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Pièges touristiques et tourisme d'affaire

Ces derniers temps, la chance avait souri à Mama. La beau temps chassant la pluie, ces quelques mois de captivité ne pouvaient qu’annoncer de meilleurs jours.

Sasha était revenue de ses emplettes toute heureuse. Elle voulait faire un cadeau à sa capitaine officieuse mais sa liesse la trahissait : elle avait déniché non pas un, mais deux tickets dorés pour le Cuisino, la nouvelle acquisition de la Dragonne Céleste Sainte Adela Otero Nibal y Milcar, un luxueux navire-hôtel-casino.

L’intéressée avait donc distribué dans le monde entier des tickets dorés trouvables dans n’importe quel produit. Et Sasha en avait dégoté deux !
Aussitôt, pour se changer les idées et les siennes, elle avait crû bon contacter l’équipage qui les allaient dépêcher un bateau-taxi pour les transporter jusqu’à destination.

Le départ était imminent, mais Mama n’était toujours pas d’accord.

— Mais allez Mama ! J’ai fait ça pour être sympa …
— Oui, mais non. Ça pue le piège à plein nez ! Pourquoi une Tenryubito ferait preuve de sympathie ?
— Pour étaler sa richesse ! Et c’est tous frais payés !
— Des vacances aux frais de la princesse ? Hm … Là, tu me donnes envie ! Mais non, le piège est de plus en plus grossier … Et puis tu ne penses même pas à Grant !
— Non mais faut bien quelqu’un pour garder les moutons …
— TU M’AIDES PAS LA !
— Ah mais j’m’en fous : quoi qu’il arrive, j’garde les moutons. Mais si tu veux que j’t’aide, alors laisse-moi t’dire que tu d’vrais y aller. Ca t’ferait du bien.
— CA M’AIDE PAS À ARGUMENTER CONTRE !
— T’as jamais dit à quoi j’devais t’aider, alors j’ai tranché intérieurement : j’t’aide à t’décider.


Mama se mit à croiser les bras et à bouder, pour clore le débat.

— J’vois pas pourquoi tu veux pas y aller … C’est une bourgeoise qui t’paye tout pour rouler des mécaniques, et tu sais qu’c’est un piège : bah profite, fais-la raquer et évite le piège.


Sasha jubilait. Et ainsi donc, elles étaient parties toutes deux.

Le voyage jusqu’au Cuisino s’était bien déroulé, si ce n’était que la timonière était intenable à cause de l’excitation. Mama regrettait d’avoir troqué la tranquillité de son homme contre l’agitation de son amie. Mais dans le fond, cela lui faisait plaisir à voir. Encore une fois, son physique masculin et ses traits durs contrastaient vivement avec sa joie enfantine.

Arrivées sur place, elles traversèrent les pièces communes luxueuses, qui ne manquaient pas d’attiser le ravissement et l’étonnement de la timonière : restaurant immense et richement décoré, casino bruyant et rutilant où l’argent coulait à flots, piscine, transats, bar … Même Mama écarquillait les yeux, même si elle ne pouvait s’empêcher de penser au coût de ce navire et de l’origine du financement. Après tout, on ne créait pas des riches sans faire trinquer les pauvres. Et là, c’était le summum de l’opulence. Pour autant, ses yeux n’avaient de cesse de s’agrandir, au moins autant que sa bouche. Ce qui l’agaçait d’autant plus !

Mais elle mit immédiatement Sasha en garde :

— Pas touche aux jeux d’argent. Tu commences par y liquider ton porte-monnaie, et dans la seconde qui suit, t’hypothèques un rein pour continuer à tout perdre.
— Promis !


Elles étaient guidées par un membre de l’équipage qui était envoyé pour les conduire à leurs chambres. Si elles rêvaient d’une cabine personnelle au mieux, ou d’une cabine à se partager à elles deux au pire, elles déchantèrent très vite. A mesure qu’elles avançaient, le stupre laissait place au vacarme assourdissant des machines. Comme un somptueux tableau qui s’écaillait pour laisser place à une toile moisie.

— C’est un raccourci que vous nous faites prendre ?
— Non, Madame.
— Ah, je vois ! Vous nous faites visiter absolument tout le bateau pour qu’on évite de se perdre, c’est ça ?
— Non non … Non plus … euh … Mademoiselle.


Mama devenait méfiante. Ils s’enfonçaient toujours plus loin dans le ventre du navire. Ils durent élever la voix pour se faire entendre.

— Et voilà ! Nous sommes arrivés !
— Vous vous êtes trompé, on est au poste d’équipage des techniciens.
— Exact ! Je vois que vous êtes connaisseuse ! Eh bien si vous aviez des doutes quant à la flottabilité de notre sublime, vous voilà rassurées ! Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles : s’il y a la moindre panne, vous savez que nos techniciens peuvent intervenir à tout moment puisqu’ils vivent juste à côté de la salle des machines ! Je vous laisse vous familiariser avec vos nouveaux voisins de chambre, ils seront les plus à même de désigner vos hamacs ainsi que votre coffre personnel.


Elles se décomposèrent. Leur rêve se transformait en cauchemar … sauf pour Sasha qui relativisait déjà.

— Comme ce sera difficile de dormir et qu’on ne voudra pas s’éterniser ici, au moins on pourra profiter à fond du bateau !


Et effectivement, une fois leurs hamacs et leurs coffres attribués, elles ne perdirent pas plus de temps pour s’éloigner de cette promiscuité, de ce confort sommaire et surtout de ce brouhaha incessant. Elles regagnèrent donc le pont principal.
En chemin, Sasha s’extasia sur un panneau sur lequel était plaqué une affiche.

— Oh ! Trop bien ! Regarde Mama ! Un Dragon Back Fight ! C’est comme un Davy Back Fight, mais contre la Dragonne Céleste ! Ça te dit qu’on participe ?
— Et risquer de perdre et de rejoindre l’équipe de la bourge ? Non merci !
— Tour du Cuisino à la nage … Beach Volley … Concours de danse … Parkour des Dragons … Concours de dressage … Pêche aux m…
— CONCOURS DE DRESSAGE ?! NON MAIS ELLE A CRU QUE LES ANIMAUX ÉTAIENT DES JOUETS ?!
— Je … euh …
— Sasha, promets-moi que quoi qu’il arrive, tu n’y participeras pas.
— Euh … non … promis.
— Promets mieux.
— Mama, je te promets que quoi qu’il arrive je n’y participerai pas !
— Bien, et maintenant, si je perds, je te demande juste de profiter du reste du voyage en faisant attention à tout, et surtout, de présenter mes excuses à Grant.


Elle ne laissa pas le temps à son amie de répondre et se dirigea vers le lieu du concours de dressage, Sasha péniblement sur ses talons, pour leur montrer que les animaux méritaient autant de considération que les humains.

Et elle avait gagné ! Un minocoffre. Sinon, elle avait perdu. Perdu le concours de dressage, et perdu sa liberté. Mais Sainte Adela était joueuse, et acceptait une tentative de libération contre une compensation. Et par deux nouvelles fois, elle avait essayé en remisant son minocoffre. Et perdu. Deux fois. Mais elle avait gagné un minocoffre !
La première tentative de libération se fit avec le concours de danse, parce que selon Mama, “Sainte Adela devait mettre la main à la pâte pour gagner son dû”, parce que “c’est ce que la vie normale t’apprend et qu’elle devait l’apprendre à son tour, riche ou pas”. Elle ne savait pas danser et avait improvisé un simulacre de danse brutale, primale, pour impressionner le jury.
La seconde tentative se fit avec le tour du Cuisino à la nage. Elle s’en était bien sortie, seulement son adversaire lui avait tendu un piège dans le bassin aux requins et aux poulpes géants. Et du fait, elle en avait oublié de toucher une des bouées qui balisaient le parcours.

Heureusement pour elle, Jeska Kamahlsson, la navigatrice des fameux Libres Pirates, avait eu la bonté de lui offrir sa liberté en guise de lot grâce à sa victoire personnelle contre la Tenryubito.
Mama l’avait retrouvée aussitôt en la remerciant chaleureusement et l’invitant à bord ainsi qu’à leur ranch sur Kage Berg pour y passer un week-end qui ne comporterait aucun piège, contrairement à ici. Elle y serait reçue comme hôte de marque, autant que Mama pouvait se le permettre !



Enfin, la croisière pouvait se dérouler sous le meilleur auspices …

Vraiment ?


"Avant de faire la révolution dans la rue, faut la faire dans la tête : dis-toi bien que le pouvoir, d'où qu'il vienne, c'est vraiment de la merde."

Les Hauts-Ferrés (Torino)


Dernière édition par Mama Boutanche le Lun 11 Juil 2022 - 19:17, édité 3 fois
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« Tiens, Ragnar, Yumi a obtenu une place en s’enfilant de nombreux packs de bière, fit Suelto Visconti en transmettant un ticket doré.
- J’avais misé sur le bon cheval en l’intégrant à l’équipage. Il nous est plus utile qu’on l’espérait réellement, hein ?
- Pas tout à fait comme je l’entendais mais il a son utilité. Néanmoins, Ragnar, es-tu certain de ce que tu fais ? Le conseil en a-t-il été informé ?
- Heh. Evidemment. Le conseil a été informé de mon départ en mission.
- Leur as-tu indiqué ton objectif et la destination ?
- Contacte donc ce taxi et cesse tes questions. C’est moi le chef. »

Suelto haussa les épaules et s’exécuta.

***

Le taxi transporta le révolutionnaire jusqu’au port de Kikaï No Shima où stationnait le célèbre Cuisino. À peine eut-il mis un pied à terre, tous les regards se rivèrent vers sa seule personne. Le révolutionnaire le plus en vogue du moment se présentait, pour la première fois depuis une décennie, sans la moindre discrétion. Pire encore, il était protégé par les soldats de la marine, qui ne cachait pas vraiment leur dégoût à l’idée de l’escorter paisiblement. En réalité, pour les moins expérimentés, ils était tout simplement effrayés à l’idée d’être à proximité d’un des personnages les plus dangereux de ce monde. Ragnar, lui, souriait et semblait se satisfaire de cette situation peu habituelle.

L’Atout monta lentement les marches qui menaient au pont principal du navire. Pour l’occasion, il s’est vêtu d’un short blanc, d’une chemise de la même couleur avec des rayures bleu tracées verticalement, d’une paire de lunettes de soleil et de tongs aux pieds. Il arbora l’ensemble des individus dès son arrivée sur le beau plancher de bois. Il fit un pas. Deux pas. Pis un homme apparut brusquement à ses côtés. Un déplacement extrêmement rapide, précis, qui aurait pu mettre le révolutionnaire dans une situation bien délicate. Une belle lame s’était subtilement et rapidement glissée sous sa gorge. Pourtant, il resta relativement serein et ne bougea pas d’un iota.

« Tu es aussi stupide que les rumeurs le disent, dit l’inconnu. Une erreur et ta tête gisait par terre, sans le reste de ton corps.
- Kindachi Tetsuda, rétorqua Ragnar en abaissant légèrement ses lunettes. Impulsif, colérique, craint de tous, et ce même dans son propre camp. Je ressens ta puissante envie de me découper en petites rondelles, mais je te sais également suffisamment raisonnable pour ne pas risquer ta vie aussi inutilement.
- Ragnar qui me dit impulsif, j’aurais tout entendu ce mois-ci…
- Baisse ta lame, petit impoli. Sainte Adela Otero Nibal y Milcar a-t-elle autorisé un tel accueil ? »

L’amiral baissa délicatement sa lame sans détourner le regard des yeux noirs du général révolutionnaire.

« Ne t’imagine pas pouvoir faire ce que tu veux, abruti. Je t’ai à l’œil.
- Même un vaillant combattant comme moi ne risquerait rien ici, gros malin. Vous êtes nombreux et trop sur vos gardes. Mais vois-tu, Kindachi, cela fait bien longtemps que je n’ai pas profité d’une sortie « normale ». C’est pour moi l’occasion de m’éclater comme si j’étais un individu lambda. »

Green Wolf arqua un sourcil, comme intrigué par ce futile raisonnement.

« Les révolutionnaires sont définitivement les êtres plus stupides jamais rencontrés. Maintenant, hors de ma vue ! »

Ragnar relogea fièrement ses lunettes et reprit sa marche en direction de sa cabine, indiquée par un petit homme, Alfred, chargé de faire la visite aux invités. L’hospitalité de ce dragon céleste avait ses limites et il le savait. Ainsi, il ne logerait pas aux côtés des convives les plus riches, mais plutôt dans la classe éco, avec l’ensemble des invités ayant obtenus leurs invitations par un pur hasard. Le concept était sympathique, mais la finalité identique : les fortunés dominaient toujours. Fut un temps où l’Empereur enragerait de cette situation, sauf qu’il en riait maintenant tant cela lui semblait ridicule. De plus, sa cabine lui convenait parfaitement. Un lit, un lavabo, le nécessaire y était.

Il s’installa sur son lit, simple, mais suffisamment confortable pour passer de belles nuits. À une époque pas si lointaine, le révolutionnaire dormait le plus souvent à terre, comme de nombreux animaux. Il croisa les bras derrière sa tête et semblait s’être endormi. En réalité, ses yeux se liquéfièrent et glissèrent le long de son visage, jusqu’à atteindre le sol. Toujours séparés, les deux liquides se déplacèrent vers la sortie et se hissèrent tous deux vers la sortie d’aération. Une fois dedans, les déplacements s’accélérèrent. L’objectif pour l’Atout était de cartographié l’ensemble du navire, le tout allongé sur son lit.

Résumé:
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Pour se remettre de leurs émotions, Mama et Sasha étaient parties se restaurer avant de digérer tranquillement en maillot de bain sur un transat. Pour une fois, elle se laissait aller bien volontiers …
Sa liberté retrouvée, Mama portait un chapeau de paille, des lunettes de soleil rose surmontées d’une fleur de monoï géante qu’elle avait chipé dans un des vases du hall d’accueil -fleur aussitôt remplacée sous le regard noir d’un des nombreux factotums. Elle portait un deux-pièces violet composé d’un petit paréo porté à la taille et d’un top sans manche percé d’un large trou au milieu de sa poitrine, le tout laissait même apparaître ses abdominaux.
Son sang d’encre troqué contre sa capitaine, et comme cette dernière, Sasha était elle aussi féminine que masculine, selon les canons de beauté absurdes, de par son caleçon masculin assorti à son soutien-gorge. Le fait qu’elle laissât apparaître ses branchies à l’air libre était signe de sa pleine confiance.

Elles se prélassaient doucereusement au soleil, légèrement brumisées par l’embrun que charriait l’allure soutenue du Cuisino sur la mer et par les gouttelettes envoyées par les gamins qui jouaient ou se chamaillaient dans la piscine. Le tout était tout à fait agréable et rafraîchissant ! Mama, comme à peu près tout le monde ici présent, se délectait de cet instant paradisiaque ! Elle en oubliait même la raison de l’étalement de cette richesse et qu’à l’autre du monde, de pauvres gens se tuaient littéralement à tâche, quand ils ne mourraient pas de faim ou de soif. Quand elle en pris conscience, elle eut un remord qu’elle étouffa en se repositionnant dans son bain de soleil. Un peu de répit lui faisait le plus grand bien. Elle avait assez donné et la misère lui sauterait au visage bien assez tôt.

Seule ombre au tableau, cette odeur de cigare étouffante qui se faisait de plus en plus marquée. En étant en extérieur, elle ne pouvait trop rien dire, surtout qu’elle rognerait la liberté d’autrui pour son propre bien-être. Néanmoins, elle en était incommodée. Alors elle balaya le pont d’un regard noir à la recherche du coupable.

Soudainement, elle se mit à blêmir et à se renfoncer dans son transat avant de poser son chapeau de paille sur son visage et de lancer sa serviette sur celui de sa timonière.

— Je vous dérange peut-être ?

Comme si cela était possible, le visage de la révolutionnaire pâlit davantage, sous le regard perplexe de Sasha et le regard noir que lui coulait sa cible involontaire.
Elle pâlit déjà parce qu'elle venait de viser quelqu'un d'autre, ensuite parce que ce quelqu'un d'autre n'était autre que la Izya, la Reine céleste -et accessoirement, même si elle l'ignorait, la Directrice de la Cloud'Academia qu'elle avait fréquentée et comptait fréquenter à nouveau pour s'améliorer. Et enfin, aussi mais surtout, parce qu'elle voulait se faire discrète alors que Victor Bahia approchait !
Les yeux de Mama oscillaient frénétiquement entre Izya et Bahia, ne parvenant pas à détecter la plus grosse menace.

L’économiste de Saint-Uréa -avec qui ils se menaient mutuellement la vie dure- portait un short, son sempiternel chapeau et était entouré, elle imaginait, de collaborateurs au moins aussi crapuleux que lui ! Cigare délicatement mordu ou élégamment porté aux mains, les hommes marchaient paisiblement, entourés de minettes en tenue de plage, et riant grassement.
Mama et Sasha se firent (encore plus) petites mais le groupe les ignorait totalement. Manifestement, même ce petit remue-ménage n'avait pas attiré leur attention.

— Aaah ! Pour une fois que je peux me le permettre, laissez-moi respirer un peu ! Reprenons les affaires ce soir, autour d’un dîner copieux, voulez-vous ?

Ils rirent mais acceptèrent toutefois, avant de se disperser. Bahia se retrouva seul au bar où il se posa lourdement sur une chaise de comptoir. Mama et Sasha, de peur de se faire démasquer et de s’attirer des ennuis, lui tournèrent le dos en même temps. Désormais, elles faisaient face à la Dragonne céleste qui s'éclaircit la gorge à la recherche d'excuses alors qu'une colère froide montait lentement mais sûrement en elles.
Les deux commères se ratatinèrent davantage dans leurs transats avant que la capitaine officieuse ne balbutiât un timide et honteux :

— Désolévraimentc'estpasvousquejevisaismaisj'avaismonchapeausurlesyeuxdonc...
— Mouais, ça ira ...
répondit l'intéressée qui se rallongeait dans son transat et remettait ses lunettes de soleil, tout en semblant se désintéresser d'elles.

Mais alors qu'elles n'osaient plus regarder Izya directement, quelque chose attira leur attention à l’entrée principale du Cuisino, au loin, où se jouait un tout autre manège. Un hoquet de surprise bloqua la respiration de Mama et son cœur manqua un battement : deux personnes qu’absolument tout le monde connaissait faisaient leur entrée fracassante ! La pirate, assez peu satisfaite de ces excuses et à raison, vit néanmoins sa curiosité piquée par le changement d'attitude des deux amies.

Parce qu'au loin, l’amiral Tetsuda menaçait Ragnar, l’Atout de l’Armée révolutionnaire !! Si Green Wolf arborait un sourire crâne, l’Empereur avait l’air calme, voire confiant. Puis la situation se désamorça mais l’Homme de Fer paraissait tout de même rester sur les nerfs. Chacun se dirigeait enfin dans son coin.

Comme une commère, Sasha se retourna vers Mama.

— T’as vu ?!
— Mais oui ! T’as pas envie d’aller le voir ?!
— Tu rigoles ? Je vais passer pour une groupie au mieux, pour un moucheron au pire !! Mais en tout cas, ça me donne une idée !
— Qu’est-ce que tu as en tête ? Rien de dangereux j’espère ?
— Ma fille ... Je ne sais pas si tu me connais bien … ou si tu ne me connais vraiment pas … En temps normal, ça le serait, dangereux, mais là … visiblement, ce serait mal vu de gâcher la petite sauterie avec une échauffourée. Sinon, rien aurait empêché Tetsuda et Ragnar de s’affronter …


Un sourire aussi sournois qu’entendu fendait le visage de Mama. Avec le jeu d’ombres naturelles, ce dernier s’assombrissait même à mesure qu’elle baissait la tête, l’air méchamment satisfaite.
Sasha comprit de suite où elle voulait en venir, et les mêmes idées la hantèrent. Elle s’en fit craquer les doigts de plaisir et d’impatience.

Elles se dirigèrent immédiatement vers un Bahia avachi devant son cocktail, visage face au ciel pour bronzer tout en se protégeant les yeux avec son chapeau. Elles tirèrent les chaises à ses côtés pour se rapprocher et discuter entre six yeux. Entendant cela, l’intéressé maugréa.

— Oh, la paix ! Ce soir, je vous ai dit !
— Nan. Maintenant.


Il reconnut la voix de Sasha et de surprise il faillit même tomber à la renverse mais Mama le retint.

— Et à l’avenir, évite de nous confondre avec tes petites crapules de copains, tu veux ? Barman, la même chose que ce brave pour mon amie et moi.

Bahia donnait de la tête à gauche et à droite, coincé comme un navire clandestin pris dans la lueur d’un phare. Il n’aimait pas se montrer vulnérable et sa colère chassa ce sentiment. Il serrait tellement les mâchoires que son cigare en craquelait grâce. Finalement il se redressa et s’intima au calme en crachant de la fumée à un rythme soutenu mais régulier, pire qu’une locomotive. Son cigare rougeoyait et les braises avançaient dangereusement vite vers ses lèvres. La cendre tomba dans son cocktail.

— Relax, on te veut pas de mal ! Vois ça comme le Carnaval de Saint-Uréa ! De toute façon, j’imagine que tu veux rester bien sagement dans les petits papiers de la Dragonne céleste, hein ? Non, tu ne veux définitivement pas gâcher cette petite croisière ! Regarde, t’en gâches déjà ton verre ! Mais c’est loin d’être dans tes priorités, le gaspillage, pas vrai ?
— Oh, si, que c’est une de mes priorités ! Et tu le sais que trop bien, que je n’aime pas gaspiller l’argent !


L’arrivée du barman réduisit le trio au silence mais la tension restait palpable. D’un geste de la main, sans même lui adresser la parole, Bahia lui recommanda un mojito, poussant avec dédain son verre cendré. Une fois Mama et Sasha servies et le premier cocktail gâché repris, il s’éloigna. Mama continua l’assaut.

— Et j’en ai rien à foutre, mon petit pote. Sans en faire une affaire personnelle, compte bien sur moi pour continuer à te pourrir l’existence tant ton petit commerce existera. La vie des gens n’est pas monnayable. Les gens ne sont pas des ressources.

L’économiste parvint enfin à reprendre le contrôle de lui-même.

— Non mais regardez-moi ça … Ça caquette, ça frime ! C’est facile, quand on est protégée. C’est facile quand on a du soutien, comme à Zaun ! Moi, j…
— Toi, tu fais pareil mais à Saint-Uréa. Alors museau, tu seras gentil.
— Non, mais c'est vrai. Toute cette petite comédie te rend accessible. Inoffensif. Alors pourquoi on devrait s'en priver ? Tu ne t'es jamais vraiment privé, toi ...
— Et c'est bien normal ! J’ai bâti MOI-MÊME mon propre empire ! Et il s’avère qu’effectivement, il me procure quelques avantages.
— Alors quoi ? Tu vas nous sortir cette pauvre histoire que tous les gros bourges comme toi nous vomissent à chaque fois ? Que t’as commencé avec quelques allumettes, que t’as troqué contre des pommes, que t’as lustrées et que t’as revendu pour plus cher ? Et que c’est comme ça que tu t’es retrouvé à acheter et revendre des humains ou des armes ?
— C’est toujours mieux que de se faire passer pour plus prestigieux qu’on est, non ? Qu’en pensez-vous, Alastor d’Astrélion, Monsieur le Ménestrel ? Ne croyez pas que la Dame de Pierre vous ait gardé par duplicité. Vous l’amusiez, ou vous serviez ses intérêts sans le savoir, à vos dépends.
— Le seul dupe que je vois ici, c’est toi, Bahia, à croire qu’on restera des petits sans jamais rien faire, à jouer avec fourberie, sans aucune ambition.
— Tu vas céder à l’Armée révolutionnaire ? Elle s'est montrée insistante depuis qu'elle t'a porté secours, n’est-ce pas ? Depuis qu'elle a eu vent de tes petites prouesses contre moi ? Mais ça ne marchera pas. Non, tu n’es pas une suiveuse, tu as un caractère bien trop fort pour te faire donner des ordres. Et quand tes supérieurs s’en apercevront, ils te vireront comme une malpropre. Et crois-moi, ce jour-là, je serai là pour vous cueillir, ta petite copine et toi, et pour vous montrer que je sais vous tenir tête. En me faisant perdre du temps et de l'argent, vous avez nuit à ma notoriété. Ne croyez pas que vous allez vous en sortir indemnes.



"Avant de faire la révolution dans la rue, faut la faire dans la tête : dis-toi bien que le pouvoir, d'où qu'il vienne, c'est vraiment de la merde."

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« Fait chier, pesta le révolutionnaire. »

La bateau était immense et la cartographie prendrait bien trop de temps. Puis, en pleine relaxation, on frappa à sa porte.

« Monsieur Ragnar, pardonnez-nous, cette cabine n’est pas la vôtre. Veuillez me suivre jusque dans vos quartiers, dit un intendant de l’autre côté de la porte. »

Retour à une sombre époque de sa vie où il ne voyait rien. Ses yeux étant en pleine mission de reconnaissance, il devra faire sans. Il se leva du lit et se dirigea en tâtonnant jusqu’à la porte. Bordel, j’ai perdu l’habitude. Mes sens me semblaient pourtant plus affûtés qu’autrefois. C’était un peu plus compliqué que cela. Il percevait les choses de manière plus efficace, mais son corps avait perdu l’habitude de réagir sans visuel.

« Quelques instants, je vous prie. Je m’étais endormi.
- Prenez votre temps, Monsieur. »

Il se déplaça calmement dans la petite pièce afin de paraître le plus naturelle possible. Au pire, il passera pour un alcoolique ayant trop bu, mais s’il pouvait éviter d’attirer l’attention dès le premier jour… Il ouvrit la porte et se retrouva face à un jeune homme qu’il ne pouvait décrire. Il sentit son parfum et put à peu près déterminer sa taille et ton poids. Il localisa également les parois des murs, le couloir et le tout se confirma avec les souvenirs qu’il avait des environs. Le jeune homme demanda de le suivre, Ragnar se cala au son de ses pas. Malheureusement, au fur et à mesure qu’ils avançaient, la foule se faisaient nombreuse et le révolutionnaire perdait le son qu’il suivait.

« Puis-je poser ma main sur votre épaule ? »

Le jeune homme arqua un sourcil. L’Atout ne put le voir mais il décela une hésitation chez son interlocuteur.

« J’ai reçu un violent coup à la tête, la semaine dernière, j’ai beaucoup de mal à me réveiller depuis. »

Tristement, l’intendant imagina très bien les circonstances de ce coup reçu. Il accepta néanmoins cette requête sans poser de question. Ainsi, Ragnar put traverser cette énorme enceinte remplie de personnes et de bruit, sans trop de difficulté. Il avait hésité à rappeler ses yeux, mais plus vite ce sera fait et mieux ce sera.

Lorsqu’ils s’arrêtèrent, on lui annonça l’arrivée à ses quartiers. Avant même d’entrer, Ragnar sentit que l’espace se trouvant derrière cette porte était bien plus grand. Il comprit alors que les affectations aux chambres étaient faites en fonction de la réputation de l’individu. L’Atout étant un des personnages les plus recherchés, et par association, les plus populaires, il se retrouva logiquement dans les quartiers les plus aisés de ce paquebot. Cette nouvelle ne l’enchantait pas vraiment, car ce voyage étant ouvert à tous, il pourrait se retrouver aux côtés de personnes extrêmement dangereuses et répugnantes (coucou Teach).

Le jeune homme attendit que Ragnar ouvrît la porte et fît un tour de sa grande chambre. Mais le révolutionnaire le congédia gentiment, le remerciant pour son aide, et le rappellerait si le besoin en était. L’intendant s’éloigna respectueusement. L’Empereur entra enfin mais ne put réellement apprécier la beauté de ses nouveaux quartiers. Il identifia les différents mobiliers, du moins leur localisation, sans réellement savoir exactement de quoi il s’agissait. Il devina aisément où était le lit et se jeta dessus. La qualité de ce dernier n’avait rien à voir avec le précédent, qui lui convenait déjà suffisamment.

J’ai complètement perdu l’habitude de me déplacer les yeux fermés. Ça m’a vidé.

Tant que ses yeux étaient en activité, il ne pouvait s’endormir, ou alors cela cesserait tout mouvement de leur part. Mais se reposer en diminuant ses activités physiques et cérébrales étaient déjà récupérateur. Il s’en contentera et cela suffira largement. Après tout, il était ici en vacances. Ou presque.

***

Le grand tour terminé allongé sur son lit, Ragnar retrouva la vue et eut l’envie de se dégourdir les jambes, profiter du beau temps et éventuellement de la vue de quelques jolies demoiselles. Quelques rapides enjambées et le voici déjà en train d’admirer l’océan. Il ne s’en était pas rendu compte mais le navire avait déjà démarré pendant sa sieste. Et il s’était naturellement rempli également. L’espace et le nombre étaient plutôt bien répartis. Tandis que certains s’adonnaient aux boissons et à la piscine, d’autres préféraient les jeux d’argent ou diverses épreuves organisées par le dragon céleste.

Très peu pour moi. Je ne suis pas là pour m’amuser.

C’était bien entendu avant de se retrouver au bar extérieur. L’Atout se hâta de s’y accouder et commander une boisson fraîche. Le soleil étant encore bien au-dessus de leur tête, il fallait éviter les boissons trop forte en degré, voire casser le tout avec divers mélanges exotiques. Un bon cocktail en somme. Il commanda ainsi une piña colada. Délicieuse. Il s’adossa cette fois-ci au comptoir en observant les alentours. Comme prévu, le spectacle était de toute beauté. De belles femmes, de beaux jeunes hommes prêts à tout pour les séduire, mais aussi le schéma inverse. Ragnar n’avait pas l’habitude de prendre le temps d’observer les gens, alors il profitait de ce moment.

Hélas, ce moment de tranquillité fut écouté quand une personne, non loin de lui, mentionna l’armée révolutionnaire. C’est qui ce pequenot encore, pensa-t-il. Se rapprochant discrètement, il posa la main sur l’épaule de l’individu et but une gorgée paisiblement. Il sentit le rythme cardiaque de l’homme d’affaire bondir d’un seul coup. Le révolutionnaire observa les deux demoiselles en-face de lui. Elles ne lui revenaient pas. Il n’avait jamais eu affaire avec ces dernières, mais il semblerait qu’elles soient liées à la révolution.

« Pardonnez-moi, sympathiques personnes, je n’ai pas pour habitude d’écouter les conversations, mais je ne suis malheureusement pas sourd et vous avez mentionné l’Armée Révolutionnaire. Je ne prétends pas être une star mondiale, pour autant, je suis à peu certain que vous savez tous les trois qui je suis. »

Il lâcha l’épaule de l’homme terrorisé et afficha un large sourire.

« Je ne suis pas ici en mission. Je ne suis pas d’ailleurs pas général d’une quelconque armée, ici. Personne ne mourra à la fin de cette conversation, alors me feriez-vous l’honneur d’y participer ? De quoi parliez-vous ? »

Ragnar dans toute sa splendeur. Un homme sans gêne à qui on ne pouvait pas refuser grand-chose tant il faisait l’effort d’être agréable et rassurant. Après tout, ses dires étaient vrais, puisqu’il ne venait officiellement que pour passer du bon temps. S’il levait le moindre petit doigt, le chien Tetsuda viendrait immédiatement lui aboyer dessus. Cette pensée le révulsa et but son verre d’un seul trait pour oublier. Tout en restant aux côtés de ses nouveaux camarades, il commanda un nouveau verre qu’il espérait déguster cette fois-ci.
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Franchement, plus je passe de temps sur cette fameuse croisière de luxe, plus je trouve que ce fameux "luxe" laisse à désirer...

Déjà, à cause de l'autre grognasse de Jeska, l'Amiral Tetsuda a interdit à tous les Pacifistas serveurs de me donner de l'alcool... Non mais franchement quoi, déjà que Red est fourré je ne sais où et que je me retrouve toute seule la majeur partie du temps, mais en plus, à cause de ce maudit Green Wolf, je ne peux même pas noyer mon chagrin dans l'ivresse ! Non franchement, je trouve ça complètement abusée.

Et comme si ça ne suffisait pas, maintenant que je me tiens tranquille à emmerder absolument personne en bronzant en maillot de bain deux pièces sur mon transat peinard, les gens ne me remarque même plus au point de me balancer des serviettes dans la tronche. Non mais quoi ?! Ils ont pas vu ma tête sur les affiches de primes ? Ils sont pas au courant que j'ai détruit pas une mais DEUX prisons du gouvernement mondial ? En plus d'avoir filé entre les doigts de notre très cher Tetsuda, mais aussi de la nouvelle Amirale en chef Kenora à deux reprises ?

Bah faut croire que ça suffit pas. Ou alors les gens sont au courant que je suis plutôt sympa et se permettent des choses ?
Enfin, au moins les deux nanas qui m'ont embêtée ont l'air sincèrement désolé.

Mais le fait est que je m'ennuie doucement. Moi qui a la base espérait pouvoir passé un peu de temps seule avec Red dans un cadre sympa, l'autre emplumée est venue tout gâcher... Quelle plaie celle là alors.
A défaut d'autre chose, je me rallonge alors après l'incident et écoute distraitement les deux femmes qui ont finalement jeté leur dévolu sur un type que je ne connais pas. Mais de ce qu'ils disent c'est un esclavagiste ? C'était pas interdit par le gouvernement l'esclavage ? Non mais après ils s'étonnent qu'il y a des révolutionnaires... Si le GM est même pas fichue de faire respecter ses propres lois partout... Ou alors j'ai rien compris.

Cela dit, depuis que les filles ont rejoint l'homme, l'odeur de fumée qui flottait dans l'air s'est intensifié, au point de me faire toussoter tant cela m'insupporte. Je devrai avoir l'habitude à force de vivre sur une île pirate, sans parler du fait que je sois forgeronne... Mais non, le tabac c'est un peu l'une de mes bêtes noires, et encore plus le cigare qui sent à deux cent mètres à la ronde.

Et ça me gave suffisamment pour me faire me redresser, m'asseyant maintenant sur le bord du transat tout en continuant d'écouter les conversations a défaut de faire autre chose tandis que le serveur leur donne leur verre... Ce qui me donne une plutôt brillante idée ! Si Tetsuda a interdit aux serveurs de me servir de l'alcool, il ne peut cependant pas m'empêcher de voler les consommations des autres clients, ou tout du moins de leur prendre en dédommagement de leur comportement, ou leur demander de commander pour eux pour ensuite me le donner. Non parce que en vrai, voler c'est pas dans mes habitudes, enfin sauf dans le ciel.

Je me relève donc, m'étirant longuement après cette longue période restée allongée, entendant soudainement un nouvel intervenant fort poli. Un intervenant connu de ce qu'il dit ? Pourtant, sa tête me dit rien... C'est dans ces moments là qu'Alfred, mon majordome, me manque. C'est lui qui lit les journaux pour moi en général... Lui ou Red.

- Ragnar Etzmurt... L'Empereur de la révolution en personne... Il semblerait que ma prédiction prenne finalement forme Boutanche. Mais je vous en pris cher Empereur, je suppose que vous êtes là pour recruter ces deux sorcières ? Si vous voulez mon avis, je vous les déconseille vivement, elles finiront par ruiner votre mouvement...
- Ragnar ?

Je dévisage le fameux Ragnar... Ragnar, l'empereur, révolutionnaire... Non mais pourtant la description colle à celui que je connais mais elle est passé où sa tronche de fou furieux ? Et puis, c'était pas devenue une fille ?

- T'as fait un truc à tes cheveux, non ? Ah et toi, la lanceuse de serviette, offre moi donc ton verre en dédommagement s'il te plait.

Je m'assoie alors au bar et tend la main en direction du verre, quelle tient dans ses mains. Je sais pas du tout ce que c'est mais ça fera l'affaire. Et puis au pire, je rajouterai du sucre. Tout est toujours meilleur avec plein de sucre.


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Si les pensées de Mama étaient en ébullition, ses émotions étaient une roulette sur laquelle étaient peints plusieurs sentiments. Voire une roulette manshonnienne même. Si la mauvaise réaction sortaient, c’était la mort assurée ! Certes, il y avait peu de chance mais elle était non-nulle.
Et cette roulette accélérait à chaque fois que ses yeux passaient frénétiquement sur chacun de ses interlocuteurs. Sa bouche était articulée au rythme des mots qui voulaient en sortir avant d’être chassés par d’autres, sans qu’elle n’eût le temps d’en émettre un seul pour autant.

A cet instant, elle comprit une fraction de ce que vivait Sasha : une partie d’elle voulait envoyer paître Bahia, une autre voulait tout expliquer à l’Empereur et une dernière voulait s’excuser auprès de la Dragonne céleste. Comme s’il y avait trois Mama Boutanche en elle !

Ce qui la tira de sa panique totale intérieure -et du malaise général auprès du petit groupe qu’ils formaient- fut le rire que son amie voulait discret, mais qui était non seulement trop bruyant, mais en plus trop insistant. Un peu comme si elle se délectait de la situation -ce qui était le cas, mais aussi comme si elle lui cachait quelque chose.

Pour la forme, elle lui donna un coup de coude dans les côtes qui fit vaciller son tabouret de bar. Elle se rattrapa à temps, et toutes deux se fusillaient du regard, l'œil inquisiteur.

En aparté.

— Mais c’est trop marrant ! C’est un signe du destin, Mama !
— Nan. C’est juste une situation de merde.
— Tu devrais en profiter !
— Non ! C’est pas le genre de la maison ! Le privilège que m’accorde le Cuisino me suffit amplement !


Au fond d’elle-même, Mama aurait bien voulu rejoindre l’Armée révolutionnaire, mais elle ne voulait pas avoir de supérieur. Parce que c’était prendre le risque de se retrouver avec un autoritaire ou avec quelqu’un qui n’a pas ses méthodes. Et puis elle ne voulait pas s’engager sans son homme, ni lui forcer la main parce qu’il avait justement raccroché les gants quelques années plus tôt.
Ce qu’elle ignorait, c’était que, de lui-même, il s’agitait secrètement, avec la complicité de Sasha et de l’Armée révolutionnaire, pour lui exaucer ce vœu. De toute façon, ce n’était pas comme si elle l'entraînait pas déjà dans de sales coups en lui faisant des caprices puériles …

Mais le silence ne s'éternisait que trop, et il en devenait gênant. Ses interlocuteurs commençaient même à s’impatienter. Mama, jurant les avoir entendus se racler la gorge, réunit ses forces, tendit son verre à Izya avec un sourire qu’elle espérait chaleureux et prit la parole d’un ton qu’elle voulait assuré.

— Tenez, et je vous présente à nouveau mes plus sincères excuses pour tout à l’heure.

Maintenant qu’elle avait enfin pris la parole, la confiance revenait au galop et, sans qu’elle ne s’en rendît compte, doubla son sens de l’honneur qui avait tenu bon lors des messes basses avec Sasha. Au diable les privilèges, elle n’allait pas se gêner finalement !

— Je n’ignore pas qui vous êtes et ce que vous avez fait. En partie, du moins. Et c’est pour cela que je vous apprécie. Mais voyez-vous -et en cela, ça rejoint votre question, cher Empereur- devant vous se tient ce cher Victor Bahia, économiste de Saint-Uréa de son état, mais également fervent défenseur de l’esclavagisme.

Mama espérait faire mouche auprès du Révolutionnaire mais également auprès de la pirate, connaissant en partie son passif. Dans tous les cas, Bahia tentait tant bien que mal de garder sa consistance, même si son cigare se consumait encore plus rapidement sous la colère sourde qui grondait en lui.

— Et pas des moindres ! Malgré son abolition officielle, d’autres comme lui le pratiquent toujours. Mais lui est réputé pour être un tyran avec ses esclaves, et mon amie ici présente peut témoigner : quand je l’ai sauvée, elle était anéantie. Brisée. Il m’a fallu du temps pour sympathiser avec elle, pour gagner sa confiance et encore davantage pour la sociabiliser.

Sasha devint écarlate et opina honteusement du chef avant d’essayer de se noyer dans son mojito, seule dans son coin pour se faire oublier.

— Alors oui, j’ai déboulé dans ses petites magouilles comme un chien dans un jeu de quille. Mais ça n’avait rien de personnel : par mon action, je condamnais l’acte. Mais depuis, ce cher Monsieur Bahia m’en veut. Il m’a envoyé à la Nouvelle-Réa, de laquelle j’ai fait s’échapper quelques dizaines de prisonniers avant qu’il ne me capture à nouveau et m’envoie à Zaun pour me montrer que des hommes s’enchaînent parfois d’eux-même à cause de leur précarité. Fort heureusement, grâce à Sasha, mon amie à mes côtés, l’Armée révolutionnaire est venue me tirer des griffes de son homme de main qui me surveillait de près.
— Et moi qui ai oublié mon violon ! J’aurais pu en jouer pour aider le pathos suintant de ces récents événements à dégouliner encore plus ! Ou pour célébrer votre recrutement, quoi que vous puissiez en dire. Je vous connais, vous, les petits soldats de la justice sociale : quand vous mettez le grappin sur un militant, vous le lâchez seulement quand vous obtenez gain de cause ! Vous faites pareil avec vos adversaires ! Vous êtes pires que des mouches à viande !


La colère lui avait oublié qu’il était entouré de quatre personnes dont deux très puissantes qui pouvaient l’avoir dans leur collimateur pour les raisons évoquées.
Mama ne releva pas les piques et continua.

— Je ne pensais pas le croiser sous d’aussi bonnes augures qu’aujourd’hui. Je le sais depuis que j’ai vu votre petit échange avec Green Wolf. Oui, j’ai compris que je pouvais impunément me permettre de lui faire savoir que nos routes se recroiseront tant qu’il tiendra ce genre de petite affaire. Et que je ne serai pas toujours une Révolutionnaire indépendante qui barbote gentiment sur les Blues. Alors je ne me suis pas gênée.

Sasha ôta la paille de sa bouche et siffla :

— Mais de toute façon, lui il fait pareil à Saint-Uréa, alors bon …

Désormais, elle affichait un large sourire crâne, espérant que ce petit résumé attisât la haine sur ce déchet humain. Avec un peu de chance, il abandonnerait l’idée de lui coller aux basques pour la mater dans un moment de faiblesse.


"Avant de faire la révolution dans la rue, faut la faire dans la tête : dis-toi bien que le pouvoir, d'où qu'il vienne, c'est vraiment de la merde."

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L’Atout pivota légèrement la tête en entendant comme une voix familière, féminine, pas celle qu’il préférait mais pas inconnue.

« Tiens, Tahgel, tu passes aussi du bon temps. Disons que j’ai préféré retrouver ma véritable apparence. J’en avais marre de me cacher, changer de trogne, de sexe… Là, depuis quelques temps, j’apprécie de me retrouver, moi, Ragnar. »

Il but une légère lampée de son verre de nouveau rempli.

« J’aurais aimé te dire que tu as changé, mais tu m’as toujours l’air aussi... ardente ? Ne vois ici aucune approche de ma part, bien que je sois content de trouver une présence familière, je parlais simplement de ton tempérament. »

Dans cette boutade, le révolutionnaire fit preuve de bonne foi en verbalisant sa joie de retrouver un visage qui lui était connu. Il ne rata cependant aucune parole de cette conversation opposant l’esclavagiste et la prétendue révolutionnaire. Il comprit aisément que cette dernière n’aimait pas l’autorité. Cela tombait assez bien, l’Atout non plus. Son empathie l’aida grandement à démêler le vrai du faux. Chacun avait sa propre version et vision des faits.

« Victor Bahia, dîtes-vous, hein, marmonna le révolutionnaire. Comment se porte Madame Stanhope ? Vous lui adresserez mes salutations. »

Celle que l’on appelait la « Dame de Pierre » tenait Saint-Uréa d’une main ferme et faisait tout son possible pour éradiquer la révolution locale. Hélas pour elle, les hommes déterminés à vivre dans la misère étaient prêts à tout pour survivre, même à vivre dans des lieux inhabitables pour ne pas être retrouvés. Les ruines de Saint-Uréa étaient idéales pour cela. Un véritable labyrinthe dans lequel se perdaient quotidiennement les agents du Gouvernement, au grand damne de madame de Stanhope. Cela réjouissait assez le révolutionnaire qui, malgré une avancée peu significative dans ce coin-ci, savourait pleinement cette petite victoire.

Pour en revenir à cette discussion, Ragnar prit évidemment en considération que la fraîche révolutionnaire en faisait un peu trop, profitant grandement de la situation. Elle se trouvait aux côtés de l’Empereur et d’une de ses plus puissantes alliées. Le pauvre économiste pouvait être en terrain hostile, mais sur ce navire, il était en réalité extrêmement serein. Quelques années plus tôt, l’Atout l’aurait certainement exécuté sur place, mais aujourd’hui les choses ont quelque peu changé. Ce Victor Bahia, il en avait évidemment entendu parlé. Même s’il n’était pas le créateur de tous les centres d’esclavagisme de South Blue, il était en quelque sorte celui qui s’en tenait garant et usait de nombreux avantages. Ce type était cerné par les services secrets de la Révolution. Ils attendaient simplement le bon motif et la bonne occasion de s’occuper de son cas. Ragnar sourit.

« Monsieur Bahia, ne cachez pas votre implication de ce fructueux et agréable commerce. Mademoiselle Tahgel, ici présente, pourtant éloignée de ces préoccupations, a certainement déjà entendu parler de vous. Vous êtes un économiste célèbre, mais vos activités commerciales vous ont rendu plus célèbre encore. Ne tentez pas de nous bercer de mensonges.
- Je ne fais rien d’illégal, mon cher Monsieur.
- C’est là un point essentiel que vous pointez du doigt, et qui démontre les lacunes de ce système, Monsieur Bahia. Je ne vous cache donc pas que discuter avec vous me demande un effort considérable. Maintenant, déguerpissez. Mon souhait le plus sincère est de ne pas entendre la mention de votre nom durant tout le séjour. »

Ragnar finit avec une voix glaciale et un regard des plus meurtriers. Bahia ne put réfréner ce sentiment de peur qui l’envahit soudainement. Incapable de saisir son verre, il partit la queue entre les jambes, laissant sa consommation à peine entamée sur le comptoir.

« Quel fils de chienne ! Je déteste ces politicards qui profitent du système. Tu ne projetais quand même pas de le griller sur place, Izya ? Faudrait qu’on discute avec le reste du triangle amoureux, j’ai un petit quelque chose à vous adresser, fit-il un ajustant un magnifique clin d’œil à sa comparse. »

Son idée n’emballera personne. Pourtant, c’était l’occasion pour eux d’enfin aboutir à quelque chose de grandiose. Il se tourna ensuite vers les deux demoiselles.

« Boutanche et Sacha, hein… J’ai longtemps été esclave et victime de certains fantasmes de mes geôliers. Quand on est esclave et aveugle, ça ne joue pas réellement en votre faveur, hélas. De ce fait, je comprends aisément cette volonté d’être libre et de n’avoir personne d’autre que soi-même au-dessus de sa tête. J’ai longtemps été indépendant, puis la popularité de mes actions ont entraîné des contacts avec l’Armée Révolutionnaire. Certainement bien moins malin que vous, je commençais à m’essouffler et à me perdre, alors être pris sous l’aile de quelqu’un m’a soulagé d’un poids. Mais sincèrement, j’ai toujours été libre. À vrai dire, je le suis moins depuis mes nouvelles fonctions, sauf que je sais pourquoi je me bats maintenant. »

Nouvelle gorgée de son cocktail. Il faisait chaud et l’hydratation demeurait essentielle.

« Je ne vous recrute pas nécessairement, la décision vous revient. Sachez cependant que vous serez toujours libres. Nombre de camarades sont dans mon équipage, ma flotte, mais je suis pourtant seul à ce jour et chacun d’entre eux vaquent à leurs occupations et projets. Commander des armées m’a appris plusieurs, dont une qui demande une certaine adaptation. Plutôt évident sur un champ de bataille, en-dehors aussi pourtant. Certains hommes ont besoin d’un cadre structuré et d’ordres précis, d’autres ont besoin d’une certaine liberté, de manœuvrer à leur guise, demandant seulement la confiance de leur général : moi. Pas évident au départ, sauf que ça a été ma meilleure décision jusqu’à présent. Aucun de mes hommes ne m’a déçu jusqu’à présent, aussi bien ceux suivent mes ordres que ceux qui me servent avec la plus grande liberté. »

Ragnar ne put s’empêcher de penser à Yukikuraï, Malon, et Suelto, qui étaient des adeptes de cette seconde catégorie de personnes, agissant avec leur instinct et leur jugeote. Kardelya et Yumi, par exemple, plus rassurés à l’idée d’être missionnées, étaient d’excellents exécutants. L’un comme l’autre servaient la cause de la meilleure des façons.

« T’en penses quoi, ma chère Izy’ ? J’ai mûri depuis notre première rencontre, non ? »

Le révolutionnaire ne put s’empêcher de rire à pleine gorge.
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- Mûri tu dis ? Qui êtes vous et qu'avez vous fait de l'ancien Ragnar que j'ai du trainer hors de chez moi par les cheveux pour lui apprendre le respect ?

Non mais faut le dire, moi je ne connais Ragnar que comme un sale petit impertinent qui se croit tout permis, et apprendre qu'il dirige maintenant des armées révolutionnaires, c'est à la fois terrifiant et très soulageant. Après tout, le deal de notre dernière rencontre, c'était que monsieur s'assure de nous apporter son soutien et celui de la révolution contre l'empereur Teach, et c'est sur qu'en était commandant des armées, ça peut vachement aidé.

- Attention hein, je dis pas ça parce qu'il me manque, mais plutôt pour m'assurer qu'il ne revienne jamais !

Si Ragnar n'avait pas eu un mot d'insulte après que l'esclavagiste soit parti, esclavagiste dont j'ai déjà oublié le nom et où j'ai franchement failli m'étouffer dans mon mojito quand Ragnar lui a affirmé que je le connaissais, alors que pas du tout, je me serais clairement demandé si je n'avais pas affaire à un vil usurpateur. Mais non, il faut croire que c'est un Ragnar bien mûre que celui là.

- En plus les cheveux roses, franchement, c'était clairement chelou.

Dit la fille à la crinière rouge. Mais moi c'est normal, comme l'a dit l'Atout, j'ai un tempérament "ardent", faut bien que ça se voit au premier regard. Aujourd'hui, même Tetsuda le sait, d'ailleurs il est pas loin, il nous observe et je ne manque pas de lever mon verre maintenant vide dans sa direction, allez santé Amiral !

- Mais le principal, c'est que tu te sentes mieux dans ta peau et d'attaque pour Teach, hein ?

Et qu'il ait appris les bases du respect aussi, c'est vraiment un point principal ça aussi. Même si je suppose qu'il y a encore une marge de progrès à ce sujet.
Puis je me tourne vers les deux femmes.

- Et donc... Vous voulez devenir des membres de son armée ? C'est beau ces gens qui ont des convictions et qui son prêts à donner de leur personne pour les défendre... Bon, je dis ça mais je suppose que je fais plus ou moins pareil à ma manière... J'ai juste choisi de limiter un peu mes actions en agissant ailleurs que sur la juridiction des humains et du Gouvernement Mondial... Et je n'en dirai pas plus parce qu'il y a beaucoup trop d'oreille autour de nous et que je n'ai pas envie d'avoir des problèmes en sortant de ces vacances... D'ailleurs, Boutanche c'est ça ? Tu pourrais commander un autre verre, pour toi, et me le donner ?

Me regardez pas comme ça, Tetsuda a dit à tous ses Pacifistas de ne pas me donner d'alcool parce que j'ai assommé une centaine de touriste y'a trois jours. Et c'était même pas de ma faute ! Du coup, je peux compter sur toi pour le verre ? Ou toi ? Peu importe en fait tant qu'il y a de l'alcool dans le cocktail...


Je dévisage les deux filles l'une après l'autre, cherchant celle qui sera ma sauveuse sur ce coup là avant reporter mon attention sur Ragnar...

- De quel triangle amoureux tu parles au juste ? Tu as eu des nouvelles de... comment il s'appelle dans la révo déjà ? Martin ? L'amoureux ?

Je sais même pas si les deux atouts se connaissent... Mais peut être ? Ou alors Ragnar a des informateurs qu'il faudra que je prenne soin de détecter et... Je sais pas trop ce que j'en ferai.


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Cela faisait plaisir à voir. A vrai dire, Mama ne savait pas si elle aurait pu tenir tête à Bahia, seules à seul. Mais voilà que le destin lui jouait un nouveau tour ! Et favorable, cette fois-ci !
Elle s’était donc ragaillardie et avait retrouvé toute sa confiance.

— Merci de m’avoir débarrassé de ce gêneur. Je ne sais pas comment vous remercier … Et j’espère surtout qu’il me fichera la paix une fois parti du Cuisino … Mais pas la peine de s’éterniser sur ce cafard ! Je vous en prie, appelez-moi Ma… !
— …loma R’shmalo ! Même si elle déteste son nom parce qu'elle dit qu'il sonne trop mou !
— Sasha !
— Eh oh, toi aussi t’as remué le couteau dans la plaie avec moi ! A mon tour maintenant !
— Ahem, mes excuses … Vous pouvez m’appelez Mama, donc ! Enchantée !


Elle fit une petite courbette avant de se tourner vers la dragonne céleste. Mama avait l’air un tantinet gênée et semblait appréhender la réponse de la pirate.

— Izya, loin de moi l’envie de vous empêcher de boire -après tout, on ne m’appelle pas Mama Boutanche pour rien- mais je n’aime pas que les miens boivent de l’alcool à bord et sèment la zizanie après. M’est avis qu’on devrait penser au confort de tous, autant le vôtre que celui des autres. Alors pour cela, je veux bien vous offrir mon verre une nouvelle fois, mais, s’il vous plaît, ne comptez plus sur moi ensuite. Et puis vous ne voudriez pas gâcher ces vacances au frais de la princesse sans pouvoir en profiter à cause d’une gueule de bois, hm ?

Mama ponctua cette question avec un petit sourire complice, puis, d’un signe de main, appela le serveur pour lui redemander la même chose. S’il acquiesça d’un signe de tête, son regard se fit méfiant, les sourcils froncés. Ce devrait être la dernière qu’il les servirait.
Enfin, elle se tourna vers Ragnar, à nouveau l’air embêté.

— Monsieur Etzmurt …

Sa phrase mourut ses lèvres, elle-même tiraillée dans un dilemme qu’elle n’osait pas avouer à voix haute, encore moins devant Sasha. Mais il fallait qu’elle fît montre de courage, alors elle rassembla ses forces.

— Sachez que je voudrais sincèrement rejoindre l’Armée révolutionnaire. Du plus profond de mon cœur.

Dans son dos, Sasha affichait un sourire espiègle. Comme Mama avait lâché un gros morceau qui lui pesait, elle marqua encore une fois une pause, mais sa bravoure se débina et elle commençait à noyer le poisson.

— Rien que pour être capable de confronter ces salauds de gros bonnets, j’aimerais le faire. Pour pouvoir mener des actions de plus grande envergure aussi …

Nouvelle pause. Elle avait baissé les yeux, accablée par ce qu’elle n’osait pas dire. L’Empereur brisa le silence.

— Mais … ?

Surprise, Mama releva la tête. Heureusement pour elle, le barman amenait les boissons, c’était donc une diversion parfaite et bienvenue ! Elle en profita pour distribuer les verres : celui de Ragnar, le sien à Izya, et elle garda celui qui était destiné à Sasha. Cette dernière s’en indigna.

— Eh mais c’est le mien !
— Non, t’as assez bu, et moi j’en ai besoin. Pour … bah …


Sans plus de mot, elle avala son mojito d’un trait et elle grimaça aussitôt.

— Mais je ne veux pas forcer Sasha et mon homme à me suivre dans cette aventure. Et je ne veux pas non plus m’engager sans eux.

Si sa timonière s’en doutait, si elle réservait une surprise à sa capitaine officieuse, c’était encore autre chose que de l’entendre. Et cette phrase la toucha tellement qu’elle en porta sa main devant la bouche.

— Pourtant, je me conduis comme une gamine capricieuse à foncer tête baissée à chaque fois que j’entends des choses qui me révoltent ! Et dans ce monde de privilèges, je vois rouge partout, tout le temps ! Alors je fais des pieds et des mains aux miens pour qu’on aille jouer les redresseurs de torts, mais sans force de frappe, ça finit toujours mal ! Et malgré ça, Sasha et Grant me suivent toujours, de gré mais souvent de force ! Je peux pas leur imposer mon engagement, vous comprenez ?

Mama rebaissa la tête, ramassée sur sa chaise de bar. Si Sasha se délectait de cette petite scène au début, elle était désormais dans le même état d’esprit que son amie après cet aveu touchant.

— Je m’excuse, mais je commence à fatiguer … Je vais me coucher.
— Hein !? Vraiment !? En plein après-midi ?! Au poste d’équipage des techniciens ?! Avec tout ce raffut ?!


Mama ne répondit pas et s’éloignait déjà, la tête dans les épaules. Cette réaction avait coupé court à tout pathos, et si le révolutionnaire et la pirate était perplexe, Sasha sauta sur l’occasion, comme ça, de but en blanc, avec tout son culot. Elle frappa dans ses mains d’impatience.

— Ça vous dirait de la recruter ? Ou d’être son supérieur ? Bon, je dois vous avouer que je la vois pas autre chose que capitaine, et elle veut pas d’un supérieur trop chiant. Mais vous, vous avez pas l’air de l’être donc ça pourrait marcher ! Ah, et je dois aussi vous dire qu’en fait, on veut lui faire la surprise : avec Grant et l’Armée révolutionnaire, on est en train de réunir un équipage et on va lui offrir une frégate pour transporter tout ce beau monde ! Si ça vous va, on garde contact et je vous tiens au jus une fois retournées chez nous, à Kage Berg !


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« Ce n’est pas moi à qui on a interdit de picoler, grosse maligne, pouffa le révolutionnaire. Allez, reste avec moi, je te servirai à boire. Et le triangle amoureux, c’est toi, Jeska et le vieux Red. Quand vous aurez un peu de temps, il faudra vraiment que l’on discute. On a un gros coup à jouer ici. »

Izya calmée avec sa boisson, il se retourna ensuite écouter les raisons de cette confusion dans l’esprit de Boutanche. Pas facile la vie quand on avait des tas de contraintes parasitant sans arrêt nos pensées. Ragnar comprenait à peu près les raisons de cette demoiselle. Protéger ceux qu’elle chérissait plus que tout était une noble cause. La plus noble qui soit. Cependant, son mantra indiqua que Sacha et Mama ne partageaient pas vraiment les mêmes sentiments à ce sujet. Il fallait se la jouer habilement. Bien plus patient qu’auparavant, l’Atout garda son calme et sourit à son interlocutrice.

« Je comprends tout à fait, Mama. Tu es un profil qui m’intéresse beaucoup, alors ma proposition me semblait évidente, mais je ne tiens pas à te mettre dans une situation difficile. Quand on s’engage dans une organisation, quelle qu’elle soit, on doit y être entièrement et pas partagée entre diverses choses. Sacha et ton mari sont ta priorité, je ne peux que parfaitement le comprendre. »

Confuse, Mama décida de se retirer. Elle dit partir pour se reposer, Ragnar n’en croyait pas un mot, surtout quand Sacha décrivit leur lieu de résidence. Il était impossible de s’y reposer. Il le savait parfaitement puisque ses yeux avait inspecté les lieux. D’ailleurs, le révolutionnaire se retrouva avec l’amie de Boutanche qui, manifestement, avait quelque chose à lui confier. L’Empereur conserva son sourire, but une gorgée de son cocktail et attendit patiemment. Quand elle s’assura que son amie était loin, elle déballa le pot aux roses.

« Tu prends la Révolution pour une boîte d’événementielle qui organise des surprises ? T’as entendu la dragonne ? Elle est bonne celle-ci ! On ne me l’avait jamais faite encore, se marra le révolutionnaire. »

Il reprit un air à peu près sérieux, le temps de quelques instants.

« Par contre, je serai curieux de savoir avec qui, dans l’Armée Révolutionnaire, vous manigancez cette chose. Quels hommes ? Quelle frégate ? L’Armée Révolutionnaire, c’est moi. Raconte-moi tout, ma chère Sacha, je suis ouvert à la discussion et il s’avère que j’ai du temps devant moi. Reprends-toi un verre. Serveuse ! La même chose pour les deux demoiselles, s’il vous plaît. »

Il fit un clin d’œil à Izya qui finissait son verre, prête à en recevoir un nouveau.

« Où sont les deux tourtereaux ? Cris, bats des ailes, fais quelque chose, bon dieu ! Réunion ! »
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J'aspire longuement sur ma paille, plutôt contrarié par ses propos sans pour autant ne rien répondre. Du moins, jusqu'à ce que le bruit des bulles d'air passant dans le tube reliant ma bouche au fond de mon verre se fasse entendre. De là, je pose la boisson et m'affale dos sur le comptoir, fixant les gens qui sautent et s'éclatent dans la piscine non loin.

- Comme je l'ai dit, ce n'est pas de ma faute si je suis privée d'alcool par ce vieux Green Wolf rabat joie. Figure toi que c'était une nouvelle leçon de respect, pour une pétasse manipulatrice qui vend son cul pour des privilèges et une protection. Alors non Ragnar, je ne battrai pas des ailes et ne crierai pas pour faire venir cette détestable personne. En plus, Tetsuda a été sympa et a respecté ma demande : Jeska n'a plus le droit de m'approcher de toute la croisière.

Je baisse alors les yeux, tandis qu'un nouveau verre atterri dans ma main. Et sans attendre, je le porte à mes lèvres, en goute une gorgée avant de soufflée de dépit.
L'alcool a de nouveau disparu et au loin, Tetsuda me nargue de la même manière que je l'ai nargué tandis que je lui fais une grimace en retour. Il m'emmerde ce type.
Je lui tourne alors le dos, lui montrant mes ailes avant de poser mon verre sur le comptoir et de jouer avec, d'un air distrait.

- Et il n'y a pas de triangle amoureux. Juste Red qui se fait manipuler par une pimbèche et moi qui m'inquiète de le voir lui bouffer dans la main alors que cette fille est un poison. Enfin, il est grand, alors il se démerde, tant qu'il ne meurt pas encore...

Si seulement il n'y avait que ça, je suis sure que ça ferai bien moins mal. Mais je doute que j'y aurai été insensible pour autant. Mais ça n'enlève pas la vérité de mes propos pour autant.

- Et puis, tu sembles oublié que même si on est allié, nous on est des pirates et toi tu es un révolutionnaire. Ici, nous, tout ce qu'on à faire, c'est se prélasser et profiter des dépenses excessives de notre nouvelle capitaine Sainte Adela. Il n'y a donc pas de réunion qui tienne. Cela dit, si ça concerne Teach, tu peux m'en parler directement. Après tout, ta dette envers moi ne sera réglée qu'après la mort de l'empereur. Et je ne parle pas de toi, évidemment.

Je reprends alors une gorgée de boisson, sans enthousiasme.

- Du coup, tu devrais plutôt en profiter pour les recruter officiellement. D'un geste du menton je désigne la jeune femme qui est resté avec nous. Au final, la révolution à toujours besoin de gens non ? Alors même si celle ci vous prend pour une boite organisatrice d'évènement, vu comment l'autre semblait défendre les droits des citoyens du monde et exécrer l'esclavage au point d'en être altruiste, elle sera une recrue efficace. Et si ça peut à l'avenir vous éviter de venir pleurer dans les jupons des pirates pour avoir de l'aide, ça ne peut qu'être une bonne chose, non ? Pas que je veuille pas t'aider à nouveau hein, mais j'ai quand même moyennement apprécié servir de balise à vive card pour localiser un putain de glaçon géant...

Dans le fond, je ne suis pas du tout contre la cause révolutionnaire. Je pense même que si j'avais rencontré les bonnes personnes au bon moment, je les aurais rejoint et ma gentillesse m'en aurait fait me mordre encore plus les doigts que je ne le fais aujourd'hui avec mes îles célestes...
C'est pourquoi je ne les rejoindrai pas, je suis bien trop addicte à ma liberté de mouvement et de choix pour servir qui que ce soit maintenant. Même Red n'est qu'un ami pour moi, aucunement mon capitaine.

Quant à Sainte Adela... Faut vraiment que j'arrive à me libérer de son emprise avant la fin de la croisière, sinon j'ai peur que toute cette histoire finisse mal...


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Sans sa capitaine officieuse, Sasha était libre de parler et d’apporter sa petite touche personnelle au projet, la cerise rutilante sur l’énorme gâteau au chocolat ! Le panache presque éthéré sur le couvre-chef de bonne facture !
C’était bel et bien sa marque : elle imaginait un projet, elle laissait aux autres le loisir de le mener à bien, mais elle ne manquait pas d’y apporter la touche finale, sa patte excentrique, presque démesurée !

Mais … pas le ventre vide ! Alors elle commanda des tapas sans viande ni aucun produit d’origine animale à un barman incommodé. En attendant son retour, toujours dans son excentricité et sa soif d’amusement, elle se prêta au petit jeu de l’Empereur et de la Dragonne céleste, auquel elle n’avait perdu aucune miette. Au contraire même, elle s’en était délectée avec délice !
Si ses yeux étincelaient de malice, ses lèvres se tordaient en un sourire espiègle, voire entendu.

Cet état d’esprit, mêlé à son physique peu féminin et ses traits durs, détonnait bizarrement. Le pire, c’est qu’elle adorait en jouer ! Elle aimait quand les apparences étaient floues.

— Mais si vous voulez, Madame Tahgel, je peux vous lui faire rendre la monnaie de sa pièce, à cette harpie ! Donnez-moi un bandage, quelques minutes, et je serai méconnaissable ! Je lui ferai du rentre-dedans en faire s’évanouir les culs bénis !

Et puis tout à coup, elle semblait mal à l’aise, tout joie de vivre quittée. Elle jouait avec les ronds de cocktail laissés par les verres vides sur le comptoir.

— Boarf, je peux vous expliquer pourquoi je pourrais faire ça … Mama vous a déjà déballé le début … Avant qu’elle me sauve, je suis passée par … plusieurs … hm … “états” … Et ç’a cassé quelque chose au fond de moi … Maintenant, mon for intérieur ne m’appartient plus vraiment … ou du moins, plus à moi seule, Sasha … Mais si je vous dis qu’on est trois dans ma tête, vous allez me prendre pour une fo… eh merde. Bon ! Bah oui, voilà, arrêtons de tortiller du cul marcher droit : on est trois dans ma tête. Y’a Alexis -vous voulez pas la rencontrer, c’est une barbare qui me aussi peur qu’elle m’a sauvé la vie- et y’a Maxime. Alexis est née quand j’ai failli mourir quand j’étais enfant, capturée par des esclavagistes, et Maxime est né quand j’ai fugué de chez mes parents adoptifs. Si c’est moi qui ai fait naître Maxime pour être engagée en tant que mousse sur des navires pour me permettre de voyager … Pour ça, j’ai regardé les marins dans les ports, et je les ai imités pour parler comme eux et me comporter comme eux. Et pour cacher mes seins même s’ils sont petits, je me les suis compressés avec un bandage. Bon, depuis Maxime a pris son indépendance et son caractère a changé … Bref, tout ça pour dire que si vous voulez, je peux être l’homme de la situation !

Comme pour la sauver du malaise, toujours très gênée pour parler d’elle et encore plus de son passé, le barman apporta les amuse-bouches qu’elle proposa à ces deux interlocuteurs. Bien sûr, elle ne se priva pas d’engloutir une poignée de cet apéritif.
Enfin, elle pouvait revenir sur un terrain sur lequel elle était plus à l’aise ! Après tout, l’occasion était trop belle pour ne pas expliquer son fameux projet au membre du Conseil des DRAGONS. A nouveau, son grain de folie pétillant revenait, ravivé de plus bel !

— Mais revenons à l’Armée révolutionnaire ! Il y a longtemps de ça, Mama formait la Barge des Barges, un groupe révolutionnaire indépendant sur les Blues, avec notamment Grant et moi. Quand elle l’a dissout, certains d’entre nous -notamment Niko Maragos, si vous connaissez …- se sont engagés dans l’Armée Révolutionnaire qui nous avait souvent proposé de les rejoindre, et Mama avait toujours refusé.

Deuxième tapas.

— Quand Mama s’est sacrifiée pour nous libérer de l’Île aux Esclaves, elle a été capturée par ce sale connard de Bahia pour l’emmener sur Zaun ! Mais nous, avec une cinquantaine d’esclaves, on pouvait rien faire ! Alors on est rentrés et j’ai contacté Niko pour savoir s’il pouvait nous aider sur ce coup-là. De fil en aiguille, l’affaire est tombée entre les mains d’un certain duo, Emrich et Dan, de Luvneel. Ces deux-là connaissent bien Bahia et sont au courant de ses petites affaires. Ils savaient que Bahia avait un accord avec des boîtes d’armement dans lesquelles il envoyait des esclaves pour gonfler la main d'œuvre, ou la remplacer quand elle blesse au travail. Ils ont mené leur petite enquête, et ils se sont aperçus que Mama faisait partie de ceux-là et qu’elle était gardée par un homme de main de Bahia. Ils sont intervenus, ils l’ont sauvée, et ils nous l’ont ramenée sur Kage Berg.

Troisième tapas et commande d’un verre non-alcoolisé. Ras-le-bol du barman qui espérait vainement être payé plus.

— Depuis, ils nous tannent pour qu’on reprenne du service. On voit bien que Mama crève d’envie d’y aller, mais elle se retient pour nous. Ou … à cause de nous … Et comme c’est un crève-cœur pour son homme, il a décidé de se faire violence et de sortir de sa retraite pour lui faire plaisir. Et il veut que ça reste une surprise ! Alors avec ses économies grâce au ranch familial qu’il a transformé en refuge animalier et en cultures, il a acheté une frégate qui est en ce moment même en construction ! Moi, de mon côté, je m’attèle à nous dégoter un équipage digne de ce nom, grâce à ces Dan et Emrich, mais aussi grâce à Niko qui veut bien nous rejoindre !

Commande arrivée sitôt engloutie cul-sec, soupir de soulagement, grand sourire.

— Voilà ! Vous savez tout ! Alors, vous prenez, cher Atout ?

Enfin la pipelette se taisait, accrochée aux lèvres de l'Empereur, le regard suppliant, presque humide de larmes de crocodile.


"Avant de faire la révolution dans la rue, faut la faire dans la tête : dis-toi bien que le pouvoir, d'où qu'il vienne, c'est vraiment de la merde."

Les Hauts-Ferrés (Torino)
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Ragnar écouta attentivement la rouquine lui faire son exposé, tout en sirotant son cocktail. Il se demanda même le nombre de verres qu’il s’était enfilé depuis son arrivée. Ce n’était pas qu’elle l’ennuyait, mais ce versant des relations humaines ne l’intéressait pas des masses. L’Atout était plutôt du genre à profiter de l’instant, de la nuit chaudement et chaleureusement accompagné, avant de repartir dans ses folles aventures. Comment pourrait-il imposer à un quelconque amour de le suivre dans cet enfer ? Il faudrait alors que l’élue de son cœur soit plus puissante que lui.

« Tu ne prendrais pas les choses trop à coeur, Izya ? Franchement, c’était un type plutôt sympathique Reyson, non ? Pourquoi t’emmerder à récupérer le vieux qui, entre nous, me semblait plutôt heureux avec Jeska avant que tu ne reviennes ? Vous êtes tous les trois en train de vous déchirer pour l’amour d’un seul être. Aussi bien Jeska que toi êtes de sympathiques personnes, vous pourriez bien vous entendre, si seulement mettiez un peu d’eau dans votre verre. Bref, cela ne me regarde pas, mais comme tu le sais si bien, je donne quand même mon avis. »

Il sirota une gorgée.

« Puis, comme tu le dis, Jeska est par définition un poison. Sauf qu’elle ne l’est et ne le sera jamais pour toi ou pour Red. À t’écouter, je confirme un point essentiel : tu es une pirate et moi un révo’. Cependant, les deux camps peuvent avoir des objectifs communs et, si ce n’est le Malvoulant, je suis à peu près certain que ton bien-aimé – que tu crois aimer – et moi-même avons des objectifs communs à bord de ce navire. Après tout, Red n’est qu’un révolutionnaire incompris par mes collègues, non ? »

Le révolutionnaire se doutait bien que la pirate ne serait pas d’accord et que la discussion tournerait en rond. Aussi, il décida qu’il n’insistera pas davantage en cas de refus. Il aurait préféré tomber sur Red pour en discuter. Par ailleurs, Izya appartenait à l’équipage de la personne qu’il visait, alors dieu seul sait ce qui pourrait se passer. Il envisagea une autre approche qu’il étudiera plus tard. Plus important pour l’heure, le recrutement d’éventuelles perles, de diamants bruts, peut-être sans éclat aujourd’hui, mais qu’il faudra tailler pour leur donner tout leur éclat.

Ragnar fut cependant intrigué par toute cette histoire. Une véritable famille qui poussait leur « Mama » à réaliser ses rêves. Une frégate que l’Armée Révolutionnaire aurait pu leur donner, ils l’avaient tout simplement acheté à la sueur de leur front. Ils avaient même leur petite armée. Restait à savoir dans quelle filière les affecter. La Guerre ? Non, pensa l’Atout. Ils seront bien plus utiles du côté de l’Orientation, avec Emilie Knox, qui luttait vaillamment pour les valeureux enchaînés. Avant son poste, Ragnar travaillait pour cette filière et luttait dans le monde entier pour la libération des esclaves. Ils collaboraient toujours. Ce sera probablement un bon point d’ancrage.

« Bien, bien, bien. Une personne m'a autrefois tendu la main alors que je n'étais qu'un moins que rien, c'est aujourd'hui mon tour de tendre la mienne. Je vous soutiens dans ce projet et je vous embauche. Votre équipage sera directement affecté dans ma flotte afin de suivre votre démarrage de près. Il serait irresponsable de ne pas garder un œil sur vous. Manquerait plus que je passe pour un imbécile qui recrute des branquignols… Mais je vous sens bien. Vous dégagez quelque chose de positif et de puissant. Apportez votre pierre à l’édifice. Aidez-nous à changer ce monde. »

Il eut presque une forme de supplication dans sa voix. Beaucoup l’oubliaient à cause de son humeur souvent trop jouasse, son dédain envers les autres, ses manières à la fois sauvages et élégantes, mais Ragnar était une personne extrêmement engagée à la Cause. En fait, il vouait sa vie à celle-ci, et c’était pour lui le minimum à faire pour parvenir à un quelconque changement. Il sourit à la dénommée Sacha souffrant manifestement d’un trouble dissociatif de l’identité, des suites évidemment de chocs émotionnels. Chienne de vie, pesta intérieurement le révolutionnaire. L’esclavagisme était un véritable fléau et il souhaitait réellement y mettre fin.
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- Quand on ne sait pas, son avis, on se le garde Ragnar. Et toi, clairement t'as rien compris. Red est heureux avec Jeska ? Bien évidemment, c'est le principe même de la manipulation. Elle roucoule, se pavane et lui donne toute l'attention dont il a besoin pour se remettre des épreuves qu'il a subit et dans son dos, elle plante des graines pour l'éloigner des gens qui l'aiment autre qu'elle, d'autant plus quand son petit jeu ne prend pas. Et je ne parle pas d'amour charnel Ragnar, simplement d'amour disons... familial ?

Est-ce de ma faute si, absente que quelques semaines d'Armada, je reviens en voyant que Madame s'impose l'air de rien au milieu des Capitaines qui ne savent quoi faire parce qu'ils craignent Red ? Non. Mais moi je ne le crains pas, alors j'agis pour signifier mon mécontentement, rien de plus. Et quand cette pimbèche vient me voir y'a deux jours en commençant sa conversation en disant que j'ai de l'importance pour elle, et que l'instant d'après elle me crache tout un tas de saloperie à la gueule, c'est pas clairement une tentative de manipulation peut être ? Clairement, ça l'emmerde que je sois une femme, elle ne peut pas m'acheter avec son bordel qui insultait mon peuple, là aussi.

Mais si tu l'as trouve sympathique, je suppose que toi aussi elle a réussi à t'acheter, enfin ça m'étonne pas trop. D'ailleurs que pense la révolution des bordel et autres maisons de passe ? Que des gens vendent leur corps ça gêne personne ?

Quant à Reyson, oui. Personne sympathique que ce Reyson. Surtout quand il se met en tête de tuer Red a peine revenu d'entre les morts, refuse de faire confiance et surtout tente une nouvelle fois de vous manipuler par ses hormones pour vous mettre en cage... Et figure toi que je n'aime pas du tout les cages, ni qu'on me manipule d'ailleurs, tu vois, j'ai une certaine logique quand même. L'un et l'autre m'insupporte pour la même raison. Et vous deux non plus ne devriez pas trop aimer, car la manipulation est l'un des grand concept de l'esclavage, non ?


Je finis mon verre sans alcool, plutôt énervée. Énervée parce qu'une fois de plus, d'un point de vu extérieur, c'est encore moi la connasse de service. Alors que merde, qu'est ce que j'ai fais bordel ? J'ai pas le droit de détester cette personne ? Et puis... Prendre les choses trop à coeur, qu'est ce que j'y peux en fait ? Je ne choisis pas comment je ressens une situation ! Et là, clairement, la situation m'échappe d'une manière vraiment douloureuse.
Pour preuve : toutes mes tentatives de passer un peu de temps avec Red se voit vouée à l'échec. Depuis mon retour des Allods, nous n'avons pu parler qu'une seule fois pour nous engueuler. Et depuis, Red semble m'éviter consciencieusement, où alors Jeska n'est jamais loin.

Et après il ose me dire que la présence de la peste n'a rien changé entre nous... Lassé de tout ceci, je me redresse alors, me tournant une dernière fois vers la jeune femme aux multiples personnalités.

- Merci pour la proposition, mais je suppose que si je te dis oui, c'est encore moi qui vais prendre le rôle de méchante hein ? Enfin, en t'écoutant je vois que la vie est une chienne pour tout le monde. Mais l'important c'est de réussir à s'en relever et de continuer d'avancer. Et j'espère pour toi et elle que vous trouverez en la révolution autre chose que des Atouts chiants qui vous pourrissent la vie en vous envoyant en mission suicide pour libérer l'un des leur, ou encore qui joue les oiseaux de mauvais augure avec des nouvelles de merde. Ou des avis de merde, selon la situation.

Je lance un dernier regard assassin à Ragnar avant de baisser mes lunettes de soleil sur mon nez et de les laisser là tous les deux, retournant alors m'affaler sur un transat au bord de l'eau pour profiter du soleil et de l'alcool qui circule un peu dans mes veines. Juste de quoi faire une bonne sieste facile... A moins bien sur que ma colère m'en empêche...

Quelle plaie ce Ragnar.


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Soudainement, Sasha bondit de son tabouret qui se mit à vaciller dangereusement, et elle atterrit sur Ragnar en le serrant dans ses bras, comme s’il avait fait plaisir à une vraie gamine.

— Merci beaucoup ! Vous allez voir, vous ne le regretterez pas !

Comme le silence s’imposait en maître, elle prit conscience de son acte, peu protocolaire. Ses yeux s’élargirent et elle recula vivement. Si brutalement que le tabouret tomba vraiment, ce coup-ci. Elle le ramassa et salua son futur supérieur à la manière des Marines, le bout de la tranche de son index juste devant la tempe droite, la main raide, au garde-à-vous et droite comme un i, ne sachant pas comment s’y prendre.

— Désolée pour ça, Empereur ! Si vous voulez rester en contact avec nous l’instant qu’on officialise tout ça, passez un coup d’escargophone au seul refuge animalier de Kage Berg qui existe, et demandez Grant ou moi-même !

Enfin, elle s’inclina vers la Dragonne céleste, plus relâchée, et donc plus à l’aise.

— Comme vous voulez, Madame Izya ! Et je vous souhaite la même chose ! Trouvez votre Mama, une amie qui saura vous tirer vers le haut et qui sera à vos côtés dans les meilleurs moments comme dans les pires … même si là elle est pas là et que ça m’arrange ! J’espère que vous saurez trouver un terrain d’entente avec cette Jes … (Un ange passa) …ka ?


La Jeska ? La Jeska qui a sauvé Mama du Dragon Back Fight ?!


Elle écarquilla les yeux, consciente de la bêtise qu’elle voulait commettre. Elle se reprit immédiatement en se frottant quand même l’arrière du crâne de gêne.

— Je suis persuadée qu’au fond, c’est une bonne personne ! C’est juste que … bah … vous ne l’avez pas vue sous son meilleur jour ?


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Izya en avait gros sur le cœur et il n’y avait pas besoin d’une maîtrise exceptionnelle l’empathie pour le sentir. Elle partit sur une tirade complexe pour un sauvage tel que Ragnar, sur les raisons de sa haine à l’encontre de Jeska, ses relations avec Red, puis surtout lui faire comprendre qu’il pouvait bien se mêler de ses affaires. Sur ce dernier point, comme l’avait dit Ragnar, il se foutait pas mal que son avis soit pris ou non en considération. S’il avait envie de dire quelque chose, il le disait aussi simplement. Quant à la prétendue manipulation de la femme empoisonnée, le révolutionnaire pensa simplement que Red était à même de détecter la vérité du mensonge.

Il ne put s’empêcher de pouffer de rire quand il entendit le récit de Reyson. Quel fou furieux, pensa Ragnar. Il ignorait tout de ces récits. Ce n’était clairement plus de l’amour à ce stade, mais de la pure possessivité. Et ça, c’était répréhensible, à l’instar des esclavagistes qui prenaient possession des corps et des esprits des plus démunis. Sacré Reyson, j’ai hâte de le revoir pour lui en toucher deux, songea l’Atout non sans éprouver une pointe d’éclat de rire qui ne demandait qu’à être extériorisée. Son objectif étant atteint, la fusée ayant décollée, il décida de ne pas insister et de la laisser s’en aller sans mot dire. Il appréciait la taquiner mais jusqu’à la limite du raisonnable.

« On se revoit bientôt, Izya. »

Au même moment, il se retrouva avec Sasha dans les bras, qui salua à son tour Izya avant de buguer sur la fin. Une fois encore, situation cocasse devant laquelle Ragnar ne put s’empêcher de rire.

« Ne te mêle surtout pas de ça, malheureuse. Elle en grillé pour moins que ça. Elle a l’air d’un ange – c’est d’ailleurs un ange à proprement parler – mais c’est un véritable démon. Un conseil, que je t’adresse à toi et qui est aussi valable pour Mama, méfiez-vous des pirates. Il y en a des bons dont les idées se joignent assez aux nôtres, mais ils sont quand même différents de nous, aussi infime soit la frontière. »

Puis il se leva enfin de son tabouret, finit son verre d’une traite avant de plonger ses yeux dans ceux de Sasha, un long moment durant. Au bout d’un court instant qui parut être une éternité, il posa sa main sur l’épaule de la demoiselle. Il paraissait sérieux et prenait un air grave, mais il était simplement trop ivre. Se lever aussi rapidement n’était pas la meilleure des idées.

« Camarade, on se retrouve plus tard, hein. J’ai du boulot. Je vous retrouverai sans faute pour cette surprise. Prévoyez surtout de quoi picoler. »

Il tituba sur les premiers pas, s’étira et reprit une marche à peu près normal.

« Bordel. Où se trouve ma chambre déjà ? »
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