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Le projet Providence


- Le projet Providence -



Le manoir Corsandre est en véritable ébullition. Il faut dire que depuis quelques années, depuis la mort d'Allister, l'argent n'entre pas vraiment dans les caisses familiales. Alors forcément, quand la patronne vous dit qu'il est l'heure de ne plus feindre la mort de la famille et que de grands projets sont en cours, tout le monde est quelque peu excité !

Manshon est une île fascinante, son histoire, sa culture et ses possibilités en font pour Farore, un véritable bijou de North Blue. Car c'est bel et bien sur cette île que Farore compte lancer le projet "Providence". Si rien n'a encore été révélé pour le moment, Alfred, son valet, est persuadé que la dame a un plan et qu'elle peut mettre en œuvre différents leviers pour y parvenir. C'était pour cette raison précise qu'il avait été envoyé durant des semaines entières en ville pour trouver "la perle".
Farore lui avait laissé une longue série d'instructions rébarbatives afin de trouver la personne adéquate. Alfred avait bien entendu trouvé cette personne, c'était un homme doté d'une solide conscience professionnelle et qui avait jusqu'ici mis sa vie au service de la famille. Il était donc tout à fait naturel pour lui de ne pas rentrer au manoir bredouille. Si bien qu'il eût pris les devants et ramené "la perle" dans le vétuste et délabré Manoir.

Ça faisait aussi partie du plan de Farore, la mort de son père Allister était censé marqué la fin de la famille, c'était aussi la raison de son discours, trouver les traîtres et les alliés fiable tout en faisant croire que la famille était hors de course. Mais désormais elle avait suffisamment attendue et il était temps pour elle d'entrer officiellement sur la scène publique de Manshon. Et son plan commence par s'occuper de manière définitive de la Révolution fleurie.

Alfred s'essuie lourdement les pieds avant d'indiquer à son invité l'escalier central qui mène droit au bureau famillial. Farore n'y avait rien touché, préférant laisser tout en l'état en la mémoire de son défunt père. Cette touche plus que masculine n'était pas du tout à son goût, mais bon, elle ne devait éveiller aucun soupçon pour le moment, il ne faudrait pas que les autres familles se penchent trop sur les activités futures de Farore. Manshon serait sous peu sans dessus-dessous et Farore serait bien assez rapidement au centre des troubles tout comme un dénommé "Rilas". C'était lui "la perle" l'homme de la situation qu'avait déniché Alfred. D'ailleurs, ce dernier frappe trois coups distincts sur la lourde porte de bois rongée et moulue avant d'ouvrir un battant.


"Madame Corsandre, je vous annonce la venue de Maître Rilas, j'ai pu voir ce monsieur et sauf erreur de ma part, il comporte tous les critères que vous avez mentionné."


Le fauteuil est tourné vers la baie vitrée, Farore fait un simple signe de main pour intimer l'ordre à Alfred de faire entrer le nouvel invité. Le majordome à son tour tend la main en direction du bureau tout en regardant Rilas, au passage, il lui murmure quelques conseils.

"Parlez en premier, exposé votre projet et faites en sorte qu'il rejoigne ses intérêts."

Des conseils avisés et administrés par pure sympathie, il faut dire que l'homme dégage une certaine aura qui lui attire sympathie et bonhomie. Le serviteur referme la porte et se tient droit comme un i en dehors du bureau bien entendu.
Le fauteuil se retourne lentement, dévoilant la femme aux cheveux cendrés et un sourire carnassier qui pourrait faire pâlir un homme-poisson.


"Bonjour monsieur. Je suis Farore Corsandre. Je suis ravie de vous voir ici ! J'espère que tout se passe bien sur Manshon pour vous !"


Un silence plus pesant s'installe, Farore a lancé les hostilités dans cette joute verbale qui se promet intense.




Dernière édition par Farore S. Corsandre le Jeu 23 Juin - 14:02, édité 1 fois
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Le Projet Providence
Cela faisait maintenant quelques mois que le fugitif avait été débarqué sur North Blue. Plus que l’ombre d’elle même, l’île de Manshon n’en demeurait pas moins un des berceaux de la criminalité organisée, rendant plus simple le transfert d’évadés suite au coup d’éclat de la Révolution. Depuis, Rilas n’avait de cesse de s’acharner à étudier les nombreux profils parsemant la ville dans sa quête de former une équipe parfaite de héros parfaits. Pourtant, nul n’avait retenu son attention jusqu’ici : trop petit, trop maigre, cul-de-jatte, parfois même seulement composé d’un tronc.

Les guerres intestines entre les familles, l’intervention de la Marine, entre bombardement et blocus, et la revanche civile furent un cocktail détonnant qui n’épargna personne, expliquant sans doute pourquoi le recruteur au costume blanc peinant à trouver une figure parmi les décombres. Des poivrots, des rescapés et même des anciens mafieux reconvertis à la légalité, trop peureux pour affronter l’opprobre ambiante. Quant aux personnalités de la ville, ils étaient soit trop haut placés – souvent accompagnés d’un égo surdimensionné – soit trop ancrés dans leurs valeurs, bonnes ou mauvaises. Un véritable problème lorsqu’il aurait fallu les hisser au rang de héros.

Tous sauf une. L’ancien agent l’avait remarqué au détour d’une ruelle, fendant la foule par sa prestance, trop captivante pour être aussi discrète qu’elle le voudrait. Aux antipodes de sa tunique, la femme était vêtue d’une longue robe noire qui mettait en exergue sa chevelure cendrée et ses iris ardents. Jugeant par les messes basses qui entouraient son passage, Rilas compris qu’il était question d’une de ces nombreux criminels qui pullulaient en ville. Pourtant, les regards des badauds ne semblaient pas tous véhéments à son égard.

« Elle sera parfaite. »

Il avait dû jouer des coudes et des relations, faites sur le tas pendant son séjour grâce au sentiment de confiance qu’il aspirait, pour finalement apprendre de qui il s’agissait : Farore S. Corsandre, héritière de la feu Allister Corsandre, fidèle en son temps à la famille Tempiesta. Fidélité que la fille continue de perdurer malgré son désintérêt pour les affaires criminelles. Digne d’intérêt, il fallait désormais trouver un moyen d’attirer le sien, d’intérêt. Que pouvait bien rechercher une héritière d’un empire qui s’effondre ? Facile : un partenariat florissant.

La recherche du parfait petit héros s’était volontairement intensifiée depuis quelques jours pour faire circuler le bruit jusqu’au bureau de la demeure Corsandre pour afficher ses hautes ambitions. Une tentative réussie puisqu’il ne fallu pas beaucoup de temps au fidèle majordome de la maison pour remonter la piste vers le chapeauté, des traces volontairement grossies pour être trouvé au plus vite. Se faisant, Rilas avait profité de ce laps de temps pour préparer son angle d’attaque.

Son regard curieux détaillait les pièces du manoir à mesure qu’il les traversait, tantôt abîmées, tantôt entretenues, symboles d’une puissance en perte de souffle. Le bruit des quatre semelles détonaient dans le dédale étonnamment vide, bardé de décorations qui seyaient guère avec la nouvelle maîtresse de maison, sans doute un hommage à l’histoire Corsandre. Les conseils avisés de celui qu’on nommait Alfred fusèrent au gré des pas qui les rapprochaient inlassablement de la pièce où tout se jouerait.

Dos à l’échappatoire, Rilas réajuste son foulard de sa dextre, armé d’un dossier dans l’autre main qu’il garde précieusement contre sa hanche gauche. La lourde porte se referme et laisse planer un silence de mort, rapidement coupé par le léger grincement métallique lorsque le siège se retourne. Celle qu’il désire se tient face à lui, les lèvres étirées pour dévoiler un sourire qui glacerait le sang, et semble tout mettre en œuvre pour déstabiliser l’ancien gratte-papiers du Gouvernement Mondial. Mais rien n’y fait. L’opportunité est trop belle et son ambition actuelle lui octroie la résilience nécessaire à ce premier affrontement fatidique.

« Madame Corsandre, enchanté ! Je suis Rilas, juste Rilas. Je ne vais pas vous faire perdre votre temps précieux et exposer directement mon projet qui saura ravir vos intérêts, comme les miens. »

Le chapeau nacré s’était rabattu contre le torse de l’invité lors des présentation, dévoilant une chevelure ébène et son épis dressé au sommet que Rilas abaissa instantanément. Ses paroles n’étaient nullement maniérées, moins que ses gestes, mais elles étaient débitées avec assurance et parcimonie, prouesse d’une analyse en amont pour maîtriser son sujet et ne pas risquer de se faire jeter aux chiens.

« Manshon n’est plus que l’ombre d’elle-même ces derniers temps, entre les familles qui se sont mis des bâtons dans les roues, le blocus de la Marine et le ras-le-bol des civils, il est compliqué de se faire une place. Malgré l’allégeance de votre père auprès des Tempiesta, votre héritage croule sous le poids d’une ère qui change. Et c’est là que nos intérêts coïncident. »

Son élocution ne laissait rien au hasard, aucune place à la bafouille, comme si le démarcheur récitait son texte à la virgule près. Les pauses étaient minutieusement placées pour donner un semblant de suspens sur un sujet que Farore connaissait sur le bout de ses doigts manucurés. La pièce était devenue une aire de jeu théâtral où la blanche brindille déambulait en exposant son projet.

« Je cherche à monter une équipe. Pas un équipage, entendons-nous, mais bien une équipe hétéroclite qui agirait dans l’intérêt commun de tous. Vous allez trouver ça saugrenu. Sans doute vous dire que je suis stupide de proposer à une crimi- une femme d’affaire de s’occuper du bien des populations. Mais le projet, c’est plus que ça. Cela va au-delà de simples affaires. Je veux créer des Héros. Des figures adulées dans tous les recoins du globe, de la Marine à la Révolution, des Pirates aux Chasseurs de Primes. Et pour cela j’ai besoin de personnes capables de fédérer, aussi bien par leurs charismes que par leurs talents. Farore, vous avez ce qu’il faut pour devenir un Symbole avec un grand C. »

Débarrassé d’une introduction des plus générales, Rilas s’approchait du bureau pour y déposer ses deux paluches aux ongles étonnamment similaires à ceux de son interlocutrice. Deux prunelles d’ébène se plongent dans les braseros de Farore durant de longues secondes alors que ses lèvres s’agitent pour vanter les qualités de celle qu’il estime digne d’être l’une des premières figure de proue de ses ambitions gargantuesques. Mordrait-elle à l’hameçon ?

« Il vous faut reprendre les rênes de Manshon. Comment faire ? Rien de plus simple. Je me suis permis de faire quelques calculs et graphiques. Ici. »

Fidèle à ses qualités de bureaucrate du Gouvernement Mondial, l’homme dévoilait son arme secrète en ouvrant le dossier sous les yeux de son hôtesse, rempli de quelques pages, toutes grattées d’informations et d’évaluations diverses.

« D’après un sondage informel, plus de 80 % de la population ne fait plus confiance aux familles criminelles. S’ajoutent à cela les réticences de la Marine qui ne semble plus autant corruptible qu’avant. Il faut inverser cette courbe. J’ai cru comprendre que vous n’étiez pas particulièrement connue – attention ce n’est pas méchant quand je dis ça – alors je pense sincèrement que vous pouvez gagner la confiance de tous les partis. Même ceux des familles opposées. Nous pourrions faire de vous l’étendard du renouveau : la mafia au service du peuple. Les gens vont vous adorer Farore. »
KoalaVolant
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- Le projet Providence -



La dame ne décroche pas un seul mot, elle préfère laisser parler le petit homme qui lui fait étrangement penser à un personnage de théâtre pour enfant. Comment s'appelle-t-il déjà ? Ah oui, "Char Lee", celui qui détient cette gigantesque colaterie où des centaines d'enfants se baignent dans le cola. Comme l'avait prédit Alfred, le dénommé Rilas avait bien fait ses devoirs et appris ce qu'il devait apprendre sur la famille Corsandre et ses intérêts, du moins, ceux que Farore avait bien voulu laisser entrevoir. Allister avait extrêmement bien formé sa fille et Farore avait établi un plan pour Manshon, un plan en plusieurs étapes.

La première étape: elle doit d’abord s’affirmer. Prendre la parole auprès de ses hommes et alliés pour signifier à tout le monde son intention de devenir une star montante du crime. À l’inverse de bien des gens sur l'île, Farore ne demande pas, elle prend. Malgré sa détermination, personne ne le prend aux sérieux et bons nombres d'amis de la famille lui ont tourné le dos, une habile pirouette qui ne fait ni plus ni moins partie du plan.

La seconde étape : elle doit donc insister, ce qui va lui permettre de faire comprendre aux autres qu’elle ne plaisante pas, qu’elle a bien pris conscience du défi qui l’attend et qu'elle est prêt à le relever. C'est ici la raison de la venue de Rilas juste Rilas.

La troisième étape: elle devra enfin prouver sa valeur: elle doit convertir ses promesses de campagne en passant à l’acte et en trouvant un moyen de mettre un terme à la Révolution fleurie. C'est aussi une partie du plan que Rilas va peut-être pouvoir exécuter contre son gré.

Elle continue de l'écouter, d'observer les graphiques, jetant quelques regards furtifs çà et là, se contentant de hochements de tête dédaigneux. Une fois que ce dernier a enfin fini son interminable laïus, Farore sort du bureau miteux une bouteille de whisky avant de se servir dans un verre poussiéreux. Sans mot dire, elle indique un verre et la bouteille Rilas pourrait en disposer à sa convenance.

"C'est une bien belle histoire que vous me racontez ici Monsieur Rilas Juste Rilas. Et pourtant... Je ne suis pas convaincue."

Un silence s'installe entre eux, un silence gêné et gênant que vient à nouveau briser la dame.

"Si j'ai bien compris, vous me demandez d'une manière assez enfantine de devenir un... "Super héros" comme ces vieilles bandes-dessinées ridicules? Ne vous ait-il pas venue à l'idée que mon héritage croulant ne soit qu'une duperie et une supercherie et que tout ceci cache quelques choses de plus grand? Cependant..."

Elle marque une nouvelle pause tout se levant avec son verre, elle se dirige vers les fenêtres pour y apercevoir le temps maussade et la brume grandissante. Elle avait toujours appréciée le climat atypique des lieux lui donnant presque un air mystique et hanté, un régal visuel.

"Cependant, vous visez juste sur un point. Avez-vous déjà entendu parler de la Révolution Fleurie? Après les événements du blocus. Bon nombres de citoyens ont laissés percer au grand jour leur mécontentement vis-à-vis des différentes mafias et famille. Si je veux effectivement faire briller Manshon, j'ai besoin d'une personne de votre envergure et de vos... Euh... Qualifications avec un grand K. Je vais accepter votre offre mais je dois vous exposer la première phase de mon plan. Cette dernière étant on ne peut plus légale, je ne risques absolument rien à vous l'exposer. Pour la suite... Et bien nous verrons le moment venu. Il y a une île non loin d'ici. Une île vierge, il y a quelques tribus cannibales, des hommes-poissons. J'ai reçu par le biais de veille relation un ordre de mission pour aller là-bas. Il faut y aider la population locale. Je compte partir là-bas et les aider. Ce serait l'occasion parfaite pour mettre en branle tous vos plans et commencer votre entreprise. En contrepartie..."


Elle se retourne cette fois-ci pour plonger son regard dans celui de Rilas et poursuivre son monologue.

"Je compte faire de cette île un gigantesque centre touristique afin de proposer à la Révolution Fleurie d'y travailler et de ce fait d'être loin des activités mafieuses. Par ailleurs, je penses aussi pouvoir réserver une parcelle pour la construction d'un parc d'attraction qui aura pour thème vos héros."


Elle laisse à nouveau le silence s'installer pour que Rilas puisse digérer la totalité des informations.


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Le projet Providence
« N-non merci madame, sans façon. Je suis sobre depuis hier... »

D’un revers de main pour signifier son désintérêt pour la boisson, trop préoccupé par le résultat de sa performance théâtrale. Et bien vite, le visage précédemment radieux du saltimbanque entrepreneur perd de sa superbe, laissant place à une émotion toute aussi mitigée que la réponse de Farore. Tous les efforts mis en œuvre pour combler l’égo et le portefeuille de la criminelle avaient vraisemblablement lassée la maîtresse de maison, ou le cachait-elle à merveille ?

Senestre fourrée sous son haut-de-forme pour y gratter ses mèches de jais pendant ses aller-retours au dessus du tapis qu’il meurtrit sous ses semelles, attentif aux explications de la planificatrice. Le coin de sa lèvre supérieure se soulève légèrement et frétille inconsciemment lorsque la critique à l’encontre du Projet fuse avec acerbité au travers de la pièce, accompagné d’un bref souffle nasal.

Il n’y avait rien de choquant à ce que l’ambitieuse néo-dirigeante de la famille Corsandre n’accepte pas sa proposition dès la première tirade, quoique Rilas avait espéré secrètement. Par le passé, ses protégés s’étaient ralliés sous son aile sans trop se questionner ou réclamer de contrepartie autre que celle d’être dirigé par quelqu’un avec un peu de bagou. Le constat était sans appel : les gens stupides sont plus simples à manipuler – dans le bon sens du terme attention – que ceux avec de la matière grise. Et depuis le fiasco de l’île aux esclaves, le fugitif s’était promis de fonder une base solide en laquelle il aurait une confiance aveugle. Une réflexion qui le mena jusqu’aux portes du manoir de la cendrée afin de l’ériger en pilier de sa future société. Et les fomentations secrètes dont elle dévoilait petit à petit les traits confirmaient son choix.

Un prêté pour un rendu. Soit, il s’en contenterait si tel était le prix à payer pour mettre un pied à l’étrier. L’ancien bureaucrate savait pourtant qu’il n’y avait pas la place pour deux têtes pensantes dans son projet, pas plus que dans les plans de sa nouvelle alliée.

« C’est un projet très ambitieux que vous avez là. Ça nous fait un point commun à tous les deux. Krikrikrii. »

Face à ce soliloque, le pion n’avait pas pipé mot pour laisser la scène à sa partenaire de jeu. La partie émergée de toute cette tactique représentait déjà un casse-tête d’envergure en perspective que l’organisatrice devait maîtriser sur le bout des ongles pour le mener à bien.

Le large couvre-chef se balançait à chaque fois son porteur acquiesçait aux détails que voulait bien lui donner Farore. Des signes approbateurs qui n’empêchaient pas la machine à réflexion de s’activer intensément sous le chapeau, déjà paré à y apporter sa touche ou une contre-proposition qu’éluderait probablement la maîtresse de maison aussi promptement qu’un père renierait son enfant en partant acheter un paquet de cigarettes.

« Détourner l’attention des populations en créant du travail et du divertissement, c’est assurément une bonne idée. Cela ferait monter en flèche votre côte de popularité auprès de la tranche jeune. Il faut cependant faire très attention lors de notre intervention sur cette île, elle ne devra pas être perçue par les autochtones comme une menace mais bien une libération. Pour cela, nous devrons soigner votre image de marque et agir selon quelques règles pré-établies, histoire d’être sur la même longueur d’ondes, vous comprendrez parfaitement. »

Malgré la satisfaction d’une tactique élaborée, dont Rilas ne connaissait évidemment pas toutes les ficelles, quelques questions demeuraient encore sans réponses.

« Il va falloir traiter du problème de la Marine lorsque vous vous serez occupée d’y aider la population, je doute qu’elle vous laisse les mains libres pour vous y installer aussi simplement. Quelques arrangements pourraient suffire à calmer les réticences de certains. Puis il y a aussi le souci des autres familles. Un clan lié aux Tempiesta qui regagne en influence, ce n’est pas bénéfique pour tous. Vous comptez rallier les autres familles sous la même bannière ou vous en occuper.. différemment. Et pour les finances... »

Les interrogations fusent aussi rapidement que se connectent ses neurones dans un brainstorming personnel des plus intense. Pour un problème, de nombreuses solutions. Mais ces dernières seraient-elles assez bien ficelées pour s’ancrer dans un mécanisme dont l’ancien agent ne maîtrisait malheureusement pas tous les rouages. A son tour, après quelques égarements, la perche albe darde profondément son regard dans celui de sa future – il l’espère – collaboratrice.

«  Pour autant, vous ne m’avez pas dit clairement ce que vous attendiez de moi. A vous entendre, vous vous débrouilleriez très bien toute seule, ce dont je ne doute absolument pas. Mais si vous vous êtes donnée la peine de venir me chercher, c’est que vous avez besoin de moi. Et moi j’ai besoin de vous. Êtes-vous prête à m’aider autant que je suis prêt à le faire pour vous, Farore S. Corsandre ? »

Deux canines se dévoilent lorsque le négociant offre un sourire familier pour accompagner ses paroles. Si l’expressionnisme n’est pas le style préféré de son interlocutrice, lui ne peut contenir ses émotions aussi facilement, investi dans la quête d’une vie. Rilas savait pertinemment que, malgré la froideur qui lui tenait tête, la trentenaire partageait ses désirs de grandeur et que, le temps filant, la descendante Corsandre ne se contenterait pas des miettes laissaient par une famille en désuétude.

Le hasard fît son office en mettant ces deux appétents sur le même chemin. Enfin, était-ce vraiment le fruit de simples circonstances ? Pas sûr…

Il restait pourtant bien des choses à régler avant de se serrer la main.
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Il avait balayé d'un simple revers de main la proposition alcoolisée. Un signe de force intérieure ou un véritable aveu de faiblesse pour un homme qui voulait être en pleine possession de ses moyens de peur de commettre une erreur ? Allister avait appris à sa fille à lire le langage corporel et lire entre les lignes, on en apprends plus sur une personne en l'observant dix minutes qu'en une année de conversation, c'était un credo auquel elle se conforme quotidiennement. Les gens ne prennent plus le temps d'observer et d'écouter, ils ont déjà anticipés et prévus leurs plans sans même avoir pris le temps d'écouter. Et c'était aussi le cas de Rilas, mais elle saurait lui instiller le fin dard de la clairvoyance au moment opportun. Bien entendu, ce dernier passe par le sobre et ennuyeux cortège des compliments qui pour la plupart du temps sont d'une hypocrisie innommable.

"Je remercie votre prévenance. Mais c'était bien mon intention ici. Si je souhaite venir en aide à l'îlot flottant, c'est justement pour obtenir un contact privilégié avec les locaux. Concernant la Révolution fleurie... J'en fais mon affaire, je suis native de Manshon et je crois savoir comme aborder le problème, voyez-vous ?"

Elle laisse ses lèvres tremper dans le breuvage ambré lui arrachant un petit rictus dégoûtée, bien sûr qu'elle aime le whisky, mais la qualité de ce dernier est à l'image de sa fortune actuelle : détestable. Elle reste très étonnée d'entendre Rilas parler de la Marine, c'est là un sujet qu'il avait anticipé sur le plan de Farore, un large sourire carnassier se profile dès lors sur son visage blanchi par le manque de soleil.

"Vous êtes très perspicace vous. En effet, vous soulevez une question très intéressante sur la Marine. La révolution fleurie voudra des garanties sécuritaires. Après tout, qui ne veut pas dans notre civilisation moderne, le confort de la routine ? Avoir un emploi, fonder une famille, être en sécurité. C'est une prérogative importante. Et c'est précisément la raison de notre entretien ce jour."

Elle se retourne tout en déposant son verre sur le bureau noirci par la poussière et le temps avant de prendre place dans le fauteuil de cuir miteux positionné en face de celui de Rilas. Elle croise les jambes pour se mettre davantage à son aise avant de poser ses deux mains à plat sur le bureau, son regard profond se plonge avec le plus d'intensité possible dans celui de son interlocuteur.


" J'ai besoin que vous nous trouviez un bateau de la Marine sur lequel nous pourrions nous greffer pour accomplir cette mission. Il n'est nulle question de mentir, mais bel et bien de dire toute la vérité. Nous souhaitons venir en aide à la population locale pour un projet immobilier qui viendra en aide aux populations opprimées de Manhson, constamment étouffée par le glaive omniprésent de la mafia. Et que nous souhaitions financer à nos frais l'élaboration d'une base militaire de la Marine sur l'îlot flottant pour assurer la protection des citoyens et de nos investissements. N'est-ce pas ?"


Dévoilant un peu plus son jeu, Farore n'est ni plus ni moins qu'en train de poser les bases d'une vaste opération légale visant à être une façade pour ses futures activités criminelles. L'erreur commune est de vouloir se diversifier trop vite, il faut toujours dresser une façade légale et montrer patte blanche, c'est la seule manière de pouvoir évoluer sereinement par la suite.

"Concernant vos doutes et inquiétudes sur les autres familles... Actuellement, il n'y a que six familles sur les sept grandes. La place est vacante et depuis le blocus tout le monde s'est vu affaiblir. Vous croyez sincèrement que depuis des années, je prends plaisir à laisser ma fortune s'étayer tout comme mon influence ? Je deviens anodine pour passer partout et être la personne la moins attendue. C'est aussi la raison pour laquelle je veux placer des affaires en dehors de Manshon, personne ne viendra penser que l'îlot flottant regorge d'argent. Et si je parviens à sortir la Révolution fleurie de l'île, nous risquons fort d'être pris sous l'aile des Tempiestas."

Elle marque une pause ne pouvant dévoiler l'entièreté de son plan et de ses ambitions. Elle poursuit son laïus toujours en laissant son regard sur lui, elle ne décroche pas une seule seconde, l'idée n'était pas de le mettre mal à l'aise bien loin de ça, mas bel et bien de lui faire comprendre toute la mesure et la hauteur de son ambition.

"Si vous êtes ici. C'est, car Alfred a dit, que vous aviez un projet. Vous cherchez des "héros", des personnes capables de faire le bien. Je n'ai aucun contact dans la Marine, dans les instances gouvernementales. Il est d'avis et de coutume ici de ne pas travailler avec ces gens. Moi, je vois un gâchis de ressources à ne pas le faire. Quoi de mieux pour attirer l'attention de la justice que d'avoir mis sous les verrous une série de hors-la-loi? Dites m'en plus."


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Le projet Providence
Les négociations à peine entamées, quelques interrogations suffirent à Rilas pour tirer des vers supplémentaires du nez affiné de son interlocutrice, vraisemblablement aussi fin pour les affaires que par sa forme. Pour autant, l’ancienne fourmi du gouvernement mondial peinait encore à savoir si l’héritière Corsandre faisait preuve d’une arrogance extrême ou si cette dernière possédait toutes les cartes en main. Quelle qu’eût été la vérité, qui se trouvait probablement à la croisée des deux hypothèses, elle n’influencerait pas les desseins que le planificateur avait pour Farore. Une volonté qui ne serait pas de tout repos tant il semble difficile de lui faire changer d’avis sur un plan déjà établi.

« Un bateau de la marine ? » déclarait-il avec une pointe d’appréhension dans l’intonation de sa voix, soudainement plus cristalline. Même si le fugitif n’avait pas encore notifié sa bouille sur les nombreux avis de recherche, sa fugue était trop récente pour risquer la confrontation directe avec les soldats. Pourquoi diable voulait-elle embarquer sur un navire des autorités compétentes ? L’héritage Corsandre était si maigre que la pauvrette n’était capable de s’offrir qu’une barque comme seule embarcation ? Quel tragique destin pour une telle famille...

« Je veux bien chercher à nous faire embarquer sur un de leurs vaisseaux. Mais savez-vous s’ils comptent intervenir sur ce problème ? Il me semble qu’ils ont déjà fort à faire par ici, krikrikrii. »

L’observatrice chevronnée, perchée au-delà de ses trente années d’expériences bien tassées, saurait remarquer la dextre qui se glissait à l’arrière du crâne, symbole inconscience de la gêne extrême. Pourtant, Rilas n’en démord pas et reprend du poil de la bête pour justifier sa prudence.

« Montrer patte blanche en dévoilant un semblant de vérité à la Marine sur votre bonté ne fera qu’attirer les soupçon, surtout connaissant vos affiliations. Si je les connais, ils les connaitront aussi. Je doute qu’il faille inclure directement les soldats là dedans, quitte à créer une milice privée dirigée par la Révolution Fleurie sur. Pour la Marine, quelques chambres dédiées, des vacances offertes sous forme de tombola devraient suffire. Et puis, si ils comptent intervenir sur l’île, pourquoi accepteraient-ils qu’on les assiste ? Cela mérite réflexion... »

L’index tapote successivement le bouc obscur et les lèvres fines sans discontinuité après sa dissertation. Thèse, antithèse, synthèse. A l’heure actuelle, ni l’un ni l’autre n’était en passe d’obtenir la moyenne. Précautionneusement, il s’installe face à elle devant le bureau quémandant de quoi écrire sur une des nombreuses feuilles volantes de son dossier dont se foutait royalement l’hôtesse de maison.

« Dès lors que l’île deviendra une attraction, elle attirera du monde et donc les regards. Je crois connaître vos affiliations à la famille Tempiestas mais elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, vous pouvez la dépasser. Mais nous aurons tout le temps d’en rediscuter ultérieurement.»


La mine de graphite ne cesse de gratter contre le papier dans un bruit possiblement insupportable pour les plus psychorigides dans la pièce – et il ne s’agit pas de Rilas. Un charabia graphique prend difforme sur la feuille, trop cryptique pour qu’un corps étranger au cerveau en ébullition puisse y comprendre quoique ce soit entre les mots disposés aux quatre coins de la note, reliés par des formes géométriques douteuses. Le planificateur relève finalement le nez pour toiser la malfaitrice qu’il écoutait encore avec attention, toute relative évidemment, malgré sa rédaction.

« De mon expérience, le Gouvernement Mondial et les hautes instances ne sont pas du genre très cléments ni appréciateurs des  "méchants" qui font leur propre loi, même si ils s’occupent d’autres hors-la-loi. Mais ce n’est pas forcément le cas de la base de la pyramide. L’objectif est de rassembler des gens d’horizons différents : Marine, Pirate, Chasseur de Primes, Révolutionnaire. Imaginez un groupe de braves héros qui régleraient des problèmes aux quatre coins du monde sous la bannière du Bien pour y installer nos intérêts communs. Votre notoriété grandissante, vous deviendrez de véritables célébrités reconnues, adorées. Suffisamment pour manœuvrer aussi librement que vous le désirez. Quant à moi, je resterai dans votre ombre pour gérer le reste : intérêts, conflits, négociations, la paperasse en somme. Vous deviendrez des Dieux. »

« Et moi j’en serai le créateur » murmurait-il faiblement dans son bouc. A ces mots, le gratte-papier délaisse ses écrits qu’il range aussitôt dans le dossier, méthodiquement, coutumier du geste après ces innombrables réunions traitrement organisées de bon matin, à l’ouverture de l’agence. Il avait toujours soupçonné le lobby de la caféine d’être de mèche avec les organisateurs de ces regroupements, où le café coulait à flot pour maintenir toutes ces têtes cernées loin de leurs propres séants.

« Laissez moi quelques jours pour travailler sur votre plan. Dites-moi juste de combien d’hommes disposez-vous ? Et de berries ? »

Posté non loin du bureau, face à la recruteuse, il espérait avoir montré toute sa valeur à la trentenaire dont il souhaitait s’attacher les services. Quoiqu’elle aurait à redire sur le plan et les doutes de son interlocuteur, Rilas mettait tout en œuvre pour prouver que l’homme de la situation était devant elle.


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- Le projet Providence -



Elle ne pouvait décemment pas dévoiler l'intégralité de son plan. C'était au prime abord une question de survie élémentaire, bien qu'elle ne soit qu'un petit poisson dans la mare aux requins, elle pouvait devenir un parasite gênant pour tous les grands pontes alors partir provisoirement sur une autre île pour y monter une façade on ne peut plus légal semble être le meilleur des choix. Mais il s'agit aussi d'une question de confiance, elle ne connaît Rilas, ni d'Eve, ni d'Adam. Elle prends d'ores et déjà un risque considérable en lui dévoilant autant, mais son père avait été clair. Point de victoire sans risques.

"Ils voudront être assistés pour la simple et bonne raison que vous êtes ici présent Rilas."

Elle marque une pause avant de se lever de son fauteuil molletonné pour contourner le bureau et se placer derrière le siège épais de cuir de Rilas. Elle pose ses deux mains sur ses épaules avant que son épaisse natte ne viennent tomber sur l'un des muscles pectoral de l’entrepreneur. Elle penche légèrement sa tête pour pouvoir parler directement à ses oreilles et ce tour à tour.

"J'ai moi même pris un risque à vous en dire tant n'est-ce-pas? Il est temps de partager, et c'est ici à votre tour de trouver ce navire de la Marine. Je n'éveillerai aucun soupçon puisque je serai du côté de la loi sous couvert de votre magnifique projet. Je suis persuadée qu'un homme de votre envergure à déjà tout prévu: Business plan, retour sur investissement, marketing, R et D, contacts, communication, élément de langage strict... Je serai très déçue auquel cas. Et nous pouvons aider la Marine pour la simple et bonne raison que l'ordre de mission est publique."

Elle relâche légèrement la tension exercée sur les épaules de son comparse avant de se redresser pleinement. Elle affiche de nouveau ce sourire déstabilisateur et odieux.

"Je vous laisse tout le temps dont vous auriez besoin. Mais sachez que désormais vous m'êtes lié. Et je suis liée à vous. Si je tombe, vous tomberez aussi. Mais... Si je l'emporte. Vous serez riche, puissant."

Elle relâche totalement Rilas avant de venir vers le bureau avant d'y frapper quatre coups secs. Alfred fait automatiquement éruption dans la pièce avec un épais dossier qu'il dépose avec le plus grand soin devant l’entrepreneur et il lui tient dès lors à peu près ce langage.

"Voici les détails du plan d'investissements de l'îlot flottant. Madame fera un premier investissement à hauteur de dix millions de berrys et poursuivra des investissements exponentiels pour un plafond maximal de cent millions de berrys. Madame réclame soixante-cinq pour-cent des revenus générés et vous laisse le reste sans aucune obligation de renflouement par le biais d'un investissement direct. Les taux sont bloqués quoi qu'en dise la conjoncture et ce ad vitam eternam. Madame se charge du recrutement des hommes de mains, des démarches administratives et autres traces avec la fiscalité et autre. Vos revenus sont donc net d'impôt et de toute charge expliquant ainsi votre pourcentage. Par ailleurs, et Madame insiste sur ce fait, la signature conjointe est requise pour toutes actions entreprises sur l'île. Autrement dit, aucun mouvement financier ou immobilier ne se fait sans son accord ni le vôtre. Si vous avez des questions je suis la personne adéquate pour répondre à toutes interrogations. Si vous êtes en parfait accord avec ces termes il vous suffit de signer en bas à droite. La signature sophistiquée de Madame y est déjà apposée."

Alfred sort un stylo plume de sa poche avant de souffler avec élégance dessus pour l'humidifier convenablement. Il dépose l'outil de scribe au-dessus du dossier en son parfait centre, totalement perpendiculaire au reste du bureau miteux.

"Si Monsieur veut bien se donner la peine."





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Le projet Providence
Cela faisait maintenant quelques minutes que les négociations battaient leur plein. Quelques brefs instants dans l’immense sablier qui paraissaient pourtant une éternité pour au moins un des deux protagonistes, d’aucun ne souhaitant lâcher ce juteux morceau de viande, magnifiquement bien cuisiné et délicatement assaisonné, accompagné de sa merveilleuse sauce.. – Pardonnez l’humble narrateur que je suis, il est bientôt l’heure de manger. Pour autant, le chef cuisinier ne semblait pas réticent à l’idée de découper la barbaque en deux parts inégales. Après tout, le jeu des pourparlers était aussi fait de concessions nécessaires à l’entente des deux parties, Rilas n’étant pas encore en position de force pour se plier à l’entièreté de ses demandes. Et les exigences s’annonçaient déjà nombreuses.

Assis bon gré mal gré sur le fauteuil, il suivait le mouvement félin de Farore qui se déplaçait autour de lui tel un prédateur rôdant autour de sa proie. Subitement massé par une poigne ferme de mains pourtant si douces dont Rilas redoutait sérieusement les griffes taillées avec soin, prêtes à se refermer à la moindre parole déplacée. De dos, le négociant tâchait de rester stoïque sous la coercition implicite de celle qui le surplombait désormais, assisté par son couvre-chef démesuré, dernier rempart contre les sueurs froides qui perlaient à l’orée de sa chevelure, instantanément retenues par le tissu du chapeau.

Quatre puissants coups sur le meuble, dix échos de semelles s’abattant sur le bois, étouffés ensuite par l’épais tapis, puis le fracas d’une pile accablante lourdée sous ses yeux. Caressé par tresse cendrée, l’invité aurait sursauté s’il n’était pas maintenu sur l’assise par la poigne insistante. La femme marquait son territoire à merveille, et ce sans que cela n’empeste l’ammoniaque dans la pièce.

L’index glisse sur le flanc du dossier, comme pour évaluer la quantité des pages qui le composent, tandis que son oreille est légèrement tournée vers l’énonciation du majordome qui fait preuve d’une élocution impeccable, si bien qu’on se demande s’il prend des pauses entre chaque phrase afin de reprendre sa respiration. Maîtrisant le lourd et conséquent sujet sur le bout des doigts, Alfred offrait au second parti concerné un condensé des multiples alinéas composant le contrat. Soit le gouvernant était d’une sympathie ravissante, soit les partenaires de crime désiraient ne pas perdre de temps, voulant éviter que le convié ne s’attarde de trop sur les petits détails glissés entre les lignes.

« A combien s’élève l’investissement direct ? Dix millions ? Bien.. » Prononce-t-il en tapotant le stylo contre ses lèvres arquées en une moue qui trahit sa réflexion. D’un lent mouvement, Rilas approche la mine métallique à un cheveux du papier puis inspire longuement, yeux clos. Sa tête se redresse alors pour adresser aux deux, tour à tour, un large sourire.

« Je vais relire tout ça tranquillement. Et j’en profiterai pour commencer à prospecter pour votre navire. » Coup de pression, tentative maladroite de négociation ou simple volonté de bien faire ? Tout et rien à la fois. Trop difficile à dire tant l’ancienne ouvrier du Gouvernement Mondial pouvait tantôt transpirer de charisme avant de chuter dans l’étourderie en un claquement de doigts, a l’instar de son redressement qui fît odieusement grincer les pieds du fauteuil. Sans trop s’attarder sur son enchaînement d’ingratitude, Rilas salue l’assemblée d’un magistral levé de chapeau avant de se faufiler jusqu’à la porte, le dossier sous le coude, raccompagné par le majordome qui ne manqua pas de lui redemander son stylo.

Les foulées rythmées par la précipitation, le regard rasant les coins de rue au cas où le « lien » dont parlait Farore sous-entendait la filature de celui qui connaissait désormais quelques parties du plan, le chapeauté sillonnait les avenues, guidé par un objectif bien précis : un Den Den Café.

L’île de Manshon connaissait bien des déboires depuis les guerres familicides, empêchant la science de s’y développer convenablement. A l’instar de la technologie, figée dans une utilisation martiale des plus basiques. Une problématique importante pour les affaires des nombreux clans se disputant les biens du territoire qui se heurtaient, et ce encore aujourd’hui, au contrôle de la Marine et d’une population excédée. Mais face à la poigne ferme qui les étouffe, les criminels se montrent souvent très ingénieux. C’est en ce sens que certaines familles avaient développé ces façades légales pour transmettre l’information et communiquer sans se faire repérer, déguisées en salon snobinard où la clientèle dégustait infusions et pâtisseries bon marché aux prix gonflés par cinq. Mais au diable la snobinardise, l’entrepreneur avait besoin des services du "Marilyn Manshon".

« Bonjour Maître Benny, je ne vous dérange pas ? Oh les affaires ne s’arrêtent jamais. Pour moi non plus figurez-vous. Enfin elles recommencent, j’ai réussi à m’éva- à purger ma peine en prison ! Bref, vous vous souvenez de mon projet ? Non, pas celui sur les paquets de saucisses par six « Saussix », le business plan sur les héros. Figurez-vous que j’ai atterri sur Manshon et que j’ai commencé mes recherches jusqu’à tomber sur une femme qui a le profil i-dé-al. Par contre, elle est l’héritière d’une famille mafieuse et aussi dure en affaire. C’est pour cela que je vous appelle. Je vous ai transmis le contrat que je dois signer concernant notre affaire commune, j’ai besoin que vous ratissiez le tout et que vous me confirmiez que tout soit en ordre. J’ai aussi glissé le contrat que je lui réserve, vérifiez s’il est valide juridiquement je vous prie. Pour le règlement vos honoraires ? C’est à dire qu’en ce moment je – Gzzzt – payer – Bchzzzt – promis – Krikrikriii... Oui pardon, je vous écoute...»

Le chapeau dodelinait à mesure des échanges jusqu’à se figer totalement lorsque le combiné fît le chemin inverse. Gotcha. La partie juridique désormais réglée jusqu’à la contre-proposition attendue de la fille Corsandre, il fallait désormais convaincre la Marine pour pouvoir embarquer à leurs côtés. Et si son crâne fourmillait d’idées pour arriver à ses fins, il manquait encore l’étincelle nécessaire pour embraser le feu de la réussite : de l’influence. A peine évadé, l’ex-bureaucrate ne jouissait d’aucune réputation nécessaires pour ouvrir certaines portes encore inaccessibles. Tant pis, le crochetage assurerait un bon compromis le temps de se faire une place.

« Ah bah c’est ouvert... »

L’ombre, éclairée par les lueurs orangées de la fin de journée, disparu dans l’immense bâtiment de la Marine avec pour lourde tâche de leur dégoter un billet aller vers l’îlot flottant en classe affaire. Plus facile à dire qu’à faire lorsqu’il s’agit des ferries de la Marine...

Aux premiers signe de l’aube, visible depuis les fenêtres du manoir, la silhouette blanchâtre agite ses bras frénétiquement à travers les grilles clôturant la bâtisse, annonçant son retour avec la théâtralité qui lui est propre. Paperasse fermement maintenue entre le bras et son flanc, le dandy rejoint le bureau en compagnie du fidèle soutien tiré à quatre épingles. Une main lui ouvre la porte tandis que l’autre l’invite à pénétrer dans la pièce qui manque toujours autant d’étincelant. Rictus satisfait aux lèvres, le vacarme des dossiers s’abattant sur le bois relance le jeu des négociations.

« Madame Corsandre, merci de la patience que vous m’accordez. J’ai pris le temps d’analyser vos conditions et je vous annonce que je les accepte. » L’homme fouille aussitôt la poche interne de son veston pour soutirer un stylo à plume bien moins distingué que celui qu’on a pu lui proposer lors du dernier échange. Mine dressée, ses yeux recherchent l’encrier dans lequel Rilas plonge délicatement la pointe. Cette dernière se glisse ensuite contre la page du contrat prévue pour la signature et, d’un geste raffiné, il appose sa griffe dans le coin de la feuille.

« Vous aurez vos dix millions lorsque vous effectuerez votre premier investissement. »


Délaissant le matériel d’écriture tout en s’assurant que l’encre ne s’écoulerait pas, la main se tend en direction de la maîtresse de maison pour sceller le pacte. Aussitôt conclu, c’est un autre dossier qui se glisse sous les yeux de Farore avec pour intitulé : Projet Héros.

« A mon tour de vous soumettre le contrat nous liant sur d’autres aspects. Ne vous attardez pas sur le nom, il est amené à être modifié. Concernant les grandes lignes, il est question de votre rôle de salarié au sein de mon équipe. S’ajoutant à cela la gestion de votre image et du droit à l’image, la gestion du marketing et de la communication par le biais de publicité, sponsoring et j’en passe. Plus important encore : un droit de regard sur vos activités pour s’assurer qu’elles ne vont pas à l’encontre des valeurs de l’entreprise et pour pouvoir vous défendre dans le cas échéant. Et enfin le mon droit de résiliation unilatéral en cas de problème vous concernant, vous ou vos agissements. Un contrat somme toute basique pour une telle gestion, et quelques autres détails dont vous prendrez connaissance si vous désirez lire l’intégralité du dossier. Comme vous l’avez dit l’autre fois, nous sommes liés, et je suis persuadé que nous aurons besoin l’un de l’autre pour atteindre nos objectifs. L’idée n’est pas de brider vos activités mais de vous conseiller et de vous assister pour les effectuer à ma manière. Une manière réfléchie pour plaire à tous. Vous en êtes, Farore ? »


La dextre se tend à nouveau de toute sa longueur pour se présenter à la future – ou non – membre éminente de son groupe de supers.

« Je suis disposé à répondre à toutes vos interrogations. Vous avez réfléchi à un surnom ? Je pensais à quelque chose évoquant la renaissance. Celle d’une criminelle repentie en sauveuse. Oh, et en parlant de sauver des gens, la Marine a accepté de nous faire une place sur un de leurs navires. On rejoindrait des escouades pour l’intervention. La gloire vous tend les bras. Et moi aussi. Si vous pouviez me serrer la main ça m’éviterait les crampes, krikrikrii. »
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PRESENT

Il est temps de partir.

Dans ma chambre d’hôtel, je commençais à apprêter soigneusement mes affaires, je prenais tout ce qui pouvait m’être utile pour la traversée en mer. Et bien oui, Grand Line était considéré comme la mer de tous les dangers, il ne fallait donc rien laisser au hasard. Je n’avais qu’une hâte : quitter cette foutue île aux cactus. Ma mission ici est à présent achevée, quel soulagement. 

Clope au bec, regard tourné vers la fenêtre, je me projette mentalement sur mes prochaines aventures, avec l’espoir que celles-ci soient lucratives à souhait. Il n’y a rien de mieux que le profit pour motiver un homme.  En tout cas, cette phrase fonctionnait parfaitement sur moi, j’étais réceptif à cela. Malheureusement cette rêverie fut de courte durée, puisque le son du Den Den me sortit brusquement de cet état. Quel est l’abruti qui s’amuse à me déranger à un moment pareil ? 

En décrochant l’appareil, je mis quelques secondes à reconnaître la voix de cet interlocuteur à l’autre bout du fil, à ma grande surprise il était encore en vivant ce margoulin. 

« Oh, Monsieur Rilas, ça faisait longtemps dites-moi. Votre appel tombe plutôt mal, je suis en plein préparatif pour un dossier, mais je peux vous accorder quelques instants. Hmm.. Votre projet ? Vous vous éparpillez tellement qu’il m’est difficile de vous suivre, vous faites allusion aux paquets de saucisses ? Ah, oui, le projet sur les héros. Je m’en souviens à présent. Que puis-je faire pour vous ? Marchander avec une famille mafieuse n’est certainement pas la meilleure idée, mais soit, je ferai tout mon possible pour garantir vos intérêts dans ce dit contrat. Dès qu’il sera prêt, je vous le transmettrai, et surtout faites attention à vous. En parlant de faire attention, ce service de dernière minute vous sera doublement facturé. Je vous contacterai une fois arrivé à Water Seven, je vous prie de rester joignable. » 

Là, je regardais attentivement le contrat transmis par fax et j’haussais les sourcils en le lisant. Il s’est fourré dans un sacré merdier celui-là ou quoi ? Cette femme essayait de l’entuber et bien comme il faut en plus. Les requins comme elle me plaisaient fortement. C’est pas souvent qu’on a la chance de voir un document commercial aussi bien ficelé.

Étant le principal investisseur, ce serait logique qu’un tel pourcentage le lui revienne, mais je ne veux pas que mon client soit lésé dans cette opération. Puisque Rilas sera la vitrine de ce projet, sur le plan légal en tout cas, il se doit d’obtenir quarante-neuf pourcent des bénéfices. Il est bien plus difficile de rester dans les clous au niveau de la loi, que d'œuvrer dans l’ombre, c’est pourquoi Rilas aura une part importante du gâteau. 

Sur le reste du contrat, il n’y avait rien d’autre à ratifier, tout me semblait correct sur ce côté-là. La demoiselle serait-elle en furie en voyant ce nouveau montant ? Je l’espérais. De cette façon, elle aurait une dent contre moi et ça me donnerait une raison de la traquer. Moi aussi je veux profiter de ce juteux business. Après quelques heures de travail, je finis enfin par envoyer au propre le nouveau contrat à mon client.
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- Le projet Providence -



L'Énergumène qu'est Rilas s'en était aller dans un coup de vent, on aurait pu croire qu'il disposait du fruit de l'invibilité ou du vent tant il avait fui la maisonnée avec rapidité et discrétion. Seule avec son majordome, un soupir s'échappe tandis que ce dernier, rongé par la curiosité, décide d'outrepasser sa règle d'or: poser des questions. Alfred arque donc un sourcil à la manière d'une brindille un soir de tempête. Il se décide à déployer des trésors de volonté et d'abnégation pour trouver le courage nécessaire. Alfred était dans la famille puis des décennies et ses huitante printemps commencent à peser sur son échine érodée par le poids des ans.


"En vérité Madame. Je ne comprends en aucun l’intérêt de s'enticher d'un tel surexcité. Par ailleurs, je ne saisis pas l’intérêt non plus d'aller sur l’îlot flottant pour accomplir un tel dessein sous couvert de la Marine et de la légalité. Pourriez-vous m'éclairer ?"


Farore esquisse un large sourire, satisfaite d'entendre de telles interrogations, elle se lève de son bureau avant de donner une accolade franche au vieil homme puis elle vide son verre avant de se frotter négligemment d'un revers de manche la commissure des lèvres.

"Tu as vécu trop longtemps sur cette île mon vieil ami. Tu penses comme chaque personne ici. Et tu ne vois donc pas les véritables desseins de mon plan. C'est un bon point en soit. Ça montre là toute l'efficacité. Pour te répondre, j'ai choisi cet homme, car il a l'air fiable, et s'il ne l'est pas, il sera manipulable. Ou bien, je m'en débarrasserai. Pour ce qui est du reste... J'ai besoin d'une façade légale pour endormir les autorités et les autres familles un petit moment. Un bref moment... Un laps de temps suffisant pour ré-articuler mon plan autour du... Récif Noir."


Alfred écarquille ses yeux en amande en entendant le nom du "Récif Noir". Il n'aurait pas cru entendre à nouveau un jour ce nom et encore moins de la bouche de la petite fille de son créateur. Il était littéralement abasourdi par cette tonitruante annonce, ainsi donc les jours du Kraken et du Récif n'étaient plus en danger. Une goutte de sueur vient rayonner sur le front dégarni du vieillard qui en vient à sortir un mouchoir de poche en tissu carmin, avant de s'éponger.

"Par la barbe de votre grand-père. Si j'avais su... Pardonnez-moi cet écart de conduite. Je comprends davantage vos besoins de discrétions et les raisons qui vous ont poussé à faire croire que vous étiez hors-jeu. Si tout fonctionne... C'est du génie."


Après une nuit tempétueuse, entrecoupée par la violence des orages et des pluies diluviennes, les jardins délaissés du Manoir accueil aux premières lueurs de l'aube un nouvel invité impromptu qui n'est autre que Rilas lui même. Ce dernier était en parfait accord avec le contrat d'investissement réalisé par Farore et l'avait signé séance tenante tout en glissant à son tour son propre dossier. Celui des "Supers-héros". Après une lecture approfondie avec Rilas autour d'un petit-déjeuner et une bonne tasse de café, Farore s'était décidé de signer le dit contrat.

"Alfred, vous vous souvenez des bandes dessinées plus jeune ? Marineman, Corsairman, Mouetteman, ect ? Il faudrait me trouver un nom et un costume. Je vous laisse prendre contact avec Rilas pour ça. Oh, je veux que tout soit prêt pour que je puisse faire ma première apparition en héroïne sur l'îlot flottant."

Quelques jours plus tard, Rilas était parvenu à trouver un contact suffisamment influent pour greffer sa nouvelle équipe sur un navire de la Marine qui semblait lui aussi être au courant pour le départ de mission. C'est ainsi que Farore, venait de quitter Manshon pour la première fois de sa vie, voguant vers un destin qui lui est encore inconnu.


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Le projet Providence
On dit de la musique qu’elle adoucit les mœurs. Mais on dit aussi qu’accéder aux revendications financières lors de négociations adoucit la garde de celui, ou celle en l’occurrence, qui s’assoit en face. Ou peut-être étaient-ce la douceur des biscuits et la noirceur du café ? Seule Farore connaissait les raisons d’une telle résignation face aux demandes contractuelles qui l’attendaient lors de ses futures fonctions de célébrité. Pour autant, le néo-entrepreneur n’avait cessé de pousser le pourcentage de réussite à la hausse en mettant toutes les chances de son côté. Contrairement aux conseils de son avide avocat, Rilas acceptait intégralement les conditions émises par l’héritière Corsandre dans sa quête de complexe touristique, raturant les modifications effectuées par Maître Benny pour une associations plus équitable. Au diable l’équité, il lui fallait d’abord montrer patte blanche pour s’assurer le transfert de cette pépite Manshonnaise dans la future équipe.

« Un sacrifice que je suis prêt à prendre. »
  se disait-il, certain que la trentenaire à l’empire décrépit représentait le futur de son projet à l’envergure mondiale. Ravissante, sur le fil du rasoir entre l’érotisme et la vulgarité, flegmatique et pourtant si farouche en affaires, elle ferait assurément craquer les premiers réticents à l’idée qu’une ancienne – toujours – criminelle puisse être hissée au rang de héros. La part de ménagères n’était pas à négliger dans son équation de popularité mais son effigie masculine arriverait à point nommé, lorsque ce dernier lui sautera aux yeux. Après l’échec cuisant de sa Sucette Squad, le chapeauté mettait un point d’honneur à ne pas griller les étapes.

Les contrats dûment paraphés, il en restait justement une, d’étape, avant de voguer vers les îlots flottants aux côtés de la Marine : construire la légende. Avant de quitter le Manoir, l’organisateur avait semé une première graine de réflexion à sa désormais employée, lui laissant la lourde tâche de trouver un pseudonyme héroïque pour ses nouvelles activités. Une manière implicite et détournée de lui faire comprendre que « Farore S. Corsandre » représentait une vraie plaie commerciale, une catastrophe marketing, le trou noir du glamour. Assurément, le paternel Corsandre n’aimait pas beaucoup sa fille, possiblement qu’il désirait ardemment un enfant au sexe plus proéminent.

De retour dans sa chambre d’auberge miteuse, le jeune homme tapotait distraitement sa cuisse, étrangement installé sur une chaise devant la porte. Il connaissait les talents de businesswoman de sa petite protégée, mais l’expert truculent des personnages héroïques, c’était bien lui. Sa demande de réflexion concernant le futur surnom n’était qu’un écran de fumée pour lui laisser l’impression de choix. Et comme prévu, on toqua à la porte, avec quelques heures de retard toutefois. Sursautant sur son assise, les yeux mi-clos, entre la vie et la mort simulée par la somnolence, l’imprésario ouvre l’entrée de son sanctuaire au vieux majordome. D’un sourire fier, Rilas désigne l’autel dressé à l’effigie du nouveau personnage, pur fruit de son imagination, adapté aux qualités et défauts de celle qui revêtira le costume. Quelques croquis mal dessiné, des poupées en laine plus élaborées et surtout un nom inscrit sur une grande feuille trônant au dessus du reste.

« La légende de Fenice est en marche. »
KoalaVolant
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