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Œil pour Œil...



Œil pour Œil


Flashback 1628
✘ Quête La Loi du Talion ~ Partie 1




La lumière qui perçait au travers des fenêtres, le chant des oiseaux matinaux, les clapotis de l’eau sous les sauts des poissons, le sifflement du vent dans les cimes et les bruissements des feuilles. Je me réveillais, bien reposé, dans ma chambre de ma maison ambulante. Je grommelais en me relevant en position assise, les ecchymoses de mon dernier combat encore bien présentes. Il faut dire que ma course poursuite avait été éprouvante, particulièrement l’affrontement contre le Colonel Jimenez qui, aussi résistant que de l’acier, n’avait pas été simple à repousser. Mais, à présent, tout allait bien. Grâce aux bêtes sauvages de la forêt, les troupes de la Marine lancées à ma recherche avaient été tenues à distance suffisamment longtemps pour me permettre de déplacer la maison biscornue jusqu’à une autre plaine dissimulée. Plus enfoncé dans le Mont Corvo, j’avais trouvé cet endroit bucolique au bord d’un petit étang, habité par de nombreux poissons.

Je me levais en baillant, gagnant le bar du rez-de-chaussée pour me préparer mon café du matin avant de remonter jusqu’à la chambre d’ami au second étage qui donnait sur le balcon. Je pris place dans ma chaise longue, m’allumant une des rares cigarettes que je fumais quotidiennement. Depuis que j’avais commencé mon aventure dans cette maison biscornue sur le dos de Borat, c’était devenu mon rituel du matin. Et, à présent qu’il s’était joint à moi, le petit chat noir Morpheo me rejoignait tout les matins en se lovant près de moi. J’admirais le paysage, alternant entre ma tasse de café et les volutes de fumée de ma cigarette. Pour une fois, Borat ne s’était pas enterré, le coin étant plus tranquille que le dernier en termes de prédateurs. Et sa taille imposante suffisait à faire fuir les quelques curieux qui s’approchaient du point d’eau. Allongé, ses pattes sous lui, le Grand Roi Cochon ronflait bruyamment dans un sommeil profond. La veille, j’avais découvert une pommeraie non loin et avais offert à mon ami pachydermique un repas de roi. La digestion aidant, l’immense cochon était partit pour une longue sieste.

Momo quitta le confort de mes jambes pour bondir sur la rambarde, puis sur le toit jusqu’à descendre au pied de la maison grâce à son agilité féline remarquable. Le chat se frotta plusieurs fois contre la tête endormie de Borat puis, n’arrivant pas à réveiller son ami, il partit au bord de l’étang pour observer les poissons, aventurant parfois sa patte dans l’eau pour tenter de les attraper. De mon côté, je finissais ma cigarette et mon café, repartant dans la maison pour faire mes ablutions quotidiennes.

Cela faisait déjà trois jours depuis le vol de la charrette remplie d’alcool, et c’était aujourd’hui que j’étais censé retrouver Jack à son bar. Sa part de la marchandise était à l’extérieur de ma maison, placée sur des planches et recouverte d’une bâche. Le tavernier ne connaissant pas ma planque, je devais le retrouver dans la basse ville avant de le mener jusqu’ici pour qu’il puisse embarquer sa part du butin. J’enfilais alors mes vêtements décontractés habituels, mon sweat à capuche, un pantacourt cargo noir pourvu de nombreuses poches, des baskets et ma casquette. Je me savais recherché et, dans le cas où je serais reconnu, j’embarquais avec moi quelques objets peu encombrants mais fort pratique.

Je quittais alors la maison, descendant au sol en glissant sur l’oreille de Borat comme si c’était un toboggan, ce dernier grognant légèrement dans son sommeil. Le petit chat noir vint alors se planter devant moi, me fixant intensément de ses yeux jaunes sauvages.

~ Meoow ? ~ fit-il en s’approchant, posant une patte sur mon pied en levant son regard vers moi.

« Non mon pote, pas aujourd’hui. Restes ici avec Borat, t’es chargé de sa protection et de celle de la maison, ça marche ? » lui dis-je en m’accroupissant, caressant sa tête gentiment.

Morpheo me répondit en fermant doucement les yeux de contentement, me donnant apparemment l’autorisation de partir sans lui, de ce que je comprenais en tout cas. Quittant alors les abords de la clairière, je m’enfonçais dans la forêt, m’arrêtant toutes les deux minutes pour m’assurer que j’étais sur la bonne route. Je n’avais pas un très bon sens de l’orientation mais, heureusement pour moi, j’avais repéré les lieux ces derniers jours et je savais à peu près quelle direction suivre pour atteindre le Grey Terminal. Cependant, n’ayant pas pu marquer le chemin de peur d’être pisté trop facilement par mes poursuivants de la Marine, je me perdis plusieurs fois avant de retrouver le chemin. Au sein du Mont Corvo, j’étais relativement à l’abri, les soldats n’étant clairement pas les bienvenus, autant pour les animaux sauvages que pour les réfugiés de la Révolte de Goa de 1625.

À l’approche de l’orée du Grey Terminal, je dus me cacher en grimpant sur la branche d’un arbre, une patrouille de soldats ne passant pas très loin de là. Je ne savais pas s’ils me recherchaient ou si c’était là une simple patrouille de routine. De plus, je m’étais servis d’un bandana pour me camoufler lors de mon larcin trois jours plus tôt, mais je préférais être prudent. Ainsi, j’attendis perché sur ma branche à les observer passer puis s’éloigner avant d’en descendre. La distance était assez grande jusqu’à Goa et j’avais plus de chances de croiser des patrouilles en me déplaçant à pieds. Enfin, tout cela était surtout une excuse pour tester cet objet que j’avais dans ma poche.

« Ce marchand était louche de toute façon, à tout les coups ça fonctionne pas son truc. » me dis-je à moi-même en sortant l’objet d’une poche de mon pantacourt.

On aurait dit une toute petite flûte, ou bien un long sifflet métallique. Selon les dires du marchand louche que j’avais rencontré près d’une semaine plus tôt, c’était un appeau capable d’attirer tout animal dans les parages pouvant servir de monture. Rien que la description était étrange, attirer un animal en particulier j’aurais compris, mais là c’en était presque magique. Amenant l’instrument à mes lèvres, je me mis à souffler fort dedans, aucun son ne parvenant à mes oreilles hormis celui de mon propre souffle.

« Ouais, j’me disais aussi. » soufflais-je, déçu.

Mais la déception fut de courte durée, des bruits de sabots résonnants déjà parmi les arbres, se rapprochant de plus en plus de ma position. Je balayais les environs du regard avant de l’apercevoir.  Ses sabots avaient ralentis leur galop, l’animal approchant désormais calmement en m’observant fixement. De longs bois d’un noir profond formaient une large couronne sur le sommet et les côtés de sa tête, une fourrure épaisse blanche seulement interrompue d’un cerclage de fourrure noire qui partait de son poitrail en entourant son corps, de longues et fines pattes se terminant en sabots. Un cerf, ou une espèce cousine bien plus noble et élégante. L’animal s’approcha jusqu’à s’arrêter à un mètre, baissant légèrement la tête en continuant de me fixer, comme pour m’inviter à le caresser.





« Je...je peux ? » dis-je surpris, commençant à approcher ma main de sa tête en observant ses réactions.

Aucun mouvement de recul, j’en conclus qu’il était d’accord et posais alors ma main entre ses bois d’ébène. Le cerf frotta sa tête contre ma main et se tourna alors de côté en me faisant quelques signes de tête. J’hésitais, comprenant ses intentions, mais toujours sous le choc que l’appeau ait fonctionné. L’animal était assez grand, presque autant qu’un cheval, mais beaucoup plus élancé et moins large. Je craignais que mon poids soi trop lourd pour lui, mais il semblait insister. Ainsi, je montais finalement sur son dos, non sans quelques inquiétudes, et le cerf majestueux ne broncha pas d’un poil. Il se contenta de tourner la tête vers moi, attendant visiblement quelque chose.

« Tu veux savoir par où aller, c’est ça ? » demandais-je, pointant alors un doigt dans la direction de Goa. « En avant toute ! » m’exclamais-je alors, comme un aventurier en quête d’un trésor.

Sur ces mots, les sabots du cerf grattèrent le sol avant qu’il ne s’élance d’un bond dans la direction indiquée. Pas le moins du monde gêné par mon poids, il fonçait à toute vitesse, atteignant en un rien de temps les terres brûlées du Grey Terminal. La cendre mêlée à la terre se soulevait en un petit nuage sur le passage du cerf. Je m’étais fermement accroché à sa fourrure, secoué par la vitesse et les bonds de la monture. Nous traversions ainsi cette zone désertique, entre les gravats et les montagnes de déchets, les rayons du soleil se reflétant sur la tôle froissée, vestiges des bidonvilles qui étaient là autrefois. Je ne comprenais toujours pas pourquoi cette zone n’avait pas été déblayée en trois ans.

Dès que j’apercevais des patrouilles de soldats au loin, j’indiquais une nouvelle direction à la magnifique créature. Juste devant moi, les bois d’ébène, aussi pointus que des lames, bougeaient de haut en bas au rythme de la course du cervidé. C’était vraiment un animal extraordinaire, tant par sa beauté que par ses prouesses physiques. Malgré mon mètre quatre-vingt, l’animal ne ralentissait pas et continuait sa course inlassablement. Sa vitesse était également impressionnante, surpassant probablement celle d’un étalon entraîné à la course.

Finalement, nous arrivions en vue des murs de Goa, ces immenses remparts qui entouraient la ville, de près de trente mètres de haut. Arrêtant ma monture à distance des portes, au couvert d’une colline de gravats calcinés, je descendis de son dos pour venir lui faire face en lui grattant le dessous du menton, plantant mes yeux profondément dans les siens. Une lueur d’intelligence illumina son regard tandis que je lui souris.

« Désolé l’ami, mais nos chemins se séparent ici. » soufflais-je, un peu triste. « Ce trou à rat ne mérite pas une telle splendeur. » continuais-je sans arrêter mes caresses affectueuses. « Retournes dans la forêt, et n’aie pas peur si tu croises un cochon géant vert, il aura probablement plus peur que toi. »

Le cervidé se retourna alors après un dernier regard et repartit répéter la route que nous venions d’emprunter dans l’autre sens. L’observant s’en aller, je me détournais à mon tour pour prendre la direction des murs de la cité. Les portes étaient bien plus lourdement armées qu’à ma dernière visite, mis à part pour ma fuite lors de mon cambriolage où ils l’avaient barricadée, et cette présence plus importante avait sûrement un lien avec ce soir-là. Il faut dire que je n’avais pas fais dans la dentelle, j’avais explosé leur barrage et avais enfoncé leurs formations pour faire passer la charrette. Quoi qu’il en soit, passer par là était trop risqué, je ne voulais pas trop attirer l’attention et laisser la pression retomber pour qu’ils m’oublient et croient que j’avais quitté l’île.

Ainsi, je me mis à longer le rempart en observant les prises possibles afin de l’escalader. J’avais pris avec moi ce petit outil en forme de coquillage qui s’accrochait à la ceinture, encore un de ces objets vendus par ce marchand étrange encapuchonné. Trouvant chaussure à mon pied, j’ajustais le cordial en visant le rempart à mi-hauteur. Appuyant sur l’arrière du coquillage, un filet d’algue gluante fut propulsé par l’extrémité du coquillage, volant à toute vitesse dans l’air avant de se coller contre le mur. Tirant vers l’arrière pour assurer la prise, le câble commença à se rembobiner en me tirant peu à peu vers lui, de plus en plus fort jusqu’à ce que mes pieds quittent le sol. Projeté en direction du point d’accroche, je dus tout de même poser mes pieds plus bas sur le mur jusqu’à l’atteindre, m’accrochant alors du bout des doigts à une prise formée par une pierre qui ressortait légèrement du reste du rempart. L’algue dépassant du dial fut détachée, laissant quelques centimètres d’algue collées au mur pendre dans le vide à côté de moi. Affirmant ma prise sur le mur, je trouvais plusieurs trous entre les pierres ou même quelques espaces libre pour grimper jusqu’à atteindre le sommet. D’ici, j’avais une vue imprenable sur la ville et la tristesse qu’inspirait l’allure de la basse-ville.

Monter fut plus compliqué que redescendre du rempart et, sans perdre plus de temps, je m’enfonçais dans les rues en ruines. Ma capuche relevée sur ma casquette, je suivais les ombres des quelques bâtiments encore intacts ou auxquels restait quelques murs toujours debout. Cette partie de Goa était à présent peu habitée, la plupart ayant choisis de s’installer dans le centre ou dans les anciennes bâtisses de la noblesse, laissées à disposition par le gouverneur Fenyang. Cependant, une partie des habitants était toujours attachée à cet endroit, et Jack en faisait partie. Malgré les propositions de déplacer son bouge, il aimait ces lieux et y avait vécu toute sa vie. Que ce soit par peur du changement ou par nostalgie, le tavernier trentenaire ne risquait pas de bouger de si tôt.

Au détour d’une ruelle, j’arrivais enfin sur la petite place délabrée où se trouvait le bar de mon complice. Enfin, c’est ce à quoi je m’étais attendus. Tout d’abord surpris, je m’avançais sur la place pour faire face à l’établissement, ou ce qu’il en restait pour être précis. Les cendres étaient encore chaudes, crépitantes au milieu des ruines de l’endroit dans lequel je m’étais bourré la gueule quelques jours plus tôt. Je n’étais pas le seul à m’être arrêté là, un petit groupe d’habitants du coin était amassé devant les ruines en discutant.

« Ils ont débarqués dans la nuit, criant et aboyant leurs ordres, apparemment Jack aurait commit un vol dans le centre ville à ce que j’ai compris. » dit alors un homme à ses voisins.

« C’est terrible, c’était le seul bar encore ouvert dans la basse ville. Et Jack a toujours été un gars gentil, je n’arrive pas à y croire. » répondit une jeune femme à l’air triste.

« Et qu’ont-ils fait de lui ? »

« La 236e l’a emmené, il a probablement être enfermé dans le bâtiment qui leur sert de base dans la haute-ville. » répondit alors un vieil homme, apparemment bien au courant de la situation.

Gardant mes distances avec la foule, je redescendais la visière de ma casquette placée vers l’avant pour couvrir mon visage. J’avais assez d’informations pour agir, et j’avais une vague idée du pourquoi du comment. À présent, il était temps d’agir, et de foutre le bordel à Goa. La journée s’annonçait chargée.




© Fiche par Ethylen sur Libre Graph'


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