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Un ivrogne en mer, Acte II

La nuit fut longue mais peu réparatrice pour Tom. Celui-ci fut réveillé par les rayons du soleil traversant l’une des deux fenêtres présentes dans sa nouvelle cabine. Celui-ci se leva péniblement tout en se tenant la tête. Une gueule de bois particulièrement dérangeante et inhabituelle pour l’habitué du bon rhum. Cependant, l’ivrogne se souvenait plutôt bien de sa précédente soirée : passage à tabac et appropriation de cette embarcation.

C’est alors qu’une forte douleur à la main l'interpella. En baissant les yeux, celui-ci pu constater son poing recouvert de sang séché où résidaient également deux bouts de verre encore fermement plantés. Puis, en regardant encore plus bas, une petite entaille se fit également remarquer au niveau de son abdomen. Cette entaille n’était pas profonde et le saignement semblait stoppé depuis quelque temps. En s’approchant du petit miroir déposé sur le petit bureau au pied du lit, Tom pu totalement constater l’étendue des dégâts présents sur son visage également enduit de sang séché. Par ailleurs, une entaille particulièrement grande se fit remarquer juste au dessus de son sourcil gauche. Celle-ci lui laissera probablement une belle cicatrice.

Le vagabond s’empressa donc de fouiller cette petite cabine dans le but d’y trouver de quoi nettoyer ses plaies et se soigner du mieux qu’il pouvait. Tom n’était pas un médecin, cependant, ces années d’errance et de débrouille lui ont appris quelques trucs. Ce n’était pas sa première bagarre et ce n’était pas la première fois que celui-ci devait se soigner par lui-même. C’est alors qu’il finit par trouver dans un petit tiroir, une petite bouteille d’alcool appartenant probablement à ce marchand que Tom avait dégagé de la cabine quelques heures auparavant.

L'apprenti pirate s'installa donc sur ce bureau, face au miroir et commença par extraire ces bouts de verre de sa main. A défaut d’avoir pu se procurer une pince ou autre, Tom saisit ces bouts de verre à la main avant de les extirper d’un coup sec. Un cri étouffé se fit alors entendre, traduisant de la douleur que Tom venait de s’infliger. Après tout, ces bouts de verre s’étaient également collés au sang séché par ces heures sans traitement, leur extirpation fut alors bien plus douloureuse que prévue. Une fois ces morceaux enlevés, Tom s’empressa d’enduire d’alcool un bout de tissu trouvé au préalable avant de venir le coller contre son poing. La douleur était de plus en plus forte et Tom avait beaucoup de mal à ne pas crier. Il ne voulait pas faire entendre le moindre signe de faiblesse à ses 6 otages probablement encore présents sur le pont. Après quelques minutes, Tom se saisit d’un second bout de tissu, l’enduisant à nouveau d’alcool avant de venir l’enrouler autour de son poing tel un bandage de fortune. Une fois son poing partiellement soigné, celui-ci effectua la même manipulation pour son entaille au niveau de son abdomen. Un bout de tissu plus long enduit d’alcool que Tom enroula autour de son torse venant lui procurer quelques picotements bien moins désagréables que sur son poing.

Une fois ce petit jeu de l’apprenti médecin terminé, Tom se décida enfin de sortir de sa cabine. Une fois la porte déverrouillée, l’ivrogne se mit à scruter le pont silencieusement, attirant vers lui le regard de ses nouveaux otages. Aux premiers abords, rien ne semblait avoir changé depuis hier soir. L’homme de main était toujours attaché au mât et le marchand se tenait silencieusement dans un coin, probablement inquiet pour sa sécurité. Quant aux marins, ceux-ci étaient tous rassemblés sur le pont. Après tout, les voiles étaient rangées et l'encre baissée depuis hier soir. Le nouveau propriétaire de cette caravelle prononça alors vigoureusement ses premiers mots visant à rappeler son nouveau statut.

“Tout le monde, présentez-vous face à moi immédiatement !”

C’était la première fois que le vagabond dut faire preuve d’une si grande autorité et en voyant que tout ce beau monde s'exécuta sans broncher, Tom ressentit comme un frisson d’excitation lui parcourant l’échine. C’est donc ça la vie de pirate ? se disait-il.

Une fois tout ce beau monde rassemblé face à lui, le nouveau propriétaire de l’embarcation commença son speech.

“Bien, tout d’abord, j’aimerais connaître le nom de ma nouvelle propriété.”

Après quelques secondes sans réponse, l’un des marins prononça timidement quelques mots.

“L’observateur. Cette caravelle se nomme l’Observateur.”

Suite à cette réponse, tom ne put s'empêcher de ricaner.

“L’observateur ? Sérieusement ? Quel nom pitoyable.”

C’est alors que le marchand prit enfin la parole. A vrai dire, c’était la première fois que Tom entendait le son de sa voix.

“Que comptez-vous faire de nous ?”

En voilà une question intéressante. Après quelques secondes, Tom s’approcha du marchand avant d’approcher son visage proche de celui du marchand. Leurs deux front se touchaient pratiquement. C’est alors que d’un sourire narquois se distinguant sur ce visage ensanglanté fit son apparition.

“C’est une bonne question mon ami. Une très bonne question même. A vrai dire, toi et ton pote le beau parleur ne m’êtes d’aucune utilité sur ce navire. Je n’ai pas besoin d’otages inutiles.”

Tom pointa alors son doigt en direction d’une petite chaloupe présente sur sa droite.

“Je vais réquisitionner tes précieuses marchandises, et vu que je suis un mec plutôt sympa, je ne te tuerais pas. Cependant, j'espère pour toi et ton pote que vous savez ramer. Vous en aurez bien besoin.”

C’est alors que le vagabond se mit à éclater de rire.

“Bon, quant à vous mes très chers marins, j’aurais besoin de vos services encore quelque temps. Hissez les voiles et levez l’ancre ! Et plus vite que ça si vous voulez pas que je m’énerve.”

Ces pauvres hommes s'exécutent avant que l’un d’eux ne vienne poser une question bien logique.

“Dans quelle direction allons-nous ?”

Ce à quoi Tom répondit de manière évasive.

“Tout droit pour l’instant, je regarderai tout ça une fois que nos amis auront commencé à ramer.”

Le bagarreur saisit alors ce marchand par le bras avant de l’escorter vers la chaloupe. Celle-ci était attachée et prête à être descendue afin d’atteindre le niveau de la mer. Il ne manquait que ses deux passagers pour que celle-ci prenne le large.

"Dépêche-toi de t’installer dans ta belle embarcation luxueuse, je vais t’amener ton ami.”

Celui-ci s'exécuta sans contester. La manière dont Tom l’avait éjecté hier soir lui avait probablement coupé toute envie de se rebeller.

L’ivrogne se saisit alors de son couteau afin de détacher l’homme de main toujours inconscient et avec quelques bouts de verre toujours plantés dans son visage. Etait-il encore vivant ? Tom ne prit même pas la peine de le vérifier. Une fois détaché, l’ivrogne souleva ce poids mort avant de le transporter sur son épaule tel une simple marchandise.

Une fois le blessé installé sur l’embarcation, Tom fit descendre en rappel la barque jusqu’à ce que celle-ci atteigne l’océan. L’ivrogne s’apprêta à couper les cordages lorsque le marchand s’écria.

“Qui que tu sois, sache que tu regretteras cet acte !”

C’est alors que d’un élan plein de fierté et d’engouement, Tom lui répondit tout en coupant net ces cordages.

“Je m’appelle Tom Woods, pirate à la tête de l’observateur. Quant à toi mon petit marchand, tâche d’atteindre une île en vie avant de proférer de telles menaces.”

Après quelques minutes, l’embarcation prit le large, Tom pouvait encore entendre au loin les cris de ce marchand laissé au beau milieu de l’océan.

Une fois débarrassé de ces indésirables, Tom s’empressa de rejoindre le semblant de douche présent sur ce rafiot. Une simple petite cabine collée à celle dans laquelle le vagabond avait passé la nuit usant d’un collecteur d’eau de pluie afin de fonctionner.

Tom prit alors un malin plaisir d’user de cette eau afin de nettoyer totalement tout ce sang séché présent sur son visage et sur son corps.

Une fois lavé, le pirate récupera une carte des environs présente dans la cabine avant de  se présenter auprès d’un des marins tenant la barre de cette petite caravelle.
Le vagabond se mit à la scruter attentivement avant qu’une île lointaine vienne attirer son attention. Une île dont il avait entendu parler lors de ses années de vagabondage et qui faisait parfaitement sens selon lui quant à sa nouvelle vie de pirate.

Celui-ci se tourna alors vers ce qui semblait être le navigateur avant de l’informer de leur nouvelle destination.

“Rokade, l'île aux pirates, voilà notre nouvelle destination.”

Afin de motiver les marins à mener ce rafiot à bon port, celui-ci ajouta.

“Si vous parvenez à m’amener là bas sans encombre, je vous laisserais partir.”

"Rokade ?! Cette île est à des semaines de navigation d'ici !

"Dans ce cas vous feriez mieux de ne pas perdre plus de temps."