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Gang of Manshon


- Gang of Manshon -



Prologue :

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Île de Manshon -1620 :

L’air est humide, la pluie a cessé, mais les rues sont encore détrempées et le parfum bétonné embaume les moindres parcelles de pavés. Vito Picollini et Farore Corsandre sont dans la ruelle donnant sur le port, Vito est un homme d’une trentaine d’années, le visage carré et les traits lisses, le parfait Don juan Manshonien. Farore est à ses côtés, son six coups bien en main prête à dégainer au moindre geste suspect.

« C’est un coup facile. Elle s’est fait braquer une vingtaine de fois cette bijouterie. »

Farore dodeline du chef en guise d’approbation. Pour les casses, elle n’avait jamais eu a douté de Vito qui avait toujours su dégoté des plans en or qui leur permettait de payer les capos en temps et en heure. C’était l’avantage de Vito, son meilleur atout, c’est une véritable fouine. Besoin d’un renseignement ? Vito graisse quelques pâtes, offre à boire à la bonne personne, paie un repas au bon larbin et vous avez votre info.

« J’ai demandé à ma copine où elle voulait aller pour son anniversaire. Elle m’a dit. Un endroit où je suis jamais allé. Alors j’ai répondu : oh la cuisine alors ? »

Ça aussi, c’était Vito, une petite blague au ton assassin pour détendre l’ambiance pendant qu’il brise la vitrine avec un pavé. Farore est en poste pour surveiller la route, son arme dissimulée dans son large imperméable pour dégainer à tout moment. De toute manière, qui aurait attaqué les Tempiestas ? Personne. Il faut soit être fou soit mal informé pour vouloir s’attaquer aux Tempiestas. Le casse se déroule sans encombre et Vito fourre-tout ce qu’il trouve dans son large sac avant de le ballotter par-dessus son épaule.

« Tu vois Farore, trop facile. »

La jeune femme ne dit rien, préférant rester concentré en cas de problème. Les deux comparses marchent à travers la ville, le soleil semble lutter pour parvenir à imposer sa clarté et sa chaleur. Mais l’hiver sur North Blue est toujours rude et semble envelopper d’une sorte d’aura mystique qui modifie les choses autour de lui. Si Farore reste silencieuse, c’est pour une raison bien singulière, et c’est la faute de Vito. Ce dernier peut sentir la colère et la haine transpirer autour de son amie d’infortune, le mettant dans l’embarras.

« Je sais que tu es contre le fait que j’entre dans la Marine, mais… Je pense que c’est la meilleure chose que je puisse faire pour ma mère et ma sœur. Ici, je n’ai pas d’avenir. Je n’ai pas d’ambition, et on sait tous les deux que plus tu montes, plus t’as une chance de te faire dessoudé non ? C’est drôle, car aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être un gangster. Tu sais, je regardais par la fenêtre en bas de chez moi, je voyais tous les affranchis mener la vie de rêve… Alors que mon connard de père faisait docker pour des clopinettes…. La Marine c’est pour moi, c’est le mérite, la fierté. »

« Ferme ta gueule ! Je veux plus entendre un mot Vito. Tu vas revenir la queue entre les jambes et venir pleurer aux pieds de Don Carbopizza pour du boulot. Je te connais, cette merde va te passer à la première difficulté. »

Vito hoche la tête tout en levant les yeux aux ciels, il n’avait pas l’habitude d’entendre Farore émettre des grossièretés. C’était là le signe de sa profonde colère. Au croisement d’une rue, Vito confie le sac rempli de bijou à Farore avant de tourner les talons.

« Je pars demain matin. »

« Fais ta vie mon gars. »

Les deux protagonistes se séparent sur cette dispute. Quelques années plus tard, au cœur de la nuit, des bombardements font rage. La Marine attaque Manshon ! S’ensuit ensuite un long blocus de la Marine pour mettre la main sur un criminel notoire. La suite, tout le monde la connaît, Manson ne serait jamais plus la même.




Dernière édition par Farore S. Corsandre le Mar 20 Sep - 15:53, édité 2 fois
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- Gang of Manshon -



Chapitre un: Argent trop cher.

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Île de Manshon -1625 :

Vito pose un pied sur le sol de Manshon, sa blessure à la hanche le fait terriblement souffrir et l’humidité et le froid omniprésent ne semble pas pouvoir l’aider. Ce maudit froid, qui parvient à s’infiltrer dans tous les interstices de ses vêtements pour venir mordre avec ardeur sa peau. Au premier regard, Manshon semble avoir bien changé, le blocus de la Marine a fait des ravages et il  semble que le pouvoir faste des familles ait été mis à mal par la puissance des institutions gouvernementales. Le statu quo n’est plus, et ce sont les citoyens qui prennent un malin plaisir à le rappeler à leurs maîtres d’infortunes par le biais de la révolution fleurie. L’air grave, Vito s’avance péniblement sur le Golden Port, en partie détruit, il ne sait pas vraiment par où commencer, aller voir sa mère ? Sa sœur ? Après tout ce temps, comment prendraient-elles le fait qu’il n’ait envoyé aucune lettre ? La culpabilité s’invite avec le froid pour parfaire une morsure de l’âme, dévastant peu à peu un sentiment de sécurité. Il se reprend et décide de retourner à son ancienne adresse, entre le centre-ville et le port pour y voir sa mère et sa sœur. Après une marche compliquée avec sa blessure, il se présente devant la porte usée par l’air marin et le climat peu clément. Il frappe à la porte, et sa mère ouvre avant de se mettre à pleurer.

« Me voilà Mama ! »

« Oh Vito ! »

« On rentre ou tu me laisses mourir dans le froid ? »

« Oui oui, je vais faire du café. »


Les lieux n’ont pas changé d’un iota, toujours la même cuisine ripoliner de fond en comble, Mama est la parfaite ménagère, celle que tout homme voudrait avoir. Elle dépose une tasse de café noir, sans sucre, sans crème, afin de ne pas contrarier les dieux du grain noir. Vito s’en délecte rapidement sans mot dire, préférant profiter de l’instant. C’était la première fois depuis son engagement au sein de la Marine qu’il buvait du café. Il s’était juré toute sa vie, de ne boire que le café de sa mère et éventuellement de sa future épouse. C’était un moment qui lui mettrait presque les larmes aux yeux, mais maman n’a pas élevé un garçon faible. Il observe la chambre à coucher ou il séjournait autrefois, un homme âgé en sort et salue la famille avant de quitter l’appartement.

« Qui est cet homme, et que fait-il dans ma chambre ? »

Mama prends un air désolé et frotte ses mains, comme si elle s’apprêtait à donner une mauvaise nouvelle.

« Tu sais… J’ai dû louer ta chambre. Ton père s’est mis à dos la famille Venici. Il a contracté une importante dette aux jeux, pour pouvoir se payer de l’alcool et … Les temps sont difficiles sur Manshon depuis que la Marine… Tu sais… »

« Je refuse d’entendre ça Mama. Tu me dégages ce type presto ! Je vais aller voir Leopold Filipe Venici et parler de la dette de papa. On va trouver un arrangement ! »

« Sinon,  tu peux aller voir Monsieur Castello sur le port. Ton père travaillé pour lui, tu pourrais rembourser de manière honnête.  Promets-moi que tu vas lui parler.»

« Ok Mama. J’irai le voir. Je sors, je vais chercher une solution en ville. Quand je reviens ce soir, je veux un osso bucco dont tu es la seule à avoir le secret ! »



Mama esquisse un large sourire avant de refermer la porte derrière lui. Vito enrage intérieurement, son père, même dans l’au-delà, parvient encore à le tourmenter par le biais de ses dettes frauduleuses. Se mettre à dos les Venici ? Vraiment, il n’avait pas trouvé pire ? Vito arpente les rues sans aucune conviction, persuadée de perdre son temps. Et si Mama avait raison ? S’il devait aller voir Monsieur Castello pour obtenir un travail régulier ? Il se dit que la décision de sa mère est la meilleure, aussi, il change d’itinéraire pour rejoindre le port de Manshon.
Au détour d’une rue, il entend des cris et ce qui ressemble à s’y méprendre à une altercation. Il se cache derrière une poubelle pour observer la scène, deux hommes et une femme sont debout tandis qu’il regarde un homme au sol. Se décidant à agir, il se ravise, il est sur Manshon, s’il intervient, il risque de se mettre à dos une famille ou pire se faire tuer dans l’ignorance la plus totale. Il décide de reprendre sa route avant d’entendre la voix féminine.

« Don Carbopizza te salue. »

Un coup de feu retenti dans la rue, quelques soldats de la Marine postés non loin, entendent le coup de feu et viennent voir ce qu’il se passe, il découvre un homme mort au sol avant d’observer les trois protagonistes, puis ils détournent le regard et font comme s’ils n’avaient rien vu. C’était un pouvoir que seuls les Tempiestas pouvaient acheter à cette époque. Observant la scène, Vito se dirige vers la femme.

« Farore ? »

La belle cendrée se retourne et intime l’ordre aux deux hommes de prendre le corps et de partir, elle passe un chiffon sur son six coups avant de le ranger, elle adresse un regard fuyant et furtif à Vito, l’estimant peu.

« Tiens. Un soldat de la Marine qui vient porter secourt à une victime ? Ou un soldat de la Marine qui préfère bombarder son île natale peut-être ? »

« C’est bon… T’avais raison j’ai merdé… »

« Ravie de l’entendre. Et ? »

« Et…Je… Je cherche du boulot. »

« Donnes moi mon argent. »

« Quoi ? »

« Donnes moi mon argent ! »

« De quoi tu parles bordel ? »

« J’ai parié que tu reviendrais la queue entre les jambes. C’est fait. »

Vito pousse un long soupir, il détestait Farore sur point, elle excelle dans les jeux psychologiques, elle a se pouvoir sur vous, elle est capable de vous faire ressentir du remord et de la culpabilité à son égard avant même que vous ne puissiez comprendre qu’elle vous piège peu à peu. Elle tourne dès lors les talons pour retourner à ses affaires, Vito lui court après non sans mal pour tenter de discuter avec.

« Ecoute, c’est le père… Il a merdé grave. »

« Je sais, j’ai déjà dépanné financièrement ta mère. »

« Tu as qu… Euh… Merci. »

« Je l’ai pas fait pour toi. »

« Ok ! Bon ! J’ai merdé, je veux me racheter. T’es passé quoi ? Capo ou Lieutenant des Tempiestas, tu dois bien pouvoir me dégoté un boulot non ? »

« Non. Pas envie. »

« Putain Farore ! Tu veux quoi de plus ? Je t’ai demandé pardon, j’ai admis avoir commis des erreurs, je suis là presque à genoux devant toi. Tu sais comme moi que les Venici ne plaisantent pas avec le pognon. Tu crois qui va se passer quoi ?! D’abord ils vont me buter, et s’ils me font que ça je m’en sors bien. Puis ils vont s’occuper de Mama et de Valentina ! »

Farore s’arrête net, elle se retourne, le visage cramoisi et elle assène une claque magistrale à Vito, ce dernier titube sans comprendre, il hausse les épaules en signe d’interrogations.

« C’est la dernière fois que je t’entends faire la pleureuse Vito ! Tu me montres encore un signe de faiblesse comme ça et je te descends t’as compris ?! Tu veux du boulot ? J’en ai ! Mais va falloir montrer que t’en as. C’est la merde Manshon. La Marine donne des coupons de rationnement. Une fois par semaine, on peut aller se servir avec ça sur leur programme alimentaire. Y a une loge dans le centre-ville ou sont stockés les coupons. Tu vas là-bas. Tu prends les coupons. Tu les revends le double. Tu me files le pognon, j’irai voir un Lieutenant Tempiesta pour t’introduire et là on discute business, pas avant. »

Vito pousse un soupir si long qu’il a l’impression de ne plus avoir d’air dans les poumons. Le revoilà replonger au cœur du crime, s’exposant contre son ancien employeur. Il hoche la tête en guise d’approbation et tourne les talons. Il ne le sait pas encore, mais ce jour froid et morose marque un tournant dans sa vie, c’est la dernière fois qu’il verra sa mère.
Vito se perd dans un flux perpétuel de pensées, il est assaillit par les doutes et la peur, et s’il ne savait plus comment faire ? S’il était incapable de commettre à nouveaux des méfaits ? Non, il ne pouvait décemment pas réfléchir de cette manière. Valentina et Mama comptent sur lui. Il se dirige dans le centre avant de passé devant la fameuse loge de distribution, il s’assoit sur un banc avec un journal et tout en faisant mine de lire ce dernier, il observe avec la plus grande attention les lieux. Les gardes sont distraits, et ne semble pas prompt à l’affrontement ni à faire leur travail comme ils le devraient. Vito se lève, journal en main et interpelle les deux gardes, deux soldats de la marne bien bâtis.

« Bonjour Messieurs. J’ai entendu des cris dans la ruelle qui fait la jonction sur l’impasse des pendus. Peut-être qu’il y a un souci, de plus il me semble avoir vu une patrouille de la Marine y entrée. »

Jouer sur l’esprit de camaraderie, voilà qui devrait faire bouger les deux molosses. Les soldats remercient Vito avant de partir en courant vers la ruelle. Sans prendre le temps de se masquer ou d’attendre, Vito assène un coup de coude magistral dans la fenêtre de la porte et ouvre cette dernière avant de se servir dans la boite de coupon, il ressort moins d’une minute après l’air de rien en réajustant son Fedora.  

Le bon sens lui intime de parcourir la moitié de la ville avant de se mettre à interpeller des gens pour tenter de revendre les coupons. Les premières ventes sont un succès, il empoche rapidement l’argent qu’il range précautionneusement dans son imperméable.

« Hey. Paraît que tu vends des coupons à un bon prix. Je peux en avoir ? »


Il pose son regard sur l’individu qui l’apostrophe, un homme banal, sûrement un docker au vue de son accoutrement et de son odeur de poisson. Une odeur qui lui rappel son paternel. Un sentiment de rage lui fait comprendre qu’il ne devrait rien vendre à cet individu, mais l’appât du gain est trop important.

« Bien sûr, ça fait mille par coupon. T’en veux combien ? »

« Tout ton stock. Les mains sur la tête. »

L’homme sort un pistolet et des menottes, deux autres hommes vêtus d’uniformes de la Marine se pressent pour encercler Vito. Ce dernier ferme les yeux, conscient de son erreur. Il est mis au sol et menotter avant d’être conduit à la base de la Marine. Il reste quelques heures dans une cellule provisoire où il prend le temps de réfléchir, l’avenir se montre très incertain pour lui. Il est aussitôt conduit deux bâtiments plus loin pour une comparution immédiate.

« L’honorable juge Maccallan décrète que Vito Picollin est condamné à sept ans de prisons pour : Vente de coupons illégales, association de malfaiteur. »

Un procès expédié par une peine planché, Vito est envoyé en prison sur île de North Blue, il disparaît des radars de la ville laissant Mama et Valentina seules face à la menace Venici. Il enrage, il explose de colère, hurle à la mort, et pleure en se recroquevillant sur lui-même. Tout ça à cause de son père.

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Manshon – 1628 :

Le bateau accoste avec difficulté, une imposante couche de glace s’est formée sur l’ensemble du port qui est devenu impropre à la navigation. Pourtant, quelque chose à changer ici, les lieux sont en pleines reconstructions. Vito a pris quelques rides, mais son état physique s’est amélioré et sa santé aussi, on peut dire ce qu’on veut des prisons, si vous êtes un soldat de la Marine vous avez tout de même un traitement de faveur. Mais ce qu’il ne comprend toujours pas, c’est l’allégement de sa peine.
La rampe s’installe dans un fracas assourdissant, soulevant une épaisse quantité de neige, un nuage épais  de poudreuse se forme et embrume le port. Vito descend prudemment avant de tomber nez à nez avec une femme aux cheveux blanc. Il comprend immédiatement qu’il s’agit de Farore et qu’elle n’est sûrement pas étrangère au fait qu’il soit déjà libre.

« Mama est morte. Je suis désolée. »

Vito se frotte le visage, il avait eu ce ressentiment en prison mais n’avait pas voulu s’avoué la vérité. Il manque de pleurer avant de se rappeler ce que lui avait dit Farore quelques années plutôt. Il devait rester fier et implacable.

« Comment ? »

« Une mauvaise grippe. Rien à voir avec tes dettes. Elles sont d’ailleurs effacées. »

« Les dettes de mon père. »

« Les dettes de ton père, oui. »

Le nuage neigeux se dissipe, laissant les deux protagonistes bien s’observer.

« Je suis désolé pour la prison. J’ai mené mon enquête. Les Tempiestas étaient dans le collimateur de la Marine, ils n’ont plus le même pouvoir qu’avant. Ils ne voulaient pas qu’on puisse remonter jusqu’à eux, alors quand j’ai parlé au Lieutenant du petit trafic. Il t’a balancé à la Marine. »

« Je vois. Et maintenant ? »

« Tu vois rien du tout Vito. »

Farore soupire avant de s’avancer en direction des docks, Vito lui emboite le pas tout observant la multitude de changement dans le port. Que pouvait-il bien se passer ici ? C’était une question qui taraudait l’homme tout juste sorti de prison.

« Qui a payé ma dette auprès des Venici ? Toi ? »

« Non, la famille Melmanshon. »

« Melmanshon ? C’est quoi ça ?! Elle existe depuis quand cette famille ? »


« Un petit moment, elle dirige le syndicat portuaire du Récif noir. Ils sont à l’origine de la disparition prématurée de Leopold Filipe Venici, enfin du moins c’est ce qu’on pense. »

« Quoi ?! Venici est mort ?! »

« Oui, mais le reste de sa famille est bien remonté. Y a toujours Alberto, tu sais, le « cousin Alberto » celui qui a donné l’argent à ton père. »

Vito hoche la tête, déçu de ne pas savoir Alberto mort. Farore lui intime d’entrer dans un bar, un bar contrôlé par la famille Melmanshon, ils s’assoient tous deux au comptoir avant que Farore ne commande les bières et n’engage davantage la discussion.

« Tu dois avoir un milliard de questions. Je vais répondre à une que tu dois te poser, du moins je l’espère car c’est limite insultant sinon. Fernando Martico, lui tu le connais, cherche un rapprochement avec Melmanshon pour nouer une alliance. Je travaille pour Melmanshon, et il me devait un service… Martico et mo, nous sommes parvenus à t’obtenir une réduction de peine. Ce qui explique ta libération prématurée. Maintenant… Tu vas devoir rembourser ça. Bon, j’ai préparé une petite soirée qui devrait te plaire ok ? Alors d’abord… »


La porte claque, un homme entre dans le bar en hurlant, les cheveux grisonnants, la corpulence moyenne et un accent à couper au couteau.

« Que tout le monde dégage de ce putain de bar ! Je veux voir personne ! »

Vito commence à rassembler ses affaires et enfiler sa veste avant que l’homme hurlant le ravise.

« Toi tu restes à côté de la poupée et tu la fermes ! »

Vito s’assoit avec un large sourire, préférant rire de la situation. Ce qui n’échappe pas à l’homme qui place son visage tout prêt du sien.

« Y a quelque chose qui te fait marrer ? »

Le visage cramoisi de l’individu ne respire pas la tranquillité et sa tension électrise l’ensemble du bar, les derniers badauds quittent les lieux en courant, tous connaissent cet homme ici et ses accès e colère parfois violent, voire très violent.

« Non monsieur je… »

Farore regarde ses chaussures l’air grave, ne voulant en aucun cas croisé le regard de Vito ou celui de l’individu inconnu.

« Pourtant t’avais un grand sourire de clown. Y a quoi ?! »

« Je vous trouves marrant Monsieur. »

« Tu me trouves marrant ?! Moi ? Enzo Scarpa ? Bras droit de Melmanshon ? Tu me trouves marrant ? T’entends ça Farore ? Il me trouve marrant ! »

« Oui Monsieur Scarpa, j’ai entendu. Vito ne vous connais pas Monsieur Scarpa. »

Scarpa se met à rire à ne plus en pouvoir, Farore l’accompagne en mettant une tape amicale à Vito, qui commence à rire nerveusement lui aussi. Scarpa s’arrête net et plonge son regard saisissant dans celui de Vito.

« Je te fais marrer ?! »

Vito s’arrête à son tour et devient livide, mais Scarpa lui administre une tape dans le dos avant de lui tendre la main droite.

« Je plaisante Vito ! Je suis Enzo Scarpa, Farore m’a beaucoup parlé de toi. Parait que tu cherches à te remettre en selle hein ? »

Vito souffle un long moment, laissant ce moment de tension s’échapper. Si la scène peut paraitre ridicule, sur Manshon elle ne l’est pas, on peut prendre une balle pour moins que ça. Vito se ressaisit et analyse la situation qui soulève une kyrielle de questionnements. Pourquoi Farore n’est plus chez les Tempiestas ? Pourquoi et comment les Melmanshons, sortis de nulle part, sont parvenus à prendre le contrôle du port Venici ? Des interrogations encore et toujours plus. La soirée avance, l’alcool coule à flot dans ce bar où les seuls clients ne sont autre que le trio infernal. Farore et Enzo bien trop ivres décident de rentrer. Mais Enzo signale qu’il  a un cadavre dans le frigo du bar et qu’il faut s’en débarrasser rapidement. Conscient que ses comparses sont dans l’incapacité de le faire, Vito se charge de prendre le cadavre dont ne sait qui et de le jeter à la mer, le port le recrachera peut-être plus loin mais ce n’était pas son problème.

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***

Le lendemain matin, Farore réveille Vito qui avait eu l’immense privilège de dormir dans le manoir délabré des Corsandre. Cette dernière lui exhorte de se préparer au plus vite, car les affaires n’attendent pas. Enzo a demandé à Farore de vendre des cigarettes de contrebande sur la place du port, lieu on ne peut plus protéger par l’influence Melmanshon. La vente se passe sans encombre bien que Vito ne comprenne pas l’intérêt de vendre des cigarettes.

« Je t’ai dit Vito… On manque de tout depuis le blocus. Ce qui est normal sur certaines îles ne l’est pas ici et inversement. »  

Le duo contrebandier décide cette fois-ci de déplacer les stocks à bord d’un chariot pour rejoindre le centre-ville. Les ventes se passent sans encombre et le duo se mets à discuter tout en vendant la marchandise.

« C’est tendu du coup entre les familles avec cette prise de pouvoir inopinée ? »

Farore devait désormais sortir son lus grand jeu d’actrice, mentir sur bien des événements pour tenter de garder le plus longtemps possible son anonymat pour une bonne raison : préparer davantage son plan, elle répond donc.

« T’as pas idée. La tension est montée d’un cran. Le comptable Tempiesta s’est fait buté dans un casino, autant dire que si tu touches au pognon des Tempiestas, tu les touches au cœur. Personne ne sait qui a fait le coup, du coup toutes les familles se méfient. Ajoute à ça la prise de pouvoir et le massacre Venici t’obtient… Une putain de tension permanente… »

Vito n’était pas au courant de la plupart des événements, mais entendre que quelqu’un était assez stupide pour s’en prendre aux Tempiestas montre à quel point la Marine avait fragilisé les positions mafieuses de Manshon. Les ventes se poursuivent avant qu’une dizaine d’hommes ne s’approche du chariot.

« Tiens, tiens, tiens ! Mais que voilà ! Ce n’est pas notre midinette de Farore qui vend des clopes sur le territoire Tempiestas ? Tu as cru que tu bossais encore avec nous hein ? »


« C’est bon… On se barre les gars inutiles de faire des trucs qu’ont pourraient tous regretter hein. »


« Non c’est pas bon Corsandre. On va s’occuper de ta marchandise. »

Plusieurs hommes grimpent sur le chariot, plaçant des chiffons çà et là avant d’y mettre le feu. Les Tempiestas partent sans faire d’esclandre supplémentaire. Farore arbore une moue tendue.

« On est dans la merde. Si on ne ramène pas son fric à Enzo on est mal… T’as une idée de comment faire ? »

Vito se gratte le visage, faisant mine de réfléchir, le voilà à nouveau dans un guêpier sans nom. Un braquage de bijouterie encore ? Non la situation de l’île ne permettrait pas cette faste folie. Un adolescent se présente devant eux, arborant un large sourire.

« Salut Farore ! Salut Vito, ça fait plaisir de te revoir ! »

« Marty ? Le petit Marty ? Wow ! T’as grandi, je m’attendais pas à ça ! »

Le petit Marty n’était autre que le voisin de Viot, un gosse des rues qui devait à peine avoir seize ans. Il était réputé pour être un récolteur d’informations et un voleur hors pair. S’il était ici, ce n’était pas sans raison et il allait démontrer toute l’étendue de sa réputation.

« J’ai tout vu ça craint pour vous… Je pense que vous allez devoir taper dans vos portes-feuilles pour rembourser Enzo non ? Ou alors… »

Farore croise les bras et s’impatiente, elle sait d’ores et déjà que Marty a un plan. Comment ? Car Marty voue une sainte horreur à la famille Tempiesta. La cause ? La mort de son cousin dans un règlement de compte l’an dernier. Aussi, Marty ne peut que sauter sur l’occasion de recruter deux hommes de mains supplémentaires pour la réalisation de son coup.

« Pas très loin d’ici, il y a un bar. Hier soir, ils ont fait des paris sur des combats au sol. Le bar est encore plein a craqué d’oseilles bien frais. On y va, on règle les comptes. J’ai déjà l’équipement qui faut, le seul élément qu’on doit garder c’est la surprise ! »

Farore et Vito échange un regard tout en observant le clocher, il ne leur reste que quelques heures avant de devoir payer Enzo et s’ils n’ont rien ils courent droit à la catastrophe et au mieux, ils se retrouveront au chômage. Farore hoche la tête de concert avec Enzo. Marty ouvre la marche avec un sourire qui pourrait bien lui décoller les oreilles.
Arrivé devant le bar, Marty ouvre son large imperméable et en sort une mitrailleuse équipée d’un chargeur camembert, il ouvre le feu en pleine rue en laissant les impacts de balles s’écraser sur le lieu de divertissements, plusieurs Tempiestas tombent au so. Farore et Vito échange un regard inquiet, ils n’avaient sûrement pas compris que Marty voulait s’en prendre directement aux Tempiestas. Vito entre dans le bar tandis que Farore enflamme ses jambes pour distribué une volée de coups à l’adversité. Vito entre dans l’arrière-boutique ou l’argent repose à même une table. Quand vous êtes Tempiestas, vous n’avez pas besoin de coffre-fort, votre nom suffit, mais quand votre nom chancèle… De nouveaux coups de feu se font entendre cette fois-ci, ils proviennent de dehors, une équipe de mafiosi ennemis tente de fuir vers la fonderie. Farore et Vito sont parfaitement conscients qu’il ne faut laisser aucun témoin, ou les Tempiestas viendront régler leur compte très rapidement, Vito ne peut s’empêcher de penser à Valentina, sa sœur. Il n’était même pas allé la visiter.

Marty parvient à abattre quelques ennemis tandis que Farore et Vito entre dans la fonderie pour tenter de s’emparer du reliquat. Vito, sans arme, se sert sur un cadavre, s’armant ainsi d’un six coup, dans lequel il ne reste que quatre cartouches, il devrait compter sur Farore ce coup-ci. De son côté Marty essaie de remettre en ordre de tir sa mitrailleuse enrayée.

Grâce à son passé au sein de la Marine, Vito administre quatre cartouches pour quatre soldat adverses, les laissant ainsi baigner dans leur propres sang. Farore maîtrise le dernier, le laisse au sol avant de rediriger un chaudron de métal en fusion au-dessus de la tête de l’homme de main.

« Tu as le bonjour de Don Melmanshon ! »

Elle verse l’intégralité du métal chaud sur le visage de l’homme de main qui hurle le martyr avant de ne plus bouger. Il fallait un meurtre violent pour que les Tempiestas aient le message, leur faire comprendre qu’ils n’étaient plus les maîtres incontestés de Manshon.



Dernière édition par Farore S. Corsandre le Mar 20 Sep - 15:55, édité 1 fois
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Chapitre deux: Medi Veni Venici

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L’air est électrique sur Manshon et la nouvelle à fait le tour de toutes les familles. Les Tempiestas ont été attaqués de front de façon violente. C’était la première fois depuis bien longtemps que l’autorité Tempiesta était remise en cause, pas de témoins, ni de survivants pour dire qui avait bien pu faire le coup. Le comptable était mort de la même manière, et là déjà, la tension était montée d’un cran. Quelques jours après ce terrible règlement de compte, Vito et Farore sont convoqués au bar du Récif Noir, aucune raison n’est invoquée et l’un comme l’autre craigne qu’il ne s’agisse d’une punition, qu’on ait pu remonter jusqu’à eux.

Farore entre la première, le bar est vide, il est très tôt, elle peut apercevoir Enzo Scarpa et son patron : Jean-Luc Melmanshon. Melmanshon doit à Farore et ce dernier ne prendrait aucunement le risque de dévoiler qu’elle est à la tête du plan qui a fait taire Leopold Filipe Venici à tout jamais. Vito entre à son tour et presque simultanément, Enzo les invite à s’assoir sur la banquette en face d’eux. Un lourd silence s’installe dès lors, offrant quelques secondes à Vito pour allumer sa cigarette tandis qu’Enzo fait de même avec un cigare épais comme un barreau de chaise.

« Je suis Jean-Luc Melmanshon. Ravi de te rencontrer Vito. J’ai entendu par le biais de Farore et d’Enzo, bien des choses à ton sujet. Quel est ton avis sur la famille Venici ? »

Farore plonge son regard dans celui d’Enzo tandis que Vito s’apprête à répondre tout en dégageant de la cendre de sa cigarette.

« Et bien pour parler tout à fait franchement Monsieur… Si je pouvais les rayer de la carte ça m’arrangerait pas mal. Leopold est déjà mort de ce que j’ai compris… Mais ce fumier d’Alberto à endetter ma famille jusqu’au cou. S’il n’avait jamais été là… Je n’aurai pas perdu de temps en prison en fait. »

Le parrain hoche la tête, tout comme Enzo, Farore reste impassible, préférant écouter la conversation et tenter de connaître la réelle raison de leur convocation au sein du Récif Noir.

« Je reviendrai bientôt vous voir les deux. En attendant, Enzo a un travail pour vous. »

Melmanshon se lève, faisant tout pour ne pas croiser le regard de Farore, il ne fallait trahir aucun signe de leur alliance, il ne fallait sous aucun prétexte savoir qu’ils s’étaient acoquiner. Enzo retourne au centre de la banquette avant de se verser un verre d’eau et de reposer la carafe négligemment.

« Bon, on va aller au but. Si je vous fais venir ici c’est qu’on a un pépin. Et vu que vous semblez pas mal gérer et que vous voulez faire vos preuves, je vous offre une chance. Si vous réussissiez, vous ferez partie intégrante de la famille. Les Venici ont pas trop aimé qu’on choppe le port, ils nous accusent presque de la disparition de Leopold. C’est une putain d’Omerta qui se prépare… Le boss est en train de préparer les détails mais on va s’occuper des Venici. On pense qu’ils ont déjà commencé à nous mettre des bâtons dans les roues. Alessio Bonara, l’un de nos lieutenants a disparu. Ses deux capos aussi d’ailleurs, Tony "Bulls" et Frankie "Le Luveneelien". J’ai aucune idée d’où ils peuvent être, mais faut absolument retrouver nos gars ok ? J’ai qu’une seule piste à vous filez : Luca Brazi. C’est un des hommes de main de ce groupe, et il est le seul à ne pas s’être fait buté ou à avoir disparu, et personnellement sa gueule ne me revient pas depuis le départ. A vous de voir comment vous voulez là jouer, moi, je veux mes gars vivants. »

Il se lève tout en écrasant son cigare à même la table puis quitte l’établissement laissant Farore et Vito seuls devant l’épineuse situation.

« Bon… »

« Bon quoi ? »

« Bon, on fait comment ? »

« On va voir Luca et on lui fait cracher le morceau. »

« Et si on attendait plutôt ? »

« T’as entendu Enzo, c’est une question de temps, les gars vont se faire dessouder en cinq set. »

« Je veux dire, Luca va bien venir ici prendre du travail, on l’attends, on le suit et note tout ce qui a de suspect. »

« Ou tu lui tires dans les rotules. Il pourra plus faire de claquette. »

Farore et Vito se lève et se mettent à une distance raisonnable du port pour pouvoir observer avec clarté l’arrivée tardive de Luca Brazi.

« Il est en retard. Bizzare. »

Vito quant à lui, préfère ne rien dire et observe la scène il ne décèle aucun mouvement ou acte suspect, mais son instincts de limier de la Marine lui intime l’ordre de prendre en filature Luca. Farore tempête contre lui mais se résigne à utiliser la technique de Vito, après tout, on ne l’appelle pas Vito les bons tuyaux pour rien. Après plus d’une heure à suivre Luca, Farore et Vito parviennent  près de l’abattoir de Manshon. Contrairement à ce qu’on peut croire, il ne s’agit pas d’un abbatoir pour animaux, mais un surnom donné à ce lieu désaffecté ou la plupart des familles règlent leurs différends. Aucun doute possible, s’il vient ici c’est pour une bonne raison.

« Il ne sort pas son arme, il est attendu ici. »

Vito observe davantage les lieux, rien de laisse transparaître que les soldats retenus soient ici, mais Farore le pousse pour en voir davantage et les deux comparses se dirigent dès lors dans les lugubres bâtiments. Ils se cachent derrière une épaisse caisse depuis laquelle ils peuvent apercevoir Luca et un autre homme discuté. Il y a un homme accroché par l’omoplate dans un crochet de boucher, ses pieds ne touchent plus le sol. Deux autres hommes sont attachés solidement sur des chaises et semblent se débattre. Aucun doute possible désormais.

« T’as déjà tué Frankie ? T’as pas trainé… »

« C’est ma technique. Je tue toujours la forte tête en premier pour plomber le moral des autres haha. »

« Bon, c’est quoi la suite ? Alberto a parlé ? »

« Non, Monsieur Venici n’a encore rien dit. Il m’a juste dit de tuer ces gars et ce que j’allais faire. Et tu… »


Farore passe à travers la caisse, le bois humide est moisi n’avait pas résisté sous son poids, la faisant plonger vers l’avant. Sans réfléchir, Vito sort son arme et ouvre le feu en direction des Venici. Luca riposte en quasi simultané. Il faut quelques instants à Farore pour se relevé et courir en direction du boucher Avant de lui administré quelques séries de coups de pied. Tony « Bulls » parvient à desserrer ses liens et fonce tête baissé sur Luca Brazi.
Farore tente tant bien que mal de garder l’avantage dans ce duel endiablé, mais la vitesse de son ennemi, sa précision, ses feintes font qu’il obtient rapidement le dessus sur la jeune femme. Il propulse un puissant coup de pied qui fait voler Farore contre un poteau, la laissant au sol dans un fracas effrayant. Tony maitrise non sans ma Luca, Vito se positionne au-dessus d’eux et mobilise des trésors de concentration pour parfaire sa visée avant de presser la gâchette, Luca s’écroule au sol. Ni une, ni deux, Tony libère son camarade avant de sauter sur le dernier Venici.  Farore se relève dans la douleur et retourne au combat, l’assaillant subit des assauts de tous les côtés et se retrouve rapidement au sol avant que Tony ne vide un chargeur complet dans son abdomen.

« Putain ! Si vous n’étiez pas venu on était cuit… »

« C’est Enzo qui nous envoi… »

« Ouais bah… Faut qu’on parle à Enzo justement, on a choppé des infos, les Venici sont vraiment furax et bien chaud pour reprendre le port. Ça risque de jasé rapidement. Faut pas perdre de temps, on va prendre le corps de Frankie et faire le topo à Enzo. Vous pouvez rester là un moment et nous raccompagner ? C’est plus sûr. »

« Ouais bien sûr. »

La famille Melmanshon s’organise et se remet péniblement avant de reprendre la route pour les docks. Il faut absolument livrer les informations afin que Melmanshon se prépare à la guerre, car les Venici ne compte pas mourir sans coup férir. Quelques heures plus tard, le petit groupe se retrouve au Récif Noir, les blessés sont pris en charge par un docteur grassement payé pour son silence et ces bons soins. Melmanshon arrive à son tour, observant la situation et constatant le décès de Frankie, Farore et Vito, eux, sont accoudés au bar et profite d’un repos bien mérité. Melmanshon s’adresse dès lors à Enzo.

« Rassemble toute la famille. »

En quelques heures seulement, des dizaines d’individus se pressent dans le bar du Récif Noir, sans trop savoir. Fernando Martico et son consigliere se joigne aussi à la partie, non sans raison mais ils ne peuvent tous deux pas dévoiler leurs atouts immédiatement. Melmanshon rassemble l’ensemble des gens autour d’un verre avant de lever le sien.

« Messieurs, Mesdames… L’heure est grave. Les Venici tentent de tous leurs possibles de nous mettre à mal. La mort de Filipe Venici n’a pas suffi. Ils veulent reprendre le port et y détruire ce que nous avons bâtis. Nous ne pouvons laisser ça se faire impunément. Aussi… Aussi, sur recommandation de Tony Bulls, nous allons intégrer à la famille Vito Picollini et Farore Corsandre.  Un homme sage a dit un jour. On obtient plus avec un revoler et un gentil mot qu’un gentil mot tout seul. Il est temps de montré nos valeurs familiales, il est temps de faire comprendre l’importance du syndicat ! Il faut parfois gagner en silence et laisser croire qu’on perds. Santé ! »

L’ensemble de la famille se délecte de son breuvage avant de vaquer à ses occupations, Martio quant à lui, s’approche de Melmanshon, Farore tend l’oreille.

« Je pense qu’on va parvenir à notre accord avec vous Jean-Luc. Mais je dois d’abord vérifié que vous ne vendez pas de drogue. Je déteste ça et c’est un marché sale et rebutant. Je vais vous fournir quelques moyens pour en finir avec les Venicis. Je compte sur votre discrétion. »

La soirée se termine, Vito salue Farore et Melmanshon qui sont désormais les seuls occupants du bar. Dès que le loquet de la porte cliquète, Farore saute sur Melmanshon et lui empoigne le cou, le mettant au sol, elle pose son arme sur sa tempe avec un air de chien enragé.

« Tu te fous de moi connard ! Je te place au sommet d’un syndicat et tu te prends maintenant pour un véritable chef de famille ?! Qui te permet de nouer des alliances comme ça dans mon dos avec Martico ? QUI ?! C’est moi qui suis à l’origine de la mort de Venici et tu crois que tu peux tout te permettre ? Ce que je donne, je peux aussi le reprendre ! »

Melmanshon suffoque et se débat tant bien que mal mais Farore est en position de supériorité, sa colère est mue par ce besoin irrépressible de satisfaire les besoins de son défunt père. Motivé par cette rage familiale, Farore laisse explosé son côté bestial.

« Ça ne se… Ça ne se reproduira plus Madame Corsandre ! »

Farore le relève et relâche la pression exercée avant de partir en colère. Le syndicaliste reprend ses esprits, il observe un long moment l’arrière-boutique, il avait cru entendre un bruit. Essoufflé, il rentre chez lui apeuré.





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Chapitre trois: Salade de phalanges Caesar

*
**
***




Ìle de Manshon, quelques jours plus tard.


Les deux laveurs de vitre s’avancent près du luxueux palace : Grand Hotel Villa Castagnola. Le magnifique hôtel appartient aux Tempiestas, c’est un lieu où la famille aime se reposer et organiser des affaires, la sécurité y est très stricte. Les laveurs présentent leurs papiers en règle et l’homme de main leur intime l’ordre de déposer leur chariot dans le sous-sol et d’emprunter les escaliers de service.

Vito et Farore, habillement déguisé, se mettent à tirer le chariot en direction du sous-terrain. Enzo et Melmanshon on étés clairs. Leurs informations ont permis de savoir qu’Alberto Venici, dernier représentant légitime de la famille, avait un important rendez-vous d’affaire dans l’hôtel. Il fallait mettre un terme à la vie d’Alberto et pour ça Farore t Vito avait un plan, faire sauter le lieu du rendez-vous. Le minuteur leur permettrait de partir bien avant qu’ils ne puissent se rendre compte de quoi que ce soit.
Le duo de choc est enfin en sécurité et à l’abri des regards, Vito en profite pour soulever la bâche afin de vérifier que la bombe soit bien en état et que sa mitrailleuse soit prête pour le repli. Au lieu de ça, il découvre Marty ! Le jeune homme s'est blotti et fait un simple signe de main pour manifester sa présence, le visage de Vito vire au cramoisi, il attrape le jeune homme et le place hors de la charrette.
« Tu fous quoi ici Marty bordel ?! »

« Bah, Enzo m’a dit que vous partiez sur un gros coup sur ordre du patron ! Alors je me suis dit que vous auriez besoin d’aide pour le boulot ! »

« Tu dégages fissa ! C’est trop dangereux ! »

« Attends, attends ! Je suis sûr que je peux être utile, on coupe la poire en deux ! Vous faites votre mission top secrète, moi, je garde la charrette. Y a pas mal de matos là-dedans. »

« Quand vous aurez fini de vous chamailler, on peut bosser ? »

Farore lève les yeux aux ciels avant de plonger sa main dans le liquide de nettoyage pour en ressortir la bombe fabriquée sur mesure par les hommes d’Enzo. Elle la dissimule sous sa blouse de travail et s’entraîne autour du chariot à avoir une démarche naturelle. Marty et Vito se mettent d’accord et le duo de lavage peut enfin commencer le nettoyage.

Ils empruntent les escaliers de service, il leur faut désormais trouver la salle de réception, par chance, Farore avait déjà été convié sur les lieux lorsqu’elle travaillait encore pour les Tempiestas, elle savait pertinemment qu’il fallait s’attendre à voir des gardes armés partout. Elle savait aussi que la pièce juxtaposée à la salle de conférence, était un petit bureau réservé pour les capos, qu’il est possible d’y entrer sans problème, elle poserait la bombe ici afin de garder un maximum de discrétion. Le souffle devrait être suffisamment puissant pour détruire la salle d’à côté.

Les voilà désormais dans l’un des couloirs principaux de l’hôtel, se dirigeant d’une démarche naturelle vers le lieu de leur méfait. Mais Farore administre une tape discrète à Vito avant de se plaquer contre le mur, réajustant sa casquette et inclinant la tête vers le bas en guise de respect. Sans comprendre immédiatement, Vito l’imite avant que plusieurs hommes ne passent devant eux.
L’un d’entre eux n’est ni plus ni moins que Manuel Tempiesta « Don Carbopizza » qui les observe longuement tout en passant devant eux. Le plan devient de cette manière bien plus compliquée, Farore et Vito ne feraient en aucun cas le poids contre la famille Tempiesta, il faut désormais redoubler de vigilance et d’astuce pour ne pas commettre de faux pas. Une fois que le cortège s’est éloigné, les mafieux reprennent la route en direction du bureau.
Farore ouvre sa blouse et dissimule sous le bureau la bombe avant d’armé le minuteur. En passant devant la salle de conférence, ils avaient pu voir le dispositif de sécurité important qui été déployé, confirmant ainsi la présence d’Alberto, mais avec qui pouvait-il avoir rendez-vous ? Si Enzo était parvenu à obtenir une partie des informations, certaines pièces du puzzle manquaient encore.

Farore règle la minuterie sur quinze minutes, c’est le temps qu’avait le mis les deux comparses pour rejoindre la salle, le chemin du retour devrait être similairement le même. Farore et Vito arpentent à nouveau le couloir, une fois au bout de ce dernier, il s’apprête à emprunter l’escalier, mais une onde de choc puissante les propulse dans un bruit assourdissant. Les oreilles se mettent à siffler, la vue est brouillée. Vito se relève péniblement, des décombres autour de lui, du feu, de la fumée, des corps lacérés et déchiquetés. Une fois debout, il aperçoit Alberto titubant, il s’empresse de relever Farore avant de sortir son six coup dissimulé.

« Là ! C’est Alberto ! Ce fumier respire encore ! »

Farore se relève à son tour et saute par-dessus les gravats et les corps pour tenter de poursuivre Alberto. Mais ce dernier mobilise la garde, aussi bien la sienne que celle des Tempiestas. Comment se fait-il qu’il puisse faire ça ? Les Venici et les Tempiestas sont en guerre froide depuis des années. Farore inquiète, se rue sur l’adversité, utilisant son Fire Hearth pour distribuer des salves de coups de pieds.

De son côté, Vito fait preuve de patience et de précision pour échanger des coups de feu avec ses ennemis. Il parvient tant bien que mal à abattre certains d’entre eux, mais le rechargement de son arme lui prend du temps, et il se retrouve de surcroît sous une pluie de balles. Farore tente de lui venir en aide, mais plusieurs molosses lui barrent la route. Le combat fait rage et le duo semble être de plus en plus séparé. Vito décide de tenter le tout pour le tout, s’ils restent trop longtemps ici, des renforts Tempiestas arriveront et ce sera la fin, d’autant plus que Don Carbopizza est présent ici. Il vise le lustre au-dessus de ses adversaires et décroche plusieurs tirs sur ce dernier, il se met à chancelé avant de tomber et de mettre l’adversité groggy. Farore profite de la situation pour poursuivre Alberto qui lui envoi quelques tirs au jugé. Il emprunte dès lors l’escalier de service tandis que Farore le talonne, suivi de près par Vito.

« Je suis Alberto Venici bande d’enfoirés ! Vous savez ce que vous faites ?! Vous savez avec qui je suis ?! »

Après cette courte déclaration, il ouvre le feu dans la cage d’escalier avant de rejoindre le sous-sol. Farore et Vito s’empressent de le poursuivre pour mettre un terme aux problèmes de la famille Melmanshon. Arrivé au sous-sol, Vito devient littéralement fou.

Marty est là, baignant dans son propre sang, l’adolescent a croisé la route d’Alberto et n’a pas pu riposter. Vito hurle à la mort, pleure, enrage, frappe le sol de ses poings qui deviennent rapidement en sang. Consciente du malheur de son ami, Farore fait le choix de l’ignorer pour poursuivre Alberto. La voilà désormais dehors, elle l’aperçoit partir vers le parc et lui emboite le pas le plus rapidement possible, elle tente même de couper en sautant par-dessus une haie parfaitement taillée. Désespéré, il lance son arme vide sur Farore, qui ne parvient pas à l’esquiver, elle reçoit l’arme en pleine poitrine, la faisant chanceler puis tomber. Elle peine à se relever et retourne courser son ennemi, sentant bien la naissance d’un point de côté. Mais Alberto fatigue aussi, il se positionne devant la fontaine et sort ses poings manshoniens, prêts à en découdre.
Farore arrive devant lui, bien déterminée à en finir une fois pour toutes avec la famille Venici qui lui avait donné tant de mal.

« C’est fini Alberto. Dans tous les cas, tu es mort. Alors mets-toi à genoux, je ferai ça rapidement. »

« Tu rêves pétasse ! T’es la petite à Alister Corsandre toi, non ? »

« Je suis Farore Corsandre oui. Et puisque c’est l’heure des révélations, j’ai fait tuer ton cousin. »

« Menteuse ! T’es une petite frappe de seconde zone. »

« Oui, je sais, ça fait quinze ans que j’entends ça. Et c’est la preuve que mon plan fonctionne. Ça fait quinze que je dénigre ma famille, que je dilapide l’argent, que je fais la bouffonne. Tout ça pour qu’on ne me voit pas arriver justement. Et pour le moment, personne ne me voit. Tu crois vraiment qu’un syndicaliste aussi simple que Melmanshon peut tirer les ficelles ? »


Le visage d’Alberto se crispe, ancien boxeur, il envoie une série de coups droits, de jabs, d’uppercuts, Farore n’est pas habitué à combattre avec les mains, sa défense est médiocre et elle encaisse la plupart des coups avec difficulté. Tout lui semble abstrait et elle se rend bien compte qu’elle est encore loin d’un niveau de combat satisfaisant. Savoir manipuler, manigancer, c’est une chose, se battre et mener une guerre en est une autre, elle ne fait pas le poids. Tant bien que mal, elle se ressaisit et parvient à placer une série de coup de pied, mais le boxeur maintient une garde impénétrable, il ne se laissera pas faire ! Il parvient sur le dernier coup à saisir la jambe de Farore, utilisant sa force, il propulse cette dernière dans la fontaine. Un nouveau défi commence, la voilà désormais limitée dans ses mouvements tant l’eau s’est infiltré dans la moindre parcelle de tissu de ses vêtements. Alourdie, elle sort péniblement de la fontaine, à peine pose t’elle le pied-à-terre qu’elle essuie une nouvelle volée de coups, elle commence à comprendre comment positionner sa garde et parvient de ce fait à encaisser plusieurs coups. Elle prépare sa jambe, l’enflamme le plus possible avant de parvenir à placer son coup dans le plexus d’Alberto.
L’homme est catapulté à son tour dans la fontaine, sa tête cogne le marbre et il semble hors de combat. Soulagée, Farore tombe de fatigue à genoux. Mais Alberto se relève.


« C’est fini cette fois gamine ! »


La seule chance de Farore est de se retourner et de lui faire face. Mais c'est comme regarder dans la tombe de votre amour, ou embrasser la bouche d'un pistolet, une balle tremblant dans son nid sombre, prête à vous faire sauter la tête. Alberto s’avance. Bien décidé à en finir. Une détonation retentit. Farore est persuadée d’être morte. Mais Alberto met un genou au sol. Elle regarde par-dessus son épaule, derrière elle. Vito est là, son canon est fumant, son visage est dur et fermé, il s’avance et vide son chargeur sur Alberto, il se positionne au-dessus de son corps, épris de frénésie, il ne cesse d’appuyer sur la détente, mais plus aucune balle ne vient.

L’héritière Corsandre se relève difficilement avant d’intimer doucement à son acolyte de s’assoir, ce qu’il fait tout se mettant à pleurer. Farore pendant cet instant, s’occupe de fouiller Alberto et découvre une lettre tâchée de sang, plus elle lit plus son visage se décompose. Alberto Venici venait tout juste de conclure une alliance avec Manuel Tempiesta. En tuant Alberto, elle venait de se mettre à dos l’ensemble de la famille Tempiesta. Consciente dans quel pétrin, elle vient de se fourrer, elle attrape par le bras Vito et fuit la zone afin d’éviter la moindre représaille.

Quelques jours plus tard – Bar du Récif Noir.

« Il est là ? »

« Oui, mais… Il a merdé. »

Farore hoche la tête, elle observe le sol et peut apercevoir le sang qui s’écoule le long du plancher vernis. Le barman habituel flotte dans son sang, la plupart des hommes de Melmanshon sont là. Vito est là, la tête reposant sur le goulot d’une bouteille. Farore s’approche de lui avant de saisir son arme et d’enclencher la sécurité. Elle s’assoit à côté de lui avant d’enlever la bouteille, la tête de Vito frappe violemment le comptoir en acajou avant qu’il ne se redresse.

« Quoi ? »

« T’as tué Jerry. »

« Hein ? »

« Je ne veux pas savoir ce qu’il s’est passé. Ok, la mort de Marty est dramatique, mais tu dois rebondir Vito. Tu ne peux pas devenir un problème pour la famille. »


Vito hoche bêtement la tête avant de se relever et de tituber vers la sortie, sous les yeux de tous les membres de la famille Melmanshon. Si Vito devait devenir un problème, il faudrait rapidement le mettre sur le banc de touche.




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Chapitre 4: Le pouvoir de l'amitié

*
**
***


Manoir Corsandre – Le Lendemain.

Vito se lève, la gueule de bois lui fracasse le visage au moindre faisceau lumineux ou bruit. Le goût amer et sec de sa bouche déclenche une insatiable soif, il se dirige vers la cuisine et avale presque cul-sec un litre d’eau. On frappe à la porte, Vito ne voyant ni Alfred – le majordome Corsandre – ni Farore ouvrir, se rend dans le hall d’entrée pour accueillir les visiteurs. Des visiteurs prestigieux, Fernando Martico, parrain de la famille Martico est ici avec son consigliere.

« Vous avez mis un sacré merdier ! »

Il enlève son épais manteau et l’accroche non loin, imité rapidement par son consigliere. Comprenant la raison de cette visite impromptue, Vito regagne ses esprits et feint l’innocence. Farore, vêtue d’une magnifique robe noire, se présente dans l’entrebâillement de ce qui fut autrefois une salle de réception extraordinaire.

« Que se passe-t-il ici ? Oh. Bonjour Don Martico. »

« Ce qu’il se passe ma chère Farore, c’est qu’un ordre a été donné hier ! Celui d’abattre Alberto Venici. Sauf qu’il était en lien avec ce cher Manuel Tempiesta et qu’ils ont conclu une alliance ! Tuer Alberto revient à déclarer la guerre aux Tempiestas. Alors je vous pose la question ! Qui a donné l’ordre et qui a tué Alberto ? Ne me mentez pas. »

Farore dodeline du chef, ses joues rougissent légèrement, elle observe non loin d’elle Vito qui ne semble pas être inquiet outre mesure. La présence même de Martico pouvait remettre en cause toute l’opération de Farore et sa quête de pouvoir.

« Écoutez Don Martico, je ne sais pas du tout quoi vous dire. Nous étions là hier toute la journée, car Vito ne se sentait pas… »


« Mon cul ! Il pue la vinasse à deux kilomètres, et je sais ce qu’il s’est passé hier soir. Mais le plus drôle, c’est que ce n’est pas moi qui vous aie grillé. Mais le patron des patrons en personne ! Manuel Tempiesta m’a contacté ce matin. Il m’a demandé si j’avais à voir quoi que ce soit dans cette histoire, j’ai nié en bloc. Mais il m’a affirmé avoir reconnu …. Farore S. Corsandre ! Alors ?! On fait quoi maintenant ? Bah je vais vous le dire moi, faut se préparer à ce qu’une tempête de merde nous déboule sur le groin. Si Don Carbopizza était prêt à faire une alliance avec les Venici, ses ennemis de toujours, c’est qu’il se prépare clairement à la guerre. Et la guerre, c’est mauvais pour les affaires, on a pu voir ça avec la Marine hein ! Asseyez-vous. Et où est ce bon vieux Alfred et ses cafés parfaits ? »

Martico avait pu par le passé côtoyer quelques fois le père de Farore qui était non seulement un parfait Lieutenant, mais aussi un homme mondain qui s’entendait bien avec toutes les familles. Il avait par ailleurs, servi un nombre incalculable de fois de médiateur dans bien des problèmes.
La petite troupe s’assoit tandis qu’Alfred s’affaire à la réalisation de ses précieux cafés, Vito avait d’ores et déjà décliné l’offre, il ne pouvait déroger à la règle de la mama. Mais l’entrevue est brusquement déragée par l’arrivée de Melmanshon et Enzo. Le chef de la famille lance un regard plein de défi à Farore avant de s’asseoir non loin de Martico après lui avoir adressé de chaleureuses salutations, à lui et son consigliere. Farore ne laisse rien transparaître, mais sa fureur ne cesse d’accroître intérieurement à l’égard de Melmanshon.

« Avec tout le respect que je vous dois Don Martico. Pourquoi vous intéresser à ma famille ? »

Fernando reçoit son café et s’en délecte avant de prendre un air grave.

« Bon, vous savez tous que l’île repose sur le pouvoir des septs familles ok ? Faisons un bref récapitulatif. Au sommet, il y a les Tempiestas. Après, il y a ma famille, les Martico, puis les Manicelli, les Grante. Ça fait quatre familles ok ? J’ai appris que le patron Bambana est mort quasiment en même temps que Leopold Venici. Du coup… Je ne peux pas voir une coïncidence là-dedans… Je pense que les Tempiestas essaient de relancer une guerre pour pouvoir placer des pions à la place des familles. Aussi, je viens vous voir en toute bonne foi afin de nouer une alliance, nous en avions déjà un peu parler Don Melmanshon, mais je voudrais officialiser ça… Et j’ai un présent. »


Bambana était donc mort ? Sans le chef à sa tête, éliminer le reliquat de la famille serait un jeu d’enfant pour Farore, elle devait attendre encore un peu, ne pas abattre ses cartes immédiatement.

« Un soir, j’ai accompagné Luca Bianco chez Leo Mazone et Luca racontait que Filipe Venici trempait dans des histoires plutôt louches et qu'il ne tirait pas toutes les ficelles. Je pense qu’Alberto Venici trempait lui-même dans le trafic de drogue alors qu'il sermonnait les autres, et tentait de monter Don Carbopizza contre le clan Melmanshon. On est tous d’accord pour dire que la drogue c’est pas un business acceptable ici, y a un certain honneur à avoir ! Merde quoi. Du coup, j’ai appris que Luca Bianco et Leo Mazone sont d'anciens Capo Venici qui avaient rejoint les Melmanshon le soir de la mort de Leopold Filipe Venici. C’est tout à leur honneur de changer de camp et de rester intègre dans le travail, je ne reproche pas ça, mais… Je sais qu’ils ont encore des contacts avec le peu de soldats Venici qui reste et j’ai l’impression qu’ils sont à l’intérieur du Récif noir pour le saper. Je propose naturellement mes services si vous donnez l’ordre Don Melmanshon ! »

Melmanshon hoche la tête, il se frotte les tempes un long moment comprenant que la confiance envers ses deux capos n’existait plus. Dans son coin, Vito encaisse la nouvelle avec amertume, Luca était déjà mort. Mais c’est un ami pour Vito, et ce dernier ne peut pas cautionner ouvertement un tel acte envers son ami. Il décide de poursuivre son écoute sans mot dire.

« Très bien. Pour sceller notre alliance Don Martico, je vous demande de vous occuper de Leo, définitivement. Farore va vous accompagner, elle sera garante de votre probité dans cette affaire. »

Le contingent se lève et tout le monde se dirige vers la sortie, personne n’a remarqué le départ de Vito aux toilettes pour s’échapper par la fenêtre. L’alcool lui rappelle les limites de son corps, et bien que ce dernier ne cesse de courir, il ne sait pas s’il arrivera à temps chez Leo pour le prévenir du coup qui se fomente à son encontre. Après une course effrénée, Vito frappe à la porte de Leo de toutes ses forces. Leo ouvre avec son arme, apercevant le visage de Vito il se ravise aussitôt.

« T’es complétement secoué de frapper à la porte comme ça ?! T’as la mort aux trousses ou quoi ?! »

Sans rien dire et sans invitation, Vito entre dans l’appartement et ferme la porte à double tour.

« Écoute-moi bien Leo ! Ils viennent te refroidir ! »

« Qui quoi ?! »

« Fernando Martico et Farore Corsandre. Ils sont en train de négocier une alliance avec Melmanshon et Martico a balancé ton nom en offrandre, il pense que t’es encore avec les Venici et que tu sapes le récif depuis l’intérieur. Fais vite une valise, on part sur le dock ! »

Leo s’allume une cigarette avec un air grave, rempli de mystère.

« Farore hein ? »

« Oui Farore, pourquoi ? »

« Bah… Tu sais, le soir ou Leopold Filipe Venici est mort… Je l’ai vu sur les quais. Et je l’ai suivi, elle s’est glissée chez Melmanshon qui n’était qu’un petit syndicaliste. Et le lendemain pouf ! Il est catapulté au Récif et Leopold est mort. Etrange hein ? »


Vito se redresse, son teint blafard vire au rouge, intrigué, il questionne.

« Ou tu veux en venir là ? »

« Je pense pas que Melmanshon est pas assez malin pour diriger le récif. C’est un syndicaliste de seconde zone, il n’a jamais trempé dans quoi que ce soit d’illégal, et le moindre de ses discours ou déclarations est écrite sur un papier. Je crois que… Enfin… T’as connu Allister Corsandre toi aussi... Ce n’est pas vraiment le genre de gars à se laisser faire, il était calculateur et s’il n’avait pas été malade on sait tous qu’il dirigerait une famille à cette heure. Je pense que Farore tire les ficelles… »

Leo tire sur sa cigarette le plus possible, avalant une large volute de fumée, quelques secondes après, il reprend.

« Du coup, vu que je suis curieux... J’ai creusé un peu plus le problème. J’ai surpris une conversation entre Farore et Melmanshon, deux en fait. La première parlait du réaménagement du port. L’apparence légale, les bateaux tout ça… Dans les profondeurs, ça parle de drogue, d’esclaves. La deuxième conversation, c’était au bar. Farore avait posé son arme sur la tempe de Melmanshon j’ai pas pu tout entendre… Mais elle parlait de Martico. »


Vito plonge sa tête dans ses mains, la trahison lui donne un goût amer dans la bouche et sa vision se trouble, comment avait-il pu être aussi naïf sur cette île ? Farore était-elle réellement au sommet de cette terrible chaîne ? Il n’osait pas y croire. Mais quelqu’un frappe à la porte, aucun doute possible, ça ne peut être que Fernando et Farore qui s’apprête à accomplir leur basse besogne. Vito pose son index sur sa bouche pour indiquer à Leo de se taire. Il se dirige vers l’armoire et noue rapidement les draps avant de les jeter par la fenêtre, Leo et Vito descendent rapidement. À cet instant précis Fernando, défonce la porte et cherche Leo dans l’appartement, arme en main. Farore entre à son tour, prenant le temps d’observer les lieux, elle regarde la fenêtre de la cuisine et aperçoit en contre-bas Leo et Vito. Il est trop tard pour les poursuivre et Farore préfère garder le silence pour cette fois.

« Il n'est pas là. »


« Ok on rentre. Il finira bien par apparaître. »





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Chapitre 5 : Sea, Dock and Marine

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Le souffle mordant du foehn s’abat sur Manshon et s’infiltre dans toutes les rues de la ville. Aucun doute possible, le vent réputé pour être le plus chaud, est porteur de pluie. Les premiers nuages déversent leurs pointillés sur le sol sec, tandis que les feuilles mortes rayent le trottoir.
Les docks s’endorment paisiblement, les derniers dockers rangent le matériel et les bars et restaurants se vident peu à peu pour offrir un répit bref et mérités à leur employer. Le calme semble imperturbable et la nuit grandissante engouffre les détails des rues pour pouvoir façonner à son image son propre monde. Rien ne semble pouvoir laisser cette nuit paisible désormais, les soldats Tempiestas font irruption dans le port, des cocktails Molotov sont lancés çà et là visant au hasard cibles civiles et soldats du Récif Noir. L’attaque est surprise, inattendue, plusieurs façades sont mitraillées et des exécutions sommaires ont lieu dans les rues.
Fernando Maritco et Jean-Luc Melmanshon sont dans le restaurant du Récif Noir pendant l’incident.

« Je suis sûr que c’est Luca qui a balancé aux Tempiestas ! Il a dû voir que Léo ne réapparaissait pas, il a cru qu’on l’a flingué ! Faut organiser nos défenses maintenant ! »


La nuit passe, la bataille est âpre, le chaos et la destruction se sont répandus dans le port comme une traînée de poudre. Une telle effusion de sang n’était pas survenue depuis le blocus de la Marine, rappelant de terribles souvenirs à la population. Marqué au fer rouge, l’incident est dans la mémoire collective de l’île, comme l’un des pires événements qui soit, l’animosité envers les Tempiestas n’en ait donc que plus grande. Manuel Tempiesta avait pris le soin de laisser un message sur la rade du port, plusieurs soldats du récif noir avaient été mis sur des croix, torse-nu, il y avait neuf corps au total, chacun d’entre eux portaient une lettre du nom « Tempiesta », un message clair.

Au petit matin, Farore qui avait pris congé au sein de son manoir, s’était rendu sur place. Elle avait été trahie, et elle devait remettre en question l’intégrité de ses plans. Si Leo avait été tué comme c’était prévu, ils auraient peut-être pu atteindre Luca et le réduire lui aussi au silence et les Tempiestas n’auraient jamais rien su. Mais la véritable question, celle qui hante l’esprit de la belle depuis le début de la matinée, c’est de savoir qui avait pu prévenir Leo ? On ne s’évapore pas comme ça, même à Manshon. Au sein de sa propre insatisfaction, Farore s’assoit à la terrasse d’un café mitraillé et se contente de boire un chocolat chaud pour tenter de réfléchir avec l’apport de magnésium. Et soudainement, en regardant sa mousse fondre peu à peu dans l’amas de lait chaud une idée survient.

Garnison de Manshon : quelques jours plus tard.

Les talons claquent au sol, le son frénétique fait résonner le couloir et de nombreux regards se déportent sur la silhouette plus qu’appréciable de Farore. Ici, elle n’était connue ni d’Eve ni d’Adam, bien entendu, la Marine avait quelques dossiers sur son père et son nom y figure, mais rien de plus. Un soldat, fusil en main, l’escorte solidement en direction d’un bureau auquel il frappe avant d’ouvrir la porte, d’un simple geste de main, il intime la civile à entrer.
Toujours dans cette démarche clinquante et motivée, Farore s’avance vers le pupitre en tendant sa main droite, l’officier de la Marine se lève et lui serre sa main avant de lui proposer de s’asseoir.

« Bonjour mademoiselle Corcandre. Crosandre pardon. Quel est l’objet de votre demande ? En vertu du code civil Article 8 Alinéa 4, je suis dans l’obligation de vous demander. »

Farore s’assoit, et se frotte les mains, elle est sur le point de jouer quitte ou double, mais la réputation d’Alec Kaloupalekis, Sous-Lieutenant de la Marine et bras droit du chef de la garnison de Manshon est bien connu des locaux de l’île. Et pour preuve, aussi longtemps qu’elle se souvienne elle à vue cet homme en poste ici.

« Je n’irai pas par quatre chemin Sous-Lieutenant. Je suis Farore S. Corsandre. Je suis la fille unique d’Allister Corsandre. Comme vous le savez, puisque vous l’aviez déjà une fois, mon père était un Lieuteant de la pègre locale, plus précisément dans la famille Tempiesta. Nous savons, vous comme moi, que votre intégrité et vos contradictions on empêcher toute progression au sein de la Marine. Aussi, je viens faire une offre. »

« Vous essayez de me corrompre dès votre première parole ? Car selon l’Article 17 Aliné… »

« Je vous coupe immédiatement Sous-Lieutenant. Je ne viens pas vous corrompre. Je viens livrer des informations dans mon rôle de citoyen modèle. »

L’officier s’enfonce plus profondément dans son fauteuil, sa curiosité est désormais en éveil, Farore a su captiver le représentant des forces de l’ordre.

« Une guerre se prépare Monsieur. Il y aura des morts. Beaucoup de morts. Le chef de la famille Bambana et Venici ont déjà reçu leurs sentences. J’ai appris grâce à des contacts de mon père, que c’est un coup des Tempiestas. Et maintenant, ils visent les docks, ils visent les autres familles. Les Tempiestas veulent rafler la mise pour eux seuls. J’ai pour idée d’obtenir des preuves accablantes et suffisantes pour un tribunal. Des preuves que la Marine ne pourrait pas obtenir sans aide. Je me mets ma vie en danger de cette manière. Mais j’estime que votre chef de garnison est inefficace. Vous êtes sur Manshon depuis des années, vous savez mieux que quiconque comment fonctionne cette île. Si, d’aventures, vous parveniez à mettre Manuel Tempiesta derrière les barreaux, vous seriez automatiquement propulsé à la tête de cette garnison avec le grade que vous méritez. »

Le Sous-Lieutenant se redresse pour prendre le temps de réfléchir, puis il plonge ses petits yeux globuleux dans le regard de Farore.

« Si je résume, vous me demandez un statut spécial d’enquêtrice de la Marine ? Vous trouveriez donc les preuves qui manquent tant à la Marine pour faire comparaître devant la justice Manuel Tempiesta ? Puis, je devrais arrêter ce personnage ? Tout ça me semble parfait. Mais vous oubliez une chose mademoiselle Corsandre. Actuellement, la 257eme est commandée par le Colonel Corazon. »

Farore esquisse un large sourire, elle pose ses mains sur le bureau avant de dire plus bas.

« Comme j’ai dit. C’est la guerre qui se prépare. Il y aura forcément des morts. Et quand des officiers meurent à la guerre, des nouveaux sont nommés aussitôt. Si le concours de circonstances fait qu’à ce moment précis, un autre officier arrête Manuel Tempiesta, il sera très probablement nommé Colonel à son tour. Non ? »

Kaloupaleskis hoche la tête en ajustant ses verres sur son nez anguleux. Il se frotte péniblement les tempes pour réfléchir davantage à la situation, s’il avait appris quelque chose sur cette île, c’est l’ignorance. Moins on en sait, mieux on se porte, plus on y gagne. Il aurait pu naïvement demander à Farore ce qu’elle gagnait dans l’histoire, mais il avait fait le rapprochement. Il était inutile pour lui d’en savoir plus. Et Kaloupaleskis n’était pas arrivé en vie jusqu’ici en froissant la pègre, bien au contraire, il fallait se montrer d’une droiture extrême, mais savoir concilier avec la mafia.

« Farore S. Corsandre. Je vous octroie le statut d’indic. Vous devrez me rapporter vos avancées chaque semaine sur une ligne sécurisée via escargophone. Vous loupez un rendez-vous, vous tomber. Est-ce assez clair pour vous Corsandre ? »

Elle hoche banalement la tête, satisfaite de la réponse, c’était un premier pas encourageant vers le contrôle de l’individu, elle ne répéterait pas les mêmes erreurs qu’avec Melmanshon. Elle se lève dès lors et serre la main du soldat avant de refaire claquer ses talons sur le parquet et quitter les lieux. Une fois dehors, elle prend soin d’éteindre son escargophone qui avait enregistré l’ensemble de la séance.

Quelques heures plus tard – Bar du Récif Noir :

Melmanshon est là, cigarette en main tandis que Fernando Martico est tranquillement en train de boire son café. Vito fait irruption dans les lieux et s’assoit sur la banquette en face d’eux, il a l’air grave et fatigué, lui aussi s’est battu une bonne partie de la nuit.

« Don Melmanshon, Don Martico. Merci d’avoir répondu positivement à ma demande de rencontre. J’ai des choses importantes à dire sur Farore. »


Les deux parrains échangent un regard sans comprendre, Martico émet un petit bruit indescriptible avec un signe de main, lui faisant signe de bien vouloir embrayer.

« J’ai appris de Leo avant sa disparition que Farore est à l’origine de tous les troubles de l’île ! C’est elle qui a fait tuer Venici, elle a placé Don Melmanshon, avec le tout respect… À la place de Venici, ce n’est qu’un pantin, c’est lui qui tire les ficelles. On est tous ici des instruments de son œuvre ! Je ne connais pas ses objectifs, mais on est utilisés. »

Melmanshon frappe son poing sur la table avant de se lever, furieux et furibond.


« Comment oses-tu mentir, Vito ?! Je suis le patron bordel ! »


Martico lui intime de se rasseoir et de calmer, il sort son arme, enlève la sureté et arme le chien avant de le positionner devant Vito.

« Maintenant dis-moi la vérité Vito. Ou je te colle une balle. »

Vito, débordant de colère envers Farore et sa trahison, mue ses sentiments en véritable force et détermination. Il s’approche davantage de Martico en positionnant ses deux coudes sur la table, il pose de lui-même le canon sur son front.

« Je ne mens pas Don Martico ! Farore est ce que j’ai décrit ! »

Martico rattrape le jeu de détente, il ne lui faut plus qu’une petite pression pour que la balle parte. Puis il remet la sûreté et range son arme.

« Je te crois gamin. Melmanshon, on va devoir parler à Farore, je crois ! »

Le représentant syndical fait un signe de décapitation à Vito avant d’emboîter le pas à Martico. Vito se met alors à penser à haute voix.

« Il ne me reste plus qu’à prévenir les Tempiestas et tout rentrera dans l’ordre pour l’île. »

À cet instant précis, Farore, qui était cachée derrière le bar, s’assoit en face de Vito. La confrontation risque d’être houleuse.




Dernière édition par Farore S. Corsandre le Mar 20 Sep - 16:01, édité 1 fois
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- Gang of Manshon -



Chapitre 6 : Don Corsandre

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Les deux amis d’enfance s’échangent des regards accusateurs. Farore reste impassible malgré tout tandis que Vito a bien plus de mal a caché ses émotions.

« Pendant plusieurs jours. Je me suis dit que j’étais responsable de la mort de Marty, mais en réalité, tu es la véritable fautive. Tu es celle qui a mis à mal l’équilibre de l’île, tu as tout détruit. Tu es comme tom père, tout ce que tu touches se fragilise et rompt. »

Farore encaisse la critique sans mot dire, elle fixe son ami avant de répondre à son tour.

« Tu sais Vito je t’aime beaucoup. »

Elle marque une pause pour regarder par la fenêtre, dans sa tête, elle y aperçoit un futur havre de paix, un lieu convivial, il fera bon vivre sur Manshon. Elle retourne brusquement sa tête pour plonger son regard dans celui de Vito, ce dernier comprend, trop tard.

« Mais plus jamais tu ne prends parti contre la famille, Vito ! »

Six coups de feu résonnent sous la table, les six balles se logent dans le corps de Vito. Le sang visqueux fait glisser son corps sur le côté de la banquette, se retrouvant à même le sol, la vie le quitte peu à peu. Enzo entre à son tour dans le bar, il observe le corps inerte au sol et fait une moue compréhensive.

« Tout s’est passé comme prévu je vois. Bon, Melmanshon est en route pour le Manoir. J’ai déjà prévenu Martico de notre accord. Il m’a dit qu’il avait compris lorsqu’on a attaqué l’hôtel. C’est là qu’il a compris que tu tires les ficelles. L’alliance tient toujours, il ne veut pas se retrouver seul face aux Tempiestas et il a déjà organisé ce que tu as demandé. »

« Parfait, organise de belles funérailles pour Vito, il le mérite. Envoi de l’argent à sa sœur, Valentina. »

Enzo hoche positivement la tête avant de traîner le corps dans l’arrière-boutique, des employés s’affairent déjà au nettoyage. Pour Farore, tout est clair désormais, elle venait de comprendre que le véritable pouvoir ne s’hérite pas, mais qu’il se prend. Il faut désormais bâtir une nouvelle Manshon, basée sur la peur, le système des familles devait quant à lui être totalement repensé.

Après presque une heure de marche, Farore se retrouve chez elle, elle fixe Alfred qui hoche simplement la tête. Dans le salon, le café de Don Martico ne fume plus, et la tasse vide de Melmanshon indique que Martico était bel et bien du côté de Farore.

« C’est fait. »

Farore contourne le canapé pour plonger son regard dans celui de Jean-Luc. Un regard vide, des yeux vitreux, de la mousse qui s’échappe de sa bouche et langue pendante et inerte offrent un spectacle dégradant.

« Efficace ce poison. »

« J’ai fait réunir à ma demande les sept familles. Enfin, ce qu’il en reste. As-tu déjà pensé à la suite ? »


« Oui. Je vais remplacer les familles manquantes par un nouveau système, bien sûr, tu seras dans la combine. »

« Tu as fait le bon choix pour Vito. Je sais que ce n’était pas personnel, les affaires sont les affaires. C’est tout. Tu as su faire preuve d’intégrité envers moi en le sacrifiant. »

Farore hoche péniblement la tête avant que deux hommes n’entrent dans le salon pour reprendre le corps de Melmanshon, le pauvre syndicaliste n’avait pas fait de vieux os dans le métier. Enzo entre à son tour tout en gratifiant Martico d’un respectueux signe de tête.

« Tout est prêt. Ce soir. Vingt heures. »

Centre-ville de Manshon – Vingt heures.

La salle est crispée. Chaque parrain de familles est accompagné de son consigliere, il faut dire qu’ils vont en avoir besoin, Manshon n’avait pas été ainsi depuis des années. Certains diront que c’est ainsi, que tous les dix ans, il faut que ça explose un grand coup pour ramener la stabilité, d’autres y voient des affronts et des rancœurs passés à régler.
Fernando Martico se lève de son fauteuil, ici, pas de soldats, pas de garde, uniquement les têtes pensantes de la pègre.

« Je voudrais remercie Don Carbopizza pour m’avoir aidé à réaliser cette réunion si rapidement. Et je veux tout particulièrement remercier les familles présentes. Toutes issues de différents quartiers et secteurs d’affaires. Aussi, je vous prie de m’excuser par avance… »

Il se rassoit tandis que son consigliere réajuste son fauteuil au moment où ce dernier s’assoit. A ce moment précis, les hautes portes doubles s’ouvrent, suscitant la surprise au sein de l’assemblée. Farore et Enzo entrent dans la pièce. Les deux protagonistes saluent poliment et respectueusement les invités. Les murmures vont bon train, Don Martico les apaisent d’un simple signe de main.

« Les choses sont allées trop loin. Je ne sais pas par quelle infortune, par quels protocoles non-nécessaire… Mais c’est un fait. Nous avons tous perdu des hommes, des frères, des cousins, des fils. Sur bien des aspects, nous sommes quittes. Je pense que, tout le monde autour de cette tablée, sera d’accord pour dire que les choses doivent revenir comme avant. »

Manuel Tempiesta laisse finir Farore avant d’ajouter à son tour.

« Nous connaissons tous Farore Corsandre. Nous savons tous ici que son père est un homme de parole, qui a toujours su entendre la raison. »


L’assemblée hoche la tête en guise d’approbation, un silence religieux se glisse à nouveau dans la vaste salle.
Grante se lève à son tour.

« La raison hein ? Alors parlons de la raison ! Si la fille vaut le père, elle doit comprendre qu’elle doit partager le port et ses services ! »

Manuel Tempiesta agite la main, compréhensif. Il plonge son regard dans celui de l’assemblée et poursuit.

« Si Mademoielle Corsandre dispose du port, elle doit se montrer amicale en effet. Elle doit partager ses ressources. Cependant, il est normal qu’elle réclame une facture en contrepartie… Après tout… Nous ne sommes pas révolutionnaires ! »

L’audience s’esclaffe devant cette annonce. Farore toujours debout, agite la tête, avant de reprendre.

« Je suis venue ici avec l’espoir raisonnable de vous faire comprendre une chose. L’ère Venici n’est plus. Ma famille, les Corsandres, est désormais une famille à part entière et fait partie des sept ! Je suis une femme de raison, et raisonnablement, je vais agir ici. Nous devons trouver ici, ce soir, une solution pacifique à nos problèmes. N’est-ce-pas ? »

Manuel Tempiesta, qui préside la table, agite ses mains tout en parlant et en poursuivant dans son idée.

« C’est un fait. La famille Corsandre prends de l'ampleur mais nous ne validons pas au sein de cette asssemblée ton statut de famille à part entière. Nous allons désormais permettre le trafic de drogue, vu que les Venici ont voulu s’y lancer à cœur ouvert, selon Ferando Martico. Il devra être encadré et strict. Corsandre devra prêter ses infrastructures portuaires aux familles, moyennant finance et en gage de bonne foi pour une éventuelle entrée chez les septs. Mais… Maintenant, Dame Corsandre. Quelles garanties avons-nous ? Car votre position géographique, le fait que vous ayez manipulé Melmanshon, que vous ayez attaqués certaines de mes structures, vous donne un certain ascendant sur d’autres familles. Comment savoir que vous ne recommencerez pas ?»

Farore s’avance près de la table et saisit l’un des fauteuils vide, il y avait une petite règle portant le nom de Bombana, vu son récent décès, il devait être très compliqué pour lui d’être présent.

« Vous parlez de vengeance. Je le vois dans vos mots. J’ai aujourd’hui perdu un ami fidèle, que j’ai dû moi-même abattre, vous savez pourquoi ? Car il menaçait le business. Car sa volonté et son désir d’auto-destruction l’on forcé à agir de manière inappropriée envers les familles. Il a tué Alberto Venici alors qu’aucun ordre n’avait été donné… Il a ainsi déclaré la guerre à la famille Tempiesta sans le vouloir. J’ai dû aussi mettre à mort un autre ami, un ami cher, Melmanshon sera regretter lourdement. Mais voilà, il n’a pas su tenir ses hommes, il n’a pas su partager ses pouvoirs. J’ai pris la décision. J'ai fait ce que j’avais à faire pour le maintien de la paix. J’abandonne toute idée de les venger. Oui, j’abandonne. Mais j’ai des raisons égoïstes de le faire. Car je suis une femme superstitieuse. Si un de mes business devait prendre la foudre. Si un de mes meilleurs hommes venait à se suicider, si le port venait à recevoir une perquisition de la Marine… Alors je prendrais chaque famille ici présente pour personnellement responsable. Et là. Seulement là. Je serai sans pitié. Mais je jure ici, que je ne serai pas celle qui brisera la paix. »


Manuel Tempiesta se lève, tout comme Farore, les deux protagonistes se rejoignent à mi-chemin du côté droit de la table avant de s’enlacer. Les applaudissements fusent sous ce signe de réconciliation.

Manuel murmure à l’oreille de Farore, c’est à peine perceptible tant les applaudissements se font plus fort.

« Tu leur as offert ce qu’ils veulent. Mais moi. Ça ne prend pas. Sois en sûre jeune Corsandre. Tu es une femme morte. Et ce ne sont pas tes jolies paroles, celles qui ont su calmer les autres, qui suffiront à étayer ma soif de me venger. Je te réserve un châtiment pire que la mort. Il m’a fallu un moment pour comprendre… Mais j’ai su que c’était toi qui tirais les ficelles. Tu n’aurais jamais dû me parler dans les toilettes du Cuisino. Tu aurais pu garder un coup d’avance. »

Les applaudissements cessent, tout le monde se met déjà en route pour quitter la salle. Enzo place le manteau de Farore sur ses épaules, un large sourire aux lèvres.

« Et bien ! Ça s’est bien passé boss ! »

« Prépare le port. La guerre commence. »




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