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Moment poisseux pour Hommes-Poissons (feat Takoyaki)

Fssh ! Stupides noyés arrogants !


Zrosh étouffa cette pensée entêtante d’un large sourire, les bras grand ouverts.

— Je vous remercie d’avoir fait appel à mes services ! Vous ne le regretterez pas !

Avoir une allure d’homme-seiche repoussante et une voix caverneuse n’avait pas que des défauts. Il pouvait se faire intimidant, ou, comme ici, connaisseur des vieilles traditions oubliées, même si elles étaient factices.
Non seulement les sans-branchie osaient prendre la mer, le domaine de leur règne, à eux, les hommes-poissons ! mais en plus, ils oubliaient que l’habit ne faisait pas le moine, même le moine mertial.

— Maintenant, reculez je vous prie. Je vais officier.

Ses clients obéirent, confiants.
Alors Zrosh retira son pardessus, laissant apparaître sa coule, son sac miteux et son encensoir, puis s’assit en tailleur. Il retira délicatement le capuchon de son ustensile puis le compartiment à braises dans lequel il versa quelques brindilles qu’il tira de son sac. Ensuite, il alluma un petit feu avec un briquet orné de tentacules gravées. Il souffla dessus pour l’attiser et vint le nourrir de quelques épaisses rondelles de bois. Enfin, il remboîta soigneusement le compartiment, le verrouilla, sortit quelques algues de sa vieille besace, les exposa au soleil levant pour choisir la meilleure, imitant là un savoir-faire professionnel. Il la déchira en petits morceaux qu’il glissa dans l’encensoir. Quand le délicat arôme de santal parvint à ses narines, il savait que leur combustion était lancée. Alors il revissa le capuchon avec la même application, saisit son prétendu livre de prières qui était lui aussi dans son sac, et se leva.

Il se redressa vivement, livre véritablement en vélin de poisson et cuir de roi des mers dans la main gauche, encensoir pendant du côté de la main droite.
Le rituel de dupe pouvait commencer.


Ô, Grande Mère Bleue ! Accueille en ton sein un nouvel enfant !


Il fit vaciller mollement son encensoir d’avant en arrière. Il légèrement changé son ton, comme s’il entrait en transe.


Guide-le vers des terres d’abondance aux lendemains meilleurs !
Si de batailles son chemin est jonché, fais-le toujours triomphant !
Et toujours permet son retour si étanchée est sa soif d’ailleurs !


Il laissa son outil de travail finir de danser à sa guise, l’odeur d’encens embaumant désormais les environs. Quand il reprit sa position d’origine, il se tourna vers les pieds-secs.
Ce spectacle qu’il jouait à chaque demande était parfaitement rodé, et à chaque fois il leur affichait des yeux faussement révulsés par sa transe. Quand la vaguelette de sa pupille regagna le centre de son orbite, il feint un retour à lui brutal en s’ébrouant brièvement la tête avant de leur sourire radieusement.

— Vous pouvez embarquer, et je commencerai la dernière prière.

Encore une fois, les naïfs s’accomplirent avec liesse, ce qui lui laissa quelques longues minutes.

Indubitablement, Zrosh détestait les races sans branchie et encore plus la promiscuité avec elles. Pour autant, il avait un instinct de survie et avait appris à se fondre dans la masse pour survivre. Alors il se faisait passer pour un prêtre des mers.

La vérité n’était pas si loin que cela : il était Eauracle et Moine Mertial du Culte de Poséidon, une secte suprémaciste d’hommes-poissons racistes dont le seul but était de retrouver Poséidon pour asseoir leur domination.
De ce groupe, il ne connaissait que son supérieur et son fournisseur d’algues, un “Algrécolteur”, selon le titre du Culte. Le varéchalm, cette algue que ce dernier lui apportait, servait à la vraie méditation, pas à cet ersatz de prière ! C’était une algue endémique de Calm Belt et elle, elle avait réellement des pouvoirs d’ouverture à la transe, sans pour autant sentir le santal comme celle qu’il récoltait lui-même pour sa couverture de prêtre des mers ! Comme si l’odeur faisait le rituel !

Malgré son mécontement qu’il devait taire, il lui fallait bien avouer que son supérieur avait eu le nez fin : le Royaume de Bliss était le plus grand chantier naval des Blues, et si les clients croyant à sa fausse coutume étaient rares, ici ils étaient logiquement plus nombreux étant donné la foule de clients qui tous les jours prenaient d’assaut les ports et les chantiers navals de Port-Gentil. Jamais attendre son Algrécolteur associé n’avait été si lucratif !

— Père Srass ? C’est tout bon pour nous !

Ce sale noyé de capitaine le tira de ses médisances. Encore une fois, il s’arma de force d’un sourire qu’il espérait franc.

— Très bien, vous pourrez lever l’ancre dès que j’aurais terminé. A nouveau, reculez s’il vous plaît.

Après quelques moulinets, son encensoir fumant fendit l’air avant de s’enrouler autour de la gorge de la figure de proue ! Cela faisait toujours son petit effet.
Redressé, yeux révulsés, voix modifiée, transe imitée, comme s’il s’adressait à sa victime étranglée, il se mit à s’écrier :


DE MA VOIX ENTEND LA VOLONTÉ MATERNELLE :
DE LA TERRE A LA MER,
CAPTE LES VENTS, ET FAIS-LES ETERNELS !
DE LA MER A LA TERRE,
DÉCHAÎNE LES ENFERS OU ENFILE LA VENELLE !


Il relâcha son emprise sur la pauvre sirène ailée faite de bois puis rythma ses derniers mots de coups brusques à même la coque.


GUIDE LES TIENS, COMME JE T’AI GUIDÉ !
PROTÈGE LES TIENS, COMME JE VAIS TE PROTÉGER !
OBÉIS-LEUR, COMME TU M'OBÉIS !
NOURRIS-LES, COMME JE TE NOURRIS !


Le port tout entier empestait le santal.

Zrosh, ou “Père Srass”, fit mine de s’écrouler sous toute l’énergie que lui demandait cette fausse transe méditative. Heureux, l’équipage le remercia chaudement pour ce baptême impressionnant et le salua à grands et vifs gestes des bras. Ainsi, le nouveau navire quittait le port.

L’homme-seiche s’inclina humblement à plusieurs reprises tout en leur souhaitant intérieurement un splendide naufrage, puis allait réunir ses affaires, mais quand il se retourna, il s’aperçut que son petit manège avait attiré l’attention d’un certain nombre de badauds. Il leur adressa un rapide sourire avant de reprendre ce qu’il voulait faire.

En rangeant son livre ésotérique dans sa besace, il toucha la bourse qu’on lui avait cédé pour ce jeu de dupe. Enfin il en tirait quelques satisfactions.
Son pardessus revêtu, il se dirigea vers la plage où, du plat du pied, il couvrit de sable les cendres d’algues et les braises avant de tasser le tout.

De retour au quai, la foule s’était dissipée. Heureusement, puisqu’il vit non loin de lui, adossé à la capitainerie, l’acolyte écailleux et à barbillons qu’il attendait. D’un clignement d’yeux prononcé, il lui fit comprendre qu’il l’avait vu, et d’un discret mouvement de tête, il lui fit comprendre de s’enfoncer dans les ruelles et qu’il le talonnerait.

L’échange allait enfin pouvoir avoir lieu, et ses vraies méditations reprendre sous peu.
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Moments Poisseux pour Hommes-Poissons


Présent
✘ Feat. Zrosh Ryleh




Le Royaume de Bliss, voilà une bonne semaine que son unité de la sous-marine avait été missionnée sur place afin de récupérer et acheminer un des derniers modèles de sous-marins jusqu’au QG d’Ara Down. Et, en attendant qu’il soit finalisé d’être construit, l’unité de Takoyaki avait eut le droit à une permission, ce qui arrangeait fortement le jeune homme-poisson. Il n’avait pas eut beaucoup d’occasions de visiter les Blues et, curieux par nature, il avait sauté sur l’occasion en se portant volontaire pour cette mission. À dire vrai, cela arrangeait bien le Scaph-Amiral Doris Maurice pour qui le poissonien était une épine dans le pied. Trop feignant pour se comporter comme un véritable soldat ou pour diriger des hommes, plus intéressé par son métier annexe de forgeron. Et pourtant, particulièrement utile en tant qu'homme-poisson pour les missions sous-marines, bien plus que ses collègues grands consommateurs de l'Air-Heure.

Et ça n’avait pas manqué, il avait profité de cette mission loin de son supérieur pour se la couler douce, abandonnant ses atours de soldat pour se vêtir d’un simple kimono. Pour s’occuper, il avait ramené un sabre sur lequel il travaillait depuis le début du mois, ayant enfin finalisé la forme de l’arme pour à présent se concentrer sur le polissage afin de lui donner son apparence finale. Il avait trouvé refuge dans une petite forge non loin du port qui avait accepté de lui louer un établi lorsqu’il s’était présenté dans son uniforme de la marine. Dans ce genre d’environnement, il se sentait comme chez lui, et n’avait pas à subir les railleries de ses collègues.

Takoyaki frottait le métal depuis plusieurs jours déjà, polissant minutieusement chaque imperfection et aspérité aussi infime soit elle. L’homme-requin renard était sans cesse en quête de la perfection, un sabre parfait capable des plus grands exploits. Une légende, voilà ce qu’il souhaitait créer et, pour cela, il devait expérimenter encore et encore, tester de nouveaux alliages et techniques de forge. Armé du nugui une pierre de polissage particulière, il frottait la lame en alternant avec de l’huile dont il l’enduisait, frottant à l’aide d’un chiffon avant de reprendre la pierre pour polir la lame et lui donner une teinte plus sombre.  

Ils étaient seulement deux dans la forge, Tako ainsi qu’un petit homme trapu, tout en muscles et muni d’une longue barbe tressée qu’il plaçait en écharpe lorsqu’il s’affairait au fourneau. Actuellement, il martelait le métal sur son enclume, donnant forme à une large épée à double tranchant. Depuis que le lieutenant avait prit place à cet établi une semaine plus tôt, le forgeron travaillait déjà sur cette arme, ainsi qu’une dizaine d’autres commandes qu’il gérait seul d’une main de maître. Mis à part lui, personne d’autre ne semblait travailler dans la forge.

« Hum c’est du beau travail. » fit-il en sortant de nulle part à côté de lui, sa grosse tête se frayant un chemin pour observer la lame sous toutes les coutures. « On voit bien que tu t’appliques, tu pratiques depuis longtemps ? »

« Depuis que je suis petit. » répondit Tako évasif en reprenant son travail machinal, le même mouvement de frottement sur la lame, alternant avec un coup de chiffon trempé d’huile de girofle pour enduire la lame en différents endroits et la protéger de l’oxydation.

Le vieil homme continuait de tourner autour de l’établi en observant attentivement ses mouvements, grommelant par moments avant de hocher la tête d’un air entendu sans piper mot pour autant. Il finit par retourner à son fourneau pour se remettre au travail en sifflotant. L’homme-poisson, concentré sur son œuvre, ne vit pas le temps passer et après un dernier coup de chiffon il eût enfin terminé. Un air satisfait sur le visage, il salua le vieux forgeron avant de prendre la direction du navire qui reposait au port dans lequel il logeait, le sous-marin étant resté à patrouiller aux abords de l'île.

Il déambulait dans les rues, ne prenant pas le chemin le plus court pour continuer d'apprécier cette semi-liberté, n'étant pas pressé de reprendre le travail. Son nouveau sabre, fraîchement terminé, était enroulé dans un tissu noir fermé d'une cordelette dorée. À son passage, les badauds jetaient des regards curieux à l'objet, mais surtout à celui qui le portait sous son bras, souriant gaiement en gagnant le port. Bien que les mentalités changeaient petit à petit vis à vis de son espèce, il y en avait toujours qui lui renvoyaient ses origines à sa figure bleue, civils comme marines. Il était actuellement le seul homme-poisson de son unité à être venu sur place et, la promiscuité qu'oblige un sous-marin n'était pas facile tous les jours dans cette situation.

Alors qu'il longeait les quais en prenant la direction de son navire, il aperçut alors deux hommes-poissons un peu plus loin, chose rare dans cette ville. Le premier entra dans une ruelle, suivit de près par le second, en s'assurant de ne pas être suivis, dans le genre louche ça se posait là. Sans grande surprise, l'épéiste à la peau bleu les suivit en maintenant une distance suffisante pour ne pas être repéré. On aurait pu penser qu'il agissait ainsi par sens de la justice, qu'il était tombé sur une situation intrigante et avait décidé d'agir comme le ferait tout bon soldat de la marine. Mais, en réalité, c'était surtout un moyen de retarder son retour sur le navire qui l'obligerait à se remettre au travail. Et, si cela lui permettait de rencontrer quelques compatriotes, c'était tant mieux.

L'écailleux et l'homme-seiche finirent par se rejoindre dans une impasse, commençant à discuter sans que Tako ne puisse entendre quoi que ce soit d'intelligible depuis sa cachette. Toutefois, il vit l'un des deux sortir ce qui ressemblait à une plante étrange. De la drogue peut-être, du moins cela y ressemblait fortement, surtout pour un échange dans une ruelle sombre. Tako quittait alors le couvert des caisses pour se diriger vers un coin de mur un peu plus proche des deux gus, mais son pied buta contre un caillou qui rebondit dans leur direction. Niveau discrétion, on a déjà vu mieux. Forcé d'assumer, Takoyaki se releva, portant la main dans son dos par réflexe avant de se rappeler qu'il avait laissé son sabre sur le navire. Ses yeux se posèrent alors sur celui qu'il venait de forger, plaçant une main sur le pommeau, toujours couvert du tissu.

"Eh vous deux ! Je suis le Lieutenant Takoyaki ! Déclinez vos identités et vos intentions !" s'exclama-t-il en tentant d'arborer un air d'autorité et de fierté, tant bien que mal.




© Fiche par Ethylen sur Libre Graph'


    Ce rituel d’un autre type, les compères l’avaient fait nombre de fois.

    Zrosh avait proposé à son supérieur de procéder à l’échange dans les Everglades. L’atmosphère y était encore plus suffocante pour un Homme-Poisson habitué aux étendues pures et claires, mais ils prendraient moins de risques en évitant la Marine. Son supérieur lui rétorqua qu’il préférait affronter la Marine que les crapules vicieuses, et que généralement les choses les mieux cachées étaient sous le nez d’autrui.
    L’homme-seiche comprenait le raisonnement, et l'accepta, mais ne partageait pas son point de vue.

    Alors une nouvelle fois, tous deux s’étaient enfoncés dans les boyaux de la ville, tournant et serpentant en petite hâte dans les moindres recoins.

    L’Algrécolteur s’arrêta enfin. Puis, face à face, ils effectuèrent le signe du Culte : les deux fanatiques levèrent leurs mains à hauteur de leur tête, paumes tournées vers leur visage qu’ils levaient au ciel en s’étirant le plus possible, formant ainsi un trident, symbole de Poséidon.

    — Faudrait penser à changer d’endroit. On va se faire repérer …
    — Et vous à moins consommer. Ça fait trois fois en deux semaines, quand même !


    Zrosh claqua frénétiquement du bec, irrité.

    — Vous ne savez pas ce que c’est que supporter les noyés tous les jours …
    — Et vous les fonds de Calm Belt. J’y risque ma peau à chaque fois !


    Néanmoins, ils se tendirent l’avant-bras qu’ils se serrèrent mutuellement.

    — Pour Poséidon ?
    — Pour Poséidon, mon frère !


    L’Algrécolteur fouillait dans son sac pendant que le Moine mertial et Eauracle relevait le pan gauche de son pardessus. Les feuillets de varechalm séchés tirés au clair, une voix retentit à l’autre bout de la ruelle.

    La Marine !

    Les tentacules labiales de l’homme-seiche se retroussèrent de surprise, puis de haine lorsqu’il se retourna et aperçut un des siens, mais vêtu d’un ensemble de l’armée omniprésente des sans-branchie. Son bec ridicule fraîchement dévoilé reprit son claquement frénétique et enragé.

    — FRSSSH ! Immonde bâtard !

    D’un trait et prêt à en découdre, Zrosh retira de concert son pardessus et sa coule, laissant apparaître son pagne, son sac miteux, et ses cicatrices. Dans la seconde qui suivit, il fit glisser sa besace de son épaule non sans tirer sur la chaîne son Encensoir de guerre.

    Bruissement de tissu.

    Les yeux de son opposant s’exorbitèrent. Zrosh pensait lui inspirer la peur.

    Choc sourd.

    Le Lieutenant pointait quelque chose derrière lui. Craignant un subterfuge, il ne se retourna pas bêtement. A la place, il effectua un quart de cercle en chassé pour faire dos au mur qui était à sa gauche, et éviter de le tourner au Marine à la peau grise.

    Ce qu’il vit le mit hors de lui.

    Un humain avait escaladé le muret qui formait l’impasse et s’était abattu sur son Algrécolteur. Ce n’était qu’un débutant, puisque même si sa dague était plongée sur le côté de la nuque de l’écailleux, juste à la jonction avec l’épaule droite, celui-ci n’était pas mort sur le coup. Comme pour confirmer cela, l’assassin paniqué chercha à réparer son erreur en tordant le cou de sa victime. Il le bougeait de gauche à droite, d’avant en arrière, ce qui agrandit la plaie et finit par faire craquer ses cervicales.
    Rassuré et ragaillardi, au moins pour un temps, il toisa les deux autres avec un sourire aussi crâne que jaune.

    — LES MERS POURPRES VOUS SALUENT, ABERRATIONS !

    Les vaguelettes ébènes que formaient les pupilles de l’Homme-Seiche commencèrent à voir rouge. Il en oublia même le Marine et d’un mouvement du bras gauche, la chaîne de son encensoir fusa dans les airs en direction du poignet de l’apprenti assassin qui tentait de fuir d’où il était venu. Elle s’enroula autour de l’articulation, Zrosh tira sèchement dessus et sa victime tomba brutalement en arrière avant d’être trainée jusqu’à lui.

    Profitant de cette diversion, le Lieutenant Takoyaki en profitait pour ramasser des preuves dans le sac traînant au sol. Son propriétaire tourna la tête de justesse et abattit avec fracas son encensoir, ce qui fit reculer le Marine. Zrosh récupéra ses biens et se recula, à mi-distance entre le noyé et son faux frère.

    Son corps réclamait des forces supplémentaires, mais il n’avait pas le temps de faire brûler du varechalm, alors il tenta quelque chose qu’il n’avait jamais osé : il en découpa un petit morceau qu’il cala entre sa gencive et sa lèvre inférieure.

    Ils allaient payer !
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    Moments Poisseux pour Hommes-Poissons


    Présent
    ✘ Feat. Zrosh Ryleh




    Un homme-seiche, même parmi le large peuple des homme-poissons c’était là une sous-espèce plutôt rare. Son bec claquait entre ses tentacules qui s’agitaient frénétiquement. En à peine une minute, la situation avait dégénérée, l’intrusion du marine prise comme une attaque, l’un de ses deux congénères tué par un nouvel arrivant et l’obligation de se défendre à l’aide de ce nouveau sabre fraîchement finalisé. Sortie du doux tissu qui la recouvrait jusque-là, la lame grise sombre brillait à la lueur de la lune, lisse et froide au toucher. La nouvelle œuvre du forgeron devait à présent servir son but : protéger son porteur.  

    « Les Mers Pourpres...ça me dit quelque chose ce nom. » murmurait-il pour lui-même, pensif. « Quoi qu’il en soit, monsieur l’assassin vous êtes en état d’arrestation ! Quant à vous, Monsieur Seiche, je n’ai rien contre vous tant que vous arrêtez de m’attaquer, alors cessez cela immédiatement ! » déclara-t-il, tentant de calmer la situation le plus pacifiquement possible, las d’avance à l’idée de devoir se battre. « Toutefois, j’entends à ce que vous répondiez à mes questions quand nous nous serons occupés de cet homme. »

    « Abominations des mers ! Vous ne méritez pas votre place sur la terre ferme et il est de mon devoir de débarrasser le monde de votre immonde pestilence !! » s’exclama l’assassin très solennellement, aidant Tako à se rappeler où il avait entendu ce nom.

    « Je vois, encore de la xénophobie ça aurait été étonnant que ce soit quelque chose d’autre. Donc, je suppose qu’on oublie l’arrestation pacifique pour en revenir à un combat en bonne et due forme ? »

    Les Mers Rouges, voilà un nom qu’il n’avait pas entendu depuis longtemps. Un groupuscule de criminels qui vouaient leur vie à l’éradication du peuple homme-poisson. Tout du moins, en débarrasser la terre ferme, ces lâches n’ayant jamais eu l’audace de venir les défier sur leur territoire sous-marin.

    Et voilà que l’assassin passait à l’assaut, fondant sur le lieutenant en faisant filer sa dague dans la semi-obscurité de la ruelle. Leurs lames tintèrent, tandis que l’homme-seiche attaquait à mi-distance en frappant à l’horizontale avec son encensoir. Nouveau tintement métallique, une dague d’un côté, un sabre de l’autre et un encensoir incandescent. Les coups fusaient de tous côtés, emplissant la rue des échos du combat.

    N’ayant pas de source d’eau à portée, Tako ne pouvait pas se servir de son karaté aquatique revisité au sabre, enfin pour la plupart de ses techniques. Mais, l’une d’entre elles ne nécessitait que la force monstrueuse d’un homme-poisson. Sa lame tenue contre son flanc comme s’il la rangeait dans son fourreau, l’assassin profita de cette ouverture pour lui fondre dessus et frapper. Toutefois, le lieutenant s’y était attendu, et un pas de côté suffit à éviter l’attaque tranchante. Puis, il frappa du pommeau de son sabre dans les côtes de leur adversaire, projetant l’homme en direction de l’encenseur tentaculaire, à lui à présent de le réceptionner.





    © Fiche par Ethylen sur Libre Graph'


      — A l'absurde Règne du Vide, même les rois suffoquent !

      Et quelle réception !

      La chaîne de l’encensoir, après un mouvement du bras de l’homme-seiche, s’envola pour frapper le cou de l’assassin avant de s’enrouler autour. La vue brièvement brouillée sous le choc, la victime n’opposa aucune résistance, encore moins quand Zrosh empoigna sa chaîne à deux mains et la fit décoller pour lui faire avaler les briques des murs de l’impasse.

      Ses yeux haineux étaient enfoncés dans leurs orbite, comme si le varechalm, qui commençait à lui brûler l’intérieur du bec, ordonnait à son corps de siphonner toute l’énergie disponible. D’ailleurs, sous les petites brûlures répétées, il se sentit obligé de l’avaler. Il lui était hors de question de gaspiller le moindre morceau du psychotrope pour lequel son compagnon d’infortune avait donné sa vie !
      Mais comme habituellement, il inhalait la fumée de cette drogue au lieu de l’ingurgiter, ses effets étaient plus modérés, mais surtout plus contrôlés. Sans compter leur quasi-immédiateté.

      L’apprenti assassin des Mers Pourpres dont Zrosh n’avait jamais entendu parler gisait sur le pavé, le visage sérieusement éraflé et en sang. L’homme-seiche le tira jusqu’à ses pieds et pointa du doigt son compère de la Marine.

      — Faux frère ! Comment oses-tu ?! Comment oses-tu traiter avec les noyés ? Comment oses-tu mettre au même niveau un de tes frères à qui tu as tourné le dos et un noyé aussi stupide qu’arrogant ?! Vois-tu ?! Vois-tu comment ils nous le rendent ? Et tu acceptes ?

      Il s’arrêta un instant, étrangement essoufflé, son palpitant battant la chamade. Puis il reprit.

      — Et je préfèrerais éclater son crâne que le tien si tu te retenais de mettre ton sale nez dans mes affaires !

      Ses tentacules labiales se révulsèrent de dégoût et son bec apparut pour cracher au sol … avant que son cœur ne décidât de bondir dans sa poitrine pour tenter de faire éjecter le corps étranger qu’il avait avalé. Zrosh se retint au dernier moment.

      Son index accusateur avait un peu faibli, mais il se reprit.

      Au moins un instant.

      Au suivant, il aperçut derrière le marine, derrière la seule issue non-murée qu’offrait l’impasse, un diable vêtu d’un costume moulant rouge et armé de deux katanas tirés au clair.
      Derrière son masque, on devinait aisément un large sourire. Il avançait calmement, implacablement, comme un prédateur cruel.

      — Alors là les monstres, c’est l’heure de vous faire du sushi !

      Takoyaki n’était pas aussi stupide que le pirate, il s’était retourné aussitôt, et à raison. Zrosh aurait pu mal le prendre, du fait qu’il l’estimait plus fort que lui et qu’il préférait lui tourner le dos plutôt qu’au nouvel arrivant … mais là encore, il avait raison. Et de toute façon, même lui était plus occupé par ce dernier que par le Lieutenant.

      — V-Ve… Vega Antonio …
      — Lui-même, petit ! Mais le seul autographe que je suis prêt à vous accorder, c’est de mes katanas que je veux le signer ! Ah, et vous pouvez m’appeler “Dead Mask” ! Voyez ça comme votre dernière volonté …


      Malgré l’épaisseur de tissu qui séparait les yeux d’Antonio de lui, l’homme-seiche devinait que son regard était porté lui. Lentement, la chaîne se défit de la gorge de sa victime inerte, comme si elle-même craignait qu’un mouvement brusque ne précipitât ce moment suspendu dans l’action … voire le carnage. Tout aussi doucement, les deux extrémités remontèrent jusqu’à ses mains grises et visqueuses dans un tintement qui troublait à lui seul le silence pesant des proches alentours. L’effervescence du reste de la ville parvenait à leurs oreilles mais elle était filtrée par la tension grandissante.

      A la seconde suivante, l’autre tueur des Mers Pourpres, bien plus expérimenté, fonçait sur lui ! Dans sa course, il bouscula le Marine et abattit ses katanas sur l’Homme-Seiche ! Ce dernier les para grossièrement d’un coup horizontal d’encensoir.
      Il voulait profiter de cette ouverture pour agripper le poignet de Dead Mask mais le bougre le doublait dans tous les domaines et il la bloqua sans aucun mal !
      Désemparé, au pied du mur et hanté par une haine décuplée par la drogue, Zrosh retroussa ses tentacules labiales. Dead Mask s’en amusa, même s’il témoigna son dégoût.

      — Et après, c’est nous qui sommes vus comme des monstres …

      Toujours tout sourire, le masqué braqua son katana droit, prêt à décocher un coup descendant, comme un croc, droit sur l’épaule de l’homme-seiche qui aurait pu voir venir la feinte. Il esquiva sans difficulté le coup qui avait été volontairement téléphoné … sauf qu’il ne le visait pas lui mais plutôt ses couches de vêtements qui flottaient dans son passage. L’autre lame s’était fait un malin plaisir de mordre dans son thorax.
      Son katana perfora les pans du pardessus et de la coule, et vint se planter dans le sol. Sol qui se teinta de quelques gouttes de sang aussi poisseuses que du mucus. Zrosh s’écroula et tenta de s’extirper, mais l’homme en rouge assura sa prise en posant fermement son pied gauche sur les longs habits.

      — Ça joue les Rois des Mers, mais ça ne vaut pas mieux qu’une vulgaire souris ! Et moi, je suis un chat, et j’ai des griffes !

      La douleur cinglait l’Homme-Seiche et ne faisait qu’amplifier sa haine. Le noyé fanfaronnait, mais pire ! il le dominait en tout point ! Alors qu’il était de la race inférieure !

      — Pour vous prouver que je ne suis pas aussi ignoble que vous, je vais vous réserver le même sort que celui que vous avez réservé à ma toute nouvelle recrue. Mais je le ferai quand vous serez morts. Et on ne voudra même pas de vos restes pour faire une bouillabaisse.
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      Présent
      ✘ Feat. Zrosh Ryleh




      Ce genre de conversation avec son congénère, Takoyaki s’en serait bien passé, ayant l’impression d’entendre ce discours depuis tout petit, que ce soit chez les hommes-poissons ou chez les humains. Lui, il ne s’était jamais posé la question d’une éventuelle supériorité d’une race sur une autre, n’en voyant tout simplement pas l’intérêt. La haine pour la haine, très peu pour l’épéiste pour qui chaque vie avait la même valeur et qui, s’il n’était pas toujours occupé à rêvasser ou à travailler dans une forge, aurait prôné l’égalité.

      « En effet, je suis pas ton frère, ou sinon mon père serait un bien plus gros enfoiré que ce que je pensais. Ensuite, t’en as pas marre de ce discours qui tourne en rond depuis des siècles ? Et, si on suit ton raisonnement, qu’est-ce que tu fous là, pourquoi n’es-tu pas auprès de ton peuple ? Traître ! » s’exclama-t-il, en ayant marre de devoir jouer le rôle de la raison auprès de ses congénères.

      C’est à ce moment-là qu’un nouvel intervenant décida de faire son entrée en scène. Vêtu d’une combinaison moulante rouge et noire, un habit qui me rappelait un article que j’avais lu dans un journal à propos d’un chasseur de prime qui se faisait appeler le ‘Tigre Rouge’. Et cet homme lui ressemblait en tous points, jusqu’à son arsenal d’armes, dont ces deux sabres tirés au clair, luisant de façon menaçante sous la lune qui nous surplombait. Toutefois, alors qu’il s’approchait et déblatérait des blagues toutes plus nulles les unes que les autres, Tako se rendit vite compte qu’il n’était pas le chasseur de prime dont il avait entendu parler. Mais, un autre tueur répondant au nom de Vega Antonio et qui semblait lié à l’assassin des Mers Pourpres.

      Son sabre sombre placé devant lui, le lieutenant amphibien fit face au nouveau contrevenant. Cependant, alors qu’il chargeait dans leur direction, cette simple défense ne fut pas suffisante, sa lame habilement repoussée et l’épaule du tueur le bousculant si puissamment que Takoyaki traversa la fenêtre d’une bicoque adjacente. Il sentit le verre lui taillader sa peau bleue tandis qu’il s’écrasait dans un salon obscur. Il entendit alors du bruit à l’étage, sa soudaine irruption ayant probablement réveillée les habitants et, sans demander son reste il fit le chemin inverse et regagna la ruelle.

      L’homme-seiche luttait vaillamment contre Antonio, qui était bien plus expérimenté que le premier. Et ainsi, en l’espace de quelques mouvements et quelques tirades du moulé de rouge, l’amphibien jeteur d’encre se retrouva à terre en fâcheuse position. Profitant que son attention soit détournée, le lieutenant fonça dans son dos, prêt à frapper de sa lame sans nom. Celle-ci ramenée contre son flanc, il frappa d’un iaïdo parfaitement exécuté, consistant à frapper en dégainant puis rengainant la lame. Toutefois, l’homme-poisson n’avait pas de fourreau pour son arme, et cela sembla jouer dans son exécution, la lame ricochant contre une de celles de leur opposant, parant sans difficulté. Il repoussa sa lame en arrière en tournant son propre sabre, pommeau orienté droit vers le visage du lieutenant qui, une fois frappé d’un coup si vif qu’il n’avait rien vu venir, fut projeté dans la ruelle sur plusieurs mètres.

      « Bordel..kuf kuf...c’est qui ce salopard de masqué usurpateur d’identité ? » grommela-t-il en se relevant, buttant contre le corps de l’assassin précédemment mit hors d’état de nuire.

      Enfin, pour le moment, le type commençait à se relever avant que Takoyaki ne l’y plaque de nouveau en posant son pied sur son dos, plaçant sa lame sur la gorge du stagiaire des Mers Pourpres.

      « Eh ! Moule-bite rougeoyant ! Lâche l’affaire et barres-toi d’ici ou je tranche la gorge de ton pote ! » menaça-t-il Antonio Vega en tentant de se donner un air sérieux.

      Le faux tigre-rouge marqua une pause en l’observant, tout d’abord lui puis sa nouvelle recrue qui était une fois de plus mis à mal. « Ça marche, vas-y. » répondit-il simplement en haussant les épaules avant de soutenir le regard de son camarade. « Tu as raté ta mission, tu es le maillon faible, au-revoir. » déclara-t-il solennellement, une main sur le cœur en affichant un grand sourire visible sous son masque moulant.  

      Son attention détournée, l’homme en rouge s’étant légèrement relevé pour me faire face en ricanant, m’intimant de donner suite à ma menace, la diversion offrit un échappatoire à l’homme-seiche qui pu se défaire de sa prise et s’éloigner d’un bond. Takoyaki avait toujours sa lame sous la gorge du stagiaire, indécis à l’idée de trancher dans le vif, n’ayant jamais apprécié tuer quand on pouvait l’éviter.

      « Alors t’attends quoi all blue ? Allez, viens par ici, tout comme cette mer on retrouvera jamais ton corps ! » ricana-t-il en s’approchant lentement en faisant tinter un de ses sabres sur le sol.

      Et finalement, il passa à l’action, raclant la rue pavée de son arme en envoyant une lame d’air qui s’envola droit sur Takoyai et son otage. Il retira aussitôt son arme de sous son cou pour se jeter de côté, laissant l’assassin à son sort funeste. La lame composée de vent condensé tranchant coupa en deux le membre temporaire des Mers Pourpres qui avait faillit à sa mission, faisant gicler des litres de sang dans la rue. L’agent expérimenté du groupuscule xénophobe anti-hommes-poissons ne faisait pas dans la dentelle ni dans le détail, tranchant littéralement dans le vif sans aucune pitié. La lame semi-matérielle continua sa course jusqu’à l’autre extrémité de l’impasse, éclatant dans un bâtiment qui se retrouva éventré par l’attaque, provoquant un vacarme qui se répercuta aux quartiers adjacents. Le lieutenant espérait que cette explosion tonitruante serait suffisante pour alerter ses collègues non loin sur le bateau.

      Mais, déjà, le tueur était sur lui, faisant voler ses lames en tous sens qu’il tenta de parer autant qu’il le pouvait. Toutefois, à mesure que les échanges continuaient, l’un sur l’attaque et l’autre concentré à sa propre défense, l’homme-poisson commençait à avoir l’impression que l’on jouait avec lui. Comme si l’homme en combinaison latex le testait, ralentissant exprès ses mouvements au moment de frapper, tout en le blessant de façon mineure en de multiples endroits à mesure que leurs lames se rencontraient. Le sourire derrière le masque s’élargit soudainement, un de ses katana repoussant l’arme du forgeron alors que l’autre s’élevait prête à s’abattre. C’est à ce moment que l’encensoir de l’autre amphibien s’enroula autour du poignet du tueur pour bloquer son attaque.

      Cependant, il en fallait plus pour arrêter l’ersatz de tigre-rouge qui frappa le lieutenant d’un coup de pied aux côtes qui l’envoya voler aux côtés de son congénère. Se relevant rapidement, il frappa d’un double coup en croix contre un mur, le membre des Mers Pourpres fermant leur seule échappatoire et les coinçant dans l’impasse, il fallait créer un nouveau chemin. Antonio Vega se défit aisément de l’encensoir alors que Tako se tournait vers l’homme-seiche.

      « Frappe ici, on a aucune chance face à lui, va falloir attendre du renfort et l’attirer près du port où on devrait être en sécurité, ça te va ‘faux-frère’ ? » dit-il assez sèchement à son congénère, ne l’appréciant pas pour autant.

      Il leva son sabre en passant devant l’amphibien à encre, afin de bloquer le tueur qui leur fonçait dessus en ricanant le temps qu’il détruise le mur derrière eux pour échapper aux griffes de leur adversaire.




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        Le varech enflammait ses veines et sa haine.
        Le monde n’était qu'infamie. Que métal rouillé, grinçant et hurlant d’agonie. Et tordu. Comme autant de torts qu’il devait redresser.

        Le varech assombrissait ses pensées et sa vision.
        La seule vraie flamme, blanche, au loin dans la nuit et qui qu’il devait attiser, était le retour de Poséidon. Nulle autre était aussi intense. Nulle autre même était égale aux flammèches que portaient humblement les fanatiques du Culte de Poséidon. Zrosh avait moqué cette braise froide qu’il voyait en le Lieutenant, mais quand la camarde rôdait non loin, il valait mieux faire feu de tout bois.

        Le varech le noyait dans sa légitimité et sa mission divine.
        Porteur de l’espoir de son espèce, il pensait qu’il ne devait pas s’acoquiner avec l’hérésie. Mais affronter seul les ténèbres empourprées pour l’occasion revenait à mourir. Alors il allait coopérer avec cette braise impie. Il le lui fallait, malgré l’indignation psychotropique qui lui exhortait que sa flamme en serait pervertie à tout jamais.

        Enfin, les pensées moururent, étouffées, noyées dans la drogue, et son instinct de survie, galvanisé par la drogue, prit le dessus.

        — MORT AUX STUPIDES NOYÉS ARROGANTS !

        Alors que son encensoir valsait en cercles au-dessus de lui, vrombissant de fureur, une sombre colère hantait son ton caverneux. Elle avait même attiré l’attention du diable rouge, en prise avec le gradé des dignitaires de l’autorité illégitime.
        L’intéressé se retourna. Il se rapprochait même, sur un air de défi.

        Zrosh abaissa son arme pour un tour. Il manqua sa cible qui fit un bond en arrière pour l’éviter.

        — Je sais pas ce que t’as pris, mais tu devrais arrêter. Tu raterais un éléphant dans un couloir !

        Bec serré, tentacules labiales retroussées, muscles bandés, Zrosh fit un quart de cercle sur sa droite pour enfoncer son encensoir dans le mur qui se fissura sous l’impact.
        Quand le tas de ferraille orné retomba au sol, il recommença sa petite danse.

        Antonio continuait de s’approcher lentement, comme un prédateur. Le lieutenant Takoyaki vint l’attaquer par derrière, mais il le para sans mal et l’envoya valser plus loin d’un coup de pied.

        — Ah, je vois. C’est pas moi que tu visais.

        L’encensoir le frôla.

        — Mais dégénérés du bulbe que vous êtes, vous m’avez expliqué votre plan : vous voulez collaborer pour prendre la fuite. Même ça, vous y arrivez pas. C’est comme ça qu’on fait !

        D’un coup de katana, il arrêta le mouvement circulaire de l’encensoir ! Puis il leva ses deux lames avant de les abattre en croix ! Le mouvement créa une lame d’air de la même forme, qui visait autant le muret que Zrosh.

        Ce dernier parvint à l’esquiver de peu en se jetant à terre avant de se faire partiellement recouvrir par des gravats du muret qui se tenait là une seconde plus tôt.
        Les deux Hommes-Poissons s’étaient relevés rapidement, sous le sourire crâne du Sans-Branchie. Le Lieutenant Takoyaki reprit l’assaut, moins pour profiter de l’opportunité que pour faire diversion et éviter la mort de l’Homme-Seiche.

        — Les flots ridicules du Règne du Vide ne peuvent rivaliser …

        Le Rope Action appliqué à la chaîne de l’encensoir fusa en direction de la jambe du membre des Mers Pourpres qui s’écarta facilement … sauf que l’Homme-Seiche ne le visait pas ! La chaîne s’enroula alors facilement autour du poignet du Marine !

        — … avec les aquosités du Règne du Plein !

        Zrosh tira de toutes ses forces sur la chaîne ! Dans un premier temps, le corps de sa victime râcla le sol. Puis il redoubla d’effort et elle décolla de quelques centimètres pour les quelques mètres qui les séparaient.
        Étant prêt à tout sauf à cela, Antonio fut fauché par Takoyaki et tomba à la renverse !

        Zrosh tendit une main aussi visqueuse que musclée à son frère perverti par son accointance avec les humains et ils prirent enfin la fuite. Antonio n’allait pas tarder à être sur leurs talons.
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        Présent
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        Après ces quelques échanges violents avec le tueur de poiscailles, les deux amphibiens étaient conscients que leur seule chance de survie était la fuite. L’assassin moulé de rouge jouait avec eux, lui qui se comparait à un félin c’était de bon aloi, s’amusant avec sa proie jusqu’à la lassitude mortelle. Et c’est ce qu’ils firent, passant par le trou formé dans l’impasse pour prendre leurs jambes à leur cou.

        Ils dévalaient les ruelles, sentant le tueur qui les talonnait en tranchant tout obstacle qui se mettait sur son passage. Takoyaki se servait de sa queue de squale pour faucher des objets dans sa course, projetant caisses et envoyant rouler des tonneaux sur leur poursuivant. Mais, cela était futile, la pâle copie du tigre rouge tranchant net chaque objet qu’il envoyait à sa rencontre. Ils bifurquèrent dans une ruelle qui prenait la direction des quais, mais un puissant coup de sabre eut raison d’une petite bâtisse qui s’écroula en leur coupant la route.

        Plongeant dans la seule autre ruelle disponible, les deux amphibiens parvinrent à éviter une nouvelle attaque destructrice qui vint trancher net un mur qui se divisa lentement avant qu’une partie ne s’écrase au sol. Ils couraient aussi vite que le leur permettaient leurs jambes, sans jamais parvenir à creuser la distance qui les séparait du prédateur écarlate.

        « Revenez par ici les petits poissons qu’on se fasse des papillotes ! » ricanait le tueur des Mers Pourpres derrière eux.

        Il lança alors brusquement l’un de ses sabres dans la direction des amphibies, en pleine course dans une rue en ligne droite. Takoyaki parvint à éviter la lame d’un cheveu, mais la pointe se prit dans la ceinture de son kimono, l’emportant à la suite de l’arme qui vint se ficher dans un mur. L’arme profondément enfoncée dans la roche refusait de bouger et l’homme-requin dû tirer sur le tissu de sa ceinture pour le déchirer et s’en extirper juste à temps. La seconde lame du chasseur d’écailleux vint découper le mur comme si c’était du beurre, à l’emplacement où s’était trouvé le lieutenant un instant plus tôt. À présent au sol, ce dernier se releva prestement, se baissant pour laisser passer l’encensoir de l’homme-seiche qui repoussa Antonio de quelques bonds agiles. Tako en profita pour frapper à l’aide son sabre  une lampe à huile qui éclairait la rue, répandant l’huile poisseuse qui s’enflamma aussitôt. Les flammes crépitaient en travers du passage entre eux et leur poursuivant.

        « Va te faire cuire le cul saloperie de xénophobe des mers ! »

        Il pressa son congénère de le suivre et ils empruntèrent une ruelle menant droit sur les quais. Mais, il fallait plus que quelques flammèches pour arrêter Vega Antonio et celui-ci surgit de nouveau dans leur dos au bout de la ruelle. Son sourire derrière son masque semblait avoir disparut.

        « Bon la friture, finit de jouer. » grogna-t-il en faisant briller ses katanas à la lueur des flammes.

        Ses lames s’enfoncèrent dans les murs bordant la ruelle avant qu’il ne se mette à courir, tranchant les murs sur toute leur longueur en s’approchant à toute vitesse. Bien plus rapide que les deux hommes-poissons, il avalait la distance en dévoilant enfin son jeu. Il avait finit de jouer au chat et à la souris et s’était lassé apparemment, décidant qu’il était temps de redevenir sérieux, ce qui n’annonçait rien de bon.

        Devant eux, les quais étaient visibles au bout de la ruelle, quelques badauds nocturnes passant devant sans se douter du danger qui approchait. Ils plongèrent chacun d’un côté alors qu’ils débouchaient sur les quais juste à temps. Antonio avait rattrapé son retard et se tenait déjà là, ses deux lames levées alors que les bâtiments bordant la rue derrière-lui s’écroulaient dans un fracas qui ne manqua pas d’attirer l’attention des personnes présentes. Un instant de flottement alors que tous les regards environnants se braquaient sur l’assassin costumé, puis ce furent les cris et l’affolement.

        « Alors, sushis ou sashimi ? Je vous laisse choisir la découpe, mais ce sera sauce teriyaki quoi qu’il en soit ! » éclata-t-il de rire en faisant des moulinets avec ses armes.

        « Rêves ordure, les renforts seront bientôt là, t’as aucune chance. » s’exclama le lieutenant en se relevant, sabre au clair malgré sa lame sombre, prête à frapper.

        Il s’élança sur le masqué pour concentrer son attention sur lui en espérant que l’homme-seiche lui prête assistance. Les lames tintèrent, Takoyaki s’aidant de sa queue de requin pour surprendre son adversaire, mais tout ce qu’il y gagna furent des coupures plus ou moins profondes. La pâle imitation du tigre rouge continuait de jouer avec lui, le blessant à sa convenance pour le faire souffrir le plus possible. Finalement, c’est un coup de pommeau que l’épéiste amphibien ne vit pas venir, le frappant en plein visage. Il fut projeté de côté, quittant le confort terrestre du quai pour survoler l’eau. Il se ressaisit en plein vol plané, tournant sur lui-même afin que la pointe de son sabre vienne racler les flots.

        Faisant appel aux arcanes du karaté aquatique, revisité à sa sauce, il fendit les flots en direction du tigre rouge, projetant une onde de choc aqueuse droit sur lui sous la forme d'une lame de surface. Celle-ci explosa en une gerbe d’écume qui dissimula Antonio avant que Tako ne rencontre la surface et s’enfonce dans les fonds marins. S’aidant de ses attributs poiscaille il se déplaça proche du quai, caché sous la surface à attendre le moment propice à une attaque surprise.




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          La raison lui hurlait de filer, la drogue de combattre.
          Le bon sens le convainquait que les noyés mettraient le grabuge qu’ils causaient sur le dos des siens, les psychotropes le persuadaient qu’il fallait rester, que ce serait au contraire un avant-goût de son peuple.
          Dans tous les cas, il savait que même si la Marine connaissait la vérité, qu’elle savait que les deux amphibiens n’étaient que des victimes dans l’affaire, le peuple se réapproprirait l’histoire.

          A la vue de son milieu favoris, chez Zrosh, la haine avait fait place à la soif de sang ! Il fallait résister ! Il s’était finalement épris de cette collaboration ! Il ne fallait pas le tuer ! Il fallait résister jusqu’à l’arrivée des renforts ! Alors il profiterait de l’arrestation pour fuir !

          Oui, voilà ! Son plan était parfaitement rodé ! Il ne manquait plus que la meilleure partie : l’exécution !

          Profitant de la lame d’eau qu’avait levé le Lieutenant Takoyaki, l’Homme-Seiche, encore debout, les pieds fermement ancrés dans le sol, projeta les deux extrémités de son encensoir envers le diable rouge. Il esquiva l’arme au dernier moment mais pas la chaîne, plus petite et donc plus difficile à percevoir dans l’action.
          En guise de réponse, Antonio lui envoya une lame d’air que Zrosh esquiva au dernier moment. Aussi rageuse que son auteur, celle-ci déchira la surface aqueuse sur plusieurs mètres !

          Mais Véga Antonio commençait à bien connaître leurs petits tours, et il allait déjà se défaire de son emprise ! Alors à nouveau, l’encensoir fusa. Un lancer grossier, juste pour divertir le noyé raciste. Juste pour laisser le temps au pirate de s’enfoncer sous la surface, et lui avec !

          — Entendez l'Appel des Profondeurs ! Embrassez sa bénédiction !

          Dans son plongeon, il fit un nouveau tour de chaîne à son bras pour assurer sa prise. Bientôt, le contrepoids qu’était l’humain fit son office mais l’Homme-Seiche avait atteint la mer : il redoubla donc de vigueur et de hargne pour s’enfoncer toujours plus profondément.
          Après une première brassée, il aperçut le Marine écailleux, toujours en embuscade sous le ponton. Zrosh ne broncha pas pour ne pas trahir sa présence.

          Il sentit enfin une perturbation deux mètres au-dessus de lui, juste sous la surface : Antonio avait enfin rejoint leur règne ! Ils allaient pouvoir lui montrer qu’il n’avait pas toute sa puissance en ces lieux !

          Pour autant, il se débattait encore. Toujours pour favoriser l’attaque de Takoyaki, Zrosh concentra l’attention sur lui : fit volte-face et resserra son lien métallique sur sa cheville pour éviter toute fuite de sa cible. Cette dernière décocha une nouvelle lame, mais de travers. Il ne le visait plus, il visait la chaîne ! Seulement, l’eau étant beaucoup plus dense que l’air, son mouvement troqua sa rapidité et son mordant contre une mollesse décevante. Pour autant, le pirate ne prit pas de risque et préféra encaisser le coup lui-même. Pour cela, il donna de l’ampleur à sa chaîne et parvint tout juste à se décaler sur la vague coupante. La lame d’air aquatique s’écrasa alors sur son épaule, libérant tout de même un petit flot de sang qui se dilua presque aussitôt dans l’étendue salée.

          Mais peu lui importait.

          Peu lui importait car Antonio, toujours la cheville droite entravée, tournait le dos à l’Homme-Requin.
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          Retour à l’instinct primaire, l’habitat naturel d’un homme-poisson où Takoyaki se tenait immobile, sa queue de requin battant doucement l’eau à intervalles réguliers pour maintenir sa position. Au-dessus, il suivait l’affrontement en réfléchissant au meilleur moyen d’attirer le faux tigre rouge dans les flots où il serait affaiblit, tandis qu’ils y étaient comme des poissons dans l’eau. Et c’est l’homme-seiche qui y apporta la solution, menant le chasseur d’hommes-poissons à la suite de sa chute dans la mer à l’aide de la chaîne de son encensoir.

          Le moment était idéal pour frapper, son sabre tenu contre son flanc, l’homme-requin-renard s’élança à la suite d’Antonio et de son congénère. Ce dernier semblait s’être résigné à l’idée de combattre aux côtes du lieutenant et, à deux, ils avaient de bien plus grandes chances de survie que seuls. La queue de Tako fouettait l’eau derrière lui, le projetant sans qu’il n’ait besoin de bouger les bras, ses deux mains fermement refermées sur le manche de son sabre qui rencontrait les flots salés pour la première fois depuis sa naissance. Lame principalement forgée dans les fonds marins, bercée par les martèlements du forgeron amphibien, retrouvait son berceau aqueux. Son tranchant filait dans l’eau sans aucune résistance, ne ralentissant pas l’homme-requin pour un sou dans sa nage rapide, ses doigts blanchissant sous la contraction de ses mains sur son arme.

          Rarement s’était-il sentit si remonté envers quelqu’un, lui qui était habituellement si pacifique et calme. La paix, c’est tout ce qu’il souhaitait en son fort intérieur, un rêve bien vain car où qu’il aille, il y avait ce genre de personne. À tuer pour leurs croyances propres, ou sales selon les points de vue. Le sentiment de supériorité et la généralité à outrance étaient deux facteurs majeurs qui expliquaient cette haine mais, aux yeux de Takoyaki, cela était inexcusable. C’est également pour cela qu’il se méfiait autant de son congénère, bien que la colère de ce dernier ne se dirigeait pas vers lui directement, mis à part comme faux-frère, il sentait qu’il pouvait l’attaquer à tout moment. Mais, outrepassant les doutes, et taillant son chemin à toute vitesse en fendant l’eau, il s’approcha dans le dos du tueur moulé de cuir rouge.

          Son sabre toujours contre son flanc, il se mit à tourner sur lui-même dans son élan, s’aidant de sa queue pour accélérer le mouvement rotatif avant de délivrer sa fleur tourbillon dans le dos de l’assassin. Un tintement, puis un léger flot de sang, Antonio était parvenu à parer une partie de l’attaque en plaçant un de ses sabres dans son dos. Toutefois, la lame de l’amphibien avait continuée sa course, profitant de la lenteur d’action du tueur pour passer sur son flanc et le taillader, terminant sa nage frénétique jusqu’à son camarade homme-poisson, faisant volte-face pour se préparer à une réaction de leur adversaire.

          « Continues de l’emporter, faux-frère, aujourd’hui nous combattons côtes à côtes. » déclara Tako dans les eaux, ses branchies sur ses joues recrachant de fines bulles à chaque syllabe. « Après tout ça, j’espère au moins que tu me dira ton nom. »

          Sa queue battant les eaux, il reprit une accélération droit sur le sabreur moulé de rouge toujours porté vers le bas par l’homme-seiche. Profitant de l’handicape de son adversaire, il frappa de son sabre, se heurtant aux réflexes du tueur expérimenté qui parvint à croiser le fer d’une main, lui envoyant sa seconde lame qui dans ce milieu aquatique perdait de sa splendeur. Tournant sur lui-même, le lieutenant fouettant l’eau de sa queue pour se déporter de côté, profitant de son mouvement pour envoyer un coup de lame horizontal à son adversaire. Les deux lames croisées du masqué s’y opposèrent, mais la queue de squale se fraya un chemin sous ses bras pour venir enserrer la taille de l’assassin, s’enroulant fermement. Battant des jambes en tentant de maintenir les armes de son adversaire bloquées contre la sienne, Takoyaki poussait le masqué plus loin dans les profondeurs afin de laisser la pression faire son office. Il se débattait, essayant vainement des coups de pieds ou d’épaules mais, dans cet environnement il n’était clairement pas à son avantage.

          « Viens buller avec nous parmi les poissons, enfoiré ! » grogna-t-il face à lui, bien décidé à mettre ce xénophobe aux fers.

          À la surface, les quais étaient en ébullition, leur affrontement avec Antonio Vega avait finalement attiré les renforts. Une cinquantaine de soldats de la marine patrouillaient en s’aidant de grosses lampes et projecteurs pour vérifier les eaux. Mais, le tueur n’avait pas dit son dernier mot et, si les amphibiens avaient vus le regard derrière le masque, ils se seraient méfiés. Cependant, concentrés dans leur noyade assistée, ils ne virent rien venir.




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