ascendant, il fit sauter la pauvre dame d’un geyser salin qui la fit sortir de sa relative protection. Dans les airs, elle se retrouva à tourner dans tous les sens, perdant ses repères. D’un mouvement rapide de son trident couplé à son karaté aquatique, Rupert de son vrai nom, attaqua frontalement la Sanderrienne d’un marteau d’eau.

Au détour d’une pirouette qui lui aurait valu la victoire au concours de patinage artistique des jeux de la Nuit de l’Etoile de Givre, elle aperçut ce qui lui arrivait dessus, n’écoutant que son instinct, elle croisa ses lames devant elle et attendit l’impact. Ce dernier ne se fit pas attendre, et malheureusement pour la chasseuse de primes, elle la frappa de dos. Son mouvement ne s’était pas arrêté et elle se voyait maintenant voler en direction de la terre ferme à une vitesse qu’elle n’avait encore jamais atteinte. Elle se fit arrêter par un mur de branches ainsi qu’un tronc, elle vida alors ses poumons en un instant, perdant son souffle, elle tenta tant bien que mal de le reprendre alors que l’homme se rapprochait d’elle.

Tu n'as rien à faire ici, rentres chez toi, je suis le plus fort de nous deux. C’est mon élément !

Il posa alors son regard sur le visage de la jeune femme, elle ne semblait pas l’entendre, sonnée, elle avait la sensation d’être sous un rocher et que tout était très loin d’elle, retrouvant sa respiration, le voile qui s’était abattu sur son esprit se leva. Les paroles de son rival se frayèrent un chemin jusqu’à son cerveau jusqu’alors amoindri par le manque d’oxygène, elle récupéra ses lames et les rangea, non elle n’avait pas jeté l’éponge, mais il fallait faire comprendre le message à son antagoniste. Serrant les poings, elle ne montra rien et sans prévenir bondit sur l’anguille surprise et fit remonter son poing dans l’abdomen de son adversaire.

Profitant de l’effet, elle continua à pilonner sans s’arrêter son torse, sentant ses doigts lui faire mal alors qu’elle ne s’arrêtait pas de pilonner son corps de coups. Elle inspira pendant un plus long moment, s’en trouvant à court après cette décharge d’énergie sur cet homme qui lui barrait le chemin. Il en profita pour bondir en arrière, s’aidant de sa capacité à maîtriser l’eau ainsi que l’intervalle qui s’offrit à lui par l’ouverture que lui donnait le manque d’air de la capitaine.

C’est la seule et unique fois que tu me manques de respect.

Il planta son arme dans le mélange vaseux du fond du canal, fit craquer ses poings avant de faire rouler ses épaules et de récupérer son trident. Une petite mise en scène pour dire à sa concurrente qu’il comptait être sérieux cette fois-ci, ce qu’elle ne se fit pas dire deux fois, elle partit en courant sur la terre ferme, là où elle pourrait se cacher des attaques aqueuses de son ennemi. Elle sortit aussi ses deux armes de leurs fourreaux de nouveau et vérifia sa prise en main, pour être sûre de ne pas les lâcher lors du moment fatidique.

Vous savez, nous ne sommes pas obligés de nous battre. Nous pourrions tout simplement continuer notre chemin chacun de notre côté, sans se battre.

Pour que vous me voliez ce qui se trouve devant nous ? Non merci. Il sera à moi et à personne d’autre. Et quoi que ce soit, ça doit valoir de l’argent, assez pour vivre des jours heureux sans se poser de questions le reste de sa vie. Alors bas les pattes et allez vous trouver autre chose.

Je ne vole personne ! Si l’un d’entre nous le récupère en premier ça sera au mérite !

Vous allez surtout repartir d’ici et me laisser tranquille !

Les muscles de ses bras se contractèrent et sous l’effort, une immense masse d’eau se souleva du bras de mer pour se transformer en une vague qui s’écrasa sur la végétation alentour. Protégée par la densité végétale qui se trouvait tout autour d’elle, elle n’eut que la force de l’impact qui lui ébouriffa les cheveux, il recommença son action cherchant à détruire dans un grand périmètre plutôt qu’à véritablement trouver sa challengeuse.

Les plus jeunes arbres se retrouvèrent vite déracinés ou brisés, un palmier derrière lequel elle se trouvait ne semblait pas avoir bougé d’un iota, et un calme s’installa, l’homme-poisson reprenait son rythme et se calmait après avoir fait exploser sa rage. Elle devait en profiter pour passer à l’offensive, surtout qu’il était à peine à deux mètres de la rive où elle se trouvait, si elle faisait vite, elle pourrait l’atteindre avant qu’il ne relance une vague d’assaut. Elle prit appui sur sa jambe gauche et fusa jusqu’à l’anguille qui bloqua Libertalia dans sa main gauche avec son trident et attrapa la main qui saisissait Coupe-Faim.

Tu crois pouvoir me vaincre ? Moi, un homme-poisson, en pleine mer ? Tu es folle !

Si je suis folle, alors j’en suis heureuse !

Elle partit en arrière et frappa avec son front le lui fort possible dans le nez du combattant adverse, sonné, il relâcha légèrement la pression sur le poing droit de la commandante qui se dégagea d’un geste vif.

Paleron.

L’épée courte passa sans résistance dans le muscle de l’homme, il se retrouva alors dans l’impossibilité de lever le bras, le mettant dans une mauvaise situation, pourtant, il ne lâcha pas l’affaire, d’un geste sec, il dégagea son trident et partit d’un geste ample pour décapiter Robina. Maintenant, en situation de supériorité physique, ayant toujours l’usage de ses deux bras, elle bloqua l’arme faite de laiton en croisant ses deux sabres devant elle et se baissa pour la faire glisser au-dessus.

Jumeau.

Macreuse.


Successivement, les deux meitous tranchèrent dans le biceps et dans le triceps de Rupert qui se retrouva dans l’impossibilité de tenir son arme ou de la soulever.

Maintenant, que tu ne peux plus combattre, à moins que tu ne veuilles utiliser tes pieds, je te conseille de rentrer au village.

Sale, petite peste, tu me le payeras.

Je ne t’ai rien fait de mal et nous avons chacun de notre côté tenté de découvrir ce mystère, si tu penses que je vais abandonner parce que toi, tu le voulais, tu te mets le doigt dans l’œil.

Et tu vas me laisser comme ça ?

C’est toi qui m’as attaqué en premier, je ne te dois rien, c’est de ta propre faute que tu es dans cette situation, débrouille-toi pour rentrer.

Sans se retourner, elle remonta dans son embarcation qui avait dérivé un peu plus loin et reprit ses rames pour continuer son aventure, elle sentait qu’elle n’était plus très loin du but.
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Laissant Rupert derrière elle, Robina plongea de nouveau ses rames dans l’eau de l’océan et se propulsa un peu plus loin sur le chemin, quelques minutes après avoir perdu de vue son adversaire, elle se retrouva face à l’immensité bleue de la mer. Le brouillard continuait à diminuer peu à peu et elle put distinguer un peu plus loin un passage qui s’enfonçait de nouveau entre les îles de l’archipel, perdu seulement un bref instant, elle s’arrêta pour prendre un léger repas, quelques tranches de viande séchée qu’elle découpa à même l’os, quelques légumes au vinaigre et un luminou qu’elle cueillit dans les alentours.

Le calme après la tempête, comme disait le dicton, elle profita de ce doux instant, pas de responsabilités, d’ordres à donner, de cuisine à faire pour quelqu’un d’autre quelle même. Elle souffla, elle n’avait rien de grave, mis à part quelques bleus et ecchymoses, tout rentrerait dans l’ordre dans quelques jours avec les soins du docteur Apolo, ce vieux monsieur lui plaisir, toujours là pour aider l’entièreté de l’équipage, de jour comme de nuit.

Elle sourit en sachant déjà ce qui allait se passer quand elle reviendrait, le sergent Lanch demanderait qu’elle prenne du repos et reste dans sa cabine, le docteur courrait partout avec sa trousse de médecine pour vérifier que tout va bien et Fang, comme à son habitude voudrait récupérer ses meitous, pour les mettre en lieu sûr, comme il le disait si bien. À peine quelques semaines qu’ils vivaient ensemble et déjà, elle le considérait comme sa famille, un peu étrange, voir carrément bizarre, mais ils étaient un peu à elle, et elle à eux.

Après cette petite pause, elle reprit les pagaies et d’une puissante impulsion se retrouva à s’engager de nouveau à l’intérieur des terres, elle suivit sans un bruit le rebord de l’îlot qui la guidait vers le cœur de l’île, le mont volcanique. Un courant léger commença à opposer une résistance à la cuisinière qui rajouta de l’énergie pour contrer la force de l’onde, soudain l’étrange phénomène absorbant la lumière ambiante commença, elle se rapprochait de son but, redoublant d’efforts, elle fit un tour avec ses avirons et s’approcha encore.

Allez Robi, tu touches au but, tu n’en as plus pour très longtemps et après, tu rentres. Comme ça mission accomplie et tu pourras repartir vers de nouvelles aventures. En plus, tu dois aller à Whiskey Peak suite à la prime que tu as attrapé, il faut que tu fasses vite.

Le courant se calma alors qu’elle arriva sur un lac, serein, une feuille tomba lentement sur sa surface, ridant l’onde, ce moment en dehors de la temporalité rappela qu’elle n’était pas grand-chose dans l’immensité de la nature qui l’entourait. Elle se rendit compte alors qu’un bruit sourd s’élevait tout autour du lac, il était régulier, parfois plus puissant, mais c’était toujours le même timbre, comme une percussion qu’on frappait encore et encore sans s’arrêter, plusieurs joueurs frappant en même temps à intervalle régulier.

Elle tourna la tête à droite comme à gauche, mais aucun signe d’où pouvait venir ce son si puissant, puis elle vit des hautes herbes tout autour des rives frémirent puis bouger, les créatures sauvages n’émettaient pas un son, à part les centaines de sangliers qui venaient de faire leur apparition. Sans le savoir, plusieurs centaines de créatures porcines s’étaient regroupées autour de la chasseuse de primes, ils la regardaient en émettant de puissants grognements, frappant le sol de leurs sabots comme s’ils voulaient charger, pourtant, ils ne faisaient rien à part l’observer.

Lentement, la jeune femme rapprocha ses mains de ses armes, quitte à mourir, elle le ferait en se battant jusqu’au bout, pourtant, une vibration puissante se propagea de la terre pour atterrir dans l’eau et arriver jusqu’à l’embarcation. Dans un rythme régulier, un bruit puissant se répercuta dans les airs, les oiseaux restèrent perchés sur leurs branches, les porcidés sur la rive, et même quelques macaques se balançaient tout en regardant la Sanderrienne qui leur rendait leur regard.

En cet instant où la jeune femme aux cheveux bleus observait la nature, la vie sauvage lui rendait la pareille en la regardant en retour. Puis vient le seigneur de l’Archipel aux Éveillés, un sanglier titanesque d’environ vingt mètres de haut, les arbres les plus jeunes ne lui arrivaient même pas au niveau du ventre. Elle n’avait pas remarqué avant, mais le phénomène qui absorbait la lumière, venait du haut du crâne du sanglier géant, enfin d’animal, il n’avait que l’aspect général.

Son corps était recouvert d’une écorce épaisse et rugueuse, remplaçant le cuir de la bête, plus résistante, ses poils n’étaient plus visibles, remplacés par des hautes herbes, ainsi que des arbres qui poussaient le long de son échine. Il riva alors ses yeux sur l’humaine qui lui faisait face, ses sabots, comme des morceaux d’obsidienne plongèrent dans l’eau, la nuit tomba autour de Robina alors que la bête majestueuse se rapprochait.

Pas de gestes brusques, tout va bien se passer, on va juste attendre qu’ils aient finis et puis je partirais, ce phénomène obscur n’est pas si intéressant après tout.

Un mensonge éhonté, elle le savait, mais c’était plus pour se rassurer elle-même face à cette situation qui n’avait rien de commun, que pour raconter de billevesées. Pourtant, aucune agressivité dans l’attitude du géant végétal, de petites graines tombèrent dans son sillage, des lotus s’ouvrirent presque instantanément. Le lac se recouvra d’une couleur rose pale tandis que la bête noire se retrouva à avancer dans le fond vaseux du lac, le doyen animal de l’île ne semblait pas vouloir s’arrêter, son iris plongeant dans ceux de l’humaine.

Sans le savoir, elle ne faisait plus attention à autre chose à part le sanglier, la nuit était tombée autour d’elle, pas la vraie, elle ne pouvait pas voir les étoiles, les créatures de la nuit, mais l’obscurité était tombée sur elle et les alentours, lui rappelant ce qu’elle n’avait pas connu depuis plusieurs jours. Le colosse plongeait à plus de la moitié de son corps sous la surface, sa mâchoire inférieure dans les profondeurs alors que les défenses, que la cuisinière avait l’impression qu’elles étaient faites de bois, perçaient l’horizon de l’eau. Il se stoppa devant la jeune femme, à quelques centimètres de son canot, lui faisant face.

Écrasée par la majestuosité du Doyen végétal, elle regarda avec crainte, et l’esprit rempli d’étoiles, en se demandant tout ce qu’elle pourrait découvrir sur la route de tous les périls, elle venait d’y arriver et déjà un sanglier géant, que se passerait-il à la prochaine ?

Le souffle chaud et puissant de la bête ébouriffa les cheveux de la jeune femme alors qu’elle se sentait calme face à lui, elle avait eu peur pendant toute sa traversée, mais de le voir maintenant si proche et si calme, la faisait réfléchir son état d’esprit, comme un miroir. Une sérénité qui l’enveloppa, alors que ses mains s’éloignaient de ses armes et qu’elle tendit le bras gauche vers la truffe recouverte d’écorce de la bête noire.

Le colosse ne s’approcha pas, cependant, il ne recula pas non plus, il resta là sans bouger alors que la jeune femme s’approchait et qu’elle posait sa main sur son museau, une nouvelle vague d’air chaud décoiffa la jeune Sanderrienne alors que la créature expirait. Les plantes prenaient racine dans le fond du lac alors que la bête s’était arrêtée, sa capacité naturelle à donner vie aux végétaux lui faisait propager la vie partout où il passait, au moment de cette rencontre, un arbre poussait en plein milieu du lac, des luminous commençaient déjà à pousser sur ses branches, les fruits étaient gorgés de soleil et de jus, la jeune femme en aurait mis sa main à couper.

Mais à cet instant, c’était l’amour-en-cage qui absorbait la lumière autour de lui qui intéressait la jeune femme, elle ne voulait cependant pas s’approcher plus, elle savait que cela aurait été un péché d’orgueil que de vouloir monter sur le phénomène naturel. Comme s’il avait entendu ses pensées, il passa sur la droite de la femme et pencha la tête dans sa direction, le fruit, pas plus grand que sa paume se trouvait maintenant à sa portée, il lui suffisait de tendre sa dextre. C’est pleine d’appréhension et d’excitation qu’elle tendit la main pour s’emparer de l’objet de sa convoitise, qui se décrocha délicatement pour rouler dans le creux de sa paume.

Comme si tout était fini, les animaux recommencèrent à vivre et les bruits de la nature reprirent leur symphonie, alors que le doyen des animaux et de la nature sauvage quittait le bassin, il se retourna et plongea ses yeux de nouveau dans ceux de la cuisinière. La voie des aliments l’avait mené jusqu’à lui, et lui jusqu’à elle, il rentrait maintenant dans sa tanière, près du volcan, et un jour, cette femme le cuisinerait peut-être pour rendre son dernier souffle tout en étant délicieux comme il devait l’être.
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Le voyage de retour se fit en deux jours, la journée avait déjà bien avancé lorsque Robina avait cueilli le fruit des ombres, la lumière ambiante se retrouvait absorbée par la baie minuscule emprisonnée dans son cocon végétal. Elle n’y avait presque pas touché, par peur de l’abîmer avant de revenir à l’Iceberg, elle l’avait mis dans une petite boite en osier, lui faisant un petit nid avec une des couvertures que l’équipage avait mis au cas où, si elle avait froid. Mais ici, sur l’Archipel aux Éveillés, la température ne descendait jamais en dessous de vingt degrés, elle avait donc juste planté sa tente et installer sa moustiquaire tout en gardant le panier près d’elle pour la nuit.

Elle arriva le lendemain dans la matinée, son arrivée avait été attendu dans l’appréhension, l’obscurité avançait et les plus superstitieux avaient voulu mettre les voiles en se disant qu’un esprit venait pour voler leurs âmes et les amener en enfer. Elle remonta à l’échelle de corde, son panier contenant le fruit du démon sous le bras, elle se retourna alors vers son second qui la regardait, soulagé de la voir saine et sauve en un seul morceau.

Capitaine, c’est un plaisir de vous revoir !

Plaisir partagé maître Lanch. Faites remonter le canot ainsi que ranger les denrées qu’il reste à l’intérieur.

Bien madame ! Puis-je vous poser une question ?

Allez-y, je pense que vous n’avez plus besoin de demander la permission pour dire ce que vous pensez.

Eh bien, ce genre de chose, ça coûte une petite fortune, madame, vous comptez en faire quoi ?

Mais le cuisiner bien sûr ! Quelle question ! Bon… C’est vrai que je vais devoir le goûter avant, pour savoir comment faire. Cependant ! Je ne m’arrêterais pas avant d’avoir réussi à donner un bon goût à celui-ci.

Vous savez que vous ne pourrez plus nager ?

Oui, j’en ai entendu parler.

Et que votre pouvoir est complètement aléatoire ?

Je sais.

Pourquoi ne pas laisser quelqu’un le goûter avant pour que vous n’ayez pas ces inconvénients ?

Pour que mes obligations retombent sur les épaules de quelqu’un d’autre ? Il fait peur, je le vois dans l’attitude de tout le monde, je ne vais pas forcer quelqu’un à le faire à ma place.

Mais…

Et je sais, si je dois me transformer en escargot, et bien, qu’il en soit ainsi.

Très bien, je respecte votre décision.

Merci. Je vais en cuisine et qu’on ne me dérange pas !

Les fourneaux se trouvaient au premier pont inférieur, elle rentra par la porte sur sa droite, descendant les escaliers et se retrouva dans son royaume à elle, elle y déposa son panier à côté de la planche à découper et souffla. Elle appréhendait le moment où elle allait devoir goûter le fruit, elle n’avait déjà pas énormément de matière, elle aurait pu le gober, à peine la taille d’une tomate cerise, cependant, il fallait bien y passer, pour un travail délicat, elle dégaina Coupe-Faim et d’un mouvement fluide, fit tomber les feuilles du petit Physalis.

Il restait une petite baie noire, qui absorbait la lumière ambiante, pas complètement cependant, elle arrivait à percevoir tout ce qui l’entourait, comme si les lumières étaient tamisées, un voile noir s’était installé dans la pièce. Les moussaillons s’étaient amassés autour de la porte, tentant de savoir ce qui se passait derrière le battant fermé, le sergent Lanch ne disait rien, laissant ses subordonnés lui apporter tout nouvel événement dès qu’il surviendrait.

Apolo, rapportez-moi tout changement ! Les autres au travail ! On doit préparer le départ pour notre prochaine destination !

Elle pouvait tout entendre de ce qui se passait à l’extérieur de la pièce, et sourit à l’idée de se faire espionner par l’équipage entier, ils se faisaient du souci pour elle, malgré le fait que ce petit fruit ne leur inspirait que de la peur. Elle continua son travail en débarrassant les feuilles fines dans une poubelle, il ne restait plus que la baie pas plus grosse qu’une tomate cerise sur la planche de bois, l’épée courte qu’était Coupe-Faim se rapprocha et sans effort mordit dans la chair juteuse pour le fendre en deux.

Le front de la cuisinière se remplit rapidement de sueur, elle n’avait jamais travaillé quelque chose d’aussi cher, puissant et surtout rare, elle rapprocha une nouvelle fois le fil de la lame et découpa des quartiers, elle se retrouvait maintenant avec quatre morceaux, pourtant elle n’aurait que trois essais. En effet, avant de savoir comment elle devait le préparer, elle devait le goûter, et pas rapidement, elle allait devoir analyser ce qui n’allait pas, pour réussir à masquer, voir annuler les différentes mauvaises saveurs. Prenant un morceau, elle le mit en bouche et croqua dedans avant de mastiquer longuement pour décortiquer les goûts qu’elle ressentait.

Alors :
Un goût puissant qui attaque tout de suite la langue, acide, du citron ou de l’orange, mais sans le côté acidulé de l’agrume.
Une saveur de moisissure, de champignon, comme si le fruit avait pourri alors qu’il est frais.
Ensuite, vient une amertume, plus légère, peut-être du chou ou bien de l’endive, vraiment pas terrible.
Et ça se finit par un goût métallique, comme si je mettais un couteau en acier dans ma bouche.


Elle réfléchissait à voix haute, et sans même le savoir, elle avait déjà avalé les quatre morceaux, absorber dans son analyse, elle avait mangé en entier les quatre morceaux, une transformation physique s’était passée lors de son absorption. Elle ne s’en était pas rendu compte alors que la lumière était très basse, mais ses mains étaient devenues noires comme le charbon, en le constatant, elle se dit que du jus avait dû l’éclabousser sans qu’elle ne fasse attention. Elle tenta longuement de se laver les mains, et les avant-bras, mais la couleur ne voulait pas partir, peut-être un colorant naturel puissant qui avait taché sa peau ? Cela partirait avec le temps, elle en était sûre.

Sortant de la cuisine, elle croisa Apolo qui la regarda avec de grands yeux.

Qu’est-ce qu’il y a Apolo ? Quelque chose ne va pas ?

Non... Enfin si ! Vous allez bien capitaine ?

Parfaitement en forme. Malheureusement, le fruit était trop petit, le temps que j’analyse ses saveurs, il n’en restait plus, nous allons devoir en trouver un autre pour que je puisse le cuisiner.

Bien… Bien sûr.

Se sentant pleine d’énergie, le sourire aux lèvres, elle sortit à l’air libre, l’équipage était absorbé par les taches avant le départ, la remontée du canot, ranger les provisions, la tente et autres corvées. Elle remonta au poste de navigation où se trouvaient Fang Shui et le sergent Lanch.

Messieurs, le départ se fera donc demain. Je n’ai pas pu cuisiner le fruit du démon, mais au moins, je l’ai analysé, ce qui en soi est une bonne chose.

Capitaine ?

Oui ?

Pourquoi vos cheveux sont blancs ?

Blancs ?

Oui, vos cheveux sont devenus blancs, et vos yeux jaunes.

Quoi, mais qu’est-ce que vous me racontez ? C’est une blague, c’est ça ? Si c’est le cas, elle est de très mauvais goût !

Si vous ne me croyez pas, regardez par vous-même !

Elle attrapa une de ses nombreuses mèches de cheveux et se retrouva avec une poignée blanche comme la neige. Elle en prit d’autres, encore et encore jusqu’à voir que l’entièreté de sa tête était maintenant recouverte de cheveux blancs.

Le fruit m’a transformé en grand-mère, c’est ça ?

Non, absolument pas. Vous êtes toujours aussi jeune, c’est juste que vous avez changé d’aspect physique, et comme le disait il y a quelques secondes le sergent Lanch, vos yeux aussi ont changés de couleur.

Mes yeux ?!

Elle se précipita dans sa cabine pour se regarder dans le miroir et alluma la lumière pour se détailler sous tous les angles, pour ne pas reconnaître la personne qui se trouvait en face d’elle.

De longs cheveux blancs, des yeux du même jaune que certains chats, les mains noires comme du charbon, dégageant une fumée ombreuse à chacun de ses mouvements, elle hurla en voyant qu’elle ne ressemblait absolument plus à ce qu’elle était avant. Qu’allait-elle faire maintenant, se teindre les cheveux ? Elle n’en savait rien, mais elle ne comptait pas se laisser abattre pour si peu, son regard se fit plus ferme et elle sortit en dehors de ses appartements pour de nouvelles aventures.
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