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Not that Innocent Island

— Comme prévu : je vous laisse gérer, je vais nous annoncer ! Claire, vous venez ?
— Bien sûr, j’arrive !

Mama retroussa ses jambières et sauta par-dessus bord. Alors qu’elle gagnait la plage, l’équipage était en train de sortir la coupée pour la civile qui s’était dévouée pour accompagner la capitaine des Verts-de-Gris.
Devant eux se tenait Innocent Island, la première île de Grand Line qu’ils visitaient, réunis sous ce drapeau. Ils avaient d’ailleurs fait montre de zèle dans leur approche afin d’être voyant le plus possible, le plus longtemps possible. Les résidents devaient savoir que ce n’était pas un navire hostile qui arrivait mais une frégate de l’Armée révolutionnaire. Et visiblement, cela portait déjà ses fruits puisqu’une ombre se détachait des fourrées qui cachaient le village au loin.
Ils avaient fait cela car ils allaient proposer une demande particulière aux gens de cette île qui l’était tout autant.

— Cap’taine Mama ! J’peux venir ?

L’intéressée se retourna, même si elle avait reconnu la voix de Tempérance, la Maîtresse-Canonnière, une enfant qui s’était elle-aussi échappée de Tequila Wolf. Toutes deux s’étaient relativement vite adoptées.

— Ça dépend. T’as fini tes tâches ?
— Oui !
— T’as demandé à Niko ?
— Bien sûr ! C’est pour ça que je te demande à toi maintenant !
— Et je peux savoir pourquoi tu tiens à nous accompagner ?
— Tu peux ! Je te dirais bien que c’est pour t’aider à les faire accepter, mais en vrai, j’ai une autre idée en tête : tu sais, je t’ai dit que j’avais un amoureux dans chaque bagne ? Bah j’ai aussi des amoureux qui se sont échappés !

Un rictus aussi amusé qu’entendu déforma les lèvres de Mama.

— Allez, entendu ! Viens !

Alors que la civile rejoignait tranquillement et prudemment la capitaine, Tempérance sauta elle-aussi par-dessus bord. Mama eut peur qu’elle n’éclaboussât Claire, mais la canonnière maîtrisa sa réception tel un chat ! Elle ne manqua pas de décocher un petit rire cristallin, un mélange de malice, de plaisir et de satisfaction.

L’ombre qui se rapprochait était devenue une silhouette qui gagnait en formes et en couleurs jusqu’à dessiner un jeune homme roux aussi impeccable qu’excentrique.
Mama leva une main prévenante en l’air pour le saluer, ce à quoi il répondit d’une petite courbette, dévoilant un bras osseux par-dessus lequel il se pencha légèrement.

— Fais gaffe, Mama ! T'as vu sa main ? C’est un mort-vivant ! chuchota Tempérance entre ses dents.
— Mais non ! Ça doit être une prothèse ! fit la capitaine de la même manière.

Puis plus haut.

— Bonjour ! Je suis contente que vous nous ayez vus ! Enchantée, je m’appelle Mama Boutanche !
— De même, Mama Boutanche de l’Armée révolutionnaire. Je suis Alan Ford ! Pardonnez ma brutalité, mais … vous venez pour ?
— N’ayez crainte, je ne suis ni en mission, ni en repérage. A vrai dire, j’aimerais d’abord savoir si vous nous autorisez à mouiller à quai, parce que nous avons une immense requête à vous soumettre. C’est pour cela que je suis accompagnée de ma Maîtresse-Canonnière Tempérance et d’une civile, Claire Abott.

A nouveau, il s’inclina poliment en regardant chacune d’entre elles dans les yeux. Il était visiblement en confiance, quoi que Mama remarqua que sa bouche était très légèrement pincée et tirée sur la droite. Elle en déduisit qu’il était inquiet.
Mais cet Alan Ford s’avéra encore meilleur au petit jeu des devinettes.

— Vous appartenez à la Révolution et vous avez emmené une civile avec vous, j’en conclus qu’il y en a d’autres comme elle à bord, et qu’elle vous sert de représentante. Madame, à votre constitution, votre manière de vous tenir et à vos vêtements, je devine que vous êtes une ancienne esclave fraîchement libérée par votre hôte.

L’intéressée tituba de surprise. Le jeune homme excentrique afficha un petit sourire aussi amusé que confiant, mais pas arrogant.

— Héhé, j’ai donc raison. Alors j’imagine que vous aimeriez leur offrir une seconde vie ici ?

Mama et Tempérance étaient elles aussi soufflées, et si la Maîtresse-Canonnière se montrait expressive en applaudissant joyeusement cette prestation, sa capitaine restait bouche bée. Il lui fallut un temps pour s’en remettre.

— Eh ben … bah … Vous êtes perspicace ! Oui … c’est ça !
— Comprenez bien que je n’ai pas ce pouvoir de décision, et qu’il faut que nous nous réunissions pour décider. Cependant, j’accepte de prendre la responsabilité de votre débarquement, ne serait-ce que pour les civils. Bien sûr, votre équipage est également le bienvenue sur Innocent Island.

Ce fut au tour de Mama de s’incliner bien bas.

— Merci beaucoup ! Tempy, tu veux bien aller prévenir les autres, s’il te plaît ?

Sa joie cessa immédiatement, dominée par une moue boudeuse qui commençait à se dessiner sur son visage. Néanmoins, Mama continua de la fixer avec la même expression, sans ciller. La gamine comprit que sa capitaine ne lâcherait rien et elle se souvint du savon qu’elle lui avait passé sur Kage Berg : il fallait qu’elle arrêtât de n’en faire qu’à sa tête.
Pour autant, elle ne se laissait jamais démonter, et un éclat de malice passa dans son regard. Enfin, ce fut tout son visage qui s’illumina.

— Pour sûr, Cap’taine !

Et elle s’envola aussitôt dans un petit rire malin et cristallin. Mama redoutait le pire. Elle savait qu’elle avait déjà prévu son prochain mauvais coup et elle soupira.

— Désolée pour ça …
— Oh, ne vous excusez pas ! Comme vous le savez peut-être, Innocent Island regorge d’enfants dont une partie dirige l’île …
— Ouaip … Ça ne doit pas être facile tous les jours …
— Disons qu’on s’y habitue, de gré ou de force … Les négociations enfantines sont tout un art, qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère ! Sur ce, si vous voulez bien me suivre … Les vôtres ne pourront pas rater le Village des Parents, laissons-les prendre leurs marques. Je vous emmène devant notre … hm … intendante … Au moins pour le moment …

Devancées par un Alan avenant, Mama et Claire remontèrent le sentier avec lui. Petit à petit, une fête foraine toute entière, à moitié reconstruite et en état de fonctionnement, se dévoilait à eux, pour leur plus grand ravissement. Bien sûr, la grande roue dominait tout le panorama ! Juste à côté, mené par le chemin, le village des parents leur paraissait aussi petit que triste et trop sérieux !


"Avant de faire la révolution dans la rue, faut la faire dans la tête : dis-toi bien que le pouvoir, d'où qu'il vienne, c'est vraiment de la merde."

Les Hauts-Ferrés (Torino)


Dernière édition par Mama Boutanche le Jeu 15 Sep 2022 - 14:20, édité 5 fois
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Plus tard, au Village des Parents :

Grant, accompagné du charpentier Longs-Membres avec qui il s'entendait à merveille, s’émerveillait des particularités de l’île. Le village était gagné par une effervescence bienvenue et une curiosité doublement d’un amusement. Une partie des matelots ravitaillaient le Débourgeoiseur sous la coupe de Niko, le Quartier-Maître, et Tempérance faisait une visite guider à Sasha, la timonière, et à Eillen, la chirurgienne.
Raja la navigatrice et Jack le gabier en chef étaient restés à bord, préférant le calme d’une frégate largement désertée à une île peuplée d’enfants.

En voyant non loin la fête foraine à moitié reconstruite, Marl se sentit investi d’une mission presque divine. Il en fit immédiatement part à son compère, sur le ton d’un plaisir coupable.

— Eh, Grant, ça vous dit qu’on aille donner un coup de main à ceux qui retapent les manèges ?
— Ca m’dit bien, ouais, mais j’suis pas mécano … Disons que je bidouille …
— M’est avis que c’est leur cas aussi … De toute façon, je ne pense pas qu’ils refuseraient un coup de main ! Et puis, on a juste à attendre le retour de la capitaine donc autant tuer le temps en faisant quelque chose d’utile …
— Vrai que ! Bougez pas, j’vais prév’nir Niko et voir si ça l’dérange pas. L’pauvre va se r’trouver à gérer les civils et les Dérouilleurs …


Au même moment, à l’Orphelinat des Petites Crêtes Blondes :

— UNE CENTAINE DE CIVILS ?! Ca m’dit bien, ouais … On pourrait en faire que’que chose, mais comme Alan vous a dit, j’décide pas toute seule. Disons que j’représente les parents, et qu’j’suis qu’une voix au chapitre …

Au milieu des gamins rivés aux fenêtres pour tenter d’apercevoir les nouveaux venus qui apportaient un vent de fraîcheur à l’île, l’une des dirigeantes officieuses avait les poings posés sur les hanches, tenaillée entre la stupéfaction et la détermination à parvenir avec brio à leur accorder cette requête.

Mama et Claire étaient un peu plus détendues du fait de savoir qu’une des dignitaires de l’autorité acceptait leur demande. Pour autant, elles savaient que rien n’était fait, que tout restait à jouer. Alan aussi semblait partager l’enthousiasme général.

La punkette aux cheveux roses, directrice de l’orphelinat, Spica Milinae, reprit :

— Le hic … ‘fin, les hics, c’est qu’les parents devront faire leur part du taff. J’veux dire, cent personnes en plus, c’est autant d’bouches à nourrir, autant d’monde à loger. Pis les gamins voudront s’partager les nouveaux v’nus … S’ils veulent bien d’eux !
— “Se les partager” ? Comment ça ?
— Ah ouais, pardon ! J’avais oublié qu’vous connaissiez pas l’île. Les enfants sont divisés en plusieurs tribus, ou plutôt, certains s’sont séparés des autres enfants : y’a Pierrot, l’Roi des Enfants et sa peste d’copine ; Till, l’Roi des Pirates et sa ribambelles de rebelles à part ; Lydia, la Cheffe des Filles ; et une autre bande, un peu à part, les Mékanos et leur chef Méca Frankyky …
— Ah oui ! Ca en fait du monde à convaincre !
— Ouaip. Et autant l’Pierrot s’rait facile à convaincre -j’dirais même qu’il aurait rien contre, autant sa Georgina … J’peux pas dire. Elle sait c’qu’elle veut, mais c’est bien la seule … Faut s’méfier d’elle. Lydia, j’sais pas non plus. Elle accept’ra sûrement de nouvelles filles, mais p’t-êt’ qu’elle leur f’ra passer un bizutage … Till, c’est mort : plus d’enfants, ça fait moins d’ressources pour tout l’monde, surtout pour eux mais du coup encore moins pour lui. Et pour Frankyky … j’pense pas qu’il aie d’avis. J’imagine qu’il s’ra content d’avoir d’la main d'œuvre pour rallumer la fête foraine au grand complet … C’est tout c’qui compte pour lui !



Pendant ce temps, entre le Village des Parents et la Fête foraine :

— Grant ! Marl ! Attendez !

Eilleen, la chirurgienne-cyborg, tentait de rattraper le second et le charpentier qui se retournèrent de concert.

— J’ai entendu dire que vous alliez à la Fête foraine ! Je peux venir avec vous ?

Les deux intéressés se regardèrent en même temps, et acquiescèrent pareillement.

— J’ai rien contre …
— De même. Eileen, avez-vous demandé à notre Quartier-Maître ?
— Bien sûr ! Et il a accepté !
— Parfait ! Vous vous y connaissez en mécanique ?
— Seulement en biomécanique. J’imagine que c’est à peu près la même chose, non ? Mais à vrai dire, ce n’est pas ça qui m’amène : j’ai appris qu’il y avait eu une maladie étrange qui s’était répandue sur l’île il y a de ça bientôt trois ans, et qu'il resterait quelques enfants contaminés … Alors je me dis que je serai mieux là-haut qu’en compagnie de Tempérance et Sasha … Je suis différente moi aussi, c’est vrai, mais je les trouve un peu trop loufoques pour moi …
— Belle initiative, merci ! J’parie qu’ça jouera en not’ faveur !


Parallèlement, au Village des Enfants :

— Eh, Martin ! Pendant que tu retournes au Débourgeoiseur, dis à Jack que j’ai besoin de lui et fissa !

Effectivement, même s’il ne voulait pas l’avouer publiquement à son matelot des Dérouilleurs, Niko était débordé. S’il avait accepté le départ du second, du charpentier et de la doctoresse, Sasha et Tempérance s'étaient discrètement fait la belle ! Désormais, il était seul à gérer une grosse centaine de bagnards libérés de Tequila Wolf qui s’était rapidement et plaisamment intégré au village, autant les petits que les grands ! Ceux-là discutaient dans un brouhaha total, les enfants d’Innocent Island harcelant de questions leurs camarades fraîchement débarqués et les parents expliquant aux nouveaux ce qu’il y avait à faire sur l’île et ce que leur venue changerait.


Et puis … un peu plus éloigné du Village des Parents :

— Tu m’as pas dit où on allait !

Maintenant que les deux filles avaient pris la tangente du village en catimini, elles s’étaient mise à courir à grandes enjambées, la petite engrainant la jeune femme qui se comportait effectivement comme une enfant.

— Ouais ben c’est déjà bien que je t’emmène avec moi !
— Ah bah c’est sympa ! Et pourquoi ça ?

Elles s’arrêtèrent pour se crêper le chignon.

— Je sais pas si je peux avoir confiance en toi …
— HEIN ! Alors qu’avec Mam… alors qu’avec la capitaine on t’a tiré de Tequila Wolf ?!
— Tu parles ! J’aurais pu me sauver toute seule !
— Mais tu l’as pas fait !
— Parce que je voulais aussi sauver les miens, tiens !
— Et on t’a aidé pour ça !
— Hm … C’est pas faux … Bon, okay : je connais quelqu’un d’ici, et je compte bien lui faire savoir que je suis là !
— T’as un amoureux ?
— Arrête !
— Ah l’autre hé ! Nan mais eh, tu sais, c’est pas grave hein !
— Oui bon j’ai un amoureux ! Les porcs ils ont une femme dans chaque mar… euh, je veux dire, les marins, ils ont une femme dans chaque port, bah moi j’ai un amoureux dans chaque bagne, et même plus que ça !
— Trop bien ! C’est qui ?
— Même si je te dirais, tu saurais pas qui c’est … Mais c’est Till, le chef des pirates. Y’a quelques années, il est sorti d’ici pour faire une virée sur East Blue mais il a été enfermé pour quelques mois sur Tequila Wolf. C’est un pirate, tu vois. Bah, on a eu le temps de tomber amoureux ! Mais ce nul, il m’avait promis de revenir me libérer. Et comme il l’a pas fait, il m’en dois une !


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Chemin faisant, chaque groupe de Révolutionnaires se délectait des ravissements originaux de l’île.

Mama et l’ancienne bagnarde de Tequila Wolf, Claire, marchaient en direction de la clairière du petit bosquet éloigné de tout campement, menées par Spica, Alan étant retourné au Village des Parents. Cette dernière avait soufflé dans une corne dont le barrissement fut repris à travers toute l’île. Celui-ci servait à signaler qu’une réunion de crise devait avoir lieu, et chaque dirigeant devait accourir jusqu’au point de rendez-vous, un lien neutre pour que personne ne fût avantagé à être dans son territoire. Mama pensa que faute d’escargophone, ce moyen de communication aussi primaire pourrait convenir pour son équipage, tant pis pour la discrétion. En effet, les Verts-de-Gros n'avaient aucune possibilité de se contacter s’ils venaient à se séparer, comme maintenant. Leur capitaine, en bonne végane engoncée dans la stupidité de son amour propre suite à quelques petites querelles, ne voulait pas en venir à exploiter des animaux pour leur propre bien, quitte à mettre les siens en danger, même si elle ne voulait pas en venir à cette extrémité là au départ.

Après avoir crapahuté entre les arbres serrés, leur horizon s’ouvrit sans pour autant se déverdir : traversant les derniers arbustes, ils étaient enfin arrivés dans la clairière. Mama et Claire s’aperçurent que le coin avait été sommairement aménagé pour servir de salle de réunion : cinq troncs étaient abattus puis placés en cercle autour d’une large et épaisse souche en leur centre. Pour les rendez-vous nocturnes d’urgence, des porte-torches étaient même piquetés entre chaque rondins. Ils avaient tout prévu !

Un jeune homme aux cheveux blonds et ondulés était déjà présent sur les lieux à leur arrivée. Il tuait le temps en taillant un bâton avec son canif, l’air renfrogné. Avant même que Spica ne fît les présentations, la Révolutionnaire avait deviné à son accoutrement qu’il s’agissait de Till, le Roi des Pirates.

— Salut Till !
— Ouais, salut.

Malgré toute la prévenance de la Directrice de l’orphelinat et Dirigeante des adultes, le jeune pirate n’avait même pas daigné lever la tête de son ouvrage.

— Mama, Claire, j’vous présente Till, l’Roi d’la Tribu des Pirates ! Till, voici Mama Boutanche, cap’taine révolutionnaire des Verts-de-Gris et Claire, une ancienne prisonnière d’Tequila Wolf.

A l’évocation de ce nom, il leva enfin la tête, surpris. Il dévisagea l’intéressée, puis Mama qui tentait de lui faire son plus beau sourire qu’elle voulait chaleureux. Et puis il soupira dédaigneusement avant de reprendre son travail.

— Enchantée, Till !
— Ravie de faire votre connaissance !
— ‘chanté.

La Révolutionnaire le suspectait de jouer les gros durs pour se donner un genre, mais cela tapait visiblement sur le système de Spica qui, à en croire la veine qui battait sur sa tempe, serrait les dents. Néanmoins, elle ne perdit ni son sang froid, ni son ton calme.

— J’vous en prie, essayez-vous au centre.

Elles s’accomplirent, puis Spica fit de même sur le rondin en face de Till quand arriva un couple d’enfants. Mama et Claire surent alors qu’il s'agissait de Pierrot et Georgina, le Roi et la Reine des Enfants. Les présentations furent faites et si le garçon semblait fort aimable et réservé, il répondait volontiers sans pour autant oser entamer des conversations de son propre chef. La fillette, elle, semblait bien plus observatrice, et même manipulatrice. Elle se faisait tout aussi timide et discrète que son petit copain, mais Mama devina qu’elle cachait son jeu. Sa certitude était plus forte que celle concernant Till.

Pierrot allait pour s’asseoir à la droite du pirate mais Georgina, la tête haute, posa délicatement sa main sur l’avant-bras de son amoureux. Celui-ci se releva immédiatement, ce qui valut à la petite peste un regard noir décoché par Till. Visiblement, il y avait de l’eau dans le gaz entre eux deux, et les négociations allaient s’avérer encore plus difficiles que prévu !

Peu de temps après, ce fut au tour d’un drôle d’olibrius de faire son apparition. A sa tenue métallique et à cornes, Mama et Claire comprirent qu’il s’agissait de Méca Frankyky, le Chef des Mékanos. A son arrivée, Till tapota immédiatement le rondin à sa droite, incitant le dernier arrivé à prendre la place que voulait Pierrot un instant auparavant. Ce dernier ne tergiversa pas, et vint s’asseoir volontiers. Georgina, toujours plus hautaine, tira délicatement le bras de sa Majesté et vint poser son royal séant sur le tronc à l’exact opposé de Till et Méca Frankyky, à droite de Spica, accompagnée de Pierrot qui n’y trouva rien à redire.

Il ne restait plus qu’une place, entre Till et Georgina. Un silence lourd de tension s’installait, rythmé par le tapotement endiablé d’impatience de l’enfant mécanicien.
A vrai dire, peu de temps s’était écoulé depuis son arrivée, les présentations n’avaient pas encore été faites, mais l’Ingénieur en herbe n’en pouvait déjà plus, et il prit la parole.

— Salut, enchanté ! Moi c’est Frankyky, vous je sais qui vous êtes : vous êtes Mama et Claire, j’ai rencontré Grant, Marl et Eilleen à la Fête foraine, ils nous aident. Bon, elle fait quoi Lydia ?!
— Calme !
— Ouais, mais on perd du temps ! Il nous faudrait des Den Den ! Ce serait bien plus pratique !

Mama baissa la tête, honteuse à ce souvenir douloureux, ce qui fit sourire Claire.

— Oui, mais on s’verrait moins souvent …
— Ouais ouais … Et on est là pour quoi ?
— Tu connais les règles : la personne qui d’mande la réunion n’en partage la raison qu’en présence de tout l’mon… !
— Ca crève les yeux ! Si elles sont là, c’est parce que Spica va nous d’mander d’...

L’intéressée fusilla du regard le petit pirate qui se tut en lui rendant la même oeillade. Alors que le silence revenait, le bruissement des buissons qui formaient l’orée trahit l’arrivée de la personne manquante : Lydia, la Cheffe des Filles, qui s’arrêta très rapidement pour observer l’agencement du point de rendez-vous.

Quand ce fut fait, elle baissa légèrement son haut de forme sur ses yeux, moins pour saluer l’assemblée que pour manifester son mécontentement de devoir être assise entre Till et Georgina. D’ailleurs, cette dernière afficha un petit sourire de satisfaction et se montrait tout à fait avenante à son égard lors des présentations.

Spica prit alors la parole, un peu nerveuse mais elle le cacha en tonitruant :

— Bien ! Mesdemoiselles messieurs les Chefs de Tribu, la session extraordinaire peut commencer !

La tension monta encore d’un cran.


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Au même moment, à la Fête foraine :

Eilleen, la médecin des Verts-de-Gris était avec Kass, un des deux jumeaux qui formaient les Mécafans, la garde du chef des Mécanos, Méca Frankyky. Tous deux étaient penchés sur un autre enfant qui dormait, fermement ligoté. Mais pire que cela, son teint tirait légèrement sur le violacé !
Eilleen le détacha délicatement.

— Et il en reste beaucoup, des gamins comme lui ?
— … Hein ? Euh non non !
— De toute façon, il n’y a pas grand chose à faire, à part laisser le temps au temps … Mais j’imagine que ça doit être compliqué, autant pour vous que pour eux …
— Ouais ouais … ‘fin, on s’y fait quoi.
— Je lui ai administré un sédatif en attendant que son manque passe. Je … TU VEUX BIEN ARRÊTER DE ME TRIFOUILLER S’IL TE PLAÎT ?!
— Pardon M’dame !

Le jeune ingénieur tressaillit et se recula d’un bond en levant les mains en l’air, Eilleen rebranchait ses fiches et revissait les plaques métalliques de son bras que le Mécano avait défaits, animé par une curiosité mal placée et une soif d’apprendre dévorante.

— Désolé M’dame, c’est juste qu’on a pas l’habitude d’voir quelqu’un comme vous tous les jours …
— Mais je te l’ai déjà dit, Kroph, je f…
— Moi c’est Kass, m’dame !
— Pardon ! Je vous l’ai déjà dit : je finis de m’occuper des McAddits et je vous promets de répondre à vos questions !
— Bah ouais mais j’vous jure qu’il en reste plus beaucoup, et c’est moins grave qu’avant, même que ! Ça fait deux ans, bientôt trois, que McInnocent a disparu ! Et y’avait que lui qui connaissait sa recette de takoyaki dégueux, donc faut faire comme vous dites : laissez l’temps au temps ! Et là, comme vous voulez quand même les ausculter, bah j’perds le mien ! Pis en plus, on a connu pire : des zombies !
— QUOI ?! Des zombies !?
— Ouais mais y’en a plus ! Promis !
— Eh bien … Votre île porte mal son nom …
— Bon, M’dame ! J’peux vous poser des questions et prendre des notes ? Quand Kroph reviendra des manèges qu’il répare avec Grant et Marl, il voudra lire mon compte-rendu !
— Soit, soit …
— TROP COOL ! A MOI LES SECRETS DE LA CYBORGISATION !


Parallèlement, entre la planque des pirates et … ? :

— Je te jure : il paie rien pour attendre !

Tempérance ouvrait la marche, furieuse, suivie par une Sasha un peu déboussolée.

— A croire qu’il me fuit !
— Mais non ! T’as entendu la corne résonner, comme moi ! Et puis son lieutenant te l’a dit : il est appelé pour une réunion d’urgence !
— Ouais ! Comme par hasard !
— Mais d’ailleurs, j’y pense ! Comment tu connais aussi bien l’île, toi ? T’es née ici ?
— Ben non ! Je suis née sur Tequila Wolf, j’te l’ai déjà dit en plus !
— Bah raison de plus alors : comment tu connais aussi bien l’île ?!

Tempérance s’arrêta et fit volte-face à la timonière, toujours aussi en colère, voire même un peu plus.

— Parle moins fort !
— Quoi ? T’as honte ?!
— Non … C’est juste que … Je suis sûre qu’on approche !
— Hahaha ! Si ! T’as honte !
— Oui mais pas que ! Là ! Voilà ! Si j’te dis qu’on approche, c’est qu’on approche !
— Et donc ?
— Tu me lâcheras pas comme ça, hein ?
— Héhé ! Non !
— Bon … Tu promets te pas te moquer, hein ?
— Promis !
— Bah quand j’ai connu Till sur Tequila Wolf, il m’a dessiné une carte de l’île pendant un temps de repos. À même la neige ! Alors pour pas qu’elle s’efface avec le passage des gens ou des flocons qui tombent tout le temps, j’ai repassé moi-même ses traits. Du coup, je connais Innocent Island comme ma poche ! Tu comprends, je voulais pas l’oublier jusqu’à ce qu’il vienne me chercher ! Et puis une fois ensemble, il fallait que je connaisse aussi bien l’île que lui !
— Oh, c’est trop meugnon !
— Eh mais eh ! T’avais promis de pas te moquer ! Allez, on avance au lieu de raconter des bêtises !


Pendant ce temps, au lieu de réunion :

— Non.

Le Roi des Pirates avait les bras croisés, l’air interdit.

— J’vais pas t’le cacher, Till, mais j’savais que tu r’fuserais.

Il ne répondit pas. Malgré cet aveu, Spica était visiblement déçue de son avis et le conseil était de plus en plus tendu.

— Un oui pour moi, un non pour Till, donc.
— Moi non plus.
— QUOI ?! Mais pourquoi ?

Cette fois-ci, face au refus de Méca Frankyky, Spica était désarmée et vraiment attristée, d’autant plus que la réponse était inattendue. Georgina, la Reine des Enfants uniquement parce qu’elle sortait avec le Roi, avait longuement dévisagé le mini-cyborg, guettant sa réponse. Désormais, elle s’en délectait et attendait patiemment le bon moment.

— Désolé hein, mais je dis non pour qu’on puisse vite repartir.
— Juste pour ça ?! Mais c’est égoïste !
— J’ai dit “Désolé” !
— Eh ! J’dois rapp’ler qu’on doit pas intervenir dans le choix des autres ?!
— Et moi que si le Village des Parents existe, c’est parce qu’la même initiative que celle-ci a été validée ?! Personne s’en plaint, à c’que j’sache !
— Non, t’as pas b’soin. Pis j’étais contre d’toute façon.
— Nous, on est pour !

C’était Georgina qui avait pris la parole. Et à voir la tête de son petit copain, il n’avait pas été mis au courant. La décision émanait donc d’elle seule, sans même qu’elle n’eût l’autorité pour. Pour autant, Pierrot n’aurait jamais été contre, et son visage radieux le prouva. Mais le fond du problème restait que la Reine ne pouvait pas se prononcer, et surtout qu’elle le faisait uniquement pour contrer l’avis négatif de Till et Méca Frankyky avec qui elle s’entendait plus. Ces deux-là la fusillèrent du regard, mais elle n’en paraissait que plus ravie.
Alors que Lydia allait préciser que ce n’était pas elle qui avait le dernier mot dans le couple, lors des prises de décision, Pierrot parla enfin.

— Oui ! Bien sûr que oui !

Spica, Mama, et Claire soufflèrent un coup.

— Deux oui, deux non. Lydia, la décision est ent’ tes mains. Avant toute chose, j’me permets de t’rappeler que c’était toi qui avait eu la bonne idée du Village des Pa…
— EH ! TENTE PAS D’L’AMADOUER !

Tous les regards étaient dansaient entre Spica, Till et l’intéressée qui commençait à s’agiter nerveusement, visiblement mal à l’aise d’être le centre de l’attention, ce qui était étonnant la concernant.
La bien-trop-pure-pour-être-honnête Georgina se tourna vers elle, lui fit un clin d'œil complice et lui toucha l’avant bras pour la rassurer.

Brusquement, Lydia se retira de son emprise. Elle le savait pertinemment : la perfide Reine tentait de la manipuler elle aussi, dans l’unique but qu’elle la rejoignît. Au final, Lydia n’aurait rien à y gagner : elle ne serait plus la Cheffe des Filles mais une simple lieutenant aux ordres de Georgina dont le règne s’étendrait des enfants aux filles du château, château qui était sous son commandement.

Dans une oeillade de fer et une volonté d’acier, elle se prononça en regardement fixement la pâle et blonde jeune fille :

— Non.


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Si Mama et Claire s’étaient effondrées sous le choc de la décision, Spica, Georgina et Pierrot s’étaient levés d’un bond. Lydia, accusant le coup de ces réactions aussi vives et spontanées que fut la sienne, eut un mouvement de recul de surprise.

— Mais Lydia ! Pourquoi ?! Toi qui a toujours eu de bonnes réflexions ! C’est à toi qu’on doit…
— Elle a dit non !

Till, les sourcils froncés, s’était levé, son bras gauche barrant l’accès à la Cheffe des Filles dans une attitude protectrice. Protectrice surtout envers la décision qu’elle avait prise et qui était la même que la sienne. Quant à Frankyky, il commençait déjà à partir en direction de sa Fête foraine.

— Et toi, t’as bien dit que tu reviendrais me chercher !

L’irruption de cette voix haletante et tempétueuse fit tressaillir le pirate qui haussa les sourcils d’une peur naissante mais qu’il connaissait bien : cette voix, c’était elle d’une Tempérance talonnée par une Sasha aussi amusée que ravie des impressions laissées par leur petit spectacle.
Frankyky fit volte-face malgré lui. Son devoir incombant sa présence, cela commençait à lui peser sur les nerfs.

— Oh non ! Encore un contre-temps !
— Toi, le robot demi-portion, tu revisses ton cul sur ton rondin ou je te donne une bonne raison de te changer en ferraille !

La maîtresse-canonnière avait sorti son plus beau sourire crâne et de sa poche, une petite grenade bricolée avec une boîte métallique et blindée de poudre et de clous.

— TEMPY ! QU’EST-CE QUE J’AVAIS DIT À PROPOS DES EXPLOSIFS ?!

Cette fois-ci, les poings sur les hanches, ce fut au tour de Mama d’être explosive ! A croire que le fait de ne pas avoir eu son mot à dire de tout le conseil en vivant toute sorte d'émotions avait accumulé de la frustration chez elle, ce qui fit qu’elle détonna de plus belle !
Son interlocutrice s’avoua vaincue, rentra la tête entre ses épaules comme un chien battu … ou plutôt abattu sous l’évidence et l’obligation de devoir expliquer son stratagème devant sa cible. Bien sûr, elle tira une moue aussi intense que sa déception.

— Mais Mamaaa …
— Capitaine !
— Mais Capitaaaine … Tu sais bien que je ferai jamais ça sur un civil qu’a rien demandééé … C’était pour l’impressionner !
— Bon, j’en ai ma claque ! En plus, le verdict a été rendu : j’me ti…
— TU RESTES ASSIS, SÂLE LÂCHEUR !

Till se raidit aussi brutalement que subitement.

— Mais ma petite fleur des neiges …

Sasha éclata de rire sous l'œillade rageuse de Tempérance. Et si la plupart des personnes présentes ne savaient plus que penser, Georgina piaffait secrètement en délectant de cette petite scène, imaginant toute les prises que cela pouvait lui conférer plus tard sur le pirate, alors que Pierrot cachait sa tête sous ses bras, craignant qu’une dispute n’éclatât.

— Ta petite fleur des neiges, comme tu dis, elle s’est arrachée d’elle-même des pierres givrées du Pont 4 de Tequila Wolf ! Alors qu’elle attendait qu’un prince charmant vienne la cueillir COMME PROMIS ! Alors qu’elle avait des gens à protéger et des matons et des contre-maîtres à mater ! Pendant que MÔSSIEUR jouait les gros durs sur son île !

Tout le monde, sauf le couple officieux, se mordait les joues pour se retenir de rire. Et sauf Sasha, qui s’en donnait toujours à coeur joie. Si Tempérance passait outre grâce à sa colère noire, Till commençait à s’en irriter. Heureusement pour la timonière, la petite-amie “oubliée” remit le couvert.

— Alors maintenant, tu arrêtes de penser qu’à ta pomme, et tu acceptes ces gens que j’ai aidé en attendant que tu viennes nous libérer !
— Mais …

Sa “petite fleur des neiges” vint délicatement lui soulever le menton pour le forcer à la regarder dans les yeux, rayonnante d’un sourire tendre, et lui susurra d’un ton mielleux :

— Tu crois que je te laisse le choix ?

Mais il s’agissait en réalité du calme avant la tempête d’une beuglante en pleine face.

— BAH DÉTROMPE-TOI !

Elle le relâcha puis lui tourna le dos, les bras croisés, l’air interdite, le visage haut.

— Tu me dois bien ça. C’est la moindre des choses.

Till balaya l’assistance avec un regard qui appelait à l’aide. Tout le monde était suspendu à ses lèvres, sauf Méca Frankyky qui tapait du pied à la mesure de son impatience.

— J’attends.

N’ayant guère le choix, et pour sauver les apparences, il fronça les sourcils et tonitrua :

— Bon, j’accepte ! MAIS J’VOUS PRÉVIENS : si y’a un mot qui sort de c’qui vient d’se passer, J’VOUS PÈTE LES ROTULES !

A peine eurent-ils le temps d’opiner frénétiquement du chef à moitié sérieusement avant d’exulter la liesse de leur victoire qu’un coup de trompe fit entendre. Suivi d’un autre. Tous les chefs furent aux aguets et tirèrent leurs armes au clair. Les trompettements furent repris sur toute l’île.

— Deux coups ?! On nous attaque ! Que tout le monde rejoigne son camp ! Franky, ouvre le chemin, préviens les hommes de Mama qu'on arrive ! Mama, Claire, avec moi ! Couvrez Pierrot et Georgina ! Tempérance, c’est ça ? Avec ton amie, accompagnez Lydia !
— QUOI ?! C’est mort ! J’veux pas d’une fille qui ressemble à un garçon chez moi ! On part que toutes les deux avec Tempérance !
— Bon ! Soit ! Alors … euh …
— Sasha !
— Sasha, pars avec Till !
— Nan ! Y’a pas d’mec qui s’ressemble à moitié à une nana chez nous !

Spica était désolée pour la timonière, mais inutilement puisque celle-ci, habituée à ce genre de remarque et même appréciant jouer de son androgynie, se régalait de la situation.

Un coup de canon résonna et les rappela à l’ordre.

— Ils n’attaquent même pas depuis le port principal ! Ils doivent être sur toute l’île !

La “petite fleur des neiges” joua à nouveau de son autorité sur son pirate de pacotille.

— Mais tu vas arrêter de jouer les gros durs, oui ?! Vas-y Sasha, et montre-lui que t’as pas à avoir honte !
— Compte sur moi, Tempy !

Comme si aucune opposition n’avait éclaté quelques instants auparavant, Spica avait pris le commandement de tous les chefs, et tous avaient plus ou moins docilement obéi !

Leurs assaillants allaient apprendre à leurs dépends que l’île portait mal son nom !


"Avant de faire la révolution dans la rue, faut la faire dans la tête : dis-toi bien que le pouvoir, d'où qu'il vienne, c'est vraiment de la merde."

Les Hauts-Ferrés (Torino)
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