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Réscussitationnement

Que vous soyez un quidam, un rookie, une supernova, un empereur, le roi des pirates, un  matelot, un colonel d'élite, un amiral, peu importe. Il est des choses qui nous terrassent. Devant la mort, personne n'est égal. Certaines sont glorieuses et marquent l'Histoire, créant la légende. Certaines passent inaperçues. D'autres sont juste relayées et les gens s'en foutent. Les disparitions entrent dans la même catégorie. J'ai disparu il y a des mois, un peu après les événements de Jotunheim.

Le monde n'a plus entendu parler de moi, sans savoir pourquoi. La majorité des gens s'en foutent. Après tout, qui suis-je ? Un énième pirate. Une autre supernova. Un traître de plus. Un connard. Un enfoiré. Un malade. Un handicapé. Quels faits d'armes méritent que le monde me connaisse ? J'ai affronté une vice-amirale, attaqué un QG de la marine, la gueule de requin, avec ma flotte, recruté des gens, accepter la bannière de Red, attaqué un second QG de la marine avec Red, Navarone, tuer un contre amiral, attaqué une prison de la marine avec la révolution et Armada, Jotunheim, créé un quartier sur Armada. Simplement depuis que je suis devenu pirate. Ouais, rien d'exceptionnel. Mon but a toujours été de détruire les dragons célestes. Surtout depuis que l'autre connasse a rasé mon ôle natale de Troop Erdu pour en faire son paradis de merde. Et tuer Teach aussi. Ça ferait bien sur mon cv.

Mais ça n'est rien tout ça. Ce ne sont que des mots. Les actions parlent bien plus. Et celle qui me caractérise principalement, c'est la maladie. Cette saleté de maux qui détruit, arrache, vole, fait mentir et consume petit à petit. Ma maladie mentale fait que les choses sont compliquées pour moi. Dernièrement, j'ai recruté quelques personnes. Enfin, quand je dis dernièrement, je veux dire avant de disparaître du monde. Puis, le Temps étant lui même, il m'a collé une bonne tatane dans la tronche, me mettant KO. La dépression. Cette merde qui te ronge jusqu'à l'os, qui te donne envie de ne rien faire, de rester couché dans le meilleur des cas. Pour moi, ça a été des envies de suicide, jour après jour, heure après heure, minute après minute, seconde après seconde. Quand rester en vie demande un effort, c'est que quelque chose cloche. Je ne me suis pas levé depuis des mois. Je n'ai vu personne depuis des mois, hormis Tor, mon fidèle bras droit. Il m'a nourrit de force quand je ne voulais pas avaler. Il m'a envoyé dans la douche quand je ne voulais pas bouger. Il m'a réveillé quand je glissais vers un sommeil sans fin. Il m'a baffé quand je disais de la merde. Il a tenté de me faire réagir. Malgré tout, rien n'a changé. Je suis resté une merde, un loque. Et lui, il est resté là. Il a géré mon quartier sur Armada. Il a géré mes business. Ça lui a coûté, mais il l'a fait pour une raison. Il est resté pour une raison. La foi.

C'est fou ce que ça peut faire comme merde ce truc. Il a endossé mon rôle pendant des mois. Il m'a suivit depuis longtemps parce qu'il croyait en moi. Et je l'ai laissé tombé, sans rien dire, sans rien faire. Parce que parler devenait trop pénible. Parce regarder demandait trop d'effort. Parce que vivre … vivre n'en valait plus la peine. Mon cœur a été brisé quand Franck est mort. Mon esprit a été brisé quand je suis mort et que j'ai perdu mon logia de la terre. Mon âme a disparu quand la dépression s'est manifesté. Elle s'est incrusté en moi, creusant jour après jour avec ses pioches, faisant des trous dans mon esprit. Franck n'était plus. Mon logia n'était plus. Mon esprit n'était plus. Red n'était plus. Alors pourquoi continuer, quand on a perdu ? Pourquoi se forcer à se lever, mettre un pied devant l'autre ? Pourquoi rester, gâcher de l'air, de la nourriture, de l'eau qui seraient plus utiles à d'autres ? Voilà comment j'ai vu le monde. Pendant des mois. Des putains de mois. Vous savez combien ça fait de secondes ? TROP. Aujourd'hui, c'est un jour de plus. Un jour ordinaire, dans une vie ordinaire, avec un soleil ordinaire, sur une île ordinaire, avec des gens ordinaires. Pourtant, rien n'est ordinaire dans la normalité. Cherchez pas, c'est philosophiquement inutile.

Tor s'approche de mon lit, un plateau repas à la main, qu'il pose sur la table de nuit. Il s'approche de moi, cuillère à la main. J’attrape sa main. Il pose le regard sur moi, lâche la cuillère. Ses yeux s'humidifient. Sa main tremble. Je plonge mes yeux dans les siens. Je prends la cuillère délicatement, la retirant de ses mains. Je la serre, et la retourne contre lui. Je le frappe à la tête plusieurs fois tout en me redressant à moitié.

« ça c'est pour le ragoût de poisson. Ça c'est pour les douches froides. Ça c'est pour m'avoir vu à poil.Et ça ... » Je lâche la cuillère et le prend dans mes bras. « ça c'est pour moi. » Ses larmes ne tiennent plus dans ses yeux et glissent sur ses joues. Il tremble de joie, soulagé. Il a compris. Il sait.

« J'ai faillit attendre.
Je sais.
Ça …
Chut. »

Il est des situations où les mots ne suffisent plus. J'ai toujours vécu avec le crédo « Parle autant que tu veux, seuls les gestes comptent. » Il m'est resté fidèle pendant toute mon absence. Plus qu'un subordonné, c'est devenu un frère pendant cette période. Quand on plonge dans un puits, la moindre lumière se remarque. Même si l'on veut creuser, plonger, descendre encore plus, on est forcé de voir la lumière. Cette lumière qui illumine et nous force à fermer les yeux à cause de l'aveuglement. Il a été ma lumière. A moi de redevenir la sienne. Je le libère de mon étreinte. Je me lève. Mon nez s'affole.

« Putain je schlingue.
Carrément. Aller, à la douche ! »

Il prend le verre d'eau de mon plateau et me le lance au visage. L'esquiver est une seconde nature, pas besoin d'y penser, mon corps le fait tout seul. Même après des mois de sommeil, mon corps se souvient de tous les entraînements effectués, de toutes les heures passées à s'améliorer. Il est des choses naturelles. Pour tout le reste, l'entraînement existe. Je retire mes vêtements et vais dans la douche. Je le laisse là, seul, avec ses pensées pendant que les miennes s'assaillissent. Combien de temps ? Qui est mort ? Qui a été muté ? Que s'est-il passé ? Pourquoi ? Red ? Armada ? La Frapperie ? Pour l'instant, je jette ces pensées par l'évacuation d'eau. Je me concentre sur moi. Moi et moi seul. Cette saloperie de maladie m'a volé de mon temps. Temps que je ne récupérerai pas. Jamais. A moi de compenser. Je sors de la douche, Tor m'a préparé des vêtements puis a quitté ma cabine. Mon costume habituel. Tee-shirt vert fluo, pour bien me repérer, un pantalon style jean, et bien sûr, ma veste en cuir. J'enfile mon accoutrement. Puis j'inspire. J'ouvre les portes, et fait face au Monde.




Dernière édition par Clotho le Mar 28 Juin - 10:33, édité 2 fois
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Spoiler:


Le soleil se couche, et moi je me lève. Avec mon logia, je vivais le jour. Il est temps de changer, et de vivre la nuit. Ça prend quelques secondes aux gens pour me remarquer. Tor est là, devant les autres, sourire aux lèvres. Je regarde chacun d'eux en descendant les marches. Je suis sur mon navire, sur l'Indomptable, au milieu de mon cadran. Certains pirates présents s'enfuient, s'éloignant de moi. Oui, je suis un fantôme. Je suis revenu hanter ces mers. Libre à vous de venir croiser le fer. Libre à vous de vérifier la véracité de mes mensonges. Libre à vous de vivre. J'avance, lentement. Mes jambes n'ont pas été utilisées depuis des mois. Mes pas ne sont pas sûrs. Ma démarche chancelante laisse voir que toutes mes capacités ne sont pas présentes. Je ne prononce pas un mot. J'avance. Plus personne ne parle. Plus personne ne bouge, hormis ceux s'écartant de mon chemin. Des bouches s'ouvrent de surprise. Seul le bruit des animaux se fait entendre. J'en profite. Je me délecte de ce calme. Ça change de ces pensées perverses qui m'enfonçaient dans la dépression. L'air me caresse le visage. Les effluves de sang et de relents chatouillent mes narines. Le sol semble nouveau, je le foule pour la première fois depuis longtemps. Trop longtemps. Des gens rappliquent en masse, venant voir. Rapidement, toute personne dans mon quartier a appris la nouvelle.

Qu'ils viennent voir si je suis vivants ou si je suis un fantôme, si la rumeur est vraie ou fausse, peu m'importe. J'arrête de survivre. Je me décide enfin à vivre. Je crois qu'il est temps. Je vois que chacun attend mes mots. Tout le monde sait que les premiers mots donnent le ton. Mais aucun ne me vient. Alors tout naturellement, je me laisse aller. Je rote sans me retenir. Ça vient du cœur. Enfin, de l'estomac plutôt. Des acclamations se font entendre, des rires surgisssent. Des bastons commencent, certains ayant pariés sur ma mort ou ma vie. Ils n'ont eu aucune nouvelle depuis des mois, c'est normal. Ils ont besoin d'être rassuré. Toutes les personnes proches de moi se taille un chemin à travers la foule. Et quand leurs yeux se posent sur moi, l'émotion les envahit. Je les salue d'un signe de tête chacun. Je leur confirme, le silence se refait.

« Oui, je suis là. Oui, je vais rester. Non, rien ne peut le garantir. Alors autant vivre. Assez perdu de temps. Amis pirates, piratons. Le monde a pu penser à ma mort, tout comme vous. Et il aurait eu raison avec le temps. Mais il a tord. Montrons lui. Reprenons la guerre que nous avons mené. Relançons les raids. Rappelons au monde qui nous sommes. Ce que nous faisons. Vous tous ici, vous avez choisit de me suivre. Je vous ai abandonné, lâché. J'ai fuis mes responsabilités. Je suis le pire capitaine que vous puissiez avoir. Mais ça, ça n'a pas changé depuis notre rencontre. Vous le saviez. Je suis moi. Vous êtes vous. Nous sommes eux. Ils sont nous. Montrons leur. »


Les pirates ayant un couvre-chef le lancent en l'air. Ceux ayant un bouche l'utilisent et acclament. Une bouteille de rhum est lancée dans les airs, puis explosé la seconde suivante avec une arme. Le rhum coule à flot. Aujourd'hui, c'est réconciliation, retrouvailles. Je ne suis plus celui que j'étais. Je ne suis pas celui que je serais. Je ne suis pas non plus celui que je suis. Un seul mot au monde peut me définir. Je suis Clotho. Et j'emmerde le monde. Je suis né pour être une écharde infime cachée au creux de votre peau. La saleté de nuage qui vient gâche votre bronzage. Le grumeau dans votre pâte à gâteau. Le moustique dans la nuit en plein été. La bouteille vide dans un bar. Je suis moi. Et la vie recommence, après ma seconde mort.

Le temps passe, une fête s'organise. La soirée est un délice. Un supplice d'avoir manqué ça. Les hommes parlent, les femmes se battent, les pirates s'amusent. Pas de fête depuis des mois. Pas de moyen de décompresser depuis longtemps. Il est temps. La nuit passe et l'alcool coule toujours, jusque dans les planches du bateau. Tor me charie, puisque je ne supporte toujours pas l'alcool, et boit mes diabolo fraise. Un pirate valant presque un demi milliard de berry buvant une boisson pour enfant. Et le dit pirate vous emmerde, vous qui jugez. Le pirate vit. Point. Le lendemain, les gueule de bois se font sentir, le vomit jonche le sol par endroit. Tor et moi, au petit matin, sommes dans ma cabine. Il me résume rapidement ce qui s'est passé, il m'explique ce que j'ai manqué, le temps qu'a duré mon absence, le retour de Red … Deux trois choses ont changé, sinon le monde est resté aussi pourri qu'avant. On doit déloger les dragons de merde. On doit faire trembler ce monde. On doit changer.

Je passe la journée dans la Frapperie après m'être changé, je visite les échoppes, je fais le tour du quartier. Mon quartier. Je reprend possession de ce qui est mien. J'observe des rixes parfois, des argumentations douteuses, des concours de boisson. Bref, la vie. Je sens mon corps qui récupère, mais pas assez vite à mon goût. Alors je vais me forcer. De plus geppou je me retrouve dans les airs. Puis je me laisse tomber. Je m'écrase au sol dans un certain fracas. Et je me relève sans une blessure. Le tekkaï kenpo est toujours parfait pour ce genre de situation, mon corps ne l'a pas oublié. Les gens me regardent surpris. Puis je plonge dans l'eau, les laissant crédule. Je n'ai pas nagé depuis … 1626, quand j'ai mangé mon logia. Une époque désormais révolu. Le sel marin rentre dans ma bouche tout en m'irritant les yeux. Pas de doute, seule la vie peut avoir un truc aussi dégueulasse. Je remonte à la surface. Je retourne sur mon bateau, me sèche, change d'affaires, et pars vivre ma vie.

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