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Récupérons le Yubashiri

L’intrépide quitte la mer d’East Blue en passant par la flaque, à son bord se trouve : le colonel Shoga, le lieutenant Arsène Alighieri, le matelot de deuxième classe Anima Labrusca, ainsi qu’une centaine de soldats. Le Gladius se rend à Marineford pour tenter de négocier le Yubashiri, sa propriétaire veut s’en débarrasser pour changer de lame. Comme c’est un sabre légendaire de par son histoire, beaucoup de collectionneurs veulent mettre la main sur le Katana. Shoga refuse qu’il soit vendu à un collectionneur pour être exposé dans une vitrine, un sabre est une arme, et non une pièce de collection. Le voyage vers Marineford sera long et périlleux. Durant la traversée, l’équipage rencontre quelques pirates voulant couler l’intrépide, mais ils finissent par se faire couler par le navire de la marine. Il y a aussi le changement de climat qui est hasardeux, le bateau survie aux tempêtes, au tourbillon, ainsi qu’aux monstres marins qui veulent dévorer les marins.

Après quelques jours en mers, l’intrépide arrive enfin à destination, il se retrouve devant l’une des portes judiciaires. Shoga contacte le G-1 en déclinant son identité et la raison de sa venue, la porte s’ouvre. Le navire rentre dans le courant Taraï, le navigateur est aux anges, il navigue pour la première fois de toute sa vie sur un tel courant marin. La Frégate arrive très rapidement à Marineford, le colonel réunit ses troupes sur le pont. Les soldats se mettent au garde-à-vous, le colonel est secondé par l’adjudant Soma, et le travesti Shujin. Le commandant Reikoku "Le redoutable" Shinrai est resté à la base d’Orange Town pour gérer celle-ci. Shoga fait un discours basique à ses hommes.

— Mesdames et Messieurs, vous avez l’honneur d’être au quartier général de Marineford. C’est un lieu historique où beaucoup de choses se sont passées, je ne citerai que les meilleurs en vous parlant de la guerre au sommet ou même à la fois où Shiki le Lion d’or s’est confronté au légendaire vice-amiral Garp et à l’amiral en chef Sengoku. C’est un lieu chargé d’histoire. Comme vous avez bravement combattu les éléments durant notre traversée, je vous donne quartier libre. Rompez !

 Bien, mon colonel !

Clament-ils à l’unisson. L’intrépide est amarré à l’un des ports de Marineford, Shoga se dirige vers Arsène et Anima.

 Je vais prendre contact avec le commodore Leslie Sakamoto, vous voulez venir avec moi où souhaitez-vous visiter le Q.G. ?

Après avoir entendu la réponse de chacun, Shoga part en direction de l’énorme bâtiment qui sert de base à cette île.


Dernière édition par Shoga le Ven 22 Juil 2022 - 11:15, édité 1 fois
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"Avec plaisir, Colonel!" dis-je avec un peu plus d'entrain que d'habitude.

Et un peu d'autre chose aussi, du soulagement. J'ai passé une traversée horrible, entre ma convalescence et cet espèce de taré de Shujin qui s'est mis en tête que j'étais une petite chose fragile et que c'était son devoir de me protéger. Quoique ça, au fond, ce n'est pas ce qui m'embête le plus. Mais l'okama est très… intrusif. Vraiment beaucoup. Trop pour moi, en tous cas. Sérieusement, un mec de son gabarit arrive à se cacher dans des endroits improbables pour surgir comme un diable de sa boite au moment où je m'y attends le moins, c'est limite du harcèlement! Tout ça pour faire des "câlin surprise!" à son "Ani-chou!" Le pire, c'est que je pourrais esquiver ça avec ma maîtrise du rokushiki, mais comme j'ai une couverture à préserver, je dois me laisser papouiller comme un animal de compagnie par un travesti azimuté! Pourquoi la vie est une chienne et moi un réverbère? Pourquoi avant de venir a-t-elle bu cent litres de bière?

Mais bon, le bougre est gentil, il me fait de super petits plats, sauf que moi, avec mes pulsions, j'ai plus envie de planter ma fourchette dans ce gros tas de barbaque qu'est Shujin que dans mon steak. Et puis… je suis mal placée pour le traiter de taré alors que je suis, de mon propre aveux, une putain de psychopathe qu'il faudrait enfermer à double tour dans le plus profond des cachots et en jeter la clef dans le plus profond des abîmes. D'autant plus que nous somme assez semblables lui et moi, de part notre orientation sexuelle, déjà, mais aussi que nous avons tous les deux des pulsions conte lesquelles nous luttons. Hé… minute…est-ce qu'il me cajole autant parce qu'il m'aurait grillée? Ou qu'une espèce de sixième sens propres aux déviants que nous sommes lui aurait indiqué que, d'une certaine façon, nous sommes pareils? Et… au fur et à mesure, ses traques et mes esquives ont fin par devenir une sorte de petit jeu. Qui amuse beaucoup l'équipage. Certains caftent, d'autres m'aident à l'instar de Soma, le ninja de poche.

Revenons, à Marine Ford. Shoga me regarde étrangement, je ne comprends que trop tard.

"Câlin surprise! Ani-chou!"

Je tire à peu près la même tronche que si on m'avait jeté le contenu d'un seau à glace dans le dos. Shoga, sauve-moi!
    Cela n’était pas véritablement la première fois qu’Arsène avait pris la mer pour quitter les Blues. Lors d’une occasion, il put avec son Père rejoindre Water Seven, et découvrir cette merveilleuse ville flottante. Seulement, le séjour n’avait duré que quelques jours. Il avait appris bien des choses sur la Route de les Périls, de sa manière d’être navigué et à la manière particulière de rejoindre chaque Île. Mais les Alighieris disposaient de certains privilèges. Anciens membres de la Marine, son Père disposait d’un navire capable de naviguer la Calm Belt ou de transiter par la Flaque quand il se sentait d’humeur.
    Aujourd’hui, il se trouvait à Marineford, on faisait difficilement plus iconique comme emplacement pour la Marine.

    Un lieu qu’Arsène avait toujours voulu découvrir et cela était chose faite. Cependant l’heure n’était pas au tourisme.

    “Je viens avec vous Colonel.”
    Son objectif était simple: découvrir la Commodore Sakamoto et pourquoi pas directement expliquer ses intentions auprès du Commodore. Intentions? Arsène ne se faisait pas véritablement d’illusion, il n’était pour l’instant qu’un lieutenant de la Marine et bien que membre de la Noblesse. La Famille Alighieri n’était qu’une flaque dans l’immense océan, la seule chose qui démarquait les Alighieri était le passé lié à la Marine et le fait que l’on retrouvait à peu d’exception près un Alighieri dans chaque grande bataille mené par la marine.

    La Guerre au Sommet avait ainsi vu trois membres de la famille Alighieri y prendre part. Un seul en réchappa et donna des années plus tard naissance au Grand-Père d’Arsène. De ce qu’il avait entendu, cet arrière-grand-mère était restée particulièrement silencieuse quant à ce conflit.

    Mais retour sur le présent: il ne se faisait pas d’illusion, mais si la chance lui était offerte d’expliquer ce qu’il souhaitait. C’était simple: un Bretteur ne pouvait que parfaitement s’exprimer dans son Art en utilisant une pièce Maîtresse, une Arme parfaitement conçu avec si peu de défault qu’elle permettait à son utilisateur de laisser libre court à ses talents
    Sakamoto semblait évoluer sur une manière de penser similaire, bien qu’il doutait que la défaite de la Commodore soit véritablement dû au fait qu’elle détient un Meitou de rang inférieur. Il était peut-être plus raisonnable de penser qu’elle sentait au fond d’elle qu’il était temps de changer son approche. Et d’évoluer.

    Arsène n’était pas étranger à ce sentiment.
      Shoga regarde Shujin qui câline avec forces et tendresse son ami Anima, le colonel regarde Arsène qui se trouve à côté de lui, il fait une tête gênée. Le Minks roux se tourne vers le commandant, et lui ordonne de se ressaisir avec autorité.

      — Commandant Shujin, vous êtes en charge du commandement de l’intrépide ainsi que celui des hommes ! Je réquisitionne le matelot Labrusca et le lieutenant Alighieri, j’attends de vous que vous montriez l’exemple ! Réquisitionnez la dizaine de nouvelles recrues sur le navire pour vous aider dans votre tâche de surveillance du navire !

      En entendant ses mots, l’Okama lâche sa camarade, puis il s’approche lentement vers son supérieur. Son regard est sévère, ses sourcils sont froncés, sa musculature est saillante. Il fait un face à face avec le Minks, Shoga est légèrement plus grand que l’immense travelo, celui-ci fronce tous les muscles de son visage à tel point que plusieurs craquements se font entendre.

      — Colonel....

      Shoga reste droit, il regarde son soldat droit dans les yeux, tout en prenant un air aussi viril que Shujin.

      I love you .... !

      Dit-il en retirant sa tenue de commandant, sur lui, il n’a plus qu’un slip au couleur de la marine. Ses yeux deviennent tout mouillés, il fait la moue, et il joint ses mains à celle de son supérieur.

       Colonel… colonel… colonel… Pourrais-je demander aux hommes de travailler ardemment sous cette chaleur intense ?

      Shoga hausse un sourcil.

      — Travaillé durement alors qu’il fait chaud ? Mais dans quel but ?

      — Pour les renforcer physiquement ainsi que psychologiquement, la chaleur ne les rendra que plus fort !

      Shoga comprend.

       C’est une très bonne idée, mon commandant. Vous avez quartier libre, mais ne les épuisez pas trop, nous ne comptons pas rester au Q.G. toute la journée.

      Shujin lâche les pattes de Shoga pour se diriger en sautillant vers les hommes réquisitionnés, ces derniers craignent le pire en voyant la folle qui s’approche d’eux. Le « Récidiviste' est léger comme une plume, c’est son amour pour les uniformes de la justice qui lui donne des ailes. Un matelot se met à hurler.

      — Arrrrgggg !!!!

      Un autre lui demande ce qui lui arrive.

      — Ça ne va pas de hurler ?!

      Le hurleur pointe le slip du commandant avec son index droit, il désigne les espaces qu’il existe entre le slip et la chair… il désigne une partie intime de sortie.

      — J’ai vu une de ces cou....

      L’autre soldat remarque la même chose, il se met à hurler.

      — Aie, mes yeux, mes yeux… je suis aveugle !!!

      Mais étrangement, lorsque Shujin arrive sur le pont avec ses pectoraux bien huilés (il garde toujours une bouteille d’huile dans son slip, au cas où) les soldats se mettent en rang, et ils obéissent à leur supérieur qui profite à peine de la situation. Il leur demande de nettoyer le pont pendant qu’il les guidera. Shoga marche vers le Q.G. de la marine, il est interpellé par Soma le Ninja qui lui demande quelle est sa mission.

       Tu vas rester sur le navire, et surveiller les alentours (et surtout Shujin).

      — Ok, patron poilu.

      Le Ninja fait péter une grenade aveuglante, il disparait. Shoga tousse en agitant les pattes devant lui.

      — Mais il n’est pas obligé de faire à chaque fois qu’il part !

      Shoga demande à ses deux chouchous de venir avec lui, le Colonel marche jusqu’au Q.G. en compagnie de ses hommes. Shoga rentre facilement dans le quartier général (après avoir décliné son identité et en donnant son matricule de marine), le colonel et ses hommes marchent dans les couloirs de Marine Ford.

      — Fiou… c’est beau. Mais je préfère le côté rustique d’Orange Town, je m’y sens plus à l’aise, pas vous ?

      Pendant que l’homme bête discute avec ses amis, une femme se met à hurler dans les couloirs. Cette femme semble avoir un fort caractère, car elle est pourchassée par quatre types qui lui font des avances, mais rien n’y fait, elle marche rapidement devant eux en les envoyant paître.

      — Je veux vous épouser.

      — Je suis riche, savez-vous.

      — Je suis votre plus grand admirateur, Leslie-Sama !

      — J’ai de l’argent, je peux vous payer … Mais en échange, vous devrez m’être soumise comme épouse !

      Bon, le dernier prétendant n’a pas tenu longtemps, car il s’est pris un coup de poing dans le visage par la jeune femme. Les trois prétendants restants sont soient effrayé par un tel manque de féminité, ou au contraire, ils sont encore plus attirés par ce côté bestial.

      — Barrez-vous, vous êtes collant !

      Leslie Sakamoto n’est pas le genre de femme à marier, non, c’est le genre de femme à mourir sur le champ de bataille. La bretteuse passe à côté du Minks et de ses compagnons, elle continue son chemin jusqu’à ce qu’un homme de la haute société arrête la Sakamoto.

      — Leslie, commodore Leslie. Je vous supplie de réfléchir à mon offre, 100 millions de Berry pour le Yubashiri, c’est plus qu’honnête !

      Entre les trois pots de colle et l’autre glue qui vient lui casser la tête une fois de plus avec ses Berrys, la commodore craque.

      — Si vous arrivez à me débarrasser de ces trois-là, je veux bien réfléchir à votre offre.

      L’homme d’affaires voit une opportunité unique, il s’exécute aussitôt. Il arrive à faire dégager les trois prétendants en leur promettant de toucher un mot à Leslie de leur part, et le blessé est évacué par l’un de ses rivaux. Shoga regarde Leslie, cette dernière fait de même, elle tourne légèrement son regard vers le Minks et ses amis.

      — C’est notre chance, elle semble être disposée à nous parler. Restez ici. Pour le Yubahsiri, je vais lui en toucher deux mots.

      Shoga s’avance vers Sakamoto qui arbore le célèbre Katana à sa ceinture, Shoga arrive devant la commodore, cette dernière fait face à l’imposante taille du Minks. La commodore ne baisse pas les yeux, elle soutient le regard du marine, Shoga se sent intimidé par elle, malgré sa petite taille (comparé au 2m90 de Shoga).

      — Commodore, je vous salue.

      — Moi de même, colonel.

      Les deux se connaissent de réputation.

      — Je n’irai pas par quatre chemins, j’ai entendu votre mésaventure sur l’archipel des Shabondy. Je dois vous dire que pour moi ce n’était pas un échec, vous avez épargné la vie de civils, et rien que cela est une victoire qui nous échappe bien trop souvent.

      Sakamoto sourit.

      — Vous êtes un original, colonel Shoga.

      — Ma venue concerne votre Meitou, le Yubashiri.

      — Encore un… Vous savez colonel, vous devez être la énième personne qui essaye de me racheter mon Katana, ou de me convaincre de l’échanger contre un autre sabre du même rang.

      — Je vous arrête tout de suite, commodore. Si j’ai fait le déplacement d’Orange Town en East Blue jusqu’à Marine Ford sur Grand Line, ce n’est pas pour me faire balader comme vos précédents larbins. Je suis avant tout un épéiste, et de ce fait je ne supporterai pas de savoir que cet illustre katana pourrit dans un musée !

      Shoga hausse le ton.

      — Sa place est dans les mains d’un soldat, et non d’un collectionneur comme j’ai pu le voir et l’entendre tout à l’heure !

      Sakamoto ne se laisse pas marcher sur les pieds.

      — Je suis aussi une épéiste, et ce sabre est encore à moi, il m’appartient !

      Shoga tente quelque chose.

      — Puis-je voir la lame ?

      Leslie dégaine d’un coup sec l’épée de son fourreau, Shoga examine la lame, elle reste dans la main droite de la gradée.

       Il s’agit d’une belle lame, je n’en ai rarement vu d’aussi bien conservée.

      Leslie constate qu’elle a à faire à un vrai connaisseur, mais le regard de la Sakamoto se pose sur les deux Meitou du Minks, elle demande à voir la lame « Damoclès », Shoga dégaine lentement son sabre de son fourreau. La commodore touche la lame, elle palpe l’acier avec ses doigts en donnant des petits coups. Shoga range son Meitou, Leslie croise les bras.

       Je refuse de donner le Yubashiri contre de l’argent, ce serait un déshonneur pour un sabreur de faire ça. Le sabre se gagne sur un champ de bataille ou en héritage, en tout cas, il se mérite !

      — Je suis tout à fait d’accord avec vous.

      — Voyez-vous, je dois devenir plus forte, plus robuste, plus rapide pour vaincre mon adversaire avant même qu’il ne puisse être une quelconque menace pour mes citoyens. Je dois me séparer de mon sabre qui n’appartient qu’à la catégorie des « lames de qualité supérieure », je dois me procurer une « grande lame ». Le Q.G. me fournira une grande lame dans quelques jours, j’avais dans l’idée de donner le Yubashiri au quartier général et qu’il le donnerait à un brave soldat qui le mérite. Mais en arrivant ici, j’ai pu voir les candidats qui pourraient hériter du Yubashiri. Ce ne sont pas des soldats, mais des bureaucrates au mieux… au pire, ce sont des pistonnés qui n’ont jamais tenu une épée de leur vie. Je veux être certaine de ne pas faire d’erreur.

      — Je peux vous assurer que je connais un brave soldat, un homme qui n’a pas hésité à mettre sa vie en danger, et il en porte encore les séquelles.

      Leslie est étonnée.

      — Ce n’est pas pour vous que vous voulez le Yubashiri ?

      — Non, c’est pour le lieutenant Alighieri Arsène.

      Dit-il en pointant de la griffe le lieutenant.

      — Vous estimez qu’il mérite le sabre ?

      — Je le pense.

      Sakamoto observe Arsène, et Anima, puis se tourne vers Shoga.

      — J’ai une idée, comme je vais hériter d’une grande lame, je veux pouvoir en combattre une avec le Yubashiri pour la dernière fois. Si vous m’affrontez dans un duel avec « Damoclès », j’accepterai de tester votre lieutenant pour voir s’il est digne de ma confiance.

      Shoga regarde Arsène, puis il regarde Anima (et pense qu’elle fait un peu peur quand même avec son bandeau), puis il regarde de nouveau la propriétaire.

      — C’est d’accord, faisons un duel.

      Shoga et Leslie se dirigent dans un camp d’entraînement où les soldats du quartier général s’entraînent. L’arrivée des deux gradés fait forte impression aux soldats, ces derniers s’arrêtent de faire leur exercice du matin, même le lieutenant-colonel qui est chargé de superviser leur entraînement est sans voix. Sakamoto et Shoga se placent au milieu du terrain, celui-ci se vide rapidement. Les soldats assistent à l’affrontement qui va avoir lieu, le lieutenant-colonel n’a ni l’autorité ni l’envie d’arrêter ce duel. Shoga dégaine son Meitou des grandes lames, alors que Leslie dégaine son Meitou des lames de qualité supérieure.

      — Vous êtes prête, commodore ?

      — Bien sûr, et vous, colonel ?

      — Le premier à verser du sang a perdu !

      Pas de soucie !

      Sans prévenir, Shoga fonce sur Sakamoto avec toute sa vitesse, puis il assène un coup ascendant à l’ennemi. Cette dernière bloque le coup avec aisance, le Minks recule en sautant. Sakamoto en profite pour donner un coup à la verticale, la lame est bloquée par celle de Shoga. L’échauffement est terminé. Shoga repousse le corps frêle de Saka avec un coup de lame, Leslie se protège avec son épée. Shoga envoie une centaine de coups d’estoc sur son adversaire, celui-ci bloque chacun des coups avec le plat de la lame. L’enchaînement dure dix secondes, Shoga ne peut pas aller au-delà, il est encore blessé à l’épaule gauche. Leslie constate que le Minks est blessé, il se ménage. Sakamoto bloque la lame de son adversaire en la soulevant avec la pointe de la sienne, Shoga est sans défense. Le commodore tient provisoirement son katana de la main gauche, et avec le coude droit, elle frappe la zone où Shoga est couvert de bandage. Ce dernier ayant vu le coup venir se sert du Tekkai pour se protéger, mais étant déjà affaiblit de base, et Leslie possède une plus grande force que le Minks, ce qui fait exploser son « armure ». Le Minks se met à hurler, mais il ferme aussitôt la gueule pour éviter de cracher du sang. Leslie est fier d’elle, une expression jubilatoire s’affiche sur son visage.

      — Vous allez me le payer…

      Articule-t-il difficilement en fermant la bouche. Le Minks agrippe avec sa patte gauche le bras droit de la commodore qui commence à se mettre en retrait, puis il utilise toute la puissance de son électro. Le corps du colonel est étincelant comme la foudre, ainsi que le corps de Leslie. Les spectateurs sont étonnés, une telle puissance est-elle humaine ? La dextérité de Saka et la puissance électrique de Shoga dépassent de loin les normes « humaine », ce sont des surhumains. Shoga profite que la Sakamoto est paralysée temporairement pour reculer le plus haut possible dans les airs avec son Geppou accompagné de son Soru. Une fois assez loin, le colonel balance une lame d’air sur sa comparse. Cette dernière retrouve ses réflexes, elle balance une énorme lame de vent qui contre celle du Minks, la lame du colonel se fait trancher en deux, et la lame de la Sakamoto se dirige sur le Minks. Il esquive de peu en se déplaçant avec son Geppou et le Soru. Mais la jeune femme apparait derrière le colonel en utilisant à son tour le Soru, Shoga est surpris. Il se protège du coup d’épée de la Sakamoto avec la sienne en tournant sur lui-même pour se retrouver face à son ennemi grâce au Geppou. Mais l’impact est si violent qu’il projette le Minks au sol, ce dernier tente de se relever, mais il est vite plaqué au sol par une Leslie farouche. Elle plante la lame de son katana à côté des côtés gauches du Minks, ce qui calme tout le monde.

      — J’ai gagné, vous avez une coupure à la joue droite.

      — J’avoue ma défaite, vous êtes la plus forte.

      Elle retire sa lame de la terre, les côtes de l’homme bête n’ont rien. Shoga est relevé par une main tendue, c'est celle du commodore, les deux s’admirent respectueusement. Les spectateurs applaudissent, ils sont contents d’avoir assisté à un combat aussi technique et d'une grande férocité. Leslie se tourne vers Arsène, Shoga titube vers la Labrusca, il aimerait bien qu’elle l’aide. La Sakamoto pointe son Yubashiri vers Arsène.

      — Si tu le veux, viens le prendre !

      Les soldats regardent le Alighieri.
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      J’ai l’insigne honneur d’assister à un combat de ce niveau, je ne me prive donc pas d’observer les techniques de combat de mon supérieur mais aussi de Leslie Sakamoto. Et je dois bien avouer que je suis assez impressionnée. Et je ne suis pas du genre à lustrer le poireau de mes supérieurs. Mais ces deux-là assurent en escrime, y’a pas à chier! Comparativement, moi, j’en suis juste à agiter mes sabres. Et bien que j’ai trop d’ego pour mon propre bien, je comprends quand même que si jamais le Mink devenait une menace pour l’ordre mondial, je ne serais pas en mesure de l’arrêter. Si de suivre Shoga à Marineford m’a permis de m’éloigner de l’okama beaucoup trop tactile pour moi, ça m’a aussi permis de comprendre que j’ai encore beaucoup de progrès à faire. Car oui, j’aime tuer. Mais occire des faibles ne me fait plus autant vibrer qu’avant. Maintenant je retire aussi une espèce de satisfaction à éliminer un adversaire puissant. Le meurtre froid et gratuit ne me suffit plus, j’ai besoin de ce frisson d’excitation que le fait de mettre sa vie en jeu procure.

      En gros j’ai du boulot!

      Et alors que l’affrontement se termine sur la défaite de mon capitaine, je le vois tituber, probablement épuisé par cette joute. Immédiatement, je me précipite vers lui et je sers de béquille.

      "C’était impressionnant, chef. Ça va aller pour le Lieutenant?" Demandé-je.

      Je vois sa bouche canine dessiner une espèce de sourire. S’il a confiance en Arsène, alors moi aussi. J’escorte donc le renard jusqu’à l’infirmerie. Le trajet est long et comme ni lui ni moi ne connaissons les lieux, on doit demander notre chemin comme de vulgaires touristes. C’est alors qu’on touchait presque au but qu’un officier me bouscule et manque de me faire tomber. J’ai toutes les peines du monde pour éviter que mon supérieur, déjà mal en point, ne s’abîme d’avantage sur le dallage de la base. Je suis à deux doigts de gueuler sur l’inopportun quand je réalise que le type est un lieutenant-colonel. Je ferme donc la grande bouche et laisse pisser quand le sagouin en rajoute une couche.

      "Une nana infirme et un monstre, la Marine est vraiment tombée bien bas."

      "Ho, enculé, si je n’avais pas un Shoga à m’occuper… ça fait longtemps que je t’aurais muté à la 102ème d’Elite!"

      Merde, j’ai pensé à très haute voix…
        Bouche bé, voilà comment on pouvait décrire Arsène. Assistant au combat, les bras croisés, ses yeux étaient subtilement écarquillés.

        S’il savait déjà que le Colonel était un homme doué. Le voir en action était un spectacle tout aussi magnifique que terrifiant. Et pourtant il venait de perdre, Sakamoto s’étant montré comme la plus dangereuse des deux combattants et Arsène ne se faisait absolument aucune illusion.
        Et Sakamoto aussi semblait s’en rendre compte quand elle pointa sa lame vers Arsène.

        Ce dernier resta immobile quelques secondes avant de commencer à marcher. Toute son attention était désormais focalisée sur Sakamoto à tel point qu’il ne voyait plus Shoga et Anima, ni le reste du public.
        Foutu pour foutu, autant y aller.

        Dégainant sa propre lame, le Lieutenant se positionne à 5 mètres de son adversaire.
        Sans attendre.
        “Soru.”
        La voix résonna, et Sakamoto disparut du champ de vision d’Arsène. Un mouvement d’air derrière lui, le lieutenant envoya sa lame derrière lui.
        Le son de l’acier se croisant résonna, et Arsène fut pris de surprise par la violence du choc, parvenant d’une extrême justesse à ne pas lâcher prise de son Katana.
        Ce qui suivit fut un spectacle bien différent du duel précédent. Arsène envoya feinte, coup latéral, vertical, tout fut aisément parer et esquiver. Et pourtant chaque coup était clairement envoyé de la part d’un professionnel à même de battre aisément une grande partie du public.
        “Hum... La technique est bonne, la prise sur la garde peut-être légèrement trop faible. Ce qui vous manque, c’est la vitesse.”
        Le commentaire était lâché d’un ton neutre, ce n’était pas un duel, c’était un examen et Sakamoto était le jury. Comme en réponse à ceci, Arsène envoya une première feinte vers les pieds, avant de retirer sa lame à la dernière seconde et de la renvoyer directement vers le visage de la Commandante.

        Sans véritable surprise pour Arsène, la lame fut déviée juste ce qu’il fallait pour passer à côté de la tête de Sakamoto.
        “Un peu mieux.”
        Disparaissant de nouveau, Sakamoto s’abaissa d’une fantastique vitesse, un puissant coup de coude venant projeter Arsène au loin.
        C’était là la différence de niveau entre les deux.

        Se positionnant, Sakamoto laissa tout juste le temps au Lieutenant de se relever avant de balayer l’air du haut vers le bas.
        Il n'eut pas le temps d’exprimer sa surprise. Il put tout simplement placer sa lame en défense. Utilisant sa main libre contre le dos de son katana pour essayer de répartir le choc et le poids et de tenir.
        La lame d’air frappa. La résistance contre elle ne dura que quatre secondes. Pas une de plus avant que le pauvre Lieutenant ne soit envoyé de nouveau bien plus loin.
        La douleur fut terrible, ses blessures le relançaient et son arme lui avait échappé.
        Allongé sur le dos, une main se tenant la côte. Le Marine chercha à se relever encore sous le choc. Sa main tomba par hasard sur la garde de son Katana et finalement il parvint à se relever. Complètement en sueur, la respiration haletante. Pourtant, il se replaça en position de combat même s’il était évident qu’il tenait à peine debout.

        “Soru.”
        Sakamoto disparut de nouveau, pour réapparaître juste à côté de lui. L’une de ses mains venant baisser la lame d’Arsène au sol.
        “Cela suffit, j’ai vu ce que je voulais voir.”

        Comme si ces mots étaient un signal, le corps d’Arsène s’effondra au sol. Le Lieutenant perdant connaissance au même moment.
        La Commandante parut légèrement surprise de ce résultat mais un bref sourire put être deviner tandis qu’elle rangea Yubashiri dans son fourreau.
        “Du progrès à faire, mais l’esprit est là.”

        Sur ces mots, elle signale à deux hommes d'amener Arsène à l’infirmerie, le suivant et bientôt Shoga et Anima furent visibles.
          Shoga à la chance d’avoir des hommes (femme pour Anima) de confiance, la courageuse Anima porte le solide Minks. Elle va même jusqu’à le transporter jusqu’à l’infirmerie, elle essaye, car elle ne connaît pas l’endroit. Sur le chemin, elle percute un lieutenant-colonel de la noblesse, cet homme a gagné ses galons grâce au piston de son papa qui est plus gradé que lui. Il insulte Shoga et Anima, et il ne s’en cache pas. Le matelot l’insulte, elle ne le fait pas exprès, mais lui le prend mal. Il s’offusque, il est prêt à dégainer son magnifique sabre qui n’a jamais servi sur un champ de bataille ni durant un entraînement.

          — Comment oses-tu, bâtarde. Je vais t’apprendre le respect.

          Shoga ouvre les yeux, il entend l’insulte, il prend sur lui pour tenir debout. Il se redresse, il fait deux fois la taille et la carrure du lieutenant-colonel, ce dernier pâlit. Shoga pose sa patte droite sur l’épaule de sa subordonnée pour la remercier, il pose son regard autoritaire sur le petit gradé.

          Ai-je bien entendu, vous avez insulté un de mes subordonnés ?

          Le marin peste.

          — C’est quoi ton problème, tu sais quel est mon grade ? Je suis un lieutenant-colonel, petit gars.

          Shoga sourit amicalement.

          En tant que votre supérieur, je suis en droit de demander que vous soyez incarcéré pour outrage. On n’insulte pas un colonel de la sorte, surtout quand celui-ci est en visite officielle. Je peux voir à votre lame que vous ne l’avez jamais utilisé en combat, sa lame est pure, elle n’a aucune imperfection. Si pour certains, c’est un honneur, pour les guerriers qui osent aller au combat, c’est un déshonneur. Je me demande comment un lieutenant-colonel qui n’a jamais utilisé son arme de service a-t-il pu obtenir un grade aussi élevé ?

          L’homme a fait une erreur, et il le sait, il a injurié un supérieur. Mais son arrogance n’a pas de limites, il compte sur l’influence de son père pour calmer le Minks.

          — Mon père est un contre-amiral, s’il apprend qu’un vulgaire monstre comme toi ose parler à son fils chéri de la sorte, tu seras muté sur l’île la plus dangereuse du Nouveau Monde, alors respectez-moi.

          Le colonel affiche un sourire chaleureux, il pose sa patte gauche sur l’épaule gauche du nobliau, ce dernier grimace de dégoût.

          — Enlève ta sale patte de mon…

          Shoga force légèrement sur l’épaule avec sa patte, c’est suffisant pour faire perdre connaissance au marin. Il tombe inconscient au sol, des soldats qui passent dans les couloirs, vois leur supérieur au sol. Ils s’approchent pour voir ce qui se passe, Shoga leur raconte.

          Nous étions en train de discuter, et subitement, il a perdu connaissance. Il vaudrait mieux le conduire à l’infirmerie.

          L’un des soldats remarque l’état du Minks.

          — Ah, mais vous êtes mal en point, venez avec nous à l’infirmerie.

          Le Minks se repose une fois de plus sur Anima, il en fait exprès, pour une fois qu’il peut être porté par ses soldats, et non l’inverse. Après avoir traversé quelques couloirs, les marins arrivent à l’infirmerie. Shoga est pris en charge par l’un des médecins, il le soigne sans anesthésie, c’est le Minks qui lui a demandé cela. Le noble devrait dormir jusqu’au lendemain, d’après le médecin. Quelques minutes plus tard, Arsène est conduit sur une civière. Il est, lui aussi, pris en charge, ce qui fait pouffer légèrement Shoga, il se tourne vers sa camarade.

          Je crois que la commodore y a été un peu forte, le pauvre.

          Le médecin rigole aussi, puis il tape sur l’épaule gauche de Shoga.

          — Elle ne vous a pas loupé non plus.

          Le Minks hurle.

          Aïe, ça ne va pas, non ?!

          Le toubib termine ses soins, il souhaite bon rétablissement au Minks, ensuite, il part s’occuper du lieutenant. La commodore fait son entrée, elle se pose sur un tabouret à côté du Colonel, elle se penche et elle joint ses mains.

          — Bon, je vais être honnête. Votre lieutenant n’a pas encore le niveau, mais je dois avouer qu’il m’a surpris. Il a réussi à me tenir tête, pas physiquement, mais en termes de volonté. J’en ai affronté des épéistes de talent, mais la plupart d’entre eux se complaisaient dans leur puissance, ils ne juraient que par ça. Mais rencontrer un Rookie qui possède un esprit combatif comme le sien, c’est très rare. On oublie souvent qu’une volonté de fer est aussi importante qu’une grande puissance, je dirais même que les deux sont indissociables. Comment s’appelle-t-il déjà ?

          Shoga répond avec une voix grave.

          — Il s’agit du lieutenant Arsène Alighieri.

          Leslie sourit.

          Je m’en souviendrai, je suivrai son évolution.

          Elle regarde Anima, puis Arsène. Leslie tourne son regard vers le Minsk, elle se redresse.

          — Vous avez un entourage original, vous savez vous entourer de personnes de confiance. J’ai perdu mes hommes de confiance lors de la bataille contre le révolutionnaire, si vous voulez un bon conseil, gardez les prés de vous, et ne les quittez pas des yeux. Qu’importe leur force et leur détermination, il existe toujours plus fort que soi dans le monde, ne l’oubliez jamais.

          Shoga soupire.

          — Je le sais, je le sais que trop bien. Malgré notre puissance, nous ne faisons pas le poids contre des monstres de puissance tel que Teach.

          — J’ai entendu parler de ce qui est arrivé à Orange Town, c’est horrible si même les Empereurs s’en prennent aux îles des Blues, qu’allons-nous faire ?

          — Nous devons devenir plus forts, et s’assurer que la relève soit bien formée. J’espère qu’Arsène et Anima me surpasseront, car je ne serais pas toujours là pour protéger Orange Town. Je ne peux pas protéger une région par ma seule force, même si j’ai des alliés de poids.

          La Sakamoto pose le Yubashiri sur le lit du Minks, puis elle se lève du tabouret.

           Je deviendrai plus forte pour protéger ceux qui le méritent, nous nous reverrons bientôt. Ne sentez-vous pas cette odeur de guerre qui flotte dans l’air, un conflit majeur ne devrait pas tarder à émerger, la question est : sur quelle mer ?

          Leslie part de l’infirmerie, elle laisse à Shoga la responsabilité du Yubashiri, s’il juge qu’Arsène le mérite ou non.

           Apparemment, je ne suis pas le seul à avoir remarqué votre potentiel, Matelot Labrusca. Veuillez tenir le sabre pour moi, le temps que je fasse une petite sieste.

          Shoga confie le Yubashiri à Anima le temps qu’il fasse un petit somme.
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          "Je peux?" Interrogé-je mon supérieur.

          Shoga comprend ma question. Maintenant que j’ai le Yubashiri en main, j’ai envie de jouer avec. Pourtant, lui comme moi, nous nous souvenons bien que je me suis déclarée pas intéressée par ce sabre. Seulement voilà, avoir une arme de cette qualité en mains n’est pas donné à tout le monde. L’opportunité de la manipuler prend le dessus sur tout le reste. Malgré mon âge, je reste comme une gosse devant un beau cadeau de Noël. Alors le colonel accepte et je commence à sortir la lame de. Son fourreau.

          "Vous n’allez quand même pas dégainer une arme dans un hôpital ?" Me lance la voix courroucée d’une soignante.

          Penaude, je range immédiatement Yubashiri dans son étui. Pourquoi ce ton? Franchement ce n’est pas comme si j’allais trucider les blessés présents dans la pièce. Quoique, pour le lieutenant-colonel fils à papa… Tant pis, j’irais jouer dehors.. Je sors ma blague à tabac et commence à me rouler un clou de cercueil quand mon seul œil validé croise ceux de la femme qui m’a apostrophée tout à l’heure. Fine, de taille moyenne, de jolies boucles châtain qui lui tombent en cascade sur les épaules, la nana pourrait être mon genre si je faisait abstraction de son air sévère. Je comprends immédiatement que c’est mieux que je quitte la pièce. Me voilà donc, clope au bec en train de tester le futur partenaire du Lieutenant Alighieri.

          C’est un bel objet. Une ouvre d’art diraient même certains. Foutaises! C’est une arme, une putain de faiseuse de veuves. Elle et moi, on se ressemble beaucoup, droites, fières, froides, létales… on se ressemble même un peu trop. L’idée de la garder pour moi me traverse l’esprit alors que je la fais fendre l’air devant moi. Malheureusement elle a deux choses que j’aurais jamais : la beauté et l’équilibre.

          "Désolée ma jolie, ce ne sera pas moi ton partenaire." Lui murmuré-je comme à une amante qu’on se prépare à quitter.

          Je la remet au fourreau et je fais donc le piquet devant la porte, me grillant blonde sur blonde. Quand soudain la porte s’ouvre. Je me prépare à saluer mon supérieur quand je réalise que c’est le Colonel Ducon qui sort. Bien évidemment ce n’est pas son vrai nom, mais le type est tellement exécrable que je ne me suis même pas donné la peine de me souvenir de son vrai nom.

          "Alors c’est à toi que Sakamoto à donné son précieux Yubashiri?" Siffle-t’il avec mépris.

          Je me retiens de répondre cette fois-ci il n’y a personne pour me sauver les miches en cas d’insubordination. Je me contente de sourire ce qui réjouie à sa mauvaise humeur et me comble de joie. Puis je retourne dans l’infirmerie poser la lame d’exception auprès de mon boss. Et je retourne dehors dare-dare, pour une raison que j’ignore, je n’ai pas envie d’affronter le regard désapprobateur de la médecin-chef.

          Me revoilà donc à garder la porte. Je crains que l’autre abruti décide de revenir pour se venger. Et Dieu que je déteste avoir raison. On est au plein milieu de la nuit et le voilà qui arrive avec dix de ses hommes, un sourire mauvais déchirant sa face torve. Je bande mes muscles, me préparant au pire. Mais ce salaud ne va pas se salir les mains en personne, non. Ce sont ses sbires qui vont faire le travail à sa place. Les gars sortent des matraques et commencent à m’encercler. Je ne leur laisse pas le temps d’exécuter leur manœuvre. Je sors mes machettes et j’attaque! Bien évidemment j’utilise le côté non-tranchant de mes joujoux, même si ce sont des cons, ça reste des collègues, ça ferait tâche que je les tue. Heureusement pour moi, ces hommes de main ne sont pas à mon niveau, même si leur nombre et mon refus d’utiliser le rokushiki me valent quelques coups. Puis sieur Ducon rentre dans la danse et là, ce n’est plus la même chanson. Lui aussi armé d’un gourdin en métal, il a vite fait de me désarmer.

          "C’est marrant," me dit-il. "tu te bats presque comme un homme!"

          "C’est marrant, j’allais dire la même chose de toi!" Le provoqué-je.

          Je vois son visage s’empourprer et son arme fuser vers mon visage quand soudain la porte de l’infirmerie s’ouvre. Et voilà la doctoresse qui pointe le bout de son nez.

          "Veuillez arrêter ce raffut, s’il vous plaît. Mes patients ont besoin de repos." Dit-elle d’un voix calme.

          Pourtant le Colonel se fige et moi aussi. Sa voix et son ton étaient si doux et pourtant, lui comme moi, on sent derrière ces mots le poids d’une menace imminente. Mon adversaire se redresse, renifle avec mépris, et ordonne à ses hommes de quitter les lieux avant de faire de même avec le peu de dignité qui lui reste. Moi, je ramasse mes lames et les range. J’ai pris beaucoup de coups ce soir. Et bien que je fasse les fières à bras, mais je n’en suis pas moins salement amochée.

          "Venez à l’intérieur, je vais m’occuper de vos blessures."

          "Non merci, je vais bien."

          "J’insiste."

          Encore une fois, je sens la poigne de fer dans le gant de velours. J’obtempère donc, de peur qu’elle me traîne dedans par la peau du cul. Puis je la laisse m’examiner et m’appliquer quelques cataplasmes sur mes ecchymoses. Et, finalement, elle me laisse sortir et continuer ma garde.