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Jour de chance [Daewon Lee]

Lockail, Royaume de Royaume de la Veine
Début 1628


C’est la curiosité qui me pousse à visiter ce royaume, notamment pour certifier ou non les bruits de couloirs qui circulent sur l’exceptionnelle chance des locaux, qui sait, peut-être qu’une grosse prime me tombera sous la main sans produire le moindre effort. Je ne crois pas nécessairement en ces conneries de chances ou malchances, mais si ça permet de s’enrichir, alors pourquoi ne pas tenter l’expérience.

L’appât du gain est l’unique facteur qui entre en compte lors de mes prises décisions. Dégrader ou saccager un lieu n’a aucune importance à mes yeux, tant que je parviens à capturer ceux qui en valent la peine, en somme faire le sale boulot que la Marine refuse de faire par souci d’image. Si la bonne estime des habitants permettait de vivre confortablement on l’aurait su, n’est-ce pas ? 

Par contre, se faire braquer en pleine rue et en plein journée, ça ne fait absolument pas partie du programme. Possiblement que mon stylé vestimentaire soigné leur a tapé dans l'œil, et qu’ils se sont dit que j’étais une victime idéale. Pas très malin de leur part. N’ont-ils pas remarqué mon katana positionné à la ceinture ? En plus de cette lame, j’ai un flingue qui repose dans un holster mais ils ne peuvent pas le savoir, puisqu’il est dissimulé par ma veste. 

« Hé toi, le riche. Donne-nous ton pognon et plus vite que ça. » dit le plus costaud, en pointant son arme à feu vers moi. 

« Ouais, fais ce qu’il te dit sinon on n’hésitera pas à te descendre. » surenchérit, le plus chétif des deux. 

Ils se foutent vraiment de ma gueule ces deux-là ou quoi ? Leur donner gentiment tous mes biens ? Et puis quoi encore. Mon absence de réaction face à ces menaces commençait à les agacer, et pour mieux les faire sortir de leur gonds, je me permets même de me griller une clope sous leur regard médusé. Les passants quant à eux assistent impuissamment à cette scène. Certains d’entre eux me prennent pour un fou à ne pas céder à leur requête. 
 
Excédé d’attendre une réponse, le chétif s’en prend directement à l’un des témoins en lui plaçant sa dague sous la gorge. Cette prise d’otage me fait sourire.

« Je réfléchirais à deux fois si j’étais à votre place. Et vu l’agitation qui commence à y avoir dans le quartier, les forces de l’ordre ne vont certainement pas tarder à débarquer. Alors, je vous le redemande. Etes-vous sûr de faire ça ? » un simple avertissement de ma part.

« Tu feras moins le fier quand tu te retrouveras au sol à crouler dans ta marre de sang. » à ces mots, le gaillard s’avance jusqu’à moi pour poser le canon de son arme sur mon front. 

Quelle plaie ces deux-là, j’te jure. Je suis persuadé qu’ils ne valent même pas la peine d’être roués de coups. Se fatiguer à les cogner pour une maigre récompense, ce n’est absolument pas profitable, et puis je vais passer pour quoi à maltraiter des tocards dans leur genre ? 

Le bulldog je peux aisément le désarmer mais son petit copain ça va être plus compliqué. Le temps que je sorte mon flingue, au vue de la distance, il aura largement le temps d’égorger l’otage. Sans ces foutus curieux, la situation aurait été nettement plus simple, et merde. Allez mon p’tit Benny, réfléchis et vite…
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1628 - Royaume de la Veine - 26ème jour d’infiltration dans la garnison dirigée par le Lieutenant Colonel Freddy Hach - Mission d'observation d'un mois

Même après un mois au sein de la garnison du Royaume de la Veine, je ressens toujours un étrange frisson à patrouiller dans la tenue blanche de la Marine. Je me souviens encore parfaitement de mon départ d’Ohara… si j’ai finalement décidé d’intégrer la Centrale Judiciaire du Gouvernement, la tentation de m’engager dans la marine était grande. Et, alors que je marche aux côtés de deux soldats dans les rues de Lokail, je dois bien avouer sentir le poids de cette grande institution sur mes épaules.

« ... et en à peine quelques semaines, je me retrouvais là ! Shell Town me manque un peu, j'dois bien l'avouer, mais on fait avec. Et toi, Dante ? C-... » demande aussitôt un soldat dont les boutons trahissaient un jeune âge.

« C’est : “Caporal Savonarole”, mon gars. Tu d’vrais faire gaffe. Même s’il est un sympatoche, tu dois toujours causer à quelqu’un de manière protocolaire. » sermonne un soldat dans sa vingtaine se conduisant déjà comme un vieux loup de mer de 60 ans.

Tandis que le jeune Reynolds s’excuse en se grattant la tête, je souris légèrement à son attention, non sans contredire le rigoureux Kaneko. Toutefois, mon visage se durcit en une fraction de seconde, tandis que je lève le bras pour arrêter la marche et exiger le silence. Je crois rêver, une attaque armée en pleine rue ? C’est la première fois que je suis confronté à une situation pareille depuis le début de mon opération.

Profitant d’une ouverture dans le dos des malfrats, nous nous approchons en utilisant les quelques curieux comme couverture. Étrangement, l’homme en tenue élégante ne semble pas particulièrement inquiet de cette situation, me laissant penser qu’il doit savoir se battre. Je préfère donc envoyer mes deux collègues lui prêter main-forte tandis que je neutralise celui qui menace à l’arme blanche un homme paniqué.

Après un bref signe, nous exécutons une attaque-éclair contre nos deux cibles. Ils nous voient juste avant que nous puissions les prendre en traître, mais c’était déjà trop tard. Celui dont je m’occupais s’effondre au sol rapidement. Celui qui porte l’arme se fait facilement battre par mes deux comparses… mais aussi et surtout l’homme en costume, qui réagit avec une grande vivacité, comme s’il avait fait ça toute sa vie. Tout s'est passé très vite. Ils pourront regretter fortement leur stupidité en contemplant leurs menottes.

« Félicitations messieurs. Je vous prie de les conduire derrière les barreaux en attendant de statuer sur leur sort. Je m’occupe d’interroger les victimes. »

Les deux soldats acquiescent avec énergie, fiers d’eux-même. Avant de partir, Kaneko dévisage le civil qui nous a - malgré nous - prêté main-forte et me chuchote quelques mots à propos de lui. Visiblement… ce n’est pas un parfait inconnu. Je hoche la tête, puis m’occupe de rassurer les quelques témoins de la scène et surtout le pauvre jeune homme encore traumatisé. Pour finir, je me tourne vers le second « otage ».

« Ravi de voir que vous n’avez rien. Je suis le caporal Savonarole. » Je marque une petite pause pour le saluer de la tête, glissant au passage un petit regard sur le katana accroché à sa taille. « Connaissiez-vous les deux agresseurs ? Normalement, ce genre d’attaque se situe dans les alentours de Leg’s of Rabbit City, contre ceux qui se sont mis plein les poches en gagnant - comme toujours - aux jeux. "Pas de chance", comme on dirait vers Dastrino. »

Une élégance certaine, une tenue vestimentaire soignée, probablement très chère… il paraît être un profil idéal pour tout voleur. L’attaque était sans aucun doute un hasard.

« Par ailleurs, votre visage était familier à mon collègue. Vous n’habitez pourtant pas Lokail, je me trompe ? »
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La situation commençait à devenir urgente et stressante, non pas pour moi, mais plutôt pour ce pauvre malheureux qui était pris pour cible. Pour le moment, tout ce que j’avais fait, c’était de gagner un maximum de temps, pour laisser je ne sais qui intervenir à ma place. Malheureusement dans un tel bourbier je ne pouvais compter que sur moi-même. 

A la vue d’une présence des forces de l’ordre, je ne pus m’empêcher de narguer mon agresseur par le biais d’un sourire moqueur. Ouais, c’était plus fort que moi.

« Faudra pas venir se plaindre, parce que je vous avais prévenu. » 

A peine la phrase achevée, que j’empoigne le fourreau de mon arme, et dans l’exécution du geste je frappe sa main qui me tenait en joug. Une synchronisation surprenante entre les marins et moi, puisqu’au même instant, le chétif se fait maîtriser par surprise et que le gaillard subissait également le même sort. 

Dans cet élan d’adrénaline, et aussi parce que je suis lâche il faut se l’avouer, je frappe de toutes mes forces - toujours à l’aide du fourreau - l’individu alors qu’il était sous contrôle. A ce que je sache, on n'avait pas élevé les cochons ensemble, alors pour qui se prenaient-ils à me menacer ? En pleine rue qui plus est. 

Et voilà, ces deux abrutis avaient réussi à me faire sortir de mes gonds. Cette mise en bouche me donnait envie d’en casser d’autres comme eux. Évidemment, je ne comptais pas m’arrêter à ces deux hors-d'œuvre, je voulais cogner sur quelque chose de bien plus croustillant et qui rapporterait nettement plus de bénéfices. Parce que ce n'étaient pas ces guignols qui allaient financer mon train de vie. 

Après cette arrestation quelque peu musclée, je sentais une certaine méfiance du côté des hommes en uniforme à mon égard, pour une raison que j’ignorais. N’ont-ils jamais vu quelqu’un de fringant savoir se battre ? Si c’est bien cette hypothèse, il faut qu’ils sortent de leur petit confort. Ou alors, il s’est souvenu de moi lorsque je roulais pour la mafia en tant que collecteur de dettes. C’est également une possibilité…

« Savonarole ? Et bien merci pour le coup de main. » dis-je dans un premier temps, j’en profite par la même occasion pour réajuster ma tenue suite à cet affrontement. « Si je les connaissais, ils seraient déjà tous morts. » 

De par mon expérience, j’ai appris à ne pas laisser de témoin gênant et ces deux amateurs se seraient retrouvés à la morgue, si nos chemins s’étaient croisés dans un autre contexte que celui-ci. Je n’ai non plus aucune intention de cacher mes envies meurtrières à ce caporal.  

Avant de répondre à sa dernière question, j’allume une autre clope afin de regagner en lucidité, et bien oui la nicotine servait de calmant pour moi. 

« C’est la première fois que je mets les pieds ici. Peut-être qu’on s’est croisés dans une autre vie. » 

Sans pour autant attendre la réponse de mon interlocuteur, je me mets à suivre ses collègues, qui me mèneront tout droit à leur base. Si je voulais connaître l’identité des scélérats qui gangrènent cette ville, c’est évidemment là-bas que j’aurais ces informations. Sur le chemin, je lui pose quelques questions pour en avoir le cœur net.

« Quelle est la fréquence de la délinquance dans cette cité ? Où est-ce qu’on peut mettre la main sur les plus dangereux d’entre eux ? » 

Me prendrait-il pour un fou ?
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Quelle agressivité… mêlée par ailleurs à une forme d’arrogance ou un sentiment de supériorité visible dans son comportement, sa posture ainsi que son discours. Après plusieurs jours de travail et de patrouilles, qui m’avaient au moins permis d’observer avec efficacité le fonctionnement de la 466ème division, voilà que je me retrouve dans la dernière semaine de ma mission face à un excentrique. Comment réagirait un caporal de la Marine, à ma place ? Difficile à dire.

Soudain, avant même que je puisse réfléchir, il se met à suivre mes collègues. Légèrement consterné par cette situation, je le regarde en me grattant un peu la tête avant d’emboîter moi-même le pas dans sa direction. Il annonce rapidement son objectif, confirmant une fonction de chasseur de prime.

« Vous devriez calmer vos ardeurs, monsieur. Le Royaume de la Veine n’a pas vraiment de grande criminalité. » lançais-je paisiblement après m’être posté à côté de lui.

L’ex-Baterilla vivait dans une bulle tout à fait particulière. Les “veinards” de Leg's of Rabbit City craignaient rarement les criminels en raison de leur chance absurde - vraiment, j’ai pu observer par moi-même ces spécimens, c’est incroyable. Quant aux malchanceux de Dastrino, ils restent enfermés derrière leur mur. Jamais mon assignation de patrouille ne m’a amené là-bas, mais les rapports ne mentionnent pas non plus grand-chose à ce sujet. Enfin… ça ne veut pas dire que le crime n’existe pas ici.

Mes deux collègues restent relativement silencieux durant la marche. Reynolds se montre un peu plus ouvert, mentionnant tout de même certains avis de recherche, mais Kaneko dégage une froideur concrète à l’encontre de notre “ami” en costume. Je n'ai rien à observer de ces deux-là, ce sont de bons soldats, prometteurs et sérieux. Je me permets donc de monopoliser la parole.

« Commençons par le début. Vous n’avez toujours pas dit votre nom. »

Quelque chose me dérangeait, aussi. Première fois qu’il venait ici, dans un endroit à faible criminalité, sans raison apparente, sans prime particulière, ni quoi que ce soit ? Avant même la moindre hypothèse, il faut que je cerne le personnage.

« Je suppose que vous avez une carte de chasseur de prime ? Ou même une licence de chez Baroque Works, si vous y travaillez ? »

Une bonne façon d’obtenir des informations sur lui. Personne n’a autorisation à être chasseur de prime sans une licence, tandis que la Marine n’a pas le droit de collaborer avec n’importe qui. Ce sont des lois simples, mais qui souffrent malheureusement d’une certaine flexibilité.

Il s’avère être bien membre de Baroque Works. Ca explique, en partie, son attitude. Il a sûrement l’habitude d’avoir affaire à des criminels et à des situations délicates… Quelle situation intéressante, finalement. Il faut que j’arrive à provoquer une collaboration. Ce serait une occasion idéale de voir quelques marines en action. Peut-être est-ce rare de travailler de concert avec un chasseur de prime, mais Baroque Works étant affilié au Gouvernement…

« Bien… nous avons peut-être quelques primes à vous proposer. Vous avez un type de cible en particulier ? Une façon de procéder ? De mémoire, il y a bien quelques gêneurs que vous pourriez gérer pour nous… ou avec nous. »

Tous les primés ne se ressemblent pas. Certains ne pourront pas être accessibles par des méthodes directes, tandis que d’autres nécessitent des actions incisives et efficaces. Dans ces derniers cas, c’est surtout le Lieutenant colonel qui pose problème. Depuis mon arrivée, je vois bien qu’il préfère vivre dans son confort plutôt que d’être proactif, ce qui a tendance à m’agacer.
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Le Royaume de la Veine n’a pas vraiment de grande criminalité, répète-je à plusieurs reprises dans mon esprit, afin d’assimiler cette information. Dans ce cas, pourquoi vouloir s’engager ici ? S’il n’y a pas de grande délinquance, je présume que ces soldats sont simplement là pour faire acte de présence auprès de la population, et le reste du temps ce sont des gratte-papiers. 

J’aurais dû me renseigner en amont. Pour les amateurs de frissons tel que moi, je ne vois pas comment exprimer nos pulsions sur une île aussi tranquille, mon séjour ici ne commence pas de la meilleure des manières. Avoir fait tout ce chemin pour récolter des clopinettes, ça me déprime d’avance. Et dire qu’en arrivant, j’avais bon espoir de rafler la mise, mais le caporal a douché cette flamme qui sommeillait en moi. 

En plus de vouloir me décourager, celui-ci se montre assez intrusif en essayant de me soutirer des informations, il veut que je lui donne mon état marital pendant qu’il y est ? Il m’a l’air procédurier. Le genre de gars pas du tout marrant, qui ne fermera pas les yeux sur des actes borderline, et qui ira moufter auprès de sa chaîne de commandement dans le but de se faire mousser. Ouais, il correspond aux critères du parfait emmerdeur. 

Je mets une main à la poche pour y saisir quelque chose et je finis par lui présenter la carte qui me certifie de chasser les primés. 

« On m’appelle Benny. Tu peux m’appeler ainsi si l’envie te prend. » je me suis fait connaître à travers ce nom, c’est tout à fait normal que je le garde. « Pour être franc, je n’ai pas pour habitude d’avoir quelqu’un dans les pattes, mais je peux faire une exception si je juge que ça vaut le coup. » 

Parce que s’il est réellement casse bonbons, je ne suis pas certain qu’il apprécierait les méthodes peu conventionnelles pour appréhender un hors-la-loi, je vois déjà le tableau d’ici; Savonarole complètement furax suite aux dégâts que j’aurais occasionné. Cette scène serait vachement marrante en fait. Inconsciemment, mon langage corporel me trahissait en affichant un sourire sur ce minois de vandale qu’est le mien.

« Puisque vous m’avez aidé tout à l’heure, c’est la moindre des choses que je vous renvoie l’ascenseur, n’est-ce pas ? Une opération conjointe ne serait pas de refus. Si vous avez dans vos fichiers des groupuscules de crapules, ce serait vraiment l’idéal, parce que c’est bien plus amusant de fracasser plusieurs pourris plutôt qu’un seul. » annonce-je de manière totalement décontractée. 

Tellement à l’aise que j’en viens même à lui adresser une tape amicale suivit d’un clin d'œil. Un geste volontaire afin de le tester. 

« Tes hommes et toi avaient déjà travaillé avec mes confrères ? Si c’est pas le cas, sachez qu’on est tous différents et qu’on n’ emploie pas forcément les mêmes méthodes. Personnellement, je m’adapte à la situation, même si je dois l’admettre qu’y aller franco me plait aussi. Sans cette prise d’otage, les deux malfrats auraient déjà fini au tapis, et vous n’aurez sans doute jamais su qui avait bien pu les aligner. » 

J’adopte un ton on ne peut plus sérieux cette fois-ci.

« En tant que caporal, combien d’hommes t’as à disposition ? Ont-ils déjà ôté la vie de ces cibles ? Sont-ils prêts à le faire ? Je ne travaille qu’avec des personnes déterminées à éradiquer ces vermines et peu importe la manière employée. »
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Avec un certain flegme, j’effectue quelques pas latéraux pour réinstaurer une distance que le chasseur de prime a tenté de réduire par sa tape et son clin d'œil. Me montrant très peu réceptif à ce genre de procédés, je me concentre uniquement sur la suite. Une collaboration apparaît comme possible, quoiqu’elle s’annonce amère compte tenu du visage satisfait de l’homme de Baroque Works.

Si j’ignore ce qu’il a en tête, je sais que ma vigilance vient de grimper. Mon interlocuteur transpire l’envie de tuer, ou du moins affiche clairement son aisance à le faire. Le problème est qu’il ne serait même pas hors-la-loi s’il venait à massacrer froidement les fugitifs recherchés. Ne placarde-t-on pas partout, presque fièrement, la mention “dead or alive” ?

« Avant tout, je dois en informer mon supérieur. Comme vous l’avez dit vous-même, ce n’est pas la norme de collaborer étroitement avec un chasseur de prime. »

Pour l’heure, je l’invite implicitement à ne pas poser trop de questions. Nous n’avons pas à le faire, et encore moins avant d’avoir la certitude de mener ensemble une opération. Cela dit, ses questions me permettent d’identifier précisément son profil. Dans une autre vie, il aurait fait un parfait membre du Cipher Pol. Hélas, pour éliminer un pirate ou un révolutionnaire problématique, il faut parfois avoir recours à ce genre de personnalités.

Alors que nous faisons marche vers la garnison, nous traversons un quartier de Leg’s of Rabbit City quand des hurlements se font entendre dans une boutique non loin. Rapidement, ce sont des bris de verres et des cris apeurés qui parviennent à nos oreilles. Nous traînons tant bien que mal nos deux prisonniers avec nous et tombons nez à nez avec un petit groupe qui dégrade sauvagement un bâtiment.

« Espèce de misérable… tu m’avais promis la chance ! J’ai eu que la ruine !  Cette carte au trésor était bidon, hein ?! Hafafafa, je vais t'apprendre à m'arnaquer ! »

Bon sang mais que se passe-t-il ? De tous les endroits, jamais je n’aurais cru qu’un tel chaos règne dans cette ville chanceuse. C’est une journée maudite dans le calendrier du Royaume de la Veine ? Les phénomènes ont décidemment cette fâcheuse tendance à se grouper.

Une grande femme, mesurant peut-être 2m50, tenait un énorme gourdin en pierre dont un seul coup avait suffit à détruire la porte d'entrée de la boutique. Dans celle-ci, un vieil homme se cachait derrière un meuble tant bien que mal pour se protéger. Derrière ce qui paraît être une capitaine pirate, une enfant est retenue par les cheveux par un homme poisseux et maigrichon.

Deux prisonniers à surveiller, des civils qui se font attaquer, et des pirates à gérer. Ca fait trop… peut-être que le chasseur de prime va se révéler être une chance pour nous, bien que j'aurais aimé que ça se déroule autrement.

« Caporal, on fait quoi ?! On va l’aider ?! » s’exclame brusquement Reynolds…

« Kaneko, attachez les prisonniers au lampadaire. Reynolds, appelez du renfort avec votre Den den mushi. Chasseur… nous, on va s’occuper en priorité de boucler la zone et sauver les civils. Vous…. eh bien, faites ce que vous avez à faire. Celle au marteau risque de poser problème. Vous serez récompensé pour leur capture. »

J’ignorais totalement s’il s’agissait d’individus recherchés. Ce que je savais, en revanche, c’est qu’ils étaient désormais des criminels. Et, dès lors, Benny avait l’autorisation d’agir. De toute manière, son aide représentait l’unique façon de garder un semblant de contrôle sans risquer trop de dégâts. Comme l’a très bien dit Reynolds, ce que la Marine doit faire en priorité, c’est protéger les civils... et je serai de toute manière meilleur dans ce rôle que dans le combat.


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FLASHBACK

Et voilà, qu’est-ce que j’avais dis…Ce type est incapable de prendre des initiatives sans pour autant passer par sa hiérachie. Travailler à ses côtés va s’avérer compliqué. Décoince-toi un peu, mon vieux ! C’est pas en jouant les planqués que tu vas choper une promotion, hein. Discuter avec lui sur ce sujet ne servirait à rien, mis à part me gonfler davantage, d’autant plus qu’il a balayé mes questions et les a laissé sans réponse. Un bel emmerdeur ce Savonarole. 

Avec cette déception, je n’avais qu’une hâte, c’était d’arriver au sein de leur base. J’imaginais déjà la petite fortune qui m’attendait sagement et c’est cet imaginaire qui réhaussait ma motivation. Durant tout le long de la traversée de ce quartier, je restais silencieux, premièrement parce que je n’avais rien à dire de particulier et secondement je ne désirais pas être ignoré une seconde fois. Oui, oui, j’ai la rancune tenace. 

Là, des cris de stupeur ainsi que des bruits de débris se firent entendre dans une direction, bon sang qu’est-ce qu’il se passe encore ? Assistant à cette scène inattendue, je me demandais si le caporal ne m’avait pas berné, parce que pour une ville qui recense peu de criminalité, il y a tout de même eu deux agressions en peu de temps. C’est bon j’en suis entièrement persuadé, ce gradé n’a jamais mis les pieds sur le terrain, il a sorti ce baratin pour me rassurer. Je ne suis pas dupe, monsieur !  

Attends… C’est cette femme qui a fracturé cette enseigne ? Punaise, elle est énorme. Souvent les géants dans son genre sont fragiles au niveau des jambes, il suffit simplement de marteler ses genoux et le tour sera réglé. En faisant plus attention aux détails, je remarquais de nouveau une prison d’otage, mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec ça ? C’est un sport national ici ou quoi. 

Pendant ma période d’observation, Savonarole et ses hommes se mirent en alerte. Tout d’abord, en ligotant contre un lampadaire les deux captifs puis en sécurisant la zone afin de mettre le maximum de civils à l'abri. La promesse d’une alléchante récompense me réchauffait le cœur. Par contre, s’ils ne sont pas recherchés, saches que je te ferai la peau mon cher Savonarole. Tu viens de t’endetter auprès de moi et je viendrais récupérer mon dûe et qu’importe la manière.  

« Faites ce que vous avez à faire. Ne vous inquiétez pas, je m’occupe d’eux. » 

Me voyant s'approcher dans sa direction, la sauvage au gourdin me prit pour cible, pour une personne de son gabarit elle semblait véloce et je n’ai à peine eu le temps de réagir, qu’elle me propulsa à travers le bâtiment qui se trouvait en face. 

« Dégage de-là moucheron. Tu vois pas que je suis déjà sur les nerfs ?! » réplique la femme au gourdin.  

« Bien envoyé, Astride. Laisse, je me charge de lui, toi massacre celui qui essayé de te rouler. » dit ensuite l’homme qui détenait la jeune fille. 

Folle de rage de s’être faite duper de la pire des façons, la géante frappa alors le sol à l’aide de son gourdin, la puissance du coup scinda en deux le sol. Ce qui l'énervait encore plus, c’est que des gêneurs se mêlaient de ses affaires et cela la poussait à en découdre le plus rapidement possible. Son acolyte ligotait fermement la demoiselle puis s’arma de son fusil et prit en joug ma position supposée. 

Je finis enfin par me relever. Fais chier mon splendide costume est foutu maintenant… Oui, à ce moment-là je me souciais plus de l’état de mes affaires que des mes blessures. Certes, j’avais mal mais je savais encaisser les coups. Au lieu de sortir à l’endroit où je me suis fait propulser, je décidais de sortir par l’arrière du bâtiment afin de les prendre par surprise. Posté à l’angle de la boutique, j’avais une vue parfaite sur ces fouteurs de troubles, qui étrangement n’avaient pas bougés de leur position. Agacé, le maigrichon ouvrit le feu dans les décombre où je me trouvais précédemment, franchement quel idiot. 

Si je souhaite me débarrasser d’eux, il faut absolument les piéger, c’est risqué ce que je compte faire mais tant pis, je n’ai pas le choix. En sortant de ma cachette, je les avertit de ma présence en sifflant. La riposte ne se fit pas attendre, un feu nourri s’abattait vers moi et n’étant pas un surhomme je pris mes jambes à mon cou. Par la suite, tous deux me prirent en chasse. Une bonne chose de faite, Savonarole et ses hommes pouvaient porter assistance à la demoiselle. 

Une course poursuite effréné avait lieu dans le quartier, les balles sifflaient, les coups de  gourdin grondaient également, j’évitais tant bien que mal ces attaques en zigzaguant le plus possible. Non, je ne fuyais pas. Là, je me suis mis à bifurquer dans une ruelle à ma gauche, dans la foulée je sortis également mon flingue pour leur tirer dessus, plus précisément je visais l’homme au fusil. Chaque balle est parée par la géante au gourdin…
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Le chasseur de prime nous arrange beaucoup, je ne vais pas mentir. Non seulement il endosse le rôle de cible mouvante, mais il focalise également l’attention sur lui, devenant, aux yeux des cinq pirates présents, la menace principale. Par conséquent, nous sommes en mesure de sécuriser la zone assez facilement.

L’ouverture crée par notre allié de circonstance a aussi l’avantage de nous permettre de récupérer la fillette. Au moment même où Benny s’éloigne, nous effectuons quelques tirs de sommation en direction du pirate squelettique, le forçant à laisser derrière lui l’enfant. Malheureusement, tout ne se déroule pas à la perfection. Ce que je suppose être le bras droit de la femme se révèle extrêmement rapide. Il se met rapidement à l’abri, et, surtout, il parvient à lâcher derrière lui une petite bombe artisanale… qui roule jusqu’aux pieds de la petite fille.

Sans réfléchir, sans peser le pour et le contre, je me propulse en avant en utilisant maladroitement le Soru. Le souffle de l’explosion s’écrase contre mon dos et me projette assez brutalement contre un mur. Heureusement, entre mes bras, des yeux bruns larmoyants m’indiquent que l’enfant n’avait subi aucun dégât.

Un coup de feu résonne derrière moi. Reynolds avait fait feu sur un adversaire qui avait tenté de me prendre en traître. Quant aux deux autres hommes de main, ils avaient visiblement été sonnés par l’explosion, permettant à Kaneko de les appréhender. Une douloureuse sensation de brûlure bourdonnait dans mon dos, mais le temps n’était pas au repos.

Confiant la fillette à Reynolds, je rejoins aussi vite que possible le chasseur de prime. Le quartier paraît être un véritable labyrinthe… comme par hasard, les rues semblent toujours s’allonger et se multiplier lorsque le temps presse.

Je finis par retrouver leur trace dans une allée principale. A force de s’éloigner, les civils ont commencé à réapparaître. C’était catastrophique. … ou peut-être pas. En voyant un petit groupe à quelques mètres, juste devant le chasseur de prime, le pirate voit une occasion en or pour sortir une nouvelle bombe.

« Cap’taine ! CA VA PÊTER ! » hurle-t-il en allumant la mèche.

Je n’aurai aucune ouverture meilleure que celle-ci. Je sors en un éclair mon pistolet, ajuste la ligne de mire et tire en direction de la bombe, encore dans les mains  élevées du pirate... mais rien ne se passe. La balle s'écrase brutalement contre un mur, sans aucune détonation. J'ai raté la cible... Le temps paraît se figer temporairement. Le son semble étouffé. Mes yeux trahissent mon angoisse. Quel cauchemar...

Non, non, non. Réveille-toi, bon sang. Garde ton sang-froid. Me ressaisissant immédiatement, je réajuste mon pistolet et fait feu à nouveau. La balle siffle et traverse la petite bombe qui était en l’air, juste devant la femme au gourdin. La déflagration brûle une bonne partie de la femme… qui reste pourtant stoïque. Une véritable montagne. Elle hurle de douleur, mais résiste et écrase avec précision son gourdin en direction du chasseur dans un mouvement vengeur. Elle voulait le tuer. La frappe est extrêmement violente… mais son mouvement ralentit incontestablement par rapport aux assauts précédents. Elle souffre.

Au même moment, ce fichu artificier parvient à m’atteindre au niveau de l’épaule dans un mouvement si rapide que j’ai à peine eu le temps de le suivre. D’un plongeon, j’utilise un mur comme couverture et maintient l’attention du moucheur en tirant de temps en temps en sa direction. Au moins, désormais, le chasseur de prime ne combattait plus deux adversaires en même temps. En revanche, je peinais à trouver une solution. Je regarde mon environnement, je lève les yeux au ciel, mais rien n’y fait. Puis, une illumination me vient. Je monte difficilement sur un rebord de fenêtre, juste au-dessus de ma tête, et retire mon blouson que je lance au niveau de ma position précédente. Le pirate fait feu… mais ne fait que trouer le vêtement. Je me dévoile alors depuis ma hauteur, pointe mon pistolet vers la poitrine de mon adversaire et tire.

Touché.
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FLASHBACK

Cet affrontement qui paraissait déséquilibré, prit une toute autre tournure à l’arrivée du Sergent, et ce n’était clairement pas pour arranger les choses mais plutôt pour les aggraver. Son geste partait d’une intention, mais à mon avis, il n’avait pas entièrement mesuré les risques de cet acte qui allaient me revenir en pleine figure tel un boomerang. 

Prise de colère à la suite des blessures occasionnées par la déflagration, la géante était bien décidée à passer ses nerfs sur moi, alors que je n’étais en rien responsable de ce coup du sort. Le Royaume de la Veine portait une appellation mensongère, parce que depuis mon arrivée sur l’île le vent ne tournait clairement pas dans ma direction. Etais-je frappée par une espèce de malédiction ? Peut-être bien. 

Esquiver cette soudaine attaque devenait compliqué, la seule solution qui s’offrait à moi, c’était de parer à l’aide de ma lame, ce que je fis sans véritablement réfléchir. Amortir ce violent choc fit craqueler le sol sous mes pieds. Cela en disait long si la force de ce monstre. Comme si ça ne suffisait pas, elle asséna une deuxième frappe que j’essayais d’encaisser tant bien que mal. La situation devenait de plus en plus critique. 

Subir sa furie finirait pas me conduire à ma perte. Lors de sa troisième tentative, je me suis légèrement décalé en faisant un pas de côté, ce qui m’a permis d’éviter in-extremis ce coup qui aurait pu s’avérer décisif. Transcendé par l’envie de lui refaire le portrait, je diffsuais par la suite une aura givrante pour recouvrir mon arme, et je passais immédiatement à l’action. Non pas une, ni même deux, mais bien trois attaques successives, qui n’avaient pour objectif de blesser la géante mais d’endommager son arme. Comme espéré, celle-ci se défendait de chaque attaque, mais finit par se rendre de l’état de son gourdin. Prisonnier dans une couche de glace. 

Là, sans aucun état d'âme je viens frapper le gourdin pris au piège, au moment de l’impact celui-ci volait en éclat, à cause de sa soudaine fragilité. Tous les moyens sont bons prendre l’ascendant sur un opposant quitte à détériorer son équipement. Certes, je n’étais d’une force incroyable, mais j’avais suffisamment de malice pour surprendre l’ennemi, en utilisant le Ice heart à bon escient. 

L'ancienne détentrice du gourdin poussait un cri de rage en apercevant la fourberie qui venait de lui être jouée.  

« Bah alors, faut pas se mettre dans tels états voyons…» prononce-je avec un sourire narquois. 

Ces quelques mots la firent entrer dans une rage folle, plus impressionnate que la précédente, elle bondit ensuite très dans les airs pour tenter de m’écraser de tout son être. Le temps que cette énorme masse volumique ne vienne attenter à mes jours, je me préparais à une ultime riposte. Il fallait tout donner.

« Blizzard... » 

Chaque parcelle de mon corps était à présent recouvert d’un froid extrême, refermant par la même occasion la lame dans son pommeau. Je n’ai pas hésité un seul instant à fondre tout droit vers la géante pour tenter de la pourfendre. Le geste était si soudain qu'il donnait l'impression que je n'avais guère dégainé pour l'atteindre. Une terrible collision aérienne. Nos corps respectifs tombèrent tous deux au sol produisant un sacré bruit de fracas. 

Pour ma part, j’étais toujours conscient malgré les multiples douleurs qui m’envahissaient, et qu’en était-il pour la géante ? Une chose était certaine : pour me retrouver dans un tel état de faiblesse, j’étais sacrément rouillé et j’ai certainement sous-estimé la force de mon adversaire. J’espérais que le Caporal s’en sortait de son côté.



Dernière édition par Benny le Ven 12 Aoû 2022 - 12:00, édité 1 fois
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Aussitôt mon adversaire touché, je bondis de ma hauteur, prend appui sur le sol et viens écraser un fulgurant coup de pied dans la cage thoracique de mon adversaire, qui produit un net craquement après l’impact. A genou, luttant pour rester dans le combat, il crache quelques gouttes de sang en ma direction, dévoilant un sourire troué composé de dents jaunes, noires et argentées - désormais ensanglantées. Par chance, ma balle s’est logé de sorte à l’affaiblir considérablement.

SI celui-ci est neutralisé, ce n’est pas le cas de la capitaine. Après qu’un frisson m’a traversé, je ressens en effet un brusque tremblement causé par la chute des deux combattants, à quelques mètres de moi. Un épais nuage de poussière s’élève, dissimulant temporairement les deux silhouettes.

« Faut… se tirer, Drago. On a trop traîné… Drago ? » dit-elle d’une voix à la fois portante et fatiguée. « Aïe aïe aïe... Saleté de blondinet… »

La grande femme s’extirpe péniblement de l’amas poussiéreux, désarmée, un bras totalement bleu et tremblant de froid. Elle ne me regarde même pas, elle cherche désespérément son membre d’équipage avant de finalement l’apercevoir. En voyant son acolyte au sol, inerte, son visage flamboie d’une rage ardente… mais son corps ne répond que faiblement à cette nouvelle éruption. Blessée, contrainte de porter son subordonné tant bien que mal, la criminelle peine à représenter une menace pour moi. Un discret Kami-E me permet ainsi d’esquiver ses frappes, mais ma puissance brute est incapable de l’achever pour autant. Aucune frappe que j’adresse ne semble causer le moindre dégât, tandis que ma blessure à l’épaule me rend prévisible.

« Ca suffit ! Déposez les armes, pirates ! »

Pfiou, enfin… j’écrase mon fessier au sol en soufflant un bon coup. Malgré les civils à protéger, il était temps que la marine locale apparaisse. Ils ont trop traîné, mais c’est malheureusement le risque d’un environnement aussi calme que celui du Royaume de la Veine. Dans un autre contexte, un tel délai aurait pu être dangereux, mais… soit. J’indiquerai tout ça dans mon rapport plus tard.

La tranquillité restaurée, mon premier réflexe est de sortir ce maudit paquet de cigarette et d’en allumer une pour décompresser. Puis, le regard tourné vers le point de chute de la capitaine et du chasseur de pirate, je finis par voir Benny se relever et se diriger vers nous. Il est solide, il faut lui reconnaître ça.

« Beau travail… finalement, vous n'êtes pas venu pour rien. Vous avez eu vos criminels, et vous toucherez votre prime. Quelle chance. » soulignais-je, non sans un certain amusement. « Elle était coriace. Pas trop de blessures ? »

Après avoir reçu les premiers secours, nous marchons finalement vers la base. En chemin, posté aux côtés du chasseur de prime, ma curiosité me mène à repenser à ce que j’ai vu de son combat l’opposant à la capitaine pirate.

« Dites-moi… durant votre combat, j’ai clairement vu que vous maîtrisez une capacité liée à la glace… ou au froid, peut-être. C’est un fruit du démon ? »

Impossible de ne pas poser cette question. D’autant plus que j’avais lu des articles sur le Hie Hie no mi, mais… c’était différent. Un logia aurait dû pouvoir éviter les attaques, or ce n’était pas le cas du chasseur.
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FLASHBACK

Être allongé, là, au sol, était pathétique. Je commence à me rendre compte que mon corps est totalement rouillé, et si j’ambitionne de faire fortune, ce n’est clairement pas de cette façon que j’y arriverai. Ca me tue de l’avouer mais cette rencontre avec cette bande de bouseux m’a ouvert les yeux sur une chose : ne jamais sous-estimer son adversaire et peu importe s’il paraît faible au premier regard.

Pour le moment incapable de bouger le moindre petit doigt, obligé d’assister de manière impuissante à la neutralisation de ces fouteurs de troubles, orchestré par le Caporal. Les soldats de la Marine étaient tous des chiens comme lui, c’est-à-dire, à achever les bandits alors que quelqu’un d’autre leur a mâché le travail, tout ça pour braquer les projecteurs sur eux ?  Et merde… 

Plusieurs minutes s’écoulent, notamment le temps pour moi de regagner un peu d’énergie afin de se mettre de nouveau sur pieds. Comment osait-il me remercier pour ce travail bâclé ? Mais bon, je ne vais pas faire la fine bouche et encaisser mon dû comme il se doit, malgré la mauvaise tournure. A l’observé avec attention, lui aussi semblait avoir dégusté certes bien moins que moi mais tout de même. Sa blessure à l’épaule était un bel indicateur.  

« Coriace…Qui ça… Elle ? Je n’aurais pas employé ce terme-là mais soit. Il fallait bien se relâcher pour faire durer le plaisir, n’est-ce pas ? Sinon on prend beaucoup moins de plaisir à combattre. » dis-je en toute décontraction alors que je venais tout juste de me faire allumer par cette dernière. 

Chaque individu a plus ou moins une part d’ego et la mienne est très élevée. Se bercer d’illusions derrière ces fausses excuses, était une solution pour ne pas pointer du doigt certaines lacunes. Un chasseur présentant des faiblesses ne pourrait plus se montrer crédible aux yeux de la population, ni même auprès des autres confrères de la profession. Concernant l’avis de la Marine, ça n’avait strictement aucune importance, du moins tant que le sale boulot était fait.

« Et vous rien de cassé ? L’otage a pu être mis en lieu sûr ? » 

A vrai dire, qu’est-ce que j’en avais à foutre de l’état de la victime, ce n’était que de la poudre aux yeux que je déversais, ni plus ni moins. Maîtriser sa communication était une chose cruciale, d’autant plus que les riverains avaient la possibilité d’entendre cette conversation et donc, par conséquent, colporter des rumeurs positives à mon sujet. Aucun acte n’est désintéressé, retenez bien ça à l’avenir. 

En chemin pour encaisser l’argent, le Caporal se mit de nouveau à me questionner sur mes facultés combatives. Nul doute que les éclats de givres laissés sur le corps de la géante n’étaient pas passés inaperçus. Pour une fois, je le concède volontiers, c’était une question pertinente. J’en aurais fait de même à sa place. 

Un sourire apparaissait lorsqu’il fit allusion à un pouvoir issu d’un fruit du démon. Ma prestation lui avait donc donné cet effet ? Et bien, on va aller dans son sens, ça pourrait être marrant. 

« Très fin observateur, Caporal, vous méritez effectivement votre rang. Permettez-moi de vous dire une chose. Admettons que mes capacités soient produites par un fruit du démon, et que la rumeur s’ébruite à ce sujet, ne pensez-vous pas que ces salopards de bandits mettraient en place un moyen pour contrer les effets ? » dis-je dans un premier temps de façon sérieuse. 

Un moment de blanc le temps de chercher une nouvelle cigarette dans une de mes poches. Une fois allumée, j’étais nettement plus détendue, l’officier pouvait aisément relever ce changement d’attitude.

« Tout ce qui compte c’est de parvenir à mettre hors d’état de nuire ces criminels. Et vous Caporal, comptez-vous moisir sur cette île ? Le travail d’intervention doit se faire rare par ici, je me trompe ? » 

Prêt à mettre une pièce sur le fait qu’il préfère de loin se complaire dans sa routine que de voguer sur les mers les plus dangereuses. Il coche toutes les cases du parfait “pantouflard”. A mon avis, aucune chance de le recroiser d’aussitôt à moins peut-être de revenir au sein du Royaume, et pour le moment ce n’est absolument pas d’actualité.
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De manière similaire à notre rencontre, le chasseur de primes a soigneusement évité de répondre concrètement à la moindre question que je lui avais adressé. Mon regard neutre porté sur lui ne communiquait aucunement ma perplexité, mais dans un autre contexte, c’est le genre d’individu dont je me serais méfié.

« Bien entendu. Encore que je ne risque pas d’ébruiter ce genre d’information, je ne suis pas du genre à poignarder un allié - de circonstance ou non. Mais je respecte votre envie de discrétion. »

Je lui souris avant de voir apparaître au loin la base de la Marine. Sa question quant à mon avenir - ou plutôt celui de Savonarole - tourne quelques brèves secondes dans ma tête. Il n’y avait pas de bonne réponse : Savonarole allait disparaître, et conformément à mon plan, il allait mourir en mer lors de sa mutation.

« Rare ne veut pas dire inexistant. La Marine est universelle, tout comme l'est le crime. Il faut donc des soldats comme moi pour “moisir” dans ce genre d’endroit. » dis-je simplement, en omettant volontairement de lui dire que j’allais quitter l’île bientôt.

La conversation se poursuit jusqu’au moment où nous arrivons à la base. Une journée largement plus remplie que d’habitude, mais heureusement placée sous la bannière de la réussite. Les civils ont été protégés avec succès, les pirates ont été capturés et il y a également deux bandits de moins en ville. Ce sera toujours ça de pris pour mon rapport, qui comporte quelques critiques et remarques tranchantes.

Cela dit, c’était la première fois que je voyais la base autant animée. Il fallait gérer la paperasse pour la boutique détruite, pour les civils blessés, pour les pirates capturés, pour les endroits de la ville abimés… ça faisait soudain beaucoup de travail pour la petite base du Royaume de la Veine. Toujours pas de trace du lieutenant-colonel, en revanche.

Au milieu de ce brouhaha, des débats passionnés parvenaient du bureau où on s’occupait du tenancier de la boutique qu'avaient attaquée les pirates.

« C’est à prendre ou à laisser, monsieur. » lance avec autorité un homme de la tribu des longues-jambes qui sirotait un jus de pomme. Il portait un costume blanc qui trahissait une vie de luxe.

« J’accepte volontiers, jeune homme excentrique. Il était temps que je prenne ma retraite, après tout. Ni une, ni deux, je suis déjà parti ! » déclare avec joie le vieil homme qui quitte la base dans une lenteur extrême, créant un moment de gêne où nous nous dévisageons tous.

Le sourcil arqué pour marquer ma surprise face à cette scène, je me tourne ensuite vers le chasseur de prime et souffle du nez avec amusement. Tant d’efforts sur le champ de bataille pour qu’un citoyen vienne et reparte plein-aux-as.

« Bien. Je vous laisse voir avec mes collègues en ce qui concerne vos primes. » affirmais-je avant de croiser les mains dans mon dos « Bonne suite, chasseur de primes. Vous n'avez incontestablement pas votre place au Royaume de la Veine, mais vous trouverez forcément un nouveau criminel à nous livrer ailleurs. Chaque action compte. »

Après cette attaque de pirates, j'étais en effet confiant sur le fait qu'il n'allait pas s'attarder sur l'île. Sous son agacement constant et apparent, il transpirait surtout l'envie de faire des actions de grandes envergures. En tout cas, c'est mon sentiment. Et, tant qu'il reste du bon côté de la loi, ce n'est en tout cas pas moi qui vais m'en plaindre.
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